Reconstitution généalogique de villages de l'Eure  :  Etrépagny - Doudeauville-en-Vexin - Saint Martin au Bosc - Nojeon-en-Vexin 

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  • Né le 15 avril 1828 (mardi) - Oisy-le-Verger, 62, Pas-de-Calais
  • Décédé le 5 décembre 1893 (mardi) - Etrépagny, 27, Eure , à l’âge de 65 ans
  • Editeur professeur de musique - Fabricant d'orgues

 Parents

 Union(s) et enfant(s)

 Fratrie

 Demi-frères et demi-sœurs

Du côté de François Joseph RICHARD ca 1787-1859

 Relations

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 Chronologie


 Notes

Notes individuelles

Aux origines de l’harmonium - La manufacture Jules Richard
- Les premières années
Jules Richard est né le 15 avril 1828 à Oisy-le-Verger près d’Arras dans le Pas-de-Calais dans une famille très nombreuse avec cinq frères et sœurs et au moins dix demi-frères et sœurs. Son père François-Joseph (1787-1859) avait épousé Léocadie Dupriez (1795-1865) en troisièmes noces l’année précédente.
Nous ignorons encore quelles ont été ses premières années de formation. Dans son catalogue daté d’avril 1928, R. Gaboriaud son lointain successeur, qui ne l’a pas connu, affirme qu’il était un excellent organiste. Il est donc permis de penser que cette période l’a conduit à étudier la musique en général et l’orgue en particulier. Peut-être a-t-il été formé à la maîtrise de la Cathédrale d’Arras ? En 1864, nous le retrouvons professeur de musique à Paris, 54 rue de Clichy où, le 23 juillet, il épouse Alexandrine Kaisse née à Rethel (08) le 24 octobre 1830.
Est-ce après ce mariage qu’il entre chez Alexandre Père et fils ? Nous ne le savons pas, et même, l’affirmation quant au poste de contremaître général peut aussi bien et plus sûrement qualifier René Couty ou même Löffel.
En revanche, il nous semble probable que la conscience « sociale » de notre facteur soit due en grande partie à son épouse Alexandrine Kaisse qui exerce la fonction de directrice de bureau de placement.

- Couty et Richard
Jules Richard fonde en 1867 sa première entreprise avec René Couty à deux pas du domicile de son épouse au 54 rue Neuve des Petits Champs.
Couty et Richard, facteurs d’orgues-expressifs et éditeurs de musique. 89 Rue neuve des petits champs prennent modèle sur la maison Alexandre qui fabrique et édite également.
Dès sa première année d’existence (avec un associé Löffel qui n’est pratiquement jamais cité), la maison remporte une mention honorable à l’exposition universelle de 1867 à Paris pour des “orgues de salon et de chapelle”. Son usine se situe à Montreuil-sous-Bois, 9 rue des écoles.
La maison sise désormais au 33, rue du Petit Musc à Paris expose à Londres en 1871-1872 et à Vienne en 1873. A l’exposition de Lyon en 1873, elle remporte une médaille d’argent.
Cette association de facteurs ne survivra pourtant guère à la chute du Second Empire : Le 15 septembre 1874, la société est dissoute. Couty se retrouve au 33, rue du Petit musc à Paris avec de nouveaux associés.

- Jules Richard et cie Paris
L’année 1875 voit la création de la maison “J. Richard et cie” au 10 rue Saint Gilles à Paris avec fabrique à Etrépagny. En l’absence d’éléments plus précis, on peut supposer que cette ville, dévastée par un incendie au cours de la guerre de 1870, fait des efforts de reconstruction et attire volontiers les nouveaux entrepreneurs.
On peut facilement imaginer que la manufacture d’Etrépagny continue à être pourvue en ouvriers grâce aux fonctions administratives d’Alexandrine Kaisse. C’est certainement ainsi que va entrer en scène Florentine Honorine Mistriss, d’origine ardennaise comme Alexandrine Kaisse, elle a dû être initiée par son père Pierre Théophile, ébéniste, au travail du bois. Ce dernier réside à Etrépagny et y décèdera le 4 janvier 1885. Florentine, née le 13 juillet 1848 réside également à Etrépagny et donne naissance le 19 août 1878 à un enfant de père inconnu qu’elle prénomme Richard Jules. Notre facteur d’orgues est d’ailleurs présent pour déclarer l’heureux évènement.
« Déclaration faite par Monsieur Bariod Jean Auguste 52 ans docteur en médecine ayant assisté à l'accouchement en présence de Richard Jules 48 ans fabricant d'orgues. »
Cette même année, le jury de l’exposition universelle parisienne attribue une médaille de bronze à la production de la société. J. Richard expose à Lille en 1882. A Amsterdam, en 1883, une mention honorable récompense un harmonium de salon de 6 jeux ½ avec percussion et double expression. Nouvelle exposition à Blois en 1883. La vie de la société se déroulerait avec bonheur si le 20 janvier 1884 ne consacrait sa dissolution. Ce contretemps ne l’empêche pas toutefois d’exposer à Rouen cette même année.
Le tableau suivant donne une approximation de la datation des “J.Richard de Cie 10, rue St Gilles“. A cette époque la moyenne de production s’élève à 111 instruments par an.
1875 = 1 - 1876 = 112 - 1877 = 223 - 1878 = 334 - 1879 = 445 - 1880 = 556 - 1881 = 667 - 1882 = 778 - 1883 = 889 - 1884 = 1000.
Le 18 avril 1885, J.R. “fabricant d’orgues” est témoin du mariage de son ami Charles Eugène Masure avec Euphrosine Téodorine Senneville.
Ce C.-E. Masure est-il apparenté de près ou de loin au fournisseur de tuyaux d’orgues, domicilié au 27, Rue de la procession à Paris en 1899 ?
Entre 1875 et 1884, plus de 1000 harmoniums auront donc été fabriqués sous cette raison sociale.

- J. Richard et cie Etrépagny
Dès le 11 mai 1886, une nouvelle société J. Richard et cie est fondée à Etrépagny, trois mois plus tard, le 5 août, le facteur divorce d’avec Alexandrine Kaisse et épouse Florentine Mistriss le 2 décembre sans même respecter un délai de viduité. Il réside alors 3 place de la Gare.
Il semblerait que les instruments produits sous cette nouvelle raison sociale soient numérotés à partir de zéro. Le tableau ci-après évalue les numéros de série en fonction d’une production moyenne estimée à 75 instruments par an à cette époque.
1886 = 1 - 1887 = 76 - 1888 = 151 - 1889 = 226 - 1890 = 301 - 1891 = 376 - 1892 = 451 - 1893 = 526 - 1894 - 601 - 1895 = 676 - 1896 = 751.
Cette nouvelle période de prospérité est consacrée par deux autres participations à des expositions : à Toulouse en 1887, Jules Richard est classé hors-concours et membre du jury. A Paris en 1889, il recueille une médaille d’argent.
Dix ans plus tard, la maison proclamera encore avec fierté « Médailles et récompenses à toutes les expositions. Fabrication de 1er ordre.
Mais, entre-temps, le destin sera venu troubler cette belle réussite. Le jeune Richard Jules Mistriss qui devait tout naturellement recueillir la succession de la maison décède prématurément le 12 mars 1893. Jules Richard, miné par les soucis et le chagrin décèdera peu après le 5 décembre de cette même année.

- J. Richard et cie (dir. Vve Richard)
Florentine Mistriss qualifiée depuis longtemps de facteur d’orgues va désormais assurer vaillamment la direction de la maison “Vve J. Richard et Cie” jusqu’au moins à la veille de la Grande Guerre puisqu’elle figure encore comme patronne à l’annuaire “musique-adresses” de 1913.
C’est peut-être à la suite de ces évènements tragiques qu’il faut chercher l’entrée en scène de la famille Gaboriaud. La légende voudrait que Roger Gaboriaud ait été secouru par Florentine Mistriss. On se souvient que le jeune Richard Jules Mistriss avait été déclaré de père inconnu, dès lors, il ne serait pas impossible qu’après sa disparition, Mme Veuve Richard, âgée alors de 46 ans, ait voulu faire profiter de son aisance matérielle un enfant dans la même situation que le sien. Elle aurait ainsi accueilli Roger Gaboriaud né en 1894 et sa mère âgée de 27 ans.
On peut noter un très bel et grand harmonium n° 827 daté de 1897 par François Dupoux son heureux propriétaire
Ainsi donc, pouvons-nous avancer qu’à la veille de la guerre de 1914-1918, 10000 instruments seront sortis des ateliers d’Etrépagny sous la direction de Jules Richard ou de sa veuve. Environ 8500 pendant les 14 années qui séparent les deux dates certaines soit une moyenne d’environ 640 instruments par an pendant cette période de 1897 à 1911.
On trouve l’estimation de la numérotation dans le tableau suivant. Le fort accroissement de la production annuelle peut sans doute s’expliquer par la mise en service de l’usine annexe plus rationnelle et spacieuse que les précédents locaux.
1897 = 827 - 1898 = 1437 - 1899 = 2047 - 1900 = 2657 - 1901 = 3267 - 1902 = 3877 - 1903 = 4487 - 1905 = 5707 - 1906 = 6317 - 1907 = 3627 - 1908 = 7537 - 1909 = 8147 - 1910 = 8757 - 1911 = 9367
Jusque-là, les documents officiels nous ont permis de décrire assez précisément l’histoire de la maison Richard. Au sortir de la guerre, “musique-adresses” de 1919 donne un certain H. Gaboriaud comme directeur de l’entreprise.

- J. Richard et cie (dir. R. Gaboriaud)
Ce sera Roger Gaboriaud, né en 1894 à Paris (5ème) selon le recensement de 1931, qui continuera à diriger l’activité de la manufacture. Jusqu’à son décès en 1947. En 1922, “musique-adresses” le cite comme successeur de J. Richard et cie il serait alors âgé de 28 ans
1912 = 9667 - 1913 = 9967 - 1914 = 10267 - 1915 = 10567 - 1916 = 10867 - 1917 = 11167 - 1918 = 11467 - 1919 = 11767 - 1920 - 12067 - 1921 = 12367 - 1922 = 12667 - 1923 = 12967 - 1924 = 13267 - 1925 = 13567 - 1926 = 13867 - 1927 = 14170.
Selon la ROS, l’harmonium numéro 14170 daterait de l’année 1927. Ce nouvel élément certain nous permet d’affiner la numérotation en remarquant que sur ces années, incluant les 5 années de guerre, la moyenne de production retombe à environ 300 unités par an.
L’année 1928 est marquée par la publication, en avril-mai du grand catalogue de la maison. A cette date, la maison a produit près de 15000 harmoniums.

- Avant-propos du catalogue
Ce catalogue est particulièrement intéressant dans la mesure où il propose encore à la vente, à côté des innovations dans l’air du temps, la plupart des modèles antérieurs.
La maison est alors principalement en concurrence avec les établissements Fortin-Alexandre et la manufacture,” les petits-fils de Maurice Kasriel”. Contrairement à ses rivales, elle ne construit pas d’harmoniums à 2 claviers avec ou sans pédalier. En revanche elle apporte beaucoup de soin au développement des “reed-organs” à la française si bien que son rival direct semble plutôt Kasriel que Fortin.
Roger Gaboriaud fabricant d’orgues réside alors avec sa mère Andrée née à Nantes en 1867 à l’ancien manoir des de Mansigny.
Dans ce grand immeuble résident également Georges Subiger né à Paris XIVe en 1906 vendeur-organiste et son épouse Madeleine Baudlet ainsi que François Verjat né également à Paris XIIe en 1859 facteur d’orgues et son épouse Fleurine Marie Houlière (1866 à Venables).
A la date du recensement, leur fils Jean-François Verjat né en 1902 qui a fondé une famille avec Marie-Louise Andrieux le 8 septembre 1924 a son propre domicile. Il décèdera à Lyon le 18 octobre 1980.
Ce même recensement permet encore de lister précisément les ouvriers de l’entreprise, 24 personnes en plus du patron
Barat Odette, souffletière - Boullard Henri, métallurgiste - Bourgain Albert, peintre - Charlemagne Louis, facteur d'orgues, luthier - Durand Albert, menuisier - Durand Etienne, machiniste - Fortier Narcisse, ébéniste - Hautin Germaine, souffletière - Hautin Raymond, manoeuvre - Hubin Odette, employée de bureau - Jérôme Roger, machiniste - Leblond Charles, chauffeur - Lesueur Elisa Florentine, vernisseuse - Loeffler Ernest, chauffeur - Mennessier Charles, bourrelier - Raffy Lucien, machiniste - Sellier Berthe, souffletière - Servant André, menuisier - Subiger Charles, organiste - Thomas Marcel, ébéniste - Thomas Mathieu, ébéniste - Verjat Claudius François, facteur d'orgues - Verjat Jean François, accordeur - Wattelet Félix, menuisier.

- Publicité pour le "Rogabor"
L’innovation qui fait sans doute l’objet du brevet pour cet instrument consiste apparemment en une barre à l’avant du clavier. En manœuvrant cet organe par des mouvements de poignets, on peut souffler et jouer des deux mains simultanément.
On sait que la technique pianistique ce l’entre-deux-guerres n’était pas avare de mouvements de poignets, ainsi toute cette énergie se trouvait récupérée et utilisée dans cet instrument.

- Les dernières heures de la manufacture.
Après le décès de Roger Gaboriaud en 1947, l’activité de la manufacture décroit rapidement. On lira avec intérêt les souvenirs de l’un des derniers ouvriers, Mr Bernard Longer recueillit dans la revue “L’harmonium Français “.

Réalisation : Alain Vernet organiste et Ghislaine Weber





 Aperçu de l'arbre

Jérôme Bernard Joseph RICHARD   Marie Aldegonde Josèphe CAUDRON    
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François Joseph RICHARD ca 1787-1859   Léocadie DUPRIEZ ca 1794-1864
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Jules RICHARD 1828-1893



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