Bienvenue sur l'arbre généalogique et la « chronique » des familles Duval et Corbes.

Sommes-nous cousins ?

 Chronique familiale



 1914-1918, une saignée pour les campagnes rennaises


Poilu. Camille GODET © Musée des beaux-Arts de Rennes, Adélaïde Beaudoin

Le nombre des Bretons tués au cours de la Grande Guerre est estimé à 130 000, ce qui représente un pourcentage de combattants morts supérieur à celui de l’ensemble de la France. Les Bretons, dont la ténacité était bien connue du haut commandement, ont souvent été utilisés pour « tenir » des positions là où d’autres régiments lâchaient prise. Cette population, fortement rurale, d’un naturel assez discipliné, peu revendicative, constituait une « chair à canons » idéale, renouvelée par une forte natalité. Le 10e corps, aux ordres du général Defforges - la 10e région militaire englobe les départements d’Ille-et-Vilaine et des Côtes-du-Nord mais également la Manche -, est une unité d’élite, confrontée notamment à la Garde allemande, et souvent mise en avant par les mémorialistes afin d’insister sur l’héroïsme des combattants bretons. Néanmoins, la réalité étayée par les archives, sans être déshonorante, montre une entrée en guerre difficile que ne le suggère la vulgate forgée dans l’immédiat après-guerre.

Notons, parmi les morts du 70e dès août 1914, la figure héroïque du caporal Pierre Lefeuvre, né le 28 janvier 1891 à Bédée, tombé à Tamines lors de la bataille de Charleroi, le 21 août 1914. Monument
Sommaire

 1 - La guerre d'Armand Denieul

Elle a été brève. Il n'a pas eu le temps de connaître l'enterrement dans les tranchées : né le 27 mai 1884 à Vezin-le-Coquet, Armand Denieul, oncle maternel de mon grand-père, est incorporé comme sapeur-mineur dans la 5e armée (Franchet d'Espérey), 10e corps d'armée (Defforges), au 6e régiment du Génie, compagnie 10/1. Il est tué dès le 22 août 1914 à Vitrival, en Belgique, à la bataille dite de Charleroi, à l'âge de 30 ans. C'était le seul fils des quatre enfants d'Emmanuel Denieul et Jeanne Marie Dubreil. Sa mère lui survit à peine un an.

Le village de Vitrival se trouve à 21 km de Namur, à 3 km de Fosses-la-Ville et de Le Roux, à 1,5 km d'Aisemont. Son terrain peu élevé (171 m. d'altitude au seuil de l'église) est entrecoupé de collines qui surplombent les vallées de ruisseaux, affluents de la Biesme.
Le 22 août 1914, le village fut évacué et le 23, il fut occupé par les troupes allemandes. Sept maisons furent incendiées. 24 soldats français sont enterrés là. Armand Denieul en fait sans doute partie, aux côtés peut-être d'un autre sapeur d'Ille-et-Vilaine, de la compagnie 10/3, disparu le même jour que lui : Joseph Clément Emmanuel Masson, né en 1887 à Parcé.
La boucherie allait continuer le lendemain pour les survivants, les « culotte rouge de la Sambre »... La bataille de Charleroi, première action héroïque du Xe Corps breton, peut être résumée comme l’assaut sans soutien d’artillerie de troupes fauchées par des mitrailleuses ennemies cachées dans des bois.

Le corps n'ayant pas été retrouvé, il a été porté disparu. Les restes de 4 000 soldats des 3e et 10e corps d'armée ont été regroupés et inhumés à la nécropole de la Belle-Motte, située aux confins des anciennes communes d'Aiseau et de Le Roux. Le cimetière français de la Belle-Motte
Médaillon du monument aux morts de Vezin Son nom et son portrait en médaillon figurent sur le monument aux morts de Vezin.

Trancription d’un jugement rendu publiquement par la première chambre du tribunal civil de Rennes le 20 juin 1921, enregistré sur la requête de Madame Jeanne Marie Dubreil, veuve de Monsieur Emmanuel Denieul, il a été extrait ce qui suit :
Le Tribunal déclare constant que Denieul Armand Marie sapeur mineur à la compagnie 10/1 du 6e Régiment du Génie, né le 27 mai 1884 à Vezin, fils de Emmanuel et de Marie Dubreil, célibataire, domicilié à Vezin est mort pour la France le 22 août 1914 à Vitrival (Belgique). Ordonne que le présent jugement tiendra lieu d’acte de décès de Denieul Armand Marie.
Pour copie conforme, Vezin le 30 juin 1921

Pour en savoir plus :

 2 - La guerre de Pierre Corbes

Né le 7 avril 1874 à Saint-Gilles, cultivateur à Gévezé, Pierre Corbes, oncle paternel de ma grand-mère, est incorporé dès la mobilisation générale comme soldat du 25e régiment d'infanterie à Cherbourg avant de rejoindre, le 26 février 1915, la 87e division d'infanterie territoriale (Joppé), 175e bataillon d'infanterie territoriale, 80e régiment d'infanterie territoriale, compagnie de mitrailleuses.
Pour lui, la guerre s'est arrêtée deux mois plus tard, le 27 avril 1915 à Boësinghe en Belgique, à l'âge de 41 ans.
Venant de Saint-Lô, son régiment, essentiellement composé de Normands (Manche) et Bretons (Ille-et-Vilaine), était passé par Bergues avant d'être engagé, à l'automne 1914, dans la terrible bataille d'Ypres. Les combats ont fait rage, particulièrement entre le 18 et le 27 avril 1915, à Bixschoote, Zuydschoote et Boësinghe. Puis la situation militaire s'enlise et d'autres mourront encore à Boësinghe jusqu'en août 1916.

Pierre Corbes a été inhumé tombe 7054, carré 36, dans la nécropole nationale Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais). Nécropole nationale Notre-Dame-de-Lorette
Le monument aux morts de Gévezé Il figure sur le monument aux morts de Gévezé et la plaque commémorative de l'église du village, avec son frère Emmanuel.

Le 1er mai 1915 à onze heures du matin étant à Stavele (Belgique) acte de décès de Corbes Pierre Marie Joseph soldat de 2e classe au 80e Régt Territorial d’Infanterie, Cie de mitrailleuses, immatriculé sous le numéro 4028 au Régt du Corps du 77e territorial d’Infanterie, né le 7 avril 1874 à Saint-Gilles (Ille et Vilaine), domicilié en dernier lieu à Gévezé, décédé à Bœsinghe (Belgique) le 27 du mois d’avril sur le champ de bataille, fils de Pierre et de Moinerais Joséphine, domiciliés à Gévezé, canton de Rennes, département d’Ille et Vilaine. Conformément à l’article 77 du code civil, nous nous sommes transporté auprès de la personne décédée et assuré de la réalité du décès.
Dressé par nous Vauvrey Louis officier payeur, officier de l’état-civil sur la déclaration de Fillon Arthur caporal à la compagnie de mitrailleuse et de Lecanu Henri soldat à la même compagnie, témoins qui ont signé avec nous après lecture.
Vu par nous Bel s/Intendant militaire de la 87e Division Territoriale, médecin chef de la dite formation sanitaire pour légalisation de la signature de M. Vauvrey…
Suivent plusieurs signatures illisibles. Vu pour la légalisation de la signature de M. Vauvrey Louis, Paris le 23 juin 1915. Le Ministre de la guerre…
Pour copie conforme en mairie de Gévezé le 30 juin 1915.

Pour en savoir plus :

 3 - La guerre d'Emmanuel Corbes

Emmanuel Corbes au mariage de son frère en 1912 Né le 3 décembre 1875 à Saint-Gilles (Ille-et-Vilaine), Emmanuel, frère du précédent, est incorporé comme soldat au 1er corps d'armée (Guillaumat), 2e division d'infanterie (Guignabaudet), 4e bataillon d'infanterie, 8e régiment d'infanterie, 9e compagnie.
Gazé au front, sans doute lors des combats d'Anderlu en septembre 1916 ou de Combles en octobre, dans la Somme, il est rapatrié. Sa famille peut venir le visiter à l'hôpital auxiliaire n° 2, 4 rue de la Barbais, à Rennes (actuelle clinique Saint-Yves). Sa filleule, Marceline Corbes, en est restée très marquée. Hôpital Saint-Yves
Le carré militaire du cimetière de l'Est Il finit par mourir, à l'âge de 41 ans, le 3 décembre 1916 et est inhumé dans le carré militaire, rang 5, tombe n° 8 du cimetière de l'Est, à Rennes.
Il figure sur le monument aux morts de Gévezé et sur la plaque commémorative de l'église du village, avec son frère Pierre. Plaque commémorative dans l'église de Gévezé

Le 3 décembre 1916 à une heure, Emmanuel Corbes, soldat au 8e Régiment d’Infanterie, 9e compagnie, matricule de recrutement Rennes 1901, célibataire, né à Saint-Gilles (Ille-et-Vilaine) le 3 décembre 1875, fils de feu Pierre Corbes et de feue Joséphine Moinerais est mort pour la France à l’hôpital auxiliaire n° 2 rue de la Barbais 4.
Dressé le 4 décembre 1916 à neuf heures et demie sur la déclaration de Pierre Chevé caporal à la 10e section d’infirmiers militaires, âgé de trente six ans et de Edouard Lebreton employé à la mairie, âgé de vingt neuf ans demeurant rue du Mail 14 qui lecture faite ont signé avec nous Oscar Leroux adjoint et officier d’état-civil délégué par M. le Maire de Rennes.
Pour copie conforme en mairie de Rennes le 15 décembre 1916.
Pour copie conforme en mairie de Gévezé le 24 décembre 1916.

 4 - La guerre de Jean-Marie Hirel

Jean-Marie Hirel en marié Oncle maternel de ma grand-mère, le frère de Marie Ange Hirel, Jean-Marie, cultivateur à Pacé, pourtant âgé de 40 ans et père de trois enfants (dont la « Tante Maria »), est incorporé dès le début de la guerre dans le 70e régiment d'infanterie, un des régiments de la 10e Armée (de Maud'Huy), 10e Corps d'armée (Defforges), 19e division d'infanterie (Bailly), 38e bataillon d'infanterie (Passaga), c'est-à-dire du fameux Xe Corps breton.

En garnison à Saint-Brieuc, ce régiment gagne d'abord la Belgique où il participe à la bataille de Charleroi en août 1914, puis, après la retraite française, combat dans la bataille de Guise (Aisne) et celle de la Marne.
Engagé dans la bataille d'Arras, le régiment perd plusieurs hommes entre le 24 et le 30 octobre (Achicourt, Givenchy, Basseux, Ransart, Avesnes-le-Comte). Pour sa part, Jean Marie Hirel est tué à Bellacourt le 29 octobre 1914, ou peut-être seulement blessé avant de mourir à l'hôpital militaire d'Amiens, d'après le témoignage laissé par un de ses camarades de combat.


Le 29 octobre 1914 à quatre heures du matin, Jean-Marie Hirel né à Pacé le 20 février 1874 de François et de Philomène Guillemois est décédé à Bellacourt (Pas-de-Calais) par suite de blessures de guerre.
Dressé le 30 octobre 1914 à neuf heures du matin sur la déclaration de Pautonnier Victor soldat et de Landais Pierre soldat qui lecture faite ont signé avec nous Berrée François, lieutenant au 70e régiment d’Infanterie, officier d’état-civil.
Pour copie conforme à l’original qui reste ici annexé. Mairie de Pacé le 15 octobre 1915.

Les enfants Hirel se souvenaient que le maire de Pacé, bien embarrassé, était venu en l'absence de leur mère leur annoncer le décès au front de leur père. Ils ont été adoptés en 1919 comme pupilles de la Nation.

Sur le monument aux morts de Pacé, son prénom a été écorché : J.-P. au lieu de J.-M., peut-être à l'occasion d'une redorure. Le monument aux morts de Pacé

 5 - Cousins morts pour la France

5.1 - Henri Julien Corbes

Fils de Gilles Corbes et Aimée Cocault, et donc cousin germain de Joseph Corbes, Henri Julien Corbes était né à Saint-Gilles le 24 novembre 1886. Il avait épousé à Rennes, le 9 septembre 1912, Jeanne Marie Charpentier.
Le monument aux morts de Saint-Gilles Conducteur au 2e canonnier, 10e régiment d'artillerie de campagne, il meurt le 17 décembre 1917 à Cumières (Meuse), ambulance 5/55, des suites de ses blessures, à l'âge de 31 ans.

Il figure sur le monument aux morts de Saint-Gilles.

5.2 - Pierre Marie Depail

Né le 21 septembre 1883 à Vezin, Pierre Marie Toussaint Depail était le fils d’Anne Marie Guillemois et de Toussaint Depail, cabaretier aux Trois Marches, et donc un cousin germain de Jean-Marie et Marie Ange Hirel.
Incorporé à Rennes au 41e régiment d'infanterie, il participe, comme les hommes du 70e, aux batailles de Charleroi, de la Marne et de Guise avant d'être tué, le 3 octobre 1914, à l'âge de 31 ans, à Neuville-Vitasse (Pas-de-Calais).

Il figure sur le monument aux morts de Bruz.

Le monument aux morts de Bruz

5.3 - Albert Guillemois

Cousin germain de Marie-Ange et Jean Marie Hirel, né le 8 avril 1889 à Vezin-le-Coquet, Albert Guillemois avait été, comme son cousin Depail, incorporé à Rennes dans le 41e régiment d'infanterie, 2e compagnie de mitrailleuses.
En 1915 le régiment a combattu à Bailleul et en Argonne, en 1916 à Verdun. En 1917, ce sont les combats meurtriers du Casque, du Mont-Perthois, du Mont-Haut.
Une ambulance
Mortellement blessé aux Souhesmes, dans la Meuse, Albert Guillemois est mort dans l'ambulance 5/55, à 28 ans, le 11 octobre 1917 (deux mois plus tard, Henri Julien Corbes mourra au même endroit).
Enterré aux Souhesmes-Rampont (nécropole nationale de Fontaine-Routhon) dans une tombe individuelle portant le n° 568, il figure sur le monument aux morts de Vezin. Nécropole de Fontaine-Routhon
Médaillon du monument aux morts de Vezin Il avait reçu la médaille militaire et été décoré de la croix de guerre avec palme.

Transcription du 11 octobre 1917
L’an mil neuf cent dix sept, le onze du mois d’octobre à treize heures à Fontaine Bouton, commune des Souhesmes (Meuse), acte de décès d’Alfred Guillemois, décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec palme, soldat de 2e classe au 41e Régiment d’Infanterie, 2e compagnie de mitrailleuses, immatriculé sous le n° 2028 du recrutement de Rennes, classe 1909, né le 8 avril 1889 à Vezin, canton de Rennes, département d’Ille et Vilaine, domicilié en dernier lieu à Mouillemusse, commune de Vezin (Ille et Vilaine), décédé à Fontaine-Routon, commune des Souhesmes (Meuse) le 11 du mois d’octobre 1917 à douze heures quinze minutes des suites de blessures, mort pour la France. Fils de Jean-Marie et de Marie-Louise Auvé, domiciliés à Vezin, canton de Rennes, département d’Ille et Vilaine.
Conformément à l’article 77 du Code civil, nous nous sommes transporté auprès de la personne décédée et assuré de la réalité du décès. Dressé par nous Eugène Beau, officier d’administration de 2e classe, gestionnaire de l’ambulance 5/55, Officier de l’Etat civil sur la déclaration de Raphaël Charles Prieux, 41 ans et de Louis Pierre Adrien Robin, 40 ans, caporaux de la 5e section d’infirmiers militaires, témoins qui ont signé avec nous après lecture. Vezin le 20 mai 1918
Mention rectificative
Loi du 18 avril 1918
Le défunt était prénommé Albert Louis François et non Alfred ; il était célibataire.
Fait le 10 mai 1918. Le Ministre de la Guerre. Par délégation le chef de Bureau des Archives administratives.

5.4 - Pierre Marie Guillemois

Né le 8 janvier 1875 à Pacé, époux de x x, Pierre Marie Guillemois était le père d’Angèle Guillemois (« Angèle de Pacé »), future épouse d'Albert Hirel. On le voit ici poser dans l'uniforme du 70e régiment d'infanterie.
Caporal au 96e RIT, il est tué le 4 mai 1915 en Belgique, à l'âge de 40 ans. Il a été inhumé à la nécropole nationale de Zuydcoote, dans la tombe individuelle n° 37, carré 1.
Il figure sur le monument aux morts de Pacé.
Nécropole nationale de Zuydcoote

5.5 - Pierre Lefeuvre

Médaillon du monument aux morts de Vezin Pierre Marie Théodore Lefeuvre, né le 7 juin 1879 à Rennes, avait épousé Philomène Guillemois (une cousine de Marie Ange Hirel) le 22 octobre 1907. C’était donc le beau-frère d’Albert Guillemois et de Laurent Rué, également morts pour la France.
Incorporé au 102e régiment d'infanterie, il est mort le 5 juin 1918 à Rousbrugge (Belgique) des suites des blessures de guerre, à 39 ans. Il est enterré, comme Pierre Corbes, à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) dans la nécropole nationale Notre-Dame-de-Lorette, tombe n° 11, rang 9.
Il figure sur le monument aux morts de Vezin.

5.6 - Laurent Rué

Laurent Rué, mort pour la France à 40 ans le 1er novembre 1918, soit dix jours avant la fin des hostilités, entre Voncq et Semuy dans les Ardennes, était le beau-frère de Louis et Marie Ange Guillemois. Médaillon du monument aux morts de Vezin
Nécropole nationale de Chestres Il est enterré à Vouziers (Ardennes), dans la nécropole nationale de Chestres, tombe n° 490.
Il figure sur le monument aux morts de Vezin.

Extrait des minutes du Greffe du Tribunal de première instance de Rennes du 29 mai 1922. D’un jugement rendu publiquement par la première chambre du tribunal de première instance de Rennes le 29 mai 1922, enregistré sur la requête de Monsieur le Procureur de la République il a été extrait ce qui suit :
Le Tribunal déclare constant que Rué Laurent Joseph Marie, soldat au 124 e RI, né le 27 août 1878 à Bédée, fils de Laurent et Anne-Marie Lavauquet, célibataire, domicilié à Vezin, est mort pour la France le 1er novembre 1918 entre Voncq et Semuy (Ardennes). Ordonne que le présent jugement tiendra lieu d’acte de décès de Rué Laurent Joseph Marie, que le dispositif sera transcrit sur les registres de la commune de Vezin pour l’année courante.
Pour extrait conforme, suivent les signatures. Transcription à Vezin le 7 juin 1922, le Maire.

 6 - Et ceux qui n'y sont pas morts

 6.1 - La génération du feu

Mon arrière-grand-père Joseph Corbes est mort en 1914... à son domicile, d'un phlegmon... Et sa veuve de regretter amèrement : « si au moins il était mort à la guerre, j'aurais eu une pension ». Sa belle-sœur, en effet, avait cette chance et n'avait pas besoin d'aller mendier auprès de sa belle-famille. Ainsi, dès le 16 septembre 1916 (soit quand même presque deux ans après la mort de Jean Marie Hirel...), l'armée lui avait versé un « secours immédiat » de 150 francs.

Lucien Bouget (né en 1873) : rédiger

Désiré Corbes (1877-1938) : rédiger

Louis Corbes (1878-1936), son frère, tuteur de ses enfants orphelins, a lui eu la chance de survivre à l'épreuve des champs de bataille. De constitution fragile semble-t-il, il a passé plus de temps à l'hôpital que dans les tranchées. Rappelé, à l'âge de 37 ans, le 25 janvier 1916, alors qu'un de ses frères vient tout juste de mourir au front, il est affecté au 8e régiment d’artillerie à pied le 1er avril 1916. Dès le 7 juin 1916, il est évacué sur l’hôpital de Bar-le-Duc « pour pleurésie ancienne ». Le 24 juin 1916, il est transféré à l’hôpital de Rennes.
Son état s'étant sans doute amélioré, il retourne au front et passe au 5e régiment d’artillerie à pied le 19 janvier 1917. Il est de nouveau évacué, « pour troubles intestinaux » cette fois, du 12 juillet au 3 août 1917, puis à nouveau, « pour courbatures fébriles », le 11 décembre 1918.
Malgré cette petite santé, c'est seulement le 6 février 1919 qu'il est démobilisé et classé sans affectation. Il regagne alors Gévezé.

Autre de ses frères, Henri Corbes (1881-1939), a également commencé la guerre à l'hôpital : rappelé sous les drapeaux le 13 août 1914, il entre à l’hôpital militaire de Rennes le 20 septembre 1914 pour un panaris au pouce droit. Transféré à l’hôpital-dépôt d’éclopés de Saint-Lô le 1er octobre 1914, sorti le 20 octobre 1914, il ne rejoint finalement l’armée que le 21 novembre 1914 (13e Régiment d’Artillerie de campagne, 2e batterie).
Il réussit, semble-t-il, à éviter les mauvais coups jusqu’en juin 1917. Puis il est de nouveau hospitalisé du 13 juin 1917 au 12 mars 1918 : blessure ? maladie ? Il finit la guerre en Orient (Tunisie) du 13 mars 1918 au 1er mars 1919, date de sa démobilisation. Il se retire alors à Vern.

Le plus jeune des frères Corbes, Julien (1882-1942), avait été exempté par décision du conseil de révision en 1903 pour lésion cardiaque et classé « service auxiliaire » par décision du conseil de révision en date du 2 décembre 1914 pour insuffisance respiratoire. Affecté au 24e régiment de Dragons puis au 7e régiment d’artillerie le 3 juillet 1915, il est détaché du corps le 3 décembre 1915 en qualité d’ouvrier à la Compagnie du Gaz à Rennes.

 6.2 - Anciens combattants

Dès 1919, le général Durand fonde l'Union nationale des combattants (UNC) pour fédérer tous les hommes revenus du front. Des associations départementales et locales d'anciens combattants voient massivement le jour en 1919. Comme dans les autres départements, le groupe départemental de l'UNC d'Ille-et-Vilaine sert de lien entre les sections locales et l’association nationale. En 1936, il comprend 289 sections - 25 300 membres actifs -, 32 "sections de Jeunes" et 1 000 adhérents sympathisants. Le siège social est à Rennes, 15 rue Hoche. Une permanence y est assurée tous les jours sauf les dimanches et jours fériés. Le groupe a pour organe officiel Le Combattant d'Ille-et-Vilaine, mensuel qui paraît le 15 de chaque mois, et est servi obligatoirement à tous les membres du groupe départemental, Anciens Combattants et Jeunes. L’abbé Tanvet en est l'administrateur. Des commissions spécialisées, formées de camarades compétents, s’occupent de tout ce qui concerne les intérêts des Anciens Combattants et Victimes de la guerre : pensions, prêts, secours, carte du combattant, mutualité, récompenses, emplois réservés, etc. En 1936 est fondée une maison de retraite pour les vieux camarades de l’UNC atteints par l’âge, et n’ayant ni famille ni ressources suffisantes pour leurs vieux jours. Le groupe fait l’acquisition du château du Plessis-Bardoult, sur la commune de Pléchâtel, et la maison de retraite du Plessis-Bardoult est inaugurée le 4 juillet 1937 par le général Weygand.

 7 - Pour aller plus loin

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