Bienvenue sur l'arbre généalogique et la « chronique » des familles Duval et Corbes.

Sommes-nous cousins ?

 Chronique familiale



 Vezin-le-Coquet


V'zin

Le territoire de la commune de Vezin est peu étendu (786 hectares seulement). C'est en 1920 seulement qu'elle a pris le nom de Vezin-le-Coquet pour la distinguer de trois autres communes françaises portant le même nom. La commune ne comptait en 1793 que 556 habitants (des Veinoux) et a atteint son pic de population en 1856 avec 720 personnes. La croissance démographique est énorme en revanche depuis 1968 (3 999 habitants au recensement de 2007). La rue de Montfort à Vezin, carte postale XXe
Sommaire

 1 - Mes ancêtres

La mère (1878-1916) de mon grand-père et ses oncle et tantes sont nés à Vezin. Mes arrière-grands parents s'y sont mariés en 1899 avant de quitter la commune pour Messac.

En 1917 encore, la plus jeune des tantes de mon grand-père, Clémentine Denieul (1893-1957), y épouse un menuisier de Quédillac avec lequel elle part pour Bourges, Toul puis Grenoble, vers 1926.

Seule la tante Bouget, qui a élevé mon grand-père et ses frères, a passé toute sa vie à Vezin. La Tante Bouget

Mes plus anciens ancêtres connus à Vezin sont le couple Bertrand Guinegault et x x, mariés en 1723. Les Verdys (de Pacé) et les Lefeuvre (de la paroisse Saint-Martin de Rennes) étaient Veinoux au moins depuis les années 1770. Les Dubreil s'étaient installés à Vezin dans le premier quart du XIXe siècle, venant d'Iffendic. Les Denieul étaient, quant à eux, de Saint-Gilles.

 2 - Le territoire

Ancienne commune rurale située aux portes de Rennes (dont elle constitue le canton de Rennes sud-ouest avec Saint-Jacques-de-la-Lande), Vezin a essentiellement vécu, jusqu'au milieu du XXe siècle, de l'exploitation de ses riches terres agricoles, en particulier de la production de grains et de cidre. Les échanges avec la ville voisine étaient favorisés par la présence de la route départementale, traversant le territoire d'est en ouest. Les quelques commerces existant avant la mutation du village étaient implantés le long de cet axe (la rue de Montfort), notamment des cafés et un atelier de maréchal-ferrant.

Les communes les plus proches sont :

Une voie ferrée traverse la commune : il s'agit de la ligne, construite en 1864, qui permettait de relier Rennes à Brest. C'est ainsi sans doute que la fille d'un cafetier de Vezin s'est éprise en 1899 d'un cheminot de Saint-Malo et l'a suivi dans ses affectations, à Messac puis Dinan.

 3 - Le bâti

À Vezin, la majorité des maisons se concentre dans le village. La terre crue reste le principal matériau de construction ; la toiture est le plus souvent à croupe. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, l'utilisation du schiste pourpre de Pont-Réan devient plus fréquente, puis, dans les années 1920-1930, remplace totalement le matériau traditionnel.

3.1 - L'église
L'église de Vezin est dédiée à saint Pierre.C'est une église de fondation romane, donnée aux chanoines de Rennes au XIe siècle, reprise en partie au XVe siècle et transformée entre 1820 et 1830 par les architectes Jean-François Pointeau, Louis Richelot et Lagarde, qui réaménagent la nef et construisent le transept et le choeur. Autrefois entourée par le cimetière, l'église paroissiale est aujourd'hui isolée au centre du village. Reprise en 1826, elle est un exemple intéressant d'architecture de style néoclassique. L’église de Vezin

3.2 - Le monument aux morts
Le monument aux morts de Vezin Érigé en 1920, après l'hécatombe de 1914-1918, c'est un monument en pierre de taille de granit prenant la forme d'un obélisque. La face est est gravée d'une croix de guerre et de l'inscription : « AUX / MORTS / POUR LA / PATRIE / 1914 - 1918 / 1939 – 1945 » ; elle porte une plaque de marbre blanc recevant les noms des morts. La face sud porte un tableau commémoratif avec impression photographique (endommagé dans les années 1980). Outre Armand Denieul, oncle de mon grand-père, plusieurs cousins de mes grands-parents y figurent. On notera notamment les noms de Pierre Marie Théodore Lefeuvre, marié à Philomène Guillemois (une cousine de Marie Ange Hirel) et de ses deux beaux-frères, Albert Guillemois et Laurent Rué.

Le 17 juin 1934 a lieu la fête annuelle de la section locale de l'Union nationale des combattants. Elle inaugure à cette occasion "une œuvre très expressive Poilu terrassant l'Aigle allemand, due au ciseau du statuaire bien connu Louis-H. Nicot qui en a fait don gracieux à ses compatriotes de Vezin. "Les anciens combattants se rassemblent à 9 heures "chez M. Bouget, café du Lion d'Or, où un vin d'honneur leur sera servi. Défilé et dépôt de gerbes de fleurs au monument des morts. Grand'messe à 10 heures à la mémoire des enfants de la commune tombés au champ d'honneur, suivie de l'appel des morts et de l'absoute au monument". le banquet a lieu, à midi, chez Mme Touffet.

Voir

3.3 - Le cimetière
Il abrite notamment la tombe de mes grands-parents, Louis Duval (1906-1974) et Marceline Corbes (1908-2007). La tombe de la « Tante Bouget », née Léontine Denieul, y était encore visible jusque dans les années 1990. Des descendants de son mari, Lucien Bouget, ont repris la concession. Le cimetière de Vezin

3.4 - Les fermes et écarts

3.4.1 - Le Mesnil
La ferme actuelle du Mesnil (fin XIXe-début XXe) est un ensemble de plan rectangulaire construit en terre enduite, couvert d’une toiture à longs pans en ardoise. Aujourd'hui rénovée et transformée en habitation, cette petite ferme se composait d'une pièce unique et d'une étable construites sous le même toit.

La ferme du Mesnil

Cultivateur, Pierre Verdys y meurt en 1801. Son fils Pierre Laurent Verdys, charpentier, y habite jusque vers 1828-1829, date à laquelle il s'installe au Lion d'or.

Des Guillemois y habitent jusqu'en 1920. Après le décès de la veuve Guillemois, une vente aux enchères, organisée le 12 décembre 1920, disperse le mobilier et matériel du Mesnil :

2 vaches, dont une avec son veau ; un petit camion ; une voiture à bras ; une brouette, une baratte neuve ; un tarare ; un fût plein ; un grand fût vide, deux petits fûts, deux lots de betteraves, pommes à cidre ; fagots ; 3 lits garnis ; une armoire ; une malle ; vaisselier ; horloge ; 3 tables ; nombreux outils de culture, linge, et quantité d'autres objets.

3.4.2 - Pont-Lagot
La ferme du Pont-Lagot à Rennes. Phot. Inv. I. Barbedor Cet écart marque la frontière entre Rennes et Vezin. François Marie Antoine Dubreil était jardinier à Pont-Lagot dans les années 1880. Une ferme demeure, sur le territoire de Rennes, représentative sans doute du paysage que connaissaient les Dubreil.
On trouvait au tournant du XIXe siècle à Pont-Lagot toutes les composantes d'une de ces actuelles zones d'activités d'entrée de ville où voisinent restaurants routiers et concessionnaires automobiles : cabarets ou débits de boissons pour les hommes, charrons pour réparer les « char'tes », maréchaux-ferrants pour les bêtes de trait.

 4 - La vie publique

4.1 - Cahiers de doléances (1789)

Subdélégation de Rennes. Population. — En 1793, 560 hab. (Arch. d'Ille-et-Vilaine, série L).

Capitation. — Rôle de 1786 (Ibid., C 4060) ; 105 articles ; total, 727 l. 18 s. 11 d., dont 451 l. pour le principal de la capitation ; — Total en 1789, 687 l. 13 s. 9 d., se décomposant ainsi : capitation, 451 l. ; 21 d. p. l. de la capitation, 39 l. 9 s. 3 d. ; milice, 57 l. 12 s. 6 d. ; casernement, 139 l. 12 s. (Ibid., G 3981).

Vingtièmes. — 1 665 l. 8 s.

Fouages. — 13 feux 1/3 1/30. — Fouages ordinaires, 147 l. 6 s. ; garnison, 44 l. 1 s. 9 d. ; fouages extraordinaires, 279 l. 9 s.

Ogée. — Le territoire, d'une superficie plane et couvert d'arbres et de buissons, est très bien cultivé et produit des grains et du cidre.

Procès-verbal. — Assemblée électorale, le 1er avril, au lieu ordinaire des délibérations, sous la présidence de Joseph-Pierre Mallécot, procureur d'office de la juridiction de la Martinière-Monbarot. — Comparants : Mathurin Derniaux (12 ; 1 valet, 1,10 ; 1 servante, 1,5) ; Louis Guinegault (9 ; 1 servante, 1,5) ; Pierre Loisel, métayer (29 ; 1 valet, 1,10 ; 2 autres valets, 2,10 ; 1 servante, 1,5) ; Jean Gérard (29 ; 1 valet, 1,10 ; 1 autre, 1,5 ; 2 autres, 2 ; 2 servantes, 2,10) ; Jullien Derniaux, métayer (24 ; 1 valet, 1,10 ; 3 autres, 3,15 ; 1 servante, 1,5) ; Pierre Jouan (0,15) ; Pierre Philoux ; Mathurin Bigot (9 ; 1 valet, 1,5 ; 1 servante, 1,5) ; x x (6,10 ; 1 servante, 1,5) ; Pierre Delaunay (11 ; 1 valet, 1,10 ; 1 servante, 1,5) ; René Rougé (4,10) ; Pierre Lefeuvre ; Jean Jumel (11 ; 1 servante, 1,5) ; Julien Kerdual (2) ; Jean Davy, fermier (6) ; Jullien Jubault (0,10) ; Jacques Perché ; Pierre Loisel le jeune (1,10 ; 1 valet, 1,5 ; 1 servante, 1,5) ; Jean Souflet (9,10 ; 1 servante, 1,5) ; Joseph Touanel (17 ; 1 valet, 1,10 ; 1 autre, 1,5 ; 1 servante, 1,5) ; Simon Rahyer ; Léonard Denot (7 ; 1 servante, 1,5) ; Pierre Apert (6) ; Jacques Trivaleu ; Jean Trivaleu (12 ; 1 valet, 1,5 ; 1 autre, 1 ; 2 servantes, 2,10) ; Joseph Morinaye ; Michel Ferchaux (6 ; 1 valet, 1,5 ; 1 servante, 1,5) ; Gilles Bertru (0,10) ; Jean Bocquené (0,10) ; Joseph Touanel, l'aîné ; Baptiste Courtin (5,10) ; Pierre-André-Jean Riochon ; Louis Guépin (2) ; Jullien Bohuon (3) (6) ; Gilles Fourché, maréchal (3) ; Michel Tizon (8) ; Jacques Pacheu (6 ; 1 servante, 1,5). — Députés : Gilles Morinaye ; Pierre Loisel.

Plaintes, doléances et observations que fait le général des habitants de la paroisse de Vezin, évêché de Rennes, assemblés en vertu de convocation faite dimanche dernier au prône de la grande messe..., lesquelles plaintes et doléances sont ainsi qu'il suit :

Article premier. — Les habitants de Vezin désirent que le peuple des campagnes soit mieux représenté aux États particuliers de la province et autres assemblées quelconques, et de la même manière qu'il l'est aux États généraux (1).

Art. 2. — Que les corvées des grands chemins en nature soient supprimées et remplacées par une taxe qui sera, ainsi que la capitation, casernement, fouages et vingtièmes, supportée par les trois ordres de l’État, le fort aidant au faible (2).

Art. 3. — Que les biens ecclésiastiques soient mieux distribués ; que le clergé du second ordre, qui travaille et qui voit la misère, participe dans les mêmes biens en plus grande quantité que les décimateurs qui ne font aucune charité aux pauvres ; que ces mêmes biens soient encore assujettis à aider aux réparations et réfections des nefs des églises et presbytères en cas de besoin, comme les biens laïques (3)

Art. 4. — Qu'il est on ne peut plus juste que les domestiques des ecclésiastiques et des nobles soient assujettis au tirement du sort comme les autres, si toutefois les milices ne sont pas supprimées (3).

Art. 5. - Que les garennes et fuies soient supprimées ; qu'il soit permis de franchir les rentes et autres droits seigneuriaux ; que la suite du moulin soit libre, ainsi que les fours banaux ; que la chasse soit défendue à tout autre que le seigneur du fief, qui ne pourra encore le faire que dans la saison prescrite par la loi.

Art. 6. — Qu'il serait bon qu'il fût nommé six notables dans chaque paroisse pour connaître des dommages des bestiaux et injures verbales, et les juger en dernier ressort jusqu'à la concurrence de trente livres.

Art. 7. — Qu'il est bien étrange qu'une église paroissiale, qui n'a pour son entretien que les aumônes des fidèles, soit assujettie à payer des droits de contrôle des délibérations, des nominations de ses trésoriers et des commissaires que le général nomme pour vaquer aux affaires de la fabrique, et qu'on soit encore obligé de porter les registres aux contrôleurs, malgré que les arrêts et règlements défendent de les déplacer, crainte qu'ils ne soient perdus, et qu'enfin les mêmes églises soient assujetties à payer des décimes.

Que ces mêmes droits, comme ceux de centièmes deniers, soient si onéreux au public, par la raison que celui qui paye ce droit de centième denier n'ait même pas diminution des réparations et autres charges réelles ; qu'un acte sous seings, portant plusieurs dispositions et obligations, ne puisse être contrôlé pour la partie que l'on veut mettre à exécution, sans payer le contrôle de tout le contenu en icelui ; la même plainte doit encore s'étendre sur les francs-fiefs (4).

Art. 8. — Qu'il soit établi dans chaque paroisse une caisse pour le soulagement des pauvres, à qui il sera fait défense de mendier.

Art. 9. — Que les notaires et greffiers soient taxés par cent pour leurs travaux.

Art. 10. — Qu'à l'avenir, les biens de l’État soient mieux administrés ; que les administrateurs soient tenus de rendre leurs comptes en charge et décharge publics.

Art. 11. — Qu'enfin la paroisse de Vezin est trop sur- chargée de taxes, vu son peu d'étendue ; elle est chargée de plus de deux mille huit cents livres.

Art. 12. — Adopte le dit général des habitants tous et chacun les articles de doléances ci-dessus. Et ont les assistants signé le présent, ceux qui le savent faire.

[11 signatures, plus celle du président Mallécot.]

Notes :

Ce cahier a de nombreuses analogies avec celui de Thorigné et reprend certains passages des Charges d'un bon citoyen de campagne.

(1) La tâche de cette paroisse, sur la route de Rennes à Montfort, était, en 1788, longue de 1 144 toises ; elle avait son centre à une demi-lieue du clocher (Arch. d'Ille-et-Vilaine, C 4883).

(2) Le chapitre de Rennes, décimateur à Vezin, payait une portion congrue de 500 l. au recteur et de 250 l. au vicaire. Le recteur jouissait encore des deux pièces de terre de la prestimonie des Riants (ibid., série Q, déclarations de 1790 ; GUILLOTIN de COURSON, Pouillé, t. VI, p. 448).

(3) Durant la période 1781-1786, Vezin fournit 3 miliciens, un en chacune des années 1781, 1785 et 1786. En 1781. sur 122 jeunes gens présents au tirage, 96 furent exemptés ou réformés (Arch. d'Ille-et-Vilaine, C 4704).

(4) Les recettes de la fabrique, qui furent de 507 l., 4 s. pour l'exercice 1786-1787 (8 septembre) et de 777 l., 11 s. pour l'exercice 1788-1789, se composaient du produit des quêtes, des troncs, des aumônes en espèces, de la vente des beurres, filasses de lin, blés et lards donnés en aumônes, de la location des chaises, du casuel des mariages et des enterrements, de la vente des pommes du cimetière et d'une rente constituée de 50 l. sur les Petites Ursulines de Rennes. Les dépenses, qui furent de l'?6 l. 7 s. en 1786-1787 et de 168 l. en 1788-1789, étaient pour les menues réparations de l'église et du presbytère, les gages du sacristain et les frais du culte ; la fabrique payait aussi 4 l. de décimes. Une ordonnance de l'intendant de Bretagne, en date du 4 mars 1788, condamna le général de Vezin à payer la somme de 59 l. 15 s. pour le contrôle de 41 délibérations échelonnées entre le 25 août 1771 et le 29 juillet 1787, outre celle de 29 l., 17 s., G d. pour les 10 s. p. l. et 9 l. 9 s. pour les frais ; l'intendant accordait la remise des amendes (Arch. d'lle-et-Vilaine, série G, fabrique de Vezin).

Source :
Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, publiés par les soins du ministère de l'Instruction publique. Département d'Ille-et-Vilaine. Cahiers de doléances de la sénéchaussée de Rennes pour les états généraux de 1789, publiés et annotés par Henri Sée, André Lesort, t. II.

4.2 - Curés

L'enquête préfectorale de 1801 décrit ainsi le curé de Vezin : "Rouault ou Ruault (Pierre). Âgé de 60 ans, curé à Vezin, insoumis et très mauvais sujet". Pierre Rouault était recteur de Vezin dès 1773.

4.3 - Maires et élus locaux

Remise de décoration par mon grand-père, Louis Duval, à L. Beaumanoir en présence du maire, Fernand Bons

  • Jean Bons : maire (1825) (...)
  • L. Bigot : maire (1901)
  • Pierre-Marie Julien : maire (1904)
  • Armand Bons : maire (1906)
  • J.-M. Leguesdron : maire (1912)
  • Pierre-Marie Philouze : maire (mars-mai 1925)
  • Louis Bigot : maire (1925)
  • Fernand Bons : maire (1929-1971)
  • Robert Rhan : maire (1971-2001)
  • Yolaine Lecadre : maire (2001-2008)
  • Gérard Le Cam : maire (2008-)

4.4 - Célébrités

Le château de Montigné à Vezin Une célébrité a vu le jour à Vezin : il s'agit de Camille Armande Marie Germaine Brice de Viele, née le 13 septembre 1876 au château de Montigné (aujourd’hui maison de retraite pour ecclésiastiques). Elle est la fille de René Brice de Ville, avocat, député d’Ille-et-Vilaine, sous-préfet de Redon en 1870, président du conseil général de 1897 à 1921, né à Rennes en 1839. Germaine Brice de Viele épouse le 13 février 1901 à Paris VIe, un certain Paul Deschanel, futur Président de la République, célèbre notamment pour sa chute d'un train dans la nuit du 23 au 24 mai 1920. Parmi les témoins du mariage, le Président de la République Emile Loubet.

 5 - La vie sociale

5.1 - Les débits de boisson
Au quotidien, les nombreux cafés accueillent tout autant la clientèle des « pays » que les voyageurs en transit aux portes de Rennes.

5.1.1 - Le Lion d'or au Bourg

Le Lion d'or est signalé sur le cadastre de 1812. C'est un nom fréquemment porté par les auberges en Ille-et-Vilaine, ainsi à Liffré, Tinténiac ou Saint-Aubin-d'Aubigné. Une rue de Cherrueix porte également ce nom.

Après la mort de leur mère en 1916, les trois orphelins Duval sont recueillis par la tante Bouget, qui tient l'établissement hérité de sa propre mère, avec son époux. Le café devient ainsi le nouveau foyer des petits garçons, avant que leur oncle ne parvienne à les placer en apprentissage, chez des artisans ou cultivateurs des environs.

Dans les années 1930, le café est lieu de rendez-vous des anciens combattants. C'est un haut lieu également des festivités locales (assemblée de Vezin, concours de palets, etc.).

Voici par exemple le programme du concours de palets des 20-27 mars 1938 : Le concours de palets ouvert le dimanche 20 mars se continuera le dimanche 27 mars, aux lieux suivants : bourg de Vezln, café Pécoil et café Bouget ; Croix-Rouge, café Lhuissier et café Hubert ; Pont-Lagot, café Bertrand ; Pont-d'Avoine, café Priour ; Trois-Marches, café Marchand. Rappelons aux amateurs les prix : 70, 50, 40, 30. 20 et 10 fr. À 17 heures, clôture : partie d'honneur au Lion d'Or, café Bouget, à Vezin, à 17 h. 30 ; à 18 h., distribution des prix.

5.1.2 - Les Trois Marches
Cet établissement est qualifié tantôt de café-cidre, tantôt de cabaret. Début XXe, il est exploité par les Depail.

En septembre 1920, ses exploitants, Pierre Le Plain et Françoise Fourche, le cèdent à Prosper Bréard et Françoise Deleusme.

5.1.3 - Pont-Lagot

compléter

5.2 - L'assemblée de Vezin
Comme tous les villages d'Ille-et-Vilaine, Vezin a son « assemblée » annuelle ou fête patronale, qui permet de rassembler la petite communauté.

A l'origine, on trouve une bulle pontificale, datée du 13 septembre 1475 suivie d'un bref du pape Paul V, concédant une indulgence plénière à tout fidèle visitant dévotement l'église de Vezin. Un nouveau bref, du 10 mai 1650, fixa au lundi de Pâques cette visite. Ces indulgences donnèrent naissance au « Pardon de Vezin », remplacé au XIXe siècle par « l'Assemblée de Vezin ».

Ainsi, mais aussi du fait de la proximité de la capitale bretonne, l'assemblée de Vezin drainait un public bien plus large que celui des villageois des environs : le continuateur d'Ogée, en ses addenda à l'oeuvre du géographe breton écrivait au mot Vezin : « Le lundi de Pâques il y a, à Vezin, une assemblée qui sert de but de promenade au monde élégant de Rennes et à toutes les classes de la Société. La belle promenade du Mail, devenue route de Rennes à Brest, devient, ce jour, le Longchamp de Rennes. »

Louis Duval aimait cette manifestation qui lui rappelait sa jeunesse au café et à laquelle il traînait rituellement sa famille de petites Rennaises, encore dans les années 1950.

5.2.1 - En 1874

La Gazette de Bretagne du 29 avril 1874 relate la fête de l'année, une édition gâchée par la pluie, un peu plus populaire apparemment que les éditions précédentes :

L'assemblée de Vezin. La fête traditionnelle du Lundi de Pâques à Rennes a failli être presqu’anihilée par la pluie : mais heureusement, vers trois heures, le soleil se dégageant d'un voile de nuages, a rendu au ciel sa sérénité. Une foule considérable de piétons sillonnait les deux côtés de la route, tandis que la chaussée était traversée de voitures et d'omnibus emportant de joyeux promeneurs. — Au rond point, une foule de petites baraques entourées de soldats, de bébés, de bonnes d'enfants.
Dans un coin, sous une tente, des buveurs attablés forment le sujet pittoresque d'un Teniers. Ils mangent la saucisse et le boudin traditionnel, et au bruit des verres se mêle l'éclat des bruyants propos. Peu d'équipages de luxe. À Vezin. Les artilleurs, groupés en rond autour d'un de leurs camarades, le ténor de la troupe, chantent à tue-tête un refrain du pays, — Cette fête bretonne avait un air de kermesse, mais on regrettait d'y voir peu d’équipages de luxe que le temps incertain avait sans doute empêchés de sortir.

Lassemblée de Vezin en 1892, photographie E. Maignen

5.2.2 - En 1901
On trouve dans L'Ouest-Éclair du 10 avril 1901 un description assez cocasse de la fête, poussiéreuse cette fois :

Pour résumer en deux mots la tradition, cette assemblée du lundi de Pâques, dite le Longchamp rennais, on peut dire qu'elle a été vent et poussière. Où est l'époque où l'on se rendait à Vezin en pantalon blanc et chapeau de paille ? Le brave homme qui s'aventurerait aujourd'hui en pareille tenue risquerait fort d'être toute de vilain Mardi Gras. En effet, il ne serait guère de saison. Dès le matin, de gros nuages s'amoncelaient, poussés par un vent du sud qui, en se maintenant toute la journée, a dû éviter nos concitoyens d'abondantes averses.

Sur la promenade du Mail, c'était un nuage de poussière qui se continuait jusqu'à l'embranchement des routes de Vezin et de Pacé. Jamais on n'avait rencontré de gens aussi polis : tout le monde avait la main au chapeau pour empêcher le vent de l'emporter. Un pareil Mistral devait ouvrir les appétits, et de chaque côté de la route s'étaient installées les dignes marchandes de saucisses. La friture de leurs poêles nous rappelait celle qui se produit sur les fils téléphoniques lorsque le vent souffle en violence et nous empêche de prendre une communication. Il y a de la friture, nous dit l'administration de M. Mougeot. Et le même bruit se reproduit exactement dans la mêlée des fricassées de boudin et autres choses. Sous les tonnelles encore peu feuillues, les tables sont garnies de convives, mais l'un d'eux pousse un cri de désespoir : « Pour collationner, j'ai au moins avalé un tombereau de sable ! » Laissons les fêtards monter jusqu'à Vezin et signalons simplement les incidents.

Les Incidents

Vers quatre heures, une malheureuse femme, dont nous tairons le nom par considération pour sa famille, cherchait à se diriger vers l'assemblée, accompagnée de ses trois enfants. Elle était dans un état d'ivresse tel que chaque pas fait par elle était l'occasion d'une chute. Au bout de cinq minutes, elle avait la figure couverte de sang. Des spectateurs indignés voulurent la re- lever et s'occuper de ses enfants, mais l'ivrognesse s'y refusa. Il fallut l'intervention d'un agent d'un de ces hommes sans cœur, dit le bon public qui, soutenant la femme sous chaque bras, la reconduisait jusqu'à son domicile, boulevard de l'Ouest, où elle fut reçue par son mari. Accoutumés à des incidents de cette nature, le bon époux soigna sa femme et mit les gosses au lit.

Une demi heure plus tard, une rixe se produisait vers le milieu du Mail. Les frères Bigard se rencontraient dans une auberge du quartier en compagnie des nommés Alexandre Perquis, menuisier, et Debroise, ouvrier vidangeur. Une dispute s'éleva entre ces consommateurs et finit par un pugilat presque général. Quelques combattants sortirent du combat la figure en capilotade. S'en aller en un tel état devant tous les promeneurs de l’assemblée de Vezin, c'était un peu gênant, aussi les batailleurs jugèrent-ils à propos de disparaître au plus vite ».

5.2.3 - En 1934
Nouvelle chronique, une génération plus tard, dans L'Ouest-Éclair du 3 avril 1934 :

Le vif succès de l'assemblée de Vezin

Lundi de Pâques, jour férié que l'on réserve aux distractions avant que ne revienne le labeur absorbant des jours de travail…
Le matin, à Rennes, ce fut le calme le plus complet. Les plus courageux avaient pris de très bonne heure leurs gaules, leurs seaux et quelques asticots et bucoliquement étaient partis sur les bords de la Vilaine ou du canal d'Ille-et-Rance taquiner le gardon.
L'après-midi, la ville s'anima un peu. L'exode commença. Les uns qui aiment les allées sablées et le repos des bancs, loin de la poussière et des autos, s'en vinrent au Thabor ; d'autres, que n'épouvantent pas les longues marches, partirent lentement le long des routes, entre les haies qui commencent à reverdir, et dans la senteur des premières fleurs printanières.
Mais ce fut le petit bourg de Vezin-le-Coquet qui attira la plus grande partie de la population rennaise.

Pourquoi s'en va-t-on à Vezin le lundi de Pâques ? Vieille habitude que l'on garde tout simplement comme on respecte une coutume ancestrale.
L'assemblée de Vezin commence le cycle des réjouissances au bruit du jazz des chevaux de bois, au piaulement des baudruches qui se dégonflent, au son des airs que l'on joue sur les mirlitons.
Autrefois, l'assemblée de Vezin était le rendez-vous de la high-life. Le populaire s'arrêtait à la Croix-Rouge, où étaient plantées les premières baraques foraines. Plus loin, c'était une sorte de Longchamp et le public formait la haie sur la route pour admirer les beaux équipages de l'aristocratie et les modes nouvelles.
Aujourd'hui plus de mail-coaches, plus de chevaux aux croupes luisantes, plus de valets en livrée, embouchant la longue tuba. Les cars et les automobiles qui transportèrent hier plusieurs milliers de Rennais ont fait oublier à jamais tout cela.

Donc, le drame rapide qui mit, samedi soir en émoi la paisible population de Vezin, n'a point atténué le succès de la fête locale.
Dans la principale artère du bourg, pavoisée de flammes tricolores, les forains avaient planté leurs tentes : tirs loteries, manèges, billards, attiraient toute la jeunesse qui ne se départissait pas d'une folle gaîté. Le dimanche de Pâques fut marqué par un concours de palets, qui réunit les meilleurs joueurs de l'endroit. Les parties furent d'ailleurs chaudement disputées et se continuèrent hier.
Il y eut aussi une course cycliste communale et une course cycliste régionale qui réunirent de nombreux sportifs.
Pendant que se déroulaient ces épreuves, étaient organisés en différents points du bourg, les jeux les plus variés.
Le mât de cocagne eut naturellement son succès habituel et nombreux sont les enfants qui tentèrent leur chance le long du poteau enduit de suif !
Un peu plus tard, hier, ce fut le jeu de casse-pots, avec toutes les surprises qu'il ménage ; puis, face au débit Huon, le jeu de polochon, qui amusa follement les spectateurs.
À 17 h. 30, un banquet, présidé par M. Fernand Bons, maire de Vezin, réunit les membres du Conseil municipal et les animateurs de cette fête, en particulier MM. Louazel, trésorier ; Moricault, secrétaire ; Morin, secrétaire de mairie, etc.
La fête prit fin par un bal champêtre, au cours duquel l'aimable phalange des musiciens rennais interpréta, sous la direction de M. Jouvin, chef des Trompettes Rennaises, des morceaux de choix.
Rapportons en terminant, une belle initiative du Comité des Fêtes, qui s'en fut, hier matin, déposer une magnifique, gerbe de fleurs au pied du monument des Morts de la Guerre.
Une autre gerbe de fleurs a été déposée ensuite au pied du monument que le talentueux et sympathique sculpteur breton a offert à la commune de Vezin. On sait, en effet, que le sculpteur Nicot passa une partie de son enfance dans cette petite commune qu'il affectionnait.

5.2.4 - En 1937

Et voici le programme de l'édition 1937, dans L'Ouest-Éclair du 20 mars 1937 :

La traditionnelle assemblée du dimanche et du lundi de Paques, bien connue des Rennais, se dérouiera cette année sous la présidence d'honneur à M. Joly, député, avec le concours d'une musique de Rennes. Voici le programme établi par le Comité des fêtes, que préside M. Fernand Bons, maire, assisté de M. Louazel, adjoint :

Dimanche de Pâques.
À 9 heures, ouverture du concours de palets (prix : 40, 30, 20, 10, 5 fr.) ; commissaire responsable M. Marchand, conseiller.
À 14 h. 30, Cross cyclo-pédestre 14e catégorie) prix : 40, 30, 20. 10. 5 fr. et nombreuses primes. (Commissaire responsable M. Letort, commerçant.)
À 16 heures : Course à pied. (Commissaire responsable : M. Molicault, conseiller.)
À 16 h. 30 : Course aux œufs. (Commissaire responsable : M. Gruel. conseiller.)

Lundi de Pâques. Continuation du concours de palets (clôture à 17 h. 30, unification des résultats café Gallet, Sapin Vert).
À 10 h. 30 : Course régionale de bicyclettes, sous le contrôle de l'U. V. P. Prix : 70, 50, 40, 30, 20, 10 fr.
À 14 heures : Mât de cocagne, café Pécoil (commissaire responsable : M. Montgermont, conseiller).
À 15 heures. Jeu de casse-pots, café Bouget (commissaire : M. Bourdois, conseiller).
À 15 h. 30 : Jeu de polochon, boucherie Pinel (commissaire : M. Philouze, conseiller).
A 16 heures : Concours de fumeurs, café Onnée (commissaire : M. Guérin, conseiller).
À 20 heures : Bal champêtre, place de la Mairie (commissaire : M. Chauvel, conseiller).

Le dimanche et le lundi, à 17 heures, Défilé et Concours de bicyclette.

 6 - Pour en savoir plus

  • une histoire de Vezin sur le site de la commune

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