Sosa : 1
Fusillé pour l'exemple

  • Né le 14 janvier 1887 - Paris 13°, Seine
  • Décédé le 12 août 1916 - Souhesmes-la-Grande, Meuse , à l’âge de 29 ans
  • Ouvrier maçon. Fumiste. Chasseur au 3e bataillon d'Afrique (Tunisie). Zouave à la 23e Cie du 4e Régiment Mixte de zouaves et tirailleurs

A participé à la Grande Guerre, mort le 12/08/1916

Que s'est-il passé ce jour là ?
Domicile lors de la mobilisation : Arcueil (94)

 Parents

 Demi-frères et demi-sœurs

Du côté de Anna Roucolle 1861-1946

 Notes

Notes individuelles

Est né au 66 Bd de l'hôpital au domicile de la sage-femme Marie le Bivic, 36 ans, femme Soizé. Témoins de sa naissance François le Bivic 67 ans et Auguste Soizé gérant de propriétés 47 ans, 66 bd de l'Hôpital, ses parents habitant 6 rue laromiguière à Paris 5e
Lucien Ernst est recensé sous le n°2463 du 3e bureau de la classe 1907. Lucien Ernst mesurait 1,63 m; il avait le teint pâle,les cheveux presque noir, les yeux marron, le front et le nez moyen, le visage large,les lèvres mince, la bouche petite, menton saillant et une légère cicatrice au côté droit du menton. A sa mobilisation, Lucien Ernst habitait 4 rue Emile Raspail à Arcueil-Cachan. Affecté au 115e Régiment d'infanterie de Nogent le Rotrou et passé ensuite au 4e zouaves stationné au Fort de Rosny le 30 juin 1915, affecté le 10 octobre 1915 au 4e mixte de zouaves et de tirailleurs, passé à la 23e compagnie du 4e mixte de zouaves et de tirailleurs le 21 mai 1916, le 9 juin 1916, chargé de ravitailler les hommes de sa compagnie en tranchée de soutien à la cote 304 dans le secteur du Mort-Homme ( près de Verdun), Lucien Ernst s'attarde pour récupérer fusil et munitions et perd alors ses camarades de combat. Il dit avoir été choqué par un obus et s'être alors réfugié au poste de secours voisin. Il restera six jours au poste de secours du 412e régiment sans se faire examiner. Traduit devant un conseil de guerre le 27 juillet 1916, il a été condamné à mort pour abandon de poste devant l'ennemi. Sa compagnie ravitaillait les soldats de 1e ligne en grenades et a eu plusieurs morts. Il a retrouvé sa compagnie quand celle-ci redescendait de la tranchée de soutien le 25 juin.
Voici comment est décrit le secteur en 1916: Là, c'est le spectacle de la désolation et de la dévastation. Des boyaux à peu pres inexistants, impraticables, conduisent péniblement à des emplacements sans tranchées, sans abris, sur un terrain si bouleversé que même les trous d'obus ne se distinguent pas. Au sein du bombardement qui ne prend jamais fin, on se bat presque corps à corps, à portée de grenades. Il pleut; la pluie persistante fait de ce séjour argileux une bourbe épaisse et profonde où il s'agit de vivre et de combattre, entourés de cadavres en putréfaction, parmi des détritus et des ordures de toutes sortes. La soupe arrive rarement; lorsqu'elle arrive jusqu'aux premières lignes elle est froide, souillée, immangeable. La maladie s'insinue dans les rangs de ces braves dont les corps sont déprimés par un tel régime. Les évacuations deviennent nombreuses; sous le manteau de plomb que déploie le ciel gris et humide de cette fin de juin, dans cette atmosphère déprimante. Au long de cette vallée tragique du Ravin de la Mort, des fantômes casqués, masque en sautoir, ployés sur le bâton qui tâte les trous d'obus où on s'enlise, vont et viennent en hâte….C'est le poseur de lignes téléphoniques qui cherche la rupture d'un fil; c'est un agent de liaison qui porte un ordre urgent, c'est une équipe de brancardiers qui ploie sous son glorieux fardeau, c'est un ravitailleur encore, que les autres là-haut attendent avec tant d'impatience. Qui dira, comme il convient, la grande pitié de ces isolés qui vont ainsi, sous la menace imminente de la camarde.
Lucien Ernst avait fait appel de sa condamnation à mort par le conseil de guerre. Cet appel fut rejeté.

Avant la déclaration de guerre du 1er août 1914, il avait été incorporé le 23 avril 1909 au 3e bataillon d'Afrique après avoir été condamné le 14 août 1907 à deux ans de prison pour tentative de vol et incarcéré à la prison de Poissy, cela après avoir écopé le 25 juin 1906 à un mois de prison pour vagabondage et avoir été condamné le 14 février 1905 à un mois de prison avec sursis pour vol. Il avait été nommé chasseur de 1ere classe en mai 1910 et libéré des obligations militaires le 23 avril 1911 avec un certificat de bonne conduite. Il était resté deux ans en Tunisie.
En 1911 il est fumiste et habite Creil. En 1913, au moment de la prolongation de la durée de la conscription à 3 ans, il est réserviste et ne rejoint pas son corps; il est alors déclaré insoumis. A la mobilisation, il bénéficiera de l'amnistie pour les insoumis qui ont rejoint leur corps (loi du 4 août 1914).
Son dossier de fusillé pour l'exemple figure dans la base installée depuis 2014 sur le site du Ministère de la Défense, Mémoire des Hommes. Lucien Ernst figurait sur le Livre d'Or des morts pour la France d'Arcueil en 1929 et il en a été rayé plus tard. Son acte de décès retranscrit à la Mairie de Arcueil le 19 juillet 1917 portait la mention "Mort pour la France" et depuis, la mention "Non mort pour la France" a été rajouté. (transcription du 1er février 1937 en vertu d'un décret du Ministre des Pensions du 7 octobre 1935). Sa mère Anna Roucolle a peut être touché pendant une dizaine d'années la pension due aux ascendants directs des morts pour la France. Anna Roucolle étant veuve depuis 1898 de Charles Ernst, Lucien Ernst, célibataire, aîné de la fratrie, était soutien de famille et avait à charge son jeune frère, Ferdinand, âgé de douze ans en 1916.

Cent ans après son décès, à la date du 1er juin 2016, Lucien Ernst ne figurait pas sur le monument aux morts d'Arcueil alors qu'il habitait cette ville à la mobilisation. Son nom sera inscrit pour la cérémonie du 11 novembre 2016 soit 100 ans après son exécution.
Dix sept "val de marnais" ont été fusillés pour l'exemple. Certains d'entre eux ont déjà leur nom sur le monument aux morts de leur ville (Alfortville par exemple). Deux autres hommes du même régiment ont été fusillés pour l'exemple le 22 septembre 1916, Delamarre, un pâtissier originaire de la Manche et un tirailleur tunisien Tahar Mohamed ben Mohamed (né à Tunis). Sur la mémoire des fusillés pour l'exemple voir l'article de Gilles Manceron de la LDH http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/H_L143_Actu_6_La_memoire_des_fusilles.pdf

 Sources

  • Naissance: Ad de Paris 13° vue 1/31 du 17/01/1887

 Aperçu de l'arbre

Charles Ernst 1841-1885/   Salomé Heimlich 1835-1872..1885   Jean Baptiste Roucolle 1840-1896/   Marie Piquemal 1838-1896
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Charles Ernst 1862-1898   Anna Roucolle 1861-1946
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Lucien Charles Ernst, Fusillé pour l'exemple 1887-1916



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