Family Book



Summary

 1 - Introduction

J'ai toujours voulu connaître l'histoire de mes ancêtres.Et la faire partager à mes grands-parents. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de leur montrer le fruit de mes recherches à temps.

Je leur dédie ce travail.

Voici donc l'histoire de mes arrière-grands-parents.Les quatre premiers vivaient en Sologne.Les quatre autres étaient Bretons.

 2 - Octave Alexis GAUTHIER (1884-1918)

Décembre 1918. C’est le temps du retour des soldats de la Grande Guerre dans leurs familles. Pour certains, c’est l’euphorie et l’espoir de temps meilleurs après la « Der des Ders ». Pour d’autres, les affres de la guerre subsistent : gueules cassées, maladies et traumatismes psychiques. 'Octave GAUTHIER, soldat et brancardier dans les tranchées, est revenu très diminué auprès de sa femme et de ses trois jeunes fils. Il meurt des suites de la grippe espagnole. Il laisse sa famille sans ressources autres que sa ferme.

Octave est originaire du cœur de Sologne. Orphelin à 11 ans, il vit dans un cercle familial restreint composé de sa mère, de son grand-père maternel et de son petit frère Marcel. Il reçoit une bonne éducation et participe aux travaux de la ferme familiale de Neuteau, à Saint-Viâtre.En 1902, sa mère se remarie avec un certain Silvain GERMAIN, du village voisin de Nouan-le-Fuzelier. La famille déménage et s’installe au Clos d’Issay dans la ferme des GERMAIN. Sauf Octave, parti sans doute loué ses bras dans d’autres propriétés. Mais on imagine qu’il ne manquera pas l’occasion de s’y rendre souvent, pour retrouver sa famille… et faire la connaissance de Philomène, une des filles GERMAIN.

Octave et Philomène se marient en 1909 et s’établissent à Nouan. 5 ans avant la Grande Guerre. Il est déclaré Mort pour la France. Son nom est inscrit sur la stèle du monument aux morts de la guerre 14-18 et un portrait orne sa tombe au cimetière de Nouan-le-Fuzelier.

ORIGINES

• Niveau d'éducation moyenne (quelques hommes savent signer). Professions les plus courantes : laboureurs, vignerons, tisserands, charrons

• Origines géographiques : Sologne (Loir-et-Cher, Loiret, Cher). Orléanais.

• Origines plus lointaines : Bretagne (Pays de Retz, <1790), Auvergne (Bussière-Dunoise, <1730)


ANECDOTES SUR QUELQUES ANCÊTRES

  • Marie LALOUP (1860-1937), mère d’Octave. « L’amour vache ! »

L’anecdote remonte au début du XXe s. Seconde femme de Silvain GERMAIN, elle élevait ses animaux à la ferme de Nouan-le-Fuzelier au lieu actuel du restaurant Le Dahu. Un jour, la Bernette, la vache à laquelle elle était particulèrement attachée, était allée s'enliser au milieu de la mare du village. Il avait fallu l'abattre. La grand-mère l'avait pleurée car elle l'aimait bien. Si bien qu'elle avait exigé de manger le cœur de la pauvre bête !

  • Isidore LELOUP (1830- après 1902), grand-père maternel. « Par delà les difficultés de la vie »

Son début de vie est très difficile : fils unique, né de père inconnu, orphelin à 2 ans. Son acte de naissance ne porte que son prénom (sa mère ne le reconnaîtra que plus tard). Il prendra une revanche sur la vie : il vivra longtemps et aura au total 10 enfants. Sans empêcher que l’histoire se répète : sa propre fille Isabelle LALOUP accouchera elle aussi à 18 ans d’une enfant illégitime. Isidore ne savait ni lire ni écrire. Né LELOUP, il a donné tour à tour à ses enfants les noms suivants : LELOUP, LALOUP et LALOUE. Ce qui l’a conduit à prêter serment qu’il était bien le père de certains de ses enfants à leurs mariages.

  • Jeanne BRISSON (1766-1832) « L'exil de Bretagne »

Originaire de Rouans, au sud de Nantes, elle fuit son époux de 30 ans son cadet pour s'exiler en Sologne avec son premier fils. Elle aura une fille née hors mariage, mon ancêtre Catherine, mère d'Isidore LELOUP.

  • Martin GAUTIER (1791-1858) « Le colporteur »

Meunier comme son père, il est ensuite devenu cabaretier puis marchand colporteur. Il a dû bourlinguer à travers la Sologne pour vendre ses breloques. Remarquez qu'il signait son nom sans le H


COUSINAGES AVEC DES CELEBRITES

  • Clément CHARTIN (1827-1898), Maître d'hôtel de formation, il est amené à suivre les grands chantiers de construction de Suez, puis la ruée vers l'or aux Amériques. Il fonde la ville de Blue Lake en Californie.
  • Madeleine SOLOGNE (1912-1995), Actrice de cinéma.


 3 - Philomène Alphonsine GERMAIN (1890-1943)

Surnommée Mémène

ORIGINES

• Niveau d'éducation faible (très peu d'ancêtres savent signer). Professions les plus courantes : laboureurs, boulangers

• Origines géographiques : Sologne/Orléanais (Loir-et-Cher). Berry (Indre, Cher).


ANECDOTES SUR QUELQUES ANCÊTRES

  • Silvain GERMAIN (1849-1932), père de Philomène. « Prisonnier de guerre »

Appelé au service militaire en 1869, il est engagé l’année suivante dans la campagne contre l’Allemagne. Affecté au 50e régiment d’infanterie de ligne, il combat 15 jours avant d’être fait prisonnier par l’ennemi après la défaite de Sedan. Il sera retenu captif sans doute en Allemagne pendant 7 mois !

Il vivra sans doute cette défaite comme une humiliation, sans reconnaissance de la patrie pour ses combattants. Peut-être est-ce donc lui qui s’est procuré cette médaille (officieuse) d’anciens combattants qui rappelle son engagement dans la guerre franco-prussienne. Médaille commémorative portant la devise : « Oublier… jamais ».

Fermier à Nouan-le-Fuzelier, au Clos d’Issay puis à la ferme de Vauilly, il héberge sa famille et plusieurs domestiques à son service, et une gouvernante à la mort de sa 1e épouse disparue.

  • Louis Honorable dit « Honoré » BAUDRY (1813-1885), grand-père maternel de Philomène. « Une affaire de prénoms »

Comment passer à côté de ces prénoms apparus sous l’Empire ? Honorable, Auguste, Ferdinand, Eugène pour les garçons. Joséphine, Constance, Angélique, Eugénie pour les filles. C’est une affaire de mode.

Le choix de prénoms originaux, c’est aussi une affaire de famille, car Honoré est fils de Lorient, petit-fils de Lorient. Attention, pas Laurent ! Lorient, anc. Lorian, est en effet un saint célébré localement. Evêque de Séville, il fut martyrisé dans la solitude à Vatan dans le Berry voisin.

  • Jean MACQUAIRE l’aîné (ca 1527-ca 1595), « Sieur des Barres »

Si on en sait autant, c’est grâce à G. VALLOIS qui publia des articles sur l’histoire des MACQUAIRE dans la revue de généalogie Mémoires de La Société des Antiquaires du Centre, en 1879 et 1891, à partir des archives notariales de Châtres-sur-Cher.

En voici l’histoire :

- le père Denis MACQUAIRE le jeune, laboureur aux Granges près de Châtres, achète laborieusement de 1530 à 1560 plein de petites parcelles de terre. Il les lègue à ses 3 enfants en héritage.

- Jean l’aîné agrandit les propriétés, devient le seigneur des Barres, une paroisse de Châtres. Il construit maisons et étables. Mais il s’endette, les récoltes sont mauvaises et il meurt couvert de dettes. Privé d’exploitation de leurs anciennes terres, son fils Pierre devient débardeur (c-à-d homme de bras) au port de Châtres.

- au contraire Jean le jeune hérite des terres du Perreux, plus petit lot qu’il saura fructifier par petites acquisitions successives et prudentes. Son fils hérite de terres, d’une maison, d’une grange et de deux toits à bêtes. Pas encore la grande fortune… jusqu’en 1588, date où il se marie (bien), quitte le labour pour devenir notaire à Mennetou-sur-Cher. Ce n’est plus un paysan, mais un bourgeois. Le petit-fils hérite des privilèges de notaire du père et siège au tribunal royal de Romorantin. L’arrière-petit-fils exerce la charge d’avocat, de conseiller du Roi, et devient Sieur du Perreux et de la Modellerie. Il est anobli le 16 juillet 1647.

Cette histoire raconte comment deux frères peuvent connaître des destins bien différents, l'un faisant fortune et assurant une ascension sociale fulgurante à ses enfants. Et rien de tel pour l'autre.

Et G. VALOIS de conclure : « Quel chemin, à un siècle de distance, a fait le descendant d'un laboureur ! Il n'en fallait pas davantage, après trois générations successives vivant noblement, pour acquérir la noblesse transmissible, qui se trouvait ainsi, on peut le dire, à la portée de toutes les familles bourgeoises. »

Mais pas un mot pour les pauvres descendants de Jean l’aîné, dont est issue la branche GERMAIN. Ca y est, le tord est enfin réparé ☺


COUSINAGES AVEC DES CELEBRITES

  • Henri CHAPRON (1886-1978) Carrossier automobile
  • ALAIN-FOURNIER (1886-1914) Auteur du Grand Meaulnes
  • Ferdinand ROUZE (1836- ) Portraitiste à la Cour d'Espagne
  • Jacques DEZELLUS (1786-1881) Maire de Pierrefite de 1826 à 1870


 4 - Paul Charles Marie MOREAU (1890-1951)

Ayant perdu sa mère à l'âge de 9 ans, Paul nourrit des rapports conflictuels avec son père. Lui reproche-t-il ses possibles infidélités ? d'avoir refait sa vie ?

A ses 18 ans, Paul décide de s'engager pendant 3 ans dans l'armée dans le 1er Régiment de Spahis. Il se marie à son retour, mais réintègre aussitôt l'armée quand la guerre éclate en 14.

De son expérience en garnison et sur le front, il apprend le métier de serrurier et de mécanicien. Il tiendra par la suite un garage automobile à Nouan-le-Fuzelier, le long de la route nationale.

ORIGINES

• Bon niveau d'éducation (beaucoup d'ancêtres savent signer). Professions les plus courantes : laboureurs, vignerons, mariniers, aubergistes, procureurs

• Origines géographiques : Sologne/Orléanais (Loir-et-Cher, Loiret, Eure-et-Loir). Berry (Indre, Indre-et-Loir).

• Origines plus éloignées : Nivernais (Charité-sur-Loire, <1800), Auvergne (Celles, <1720)


ANECDOTES SUR QUELQUES ANCÊTRES

  • Charles MOREAU (1862- ), père de Paul. « Fâché à mort avec son fils »

Fils unique, orphelin à 6 ans, il est élevé par sa mère et son beau-père, aubergistes à Vouzon. Il possède une très bonne éducation (du niveau d’instruction primaire). Affecté au 6e régiment de Dragons pour son service militaire pendant plus de 3 ans, il apprend sans doute le métier de maréchal-ferrant à l’armée.

Charles reste fâché avec son fils Paul. Le père et le fils habitent pourtant le même bourg de Nouan, pendant plus de 30 ans, mais on garde ses distances, on ne marche pas sur le même trottoir, on se place aux extrémités sur les photos de famille. Au point que le père décide par sa propre main de déshériter son fils Paul au profit de sa fille Madeleine, issue du deuxième mariage.

La fâcherie aura encore long cours, car bien des années après, entre les enfants de Paul et de Madeleine, on continuera à s'éviter soigneusement.

  • Paul AGUESSE (1815-1882), grand-père maternel de Paul. « Le chef de gare »

Lorsqu’il se marie en 1848, il exerce une toute nouvelle profession en Sologne : il est employé par la Compagnie du chemin de fer du Centre, société d’exploitation de la future ligne ferroviaire des Aubrais Orléans à Montauban Ville Bourbon (rachetée en 1852 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans).

La gare de Nouan-le-Fuzelier est inaugurée le 20 juillet 1847 (le bâtiment voyageurs construit à l’époque existe toujours, bien que désaffecté). Financé par les grands travaux de l’Empire, le développement des lignes est fulgurant.

Paul devient facteur à la station de Salbris (1851-1853), puis chef de la gare de Nouan de 1853 à 1880 environ, avant de devenir débitant. La famille AGUESSE habite à la gare même, et à ce titre jouit du privilège d’être les premiers à être recensés dans la commune.

  • Jean-Phalier POPINEAU (1800-1831) « Le postillon »

Pour Jean-Phalier POPINEAU, la naissance relève du miracle, puisque son père est décédé 9 mois plus tôt ! Il reçoit par héritage le prénom original de son père, « Phalier », nom d’un ermite originaire de Limoges ayant vécu vers 500 ap. J.-C et auquel le roi Louis XI vouait un culte particulier. Le prénom de Phalier était assez couramment donné dans la région.

Jean-Phalier exerce le métier de postillon, c.-à-d. qu’il conduit une voiture à cheval pour transporter des personnes ou des biens. Il habite la ville de Vatan traversée en 1830 par la route royale de Paris à Toulouse (future RN20) : on y trouve alors pas moins d’une douzaine d'hôtels et un relais de poste doté de plus de cent chevaux.

Les relais de poste, concurrencés dès 1850 par le chemin de fer, se transformeront en écuries et auberges pour la restauration du personnel des Postes et des voyageurs, avant de disparaître. Vatan ne figurera pas sur la carte du réseau ferroviaire. Les propriétaires de diligences de l'époque ont vu d'un très mauvais œil le développement de la ligne Les Aubrais-Orléans à Montauban-Ville-Bourbon, qui passera finalement par la commune voisine d’Issoudun.

  • Jean CORNU (1731-1790) « Le marin d'eau douce »

Il est le descendant d’une lignée de mariniers établis dans le Nivernais, à la Charité-sur-Loire (Nièvre). Cette ville a connu un passé illustre avant de tomber totalement dans l’oubli. Située sur le cours de la Loire, fondée autour d’un prieuré, elle devient un centre cultuel en 1059 avec la construction de l’église Notre-Dame, la 2e plus grande église d’Europe après l’abbaye de Cluny. Elle devient ensuite l’un des principaux sièges du protestantisme, maintes fois détruites lors des guerres de religion.

La devise des mariniers de Loire : « Vilains sur terre, seigneurs sur l’eau ». La navigation sur la Loire qui traverse la Charité est très active malgré les nombreux bancs de sable qui encombrent son lit. Tout un peuple de mariniers vivait dans les ruelles menant vers la Loire. Ils naviguaient en moyenne 150 jours par an, le reste du temps ils cultivaient la terre ou bien construisaient des bateaux pour un prochain voyage.

  • Jacques GERBAULT (ca 1630- ) « Homme de Loi »

Ancêtre lointain de La Ferté Senetère (auj. La Ferté-Saint-Aubin, Loiret), il exerce la fonction de prévôt de justice, et a le titre de procureur à la duché et pairie de La Ferté. Son père, aussi homme de Loi, était procureur au Châtelet d'Orléans.


COUSINAGES AVEC DES CELEBRITES

  • Louis VEUILLOT (1813-1883) Journaliste et Ecrivain, il a été un fervent militant catholique. Secrétaire au Ministère de l'Intérieur.
  • Pierre VEUILLOT (1913-1968) 27e archevêque de Paris de 1966 à 1968


 5 - Ernestine BOUDIN (1891-1959)

L'ascendance d'Ernestine se partage en deux branches localisées dans la région de l'Yonne d'un côté, et concentrées dans le village de vignerons de Cléry-Saint-André dans le Loiret.

ORIGINES

• Très bon niveau d'éducation (une majorité d'ancêtres savent signer). Professions les plus courantes : vignerons, tisserands, mariniers

• Origines géographiques : Sologne/Orléanais (Loiret). Bourgogne (Yonne).

• Origines plus éloignées : Bourgogne/Nivernais (Crain, <1780)


ANECDOTES SUR QUELQUES ANCÊTRES

  • Guillaume BARBE (1718- )

Vigneron de Cléry, il a le titre de syndic, c'est-à-dire de président du syndic communal. Cet office lui donne la responsabilité de défendre les intérêts des vignerons de la commune. C'était donc un personnage de politique locale influent."

  • Claude DOYEN (ca 1665-1720)

Simple charron (artisan spécialiste du bois et du métal) au début de sa carrière, il devient tour à tour hôtelier, huissier puis procureur en la justice de Cléry-Saint-André. Ce qui fait de lui un important bourgeois de la ville."

  • Jean BOURDIN (ca 1663-1739)

Vigneron comme tant d'autres de Cléry, il joue aussi le rôle de gager, c'est-à-dire de prêteur sur gages. Ce qui signifie qu'il était relativement aisé financièrement."


COUSINAGES AVEC DES CELEBRITES

  • Max BLONDAT (1872-1925) Sculpteur



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