Louis Jacques dit Père Honoré LAVAL
Louis Jacques dit Père Honoré LAVAL
  • Born 6 February 1808 - Goimpy - Saint-Léger-des-Aubées, 28344, Eure-et-Loir, Centre-Val de Loire, France
  • Deceased 1 November 1880 - Tahiti, Iles du Vent, Polynésie Française,aged 72 years old
  • Buried - cimetière de la mission catholique - Papeete, 98735, Tahiti, Iles du Vent, Polynésie Française
  • Prêtre missionnaire en Polynésie
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 Parents

 Notes

Birth

Jeune homme, il arrive à Picpus à Paris. Il fait profession dans la Congrégation des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie (Picpus) le 30 décembre 1825, sous le nom de frère Honoré. Il reste à Picpus où il poursuit ses études de philosophie et de théologie, et, en 1831, il est ordonné prêtre à Rouen.

En 1833, la Congrégation pour la Propagation de la Foi élargit le champ missionnaire de la Congrégation des Sacrés-Coeurs en Océanie. Aux Îles Hawaï, où la Congrégation est présente depuis 1827, s'ajoutent les archipels des Gambier,des Marquises, de Tahiti, des Iles Sous le Vent, des Tuamotu, des Iles Cook et de l'Ile de Pâques. Monseigneur Etienne Rouchouze ss.cc, est nommé Vicaire Apostolique de l'Océanie Orientale, le 14 juin 1833.

Les Picpuciens se chargent donc d'implanter l'Eglise Catholique en Océanie Orientale (les maristes se chargeront de la partie occidentale). C'est dans cette nouvelle donne missionnaire que le jeune Honoré Laval reçoit sa nouvelle obédience en novembre 1833. Il quitte la capitale avec ses compagnons de voyage, les Pères François d'Assise Caret, Chrysostome Liausu et le Frère Colomban Murphy. Ils se rendent en diligence jusqu'à Bordeaux, via Tours et Poitiers, où ils embarquent sur le "Sylphide", le 22 Janvier 1834.

Après un bref séjour à Valparaiso (Chili), où ils laissent le Père Liausu, les trois autres missionnaires reprennent la mer vers l'Archipel des Gambier, à bord de la goélette péruvienne "La Peruviana". Le 7 août 1834, ils arrivent àAkamaru, aux Iles Gambier…

A 26 ans, Honoré Laval est un homme doué. Il a le don d'être un excellent observateur et s'exprime admirablement. Pendant ses années d'activité à la mission des Gambier, de 1834 à 1871, il note tout ce qu'il lui arrive de saisir de la langue, de la culture et de l'histoire de ce peuple.

Dans un premier temps, la mission de Laval, avec le Père Caret, consiste à évangéliser, à soigner les malades, à éduquer, à composer des cantiques et à écrire une grammaire mangarévienne. Au bout de quelques mois, les mangaréviensdétruisent leurs faux-dieux pour mieux manifester leur attachement au Christ.

Les pères ne cessent d'aller d'une île à l'autre. La première église, construite en branchages, est celle de Aukena. Elle est dédiée à Saint Raphaël archange. Les constructions en dur se réalisent après, notamment grâce au Frère Gilbert Soulié, venu les rejoindre en mai 1835, avec Mgr. Etienne Rouchouze.

En janvier 1836, Honoré Laval écrit une lettre où il parle de la mission:

Nos insulaires se levaient autrefois vers trois heures du matin; ils mangeaient, se promenaient au frais, jusqu'à onze heures et se remettaient à dormir jusqu'à quatre heures du soir; ils se levaient alors pour dîner et passaient la soirée à courir çà et là, jusqu'à minuit, pourvu que le clair de lune succédât immédiatement au jour. Lorsque cela n'avait pas lieu, ils dormaient de nouveau, après avoir dîné, jusqu'au lever de la lune.

C'était une vie purement animale. Aujourd'hui, ils se lèvent au point du jour, récitent leurs prières, prennent leur popoï, assistent à la messe et à l'instruction, et se mettent au travail. La femme, aidée de ses enfants, fabrique dela tappe pour les habits; le mari fait des plantations, prépare le tioho, va à la pêche, ou bien encore toute la famille se réunit pour sarcler l'herbe qui croit au pied des arbres à pain.

On ne voit plus de nudités parmi eux: tout le monde se couvre avec soin. S'il arrive que quelques uns s'oublient encore -l'habitude étant devenue chez eux une seconde nature,- à peine nous aperçoivent-ils, qu'ils courent à leurs vêtements, comme le soldat court à son arme, à la vue d'un officier. Nos exemples et nos conseils les ont, tout doucement, amenés à l'amour de l'agriculture...Dans un enclos voisin de notre case, nous essayons d'acclimater les plantes les plus utiles de nos pays d'Europe: le lin, la pomme de terre, les choux, les haricots, les pois, les oignons, les radis, les navets, etc…

Je voudrais que tous ceux qui accusent la religion de tyrannie fussent témoins de ce qui se passe ici. Ils comprendraient peut-être que le christianisme ne fait pas des esclaves et que cette déférence de nos néophytes est l'effet naturelde l'amour filial, par lequel ils répondent à l'amour vraiment paternel que nous ressentons pour eux
.

L'action missionnaire aux Gambier porte ses fruits. Le roi Maputeoa se convertit et est baptisé en août 1836.

Ayant accompli une partie sa tâche, en novembre 1836, Mgr. Etienne Rouchouze décide d'envoyer le Père Honoré Laval à Tahiti pour y fonder une mission, accompagné du Père Caret et d'un frère. Sous l'influence des Anglais, des protestants établis depuis plus de 30 ans à Tahiti, et surtout celle pasteur Pritchard, la Reine Pomaré expulse les missionnaires catholiques qui retournent aux Gambier. Cette expulsion est à l'origine de l'intervention française en Polynésie. En 1838, le roi Louis Philippe envoie, à bord de "La Vénus", le Capitaine Dupetit-Thouars. La Reine demande le Protectorat à l'Angleterre. Devant un refus, en septembre 1842, elle accepte alors le protectorat français.

Les Gambier reçoivent de nombreux visiteurs. En 1837, Armand Mauruc, un marin, propose au roi Gregorio Maputeoa un drapeau: Deux bandes blanches horizontales encadrent une bande bleue. Les étoiles bleues symbolisent les îles de l'Archipeldes Gambier (Mangareva, Taravai, Aukena et Akamaru) et, l'étoile blanche, représente l'îlot isolé de Temoe. Le bleu représente l'immensité de l'océan et, le blanc symbolise la pureté et l'évangélisation.

En 1838, une autre visite marque l'histoire des Gambier. C'est celle du découvreur de la Vénus de Milo: Jules Dumont d'Urville (1790-1842). Il vient à bord de "l'Astrolabe". Le célèbre navigateur avait classifié les îles dans cette partie du monde. Dumont d'Urville loue l'action des pères sur place. Il déplore l'affaire de Tahiti et souhaite en informer les autorités françaises.

Suit une période de consolidation et de maturation dans la mission. En 1841, Mgr. Etienne Rouchouze part pour l'Europe. Le père Cyprien Liausu prend alors la responsabilité de la mission. Mgr. Rouchouze ne reviendra jamais… Lors de son retour, en 1843, son bateau, le "Marie-Joseph", affrété par la Congrégation, sombre en mer avec 7 prêtres, 7 frères convers et 10 religieuses. Cette perte fut cruelle pour la mission en Océanie. Cependant, la Congrégation des Sacrés-Coeurs continuera d'envoyer des missionnaires.

A la demande explicite des autorités indigènes, en 1844, les iles Gambier sont placées sous protectorat français,. Mais ce protectorat ne fut jamais ratifié par le gouvernement français. La même année, le Père Caret ss.cc décède.

Honoré Laval doit quitter une deuxième fois ses chers mangaréviens, en avril 1848. L'évêque, Mgr. Jaussen, l'envoie aux Tuamotu où il enregistre un réel succès. Il oeuvre dans l'île pendant trois ans. En 1851, Laval revient aux Gambier.

Après le départ de Liausu en 1855, Honoré Laval reçoit la charge des Gambier. Il poursuit l'oeuvre missionnaire entreprise. En juin 1857, le roi Maputeoa meurt. Une période difficile commence.

Les jeunes de l'Archipel partent. Les îles se dépeuplent petit à petit (maladies). Des bateaux de négriers apparaissent à partir de 1862, et la nacre attire les commerçants...

Honoré Laval qui est supérieur de la mission, tout comme son prédécesseur Liausu, est à ce titre considéré comme le représentant officiel de la France. Il est le délégué du gouverneur, ce qui ne va pas sans causer quelques problèmes.

Pour beaucoup, Laval est vu comme le chef de ce petit royaume. A la fois "Consul" et Missionnaire, censeur et conseiller, maître et juge de paix, presque tout passe par lui. Il est celui qui instaure une "théocratie missionnaire," basée sur le lien affectif. Il est sévère pour ses fidèles, et, règle ses affaires d'une main ferme.

Or, il protège la foi et la morale des mangaréviens contre les maux apportés par l'Occident (alcool, argent…) et contre les manoeuvres intéressées et trop faciles, par lesquelles les fonctionnaires coloniaux, les marchands et les aventuriers, cherchent à tirer profit du peuple mangarévien.

Un conflit éclate entre un commerçant français, Jean Pignon, et le tribunal local de Mangareva. M. de la Roncière, gouverneur à Tahiti depuis 1864, souhaite faire rentrer l'amende infligée à la régente Maria-Eutokia Toaputeitou, coupable d'avoir ruiné Jean Pignon en l'expropriant et en démolissant la cabane de dépôt construite par ce dernier sur la propriété d'un mangarévien. Pour cela, le gouverneur installe un Résident aux Gambier, avec une vingtaine de militaires. Le litige devient un prétexte pour renforcer la puissance française dans l'archipel et limiter l'influence de Laval et de la mission.

Les missionnaires se trouvent ainsi pratiquement en état de siège. Aussi, Monseigneur Jaussen propose de payer l'amende infligée à Jean Pignon à condition que les soldats se retirent. Ce qui fut fait. Le calme est rétabli.

Début 1870, le Prince Régent de Mangareva prie le gouvernement français de mettre un terme au protectorat. Cette requête tombait fort mal auprès du gouvernement qui s'occupait justement d'étendre les points stratégiques français dans le Pacifique. A Paris, on soupçonne l'influence de Laval, et le Pouvoir demande alors au Commandant de la Motte-Rouge de faire un rapport. Celui tire, en mars 1871, cette conclusion au sujet du Père Honoré Laval: "Après tout ce que j'ai dit du Père Laval, il est bien évident qu'à mes yeux, il est nécessaire de lui faire quitter ce pays, et, le plus tôt sera le mieux. Esprit dominant, caractère emporté, dévoué sincèrement à la religion, qu'il confond un peu avec sonOrdre et avec ses propres idées, isolé du monde depuis 35 ans et entraîné par des idées religieuses exagérées, cet homme veut, à tout prix, 'sauver des âmes' et, pour cela, tous les moyens sont bons."

Monseigneur Jaussen souhaite apaiser les choses. Il décide du départ du Supérieur de la mission…

Le Père Honoré Laval quitte la "Montagne Flottante" (Mangareva) le 4 avril 1871. Il arrive à Papeete le 23 avril 1871. Mgr. Jaussen lui maintient son titre de provicaire, auquel s'ajoute bientôt celui de vice-provincial.

Il y termine ses Mémoires par ces lignes: Monseigneur, pour apaiser cette tempète, m'écrivit, au mois de mars 1871, de me rendre à Tahiti, où je continuerais d'être son Provicaire, tout le temps que j'y resterais. Mais, que je m'y suis dûment ennuyé! Est-ce donc là ma récompense de 36 ans de mission? Cependant, Laval allait revoir une dernière fois les Îles Gambier, en juillet 1876, lors d'un jubilé. Sa visite a été l'occasion d'une grande démonstration d'estimeet de reconnaissance envers lui.

Les dernières années du Père Laval furent solitaires. Cette solitude s'est accrue par une surdité, qui ne faisait qu'empirer.
Je ne puis plus prêcher, plus confesser, plus profiter de la conversation des autres".

Le Père Honoré Laval meurt le 1er novembre 1880, et son corps repose au cimetière de la mission catholique à Papeete.

La curé de sa paroisse natale, à Saint Léger, fit ériger une croix de fer, avec l'inscription: A la mémoire de Louis Laval, prêtre, missionnaire, né à Joimpy (hameau de Saint Léger) en 1807. Animé d'une foi ardente, il quitta sa patrie en 1833, évangélisa pendant 46 ans les peuplades sauvages des Iles Gambier et de l'archipel des Tuamotu (Océanie) et mourut d'épuisement à Tahiti en 1880. Apôtre zélé, priez pour nous.

Le Père Patrick O'Reilly (-1988), mariste et océaniste, dans son livre "Tahitiens" (1962), rédige une notice biographique du Père Honoré Laval, un personnage souvent controversé et critiqué aujourd'hui encore. Il y souligne le legs important de l'Apôtre de Mangareva:

"Outre une abondante correspondance, en partie publiée, le Père Laval laissait derrière lui, en mourant, d'importants manuscrits: "Mémoires pour servir à l'histoire de Mangareva. 1. Ere païenne 2. Ere chrétienne, 1834-1871". La première partie du manuscrit a été publiée en 1936 par les soins du R.P. Desmedt, et du Bishop Museum d'Honolulu, avec des notes d'Alfred Métraux sous le titre "Mangareva. Histoire ancienne d'un peuple polynésien". La seconde a été publiée sous le titre "Mémoires pour servir à l'histoire de Mangareva, ère chrétienne, 1834-1871", par C.W.Newbury et P.O'Reilly (Publications de la Société des Océanistes, N´ 15, Musée de l'Homme, Paris 1968).

L'amitié profonde qu'avait Laval pour les gens des Gambier, se manifeste d'une manière éclatante par l'intérêt pris par lui à leur histoire et à leur passé. Mille et une fois, le Père Laval a entendu les récits et les chants antiques; il les a fait expliquer par les anciens prêtres et les savants; il les a confrontés pour dégager des fantaisies individuelles la chronique traditionnelle, celle-ci toute enveloppée d'une gangue de légende à laquelle il préféra ne pas toucher; justement persuadé qu'il conserverait un plus riche fonds historique en transcrivant les récits légendaires qu'en essayant de les disséquer par des interprétations critiques.

[Eketea, dédié à l'arbre à pain - dieu Tupo] Le Père Laval a donc noté ce qu'il entendait du passé de Mangareva avec le souci du mot exact... Il fit écrire des indigènes lorsqu'il leur eut appris l'écriture. Ainsi ses descriptions de cérémonies religieuses, ses textes mythologiques, son histoire des anciens ne sont pas de simples notes prises sous la dictée des indigènes ou des souvenirs personnels, ce sont des traductions de manuscrits, écrits par les indigènes eux-mêmes, sur la demande du Père Laval. Nous n'y trouvons pas le point de vue d'un Européen, mais l'image même que les indigènes se faisaient de leur propre culture." (Et il n'a mis la dernière main à son texte qu'après plus de trenteans de séjour à Mangareva).

L'incomparable talent du Père Laval comme ethnographe, ses dons d'observation, son exactitude, sa minutie, son intelligence de l'âme indigène ont été unanimement loués. Laval est devenu un des classiques de la littérature ethnographique moderne: "Il égale et surpasse même les oeuvres pourtant classiques que les missionnaires anglais tels que John Williams, William Ellis, le commerçant Moerenhout ont consacré aux îles de la Société.

Le Père Laval a encore laissé un "Essai de grammaire mangarévienne rédigé durant les années 1844, 1845 et 1846", essai de 345 pages, demeuré manuscrit, et conservé aux archives de la Maison Génrérale à Rome. En 1868, on a imprimé de lui: "E Katekimo Katorika no Magareva".

On trouvera des lettres du Père Laval dans les "Anales de la Propagation de la Foi", les "Missions Catholiques", les "Annales des Sacrés-Coeurs". De 1894 à 1898, le Père Ildefonse Alazard ss.cc publie une histoire de la mission à partir d'un manuscrit historique d'Honoré Laval: "Un nouveau Paraguay ou les Îles Gambier"."

Source : Congrégation des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie

 Sources

  • Birth: AD28

  Photos and archival records

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 Family Tree Preview

sosa Etienne LAVAL 1720-1774 sosa Geneviève BRETEUIL 1726-1775/ sosa Jean Baptiste PASTY 1722- sosa Marie Anne Suzanne MULARD 1724- Marin BUISSON ca 1719-1779 Marguerite Françoise DENIZET ca 1720-1764 Pierre LUCAS 1698-1760 Marie Jeanne LEJARS 1705-1754
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sosa Alexis LAVAL 1756-1842 sosa Marie Rose PASTY 1757-1834 Marin BUISSON 1745-1782 Louise LUCAS 1744-
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Alexis François LAVAL 1784- Marie Anne Scolastique BUISSON 1780-
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Louis Jacques dit Père Honoré LAVAL 1808-1880