Chronique familiale



 Commune de Ouistreham: épidémie de petite vérole en 1825 (79 DC ), de choléra en 1832 (90 DC) soit 4 % de la population.


Une petite histoire dans la grande en Juin 1940 pour ma famille maternelle: nous sommes partis de Ouistreham le 17 Juin 1940 à bord du navire baliseur " Ingénieur de Joly " pour Brest. Nous sommes attaqués en cours de route par l'aviation nazie aux Casquets et le Capitaine reçoit l'ordre de l'autorité maritime de Brest ( en l'ocurrence, le Cdt du sous-marin le Surcouf ) de rallier PLYMOUTH . Arrivés au port le 25 Juin, une vedette est venue débarquer les familles, les hommes restant à bord. Un train nous conduit sous surveillance militaire jusqu'à la gare de Paddington à Londres. Sans ravitaillement depuis 2 jours, la faim harcelait les estomacs des adolescents que nous étions, les sandwichs offerts le 26 furent bien accueillis.A Londres, nous avions été accueillis provisoirement à l'Alexander Palace puis dirigés vers des foyers de familles volontaires ( après moult formalités bien compréhensibles ). Pour notre part, notre hébergement se fait dans le quartier de Villesden. Sans autres occupations, nous visitons la ville dont les monuments sont camouflés de sacs de sable et nous nous inscrivons à des cours d'anglais au Carlton Gardens. Nous avons été chaleureusement accueillis par ces familles ( les Hemingway, entre autres ). Pour notre premier 14 Juillet à Londres, nous avons été voir le défilé des soldats français où nous entendons parler du Général de GAULLE qui recherchait des jeunes volontaires.Notre père nous a rejoint le 28 Juillet alors que les bombardements nazis nous contraignaient à vivre dans les abris mais notre vie d'écolier a pu reprendre malgré les aléas des déplacements dans une ville en guerre.Vers Janvier 1941, nos familles sont regroupées à Plymouth où notre père avait loué un petit appartement près de l'arsenal où il travaillait. Les bombardements s'intensifiaient et une bombe est tombée sur notre abri enterrant mon frère sous les gravats et sidérant ma mère. Les volontaires de la Défense Passive nous ont évacués rapidement, notre père étant absent resté à l'arsenal participant à l'extinction des incendies déclenchés par les bombes.Malgré cela, je poursuivais des études de sténo-dactylo au Plymouth Technical College jusqu'à mon diplôme en 1943. Mon frère était apprenti mécanicien dans un garage de la ville où son patron appréciait sa présence du fait de la rareté de main-d'oeuvre; il s'est ensuite engagé chez les mousses des Forces Navales Françaises Libres( F.N.F.L. ) malgré ses 14 ans, trompant les recruteurs du fait de sa taille.

Mon diplôme obtenu, ma mère m'a fait engager dans les bureaux de la France Libre installés dans le quartier de Kensington à Londres tandis que j'étais hébergé dans les sous-sols d'un couvent avec d'autres jeunes, j'y ai retrouvé une certaine insouciance de jeunesse malgré de fréquents bombardements puis des chutes de V1. Un matin de 1944,me dirigeant vers la station de métro, j'ai été survolée par un nouvel engin que l'on m'a désigné plus tard comme un V2, j'en ai été quitte pour la peur.

Aprés le débarquement des Alliés en Normandie auquel mon frère participait en tant que cannonier (du haut de ses 17ans avoués!) sur un croiseur léger des FNFL escortant les convois au travers de la Manche, je m'attendais à être prochainement rapatriée. Ce fut le cas vers la fin Octobre 1944 où notre famille embarquait sur un transport de troupes belge avec des troupes américaines ( malheureusement, ce transport devait à sauter sur une mine en repartant ) à destination des " mulberrys " du port d'Arromanches. Nous sommes partis de nuit dans une mer trés formée, l'accostage a été mouvementé puis il fallut sauter dans les péniches de débarquement au plus haut de la houle afin de rejoindre la terre et de prendre les camions qui nous attendaient vers un camp de tentes. On nous y a servis de rations de campagne mais sans ouvre-boîtes, nous n'avons pu les ouvrir sans avoir pu nous entendre avec des soldats canadiens. Nous sommes repartis en camion la nuit suivante et à l'issue de multiples détours nous avons atteint PARIS au Luna Parc où, après réception que j'ai peu goutée dans mon état de fatigue, l'on nous a dispersé dans différents hôtels réquisitionnés.


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