Henri Alban dit Alain FOURNIER
Henri Alban dit Alain FOURNIER
  • Né le 3 octobre 1886 (dimanche) - La Chapelle d'Anguillon 18, , , ,
  • Décédé le 26 septembre 1914 (samedi) - Vaux les Palameix 55, , , ,,à l'âge de 27 ans
  • Inhumé
  • Ecrivain français, Auteur "du Grand Meaulnes"
2 médias disponibles 2 médias disponibles

A participé à la Grande Guerre, mort le 26/09/1914

Que s'est-il passé ce jour là ?
Domicile lors de la mobilisation : Mirande (32)

 Union(s)

  • Marié avec Pauline BENDA, née le 3 avril 1877 (mardi) - Paris, , , ,, décédée le 17 octobre 1985 (jeudi) - Montgeron 91, , , , à l'âge de 108 ans
(afficher)

 Événements


 Notes

Notes individuelles

Henri-Alban Fournier est né le 3 octobre 1886 à La Chapelle-d'Angillon dans le Cher. Il passe son enfance à Épineuil-le-Fleuriel, au sud du département où ses parents sont instituteurs. Il part pour Paris en 1898, où il commence ses études secondaires au lycée Voltaire. En 1901, il va à Brest préparer le concours d'entrée à l'École navale, mais il y renonce bientôt, revient à Bourges préparer le baccalauréat qu'il obtient en juillet 1903. Il poursuit des études supérieures de lettres au lycée Lakanal, à Sceaux, puis au lycée Louis-le-Grand de Paris, où il prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure. C'est au lycée Lakanal qu'il rencontre Jacques Rivière avec lequel il se lie d'une amitié profonde. Celui-ci étant reparti à Bordeaux en 1905, il entretient avec lui une correspondance presque quotidienne qui sera publiée en 1928. Jacques Rivière épousera sa jeune sÅôur, Isabelle, en 1909.

Le 1er juin 1905, jour de l'Ascension âÇö il a dix-huit ans âÇö, il croise, à la sortie d'une exposition de peinture au Grand Palais, une grande et belle jeune fille, qui lui dira son nom dix jours plus tard : Yvonne de Quiévrecourt. Mais cet amour est impossible : Yvonne épouse l'année suivante un médecin de marine, Amédée Brochet. Il ne cessera pourtant de penser à elle et s'en inspirera pour le personnage d'Yvonne de Galais dans Le Grand Meaulnes ; il ne la reverra que huit ans plus tard à Rochefort-sur-mer, mariée et mère de deux enfants.

Après son échec à l'oral de Normale en 1907, il effectue son service militaire de 1907 à 1909, d'abord à Vincennes et dans diverses casernes de Paris, de Vanves et de Laval, puis comme lieutenant de réserve au 88e Régiment d'Infanterie à Mirande (Gers). Libéré en septembre 1909, il ne reprend pas ses études, mais est engagé comme chroniqueur littéraire à Paris-Journal en 1910. Il commence à publier quelques poèmes, essais, contes, réunis par Jacques Rivière en 1924 dans un recueil intitulé Miracles. Il rencontre alors plusieurs grands peintres et écrivains de son temps : Maurice Denis, André Gide, Paul Claudel et Jacques Copeau, et se lie d'une grande amitié avec Charles Péguy et Marguerite Audoux. Mais surtout il élabore lentement l'Åôuvre qui le rendra célèbre : Le Grand Meaulnes, paru en novembre 1913 chez Émile-Paul. Ce roman manquera de peu le prix Goncourt, mais sera salué presque unanimement par la critique de l'époque.

Le 5 mai 1912, présenté par Charles Péguy, il devient secrétaire de Claude Casimir-Perier, fils de l'ancien président de la République et l'aide à mettre au point un gros ouvrage Brest, port transatlantique qui sera publié en avril 1914 chez Hachette. Il fréquente dès lors l'épouse de celui-ci, Pauline Benda, connue au théâtre sous le nom de Madame Simone et lui rend de multiples services. Simone révèlera en 1957 la liaison qu'elle a eue, à partir de juin 1913, avec le jeune écrivain dans son livre Sous de nouveaux soleils (Gallimard). Alain-Fournier est fréquemment reçu dans leur propriété de Trie-la-Ville, où sont également accueillis Charles Péguy ou Jean Cocteau. C'est sous les arbres du parc de la maison de Trie que Fournier écrira, en 1914, plusieurs chapitres de son second roman Colombe Blanchet qu'il ne pourra achever avant la déclaration de guerre. La correspondance des deux amants a été publiée en 1992, présentée et annotée par Claude Sicard. Après la mort d'Alain-Fournier, Madame Simone refit sa vie avec le poète cognaçais François Porché, mais la famille d'Alain-Fournier lui reprocha de ne pas rester fidèle au souvenir d'Alain-Fournier.

Son nom figure sur les murs du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts au champ d'honneur pendant la guerre 1914-1918.

La légende d'un écrivain qui n'aurait écrit qu'un seul roman a pu contribuer à caractériser la gloire d'Alain-Fournier. Cependant, le texte Colombe Blanchet, que Jean Paulhan contribua à mettre en forme en 1920, prouve que l'Åôuvre d'Alain-Fournier ne peut être restreinte au Grand Meaulnes.Décès

Lieutenant de réserve, mobilisé le 2 août 1914 à Mirande (Gers), Alain-Fournier part de Cambo dans le Pays Basque, où il était en vacances avec Simone, pour rejoindre son régiment, le 288e régiment d'infanterie. Partis d'Auch en train jusqu'au camp de Suippes, lui et ses hommes rejoignent le front après une semaine de marche jusqu'aux environs d'Étain. Avec sa compagnie, la 23e, il participe ensuite à plusieurs combats meurtriers autour de Verdun. Le 22 septembre, un détachement de deux compagnies, la 22e, commandée par le lieutenant Paul Marien et la 23e, commandée par le lieutenant Fournier reçoit l'ordre d'effectuer une reconnaissance offensive en direction de Dommartin-la-Montagne. D'après le témoignage postérieur du sergent Zacharie Baqué, Fournier parvient jusqu'à la Tranchée de Calonne où il est rejoint par le capitaine de Gramont qui prend la direction des opérations et décide d'attaquer l'ennemi. Toujours d'après Baqué, voulant rejoindre la 22e Compagnie de Marien qui s'est trouvée face à un poste de secours allemand et a échangé des coups de feu, ils sont pris à revers par une compagnie prussienne dans le bois de Saint-Remy et décimés par la mitraille. Trois officiers (dont Alain-Fournier) et dix-huit de leurs hommes sont tués ou grièvement blessés. Sur le Journal de marche et d'opérations du 288e R.I., ils sont portés disparus ½ au combat de Saint-Remy, au cours des journées du 21 au 30 septembre ». Ce combat fait partie des premiers affrontements de la Première Guerre mondiale.

Un ouvrage allemand très tardif (Das Grenadier Regiment Graf Kleist von Nollendorf im Weltkriege écrit en 1935, en pleine époque hitlérienne, par le général Döring von Gottberg "pour servir à l'édification des jeunes générations" du nouveau Reich) a suscité, à partir de 1989, une version des faits, selon laquelle Alain-Fournier et ses compagnons auraient été fusillés par les Allemands, en représailles de l'attaque du poste de secours dont il a été question plus haut. Mais cet ouvrage de propagande ne mentionne aucun nom d'officier français ni d'unité militaire adverse. Un autre document allemand, datant de 1919 ou de 1920, mémoire intitulé Frankreich und die Genfer Konvention est plus crédible, car il comporte en annexes les témoignages des brancardiers allemands qui se seraient trouvés pris sous le feu d'une compagnie française ; on y lit surtout la déposition du lieutenant Egon Nicolay qui se serait porté avec sa compagnie de grenadiers prussiens au secours de la compagnie sanitaire et aurait pris à revers et mitraillé les officiers et les soldats français qui venaient d'ouvrir le feu sur le poste de secours : précisons qu'il ne s'agit pas d'une ambulance, mais d'infirmiers armés qui ont d'ailleurs riposté à l'attaque commandée sans doute par le seul lieutenant Marien.

La fiche du lieutenant Henri Alban Fournier indique sur le site SGA Mémoires des Hommes qu'il est ½ Mort pour la France le 26 septembre 1914, tué à l'ennemi, disparu, à Vaux dans la Meuse ». Cette disparition fit travailler l'imaginaire de beaucoup de contemporains jusqu'à ce que le lieutenant Henri Alban Fournier fût officiellement déclaré mort pour la France en juin 1920 par un jugement du tribunal civil de la Seine. Son corps et ceux de ses vingt compagnons d'arme furent retrouvés et identifiés en 1991 à quelques centaines de mètres de la Tranchée de Calonne. Il avait été enseveli dans une fosse commune creusée par l'armée allemande entre Saint-Remy-la-Calonne et Dommartin-la-Montagne, avec 20 autres soldats français originaires, pour la plupart, de la région de Mirande4.Tombe d'Henri-Alban Fournier, dit Alain-Fournier dans la nécropole nationale de Saint-Rémy-la-Calonne

  Photos & documents

{{ media.title }}

{{ mediasCtrl.getTitle(media, true) }}
{{ media.date_translated }}