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Comte de la Rochejaquelein Soldat vendéen

  • Baptisé le 30 août 1772 - La durbelière - Saint Aubin de Baubigné, 79, Deux Sèvres
  • Décédé le 28 janvier 1794 - Nuaillé, 49, Maine et Loire,à l'âge de 21 ans
  • Inhumé en 1816 - En l'église - Saint Aubin de Baubigné, 79, Deux Sèvres

 Parents

 Frères et sœurs

 Notes

Notes individuelles

  1. Biographie#Au sortir de Sorèze, à treize ans, il sert à Royal-Pologne-Cavalerie "acheté par son père l'année précédente". En 1791 il refuse à prêter leserment prescrit aux officiers par l'Assemblée Constituante et démissionne. Peu après, le jeune Henri entre dans la garde Constitutionnelledu Roi. Au Dix Août, il fait le coup de feu contre les émeutiers, échappe au massacre, se cache à Paris, puis prend la route du logis paternel. Après le Dix Août, il alla rejoindre au château de Clisson, prèsde Bressuire, son cousin le marquis de Lescure.
    lire la suite sur le site de Sorzeze
    Il n'était encore qu'un adolescent de vingt ans, sous-lieutenant de cavalerie, lorsqu'il prit les armes (avril 1793). Devantplusieurs milliers de paysans réunis dans la grande cour de la Durbelière, il prononça les fameuses paroles : "Si j'avance, suivez-moi ! Sije recule, tuez-moi ! Si je meurs, vengez-moi !". Toujours au premierrang, dans toutes les batailles, ce jeune général au visage d'archangeétait le plus populaire des chefs vendéens. Après le passage de la Loire, désigné comme généralissime, il sut, pendant la terrible "Virée de Galerne", remporter d'éclatantes victoires et tenir tête inlassablement à des adversaires acharnés.
    Rentré dans les Mauges, il fut tué le28 janvier 1794, au cours d'une obscure escarmouche près de Cholet, àNuaillé : Un soldat bleu reconnaît son écharpe blanche de général et lui tire une balle en pleine tête. La Rochejaquelein meurt sur le coup,il n'a pas 22 ans. Sa mort va rester secrète quelques temps, pour nepas démoraliser les troupes et ne pas réjouir les républicains. Son corps est caché et ne sera retrouvé que sous la Restauration. La dépouille du généralissime repose depuis dans l'église de Saint-Aubin-de-Baubigné, sa ville natale.
    Ancien lve de Sorze.
    Sources:
    - personne: CB duCoudert (web), J-P de Palmas (site de l'Ecole de Sorèze)
    - enterrement: Hervé Balestrieri ( Site Web http://gvendee.free.fr/ ) 11.05.2007
    Saint- AnI»lM-*le-IlauI»igné
    (SUITE)
    Les stations du pèlerin à Saint-Aubin-de-
    Baubigné. — Le tombeau de Monsieur
    Henri. — Le secret de la première sépulture—
    Comment le corps du héros échappa
    aux profanations des Républicains, et
    comment il fut retrouvé vingt-deux ans
    plus tard.— L'exhumation du 38 mars
    1816. — Curieux procès-verbal. — L'inhumation
    définitive du 7 mai 1817.
    Avant de poursuivre notre pèlerinage
    et depasser à une nouvelle étape, il
    nous reste au moins deux stations à faire,
    dans le bourg même de Saint-Aubin-de-
    Baubigné : la première, àl'église, devant
    le tombeau de Monsieur Henri ; l'autre,
    tout à côté,devant la statue récemment
    élevée à la mémoire du héros.
    Commençons par le tombeau.
    Il se trouve dans l'une des deux chapelles
    latérales qui forment la croix de
    l'église. Cette chapelle (celle du côté de
    l'évangile) est d'une grande richesse ;
    toutes ses peintures sont à fresque, et
    elle est éclairée par un magnifique vitrail
    représentant la mort de Judas Macliabée
    : allusion suggestive et bien naturelle,
    en facedes restes mortels d'un
    généralissime vendéen.
    En avant du mausolée s'élèvent deux
    gigantesques candélabres, ornés de
    sculptures représentant les médaillons
    de Henri de la Rochejaquelein, de son
    frère Louis etde Lescure. Mausolée et
    candélabres sont en marbre blanc.
    C'est devantce monument que, le 26
    septembre 1895, Mgr de Cabrieres, évêque
    de Montpellier, prononça le panégyrique
    de Monsieur Henri, en présence
    d'unauditoire composé 4e plus de trois
    cents prêtres et de l'élite de laVendée ;
    Panégyrique de superbe envolée, page
    historique précieuse qui mérite d'être recueillie
    dans nos archives et que je me
    réserve de reproduire en appendice,
    avant de clore le compte-rendu de mon
    pèlerinage au pays poitevin.
    En attendant, racontons à la suite de
    quelles péripéties furent retrouvés et
    transportés dans l'église de Saint-Aubin
    les restes glorieux du généralissime de
    la Grande Armée.
    * »
    Lorsque lehéros eut été tué, le 28
    janvier 1794, dans une escarmouche aux
    environs de Nuaillé, Stofflet, accouru
    aussitôt sur les lieux, ordonna auxquelques
    Vendéens qui étaient présents de
    garder le plus longtemps possible le
    secret de ce malheur, afin de ne point
    décourager l'armée ;puis, pour soustraire
    les restes du général aux profanations
    des Bleus, il fit transporter et enterrer
    le corps à quelque distance de là,
    près de la métairie de la Haie-Burçau, située
    sur le territoire de la commune de
    Cholet.
    La précaution n'était point inutile, car
    voici ce queTurreau, dans une lettre
    datée du 13 février 1794 Savary, t. III,
    p.192), écrivait au Comité de salut
    public : •
    ± Le général Cordellier,qui commande
    une des colonnes agissantes et qui t
    battu l'ennemi à Cholet, a l'ordre dt
    le poursuivre sans relâche. Il me mande
    que la Rochejaquelein est tué et enterré,
    à Trémentines. Trente rapports me sont
    faits sur cet événement et tous s'accordent....
    J'ai ordonné à Cordellier de
    faire déterrer La Rochejaquelein et d'acquérir
    des preuves de samort. »
    Sur la foi des trente rapports faits à
    Turreau, les recherches des Républicains
    s'égarèrent heureusement du côté
    de Trémentines. Lesecret de la sépulture
    avait été si bien gardé que les Ven*
    déens eux-mêmes, à l'exception de Stofflet
    et des quelques témoins présenta

    ignorèrent toujours, jusqu'à la fin de
    la guerre, l'endroit où reposaitle corps
    de Monsieur Henri.
    Vingt-deux ans plus tard, au mois de
    mars1816, Mu´ Louise de la Rochejaquelein
    , soeur du glorieux généralissime,
    voulut faire exhumer les restes de son
    frère. Aidée du maire de Cholet, M. Turpault,
    elle dirigea elle-même les recherche.-
    et le corps fut retrouvé non sans
    peine, dans les conditions que constate
    le curieux procès-verbal que voici :
    ± Le vingt-huitième jour de mars mil
    huitcent seize, nous Denis Hocbocq,
    docteur-médecin à Cholet ; Pierre-Germain
    Chenay, chirurgien à Nueil ; Louis-
    Jean-Baptiste-Etienne Baguenier-Pésormeaux,
    chirurgien à Maulévrier, tous les
    deux chirurgiens-majors des armées royales
    de Ia Vendée, et René-Jean Terrien,
    chirurgienà Trémentines, requis
    par Mademoiselle Louise du Vergier de
    la Rochejaquelein, soeur de Monsieur
    Henri du Vergier de la Rochejaquelein,
    généralissime et commandant en chef
    l'armée royale de la Vendée, dite la
    Grande Armée, nous sommes transportés
    à la métairie de la Haie-Bureau,commune
    de Cholet, à l'effet de procéder à
    l'exhumation des restes deMonsieur
    Henri du Vergier de la Rochejequalein,
    tué à l'âge de 21 ans,l e . . . février (28
    janvier) 1794..., d'après l'autorisation
    de Monsieur le Préfet du département de
    Maine-et-Loire, contenue sur un arrêté
    du 6 février 1816, et ce, en présence de
    Monsieur François-Joseph-Paul Turpault,
    maire de la dite commune de
    Cholet.
    » Pour parvenir à découvrir le lieu
    où a été inhumé mon dit sieur de Ia
    Rochejaquelein, M.le maire de Cholet
    a entendu les déclarations des différents
    témoinsqui ont eu connaissance des
    circonstances de la mort et de l'inhumation,
    » Le premier témoin, nommée Pérrine
    Bernier, veuve Roution, demeurant à la
    métairie de la Boulinière, commune de
    HISTORIQUE 55$
    '1
    Cholet, a dit qu'au moment du combat
    qui eut lieu le... février (28 janvier)1794,
    près de Ia métairie de la HaieeBureau,
    elle se trouvait à la dite métairie de Ia
    Boulinière d'où elle a vu très distinctement
    l'avant-garde à cheval des Royalistes
    s'avancer par le champ des Trembles
    ;qu'au même instant elle a entendu
    plusieurs coups de fusil et qu'alors l'infanterie
    royaliste était à la métairie de
    la Brissonnière. Elledéclare en outre
    que feu Pierre Bernier, son frère, lui a
    assuré que Monsieur Henri de la Rochejcquelein
    avait été tué au moment même
    où elle avait vu les Royalistes dans Ies
    positions ci-dessus désignées et oùelle
    avait entendu des coups de fusil. Laquelle
    déclaration elle a signé après lecture
    faite.
    » La déclaration ci-dessus a été confirmée
    par celle de Marie Mosset, veuve
    de Pierre Bernier, à qui son mari avait
    fait le même rapport qu'à Perrine Ber«
    nier.
    » Le second témoin, nommé Louis
    Fortin, métayer au Bois d'Ouin, commune
    de Cholet, a déclaré que, peu
    de jours après le... février (28 janvier
    1794), Ie général Stofflet lui avait dit
    avoir fait euterrer Monsieur Henri de la
    Rochejaquelein ; que Grégoire, domestique
    de M. Stofflet, lui avait assuré, quelque
    temps après, qu'il avait été enterré
    auprès de plusieurs cerisiers près la
    Haie-Bureau, ce que ledit Fortin a entendu
    répéter par beaucoup de personnes ;
    qu'il a souvent entendu dire que M.
    Henri de la Rochejaquelein avait reçu
    une balle dans le visage. Ledit Fortin
    a déclaré ne savoir signer.
    » Joseph Rotureau, métayer de la
    Haie-Bureau, aindiqué l'endroit où il
    a abattu les cerisiers dont a parlé Fortin
    etqui existaient en 1794, ainsi qu'un
    poirier au pied duquel il était denotoriété
    publique que s'était faite l'inhumation
    du corps de Monsieur Henri de
    la Rochejaquelein.
    » Monsieur Chenay, chirurgien susdit

    déclare que le jour du décès de Monsieur
    Henri du Vergier de la la Rochejaque -
    lein, il recueillit des dépositions de plusieurs
    témoins oculaires qui attestèrent
    que M. de la Rochejaquelein avait reçu
    la blessure dont il est mort dans la tête ;
    que la balle était entrée par l'oeil
    et avait défoncé le crâne.
    » D'après les déclarations ci-dessus et
    d'autres concordantes, nous médecin et
    chirurgien susdits avons fait faire des
    fouilles dans les endroits indiqués,, afin
    de parvenir à l'exhumation dont il s'agit,
    et après plusieurs recherches nous avons
    trouvé une tête à laquelle nous avons
    remarqué deux fractures qui nous ont
    paru avoir été faites par une arme à feu :
    la première à la fosse orbitaire droite
    avec brisure de l'apophyse montante de
    l'os maxillaire supérieur du même côté,
    la seconde vers le milieu du pariétal
    droit, dont la table externe a été emportée
    ; passant ensuite à l'examen des
    autres os, nous avons reconnu deux fémurs
    dont les apophyses sont détruites,
    un des os des iles du côté gauche, deux
    humérus dont un est entièrement dépourvu
    de ses apophyses et dont l'autre
    a conservé seulementsa tête, plusieurs
    fragments des côtes du côté gauche, un
    péroné, uneportion de l'os sacrum et
    plusieurs autres petits os qu'il est impossible
    d'énumérer. Tous ces os ont été
    considérablement altérés, ce quiempêche
    de déterminer la stature de l'individu.
    Néanmoins, nous avonsremarqué que
    ces os devaient appartenir à un jeune
    homme d'une tailleélevée, à raison de
    leur longeur et du défaut de consistance.
    » Les déclarations des témoins sur
    la blessure qu'a reçue Monsieur Henri
    du Vergier de La Rochejaquelein, desquelles
    il résulte que la balle était entrée
    par l'oeil et l'état de la tête que nous
    avons exhumée qui est fracturée précisément
    à la fosse orbitaire, prouvent
    clairement que lesossements exhumés
    sont ceux de mon dit sieur Henri de la
    P.Qchejaquelein, En conséquence noua
    avons fait placer ces ossements dans une
    bière que nous avons fait transporter
    dan3 l'église de Saint-Pierre de Cholet,
    sous l'autel de Saint-Sébastien, ce jourd'hui
    à une heure après-midi.
    » Le transport a eu lieu sous l'escorte
    d'un détachement de Vendéens qui se
    sont présentés spontanément à cet effet.
    Le convoi a été reçu à l'entrée de la ville
    avec les cérémonies d'usage, par le
    clergé réuni, et M. le Maire de Cholet, à
    la fin de la cérémonie, a apposé les
    scellés sur la bière, avec le cachet de la
    mairie sur cire noire.
    » De quoi nous avons rédigé le présent
    procès-verbal que nous avons signé,
    ainsi que M. le Maire de Cholet, le tout
    en présence de MademoiselleLouise du
    Vergier de La Rochejaquelein.
    » Fait à Cholet les jour et an que
    dessus,
    » HOCBOCQ ; BAGUENIER-DESORMEAUX
    ; TERRIEN ;
    CHENAY; RAIMBAULT ,
    principal du collège ; Pierre
    BOUSSION, ex-commandant
    déplace ; ROUSSELOT
    ; BEURIER , curé de
    Cholet ; Louise de La Ro-
    CHEJAQUELEIN ; TURPAULT,
    fils aîne', maire. »
    Les précieux restesde Monsieur Henri
    n'avaient été déposés dans l'église dc
    Saint-Pierrede Cholet qu'à titre provisoire
    : l'année suivante, le 7 mai, après
    unservice funèbre auquel assistait une
    foule nombreuse de Vendéens, ilsfurent
    solennellement transportés dans l'église
    de Saint-Aubin-deBaubigné, où la Marquise
    de la Rochejaquelein avait tenu à
    les réunir à ceux de son mari, tué en
    1815 au combat des Mathes.
    C'est là, dans l'église paroissiale du
    château paternel, que les deux frères
    dorment leurdernier sommeil dans le
    même tombeau, en attendant le jour glorieux
    dela résurrection,
    (A suivre*)


    Le château dc Ia Darbelière
    Une poignée de remerciements en guise de
    préface à cette quatrième série. — La
    Vendée Historique au tribunal de Ia critique.—
    Une vengeance de Dom Chamard.
    — Pourquoi l'auteur a fait attendre quelque
    peu la suite des Zig-Zags att Pays des
    Géants. — En route pour le pays de La
    Rochejaquelein ! — Au quartier général
    de Châtillon. — Mon cicérone au berceau
    de Monsieur Henri. — Un premier document
    : le portail de la Durbelière. —
    — L'écusson et les titres des Rorthais. —
    Les ruines de la Durbelière.— La tour
    où naquit le Bayard de la Vendée militaire.
    — La chapelle,— Où l'auteur a
    éprouvé qu'il subsiste quelque chose des
    héros aux lieux habités par eux. — Vision
    devant le seuil d'une porte.
    L'accueil fait aux trois premières séries
    de ces chroniques m'impose l'obligation
    de ne point aborder la quatrième
    sans avoir adressé de vifs remerciements :
    non pas seulement à la fidèle clientèle
    de la Vendée Historiqueainsi qu'à la
    presse locale et régionale, mais encore
    aux maîtres critiques qui ont si aimablement
    profité du compte rendu de mes
    petits volumes pour faire connaître au
    loin la Revue vendéenne.
    Déjà, au suffrage si précieux de M ;
    Edmond Biré était venu s'ajouter celui
    du critique autorisé de la Vérité Française
    et du Bloc Catholique, M. Edouard
    Pontal, de l'Ecole des Chartes : ± De
    toutes les Revues provinciales »,écrivait-
    il, au mois de mai dernier, en présentant
    la Vendée Historique aux lecteurs
    du Bloc Catholique, ± de toutes les
    Revues provinciales, je n'en connais aucune
    qui soit plus intéressante, plus vivante
    etplus vaillante. Ce n'est pas seulement
    en Vendée, mais partout qu'il
    faudrait la lire. »
    Et voici qu'à leur tour se présentent,
    de toutes part, d'autres parraina non
    moins aimables, qui tiennent à

    plus spécialement leurs dragées aux
    humbles petits Zig-Zags .,
    Merci à tous, notamment à M. Maxime
    de la Rocheterie, pour ses deux
    coups de clairon successifs dans le grave
    orchestre du Polybiblion i Merci surtout
    à ce vénérable Dom Chamard auquel —
    Dieu me pardonne I — j'avais négligé
    d'adresser mes deux premiers petits volumes
    ; qui a été obligé de me lesréclamer
    et qui — pour... se venger de mon
    inexcusable négligence — atout simplement
    fait insérer ce qui suit dans le
    Bulletin des Bénédictins de Ligugé :
    c.. Nous avons, eii ces deux plaquettes
    (les deux premiers volumes des Zig-
    Zags), neuf monographies vendéennes,
    toutes d'un intérêt très vif et de la meilleure
    érudition Il faut féliciter M.
    Henri Bourgeois de la vaillance qu'il met
    amener à bien sa patriotiquetâche. C'est
    une bonne et sainte action que de recueillir
    ainsi — pourl'avenir — les souvenirs
    épars de notre glorieux passé,
    d'autant quel'auteur apporte dans le
    choix de ses documents toute la rigueur
    de laplus sévère critique. Nous regrettons
    seulement le tirage restreint de ces
    savantes brochures... »
    De pareils témoignages — je ne m'en
    cacherai pas — m'ont vivement touché ;
    et ils m'expliquent comment une petite
    Revue aux allures tout à fait sans façon,
    et qui s'adressait surtout aux humbles
    fidèles de la Vendée, a pu si rapidement
    étendre sa clientèle dans nombre de
    provinces et pénétrer, peu à peu, jusque
    dansles milieux cultivés où elle compte
    aujourd'hui tant de lecteurs.
    j'enai conclu que la note imprimée à
    la Vendée Historique n'était réellement
    pas trop mauvaise ; que la tournure populaire
    donnée à mes petites chroniques
    n'était point si démodée que certains
    pseudo - documentaires avaient semblé
    l'insinuer ; que le fond et la forme comptaient,
    somme toute, plus d'approbateurs
    autorisés que de détracteurs pé»
    $Wt?. n < et jaloux ; que le meilleur pro«
    cédé pour conquérir le publicétait encore
    — même aujourd'hui ! — de rejeter
    l'apparat de la faussescience et de se
    garder des obscurités du pédantisme, en
    se mettant tout simplement — à la bonne
    franquette — à la portée du plus humble
    deses lecteurs ; qu'en un mot, les routes
    bien déblayées et même fleuries, suivant
    l'heureuse expression de Châteaubriand,
    conduisant non moins sûrement et beaucoup
    plus agréablement le voyageur au
    but que les sentiers embroussaillés et rocailleux,
    je n'avais qu'à m'en tenir à la
    méthode jusque-là suivie, et à poursuivre
    du même pas mon petit bonhomme de
    chemin.
    Mais les suffrages du public né doivent
    pas avoir seulement pour effet
    de procurer une douce satisfaction à
    l'ouvrier en coursde besogne : pour être
    mérités par lui jusqu'au bout, ils doivent
    piquer son amour-propre ; ils lui imposent
    l'obligation de perfectionnerl'oeuvre
    de plus en plus, ou, tout au moins,
    de donner le même fini aux parties encore
    sur le chantier. — Ce sera mon
    excuse, si j'ai faitattendre quelque peu
    cette quatrième série.
    Au moment, en effet, où, quittant-le
    pays de Lescure pour celui de La Rochejaquelein,
    j'allais conduire le lecteur à la
    Durbelière et à Saint-Aubin-de-Baubigné,
    je fus tout à coup pris d'un scrupule
    :
    Avais-je bien suffisamment étudié
    les lieux et passé à la loupe — sur place
    — ces documents ± de la plussévère critique
    » dont la Revue bénédictine me félicitait
    d'avoir jusque-là fait usage.... ?
    Ma première visite à la Durbelière et à
    Saint-Aubin-de-Baubigné datait déjà de
    bien loin! Elle avait été, d'ailleurs,
    quelque peu superficielle, et plutôt celle
    d'un simple curieux que d'un historien :
    avant de prendre la plume n'était-il pas
    prudent de retourner là-bas, pour compléter
    mes notes et rafraîchir meB souvenirs?...
    Poser la question, c'était la réioudïe |

    et au risque de faire jurer le lecteur impatient,
    je me décidai à ne reprendre la
    suite de mes impressions de voyage au
    Pays des Géants qu'après une ± descente
    de lieux » complémentaire. J'attendis
    donc les premiers beaux jours, et, dès
    que je pus disposer de quarante-huit
    heures entre deux numéros de laVendée
    Historique^ je me mis en route pour
    Châtillon : quartier général où je n'ai
    que l'embarras du choix pour planter
    ma tente, lors de chaque campagne entreprise
    au pays poitevin.
    Lapremière fois, c'était chez un vieux
    camarade du pensionnat des bons Frères
    de Saint-Laurent, M. Ludovic Couronneau,
    que j'avais trouvé la popote àu
    retour de chaqueétape : l'autre jour, ce
    fut à la porte d'un fidèle de la Vendée
    Historique, M. Blanleuil, que j'allai frapper
    sans façon pour demander l'hospitalité.
    Guide non moins précieux qu'hôte
    aimable, M. Blanloeil,quiconnaît tous les
    coins et recoins dè la contrée, poussa
    l'obligeancejusqu'à vouloir me piloter
    lui-même, et ce fut en sa compagnie — et
    sous sa direction — que s'accomplit le
    pieux pèlerinage dont je vais rendre
    compte.
    »
    Donc, l'autre matin, avec M. Blanloeil
    comme cicérone^ me voilà parti de Châtillon,
    au lever du soleil, à destination
    de la Durbelière.
    . Pedibus cumjambis — naturellement.,,
    Ce n'était point en auto, ni même en
    voiture que les gas de la Grand'Guerre
    faisaient là navette dans ces parages, et
    j'aurais rougi de me montrer plus difficile
    qu'eux. D'autant qu'il s'agissait à peine
    d'une course de onze kilomètres, aller et
    retour : plutôt une simple promenade.
    , A une lieue deChâtillon, voici le
    bourg de Saint-Aubin-de-Baubigné ;
    nous le réservons pour le retour et courons
    droit à la Durbelière, premier but
    du pèlerinage. En toute chose il faut
    commencer par le commencement j o.-,
    U Durbelière fut le berceau de La Ro*
    HISTORIQUE 414
    chejaquelein, etce fut là que Ie héros
    vint prendre Ie commandement des vaillants
    Poitevins insurgés : ma première
    station devait donc être aux lieux témoins
    de la naissance et de la vocation
    de Monsieur Henri.
    Le château de Ia Durbelière, dépendant
    de la commune de Saint-Aubin-de-
    Baubigné, estsitué à environ douze
    cents mètres du bourg, à gauche de la
    route deChâtillon aux Aubiers. Quand
    je dis le château, c'est une façon de
    parler, car il n'en reste plus que des
    ruines, à l'exception des servitudes —
    trè9 bien conservées — au milieu desquelles
    se trouve le vaste portail donnant
    accès dans l'ancienne enceinte seigneuriale.
    Arrêtons-nous un instant en face de ce
    portail : il va nous fournir, on peut dire
    qu'il constitue lui-même un premier et
    précieux document. C'est le même, en
    effet, qui existait en 1793 ; on l'a religieusement
    conservé tel quel, brisé dans
    la partie inférieure par les Bleus, à
    coups de haches dont il est facile de
    constater la trace.
    A gauche de ce témoin vénérable, et
    au-dessus d'une petite porte latérale, se
    trouvent sculptées dans la pierre les
    armes des Rorthais, telles qu'elles furent
    concédées par saint Louis à Guillaume
    de Rorthais, l'un des héros de la
    fameuse bataille de Mansourah.
    Ces Rorthais, qui, on le voit, remontaient
    bien réellement aux croisades,
    avaient été en effet les premiers seigneurs
    de la Durbelière, qu'ils possédaient
    encore au commencement du dixseptième
    siècle. A cette époque, Renée
    de Rorthais, fille de François, apporta le
    château en dot à son cousin Pierre de
    Meulles, et ce futseulement'près d'un
    siècle plus tard qu'un petit-fils de Renée
    de Rorthais ayant épousé Marie du Vergier
    de la Rochejaquelein, cette alliance
    fit passer la Durbelière dans la famille
    du futur généralissime vendéen.
    La famillç dci Moulte» est éteinte fo-,

    puis longtemps, et le dernier Marquis de
    la Rochejaquelein est lui-même descendu
    dans. la tombe ; mais les Rorthais, doublement
    vendéens depuis leur transplantation
    au château de la Rochette en Bas-
    Poitou, ont toujours des représentants,
    — dignes du grand nom immortalisé par
    Monsieur Henri, le glorieux allié de
    leur famille. J'ajoute que les Rorthais
    eux - mêmes s'illustrèrent pendant la
    Grande-Guerre, et que plusieurs ont payé
    de leursang le droit de figurer au livre
    d'or de la Vendée.
    Après avoir notéces menus détails
    préliminaires, et maintenant que nous
    connaissons ceque j'appellerai les antécédents
    de la Durbelière, franchissons
    l'antique portail, traversons l'immense
    cour autour de laquelle s'élèvent les servitudes,
    et dirigeons-nous là-bas, en
    face des douves, vers la petite maison
    d'habitation ménagée au régisseur, M. Ouvrard.
    Ce vieux serviteur des. La Rochejaquelein,
    auquel mon aimable guide
    vient de passer la main, va nous faire
    visiter lui-même — en cicérone ± de derrière
    les fagots » — les ruines du château
    proprement dit.
    *
    . *
    Si j'étais peintre, comme il me semble
    que je le brosserais ± de chic », le tableau
    de ces ruines imposantes, témoins
    et dépositaires de tant de glorieux souvenirs!...
    Si j'étais antiquaire de profession,
    avec quel soinjaloux, avec quelle scrupuleuse
    minutie je passerais à la loupe
    chaque fronton , chaque sculpture ,
    chaque pierre de cette colossale et vénérable
    masure, qui fut le berceau d'un
    héros pour lequel Homère eût donné
    tous les demi-dieux et même les dieux
    complets de l'Iliade et de l'Odysée ! . ..
    Malheureusement, je ne suis ni peintre
    ni antiquaire :en fait de pinceau je n'ai
    jamais manié que la plume ; en fait de
    passion pour les pierres et les débris des
    vieux murs je n'y vois pas plus loin que
    U, 4e Mandat-Grancey et j'appartiens,
    HISTORIQUE 41Î5
    - —- ^ - — - - - * - — . ± - ± ± ± - » * ± .
    comme lui, ± à la catégoriedes touristes
    qui ne s'intéressent guère aux monuments
    qu'à cause dessouvenirs qu'ils
    rappellent. » Les secrets de la peinture
    et de l'archéologie proprement dite me
    sont tout aussi inconnus que ceux de la
    numismatique ou de l'hébreu, et je me
    garderai bien de mettre seulement le
    bout de l'orteil sur l'un quelconque de
    ces terrains : j'aurais troppeur de m'y
    enfoncer jusqu'au cou !
    Je dirai donc tout bonnement auxdisciples
    de Raphaël...oud'Oldbuck: ±Faites
    comme moi, et allez-y voirlLes profits
    du voyage en valent la peine, car il faudrait
    n'être qu'un misérable barbouilleur
    de quatre sous — ou un antiquaire de
    bien mince pacotille — pour s'en retourner
    sans inspiration ou à vide de trouvailles,
    après une excursion aux ruines
    de la Durbelière ! » Quant à moi, simple
    enquêteur à la recherche des leçons
    morales du passé, je mesuis contenté
    d'admirer l'ensemble de ces ruines, en
    notant seulementles parties qui m'ont
    rappelé quelque épisode de la vie de
    Monsieur Henri.
    J'en signalerai trois :
    Tout d'abord, à gauche, la tour, où la
    tradition rapporte que naquit le Bayard
    de la Vendée militaire, à la date du 30
    août 1772. Retenons bien cette date :
    aucune, peut-être, ne mérite mieux de figurer
    auxéphémérides vendéennes. J'en
    puis d'ailleursgarantir l'exactitude,
    grâce au document suivant, extrait des
    registres paroissiaux de Saint-Aubin-de-
    Baubigné pour l'année 1772 :
    ± Le trente du mois d'août est né.et a
    été baptisé Henry, fils légitime de haut
    et puissant seigneur Henry-Louis-Auguste
    du Vergier, chevalier, écuyer,
    marquis de La Rochejaquelein, gueydon
    des gendarmes, et de haute et puissante
    dame Constance-Luçie-Bonne de Caumont,
    qui a été tenu surles fonts du
    baptême par M. Jacques - Christophe-
    Félix Boutillier, aulieu et place de haut

    4-7 --- VENDÉE
    et puissant seigneur Armand - Henry -
    Hercule de Caumont, capitaine du régiment
    du Roy-infanterie, etpar M110 Marie-
    Jeanne Le Clerc, au lieu et place de
    haute et puissante dame Hardouïne-
    Henriette Sidrac de Granges de Surgères,
    douairièreet marquise de La Rochejaquelein.
    » BOUTILLIER DE BEAUREGARD ;
    LE CLERC ; A. H. DU VERGIER ;
    S. M. A. DU VERGIER ;
    LA CASSAGNE SAINT-LAURENT ;
    F. THO. O. HANNIN,
    rel- prêtre ; BRETHE, curé de
    Saint-Aubin-de-Baubigné. »
    A droite, dans Ie corps principal des
    ruines, voicila chapelle. C'est là, très
    vraisemblablement, que fut baptisé le
    héros ; c'est là, à coup sûr, que sa pieuse
    mère lui apprit à joindre les mains et à
    prier Dieu ; c'est là, enfin, que ce fils des
    croisés dut venir s'agenouiller une dernière
    fois, dans la matinée du 13 avril
    1793, lorsqu'il prit la croix à son tour
    pour foncer sur Ia ±chiennaille» républicaine.
    Et maintenant, regardez en face de
    vous, au centre des ruines... Voyez-vous
    cette porte, dont les montants bravent
    les années après avoir bravé le feu des
    Bleus, et qui donne accès dans la cour
    d'honneur ?... C'est bien la porte d'honneur
    en effet, car ce fut là,sur ce seuil
    où sont venus s'agenouiller, depuis, tant
    de vétérans dela Grande Armée, ce fut
    là que lé futur généralissime de vingt et
    unans, après avoir rangé autour de lui
    lès' gas du pays de Saint-Aubin et de
    Châtillon, prononça sa fameuse harangue,
    la plus belle peut-êtrequi soit jamais
    tombée de la bouche d'un guerrier!
    . Jamais je n'éprouvai, aussi bien qu'au
    milieu de cette cour d'honneur de la
    Durbelière,Ia vérité de ce que disait un
    ancien : à savoir qu'aux lieux où ont habité
    les grands hommes, quelque chose
    d'eux-mêmes survit, au point dedonner
    parfois l'illusion de leur présence.
    HISTORIQUE 418
    Tout à l'heure, en pénétrant dans la
    vieille tour, il m'avait déjà semblé voir
    Ie héros dans ses langes, et même entendre
    ses premiers vagissements denouveau-
    né. Dans la chapelle l'illusion avait
    été encore plus forte,et j'aurais presque
    parié que je l'avais là sous mes yeux,
    ce bébé rose, émergeant d'un flot de dentelles
    et souriant au prêtre qui le marquait
    du signe du chrétien... Mais devant
    cette porte, et à l'instant où j'allais
    en franchir le seuil, ce fut tout à coup
    l'illusion complète.... Instinctivement je
    fermai les paupières, et alors, sur le fond
    de cette chambre noire où chacun de
    nous voit si bien en dedans, je visse détacher
    nettement la silhouette, non plus
    d'un enfant au berceau,mais d'un grand et
    beau jeune homme, fier, l'oeil étincelant ; la
    lèvre frémissante, le geste vainqueur....
    Et, du coup, je n'aurais plusseulement
    parié, j'aurais presque juré que j'entendais
    réellement retentir à mes oreilles la
    mémorable apostrophe :
    Si f avance, suives-moit Si je recule,
    tuez-moi! Si je meurs, vengez-moi I
    (A suivre.)
    ___.
  2. wiki#Normal ;Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein, né le 30 aot??1772, à la Durbelière, près de Chtillon-sur-Svre (Poitou) et tué le 28janvier 1794, à Nuaill, est l'un des chefs de l'armée vendéenne au cours des batailles de la Rvolution franaise.
    Sommaire
    [masquer]
    1 Biographie
    1.1 Origine
    1.2 Les premiers soulèvements
    1.3 L'insurrection monarchiste
    1.4 Soulèvement de la Vendée
    1.5 Bataille de Cholet
    1.6 Généralissime
    1.7 L'expédition en marche
    1.8 Bataille d'Entrammes
    1.9 La Virée de Galerne
    1.10 La bataille du Mans
    1.11 La retraite
    1.12 La fin
    1.13 La tombe
    1.14 Le Héros de la Vendée
    2 Notes et références
    3 Sourcepartielle


    Biographie [modifier]

    Origine [modifier]
    Fils du marquisde La Rochejaquelein, Henri de La Rochejaquelein naquit au chteau dela Durbelire, commune de Saint-Aubin-de-Baubign, près de Châtillon-sur-Sèvre (aujourd'hui Maulon?? dans le département des Deux-Svres??, etfit ses études à l'école militaire de Sorze??. La Rvolution franaise l'ayant surpris dès l'âge de seize ans, il ne suivit point son père dans l'émigration, et il crut pouvoir défendre le trône dans la Garde constitutionnelle du Roi Louis XVI où il fut appelé en 1791. La journée du 10 aot?? 1792 trompa ses espérances[1].

    Les premiers soulèvements [modifier]
    On le vit en effet, dans le Poitou, déplorer les suites du premier soulèvement de Bressuire, où les paysans royalistes venaient d'être défaits par les révolutionnaires. La Rochejaquelein se retira dans la terre de Clisson, près de Parthenay, chez le marquis de Lescure,son parent et son ami : unis tous deux par les mêmes sentiments, à peuprès du même âge, ayant les mêmes intérêts, ils aspiraient secrètement au projet de participer au rétablissement de la monarchie qui menaçait ruine. Ils n'apprirent que par des bruits vagues le nouveau soulèvement du 10 mars 1793.

    Statue de Henri de La Rochejaquelein au Muse des Augustins?? réalisé en 1895 par Alexandre Falguire??

    L'insurrectionmonarchiste [modifier]
    Ils flottaient entre l'espérance et la crainte, lorsqu'un paysan de Châtillon vint annoncer à la Rochejaquelein queles habitants des paroisses circonvoisines, impatients de se réunir aux insurgés, couraient aux armes et le demandaient pour chef.[2] Lescure veut le suivre. C'était livrer ses parents, ses amis et sa jeune épouse à la vengeance des républicains.
    Accompagné de son guide fidèle etarmé de deux pistolets, la Rochejaquelein arrive sur le théâtre de laguerre et rejoint Bonchamps et d'Elbe??. Il apprend qu'une division ennemie pénètre dans la Vende??, et, n'écoutant que son courage, il veut arrêter le mouvement offensif des républicains, II accourt à Châtillon, à Saint-Aubin-de-Baubign, où sont les propriétés de sa famille. Àpeine a-t-il paru que des milliers de paysans des Aubiers, de Neuil, de Saint-Aubin, des Echaubroignes, des Cerqueux de Maulévrier, d'Izernay, le proclament leur chef.
    En mars 1793, il participe au soulèvementde la Vende?? et devient un des chefs de l'armée vendéenne. La Rochejaquelein se met à leur tête et leur adresse cette courte harangue :
    ± Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. J'ai d'ailleurs contre moi et ma grandejeunesse et mon inexpérience ; mais je brûle déjà de me rendre dignede vous commander. Allons chercher l'ennemi : si j'avance, suivez-moi; si je recule, tuez-moi ;si je meurs, vengez-moi. »

    Soulèvementde la Vendée [modifier]

    Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, Musée d'histoirede Cholet
    Les Vendéens répondent par des acclamations et marchent auxrépublicains, qu'ils trouvent retranchés dans le cimetière des Aubiers. Ils investissent le bourg et attaquent en tirailleurs la division du général Pierre Qutineau??. La Rochejaquelein les persuade que l'ennemi, à demi vaincu, commence à prendre la fuite. Aussitôt les Vendéenss'élancent sur les républicains, les dispersent et s'emparent de leurartillerie. La Rochejaquelein marche à l'instant sur Châtillon et surTiffauges. Là, se réunissant aux autres rassemblements royalistes, ilpartage avec eux les munitions qu'il vient d'enlever, et, par un premier succès, relevant son parti, il lui inspire une ardeur nouvelle. Ladéfaite des Aubiers ayant décidé le général Quétineau à évacuer précipitamment Bressuire, le marquis de Lescure envoya l'ordre à plus de quarante paroisses de prendre les armes.[3] Le château de Clisson devintà l'instant une place d'armes et se remplit de soldats. Chaque rassemblement faisait un corps à part. Celui de la Rochejaquelein se réunit le plus souvent à la grande arme d'Anjou??, qui, à cette époque, s'élevait à peine à 18 000 combattants, mal armés et sans organisation fixe.
    Le 2 avril, La Rochejaquelein prit part au combat de Beauprau??, à lasuite duquel les républicains, refoulés au delà de la Loire, restèrent pendant trois mois sans s'avancer dans le pays insurgé. La consternation se répandit à Angers, à Saumur et à Nantes. À l'attaque de Thouars, la Rochejaquelein, monté sur les épaules de Texier de Courlay, tiresur les assiégés, et tandis qu'on recharge ses armes, il arrache de ses mains les pierres des murailles et commence la brèche : toute l'armée républicaine mit bas les armes et se rendit à discrétion. À la Premire Bataille de Fontenay-le-Comte??, perdue par les royalistes, la Rochejaquelein commanda l'aile gauche. Peu de jours après, à la seconde bataille, il chargea avec la cavalerie, enfonça les bleus et acheva ladéroute. À l'prise de Saumur, le 7 juin, il enleva d'abord le camp retranché de Varrins ; et emporté par sa bouillante ardeur, au moment où l'on se battait encore à l'entrée de la ville, il met le sabre à lamain, sa carabine en bandoulière, et suivi d'un seul officier (La Ville-Baug), il s'élance à la suite des fuyards, pénètre dans les rues, s'avance sur la place de la Bhilange, brave les coups de fusil, abat lui-même plusieurs soldats républicains et renverse à ses pieds, d'un coup de sabre, un dragon qui, arrivé sur lui le pistolet à la main, venait de le manquer.
    La prise de Saumur fut l'exploit le plus étonnant desVendéens. En cinq jours de combats, ils avaient fait plus de 12 000 prisonniers, pris pièces de canon, des munitions considérables et le chef de la Loire.[4]
    Pendant le sige de Nantes??, qui fut moins heureux,la Rochejaquelein garda Saumur avec sa division, tant pour couvrir laVendée que pour conserver l'une des plus importantes communications de la Loire. Après l'échec de Nantes, il vola à la défense du pays insurgé, qui était attaqué de nouveau. Il commanda l'aile droite à la bataille de Luon??, et, couvrant la retraite, il préserva l'armée royale et sauva les troupes d'élite.
    Cet échec fut réparé le 4 septembre, jouroù l'armée républicaine de Luon??, assaillie dans son camp retranchéde Chantonnay, fut entièrement détruite. La Rochejaquelein avait tourné lui-même le camp pour l'investir et commencer l'attaque. Vers cetteépoque, la convention nationale ayant voté contre la Vendée une guerreplus énergique, la lutte devint si terrible que tous les combats antérieurs semblèrent n'en avoir été que le prélude.
    La Rochejaquelein, renforçant la division de Bonchamp, emporta la position d'Erign.[5] La Vendée allait être en péril par la concentration des armées républicaines : la Rochejaquelein, Stofflet et Lescure couvrirent Châtillon, maissans succès.

    Bataille de Cholet [modifier]
    Après la bataille de Cholet, où d'Elbée et Bonchamps succombèrent également, La Rochejaqueleinétait devenu le chef du parti royaliste. [6]
    Le torrent des fuyards entraîna la Rochejaquelein jusqu'à Beauprau??. Devenu l'âme de son parti, ce jeune guerrier se vit engagé sous ces funestes auspices dans le passage de la Loire, qu'il désapprouvait. Sa première pensée fut de couvrir et d'assurer la retraite : il laissa d'abord une forte arrière-garde à Beaupréau, lui ordonna de se défendre et de se porter ensuite rapidement sur les bords du fleuve.
    Le 18 octobre, 80 000 fugitifs avaient atteint Saint-Florent pour passer sur la rive droite. La Rochejaquelein et Lescure s'opposaient opiniâtrement à ce passage ou plutôt à cette fuite. La transmigration vendéenne fit renaître une armée royale qui, le 19 octobre, se trouva réunie tout entière à Varades, sur la rive droite.

    Généralissime [modifier]
    Les généraux, n'ayant plus ni Bonchamps ni d'Elbée, sentirent la nécessité de se donner un commandant enchef qui eût la confiance générale. Lescure, blessé à mort, désigna la Rochejaquelein comme le seul capable de ranimer le courage des combattants de la Vendée. Tous les chefs le nommèrent, à l'unanimité, généralissime. Il est nommé général en chef de l'armée vendéenne catholiqueet royale. Il avait à peine 21 ans[7].

    L'expédition en marche [modifier]
    Lorsque le plan de campagne eut été arrêté dans les conseils, quel'on se fut décidé à se porter sur d'abord sur Laval et sur Rennes, l'armée leva ses tentes. L'armée entière se mit en mouvement, le 20 octobre, pour une expédition sur les côtes de Bretagne, où les Anglais faisaient espérer des secours. Il fut décidé qu'on marcherait.
    L'avant-garde était composée de 12 000 fantassins, soutenus de 12 pièces de canon, les meilleurs soldats et presque toute la cavalerie formaient l'arrière-garde ; entre ces deux corps cheminait un troupeau de femmes,d'enfants, de vieillards, qui s'élevait à plus de 50 000. [8]
    La Rochejaquelein passa le gros des tirailleurs et deux pièces de canon en avant et les bagages au milieu de l'armée. Un corps républicain couvraitLaval. À huit heures du matin, le 22, le général en chef fit commencerl'attaque ; les républicains, ébranlés, furent bientôt entraînés par les fuyards ; la cavalerie vendéenne acheva de tout disperser.

    Bataille d'Entrammes [modifier]
    Article détaillé : Bataille d'Entrammes.

    La Virée de Galerne [modifier]
    Article détaillé : Vire de Galerne??.
    La Rochejaquelein, qui avait divisé son armée en trois corps, s'empara d'Erne?? et de Fougres?? à la suite de deux attaques brillantes. Ilprit ensuite la route de Dol au lieu de marcher sur Rennes. De Dol, ils'avança sur Pontorson et Avranches, afin de se porter sur Granville,que le gros de l'armée, formant à peu près 30 000 hommes, attaqua sans succès, la place étant hérissée de fortifications et défendue par une garnison exaltée et nombreuse. Les Vendéens, découragés, furent à laveille de se soulever contre leurs chefs ; demandant à grands crisà rentrer dans leur pays natal.
    La Rochejaquelein rappela les détachements et se remit en marche. En s'éloignant du rivage, les royalistes perdirent à jamais l'occasion d'acquérir, par la jonction des forces anglaises avec eux, la consistance politique et militaire, qui pouvait les sauver. L'expédition que commandait lord Moira, contrariée par lesvents, mit trop tard à la voile. Les distances, les éléments et la dfense de Granville? causèrent la ruine des royalistes.
    Mais leur retraite jusqu'à la Loire fut marquée par des combats où éclatèrent de nouveau toute leur valeur et l'énergie de leurs chefs. Pontorson fut d'abordenlevé après un grand carnage. La Rochejaquelein, se dirigeant ensuite vers Dol, trouva sur les deux routes d'Antrain et de Pontorson deuxarmées républicaines qui marchaient à grandes journées pour lui couperla retraite. Il divise aussitôt ses forces pour faire face des deux côtés. Lui-même repousse d'abord Westermann sur Pontorson, tandis que sur la route d'Antrain d'autres chefs harcelaient diverses colonnes ennemies. On se battit pendant vingt-deux heures, du 16 au 17 novembre.
    La Rochejaquelein, dont le cheval fut blessé, donna partout des preuvesd'une haute valeur et fit surtout admirer ce coup d'oeil qui distingueles plus grands capitaines. Cette bataille ne peut se comparer qu'à celle de Laval. Les royalistes, réunis en masse, poursuivirent continuellement l'armée républicaine, la forçant sur tous les points à fuir dans le plus grand désordre.
    Le 21 novembre, la Rochejaquelein occupa Ernée et le lendemain Mayenne, d'où il se dirigea sur Laval, Le 27, il sortit de Laval et marcha sur la Flche??, où il séjourna jusqu'au décembre. Le conseil vendéen y décida qu'on attaquerait Angers sans retard.L'attaque d'Angers, qui commença le 5, ne fut pas plus heureuse que celle de Granville. Les chefs, au désespoir de ce dernier échec et indécis sur leur marche, prirent la route du nord, tournant le dos à la Loire et n'osant rentrer dans la Vendée par les Les Ponts-de-C, dont lesapproches étaient défendues. L'armée royale se porta sur la Flèche par Baug : arrivée devant la Flèche, elle trouva le pont sur la rivièredu Loir coupé et la ville au delà défendue par une forte garnison. Placée ainsi entre la rivière et l'armée républicaine qui marchait pour la combattre de nouveau, sa position était effrayante. La Rochejaquelein prend alors un parti décisif : il remonte la rivière à la tête de cavaliers choisis, dont chacun portait un fantassin en croupe, et, trouvant un gué près d'un moulin, il passe le premier sur une chaussée couverte d'eau : le reste suit, surprend et culbute la garnison ; il s'empare du faubourg, s'y retranche et rétablit le pont. La ville est prise, et la Rochejaquelein, par son action d'éclat, sauve l'armée.

    La bataille du Mans [modifier]
    Le 10 dcembre??, il se remet en marche et s'avance vers le Mans, espérant y trouver des vivres et des amis ; car l'armée, accablée de privations, était aux abois. S'étant rendu maître du Mans, il y passa tranquillement la journée du 11 ; mais le lendemain il : fut attaqué sur les trois routes du sud par toutes les forces républicaines, qui avaient pour chef le général Marceau. On sait que la bataille du Mans, livrée le 13 dcembre??, fut en quelque sorte le tombeau de l'armée vendéenne. Là commença du moins sa dissolution. La Rochejaquelein, voyant la bataille perdue, s'était efforcé, pour éviter un massacre général, de mettre quelque ordre dans la retraite. Ilrassembla le peu de cavaliers qu'il rencontra sur son passage et gagnala route de Laval, la seule qui fût encore libre, elle était couvertede fuyards ; il en rallia un assez grand nombre et pénétra le soirmême dans Laval avec ces débris.

    La retraite [modifier]
    Le lendemain,il arrive à Craon avec sa troupe fugitive, que les républicains harcelaient et dont il pressait la retraite. Ses soldats, livrés à une sombre inquiétude, marchent nuit et jour, espérant traverser la Loire à Ancenis. Le 15, il occupe Pouanc et le lendemain Ancenis, où il entre lepremier sans éprouver de résistance. Il n'y avait là ni bateaux ni pontons, et la rive opposée était au pouvoir de l'ennemi.
    Sur l'autre rive, on aperçoit quatre barques chargées, dont on espérait s'emparer etse servir. La Rochejaquelein s'offre d'aller lui-même reconnaître l'autre rive. Il se jette, avec Stofflet et La Ville-Baug, dans un batelet enlevé d'un étang voisin, et qu'on avait chargé sur un chariot. Toute l'avant-garde suit des yeux ce frêle bateau, portant la Rochejaquelein[9]. Une attaque subite des républicains force les Vendéens de renoncer à leur entreprise. On vit alors se disperser les restes malheureuxde cette armée qui soixante jours auparavant, maîtrisait la Loire, envahissait le Maine et la Bretagne. La plupart de ces fugitifs allèrentpérir dans les champs de Savenay (22-23 dcembre?? 1793).

    La fin [modifier]

    La Mort de Henri de La Rochejaquelein, peinture de Alexandre Bloch
    Cependant la Rochejaquelein, suivi de Stofflet, La Ville-Baug, deLangerie et d'une vingtaine de soldats qui avaient aussi gagné la rive gauche à Ancenis, fut surpris par une patrouille, qui le chassa desbords du fleuve et dispersa son détachement. Resté avec ses trois compagnons d'armes, il s'enfonça dans l'intérieur du pays, errant la journée entière dans une solitude effrayante, n'apercevant partout que destraces de dévastation et ne rencontrant sur ses pas aucun être vivant.[10] Pendant deux jours, ils ne vécurent que du pain enlevé aux soldats qui tombaient isolément sous leurs coups. À mesure qu'ils pénétraient vers Châtillon, la Rochejaquelein retrouvait de ses partisans. Sonunique désir était de combattre encore à leur tête. [11]
    Laissant toutau hasard, il traverse de nuit la ville de Châtillon où les républicains avaient un poste, ne répond pas au qui vive de la sentinelle, échappe au péril à force d'audace et, arrivé près de Saint-Aubin-de-Baubign, retrouve sa tante, madame de la Rochejaquelein, qui était cachée dans une métairie voisine. Il passe trois jours avec elle et n'en reçoitque des paroles pleines de fermeté.
    Les ruines du chteau de la Durbelire, que les républicains avaient livré aux flammes, lui servirent d'asile. Le bruit de son arrivée et quelques indices sur le lieu de sa retraite l'exposèrent aux perquisitions d'un détachement qui vint fouiller ce château : il ne s'y déroba qu'en se tenant couché sur l'entablement des murs encore debout de la façade principale.
    C'était ainsi que,bravant les dangers, il préparait tout pour reprendre les armes. Instruit que Charette vient d'entrer dans le haut Poitou, il se porte à sarencontre, voulant concerter avec lui les opérations qu'il médite.[12]
    C'était au moment même où les républicains réprimaient violemment les troubles dans la Vendée. Le gnral Cordelier, commandant l'une des colonnes, eut trois engagements sérieux avec la Rochejaquelein, qu'il neput entamer. Le chef vendéen, voyant grossir l'orage, se replia sur la fort de Vezin?? pour s'assurer une retraite. Là, s'étant mis sur ladéfensive, il fit construire dans la forêt des baraques, où il se cantonna avec ses meilleures troupes, après avoir établi un poste sur la route de Cholet. Instruit de tous les mouvements de l'ennemi, il revintau même plan qu'on avait suivi pendant son absence et se borna, pendant le reste de l'hiver, à couper les communications des républicains,à enlever leurs patrouilles, leurs escortes et surtout leurs munitions. Il s'empara ainsi de plusieurs convois. Dans une rencontre imprévue,il prit un adjudant général sur lequel il trouva l'ordre de donner des sauf-conduits aux paysans vendéens, de se saisir ensuite de tous ceux qui en seraient porteurs et de les fusiller indistinctement. La Rochejaquelein se hâta de faire afficher cet ordre barbare dans toutes lesparoisses environnantes. Les paysans indignés, n'ayant plus aucune sûreté, se réunirent à lui en plus grand nombre. Se voyant en état de sortir de la forêt, il reparaît à la tête d'un rassemblement et menace tour à tour les divers cantonnements qui l'environnent. Serré de près par le général Cordelier, il élude d'abord le combat, assaillit ensuitece général à plusieurs reprises et obtient quelques succès. Bouillantet impétueux, il harcèle sans cesse son ennemi, qu'il tient en échec.[13]
    Depuis sa rentrée dans la Vendée, il semblait pressentir la chutede son parti et ne pas vouloir lui survivre. Le 4 mars, Nuaill près Cholet fut témoin de sa dernière expédition. La garnison de Cholet étant sortie pour incendier ce bourg, la Rochejaquelein l'attaqua au moment où elle y mettait le feu. Entourés par les Vendéens, plusieurs soldats périrent dans les flammes ; d'autres s'élancèrent à travers les rangs ennemis.[14]
    La Rochejaquelein, qui s'avance à cheval, veut les interroger, malgré les représentations des officiers de sa suite, qu'illaisse derrière lui. L'un des deux grenadiers[15], qui vient d'entendre prononcer le nom du général royaliste, se dévoue ; et, tandis quela Rochejaquelein se penche pour recevoir de lui son arme, le grenadier l'ajuste et tire à bout portant. La balle frappe le front de la Rochejaquelein, qui tombe et expire aussitôt (le 28 janvier 1794). Ses officiers accourent et le vengent en massacrant son meurtrier.

    La tombe[modifier]
    Le corps de la Rochejaquelein fut enseveli à la même placeoù il avait été atteint d'un coup mortel. Afin que son cadavre ne soit pas identifié, son compagnon Nicolas Stofflet lui enleva ses vêtements et lui taillada le visage à coups de sabre en sanglotant: j'ai perdu ce que j'avais de plus cher au monde.
    Il fut inhumé plus tard aprèsqu'un métayer aura indiqué le lieu de sépulture provisoire, dans l'église de Saint-Aubin de Baubign dans les Deux-Svres??, avec ses deux frères: Louis et Auguste du Vergier de La Rochejaquelein.

    Le Héros de laVendée [modifier]
    Les royalistes et les républicains donnèrent des regrets à la mémoire de ce héros de la Vendée. Henri de la Rochejaquelein était d'un tempérament robuste ; il maniait un cheval avec grâce; il était passionné pour la chasse et les exercices violents ; ilavait l'oeil vif, le nez aquilin, la mine guerrière ; il semblait népour les combats. À peine âgé de vingt ans, il montrait le germe de tous les talents de l'homme de guerre. Dans les conseils, il ouvrait toujours l'avis le plus sage, mais il était trop modeste pour jamais s'enprévaloir au contraire, il cédait volontiers à l'opinion des chefs dont la maturité semblait annoncer plus de lumières et d'expérience.[16]Mais, dans les dangers, tous recouraient à lui, tous réclamaient sesordres. N'ayant d'autre instinct que celui de la guerre, il fut étranger à la politique ; et, tel que nos anciens preux, il semblait appartenir aux temps héroïques de la chevalerie. Hors des combats, il s'abandonnait à l'enjouement et à la gaieté de son âge, ne développant songrand caractère que dans les moments décisifs. Sa physionomie était pleine de douceur et de noblesse. Ses yeux, naturellement vifs, devenaient si ardents et si fiers au milieu des combats que son regard semblait alors le coup d'oeil de l'aigle. Tel fut cet illustre chef, à vingt-deux ans généralissime d'une armée qui venait d'être créée, et remportant en dix-huit mois seize victoires dans les circonstances les plus difficiles où une armée puisse se trouver.

    Notes et références [modifier]
    Ce fut alors que, s'éloignant de la capitale, il dit :
    ± J'irai dans ma province, et bientôt l'on entendra parler de moi. »

    ± L'honneurm'appelle, s'écrie le gentilhomme vendéen, et je vole aux combats ! »
    Il était déjà même à cheval, lorsqu'il vit arriver plusieurs cavaliers bride abattue, s'annonçant aux cris de Vive le roi ! C'était la Rochejaquelein qui, mettant pied à terre, s'élança dans les bras de son ami en criant : ± Je vous ai donc délivrés ! »
    Quand la Rochejaqueleinjeta les yeux sur ces immenses trophées : ± Savez-vous, dit-il à l'unde ses officiers qui le voyait pensif, quel est celui qui est le plusétonné de nos succès? » Comme on hésitait à lui répondre : C'est moiajouta-t-il.
    Il donnait ses ordres dans un chemin creux, lorsque destirailleurs, s'avançant sur lui, le frappèrent d'une balle qui lui cassa le pouce ; il tenait un pistolet, et sans le quitter, il dit à ceux qui, le voyant couvert de sang, témoignaient de l'inquiétude : Je n'ai que le pouce cassé ! Toutefois, il resta sur le champ de bataille; mais sa blessure le força de quitter l'armée le lendemain.
    ±Cettearmée de la Haute-Vende??, dit M. de Chateaubriand, jadis si brillante, maintenant si malheureuse, se trouvait resserrée entre la Loire etl'armée républicaine qui la poursuivait. Pour la première fois, une sorte de terreur s'empara des paysans ; ils apercevaient les flammes qui embrasaient leurs chaumières et qui s'approchaient peu à peu ; ilsne virent de salut que dans le passage du fleuve. En vain les officiers voulurent les retenir ; en vain La Rochejaquelein versa des pleursde rage, il fallut suivre une impulsion que rien ne pouvait arrêter.Vingt mauvais bateaux servirent à transporter sur l'autre rive de la Loire la fortune de la monarchie. On fit alors le dénombrement de l'armée ; elle se trouva réduite à 30,000 soldats ; elle avait encore 24pièces de canon, mais elle commençait à manquer de munitions et de cartouches.
    Aussi modeste que brave, il s'était dérobé aux regards de l'armée. On le cherche, on le trouve, les yeux mouillés de larmes, protestant qu'il ne se croit pas digne du généralat ; qu'il n'a ni-assezde talent, ni assez d'expérience pour remplir des fonctions à la foissi honorables et si difficiles ; que ce n'est guère à vingt ans qu'on peut tour à tour présider aux combats et aux conseils avec la mêmefermeté ; mais l'armée entière, ne songeant qu'aux qualités héroïques de la Rochejaquelein, le proclame. Il parcourt aussitôt toute la ligne, qui fait entendre les cris répétés de Vive le roi ! Vive la Rochejaquelein ! .
    La Rochejaquelein paraissait à la tête de l'armée, montésur un cheval que les paysans avaient surnommé le Daim, à cause de savitesse.
    Déjà au milieu du fleuve, il tenait par la bride son chevalqui le traversait à la nage : le batelet, sans direction, flotte, s'enfonce, revient sur l'eau et, après une demi-heure de lutte contre lecourant, parvient enfin au bord opposé, au moment où l'armée, qui arrivait successivement, commençait à construire des radeaux pour tenter aussi le passage.
    Après vingt-quatre heures d'anxiété et de fatigues,ils parvinrent à une métairie habitée. Là on les accueille ; le fermier leur offre un repas frugal. A peine ont-ils pris quelque nourriture, que, cédant à l'irrésistible besoin du repos, ils se jettent tout habillés sur une meule de paille. Bientôt leur hôte accourt les avertirde l'approche d'une patrouille et les conjure avec instance de fuir au plus vite :
    ± Ami, lui répond la Rochejaqueîein, lors même que nousdevrions périr ici, on ne nous arracherait pas au sommeil qui nous accable et qui nous est encore plus nécessaire que la vie. Retire-toi etlaisse à la Providence le soin de notre conservervation.. »
    Les républicains survinrent et, accablés aussi de fatigue, s'endormirent auprèsdes quatre Vendéens, de l'autre côté de la meule. A la pointe du jour,la Rochejaqueîein, éveillé par ses trois compagnons d'armes, s'éloigne en toute hâte et, s'enfonçant avec eux dans les bois, se dérobe à l'ennemi.
    Tourmenté du souvenir amer de la défaite du Mans, de la fatale et récente séparation de son armée, il était abîmé de désespoir et ne cherchait que les occasions de mourir les armes à la main.
    Mais, peu content de l'accueil de ce chef, qui, le quittant, lui dit : Je parspour Mortagne ; si vous voulez me suivre, je vous ferai donner un cheval. - Moi vous suivre, répond fièrement le généralissime de la Yendée, sachez que je suis accoutumé à être suivi moi-même, et qu'ici, c'est moi qui commande. En effet, 800 Vendéens abandonnèrent le même jourle chef du bas Poitou et reconnurent la Rochejaquelein pour leur général.
    Ce jeune guerrier, qui, après la défaite du Mans, s'était écrié:
    ± Que ne suis-je mort au champ d'honneur ! »
    s'était souvent battu en capitaine expérimenté dans les combats précédents mais navré de la malheureuse issue de l'expédition d'outre-Loire, il ne montrait plus que la témérité d'un soldat.
    La Rochejaquelein les poursuivit avec acharnement ; et, voyant derrière une haie deux grenadiers qui échappaient à sa cavalerie :
    ± Rendez les armes, leur dit-il : je vous fais grâce. »
    Tous deux se jettent à genoux comme pour l'implorer.
    Au nombrede ces derniers se trouvait un grenadier qui, désespérant d'échapper àla cavalerie, s'était caché derrière un buisson ; on le fit remarquer à La Rochejaquelein : Voilà un bleu, dit-il, que je veux voir de plus près. Le grenadier se voyant découvert, avait déjà mis en joue un cavalier du groupe qui s'avançait vers lui, lorsque, entendant nommer legénéral, il changea la direction de son fusil et ajusta l'imprudent qui continuait d'avancer. Au moment où La Rochejaquelein allait saisirle grenadier, celui-ci lui fit sauter la cervelle et tomba presque aussitôt percé de coups. Une fosse fut creusée sur le lieu même, et l'ony jeta les deux cadavres.

    ± Décidez, disait-il, et j'exécuterai. »

    Source partielle [modifier]
    ± Henri de La Rochejaquelein », dans Charles Mullié??, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail édition](Wikisource)
    ± Henri deLa Rochejaquelein », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865[détail édition]

Baptême

± Le trente du mois d'août est né.et a
été baptisé Henry, fils légitime de haut
et puissant seigneur Henry-Louis-Auguste
du Vergier, chevalier, écuyer,
marquis de La Rochejaquelein, gueydon
des gendarmes, et dehaute et puissante
dame Constance-Luçie-Bonne de Caumont,
qui a été tenu sur les fonts du
baptême par M. Jacques - Christophe-
Félix Boutillier, au lieu et place de haut



et puissant seigneur Armand - Henry-
Hercule de Caumont, capitaine du régiment
du Roy-infanterie, et parM110 Marie-
Jeanne Le Clerc, au lieu et place de
haute et puissante dame Hardouïne-
Henriette Sidrac de Granges de Surgères,
douairière et marquise de La Rochejaquelein.
» BOUTILLIER DE BEAUREGARD ;
LE CLERC

A. H. DU VERGIER ;
S. M. A. DU VERGIER ;
LA CASSAGNE SAINT-LAURENT ;
F. THO. O. HANNIN,
rel- prêtre ; BRETHE, curé de
Saint-Aubin-de-Baubigné. »

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

Philippe Armand du VERGIER de la ROCHEJAQUELEIN, marquis de La Rochejaquelein 1692-1760 Hardouine Henriette Sidrac de GRANGES de SURGÈRES †1779 Alexandre Tancrède Louis de CAUMONT d'ADE de MITTAU Angélique de GOUSSÉ de la ROCHE ALLARD
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Henri Louis Auguste du VERGIER de la ROCHEJAQUELEIN, Marquis de la rochejaquelein 1749-1802 Lucie Constance Bonne de CAUMONT d'ADDE 1749-1798
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Henri du VERGIER de la ROCHEJAQUELEIN, Comte de la Rochejaquelein Soldat vendéen 1772-1794



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