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 messire Jouachin FEGUIET de VILLENEUVE
écuyer, Sieur de Villeneuve, trésorier de France au bureau des finances de Châlons-sur-Marne, économiste, encyclopédiste

  • Né le 16 octobre 1703 - Moncontour, Côtes-d'Armor, France
  • Baptisé le 16 octobre 1703 - Moncontour (Notre-Dame et saint-Mathurin), Côtes-d'Armor, France
  • Décédé , à l’âge de peut-être 78 ans
  • Inhumé le 10 novembre 1781 - Néris-les-Bains, Allier, France

 Parents

 
 

 Union(s) et enfant(s)

 Notes

Notes individuelles

Né dans une famille de négociants de Moncontour, en Bretagne (Côtes-d’Armor), le 16 octobre 1703, Joachim Faiguet, qui adjoindra plus tard à son patronyme le nom "de Villeneuve", passe une jeunesse laborieuse, où il « s’accoutume de bonne heure à discuter avec clarté et justesse une foule de questions qui intéressent la société ». Professeur de Lettres, maître de pension à Paris, ou peut-être plus précisément à Charenton près de la capitale (1745-1748), il s’intéresse à l’économie, et à divers sujets sociaux ou sociétaux. Spécialiste, notamment, des questions touchant l’épargne, il instruira « la Sorbonne et la Magistrature ». Ne négligeant pas pour autant d’autres moyens de subsistance, il est aussi « marchand de cochons », ce dont Grimm, avec une « verve railleuse », se fera l’écho, dans une lettre de 1763. A la même époque, il fournit divers essais ou morceaux en prose ou vers au Mercure de France (1748-49), ainsi qu’à d’autres journaux comme le Journal oeconomique (1755). Ayant intégré le milieu des encyclopédistes, il publie de 1753 à 1758, dans le Dictionnaire des sciences, arts et métiers de l’Encyclopédie générale de Diderot et d’Alembert, divers articles de grammaire, de mathématiques, de théologie, de morale, de droit, etc. : « Citation », « Dimanche », « Epargne », « Etudes », « Explicite », « Expulser », « Extraction des racines », « Fêtes des chrétiens », « Fidèle », « Langue nouvelle », « Maîtrise », « Moraves », « Sanctification », « Terres, mesure des », « Usure ». L’article « Etudes » est loué par d’Alembert, qui parle de Faiguet en ces termes : « homme de mérite, qui s’occupe depuis longtemps & avec succès de l’instruction de la jeunesse ». Grimm, plus partagé à son égard, recommandera la lecture de certains de ses articles, comme « Dimanche », qualifiant Faiguet de « citoyen à bonnes vues », tout en précisant que l’« on peut être l’ami des pauvres et un pauvre homme tout à la fois ». Critique, il trouve la plupart des idées de Faiguet banales et irréalisables. Du point de vue religieux, Faiguet, dont les idées vont parfois à l’encontre du dogme et des pratiques (suppression du pain consacré, de la sanctification des dimanches et fêtes ; Grimm le taxera de Socinianisme) s’attire les foudres du clergé (abbé Saas) et des jansénistes (Chaumeix).

Joachim Faiguet, qualifié « bourgeois de Paris, y demeurant place de l’estrapade paroisse de St-Benoît », épouse le 15 septembre 1756 Marie Elisabeth Verrouquier de Saint-Argier, fille d’un gendarme de la garde du roi, qui lui donnera au moins quatre enfants, dont, seules, deux filles parviendront apparemment à l’âge adulte. Faiguet acquiert, deux jours plus tard, la charge de trésorier de France au bureau des finances de Châlons-sur-Marne. On le trouve aussi mentionné par la suite « payeur général de l’armée à Châlons ». En 1761, il est dit bourgeois de Paris, domicilié dans la paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Se frottant au maniement des finances, il s’occupe plus que jamais de la chose publique, proposant des réformes pour l’Etat. Entre 1760 et 1770, il livre à l’impression divers ouvrages, certains portant sur des sujets traités dans ses articles de l’Encyclopédie, ouvrages dont le plus connu est L’Économe politique, projet pour enrichir et pour perfectionner l’espèce humaine (1763), réimprimé en 1766 et 1767 sous le titre de L’ami des pauvres, ou l’Économe politique… Plaçant le travail et l’épargne au centre de ses préoccupations, il propose d’améliorer le sort des classes laborieuses, et émet l’idée, qui a été réalisée depuis, de créer une sorte de régie ou compagnie perpétuelle dans le royaume, chargée de recevoir les épargnes des artisans, domestiques et ouvriers. Il se montre aussi soucieux de développer la population sur le plan « qualitatif », préconisant des procédés quelque peu eugéniques. Il recommande en outre la suppression des maîtrises et d’un bon nombre de fêtes chômées, et – idée socialiste avant l’heure - la création de communautés de laïcs partageant le travail et mettant leurs biens en commun, à l’image de certaines communautés familiales déjà existantes. Son Mémoire pour la suppression des fêtes est imprimé avec des signes ou caractères nouveaux qui le rendent fort difficile à lire : il en a « simplifié » l’écriture, convaincu que l’orthographe doit être rapprochée de la prononciation. Il invente un four portatif pour le service des armées, dont les Mémoires de l’Académie des sciences rendront un compte avantageux en 1761. La même année, il soumet à la même académie une recette pain de son invention, composé de parties égales de froment, de seigle et de pomme de terre, à fabriquer en période de disette. A la même époque, on le trouve membre de la Société d’Agriculture, de Commerce et des Arts de Bretagne. D’après la correspondance de Voltaire, il était, en 1770, « secrétaire de M. d’Ormesson », Intendant des Finances. Il meurt à Néris (Néris-les-Bains, Allier) le 10 novembre 1781, après avoir cédé sa charge de trésorier de France.

Economiste, financier, frugal et sobre idéaliste, philanthrope, monarchiste mais catholique non conventionnel, encyclopédiste, quelque peu philosophe (une lettre de Faiguet à Voltaire, de 1764, serait signalée dans le Catalogue Voisin), Faiguet est considéré comme l’un des créateurs en France de la science de l’Economie politique et l’un des précurseurs de la Sécurité sociale.


PRINCIPALE BIBLIOGRAPHIE

HECHT (Jacqueline), « Trois précurseurs de la Sécurité sociale au XVIIIe siècle », Population, n°1, Janvier-Mars 1959, p. 73-88.

HOËFER, Nouvelle biographie générale.

J. SPENGLER (Joseph), Economie et Population, les doctrines françaises avant 1800, de Budé à Condorcet, Paris, 1954.

KAFKER (Franck), The encyclopedists as individuals : a biographical dictionary of the authors of the « Encyclopédie », 1988.

KERVILER (René), Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, t. 13, Rennes, 1902, sub Faiguet.

LAROUSSE (P.), Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle.

LEVOT (P.), Biographie bretonne, t. I, 1852, p. 694-695.

LICHTENBERGER (André), Le socialisme au XVIIIe siècle, étude sur les idées socialistes dans les écrivains français du XVIIIe siècle avant la Révolution, Paris, 1895, réimp. Osnabrück, 1970.

LOUGH (John), Essays on the Encyclopédie of Diderot and d’Alembert, London, 1968, p. 271, 300, 316-18, 346-47, 369, 388-89, 421.

MICHAUD (L. G.), Biographie universelle, ancienne et moderne, t. XIV, 1815, sub Faignet.

MICHAUD, Biographie universelle, [édition plus récente ?], sub Faiguet de Villeneuve.

ROMAN D’AMAT (dir.), Dictionnaire de biographie française, t. XIII, Paris, 1975.


ŒUVRE ÉCRIT DE FAIGUET DE VILLENEUVE

Les Fruits de la paix. Par « Mr F**** [Faiguet de Villeneuve] ». Nantes, impr. de N. Verger, 1748. In-4°, 7 p.

Les Fruits de la paix. [Edition signée de l’auteur]. S.l.n.d. In-16, 4 p.

Les Fruits de la paix. Idile. Extrait du Mercure de France du mois d’octobre 1748. [Ensemble avec :] A Melle H***, sur son mariage. Extrait du Mercure de France du mois de janvier 1749. Signé « Faiguet, de Moncontour en Bretagne ». S.l.n.d. In-16, 6 p.

Discours d’un bon citoyen, sur les moyens de multiplier les forces de l’Etat et d’augmenter la population. Bruxelles, 1760. In-16, 196 p. (L’attribution de cet ouvrage à Faiguet a été plusieurs fois contestée. Nous le signalons cependant pour mémoire.)

L’Économe politique, projet pour enrichir et pour perfectionner l’espèce humaine. [Par J. Faiguet de Villeneuve] Londres ; et Paris, Moreau, 1763. In-12, XII-212 p. Extrait du Mercure de France d’avril 1763 (p. 106) : « […] Cet ouvrage traite de plusieurs matières toutes fort intéressantes pour la Société. L’Auteur anonyme propose d’abord un moyen très-simple d’assurer une honnête subsistance aux domestiques, aux artisans, et aux laboureurs dans leur vieillesse, moyen également propre à mettre à l’aise tous ceux qui voudroient l’employer ; viennent ensuite quelques projets relatifs au perfectionnement de l’espèce humaine, matière trop grave pour ne pas mériter l’attention du Gouvernement. On trouve après cela des réfléxions sur les abus des Maîtrises et des Réceptions dans les Mêtiers et dans le Négoce. En lisant ce que l’auteur expose sur ce dernier objet, on voit que tous ce qu’il a traité précédemment forme un tout intimément lié. En effet, notre Econome Politique ne s’occupe particulièrement jusqu’ici que des intérêts du ^petit peuple, toujours aussi dépourvu de fortune que de lumières. Cet ouvrage est terminé par quelques nouvelles vues relatives à l’éducation. Nous ne ferons qu’indiquer ce que pense l’Auteur, et nous renverrons à son livre pour les détails. […] ». « Dans une des utiles dissertations qu’il renferme, l’auteur propose l’établissement d’une régie ou compagnie perpétuelle dans le royaume, pour recevoir les petites épargnes des artisans, des domestiques, etc. » (Kerviler). Un fac-simile de L’Économe politique a été publié en 1973 par EDHIS, Editions d’Histoire Sociale, 23 rue de Valois à Paris.

Mémoire pour la suppression des fêtes. S.l.n.d. [1766]. In-12, 70 p. (ou 78 p. ?). Edition originale signée « Faiguet, TDF [= Trésorier de France], de la Société de Bretagne ». Le titre de départ porte : « Mémoire de discipline et de Politique, sur la Suppression des Fêtes, et sur d’autres arangemens relatifs à ces deux objets ». « Petit volume fort rare, curieux surtout par le système d’orthographe de l’auteur, dans lequel il introduit de nouveaux caractères dont il donne la clef en tête de son livre » (Kerviler). Ce mémoire sera réimprimé avec la 2e édition de l’Econome politique.

L’ami des pauvres, ou l’Économe politique… avec deux mémoires intéressans sur les maîtrises et sur les fêtes… Signé « Faiguet ». Paris, Moreau, 1766, Londres, 1767. In-12. Il s’agit de la deuxième édition de L’Économe politique, auquel Faiguet adjoint son Mémoire sur les fêtes.

L’entretien de nos troupes, à la décharge de l’Etat, 1769. In-12. Sera réimprimé avec les Mémoires politiques sur la conduite des finances…

Légitimité de l’usure légale, où l’on prouve son utilité ; que les casuistes sont en contradiction avec eux-mêmes. Monts de piété. Pratique injuste de la poste. Où l’on discute les passages de l’Ancien et du Nouveau Testament sur l’usure, etc. Par « J. Faiguet de Villeneuve ». Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1770. In-12, 168 p. « L’auteur discute dans ce volume les passages de l’Ancien et du Nouveau Testament, sur l’usure ; il y prétend démontrer que les casuistes sont en contradiction avec eux-mêmes sur le prêt à intérêt. On lit ces deux vers à la fin : A cinquante ans, avocat de l’usure, J’instruisais la Sorbonne et la Magistrature » (Kerviler).

L’utile emploi des religieux et des communalistes, ou Mémoire politique à l’avantage des habitants de la campagne. Par « J. Faiguet de Villeneuve ». Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1770. In-8°, 127 p.

Mémoires politiques sur la conduite des finances et sur d’autres objets intéressans. Ouvrage où réunissant les intérêts du Roi et ceux des sujets, on propose des moyens pour fournir aux besoins de l’Etat, et pour procurer une aisance générale. Par « J. Faiguet de Villeneuve ». Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1720 [sic, pour 1770]. In-12, 236 p. On trouve, inséré dans ce volume, parfois L’entretien de nos troupes…, parfois L’utile emploi des religieux…

Faiguet est également l’auteur de différents morceaux de prose et de vers publiés dans le Mercure de France (« Les fruits de la Paix » octobre 1748 ; « A Mlle ***, sur son mariage avec M. *** » et « Problème d’arithmétique », janvier 1749) et d’autres journaux tel que le Journal oeconomique (« Projet d’un établissement singulier », septembre 1755), de plusieurs articles pour le Dictionnaire des sciences, arts et métiers de l’Encyclopédie générale (« Citation », « Dimanche », « Epargne », « Etude », « Explicite », « Expulser », « Extraction des racines », « Fêtes des chrétiens », « Fidèle », « Langue nouvelle », « Maîtrise », « Moraves », « Sanctification », « Terres, mesure des », « Usure »), ainsi que dans les Mémoires de l’Académie des Sciences (1761). Extrait du Mercure de France, octobre 1748, p. 19-22 : « Les Fruits de la Paix Enfin l’aimable paix, si long-tems attenduë, De son trône céleste est vers nous descenduë. Déja des malheureux elle sèche les pleurs, Et partout sous ses pas fait éclore les fleurs. D’un tranquille avenir ô flateuse espérance, Tu charmes tous nos maux, tu ranimes la France ! On voit couler chés nous mille ruisseaux de vin ; Nos soucis sont noyés dans ce nectar divin. Les bergers, à l’envi, dans leurs danses légeres, Aux plaisirs renaissans invitent les bergeres. Tout respire la joye, et des plus tendres sons Chacun dans ce beau jour anime ses chansons. Qu’un rimeur, à son gré, renverse des murailles ; Qu’échauffé de sa verve il livre des batailles ; Qu’entraînant aux combats nos rapides guerriers, Il se couvre avec eux de sang et de lauriers : Pour moi, divine Paix, plus sensible à tes charmes Qu’à l’immortel éclat qui signale nos armes, Je veux, de ta présence exaltant les effets, Sur l’Empire des Lys annoncer tes bienfaits. Ton regne, de tout tems aux humains favorable, Deviendra chaque jour plus doux et plus durable, Et bien tôt de LOUIS secondant le grand cœur, De cent monstres affreux tu le rendras vainqueur. O prodige ! A mes sens l’avenir se découvre ; Je lis dans les destins, je perce au fond du Louvre. J’apperçois un Monarque humain pour ses sujets, Et pour eux méditant les plus nobles projets ; Monarque, qui gémit des malheurs de la guerre ; Qui voudroit, s’il se peut, en préserver la terre, Plus content de régir ses paisibles Etats, Que d’effrayer chés eux tant de fiers Potentats J’admire un Général chéri de la victoire, Que l’on ne vit jamais enyvré de sa gloire ; Invincible Guerrier, dont les brillants exploits Ont fixé de nos jours les intérêts des Rois. Près du trône placés paroissent des Ministres, Eternels ennemis de tous conseils sinistres, De l’estime publique uniquement rivaux, Au seul bien de l’Etat consacrant leurs travaux. Je vois un ordre sage introduit aux finances, Allegeant le fardeau des subsides immenses ; Les peuples pour toujours délivrés des Traitans, Et les impôts rendus plus simples, plus constans. Je trouve en nos cités une exacte police, Qui protege les bons, en poursuivant le vice ; Les abus par ses soins en tous lieux réformés ; Les citoyens pervers, flétris et réprimés. Tremble aujourd’hui pour toi, tremble, chicane horrible, Plus que la guerre même au Royaume nuisible. Dans tes replis en vain tu prétens te cacher ; Je vois à ta ruine un Héros s’attacher. Pour vous qui cultivez et Phébus et Minerve, Que ces Dieux de leurs dons ont comblés sans réserve, Vos talens dans la paix par le Prince excités, Vont produire au grand jour mille ouvrages vantés. Le commerce et les Arts, plus libres, plus faciles, Augmenteront bien-tôt la splendeur de nos villes ; Et dans peu, revenus de cent climats divers, Nos vaisseaux répandront les richesses des mers. Pour mieux nous assûrer l’espoir de l’abondance Du Prince et des Prélats l’heureuse intelligence Va retrancher partout tant de jours mal fêtés, Et rendre à leurs travaux les Peuples enchantés. Vous, hélas ! qu’aujourd’hui la misere accompagne, Habitans désolés de la triste campagne, Consolez-vous, LOUIS instruit de vos malheurs, Touché de votre sort, va calmer vos douleurs, Et vous aurez enfin, que ce trait vous suffise, L’aisance que Henri vous avoit tant promise. Faiguet, M. de P. » Extrait du Mercure de France, janvier 1749, p. 72-77 : « Problème d’Arithmétique – Un homme, en mourant, laisse sa femme enceinte, et cent mille francs de son chef. Il ordonne par son Testament, que si elle accouche d’un garçon, l’enfant aura les trois cinquièmes de la somme, et la mere les deux cinquièmes ; et que si elle accouche d’une fille, l’enfant aura les trois septièmes, et le mere les quatre septièmes. Il arrive que cette veuve accouche à la fois d’une fille et d’un garçon ; sçavoir, combien chacun doit avoir à ladite somme de cent mille livres, en conservant toujours la proportion de la mere aux enfants. Barrême, où je trouve cette question, l’explique et la résout de la manière suivante… ‘supposant trois portions pour la fille, on est forcé de donner quatre portions à la mere, par rapport à la fille, la mere ayant quatre septièmes, qui est un tiers en sus plus que sa fille. Il reste à faire la portion du fils, par rapport à la mere. Ayant donné quatre portions à la mere, qui se trouvent pour ses deux cinquièmes, par rapport au fils, elle a par conséquent deux portions pour chaque cinquième. Ainsi le fils doit avoir six portions pour trois cinquièmes, le fils ayant moitié en sus plus que sa mere, qui n’a que deux cinquièmes, au lieu que le fils a trois cinquièmes. La proportion de la mere aux enfants, se trouvant conservée en donnant trois portions à la fille, quatre portions à la mere, et six portions au fils, qui sont ensemble treize portions.’ Barrême fait ensuite trois règles de proportion, en disant pour la fille, si treize portions donnent 100 000 liv., combien trois portions ? Après les multiplication et division nécessaires, vient au quotient pour la fille, 23 076 l. 18 s. 5 d. 7/13. Puis pour la mere, si treize portions donnent 100 000 liv., combien quatre, et il vient pour la mere, 30 769 l. 4 s. 7 d. 5/13. Enfin pour le fils, si treize donnent 100 000 liv., combien six, et il vient pour le fils, 46 153 l. 16 s. 11 d. 1/13. L’addition donne 100 000 l. Tout cela se trouve fort juste, suivant la proportion de Barrême ; le mal est, à mon avis, qu’il n’attrappe nullement l’intention du père, et qu’il s’éloigne sensiblement de la proportion énoncée au Testament, en ce qu’il donne au fils le double de ce qu’il donne à la fille. En effet il est contre toute apparence, que le père en assignant trois cinquièmes au fils, et trois septièmes à la fille, ait prétendu donner au frere le double de ce qu’il destine à la sœur, puisqu’enfin trois cinquièmes ne sont point le double de trois septièmes. Les trois cinquièmes de 35 sont 21, et les trois septièmes sont 15 : or 21 n’est pas double de 15. Voilà donc une injustice à l’égard de la fille ; injustice qui se fait aussi sentir à la mere, comme nous verrons bien-tôt. Voici ce qui a induit en erreur le grand Arithméticien que je reprens ; c’est qu’après avoir donné trois septièmes à la fille, et conséquemment quatre septièmes à la mere, il confond ensuite, ou plutôt il identifie ces quatre septièmes avec les deux cinquièmes qu’elle doit avoir dans un autre cas, ce qui fait une erreur considérable à l’avantage du fils, erreur qui provient de ce que l’Auteur, au lieu d’avoir pris pour la mere une quotité proportionnelle entre deux cinquiémes et quatre septièmes, qui sont les deux quotités à elle attribuées dans les deux cas où elle se trouve ; l’auteur, dis-je, a mis deux cinquièmes au niveau de quatre septièmes, et en cela donne trop à la mere puis établissant la quotité du fils sur ce faux supposé, et donnant au fils un demi en sus de ce qu’il a donné à la mere, il assigne au fils les quatre septièmes de la mere, plus la moitié de ces quatre septièmes, ce qui fait six septièmes pour le fils, de sorte qu’au lieu de 21/35 qu’il devroit avoir pour les trois cinquièmes à lui attribués par le Testateur, il reçoit véritablement 30/35 tandis que la mere ne reçoit que 20/35 et la fille 15/35, erreur comme je l’ai déjà dit, qui devient dommageable à la mere et à la fille. Voici donc la proportion que j’établis, et que je préfère à celle de Barrême. Je prens un nombre qui ait des cinquièmes et des septièmes. Tel est 35. Je tire sur ce nombre la portion de la mere, dans les deux cas énoncés ci-dessus ; c’est-à-dire, deux cinquièmes de 35 qui font 14, et quatre septièmes du même nombre qui font 20, le tout faisant ensemble 34. Cependant voilà deux portions pour la mere, et elle n’en doit avoir qu’une, qui soit proportionnelle entre ces deux ; c’est pour cela que sur 34, je prens la moitié 17, afin d’établir la juste proportion de la mere, et de la faire participer aux deux circonstances que le testateur a marquées, et qu’il ne prévoyoit pas devoir se rencontrer en même tems. Je dis donc, ci 17 degrés de prétention pour la mere. Pour le fils, je prens les trois cinquièmes de 35 qui font 21, et je dis, ci 21 degrés de prétention pour le fils. Je prens pour la fille les trois septièmes de 35 qui font 15, et je dis, ci 15 degrés de prétention pour la fille. J’ajoute ces trois sommes, qui font ensemble 53, et je dis par trois règles de proportion directe, si 53 degrés de prétention ont 100 000 l. combien auront 17 degrés de la mere. Je multiplie 100 000 l. par 17, et je divise le produit 1 700 000 l. par 53, il vient en quotient pour la mere, 32 075 l. 9 s. 5 d. 11/53 de den. Je dis de même pour le fils, si 53 ont 100 000 l. combien 21 ; je multiplie et je divise comme ci-dessus, et il vient pour le fils, 39 622 l. 12 s. 9 d. 51/53 de den. Je dis enfin, si 53 ont 100 000 l. combien 15 ; après les multiplication et division nécessaires, il vient au quotient pour la fille, 28 301 l. 17 s. 8 d. 44/53 de den. L’addition de ces trois sommes donne 100 000 l. Si les portions réunies que doit avoir la mere dans les deux cas énoncés, avoient produit un nombre impair, j’aurois réduit ce nombre impair en demi, et j’en aurois pris la moitié, mais alors j’aurois également réduit en demi les portions du frere et de la sœur, et j’aurois ensuite opéré comme j’ai fait ci-devant. La proportion n’en serait aucunement changée ; en effet, c’est comme si au lieu de 17 entiers, qui expriment la part proportionnelle de la mere, je lui avois donné 34 demis, et qu’en même tems, au lieu de 21 entiers pour le fils, et 15 pour la fille, j’eusse assigné 42 demis pour le fils, et 30 demis pour la fille. Il est visible que la proportion seroit absolument la même, et c’est ce qui est aisé de vérifier. Au surplus, je laisse aux habiles à décider, si j’ai mieux rencontré que Barrême. Faiguet ». Extrait du Mercure de France, janvier 1749, p. 107-108 : « A Mlle ***, sur son mariage avec M *** Un plaisant* de nos jours, criant à la merveille, Peut-être, aimable Iris, vous chatoüille l’oreille, Quand sur un vain prodige, éclos de son cerveau, Il prédit au beau sexe un empire nouveau. Mainte épouse, comptant sur sa grandeur prochaine, En devint tout-à-coup plus aigre et plus hautaine ; Et telle** en son orgueil, à ses suprêmes loix Crut soumettre dans peu les bergers et les Rois. De ce Prophète, hélas ! l’ingénieux délire Nous traçoit de nos mœurs la plus fine satire ; Mas le jour annoncé pour ce fameux revers N’a point troublé chez nous l’ordre de l’univers. Consolez-vous, Iris, Dieu, pour vous favorable, Voulant vous assûrer un regne plus durable, Sur vous de sa puissance étala les effets, Sur tous à pleines mains répandit ses bienfaits. Oui, vous tenez de lui cette rare sagesse, Qui seule eût d’un amant mérité la tendresse, Cette noble candeur, cet air de dignité, Qu’accompagne toujours une douce gayeté ; Ces attraits enchanteurs, ces talens, ce génie, Qui sont de mille appas la touchante harmonie. A ces dons précieux le Ciel joint un époux, Tendre, sage ; en un mot, Iris, digne de vous. Il vous vit, et bientôt entraîné par vos charmes Il ne put s’en défendre, il vous rendit les armes ; Recevez donc ses vœux, et regnez sur un cœur, Qui, fidèle et constant, se livre à son vainqueur. Faiguet. » Histoire de l’Académie royale des sciences, Académie royale des sciences, 1777, p. 196-199 : « III - Des Fours portatifs pour le service des armées, proposés par M. Faiguet, Trésorier de France à Châlons & Membre de la Société d’Agriculture de Bretagne. Ces fours sont composés de deux grandes caisses de tôle placées l’une dans l’autre, & laissant entr’elles un ou deux pouces d’intervalle ; ces caisses sont soûtenues par des barreaux de fer assujettis par des vis, de manière que le tout puisse se démonter ; la caisse extérieure doit être d’une tôle plus forte que l’intérieur ; celle-ci, qui est le véritable four, est partagée en trois étages qui peuvent chacun recevoir cent quatre-vingt-douze rations de pain ; ce qui feroit cinq cents soixante-seize rations dans les trois étages. Ce four reçoit sa chaleur, du feu qu’on allume entre les deux caisses, & dont la flamme pénétrant dans l’intervalle qu’elles laissent entr’elles, communique à toutes ses parties une chaleur assez égale, sur-tout si, comme le prescrit M. Faiguet, on défend le fond du four de l’action immédiate du feu, par une caisse de tôle remplie de sable à quelques pouces d’épaisseur. L’auteur propose de joindre à ces caisses toutes montées, des essieux de fer pour les transporter, sans les démonter, lorsqu’on le jugera nécessaire : cette construction a paru ingénieuse & mériter qu’on en fît des expériences en grand. IV – Le même M. Faiguet a proposé à l’Académie une sorte de pain composé de la partie farineuse des pommes de terre, mêlée & fermentée avec les farines d’orge ou de seigle, pour suppléer en partie aux grains dans les temps de disette. Après avoir lavé & gratté la pomme de terre, pour en séparer celle qui peut y être restée adhérente, on la fait bouillir un quart d’heure dans l’eau ; puis on la réduit, en l’écrasant, en une espèce de pâte qu’on délaie dans beaucoup d’eau pour la passer par un tamis à claire voie, afin d’en séparer les parties grossières, les pellicules, &c. qui restent sur le tamis : la liqueur étant reposée, on trouve au fond la partie farineuse de la pomme de terre ; on jette l’eau qui surnage ; & après avoir mis l’espèce de pâte qui reste, dans un sac de grosse toile, on l’exprime à la presse ou sous une grosse pierre pour en chasser toute l’eau qu’elle contient ; alors elle demeure sèche & friable, on mêle un tiers de cette pâte avec la farine de seigle ou d’orge ; on fait ensuite lever le tout à l’ordinaire. Le pain d’orge & celui de seigle, n’en reçoivent que peu d’altération ; un tiers de cette farine, mêlé avec un tiers de froment & un tiers de seigle, a produit un pain peu différent au goût de celui de méteil, mais extraordinairement visqueux : on a cru que cette invention pouvoit suppléer à la rareté des grains en temps de disette, comme l’auteur se l’étoit proposé ; mais qu’en toute autre circonstance, les manipulations qu’exige la préparation de la racine, empêcheroient qu’il n’y eût du profit à en faire usage ».

Enfin, il existerait de Faiguet diverses lettres, en particulier une lettre à Voltaire en date du 29 mars 1764, citée au Catalogue Voisin, n°7351.


AUTRES SOURCES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Acte de baptême de Joachim Faiguet (1703)

« Joachim fils légitime de mestre Pierre Faiguet et de Helenne Le Clerc sa femme, né de ce jour, seziesme octobre mil sept cent trois, a esté baptizé le mesme jour en ceste église Nostre Dame et St Mathurin de Moncontour par moy sousignant recteur d’icelle et dont esté parain Pierre Faiguet et marainne Marie Thérèse Martin présents et sousignants, et autres. Signé : Pierre Faiguet, Marie Thérèse Martin, Pierre Pépioux, Pierre Jan Duboberit(?) Rr. » (Extrait du registre paroissial de Notre-Dame et Saint-Mathurin de Moncontour [Côtes-d’Armor].)

Lettres de nomination de Faiguet de Villeneuve à l’office de conseiller trésorier de France au bureau des finances de Châlons-sur-Marne (1757)

Louis par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre à tous ceux qui ces presentes verront, salut, scavoir faisons que pour la pleine et entiere confiance que nous avons en la personne de notre cher et bien amé Joachim Faiguet Sr. de Villeneuve et en ses suffisance, probité, capacité et expérience au fait de nos finance, fidelité et affection a notre service, pour ces causes et autres nous luy avons donné et octroyé donnons et octroyons par ces presentes l’office de notre conseiller tresorier de France et general de nos finances en la generalité de Chaalons dont etoit pourvu deffunt S. Philippe Maurice Gargant Sr. de Soudron decedé le vingt sept fevrier dernier, qui en jouissoit a titre de survivance au moyen des finances pour ce payées en execution de notre Edit du mois de decembre 1743 tant pour le rachapt du prêt et annuel dud. office que pour le suplement de finance ordonnée par iceluy, apres le decès duquel le fondé de procuration de dame tutrice et subrogé tutrice de son seul et unique enfant et heritier nous a nommé et presenté aud. office le Sr. Louis Antoine Collard du Tilleul qui auroit en consequence payé en nos revenus casuels le droit de survivance pour ce dne suivant la quitance du Sr. Bertin tresorier d’iceux dont l’ampliation est cy jointe. Mais le d. S. Collard du Tilleul n’ayant desiré se faire pourvoir dud. office, s’en seroit demis en faveur dud. S. Faiguet de Villeneuve par acte du 17 septembre dernier. Pour led. office avoir, tenir et doresnavant exercer, en jouir et user par led. S. Faiguet aud. titre de survivance et aux honneurs, autorité, fonctions, pouvoirs, franchises, libertés, prerogatives, preeminences, gages, droits, fruits, proffits, revenus et emoluments appartenant aud. office et y attribués tels et semblables et tout ainsi qu’en a jouy ou du jouir led. S. Gargant de Soudron et qu’en jouissent et doivent jouir les autres pourvus de pareils offices, pourvu toute fois que led. S. Faiguet de Villeneuve ait atteint l’age de vingt cinq ans accomplis requis par nos ordonnances suivant son extrait baptistaire du 16 octobre 1703 deument legalisé et qu’il n’ait aud. bureau de nos finances aucun parent ny allié aux degré prohibé par nos ordonnances suivant qu’il nous est apparu par le certifficat des officiers dud. bureau des finances cy avec le susd. acte de nomination, ledit extrait baptistaire et autres pièces concernant led. office attaché sous le contre scel de notre grande chancellerie, le tout a peine de perte dud. office nullité des presentes et de sa reception. Si donnons en mandement a notre tres cher et feal chevalier chancelier de France le Sieur de Lamoignon qu’apres avoir pris et reçeu dud. S. Faiguet de Villeneuve le serment requis et a nos amés et feaux con.s les gens tenant notre chambre des comptes a Paris, presidents tresoriers de France et generaux de nos finances etably a Chaalons, qu’apres qu’il sera apparu a notre chambre des comptes de bonne vie, moeurs, age susd. de vingt cinq ans accomplis, conversation, religion catholique, apostolique et romaine dud. S. Faiguet de Villeneuve et de luy pris et reçeu tant par notre d. chambre des comptes que par lesd. presidents tresoriers de France le serment en tel cas requis et accoutumé, ils le recoivent, mettent et instituent de par nous en possession dud. office ensemble des honneurs, autorité, fonctions, pouvoirs, franchises, liberté, prerogatives, preeminences, gages, droits, fruits, proffits, revenus et emoluments susd., l’en faisant jouir et user aud. titre de survivance pleinement et paisiblement et luy fassent obeir et entendre de tous et ainsy qu’il appartiendra les choses concernant led. office. Mandons en outre à nosd. presidents tresoriers de France que par les receveurs payeurs des gages et autres comptables qu’il appartiendra, ils fassent payer et delivrer comptant aud. S. Faiguet de Villeneuve lesd. gages et droits doresnavant par chacun an aux termes et en la maniere accoutumée a commencer du jour et datte de sa reception de laquelle raportant copie collationnée ainsy que des presentes pour une fois seulement avec quitance de luy sur ce suffisante, nous voulons lesd. gages et droits être passés et alloués en la depense des comptes de ceux qui en auront fait le payement par vousd. que de nos comptes auxquels vous mandons ainsy le faire sans difficulté, car tel est notre plaisir, en temoin de quoy nous avons fait mettre notre scel a cesd. presentes. Donné a Fontainebleau, le huitiesme jour de novembre l’an de grace mil sept cent cinquante six et de notre regne le quarente deuxieme, signé sur le reply par le Roy, Legras, et scellé du grand sceau de cire jaune sur lequel reply est ecrit, Aujourd’huy dix sept novembre mil sept cent cinquante six a Paris, Joachim Faiguet S. de Villeneuve denommé aux presentes a fait et preté ès mains de Monseigneur de Lamoignon, chevalier, chancelier de France, le serment qu’il devoit a sa majesté pour raison de l’office de con.er de sa majesté tresorier de France et general de ses finances en la generalite de Chaalons, dont il a été pourvu par cesd. presentes, nous con.er secretaire du roy maison couronne de France et de ses finances present signé Legras, sur lequel reply est encore écrit, Led. M.e Joachim Faiguet de Villeneuve a été reçeu en l’office de con.er du Roy tresorier de France et general de ses finances en la generalité de Chaalons mentionné en ces presentes et diceluy fait et prete le serment en tel cas requis et accoutumé en la chambre des comptes, ouy le procureur general du Roy information prealablement faite sur ses vie, moeurs, age et religion catholique, apostolique et romaine par l’un des con.rs maitres ordinaires en lad. chambre a ce commis, apres qu’il a été ouy et interrogé, trouvé suffisant et capable et qu’il a fait les affirmations et soumissions portées par le reglement du vingt trois novembre 1658 a la charge de garder et observer lesd. arrests et reglements concernant les matieres feodalles, les semestres assemblés le trois decembre mil sept cent cinquante six signé du Cornet, sur le même reply est encore ecrit, Led. M.e Joachim Faiguet S. de Villeneuve denommé en ces presentes a été receu en l’office de con.er du Roy tresorier de France et general de ses finances en la generalité de Chaalons, apres avoir prete le serment au cas requis et accoutumé, au bureau des finances a Chaalons, ouy le procureur du Roy, pour jouir par luy des gages et droits attribués aud. office conformement auxd. lettres, ce dixieme janvier mil sept cent cinquante sept, signé Lorinel. (Archives départementales de la Marne, C 2523, f°75-76.)

Transcription du contrat de mariage de Joachim Faiguet et Marie-Elisabeth Verrouquier (1757)

« Du 30 mars 1757 – 52 - A été registrée tout au long les clauses de donation mutuelle et réciproque portées au contrat de mariage d’entre Sr Joachim Mathurin Faiguet, Bourgeois de Paris, y demeurant place de l’estrapade paroisse de St-Benoît, d’une part, et delle Marie Elisabeth Verrouquier de St Arger demeurante ordinairement à Montluçon, d’autre. Passé devant Lenoir et son confrère nore au Chatelet de Paris le quinze septembre mil sept cent cinquante six, renvoyé en ce bureau pour y être insinué, lesquelles sont cy après tout au long transcrittes ainsi qu’il suit. Et par amitié le dt Sr futur époux a fait donation entre vifs à la ditte damlle future épouse pourvû qu’elle le survive, de la somme de douze mille livres une fois payée pour en jouir par la de delle future épouse en toute propriété à compter du jour du décés dud. Sr futur époux. Et par le même motif d’amitié la de dlle future épouse a fait donation aud. Sr futur époux pourvû qu’il la survive de tous les biens, meubles, et immeubles, acquets, conquets, propres et autres, qui se trouveront appartenir à lad. dlle future épouse à son décès, pour en jouir par led. Sr futur époux en usufruit pendant sa vie sans être tenu de donner caution. Et par ces mêmes présentes, led. Sr de St Arger a institué lad. dlle sa fille pour sa seule et unique héritière dans tous les biens qui se trouveront apartenir aud. Sr de St Arger au jour de son décès pour jouir desd. Biens par lad. dlle en toute propriété pourvu toutefois que led. Sr de St Arger n’ait point d’autres enfans au jour de son décés. Et de sa part, lad. de de St Arger, auctorisée de son mary a aussi fait donation à lad. future épouse sa belle fille de tous les biens tant meubles qu’immeubles qui appartiennent actuellement à lad. dame de St Arger et se trouveront lui appartenir au jour de son décès, le tout au cas qu’elle n’ai point d’enfant lors de son décès et sous la réserve de la somme de dix mille livres dont elle pourra disposer soit entrevifs, soit par testament, pour jouir par lad. dlle future épouse desd. biens tant présents qu’avenir à compter di jour du décés de la de de St Arger en toute propriété étant ici expliqué que si lad. dame de St Arger au jour de son décès n’a point disposé de la de somme de dix mille livres, cette somme sera censée comprise en la donation par elle cy-dessus faitte à lad. dlle sa belle fille, les donations que lesd. Pr. futurs se sont cy-dessus faittes n’auront pas lieu si au décès du premier mourant il y a des enfans + & des autres clauses contenües aud. Contrat de mariage & fait et passé à Paris l’an mil sept cens cinquante six le quinze septembre après midy en présence des parties, témoins et amis qui ont signé. L’expédition signée Delanglard nore, Lenoir nore au Chatelet de Paris, avec paraphe. L’insinuation des clauses de donation cy-devant et dessus tout au long transcritte a été faitte ce jourd’huy trente may mil sept cent cinquante sept ce requérant le porteur qui a payé cent vingt livres dont acte. +de ce mariage, mais si ces enfans viennent dans la suitte à décéder majeurs ou mineurs sans postérité ou sans avoir disposés étant en âge de le faire, elles reprendront leur force et vertu, et seront exécutées de mesme que s’il n’y avoit point d’enfans. & pour faire insinuer les présentes partout ou besoin sera, les parties ont donnés pouvoir au porteur, promettant, renonçant, obligeant. & le renvoy cy-dessus a été approuvé par nous soussignés et avons signé. [Signatures :] Dufour et (illisible). » (Arch. dép. Allier, Registre des insinuations de la Sénéchaussée de Bourbonnais, B 772.)

Extrait de la correspondance de Voltaire (1770)

« Je ne sais point où demeure Thiriot, qui change de gîte tous les six mois, et qui ne m’a point écrit depuis plus de quatre. On peut s’informer de sa demeure chez le secrétaire de M. d’Ormesson, nommé Faget [sic] de Villeneuve ; voilà tout ce que j’en sais. » (Correspondance de Voltaire, extrait d’une lettre à M. le Comte d’Argental du 20 janvier 1770.) Une ou plusieurs autres mentions de Faiguet figureraient dans la correspondance de Voltaire, aux années 1769-1770.

Extrait de la correspondance de Grimm (1773)

« […] Nous avons eu cet hiver un ouvrage intitulé : l’Économe politique, dont l’auteur ne manquera pas d’être inscrit dans le catalogue des citoyens, par nos faiseurs de journaux et de feuilles, et il peut avoir mérité ce titre, dans le sens que j’y attache, long-tems avant d’avoir été auteur ; car, de ma connaissance, M. Faiguet, c’est son nom, a été maître de pension et marchand de cochons, à Paris. Si ces deux métiers vous paraissent exiger des qualités diverses, M. Faiguet a prouvé que les hommes supérieurs savent réunir les talens les plus opposés. Empâtant ainsi l’esprit de ses élèves, des sucs les plus salutaires de la religion et des belles-lettres, il savait encore rendre gras au lard ses autres élèves qui ne jouissent de la considération publique qu’à proportion de leur embonpoint, et qui quitteraient sa pension avec une réputation au-dessus de leu âge. Si on les a presque tous vus périr en sortant de ses mains par une mort violente, c’est une preuve de plus de l’excellence de la méthode de M. Faiguet ; car vous savez qu’un sort ennemi empêche les êtres d’une trempe supérieure de parvenir à la maturité, et qu’Achille fut le maître d’opter entre le rôle d’un homme médiocre et la nécessité de mourir avant l’âge. Ce qu’il y a de sûr, c’est que M. Faiguet, quoiqu’excellent marchand de cochons, est encore citoyen à bonnes vues. Il a fait, pour l’Encyclopédie, l’article Dimanche, et quelques autres qui ont été remarqués parmi les bons. On dit qu’il est un peu socinien [de Socin, protestant italien (1525-1562) qui fonda la doctrine antitrinitaire, le socinianisme] et usurier [là, Grimm fait visiblement allusion aux écrits de Faiguet, plutôt qu’à ses pratiques] ; mais ces deux qualités peuvent très-bien s’accorder avec les devoirs d’un maître de pension et d’un marchand de cochons ; car, feu Dumarsais, une des meilleures têtes de notre siècle, était athée, et s’il ne savait pas, comme M. Faiguet, bien engraisser les cochons, personne ne peut lui disputer d’avoir été excellent maître de pension ; et, quant à l’usure, tous les gens sensés savent que les lois romaines et canoniques radotent sur cette matière, et ne sauraient s’accorder avec les principes d’un état commerçant. Après tout, l’argent est une marchandise comme les autres denrées et productions de la nature et de l’industrie, et les lois sur l’usure, qui étaient une suite de la pauvreté et de la grossièreté du peuple juif, de même que du peuple romain, dans le tems que l’usure excitait de si grandes querelles, ne peuvent être observées par un peuple commerçant et industrieux. C’est, je crois, ce que M. Faiguet prouverait volontiers dans l’Encyclopédie, à l’article Usure, s’il ne craignait la mauvaise humeur de quelques docteurs de Sorbonne, qui, en combattant ses principes avec les tristes armes du droit canon, pourraient encore, par charité chrétienne, tarir les sources de son commerce, en rendant sa pension et son négoce suspects au public. Mais pour parler plus sérieusement, et pour revenir à l’Économe politique de M. Faiguet, sa principale vue, dans cet ouvrage, est d’empêcher cette foule innombrable de domestiques, dont la capitale est peuplée, de mourir de faim dans un âge où les infirmités ne leur permettent plus de gagner leur vie par leurs services. Pour cet effet, il veut qu’on leur retienne tous les ans une petite portion de leurs gages, qu’on mettra à fonds perdu, du produit duquel ils jouiront au bout d’un certain tems en rente viagère, pour être garantis de la misère. Voilà à peu près ce qui appartient à l’auteur, et ce qui peut mériter d’être examiné ; car il a d’ailleurs bien des rêves auxquels il ne vaut pas la peine de s’arrêter, et ce qu’il dit sur l’abus des maîtrises et sur quelques autres objets, n’est qu’une répétition de ce que d’autres écrivains bien plus habiles ont dit avant lui. Il attaque, au reste, le luxe avec beaucoup de chaleur ; il veut qu’il soit décrié en chaire, et que la police fasse faire contre lui des chansons qu’on puisse chanter dans les rues. Quant au premier article, M. Faiguet a satisfaction depuis long-tems ; il n’y a pas un de nos prédicateurs qui n’ait, dans son recueil, un sermon sur le mauvais riche, où l’affaire du luxe est traitée à fond ; il ne s’agit plus que de calculer, la quantité de paroisses et de sermons contre le luxe donnée, combien chaque sermon fait retrancher tous les ans d’équipages et de repas somptueux, de gens de livrée inutiles et d’autres objets de faste. Ce calcul bien connu, on pourrait prévoir ce qu’il en coûterait au luxe en retranchement, pour chaque couplet de chanson que la police ferait brailler dans les rues. M. Faiguet veut aussi que les femmes soient chargées parmi nous de la réformation des mœurs. Il n’est point douteux, dit-il, que la principale ambition de nos jeunes gens est de plaire aux femmes ; or, dès que ce sexe aimable montrera de l’aversion pour les choses frivoles, dès que la régularité des mœurs et le goût des choses solides seront un moyen sûr de lui faire la cour, toute notre jeunesse deviendra raisonnable et sensée. Ce raisonnement est sans réplique. Il ne s’agit plus que de trouver le secret d’inspirer aux femmes du mépris pour les frivolités qui ont fait jusqu’à présent l’existence et le charme des trois quarts d’entre elles, et M. Faiguet nous développera sans doute ce secret dans une nouvelle brochure, dans laquelle il pourra prouver que, lorsque l’éducation des hommes sera tournée sur des objets sérieux et solides, les femmes perdront la moitié de leur frivolité ; ce qui sera également vrai. […] que pourrait-on attendre de bon de nos faiseurs de projets ? Le moindre reproche qu’on ait à leur faire, c’est que leur exécution suppose précisément ces mœurs au rétablissement desquelles ils doivent contribuer ; car cette maison d’association de M. de Chamousset, pour les cas de maladie, cette rente viagère de M. Faiguet, à fonder pour la vieillesse de tous les domestiques, peut-on espérer de les établir parmi un peuple dont les mœurs sont relâchées ? Aucunement. […] » (Correspondance littéraire de Grimm, lettre datée de Paris, 1er juin 1763.)

Transaction (9 novembre 1780) et partage (2 octobre 1781) avec le chapitre collégial Saint-Nicolas de Montluçon

Dès 1773, son beau père, Jean-Baptiste Verrouquier, était en conflit avec le chapitre collégial Saint-Nicolas de Montluçon, au sujet de la possession d'une cour et d'un puits touchant la maison qu'il venait d'acquérir à Montluçon. Le litige ne prit fin qu'en 1781, par une transaction signée grâce à l'intervention de Joachim Faiguet de Villeneuve, prenant en main pour son beau-père, et qui, "comme amy de la paix" et "pour éteindre un procès", s'accorda avec le chapitre pour partager la cour en deux à l'aide d'un mur... A cette époque, Faiguet est dit "ancien trésorier de France au bureau des finances de Chalon, demeurant au village de Nerdre, paroisse de Néris les Bains" (Arch. dép. de l'Allier, 1 G 135 et 215).

Acte de sépulture de Joachim Faiguet de Villeneuve (1781)

« Le dix novembre dit an, le corps de messire Joachim Faiguet de Villeneuve, ancien Thrésorier de France au bureau des finances de Chaslon, vivant époux de dame Elisabeth Varrouquier de Saint Argier, décédé a Nerries agé de soixante et quinze ans a esté inhumé en presence de messires Pichon de la Sabliere, prieur curé de Durdat, Roux, curé d’Arpheuil, Momiron, vicaire de cette paroisse. Signé : Pichon de la Sabliere vic. de Durdat, Roux curé d’Arpheuil, Momiron vic. » (Extrait du registre paroissial de Néris [Allier].)

Levée des scellés sur les effets de Joachim Faiguet (1781)

Procès-verbal, de levée des scellés apposés sur les effets de Joachim FAIGUET de VILLENEUVE, dressé par Deneuville, commis greffier à Montluçon, le 20 novembre 1781, à la demande de sa veuve. (Arch. dép. Allier, C 1518, Contrôle des actes, bureau de Montluçon, 4 décembre 1781.) Source non encore exploitée.

Dossier Faiguet de la collection des Gozis

Dossier généalogique sur la famille Faiguet en Bourbonnais. (Arch. dép. de l’Allier, 5 J, dossier Faiguet, n°2403.)

Carrés d’Hozier

Sub FAIGUET ou FAIGNET. (Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, carrés d’Hozier, registre 245). Source non encore exploitée.

Archives d’Ormesson

(Archives nationales de France.) Possibilité d’y trouver de la correspondance ou des mentions de Faiguet ? Source éventuelle non encore exploitée.

Minutier central des Archives nationales de France

- Obligation du 20 avril 1761 passée devant Me Antoine Touvenot, notaire à Paris, antre Claude Louis Berthaud, maître de pension à Paris, et Joachim Faiguet de Villeneuve, bourgeois de Paris, domicilié paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas (cote : MC/ET/XXXVI/500). - Délégation, créance du 18 mai 1761 passée de Me Jacques Mathon, notaire à Paris, acte dans lequel intervient Joachim Faiguet, bourgeois de Paris, domicilié paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas (cote : MC/ET/XCVIII/551). Source non encore exploitée.

Bibliographie diverse non exploitée

Catalogue Voisin, n°7351, lettre à Voltaire en date du 29 mars 1764.

CHAUMEIX et D’AQUIN, Le Censeur hebdomadaire.

CLAEYS (Thierry), Dictionnaire biographique des financiers en France au XVIIIe s., Paris, 2 vol., 2008.

(Cités par Kerviler :) KERDANET, Notices chronologiques, p. 349 ; BARBIER, Examen critique (1820), p. 324, 325 ; DE GARABY, Annuaire des Côtes-du-Nord de 1836, p. 79. Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, 1906, p. LXII.

(Cités par Kafker :) Correspondance littéraire, II, 452, III, 222, VI, 94, V, 296, 298, VII, 97, VIII, 312? ; Best. D 15429, D 15973, D 16102 [= source non identifiée] ; J. SPENGLER (Joseph), French predecessors of Malthus, Durham, North Carolina, 1942, p. 37n, 84n, 94n, 96-99, 236n, 314n.

SAAS (abbé), Lettres sur l’encyclopédie pour servir de supplément aux sept volumes de ce dictionnaire, 1764.

© Bruel (Brogilos/Geneanet)

Notes concernant l'union

date du contrat de mariage, passé devant Lenoir, notaire au Châtelet de Paris

 Sources

  • Naissance, baptême: Registre paroissial de Moncontour (Notre-Dame et Saint-Mathurin), Côtes-d'Armor, France.
  • Union: Arch. dép. Allier, Registre des insinuations de la Sénéchaussée de Bourbonnais, B 772.
  • Inhumation: Registre paroissial de Néris, Allier, France.

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

Guillaume FAIGUET   Renée LE RAT 1590   Guillaume JAGOU 1565   Jacquemine CHAUVEL   Louis LE CLERC 1593   Marguerite CHAUVEL   René BRIEND 1602-1664   Péronnelle LUCAS
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Amaury FAIGUET 1612-1676   Magdelaine JAGOU 1607-1662   François LE CLERC 1627-1664   Mathurine BRIEND 1638-1686/
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Pierre FAIGUET, Sieur des Noës, linetier(?) 1652-1717   Hélène LE CLERC 1664-1738
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Joachim FAIGUET de VILLENEUVE, écuyer, Sieur de Villeneuve, trésorier de France au bureau des finances de Châlons-sur-Marne, économiste, encyclopédiste 1703-1781


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