Jean de LESGUEN
Jean de LESGUEN
Sosa :5,688
  • Born about 1560
  • Deceased between February 1629 and May 1629
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 Notes

Individual Note

De la même façon que les du Chastel prétendaient descendre de Saint Tanguy et Sainte Haude, les de Lesguen se disaient issus de Sainte Guen, mère de Saint Guénolé. Le rapport privilégié d'un lignage « avec des personnages légendaires contribuait non seulement à démontrer l’antiquité de la famille mais également à rehausser son prestige. »

Jean de Lesguen est né vers 1560 dans une famille de la petite noblesse originaire du site éponyme en Plouguin. Vers 1596 il a épousé Marguerite de Touronce, fille du seigneur de Kervéatoux en Plouarzel. Yves Lulzac estime que c’est à l’occasion de son contrat de mariage qu’il a reçu la seigneurie de Lestremeur.

Son manoir était situé dans la paroisse de Ploudalmézeau. Jean de Lesguen a été gouverneur de l’église entre 1604 et 1610. Un document signale qu’à ce titre il a reçu une terre qu’un marchand a légué par testament « à pur et simple titre de donaison irrévocable (…) pour demeurer à jamais au trésor des terres » paroissiales, « pour l’aucmentation du divin service et entretenement de ladite esglise ».

Après le décès de son père, Jean de Lesguen s’est rendu en juin 1610 à Nantes pour rendre l’hommage nécessaire à la Chambre des comptes. Elle était chargée de les recevoir pour la Couronne. Bien plus qu’une formalité administrative, cette cérémonie s’inscrivait au cœur des principes de la société féodale : en jurant obéissance et loyauté à son suzerain, le vassal détaillait son fief et les prérogatives qui en découlaient. Un arrêt rendu par la Chambre des comptes devait valider l’ensemble de l’héritage.

Le déroulement de la cérémonie a été fixé en 1555 de la manière suivante : « Le greffier lit à haute voix le brevet d’hommage, qui contient la qualité de celui qui le rend, celle de la terre pour laquelle il le rend, comment il est venu en possession de cette terre, si c’est par acquêt ou succession héréditaire. Pendant cette lecture, le rendant hommage est à genoux sur un coussin, aux pieds du Président (…). La lecture finie, le Président met les mains du vassal entre les siennes, pour marquer qu’il est homme du Seigneur & lié par son serment. Il lui tient ensuite, à voix basse, un discours qui n’est entendu de personne, de même que la réponse du vassal, qui se relève, va s’asseoir dans un fauteuil que lui a préparé un huissier, & se couvre, pendant que les gens du Roi donnent leurs conclusions pour la conservation des droits de Sa Majesté. Après quoi, l’huissier, qui se tient derrière le fauteuil du vassal, l’avertit d’ôter son chapeau & de se lever, pendant que le Président prononce l’Arrêt ».

En quoi consistait la seigneurie de Lestremeur ? Le détail est contenu dans l’aveu rendu à la Chambre des comptes le 4 juin 1610 par « escuyer Jan Lesguen et damoiselle Margueritte Touronce sa compaigne, sieur et dame de Lestremeur, y demourant en la parroisse de Ploedalmezeo ».

Ils ont avoué détenir « au fief lige et proche du roy notre sire, (…) ledict manoir et estage de Lestremeur avecq sa chapelle, four, pourpris, viviers, jardins, rabines, vergers, creches, aire, vaulx, yssues, franchises et largisses, ainsy qu'ilz sont cernez de mazieres et fossez ».

La famille de Lesguen blasonnait « d’or à palmier d’azur ». Ses marques de noblesse consistaient en « armoiries, escussons et prééminances » situés « en la maistresse vitre de ladicte eglize ». Sur une fenêtre, d’autres armoiries « et intersignes de noblesse dudict advouant et une tombe enlevée (élevée) à costé », puis 3 autres tombes « à fleur de terre » dans une chapelle et dans la nef de l’édifice. L’aveu a détaillé les terres dépendant de la seigneurie ainsi que les rentes dues tant en monnaie qu’en quantité de froment.

Jean de Lesguen a obtenu un arrêt de la Chambre des comptes mais sa teneur n’était sans doute pas satisfaisante. De retour en basse-Bretagne quelques semaines plus tard, il s’est présenté le 30 juillet 1610 aux plaids généraux (audience plénière) de la sénéchaussée de la cour royale de Saint-Renan et Brest. Cette juridiction lui a ordonné de fournir les « anciens adveux, tiltres, garentz » concernant ses héritages.

En janvier 1625 cette cour a pris acte de l’impossibilité pour Jean de Lesguen de fournir ces documents « à raison du ravage de sa maison durant les troubles ». Il ne pouvait pas justifier suffisamment ses prétentions. Il a affirmé à cette cour qu’il n’avait pas d’autre élément à communiquer, « d’aultant que sa maison a esté ravagée durant les dernières guerres ».

Il a certainement fait référence aux ravages du temps de la Ligue (1589-1598). Le chanoine Jean Moreau qui en fut témoin, a notamment retracé les pillages du sinistre sieur de La Fontenelle qui « s’avança jusques en bas Léon, où il ne tarda guère, crainte de la garnison de Brest, qui tenait le parti contraire ». Ce Fontenelle, écrit-il, « partout fit de grands ravages avec peu d’honneur, d’autant qu’il ne s’envisageait jamais avec des gens de guerre, mais aux paysans ou communautés, et par surprise ordinairement ». Il apporta « telle ruine qu’il est impossible de l’exprimer, n’y demeurant ni hommes, ni bêtes, ni maisons où il n’eût facile accès, le restant du peuple étant obligé de se cacher parmi les landes, genêts, broussailles, où par la rigueur et nécessité du temps ils mouraient et demeuraient en proie aux loups, qui en faisaient leur curée vifs ou morts. »

Jean de Lesguen était dans la fleur de l’âge au moment de la Ligue. Quelques équipements militaires contemporains sont cités par le procès-verbal qui a fait suite à l’incendie accidentel du manoir voisin de Kerlec’h en 1588 : on y entreposait de la poudre à canon, des corselets (cuirasses) et des morions (casques légers).

Le père Cyrille Le Pennec a publié en 1634 un ouvrage qui aborde la période. Il écrit que le pays de Léon « était du côté de la Ligue. Il n’y avait que Brest qui tint pour le roi ; mais, en 1594, les Ligueurs s’étant rendus odieux dans la contrée par les ravages qu’ils y exerçaient, les communes se soulèvent et tuent 3 à 400 Ligueurs sous les murs de Lesneven. Le comte de Magnane, Anne de Sansay, arrive bientôt pour venger son parti. Il attaque un gros de 5 à 6000 paysans, en massacre 2000, pille le pays et se retire à Morlaix avec un grand butin.

Il n’en fallut pas davantage pour dégoûter entièrement les Léonards de la Ligue et des Ligueurs, et les soumettre à l’obéissance du bon Henri.

Les 8 et 9 août, ils se réunissent au Folgoët, d’où ils adressent à Sourdéac [gouverneur de la place de Brest pour le roi Henri IV], se trouvant alors à Lesneven, leur acte de soumission, dans lequel "ils protestent n’avoir onques eu l’intention de se désunir de l’Etat et couronne de France, et que telle difficulté qu’ils faisaient de reconnoistre l’autorité de Sa Majesté, n’était que dans la crainte de tomber sous la domination de l’hérésie, mais que depuis s’étant la conversion de Sadite Majesté faite à la foi catholique, apostolique et romaine, qui était ce que plus ils désiroient, ils se réduisent sous son obéissance, et promettent de servir le roi de leurs personnes et biens avec la même fidélité qu’ils avoient fait aux rois ses devanciers". En conséquence, Sourdéac leur accorde, au nom du Roi, la capitulation, qui fut signée par lui, le même jour 9 août ».

Cyrille Le Pennec mentionne « Lesguen » parmi 35 nobles ligueurs qui ont signé cet acte de soumission à Henri IV.

Marguerite de Touronce serait décédée vers 1610. Son veuf Jean de Lesguen a en effet obtenu le 12 mars 1611 une quittance pour son rachat (sorte de droit de succession).

Le 3 janvier 1624, « Johannes Lesguen, dominus temporalis de Lestremeur » a tenu sur les fonts baptismaux Françoise Goff, fille d’Hervé et Anne Potin. Il a laissé sur le registre paroissial sa signature ornée d’importants paraphes. Son propre décès doit être intervenu entre février et mai 1629, période durant laquelle son fils aîné Prigent a hérité le titre de « seigneur de Lestremeur ».

(Sources : Arch. Dép. Finistère, 1E1200, 175G14 ; Arch. Dép. Loire-Atlantique, B 1018, images transmises par Mme F. Simon que je remercie ; Ogée, « Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, dédié à la nation bretonne », tome 3, 1779 ; « Le dévot pèlerinage de Notre-Dame du Folgoët, par le R. P. Cyrille Le Pennec, religieux carme, avec la liste des autres chapelles dédiées à la Vierge, dans l’évêché de Léon ; Notice sur la ville de Lesneven, faisant suite au pèlerinage du Folgoët », Rennes, 1825 ; Chanoine Jean Moreau « Histoire de ce qui s’est passé en Bretagne durant les Guerres de la Ligue, et particulièrement dans le diocèse de Cornouaille », Saint-Brieuc, 1857 ; J.-Y. Besselièvre, M. Créac’h, A.-H. Kerbiriou, L. Chaurris, « Le château fort de Trémazan. Architecture, légende, histoire », Association SOS château de Trémazan, 1999 ; Yves Lulzac, « Chroniques oubliées des manoirs bretons », tome 3, Nantes, 2001)

  Photos and archival records

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 Family Tree Preview

Guillaume de LESGUEN Aliette de SAINT-GOUESNOU  
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Yves de LESGUEN ca 1532-ca 1590 Isabelle MILLON
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Jean de LESGUEN ca 1560-1629..1629



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