Claude Jean Baptiste HOCHET
Sosa : 118
Chevalier de la Légion d'Honneur

  • Né le 24 novembre 1772 - Rue du Faubourg Saint Honoré - Paris, 75, Seine, Ile de France, FRANCE
  • Baptisé le 26 novembre 1772 - Paroisse la Madeleine la Ville Leveque - Paris, 75, Seine, Ile de France, FRANCE
  • Décédé le 3 octobre 1857 - Juigné Béné- Château de la Thibaudière - Montreuil Juigné, 49460, Maine et Loire, Pays de la Loire, FRANCE , à l’âge de 84 ans
  • Inhumé - Cimetière Père Lachaise Division 22 - Paris, 75, Seine, Ile de France, FRANCE
  • Secrétaire Général du Conseil d'Etat, Conseiller d'Etat Honoraire
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 Parents

 Union(s) et enfant(s)

 Frères et sœurs

 Relations

 Notes

Notes individuelles

Relie avec: Marie Marthe Denise HOCHET (-1817), un lien
Relie avec: Jean Baptiste GEVAUDAN, un lien
temoin naissance: Marie Marthe Denise HOCHET (-1817) , Parrain , Fille mineure, soeur ed l'enfant.

temoin naissance: ASSELIN, lien: pretre officiant , Officiant religieux

temoin naissance: Jean Baptiste GEVAUDAN , Parrain , Marchand de bois, demeurant à Paris, Grande Rue du Faubourg Saint Antoine, Paroisse Sainte Marguerite.

temoin naissance: Claude Thomas HOCHET (1735-1807) , Présent , Marchand Epicier demeurant à Paris, rue du Faubourg Saint Honoré, Paroisse de la Madeleine la Ville l'Eveque, père de l'enfant.

bapteme: Le Parrain fut Jean Baptiste GEVAUDAN, Maitre de Bois, demeurant Grande Rue du Faubourg Saint Antoine, Paroisse de Sainte Marguerite, et la Marraine fut Marie Marthe Denise HOCHET, fille mineure de Claude Thomas HOCHET, soeur de l'enfant.

testament: [18 mai 1849] Paris,75000,Paris,Île-de-France,FRANCE (source: Dépot Testamentaire de Claude Jean Baptiste HOCHET 7Octobre 1857, Maitre BEAUFEU notaire à Paris 51 Rue saint Anne - Testament Claude Jean Baptiste HOCHET 1849 -CARAN - Photograph -
7 Octobre 1857
Dépot Judiciaire
du testament de
M. Hochet
Me BEAUFEU, Notaire, rue Saint-Anne, 51.

M. Claude Jean Baptiste Hochet, domicilié à
Paris rue de Lille n°95 est décédé au chateau de la
Thibaudière commune de Juigné Béné (Maine et Loire)
le 3 octobre 1857.

Eveloppe cellée de 3 cachets de cire rouge comportant l'inscription:

Cette enveloppe renferme mon testament
Ce 1er Janvier 1855
Hochet

Première page

Mon testament

Ce jourd'hui dix huit mai mil huit cent quarante neuf
ayant relu mon precedent testament ecrit le 17 décembre 1847, et
ayant reconnu que les effets de la déplorable révolution du
24 février 1848 ont beaucoup diminué pour l'avenir la fortune que
je pouvois raisonnablement en xxalter de laisser après ma mort;
je me vois forcé de réduire les libéralités que j'avois projettées, et
meme, comme en libéralités, en présence du sombre avenir qui
nous menace, pourroient etre onereuses à mes enfants, je laisse à mes deux
fils Prosper et Jules le droit de les déclarer non avenues, excepté
en ce qui concern les legs à mes petits enfants.
Plein de confiance dans la misericorde divine, et pénétré des
grandes essentielles vérités du christianisme, je remet mon ame
à Dieu, et le remercie de toutes les félicités dont il m'a comblé.
Au premier rang de ces félicités je place ma digne femme Gabrielle
Boigues, pour laquelle je n'ai jamais cessé de ressentir l'affection la plus
vive, et la plus profonde vénération. Je puis me rendre a témoignage que je
ne lui ai jamais volontairement causé de la peine, et si j'ai pu avoir ce malheur
soit par quelques vivacités de language, soit par quelque acte de conduite, qui
à mon insu lui auroit déplu, j'espère qu'elle me l'aura pardonné, et que son
affection pour moi a toujours répondu à la mienne.
Je dois aussi remercier Dieu des enfants qu'il m'a donné, et qui sont si

Deuxième page

honnetes de coeur, si attachés à leur mère, et à moi, et qui, chose bien rare
ne m'ont donné jusqu'à ce jour aucun sujet de mécontentement, leurs bons
sentiments, leur bonne conduite, et surtout leur amitié réciproque qui
je l'espère en sera jamais altérée, ont été la principale cause de mon
bonheur, qu'ils en soient bénis.
Je remerci aussi de son inaltérable affection ma soeur bien aimée
Mme Delamarre, qui dans l'exaltation de son amitié n'a jamais vu que
mes bonnes qualités, sans jamais se douter de mes défauts, douce erreur
dont je lui savois qu'au fond de mon ame, il est si bon de se sentir
aimé meme avec excès. Je veux joindre à ce souvenir de ma soeur son
excellent fils Eugène Delamarre que j'aime presque à l'égal de mes
fils, qui partage pour moi tous les sentiments de sa mère. J'espère que lui
et sa digne femme si distinguée par son esprit, et si affectueuse de coeur
garderont un tendre souvenir de leur bon oncle.
Je donne à mon fils Prosper la statue de marbre blanc, placée
dans mon sallon, ouvrage du célèbre sculpteur Demot, présent de la tendre
amitiée qu'il avoit connu pour moi. Je prie mon fils de garder toujours cette statue
et s'il doit mourir sans enfants, de la léguer à son frère, qui, s'il doit aussi mourir
sans enfants, la larguera à celui de ses neveux ou nièces qu'il en juge le plus digne.
Je désire que ce chef d'oeuvre de l'art reste, le plus longtemps possible dans ma famille.
Je donne à mon fils Jules la belle médaille en or, grand modèle du Général
Hoche, et ma montre à répétition, et les trois gravures placées dans ma chambre.
Je lègue ma bibliothèque à mes deux fils, ils se la partageront à l'amiable
à l'exception des livres latins que je les prie de tenir en réserve pour celui de mes
petits fils, qui, après qu'ils auroient fini leurs études, leur paroitra avoir le plus
de gout pour les études classiques.
Je donne à mes deux filles Louise et Gabrielle, qui aiment les autographes
et qui ont l'une et l'autre un talent épistolaire fort distingué, la totalité de mes

Troisième page

correspondances et manuscrits, la plus grande partie de ces lettres sont de
Mesdames de Stael, et Charles de Damas, de m.m. de Barant, et Benjamin Coustau
qui, dans leur temps, les uns et les autres ont joui avec raison d'une grande réputation
d'esprit.Mes filles trouveront dans mes manuscrits deux exemplaires des souvenirs
de ma détention en 1793. Je met du prix à cet ouvrage, non pas assurement
à cause de son mérite littéraire, mais parceque à la suite des lectures qu j'en
fis avec un grand succés à ma première entrée dans le monde. J'en ai recueilli
d'illustres amitiés qui m'ont été fidèles pendant ma longue carrière. Je puis
citer comme l'une des plus honorables celle de M. Pasquier, depuis chancelier
de France. On trouvera à la fin de l'un de ces exemplaires le tableau de l'effet de ces
lectures, ce morceau que je crois assez bien écrit, doit faire plaisir à mes filles, et
j'aime à penser qu'elles transmettront à leurs enfants comme un bon souvenir de leur
ayeul, ces tristes récits d'une époque déplorable, dont le retour paroissoit impossible et
qui paroit nous menacer encore. Que Dieu en préserve ma femme et mes enfants,
comme il m'en a préservé il y a plus d'un demi siècle.
Je lègue à chacun de mes petits enfants exiqtants à l'époque de mon décés
cinq cents francs de rente. Ils en jouiraont à l'age de dix huit ans. Cette rente leur sera
apyée tous les trois mois. Le revenu en appartiendra à leur père et mère, jusqu'à l'époque
de la jouissance. Le capital de cette rente sera prélevé sur ma succession, hors part, et
sera remis à mon gendre Alfred de Mieulle, qui en fera le placement qu'il croira
le plus avantageux, et le plus sur.
Je donne à mon neveu Eugène Delamarre mes deux belles gravures en pied de Louis XVIII et de Louis Philippe
et le Testament d'Endamides par le Poussin gravure rare et précieuse un tableau perdu.
Je lègue trois cents francs de rente à chacune de mes petites nièces, Charlotte
et Gabrielle Valery, à placer à la volonté de mes enfants sur la compagnie dite nationale
National rue de Menau, ou sur la compagnie Générale.
Je lègue deux cents francs de rente viagère à mon cousin Reverard père
à placer également sur l'une ou l'autre de ces deux sociétés.

Quatrième et dernière page

Je lègue deux mille francs à ma filleule Aurélie Dumouchel,
ou à son défaut à sa mère, femme d'un grand mérite dont je vénère la vertu
et que je recommande aussi que ses enfants, à toute la bienveillance de mes fils.
Je lègue à mon domestique François Besson une année de ses gages
qui à dater de la présente année y comprise sera augmenté d'une somme de
cent francs par chaque année qu'il aura passé de plus à mon service
jusqu'à la concurrence de mille francs, si toutefois il est encore à mon service lors de mon décés.
Je lègue à monsieur mon cuisinier une année de ses gages
c'est à dire douze cent francs en y comprenant ceux de sa femme, si toufefois
il est encore à mon service lors de mon décés.
Hochet Paris 18 mai 1849
par addition au testament ci dessus, Hochet

Ce 1er fevrier 1851
En raison du zèle et de l'affection que m'a témoigné François Besson
pendant la grave maladie dont je suis convalescent, je veux que
la progression de cent francs ajoutés à l'année de ses gages n'ait d'autre
limite que l'année de ma mort.
Hochet
Mes enfants et petits enfants doivent etre bien convaicus que je les aime tous
d'une égale affection, mais considérant l'infériorité de beaucoup la fortune de ma fille
Gabrielle à l'égard de ses frères et soeur, et ayant plus d'une fois remarqué avec
tristesse la situation pénible d'une jeune fille qui languit dans le célibat
malgré ses agréments personnels et son mérite, fautes d'une dot suffisante pour
l'établir convenablement à sa position sociale, je lègue à chacune de mes
deux petites filles Claire, et Elisabeth une somme de trente mille francs (renvoi= quatre vingt dix mille francs)
qui leur sera remise avec les interets à l'époque de leur mariage; en cas de décés
de l'une d'elles, ou de renonciation au mariage la dite somme de quatre vingt dix mille francs
sera dévolue à sa soeur.
Ce 10 novembre 1842. Hochet, par addition au testament ci dessus.

7 Octobre 1857
Dossier de testament Hochet

Page 1

Extrait des
Minutes du greffe
du tribunal civil
de première ins-
tance du départe-
ment de la Seine
seant au Palais
de Justice à Paris.
L'an mil huit cent
cinquante sept et le sept
octobre dix heures du
matin.
En notre cabinet au
Palais de justice à Paris.
Et pardevant nous
Auguste Prudhomme
vice Président du tribunal
civil de première ins-
tance du département
de la Seine, assisté

Page 2

de Jean Payen, Greffier
de la Chambre du conseil.
Est comparu monsieur
Louis Alfred de Mieulle
receveur général des
finances.
Lequel nous a pré-
senté deux paquets sous
enveloppe férmées l'un
par trois cachets en cire
rouge;
Et l'autre cinq cachets
en cire violette portant
la suscription suivante
Celle cachetée en cire
rouge : cette enveloppe
renferme mon testament
ce premier janvier
1855, (Signé) Hochet
Et l'autre codicile à

Page 3

mon testament, Hochet.
Et nous a dit que
les dits paquets ont
été dans l'état où il
les présente par lui trouvés
dans le secrétaire du
défunt, en présence des
autres héritiers.
Et attendu le décés
de Jean Baptiste Hochet
ancien secrétaire général
du Conseil d'Etat, arrivé
au Chateau de la Thibau-
dière Commune de Juigné
Béné (Maine et Loire) le trois
octobre mil huit cent cin-
quante sept.
Le comparant nous
a requis de presentement
constater l'etat des dits

Page 4

paquets en faire l'in-
ventaire ainsi que la
description des papiers
qu'ils paraissent contenir
et de dresser du tout
procès verbal pour etre
inscrite par nous or-
donné ce qu'il appartien-
dra; et a le comparant
signé en cet endroit
de la minute des pré-
sentes après lecture.
Ainsi signé de Mieulle
Des quels comparution
présentation dire et ré-
quisition.
Nous vice Président
susdit et soussigné avons
donné acte au comparant
sus nommé pour en

Page 5

servir et valoir ce que de
raison.
Et obtempérant à son requisitoire, nous
avons ensuite procédé
à l'ouverture des dits
paquets dont les cachets
nous ont paru sains et
entiers, nous y avons
trouvé dans celle cacheté
en rouge un acte sous
seing privé, contenant
des dispositions testamen-
taires faites par le dit
Hochet, et nous en avons
fait la description de
la manière suivante.
Il est écrit sur les quatre
pages d'une feuille de
papier non timbré, il contient

Page 6

cent huit lignes y compris
les signatures trois
renvois, vingt mots et une
ligne rayée nuls le mot lecture
est surchargé le mot Et
est en interligne, il com-
mence par ces mots mon
testament, et finit par
ceux ci "sera dévolue à sa
soeur ce 10 mars 1852...
(Signé) Hochet; par addi-
tion au testament ci dessus
cet acte porte la date
du 1er Février 1851, 18 mai
1849 = et en martge les
mots = pour mes nièces
et la date ce 1er Janvier
1855.
Dans le deuxième
paquet celui caheté en

Page 7

cire violette un acte
dont les trois premières
lignes à la pre-
mière page deux lignes
à la troisième et un mot
à la quatrième, paraissent
etre de sa main du Sieur
Hochet, qui a signé le
dit acte, à la fin et au
milieu de la troisième plus ample
description de cet acte, nous
l'avons remise à Beaufeu
notaire ici présent qui
s'en charge, pour par lui
le remettre aux héritiers du
defunt sur leur simple décharge
laquelle sera collective.
Ce fait nous avons
batonné tous les blancs

Page 8

du dit acte testamentaire
nous l'avons coté signé
et paraphé en tete de
chaque page écrite signé
et paraphé en fin de celui
signé et paraphé son
enveloppe après quoi nous
avons remis le tout à
maitre Beaufeu, notaire ici présent
qui le reconnait et s'en
charge pour etre par lui
délivré à qui il appartiendra
tous extraits ou expéditions
necessaires.
De tout ce que dessus
nous avons dressé le présent
procès verbal que nous

Page 9

avons signé avec le dit
notaire et le Greffier, après
lecture.
Ainsi signé Beaufeu
Prudhomme et L. Payen.
En marge est écrite
la mention suivante
Enregistré à Paris le
quinze octobre mil huit cent
cinquante sept folio 310 case
8 reçu trois francs soi-
xante centimes dont les
dixième comprise.
Signé Fallat
Pour Expédition

L. Payen












)

Testament reçu par Maitre BEAUFEU, notaire à Paris.

deces age: 84

deces: Domicilié à Paris 95 Rue de Lille au moment de son décés au Château de la Thibaudière.

Saint-Marc Girardin
Notice sur Claude-Jean-Baptiste Hochet


M. Hochet, ancien secrétaire général du conseil d'État, vient de mourir à quatre-vingt cinq ans, au château de La Thibaudière, près d'Angers.
La douleur de sa mort sera vivement ressentie dans le monde élevé et choisi où à Paris il passait sa vie, où il était aimé et respecté, et qu'il animait encore l'hiver dernier par les traits d'un esprit à la fois ferme et aimable. Celui qui écrit ces lignes ne veut rien dire du chagrin profond que lui cause la perte du meilleur des parents et des amis. Après mon père, c'est la mémoire qui me restera la plus chère. Mais je ne veux parler de M. Hochet que comme en parlera le monde en apprenant sa mort. Le reste est entre sa famille et moi.
À voir sa longue vie, sa grande fortune, ses illustres amitiés et surtout son rare mérite et son excellent coeur qui prêtaient à tous ces biens de la fortune le charme d'un bonheur mérité, on peut dire que M. Hochet a été heureux. Ill'a été aussi en ce point que la part de malheur et d'adversité qui échoit à tout homme ici bas lui est échue pendant qu'il était jeune. Le malheur ne profite pas seulement à la jeunesse ; il lui sied, quand le malheur est de ceux qu'âeprouva M. Hochet aux commencements de sa vie, un peu de pauvreté à vingt ans, la prison sous la Terreur et la délivrance au 9 thermidor. Après de brillantes études faites au collège d'Harcourt, il entra dans le monde quand commença la révolution, qu'il aimai et qu'il défendit tant qu'elle fut la liberté, qu'il détesta quand elle fut la Terreur. Il parti pour l'armée avec la première réquisition. Mais comme on dénonçait et qu'on proscrivait même les soldats, M.Hochet fut jeté en prison à Arras par l'ordre de Le Bon, et c'est là que commence son bonheur ; car en prison, il trouva des amis qu'il a gardés jusqu'à leur dernier jour. M. Lacretelle, l'historien honnête et véridique de la révolution et de la restauration, M. de Wailly, le traducteur d'Horace et plus tard proviseur du lycée Napoléon. Les trois prisonniers causaient littérature, faisaient des vers et espéraient la chute de la Terreur. Cette chute leur rendit la liberté. M. Hochet a fait de la prison sous la Terreur un récit charmant, qu'il laissait lire à ses amis et qu'il n'a jamais voulu publier, malgré mes insistances. Personne n'aimait plus les lettres que lui, et il aurait pu y trouver une justeréputation. Il a mieux aimé y trouver une jouissance.
Je ne veux pas dire cependant que M. Hochet n'ait jamais écrit ; il a beaucoup écrit et beaucoup imprimé ; il a été journaliste pendant quelque temps et personne ne s'étonnera que je lui en fasse un titre d'honneur. C'était sous le Directoire, et quand la jeunesse dorée combattait les terroristes e les empêchait de reprendre le pouvoir. M. Hochet était avec MM. Bertin, avec M. Lacretelle et plusieurs autres un des chefs de la jeunesse dorée et il défendait la cause de la liberté et de l'humanité contre les demeurants [sic] de la Terreur, avec un esprit et une éloquence qui lui valurent dès ce moment d'illustres amitiés, entre autres, celle de Mme de Staël. Il resta fidèle à cette amitié comme àtoutes les autres, à travers toutes les vicissitudes politiques, et même sous l'Empire et pendant l'exil de Mme de Staël, il continua à correspondre avec elle. Il était secrétaire du comité du Contentieux au conseil d'État, et il risquait sa place en correspondant avec l'illustre exilée. M. Hochet avait alors peu de fortune, mais il ne songea à ce danger que pour le mépriser sans éclat, mais sans hésitation. Ces traditions de fidélité courageuse se sont conservéesdans sa famille.
En 1816, il fut nommé secrétaire général du conseil d'État ; et c'est là qu'il a passé la plus grande partie de sa vie, aimé, honoré, considéré. Il aurait pu, s'il l'avait voulu, entrer dans les Chambres. Il était devenu riche par son alliance avec une famille éminente dans l'industrie, la famille Boigues ; son beau-frère, M. Louis Boigues, fondateur des usines de Fourchambault, dans la Nièvre, était député après 1830 et jouissait dans la Chambre d'une grande et légitime considération qu'il devait à son rare bon sens et aux qualités de son caractère ; l'autre beau-frère de M. Hochet, M. Jaubert, a été un de nos orateurs politiques les plus accrédités, et il a montré pendant le temps qu'il a occupé le ministère des Travaux publics, une activité et un zèle remarquables pour l'amélioration de notre pays. On voit que M. Hochet était bien près de la politique, et je ne parle ici que des proximités de famille ; je ne parle pas de ses amitiés. Il était lié avec tous les hommes considérés de la Restauration et de la monarchie de 1830. Il avait vu grandir les uns, naître les autres. Personne n'a jamais eu la voie mieux ouverte ; il ne voulut pas y entrer ;il préféra l'observation à l'action. C'était aussi bien un excellent observateur des hommes et des choses. Ayant une grande expérience, parce qu'il avait suivi depuis 1789 tous les mouvements de la politique intérieure ; ayant une grande impartialité, parce qu'il n'avait pris aux affaires publiques que la part qu'y prennent les bons citoyens, une part d'appui et de dévouement dans les crises nationales ; placé aussi près que possible pour bien voir et pour tout savoir ;ayant de plus beaucoup d'esprit et de littérature, étant tout à fait en cela un homme du dix-huitième siècle, c'est-à-dire d'un siècle où les lettres rehaussaient partout la condition de l'homme du monde, et où ceux même qui n'en avaient pas l'étude en avaient le goût (M. Hochet avait à la fois les deux choses), il était bon juge des événements, et son jugement avait du crédit dans le monde. C'est à la réunion de es rares qualités, dont les unes étaient un bonheur et les autres un mérite que M. Hochet a dû la position éminente qu'il occupait dans le monde parisien. Le public a ignoré son rare mérite ; M. Hochet l'a voulu ; mais la société en a beaucoup joui. Causeur excellent, il savait écouter les autres ; conteur ingénieux et piquant, plein de souvenirs et d'anecdotes, cultivant sans cesse son esprit pour lui-même et pour les autres, grand lecteur des auteurs anciens et appréciateur original de leur génie, le matin suivant parfois les cours de la Sorbonne, et le soir dans quelques salons d'élite où se conserve encore l'habitude de la conversation, c'est-à-dire de la réflexion prompte et vive, car je n'appelle pas conversation le commérage du jour etdu moment, la médisance banale et fugitive ; c'est dans ce commerce de sa famille, de ses amis, des lettres et du monde que M. Hochet a passé une vie longue, honorable et heureuse. Le même homme qui était si lettré et si spirituel, étaitaussi un fonctionnaire excellent, et le conseil d'État garde le souvenir durable de son habileté et de son talent. Il avait donné, il y a plus de quinze ans, sa démission des fonctions de secrétaire général du conseil d'État, et son fils aîné, M. Prosper Hochet, l'avait remplacé avec les mêmes qualités et la même considération. Il a quitté volontairement ses fonctions en 1852.
On voit que peu de vies ont été plus heureuses que celle de M. Hochet et que peu d'hommes ont mieux mérité leur bonheur. Je ne lui ai connu que deux grands chagrins : la perte de sa fille aînée, qui avait à peine quinze ans quand ellelui fut ravie, et la perte de sa femme, il y a deux ans. Mme Hochet, qui était quand elle le voulait une femme du monde et la plus aimable, était toujours la mère de famille la plus tendre, la plus dévouée et la mieux récompensée par l'affection et par le respect de tous les siens. Cette perte fut un grand coup pour M. Hochet. Depuis cette cruelle séparation, il partageait sa vie entre ses deux filles, et c'est chez l'une d'elles qu'il est mort, après une courte maladiequi lui a laissé cependant le temps de reconnaître sa fin prochaine et de s'y préparer, dernier bonheur de sa vie, et bonheur encore mérité par l'humble et sincère piété qu'il avait.

Il est tiré du Journal des Débats politiques et littéraires, samedi 10 octobre 1857. L'article occupe près de deux colonnes, p. 1, col. 6 et p. 2, col. 1.

temoin deces: Pierre Eugène AYRAULT de SAINT HENIS (1804-), lien: Registry officer , Officier d'état civil , Adjoint au Maire de Juigné-Béné.

temoin deces: Louis Alfred de MIEULLE (1805-), lien: declarant , Receveur Général des Finances, 51 ans, demeurant à Nantes (Loire Inférieure), gendre du décédé.

temoin deces: Prosper HOCHET (1810-1883), lien: declarant , Ancien Secrétaire Général du Conseil d'Etat, 47 ans, demeurant à Paris, 82 rue de Lille, fils du défunt.

Notes concernant l'union

Note:

contrat de mariage: [5 septembre 1807] Paris,75000,Paris,Île-de-France,FRANCE (source: Contrat Mariage Claude Jean Baptiste HOCHET et Gabrielle BOIGUES 1822 - CARAN - Photograph -
Lettres jointes au Contrat de Mariage :

Lettre 1:

Samedi 3 heures 1/4
Monsieur,
Je vous adresse avec cette lettre toutes les pièces
de M. Hochet pour que vous veuillez bien faire
préparer la quittance du prix de Me Tobler.
Je viens de prévenir M. Hochet de la remise
que je vous fait de ces pièces actuellement
en règle et je le prie de vous faire part
du jour qui lui convient pour son payment
afin que vous appeliez au jour juridique
M. Tobler dans votre étude.
Votre très humble serviteur.
Ce 2 Décembre 1817
Ancelle
Avoué de Monsieur Roux

Monsieur
Monsieur Deloche
Notaire
Rue Ste Anne

Lettre 2 :

Monsieur
Une maladie laquelle me
retient encore dans machambre
m'a empeché d'aller retirer
l'extrait de ma quittance du 7
Septembre dernier qui constate la
somme que j'ai bonnifié à Mr
Hochet et laquelle doit m'etre
remboursée par Mr et Madame
Hubert. Je vous prie de
vouloir bien le remettre au
porteur du présent.
J'ai l'honneur de vous saluer
bien sincerement.
J.G.Tobler
Paris le 16 Février 1818
Rue Favart n°6.

Monsieur
Monsieur le premier clerc de
Monsieur de Loche notaire
rue Ste Anne n°57
à Paris

Contrat de Mariage :

Page 1:

Pardevant Me Jean Baptiste Deloche
et son confrère, Notaires impériaux à Paris, soussignés
furent présents,
M. Claude Jean Baptiste Hochet, Secrétaire de la commission
du contentieux du conseil d'Etat, demeurant à Paris rue Saint Honoré
n° 363, premier arrondissement.
Majeur fils de défunt Claude Thomas Hochet, ancien
Négociant à Paris et de Dame Marie Elisabeth Reverard son
épouse actuellement sa veuve, demeurant à Paris rue de la
Monnaye n°20.
Le dit S. Hochet comparant, stipulant pour lui et en son
nom de l'agrément de ladite Dame sa mère à ce présente;
D'une part.
Et M. Pierre Boigues, négociant à Paris et madame
Catherine Brousse son épouse avec laquelle il déclare etre
non commun en biens et néanmoins qu'il autorise à l'effet des
présentes, demeurant à Paris rue neuve Saint Gilles n°16,
huitième arrondissement.
Stipulant conjointement pour Delle Gabrielle Boigues
leur fille mineure demeurante avec eux, à ce présente et de
son consentement.
Et encore M. Boigues stipulant en son nom personnel
à cause de la dotqu'il constituera cy après à la dite Delle
sa fille.
D'autre part.
Lesquelles parties dans la vue du mariage projetté entre
ledit S. Hochet et la dite Delle Boigues et dont la célébration aura lieu incessament

Page 2:

dans les formes prescrittes par la loi, ont préliminairement arreté
entre elles les clauses et conditions civiles de ce mariage de la manière
et ainsy qu'il suit :
En présence et de l'agrément
de son Exellence Monseigneur Claude Ambroise
Régnier, Grand Juge Ministre de la Justice décoré du grand cordon de
la légion d'honneur et de Madame Le Jeune son épouse.
Et encore en présence de leurs parents et amis cy après nommés,
savoir du coté du futur époux.
De M. Honoré Joachim Reverard, négociant son oncle
De Rose Catherine Reverard veuve Gevaudan, sa tante.
De Julie Marie Bouillerot épouse de M. Reverard, sa tante.
M. Jean Louis Delamarre Négociant et dame Julie Elisabeth Hochet
son épouse, ses beau frere et soeur.
M. Michel Saulnier, propriétaire, son beau frere à cause de Marie
Marthe Denise Hochet son épouse décédée.
Dame Adélaide Honorine Hochet veuve Pasquin, sa soeur.
Dame Marie Charlotte Seraphine Ruelle épouse de M. Gabillot
Delle Seraphine et Sophie Gabillot, ses cousin et petites cousines germaines.
M. Jean François Ruelle Montmartin, son cousin germain.
Delle Adélaide Ruelle, sa cousinegermaine.
Dame Elisabeth Ruelle epouse de M. Laboureux, aussi cousin germain.
M. Antoine Barthélémy Girardin et Dame Thérèse Julie

Page 3 :

Reverard son épouse, cousin et cousine.
Antoine Claude Dasquin-Valery, son neveu.
M. Regnaud de Saint Jean d'Angely, conseiller d'Etat, membre
de l'Institut, Grand Officier de la légion d'honneur et procureur impérial près
la haute Cour Impériale de Justice.
M. Jean Charles Joseph Devienne
M. Jean Baptiste Paulard
M. Jean Guillaume Locré, Secrétaire du conseil d'Etat
M. Pierre Jean Baptiste de Courde de Montaiglon
et M. Louis Claude Boullée et Madame Amélie Panckoucke femme Suard
tous amis dudit futur époux.
Et du coté de la Delle futur épouse
de M. Pierre Boigues, ainé, son oncle
de M. Guillaume Brousse, Négociant, et Dame Antoinette Madeleine
Sebastienne Coyer son épouse, son oncle et belle tante.
M. Jean Louis Boigues, Négociant
Raymond Boigues
Jean Bertrand Boigues, ses freres.
M. Joseph Dufour, Docteur en médecine et M. Jean Baptiste
Bernard Fidel Pajot, tous deux amis.

Article 1er :

Les S. et Delle futurs époux seront communs en biens, suivant les
dispositions du code civil sur le Régime de la Communauté, auquel ils se
soumettent, sans cependant les modifications cy après exprimées.

Page 4 :

Article 2ème

Ils ne seront néanmoins pas tenus desdettes et hypothèques
l'un de l'autre faites et crées avant la prononciation de leur mariage
de sorte que s'il en existe elles seront payées et supportées par celuy des
deux conjoints duquel elles procederont et sur ses biens personnels
sans que l'autre époux ny ceux de la communauté puissent en etre
aucunement tenus ny chargés.

Article 3ème

Le s. futur époux se marie avec ses biens et droits
à lui appartenant et consistant en ce qui suit; savoir :
1° Dix sept hectares trois ares représentant en ancienne mesure
quarante huit mancandés, de terres labourables, situés au terroir
de Honnecourt arrondissement communal de Péronne département
de la Somme, acquis par ledit S. futur époux du S. Martin Templus
cultivateur à Honnecourt et de Marie Jeanne Joseph Pannequin,
sa femme de lui autorisée, suivant un contrat passé en minute devant
Corbet et son confrère Notaires à Paerronne le dix messidor an
douze, enregistré le quatorze du meme mois au meme lieu et
transcrit au Bureau des hypothèques de Cambray le dix huit aussy
des memes mois et an.
Lesquels biens, au terme du meme contrat sont affermés
pour un fermage annuel de trente sept hectolitres trois décalitres
ou soixante septies de blés, déclarant le s. futur époux que les
dits fermages lui sont dus depuis le jour de Saint Martin mil huit
cent six.
2° Quatorze hectares vingt ares quarante quatre centiares
équivalents à trente quatre journaux soixante quatre vergers et demie
ancienne mesure, de terres labourables en cinq pièces situées

Page 5 :

sur le terroir de Vaux arrondissement communal duditPerronne,
et huit hectares quatre vingt huit ares six centiares, représentant en ancienne
mesure vingt et un journaux de terre réputées friche, située au meme
terroir de Vaux.
Le tout acquis par le futur époux, de Jean Pierre Hangard
avoué au tribunal civil de Peronne, par contrat passé en minute
devant Me Assey et son collègue Notaires à Péronne le dix sept juin
mil huit cent six enregistré le surlendemain.
Lesquels biens aux termes dudit contrat sont affermés
à la veuve Gosselin moyennant vingt hectolitres ou trente deux septies
de blés francs d'impots, étant observé par le futur époux que les
dits fermages lui sont dus depuis le jour de Saint Martin mil huit cent six.
3° Qatre inscriptions de rentes au grand livre de la
dette publique perpetuelle cinq pour cent considérées, expédiées
en son nom, l'une de la somme de deux cent francs, en date
du vingt quatre fructidor an treize n°8901.
La deuxième de la somme de cent soixante neuf francs
en date du neuf aout mil huit cent six n° 9643, la troisième
de la somme de trois cent francs en date du deux février mil huit
cent sept n° 10062, et la dernière de la sommede cent trente
un francs en date du quatorze may dernier n° 10340.
Les arrérages des quelles rentes le futur époux déclare
etre dus depuis le vingt deux mars dernier.
4° Cinq actions au porteur, chacune de la somme de
millefrancs, dans l'Entreprise et association des Couts
crée le cinq thermidor an neuf; la première en date du premier
prairial an onze n°133, la deuxième en date du meme jour

Page 6 :

numérotée 369, la troisième aussy en date du meme jour numérotée 3073.
la quatrième en date du quinze frimaire an quatorze numerotée 3200.
Les interets des quelles actions le future époux déclare
lui etre dus depuis le premier juillet dernier.
5° La sommede quatorze mille francs, tant en
deniers comptnat, qu'en argenterie, linge de corps et de
ménage, habits, hardes et bijoux à l'usage du futur
epoux, meubles meublants, figures en marbre, gravures et
tableaux, bibliothèque, plans et autres objets mobiliers à lui appartenant.
6° Et enfin les droits à lui renenant dans la succession du
défunt f. son père dont il est héritier pour un quart, laquelle
succession n'est point encore liquidée, déclarant lefuturépoux
que dans les biens cy dessus désignés formant son apport en mariage
sont compris quatorze mille livres tournon par lui reçues de
ses père et mère en avancement de leurs successions.
Ledit futir époux a justifié et donné connaissance de son
apport cy dessus détaillé et nommé, tant, à la Delle future épouse qu'aux
s. et Dame ses père et mère qui le reconnoissent.

Artcle 4:

En faveur et considération dudit futur mariage,
M. Boigues donne et constitue en dote en avancement de
sa succession future, à la Delle future épouse sa fille, ce acceptant;
savoir : Pour la somme de quatre vingt mille francs,
deux maisons à lui appartenant et dont la désignation
suit : La première située à Paris rue de Lille faubourg Saint Germain
n°670 ancien et 6 nouveau, Loué partiellement environ deux mille cinq cent francs ainsy que le déclarent les parties.

Page 7 :

Ladite maison composée de trois boutiques par
bar, loge de portier, caves et cinq étages de chambres.
Et la deuxième aussy située à Paris rue de la Roquette au coin
de celle Daval 4° faubourg saint Antoine, composée d'une cour
porte cochère,six boutiques, caves, deux étages quarrés et mansardés au dessus
loué trois mille cinq cent francs.
M. Boigues est propriétaire desdites deux maisons, savoir :
1° de celle rue de Lille comme s'en étant rendu adjudicataire à l'audience
par criée du Département de Paris par les publications volontaires qui en
étoient poursuivies à la requete de Jean Jacquinot demeurant à Paris
suivant un jugement de ladite audience en date du trois messidor de l'an
deux, enregistré le six du meme mois par Pasqueau, suslaquelle
acquisition M. Boigues a obtenu des lettres de rectiffications qui ont été
scellées le premier jour complémentaire an deuxième à la charge de diverses
oppositionsdesquelles il a été depuis donné main levée et dont la
radiation a été opérée ainsy qu'il résulte du certificat de Darnant
alors conservateur des hyppothèques à Paris en date du quinze floréal
de l'an trois étant au dosdes dites lettres.
M. Boigues a payé et acquitté le prix de ladite adjudication suivant et
aux termes d'une quittance passée minute devant Boursier l'ainé et son
confrere notaires à Paris le quatre floréal an trois, enregistré le six par la tapie.
M. Jacquinot était propriétaire de cette maison comme s'en étant
rendu adjudicataire à l'audience desdites criées du Département de Paris
le trois aout mil sept cent quatre vingt treize par les publications
poursuivies à la requete de Jean Noele Graverie Juge de Paix du
canton de Monsthéry, laquelle maison appartenoit audit Graverie comme
lui étant echue par repartage des biens de succession de Jean Graverie et Marie

Page 8:

Madeleine Chevalier, ses père et mère, passé devant Ballet et son confrere
Notaires à Paris, auxquels S. et Dame Graverie père et mère la dite maison,
appartenait comme l'ayant acquise par deux contrats l'un passédevant
Mouette et son confrere notaires à Paris le dix sept octobre mil sept cent
cinquante un et l'autre devant Vivien et son confrere aussy notaires à Paris
le huit novembre de la meme année, des SS Passesaigne, Charles
Aubreligne et de Louise Aubreligne.
2° Et de celle rue de la Roquette au moyen de l'adjudication qui
lui en a été faite à l'audience des criées du tribunal civil de première
instance séant à Paris sur les publications volontaires qui en etoient poursuivies
à la requete de M. Nicolas Simon Lonsain, propriétaire deladite
maison, suivant un jugement rendu à la dite audience, le cinq
Brumaire de l'an trois, enregistré le treize du meme
mois par Dubrais.
Ledit Lonsain et Dame Catherine Aubert son épouse en étoient
propriétaires au moyen de l'acquisition par eux faite du s. François
Pierre par contrat passé devant Girardin notaire à Paris qui en a gardé
la minute et son confrere, le douze novembre mil sept cent quatre
vingt neuf insinué le treize avril de l'année suivante par Dury, d'une
portion de terrain et batiment élevé dessus
sur lequel ils ont édifié et fait construire ladite maison telle qu'elle existe
aujourd'huy, desquels terrain et batiment de s. Pierre étoit propriétaire
comme faisant partie d'une maison sise à Paris susdit Rue de la
Roquette à l'encoignière de celle Daval par lui acquise du s. Philippe
Handré au nom et comme créancier suivie et directement au droit de créance
du s. Nicolas Henriette, boulanger à Paris et de Marie Julie Picot sa femme
à qui les proces verbaux de publication et adjudication relatés au contrat de ladite

Page 9 :

acquisition passé devant Me Gittard qui en a gardé minute, et son confrère notaires à Paris
le dix may mil sept cent quatre vingt neuf insinué le trente du meme mois et
duement ensaisiné. Ladite maison appartenoitauxdits créanciers au moyen de l'abandon qui
leur en avoit été fait par les s. et dame Henriette par acte passé devant Gouvion et son confrere
notaires à Paris le vingt quatre juin mil sept cent cinquante trois et elle appartenoit
aux s. et dame Henriette comme ayant été adjugé au f. Henriette par sentence de décret forcé
redu au cy devant Chatelet de Paris le treize aout mil sept cent quarante neuf et poursuivies
par François Louisasse.
Ainsyque lesdites deux maisons se poursuivent et comportent avec toutes
leurs appartenances et dépendances sans exeption ny reserve et avec garantie
de la part dudit S. Boigues de tous troubles et empechements.
Pourpar les s. et Delle futurs époux jouir faire et disposer de
ces deux maisons à compter du jour de la prononciation dudit
mariage, en toute propriété et comme de chose appartenant en propre
à la Delle future épouse au moyen des présentes et en percevoir àleur
profit les loyers et revenus à compter du premier octobre prochain.
Cette constitution de dot est faite à la charge par les futurs
époux qui s'obligent 1° de payer les contributions foncières et autres
charges publiques desdites deux maisons à partir dudit jour premier
octobre prochain.
2° d'entretenir et executer pour le restant de leur durée les
baux et locations qui peuvent exister et notamment le bail fait
de la maison rue de la Roquette, au S. Antoine Decroix Marchand Epicier et
Dame Modeste Vattier son épouse de lui autorisée, pour trois ou six
années au choix seulement de ces derniers, commencée du premier messidor
an douze, suivant et par acte passé devant ledit Me Deloche l'un
des notaires soussignés qui en a la minute et son collègue le onze
Thermidor de l'an douze enregistré le lendemain par Ducreux
si mieux n'aiment les futurs époux en évinçant les locataires les
indemniser de manière qui à raison de leur jouissance le S. Boigues

Page 10 :

ne soit aucunement inquiété ny recherché.
3° et en fin de souffrir toutes les servitudes auquelles des deux maisons peuvent etre
assujetties sans à eux de profiter et jouir de celles actives s'il en existe et au
surplus à se deffendre des unes et faire valoir les autres le tout à leurs risques et périls
pour la foy dudit futur mariage et l'accomplissement des charges et conditions
cy dessus, M. Boigues transmet aux futurs époux tous les droits de propriété qu'il
a été pour avoir sur lesdites deux maisons, meme tous droits rescind aux rescisoire
mais sans garantie à l'égard de ceux cy, voulant que les futurs époux
soient uni en possession ainsy qu'il appartiendra.
Les futirs époux pourront s'ils le jugent convenable faire transcrire
ces présentes au bureau des hypothèques de Paris et s'il se trouve ou
survient des inscriptions de créances hypothécaires provenant du fait de
M. Boigues ou de ses auteurs il s'oblige d'en rapporter aux futurs
époux les mains levées et certificats de radiation un mois après la
dénonciation que ceux cy lui en auront fait faire à son domicile
cy après lu.
M. Boigues a présentement remis au S. futur époux qui le
reconnoitet s'en charge tous les titres cy devant énoncé desdites deux maisons
et un liasse d'anciens titres de propriétéy relatif de ... dont décharge.
Et il déclare pour les pièces de droit à lui expliquée et qu'il a dit bien
comprendre qu'il n'est point tuteur ny curateur ny comptable de deniers publics.

Article 5ème :

La Delle future épouse se constitue personnellement en dot et
apporte audit Mariage la somme de huit mille francs à quoy les
parties ont évalué amiablement entre elles le trousseau appartenant
à la dite Delle future épouse et composé d'habits, linge, hardes, bijoux
et dentelles à son usage; duquel trousseau il a été donné connaissance
audit futur époux qui les reconnoit et il consent d'en demeurer chargé
par le seul fait de la prononciation du mariage.

Page 11 :

Article 6 :

Des biens et dots de chacun des S. et Delle futur époux
il en entrera de part et d'autre en la communauté cy dessus établie
jusqu'à concurrence de la somme de huit mille francs, ce qui
fera seize mille francs pour les deux; et le surplus avec ce qui
echerra et adviendra à chacun des S. et Delle futurs époux pendant
le mariage, tant en meubles qu'immeubles, par succession, donation
legs ou autrement, demeurera exclus de ladite Communauté
pour etre repris par celuy des époux qui y aura droit,
ses héritiers et représentants.

Article 7 :

Le survivant des S. et Delle futurs époux aura et prendra par
préciput avant aucun partage des biens de la communauté, tels
des meubles et effets mobiliers indépendant qu'il lui plaira
choisir, jusqu'à concurrence de la somme de dix mille
francs d'après la prisée de l'inventaire qui en sera alors
fait ou cette somme en deniers comptants à son choix.
Et en outre le dit survivant aura droit de reprendre
par augmentation à ce préciput, savoir : si c'est le futur époux
qui survit, ses habits, linge, hardes et bijoux à son usage
et sa bibliothèque, à telle somme que le tout puisse monter; et si
c'est la Delle futur épouse qui survit, ses habits, linge, hardes,
bijoux, diamants, dentelles et toilette garnie, aussy à telle somme que le
tout puisse s'élever.

Article8 :

Si pendant

Page 12 :

le mariage il est rendu et aliéné aucun des biens ou racheté aucune rente,
appartenant personnellement à l'un ou à l'autre des S. et Delle futurs époux,
le remploy sera fait des deniers en provenant en acquisition d'autres
biens ou rentes au profit de celuy des époux duquel ils procederont et
pour lui en tenir lieu; et si lors de la dissolution de la communauté
ce remploy ne se trouvait pas fait, il sera pris et prélevésur la
masse des biens de cette communauté somme suffisante pour l'effectuer,
mais en cas 'insuffisance à l'égard de la future épouse seulement
ce qu'il s'en manquera sera pris subsidiairement sur les biens personnels
du futur époux et en tous cas l'action de ce remploy sera
réputée de Nature immobiliaire à celui des S. et Delle futurs
époux qui aura droit de l'exercer et à ses héritiers ou représentants.

Article 9 :

Arrivant la dissolution de la Communauté la Delle future
épouse ou les enfants à naitre du mariage auront le droit
en y renonçant de reprendre tout ce que la Delle future épouse aura
apporté au mariage sans distraction de la mise en communauté,
ensemble tout ce qui pendant sa durée lui sera avenu et echu
à tel titre que ce soit, tant en meubles qu'immeubles; et si c'est
la Delle future épouse qui exerce elle meme cette faculté elle reprendra
en outre son préciput et son augmentation de préciput cy dessus stipulé;
lesquelles reprises en l'un et l'autre car seront franches et quittés
de toutes dettes et hypothèque de la Communauté quand meme
la future épouse s'y seroit obligée ou y auroitété condamnée
et dont en ce cas elle et ses dits enfants seront acquittés, garantis

Page 13 :

et indemnisé par le futur époux ou sesdits héritiers.

Article 10 :

Il est convenu de condition expresse des présentes que l'hypothèque
légale accordée par la loy à la future épouse sur les biens présents et avenirs
du futur époux ne frappera que sur les biens cy devant sésignés
acquis par le S. futur époux audit Maugard suivant le contrat
cy dessus relaté, qu'en conséquence les autres biens présents et
avenir dudit futur époux ne seront pas grévés de cette hypothèque,
qu'ils en demeureront au contraire à toujours affranchis et que le
futur époux sera libre d'en disposer comme bon lui semblera.

Article 11 :

En vue dudit mariage le S. et Delle futurs époux
cette dernière sous l'autorisation des S. et dame ses père et mère,
se font donation entrevfs mutuelle et irrévocable, l'un à l'autre
et au survivant d'eux, ce qu'ils acceptent respectivement pour le dit
survivant.
De tous les biens tant meubles qu'immeubles
qui se trouveront appartenir au premier mourant d'eux au jour de
son décés, en quoiqu'ils puissent consister et en quelque lieu
et droits qu'ils soient dus et situés, sans aucune exeption ni reserve.
Pour par le survivant jouir de l'universalité
des dits biens à compter du jour dudit prédécés, mais en
usufruit seulement pendant sa vie, à sa simple caution
juratoire sans etre tenu d'en donner d'autre ny de faire

Page 14 :

employ des valeurs mobiliaires.
Cette donation dans le cas où au jour de son
ouverture il y auroit aucun enfant, ou descendant dudit mariage
se reduira à la moitié des dits biens conformément à la loy.

Article 12 et dernier :

C'est ainsy que le tout a été convenu et arreté entre
lesdites parties contractantes qui pour l'execution des présentes
ont élu domicile en leurs demeures cy devant indiquées, auxquels
lieux, nonobstant, promettant, obligeant, renonçant,
fait et passé à Paris pour les parties contractantes et
assistantes en la demeure susdite de M. et Mme Boigues et pour les parents et amis en leurs demeures respectives
le cinquième jour de septembre mil huit cent sept
et ont signé avec lesdits notaires lecture faite.
Boigues
C.Brousse
G. Boigues
C.J.B. Hochet
M.E. Revérard
Reverard
Boigues ainé
Reverard
Saulnier Delamarre
Raimond Boigues
J.E. Hochet
J.B. Boigues
F. Delamarre
G. Brousse jeune
Decourd De Montaiglon
Coger
F. Brousse
Pasquin-Valéry
L. Boigues
Guillaume

Page 15 :

Suite des signatures

Regnier
Lejeune Regnier
Regnaud de Saint Jean d'Angely
J.G. Locré
DeVienne
Boullée
Ruelle et Gabillot
RuelleMontmartin
Suard née Panckoucke
S. Gabillot
S. Gabillot
A. Ruelle
A.E. Ruelle f. Laboureux
J.B. Girardin fils
A.H. Hochet
T.J. Révérard
J.M. Bouillerot
R.C. Révérard
N.J. Révérard fils
Paulus
Pajot
Desvignes
Duffour)

Contrat de Mariage passé devant Maitre DELOCHE et son collègue, notaires à Paris.

temoin contrat de mariage: Jean Guillaume LOCRÉ de ROISSY (1758-1840) Ami de l'Epoux.

temoin contrat de mariage:Pierre Jean Baptiste de COURDE de MONTAIGLON Ami de l'époux.

temoin contrat de mariage: Louis Claude BOULLÉE Ami de l'époux.

temoin contrat de mariage: Amélie PANCKOUCKE (1750-1830) Epouse SUARD, amie de l'époux.

temoin contrat de mariage: Pierre BOIGUES (1752-) Oncle de l'épouse.

temoin contrat de mariage: Antoinette Madeleine Sébastienne COYER Epouse de Guillaume BROUSSE, tante de l'épouse.

temoin contrat de mariage: Guillaume BROUSSE Négociant, époux d'Antoinette Madeleine Sébastienne COYER, oncle de l'épouse.

temoin contrat de mariage: Raimond BOIGUES (1791-) Frère de l'épouse.

temoin contrat de mariage: Jean Bertrand BOIGUES (1794-1845) Frère de l'épouse.

temoin contrat de mariage: Joseph DUFOUR Docteur en Médecine, ami de l'épouse.

temoin contrat de mariage: Jean Baptiste Bernard Fidel PAJOT Ami de l'épouse.

temoin contrat de mariage: Claude Ambroise REGNIER (1746-1814) Grand Juge, Ministre de la Justice, décoré du Grand Cordon de la Légion d'Honneur.

temoin contrat de mariage: Charlotte LEJEUNE (1748-1835) Epouse de Claude Ambroise REGNIER.

temoin contrat de mariage: Jean Baptiste DELOCHE (1762-1840), Notary , titre: Notaire Notaire à Paris, 57 rue Sainte Anne.

temoin contrat de mariage: Jean Louis BOIGUES (1784-) Négociant, frère de l'épouse.

temoin contrat de mariage: Jean Baptiste PAULUS Ami de l'époux.

temoin contrat de mariage: Catherine Rose RÉVÉRARD (1750-1832) Veuve GEVAUDAN, tante de l'époux.

temoin contrat de mariage: Julie Marie BOUILLEROT Epouse d'Honoré Joachim REVERARD, tante de l'époux.

temoin contrat de mariage: Jean Louis DELAMARRE Négociant, époux de Julie Elisabeth HOCHET soeur de l'époux.

temoin contrat de mariage: Julie Elisabeth HOCHET (1775-) Soeur de l'époux, épouse de Jean Louis DELAMARRE.

temoin contrat de mariage: Michel SAULNIER (1756-1831) Veuf de Marie Marthe Denise HOCHET, soeur de l'époux.

temoin contrat de mariage: Adélaide Honorine HOCHET (1767-1824) Veuve PASQUIN, soeur de l'époux.

temoin contrat de mariage: Marie Charlotte Séraphine RUELLE (1769-) Epouse GABILLOT, cousine germaine de l'époux.

temoin contrat de mariage: Séraphine GABILLOT Petite cousine del'époux.

temoin contrat de mariage: Sophie GABILLOT Petite cousine de l'époux.

temoin contrat de mariage: Adélaïde RUELLE Cousine germaine de l'époux.

temoin contrat de mariage: Elisabeth RUELLE Veuve LABOUREUX, cousine germaine de l'époux.

temoin contrat de mariage: Antoine Barthélémy GIRARDIN (1767-1846) Epoux de Thérèse Julie REVERARD, cousine de l'époux.

temoin contrat de mariage: Thérèse Julie RÉVÉRARD (1776-1862) Cousine de l'époux, épouse d'Antoine Barthélémy GIRARDIN.

temoin contrat de mariage: Antoine Claude PASQUIN-VALERY (1789-1847) Neveu de l'époux.

temoin contrat de mariage: Michel Louis EtienneREGNAUD de SAINT JEAN d'ANGÉLY (1760-1819) Conseiller d'Etat, Membre de l'Institut, Grand Officier de la Légion d'Honneur, Procureur Impérial près la Haute Cour Impériale de Justice, ami de l'époux.

temoin contrat de mariage: Jean CharlesJoseph DEVIENNE Ami de l'époux.

temoin contrat de mariage: Jean François RUELLE MONTMARTIN Cousin germain de l'époux.

temoin contrat de mariage: Elisabeth DESVIGNES Veuve REVERARD, tante de l'époux.

temoin contrat de mariage: Honoré Joachim RÉVÉRARD (1741-1821) Négociant, Oncle de l'époux.

 Sources

  • Naissance: Bapteme Claude Jean Baptiste HOCHET 1772 - Archives Municipales de Paris-Seine - Microfilm -
    Extrait du Registre des Actes de naissance
    de la paroisse la madeleine la ville Leveque pour
    l'année 1772.
    L'an mil sept cent soixante dou
  • Décès: NMD Juigné-Béné 1847-1860 - Décés Claude Jean Baptiste HOCHET 1857 - AD Maine et Loire - Numerisation -
    L'an mil huit cent cinquante sept le trois octobre
    sur les deux heures après midi, par devant nous Pierre
    Eugène Agrault de Sa

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

Claude HOCHET ca 1702-1746   Marie Marguerite LOYSEAU   Jean Joachim RÉVÉRARD †1790   Marthe Elisabeth DESCHAISE
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Claude Thomas HOCHET 1735-1790..1807   Marie Elisabeth RÉVÉRARD †1807/
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portrait
Claude Jean Baptiste HOCHET, Chevalier de la Légion d'Honneur 1772-1857



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