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ATTENTION: un problème avec monlogiciel Geneatique fait qu'il y a des doublons (voir +) et que lescommentaires dans certaines fiches ne correspondent pas aupersonnage. Jesuis en train de réparer ces erreurs mais c'est trèslong ... Merci de me faire remonter les anomalies que voussouhaitez trouver: cela me ferait progresser dans laréparation de ma base. Cordialement,merci de prendre contact avec moi lors de repérage deceux-ci. [email protected] 


4e duc de Broglie , 3e prince de Broglie , Membre de l'Académie française

  • Born June 13, 1821 (Wednesday) - Paris-Xème, 75110, , Île-de-France, France,
  • Deceased January 19, 1901 (Saturday) - Paris-VIIème, 75107, , Île-de-France, France, 10 rue de Solférino,aged 79 years old
  • Ministre de l'Intérieur, Ministre des Affaires étrangères, Ministre de la Justice, Sénateur

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 Notes

Individual Note

  1. Générale#Gé Magasine n´ 104 : Mariés en 1845, ils ont eu leur premier enfant, un garçon à Rome l'année suivante ; quatre autres garçons suivent, ledernier voit le jour en 1854
    ________________________________________________________________________________
    Source : "Les Broglie - Leur Histoire" par le Prince +Dominique de Broglie Éditions du Palais Royal :
    Il fut très marqué par l'empreinte familiale. Ayant perdu sa mère à 17 ans, son père fut jusqu'à sa mort son confident et son guide.
    Il entra en 1832 au Collège de Bourbon (Condorcet) ; en 1838 il profita des leçons et conseils d'Adolphe Régnier, philologue puis orientaliste et de Victor Cousin. Au concours général de cette année, il obtint le 1er prix d'histoire et le 3ème de vers latins.
    Son père l'élevapour en faire un ministériel.
    En 1839 il effectue avec son père un voyage en Italie et séjourna à Naples. Au cours de ses études de droit,il entre sur la recommandation de Guizot, à la direction politique desaffaires étrangères.
    Ses études achevées il est nommé en novembre 1843 second secrétaire d'ambassade à Madrid. Il donna sa démission de garde à cheval de la 13ème légion et part pour l'Espagne. Sa mésententeavec l'ambassadeur Mr Bresson le fit rentrer à Paris au début de 1845. Presqu'aussitôt, il accompagne son père chargé de mission en Angleterre.
    En 1846 à l'avènement de Pie IX, il se rendit à Rome avec Mr Rossi.
    Il donna sa démission à la Révolution de 1848. Il fut chef d'escadrons de la garde nationale à Broglie. En 1849, il voyage en Angleterre ; il y rendit visite à Louis-Philippe et à Guizot.
    C'est en 1856que date sa première grande oeuvre : L'Eglise et l'Empire romain au IVè siècle, en six volumes qui s'étendirent sur dix années.
    Il passa l'hiver 1858-1859 en Algérie pour la santé de sa femme.
    Il fut élu à l'Académie Française le 20 février 1862 en remplacement du P. Lacordairepar 22 voix sur 29 ; il y fut reçu le 26 février 1863 par Saint-Marc Girardin.
    Il échoua au conseil général de l'Eure en 1867 et aux élections législatives de Bernay le 24 mai 1869.
    Son père mourut le 25 janvier 1870.
    En 1870 il fit partie de la commission qui devait organiser la liberté de l'enseignement supérieur, sous la présidence de Guizot.
    A la fin de 1870, il fut nommé conseiller général de l'Eure ; etaprès la chute de l'Empire il fut élu député de l'Eure le 12 février1871 sur une liste conservatrice.
    Avant d'avoir pu se rendre à Versailles, Thiers le nomma le 19 février 1871 ambassadeur à Londres ; ilgagna peu après l'Angleterre avec son fils Victor. Il signa le traitédu 13 mars 1871 qui revisait celui de Paris de 1856 sur la question d'Orient et il négocia le traité de commerce de 1872.
    Il venait fréquemment à Versailles et, inscrit au centre droit, vota contre l'abrogation des lois d'exil et contre la proposition Rivet qui prolongeait de 3ans les pouvoirs de Thiers. Il démissionna de son poste d'ambassadeurle 17 mai 1872.
    Il vint à la Chambre prendre la direction des droitesdémunies de chef. Indifférent en matière de régime, bien que monarchiste de tradition, il ne s'attachait qu'aux seules institutions capables de maintenir la France loin des aventures de la démagogie. Après lesélections du 9 juin où Thiers s'était fait le complice clandestin desgauches, il organisa la manifestation dite "des bonnets à poil" qui réclama du chef de l'Etat une politique loyalement conservatrice. Thiers se dégagea par une pirouette et Broglie lâcha prise. Après le discours de Grenoble où Gambetta mettait les notables au ban de la Nation, et l'élection radicale du 20 octobre que Thiers avait favorisée en sousmain, Broglie l'attaqua le 13 novembre et lui imposa la Commission dite des Trente pour élaborer l'organisation des pouvoirs publics (décembre 1872). Celle-ci parvint le 13 mars 1873 à cantonner Thiers dans son rôle de chef d'Etat. Après l'élection de Barodet à Paris le 27 avril, il contraignit Thiers à blâmer la faiblesse de son ministre de l'intérieur et le président de la République se tourna alors nettement versla gauche. Réalisant l'union des droites, Broglie obtint le 19 mai une majorité pour refuser d'examiner les projets constitutionnels de Thiers et le 24 interpella sur le remaniement de son ministère. Thiers offrit sa démission qui fut acceptée. Le duc poussa alors le Maréchal deMac-Mahon à accepter la Présidence de la République.

    1er Ministère
    - 23 mai-24 novembre 1873 : Vice président du Conseil et ministre des affaires étrangères,
    - 26 novembre 1873-28 mai 1874 : Président duConseil et ministre de l'intérieur.
    Il s'attacha immédiatement à faire voter des institutions propres à maintenir l'ordre moral. Il laissaorganiser la fusion des droites aux fins de restaurer le Comte de Chambord.
    Dès l'échec de la tentative de restauration, il fit voter le 20novembre le septennat en faveur de Mac-Mahon. Il obtint de sa majorité le 30 janvier 1874 la nomination des maires par le pouvoir exécutifet fit retirer à ces magistrats la police municipale dont les préfetsfurent gratifiés.
    Il ne fut pas élu par l'Assemblée de Versailles parmi les 75 sénateurs inamovibles mais passa dans l'Eure le 30 janvier 1876. Il vota constamment des lois contre les propositions de la minorité radicale.

    2nd Ministère
    - 17 mai-23 novembre 1877 : Président du Conseil et ministre de la Justice,
    En mai 1877, il est consulté parMac-Mahon qui voulair renvoyer le ministère Jules Simon. Malgré son opposition, il accepta cependant de constituer un cabinet de résistance.
    Il reprit sa place au Sénat, combattant en champion des grandes causes religieuses, les mesures qui menaçaient l'Église, les congrégations, les Écoles libres ; le 24 janvier 1880 il se fait l'avocat du conseil supérieur de l'instruction publique ; le 10 juin 1881 il demandele rétablissement de l'instruction morale et religieuse dans l'enseignement primaire ; le 31 mai 1883 il dénonce la propagande politiquedes instituteurs. En janvier 1885, il ne fut pas réélu au Sénat ; le4 octobre 1885, il ne fut pas réélu à la Chambre.
    Il se retire alorsdéfinitivement de la vie publique.
    C'est dans la deuxième partie desa vie qu'il se lança dans de grandes études historiques qui lui donnèrent une seconde célébrité.
    Il partageait sa vie entre le château deBroglie et son hôtel rue de Solférino à Paris. Il fut fondateur et président de la société d'histoire diplomatique en 1886. Président de lasociété d'agriculture, sciences, lettres et arts de Bernay de 1863 à sa mort. Élu membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques 9février 1895 comme successeur de Victor Duruy.
    Il fut également dansles affaires membres du conseil de l'Union Générale dans ses débuts etPrésident de St-Gobain jusqu'à sa mort.
    Il mourut d'un cancer de lalangue le samedi 19 janvier 1901, à 20h45 à Paris.
    Selon sa volonté aucun discours ne fut prononcé à ses obsèques.
    A l'Académie Françaisele Marquis de Voguë fit son éloge le 12 juin 1902 ; aux Sciences Morales et Politiques le Marquis de Franqueville le 26 janvier 1901 puisFagniez le 5 avril 1902.
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    Prince du St-Empire
    Chevalier de la Légion d'Honneur.
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    Message : 2
    Date : Sun, 6 Mar 2005 20:27:47 +0100 (CET)
    De : Arnaud MARCHAIS
    Objet : Re : Pauline de Galard, duchesse de Broglie (1825-1860)
    Merci Dominique,
    Voici un portrait de son mari le duc Albert deBroglie :
    Né à Paris, le 13 juin 1821.
    Il était le fils de l'académicien duc Victor de Broglie ; il ne fut duc qu'à la mort de son père, en 1870. Il joua un rôle politique important, qui le rendit très impopulaire pendant les premières années de la troisième République ; député en 1871, ambassadeur à Londres de 1871 à 1872, il combattit Thiers, l'interpella et le renversa à 16 voix de majorité. Président du premier cabinet du gouvernement du maréchal Mac-Mahon, au 24 mai 1873, il eut cette même année le portefeuille des Affaires étrangères, puis celui de l'Intérieur, il proposa et organisa le Septennat et démissionna en 1874. Il ne fut pas élu sénateur inamovible, mais le départementde l'Eure l'envoya au Sénat ; président du Conseil et ministre de laJustice après l'acte du 16 mai 1877, qu'il avait conseillé, il fit dissoudre la Chambre après le vote protestataire des 363, dont il ne putempêcher la victoire électorale ; il démissionna le 15 novembre 1877, ne fut pas réélu sénateur en 1885 et se retira de la politique.
    Collaborateur de la Revue des Deux Mondes en 1848, il fit œuvre d'historien et publia notamment deux études sur Frédéric II. Candidat du partimonarchiste et religieux à l'Académie, combattu par Sainte-Beuve et les impérialistes, il fut élu le 20 février 1862 en remplacement du Père Lacordaire, par 26 voix sur 29 votants, et reçu le 26 février 1863 par Saint-Marc Girardin.
    Mort le 19 janvier 1901.
    http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html

    ASSEMBLÉE NATIONALE
      08/02/1871 - 07/03/1876 : Eure
     
     SÉNAT
      Sénateur : de 1876 à 1885  
     
     GOUVERNEMENT
      Président du Conseil : du 25/05/1873 au 16/05/1874, du 28//1873 au 16/05/1874 et du 17/05/1877 au 19/11/1877

    Jacques,Victor, Albert DE BROGLIE
    (1821 - 1901)



    Informations générales
    Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés
    Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs
    Gouvernement
    Biographie





     INFORMATIONS GÉNÉRALES


       M. Jacques, Victor, Albert DE BROGLIE 

       Né le 13/06/1821 à PARIS (SEINE - FRANCE)
       Décédé le 19/01/1901 à PARIS (PARIS - FRANCE)
     

     MANDATS À L'ASSEMBLÉE NATIONALE OU À LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS


      08/02/1871 - 07/03/1876 : Eure- Centre droit
     

     MANDATS AU SÉNAT OU À LA CHAMBRE DES PAIRS


      Sénateur : de 01/01/1876 à 01/01/1885  
     

     GOUVERNEMENT


      Chef de gouvernement : du 25/05/1873 au 16/05/1874 ; du 17/05/1877 au 19/11/1877  
     

     BIOGRAPHIE


    Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny)

    fils du précédent, représentant à l'Assemblée nationale de 1871, ministre, sénateur de 1876 à 1885, né à Paris, le 13 juin 1821, apprit la politique à l'école de son père, mais y apporta son tempéramentparticulier. Il avait quinze ans quand il perdit sa mère, qui appartenait à la religion protestante ; on lui donna alors pour précepteur M. Doudan qui écrivait de lui un jour: ±Je vous assure qu'Albert est charmant et fait de son mieux. » Nourri dans le ± constitutionnalisme doctrinaire », il fit son apprentissage diplomatique durant la seconde partie du règne de Louis-Philippe, M. Guizot étant ministre, et M. Desages directeur de la politique. Le prince de Broglie, comme on l'appelait alors, fut envoyé pour ses débuts à Madrid, où M. Bresson dirigeaitl'ambassade française : c'était, par suite des mariages espagnols, undes postes les plus importants où pût être appelé un diplomate. Il nequitta Madrid que pour se rendre à Rome, sous les ordres du célèbre Rossi. M. Albert de Broglie vit naître la question italienne. Après lamort de Rossi, il regagna la France. Ni la république de 1848, ni le gouvernement issu du coup d'Etat de 1851 ne le comptèrent parmi leurs fonctionnaires: il se renferma alors dans la retraite et occupa ses loisirs à prendre part aux grandes controverses de ce temps. La Revue desDeux-mondes eut ses premiers travaux ; puis, ce fut au Correspondantqu'il les porta. Avec Montalembert, Lacordaire, de Falloux, Cochin, il s'était proposé d'inaugurer dans ce recueil une politique religieusedifférente de celle de l'Univers et conforme aux doctrines de ce qu'on a appelé le ± catholicisme libéral. » L’Histoire de l'Eglise chrétienne et de l'Empire romain au IVe siècle, qu'il publia, ouvrit, dès 1863, à M. de Broglie les portes de l'Académie française, où il siégea àcôté de son père ; il remplaçait le Père Lacordaire. M. de Broglie acheva de se faire connaître, comme publiciste, par une traduction des oeuvres de Leibnitz, une étude sur la réforme administrative en Algérie, et deux brochures intitulées: l'une, la Souveraineté pontificale etla liberté, l'autre la Liberté divine et la liberté humaine.

    Dévouéen politique, à la cause de la monarchie constitutionnelle représentée par la famille d'Orléans, M. de Broglie s'était mêlé de haut, en 1863, au mouvement électoral. ± Les rouges et les blancs, écrivait Mérimée le 12 juin 1863, s'allient sans la moindre vergogne. Le duc de Broglie reçut chez lui Carnot, le ministre de l'instruction publique de 1848, qui signait les factums de Mme Sand. Cela effraye un peu les épiciers qui se souviennent du peu de poivre qu'on achetait alors. » En 1869, il entra personnellement dans la lutte, aux élections du 24 mai, comme candidat de l'opposition orléaniste, dans la 2e circonscription del'Eure, et y obtint 3,581 voix contre le candidat officiel, député sortant, M. Fouquet, élu par 14,100 suffrages. Il accueillit le résultatde la journée du 4 septembre avec un sentiment assez complexe, qui sefait jour dans une lettre adressée par lui à son frère, l'abbé de Broglie: ± Tout est fini, mon cher ami, nous aurons à la fois le 24 février et 1815. La Chambre a été envahie on ne sait trop par qui, par des gens du peuple, des gardes nationaux, le premier venu. Il n'y a pas eude séance révolutionnaire, encore moins de résistance armée. Les députés de la gauche sont venus parler aux envahisseurs et sont partis brasdessus bras dessous avec eux pour l'Hôtel de Ville. On y a, dit-on, proclamé un gouvernement provisoire de noms modérés: Jules Favre, Ferry, Picard et Trochu à la tête, qui a conservé toute sa popularité. Qu'en fera-t-il ? Et où est-il en ce moment? Je n'en sais rien, et viens de le chercher en vain de lieu en lieu... » Le duc de Broglie - la mortde son père avait fait passer sur sa tête le titre ducal qui appartient aux aînés de sa maison - appelait de ses voeux la restauration de la monarchie. En arrivant à Bordeaux comme représentant de l'Eure, à l'Assemblée nationale, élu, le 8 février 1871, le 4e sur 8, par 45,453 voix (59,749 votants, 122,706 inscrits), il se trouva au premier momenten pleine intimité avec Thiers, à qui l'unissaient des relations déjàanciennes, et qui le nomma presque aussitôt ambassadeur à Londres. Là, il eut à suivre et à terminer les négociations relatives au traité de commerce de 1872. En même temps, il s'était fait inscrire comme député au centre droit de l'assemblée, et sa situation d'ambassadeur ne l'empêchait pas de venir se mêler à la plupart des discussions et des votes parlementaires. C'est ainsi qu'il opina pour l'abrogation des loisd'exil, et contre le retour de l'Assemblée à Paris, et qu'au mois d'août 1871, il quitta son poste pour venir tout exprès combattre dans les bureaux la proposition Rivet. Cependant, entre le chef du pouvoir exécutif et le parti auquel appartenait M. de Broglie, les dissidences s'accentuaient et s'aggravaient de jour en jour : elles eurent pour conséquence la démission de l'ambassadeur de Londres, le 1er mai 1872. Apartir de ce moment, M. de Broglie devint un des meneurs les plus actifs du centre droit, et l'âme de toutes les combinaisons parlementairesourdies pour renverser le président de la République. Il fit partie de cette députation dite des Bonnets à poil, qui, à propos des élections républicaines du 9 juin 1872, alla réclamer du chef de l'Etat une politique conforme aux voeux de la droite. Rapporteur, en juillet, du projet de convention préparé entre le président de la République française et l'empereur d'Allemagne, ± à l'effet d'abréger l'occupation étrangère, en rapprochant les termes de paiement de la contribution des cinq milliards, » il en proposa la ratification, non sans avoir vivementcombattu le projet dans les bureaux ; il fut sanctionné le 7, à l'unanimité, moins trois voix légitimistes. M. de Broglie fut encore, en février 1873, rapporteur de la fameuse commission des Trente, qui avaitadopté un projet de résolution ainsi formulé: ± L'assemblée ne se séparera pas sans avoir statué sur l'organisation et le mode de transmission des pouvoirs législatif et exécutif, sur la création et les attributions d'une deuxième Chambre et sur la loi électorale. » Le soin de préparer des projets de loi sur les trois points ci-dessus indiqués était confié au gouvernement. Le rapporteur proposait, en outre, d'adopterun système qui se résumait ainsi : ± Le président de la République communique avec l'Assemblée par messages lus à la tribune par un ministre. Il peut cependant être entendu, après en avoir annoncé l'intentionpar un message. Aussitôt ce message reçu, la discussion est suspendueet ne peut être reprise dans la séance où le président a été entendu.Nulle délibération n'a lieu en sa présence. Le président promulgue leslois urgentes trois jours après l'adoption, et les lois non urgentesdans les trois mois ; il peut, dans des délais fixés, et par messagesmotivés, demander une nouvelle délibération pour les premières, et l'ajournement à deux mois de la deuxième lecture pour les secondes. Le président a le droit d'être entendu sur les interpellations relatives àla politique extérieure ; sur la politique intérieure, il ne peut l'être que d'après l'avis motivé du conseil des ministres transmis à l'Assemblée. La future assemblée n'entrera en fonctions qu'après la séparation de l'Assemblée actuelle. » En somme, la commission et son rapporteur voulaient deux choses: écarter Thiers des séances, et retarder l'heure de la dissolution. La discussion, ouverte le 27 février, se prolongea jusque et y compris le 13 mars, date du vote de la loi par 407 voix contre 225 et 65 abstentions, Encouragé par ce premier succès, M.de Broglie continua son oeuvre, et fut le principal artisan du ± 24 mai », dont il prépara le plan comme membre du comité des Six, et où ilréussit à organiser pour quelque temps, contre la politique de la gauche, l'union conservatrice. Dans cette séance du 24 mai 1873, ce fut lui qui développa l'Interpellation des Trois Cents ± sur la nécessité defaire prévaloir dans le gouvernement, une politique résolument conservatrice. » ± Aux yeux des signataires, déclara M. de Broglie, la gravité de la situation se résume en ceci : la possibilité, révélée par lesdernières élections, de voir arriver, dans un délai plus ou moins prochain, le parti radical à la tête des affaires par la voie du suffrageuniversel, tel qu'il est organisé aujourd'hui. La possibilité du triomphe du parti radical, voilà ce qui constitue à leurs yeux la gravitéde la situation. » Puis l'orateur ajouta que, dans les conseils du gouvernement, deux tendances se combattaient : l'une, ouvertement décidéeà agir énergiquement contre le parti radical, l'autre disposée, dansle but d'apaiser les passions, à user avec lui de douceur, de patience, à ne pas aller jusqu'au bout des moyens légaux, à ne réprimer que l'excès du désordre matériel, etc. Il s'efforça de prouver que, par lesdernières modifications ministérielles (M. Casimir Périer et M. Waddington venaient d'entrer aux affaires), le cabinet ± était un peu plus dans la voie des concessions, des ménagements, des compromis vis-à-visdu parti radical. » M. Dufaure, M. Casimir Périer, ministre de l'Intérieur et M. Thiers lui-même protestèrent contre les intentions qu'on leur prêtait ; mais en vain : l'ordre du jour pur et simple, réclamé par le gouvernement, fut repoussé, la rédaction de M. Ernoul adoptée, etla démission de Thiers acceptée. Le lendemain, le maréchal de Mac-Mahon, président de la République, chargeait M. de Broglie de la formation du ministère, dans lequel il prit le titre de vice-président du conseil avec le portefeuille des Affaires étrangères. Par la circulaire qu'il adressa, le 26, aux représentants de la France à l'étranger, le nouveau ministre annonça ne vouloir rien changer à la politique extérieure du gouvernement précédent. Le 5 novembre, l'assemblée ayant reprissa session, le vice-président du conseil donna lecture d'un message duprésident de la République, qui après avoir signifié la libération complète du territoire, rappelait à l'assemblée qu'elle avait mis à l'ordre du jour l'étude des lois constitutionnelles : ± Pour donner au repos public une garantie sûre, ajoutait ce document, il manque au régimeactuel deux conditions essentielles dont vous ne pouvez sans danger,le laisser privé plus longtemps ; il n'a ni la stabilité, ni l'autorité suffisantes... » Immédiatement après cette lecture, le président del'assemblée lut une proposition tendant à proroger les pouvoirs du maréchal de Mac-Mahon.

    Cette proposition, légèrement modifiée sur lerapport de M. Ed. Laboulaye, fut adoptée par l'Assemblée: ce fut le septennat. Dans le remaniement ministériel qui suivit cette résolution,M. de Broglie conserva les fonctions de vice-président du conseil en échangeant seulement le portefeuille des Affaires étrangères contre celui de l'Intérieur. C'est sous son administration que s'élaborèrent tous les préparatifs de fusion et les divers projets de restauration monarchique. C'est à son gouvernement aussi qu'est due la déclaration parlaquelle il promettait de se vouer à une oeuvre de préservation sociale, et puisque l'ordre matériel existait, de rétablir, en outre, l'ordre moral. Une loi, votée par la même majorité qui avait fait le 24 mai,remettait aux conseils municipaux l'élection des maires. M. de Broglie ne crut pas pouvoir administrer utilement avec une telle loi ; ilprésenta un projet de loi conférant au gouvernement la nomination desmaires, soit par le président de la République, soit par les préfets.Le projet retirait aux maires la police municipale, pour en investir les préfets, sous-préfets ou un délégué spécial. Après en avoir d'abordajourné la discussion, l'Assemblée finit par voter le projet, le 30 janvier 1874, avec cette seule modification que le gouvernement ayant la faculté de prendre les maires en dehors du conseil municipal, ne pourrait les prendre en dehors des électeurs communaux. Armé de cette loi, M. de Broglie ne tarda pas à révoquer la plupart des maires choisisparmi les membres républicains des conseils municipaux. Cependant leslégitimistes purs, qui ne pouvaient lui pardonner d'avoir déclaré quele septennat fermait pour sept ans la porte à la monarchie, et d'avoirfait rejeter, le 27 mars 1874, la proposition Dahirel invitant l'Assemblée à statuer sans retard sur le gouvernement définitif de la France, firent sentir plusieurs fois à M. de Broglie le poids de leur rancune. Le fameux projet de Chambre haute ou de ± Grand Conseil » qu'il avait songé à faire nommer moitié par le gouvernement, moitié par un corps spécial d'électeurs, acheva de lui aliéner l'extrême droite, qui y vit la consécration du septennat et surtout une combinaison orléaniste.L'Assemblée était rentrée le 12 mai : le 16, elle eut à décider si laChambre, en réglant son ordre du jour, accorderait la priorité à la loi d'élections municipales ou à la loi d'élections politiques. M. de Broglie donnait la préférence à la première ; les royalistes préféraient la seconde. C'est sur ce point que s'ouvrit le débat. Le ministèreen fit une question de cabinet. L'Assemblée ayant repoussé, par 381 voix contre 317, la proposition ministérielle, le cabinet Broglie donnaaussitôt sa démission. - Un cabinet d'affaires, présidé par M. de Cissey lui succéda.

    Le système de M. de Broglie survécut à la chute deson auteur, et jusqu'au 25 février 1875 inclusivement (puisqu'il votales lois constitutionnelles) l'esprit de l'ancien vice-président du conseil présida au gouvernement du pays. Tombé du ministère, il reprit la direction du centre droit et de la droite modérée, et monta à la tribune dans plusieurs occasions, notamment pour combattre la propositionCasimir Périer en faveur de l'organisation de la République. Il repoussa de même l'amendement Wallon et l'amendement Pascal Duprat, mais sedécida, à la fin de la législature, à adopter l'ensemble de la Constitution. L'hostilité des gauches et des légitimistes purs fit échouer,avec une très faible minorité, sa candidature aux élections des sénateurs inamovibles, en 1875. Il se présenta alors aux électeurs sénatoriaux de l'Eure, et fut élu au second tour, avec 408 voix sur 791 votants, grâce à l'appui des bonapartistes. Au Sénat, le duc de Broglie votaconstamment avec les divers partis coalisés qui repoussèrent à diverses reprises les lois votées par la majorité républicaine de la Chambredes députés. Il se prononça notamment contre le projet de loi qui rendait à l'Etat la collation des grades universitaires, et contre le cabinet Dufaure. Lors du coup d'Etat parlementaire du maréchal de Mac-Mahon, qui força le ministère Jules Simon à donner sa démission, M. de Broglie fut appelé à former un cabinet de résistance. Il y prit la présidence du conseil et le portefeuille de la Justice (17 mai 1877). Son premier acte fut d'ajourner à un mois la Chambre des députés. Pendant que M. de Fourtou, son collègue à l'Intérieur, révoquait nombre de fonctionnaires de l'ordre administratif suspects d'opinions républicaines,M. de Broglie adressait une circulaire aux procureurs généraux dans laquelle il appelait sur ses adversaires les rigueurs de la magistrature; de concert avec les autres membres du cabinet, il employa toute son activité à faire revivre les mesures autoritaires qu'il avait déjà mises en pratique en 1873 et 1874. Il travailla à former dans le Sénatune majorité favorable à la dissolution de la Chambre, et quand il l'eut attachée à ses vues, le 16 juin, après la rentrée des Chambres, illut à la Chambre haute un message du président de la République, demandant la dissolution de la Chambre des députés et faisant appel au payspour qu'il nommât des députés favorables à sa politique. On sait queles élections du 14 octobre 1877 condamneront cette politique : le premier ministre se retira alors non sans avoir fréquemment abordé la tribune parlementaire. Un de ses admirateurs, M. Ernest Daudet, a écrit :± Le duc de Broglie est né orateur. Cela est si vrai qu'il est même parvenu à surmonter des difficultés propres à éteindre une inspirationmoins sûre d'elle-même que la sienne. L'organe est mauvais, la voix mal posée, facilement étranglée dans la gorge ; la prononciation défectueuse, parfois embarrassée. Mais ces défauts de nature n'enlèvent rienà la puissance de l'inspiration, à la sûreté de la pensée, à la solidité des arguments, à la beauté du langage... » La critique de M. Camille Pelletan, un adversaire politique il est vrai, est moins favorable: ± Rien de pauvre, selon lui, comme cette parole qui a l'allure d'unarticle de revue. Encore sa laborieuse correction n'existe-t-elle qu'àl'Officiel ; et si préparées qu'elles soient, les improvisations deM. de Broglie ont besoin d'être entièrement refaites après coup, pourne pas prêter au sourire. » Redevenu simple sénateur, M. de Broglie prit part à toutes les manifestations de la droite jusqu'en 1885. Les questions de politique extérieure, à propos desquelles il interpella fréquemment le gouvernement républicain, et les questions d'enseignementdébats sur le conseil supérieur de l'instruction publique, etc.) l'amenèrent plus d'une fois à la tribune. Il lutta opiniâtrement pour le succès des idées conservatrices, vota, depuis 1879, contre les divers cabinets de gauche qui eurent la confiance de la nouvelle majorité sénatoriale, et quitta enfin le Sénat, le 6 janvier 1885, ayant échoué dansle département de l'Eure, avec 523 voix contre 533 accordées au dernier élu des républicains, M. Lecointe. Le suffrage universel ne lui futpas plus favorable, le 4 octobre de la même année. Porté sur la listeconservatrice de l'Eure, il fut le seul candidat de cette liste qui se trouva en minorité : un républicain modéré, M. Papon, député sortant, l'emporta sur lui avec 40,554 voix contre 40,346.

    Outre les ouvrages cités plus haut, on a de M. de Broglie deux ouvrages historiques plus récents : Le Secret du roi, et Marie-Thérèse et Frédéric II.



    Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J.Joly)

    Né le 13 juin 1821 à Paris mort le 19 janvier 1901 à Paris.

    Représentant de l'Eure à l'Assemblée Nationale de 1871à 1876. Sénateur de l'Eure de 1876 à 1885. Vice-Président du Conseilet Ministre des Affaires étrangères en 1873.

    Vice-Président du Conseil et Ministre de l'Intérieur de 1873 à 1874. Président du Conseil etMinistre de la Justice en 1877. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. 1, p. 504).

    Après ces deux échecs il reprit ses études historiques et écrivit pendant cette deuxième partie de sa vie : Histoire et diplomatie (1889) ; Maurice de Saxe et le Marquis d'Argenson (1891) ; La Paix d'Aix-la-Chapelle (1892) ; Voltaire avant et pendant la guerre de SeptAns (1898) ; L'Alliance autrichienne (1895) ; Le dernier bienfaitde la monarchie (1901).

    Il mourut à Paris le 19 janvier 1901 à 80ans. Ses mémoires ont été publiés en 1942.

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                                                                             _____|16_François Marie de BROGLIE, 1e duc de Broglie 1671-1745
                                                   _____|8_Victor François de BROGLIE, Premier baron de Normandie 1718-1804
                                                  /                         ¯¯¯¯¯|17_Thérèse Gilette LOQUET de GRANVILLE 1692-1763
                         _____|4_Charles Louis "Victor" de BROGLIE, 3e duc de Broglie 1756-1794
                        /                        \                          _____|18_Louis Antoine CROZAT de THIERS, Marquis de Moy 1700-1770
                       /                          ¯¯¯¯¯|9_Louise Augustine Salbigothon CROZAT de THIERS 1733-1813
                      /                                                     ¯¯¯¯¯|19_Marie "Louise-Augustine" de MONTMORENCY-LAVAL 1712-1776
|2_Léonce Achille Charles "Victor" de BROGLIE, Duc de Broglie 1785-1870
|                    \
|                     \                           _____|10_Eugène Augustin Octave de ROSEN-KLEÏNROOP, Comte de Kleinroop 1737-1775
|                      \                         /
|                       ¯¯¯¯¯|5_Sophie Rose de ROSEN-KLEÏNROOP, Marquise d'Argenson 1764-1828
|                                                \                          _____|22_Claude Esprit JOUVENEL de HARVILLE des URSINS de TRAINEL 1723-
|                                                 ¯¯¯¯¯|11_Marie Antoinette JOUVENEL de HARVILLE des URSINS de TRAINEL 1745-1798
|                                                                           ¯¯¯¯¯|23_Marie Antoinette de GOYON de MATIGNON 1725-1770
|--1_Jacques Victor "Albert" de BROGLIE, 4e duc de Broglie 1821-1901
|                       _____|6_Eric-Magnus de STAËL-HOLSTEIN, Baron de Staël 1749-1802
|                     /
|3_Ida Gustavine "Albertine" de STAËL-HOLSTEIN, Baronne de Staël-Holstein 1797-1838
                      \
                       \                           _____|14_Jacques NECKER 1732-1804
                        \                         /
                         ¯¯¯¯¯|7_Anne Louise "Germaine" Alias Madame de Staël NECKER 1766-1817
                                                  \
                                                   ¯¯¯¯¯|15_Suzanne CURCHOD 1737-1794