Comte de Lisieux (1760-1783)

  • Né le 11 novembre 1703 - Château de Condorcet, 26110, Auvergne-Rhône-Alpes, FRA
  • Décédé le 21 septembre 1783 , à l’âge de 79 ans
  • Militaire puis ecclésiastique

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 Chronologie


 Notes

Notes individuelles

Officier, puis grand vicaire auprès de son oncle Jean d'Yse de Saléon (évêque de Rhodes puis archevêque de Vienne), évêque de Gap (1741), d'Auxerre (1754) puis de Lisieux (1761)

A la mort de Charles de Caylus, le chapitre nomma, en vertu de son droit de régale, et suivant les prescriptions canoniques, six vicaires généraux qui, pendant la vacance du siège, prirent différentes mesures dâÇÖadministration.

Boyer, évêque de Mirepoix et ministre de la feuille des bénéfices, voulant arrêter à Auxerre le triomphe du Jansénisme, proposa au roi, le 24 juin 1754, pour succéder à de Caylus, Jacques de Condorcet, alors évêque de Gap.

Issu dâÇÖune ancienne et noble famille du Dauphiné, Jacques de Condorcet naquit an château de Condorcet, près de Nyon, au diocèse de Die, le 11 novembre 1703, et était le troisième fils dâÇÖAntoine de Caritat, seigneur de Condorcet, de Montaulieu, etc., et de Judith Arnica. Dans sa jeunesse, il suivit la carrière des armes et servit pendant plusieurs années dans les chevau-légers. SâÇÖétant ensuite fait ecclésiastique, il devint grand-vicaire dâÇÖAgen, puis de Rodez, sous Jean dâÇÖYse de Saléon, son oncle, qui fut successivement évêque de ces diocèses et mourut, en 1751, archevêque de Vienne. Il se signala en Rouergue par son zèle pour la bulle Unigenitus.

Nommé évêque de Gap par brevet royal du 31 octobre 1741, lâÇÖabbé de Condorcet ne tarda pas à obtenir ses bulles, fut sacré le 28 janvier 1742, et prêta , le 26 mars suivant, serment de fidélité entre les mains du roi. Le 4 août de la même année, il fit son entrée solennelle à Gap, et souscrivit la déclaration de respecter ce qui restait des vieux droits et des anciennes franchises de la cité.

Le nouveau prélat se mit immédiatement à lâÇÖoeuvre et sâÇÖefforça de faire revivre au sein de son clergé les ordonnances synodales de ses prédécesseurs. Il eut, il est vrai, quelques démêlés avec son chapitre au sujet de ses privilèges épiscopaux, mais ils se terminèrent heureusement, le 22 août 1745, par une transaction qui régla aussi quelques autres affaires relatives à la reconstruction des moulins de Charance et à la succession de Claude de Cabanes, son prédécesseur. Il fit ouvrir au palais épiscopal un registre dans lequel tous les membres de son clergé, et même les doctrinaires, directeurs du séminaire, furent tenus de souscrire une déclaration portant quâÇÖils acceptaient sincèrement la constitution Unigenitus.

Son zèle pour lâÇÖorthodoxie fixa lâÇÖattention du gouvernement qui était fatigué des tiraillements intérieurs produits par les querelles religieuses, et, comme nous lâÇÖavons dit, lui valut lâÇÖhonneur de réparer les désastres de lâÇÖépiscopat de Charles de Caylus. Préconisé dans le consistoire du 16 septembre 1754, de Condorcet prêta serment pour le siège dâÇÖAuxerre le 13 janvier 1755 et fut installé en personne, le 2 février suivant.

La première mesure de son épiscopat, à Auxerre, fut dâÇÖinterdire tous les prêtres jansénistes à qui les pouvoirs devaient être renouvelés. IL ne fit en cette circonstance aucune exception de personnes, ni régulières, ni séculières, et eut soin de ne confier des fonctions sacrées quâÇÖaux ecclésiastiques soumis à la bulle Unigenitus. Comme on peut sâÇÖen douter, cet interdit général souleva une véritable tempête dans le diocèse. Les curés, qui ne voulurent point se soumettre, furent aussitôt inquiétés : on leur intenta une multitude de procès criminels; mais, afin que le saint ministère ne souffrit point dâÇÖinterruption, lâÇÖévêque confia des pouvoirs aux Capucins, aux Cordeliers et aux Pères de la Compagnie de Jésus que son prédécesseur avait interdits. Ces derniers furent chargés de missions dans le diocèse. De Condorcet fit plus : il ne voulut point paraître à la cathédrale, ni officier, ni communiquer in divinis avec son chapitre. Ce furent des disputes, des querelles et des discussions auxquelles, sans crainte de se tromper, on peut attribuer lâÇÖétat de dépérissement où était la foi, dans ce diocèse, parmi les populations, lorsque arriva, en 1793, lâÇÖépoque de la Terreur.

En faisant la visite générale du diocèse, de Condorcet trouva des personnes qui, à 25 et même à 30 ans, nâÇÖavaient pas encore fait leur première communion; dâÇÖautres, qui étaient mariées depuis 5, 6 et 10 ans, se trouvaient dans ce cas, parce que les curés jansénistes ne les avaient point jugées dignes de recevoir lâÇÖabsolution. Il fit faire, en leur faveur, des catéchismes dans les chapelles de son séminaire, et donna une instruction pastorale sur les dispositions nécessaires pour le sacrement de Pénitence. Les Jansénistes la taxèrent de relâchement et leurs disputes avec le prélat donnèrent lieu à plusieurs écrits pour et contre la prédestination gratuite, la nécessité et lâÇÖétendue du précepte de lâÇÖamour de Dieu, etc. Quelques mémoires et mandements que lâÇÖévêque publia, furent trouvés contraires aux droits et privilèges du clergé de second ordre.

Le prélat persistait à ne pas avoir de rapports avec son chapitre, lorsquâÇÖune lettre du roi, du mois de juillet 1756, lâÇÖinvitant à célébrer un Te Deum dâÇÖactions de grâces au sujet de la prise du Port-Mahon, le jeta dans un grand embarras. il sâÇÖen tira en partant brusquement de Régennes pour Montélimart, dâÇÖoù il ne revint que le 26 octobre suivant.

A son retour, le corps du chapitre alla le complimenter, et le chanoine Mignot porta la parole pour lui présenter lâÇÖoffice de la Toussaint. Le discours de celui-ci roula principalement sur le bonheur quâÇÖaurait le chapitre de recevoir le prélat dans son église, et sur lâÇÖardent désir quâÇÖil avait de voir lâÇÖunion régner entre eux. De Condorcet accueillit très bien les députés, mais ne céda point.

Cependant, le jour de lâÇÖoctave de la Toussaint (1756), il annonça quâÇÖil assisterait à lâÇÖoffice et y parlerait. La foule accourut aussitôt. LâÇÖévêque prit en effet là parole, mais ce fut pour lire lâÇÖInstruction pastorale de Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, datée de Conflans, et traitant de lâÇÖautorité de lâÇÖÉglise dans lâÇÖenseignement de la foi, de lâÇÖadministration des sacrements, de la bulle Unigenitus, etc. Il concluait en excommuniant ipso facto ceux qui composeraient ou liraient des écrits contraires à la soumission due à la bulle, les magistrats qui rendraient des jugements pour faire administrer les sacrements, et ceux qui auraient recours à cette voie pour les obtenir. Son adhésion à cet illustre archevêque dans le temps de ses disputes avec le parlement, lui valut une lettre de cachet avec invitation de se rendre à lâÇÖabbaye de Vauluisant. CâÇÖétait un exil. Le gouvernement voulait bien que les Jansénistes fussent retenus dans leurs écarts, mais il nâÇÖaimait ni le bruit et lâÇÖéclat. Pour empêcher ce bruit et cet éclat dâÇÖune manière plus efficace, lâÇÖévêque reçut lâÇÖordre de se retirer au château de Condorcet, dans sa famille, où il demeura près dâÇÖun an.

De retour à Auxerre (6 décembre 1757), il y continua ses visites pastorales, et suivit courageusement les principes quâÇÖil avait adoptés pour règle de conduite. Ses ordonnances et ses procès contre les Jansénistes furent cassés par des arrêts de défenses et par des appels comme dâÇÖabus devant le parlement de Paris. Ces contestations qui désolaient le diocèse, déterminèrent Louis XV à demander la démission du prélat qui sâÇÖy refusa longtemps. Certains gazetiers ont même écrit quâÇÖil avait fait le voeu de mourir évêque dâÇÖAuxerre. Cependant, après avoir assisté, en mars 1760, à lâÇÖassemblée du clergé dont il fut lâÇÖun des présidents, et fait la visite des paroisses du diocèse, où il essaya de déraciner lâÇÿesprit janséniste implanté par son prédécesseur.1 M. de Condorcet songea à quitter Auxerre pour Lisieux. Cette affaire fut traitée avec le plus grand secret. Le 1er décembre de cette année, un arrangement fut signé entre lui et J.-B. Marie de Cicé, évêque de Troyes, qui devait lui succéder. Le ministre y donna son approbation. Ce ne fut toutefois quâÇÖau mois de mars suivant que le changement fut connu.

Le brevet royal du transfert de l'évêque dâÇÖAuxerre au siège de Lisieux est datée du 1er janvier 1761. De Condorcet fut préconisé à Rome dans le consistoire du 16 février suivant, et prêta serment de fidélité entre les mains du roi le 9 mars.

Le nouvel évêque de Lisieux ne se relâcha point de ses principes et maintint toujours intacts les droits de lâÇÖÉglise et de la foi; mais le diocèse quâÇÖil gouvernait alors, était loin dâÇÖêtre gangrené par lâÇÖhérésie du jansénisme comme celui quâÇÖil venait de quitter. Il eut cependant à sévir contre quelques ecclésiastiques récalcitrants.

Il mourut généralement regretté, le dimanche 21 septembre 1783, à lâÇÖâge de près de 80 ans.

On a reproché à ce prélat son humeur litigieuse, son goût décidé pour la chicane et un grand amour de la vaine gloire; mais les Jansénistes qui lâÇÖont tant décrié, nâÇÖont pu formuler aucun reproche contre ses moeurs qui étaient exemplaires, et on peut croire que ce ne fut point par ménagement. Il avait du zèle et de lâÇÖéloquence, sâÇÖexprimait avec beaucoup de facilité, se montrait fort charitable, et surtout fort appliqué au gouvernement du diocèse confié à ses soins. Ce qui est certain, câÇÖest quâÇÖil laissa des regrets à Gap, à Auxerre et à Lisieux, et cela prouve assurément en sa faveur.

NâÇÖoublions pas de dire que cet évêque fut lâÇÖoncle de Jean-Antoine-Nicolas, marquis de Condorcet, quâÇÖil plaça à onze ans dans la maison des Jésuites de Reims.
La vie de Jacques-Marie de Condorcet a été publiée, on 1770, par un anonyme.

A propos du château de Condorcet

LâÇÖANCIEN CHATEAU FORT, qui fut le berceau de la famille du grand conventionnel, nâÇÖest plus quâÇÖun amas de ruines. Il en subsiste seulement quelques tours. Le donjon en est la partie la mieux conservée. Les fortifications du château et celle du village de Condorcet furent comprises au nombre des ½ places non frontières » dont lâÇÖédit royal de 1627 ordonna le démantèlement.

 Sources

  • Personne: Base Roglo

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

Laurent de Caritat de Condorcet   Marie d'Yse    
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Antoine de Caritat de Condorcet, Seigneur de Condorcet †/1740   Judith Amieu †/1740
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Jacques Marie de Caritat de Condorcet, Comte de Lisieux 1703-1783



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