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  • Né le 12 mars 1747 - Saint-Nizier
  • Décédé le 9 juillet 1794 - Paris,à l'âge de 47 ans
  • Libraire, secrétaire et maître d'hôtel du roi, agioteur puis journaliste et espion au service de la coalition (1791-an II)

 Parents

 Union(s) et enfant(s)

 Notes

Notes individuelles

Notice en cours de publication ..

DUPLAIN ET LE RESEAU PITT

Famille, relation""

Gendre de Allier d'Hauteroche et beau-frère de Boulouvard. Il était associé en affaires avec son cousin Pierre Jean Duplain qui était un collaborateur et ami de MARAT. En outre, par sa première femme, il était le beau frère de Terrasse de Tessonnet agent de Wickham Voir Emmanuel Vingtrinier, La Contre-Révolution . Première période .1789-1791.T. 1 : La préparation (1789-septembre 1790) et T. 2 : L'action (septembre 1790-Mars 1791), Emile Paul, 1924-1925, 2 vol. , 384 et 416 , Caudrillier, La trahison de Pichegru, 1908, p.71Blanc Les espions de la Révolution et de l'Empire, Paris, 1995.

Voir "Terrasse sieur de Tessonnet agent de Wickham :

http://gw.geneanet.org/darbroz_w?lang=fr&pz=rose&nz=theze&ocz=0&p=jacques+marie&n=terrasse

Son autre parent est Allier d'Hauteroche, voir:

https://books.google.fr/books?id=wOMUAAAAQAAJ&pg=PA500&dq=duplain%22f%C3%A9vrier+1793%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjU-t_Tt4TKAhUMcRQKHWq1CQ84ChDoAQgrMAM#v=onepage&q=duplain%22f%C3%A9vrier%201793%22&f=false

Claude Odile Baroud, notaire, son ami et compatriote lyonnais avait été un des agents de Calonne pour soutenir le cours de ses emprunts à la Bourse avant la Révolution. Le beau-frère de Baroud, ou précisément l'amant de sa soeur, la comtesse de Genetines, n'était autre que Nathaniel Parker-Fort qui eut la direction de l'espionnage britannique en France pendant la Révolution.

Venu à Paris Benoit Duplain de Sainte-Albine vécut dans la section des Cordeliers au début de la Révolution, logeant d'abord avec son cousin et associé Pierre Duplain, connu comme un des maratistes les plus exaltés de leur quartier. Les deux cousins côtoyaient l'abbé Royou, ultra royaliste et son frère Royou Guermeur qui participa avec Pierre Duplain aux massacres de septembre. Ils étaient aussi liés à Fréron qui naviguait entre deux eaux et s'illustrera par ses violences dans le Midi. On a dans le mélange des genres, un autre cas fameux, celui encore de Dumas cité comme un égorgeur de lyon", qui était un des agents de Wickham, coordonnateur de l'espionnage anglais à Lyon et en Suisse, cousin du Dumas président du Tribunal révolutionnaire et en quelque sorte égorgeur lui aussi, à Paris (voir sur cette base les notices en cours correspondant à ces personnages). Ces paradoxes ont déconcerté ceux des historiens qui ont accepté de voir les choses en face.

Les uns et les autres côtoyaient Marat sur lequel l'historiographie n'a pas fini de s'interroger, et notamment Pierre Duplain ou Royou dit Guermeur qui entrèrent avec lui au "comité des massacres de septembre 1792" (comité de surveillance de la Commune). Voir aussi ce que Soulavie qui connaissait particulièrement bien l'entourage de l'ami prétendu du peuple, témoigne à son sujet (notice Marat).

Les débuts

D'abord libraire à Lyon, associé à son cousin Pierre pour des éditions de l'Encyclopédie et des oeuvres de Rousseau, Duplain de Sainte-Albine vint à Paris pour agioter à la veille de la Révolution. Il y acheta une charge de maître d'Hôtel du roi (cité dans les Manieurs d'argent de Jean Bouchary).

Ci-dessous contestation avec Muguet de Saint-Didier

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6532117g/f227.item.r=Duplain%20Saint-Albine.zoom

Duplain dit de Sainte-Albine se fit connaître du public par ses Lettres à M. le comte de B... (7 volumes, BHVP 10631 ), des lettres intéressantes par les anecdotes anciennes et modernes qu'elles renferment, et qu'on a attribuées un temps au Marquis de Luchet parce que parfois reproduites dans le Journal de la Cour et de la Ville, le journal des royalistes ultra qui se réunissaient autour de Rivarol et autres. Il devint journaliste en vue jusqu'à son arrestation en aout 1792. Voir

https://books.google.fr/books?id=WNUPwu4L2mMC&pg=PA139&dq=%22sign%C3%A9+duplain%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwio8YelpvnJAhUCDhoKHaLdAkUQ6AEIITAB#v=onepage&q=%22sign%C3%A9%20duplain%22&f=false

Sur sa carrière de journaliste et ses publications comme sur son service de messagerie moderne voir l'excellent article d'Anfré Fribourg

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1162661/f539.item.r=Duplain%20Sainte-Albine.zoom

Les deux cousins avaient également fondé le "Courrier extraordinaire ou le premier arrivé", un journal quotidien dont le siège était à l'hôtel de Tours, rue du Paon. Situé dans le quartier de saint-André des arcs (section des Cordeliers) , entre la rue des Cordeliers, la rue du Paon, la cour de Rouen et la cour du commerce, la vaste demeure (qui avait appartenu aux archevêques de Tours), abritait une imprimerie et une société d'édition dont l'équipe était formée par le cousin de Duplain, le maratiste Pierre Duplain, également le futur général Brune, ami de Camille et Lucile Desmoulins, et enfin Ange Pitou, le spirituel pamphlétaire royaliste (beaucoup de ces patriotes "vivement colorés" du quartier des Cordeliers avaient des manières de muscadins dans le privé).

Duplain de Sainte-Albine avait conçu l'audacieux projet d'un service de messagerie reliant l'hôtel de tours aux villes importantes, transportant à toutes brides le Courrier extraordinaire au pris de 36 livres par an. A la fin de 1790, il conçut le projet de transporter outre les journaux, les voyageurs et les marchandises, et aussi les assignats. Mais il se heurta à l'Assemblée nationale qui investit l'organisation des diligences d'un monopole. Inventif, il proposa aux militaires de chaque armée de se faire correspondant de presse. Puis il nomma des correspondants à l'étranger. Dès avril 1790, il publiait une rubrique sous le titre "extrait des papiers anglais". Mais le 8 décembre 1790 il faisait faillite (Archives de Paris, D4B6 111n°7924)

Le financement de cette entreprise était assuré par le notaire et homme d'affaires Claude Odile Baroud. Ce service de messagerie, si précieux pour le développement et la logistique de l'espionnage n'eut pas le temps de se développer, les événement en décidant autrement. Car le journal de Duplain, le Courrier extraordinaire, était complètement royaliste et le titre fut censuré après le 10 aout 1792, après que l' imprimerie ait été dévastée au cours d'une émeute. Lui même, trop en vue, fut arrêté en même temps que les défenseurs des Tuileries et envoyé à la prison des Carmes où il s'attendait à périr égorgé le 2 septembre.

MASSACRE AUX CARMES

Listé comme prisonnier des Carmes par Maton de La Varenne, Histoire particulière, p.434 voir:

https://books.google.fr/books?id=ZNJBAAAAcAAJ&pg=PA434&lpg=PA434&dq=duplain+carmes&source=bl&ots=oPqdycIjoc&sig=ddAz2Hw8atm9JCwLzj6TBACpPk0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiqy9XomPfJAhUJWRQKHUrlCh0Q6AEIIjAC#v=onepage&q=duplain%20carmes&f=false

Selon son ami intime Ange Pitou, Duplain-Saint-Albine " sortit des Carmes où il lutta deux heures contre les assassins" . Encore d'après Pitou, son évasion fut organisée par son cousin maratiste, Pierre Duplain (qui venait lui-même de recruter Marat dans le Comité de surveillance de la Commune) lequel, selon lui, serait arrivé de justesse pour sauver le cousin Duplain-Sainte-Albine. Les assassins arrivèrent dans un corridor noir sous les toits, au fond duquel est une chambre fermée; c'est le gîte de Duplain de Sainte-Albine. On lui commande d'ouvrir: il se tait, se cramponne, le dos sur la porte, les deux pieds tendus comme un arc boutant sur la poutre de l'édifice, qui formait une fourche dans ce réduit. Les premiers assaillants en appellent d'autres à leur secours. une heure s'écoule, la serrure est forcée, les gonds chancellent; on résiste. La résistance irrite: on apporte des torches pour mettre le feu; l'assaut recommence à coups de chenets. Duplain ouvre, s'arme d'une barre de son lit, dispute sa vie aux bourreaux, en renverse plusieurs à ses pieds et se sent défaillir lorsque SON COUSIN ARRIVE, ECARTE LES ASSASSINS, L'EMMENE CHEZ LUI, ET, LE LENDEMAIN, LE FAIT SORTIR DE PARIS (Ange Pitou, Une vie orageuse, I, p.67). voir aussi du même Pitou, L'urne des Stuarts, (p.31)

Sur cette évasion miraculeuse des Carmes le 2 septembre, le dantoniste Prud"homme, dans son Histoire générale, IV, pp.108-109,évite de parler de Pierre Duplain, et il raconte, lui, que Sainte-Albine se retrouva dans une cellule isolée dans laquelle, sur le rebord d'une fenêtre, avaient été abandonnés deux pistolets chargés. Il attendit une accalmie des massacres, et s'étant saisi des pistolets, il se mêla aux émeutiers, sortit normalement et se rendit chez un certain M. Williams rue du Colombier....

https://books.google.fr/books?id=xIVcAAAAcAAJ&pg=PA108&dq=duplain+carmes&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiXjrvFjfnJAhWLHxoKHUC1A3w4FBDoAQhFMAg#v=onepage&q=duplain%20carmes&f=false

Le 3 septembre au soir, Duplain Saint-Albine comparut volontairement, devant le conseil général de la Commune, sous la présidence d'Huguenin, Le substitut du procureur de la Commune. Billaud parle certainement en sa faveur, car il fut aussitôt décidé de le déposer à l'Abbaye où les exécutions de la veille étaient terminées. Duplain-Saint-Albine aurait ainsi sauvé sa peau, sans l'aide du cousin, de la manière la plus légale possible.

https://books.google.fr/books?id=7VgIAAAAQAAJ&pg=PA261&lpg=PA261&dq=arrestation+duplain&source=bl&ots=U5p1xacr6y&sig=exQTIeQlkiQL3zge0BUxYgek658&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiQ7oXsj_nJAhUHHxoKHbMzBBsQ6AEIITAB#v=onepage&q=arrestation%20duplain&f=false

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5715738c/f15.item.r=Duplain%20Sainte-Albine.zoom

Le 17 septembre 1792, grâce à l'appui du cousin maratiste Pierre Duplain il est libéré officiellement. On le voit, malgré leurs divergences apparentes, les deux cousins sont restés très proches (et l'un, Pierre Duplain, sera plus tard tuteur des enfants de l'autre, Benoit).

Fin décembre 1792, Duplain de Sainte-Albine reparaît et crée le "Courrier universel" dont le premier numéro parut en plein cours du procès de Louis XVI. Il demanda une subvention pour son journal à la Convention en janvier.

AGENT DE L'ANGLETERRE

Duplain de Sainte-Albine, proche de Baroud et de Parker-Forth, était en contact avec des membres du service secret britannique qui organisait alors, avec l'aide de Claude Rey, de Mrg de Conzié, de Du Theil, de Précy, d'Imbert etc., le soulèvement de Lyon, avec le concours de Guzman, de Guesdon de Berchère, de Louis Dupérou, président des prétendus Défenseurs de la République, l'établissement à Paris d'une contre police maratiste, destinée à favoriser les divisions au sein de la Convention.

Duplain de Sainte-Albine se servit de son journal d'abord comme instrument de propagande puis comme instrument de communication d'informations confidentielles à l'étranger (ce qui lui vaudra plus tard d'être arrêté).

Son nom - qui est aussi celui de son cousin et qu'on finit par confondre - est enfin cité dans des "notes tirées d'un portefeuille anglais saisi à Lille", traduit sur l'original, et publié sur ordre de la Convention, précédé de la traduction d'une "lettre déposée au Comité de salut public", le 29 juin 1793 BHVP 106907

Selon ce document "Duplain" aurait régulièrement perçu du gouvernement britannique des revenus continus et élevés depuis mars 1793. Ces fonds étaient destinés à favoriser la violence et développer l'anarchie en France, tel que développé dans le document saisi. Le banquier Herries, très impliqué dans ces complots, est lui aussi cité dans ce document que Robespierre, Barère, Billaud et les autres membres du Comité de salut public ont pris très au sérieux.

Pourtant, Barère, qui, malgré sa casquette de rapporteur du Comité de salut public, était en réalité l'équivalent du directeur des services secrets (le ministre des AE, Chemin De Forgues, placé par lui, était, comme on dit, "étranger aux affaires"), semble croire dans son exemplaire annoté de la "Lettre anglaise" (archives Carnot), qu'il s'agit non de Duplain de sainte-Albine mais de Pierre Duplain l'inséparable cousin maratiste. Ce dernier, devenu juré au Tribunal révolutionnaire, postulait à une place d'administrtateur des postes (un lieu idéal pour un espion). On sait aussi par Mme Roland et d'autres, que l'argent étranger jouait un rôle dans certains acquittements ou décisions de non lieu au Tribunal révolutionnaire (avant septembre 1793), dont bénéficièrent certains activistes royalistes (Etienne de Mallet, Preisac, etc.) ou le général Miranda. Celui-ci fut acquitté par la corruption de jurés (Mme de Rochechouart née de Morsan, agente de Wickham en l'an III, y aurait joué un rôle).

Lors du procès de Custine, Pierre Duplain fut accusé d'avoir tenté de faire acquitter le général en agissant sur les autres jurés. Le Journal de la Montagne l'accusa aussi, sans doute à tort, d'avoir pris le parti de Dumouriez et d'avoir calomnié les plus chauds patriotes ." Pierre Duplain, bien que maratiste bon teint, était chassé des Jacobins puis même arrêté à la demande des soupçonneux Robespierre et Saint-Just qui demandèrent que ses papiers soient saisis. On ignore si il fut réellement arrêté. Il est évident qu'il essaya de se disculper en jouant sur une confusion de nom, et de se faire oublier car on a peu de traces de lui pendant l'automne 1793.

En octobre 1793, la tyrannie prit possession de la France entière: la faction de Robespierre triomphait partout et recueillait les fruits détestables de sa victoire du 31 mai sur les Girondins modérés; la Terreur commençait. Benoit Duplain de Sainte-Albine fut arrêté une seconde fois, le 18 septembre 1793 (AN, AFII 286, folio 186) comme suspect, et détenu à la Force. Deux numéros du Courrier universel censurés le 19 aout 1793, furent saisis pour examen par le comité de surveillance de la section Poissonnière qui transmit au Comité de salut public. Associé avec Nicole de Ladevèze, Ange Pitou et tous les journalistes que celui-ci énumère dans ses mémoires il est accusé de relations avec l’abbé du Rozoi qui prend la défense des prêtres réfractaires et collecte des dons en leur faveur. On accuse la « Gazette » d'avoir poussé à l’émigration et une fois la guerre déclarée, d'avoir célèbré les victoires des armées autrichiennes et prussiennes « Royalistes fidèle écrivait-il imprudemment, respirez enfin, respirez ; les temps sont arrivées… Du sein de la Cour de Coblentz… la flamme sacrée va parcourir du Nord au Midi et du Levant au Couchant toutes les parties de l’empire français »

Après avoir fait réaliser un rapport par Guffroy (membre maratiste du Comité de sûreté générale) et Laignelot, un premier jugement est rendu en faveur de Benoit Duplain.

Ce résultat inattendu est surtout dû à Guffroy, un des plus énigmatiques personnages des comités de gouvernement, maratiste et provocateur, en relation de notaire avec le banquier Perrégaux, lui-même distributeur des fonds anglais destinés à " pousse les jacobins au paroxysme de la fureur" (fameuse lettre dont la police politique se servit contre Danton lors de son procès pour tromper les jurés, la Convention et l'opinion). Et Duplain de Sainte-Albine fut renvoyé chez lui:

Le Comité de Sureté générale considérant qu’il y a de fortes raisons de croire que les préventions élevées contre le Citoyen Duplain sont sans fondement arrête qu’avant de statuer définitivement sur le fond de son affaire, ce citoyen sortira de la maison de sûreté dite de la Force, où il se trouve actuellement détenu et qu’il sera provisoirement gardé par un gendarme .

Pour sa défense Duplain avait déclaré, évidemment, que 'la liste de suspects tirée des Lettres anglaises est fausse, qu’il s’agit d’une machination dont les preuves sont dans les archives du Comité de salut public."

Le Comité confirmait, par sa décision, son premier jugement qui préjugeait Duplain de Sainte-Albine innocent des accusations portées contre lui mais par précaution on lui demanda de fournir des exemplaires du Courrier universel afin d’ « éclairer » les membres du Comité sur ses opinions. Il devait maintenant s'attendre à répondre aux accusations portées contre son journal.

Dans un mémoire réalisé et écrit par son avocat, le 2 frimaire an II (22 novembre) mais signé par lui, ainsi que dans un rapport écrit de sa main en date du 5 frimaire (24 novembre 1793), il fournit une série de pièces justificatives à ses juges. Au sujet du Courrier universe'l il donna des témoignages de lecteurs tel que Je produirai vos principes républicains et je vous procurerai des abonnés – Signé Jallon du Meste sur Sarthe. Ou: Continuez, citoyen rédacteur, a rédiger votre Journal suivant les principes de la Sainte Montagne, et vous aurez pour souscripteur tous les vrais patriotes – Signé Juge de Rumilly, département du Mont Blanc. Ou: Je ne connais les évènements que par votre journal, c’est le seul que je veuille connoître, le trouvant rédigé avec l’esprit du républicanisme le plus pur – A Tournon en Vivarais, Chazotte.

Et il ajoutait dans sa défense "Où est l’observateur qui en lisant l’exposé que je viens de faire, ne voit pas dans les persécutions que j’éprouve, la main invisible qui depuis longtemps cherche a enchaîner la plume de l’écrivain qui propage les bons principes ? Où est celui qui en combinant, en rapprochant les incarcérations les persécutions dont les vrais patriotes sont les déplorables victimes, n’aperçoit pas les effets du système perfide qui tend à désunir les amis de la patrie, pour opérer une désorganisation universelle, dégouter le peuple, le forcer de recevoir le tyran des mains de Pitt et Cobourg ?

Comme preuves de son Républicanisme il donne le contenu du Courrier universel que je rédige ; cite un arrêté des Représentans du peuple à Orléans du 13 may, qui en proscrivant une foule de journaux recomande la lecture du Courrier universel. il ajoute que "Dans la défense que j’ai prise hautement des fidèles montagnards, contre les tirans audacieux qui ont menacé les Dieux et en ont été écrasés, ce qui a valu au journal que je rédige un témoignage bien honorable sans doute, l’éloge qu’en a fait le citoyen Amar dans le sein même de votre Comité.

Il se prévaut enfin de " la prohibition qui vient d’être faite à Toulouse du Journal françois auquel les patriotes ont substitué le mien"

Finalement il est libéré le 9 pluviôse an II par ordre du Comité de sûreté générale qui est singukièrement indulgent .AN, AF II 294 folio 160

ARRESTATION LE 27 VENTOSE ET EXECUTION LE 21 MESSIDOR

Suite à la parution d’un article "Conjectures sur la campagne prochaine", publié dans le Courrier universel du 17 ventose (7 mars)., une délibération du comité de surveillance de Paris a lieu - A.N., BB 3, 81B, fol. 216-On lui reproche d’avoir publié un article alarmiste dans lequel il dénonce la pénurie des subsistances en France, la rareté du salpêtre et d’avoir montré que cette situation favorise les projets des ennemis Suspecté d'espionnage au profit de la coalition, Duplain fut une troisième fois arrêté le 27 ventôse an II (début avril 1794) et envoyé à la prison du Luxembourg (voir Minute d'arrêté des Comités de salut public et de sûreté générale, ordonnant l'arrestation de Duplain, journaliste (s. d. [27 ventôse an II], Cf. F7 4694). Pièce 5). Ses papiers sont saisis dont un Extrait d'un journal sur le Comité de la guerre trouvé dans les papiers Duplain, F/7/4694. et scellés sur ses presses AFII 254 fol.137 (13 floréal an II)

Nouvelle dénonciation le 5 germinal an II (26/3/94): le citoyen Tresset fils, habitant de Boulogne-sur-Mer, déclarait le 5 germinal (26 mars) au Comité de surveillance de Paris, à propos du Courrier universel, que « Ladite feuille semble indiquer aux ennemis extérieurs les endroits faibles par où ils attaqueraient avec le plus de succès » . Il est nterrogé "Le 7 floral an II, à la prison du Luxembourg par les administrateurs de police Faro et Lelièvre, qui décident que ce citoyen, qui a publié dans son journal des articles qui paraissent suspects, restera en arrestation jusqu'à nouvel ordfre.(BHVP Ms. Registre Labat concerne Duplain "imprimeur et rédacteur du "Courrier universel", âgé de 45 ans né à Commune affranchie demeurant à Paris, cour du Palais-marchand."

Quelques semaines plus tard, il fut impliqué dans le conspiration du Luxembourg, et il mourut sans avoir pu révéler ses secrets puisque condamné en vertu de la loi du 22 prairial qui interdisait tout débat contradictoire. Son compagnon de captivité et ami Lablée a évoqué ses dernières heures à la prison du Luxembourg d'où il fut transféré à la Conciergerie. https://books.google.fr/books?id=6nNZAAAAcAAJ&pg=PA58&lpg=PA58&dq=duplain+luxembourg&source=bl&ots=JEDSMPd_pO&sig=GMNSx4Ein5bB3fkVyxF1Qns5300&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjPkdDKuPnJAhVEWBoKHX9xAlQQ6AEIQjAI#v=onepage&q=duplain%20luxembourg&f=false

Une lettre inédite écrite par Duplain à Fouquier à la veille de son procès porte:

"au citoyen Fouquet Tinville, accusateur public "Je t'écris, de la Conciergerie, sur un chiffon, n'ayant pas d'autre papier. j'ai quelque chose à te révéler qui sera pour la République, pour ton tribunal et pour toi-même, d'une grande utilité. Envoie-moi chercher par un gendarme, et je déposera mon secret dans ton sein. Salut et fraternité, Duplain, journaliste De la Conciergerie, 19 messidor.(AN, W146, liasse 2 pièce 105) Il fut exécuté le 21 messidor

Sa bio partielle, le journaliste, reconstituée par André Fribourg, la Révolution française janvier 1910

Une thèse soboulo-robespierriste sur les Duplain

Je mets en garde les personnes intéressées par les Duplain, et notamment Pierre Jacques Duplain célèbre co-massacreur de septembre (1792) avec son ami Marat, contre un "travail" - une thèse paraît-il - d'une certaine Mme Brigitte Garaud Bacconnier pur produit du soboulo-robespierrisme (Société des Etudes robespierristes). Son "montage" de documents mal compris et mal interprétés, compilation indigeste, sélective et et orientée par l'instrumentalisation grossière des sources retenues, douteux du point de vue de la neutralité historique, à tout le moins contestable dans les interprétations et dans les conclusions, ne rend nullement compte de l'importance et de la nature des activités contre-révolutionnaires de Benoit dit de Sainte-Albine guillotiné sans procès par ordre de Robespierre. L'auteure n'explique pas non plus la présence du nom de Pierre Duplain, premier de la liste, dans la circulaire Panis/Marat du 2 septembre 1792 présentée et dénoncée par Vergniaud à la Convention. Rien évidemment sur la sinuosité et les motivations réelles du personnage, que ce soit son rapport à l'argent ou ses supposées convictions républicaines tandis qu'il permet à son cousin et les membres de son réseau d'éviter l'arrestation (il sera royaliste sous la restauration). L'auteure s'est contentée de rejeter avec arrogance et condescendance la documentation à laquelle j'avais pris soin de renvoyer le lecteur, dans l'un ou l'autre de mes différents travaux ou il est question des deux cousins Duplain dont l'un le Jacobin est devenu tuteur des enfants de son cousin ultra-royaliste guillotiné à la veille de thermidor (voir Notice "Pierre Jacques Duplain" sur geneanet). Elle ignore enfin le contexte révolutionnaire qui va du 10 aout 1792 au 31 mai suivant, n'éclaire pas le rôle de Pierre Jacques Duplain dans le mouvement ultra-Jacobin qui suit le 10 août, non plus que les contradictions et énigmes inhérentes à un personnage connu en son temps comme un Janus et passe totalement à côté du lien criant des Duplain avec l'existence des réseaux royalistes anglo-suisses à l'époque de la Révolution.Mme Baconnier, ignore superbement les archives du Directoire et du Consulat qui donne de Pierre Jacques Duplain une image bien éloignée de celle trop positive pour être honnête qu'elle a décidé d'imposer coûte que coûte dans sa "thèse". Si tout le reste de cette thèse sur la librairie est aussi éloigné du contexte que la partie concernant la Révolution, on s'étonne de la décision du valider ce travail. Mais nous restons persuadé que la partie "librairie" vaut mieux que ce que Mme Garraud Bacconnier a écrit au sujet des Duplain engagés en politique, dans la contre-révolution ou dans l'exagération révolutionnaire.

Cette singulière thèse est intitulée "Cent ans de librairie au siècle des Lumières : les Duplain", theses.univ-lyon2.fr/documents/lyon2/2007- Université Lumière Lyon 2 . Il faudra évidemment un jour prochain publier une nouvelle thèse sur l'exagération révolutionnaire des Duplain pendant la Terreur.

Notes concernant l'union

Union avec Marie-Jeanne Allier de Hauteroche:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5420920c/f137.item.r=Duplain%20Sainte-Albine.zoom

archives de Paris, DC632 f°91 verso séparation de biens par sentence du Châtelet en date du 6/11/1788

5AZ 2945 signification d'un transport de rente Sainte-Albine le 24/9/1791

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

       
   
   
   
Marcellin Duplain 1670-1740 Constance Bachelu 1671-1741  
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Benoit Duplain 1711-1774 Claudine Mandiot 1716-1770
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Benoit Joseph Duplain de Sainte-Albine 1747-1794