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baron puis comte von Proli

  • Né le 18 décembre 1750 - Bruxelles (BELGIQUE)
  • Décédé le 24 mars 1794 - Paris Seine FRANCE , à l’âge de 43 ans
  • Auditeur à la Chambre des Comptes, Commercant, Banquier de Anvers agent en Belgique puis en France de Mercy-Argenteau

 Parents

 Notes

Notes individuelles

NOTICE EN COURS de REDACTION-PUBLICATION (Pache, Hébert et cie)

Pierre-Jean Berthold de Proli, né le 18 décembre 1750 à Bruxelles et guillotiné à Paris le 5 germinal an II, est un homme politique autrichien venu en France sous Louis XVI et qui participa activement aux événements de la Révolution française.

Né à Bruxelles à l’époque de la domination autrichienne, et baptisé le lendemain sous le nom de Proli (avec un « i ») en l’église de la paroisse du Finistère, il était officiellement le fils du comte Balthazar Proli, conseiller de l’impératrice Marie-Thérèse et receveur-général des domaines et finances aux Pays-Bas, également directeur à Anvers d’une importante maison de banque familiale (1). Sa famille appartenait à la haute finance anversoise, et un de ses oncles fut directeur de la Compagnie des Indes à Trieste. On savait aussi que l'ancien gouverneur des Pays-Bas, Le prince de Kaunitz , le « cocher du carrosse européen », ayant la confiance absolue des empereurs d'Autriche et demeuré à ce titre, même âgé et souffrant, le véritable chef du gouvernement encore à l'époque du procès de Louis XVI, avait eu des « bontés » pour la comtesse Proli, née Marie-Anne Thérèse de Clodts ou Cloots.

http://search.arch.be/eadsearch/ead/zoekresultaat/taal/fre/rubriek/D1/archiefbewaarplaats/BE-A0510/beginjaar/1700/eindjaar/1800/eadid/BE-A0510_000524_003121_FRE/zoekresultaat-pagina/3

Et dans les chancelleries, à l'époque de la Révolution, il était de notoriété publique (Robespierre y fait lui-même allusion dans un discours aux Jacobins, en décembre 1793) que Proli était un fils naturel de Kaunitz et de la comtesse von Proli, une situation qui le destinait à jouer un rôle diplomatique essentiel dans l'histoire de la contre-révolution républicaine en France (1792-1794).

Le jeune homme fit de bonnes études à Paris puis il se rendit à Nantes où il étudia le haut commerce. Il voyagea en Europe, surtout en Italie, pratiquant au moins quatre langues dont l'allemand, le français et le néerlandais. Puis il séjourna deux ans aux Indes où il dit avoir fait fortune comme à la même époque le fameux Crawfurd, l’ami de Talleyrand, et autres aventuriers diplomatiques. Il fonda la Compagnie de commerce de la mer rouge dont les navires chargés d'esclaves noirs venus des côtes orientales de l'Afrique arboraient le pavillon sarde, avec Nice pour port d’attache. Il affréta aussi des navires pour le compte de Jean-Joseph de Laborde, le banquier de la cour de Louis XVI, avec la famille duquel il demeura toujours en relation d’affaires et de société. Revenu en Europe, il se partageait entre Paris et Bruxelles, portant alors le titre d’auditeur à la Chambre des comptes de Bruxelles, fonction rémunératrice à quoi s'ajoutait les bénéfices tirés de son implication commerciale et industrielle « dans le trafic de la Mer Rouge et des Indes ». Il menait la vie d'un homme riche, dépensant largement les revenus de sa fortune acquise aux Indes, et il fréquentait une société choisie, notamment le ministre Calonne, contrôleur des finances, et l'ambassadeur d'Autriche, Mercy-Argenteau, devenu un ami, en son hôtel du boulevard Montmartre ; chez Mercy-Argenteau et sa maîtresse, la cantatrice de l’Opéra Melle Levasseur, il rencontre un certain Buscher de l’Epinoy qui fut son indéfectible complice dans les services d’espionnage et surtout d’influence politique qu’ils rendirent tous les deux à l’Autriche, notamment en Belgique et en France. Avec De Buscher, il se rendait à Neuilly dans la magnifique demeure du surintendant Maximilien Radix de Sainte-Foix qui était à la veille de devoir s’exiler suite à un scandale financier impliquant le comte d’Artois son protecteur. Berthold Proli réalisa des opérations boursières lucratives en jouant ses titres à la bourse: à la faveur d'un mouvement baissier provoqué par Calonne qu'il fréquentait avec d'autres initiés - dont les sieurs d'Espagnac, de Batz et Clavières -, il spécula ensuite à la hausse sur les actions de la Nouvelle Compagnie des Indes dont ils acheta des titres en grand nombre. Cet agiotage non ou mal régulé occupa une place immense dans la vie financière et politique de la fin du 18e siècle, et les hommes politiques ne répugnèrent jamais à s'y adonner en application du principe venu d'Angleterre selon quoi l'engagement politique était fait pour s'enrichir. Très actif et entreprenant, Proli a aussi passé des marchés à terme en 1786 avec Baudard de Saint-James, peu avant la faillite de celui-ci. Si célèbre par sa "folie Saint-James" à Neuilly, Baudard était par ailleurs le prêteur des fonds nécessaires à l'acquisition, par le cardinal de Rohan, du fameux collier destiné soi-disant à Marie-Antoinette, mais devant surtout servir à cautionner la dot de 500 000 livres de Melle de Courville, fille naturelle du cardinal .

PROLI ET LA REVOLUTION BRABANCONNE

Proli devait finalement perdre beaucoup d'argent dans ses spéculations parfois hasardeuses, conservant d'assez beaux restes toutefois. L'agiotage fut pour lui dans ces années prérévolutionnaires ou révolutionnaires, une couverture à ses activités politiques beaucoup plus discrète et probablement rémunératrice puisque financièrement couverte par les services secrets autrichiens. Appartenant par sa naissance à la noblesse brabançonne, il entretenait des relations de société et d'amitié avec des membres de la noblesse belge sous domination autrichienne, comme le comte Andrés Perez de Guzman noble espagnol possessionné en Brabant. Il fréquentait aussi l'ami de Mirabeau, Auguste de La Mark, prince d'Arenberg, ou encore la comtesse de La Mark-Noailles et son neveu le prince de Poix (Tristan de Noailles), gendre du banquier de cour basque Joseph de Laborde qui avait prêté de grosses sommes à l'Etat français, avec le comte de Walckiers, neveu par alliance de Calonne et Laborde, et les banquiers de Pestre de Séneffe qui étaient d'ailleurs tous cousins, eux-mêmes alliés à Calonne. Proli évoluait dans le grand réseau endogame de l'aristocratie libérale européenne, financière et cosmopolite, favorable aux Etats généraux et dont les Noailles ou les Montmorency étaient des représentatifs côté français. Il est à noter que le futur ministre de la guerre et maire de Paris, Nicolas Pache, dont l'épouse était fille naturelle de la comtesse de La Mark-Noailles, appartenait par les liens de famille (ses enfants filleuls de La Mark) à ce même réseau, même si ce maire de Paris qui était un agent d'influence de la coalition antirépublicaine, affecta, à l'époque robespierriste, de se tenir éloigné, affectant en toute circonstance un jacobinisme outré. Une posture efficace pour quelques contemporains avertis, et la même posture ultra- démagogique que Proli, chef d’un réseau d'influence politique démantelé par Robespierre et Saint-Just en mars 1794, prit en diverses circonstances à Bruxelles puis à Paris.

Cependant, lors de la révolution belge dite vonckiste - du nom du patriote Vonck qui avait pris la tête de la révolte populaire contre le pouvoir austro-hongrois -, Proli, en digne fils naturel de Kaunitz, pactisait secrètement, déjà, avec le gouvernement autrichien contre les patriotes qu'il affectait de soutenir. Désireux de se débarrasser de la domination autrichienne, ceux-ci ne se doutaient aucunement qu'il était un traître parmi eux, un agent d'influence infiltré grâce à ses belles paroles, et qui s'efforçait d'orienter discrètement leurs choix politiques; il était un sinon le correspondant du comte de Lamark d'Aremberg, l'ami de Mirabeau, affectant lui-même d'être un libéral acquis aux idées nouvelles, un intime du comte de Mercy-Argenteau qui avait la confiance des souverains autrichiens (les frères de Marie-Antoinette avaient succédé à leur mère Marie-Thérèse) . Dans cette "révolution brabançonne", Proli feignait (comme il le fera en France à l'époque de la Convention) d'avoir partie liée avec quelques personnalités qui passaient elles aussi pour soutenir les patriotes contre les Autrichiens.(Voir l'analyse dans la Revue de Bruxelles).

En 1788 des "agents autrichiens" firent courir la rumeur d'un prochain "coup d'état orléaniste en Belgique", médité par La Fayette, Sémonville, Mirabeau et Proli lui-même, qui, tous, auraient convoité un ministère dans le gouvernement belge d'une monarchie constitutionnelle orléaniste. On ne sut jamais si cette rumeur de complot orléaniste était fondée. Elle s'appliquait au réseau d'apparence révolutionnaire (dit le petit Comité) créé par Proli et ses amis, comparable au PETIT COMITE PERPETUEL ET SOUVERAIN que Marat préconisa à Partis en 1791, afin de diriger et d'orienter une SOCIETE DE SALUT PUBLIC d'émanation populaire qu'il voulait créer.

En même temps qu'il révélait ce soi-disant projet aux Autrichiens qui le publièrent dans les gazettes, ruinant du même coup les espérances du "parti démocratique" de Vonck, Proli se couvrit en laissant son nom apparaître dans ledit complot avorté, au côté des membres du Petit Comité. Il y figurait avec le diplomate Sémonville (qu'on retrouva à Paris en 1792 dans le conseil secret des Tuileries de Radix et Talon), le chevalier Fox un homme politique Ecossais bien connu pour ses idées libérales, le banquier comte de Reul, beau-père du banquier Walckiers, et les chefs du parti démocratique.( )

Note Le pamphlet signé d'un sieur Le Sueur éclaire certains aspects du double jeu mené par Proly et les soi-disant soutiens des patriotes belges alors regroupés sous l'égide de Vonck leur chef populaire, qui subissait des pressions terribles pour trahir sa cause : D'après la dénonciation secrète que j'avais faite à Sémonville , il éclaira l'hôtel Durfel (d'Ursel), où se tenait le PETIT COMITE composé des Princes de la maison d'Aremberg, de Walckiers, de Sémonville, de Proli & de Ruel, qui se cachent de Vonck et des démocrates. ()

Une lettre du secrétaire de Mirabeau Pellenc qui se révéla plus tard être un agent d'influence de l'Autriche, à Auguste de La Mark d'Aremberg son patron, est extrêmement explicite sur le rôle tenu en Belgique par Proli avant que celui-ci n'aille s'illustrer, avec les mêmes méthodes, dans la Révolution de France .

Un autre document établit formellement l'allégeance de Proli au service secret autrichien: "Un fils naturel du prince de Kaunitz, de Proli, qui devait bientôt se signaler parmi les Jacobins, avait prié Vonck, au mois de novembre 1791, de prendre sous sa protection un journal qu'il allait fonder: Je vous recommande une très petite affaire, disait-il, avec plus de chaleur que je n'en aurais mis autrefois à en recommander une très grande: J'étais riche alors, je ne le suis plus. En marge de cette lettre, Vonck a annoté ces mots: Cette grand affaire dont M. Proli fait mention, était celle, lorsqu'il m'est venu voir à Valenciennes, pour me faire l'offre de deux millions de la part de M. le comte de Mercy-Argenteau ()

On supposait que Vonck chef des patriotes belges, s'était déjà secrètement rallié, lorsque le gouvernement autrichien ordonna au procureur de saisir chez les libraires de Bruxelles le dernier ouvrage où Vonck développait ses vues politiques, et contenait aussi "des renseignements précieux sur quelques-uns des principaux épisodes de la révolution brabançonne". Ayant (selon la version admise par les historiens) refusé deux millions que lui offrait le gouvernement autrichien pour qu'il trahisse activement sa cause, Vonck se retira dans un modeste appartement à Lille "vivant de faibles revenus". Il avait accepté néanmoins de cautionner l'envoi à Paris, comme "patriotes belges vonckistes" deux délégués assez suspects, dont un ancien prêtre (peut-être Lebrun-Tondu mais ce n’est pas sûr ). Proli lui-même se présenta comme patriote belge, faisant illusion dans les clubs révolutionnaires sur ses opinions soi-disant démocratiques.

sur Proli et Vonck Voir

https://books.google.fr/books?id=WfowAQAAIAAJ&pg=PA165&dq=mercy-argenteau+proly&hl=fr&sa=X&ei=nqlHVcSpFbCP7AbPu4CwCA&ved=0CEwQ6AEwCQ#v=onepage&q&f=false

https://books.google.fr/books?id=md87AQAAMAAJ&q=proli+d'arenberg&dq=proli+d'arenberg&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjfpq62sp_KAhUCxxoKHeXECTg4FBDoAQgkMAI

PROLI A PARIS

Proli, qui se présentait comme "révolutionnaire" et se qualifiait de "belge réuni", qui avait joué dans la révolution brabançonne un rôle mal défini aux yeux des Français, se fit recevoir au Club des Jacobins, en 1792. Peu d'entre eux connaissaient évidemment les relations du fils de prince de Kaunitz chef du gouvernement du pays à qui la France venait de déclarer la guerre, avec le comte de Mercy-Argenteau son ami, et du comte de La Mark d'Arenberg émigré à la fin de la Constituante, dont il venait prendre la place comme agent d'influence de l'Autriche en France. Il se fixa à Paris où il y retrouva quelques-uns de ses amis de Bruxelles, notamment Walckiers, Sémonville et de Pestre de Seneffe qu'il côtoyait au Palais-Royal dans les maisons de jeu, ou chez le sieur Radix de Sainte-Foix (voir notice) qui s'était fait construire un superbe hôtel particulier à l'emplacement de l'actuel café de la paix à l'Opéra.

Depuis l'échec de Varenne, lors de la formation de la coalition, Huguet de Sémonville, Radix de Sainte-Foy et et le neveu de celui-ci, Omer Talon dont la sœur avait épousé un Pestre de Séneffe, devinrent tous les trois conseillers secrets des Tuileries - à la demande de M. de Montmorin ministre des affaires étrangères -. Ces conseillers appartenaient au réseau des "capitalistes" - la grande aristocratie financière -, autant par des liens de famille en Belgique que par des intérêts politiques communs qui se jouaient des frontières. Proli se rendait aussi chez le ministre Narbonne et Mme de Staël, chez Mmes de Laval et de Luynes, chez le duc d'Orléans et sa maîtresse, Mme de Buffon, tant au Palais Royal qu'à la folie Monceau ou encore au Raincy (probablement le plus beau château d'Ile de France). Il y croisait les brillants avocats Barère de Vieuzac et Hérault de Séchelles, également Le Pelletier de Saint-Fargeau, tous les trois appartenant alors à l'aristocratique club des Feuillants, de tendance orléaniste, avec lesquels il entretint des relations suivies et intéressées. Cette société était élégante, brillante, moderne, penchant très fort en faveur d'une monarchie constitutionnelle avec deux chambres, adaptée du modèle anglais, une évolution que Louis XVI, mal conseillé n'a pas su accompagner quand il était temps pour lui.

L'agent autrichien menait apparemment une vie dispendieuse alors qu'il était censé s'être ruiné dans ses spéculations. Chacun constatait que l'argent ne lui manquait jamais. C'était un esthète, raffiné et cultivé, polyglotte, passionné par la peinture classique dont il fit commerce avec son vieil ami Laborde de Méréville qu'il voyait au club de Valois ou dans l'un ou l'autre des élégants établissements de jeu du Palais-Royal, des établissements où les agents de la coalition introduisaient par différentes filières des faux assignats en grosses coupures, afin de blanchir cet argent qui contribua, avec l'inflation galopante, à précipiter la chute de l'assignat national. Pour éviter de trop s'exposer eux-mêmes, ces royalistes vendaient des assignats à un prix inférieur à leur valeur nominale à des gens (souvent des escrocs ou des courtisanes) qui les revendaient à leur tour avec un bénéfice. Ceux qui, en bout de chaîne se faisaient prendre, furent généralement condamnés à mort (surtout après le 10 aout), alors qu’ils n’étaient souvent que de petits revendeurs qui agissaient pour leur profit personnel. L'ami hispano-brabançon de Proli, Andrès Maria Pérez de Guzman, comte de Tilly, agent du général autrichien Bender lors de la formation de la coalition, fut un des plus actifs distributeurs de faux assignats au Palais-Royal, avec entre autres, la complicité à Londres du chevalier d'Eon, et à Paris, des banquiers de maisons de jeu (Aucane, Sartines, Mesnil-Simon, Richer-Sérizy, Persico, beau-frère de Marat, etc.)

Pour ses propres projets consistant à contrôler et orienter le mouvement révolutionnaire, Proli s'était associé avec Jacques Marie Joseph Régnier, ancien conseiller à la Cour des aides, demeurant à Versailles, avec qui il rédigea et diffusa un périodique intitulé le Cosmopolite, journal de propagande pro-autrichienne, imprimé chez Janson, cloître Saint-Honoré. Le premier numéro parut le 15 décembre 1791 et l’entreprise se poursuivit lors des débats sur la guerre, jusqu'au 31 mars 1792 qui correspond à peu près la déclaration de guerre de la France à l’Autriche et à la Prusse (3) Proli avait élu domicile dans la maison du ci-devant comte Goury de Champgrand, ami personnel de d’Orléans, qui occupait deux vastes appartement superposés. Destiné à jouer un rôle notable dans l'histoire secrète de la Révolution, l’immeuble correspondait aux arcades 7-11 du Palais Royal et il appartenait à un ensemble architectural très moderne (1784), construit à des fins spéculatives par le duc d'Orléans, en bordure des anciens jardins dépendant du palais. Le duc d'Orléans s'était réservé plusieurs lots, notamment pour ses enfants qui y avaient leurs propres appartements. Il en avait loué certains à des proches comme le marquis Ducrest, frère de Mme de Genlis qui sous-louait à son tour, comme le « 50 », sous loué à la famille de Sainte-Amaranthe, ou comme le n°148 qu'occupaient Radix de Sainte-Foix, cité plus haut, et son ami le docteur Seiffert, agent du duc des deux Ponts et espion des Jacobins, en même temps qu'il était médecin de la princesse de Lamballe et de la famille d'Orléans. Le lot correspondant à l'immeuble où s'établit Proli, qui connaissait à peu près tout le monde dans l’enceinte du Palais-Royal, avait été vendu à un riche homme d'affaire dit le " glacier Corrazza". Ce personnage qui avait une représentation diplomatique officielle du Vatican à Paris, occupait le rez-de-chaussée ouvrant sur les jardins, et il y avait créé un des premiers "cafés", un établissement très à la mode, plutôt luxueux par ses décors peints et son mobilier qui peut rappeler le célèbre Procope. Les deux étages du dessus de l'entresol formaient deux vastes appartements loués depuis 1785 au comte Goury de Champgrand dont la fille, qui vivait avec lui, a publié d'intéressants "Mémoires " sous le nom de son troisième mari, le baron de Bawr. Il avait participé aux campagnes de la guerre de sept ans et publié un célèbre traité de vénerie de chasse en 1769 et autres traités du même genre. Lieutenant-colonel de dragons c' était un familier de Calonne quand il emménagea vers 1785 dans son appartement tout neuf du Palais-Royal. La cantatrice Sophie Arnould était officiellement la marraine de sa fille baptisée sous le prénom de Sophie Alexandrine, comme étant la fille de Goury de Champgrand et d'une certaine "Madeleine Virginie Vian" (4). On la disait « fille d’une actrice de l’Opéra que la tendresse maternelle n’avait point le pouvoir de de retenir auprès de son berceau », désignation transparente de l’Iphigénie de Gluck, car Melle Vian n’existe pas dans les archives de l’Opéra. Très proche de son père, fréquentant la société artistique et intellectuelle dont ses amies les filles du peintre Hall (l'aînée avait épousé le journaliste Suleau, un des comparses de Proli), Melle de Champgrand fut un temps courtisée par Proli qui occupa une chambre dans l'appartement du deuxième étage. Dans l'intimité affectueuse du comte de Champgrand - lui-même intime du duc d'Orléans -, Proli partageait son gout pour les arts – Champgrand faisait commerce des tableaux de maître - et le luxe, et bien sûr, le souvenir de leurs grandes spéculations boursières de 1785 avec les actions de la Compagnie des Indes au beau temps de Calonne. Chez Champgrand vivait aussi, à demeure, le comte de Rohan Rochefort - Jules Guétenoc -, un petit cousin par sa mère, née Rothelin, du duc d'Orléans. Au déplaisir de Proli, il courtisait Melle de Champgrand qui l’épousa en 1794.

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Très accueillant, le salon Champgrand était ouvert aux artistes célèbres, parmi lesquels le célèbre compositeur Grétry. Venait aussi le fameux Henri de Saint-Simon et plusieurs spéculateurs sur les biens nationaux, formant une nébuleuse déjà dénommée la bande noire, laquelle, dénoncée par Victor Hugo, se perpétuera jusque sous la monarchie de juillet.

Peu à peu Champgrand et ses amis politiques attirèrent des hommes politiques nés au 10 août, et notamment ceux qui étaient accessibles à la corruption, tels les citoyens Fabre, Delaunay, Chabot, Basire et Merlin de Thionville qui y eurent également leurs habitudes comme dans les autres cercles de jeu qui étaient en principe interdits. Ces élus protégeaient Champgrand des dénonciations et descentes surprise des membres du comité de surveillance de la section de ( Le Pelletier), comme ils protégeaient de façon intéressée les établissements suspects - on y écoulait des faux assignats en grosses coupures - de Mmes de Sainte-Amaranthe, la ci-devant comtesse de Linières née Esther Pingon, suissesse installée au Perron, Mme Robineau de Beaunoir, fille naturelle de Bertin des parties casuelles - et femme de l’écrivain Robineau -, officiant avec son amant, le chevalier de Jean de Manville rue TraversièreSaint-Honoré, Mme Josset de Saint-Laurent née Marion de Latour et ses belle sœurs Mmes de Saint-Ange et de Saint-Julien, la ci-devant comtesse de Saint-Paul, demeurant rue Chabannais, et autres personnes distinguées reconverties dans l’industrie lucrative du jeu.

Proly fréquentait non seulement le salon de jeu des Arcades, mais également celui (rue du Mail, puis rue de Richelieu avant de se déplacer à l’ancien hôtel d’Augny) connu sous le nom de club des Étrangers. C’était un cercle très fameux, connu du « Tout-Paris diplomatique », où Proly puisait des informations pour son journal le Cosmopolite. S'y pressaient les représentants des divers cabinets d'Europe et des Etats-Unis qui y échangeaient rumeurs et informations sur les événements. Cette assemblée brillante et cosmopolite était dirigée par Hyppolite Sanguin de Livry, issus d’une lignée de banquiers de jeu de la cour, et son ami Boniface de Castellane, entourés de leurs superbes maitresses, belles jeunes femmes issues de l'Opéra et des Italiens (Melles Saulnier et Quincy) qui jouaient le rôle d'hôtesses.

Au "50", des arcades du palais-Royal, se trouvait à l’étage noble le salon de Louise Desmiers d’Archiac petire nièce de Saint-Simon, devenue par mariage Mme Davasse de saint-Amarand puis, après sa séparation, de Sainte-Amaranthe pendant sa liaison avec le martiniquais Joseph Aucane riche planteur revenu des colonies, et chevalier de Saint-Louis. Leur maison de jeu avait été ouverte en avril 1792 grâce – selon leur amie Lucile Armandine Marchandeau de Lisle -, à un financement conjoint de Laborde de Méréville, à quoi l’inspecteur de police du quartier ajouta ceux de MM. de Gaston, Aucane et du Napolitain Joseph Persico, qui n’était autre que le beau-frère de Marat. Proly y côtoya une clientèle huppée, politisée, aristocratique et cosmopolite que l’exécution de Louis XVI et la Terreur devait disperser puis décimer.

Pour s’assurer de protections du côté des diverses administrations, Proly recruta à sa cause antirépublicaine ceux des députés classés "énergiques" par le ton de leur voix ou le débraillé de leur costume, principalement ces « Montagnards de proie » qui, comme Cambacérès, acquéraient des biens nationaux à bas prix et hantaient les maisons de jeu. Il circonvint principalement et apparemment sans peine des membres des polices politiques de la législative et de la Convention parmi lesquels François Chabot, Claude Basire, Nicolas Quinette ou encore J Merlin de Thionville qui avaient tous une inspection au Palais-Royal en tant que membres du Comité de surveillance générale. Les lascars se montrèrent toujours indulgents pour certains "contre-révolutionnaires", selon le mot déjà en vogue alors et qui n’avait pas plus de sens qu’aujourd’hui. (Qui, de 1789 à 1799, est « révolutionnaire », qui est « contre-révolutionnaire » et quand ? : seuls les idéologues en ont une idée...).

Ayant délaissé la maison de Champgrand, par prudence ou suite, comme il l’a raconté à ses juges, à une certaine jalousie vis à vis du citoyen Rohan Rochefort qui avait séduit Melle de Champgrand , Proli emménagea, à l'automne 1792 semble-t-il, rue Vivienne n°7 ou 57, chez le citoyen Richer de Sérizy, un journaliste et pilier de maison de jeu. Jouant sur les deux tableaux, cet aventurier extraordinaire, se flattait de ses relations avec des membres de la nouvelle commune de Paris issue du 10 aout - dont Tallien -, et avec les royalistes. Merlin de Thionville qui le connaissait bien pour avoir longuement côtoyé les milieux royalistes du Palais-Royal, le nommait la poupée royaliste à cause de son homosexualité plus ou moins assumée. Dans la petite cour des intimes de Proli, on remarquait un certain Porteau «brave garçon que, disait-il, j’aime autant que mes maîtresses autrefois Georges Avenel suggère aussi que ses relations avec François Desfieux qu’il qualifie de l'épithète mademoiselle n’était pas seulement politiques et amicales. Il semble avoir eu une attirance pour les hommes sans que cela soit exclusif. On l'a dit aussi d'Anacharsis Cloots, embarqué dans la même dangereuse aventure que lui, et avec lequel il fréquentait le salon d'une une ancienne danseuse, Mme de Cheminot, née Edme Coupée Dumanoir dite autrefois "Mlle Coupée", son nom de guerre, tenant salon rue Neuve des Mathurins, cercle dont on disait qu’il n’était « meublé que d’hommes » Cette dame Cheminot avait effectué un voyage à Genève, officiellement pour se marier mais peut-être chargée d'une mission confidentielle. Or à son retour , elle avait été inscrite sur une liste d'émigration. L'enquête avait établi qu'elle avait obtenu son passeport grâce à ses amis Cloots et Proli, avec l’aide de Claude Basire du Comité de sûreté générale mais aussi du citoyen Lulier ou Lhuillier président du directoire du Département. Or tout était irrégulier et un citoyen Dufourny farouche Jacobin du Comité de salut public du département, dénonça des pressions, révélant par la même occasion que des passe-droits étaient soutirés contre argent à l’administration (6). Ce fut le premier faux pas de Proli.

Comme il l'avait été auparavant en Belgique, Proli était à Paris, un agent politique et secret du gouvernement autrichien avec lequel il correspondait et particulièrement au sujet de la famille royale emprisonnée au Temple. Il avait pris en quelque sorte la suite à Paris du comte de La Mark d'Arenberg depuis que celui-ci avait émigré, sait-on, entre la mort de Mirabeau et le 10 aout 1792.

https://books.google.fr/books?id=WfowAQAAIAAJ&pg=PA165&dq=mercy-argenteau+proly&hl=fr&sa=X&ei=nqlHVcSpFbCP7AbPu4CwCA&ved=0CEwQ6AEwCQ#v=onepage&q&f=false

Depuis son arrivée Proli avait associé à ses activités d'influence et d'infiltration des Jacobins, un ami d’enfance, Nicolas-Joseph Joachin de Busscher de l’Epinoy, un « galopin diplomatique » qui devait lui aussi passer en jugement en 1794 pour espionnage au profit de l’Autriche (né à Bruxelles vers 1734, il demeurait Maison Égalité, n°18, et y sera arrêté le 4 frimaire an II) Ce Busscher qui fut, doit-on s'en étonner ?, secrétaire des Jacobins sous la présidence de François Desfieux, l'agent principal de Proli, joua un rôle certain dans un complot prêté à Dillon, Castellane, Buscher, visant à faire évader Marie-Antoinette du Temple. Son nom n’apparaît nulle part en revanche on trouve bien celui d’un de son bras droit, le citoyen Buscher de l’Epinoy, qui était aux ordres de Mercy-Argenteau son patron

Dans un des salons privés du café Corazza, Proly et Desfieux, principalement, mirent sur pied avec Jean-Paul Marat et son ami le comte Pérez de Guzman ( une "tête pensante" selon Mercier), un Comité insurrecteur de salut public, nettement antirépublicain malgré les apparences (sur le modèle du "Petit Comité" créé à Bruxelles lors de la Révolution belge) même si ses objectifs n'étaient pas affichés; les associés agissaient en étroite concertation avec Pache et Chaumette, meneurs de la Commune de Paris, leurs protecteurs discrets ayant eux-mêmes la haute main sur les sections qu’ils mobilisent à leur gré. Ils créeront des sociétés populaires à leur dévotion, une cinquantaine de ces sociétés qui étaient des satellites des comités de section, que Robespierre dénoncera fin 1793, quand, étant débarrassé des Girondins morts ou en fuite, il n’en aura plus besoin. Grâce à de subtiles et efficaces distributions d'argent (qui ne leur manque pas), ils se chargent de noyauter les sections les unes après les autres en salariant régulièrement les sans-culottes désargentés. La pauvreté est grande, les citoyens se contentent de quelques sous, et les sommes dont disposent Proly sont colossales. Ils remplissent sections et sociétés populaires de royalistes déguisés. Et au sein même des comités de section, on prend des décisions et des mots d’ordre, on vote des motions à parfois trois ou quatre, en veillant tard au milieu de la nuit, quand les autres sectionnaires moins avertis ou plus tièdes sont rentrés chez eux se coucher. Ce point est important car il conduira la commission des douze girondine à faire voter un décret selon quoi les réunions de section devaient se clore à vingt-deux heures. Même travail de sape aux Jacobins et aux Cordeliers où ils se ménagent des voix utiles, et chez tous les députés à mauvaise conscience (ceux impliqués dans les massacres crapuleux de septembre). Ce dispositif est à la base du complot qui doit aboutir à la dissolution de la Convention et au rétablissement de la royauté en France.

Proly demeure en affaire et en liaison constante avec les ennemis de la République, représentants de la banque internationale, ses commettants auxilliaires de l'Autriche, qui financent ce que Robespierre appellera la faction de l'étranger, conçue par des intrigants pour diviser et renverser la Convention, ou du moins la contrôler, en faire une chambre d'enregistrement. Si on ne peut la renverser on essaiera du moins de l'avilir et de lui faire voter une constitution compatible avec les intérêts des milieux financiers internationaux (ce sera la fameuse Constitution de 1793, rédigée en définitive par Proli, Hérault de Séchelles et Barère au lendemain l'élimination des Girondins gêneurs.

il recrute Pierre Bentabole (voir notice), qui pour prix de sa trahison honteuse, va gagner beaucoup d'argent recyclé par sa femme dans une maison de jeu du Palais-Royal. Suivi de Bentabole, de Desfieux et de Péreyra, Proly accompagne Marat chez Talma lors d'une soirée pour dissuader Dumouriez de pactiser avec les Girondins qui fêtent le héros de Valmy.

http://gw.geneanet.org/darbroz_w?lang=fr&pz=rose&nz=theze&ocz=0&p=isaac+pierre&n=bentabole

Dumouriez raconte dans ses Mémoires que, en décembre 1793, Proly récidiva dans son désir de séparer Dumouriez des Girondins qui alors sont les seuls véritables républicains, du moins des hommes d’Etat – comme les nomme Marat avec mépris-, susceptibles de gouverner, de stabiliser le pays et de préparer le retour à la paix, et qui contrairement aux Jacobins et aux Cordeliers de 1793, refusent de céder à la démagogie protestataire comme instrument de conquête du pouvoir. C’est Bonnecarrère, royaliste et complice de Proly, qui réunira les deux hommes sans obtenir de Dumouriez qui lui aussi désire secrètement sauver la monarchie, mais sans l’appui des étrangers, qu’il dénonce Brissot et les Girondins. Bonnecarrère est un des agents de la coalition et sa maîtresse et future femme, Laurence Calenges, demeure dans le même immeuble que le baron de Batz (rue de Ménars, n°7), propriété indivise du peintre Vincent et de sa sœur Suzette Griois. Le mari de cette dernière est un des agents de Proly et ami de Clootz. Bonnecarrère est enfin le cousin de Mme Montané, épouse du premier président du Tribunal révolutionnaire qui prononcera l’acquittement de Marat en avril 1793.

DESFIEUX

Ayant quitté la maison de Richer Sérizy, Proly logea(fin 93 ?) un temps rue des Filles-Saint-Thomas, n° 20, chez un des membres les plus influents du club des Jacobins - dont il fut président -, François Desfieux, un des principaux artisans de la chute des Girondins. Riche marchand de vin bordelais, d’origine noble mais passant pour un prolétaire, fournisseur attitré de la maison de jeu Sainte-Amaranthe et d’autres du même genre, Desfieux semblait très attaché à Proly et dans ses lettres, celui-ci ne cache pas son affection («Je te salue et t’embrasse bien sincèrement, ton frère et ton ami… »). Selon les archives secrètes de Louis XVI trouvées dans le palais des Tuileries, cachées dans un coffre-fort (une « armoire de fer »), ensuite publiées par ordre de la Convention, Desfieux et son ami Collot d’Herbois (7), avaient déjà en 1791, accepté de l'argent de la Liste civile, mais ils ont beau jeu de dire que recevoir de l'argent "n'engage à rien". Proly associa Collot d'Herbois (avant que Barère le fît entrer avec Billaud-Varennes au Comité de salut public) aux réunions du "Petit comité", par l'intermédiaire de son obligé Desfieux. Intéressé à se constituer une fortune délabrée, Collot d'Herbois qui avec Ronsin et Billaud a honteusement spéculé sur les fournitures en Belgique est encore prêt à se vendre au plus offrant. Le plus important pour Proly et les intérêts de l'Autriche, c'était d'avoir dans sa manche l'Orléaniste de poids et de talent, Barère de Vieuzac, qui le protégera efficacement des foudres de Robespierre à la fin de l'automne 1793. Mais voyant qu'il ne pouvait plus le sauver, il l'abandonnera au moment de son procès comme il abandonna Hérault de Séchelles et autres de ses amis.

COMPLOTS DU 10 MARS

Voir les fiches Lazowski et Dumouriez sur les événements du 10 mars et les entretiens de Tournai

Tentative de renversement de la convention et d’enlèvement du petit Capet (Jarjayes)

Marat et pache provoquent la rue en vue d’une insurrection à la faveur de laquelle les Girondins seraient égorgés et la convention terrifiée, renversée. Cités : DESFIEUX donc Proly, joua le premier rôle au 10 mars, cité par Dulaure ; Lazowski et Fournier comparses mais n La pluie avait été aidée dans son œuvre par l’initiative du ministre de la guerre Beunonville et d’un courageux député du Finistère, Kevélégan qui escaladant le mur de l’hôtel du ministère de la guerre pour éviter les patrouilles du comité des dix avait couru à une caserne ou se trouvaient 400 Fédérés de Brest et des environs et les avaient amenés au secours de la Convention. La convention respira, el gouvernement respira et dut sans doute s’adresser des félicitations à lui ùeùe pour sa perspicacité son sang-froid et son énergie. Un gouvernement est tjs parfait tant qu’il n’a pas été renversé. Les Girondins ne se méprirent pas sur les origines de ce coup d’état manqué ; ils virent bien qu’il était dû à un comité occulte. Vergniaud le dénonça avec son habituelle éloquence à l’une des séances suivantes de la Convention « Pendant la discussion de l’affaire de Louis, dit-il, on vous dénonça un arrêté d’une section par lequel elle s’était déclarée en état d’insurrection. Elle observa que, par « insurrection » elle entendait « surveillance » et cette explication parut vous satisfaire. A la même époque il se formait aussi un comité d’insurrection, un comité révolutionnaire et l’on a assuré que ce comité existait encore. Un comité révolutionnaire auprès de la convention nationale ? mais quels sont donc ses pouvoirs ? Quelle révolution veut-il faire ? Le despotisme n’est plus et veut donc détruire la liberté ? Il n’y a plus de tyrans. Il veut donc renverser la représentation nationale ? ( )

Mission à Amsterdam: l'entretien de Tournai

À la demande semble-t-il, de Clavières, Proly se fit donner par les ministres Lebrun-Tondu et Garat la mission secrète de se rendre aux Pays-Bas en qualité de commissaire des Jacobins et d'agent du ministre des Affaires étrangères, dans le but prétendu de "faire tomber la banque d'Angleterre, par l'entremise de Juifs portugais établis à Amsterdam, et au moyen d'opérations de change combinées, au besoin par la contrefaçon des billets de (la) banque (des Pays Bas)(18 mars 1793). Cette mission avait à voir avec le change et concernerait donc plutôt Clavière que Lebrun contrairement aux apparences. Il était convenu que Proly serait assisté du citoyen Péreyra dans cette mission, chose logique puisque la famille de ce brasseur d’affaires, alliée aux Capadoce et autres financiers et banquiers juifs d'origine portugaise, occupait une place essentielle à Amsterdam. Dans cette plaque-tournante financière européenne, on taillait et spéculait sur les diamants du Surinam ou autres matières précieuses venues des isles, et la place d’Amsterdam était le principal interlocuteur des gens de finances de la City qui pouvaient être lésés dans leurs opérations en cas d'occupation de la Hollande par les Français. D’autant que l’Angleterre armait subrepticement sans intention de donner l’éveil sur les projets belliqueux de Pitt. Si Amsterdam subissait le sort de Bruxelles, ce serait en effet un désastre pour les Anglais et les Autrichiens qui sur ce point se rejoignaient. Or, à l’époque du procès de roi, ils voyaient avec une grande inquiétude l’entrée de l’armée du Nord de Dumouriez dans les Pays Bas. C’est finalement Pache, le ministre de la guerre qui, en agissant sur les approvisionnements en munitions, vivres, chevaux, chaussures, harnais, par le truchement d’un directoire contrôlé par son gendre qui – volontairement, selon les Girondins - vint à leur secours, en bloquant, désorganisant ou retardant les approvisionnements de l’armée de Dumouriez. depuis décembre, celui-ci était considérablement ralenti dans sa marche victorieuse depuis Bruxelles vers Amsterdam et il vint à Paris se plaindre de Pache à la Convention. De nombreux députés et des hommes de l’art militaire comme Carnot lui donnèrent d’ailleurs raison.

Proly et ses deux compagnons quittèrent Paris le 25 mars et se dirigèrent vers Douai , mais curieusement, sur la route, Proli prit sur lui - ou obéissant à des instructions secrètes qu'il était seul à connaître -, décida de se rendre à Tournai au quartier général de Dumouriez général en chef de l'armée du Nord. Si Pache avait enfin été remplacé par le général Riel de Beunonville, grâce aux Girondins, il avait néanmoins gravement désorganisé l'acheminement des fournitures nécessaires à l’armée du Nord, épuisée, qui commençait à se débander comme c’était aussi le cas à l'armée des Ardennes. Devenu maire de Paris, Pache n’était pas resté inactif et avait entrepris une campagne de presse calomnieuse - menée par ses deux trompettes salariées (Marat et Hébert), en faisant distribuer leurs journaux gratuits aux soldats de l'armée du Nord pour les pousser à la défiance envers leurs généraux, voire à la mutinerie. Apprenant l’arrivée de ces émissaires du jacobinisme parisien, Dumouriez comptait leur dire vertement ce qu’il pensait de l’état critique de la situation. Il se réservait aussi de leur dire ce qu'il pensait de la Convention, des factions et des violences sans nombre dont les journaux et les voyageurs se faisaient l’écho. Pour Proly, Péreyra et Dubuisson qui jouaient le rôle d'agents doubles et avaient une "mission dans la mission", leur but le plus important était surtout d'empêcher Dumouriez d'avancer plus avant en Hollande et l’engager à venir faire part de ses observations à Paris. Ils eurent à Tournai trois conférences, la première dans la maison de Radix de Sainte-Foy ou se trouvait alors Mme de Genlis en présence d'une partie de la famille d'Orléans. Il existe deux versions de cette rencontre, celle de Dumouriez, dans ses Mémoires, et celle des trois commissaires aux jacobins puis à la Convention. Ces versions se ressemblent à une différence notable : Proly, Péreyra et Dubuisson n’ont pas révélé ce que Dumouriez, dans le second entretien sans témoins, a entendu : "Ces députés (des Jacobins) m'ont proposé les plus belles choses du monde, à condition que je les aidasse à culbuter la Convention."

Sondés sur ses intentions, lui demandant si il était disposé à soutenir le plan de dissolution et d'avilissement de la Convention, les commissaires, voyant que le général semblait suivre un autre plan, se firent menaçants. Si Dumouriez persistait à vouloir faire cavalier seul, à la tête de son armée, pour rétablir l’ordre à et remettre le jeune roi légitime sur le trône de France, si il n'agissait pas selon les vues de Proly ainsi qu’il les lui avait exposées sans témoins, il risquait gros. Non seulement il devrait s’attendre à être destitué à cause de son immobilisme et de ses défaites militaires annoncées, mais aussi à être bientôt convoqué à Paris pour devoir s’expliquer de son attitude suspecte devant le Tribunal révolutionnaire où l'on trouverait un prétexte pour le condamner. Or, et c'est tout à son honneur, Dumouriez refusa de céder à ce chantage. Il fit comprendre à ses interlocuteurs que si un coup devait être tenté, ce serait par lui seul, avec son armée fidèle qui rétablirait l'ordre constitutionnel à Paris, en remettant sur le trône le fils de Louis XVI ou le duc d'Orléans ou même le fils de celui-ci (alors un des aide de camp de Dumouriez avec le général Valence). Car les uns et les autres, n'avaient pas émigré, contrairement aux autres parents de Louis XVI. Pour Dumouriez, les choses devaient en effet se faire sans l'appui de la coalition ou de l'étranger qui ne manquerait pas, alors, il le savait, de demander des compensations territoriale et financières selon ce qui avait été décidé à Pavie puis à Pillnitz en 1791. Cette position ferme de Dumouriez déplut fort aux trois étranges envoyés des Jacobins - et de l’Autriche certainement -, qui voulaient que Dumouriez mît son armée au service de la coalition.

La version de ces entretiens de Tournai, ici résumés fut rédigée à peu près fidèlement par le citoyen Dubuisson (qui ne parla évidemment pas du projet évoqués par Proly de « culbuter » la Convention), d’après ses notes, et il communiqua le tout le 2 avril aux Jacobins. Le lendemain 3 avril, une version encore édulcorée, chargeant et noircissant beaucoup Dumouriez, fut donnée à la Convention ébahie. Ce texte lu le 1er avril par Cambacérès ne laissait paraitre que des menaces et des diatribes à l'égard des institutions républicaines que Dumouriez disait dévoyées par des conflits internes incessants, une Convention incapable de légiférer, tardant à se doter d’une constitution, sans moyens de se régénérer à cause des conflits internes qui paralysaient tout, et une Commune de Paris menaçante pour les malheureux prisonniers du Temple. Il s’élevait fortement contre le Tribunal révolutionnaire, et aurait prononcé ces mots : Il y a une guerre à mort entre les Jacobins et moi, je périrai ou je raserai leur emplacement (…) Votre Club (des Jacobins) a causé tout le mal de la France, je sauverai la France, seul, malgré la Convention Plus grave encore le général aurait promis de rétablir un ordre à caractère militaire à Paris. Ce rapport de mission entraina un tollé et Dumouriez fut aussitôt déclaré traitre et mis en accusation. Tous ceux qui appartenaient à son entourage, civils et militaires, furent décrétés d'arrestation. On s’en prit à ses officiers dont les généraux Devaux et Miaczinski qui furent interceptés dans le Nord, ramenés à paris et exécutés. D’autres « complices » civils et militaires suivirent et furent livrés à la boucherie nationale.

Quand la défection de Dumouriez fut un fait accompli, le premier Comité de salut public, encore Girondin, saisit l’occasion pour proposer la paix à l’Autriche. On savait Proly en relation avec Mercy-Argenteau et c’est lui qui fut choisi pour communiquer les offres de la France. Sur l’invitation de Danton, semble-t-il ( Proly écrivit le 5 avril à sa mère à Bruxelles pour la charger de faire savoir à Mercy-Argenteau que la France était prête à envisager la paix dans un congrès ou des plénipotentiaires de la république seraient admis « Montrez ma lettre à ceux qui gouvernent aujourd’hui la Belgique, et si la maison d’Autriche veut mettre un terme à l’effusion du sang et à la ruine de ses finances, qu’elle ratifie la trêve arrêtée par le traître Dumouriez ; que cette suspension d’arme se prolonge de l’aveu des gouvernements français et autrichien, et que ce dernier envoie sur-le-champ un négociateurs aux frontières

Les négociations échouèrent par le refus de l’Autriche de reconnaître la république. Mazis les Jacobins maratistes, qui ne voulaient pas entendre parler de paix, blâmèrent ces tractations secrètes et les imputèrent à crime au ministre Lebrun qui les avait dirigées. L’ami du peuple du 13 mai 1793 devait publier un mois plus tard, sous la plume du chevalier Pio, agent secret de la reine de Naples, une philippique contre Lebrun. Un passage concernait Proli » Pourquoi avoir chargé un Proly pour reconnaître les intentions de Dumouriez ? Un Proli ci-devant agent secret de la Maison d’Autriche depuis qu’on l’avait menacée d’une guerre et qu’elle craignait de perdre les Pays-Bas ? Un Proli qui faisait imprimer un journal le Cosmopolite qui se distribuait la grande partie gratis, journal qui prêchait la paix afin d’empêcher les armées françaises de passer dans les Pays-Bas ? Un Proli qui, enveloppé des dehors les plus mystérieux se logeait magnifiquement au Palais-Royal, en même temps qu’il annonçait que pour vivre il avait besoin de faire un journal, journal qu’il a cessé le même jour qu’on a déclaré la guerre à l’Autriche. Lebrun, qui connaissait tout cela l’a cependant envoyé à Dumouriez sous prétexte de surveillance. Mais n’était-ce pas plutôt pour accélérer la contre-révolution ? Le secrétaire Ysabeau, le factotum de Lebrun, devant qui l’on improuvait, par tous ces motifs, la mission de Proli, répondit « Vous ne connaissez pas cela, vous ne savez pas le secret ».

La conduite de Dumouriez à l’égard des commissaires envoyés par Lebrun (Proli, Dubuisson, Péreyra) est une preuve très forte à l’appui de ces observations ; car Dumouriez laissa retourner à paris ces commissaires de Lebrun et fit arrêter les commissaires députés de la Convention nationale ». Cet article lança les premières suspicions. Il chercha à les atténuer en demandant à Marat s’il pourrait publier un désaveu. Le 8 juin suivant Marat déclara qu’il ne cautionnait pas la dénonciation de Pio : Je n’inculpe point Proli, je sais qu’il a servi la nation dans sa mission de Brabant, ainsi que Dubuisson et Péreyra ; à ce titre il a bien mérité de la patrie. Je dois même à la justice de déclarer que je ne connais aucun trait d’incivisme à reprocher à Proli

Proli était blanchi par Marat.

Cependant certains firent grief à Proly et à ses collègues de n'être revenus plus tôt à Paris dès lors que cette position annonçant une trahison (ou une défection) était connue . Décidés à sacrifier Dumouriez qui refusait de rejoindre le parti de l'étranger de Marat et Pache, ils avaient surtout alarmé les députés de la Convention sur ce que le général voulait imposer une dictature militaire à Paris. On eut beau jeu, des mois plus tard, de s’indigner des résultats de cette étrange mission qui comportait beaucoup de flou et dont sut, en germinal an II, qu’elle était une mise en scène. « Ce fut, dit le représentant Bréard aux Jacobins dans la séance du 3 germinal an II, au moment où toute la frontière du Nord était sur le point d'être livrée aux féroces ennemis, que ces trois conjurés, couverts du masque du patriotisme, vinrent nous annoncer que Dumouriez trahissait »

En avril 1793, le résultat le plus immédiat de cette mission menée de main de maître par Proli fut que Marat et les députés maratistes enflèrent l’accusation de traitrise qui leur permit, comme ils le cherchaient depuis un moment, de dénoncer les Girondins de complicité avec le général Dumouriez. Brissot apporta un démenti formel et les autres chefs de la gironde s’exprimèrent de même. Proly se frotta les mains: la division au sein de la Convention était en bonne voie.

Diviser, affaiblir et culbuter la Convention

Proly et son escouade (principalement Desfieux, Bonnecarrère, Pereyra, Dubuisson et Guzman) avait reçu pour mission du gouvernement autrichien, sinon de dissoudre la Convention ou de la culbuter selon les mots entendus par Dumouriez, du moins de l'affaiblir et de l’avilir en provoquant l’expulsion expulsant des chefs républicains, tous girondins et modérés, en concertation avec le ministre puis maire de Paris Nicolas Pache , qui était, avec Proli et Marat, un des chefs de la conspiration ourdie contre la représentation nationale. Cette conspiration qui comme les événements du 31 mai 1793 l’ont prouvé n'avait rien de chimérique, devait être pour beaucoup d'observateurs girondins, le premier acte du plan antirépublicain concerté par les cabinets d’Europe notamment ceux de Londres et de Vienne qui avaient prévu de lancer leurs armées sur Paris le jour où la Convention serait exsangue, avilie ou renversée . Cette manœuvre permettrait aux différents états de compenser leurs frais militaires engagés depuis leur entrée en guerre.

« Le ministre des affaires étrangères d'Autriche, le comte de Thugut, écrivait le 1er avril 1793 à son protecteur intime Colloredo: Je pensais que les prétentions et des vues des différentes fractions peuvent pour le moment être assez indifférentes à Sa Majesté, que ce qui est essentiel pour son service, c'est qu'il y ait des partis en France qui se combattent et s'affaiblissent mutuellement; et qu'on profite de ces conflit pour se rendre maîtres des forteresses et d'une aussi grande étendue de pays qu'on pourra, afin de faire la loi au parti qui en dernier résultat, aura prévalu; et de l'obliger d'acheter la paix et la protection de l'Empereur, en lui citant telle partie de ses conquêtes que Sa Majesté jugera de sa convenance.

D’autres correspondances diplomatiques de cette époque dont celle de Nicolas Voronzov, ambassadeur de Catherine II à Londres, font écho à ce projet de compensation et parlent même de démembrement Proly était-il chargé de ce programme ? De nombreux historiens hypnotisés par les discours grandiloquents prononcés à la Convention n'ont retenu que les heurts parlementaires violents mais superficiels, sans jamais, dans leur aveuglement idéologique, se poser la question des arrière plans géo-stratégiques de ces divisions suscitées, entretenues. Pour sa logistique financière, Proly dispose du banquier Perrégaux, lui-même un des maillons (avec les nombreux agents des banques Nettine, Boyd, Ker, Herries, etc.) du dispositif de distribution de fonds étrangers auprès des sections, des élus de la Commune, du département et de l’Assemblée, et de quelques hauts fonctionnaires de l'état (police et justice surtout).

LA MONTEE EN PUISSANCEDE L'EXAGERATION ANTI-GIRONDINE

Il est à noter que Robespierre n'était entré au Comité de salut public qu'après l'arrestation des Girondins (2 juin 1793). C'est donc Barère et Hérault de Séchelles qui, du Comité, dirigèrent ou accompagnèrent le complot Proly-Pache contre les Girondins, car ceux-ci étaient très minoritaires au CSP depuis sa création.

Avec Desfieux, avec Pache le maire, avec Marat aussi, avec Garat lui-même le ministre de l'Intérieur (créature des Laborde et de Chauvelin), Proli s’impliqua fortement dans le mouvement de l'exagération calculée dont les visées à long terme étaient plus importantes que la mise en arrestation de vingt-deux députés girondins. Pour monter des insurrections anti-girondines il disposait de fonds très importants confiés à lui par des banquiers politiques étrangers, peut-être aussi par Pache qui avait prélevé des fonds à son usage au ministère de la guerre, et il ne tarda pas à donner une plus grande influence au Comité central révolutionnaire de la Commune qui prépara – sur plusieurs semaines – les émeutes des 31 mai et 2 juin 1793. Pache et Marat sont visibles tout en appartenant au même complot que Proly qui n'apparaît que rarement officiellement, très rarement même, tout au plus dans la mission diplomatique semi-secrète. Ils sont à la tête de l'exagération calculée, le premier comme organisateur discret et prudent et bailleur de fond, le second comme "communiquant" dans la presse et à la Convention où comme Desfieux et Hébert, il se "lâche". ( )

L'ex ministre de la guerre et nouveau maire de Paris, Pache, continue à prendre la défense des égorgeurs de septembre 1792. Le 8 février 1793 ses amis de la Commune de Paris obtiennent une grande victoire: un décret suspend toutes les procédures contre les assassins de septembre. Pache partage avec Marat le désir éperdu d'une guerre civile en provoquant la division et avilissement de la Convention, clé de voute de la République, prélude à son renversement. Il s'appuie principalement sur le comité insurrecteur de Proli et cie dont les membres se retrouvaient, à l'époque du procès du roi, chez Champgrand ou chez Corraza, puis à l'Evêché à la veille du 31 mai 1793 et qui disposaient de fonds importants.

Un Comité central d'insurrection ou révolutionnaire de la Commune de Paris, formé par Pache début mars 1793 est, selon Garat, ministre de l’Intérieur, composé de Hasszenfratz, Proly, Guzman, Barère et Marat

COMITE INSURRECTIONNEL CREE A LA VEILLE DU 31 MAI

Dans les Actes de la Commune VII, 457 (a vérifier) on donne Desfieux (« espion de la cour aux Jac.), connait-il Guesdon-Marat, joua 1er rôle au 10 mars » ( ), dénoncé par Fabre d’Eglantine, Chabot, Dufourny qui l’accusent de defendre le projet cromwelliste de Ronsin, de vouloir admettre Vincent aux Jacobins, et ses liaisons avec la fille sartines (en fait sa mère dont il fréquente et fournit le tripot), DOBSENT, DUFOURNY (dénoncé par Chabot il trahira Proli pour une femme nommée Mme Violette), FOURNEROT, GUZMAN, PEREYRA, PROLY (rédige quelquefois pour Berère et hérault qui avaient bcp confiance en lui), VARLET, WENDLEN ou Wendling, peut etre Bentabole (agent de Proly et Hérault) n’en fait pas partie Les membres de ce comité étaient principalement Dufourny, Varlet, Dobsent, Hassenfratz, Marchand (Dupérou) Rousselin, desfieux Rousseville Proly Pereyra Liasinski Loveau, Lavaux (ami de Seiffert ?), Guzman, Nicolas (ami de Robespierre) Clémence. Ils étaient payés par ??? 2500 livres par séance ( ) Selon Dulaure dans la même temps époque où on discutait le procès de Capet, une société du Luxembourg publia un arrêté signé Pache et compagnie dans lequel, entre autres proscriptions et propositions extravagantes on trouvait celle de donner un « défenseur » à la République » ( ) La plupart des pièces concernant le fond des activités contre-révolutionnaires et anti-républicaines de Pache, ont été détruites par le Comité de sureté générale selon Sénar sans doute sur ordre de Robespierre qui avait pactisé avec Pache en mai 1793. Mais il reste suffisamment d'éléments pour reconstituer l'histoire indépendamment des interprétations erronées de Albert Mathiez qui, sa vie durant, fut obsédé par Robespierre. D'où deux ou trois générations de robespierrisme obtus qui a empêché toute recherche scientifique digne de ce nom sur le pourquoi de la Terreur. https://books.google.fr/books?id=7pkPAAAAQAAJ&pg=PA103&dq=corazza+proli&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj5tfqu587LAhXIlxoKHdGvCkU4FBDoAQhVMAk#v=onepage&q=corazza%20proli&f=false Pache fut en tout cas de ceux qui tirèrent gloire d’être à l’origine de l’arrestation de vingt-neuf députés girondins et de deux ministres brissotins. La plupart d'entre eux périrent de mort violente. Les semaines suivantes c'est soixante-treize nouveaux députés girondins qui sont arrêtés. Au total, on compte au moins 135 députés proches de Barbaroux et de Vergniaud, ou de Brissot, qui furent les victimes du coup d'état le plus meurtrier de l'histoire parlementaire française. Et c'est enfin Proli qui rédigea la constitution de 1793 fort libérale (pour les propriétaires) sous la dictée de Barère et Hérault de Séchelles. ( ) Faire croire aux fédéralistes en les envoyant à la guillotine comme autrefois on faisait croire aux sorcières en les envoyant au bûcher (Dulaure, Supplément aux crimes des anciens comités de gvt (entre pp.105 et 109) Ajoute (p.105) « je n’ai jamais entendu en public ni en particulier aucun de mes collègues accusés de fédéralisme me parler ni s’occuper de cet espèce de gouvernement. Cette conspiration de fédéralisme est imaginaire » Vergniaud et tous les modérés qui ont témoigné disent la même chose. Beaucoup de Montagnards en étaient convaincus : on nous a trompés disait Marie-Joseph Chénier.

LA FIN DE L'EXAGERATION CALCULEE Le 4 septembre 1793, sur la proposition de Georges-Jacques Danton, la Convention décrétait que les assemblées des sections parisiennes qui se tenaient tous les jours, ne pourraient plus que se tenir deux fois la semaine, le jeudi et le dimanche, afin de diminuer une agitation endémique qui laissait présager un mouvement populaire contre la Convention. Mais le Commune de Paris refusa de courber l'échine et de perdre l'influence énorme qu'elle avait pris sur les meneurs des sections de Paris. A la fin de l'automne 1793, Robespierre a compris à son tour, ou du moins il feint de s'en étonner, que la Commune de Paris, soutenue par le maire Pache, Deschamps-Destournelles, le procureur Chaumette et la clique Proly-Desfieux, avaient prévu de renverser la Convention et d'établir un régime transitoire à caractère autoritaire, militaire, avec notamment pour chefs Pache, Ronsin, Henriot et autres conjurés. Il ne douta plus du rôle que Proli et ceux qu'on nommait les "agents de l'étranger" (Mémoires) avaient joué dans la promotion des fureurs populaires anti-girondines, en concertation certaine. Il mesura d’autant le danger que Proli organisait toujours chez lui, note Robespierre, des conciliabules secrets dont le but ultime était la destruction de la Convention déjà ravagée par des luttes internes exacerbées, artificiellement entretenues par des provocateurs et des journalistes mercenaires qui en informaient l’Europe entière. Après Camille Desmoulins, Robespierre réalisa à son tour que les Girondins n'étaient probablement pas si coupables de ce dont la propagande maratiste les avait accusés. Il s’efforça d'ailleurs de protéger, contre Pache, Barère, Collot et consorts, les 73 députés républicains de la Gironde emprisonnés, et que Pache en particulier voulait faire décapiter sur-le-champ. Robespierre avait encore cette volonté marquée à la veille de thermidor, alors que ses opposants, au sein des comités de gouvernement (Barère, Vadier, Collot, Amar etc) étaient aussi favorables au renvoi des 73 devant le Tribunal révolutionnaire. Décidé à éradiquer l'exagération suspecte qui le court-circuitait dans le contrôle de la répression Robespierre s'en pris d'abord particulièrement à la faction de Proli mais, prudemment, continua de ménager Pache, le maire, avec lequel, difficulté supplémentaire, il s'était passablement compromis lors des entrevues de Charenton (mai 1793) et dans son engagement anti-girondin. Proli et Desfieux avaient trouvé le moyen de tourner le décret Danton du 4 septembre 1792, en constituant dans les sections des clubs locaux sur le modèle de celui de l'archevêché, appelées sociétés populaires qui tinrent séance pour établir des listes de suspects dans la salle réservée aux assemblées des sections, les jours où ces assemblées étaient interdites. Pour accentuer le noyautage de ces sections par les muscadins à bonnets rouges, ils fédérèrent les clubs des sections dans un Comité central (mars 1793) dont ils eurent la direction. Ce comité devint une force qui s’opposa sourdement aux autorités constituées de Paris, et surtout l’administration du Département. Pur parmi les purs, le citoyen Dufourny, qui entendait contrôler le Département de Paris qu’il présidait, fit arrêter Proli au début d’octobre 1793. Mais celui-ci, se plaignit et fut relâché sur intervention de Hérault de Séchelles qui, comme Bertrand Barère, sapait discrètement l’autorité de Robespierre. Ce faisant,ils protégeaient, sous le masque d’un patriotisme exigeant, les initiatives des Exagérés de la mouvance de Proli et Desfieux. C'est sur leur initiative que Collot, agent de Barère, fit libérer Desfieux emprisonné la veille comme suspect. Dans une accusation figurant dans les papiers manuscrits soi-disant trouvés chez Robespierre [ ], on remarque une pièce qui avait alerté l’Incorruptible : Comment se fait-il que Proly, étranger et fils de la maîtresse du prince de Kaunitz, par conséquent très fort dans le cas d’être soupçonné le bâtard et le pensionnaire de ce prince autrichien, se soit donné, à Paris, comme un patriote à trente-six karats (sic), et qu’il n’ait pu jusqu’ici passer, malgré son adresse, que pour un intrigant ? Comment se fait-il que Proly, qui n’est rien, qui ne doit se mêler de rien, soit fourré dans toutes les affaires ? Comment se fait-il que Proly et Desfieux, et leur cabale, sachent tous les secrets du gouvernement quinze jours avant la convention nationale ; qu’ils connaissent les promotions futures, et qu’à point nommé ils aient des nouvelles fraîches et ostensibles sur toutes les affaires, et des nouvelles secrètes, qu’on devine à leur allure, et d’après lesquelles ils se conduisent ? Comment se fait-il que Desfieux et Proly, étant de grands patriotes, soient les inséparables des banquiers étrangers les plus dangereux, tels que Walquiers, de Bruxelles [ ], agent de l’empereur tels que Simon, de Bruxelles [ ], agent de l’empereur ; tels que Grenus, (banquier)de Genève, grand inséparable de Proly ; tels que Greffus[Greffulhe] et Mons, autres agens de l’empereur.

Robespierre enfin fixé le regarda désormais comme un intrigant dangereux en rapport avec la cour de Vienne, et afin de préparer l'opinion publique, il fit afficher un placard dénonçant les relaxations arbitraires dans le genre de celle dont avait bénéficié Desfieux : alors seulement il se décida à ordonner l'arrestation de Proli, qui fut opérée au domicile de Desfieux, chez lequel il avait reçu l'hospitalité; mais tout aussitôt Collot d'Herbois prit sa défense aux Jacobins et obtint sa mise en liberté immédiate, ainsi que celle de Proli, qui, parait-il, trouva un refuge chez Hérault de Séchelles dont la situation personnelles n’était pas bonne depuis qu'on avait découvert qu'il communiquait à Proli des dossiers diplomatiques provenant du département des affaires étrangères qu'il codirigeait avec Barère. (selon Tuetey,)

Quand les choses allèrent très mal pour lui en nivôse et pluviôse an II, Proly avait dû provisoirement son salut à Hérault de Séchelles dans la maison duquel il logea, rue du Bouloi. cette relation avec Hérault précipita ses ennuis. Resté fidèle au mouvement exagéré dont Hébert était la figure la plus «visible » mais non la plus influente, Proli était désormais dans la ligne de mire de Robespierre qui, à l’occasion de la révélation de l’affaire du décret liquidant la Compagnie des Indes, avait pris la mesure d’une immense « conspiration » dont il ne distinguait pas très bien les contours et identifiait encore moins les vrais instigateurs. L’implication certaine de plusieurs Montagnards en vue, tous membres du premier Comité de sûreté générale - François Chabot, Joseph Delaunay, Claude Basire et Charles-Nicolas Osselin notamment - et la campagne de diffamation lancée contre eux par Jacques-René Hébert, lui donnèrent la mesure de la gravité de la situation. Il y allait de l’honneur et surtout de la survie de la Convention tout entière. Il s’en prit d’abord à ceux dont on parlait le plus, parmi lesquels Proli contre qui, depuis la découverte de ses liens avec Hérault de Séchelles, on pouvait articuler assez facilement une accusation d’espionnage à la solde de Léopold, frère de Marie-Antoinette, pour le compte de l’Autriche. Aux Jacobins (le primidi/1er frimaire an II), Robespierre rappela que Proli était fils de V de Kaunitz et qu'il avait fondé une cinquantaine de clubs populaires, etc., clubs fort suspects en effet, qui avaient été attaqués, dans les faits, non pas les Jacobins mais par les Girondins qui s'étaient retrouvés dans le rôle des accusés suite à une grande manipulation dont Robespierre et Barère connaissaient tous les fils (ce qui les rapprocha). Robespierre peina néanmoins à établir une complicité de Proly qu'il dénonçait avec ... Brissot que c'est Proly lui-même avait puissamment contribué à envoyer à l'échafaud. https://books.google.fr/books?id=lku-zJ4OA_oC&pg=PT8&dq=proli+clubs+populaires&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjVkcacgp_KAhVBRg8KHUARA78Q6AEILTAC#v=onepage&q=proli%20clubs%20populaires&f=false Un arrêté des Comités de salut public et de sûreté générale réunis, en date du 27 brumaire, ordonna l'arrestation de Berthold Proli et de ses complices présumés; le lendemain 28 brumaire, le citoyen Jacquin, membre du Comité révolutionnaire de la section Le Peletier, se transporta, en vertu d'un ordre de l'administration de Police, au domicile de Proli, rue Vivienne, n° 53 (c’est l’adresse de Richer de Sérizy), pour le mettre en état d'arrestation ; ne l'ayant pas trouvé, il se borna à apposer les scellés Décrété d’arrestation depuis le 27 brumaire, Proli était allé se réfugier hors Paris, à Ménilmontant, dans la maison de Mme de Gougenot, elle-même très suspecte comme épouse d’un directeur de la Compagnie des Indes et ancienne femme de chambre de Marie-Antoinette ; son mari avait été dépositaire, lors des événements du 10 aout 1792, de lettres importantes que lui avait remises Mme campan qui les tenait elle-même de la reine. Suite à la grande dénonciation de Proli par Robespierre aux Jacobins, une légion d'inspecteurs de Police fut lancée aux trousses du suspect sans parvenir à le joindre à Ménilmontant, on le chercha alors aussi chez la femme divorcée de son ami Dubuisson, rue Saint-Honoré, près de Saint-Roch; AN, W136, II, p. 58. PROLY EST RECHERCHE Pendant qu’il se cachait, on arrêta son domestique et secrétaire François Bompard ce qui permit de mettre la main sur pratiquement tous les papiers de Proly que les comités filtrèrent soigneusement Seuls furent communiqués au parquet du Tribunal révolutionnaire les papiers qui ne risquaient pas de compromettre certains députés de la Montagne qui comme Bentabole, s'éloignèrent d'ailleurs prudemment en province. Soi-disant ancien domestique, mais plus sûrement fils d’un employé de la Cie des Indes né en 1757 à Lorient, Bompard avait été marchand de tableaux pour le compte de Proly. Il fut arrêté rue Neuve Saint-Roch avec sa maîtresse Catherine-Victoire Olivier, femme de chambre de la comtesse d'Hervilly. Tout en faisant le commerce des tableaux, Bompard continuait paraît-il à servir Proly, le rasant, le peignant tout comme un perruquier. Ce valet de chambre donna aux administrateurs de Police, qui l'interrogèrent le 8 frimaire de précieux renseignements sur les fréquentations de Proly avec les banquiers Perouteau et Tassin, les courtiers ou agents de change Boucher, Moynat, Germain, Lenoir et Porteau, le député Hérault de Séchelles, la femme Poussin, ouvrière en linge, tenant une maison de prostitution, rue des Filles-Saint-Thomas, avec laquelle Proli avait vécu 6 mois, l'ex-conseiller à la Cour des Aides Régnier, un Bruxellois nommé Busscher, un ancien lieutenant-colonel de dragons, le ci-devant marquis Goury de Champgrand, dont Proli courtisait la fille, mais nullement dans l'intention de l'épouser, "attendu l'aversion de Proli pour le mariage". Tous ces individus ou presque subirent à leur tour des interrogatoires en règle, afin d'arriver à découvrir la retraite de Proli . Aux termes d'une déclaration que fit, lors du procès des Hébertistes, Dufourny, président du Département, aux juges et jurés du Tribunal révolutionnaire Proli avait été signalé comme très dangereux, comme un agent de la maison d'Autriche; mais il n'avait pas osé le faire arrêter, en raison de son intimité avec les représentants Barère et Hérault de Séchelles, et avec le banquier Perrégaux. Cette impunité prolongée tient au fait Proli eut longtemps pour protecteur principal Barère, rapporteur au Comité de salut public, avec qui il avait rédigé la constitution de 1793, et qui essaya à l'hiver 1793 de le sauver jusqu'au dernier moment de la colère de Robesperre . Mais les charges étaient de plus en plus lourdes et Barère sentit qu'il ne pouvait plus le sauver. En outre Perrégaux, banquier de Proli et de sa mère, était devenu à son tour suspect d'espionnage et d'influence au profit de l'étranger. On avait établi sa complicité avec des agents royalistes depuis l'arrestation du duc Du Châtelet, et même avec le gouvernement anglais qui l'avait chargé de distribuer des fonds pour accélérer les divisions au sein des clubs et de la Convention. Pour éviter que Perrégaux ait à répondre publiquement de multiples accusations au tribunal révolutionnaire, et qu'il ait à nommer Barère, celui-ci lui délivra à la hâte une "mission" en Suisse où le banquier s'empressa de filer.

Cependant la capture de Proli tenait tant à coeur aux Comités que le 9 nivôse, le Comité de salut public donna pleins pouvoirs au Comité révolutionnaire de la section Le Peletier, dans laquelle Proli avait son domicile, pour envoyer un ou plusieurs de ses membres dans les environs de Paris, où l'on présumait (que le fugitif pouvait s'être caché, et se saisir de sa personne. Deux jours après, le Comité de sûreté générale ordonna de procéder à l'arrestation de cet individu, « comme vraiment suspect », et chargea de ce soin le citoyen La Rivière, membre du Comité révolutionnaire de la section Le Peletier, auquel fut adjoint Magnan, l'un des secrétaires du Comité.

Durant toute cette période, de son propre aveu, Proli avait mené une vie vagabonde, errant depuis huit moi autour de Paris pour échapper à l'emprisonnement, se faisant passer pour fripier, pour acheteur aux ventes des biens des émigrés, pour marchand de cuivre ou de fer, changeant tous les jours de résidence, étant venu deux fois à Paris par la barrière de Clichy et ayant couché dans une auberge au-dessus de Saint-Lazare .

Parmi les refuges qu'il trouva y avait la

en dernier lieu, avisé par son fidèle domestique que son arrestation était imminente, il s'était réfugié à Vaud'herlan, district de Gonesse, à l'auberge du Petit Cerf, où il fut reconnu et arrêté, le 30 pluviôse, par deux membres du Comité révolutionnaire de la section Le Peletier.

EMPRISONNE

Ramené à Paris, il subit, le 2 ventôse devant le même Comité, un interrogatoire dans lequel il raconta les péripéties de sa vie errante Le jour même de l'arrestation de Proli, Dufourny l'annonça aux Jacobins et reprocha même à Collot d'Herbois de l'avoir fait élargir lors de sa première arrestation. Collot d'Herbois se défendit de toute compromission à l'égard de ce conspirateur, attendu que c'était lui qui venait de provoquer la mesure prise contre Proli, et il ajouta qu'on avait trouvé dans les poches de ce traître des lettres importantes qui feraient connaître ceux qui s'opposaient à son arrestation

Le 3 ventôse an II, le Comité de sûreté générale ordonna d'amener, le soir même, Proly au lieu de ses séances et de l'incarcérer aux Carmes en le mettant au secret (1). Aussitôt celui-ci se rappela au souvenir de Bentabole, membre montagnard de la Convention (2), l'adjurant de déclarer si lui Proly n'avait pas toujours été un ami ardent de la Liberté, s'il n'avait pas toujours attaqué tour à tour les aristocrates, les Feuillants, les Brissotins, rappelant que Bentabole devait bien savoir que les persécutions dont il était l'objet étaient dues aux préventions que l'infâme Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins et Dufourny avaient semées contre lui et ses compagnons d'infortune dans l'esprit de Danton et de Robespierre ; qu'enfin c'était un devoir sacré pour le même Bentabole d'élever la voix en faveur de ses frères de la petite société qui s'assemblait chez Desfieux et de venir au secours de l'innocence et du patriotisme opprimés. Le 19 ventôse, Proli fut extrait de la maison des Carmes où il était toujours au secret, et fut amené au Comité de sûreté générale, où il fut interrogé, principalement sur ses relations avec Dubuisson et Pereyra et sur sa mission en Belgique. Le 30 ventôse, Proli sortit de nouveau des Carmes pour subir un dernier interrogatoire, de pure forme, devant Dobsent, l'un des juges du Tribunal révolutionnaire, qui se borna à lui demander s'il avait jamais conspiré contre la République et lui donna d'office pour défenseur Chauveau Lagarde (3). En ce qui concerne les projets subversifs qu'on lui prêtait, tendant à l'avilissement de la Convention nationale et à la perte de la République, il déclara avoir toujours agi et parlé dans le sens de la Révolution, aimant par-dessus tout la liberté, et avoir toujours attaqué de vive voix et par écrit les Brissotins; il s'expliqua également au sujet de ses relations avec Richer de Serizy, qui lui avait souvent parlé d'un parti de patriotes exagérés, ennemis de Danton, à la tête desquels se trouvaient Hébert et Pache , parti auquel ce journaliste croyait que Proly appartenait. Cette circonstance lui avait d'ailleurs valu l'inimitié de Camille Desmoulins et de Fabre d'Eglantine, ce dernier, craignant que les purs patriotes, par lui désignés sous le nom de factieux, ne dévoilassent ses friponneries et dilapidations.

Robespierre dirigea A NOUVEAU, en germinal aux Jacobins, de violentes attaques contre le parti de l'étranger, espoir des aristocrates et des modérés. «Aujourd'hui, dit-il, l'on voit sur la sellette les principaux agents des puissances étrangères, un Cloots, un Proly et tant d'autres qui s'étaient vendus à ce parti odieux. Je dis que la punition de Proly coûtera des millions aux aristocrates et aux étrangers, parce qu'après cet exemple terrible, il faudra que Pitt paye au centuple les espions qu'il voudra entretenir chez nous » (4).

Traduit devant le Tribunal révolutionnaire, il réclama des témoins à décharge et nommément Jean Bon Saint-André, Bentabole, Jay de Sainte-Foix et (Stanislas) de Girardin [16]. « Citoyen accusateur public, se plaint-il, Jusques ici, aucun témoin à décharge n’a été entendu. » Et il insiste à nouveau sur l'importance du témoignage des citoyens Jean Bon Saint-André, membre du Comité de salut public, de Bentabole, conventionnel demeurant Butte Saint-Roch, de Jay de Sainte-Foix, membre de la Convention, de Girardin du cabinet de lecture au jardin de l’Egalité

Mais trop de preuves l’accablaient. En outre, Fouquier-Tinville qui agissait sur ordre des comités réunis, n’écouta que les témoins à charge (Sambat et Mme Violette, Moenne et surtout Dufourny qui fut le plus lêche de ses accusateurs.

Il fut en outre chargé par Jacques Moenne ou Moine, agent comptable d'un atelier d'armes et Jean-Baptiste Sambat, peintre de portraits et juré au tribunal révolutionnaire, sans défenseurs, il fut condamné à mort et exécuté au terme d’un procès très biaisé.

SOURCES MANUSCRITES DU DOSSIER W concernant PROLI Interrogatoire subi au Comité de sûreté générale par Pierre-Jean-BerIhold Proly, détenu en la maison des Carmes, principalement au sujet de ses relations avec Dubuisson et Pereyra et de la mission en Hollande qui leur fut confiée soi-disant "afin de faire tomber la Banque d'Angleterre", par l'entremise des Juifs portugais établis à Amsterdam , au moyen d'opérations de change combinées et au besoin par la contrefaçon des billets de cette banque, mission qui s'etfectua du 18 au 30 mars 1793 et qui fut interrompue par les revers de l'armée française en Belgique, au cours de laquelle ils reçurent les révélations de Dumouriez, consignées dans leur rapport, et découvrirent sa trahison ; le même Proly reconnaît avoir été intimement lié avec Desfieux chez qui il demeurait à Paris, lequel était en relations suivies avec Hassenfratz (factotum de Pache), Coindre, Courtois (faux ????), probablement aussi avec Chaumette, et il voyait fréquemment Hébert aux Jacobins, et déclare qu'averti de son arrestation imminente par le citoyen Bompard son secrétare particulier, il s'était réfugié à Vaud'-herland où il avait été arrêté. Daté 19 ventôse an II. Original, signé d'Amar, Proly et Vassal, secrétaire du Comité, A. iV., W 78,

Tuetey XI 2445. — Lettre de Proly au citoyen Portau, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 5, le priant de lui envoyer en assignats à Boulogne, où il compte se trouver dans 3 ou 4 jours, à l'adresse du citoyen Berthold, chez Garnier, le solde d'une traite sur sa mère à Bruxelles, qu'il le charge de demander à Perregaux ou à défaut, la somme de 400 livres à titre de prêt, réalisé entre les deux Moynat, Garnier et le destinataire de cette lettre, déclarant qu'une plus longue correspondance à ce sujet les compromettrait tous deux, qu'il compte que le service par lui demandé sera promptement rendu et ajoutant pour terminer sa lettre, que ledit Portau est un brave garçon qu'il aime autant qu'il aimait autrefois ses maîtresses. le ... ventôse an II. Original signé, (A.N, F7 4774^3).

Tuetey XI 2446. — Interrogatoires subis devant les commissaires du Comité de surveillance de la section Le Peletier par Pierre-Berthold Proly, natif de Bruxelles, homme de lettres ruiné, domicilié rue Vivienne, n" 7, et depuis huit mois errant autour de Paris pour échapper à l'incarcération, se faisant passer pour fripier, acheteur aux ventes des émigrés, marchand de cuivre ou de fer, lequel a déclaré avoir changé tous les jours de résidence, être venu deux fois à Paris par la barrière de Clichy et avoir couché dans une auberge au-dessus de Saint-Lazare ; questionné sur la vie qu'il a menée à Paris depuis 1783, a dit que de 1783 à 1789, il a vécu comme un homme riche, des revenus d'une fortune acquise aux Indes, que ruiné depuis 1789, il a vécu des débris de cette fortune et a travaillé au journal appelé le Cosmopolite; quant aux projets tendant à l'avilissement de la Convention nationale et la perte de la République, qu'il aurait formés en sa qualité de ci-devant comte de l'empire, a protesté avoir toujours parlé et agi dans le sens de la Révolution, aimant par-dessus tout la liberté, et avoir toujours attaqué de vive voix et par écrit les Brissotins. Proly eut à s'expliquer sur ses relations avec Richer de Serizy, qui, dit-il, lui avait souvent parlé d'un parti de patriotes exagérés, ennemis de Danton, à la tête desquels il mettait Hébert et Pache, et auquel il croyait que Proly appartenait, ce qui lui avait valu l'inimitié de Camille Desmoulins et de Fabre d'Eglantine; ce dernier craignant que les patriotes purs par lui désignés sous le nom de factieux, ne dévoilassent ses friponneries et dilapidations, déclarant que la conduite de Richer de Serizy était des plus équivoques. Daté 2 ventôse an II. Originaux, signés de Proly, Peron, président, Cornet, Vergne, La Rivière, Gourguechon

Lettre de Proli à son ami et bras droit Bentabole, membre montagnard de la Convention nationale, faisant appel à sa conscience et l'adjurant de déclarer si lui, Proli, n'a pas toujours été un ami ardent de la Liberté, s'il a dévié un seul instant du sentier étroit de la Révolution, s'il n'a pas toujours attaqué tour à tour les aristocrates, les Feuillants, les Brissotins, ajoutant que Bentabole doit bien savoir que les persécutions dont il est l'objet sont dues aux préventions que l'infâme Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins et Dufourny ont semées contre lui et ses compagnons d'infortune dans l'esprit de Danton et de Robespierre, qu'enfin c'est un devoir sacré pour lui d'élever la voix en faveur de ses frères de la petite société qui s'assemblait chez Desfieux, et de venir au secours de l'innocence et du patriotisme opprimés . Daté 3 ventôse an II .

https://www.jstor.org/stable/41920848?seq=1#page_scan_tab_contents

Voir PEREYRA Jacob

http://gw.geneanet.org/darbroz_w?lang=fr&pz=rose&nz=theze&ocz=0&p=jacques+ou+jacob&n=pereyra

DESFIEUX François

http://gw.geneanet.org/darbroz_w?lang=fr&pz=rose&nz=theze&ocz=0&p=francois&n=desfieux

MARAT Jean-Paul DILLON Arthur

BENTABOLE Pierre

http://gw.geneanet.org/darbroz_w?lang=fr&pz=rose&nz=theze&ocz=0&p=joseph%20jean%20baptiste&n=bentabole&oc=1

Bibliographie

Étienne de Jouy, Biographie nouvelle des contemporains, t. 17, Paris, Librairie historique, 1824, p. 130-1. Albert Mathiez, La Révolution et les étrangers, p. 98-106. Olivier Blanc, les hommes de Londres, Paris, Albin Michel,1989. Olivier Blanc, La corruption sous la Terrreur, Paris, Robert Laffont, 1993.

voir lVoir les notices BARERE DE VIEUZAC Bertrand DUPLAIN Pierre Jacques MIRANDA Franciscoes, Richer Garat Pache Fréron Corbeau de saint-Albin Dufourny

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

        Matheus Gerardus Cloots, seigneur de Strijthagen   Barbara del Tour    
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Pierre Proli †1732   Aldegonde Pauli, dame de Wespelaar et Nederassent 1685-1761   Johan Berthold Cloots   Marie Dormans
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Balthazar Florent Joseph Proli   Marie-Jeanne Cloots
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Johan Petrus Berchtold Proly, baron puis comte von Proli 1750-1794


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