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Michelle Sentuary
 Michelle-Cécile de Blois; dite comtesse de Bonneuil


  • Née le 24 mars 1748 - Sainte-Suzanne (La Réunion)
  • Décédée le 30 décembre 1829 - Paris , à l’âge de 81 ans
  • Inhumée - Montmartre
  • Egérie d'André Chénier, agent d'influence et de renseignement employée par Cazalès sous le Directoire, puis par le ministre des Relations extérieures Talleyrand.
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 Union(s) et enfant(s)

 Frères et sœurs

 Relations

 Notes

Notes individuelles

Mme de Bonneuil et sa progéniture

Mme de Bonneuil dont le général Thiébaut parle dans ses célèbres Mémoires, avait une réputation sulfureuse sous l'Ancien régime (elle était "berceuse" du financier Nicolas Beaujon à l'hôtel d'Evreux, actuel palais de l'Elysée) et la présidente Chabenat de Bonneuil tenait d'autant plus à son titre qu'elle craignait d'être confondue avec Mme de Bonneuil née Sentuary. Selon le prince Xavier de Saxe, celle-ci avait été de la petite cour formée en 1774/1775 autour du Contrôleur Clugny de Nuis, qui lui préféra sa soeur Mme Thilorier. Les deux soeurs financèrent les charges vénales de leurs maris grâce à des "avances" de leurs riches amis.

Les archives du Comité de sûreté générale révèlent qu'on trouva chez elle, en octobre 1793, un blason qui fut reproduit dans son dossier de police (un oeil couronné, posé sur une corne d'abondance et deux renards dontl'un "éventré" ou issant), blason qui correspond précisément à celui que Charles de Sartines fit reproduire sur la porte du carosse élégant qu'il lui offrit en 1787 pour la promenade de Longchamp (description du blason dans les "Mémoires secrets" de Pidansat de Mairobert pour mars 1787). Ce blason surmonté d'une couronne de comtesse prouve aussi que, dans le monde, au cours de ses voyages, elle cherchait à se faire passer pour "comtesse" de Bonneuil.

http://books.google.fr/books?id=d1AHAAAAQAAJ&pg=PA116&dq=debonneuil&hl=fr&sa=X&ei=VJfVUqSGOaOp0QX0-oDABQ&ved=0CDQQ6AEwADh4#v=onepage&q=debonneuil&f=false

https://books.google.fr/books?id=LApeiMdR4KUC&pg=PA22&dq=mme+de+bonnouil&hl=fr&sa=X&ei=vjVAVMmcG43UatKsgtgB&ved=0CEEQ6AEwBjgU#v=onepage&q=mme%20de%20bonnouil&f=false

Après ses trois filles légitimes, elle avait déjà donné naisance à un premier fils, hors mariage, en mars 1786, et qui fut endossé comme son fils en 1802 par son ami le marquis de Cubières, ancien écuyer de Louis XVI, qui était très réticent: la question est de savoir si le futur général Despans-Cubières n'était pas, en réalité, né d'une éphémère liaison de Mme de Bonneuil avec le du duc de Chartres qu'elle fréquenta dans les loges égyptiennes de d'Eprémesnil et Cagliostro au printemps de 1785. Elle voyagea la même année, à la suite du prince et de Cubières, à Londres où elle connut André Chénier, alors secrétaire d'ambassade, et où Cosway ("Lettres") fit son portrait.

Ce fils naturel quasi-reconnu - né sous le nom de "Amédée Despans", fils de "Michelle Cécile de Blois" - épousa plus tard en 1813, sous le nom de Despans-Cubières, une petite fille de sa propre mère (Aglé Buffault, romancière).

Sous la Révolution, Mme de Bonneuil eut une liaison avec le célèbre député Cazalès dont elle eut une fille, Evelina, née en mars 1793, qu'il refusa de reconnaître. L'enfant fut agrégée à la famille maternelle après le décès de M. de Bonneuil ( Evelina dite Nina X, fut baptisée en 1803 à Saint-Leu sous le nom de Guesnon de Bonneuil).

A cause des mariages "arrangés", sans amour ni désir, les naissances hors mariage dans l'aristocratie à la fin du 18e siècle, étaient très fréquentes et le cas de Mme de Bonneuil est loin d'être isolé comme le révèlent les nombreux procès en reconnaissance de paternité ou de maternité dès l'époque du Directoire.

Iconographie.

Mme de Bonneuil est connue pour avoir été d'une très grand beauté, une beauté "phénoménale" sur laquelle le temps semblait ne pas avoir prise. Melle Avrillon, la duchesse d'Abrantès, les portraitistes Elisabeth Vigée le brun et Danloux, parmi d'autres, ont été frappés par cette exception de la nature. "A près de cinquante ans, disait Danloux, à Londres où il la vit passer en 1797, elle n'en paraissait pas trente". Charles Briffaut, le comte d'Espinchal et le peintre et diplomate américain John Trumbull parlent eux aussi d'elle dans les mêmes termes.

L'année de son mariage à Bordeaux, en 1767, elle a posé pour le portraitiste Alexandre Roslin qui a réalisé un pastel en ovale où elle est représentée (ci-dessus), âgée de dix-neuf ans, avec le voile des femmes élégantes de l'ile Bourbon (elle est dite "en habit d'africaine") . Ce grand pastel dans un somptueux cadre en bois sculpté et doré, dessiné d'après nature, qui doit donc être très ressemblant, est aujourd'hui conservé dans une collection parisienne.

De retour à Paris, Roslin a réalisé une réplique à l'huile en modifiant légèrement le costume qui est enrichi de perles et en supprimant la tulipe agrafée au corsage. Il a aussi rajeuni son modèle qui paraît beaucoup plus jeune qu'en réalité (elle avait vingt ans). Cette oeuvre qui fut exposée au salon de 1769 sous le titre "Mme de Bonneuil en habit d'Africaine" était conservé en 1988 à Saint-Germain en Laye chez Germaine de Sampayo épouse Marcotte de Quivières. Une autre version (couverture de mon livre de 1987) était conservée en Bretagne par les descendants de Mme Lodin de Lépinay.

Le sculpeur le Moyne a, semble-t-il, réalisé un buste de Mme de Bonnneuil (rencontrée lors d'un dîner chez Melle Vigée) que l'on peut identifier avec celui conservé au musée Jacquemart-André, dont les anciens propriétaires pensaient à tort qu'il s'agissait d'une "princesse" de Polignac.

Elle a posé trois fois pour Elisabeth Vigée, en 1773 selon la liste de modèles donnée dans les Mémoires de la portraitiste. Un de ces pastels est vraisemblablment celui qui subsistait dans les années 1925 lorsqu'il est passé en vente. Nous avons suggéré en 1987 à Joseph Baillio, vice présient du Wildenstein Intitute, qu'il s'agissait vraisemblablement de Mme de Bonneuil. Cette oeuve charmante, où le modèle semble âgée de quinze et non de vingt-cinq ans, n'est pas localisable aujourd'hui.

Un beau portrait, peint à l'huile, identifié à tort comme étant le portrait de la "marquise de Poyane par Drouais", conservé au Carnegie Museum of Arts de Pittsburg (USA), la représente semble-t-il. Serait-ce un des trois portraits donnés pour 1773 ? Sa version originale sans doute, signée Vigée le Brun, 1774, conservée au musée de Caen, a été malencontreusement restaurée, pour ne pas dire plus, dans les années 1930. Une gravure de 1912, révèle des retouches intempestives qui modifient fâcheusement l'expression et la forme du visage qui a perdu de sa grâce, remplacé par une grimace. La version de Pittsburg est plus conforme à la version originale d'origine, avant les stupides retouches que le musée de Caen serait bien inspiré de revoir.

La belle Michelle de Bonneuil a aussi posé pour Rosalie Filleul qui a réalisé un pastel où elle est de profil (ancienne collection de Mme de May de Termont). Mais ce pastel est plutôt dans le style de Deshayes que de Filleul.

Un portrait à l'huile par Lenoir pourrait la représenter à la veille de la Révolution. Aujourd'hui attribué (à tort) à Hall depuis son acquisition par la Suède vers 1917, ce portrait dit la dame en rose, est conservé dans un musée suédois.

Ses amours

En 1785, elle était en voyage à Londres avec le marquis de Cubières dans la suite du duc d'Orléans, qu'accompagnaient le chevalier de saint-Georges et quelques uns de ses familiers. On sait qu'elle y a posé pour Richard Cosway, le célèbre portraitiste anglais qui s'apprêtait à venir à Paris avec sa jolie épouse Maria. C'est à l'occasion de ce voyage à Londres que Mme de Bonneuil connut André Chénier, jeune attaché d'ambassage. Le roman selon lequel elle aurait connu le poète à Sénart, dans la propriété d'un de ses beau-frères Guesnon, n'a donc aucun fondement. Rien ne prouve enfin, contrairement à ce qui est parfois avancé, que Mme de Bonneuil fut la maîtresse d'André Chénier, qu'elle revit certainement à son retour à Paris, et qui, amoureux transi, pourrait avoir fantasmé sa passion pour celle qu'il nomme "Camille" (voir les Elégies ou le poète laisse entendre qu'il y aurait eu des rapports physiques entre lui et "Camille").

Elle fut la maîtresse du marquis de Cubières qui lui donna un fils (entre 1784 et 1786) et fut l'éphémère maîtresse de Sartine qui lui offrit un carosse sur lequel elle fit peindre ses armes "un oeil couronné etc..". En 1789, elle rencontra Cazalès avec lequel elle eut une liaison à éclipses qui dura jusqu'en 1799. Elle eut en Russie des relations de séduction superficielles avec le marquis de Paty de Bellegarde, originaire de Bordeaux, et avec le comte Rostopchine ministre de Paul 1er. Elle fut enfin la maitresse d'un jeune royaliste nommé Paul Léonard Vallon, beau frère du fameux poète anglais William Wordworth, qui l'accompagna dans ses voyages en 1802 et 1803, lui servant de secrétaire.

Voyages et intrigues politiques de Mme de Bonneuil agent double

Les premières intrigues politiques datent de 1791. Elle fut arrêtée en avril avec une trentaine de royalistes chez la duchesse d'Estissac, rue du faubourg Saint-Honoré, suite à une dénonciation d'un complot visant à emmener Louis XVI hors de Paris. Comme épouse du premier valet de Chambre du comte de Provence et amie intime de la comtesse de Balbi, elle fut initiée à la fuite du comte de Provence sans y avoir pris part directement (Mme de Balbi et le comte d'Avaray s'occupèrent de la fuite du futur Louis XVIII et Mme de Gourbillon s'occupa du voyage de la comtesse de Provence). A la suite de cet événement, le 20 juin 1791, M. de Bonneuil fut arrêté, ce qui semble avoir provoqué l'attaque qui le rendit partiellement paralysé. Il ne s'en remit jamais et demeura handicapé jusqu'à sa mort.

D'après son dossier de police du Comité de sûreté générale, elle voyagea à Bath "au début de la Révolution" avec Cazalès et Charles-Simon Boutin, certainement vers la fin des travaux parlementaires de la Constituante (septembre 1791), revenant à Paris vers février ou mars 1792, avant le vote des premières lois sur l'émigration. Il semble que Simon -Charles Boutin, chevalier, conseiller du Roy, receveur-général de ses finances, seigneur de La Source, Cormes , Cornay et autres lieux ait été un des premiers bailleurs de fonds de la contre-révolution. Il y eut un important relai des réseaux chouans du centre au château de la source à Orléans où Mme de Bonneuil venait par épisodes avec son amie la baronne de Montboissier et le Pelletier de Mortefontaine. Munie d'un passeport de complaisance délivré à Orléans (permettant de sortir de France sans passer pour émigrée), elle s'absenta plus d'un mois entre juillet et septembre 1792, pour accompagner Cazalès, gagnant la Suisse par Genève et Lausanne. Craignant pour sa vie, son mari se réfugia au Château des Chaumettes, à Saint-Leu-Taverny, avec ses trois filles que recueillirent leur nièce et cousine Barbe Buffault, Mme Hutot de Latour. C'est là qu'en juillet 1795, se maria la benjamine, Laure, avec Regnaud de Saint-Jean d'Angély qui s'offusquait que M. de Bonneuil son beau-père fût toujours "si scandaleusement délaissé par son insouciante moitié".

Lettre de Regnaud de Saint-Jean d'Angély à Mme de Bonneuil

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Miraculeusement rescapée des geôles de La Terreur où l'avait conduit son "dévouement exalté pour les Bourbons" (selon A-V Arnault), elle survécut plus d'un an (11 septembre 1793 au 20 octobre 1794), sortit enfin mais totalement ruinée (elle bénéficie d'une rente de 120 livres sur le Grand Livre de la dette), et reprit sa vie de femme libre, s'occupant d'elle, de ses amants et surtout de politique. Elle renoua avec les milieux d'opposition royaliste, avec Batz notamment et avec Cazalès. Elle renoua aussi des liens avec les réseaux chouans (ceux d'Orléans notamment) qui avaient prévu de renverser le Directoire. Agent de liaison avec l'émigration, elle avait une correspondance suivie avec Cazalès lui-même intermédiaire entre le Prétendant Louis XVIII et le gouvernement britannique. Ils étaient de cobvenus de se retrouver à Madrid en aout 1796.

Elle se fit délivrer un passeport en date d'Orléans, le 16 prairial an IV qui fut visé le 10 thermidor à Madrid. Mais Cazalès, différa son départ et arriva avec... six mois de retard, fin décembre, ayant éprouvé des contrariétés des Anglais pour s'y rendre. Elle quitta Madrid munie de dépêches que lui avait remis Cazalès, entre le 15 et le 30 janvier 1797. Elle serait alors allée à Irun d'où elle aurait embarqué vers, sans doute, Le Havre, puis Paris (février 1797).

Le 10 mars 1797, elle débarqua à nouveau à Londres. "Elle a cinquante ans et n'en paraît pas plus de trente. Sa fille âgée de quatre ans et demi sera elle aussi très jolie" (Journal de Danloux).De Londres elle serait retournée en Espagne où l'attendaient Cazalès et le duc d'Havré (50 heures par bateau).

Elle réside en Espagne d'avril à juillet 1797. Godoy la présenta au roi et à la reine d'Espagne.

Passage à Londres le 29 août 1797 (Journal de Danloux)

Présence attestée à Hambourg en septembre et octobre 1797 (fait viser le passeport établi au nom de Sentuary de Bonneuil)

Retour à Paris fin 1797.

Elle entreprit un nouveau voyage à Londres le ... novembre 1798, et y résida plusieurs mois en compagnie de Cazalès à qui elle avait apporté des dépêches de Paris. "Il est singulier que Madame de Bonneuil apporte les dépêches à Cazalès. Elle les devrait de préférence au roy" (dépêche de Thauvenay à Saint-Priest le 18 novembre 1798, affaires étrangères, fonds Bourbon).

Lors de son séjour à Londres Montlosier la voit logeant Hyde Park Mary-le Bone chez Cazalès. Il parle d'une réception donnée par eux pour le duc de Bourbon et tous les émigrés français de Londres. Le duc de Bourbon, dans des Lettres d'émigration, est frappé par son habileté à changer d'apparence (perruque blonde)

Départ de Mme de Bonneuil vers Hambourg où elle séjourne en 1799 puis Saint-Pétersourg (cf. le peintre et diplomate amricain John Trumbull, alors en mission, qui la croise à Londres peu avant son départ)

http://books.google.fr/books?id=yMITAAAAYAAJ&pg=PA118&lpg=PA118&dq=countess+bonouil&source=bl&ots=9ez_uBh5nI&sig=SP4utQPk8O1d7D7LdAAd5_b_D5s&hl=fr&sa=X&ei=m7b5UOOdH6W10QWUx4GwCw&sqi=2&ved=0CC0Q6AEwAA#v=onepage&q=countess%20bonouil&f=false

Séjour en Russie (Maximilien Catherinet de Villemarest, employé au ministère des Affaires étrangères affirme qu'elle remplit des missions dans les cours du Nord pour le compte de Talleyrant. Mêmes affirmations en 1814 par l'historien Salgues). Lacretelle, Capefigue, d'Allonville et d'autres auteurs et contemporains confirment son identité de belle-mère de Regnaud de Saint-Jean d'Angély . Elle est un agent des Français, de Talleyrand, de Fouché, ou de Bonaparte.

http://books.google.fr/books?id=WcunXuJHcmoC&pg=PA595&dq=salgues+belle+m%C3%A8re+conseiller+d'%C3%A9tat&hl=fr&sa=X&ei=8Lf5UKnZCumd0QXts4DQBg&sqi=2&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=salgues%20belle%20m%C3%A8re%20conseiller%20d'%C3%A9tat&f=false

MISSION AUPRES DE ROSTOPCHINE

Mme de Bonneuil est amie de la famille de Ségur et connaît particulièrement bien Louis-Philippe de Ségur, diplomate, avec lequel elle dîne chez Talleyrand. Voir Hugh Ragsdale pp.102-103

http://www.nationalism.org/patranoia/files/ragsdale-tsar-paul.pdf

Remains of John Tweddell

http://books.google.fr/books?id=HEo-AQAAIAAJ&pg=PA144&dq=tweddell+of+bonneuil&hl=fr&ei=7O-xTdjQFdOr8AOjspWWDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CDQQ6AEwAA#v=onepage&q=tweddell%20of%20bonneuil&f=false

Derniers voyages, dernières intrigues

"Correspondence relative to a Political Intrigue Planned by Lord Castlereagh to Abduct Bonaparte, in 1803. Comprising 17 letters."

It commences after the failure of the plot, and chiefly refers to pecuniary claims of the principal agents, Madame de Bonneuil and a Mr. , J Walter Spencer. Lord Castlereagh, in reply to Mr. Spencer's urgent y^L appeals to relieve him and Madame de Bonneuil from their distressing situation, in consequence of liabilities incurred by them in serving government, thus coolly closes the correspondence :

" Lord Castlereagh presents his Comp'ts to Mr. Spencer, and does not feel it necessary to trouble him with any observations on Ihe letter which ho received from him. London, 12 Octo." Some passages of the lady's letters are quite piquant, and remarkable for an under-current of questionable kindness toward Mr. Spencer. Il s'agit d'une correspondance entre Mme de Bonneuil et Castlereagh au sujet des frais de son voyage en 1802-1804. Ayant quitté Paris en mars 1802 pour, dans un premier temps, l'Espagne, accompagnée du royaliste Paul Vallon, beau-frère du grand poète William Wordsworth, qui lui servait de secrétaire, elle s'entretint, entre autres, avec le financier Diego Carrere sur les voies de financement du projet de coordination et de réactivation de la chouannerie et des instituts philantropiques alors diligenté par Forestier et le chevalier de Céris, et les banquiers de Paris (Récamier, entre autres).

Elle aurait embarqué au Portugal et débarqué à Londres en juillet 1802 où l'ambassadeur Otto visa en effet son (faux) passeport établi au nom de "Jeanne Riflon".

Sous sa véritable identité, fin aout 1792, Mme de Bonneuil prit certainement la route d'Edimbourg où, grâce à son vieil ami le comte de VAUDREUIL, elle obtint du comte d'ARTOIS une entrevue de la plus haute importance au sujet de PICHEGRU et des projets d'assassinat de Bonaparte à Paris. le comte d'Artois a en effet fait état le 14 septembre 1802 de cette entrevue très sérieuse par une lettre au duc de Bourbon (cf la Correspondance du duc d'Enghien, par Boulay de la Meurthe, II), et une autre lettre au baron de Vioménil qui organisa l'entretien à Londres avec Pichegru (lettre du 14/9/1802, collection d'autographe).

De retour à Londres, elle eut cette entrevue avec Pichegru, et également avec lord Castlereagh, le principal organisateur des projets d'assassinat de Napoléon, qui l'un et l'autre lui confièrent des instructions pour l'accueil des conjurés en France (elle même devait orienter Cadoudal dans le domicile de son mari décédé rue Carême Prenant). Il fallait que Mme de Bonneuil fût dûment recommandée pour que les deux hommes acceptent de la recevoir en confiance. Et fin novembre 1802, elle embarqua pour la France via Rotterdam accompagnée de Walter Spencer-Stanhope of Cannon-Hall and Horsford hall (1743-1821). Son incognito ayant été partiellement dévoilé, elle obtint néanmoins un visa pour Paris de l'ambassadeur Sémonville et elle quitta précipitamment les Pays Bas pour Paris où, semble-t-il, elle fut contrainte de révéler les grandes lignes du complot royaliste en préparation, financé par le gouvernement anglais.

Trahie par l'indiscrétion d'un journal selon lequel la belle-mère d'un conseiller d'état et amie de cazalès se trouvait à Rotterdam, Mme de Bonneuil ne put donc pas tenir les promesses auxquelles elle s'était engagée auprès du comte d'Artois, de Pichegru et de Castlereagh. Mais pour l'heure, il était important pour sa sécurité et pour la réputation de Regnaud de Saint-Jean d'Angély et de sa famille, que sa collusion avec l'émigration, elle, ne fût pas révélée. Regnaud envoya donc un démenti à l'ambassadeur Sémonville qui signa néanmoins le passeport de la voyageuse. Dès lors, elle fut prise en charge par les agents de Talleyrand et principalement le chevalier Meckenem d'Artaize. C'est en ce sens que l'on peut interpréter les bizarreries et contradictions des rapports officiels liés à ses déplacements réels ou supposés aux Pays Bas puis à Hambourg et Pyrmont, en avril et juillet 1803, à l'automne suivant où elle réside à Altona, et la reprise de sa correspondance avec Castlereagh , une correspondance - peut-être dictée par la police - dans laquelle, sous un pseudonyme ("Mme Smith"), elle demandait au ministre anglais le remboursement de ses frais de voyage.

Il semble que cette correspondance, citée ci-dessus, comme celle en parallèle, de Méhée de Latouche avec Drake et Spencer-Smith ("Révélations" publiées par la suite)puisse avoir été instrumentée dans le plus grand secret, à des fins de propagande, par la police politique du premier Consul, en sorte d'obtenir des éléments de preuves (des écrits de la main de Castlereagh) selon quoi l'Angleterre bafouait le droit des gens et finançait des agents et des entreprises criminelles contre Bonaparte. Mais Castlereagh répondit par une fin de non recevoir à ces tentatives, ne permettant pas pas d'obtenir les preuves écrites et aveux de financement de complots visant le premier consul. Certaines des lettres de Madame Smith et des lettres de Castlereagh à George Rumbold figurent dans les papiers de cet ambassadeur anglais à Hambourg, qui fut on le sait, enlevé avec ses archives par le contre-espionnage français (1804).

Cet aspect peu connu de la propagande antibritannique, à l'époque du Consulat, a également été étudié par l'historien anglais Simon Burrows. http://books.google.fr/books?id=jY4DAAAAQAAJ&pg=PA205&dq=whist+talleyrand+bonoeil&hl=fr&sa=X&ei=X7L5UMbKFumb0QXlgYGwBA&sqi=2&ved=0CDIQ6AEwAA#v=onepage&q=whist%20talleyrand%20bonoeil&f=false p.162 et 205

Il reste que l'échec de la conspiration de Pichegru, filé comme Cadoudal dès son arrrivée en France, a tenu à des indiscrétions du comte d'Artois et de son entourage. Que faisait, par exemple, Mme de Vaudreuil venant de Londres, en mai 1803, dans le salon de Mme Regnaud de Saint-Jean d'Angély, en compagnie de Mme de Bonneuil alors rentrée à Paris ? Dans une lettre de Fauche-Borel au comte d'Antraigues en date du 6 mai 1807, il y a une phrase qui semble confirmer que l'entourage du comte d'Artois (Vaudreuil et, par conséquent, Mme de Bonneuil) a fait échouer son entreprise en 1803-1804 par des indiscrétions intempestives:"Le général Moreau ne peut point venir en Angleterre, vous en sentez le motif, Monsieur le comte, Pichegru s'y est perdu par le malheureux entourage des princes français et leurs sottes indiscrétions" (AN, ABXIX/3913, 6 mai 1807).

Au début de l'Empire, Mme de Bonneuil est toujours très proche de Talleyrand qu'elle accompagne dans les dîners d'ambassadeurs, entre autres celui donné par l'ambassadeur d'Espagne en juillet 1804 :" Ta mère écrit il à Laure le 7 fructidor an XII, est arrivée grosse de visage (sic), se portant au mieux. Mais elle est toujours, toujours..., etc., dînant chez l'ambassadeur d'Espagne, l'amiral Gravina, il y a deux jours. On louait le repas, on dit que le cuisinier avait été à M. d'Artois (sic). Je trouvais aussi, dit la sage personne, un goût d'Ancien régime à ce dîner. Talleyrand était pourtant là. mais il ne lui en impose que chez lui (peu lisible)"(Lettres de Regnaud de Saint-Jean d'Angély à sa femme). Car elle est aussi des diners que donne le ministre lui-même pour les diplomates en poste à Paris, ainsi, raconte Lewis Goldsmith, avec le Russe Marcoff, le Prussien Lucchesini et le comte napolitain de Gallo. Elle accompagne Talleyrand aux eaux de Bourbon l'Archambault où il va régulièrement en cure, ainsi semble-t-il en 1805 (et non 1803). Voir Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais: lettres, sciences et arts, Volume 44, p.255 "A Bourbon comme partout, Talleyrand n'était jamais sans quelque belle amie qui lui tenait compagnie. En 1805, c'était Mme de Bonneuil, dont le gendre, Regnault de Saint-Jean d'Angely, avait été un des personnages en vue du Consulat".

Elle a peut-être accompagné le ministre lors de son grand voyage en Allemagne et en Prusse. Elle est déjà semble-t-il à Berlin en septembre 1806 lors de l'arrivée des Français. En septembre 1806, Talleyrand était encore aux eaux de Wiesbaden; il est à Mayence en octobre, à Berlin en novembre; Varsovie le 20 décembre; Finkenstein le 3 mai 1807; Koenigsberg fin juin 1807; Tisit (de fin juin au 9 juillet 1807 quand est signé le traité avec la Russie et avec la Prusse); puis Dresde (juillet 1807).

On retrouve son nom cité dans un courrier de Pigault-Lebrun à Réal au sujet des courtisans de la reine de Westphalie auprès de qui elle a été placée (1810).

Les dernières années

Après avoir mené une vie trépidante, Mme de Bonneuil totalement ruinée vécut aux crochets des Regnaud de Saint-Jean d'Angélyet des Buffault. A la fin de l'Empire et sous la Restauration, elle résidait souvent à l'abbaye du Val, somptueuse résidence de la vallée de Montmorency aménagée dans le style gothique par les Regnaud, qui l'avaient acquise en 1808grâce aux génnérosités de l'Empereur.

La correspondance de Regnaud et de sa femme Laure révèle certains aspects de la personnalité froide de Mme de Bonneuil que son gendre n'apprécie pas. "je sais bien mon amour que ta mère est terrible dans ses exagérations et l'expression de ses affections qu'elle se suppose plutôt qu'elle ne les ressent" (Lettre à Laure, 1816).

Ou encore : "Mme de Bonneuil, avec les défauts de sa tête n'en a dans le coeur que ceux qui viennent de là." (lettre de 1816 à Mme Hutot de Latour). Toutefois, en 1814, Regnaud admit la victoire de sa belle-mère: "J'espère disait-il à Laure, que ta mère aura le triomphe modeste". Mieux, il plaida sa cause auprès de Louis XVIII. Reçu en audience par le comte de Cazes pour se justifier des jugements négatifs qui se multipliaient contre lui, il ne demanda rien pour lui-même mais il sollicita du roi une audience privée pour sa belle-mère.

"Je désirerais cependant que ma belle-mère put, par votre moyen, obtenir du Roi une audience à laquelle je lui crois des droits et qu'elle n'a pu obtenir. Alors j'ai analysé l'histoire de ta mère et sa position. Le comte m'a dit qu'obtenir une audience exigeait qu'on s'adressât aux gentilshommes de la Chambre mais que si je voulais lui envoyer pour le roi une lettre de ta mère, il me promettait de la lui remettre. Voilà, mon enfant, l'analyse bien sommaire d'une conversation de près de trois-quarts d'heure (...) Que ta mère m'envoye une lettre, je la ferai passer. Il me semble qu'elle doit se plaindre de n'avoir pas pu obtenir une faveur à laquelle ses malheurs, la mort de son mari mort à la suite de sa détention, et le sacrifice de sa famille et de sa fortune, lui donnaient quelques droits."

Récompensée pour son dévouement aux Bourbons, Mme de Bonneuil reçut une pension de Louis XVIII tandis que son gendre était proscrit après les Cents jours, et obligé de s'exiler aux Etats-Unis. Elle est décédée le 26 décembre 1829 à 6 heures le soir, 45 ter rue Blanche, en présence de Philippe Buffault son gendre; Louis-Nicolas Arnault, commis banquier, son petit fils. Elle a été inhumée dans un caveau très simple du cimétière Montmartre dont la concession a subsisté du vivant de Mme Marcotte de Quivières son arrière-arrière petite fille décédée depuis. La tombe où elle reposait avec ses filles Sophie et Nina a été détruite depuis (1987 quand nous l'avons vue).

Armoiries

Mme de Bonneuil s'est fabriqué des armoiries de fantaisie, peut-être d'inspiration maçonnique (l'oeil de la providence) que l'on connaît grâce au sceau de cire apposé sur le procès-verbal de perquisition de ses papiers, en octobre 1793 (AN, F7/ 4608, II, 23p.). Elle porte, surmonté d'une couronne de comtesse, "d'azur au chevron d'or accompagné en pointe d'un œil ouvert d'argent, le tout posé sur une corne d'abondance". Support: deux renards l'un issant (ou éventré), l'autre passant.

Notes concernant l'union

Union avec Jacques-Antoine Marie de Cazalès:

voir Jean -Pierre de Batz et Augustine Thilorier, baronne de Batz

https://gw.geneanet.org/darbroz_w?lang=fr&pz=rose&nz=theze&ocz=0&p=jean+pierre&n=de+batz

 Sources

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

Jean Sentuary   Jeanne Birot   Pierre de Castelnau, baron de Capian †/1706   Jeanne de Lagrange   Jacques Caillou   Thérèse Mulleman   Augustin dit l'Europe Panon 1664-1749   Françoise Chatelain de Cressy
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Jean Sentuary 1678-1758   Jeanne de Castelnau, dame de Gourran et de la baronnie de Capian 1678-1746   Louis Caillou 1695-1755   Catherine Panon 1702-1788
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Jean Sentuary, écuyer, seigneur de Gourran 1711-1784   Marie Catherine Caillou 1723-1752
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Michelle Sentuary 1748-1829


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