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Site personnel avec photos et compléments --- Explicatif sur les ascendants référents, les descendants pivots, les cousins remarquable

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Plus particulièrement dans les époques lointaines, consultez les notes. Il m'arrive en effet de privilégier certaines hypothèses... à méditer puis partager ou rejeter...


Sosa : 161 072
Seigneur de la Bretêche , SOSA

  • Né en 1453
  • Décédé après 1514
  • Ecuyer, Valet de chambre du roi Louis XI, Seigneur de la Bretêche

 Parents

 Union(s), enfant(s), les petits enfants et les arrière-petits-enfants

 Fratrie

 Notes

Notes individuelles

I172823

Lieu de résidence : Tours (37)

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Parenté(s) de branche(s) et degré(s) : Desale 17/0
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Il est un "cousin remarquable" (cousinage(s)) dans la catégorie Cousins proches divers
Grâce à François de Paule il a une généalogie descendante ; il fait venir le futur saint à Tours...

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Tours, Jaloignes, Jean - 28/03/1497
Vente par Estienne Des Coutures, maçon par. St-Pierre-des-Corps, à Jehan Moreau, chirurgien et sa femme, d'une maison en ladite paroisse, pour amortissement d'une rente d'un traversier naguère vendue 9 l.t., pour 80 l. payées en cour et 4 l. de rente.
28 mars 1497.
Dépôt: Tours AD37 - Cote: 3E1/5
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Tours, Jaloignes, Jean - 09/01/1498
Accord après partage entre vénérable homme et discrète personne maître Pierre Moreau, prieur doyen de l'église Notre-Dame de Loches et son frère Jehan Moreau au sujet d'une maison à Amboise sur laquelle, par arrangement antérieur, ledit Pierre abandonne tous ses droits.
9 janvier 1497-98.
Dépôt: Tours AD37 - Cote: 3E1/5
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Tours, Portays, Vincent - 22/05/1485
Bail par une veuve, paroisse St-Simple, à Jehan Moreau le jeune, paroisse St-Clément, d'une portion de jardin de 5 toises de large par-devant sur 6 par-derrière, joignant à 3 jardins et à la rue de la Croix-Verte, pour 35 s. de rente, à charge de construire dans les 3 ans une maison de bonne charpenterie pour un ménager.
22 mai 1485.
Dépôt: Tours AD37 - Cote: 3E8/287
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Tours, Portays, Vincent - 11/11/1485
Bail à 25 s. t. de rente par Jehan Moreau le jeune à Michelle, veuve de Gervaise Gaultier, d'un jardin rue de la Croix-Verte, entouré d'autres jardins, de 2 toises et demie de large sur 12 de long, contenant une chaumière que le bailleur s'engage à terminer avant Noël.
11 novembre 1485.
Dépôt: Tours AD37 - Cote: 3E8/288
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Les deux Bretèches ont appartenu temporairement aux mêmes propriétaires ; actuellement la Petite-Bretèche n'a plus d'existence propre. Nos documents ne nous donnent les noms des anciens seigneurs ou propriétaires de la Grande-Bretèche, dont quelques-uns ont acquis une certaine notoriété historique, qu'à partir de la dernière moitié du xv* siècle, et encore, dans la liste que nous en présentons, existe-t-il des lacunes qui restent à combler.
Le premier qui apparaît est Moreau Jean, écuyer, seigneur de la Bretèche, fils de N. Ce Jean Moreau doit étre le messager qui vint annoncer à Louis XI l'arrivée de saint François de Paule en France. Par lettres passées sous le scel royal de Tours, le 23 janvier 1498, signées Testu, Jeanne Fromelle, veuve de Pierre... lui vendit une maison appelée la Jalletière, située paroisse de Saint-Pierre-des-Corps.
Jean Moreau avait un frère, nommé Pierre, présumé chanoine à Tours. Les deux frères Moreau ont possédé conjointement la Grande-Bretèche recueillie par eux dans la succession de leur père. Le besoin d'argent s'étant fait sentir, leur seigneurie les aida à battre monnaie à plusieurs reprises en recourant à la vente à grâce ou à réméré. Ainsi, on trouve comme premier acquéreur des Moreau :
  • Lavoyrie, Jean. Par acte du 25 août 1506, devant les notaires Jaloigne et Laval, les frères Moreau lui ont vendu la Grande-Bretèche, sous réserve de réméré. Le même jour, il leur en passa bail. Les vendeurs, usant de leur droit de réméré, rentrèrent en 1507 dans leur propriété et, par quittance du 12 mai de la méme année, ils remboursèrent à Lavoyne 2,544 livres 7 sols 6 deniers ! qu'il leur avait versés lors de la vente. Mais ils ne la conservèrent par longtemps, car ce méme jour, 12 mai 1507, devant Hamelin et Foussedouaire, notaires, ils la vendirent, toujours à réméré, à :
  • Mesnager Guillaume, demeurant à Tours. Ce Mesnager est probablement ie môme que Guillaume Mesnager, secrétaire du roi, nommé maire de Tours en 1508. Devenu propriétaire
de la Bretèche le 12 mai 1507, comme on vient de le dire, il s'en vit déposséder le 12 mars 1508 par ses vendeurs exerçant leur droit de réméré, ainsi que le constate un acte passé devant les notaires Jaloignes et Gaveau. Nous voyons donc les frères Moreau redevenir seigneurs de la Bretèche, mais ce ne fut que l'espace d'un matin ; car, ce même jour, 12 mars 1508, devant les mêmes notaires, ils en firent la vente à Jean Sapin, qui en resta le propriétaire sérieux.
  • Sapin, Jean, conseiller du roi, receveur général de ses finances en Languedoc, seigneur de la Bretèche et de Rouziers, demeurant à Tours, époux de Marie Brossel, avant veuve de Denis Riant, seigneur de Villery, fille de Michel Brosset, comptable de Bordeaux, et de Marie Briconnet. La vente que les frères Moreau lui consentirent de la Grande-Bretèche eut lieu encore à réméré, mais ce droit ne fut pas exercé. Le même jour, il leur en passa bail, et le lendemain, 13 mars 1508, il
en prit possession devant les mêmes notaires.
Soit pour cause de lésion, soit par suite de dissimulation de prix, une transaction en date du 26 janvier 1514, passée devant Villette et Péan, notaires, intervint entre les vendeurs et Marie Brosset, femme Sapin, se portant fort de son mari. Par cette transaction, la femme Sapin paya aux frères Moreau, à titre de supplément de prix, une somme composée de 1,501 écus d'or soleil, 500 livres tournois en deux diamants et 11 sols 6 deniers tournois en douzains. Sapin ratifia cette transaction le 5 juin 1515. Les époux Sapin devinrent aussi propriétaires de la Petite-Bretèche, qui leur fut cédée à titre d'échange par Jean Moreau, le 8 mars 1515, contre un jardin de deux arpents et la
moitié d'une maison située paroisse de Saint-Étienne.
[Société Archéologique de Touraine - http://www.geneanet.org/archives/ouvrages/?action=detail&livre_id=377173&page=61]
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PROCES DE CANONISATION FAIT EN FRANCE AU SUJET DE LA VIE
ET DES MIRACLES DE SAINT FRANCOIS DE PAULE
Ce procès (quelquefois appelé le procès de France) qui contient les dépositions de cinquante-sept témoins écrites en langue latine, fut fait en la ville archiépiscopale de Tours, par devant Messieurs Pierre Cruchet et Pierre Chabrion, prêtres et chanoines prébendés de l'Eglise de Tours, subdélégués et nommés par les révérendissimes Etienne Poncher évêque de Paris, Jean Baillet évêque d'Auxerre et Laurens l’Aleman évêque de Grenoble, tous trois députés commissaires par un bref du pape Jules II daté du treizième jour de mai de l'an 1512. Maître Jacques Tiller avocat de la Cour métropolitaine de Tours et notaire apostolique en la même Cour y servit de greffier. Il fut commencé le dix-neuvième juillet 1513 et achevé le septième de décembre de la même année.
[ témoin 40 (sur 55) ]
Le noble Jean MOREAU, écuyer, demeurant à TOURS paroisse de Saint Pierre des Corps, âgé de soixante ans environ témoigna devant nous, Pierre CRUCHET subdélégué, en présence du notaire susnommé, le vénérable Pierre CHABRION notre collègue étant retenu en d'autres affaires. Il fut reçu, jura et fut interrogé à TOURS le vingt et un du mois d'août de l'année susdite. Il dépose qu'il y a trente ans environ, il se trouvait au service du défunt très Illustre Prince Louis XI Roi de France. Sur le rapport d'un certain Matthieu COUPPLE marchand de NAPLES, il apprit qu'il existait au pays de NAPLES un homme de sainteté ou de vie sainte, qui faisait beaucoup de miracles et que c'est sur ses prières que sa femme avait conçu un enfant de lui. Et parce que le défunt Roi avait le plus vif désir de trouver cet homme parfait et saint, le témoin qui parle raconte au Roi ce que l'on vient de dire, ce pourquoi, par la suite le défunt Roi eut une conversation avec ledit COUPPLE, et passé un peu de temps envoya des messagers en pays de NAPLES. Entre autres se trouvait Guynot de BOUSSIERE, maître de la maison dudit Roi avec mission d'amener et d'accompagner, si possible, ledit sage homme ce qu'il fit. Guynot de BOUSIERE amena au Plessis du Parc près de TOURS le Frère François de Paule qui était cet homme sage que recherchait ledit Roi. Il dépose encore que lorsque ledit défunt Roi connut l'arrivée de François de Paule au port de MARSEILLE, il exulta de joie, rendant grâces à Dieu de cette arrivée. Le Roi dit au témoin qu'il se réjouissait tellement de l'arrivée du Frère François qu'il ne savait s'il était sur terre ou au ciel. Il ajoutait et disait au témoin que, puisqu'il était la cause de l'arrivée du Frère François, il voulait l'en récompenser et (lui accorder) -ce que le témoin voudrait lui demander. Le témoin répondit à cela qu'il ne demandait rien d'autre si ce n'est qu'il pourvoit de l'épiscopat son frère maître Pierre MOREAU. Le Roi répondit au témoin qu'il approuvait volontiers sa demande et que pour les revenus de cet épiscopat, il lui donnait la somme de dix mille écus d'or. Il dépose encore que, lorsque le Roi fut tombé malade du mal dont il mourut, le père du témoin rendit visite au Roi alité. Le Roi dit au témoin que le médecin Jacob lui avait dit de se préoccuper du salut de son âme. Et comme il en doutait, cependant ledit Frère François lui avait dit de ne rien craindre jusqu'au samedi suivant. Et de fait le Roi mourut le samedi suivant. Le témoin roulant dans son esprit les paroles du défunt Roi, en conçut un préjugé favorable envers le Frère François de Paule. Et par la suite, il entendit communément dire que le défunt Frère François de Paule menait une vie sainte et austère. Tel est son témoignage.
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Pierre Moreau, à défaut de devenir évêque, devint prieur doyen.
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[http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65529772/f120.item.r=moreau]
La date de l'arrivée de François à Tours est longtemps restée dans le flou. On peut la fixer maintenant de manière certaine au 1er ou au 2 mai 1483, puisqu'on sait, par des comptes de forteresse de la ville, qu'il passa à Orléans, sur la rivière de Loire, « la nuit d'entre le mardi et mercredi dernier jour d'avril » . François précise Jolys, arriva au Plessis à pied. Il avait dû débar-
quer dans un port de Tours.
Si l'on en croit le « Minimologium Turonense », les tourangeaux font bon accueil au voyageur. Il y a là une foule si considérable, venue de la ville et d'ailleurs, qu'il faut l'intervention de la garde du Roi pour empêcher l'étouffement du calabrais.
[...]
Jean Moreau, le père de Jean qui révéla l'existence de François à Louis XI, visitant quelque jour, en compagnie de son fils, le monarque alité qui allait mourir, entendit celui-ci lui dire que son médecin Jacques Coictier lui avait déclaré qu'il doutait du rétablissement et qu'il était temps de pourvoir à son salut ; à quoi François présent, avait répliqué que le moribond n'avait pas à redouter l'échéance fatale avant le samedi suivant. Cette prédiction s'étant réalisée, le jeune Jean Moreau ne put, dit-il, que penser du bien de François (23). Le samedi 30 août 1483, à huit heures du soir, Louis XI expirait ; il y avait quatre mois que le Bon Homme était arrivé.
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On note que dans ce récit, le père de Jean (2) correspond à Jean (1) l'apothicaire de Louis XI, fils de Guyon aussi apothicaire.
"c'est sur ses prières que sa femme avait conçu un enfant de lui" : sans François de Paule Jean (2) n'aurait pas eu de descendant, je ne serais pas là et le lecteur ne lirait pas ces lignes...
Sans mon ancêtre et son rêve prémonitoire, François de Paule ne serait pas venu à Tours... Et comme ce dernier a eu une grande influence pour que Charles VIII se marie avec Anne de Bretagne en 1491, on peut considérer que c'est toute l'histoire de France qui découle de l'arrivée du saint et du rêve du valet de chambre.
Alain Beyrand, le 29 juin 2016
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Petite précision: à l'époque, par paroisse de Saint Pierre des Corps à Tours (tel était le nom jusqu'en 1908, date de création de la paroisse de la Médaille miraculeuse commune de Saint-Pierre-des-Corps), il faut entendre Saint-Pierre-ville, alors dans Tours extra-muros, aujourd'hui dans Tours intra-muros (et non à St Pierre des Corps).
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Voir les notes de son épouse, de son grand-père, de son père et de son fils Jean
Voir aussi la note de Galehaut d'Aloigny, qui accompagna François de Paule de Naples à Tours.
Page Wikipédia sur Saint François de Paule : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Paule
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BIOGRAPHIE DE SAINT FRANCOIS DE PAULE
[http://missel.free.fr/Sanctoral/04/02.php]
Le 27 mars 1416, dans la petite ville de Paola qui appartient au duché de Calabre, dans le royaume de Naples, tandis que Viane de Fuscaldo, femme de Jacques Martotille, est en train d'accoucher, des gens aperçoivent sa maison environnée de flammes, comme une auréole de feu, et ils entendent des musiques surnaturelles. Les oracles prédisent que ce nouveau-né étonnerait la chrétienté. Viane et Jacques qui, habillés de bure, sans linge ni chaussures, mènent une vie sainte et mortifiée, ont une dévotion si particulière pour saint François d'Assise, qu'ils mettent leur fils sous sa protection en lui donnant son prénom.
Quelques mois après sa naissance, comme François a un œil envahi d'une tumeur et manque de perdre la vue, sa mère promet à Dieu que, si son fils guérit, elle le consacrerait toute une année à son service. A douze ans, François est confié pour un an aux Cordeliers de Notre-Dame de Saint-Marc (Cosenza) qui sont charmés par sa modestie, son zèle et sa piété. A la fin de l'année, Jacques et Viane reprennent leur fils qu'ils emmènent en pèlerinage à Assise, à Rome et au mont Cassin. C'est pendant ce pèlerinage que François prend la résolution de se retirer du monde.
A quatorze ans, avec l'approbation de ses parents, François s'installe à quelques lieues de Paola, dans un de leurs domaines qu'on appelle le Patrimoine. Pendant six ans, il vit dans le désert, couchant à dans une caverne, se nourrissant d'herbes et buvant l'eau des sources, disant, comme saint Jérôme, que les villes lui étaient des prisons et la solitude un paradis de délices. Bientôt, la précoce sainteté de cette existence émerveille les alentours : des disciples viennent se présenter à lui et le supplient de les garder à ses côtés. François comprend que la Providence lui marque le devoir de ne pas éloigner ceux qui viennent à lui et il conçoit l'idée de leur donner une règle de vie commune. En 1435, avec ses douze premiers compagnons, François Martotille construit son premier couvent qu'il consacre à Notre-Dame-des-Anges. Ces nouveaux religieux qui se font appeler les ermites de saint François d'Assise, reçoivent, en 1471, l'exemption de Pirro Caracciolo, archevêque de Cosenza, que ratifie Sixte IV, en 1474, en les plaçant sous sa juridiction directe avec les privilèges des ordres mendiants.
Sa charité, déjà prodigue en bienfaits, s'enrichit peu à peu d'une puissance extraordinaire et sous sa bénédiction jaillissent les miracles : des aveugles voient, des lépreux sont purifiés, des déments recouvrent la raison ; toutes les tares, toutes les misères de l'humanité viennent à ses pieds implorer une aide surnaturelle, et sont guéries. On peut dire, écrit le Frère minime François Dondé, que les mains de ce bienheureux patriarche étaient un médicament souverain pour guérir toutes sortes de maladie et comme un céleste antidote pour prévenir et remédier aux accidents qui pourraient arriver. Il ressuscita sept morts dont l'un, Nicolas d'Alesso, était le fils de sa sœur Brigitte.
Dès lors, la célébrité de François Martotile se propage de ville en ville et la congrégation dont il était l'âme se développe chaque jour, au point que le couvent de Notre-Dame-des-Anges ne suffit plus à contenir les frères ermites. Tour à tour, d'autres maisons s'ouvrent (l'Annonciade à Paterne, la Très-Sainte-Trinité à Coriliane, Jésus et Marie à Cortone) que François dirige, après avoir participé à leur construction.
Les mémoires du temps nous apprennent que François, bien qu'il fût plus grand que la moyenne, semblait petit tant son corps se courbait sous le poids des mortifications. Il portait la barbe très longue : ses cheveux étaient blonds, son nez aquilin et un peu gros, ses yeux verts. Il allait toujours nu-pieds, vêtu d'une seule robe de bure, couchant sur le sol et se nourrissant à peine. Son corps était naturellement odoriférant, comme s'il eût été parfumé d'ambre gris ou de musc.
En 1481, revenant de Sicile où il avait fondé le couvent de Milazzo, François de Paule est appelé à la cour de Ferdinand I° de Naples qui, après l'avoir quelque peu inquiété, s'attache étroitement à lui.
Louis XI qui régne depuis vingt ans sur la France, souffre cent misères : il est goutteux, congestif et harassé de continuelles fièvres ; il a des troubles digestifs, des crises de rein, d'affreux malaises de l'estomac et du foie. Ayant entendu parler des miraculeuses guérisons obtenues par François de Paule, il le fait mander à sa cour, pensant que le ciel ne résisterait pas à une pareille intercession. A la demande du roi de France, le roi Ferdinand de Naples transmet à François de Paule une invitation qui prenait les allures d'un ordre que le saint décline : Ma place est sur ce coin de terre où des couvents se fondent de jour en jour pour fortifier la congrégation dont Dieu m'a donné charge. Je n'ai que faire au royaume de France. Louis XI s'adresse au pape Sixte IV et François de Paule obéit aussitôt au Saint-Père. Avant de partir pour la France, il délégue l'un de ses religieux dans les fonctions de général de l'Ordre et en choisit deux autres pour l'accompagner, avec son neveu, André d'Alesso.
A petites journées, de Paola à Paterne, de Paterne à Coriliano, de Coriliano à Salerne, de Salerne à Castelmare, de Castelmare à Stibia, de Stibia à Naples, il vient se mettre à la disposition de Guynot de Bousières, maître d'hôtel de Louis XI, qui doit le conduire jusqu'au Roi.
François de Paule, qui a été chaleureusement accueilli à Rome par Sixte IV, s'embarque à Ostie sur un léger navire. Au milieu d'une tempête, le navire est attaqué par des pirates mais un coup de vent providentiel l'éloigne tout à coup de la galère ennemie les met bientôt hors d'atteinte. Ils ne peuvent débarquer ni à Marseille ni à Toulon dont les ports sont fermés parce que les villes sont ravagées par la peste. Bormes refuse de les laisser entrer mais François intervient et dit aux gardes : Dieu est avec nous, permettez-nous d'entrer. Un tel rayonnement émanait du saint homme que les gardes pressentent un secours providentiel et ouvrent toute grande la porte des remparts. François de Paule, fidèle à sa parole, va de maison en maison, de malade en malade, pose ses mains libératrices sur les corps décharnés et guérit autant de gens qu'il touche. La nouvelle de ses miracles se répand au-delà de Bormes et les habitants de Fréjus, frappés par la noire maladie, le supplient de venir jusqu'à eux. En reconnaissance de ces bienfaits, Fréjus fonde le couvent Notre-Dame-de-la-Pitié qui fut, sur la terre de France, l'un des premiers asiles des Frères minimes.
Dès que Louis XI qui a ordonné qu'on le reçoive comme si c'était notre Saint-Père, apprend l'arrivée de François de Paule dans son royaume, il ressent une satisfaction sans pareille : Je sens une telle joie, dit-il à son écuyer Jean Moreau, qui lui apporta la nouvelle, et une si grande consolation pour les approches de ce saint personnage que je ne sais si je suis au ciel ou en la terre, et pour cette nouvelle si agréable, demandez-moi telle récompense que vous voudrez. L'heureux messager sollicite un évêché pour son frère et dix mille écus d'or pour lui.
La petite troupe quitte Fréjus, traverse la Provence et le Dauphiné, entre à Lyon où François est reçu avec de grandes marques de respect et de dévotion : tous s'empressent autour de lui pour toucher sa robe. Par le Bourbonnais et l'Orléanais, on passe en Touraine où, près du château du Plessis-les-Tours, le Roi, accompagné des seigneurs de sa cour, vient à la rencontre saint François de Paule, se jette à ses pieds et implore ses bénédictions (24 avril 1482). Puis, tenant le saint par la main, il le conduit au logement préparé pour lui dans une aile du château, près de la chapelle de Saint-Mathias.
Les premières cajoleries passées, Louis XI juge que le moment est venu d'obtenir du saint homme les faveurs qu'il en escompte. Il le fait appeler auprès de lui, et, par le truchement de l'indispensable interprète, Ambroise Rombault, le Roi au corps terrassé par l'âge, mais à l'esprit bouillonnant de convoitises, humblement prosterné devant le villageois calabrais et lui dit, la voix pleine des angoisses de la mort : Saint homme, saint homme, empêche-moi de mourir ! François de Paule accueille les supplications royales avec une calme sérénité mais, pas un instant, il ne laisse au monarque le moindre espoir d'un miracle. Tout ce qu'il veut lui apporter, c'est le sentiment de la confiance en Dieu ; quand Louis XI parle d'éternelle guérison, François de Paule parle de la mort inévitable.
Louis XI n'insiste pas mais son espoir est brisé. Le soupçon l'envahit d'autant mieux que le médecin Coitier, craignant de trouver un rival, attise sa méfiance : Ce soi-disant saint homme est un fourbe, ce qu'il cherche, c'est à vous faire payer les miracles. Tentez-le avec de l'or, et vous verrez bien ! Louis XI qui, faute de mieux, trouve l'idée subtile, tend à François de Paule un bonnet rempli d'écus en disant : Acceptez cet argent, mon Père, il vous servira à construire à Rome un monastère. Le moine refuse et Louis XI, voyant en lui un homme de bonne foi, s'il ne le considére plus comme un sauveur, lui conserve son estime et sa confiance. Il lui accorde une pension de 300 livres et charge l'intendant Briçonnet de veiller à ses besoins ; souvent, il le fait venir ou va le trouver dans sa chambre pour causer avec lui. Comynes raconte, dans ses Mémoires : Je l'ai maintes fois ouï devant le roi, qui est de présent, où étaient tous les grands du royaume... Mais il semblait qu'il fut inspiré de Dieu des choses qu'il disait et remontrait, car autrement n'eut su parler de choses dont il parlait. Et le prudent chroniqueur d'ajouter : Il est encore vif par quoi se pourrait bien changer ou en mieux ou en pire et pour ce m'en tai. Malgré ces bons rapports, le roi, toujours à l'affût d'une trahison ou d'une supercherie, fait surveiller François de Paule jour et nuit. Pourtant, devant la pure simplicité de la vie du moine, Louis XI peut se convaincre que celui-ci n'est pas plus capable de ruse qu'il n'avait été - envers lui - capable de miracle... Et cependant c'est sur Louis XI peut-être que le saint accomplit le plus beau, le plus charitable de ses miracles.
Bien qu'il fut firmellement interdit de prononcer le cruel mot de la mort devant le Roi, François de Paule lui en parle et, en août 1483, lorsque Louis XI sent qu'il est perdu, le moine calabrais ne quitte plus le chevet du malade et lui fait accepter le parti de trépasser. Aux exhortations de saint François de Paul, Louis XI se résigne chrétiennement. L'âme inquiète, tortueuse, épouvantée, à laquelle le saint Calabrais ouvre tranquillement les chemins de l'au-delà, peu à peu, avec la certitude de la mort, trouve la confiance et la paix. Lucide jusqu'au dernier instant, le Roi prend lui-même ses ultimes dispositions : il remet les sceaux au Dauphin, appelle les Beaujeu pour leur confier le Royaume et son petit le roi. le 30 août, à 9 heures du soir, tandis que François de Paule récite la prière des agonisants, Louis XI murmure une dernière fois : Notre-Dame d'Embrun, ma bonne maîtresse, aidez-moi, puis il rend l'esprit.
Charles VIII continue à François de Paule les bonnes grâces de son père, Anne de Beaujeu, régente du Royaume, le protége ouvertement et lui conserve son logement au château de Plessis-les-Tours. Sous le règne de Charles VIII, l'Ordre des Minimes prend un développement considérable : en 1489, le roi fait bâtir les couvents de Tours et d'Amboise qu'il dote de précieux privilèges ; A Rome, il donne aux Frères minimes la maison de la Très-Sainte-Trinité, sur la colline des Jardins ; la reine Anne de Bretagne fonde, à Chaillot, le couvent royal de Notre-Dame-de-Toutes-les-Grâces et un monastère à Gien.
Après la mort de Charles VIII, François de Paule, âgé de quatre-vingt-deux ans, veut retourner en Calabre pour revoir sa maison familiale, les arbres à l'ombre desquels il a tant prié, le premier couvent dont il a, de ses mains, posé les pierres sur les pierres. Louis XII y consent, mais, dit le Père Hilarion de Coste, dès que cette nouvelle fut sue à la cour, plusieurs princes et seigneurs, entre autres Georges d'Amboise, archevêque de Rouen, remontrèrent à Sa Majesté que l'absence d'un homme de vie si exemplaire, et si sainte, que l'es rois ses prédécesseurs avaient fait rechercher avec tant de soin, serait une grande perte pour la France, de sorte que ce Prince, qui était la bonté même, révoqua aussitôt le pouvoir qu'il lui avait donné de sortir de ce royaume pour se retirer en Calabre.
François de Paule renonce à son projet et le nouveau roi comble le chef des Minimes de faveurs. L'Ordre se répand du royaume de Naples en Sicile, de Rome en France, en Espagne, où les religieux reçoivnt le nom de Pères de la Victoire, leur arrivée ayant coïncidé avec les succès remportés par Ferdinand V sur les Maures ; en Allemagne, où l'empereur Maximilien les accueille avec dévotion. C'est en 1493 que les règles de l'Ordre sont nettement établies par le saint. François de Paule rédige successivement quatre règles approuvées par Rome pour son Ordre (1493, 1501, 1502 et 1507), propose une règle pour les gens du monde qui veulent vivre selon son esprit, le tiers-ordre, (1501) et donne une règle pour des religieuses (1506) dont le premier couvent est fondé en Espagne. La mortification nouvelle qu'elles apportent et qui, jusqu'alors, n'a jamais été imposée, consiste dans l'obligation de prononcer le vœu de jeûne perpétuel ou de la vie quadragésimale. Il est interdit aux Minimes non seulement de consommer de la viande, mais encore de manger quoi que ce soit provenant d'animaux. Les seuls aliments tolérés sont le pain, l'eau et l'huile. La règle exige aussi l'entière pauvreté, la robe noire taillée dans la plus grossière des laines ; les religieux ne doivent rompre un continuel silence que par le chant des offices divins et la confession publique de leurs fautes.
Admirable prédicateur vanté par Commynes, François de Paule toujours pauvre et austère, recherchant sans cesse la solitude pour prier, est, au dire de ses contemporains, humble et doux, suave et plein de bénignité, mais aussi ferme que patient.
Ayant établi des lois purifiantes, ayant autour de lui soulagé d'innombrables misères, tourné vers Dieu d'innombrables repentirs, François de Paule sent que l'heure de son repos va sonner. Il attend, avec une grande humilité, les approches, si belles pour lui, de la mort. Le dimanche des rameaux de l'an 1507, étant en son couvent de Plessis-lez-Tours, déjà épuisé par l'âge et par les mortifications, il est pris d'une petite fièvre perfide. Couché comme à l'ordinaire sur une planche, il réunit ses religieux pour leur faire part de ses ultimes recommandations. Cinq jours après, le vendredi saint, 2 avril 1507, vers 10 heures du matin, l'ancien ermite des forêts de Calabre, devenu, par la grâce de Dieu, le consolateur des rois et des indigents, expire dans la plus douce sérénité, en murmurant le verset du psaume : Seigneur, je remets mon esprit entre vos mains.
Jules II, en 1512, permet l'ouverture d'un procès apostolique en vue de la canonisation de François de Paule. Léon X qui, par le bref Illius, daté du 7 juillet 1513, avait autorisé son culte privé, le canonise, le 12 mai 1519, par la bulle Excelsus Dominus, la première canonisation de son pontificat, qui loue en saint François de Paule la force confondue par la faiblesse, la science qui enfle cédant à la simplicité qui édifie.
Le 2 avril 1745, à Paris, dans l'église des Minimes, Massillon prononça le panégyrique de saint François de Paule devant le chancelier d'Aguesseau et sa femme, Jeanne d'Ormesson, qui descendait de la sœur du saint, Brigitte d'Alesso.
======================================================================================================================================================================================Ascendant référent Jean (1) MOREAU
Descendants remarquables contemporains : Marie-Claude AUDEBERT, Jean-Louis BÉGUIN, Alain BERNARD, Alain BEYRAND, Raymonde BONNET, Jacques CHIRAC, Reine CHOLLET, Bernard DE LA CROIX, Daniel DELEBARRE, Suzanne DESALE, Frédéric FOSSALUZA, Roland GENNERAT, Jean-Marcel JEANNENEY, Glenn LAMBERT, Béatrice LEBRETON DE LA PERRIÈRE, Christian LOBIER, Jean-Paul MÉLINON, Michel ORIVEL, Frédéric PROUST, Thierry RECOT, Nicole ROBERT, Denis SESRIAULT, Jean-Claude SIMONIN, David SYLVESTRE-GROS-MAURICE, Michel TEILLARD D'EYRY, Albert TESSIER, Charles THIERRY, Munanui VAIRAAROA
Créé le 22/11/2013, modifié le 5/07/2016

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

sosa Jean MOREAU, Seigneur de la Monnerie †1450/   sosa Marguerite PAIN, SOSA            
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sosa Guyon XXX MOREAU, SOSA †1479/   sosa Epouse de Guyon X EPOUSE MOREAU, SOSA    
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sosa Jean (1) MOREAU, Seigneur de la Bretêche †1498/   sosa Epouse de Jean (1) X EPOUSE MOREAU, SOSA
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sosa Jean (2) MOREAU, Seigneur de la Bretêche 1453-1514/


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