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Plus particulièrement dans les époques lointaines, consultez les notes. Il m'arrive en effet de privilégier certaines hypothèses... à méditer puis partager ou rejeter...


Abbesse de Fontevraud

  • Née après 1065
  • Décédée le 30 novembre 1114
  • Abbesse de Fontevraud de 1104 à 1113

 Parents

 Union(s), enfant(s) et les petits enfants

  Fratrie

 Demi-frères et demi-sœurs

Du côté de sosa Hubert III Payen d'Arnay XXX DE CHAMPIGNÉ, Seigneur d'Arnay , Seigneur de Durtal , Croisé , SOSA , né en 1017, décédé, Seigneur d'Arnay, Seigneur de Durtal, Croisé Du côté de sosa Agnès de Mathefelon DE CLERVAUX, Dame de Clervaux , Dame de Mathefelon , SOSA , née en 1030, décédée avant 1080, Dame de Clervaux, Dame de Mathefelon

 Notes

Notes individuelles

I192984
Elle descend de Charlemagne (liens).
Parenté(s) de branche(s) et degré(s) : Demoulière 33/3, Jacquemard 32/3, Renvoyé 33/3, Beyrand 30/1, Desbordes 31/1, Tharaud 29/1, Desale 37/1, Touchelet 31/1

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Hersende de Champigné ou Hersende de Champagné ou Hersende de Champagne
Sur ces variantes patronymiques, voir la note de son père.
Ne pas confondre avec Hersende de Champigné, sa petite nièce, mariée avec Robert II de Sablé
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Elle a été prieure à l'abbaye de Fontevraud, pouvant être considérée comme sa première abbesse, même si ce titre ne fut attribué qu'à Pétronille de Chemillé / Craon qui lui succéda.
Liaison illégitime supposée avec Gilbert de Garlande : voir note de leur supposée fille Héloïse, la célèbre épouse du célèbre Pierre Abélard.
Son frère Fulbert serait aussi prénommé Hubert
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[page Wikipédia 2018 https://fr.wikipedia.org/wiki/Hersende_de_Champagne]
Hersende de Champagne (1060, † 1er décembre 1114), ou Hersende de Montsoreau, est issue de la haute noblesse française. Disciple de l'ermite Robert d'Abrissel, elle est co-fondatrice et première grande prieure de l'abbaye de Fontevraud1 Maison mère de l'Ordre de Fontevraud. D'après des recherches récentes, elle est également considérée comme étant la mère d'Héloïse, femme et amante d'Abélard.
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Origine
Hersende de Champagne est originaire de la maison de Champagne-(Parcé et Champigné), aussi possessionnée à Durtal sur le Loir et Matheflon.
Le père de Hersende, Hubert III de Champagne (* 1016), était vassal des comtes d'Anjou. Il avait des liens familiaux avec les maisons de Montreuil-Bellay, de Matheflon et de Durtal, tous des fiefs d'importance en Anjou. Son grand-père, Hubert II de Champagne, avait peut-être des liens familiaux avec la maison de Montmorency, près de Paris, par sa femme Ermenburg, fille supposée d'Albert de Montmorency (?) et dame de Vihiers. La mère de Hersende, Agnès de Clervaux de Matheflon était originaire de Matheflon, nom d'un manoir sur les rives de la Loire, à quelques kilomètres au nord d'Angers. Son grand-père maternel, Hugues de Clervaux (résidence noble dans le sud de l'Anjou, aujourd'hui Scorbé-Clairvaux), s'était distingué à plusieurs reprises dans les combats contre les Bretons et dont le nom de guerre était « Mange Bretons ». Sa grand-mère, Hersende de Vendôme, fille du vicomte Hubert Ier de Vendôme et femme d'Hugues Mange-Breton, entretient des liens étroits avec le Vendômois. Son grand-oncle maternel, Hubert II de Vendôme, évêque d'Angers en 1006-1047, édifia la cathédrale Saint-Maurice d'Angers.
Hersende, de haute noblesse Angevine, est aussi apparentée à un grand nombre de familles nobles, dont celle des Montmorency, ce qui appuiera la thèse qu'elle soit la mère d'Héloïse.
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Sa Vie
Hersende de Champagne est née après 1060 à Durtal. Elle perd ses parents prématurément, et doit prendre soin de ses frères cadets. En 1080, elle se marie avec un certain Foulques. En 1086, elle épouse Guillaume de Montsoreau († avant 1087) en secondes noces. Guillaume de Montsoreau, est seigneur de la forteresse de Montsoreau, située à seulement quelques kilomètres du futur monastère de Fontevraud. Il appartient à la plus haute noblesse angevine, et il eut un fils nommé Gautier Ier de Montsoreau2 de son premier mariage.
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L'Abbaye de Fontevraud
Hersende de Champagne obtient les terres qui lui permettent de bâtir l'abbaye de Fontevraud, de son beau-fils Gautier Ier de Montsoreau. Fontevraud était un choix stratégique, situé juste à l'intersection de trois zones politiques indépendantes l'Anjou, la Touraine et le Poitou. Selon la loi ecclésiastique, Fontevraud dépendait de l'archidiocèse de Poitiers, mais en était aussi très éloignée, ainsi toute influence politique et épiscopale sur la jeune institution étant réduite au minimum. Les terres situées au confluent de deux cours d'eau majeurs (la Loire et la Vienne), étaient idéalement adaptées pour les grandes conventions, et l'abbaye remplit, en raison de sa situation géographique parfaite, les conditions nécessaires à sa future prospérité.
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Première Grande Prieure
La réussite de l'installation de l'abbaye est dûe aux multiples dons venant de tout l'Anjou, et tout principalement de son beau-fils et de son propre fils Etienne. D'après la vie de Robert d'Arbrissel, écrite par Baudri de Bourgueil (Evêque de Dol), c'est bel et bien Hersende et non Robert qui est la force motrice des nouvelles constructions au sein du monastère. Hersende dirige aussi la construction de la grande église abbatiale, commencée autour de 1104. Dans son harmonie, l'église est l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture religieuse. En tant que première grande prieure, Hersende organise aussi l'initiation des converties et des religieuses. Les hagiographes du 17ème siècle ont grandement minimisé le rôle de Hersende de Champagné, ce qui explique qu'elle soit tombée dans un oubli relatif. Les tentatives de canonisation de Robert d'Arbrissel ont aussi contribué à la faire passer en arrière-plan.
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[http://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/2011/05/16/h-hersen]
Hersende de Champagne, la première Grande Prieure, assez méconnue, de l'Ordre de Fontevraud (1103/1104 à 1109).
Fille et sœur des seigneurs de Champagne, terroir angevin au sud-Est de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), veuve en secondes noces du seigneur de Montsoreau. Elle s'est vraisembablement agrégée au monastère de Fontevrault naissant au tout début de celui-ci (1101) en lui faisant don d'essarts dans la forêt environnante de Born et de bien sis à Courléon , au nord de la Loire, donations complétées par des dons de son frère Hubert, de son fils Etienne et de son beau-fils Gautier.
Particuliérement chère au fondateur de l'ordre Robert d'Arbrissel et d'une efficacité que l'on qualifierait aujourd'hui de managériale, sachant multiplier adhésions et donations, et siégeant même à Poitiers en compagnie de Robert et Pétronille, à un important synode diocésain proclamant la protection assurée à la jeune communauté par l'Evêque Pierre II, elle aurait sans doute été
nommée première Abbesse de l'ordre –en lieu et place de Pétronille de Chemilllé- si elle n'avait pas quitté cette terre en 1109 .
Les cendres d'Hersende de Montsoreau première Grande Prieure furent déposées dans une chapelle dédiée à Ste Catherine d'Alexandrie sise au milieu du cimetière primitif des religieux de l'abbaye, à proximité de l'église paroissiale que l'abbesse Alix de Bourbon avait fait élever en 1225.
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[http://charte.de.fontevrault.over-blog.com/article-etudes-fontevristes-hersende-de-champagne-la-premiere-grande-prieure-assez-meconnue-de-l-ordre-de-fontevrault-1103-1104-a-1109-58556]
Fille et sœur des seigneurs de Champagne, terroir angevin au sud-Est de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), veuve en secondes noces du seigneur de Montsoreau. Elle s'est vraisembablement agrégée au monastère de Fontevrault naissant au tout début de celui-ci (1101) en lui faisant don d'essarts dans la forêt environnante de Born et de bien sis à Courléon , au nord de la Loire, donations compétées par des dons de son frère Hubert, de son fils Etienne et de son beau-fils Gautier.
Particuliérement chère au fondateur de l'ordre Robert d'Arbrissel et d'une efficacité que l'on qualifierait aujourd'hui de managériale, sachant multiplier adhésions et donations, et siégeant même à Poitiers en compagnie de Robert et Pétronille, à un important synode diocésain proclamant la protection assurée à la jeune communauté par l'Evêque
Pierre II, première Grande Prieure, de l'Ordre elle aurait sans doute été nommée première Abbesse de l'ordre –en lieu et place de Pétronille de Chemilllé- si elle n'avait pas quitté cette terre en 1109.
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[http://www.pierre-abelard.com/heloisa.htm]
Qui est la mère d'Héloïse ? C'est le sujet du livre très documenté du docteur Werner Robl, Neustadt, Allemagne, "Heloisas herkunhft, Hersendis mater". Ce livre de 308 pages, publié à Munich en 2001 chez Olzog Verlag GmbH, s'appuie en particulier sur la date de la mort de la mère d'Héloïse selon l'obituaire du Paraclet, soit le 1er décembre.
L'auteur dresse un portrait robot de la mère d'Héloïse et constate qu'Hersende de Champagne correspond bien à ce portrait, notamment parce qu'elle est décédée un 30 novembre, à un jour près du 1er décembre. Hersende de Champagne est la fille de Hubert II de Champagne et d'Agnès de Clairvaux. Elle a été mariée deux fois et son second mari est Guillaume de Montsoreau, Montsoreau au confluent de la Vienne et de la Loire.
De ce dernier mari, on sait qu'elle a eu au moins un fils Etienne. Séduite par les prédications de Robert d'Arbrissel, elle s'associe au groupe de femmes qui le suivent, se "convertit" et fonde avec lui le monastère de Fontevrault. Elle en sera la première prieure.
Son entrée en religion l'empêche de s'occuper de sa fille qu'elle a pu avoir soit avant soit après sa conversion. Cette fille, Héloïse, est alors confiée aux nonnes d'Argenteuil.
Le docteur Werner Robl voit une confirmation de cette hypothèse dans la connaissance qu'Abélard avait de la vie de Robert d'Arbrissel son ainé mort en 1116/1117. Qui aurait pu lui communiquer ces informations sur Robert d'Arbrissel sinon Héloïse qui les auraient tenus de sa mère Hersende, première prieure ?
Il ajoute que Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, a eu avec Héloïse une correspondance qui montre qu'une véritable amitié les unissaient. Héloïse pourra dire à Pierre, parlant d'Astrolabe : Astralabia vestro, à votre Astrolabe. C'est probablement la mère de Pierre, Raingardis, qui ayant projeté de rentrer à Fontevrault, a pu avoir des contacts avec cette même Hersende qui en était prieure. Les deux femmes auraient pu évoquer facilement Héloïse.
L'auteur prend bien soin de présenter son travail comme une hypothèse sans prétendre atteindre à la vérité historique. Cette hypothèse, dit-il, ne pourra peut-être jamais être prouvée. Peut-elle être infirmée ?
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Ces données sont à comparer avec celles de http://thierryhelene.bianco.free.fr/drupal/?q=node/88 :
Hersende de Champigné y meurt le 31/12/1114 (et non le 30/11/1114), elle a un frère Hubert qui pourrait être Fulbert et elle est abbesse / Prieure de Fontevraud. Tout cela apparaît cohérent et crédible...
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[http://www.persee.fr/articleAsPDF/crai_0065-0536_2003_num_147_4_22673/article_crai_0065-0536_2003_num_147_4_22673.pdf - Jacques Dalarun 2003 - De Fontevraud au Paraclet]
Werner Robl a récemment supposé que la première prieure de Fontevraud, Hersende de Champagne, veuve du sire de Montsoreau, n'était autre qu'Hersende, mère d'Héloïse. Le passage de YHistoria calamitatum, où Pierre, qui vient d'évoquer la venue d'Héloïse et de ses sœurs au Paraclet, s'indigne de voir des abbesses à la tête des femmes et, plus encore, abbesses et moniales dominer les prêtres en un renversement de l'ordre naturel, a déjà été interprété comme une allusion à Fontevraud. Jacques Monfrin avait invité à lire dans la Correspondance un parcours concerté, « le long détour choisi par la Providence sur la voie du salut : Abélard et Héloïse mettant de concert au point l'histoire de leurs fautes et de leur rédemption, symbolisée par ce Paraclet où ils ont mis le meilleur d'eux-mêmes ». Georges Duby, certain que la règle du Paraclet n'est autre que celle de Fontevraud, exhorte à lire jusqu'au bout cette Correspondance, dont la fin peut sembler « interminable et pour nous fastidieuse ».
[...] Tant et si bien que les Institutiones nostrae qu'on attribue communément au Paraclet, voire à l'initiative d'Héloïse, et qui découlent, pour partie seulement, des prescriptions d'Abélard, offrent à nouveau de fortes similitudes - indirectes celles-là et non sans quelques savoureux chasses-croisés - avec les statuts de Fontevraud : [...]
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[http://elec.enc.sorbonne.fr/arbrissel/mews - Constant J. Mews. Robert d'Arbrissel, Roscelin et Abélard]
Robert d'Arbrissel (+ 25 février 1116) et Pierre Abélard (1079-1142) ont tous deux causé du scandale en raison de leur amitié pour deux religieuses remarquables : Hersende, fondatrice effective et magistra de Fontevraud (+ 30 novembre ca. 1113) et Héloïse (ca. 1095-1163), première abbesse du Paraclet. Robert et Abélard ont tous deux été accusés par Roscelin de Compiègne de transgresser les frontières entre sexes qui définissaient traditionnellement les rapports entre religieux. La magnifique édition, donnée par Jacques Dalarun et son équipe, de tous les textes connus liés à Robert est d'une telle exhaustivité qu'il peut sembler de prime abord qu'il n'y ait guère à ajouter. Mon but ici est de me concentrer, non tant sur la personnalité de Robert, que sur les critiques que lui adressa Roscelin de Compiègne (ca. 1050 - ca. 1125) et sur son impact sur Abélard. Jacques Dalarun a déjà soulevé la question des relations entre la règle d'Abélard pour le Paraclet et les premiers statuts de Fontevraud. J'aimerais prolonger ce point en suggérant que la prédication de Robert et sa réputation controversée peuvent nous aider à comprendre la critique nourrie que fait Abélard de l'hypocrisie religieuse. Je propose aussi de montrer que l'intervention de Roscelin contre Robert d'Arbrissel est liée à un conflit important entre Saint-Martin de Tours et Fontevraud, qui éclata en 1116/17, après la mort de Bertrade de Montfort, reine de France. Cette intervention a poussé Abélard à réagir avec passion contre son ancien maître dans les années 1117-1120.
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[...] Hersende, veuve de Guillaume de Montsoreau et sœur d'un éminent noble angevin, échappait à la juridiction de Geoffroy de Mayenne et de Marbode en devenant conversa de Robert de Fontevraud. Cela permettait à Robert de s'établir à Fontevraud, hors du diocèse d'Angers, sur un domaine donné par le beau-fils d'Hersende, Gautier de Montsoreau. Comme Belle Tuten l'a bien montré, Fontevraud a rapidement bénéficié du soutien d'Hersende de Montsoreau, surtout de celui de Bertrade de Montfort, qui devient moniale à Fontevraud en 1108 et de son fils le jeune Foulque V qui devient comte d'Anjou en 1109 à la mort de Foulque IV. Un soutien si puissant empêcha Robert d'être accusé d'hérésie comme ce fut le cas pour un prédicateur comme Henri, actif au Mans avant d'être chassé de la ville en 1115.
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Roscelin était, comme Marbode, un protégé de Foulque IV. L'accusation de Roscelin selon laquelle Robert recevait des veuves fuyant leurs maris fait écho à Marbode. Ce dernier se plaignait de ce que Robert engageait trop rapidement dans la vie religieuse des hommes et des femmes en raison de sa prédication. Parmi les femmes qui tentèrent de gagner Fontevraud contre la volonté de leur mari, il y a Ermengarde (1069-1147), fille de Foulque IV. Elle avait été brièvement mariée (1089-91) à Guillaume IX d'Aquitaine et le fut en 1092 à Alain Fergent, comte de Bretagne (+ 1119). Bien qu'elle puisse être devenue la disciple de Robert après 1096 lorsque Alain participa à la première croisade, elle se rendit certainement à Fontevraud pour un court séjour en 1106. Elle fut cependant obligée de revenir à la cour ducale, ce qui poussa Robert à écrire le fameux sermon qu'il lui adressa vers 1108. De même qu'Hersende, Ermengarde préféra, aux exigences de la politique dynastique, l'appel de Robert à la vie religieuse.
[...]
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La polémique de Roscelin contre Robert d'Arbrissel s'est développée parallèlement à un violent litige entre les chanoines de Saint-Martin de Tours et Fontevraud. Il remonte à l'époque où Bertrade de Montfort devient moniale après la mort de Philippe Ier en 1108. Bertrade, qui avait été la troisième femme de Foulque IV d'Anjou (entre 1089 et 1092), avait reçu de Philippe le domaine de Saint-Martin comme douaire en 1093, lors de son mariage avec le roi. Le départ de Roscelin et d'Abélard de Loches pour Tours peut même avoir été influencé par les nouveaux liens de Bertrade avec le roi de France. Non seulement son frère, Guillaume de Montfort, devint évêque de Paris (1095-1100), mais le protecteur d'Abélard, Étienne de Garlande, semble aussi avoir commencé pendant ces années son ascension, aussi bien à Orléans qu'à Paris.
Cependant en 1104, Bertrade est considérée comme une concubine du roi par Yves de Chartres et l'évêque Galon de Paris, dont Guillaume de Champeaux, qui enseignait probablement à l'école cathédrale depuis le début des années 1090, devient un rival comme archidiacre. La dispute avec Saint-Martin de Tours commence lorsqu'elle décide de devenir moniale à Fontevraud après la mort de Philippe Ier en 1108, ce qui aide Fontevraud à devenir une abbaye angevine aux privilèges exceptionnels. En 1112, Louis VI autorise sa belle-mère à fonder un prieuré sur les domaines de son douaire à Hautes-Bruyères, au diocèse de Chartres, où Pétronille envoie des moniales en 1115. Bertrade se présente elle-même comme reine de France cette même année sur son sceau personnel. Robert se rend en personne à Chartres la même année comme intermédiaire dans une dispute entre Yves de Chartes et l'abbé de Bonneval soutenu par le comte de Blois.
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Le conflit entre Fontevraud et les chanoines de Saint-Martin de Tours gagne en intensité après la mort de Bertrade à la fin de 1115/1116 et celle de Robert le 25 février 1116. Pétronille avait besoin de garantir les privilèges de Fontevraud et de Hautes-Bruyères contre les rumeurs hostiles que propageaient Marbode et Roscelin de Compiègne. On ne sait si Roscelin écrivit son Contra Robertum avant ou après que Pétronille chargea Baudri de rédiger la vie de Robert. Baudri a dû compléter son œuvre avant le 30 août lorsque Calixte II rend visite à Fontevraud. Le 15 septembre 1119, le pape approuve le legs de Hautes-Bruyères fait par Bertrade. Le pape affirme que le domaine lui avait été donné en douaire (in dote) par Philippe et qu'il revient par conséquent à Bertrade de le donner à l'abbaye de Fontevraud. André, dans son supplément à la vie de Robert, souligne que Hautes-Bruyères appartient à Fontevraud.
Cela sous-entend qu'il désire montrer l'engagement de Robert dans les affaires chartraines. Pourtant entre le 5 et le 18 octobre 1119, Louis VI revient sur la décision pontificale en rendant le domaine à Saint-Martin de Tours. Vu l'importance politique du désir de Bertrade de Montfort de léguer à Fontevraud son douaire royal à Hautes-Bruyères, il est bien possible que Roscelin ait adressé son Contra Robertum au pape en 1117/1118, pour renforcer les intérêts de Saint-Martin contre Fontevraud. L'intensité de la réaction d'Abélard nous laisse penser que Roscelin a critiqué non seulement le comportement de Robert envers les femmes, mais aussi les mœurs d'Abélard au cours de sa liaison avec Héloïse.
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Abélard écrit en 1119 aux chanoines de Saint-Martin de Tours, non seulement pour relancer d'anciennes accusations d'hérésie contre son ancien maître, mais aussi pour accuser Roscelin d'avoir critiqué de manière injustifiée Robert. Cela force Roscelin à écrire une réponse irritée à son ancien élève. En défendant Robert, Abélard défend en fait une vision de la vie religieuse permettant aux hommes d'avoir des rapports spirituels légitimes avec les femmes. Roscelin répond en montrant une connaissance détaillée de la trahison d'Abélard envers la confiance et la bonté que lui a montrées Fulbert « un noble clerc de l'église de Paris ». Cela suggère qu'il a pu obtenir ces informations de Fulbert lui-même ou d'un ami commun. [...]
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La seule anecdote connue sur Fulbert, en dehors de textes d'Abélard et de Roscelin, est une histoire racontée par Orderic Vital sur la crise de conscience de Fulbert. Ce dernier rendit à Saint-Évroult une relique de ce saint, qu'il avait obtenue comme marque d'affection de la part d'un chapelain royal, entre 1108 et 1118. Comme ces reliques étaient traditionnellement conservées auprès du roi de France à Orléans, ce changement dans la loyauté de Fulbert est significatif pour Orderic, notoirement hostile à la culture angevine et à Bertrade de Montfort. Fulbert est temporairement exilé de Notre-Dame dans la première moitié de 1117 en raison de son rôle dans la castration d'Abélard. L'histoire d'Orderic montre un changement décisif dans la loyauté de Fulbert qui s'éloigne du chapelain royal Étienne de Garlande en rendant une relique de Saint-Évroult à sa maison normande. Comme le traité de Roscelin contre Robert a circulé dans un contexte normand, il est possible qu'Orderic ait connu cet écrit. [...]
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En critiquant une abbesse ayant autorité sur les hommes et les femmes, en raison d'un possible abus de pouvoir, Abélard fait sans doute allusion à la règle de Fontevraud. Cela renvoie probablement au choix fait par Robert de Pétronille de Chemillé comme première abbesse de la communauté en 1115, avec autorité à la fois sur les hommes et les femmes à Fontevraud et dans tous ses prieurés. Plutôt que critiquer Robert lui-même, Abélard semble mettre en question l'évolution très rapide de sa fondation. Celle-ci est devenue sous la direction de Pétronille une riche et puissante communauté, peut-être en s'éloignant de l'esprit original des fondateurs, Hersende et Robert.
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Dans le premier document connu du Paraclet, un privilège solennel du pape Innocent II daté du 28 novembre 1131, Héloïse apparaît avec le rang de prieure et non d'abbesse. Le dessein initial d'Abélard pour l'organisation du Paraclet a pu refléter son désir de reproduire les structures originales de Fontevraud. Dans son ouvrage suivant pour Héloïse, Abélard indique que le mot abbatissa est une contradiction dans les termes, puisque le mot abba signifie père et non mère : « celles que nous appelons maintenant abbesses, l'antiquité avait coutume de les appeler diaconesses comme si elles étaient ministres plutôt que mères » . Guy Lobrichon a mis en lumière le désir d'Héloïse d'être identifiée comme abbesse contre l'influence et le contrôle d'Abélard, en observant qu'elle acquiert ce titre en 1135. Fiona Griffiths soutient une position plus nuancée : Abélard et Héloïse ont dû négocier la manière dont les hommes gouvernaient les femmes au Paraclet, en s'inspirant des préoccupations des moines réformateurs du xie siècle. [...]
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Robert d'Arbrissel, Roscelin de Compiègne et Pierre Abélard avaient chacun leur propre vision de la manière dont ils entendaient que l'Église fût réformée et purifiée de la corruption. Robert était un prédicateur de premier plan : sa critique de l'hypocrisie extérieure fascinait beaucoup de gens dans la société angevine à la fin du xie siècle, en particulier Hersende, première prieure et magistra de Fontevraud. Cependant Robert provoquait aussi de l'inimitié, non seulement de la part de Marbode de Rennes, mais aussi de Roscelin, qui avait trouvé refuge à Loches en 1093/94 auprès de Foulque IV d'Anjou, précisément au moment où le jeune Abélard commençait ses études dans la vallée de la Loire. Tandis que Roscelin se rangeait du côté de Marbode pour voir dans Robert un dangereux critique de l'autorité cléricale, Abélard était fasciné par la remise en cause que faisait Robert de l'hypocrisie dans la vie religieuse, jugements qu'il appliqua à Guillaume de Champeaux et Anselme de Laon. Bien que Robert n'ait pas été un dialecticien, sa critique des apparences poussa Abélard à mettre en question l'autorité de ses maîtres et peut-être même à réfléchir à l'importance de l'intention derrière l'usage des mots.
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Le Contra Robertum de Roscelin développait les arguments de Marbode contre Robert d'Arbrissel. Les chanoines de Saint-Martin de Tours se disputèrent avec Fontevraud, parce que Bertrade de Montfort avait donné à Fontevraud des domaines de l'abbaye de Tours qu'elle avait reçus en douaire de son mari en 1093. Roscelin avait des raisons d'être mécontent de l'influence de Robert d'Abrisssel qui avait accueilli Bertrade à Fontevraud en 1108. Écrit en 1117/1118 à la suite des morts de Robert et Bertrade de Montfort, le traité de Roscelin défendait les réclamations de Saint-Martin de Tours sur les domaines que Bertrade avait confiés à Fontevraud. La réaction acharnée d'Abélard à ce Contra Robertum a été peut-être aggravée par des remarques de Roscelin concernant son conduite envers Héloïse. Qu'il ait été écrit avant ou au moment même où Baudri rédigeait sa vie de Robert, les deux narrations présentaient des perspectives diamétralement opposées. Est-ce qu'Abélard a pu obtenir un exemplaire du libellus original contenant les vies de Baudri et André, peu de temps après leur remise au pape Calixte II en septembre 1119, tel qu'il existait en 1635 à Saint-Denis ?
En tout cas, Abélard répondit au Contra Robertum de Roscelin dans une lettre perdue adressée aux chanoines de Saint-Martin de Tours. Cette missive provoqua en retour Roscelin à répéter ses griefs dans une lettre à Abélard. Elle est riche en sous-entendus malveillants concernant la manière dont Robert était moralement responsable pour les adultères commis par les maris dont les femmes avaient été accueillies à Fontevraud.
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Héloïse était peut-être plus encline à appliquer les normes éthiques de Robert à ses relations, notamment à son amitié avec Abélard. Fulbert à l'origine encouragea Abélard à devenir le tuteur d'Héloïse, dans l'espoir qu'ils pourraient maintenir une relation chaste similaire à celle que Baudri cultivait avec ses amies lettrées à l'abbaye du Ronceray à Angers. À la différence de Marbode, Baudri ne voyait aucune incongruité à faire circuler des poèmes qui le présentait en train de tenir des débats littéraires avec de telles femmes.
Abélard, cependant, ne se maintint pas à ce niveau dans ses relations avec Héloïse, poussant ainsi Fulbert à se retourner violemment contre lui. On ne sait pas si Héloïse se rendit à Fontevraud lors de son retour de Bretagne à Paris. Si elle était la fille d'Hersende de Fontevraud, elle aurait eu des raisons particulières d'honorer la mémoire de Robert d'Arbrissel. Le poème écrit en mémoire de Vital de Savigny par une moniale cultivée d'Argenteuil suggère qu'elle honorait la mémoire de tels prédicateurs apostoliques.
C'est seulement lorsque Héloïse a été chassée d'Argenteuil en 1129 que la relation avec Abélard prit un tour nouveau. Abélard était alors prudent et ne voulait pas suivre toutes les pratiques de Fontevraud, notamment celles de donner à une femme la charge de diriger les hommes et les femmes au sein d'une communauté. Toutefois, l'exemple de Robert continua à exercer son influence sur Abélard et Héloïse, même s’ils ont dû trouver une nouvelle manière de conduire leurs vies.
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Voir la note de sa fille Héloïse et celle de son arrière grand-père Isembard 1er du Lude (qui serait fils d'une autre Héloïse...). Et celle de son père (notamment pour le nom Champigné / Champagne).
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Créé le 16/02/2015, modifié le 10/12/2018

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sosa Hubert Ier XXX D'ARNAY, Seigneur d'Arnay 965-/1002   sosa Eremburge DE MONTMORENCY, Dame de Vihers 975-   sosa Isembart Ier du Lude XXX DE BROYES, SOSA 970-/1002   sosa Hildeburge DE CHÂTEAU-DU-LOIR, SOSA   sosa Foulques III Nerra D'ANJOU, Comte d'Anjou 965..972-1040   sosa Concubine de Foulques IV Nerra X CONCUBINE D'ANJOU, SOSA   sosa Hubert XXX DE VENDÔME, Vicomte de Vendôme 960-1006/   sosa Emmeline DE CHARTRES, SOSA 974-
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sosa Hubert II Rasorius D'ARNAY, SOSA 997-1016   sosa Hildeburge DU LUDE, Dame du Lude †/1030   sosa Hugues de Clervaux XXX DE MATHEFELON, SOSA 1010-   sosa Hersende XXX DE VENDÔME, SOSA
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sosa Hubert III Payen d'Arnay XXX DE CHAMPIGNÉ, Seigneur d'Arnay 1017-   sosa Agnès de Mathefelon DE CLERVAUX, Dame de Clervaux 1030-/1080
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Hersende DE CHAMPIGNÉ, Abbesse de Fontevraud 1065/-1114


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