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Bienvenue sur l'arbre  généalogique d'Emile Binot et Andrée De Vos.

Sa réalisation doit beaucoup aux recherches et à l'aide de R. Jacob et de Malmedy Folklore, d'Ann De Vos ,de mon cousin Robert Didelot, et, plus récemment, d'Albert Joseph Kessler.

Je vous remercie à l'avance de vos commentaires. Si vous trouvez des correspondances avec des branches de votre arbre, merci de me contacter

Emile Binot

 Chronique familiale



  LA PRINCIPEAUTE ABBATIALE DE STAVELOT MALMEDY


Une histoire qui remonte au 7° siècle

C 'est au 7° siècle que Saint Remacle,prieur de l'Abbaye de Solignac et évangélisateur de l'Ardenne, créa les deux abbayes bénédictines de Stavelot et de Malmédy, autour desquelles allait se développer la principeauté abbatiale du même nom

L'abbaye de Malmedy fut installée dès 648 au confluent de la Warche et de la Warchenne Le nom de Malmédy proviendrait d'une expression en bas latin :"a malo mundatum" = "purifié du mal",
il y a deux autres explications, moins plausibles :
" Malum-unda-erium" = endroit dangereux où se rejoignent les eaux de la Warche et de la Warchenne.
"Malmandra" = l'ancien nom celte de la Warchenne.

Depuis Sigebert III, les rois francs, tant mérovingiens que carolingiens étendirent par des donnations successives le territoire des successeurs de St Remacle, qui s'étendit un moment le long du cours de l'Amblève jusqu'à Lorcé et le long de celui de l'Ourthe de Vieuxville à Comblain.
Formée d'une quarantaine de localités, la principauté comprenait un bloc étiré d'est en ouest, de Hamoir à Waimes, et les trois enclaves de Ocquier-Bende, Hody et Louveigné-Fraipont. De plus, Sclessin et Ougrée par exemple, dans l'actuelle banlieue de Liège, firent partie de la principauté jusqu'en 1768. Les moines possédèrent également tout un temps un domaine avec des vignes, sur la Moselle,dans la région de Cochem, encore actuellement jumellée avec Malmédy


La principeauté au XVIII° siècle
Le comté de Logne est en Bleu, la postellerie de Stavelot en jaune et celle de Malmédy en vert

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Un Souverain absolu



Le territoire était divisé en trois districts, d'origine fiscale les postelleries de Stavelot et de Malmedy et le comté de Logne.

Des États provinciaux existaient dans chacun des trois districts. Sur le plan judiciaire on retrouvait cette division tripartite du pays (...) Un Conseil de la principauté tranchait les cas contestés. Enfin, en dernier ressort, et comme à Liège d'ailleurs, il pouvait être fait appel à la Chambre impériale (Reichskammergericht), tribunal suprême de l'Empire créé par Maximilien d'Autriche sur le modèle des Parlements de Paris et de Malines et qui eut son siège successivement à Francfort (1495-1527), Spire (1527-1693) et Wetzlar (1693-1806).


Le Prince Abbé qui, sur le plan écclésiastique, relevait de l'évèque de Liège et de l'archidiocèse de Cologne, portait le titre de " Abbé des monastères de Stavelot et de Malmédy, Prince du St Empire et Comte de Logne" .


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Les ruines actuelles du chateau de Logne
Près de Vieuxville,sur un promontoire dégagé par l'Ourthe et la Lambrée, les ruines imposantes du chateau de Logne sont un témoignage de l'architecture médiévale militaire.
Le lieu est mentionné au 9° siécle comme possession de la principeauté abbatiale.Wibald fit procéder à une fortification générale du site et fonda le village de Logne, en contrebas.
Au 15° siècle, un chassé croisé d'alliances et de combats verra s'y succéder Evrard II de la Mark,Guillaume à la Barbe, Maximilien d'Autriche, puis Robert de la Marck, dit " Le Diable".
Allié de François I°, celui-ci défie l'autorité de Charles Quint qui met le siège devant le chateau et le détruit en mai 1521

Septante sept princes abbés se succédèrent sur le trône abbatial, de St Remacle le fondateur au dernier, Célestin de Thys, détroné en 1794, à la révolution française. Plusieurs de ces Princes -Abbés furent en même temps Princes-Evèques de Liège. D'ailleurs,suite au partage de l'empire de Charlemagne, la principeauté de Stavelot -Malmédy faisait , tout comme celle de Liège, partie, au moins nominalement, du St Empire Germanique., où elle s'intégrait dans le cercle de Wesphalie.

La rivalité entre deux villes jumelles

Les deux villes de Stavelot et de Malmedy, proches de 7 km, sont liées par une histoire ancienne, mais aussi par une une rivalité tout aussi séculaire. J'y ai été confronté comme jeune médecin généraliste.
Dans les années 1958-60, au moment ou l’ancien hôpital St Joseph a été déclassé et ou la clinique Reine Astrid tardait à ouvrir, je devais conseiller à mes patientes enceintes d’aller accoucher à la clinique de Stavelot, mais plusieurs ont refusé en disant « mon enfant ne sera pas un Stavelotain ».
Un demi siècle plus tôt déjà, dans les années 1910-1912, quand mon père allait en excursion scolaire avec les élèves du "Gymnasium" de Malmédy pour aller voir la Cascade de Coo, le car des élèves de Malmédy partait avec des cars d'élèves allemands, venant de Prum. Quand ils faisaient halte sur la place de Stavelot, les gamins de Stavelot se rassemblaient près du car de Malmédy pour crier : « Mam’diens, Prussiens », sachant très bien qu’ils parlaient le même wallon qu'eux. . Les malmédiens répondaient : « Stavelotains, purris chins ». ( chiens pourris")
Une pareille rivalité ne date pas d'hier, mais bien de plus loin, et résulte de deux mauvaises décisions prises par des hommes remarquables, Saint Remacle tout d'abord, Wibald ensuite.




Les Saint aussi commettent des erreurs

St Remacle , évangélisant l'Ardenne au cours de la première moitié du 7° siècle, a eu la malencontreuse idée de créer deux abbayes distinctes à 7 km de distance, Malmedy sur les rives de la Warche en 648, Stavelot deux ans plus tard sur les rives de l'Amblève. Autour de ces deux abbayes vont naître respectivement Malmédy et Stavelot, , villes rivales de la "Principeauté Abbatiale Stavelot - Malmédy," qui comptent parmi les plus vieilles villes de Belgique, et dont les habitants allaient, au cours des siécles, prendre chacun parti pour "leurs moines"., ceux de Malmédy, surtout à partir du 11° siècle, supportant mal la suprématie dont se réclamait l'abbaye de Stavelot




La Châsse de Saint Remacle
st remacle_1.jpg

Wibald fit aussi exécuter, en l'honneur de saint Remacle, un magnifique retable (1135) destiné à abriter en son milieu le sarcophage du saint.
Ce sarcophage en bois sera remplacé en 1268 par une merveilleuse châsse en cuivre et argent, qui peut être considérée comme un chef d'oeuvre de l'art mosan.

































Un génie diplomatique un peu partisan

Parmi tous ces princes abbés, il y en eut un qui fut célèbre dans l'Europe entière, et c'est Wibald.
Wibald (1130-1158) est né à Chevrouheid, à quelques Km de l'abbaye de Stavelot, où il fait ses premières études. Moine à 20 ans, il devient en 1131 Prince Abbé de Stavelot-Malmédy.

. A cette époque, la chrétienté est déchirée par la bataille que se livrent l'empereur d'Allemagne Frédéric Barberousse et la papauté pour le pouvoir : c'est "La querelle des Investitures". Wibald, qui detient à la fois un pouvoir temporel et spirituel va s'élever au rang de conseiller de l'empereur et des papes, et être l'artisan d'une période de trève et de collaboration entre les deux pouvoirs.
En raison de sa valeur hors du commun, cet ardennais fut aussi choisi comme Abbé de Corvey, en Wesphalie, et assuma temporairement la direction de l'abbaye du Mont Cassin, en Italie.

Ce grand diplomate dut aussi régler une autre querelle, celle qui opposait les abbayes soeurs de Stavelot ou de Malmédy, quant à savoir laquelle des deux avait primauté sur l'autre.
En 980, l'empereur Otton II avait tranché le débat en faveur de Stavelot, en décidant que l'abbé serait choisi de préférence au sein de cette communauté, disposition qui fut confirmée par une bulle du Pape Sylvestre II (999-1003). La primauté de Stavelot,était renforcée encore par le fait que les abbés y avaient établi leur résidence.
Mais une nouvelle fois,les moines de Malmedy demandèrent un arbitrage , et Wibald du trancher. Et il le fit en faveur de l'abbaye de sa ville natale,Stavelot, pourtant fondée deux ans plus tard que celle de Malmedy.
Mais les moines de Malmédy n'abandonnèrent jamais la lutte, comme le témoigne une analyse des armes actuelles de la ville de Malmedy, faite par Raymond Jacob, président de Malmedy Folklore.

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blason.jpg Les Armoiries de Malmedy

D'or, au dragon de sable sur un tertre de sinople,l'ecu posé sur
une épée d'argent garnie d'or, la pointe en bas, et une crosse d'or passées en sautoir,
et sommé d'une mitre de même'''
Des armoiries revendicatrices

Sous l'Ancien régime, les armoiries primitives du "Magistrat" de Malmedy présentaient une aigle, d'abord simple puis bicéphale, avec en coeur un écusson chargé de la lettre "M".

A la même époque, les bénédictins de notre monastère avaient , eux aussi, leur blason ,montrant, sur fond d'or un dragon vert ( de sinople) sur un tertre du même.A partir de 1698, cet écu est sommé d'une mitre, et posé sur une crosse et une épée en sautoir, l'épée en barre comme sur la taque du Prieur Parmentier

Le dragon faisait allusion au paganisme vaincu par St Quirin, l'un des patrons du monastère de Malmedy

La mitre et la crosse témoignaient que les abbés étaient des abbés "mitrés", qui recevaient du Pape le droit de porter les insignes de la prélature, comme des évèques
L'épée de haut justicier était le symbole du pouvoir reçu de l'Empereur, leur confiant avec le titre de Prince du Saint Empire Romain Germanique la souveraineté temporelle sur les officiers , les magistrats et les sujets du pays de Stavelot Malmedy.


Accaparés par les bénédictins malmédiens, ces deux attributs extérieurs soulignaient leur volonté affichée de s'affranchir de la tutelle stavelotaine et d'être considérés comme membres d'une vraie abbaye à part entière.

Les émaux et les couleurs choisis pour le blason avaient le même rôle : alors que Stavelot avait l'argent pour le champ de son blason, Malmédy avait choisi l'or. Et pour la terrasse, le choix du sinople ( du vert ) n'était pas innocent, puisqu'il signifie à la fois l'espoir et la liberté

Malmédy devenu français, l'aigle impériale du " Magistrat" fut supprimée. C'est en 1848, qu'un citoyen malmédien d'origine française, Arsène de Noüe proposa de reprenndre l'ancien blason des moines comme blason de la ville de Malmedy. Comme il ne possédait qu'une copie en noir et blanc, dans sa proposition, le dragon devint noir ( de sable )

Ce n'est qu'en 1926 que le roi Albert 1° reconnut à Malmedy le droit de porter ses armoiries actuelles :

.
"Adapté de l'article de Raymont JACOB, paru dans le bulletin communal N°11"













































Pouvoir ou prospérité

Crée par les moines, la ville de Malmédy avait, pendant des siècles, vécu par eux et pour eux, travaillant pour les abbayes dispensatrices de la prospérité. Curieusement, si Malmedy perdit la bataille qui l'opposait à Stavelot pour la suprématie au sein de la principeauté abbatiale, cette défaite lui assura un meilleur développement économique que sa rivale

Dès le XVIe siècle, Malmedy voit plusieurs industries se développer sur son sol : draperie, tannerie et industrie de poudre à canon.Au XVIIe siècle, Malmedy ( et Stavelot dans une moindre mesure) sont les centres de tanneries les plus importants d'Europe. À cette époque, d'autres industries sont aussi renommées à Malmedy : fabrique de coton, fabrique de jeux d'échecs, de dominos, de pains d'épice et surtout la papeterie qui fera la fortune de Malmedy.

Malgré une destruction presque complète de la ville par les armées françaises du général de Catinat en 1689, l'industrie drapière, bientôt suivie et dépassée par la tannerie, puis par la papeterie,permettait à quelques bourgeois entreprenants de prendre en main leur propre établissement.
Les meilleures familles, Cavens, Villers,Doutrelepont, Steinbach, Alard, Faymonville envoyaient leurs fils aux études à l'étranger. Juristes, avocats,pharmaciens,chimistes en revenaient et par de judicieux mariages soudaient de nouvelles puissances .

En 1795, après la propagation de la Révolution française et les conquêtes territoriales de la France, la Principauté de Stavelot Malmedy disparut et ses territoires furent réunis à la France.
L’annexion de la principauté de Stavelot-Malmedy à la France se fait par le décret du 9 Vendémiaire an IV (1/10/1795), elle était déjà de facto rattachée depuis le 14 Fructidor an III (31 août 1795) au nouveau département de l’Ourthe (carte), dont le chef-lieu est Liège et qui s’étend plus à l’est que l’actuelle province de Liège, donc dans l’Allemagne actuelle, jusqu’à Schleiden et Kronenburg, plus des enclaves dans le département de la Sarre (Schüller, Steffeln, Dhom).
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Malmedy devint alors sous-préfecture du département de l'Ourthe,( en jaune sur la carte ) chef-lieu du 2e arrondissement communal de l'Ourthe, siège d'un Tribunal de première instance et étendit sa juridiction, notamment sur les villes de Verviers et Spa.
Elle conservera ce statut jusqu'à la fin de la période napoléonienne.

















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La cathédrale de Malmédy, avec une vue aérienne du Monastère, après sa restauration. Après 1945, le monastère abrita tout un temps les classes de l'athénée de Malmédy, et mes enfants Jean Louis, Agnès et Marie Luce y ont fait toutes leurs étrudes secondaires
Actuellement, le site abrite des salles d'exposition, la bibliothèque communale et divers services communaux.






































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