Jean Marie HARMET
Jean Marie HARMET
Sosa :60
  • Born 6 January 1802 - Saint-Étienne, 42000, Loire, Rhône-Alpes, FRANCE
  • Deceased 21 August 1879 - Ternay, 69360, Rhône, Rhône-Alpes, FRANCE,aged 77 years old
  • Ingénieur (St-ET.1821) ; directeur des Mines
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Préface du Livre "Réflexions Philosophiques" de J-M. Harmet.
L'idée d'écrire ces mémoires m'a été suggérée par Jules Janin, mon compatriote, mon condisciple et mon ami qui était venu me visiter à Givray Bellesaigues, à l'occasion de la mort de M.Charles Reynaud dont il accompagna le corps de Paris à Vienne(Isère) et dont il prononça l'oraison funèbre, Charles Reynaud, littérateur dauphinois, avait accueilli Ponsard à son début, l'avait présenté à ses amis, avait fait représenter sa Lucrèce au théâtre Français et avait été pour beaucoup dans le succès qui ,dès lors, décida la vocation du grand poète Jules Janin prononça sur sa tombe un discours improvisé, dont le manuscrit, fait de mémoire sur l'album de mes enfants, m'est resté, et pendant son séjour chez moi, à la campagne, l'intimité ayantamené entre deux vieux amis de même collège et de la même ville l'épanchement des souvenirs, il fut frappé de l'intérêt qu'offrait la vie de mineur, telle que je l'avais menée pendant 30 ans, et m'engagea beaucoup à rédiger une narration des faitsprincipaux que je lui avais racontés et à lui envoyer comme sujet épisodique d'un récit intéressant et nouveau.
Cela se passait en 1853; ma carrière industrielle n'étant pas encore fermée, je ne fis pas une grande attention à la proposition de mon ami qui me parut sinon une flatterie, au moins une politesse amicale et je n'y pensais plus; l'idée m'en revinten 1858, quand j'eus quitté entièrement les affaires et quand les loisirs qui me furent faits alors me la rappelèrent.
Après une vie bien remplie, de nombreux travaux accomplis et des vicissitudes diverse éprouvées dans le cours d'une existence accidentée, il est doux de se reporter dans le calme de sa conscience et de rappeler ses souvenirs, qui sont la jouissancede l'âge mur, comme l'espérance est celle de la jeunesse. Telle est la condition où je me trouve depuis qu’ayant abandonné les incessantes et accablantes charges de l'industrie de notre époque et ses fiévreuses et égoïstes influences, je suis venujouir au sein de ma famille d'un repos longtemps désiré et que je crois bien mérité.C'est donc par manière de distraction et pour utiliser les quelques loisirs que me laissent pendant l'hiver les soins à donner à ma vigne et à mon jardin, que j'aientrepris d'écrire ces mémoires, ou plutôt de rédiger ces quelques notes dédiées à mes petits-enfants et qui , n'étant pas destinées à être connues du public, doivent rester entre leurs mains pour servir plus à les amuser qu'à les instruire.
Né dans une condition obscure et peu aisée,j'ai senti de bonne heure le besoin d'en sortir par le travail, le développement de mon intelligence et une conduite régulière, dès le collège, où m'avaient fait entrer mes petits succès d'enfance et où m'entretenait la sévère mais prévoyante économie de mes parents; j'ai entrepris cette tâche difficile. Malheureusement , si j'avais quelques qualités, beaucoup d'autres me manquaient, et dans le siècle où m'a jeté la destinée, ces derniers étaient bien nécessaires pour réussir.
Docile, laborieux, passablement pourvu d'intelligence et façonné, dès le bas âge, à la soumission envers mes chefs et à l'obéissance aux règles établies quelles qu’elles fussent, j'étais sincère, timide, aussi facilement accessible à la pitié, à l'indulgence qu'à l'amour de la gloire et aux stimulations de l'amour-propre; je ne comprenais pas plus le succès au prix de l'humiliation chez les autres, que je ne supportais moi-même l'humiliation imméritée de la part d'orgueilleux et présomptueuxrivaux; simple, candide comme un enfant, je n'ai jamais pu croire, même dans l'âge mur, à une méchanceté calculé, et ces défauts, ajoutés à beaucoup d'autres encore, m'ont souvent rendu la dupe des tripons et des méchants et ont beaucoup nui à messuccès dans le monde.
Nommé ingénieur civil à 18 ans, après de brillantes études à l’école des mines de St-Etienne, j’ai d’abord été attaché à cette école comme répétiteur des cours de mathématiques et professeur de dessin, puis chargé de l’étude du chemin de fer de St-Etienne à la Loire avec mon collègue et ami Achille Thirion; je fus en 1823 accepté par Mr Neyron, comme directeur de ses mines de Méons, près St-Etienne, et en remplis jusqu’en 1836 les difficiles fonctions, de manière à me faire une réputation d’homme sage et expérimenté dans l’art des mines et des affaires.
Appelé en 1836 à la direction des mines de Blanzy, et en 1845 à celle des mines de la Loire, après avoir passé deux ans à la tête des affaires de Monthieux, je n’ai quitté momentanément les mines qu’en 1848, pour entrer dans l’industrie métallurgique; j’ai alors, avec le titre de sous-gérant de la Compagnie des fonderies et Forges de la Loire où de l’Ardèche, dirigé pendant 5 ans l’établissement des Forges et fonderies de Bessèges (dans le Gard). En 1855, je suis rentré dans les mines en mechargeant de la direction supérieure de celles de la Compagnie des fonderies et forges de Chatillon et Commentry (dans l’Allier). Dans ces diverses fonctions, j’ai acquis des hommes et des affaires de notre époque une expérience qui me paraît ne devoir pas entièrement perdue pour mes enfants et pour ceux de mes successeurs, hommes de cœur et de loyauté, qui suivront la même carrière.
A Méons , j’avais affaire a un homme d’un caractère faible et léger, d’un esprit peu éclairé, mais d’un cœur ouvert et d’une loyauté presque chevaleresque, M.Neyron André, dont la tourmente révolutionnaire de 1793 avait agité la vie et interrompu l’éducation, avait peu étudié, beaucoup vécu et peu profité des leçons de son époque et de sa propre expérience. Héritier d’une belle fortune et d’un nom considéré dans le pays, il tenait à Saint-Etienne le premier rang, sans attirer sur lui-même laconsidération et l’estime que donnent le talent, le mérite personnel ou le dévouement; à l’âge de 60 ans, il avait les goûts et les idées d’un jeune homme: le brillant des habits, des équipages, le luxe de la table, des ameublement, le plaisir de la chasse et des fêtes, et tout ce qui se rattachait au souvenir de l’ancien régime et aux habitudes aristocratiques, avaient le privilège d’occuper sa pensée, plus que les affaires de son commerce ou de l’industrie; Incapable de travail d’assiduité et d’application, il avait abandonné la direction d’un commerce de rubans que lui avait laissé son père, à un associé qui l’avait beaucoup amoindri et presque ruiné, il devait, àplus forte raison, se décharger sur un autre des embarras et des soins d’une exploitation houillère ouverte dans sa propriété de Méons; homme d’une intelligence médiocre et d’une confiance aveugle, il avait pris pour diriger ses mines un paysan rusé de la localité qui, sachant un peu écrire, ce qui était rare alorsdans cette classe, avait subitement passé de la condition de porteur de sacs à l’administration des affaires de son maitre . on peut juger comment devaient aller ces affaires, quand on sait que ce factotum ignorant et intéressé ne tenait aucune note des dépenses et des produits de l’exploitation, qu’il payait tout argent comptant et sans contrôle, les ouvriers et les fournitures, d’après des coches ou taille en bois sur lesquelles étaient irrégulièrement marquées les journées et les matières, et que sa faveur pour les marchands s’achetait au plus offrant.
On peut aussi se faire une idée de la manière dont marchait l’exploitation, quand, connaissant toutes les difficultés des mines, on pense que les travaux étaient abandonnés, ou à peu près, au libre arbitre des ouvriers, ou au moins à l’ignorante incurie d’un chef qui n’avait pour toute règle de conduite qu’un peu de routine et la connaissance assez parfaite de son maître, qu’il savait flatter tout en le trompant.
Cet état de choses, qui d’ailleurs était l’état à peu près général des mines de Saint Etienne, avant 1824, époque des concessions, durait déjà depuis longtemps à Méons, les produits de l’exploitation suffisant à peu près aux dépenses et ne nécessitant qu’a de rares intervalles l’intervention du propriétaire dans ses affaires, qui marchaient sans bruit, sans embarras, mais sans bénéfice, lorsque de nombreux accidents, suite inévitable d’une extraction plus étendue, exigèrent la présence d’uningénieur, en même temps que l’extension des affaires faisait sentir le besoin d’un peu plus d’ordre dans la comptabilité; c’est alors que je fus appelé, à l’âge de 21 ans par M.Neyron, pour diriger ses mines de Méons.




Jean-Marie Harmet né le 16 nivose an 10 à St-Etienne.
Elève au collège impérial puis royal de St-Etienne , il est le condisciple de Jules Jaurès.
Il sort en 1821 à 18 ans major de l'Ecole des mines de St-Etienne. Il a d'abord été attaché à cette école comme répétiteur des cours de mathématiques et professeur de dessin, puis comme directeur de la topographie il fut chargé de l'étude du cheminde fer de St-Etienne à la Loire avec son collègue et ami Achille Thiron .
Il fut en 1823 accepté par André Antoine Neyron, comme directeur de ses mines de Méons et en remplit jusqu'en 1836 les fonctions. La mine de Méons existait déjà en 1709, Jean-Marie Harmet dit avoir trouvé l'exploitation en triste état, le concessionnaire ayant fait confiance à un paysan rusé sachant lire , mais ignorant tout de la gestion et de l'exploitation. La mine de Méons sera visitée en 1826 par la Dauphine, duchesse d'Angoulème venue en visite officielle à St-Etienne. En 1830 ce serala visite du Duc d'Orléans. Jean-Marie Harmet a très probablement dirigé ces deux visites. En 1837 Mr Neyron vend sa concession à un excellent prix (1 800 000 ) à des des capitalistes qui seront ruinés.
Le 10 février 1830 il épouse Marie-Joséphine dite Clotilde Oudry fille d'un chef de bataillon d'artillerie qui vit en demi-solde à Roche la Molière où il sera nommé maire le 9 janvier 1832.
1832 naissance d'Elvire , 1834 naissance d'Aimeline , 1836 naissance d'Isabelle.
Dès 1836 il est appelé à la direction des mines de Blanzy en Saône et Loire, gérées par Jules Chagot, une plaque de marbre scellée lors de l'inauguration de l'hôpital des mines fait mention de JM.Harmet parmi les fondateurs.
En 1843 il revient dans la région de St-Etienne comme directeur de la concession de Monthieux toujours sur la commune d'outre-Furan. Le gisement est difficile, couches peu épaisses et de qualité médiocre.
J.M Harmet habite à Monthieux où naît le 2/12/1844 son fils Henry ; le témoin sur l'acte d'état civil est Albert Peuvergne , secrétaire de la mairie d'Outre-Furan.
Dès 1845 commence le regroupement des concessions minières qui conduira le 7/11/1845 à la création de la "grande compagnie" dont J.M.Harmet fut un des directeurs jusqu'en 1848. Cette compagnie réalisera le monopole de fait de l'extraction, du transport et de la vente du charbon de la Loire, le tiers de la production nationale de l'époque. Elle soulèvera de fortes oppositions et des polémiques qui se prolongèrent jusqu'en 1855, lorsque la Grande Compagnie fut contrainte d'éclater en plusieurssociétés.
En 1848 il entre dans l'industrie métallurgique avec le titre de sous gérant de la Compagnie des fonderies et Forges de la Loire et de l'Ardèche. Il assure pendant cinq ans la direction des Forges et Fonderie de Bessèges dans le Gard.
En 1853 il reçoit dans sa propriété de Givray-Bellesaigne son camarade de collège Jules Janin à l'occasion de l'enterrement à Vienne du poète Charles Raynaud.
En 1855 il revient à l'exploitation minière en prenant la direction supérieure de la Compagnie des fonderies et Forges de Chatillon et Commentry dans l'allier.
IL semble qu'a cette époque il s'installe à Lyon. En 1858 , au décès de sa fille Isabelle, il est indiqué comme ingénieur civil à Lyon.
En 1858 il quitte les affaires et partage son activité entre l'entretien de sa propriété et de sa vigne à Givray-Bellesaigne et la rédaction de ses " Reflexions Philosophique" que son fils fera éditer à compte d'auteur en 1906 (Sociéte de l'imprimerie Théolier, J.Thomas & Cie).
En 1859 paraît dans le bulletin de l'industrie minérale ( p.662) une étude sur l'exploitation des couches puissantes , à partir de l'expérience acquise à Blanzy et dans l'Allier.
En 1865 son fils Henri, juste sorti de l'école des mines de St-Etienne lui écrit soit à Flévieux, commune de Ternay, soit à Lyon au 49 rue de la Reine.
Il décède le 21/08/1879 à Flévieu. Son épouse Clotilde Oudry décède le 24/12/1886 à Lyon, 4 place de l'ancienne Douane , où demeure également son petit fils , Jean Marie Fleury-Besson.

-- GEDCOM (INDI) --1 EVEN2 NOTE Voir son livre édité en 1906 à l'imprimerie Théolier.

Family Note

Les enfants de Jean Marie Harmet

Elvire née le 13/03/1832 à Méons, épouse Johannès Ponchon , fabricant drapier à Vienne, l’appartement est au-dessus de l’usine sur le quai de la gare. L’été se passe dans la propriété de Remoulous sur le plateau . Ils ont six enfants.
Aimeline née le 10/10/1834 à Méons, épouse Fleury Besson et a deux enfants, Louis le fils aîné aurait été peintre. Ils décèdent en 1918 sans doute d’une grippe Espagnole.
Isabelle née le 11/01/1836 , rue neuve à St-Etienne , épouse Alfred Rieubaut, elle décède le 26/03/1858 quelques semaines après la naissance de sa fille Jeanne-Marguerite dite Isabelle le 28/02/1858.
Le docteur Rieubaut épouse en 2° noces une personne nommée Marguerite.
Isabelle sera pensionnaire . Elle épouse le 17/09/1877 à St-Etienne Paul Michalowski , ingénieur des mines à Montceau-les-Mines , fils de Ladislas Michalowski médecin réfugié politique et de Eléonore Massenet sœur du compositeur.
Leur fils André , né le 22/01/1883 à Montceau, notaire , épouse Amélie Theollier, mort pour la France le 12/12/1914
Henri né le 2/12/1844 à Monthieux.

  Photos and archival records

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 Family Tree Preview

Jean HARMET ca 1701-1741 Antoinette APPOTIQUAIRE BOURG 1712- Antoine TERRASSE Claudine MALON François CROLLE Thérèse COURTEL Joseph André COSTE x BERTHET
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Jean HARMET 1735-1793 Françoise TERRASSE ca 1749-1817 Joseph CROLLE ca 1744- Françoise COSTE
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Louis HARMET 1777-1827 Andrée Anne Antoinette CROLLE 1775-1833
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Jean Marie HARMET 1802-1879