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Les données de cette généalogie étant en libre consultation, vous pouvez en faire usage. Toutefois, si vous les copiez, n'omettez surtout pas de me citer en source.

Vous êtes chaleureusement conviés à visiter la Galerie de Peinture de Cécile Marguerite LABOSSIÈRE mise en ligne sous le lien http://www.artmajeur.com/fr/artist/cecile-labossiere

 

 Chronique familiale



 BIENVENUE DANS MON HISTOIRE FAMILIALE


Telle est la génération des générations : une génération s'en va, une autre naît. Il en est des hommes comme des feuilles d'un arbre, feuilles de l'olivier, du laurier ou de tout arbre qui conserve toujours son manteau de verdure. Ainsi la terre porte les hommes, comme un de ces arbres porte des feuilles ; elle est couverte d'hommes dont les uns meurent, dont les autres naissent pour leur succéder. L'arbre a toujours sa robe éclatante ; mais vois au-dessous combien de feuilles sèches tu foules aux pieds.Saint-Augustin psaume 101


Cette généalogie comporte les ancêtres en ligne directe de mes deux petits-enfants Léo MESPLÈDE et Julia MESPLÈDE, mais aussi un grand nombre d’autres qui, bien que n’ayant pas dans tous les cas de lien avec mes petits-enfants, en ont malgré tout pour d'autres descendants de nos différentes lignées de familles.

Ci-dessus, mes petits-enfants, dessinés par moi-même en 2011 selon une photo prise chez nous à Arcachon en août 2011.


Sommaire

 1 - A PROPOS DE NOTRE PATRONYME LABOSSIÈRE

1.1 - Ethymologie

LABOISSIÈRE Désigne celui qui est originaire d'une localité portant ce nom (= lieu buissonneux, ou encore endroit où pousse le buis). Le patronyme est surtout présent dans le Puy-de-Dôme et la Nièvre. On le rencontrait aussi autrefois dans l'Ouest (44, 79), où plusieurs communes s'appellent la Boissière.

LABOSSIÈREVariante rare de Laboissière (voir ce nom) portée dans l'Eure.


1.2 - Variantes

DELABOISSIERE | BOIFSIERE | BOISSIERE | BOSSIÈRE, BOEXIERE | BOUEXIERE | BOYSSIERE | VINCELET-LABOISSIÈRE | VINCELET-LABOSSIÈRE. Au Canada, le patronyme subit encore d'autres transformations, telles : LABOISSIEUR, LABOSSIÈRE DIT LABUTTIÈRE


1.3 - Variantes répertoriées dans les branches de notre généalogie

de LA BOESSIÈRE de CHAMBORS, de LA BOSSIÈRE, LA BOISSIÈRE, de LA BOISSIÈRE, LABAUTIÈRE, LABOISSIERE DESNOYER, LABOISSIÈRE, de LABOISSIÈRE, LABOISSIÈRE BEAUVOISIS DUVERRY, LABOISSIÈRE-DUVERRY, LABOSSIÈRE, LABOSSIÈRE (ou LABOISSIÈRE, DURAND dit LA BOISSIÈRE, DURAND dit LABOISSIÈRE.


 2 - NOS PLUS LOINTAINS ANCETRES, PORTEURS DU PATRONYME LABOSSIÈRE OU DE L'UNE DE SES VARIANTES, REPERTORIES DANS TROIS LIGNEES DISTINCTES DE CETTE GENEALOGIE

2.1 - Pour ce qui me concerne, je répertorie deux branches ayant émigré de Bretagne vers la Nouvelle-France.

J'ignore s'il existerait un lien entre ces deux branches
  • A/ Natif de Nantes, le nom du premier pionnier est :
  • Jean Baptiste LABOSSIÈRE né vers 1659 à Nantes, Loire inférieure, Pays de Loire, France. A Nantes, il épouse avant 1704, Antoinette FOIDRY née vers 1664 à Nantes. De Nantes le couple s'embarque pour le Québec, lui en tant qu'Officier d'Infanterie de la Compagnie de Tonty et, entre autres enfants, donne naissance à :
  • Jean Baptiste LABOSSIÈRE : fils du précédent couple, épouse à Contrecoeur, 59035, Montérégie, Québec, Canada, le 28 novembre 1720, (contrat de mariage du 1720-11-28 déposé le 1720-12-22 en l'étude notariale de Maître Pierre RAIMBAULT) Marie Catherine MARTIN, (fille de Antoine MARTIN né en 1673 et de Marie Francoise FÉVRIER DIT LACROIX née en 1682) née à Boucherville, Canada, Québec le 31 mai 1700, décédée le 12-07-1761, inhumée à Contrecoeur le 13-07-1761.Le couple fait souche à Contrecoeur, 59035, Montérégie, Québec, Canada où il est à l'origine d'une très nombreuse descendance retrouvée sur le web dans plusieurs généalogies.


Extraits de l'ouvrage"Clergé Canadien-Français"Le Chanoine J.-B.-A. AllàireII COMPLEMENT1929

ALPHONSE (Rév. Père), Franciscain, Joseph-Alphonse-Paul Claude-Labossière, né à Notre-Dame de Saint-Hyacinthe,le 28 mars 1901, d'Alphonse Claude-Labossière, surintendantde l'Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe, et de Delphine Martel,fit ses classiques au collège séraphique des Trois-Rivières etentra chez les Franciscains le 27 août 1922 à Montréal, où ilprononça ses voeux simples le 28 août 1923 et ses voeux solennelsle 28 août 1926 ; il fut ordonné en la basilique de Montréalpar Mgr G. Gauthier, le 30 septembre 1928. Professeur delittérature française à l'université Saint-Bonaventure d'Alleganyprès Buffalo dans l'état de New-York, depuis son ordination.Auteur, en collaboration avec le Rév. Père ClémentienPiette, de Les Franciscains du Canada et leurs missions,un volume in- 12 de '303 pages (1927). Sa généalogie :114 Dictionnaire Biographique du'I — Jean Labossière, fils de Jean-Baptiste et d'AntoinetteFoidy, originaire de Nantes en Bretagne, France, épousaCatherine Martin, à Saint-Ours, en I 720 ; II — Claude-Pierre-Louis Labossière et Angélique Grégoire-Valentin, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, 1745 ; III —^ Jean-Baptiste Labossièredit-Claude et Marie-Thérèse Gervais, à Contrecoeur, 1 789 ;IV — Michel Claude et Esther Lussier, à Saint-Hyacinthe.1834 ; V — Alphonse Claude-Labossière et Delphine Martelà Notre-Dame de Saint-Hyacinthe, 1888 ; VI — Rév. PèreAlphonse.

LABOSSIÈRE (Rév. Père Philippe), Oblat, Joseph-Philippe, né à Saint-Jude, comté de Saint-Hyacinthe, le 24novembre, de Damase Labossière, boulanger, et d'EugénieLedoux, fit ses classiques au séminaire de Saint-Hyacintheet entra chez les Oblats à Ville-La-Salle le 29 juillet 1923 ;après avoir émis ses voeux perpétuels à Ottawa le 8 septembre1927, il y fut ordonné par Mgr Forbes, le 2 juin1928. A Hull, employé à la maison des retraites (de nov.1928 à juin 1929), vicaire à Notre-Dame depuis juin 1929.

CLERGE CANADIEN-FRANÇAIS 403sept. 1924), de Saint-Liboire (du 23 sept. 1924 au 27 sept.1927), vicaire forain (du 15 janv. 1926 au 7 oct. 1928); à l'évêchéde Saint-Hyacinthe, archidiacre (du 27 sept. 1927 au 28 sept.1928) et aumônier diocésain de !'« Union catholique des cultivateursde la province de Québec )) (du 27 sept. 1927 au 28 sept.1928); nommé chanoine honoraire de la cathédrale de Saint-Hyacinthe, le 27 mars 1928; malade et retiré à Saint-Hyacinthe,depuis le 27 sept. 1928. Auteur de Y Histoire de la paroisse deSaint-Denis-sur- Richelieu, un volume illustré in-8 de 61 1 pages(1905); du Dictionnaire biographique du clergé canadien-français,en 5 volumes in-8, illustrés de mille portraits, d'environ 600pages chacun, parus de 1908 à 1931 ; auteur des essais de sociologie:Nos premiers pas en coopération agricole plaquette illustréein-8 de 76 pages (1916), Règlements de la Confédération dessociétés coopératives agricoles du Québec fascicule erand-in-8 de 24pages (1918), Catéchisme des sociétés coopératives agricoles duQuébec plaquette grand-in-16 de 76 pages (1919) et L'élan coopératistevolume illustré in-8 de 148 pages (1919); de Nos saintspatrons, saints Jean-Baptiste, Cécile et Thomas d'Aquin, plaquetteillustrée in-8 de 80 pages (1921 ); en plus directeur-fondateuret rédacteur du journal hebdomadaire Le coopérateur agricolependant ses quatre ans et quatre mois d'existence, publié àSaint-Hyainthe, d'octobre 1 9 1 6 à février 1 92 1 . — Sa généalogie :Sébastien AUaire et Perrinne Fleurisson, du Poitou en France;I Charles et Catherine Fièvre, Sainte-Famille de l'île d'Orléans,1663; II Etienne et Marguerite Lusignan, Saint-Ours, 1705;III François et Ursule Labossière, Saint-Ours, 1761; IV Françoiset Marie Chapdelaine, Saint-Jude, 1785; V François etMarthe Girouard, Saint-Barnabe, 1811; VI Jean-Baptiste etAngélique Charbonneau, Saint-Barnabe, 1840; VII Père duchanoine Arthur, 1864.

Table Générale 585Pierre, III, iv, 36; Robert,III, iv, 36.Jutteau, I, 283.Kavanagh, II, 315.Keller, I, 283.Kelly, Jean-Baptiste, I, 283;Patrice, I, 283.Kerbério, I, 289.Kerdal, II, 316.Kerdelhue, II, 316.Kergariou, I, 284.Kerlidou, III, i, 45.Kéroack, Arthur, III, vi, 41;Hubert, II, 316; Jules-Adrien,II, 316; Napoléon-François-Eugène, I, 284; Sylvio, IV,242.Kerrigan, III, i, 45.Kersident, III, v, 52.Kertson, I, 284.Kimber, IV, 175.Kvielze, I, 284.Labadie, I, 284.Labbé, Alphonse, IV, 322;Édouard-Êlisée, II, 317; Emile,II, 317; Eusèbe, V, 273;Jean-Baptiste-René, II, 317;Théodore, II, 317.Labelle, Aimé, II, 317; Albert,V, 173; Antoine, I, 285; Arthur,IV, 126; Charles-Auguste,III, iii, 62; Edouard, I,285; Ernest, II, 318; Ernest-Joseph, III, iv, 37; François,I, 285; Jean-Baptiste, I,285; Joseph, II, 318; Léon-Adélard, III, ii, 82; Louis, V,274; Philippe, V, 274; René,IV, 51; Roméo, V, 419; Ubald,II, 318.Laberge, A., V, 347; Adolphe,V, 274; Aimé, IV, 308; Alcibiade,IV, 148; Charles, V,274; Damase, V, 177; Edmour,V, 347; François-XavierII, 318; Josaphat, I, 286;Joseph, I, 286; Joseph-Esdras,II, 318; Jules, II, 319;Pierre, III, vi, 41; Rodrigue,II, 318; Wilbrod, V, 275.Labissonnière, II, 319.Labonté, A., II, 319; Adalbert,III, iii, 63; Félix, II, 319;François-Xavier, II, 318; Joseph-Octave, II, 319.Laboret, I, 286.Labossière, Alphonse, V, 377;Jean-Baptiste, II, 320; Philippe,V, 275.Laboureau, III, iii, 63.Labourière, I, 286.La Bouteillerie, I, 161.Labranche, II, 320.Labrèche, Pierre, II, 320. VoirDéziel.Labrecque, Albert, II, 321 ;Alfred, II, 320; Cyrille, V, 82;Cyrille, III, iii, 63; Gaudiose,III, iii, 63; Honoré, V, 275;Joseph, IV, 309; Joseph-Arthur,II, 320; Mgr Michel-Thomas, II, 321; Philippe-Honoré, 1,286; Pierre, V, 275.Labrie, Aimé, V, 276; Armand,II, 321 ; Léonce-François, II,321; Vital, V, 347.


  • B/ Natif de Ploemelec, Morbihan, le nom de l'autre pionnier est :
  • Geoffroy VINCELET-LABOSSIÈRE né vers 1676 à Ploemelec, Morbihan, Bretagne. Il est Soldat de la cie des Bergères. Le 29 novembre 1698, il épouse à Monréal au Québec, Canada, la Québécoise Catherine BARSA née le 14 mars 1673 à Boucherville, Québec, Canada.Ce couple donne naissance à au moins trois enfants, dont une fille et deux fils. L'un de ces fils, Jacques VINCELET-LABOSSIÈRE, épouse Marie-Renée MASSON ; lequel couple donne naissance à au moins trois garçons.

2.2 - Je répertorie deux ou trois branches, ayant émigré de notre territoire français métropolitain pour la Martinique

Dont il n'est pas impossible que nous soyions descendants de l'une d'entre elles. Mais rien de tel n'ayant encore de ma part pu être démontré, il va de soi qu'il ne s'agit-là que de supposition


Le 24 septembre 1686, Acte de mariage de Guilhaume DURAND dit LABOISSIÈRE avec Marguerite VALET, célébré à la Paroisse Sainte-Anne du Macouba, Île de Martinique.


''Dans le G.H.C. Numéro 47 de Mars 1993, à la Page 758, Bernadette et Philippe Rossignol écrivent ce qui suit à propos des LAUJOL (famille alliée à la famille DURAND dit LABOISSIÈRE) de Bordeaux et ceux des îles :''

Pierre LAUJOL, originaire de la paroisse Saint-Michel de Bordeaux, semble être celui mentionné par Labat (I p.90) sous le nom de LOZOL, établi au Macouba et associé à son beau-frère LA BOISSIÈRE, (aussi nommé) (Guilhaume DURAND LABOISSIÈRE), "de Linas près de Paris" :"Ils avaient un assez bon nombre de nègres, ils cultivaient du cacao, faisaient du roucou et élevaient des bestiaux et des volailles. Ce LOZOL était de la vicomté de Turenne, scieur de long de son métier et dans un besoin un peu charpentier et, quoiqu'il fut venu engagé aux isles, il commençait déjà à avoir du bien, de manière que, quand je suis parti, il avait déjà plus de cent mille francs ; bon homme du reste, et un vrai original, qui avait un privilège pour estropier la langue française et un talentparticulier pour faire rire tout le monde.


Lin (ou Saint Lin) DURAND LABOISSIÈRE était blond de cheveux, de taille moyenne, anciennement de religion catholique.

Quand le 14 mai 1753 il s'embarque à BORDEAUX pour AFFAIRES en direction de la MARTINIQUE, il était âgé de 18 ans

Le navire sur lequel il embarque à BORDEAUX porte le nom de L'ELISABETH. Le Capitaine est TROPLONG.


Article tiré d'internet : http://www.naviresnouvellefrance.com/vaisseau1700/html/page1759.htmlLe Navire L'ELISABETHAcheté à Bordeaux dans une vente aux enchères pour 20 500L le 12 mars 1749 par Jean-Mathieu VEYRES qui en détenait une moitié avec Jean-Baptiste VEYRES, de la Martinique ; BÉATIE et LITTÉ de la Martinique et FÉGER et frères en détenaient un quart chacun. Envoyé de Bordeaux à Québec en 1759 le navire est alors armé par FÉGER et frères pour le compte de l'État. COBRUN en est alors co-propriétaire. Le capitaine est François BRICHEAU de Sainte-Foy avec un équipage de 26 hommes. Tanguay mentionne que Joseph CARMOY, signalé à Batiscan le 14 septembre 1759, était capitaine de l'Élisabeth, de Bordeaux. Le navire fait naufrage au Sault de la Chaudière le 23 novembre 1759.


Mais j'y trouve aussi cet autre article : http://books.google.fr/books?id=USDkMRjBGnoC&pg=PA193&lpg=PA193&dq=navire+l'Elisabeth+Martinique&source=bl&ots=G1HpaAjofU&sig=AHbkP-SnzKsEJKX4fgBjYb9sPPs&hl=fr&ei=S4pfTcTUB4aq8QPx5YmlDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBsQ6AEwAA#v=onepage&q=navire%20l'Elisabeth%20Martinique&f=false


Ci-après, autre branche de LABOISSIÈRE, également implantée en Martinique, et dont notre famille pourrait également être issue.

  • Jacques François LABOISSIÈRE né vers 1664 en Anjou, Pays de Loire, décédé le 30 octobre 1716 au François, en Martinique, Chirurgien. Il émigre en Martinique, épouse au François, 97210, Martinique le 11 juillet 1702 Marie Angélique DUCHESNE née le 27 mars 1687 au Marin en Martinique. De ce couple qui fait souche en Martinique, nous serions peut-être des descendants.

Les parents de Marie Angélique DUCHESNE :

  • père : Jean DUCHESNE né vers 1634 à Jargeau (45150), Loiret, Centre, France
  • mère : Catherine LAUNAY (DE) née vers 1649 à Dieppe, (76200), Seine-Maritime, Haute-Normandie, France.


Extraits de l'ouvrage Généalogie et Histoire de la Caraïbe numéro 167 : Février 2004Page 4078 La famille CHEVALLIÉ de CapesterreBernadette et Philippe RossignolNota :Un certain nombre d'éléments sur cette famille nousavait été communiqué en septembre 1988 par ClaudeFlorentin que nous remercions.Le nom patronymique s'orthographie le plussouvent, à Capesterre, CHEVALLIÉ (et c'est la formequ'on trouve dans les signatures originales du dossierColonies E336ter que nous étudierons plus loin) maison trouve aussi dans les actes quelques orthographesCHEVALIÉ, CHEVALLIER, CHEVALIER, cequi peut causer des confusions avec d'autres famillesde ce nom, apparemment sans rapport de parenté.Cette famille est très anciennement implantée àCapesterre de Guadeloupe. Le premier acte laconcernant est le baptême, le 1er janvier 1649, deMarguerite (fille de feu Claude Charles dit Le Picardet de Marguerite), dont la marraine est MargueriteChevalier. On peut supposer qu'il s'agit de la femmede Nicolas Chevalier, Marguerite Moreau ou Portejoie(elle est désignée le plus souvent sous le dernierpatronyme, parfois sous le premier, mais c'est bien lamême personne).Le registre de Capesterre est le plus ancien desîles françaises (début en 1639) mais il ne contientd'abord que les baptêmes. Le premier mariage est de1672 et la première inhumation de 1673, ce quiexplique les manques de la généalogie ci-après.Marguerite PORTEJOIE, veuve avec un fils et unefille de Nicolas CHEVALLIÉ, se remaria avec JeanSENACQ dit (ou de) LA CROIX et en eut deux fils etune fille, entre 1655 et 1659.Au recensement de 1664, on trouve à Capesterrela case de la veuve LA CROIX, sous la responsabilitéd'Anthoine Desmarest, 30 ans, avec sept nègres, cequi en fait une habitation très moyenne. La casevoisine est celle du futur époux de MargueriteChevallié, Charles LAGUARIDE (pour LAGUARIGUE)mais Marguerite et ses cinq enfants (des deuxpremières unions) n'est pas présente en Guadeloupecette année-là, peut-être en France. Dans le quartiervoisin de "Sainte-Anne dit Rivière à Gouiave", PierreLELEU, 30 ans, le futur troisième et dernier époux deMarguerite, est seul avec Etienne Baupray, 24 ans,son "matelot" (les petits habitants célibatairess'organisaient à deux en "matelotage"). Marguerite seremaria avec lui entre 1664 et 1667, année de naissancede leur fils Joseph, dont la marraine est sasoeur utérine Marguerite Chevallié âgée de 19 ans.Au recensement de 1671, Pierre Leleu etMarguerite Moreau ont avec eux deux garçons et unefille. Marguerite Chevallié est déjà mariée avecCharles Laguarigue. Nous ne trouvons plus tracedans les registres de Jean Senacq, le fils aîné dusecond mariage, ni de Joseph Leleu, le fils de latroisième union : il peut donc s'agir de RobertChevallié né en 1651, Hyacinthe Senacq né en 1659et Marie Senacq née en 1656.Au terrier du même recensement à Capesterre, ontrouve au nom de Pierre Leleu deux habitations, l'uneau deuxième étage de la rivière des Bananiers, de500 pas de large sur 1000 de haut, toute en bois, etl'autre, la principale, au deuxième étage de Saint-Sauveur, de 100 de large sur 1000 de haut, avecplusieurs cases, cultivée en cannes sur 800 pas et envivres sur 200.La famille, catholique, n'a que trois nègres et troisnégresses; ses armes sont un fusil et un mousquetonet elle possède une vache et deux veaux.Nous ne connaissons pas la date de la mort deMarguerite Moreau/Portejoie, marraine en 1682 deson petit-fils Robert Chevallié; Pierre Leleu estparrain en 1677 d'une Laboissière, petite-fille de safemme (fille de Marie Senacq et Pierre deLaboissière); il meurt en 1696, à 60 ans.L'importance sociale de la famille Chevalliécommence donc à la deuxième génération, avecRobert, lieutenant de cavalerie, devenu capitaine duquartier de Capesterre et nommé en 1698 conseillerau conseil supérieur de Guadeloupe. Commesouvent, l'ascension sociale se fait par les femmes,par ses deux unions, avec une LEROY DUMÉ, filled'un ancien commandant du quartier (voir GHC 30,septembre 1991, p. 384-85, "Nicolas LEROY DUMÉ", par B. et Ph. Rossignol), puis avec la fille deLéonard François de VILLERS au TERTRE, écuyer,sieur d'HÉLISSART.A la génération suivante survint un drame dont lacorrespondance des gouverneurs de Martinique (C/8)et de Guadeloupe (C/7) se fait l'écho et qui donne lieuà plusieurs pièces réunies dans le dossier ColoniesE336ter.Nicolas François, dernier enfant mais seul fils dela première union de Robert Chevallié avec FrançoiseLeroy Dumé et apparemment seul fils des deuxunions à avoir eu postérité, du moins en Guadeloupe,était conseiller au conseil supérieur depuis 1726. En1731, on dit de lui "C'est un parfaitement honnêtehomme et qui serait bien fasché de faire le moindretort à personne." (C/7a/11).Nous n'avons le récit des faits que par les lettresde rémission accordées en avril 1738, deux ansaprès à "Jean Baptiste PINEL dit LA PALUN", fils deGuillaume Pinel, commandant de la Capesterre. "L'undes jours gras" de 1736, "s'estant trouvé à une partiede plaisir avec son père chez le sieur Dupont oùestoit aussy le sr Chevalier conseiller au conseilsupérieur de la Guadeloupe cousin du supliant, il ysurvint un différend" au cours duquel Chevallié saisitl'épée du père de Jean Baptiste Pinel, la cassa endeux et l'injuria. Les Pinel gardèrent leur calme mais


Extraits de l'ouvrage "Sainte-Lucie, fille de la MartiniqueAuteur: Eugène et Raymond Bruneau-Latouche"

- 31.7.1775: Pierre François VAUTIER oBâle(Suisse), de Pierre Françoiset Marie ROCHARD, avec Marie Françoise ROCHARD veuve Antoine ALARD.- 24.1.1776: Martin LARRALDE opar St Martin de Biaritz, de feu Gérard,Capitaine de Navire, et défunte Gracieuse LARRONDE, avec ElisabethMarthe DELAN oCaliacoua(St Vincent), veuve en secondes noces dePierre IMBERT, de défunt Jean et Henriette DANGLEBERNE.- 8.2.1776: Jean Baptiste LABOISSIERE avec Charlotte CASSEE veuve COUZIN(2e au 3e degré). Signé: Gervais Laboissière.- 12.2.1776: Claude Yves De SAUZAY DUBREUIL, de Messire Auguste Valentin,Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de St Louis, et d'AngéliqueDe La TOUCHE, avec Marie Emilie De LA JANVERIE oLamentin(Mart.)de feu Messire Jean Charles DUPREY, Ecuyer, Sieur De LA JANVERIE, etde Marie Elisabeth JOURDAIN.- 14.5.1776: Pierre RENAUD opar St Louis de Calamba«(St Vincent), majeur,de François et Marie ISAAC, avec Jeanne Eulalie BEAUMONT oparSt Joseph de Barouahaly(St Vincent), de Joseph, Capitaine de Corsaireet Dorothée KAIRRE.- 4.6.1776: Simon BOUZIGUES oTarbes, de Jean et Dominique BARRERE, négociantsà Tarbes, avec Louise Rose CABANIS, de Jeanne Françoise DIDOLETveuve en 2e noces de Joseph CABANIS.- 16.8.1776: Pierre PALAIN DAMPIERRE ole Diamant(Mart.), mineur, dePierre et Marie Madeleine Rose ROY, avec Rose MONDON veuve de GillesCHERVEAUX, Arpenteur Royal.- 17.9.1776: Nicolas Rose AUBIN oFort Royal(Mart.), de feu Gabriel etdéfunte Marie Anne VERGNE MONGEAY, avec Marie Madeleine Rose ROY MESALIERoAnces d'Arlet(Mart.), de feu François Victor et défunte MarieLouise De LIGNY.- 11.11.1776: Lambert CLOSTRE opar St Pierre diocèse d'Autun, de Françoiset Glaudine MAYLARD, avec Adélaïde AMBAUT oLamentin(Mart.), deElie, second Voyer de l'Isle, et d'Amélie LACROIX.- 11.2.1777: Jean Baptiste DUCHESNE PLEIN PIED oMarquis(Grenade), defeu Jean et feue Catherine PLAISAN, avec Céleste LE BRETON oFrançois(Mart.), de Rémy et feue Marie Françoise COSTARD.- 22.4.1777: Louis AGUES, majeur, de défunt François, Capitaine du Domaineà St Pierre, et de Luce LECOUVREUR, avec Hélène ROUSSEL, majeure,de Jean et Marie Catherine RATIER LAURET.- 4.5.1784: Jean GODET, Apothicaire, de Jean, Maitre en Chirurgie, etCatherine REGAILLARD, avec Rose Geneviève ST MARTIN, de feue JeanGuillaume, Officier de Milice, et Rose VIETTE.- 23.8.1784: Jean DUPONY oBayonne, de Constant et demoiselle De LABAT,avec Marguerite Rose RIVIERE 30 ans, de Charles et Rose VINCENT.- 8.2.1785: Jean Léonard LAFOND oSt Pierre(Mart.) 34 ans, Négociant àSte Lucie, de feu François, ancien Major de Milice de St Pierre, etde Rose GUIBERT, avec Marie Jeanne LEVEXIER 19 ans, de Jean et MarieJeanne HALOU.



2.3 - Et enfin, je répertorie une autre branche, native de l'Eure en France, mais pour laquelle je ne retrouve pas trace d'émigration

A ce jour, j'ignore donc si cette branche aurait ou non émigré hors du territoire français métropolitain

Le nom du premier de cette branche est :

  • Pierre-Jacques LA BOISSIÈRE (de) né le 23 juillet 1716 à Conches (Eure) du précédent couple. Il est Maître de Danse et Dentiste, épouse le 17 août 1744 à Vitotel (Eure), Marie-Madeleine SIREUDE née en 1722. La descendance de ce couple répertoriée à ce jour (28/08/2010) jusqu'à la 6ème génération, comporte 32 personnes conjoints non compris. Cette descendance n'aurait, à ma connaissance, pas quitté le territoire français métropolitain, du moins dans la période incluse entre les dates ci-dessus indiquées.


 3 - LA MARTINIQUE

martinique.jpg

  • Grand Rivière, Anse Couleuvre et le PrêcheurAu Nord de l'île, Grand-Rivière donne l'impression de se retrouver au bout du monde et permet d'appercevoir au loin l'île de la Dominique.Tandis qu'à partir du Prêcheur, on peut atteindre la très belle plage d'Anse Couleuvre où l'on peut, non seulement se baigner, mais également terminer la journée par un magnifique coucher de soleil
  • La Montagne PeléeLa montagne Pelée (1 397 m) constitue toute la partie nord (120 km2) de l'île de la Martinique, dans l'archipel des Petites Antilles. Ses pentes, entaillées de profondes ravines, sont recouvertes par des champs de canne à sucre avec de rares habitations.C'est un volcan de type andésitique acide de forme conique presque parfaite dont les premières manifestations se seraient produites il y a environ 400 000 ans.Depuis la colonisation de l'île, en 1635, quatre éruptions volcaniques se sont produites (1792, 1851, 1902 à 1905, 1929 à 1932). Toutefois l'étude géologique du volcan montre que la montagne Pelée est active depuis 35 000 ans. Le sommet est formé de petites caldeiras emboîtées, dont la dernière, l'Étang Sec, est comblée par deux dômes volcaniques qui se sont mis en place à la suite des éruptions de 1902 et de 1929.
  • Le Morne RougeLe Morne Rouge permet une vue privilégiée sur la Montagne Pelée, mais également la visite d'un musée vulcanologique permettant de mieux connaître ce volcan et son histoire. La route conduisant au Morne Rouge permet d'admirer non seulement la Montagne Pelée, toute proche, mais également la côte, même lorsque le temps est brumeux.
  • Saint-Pierre fut jadis la ville la plus peuplée de l'île.Le 8 mai 1902 à 8 h 2, une effroyable nuée ardente déferle sur les pentes de la montagne Pelée et détruit en quelques secondes cette ville surnommée la «Reine des Antilles» et qui se trouvait à ses pieds.
  • Le Carbet et la Vallée des PapillonsLa vallée des Papillons est un site permettant de se ressourcer et de faire une cûre de sérénité, et, comme son nom l'indique, d'admirer une multitude de papillons multicolores, mais également d'approfondir ses connaissances sur la vie des papillons et d'admirer des fleurs multicolores. Ce site est basé sur les ruines d'une habitation sucrière qui fut démolie lors de l'éruption de la Montagne Pelée du 8 mai 1902. Cet aspect tragique est renforcer par la diminution de lumière en fin de journée. Le soleil se couche très tôt aux Antilles et les couchers de soleil y sont magnifiques.
  • Fort-de-France : Fort-Royal fut fondée en 1672 sur l'initiative de Colbert. Ce n'est qu'après la destruction de Saint-Pierre par l'éruption de la montagne Pelée (1902) qu'elle devint le chef-lieu de la Martinique.
  • Anses d'ArletAu bord de la mer des Caraïbes, la commune des Anses d'Arlet, authentique village de pêcheurs, est constituée par six anses magnifiques : L'Anse Noire, l'Anse Dufour, Grande Anse, l'Anse du Bourg , l'Anse Chaudière et Petite Anse.
  • La Presqu'Ile de la CaravelleLa Presqu'île de la Caravelle permet d'effectuer une très belle randonnée
  • Les Chutes Didier (Vers Saint-Joseph)Les Chutes Didier se situent du côté de Saint-Joseph. Bien que superbes, elles sont assez peu connues des étrangers au pays.
  • Les Fonds-BlancsLes Fonds Blancs est un merveilleux site, où se succèdent les plages de sable blanc et les îlets.
  • Le Rocher du DiamantLa Baie et le Rocher du Diamant sont de superbes sites
  • Pointe des SalinesLa promenade débute sur la plage des Salines et permet de découvrir des paysages divers et variés, avant d'aboutir sur l'étonnante Savane des Pétrifications. Au détour d'une charmante forêt, on se retrouve sur une plage déserte de sable blond. A l'issue de laquelle se révèle un paysage désertique, des forêts, des falaises abruptes, des plages caillouteuses puis de sable blond.


Histoire des Acadiens : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/Nlle-France-Acadie2.htm


 3.1 - Les femmes des colons à la Martinique au XVI e et XVII e siècle

https://www.erudit.org/en/journals/haf/1955-v9-n2-haf2011/301707ar.pdf

 3.2 - La France négrière - Histoire de la traite & de l’esclavage en France

http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/france-negriere/france-negriere.htm

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Au dessous du Code Noir et du collier de cou pour esclaves marrons, les portraitS de Joséphine de Beauharnais et de Napoléon I BONAPARTE


http://www.ghcaraibe.org/debien/NHC210bis-htm.htm2175195_M_1_.jpg

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 3.3 - Histoire des Antilles et de la Guyane françaises

http://www.ghcaraibe.org/hist/hisant1.html


 3.4 - Bordeaux au temps des esclaves - Déambulation dans Bordeaux

http://archives.monumerique.bordeaux.fr/Orthez/02_bordeaux_au_temps_des_esclaves/index.html

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 3.5 - Une histoire évolutive de l'habitat martiniquais

http://www.insitu.culture.fr/article.xsp?numero=5&id_article=d5-528


 3.6 - Histoire de l'esclavage en Martinique

http://www.esclavage-martinique.com/fr/histoire.php


 3.7 - A propos de l'histoire religieuse de la Martinique

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1924_num_10_48_2323


 3.8 - Les épidémies : de Pierre Baudrier "Fièvre jaune et Martiniquais réfugiés à la Dominique en 1793". Parmi les victimes, au moins une de nos ancêtres, en la personne de Marie Anne Paul Emilie Laboissiere Duverry

Vers le 10 juin 1793 des Martiniquais débarquèrent à Roseau, apportant la fièvre jaune, cf. Recherches sur la contagion de la fièvre jaune, ou rapprochement des faits et des raisonnements les plus propres à éclaircir cette question, par J. D. Bouneau et Eug. Sulpicy, Médecins Docteurs. Paris 1823. Aux pp. 210-211 on lit : « Mr Bally nous apprend que par la prodigieuse affluence des émigrés de l’île de la Martinique qui arrivèrent à la ville de Roseau vers le 10 juin 1793, les rues et les maisons étaient encombrées ; peu de jours après leur arrivée, la fièvre jaune fit explosion, et la première victime, fut un marin anglais qui étoit seulement depuis quinze jours dans l’île, et voyageoit dans les Indes occidentales pour la première fois. ». C’est dire que le registre des décès du Roseau devrait signaler des Martiniquais et d’autres victimes, à commencer par le marin anglais, et des témoins des décès.

NDLR Dans le cahier 62 du CGHIA (mars 1998), une note de lecture de « History of Dominica » du Révérend Père Proesmans cite : « La fièvre jaune se déclare à la Dominique après l’arrivée de 3 à 4 000 émigrés martiniquais aux environs du 10 juin 1793. Les morts furent très nombreux. » Suit la liste de « un mois d’enterrement des aristocrates français dans le vieux cimetière catholique de Roseau en juillet 1793. » Nous ne donnons ci-après que les patronymes mais on pourra se reporter à « History of Dominica » ou au Cahier 62 du CGHIA pour avoir les informations sur chaque personne : Villain Dujardin, Caillot Peltier, Le Vassor Latouche Beauregard, Dubuc Saint Prix, Sousbille épouse Imbert, Petit épouse Marchant, Crosnier de Brillant veuve Deveaux de la Rousselière, Papin L’Espine, Vallant Lahaut, Morin, Ferrier, Gagneron, Le Vassor de Beauregard, de Seyssel de Chavornay, Manceau La Berthodière, Manceau La Berthodière, Hardie, Birot Bienvenue, Monel épouse de Perpigna, Sinson de Préclerc, Vaultier épouse de Soudon de Rivecourt, Jaham de Bellegarde, Le Sage, Durand, Dumas, Duval, Gagneron Jolimont des Mornais, Drouet Durochel, Gaigneron des Vallons épouse Papin L’espine, Dubuc Desmarnières, Gouyé, Durand, Durand Beauval, Villain Dujardin, de Gimat. En outre Isa Cabre a effectué, à notre demande, une recherche dans un registre de Roseau microfilmé par les Archives de la Guadeloupe, qui commence le 14 août 1793, donc deux mois après la date indiquée. On y trouve encore de nombreux décès de Martiniquais, aux patronymes souvent écorchés [orthographe du registre respectée], et les actes, écrits rapidement et mal, donnent peu d’informations :

- 14/08/1793 demoiselle Marie Angélique Bence veuve de Pierre Monel Bardoulet, habitant Sainte Anne (signé Gaigneron-Papin, Dupont, Leyritz, Joseph Litté)- 16/08/1793 Louis Joseph Michel, 7 ans- 17/08/1793 Adrien de Sage (ou de Lage), 54 ans, de Sainte Marie- 20/08/1793 monsieur […] Durant de Court (ou de Fourt), 40 ans, du Gros Morne- 26/08/1793 Delle Marie Camille Angélique Lerits veuve de messire Pierre Christophe comte de Bouillé, maistre de camp du régiment d'infanterie françoise de Viennois, native de la paroisse Saint Jean Baptiste de la Basse Pointe, 37 ans décédée hier- 26/08/1793 Rose Lalment, 7 ans de Saint Jacques du Carbet- 26/08/1793 Marie Anne Paul Emilie Laboissiere Duverry(?), environ 30 ans, native de Saint Esprit- 27/08/1793 Sieur Louis Julien Marguerite Gabriel Defert (ou Desert) fils, 14 ans, de Saint Joseph- 29/08/1793 Catherine Luce Decours épouse de monsieur Victor Duchastel, environ 23 ans, de Rivière Pilote, habitant Saint Esprit, décédée le 28/08 (signé: Gaillard veuve Léger - Papin Dupont)- 30/08/1793 Jeanne Françoise Luppe Pothueau, née paroisse Saint Michel du Cul de sac, habitante paroisse Sainte Rose du Robert, veuve du sieur Jaham de Curcilly, environ 61 ans- 31/08/1793 Jean Joseph Guiraud, environ 38 ans, paroisse Saint Jean Baptiste de Basse Pointe, décédé le 30/08- 03/09/1793 Jean Luc Gaudin de Bomenil, né à Trinité, environ 50 ans (signé Bruno Gaigneron)- 09/09/1793 Jacques Félix Guillaume Auguste Leyritz, de la paroisse Saint Jean Baptiste de Basse Pointe

 3.9 - 8 mai 1902, le volcan de la Montagne Pelée se réveille, les évènements : de bouleversants témoignages ; une succession d'évènements : dont quelques-uns ici évoqués...


Moi-même née en 1940, je n'ai il va de soi concrètement rien vécu de ce drame qui, en exterminant grand nombre de mes ancêtres piérotins, rejaillit sur l'ensemble de notre famille martiniquaise et forcément sur toute sa descendance.

Sans doûte une des raisons pour laquelle, la seule lecture des divers épisodes de ce drame, relaté sous les liens qui suivent, éveille toujours en moi, aujourd'hui, plus bien qu'une vague réminiscence d'un souvenir flou. Sinon, pourquoi, soixante dix ans plus tard, soulève-t-elle en moi une aussi vive émotion ? Comparable à celle, jadis suscitée quand à deux ou trois reprises, alors que j'avais tendu l'oreille, il m'arriva au cours de mon enfance, de saisir certaines conversations pourtant toujours tenues à mots couverts et le plus souvent en créole entre nos ascendants martiniquais, évoquant ce drame ayant, directement ou moins directement, marqué leur propre enfance. Propos qui bien que se voulant hermétiques, mais sans doûte encore si chargés en émotion que rien de leur contenu n'échappait pas à l'enfant que j'étais alors.

Alors, aujourd'hui encore, et en dépit de toutes ces années passées, impossible de taire à moi-même cette part d'imprégnation qui, subsiste en filigrane en moi de cette catastrophe qui non seulement endeuilla notre famille, mais aussi une multitude d'autres autour d'elle.


  • [Jean/DUMAS/1/Jean DUMAS]] époux de la précédente, lui-même retenu à Saint-Pierre pour la garde de son magasin et pour son courrier, sur les dernières heures de la dernière nuit où se manifestèrent les ultimes signes annonciateurs de l'imminence de la survenue de la catastrophe, juste avant que ne survienne le désastre, il écrivait la lettre suivante à son épouse. Laquelle lettre, dans son admirable simplicité, témoigne bien de la "sécurité" funeste qui n'abandonna presque à aucun moment la malheureuse population qui à cause de cela allait périr.

Ma chère Marie, mes bons Petits enfants,''''''Il est 3 heures et demis. Il y a plus de deux heures que je ne dors pas. Je vous écris au milieu d'un feu d'articice que je ne saurais vous dépeindre.'''

Figurez-vous deux orages ensemble : l'un, volcanique, avec ses lueurs blafardes, d'un bleu indécis, affectant des formes fantastiques, à travers des grondements sourds, sans une seconde d'interruption entre eux ; l'autre atmosphérique, avec ses brillants éclairs en zigzags, déchirant le ciel, et des bruits stridents de toile arrachée violemment par des mains inlassables !Cela, je vous assure, fait trépider les maisons, un peu aussi les courages.Voilà le spectacle grandiose et terrible auquel j'assiste depuis ce temps !Vraiment, que c'est beau, saisissant, sublime !Quel dommage qu'une pareille magnificence ne soit pas sans danger !Cette peur de l'inconnu provoque, malgré vous, comme un petit frisson dans le corps et, partant, point de plaisir, point d'agrément, plus de poésie captivante en ces scènes merveilleuses de la nature !Qu'ils sont mesquins, les explosifs et les lumières de nos fêtes, à côté de ceux du volcan !J'ai honte d'être si petit, si ignorant, si "rien", devant ces forces puissantes des éléments déchaînés.Quel magasin d'électricité dans notre montagne ! En la distribuant avec mesure, il y aurait de quoi éclairer Saint-Pierre pendant mille ans.Cet orage sera un bienfait pour la ville. Il pleut. Nous avions besoin de ce volume d'eau pour purifier les rues et les toitures de la cendre qui nous incommodait.Et quel bonheur inappréciable que cette énorme quantité d'électricité se dégageant dehors ; car si elle eut persisté encore un peu à se condenser dans les flancs du mont Pelé, qui pourrait dire de quelles explosions épouvantables nous étions menacés ?Saint-Pierre se comporte bravement en face de son Goliath. On ne bronche pas. Jusqu'à présent, il n'y a aucun danger pour la ville. Ce que nous redoutions, c'étaient les tremblements de terre : or, ils sont écartés par l'éruption.Mais si nous jouissons d'un peu de tranquillité, il n'en est pas de même dans ce pauvre Fonds-Coré : de tout ce riche quartier, je ne donnerais pas un centime, à l'heure qu'il est. La nuit dernière, les deux rivières qui le cernent ont failli le couvrir tout entier. L'Ex-Voto reste indemne, mais, à l'autre extrémité, la tonnellerie mécanique et les maisons voisines ont été submergées. Ceci n'est point l'oeuvre du volcan, mais plutôt le fait du fort débordement occasionné par les grandes pluies qui se sont déversées sur la montagne. Il n'y a plus personne dans les villas de la banlieue ; j'y suis allé hier, toutes les maisons étaient closes, ou, si quelques-unes s'entr'ouvraient encore, c'est que leurs propriétaires se hâtaient d'achever leur déménagement.

L'orage bat son plein au-dessus de ma tête. L'eau tombe à gros bouillons. Depuis deux jours nos bassins étaient vides.

Je m'étais arrêté d'écrire à quatre heures, croyant prendre un petit sommeil, mais il n'y a pas eu moyen. La tempête continue, avec un peu d'accalmie pourtant.Par contre, la montagne redoute ses fureurs. Elle gronde effroyablement !Oh ! ma chère Marie, que je suis content que tu n'aies pas été ici, cette nuit, car tu aurais trop souffert ; et les pauvres petits, mon Dieu ! dans quelle détresse les aurais-je vus !

Enfin le jour vient. L'Angelus sonne. C'est l'Ascension. Cela ramène au coeur je ne sais quelles douces pensées, quelles délices, quelle joie suave !

Je ne vois pas encore la ville, mais seulement le voisinage.

Grâce à la pluie torrentielle, nos toitures ont repris leur vive couleur. Les arbres ont cessé d'être affreux. Le pavé reluit comme auparavant. Cette vue plus gaie nous réconfortera tous.Quant aux effets produits par le volcan dans la montagne, je les apprendra dans la journée....Hier, la plupart des magasins sont restés ouverts. La vie voudrait reprendre, mais les affaires chôment totalement.Pensez donc, plus d'étrangers, plus d'acheteurs, plus aucune transaction !Je m'efforce de garder mon sang-froid. Sans nier le péril, je ne le vois pas encore de si près que ça.

Je vous envoie "Les Antilles" et "Les Colonies". Vous verrez, en les feuilletant, que je ne suis pas seul à dire qu'il n'y a point de danger à rester à Saint-Pierre. Tranquillisez-vous donc à mon sujet et attendons.

Je me réjouissais à l'idée de passer cette belle fête de l'Ascension avec vous, mes chéris. C'est bien le cas de répéter :"L'homme propose et Dieu dispose".

Allons, vous tous que j'aime tant, recevez mes plus tendres baisers.

J. Dumas.

Cet excellent père, ce travailleur honnête, tout à son devoir, finissait d'écrire à 5 heures du matin, déposait sa lettre à 6 heures au bateau et, à 7 heures 50, de lui comme de la ville entière, il n'y avait plus que des cendres.

A cette famille amie, toutes mes condoléances, et au cher disparu, le tribut de mes prières

Ce texte ci-dessus, je l'ai extrait de l'ouvrage intitulé "Pélerinage Funèbre aux ruines de Saint-Pierre - Martinique", édité chez GALLICA par la Société Saint-Augustin - Desclée, de Brouwer et Cie - Lille et Paris - 1903. Se reporter sous les liens http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5496873z/f2.image.r=laboissiere et 001.JPG


Quand survient à Saint-Pierre la phase finale,Jean DUMAS se trouve chez lui au quartier du Fort, dans sa cuisine, se préparant un café, l'esprit embrumé par sa nuit presque blanche ; ses jambes vacillent, sa casserole lui glisse des mains. "Ca y est ! se dit-il instinctivement. Voici la fin que je pressentais !". A cet instant, et dans une dernière lueur, il revoit sa femme et ses enfants.


A propos de cette famille DUMAS, on ne savait encore rien de ce qui bien plus tard surviendrait...

Après avoir, comme on le sait, échappé de justesse à la mort lors de la catastrophe survenu le 8 mai 1902 ayant totalement détruit la Ville de Saint-Pierre en Martinique, où il demeurait en famille avec ses parents, son père Jean DUMAS négociant, sa mère Marie LABOISSIÈRE-BEAUVOISIS-DUVERRY, et ses soeur et frères : Jeanne Marie Andrée Léonie DUMAS, Charles André DUMAS, et Charles Régis Marie Léon DUMAS, lui Albert Marie Eugène Charles DUMAS rentre en métropole, y fait ses études, devient Médecin à l'issue de celles-ci, est incorporé au front en 1913, au 30ème Régiment d'Artillerie, sous le matricule 9824. Pour fînalement être tué à Ville-aux-Bois-lès-Pontavert (La), Aisne, 02160, Picardie le 24 juillet 1917. Il avait 24 ans. Triste destin pour ce jeune homme.


Que deviendront les autres membres de cette famille ? Nous apprenons que ses deux frères se marient, avant d'être perdus de vue.

  • de Jeanne Marie Andrée Léonie DUMAS que nous avions quittée Elève au Lycée Fénelon, nous apprenons peu de temps après la catastrophe qu'elle avait établie une demande en vue d'obtenir une place de répétitrice dans un lycée parisien. Puis ensuite nous la perdons également de vue.
  • Au point où j'en suis de mes recherches (ce Jeudi 6 septembre 2012), je ne sais toujours pas ce qu'il advint de Marie LABOISSIÈRE-BEAUVOISIS-DUVERRY, Veuve de Jean DUMAS ; mais qui sait ? peut-être un jour obtiendrai-je sur elle du nouveau...

Parmi les très nombreux témoignages relevés au cours de mes lectures, il en est un, qui m'a tellement émue qu'il m'a semblé indispensable de le diffuser auprès du plus grand nombre.

J'ai donc pris la liberté de m'adresser sous la rédaction suivante, non seulement à toutes les personnes dans la généalogie desquelles est mentionné le nom de la dame, mais en plus de cela je me suis également comme suit, directement adressée à Généanet, pour lui demander de bien vouloir diffuser ledit témoignage auprès de tous ses adhérents.

Saviez-vous qu'immédiatement après la catastrophe survenue à Saint-Pierre en Martinique le 8 mai 1902 au matin, Madame Laurence LAGARRIGUE (de) MEILHAC (de) née Laurence CORNETTE de SAINT-CYR, fille de Enguerrand CORNETTE de SAINT-CYR et de Elmire ASSIER de POMPIGNAN, a fait preuve d'une remarquable générosité ?

A tel point remarquable que la mémoire de cette dame mérite, je le pense sincèrement, que son oeuvre ayant fait suite à cette terrible catastrophe, soit signalée, rappelée, voire plusieurs fois soulignée ?

Ci-après les termes exacts du passage relevé à son propos, à la page 464 de l'ouvrage de Charles L. LAMBOLEZ, intitulé très exactement « Saint-Pierre-Martinique, 1635-1902 : Annales des Antilles françaises – Journal et album de la Martinique – Naissance, vie et mort de la cité créole ; livre d'Or de la Charité » :

« ...Elle n'a pas distingué, cette noble jeune femme, cette mère magnanime qui, au Lorrain, a partagé tout ce qu'elle possédait aux bandes de sinistrés venues sur son habitation hospitalière. Quand elle eut épuisé les viandes fraîches et les salaisons, la morue, le manioc, le riz, les légumes, les fruits, le vin, le rhum, les vêtements, le linge et l'argent de sa maison, n'ayant plus que son sein à donner, elle le livra à un pauvre petit être mourant, que sa mère ne pouvait plus nourrir, par suite de l'effroi qui avait figé son lait dans ses mamelles, sous les coups répétés du volcan. Puis, ne pouvant plus exercer de libéralitésenvers personne, n'ayant plus de vivres pour elle-même, devenue pauvre comme ceux qu'elle avait secourus jusqu'à la fin, elles les suivit dans leur exode à Fort-de-France.

Bien à vous, et peut-être au plaisir de lire les commentaires de quelques lecteurs,

Cécile LABOSSIÈRE


..........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................On comprend à la lumière du travail accompli par Monsieur de Léo Ursulet, entre autres ouvrages celui intitulé "Le bonheur l'attendait ailleurs", que ni Jean DUMAS, ni personne d'autre ne pouvait encore savoir ce qu'il adviendrait de la suite... à savoir un déchaînement des évènements dont toute notre Martinique eut longtemps encore à terriblement pâtir... Raison pour laquelle, ce n'est seulement que soixante dix ans plus tard, en cette fin août 2012, date à laquelle je viens d'achever la lecture de l'ouvrage de l'Historien et écrivain déjà nommé que j'obtiens réponse à certaine de mes questions. Entre autres celle concernant cette anecdote relatée jadis par mon père René LABOSSIÈRE ; - rarement ce dernier, comme d'ailleurs tout autant, en règle générale, tous les membres de sa fratrie, ne se livraient qu'extrêmement rarement. Tous étaient tellement secrets. Quel dommage d'ailleurs ! Car à l'heure où nous en sommes, certes j'en sais un peu plus, mais malheureusement, plus personne ne subsiste qui puisse m'en parler - où leur mère Marie Cécile Isidora LABOSSIÈRE, après avoir, rapidement enroulés ses jeunes enfants dans des matelas, les avait lancés, les uns à la suite des autres, par la fenêtre de son deuxième étage ; espérant ainsi qu'ils seraient épargnés en cas d'effondrement de leur maison lors d'une possible violente réplique du volcan, lesquelles se répétant sans cesse, durant de longues journées et nuits, après ce 8 mai 1902.Oui, le jour où j'entendis mon père évoquer cet épisode-là, lors d'un échange avec l'un de ses frères, je ne savais encore rien des conséquences qu'avait eu ce désastre, non seulement bien sûr sur Saint-Pierre, mais aussi sur toute la Martinique, et donc aussi sur Fort-de-France, où vivaient mon père avec sa famille...

Maintenant je sais que cette épisode-là se déroula très précisément le 19 ou le 20 mai 1902...


La catastrophe de la Martinique : notes d'un reporter

http://issuu.com/scduag/docs/catastroph


http://www.dormoy.com/gen2/Histoire%2016.htm


http://www2.cg972.fr/ArchivesMartinique/histo/histo.htm


Ô bénédiction ! j'apprends ce 30 mai 2012 qu'il y aurait eu quelques survivants de cette catastrophe, s'étant ce jour-là absentés de Saint-Pierre ! ...sauvés par le navire "Le Salvador" pour être emmenés vers Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), d'autres par le paquebot "Versailles" vers Trinidad, d'autres encore par le "Ville-de-Tanger" vers l'Île de Sainte-Lucie, ou Cayenne, et dont une liste de rescapés aurait été publiée le 27 mai 1902, dans le n° 687 du Journal l'Opinion, paraissant pour la huitième année à Fort-de-France les mardi, jeudi et samedi...

Un moment plus tard, j'accède au-dit ou, plus précisément aux dits articles car j'en découvre au moins deux, dudit Journal et prends connaissance d'au moins deux listes ou, peut-être d'une partie seulement de ces listes qui, est-il mentionné dans l'Opinion, serait plus longue... Parmi les rescapés, je découvre en effet quelques noms de quelques-uns des miens !...

en dépit du temps passé, l'émotion me serre la gorge... J'imagine ce que fut celle de ceux qui vécurent l'évènement...

http://etabs.ac-martinique.fr/hnero/pelee/catastrophe.htm


Le goût du Pouvoir, toujours lui !... Hélas non, les hommes politiques de notre époque n'ont pas mis la mode...http://etabs.ac-martinique.fr/hnero/pelee/mythes.htm


Les navires-câbliers, témoins du drame de Saint-Pierre de la Martinique : http://www.cablesm.fr/joomlacablesm/index.php?option=com_content&view=article&id=55:les-navires-cabliers-temoins-du-drame-de-saint-pierre-de-la-martinique&catid=3:articles&Itemid=21


www.reve-lemanique.ch/Prix/Martinique/temoin5.html


Témoignages de survivants - La Montagne Pelée | Mount Pelée ...Il existe des histoires remarquables concernant les survivants de la catastrophe du 8 ... Le témoignage de Messieurs LASSÈRE et SIMONET, quittant Saint-Pierre vers le ...


  • Témoignage de M. Ellery SCOTT, officier du Roraïma, navire au mouillage devant Saint-Pierre au moment de l'éruption :


Du 5 au 10 mai 1902, la catastrophe de la Martinique

http://issuu.com/scduag/docs/1635-1902s2?mode=embed&layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fdark%2Flayout.xml&showFlipBtn=true&autoFlip=true&autoFlipTime=6000


 3.10 - Note sur la population de la Martinique (Eléments ethniques et Catégories sociales)

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1912_num_3_3_8517


 3.11 - Histoire des cyclônes

Extrait de © 2009 Météo-France


Dans le passé, grâce aux archives locales ou chroniques laissées par plusieurs auteurs depuis 1635, début de traces écrites de la colonisation, on trouve certaines dates des phénomènes ayant causé des dégâts sur notre île. Mais il est parfois difficile d'estimer l'intensité réelle du cyclone. Aussi nous baserons-nous sur les travaux de Tannehill et Romer, enrichis par ceux des services météorologiques des Antilles. On peut aussi signaler que c'est à partir de 1886 que l'on a commencé à distinguer les tempêtes des ouragans, mais les témoignages ont pu fournir des indications sur l'intensité avant cette date.

L'histoire rapporte en tout premier lieu le 11 octobre 1780 (certains auteurs parlent du 12 mais il semble être passé en fin de journée du 10 sur Barbade, nous retiendrons donc plutôt le 11), date du passage du plus violent cyclone ayant touché les Petites Antilles au XVIIIème siècle ; il aurait été responsable d'environ 22 000 morts, essentiellement sur Barbade, Sainte-Lucie et donc aussi la Martinique où il y eut près de 9 000 victimes ! Certains pensent qu'il devait être de catégorie 5, le seul ayant jamais traversé les Petites Antilles avec une telle intensité.

En dehors de cette date funeste, on retrouve dans les écrits, un certain nombre de traces d'autres cyclones.

  • Au XVIIème siècle :

- 1635 (violent), 1642, 1651 (destructeur), le 1er octobre 1653 ;- le 15 août 1666 particulièrement violent avec probablement plusieurs centaines de victimes ;- en septembre 1672, puis ceux de 1674, de 1675, - 1635 (violent), 1642, 1651 (destructeur), le 1er octobre 1653 ;- celui du 3 août 1680 qui aurait coulé plus de 20 navires français et anglais avec leurs occupants, et enfin en 'octobre 1694.

  • Au XVIIIème siècle :

- le 4 septembre 1713 (avec au moins 100 victimes), ceux de 1725 et 1740, celui du 1er octobre 1753 ;-- les 12 septembre 1756 et 23 août 1758, encore en juillet puis septembre 1765 (deux la même année ayant aussi touché la Guadeloupe ;- celui du 13 août 1766 avec ses 440 morts restent aussi dans les annales ;- certains ont noté celui d'août 1767, qui aurait été meurtrier, puis après les années actives 1775 et 1776 (3 cyclones en 2 ans), on retiendra celui du 29 août 1779 ;- et donc le " fameux " du 11 octobre 1780 dont on a parlé plus haut, le plus meurtrier de l'histoire des 4 derniers siècles ;- encore celui du 14 août 1788 (nombreuses victimes).

  • Au XIXème siècle :

- les cyclones de 1804, 1806, octobre 1809 (faible intensité),- de juillet 1813 (ou août selon les auteurs) qui auraient fait plus de 200 victimes ;- en septembre 1816, octobre 1817, 25 juillet 1825 (3 tempêtes d'intensité modérée) ;- puis celui plus destructeur du 20 septembre 1834 (certains historiens le placent le 20 octobre) ;- ceux de fin juillet ou début août 1837 avec quelques victimes, de 1846, du 25 août 1855, du 9 septembre 1872, du 8 septembre 1875 ;- ensuite le cyclone le plus important du siècle qui semble être celui du 18 août 1891, et qui ravagea de nouveau Saint-Pierre et Fort-de-France, et dont on dit qu'il aurait fait 700 morts en Martinique ;- le siècle se terminera par une période assez agitée avec des cyclones, la plupart tempêtes de faible intensité, répertoriés les 4 septembre 1883, 15 septembre 1886, et le 1er novembre 1888 à la trajectoire assez unique orientée sud - nord et qui a intéressé aussi bien la Guadeloupe que la Martinique;- encore d'autres les 1er octobre 1889, 20 septembre 1894, 30 août 1896 ;- plus intense, celui du 10 septembre 1898 qui intéressa la Martinique au stade d'ouragan ;- enfin le 29 août 1899 (80 ans plus tôt jour pour jour que DAVID), un cyclone qui passa dans le canal de la Dominique au nord immédiat de l'île alors qu'il atteignait juste l'intensité d'ouragan.

On n'a pas retenu, en revanche, le cyclone de 1897 qui passa assez loin au sud le 12 septembre, même si ces effets furent ressentis sur l'île …

  • Au XXème siècle on peut noter :

- la tempête du 5 juillet 1901, le cyclone du 8 août 1903 (31 victimes recensées), la tempête du 6 juillet 1905 (passée sur Ste-Lucie en fait) , celle du 11 octobre 1906, puis les cyclones des 13 et 28 août 1916 ;- ensuite, il y aura une période de 35 ans sans cyclone majeur entre 1916 et le passage de DOG en septembre 1951, hormis de nombreuses tempêtes tropicales aux dates suivantes :- 9 septembre 1918 - 17 août 1924 - 22 juillet 1926 - 10 août 1931 - 16 août 1931 - 23 septembre 1941 - 16 septembre 1942 - 2 août 1945 - 1er septembre 1948.

  • Depuis 1950, et les baptêmes des cyclones, voici la liste :

15 août 1951 : tempête tropicale CHARLIE2 septembre 1951 : ouragan DOG30 août 1958 : tempête tropicale ELLA25 septembre 1963 : ouragan de classe 3 à 4 EDITH (au moins 10 morts)29 septembre 1967 :tempête tropicale BEULAH (pluies intenses)20 août 1970 : tempête tropicale DOROTHY (pluies intenses avec records sur l'île, responsables de 44 morts)29 août 1979 : ouragan de classe 4 DAVID (oeil passé juste au large de la Caravelle et dans le canal de la Dominique)4 août 1980 : ouragan ALLEN (bien que son oeil soit passé au sud de Sainte-Lucie, resté mémorable en Martinique)9 septembre 1988 : tempête tropicale GILBERT (avant de devenir l'ouragan du siècle sur la Jamaïque)14 août 1993 :tempête tropicale CINDY (très fortes pluies, intensité de 147 mm en 1 heure au Prêcheur)10 septembre 1994 :tempête tropicale DEBBY (fortes pluies)26 août 1995 :tempête tropicale IRIS (nombreux records de pluie : 325 mm de pluies en 24 h à l'aéroport du Lamentin, 411 mm à Ducos pendant la même période et 449 mm en 2 jours)14 septembre 1995 : ouragan de classe 1 MARILYN ( sans effet notable sur l'île)27 août 2007 : ouragan de classe 2 DEAN (oeil passé dans le canal de Ste-Lucie et côtes sud de la Martinique : dégâts considérables)

On peut noter que ne figurent pas sur cette liste un certain nombre de phénomènes qui ne sont passés sur l'île ou à proximité immédiate qu'au stade de dépression tropicale, c'est-à-dire sans vent supérieur à 63 km/h en valeur soutenue. Quant à LENNY de novembre 1999, s'il a laissé des marques, notamment par sa houle d'Ouest destructrice, son passage éloigné ne lui permet pas d'être comptabilisé comme un cyclone ayant touché directement l'île. De même que OMAR en octobre 2008, avec une houle un peu moins destructrice mais aux caractéristiques proches (houle d'Ouest déferlante sur la Côte Caraïbe)

Si on considère le dénombrement purement arithmétique, en 60 ans de statistiques cycloniques depuis 1950, on recense 8 Tempêtes Tropicales et 6 Ouragans, ce qui représente en moyenne :

- 1 phénomène cyclonique (tempête ou ouragan) tous les 4,3 ans ;- 1 ouragan tous les 10 ans.

Ainsi, il semble bien que le risque de voir un phénomène cyclonique, sous forme de tempête ou ouragan, est très comparable sur l'ensemble de nos îles françaises des Antilles : environ 1 tous les 4 ans. La différence se situe surtout au niveau de l'intensité : plus on monte vers le nord, plus ces cyclones ont des chances d'être des ouragans. Le risque de passage d'ouragan grimpe en effet de 1 tous les 10 ans en Martinique à 1 tous les 6 ans à peine à Saint-Barthélemy en passant par 1 tous les 7 ou 8 ans en Guadeloupe ! Mais ce ne sont que des valeurs issues de statistiques sur de faibles échantillons. Restons donc prudent sur ces résultats chiffrés ...


 3.12 - Histoire des épidémies : La fièvre jaune, malédiction des Tropiques...

De la peste noire au Sida, en passant par le choléra et la grippe, les grandes épidémies ont accompagné les grandes étapes de l'histoire de l'humanité. Chaque samedi, durant l’été, retrouvez l’histoire des maladies qui, au fil des siècles, ont ébranlé le monde.

La fièvre jaune, connue aussi sous les dénominations de vomito negro (vomi noir) ou peste américaine est une hépatonéphrite aiguë due au virus amaril transmis par des moustiques (Aedes ægypti et Haemagogus). À son début, marquée par une forte fièvre, des frissons , des douleurs musculaires et des maux de tête, la maladie peut être confondue avec la dengue ou le paludisme. Mais il n'y a plus de doute qu'il s'agit bien de la fièvre jaune quand apparaissent un ictère, des troubles rénaux (albuminurie), et un vomissement de sang noirâtre...

Première épidémie au Yucatan en 1648

Maladie la plus redoutée des Amériques, la fièvre jaune qui sévit dans les régions intertropicales d'Amérique et d'Afrique n'est curieusement jamais parvenue jusqu'en Asie. La fièvre jaune qui sévissait par épidémies, frappant plus particulièrement les Européens et les Nord-Américains s'aventurant dans les pays tropicaux, fut un frein certain à la colonisation. La première épidémie avérée eut lieu dans le Yucatan, au Mexique, en 1648, même si on lui donna le nom générique de " peste ". De nombreuses autres épisodes de fièvre jaune furent encore décrits, notamment en 1793 à Philadelphie où l'on recensa 5000 morts, soit 10 % de la population, ou en 1821, à Barcelone où un bateau arrivant de Cuba porteur du virus mortel fit 20 000 morts dans la capitale catalane.

Les Français durent souvent faire face à la fièvre jaune qu'ils appelèrent typhus amaril quand ils y furent confrontés en Guyane en 1763. Les quelques rescapés de l'épidémie se réfigièrent sur les îles du Diable, devenues pour l'occasion les îles du Salut. La fièvre jaune provoqua également un désastre dans le corps expéditionnaire français envoyé en 1802 à Saint-Domingue pour mater le soulèvement des autochtones conduits par Toussaint Louverture.

Les troupes menées par le général Leclerc, beau-frère de Bonaparte n'étaient certainement pas prêtes pour ce genre de campagne tropicale. Mal préparées. Incapables de contrecarrer l'héroïque résistance des Noirs révoltés, elles furent bientôt décimées par une épidémie implacable qui allait anéantir 80% des soldats métropolitains. Chaque jour, plus de cent membres du corps expéditionnaire passent de vie à trépas dans d'horribles souffrances, le Service de santé étant totalement démuni et même incapable d'expliquer les causes de la maladie. Les troupes françaises vont bientôt se réduire à 3 000 hommes, le général Leclerc étant lui-même emporté par la fièvre jaune en novembre 1802. Son successeur, Rochambeau, n'a d'autre issue que de capituler en novembre 1803 et l'indépendance de Saint-Domingue est proclamée le 1er janvier 1804, l'île prenant le nom d'Haïti. C'est aussi à cause de la présence récurrente de la fièvre jaune (et du paludisme) que Napoléon abandonna à vil prix la Louisiane au président américain Jefferson. Notons, d'ailleurs, qu'en 1850, la moitié des décès enregistrés à la Nouvelle-Orléans avaient pour responsable la fièvre jaune...

Pierre Lefort, de l’hypothèse de la contagion à la théorie de la non-contagionPierre Lefort

Entretemps, au début du XIXe siècle, quelques médecins français, comme Antoine Dalmas à Saint-Domingue, s'étaient intéressés à la fièvre jaune, tentant d'en établir la non-contagiosité, mais sans établir de lien de cause à effet avec les moustiques. Mais ce fut surtout Pierre Lefort, un médecin originaire de Mers-les-Bains, qui chercha à comprendre le mécanisme de la maladie. Chirurgien de marine de troisième classe en 1793 et embarqué à bord de " L'Indomptable", vaisseau commandé par le contre-amiral Villaret-Joyeuse, fut fait prisonnier par les Anglais le 13 Prairial (1er juin 1794) par les Anglais. Retenu en captivité durant trois ans, il put soigner ses compatrotes dans les hôpitaux et apprendre la langue anglaise, les médecins prisonniers bénéficiant d'un traitement de faveur.

Elargi en 1797, Lefort fit un bref retour en France avant de repartir outre-Manche comme inspecteur des prisonniers français en Angleterre. De 1799 à 1805, on retrouve Lefort officiant dans les grands ports français puis sur les vaisseaux amiraux de la flotte au large des côtes françaises et espagnoles. Le 21 décembre 1805, au lendemain de Trafalgar, il est à nouveau fait prisonnier alors qu'il était à bord du " Formidable".

Libéré sur parole et renvoyé en France quelques mois plus tard, Lefort reprend ses études médicales et présente en 1806 une thèse sur la fièvre jaune, batissant alors tout son travail sur l'hypothèse d'une cause contagieuse. Après six années passées en Italie, entre 1808 et 1814, comme médecin en chef du premier arrondisssement maritime de l'empire napoléonien, Lefort fut envoyé en Martinique en tant que médecin-chef et voulut dès son arrivée se pencher à nouveau sur le problème de la fièvre jaune. Mais le vent a tourné, et le gouverneur de l'île, Pierre de Vaugirard, ne lui laisse pas le loisir d'entamer ses recherches. Le suspectant d'être resté fidèle à Napoléon, il le force à s'exiler à New York où il ouvre un cabinet très coté. Revenu en cour, il rentre en France et nommé médecin du roi repart à la Martinique où la fièvre jaune sévit alors intensément, notamment à bord des bateaux mouillant à Fort-Royal. Chargé au sein d'un comité de surveillance de décider si tel ou tel bateau peut être déclaré sain où s'il doit être passé auparavant à la chaux avant de pouvoir repartir en Europe, Lefort va pouvoir étoffer ses connaissances sur la fièvre amarile. Il remarque ainsi que les marins du Vieux continent tout juste débarqués contractent très vite la fièvre au contraire des populations locales plus résistantes en raison de ce qu'il appelle les "influences australes ".

Cinq jours couché dans le lit d’un homme décédé de la fièvre jaune avec sa chemise souillée...Fort-Royal, à la Martinique

Mais c'est surtout l'épisode qui se déroula le 28 juin 1822 à l'hôpital du Fort-Royal qui allait rendre Pierre Lefort célèbre. Avec son accord, il invita en effet Jean Guyon, un chirurgien-major du 1er Bataillon de la Martinique à s'allonger dans le lit d'un homme décédé de la fièvre jaune quelques heures auparavant. Guyon va passer cinq jours ainsi, comme le rapporte Lefort : " Ce courageux médecin a pris le dans la grande salle de l'Hôpital du Fort-Royal, en présence des médecins, chirurgiens, pharmaciens et autres employés de l'hôpital, la chemise d'un homme atteint de la fièvre jaune, toute imbibée de la sueur du malade, s'en est revêtu sur le champ, et a été ensuite inoculé aux deux bras par M. Cuppé, chirurgien entretenu de première classe de la Marine, avec la matière jaunâtre des vésicatoires en suppuration ; l'appareil et la chemise ont été gardés pendant 24 heures et levés en présence des témoins ".

Le 30 juin, Guyon, héroïque, a droit à un petit " remontant " : " Le 30 juin au matin, M. Guyon but un petit verre d'environ deux onces de la matière noire vomie par le sieur Framerie d'Ambucq, commis de la marine, matière qu'il trouva d'une excessive amertume, et après s'être frictionné les deux bras avec cette même matière, il en a été inoculé par M. Cuppé. Le sieur Framerie étant mort le 1er juillet, M. Guyon a revêtu sa chemise toute imprégnée de matière noire encore chaude, et s'est aussitôt couché dans le lit du défunt. Il y est resté six heures et demie, y a sué et dormi en présence des témoins de cette expérience ".

Le 2 juillet, le corps du malade ayant servi à la première expérience est ouvert par Guyon lui-même : " L'estomac contenait une assez grande quantité de matière noire sanguinolente (vomito negro), et sa membrane interne était rouge et enflammée. M. Guyon a de nouveau été inoculé aux deux bras avec cette matière, et les piqûres recouvertes par la surface altérée de morceaux pris dans les parois de l'estomac. L'appareil a été levé vingt-quatre heures après l'application. Les parties inoculées étaient enflammées, douloureuses, et les glandes axillaires un peu tuméfiées ; ces accidents se sont dissipés au bout de trois jours, et la santé de M. Guyon n'en a pas été autrement affectée ".

Lefort passe ainsi de l'hypothèse de contagion qu'il avait développé dans sa thèse de 1806 à la théorie de la non-contagion, conforté dans cette idée par le fait que, entre 1818 et 1822, sur "1 982 malades de la Fièvre jaune et 300 ouvertures de corps, pas une seule communication aux servants et personnels de santé n'a été observée ". Il enfonce même le clou à son retour en France en écrivant dans ses Mémoires à l'attention de tous ses contradicteurs : « Il nous appartient à nous tous qui vivons au milieu de la fièvre jaune, et qui en faisons notre étude spéciale, d'essayer par tous les moyens en notre pouvoir, d'éclairer le Gouvernement, induit en erreur dans une cause qui intéresse à la fois sa gloire et sa prospérité. À l'abri de toute influence, hormis celle du devoir, nous avons dit les vérités telles que nous les savons, appliqué autant que possible le mot propre à chaque chose, et discuté avec toute la liberté que réclame le sujet, les points principaux sur lesquels les partisans de la contagion appuient leur système ».

Le travail réalisé par Pierre Lefort fut enregistré à Paris le 2 mai 1820, puis fut publié dans le Medical Repository Journal à New York avant d'être imprimé par ordre de la Société de Médecine dans le Journal général de Médecine, cahier de novembre 1820.

Beauperthuy, l’oublié de l’histoire...C'est en 1854 qu'il va revenir au Dr Louis-Daniel Beauperthuy de découvrir l'agent vecteur de la fièvre jaune. Ce médecin, né à la Guadeloupe en 1807 et nommé "naturaliste voyageur " par le Museum d'histoire naturelle avec pour mission d'explorer le bassin de l'Orénoque, écrit ainsi dans la « Gaceta Oficial » de Cumanâ en 1854, texte qui sera envoyé à l'Académie des Sciences de Paris en 1856 : " Les fièvres intermittentes, rémittentes et pernicieuses, ainsi que la fièvre jaune reconnaissent pour cause un virus animal ou végéto-animal dont l'introductin dans le corps humain se fait par voie d'inoculation (...) On ne peut considérer la fièvre jaune comme une infection contagieuse. les causes de cette maladie se développent dans des conditions climatériques leur permettant de s'étendre à la fois ou successivement sur plusieurs localités. Ces conditions sont celles qui favorisent le développement des insectes tipulaires. Ceci est dû au fait que les tipules introduisent dans la peau leur suçoir. Ils instillent dans la plaie une liqueur venimeuse... Les agents de cette infection présentent un grand nombre de variétés qui ne sont pas toutes nuisibles au même degré. La variété "zancudo bobo" à pattes rayées de blanc (connue aujourd'hui comme Stegomya fasciata) est, en quelque sorte, l'espèce domestique..."

... Les honneurs à Finlay et ReedCarlos Finlay

Dans sa communication envoyée à l'Académie des Sciences, Beauperthuy va jusqu'à insister : "C'est également un insecte tipulaire qui produit les accidents de la fièvre jaune ". Sans équivoque, Beauperthuy accusait le moustique d'être vecteur de la maladie. Mais, pour l'histoire et la postérité, c'est à un médecin cubain, Carlos Finlay que va être attribué le mérite d'avoir identifié le moustique comme responsable de la transmission du virus de la fièvre jaune. Dans un article envoyé à l'Académie des Sciences de la Havane en 1865, Finlay a, en effet, exposé une théorie démontrant le lien entre les conditions météorologiques et la fièvre jaune et préconisé un contrôle des populations de moustiques comme méthode de lutte contre la maladie. Il va plus loin en 1881 en affirmant qu’un moustique est nécessaire pour la transmission de la fièvre jaune. Un moustique piquant une personne infectée peut ensuite infecter une personne saine.

Ses conclusions seront entérinées en 1900 par le Dr Walter Reed qui dirigeait alors une commission médicale américaine alors que les travaux du canal de Panama ont du être arrêtés en raison de l'épidémie de fièvre jaune qui fait des ravages chez les ouvriers. Reed, après avoir lancé un programme de démoustication dans tout Cuba et à Panama, "oublia " de citer Finlay dans le rapport qu'il fit au gouvernement des Etats-Unis où il confirmait le rôle du moustique Aedes aegypti dans la transmission et s'attribua donc lui aussi la paternité de la découverte du vecteur de la fièvre jaune. Il faudra attendre 1954 pour que le Congrès international de l'histoire de la médecine reconnaisse les mérites de Finlay.

Walter Reed

Quand au pauvre Beauperthuy, il faudra aussi attendre 1954 et le centenaire de sa découverte pour que le ministre de la Santé venezuelien lui rende la place qui lui était due : " La gloire de Beauperthuy est une lettre de crédit à long terme comme celle de nombreux hommes de science auxquels on a refusé de leur vivant, et même plusieurs années après leur mort, de reconnaître la validité de leur œuvre ". Justice était rendue au premier protagoniste de la théorie du moustique qui avait prouvé " qu'en " isolant les malades avec des moustiquaires, l'agent transmetteur ne pouvait inoculer la maladie " et martelé haut et fort avant tout autre que " là où il n'y a pas de moustiques, la fièvre jaune ne se propage pas

Le virus isolé en 1927

Le virus de la fièvre jaune sera finalement isolé par Adrian Stokes en 1927 à partir d’un patient ghanéen nommé Asibi. Quelques années plus tard, un médecin américain d'origine sud-africaine, Max Theiler, réussira à atténuer cette souche de virus tout en préservant ses caractéristiques antigéniques, ouvrant ainsi la voie à l'élaboration du vaccin YF-17D qui a valu à Max Theiler le prix Nobel de Médecine en 1951.

Max Theiler

Depuis, cette souche vaccinale YF-17 D a été administrée à plus de 600 millions de personnes dans le monde sans effets secondaires notables. En 1934, Jean Laigret à l'Institut Pasteur avait lui aussi développé une souche attenuée aboutissant sur un autre vaccin qui sera très utilisé en Afrique jusqu'en 1982, date à laquelle il est abandonné en raison de ses effets secondaires, principalement des encephalites chez les enfants. Le virus a été séquencé en 1985.200 000 personnes frappées chaque année

Aujourd’hui, l'Organisation Mondiale de la Santé estime que, chaque année, 200 000 personnes sont frappées par la fièvre jaune, 30 000 d'entre elles mourant des suites de la maladie. L'Afrique est le continent le plus touché avec 95 % des cas enregistrés dans le monde. La fièvre jaune est aussi une maladie d'importation, les derniers cas mortels recensés ayant été retrouvés en Allemagne, aux Etats-Unis et en Belgique chez des personnes revenant respectivement de Côte d'Ivoire, du Venezuela et de Gambie.

 3.13 - Nos Ancêtres martiniquais


Oeuvre de références pour la recherche éventuelle d'ancêtres antillais, relevées dans la chronique familiale de Mme Josiane CORVISIER.

Bibliographie de références :

  • de Eugene BRUNEAU LATOUCHE et PETITJEAN ROGET personnes et familles à la martinique au XVIIème siècle les recensements et terriers nominatifs - deux tomes édition Désormeaux - - journal d'un vieil habitant de Sainte-Marie (1745-1765) présenté et annoté par Philippe COTTRELL - la Martinique du XVIIIème siècle au jour le jour - -la revue "génealogie et histoire de la Caraibe"(GHC ) - CD ROM - société d'histoire de la martinique - 1955-2005
  • de Eugene BRUNEAU LATOUCHE - Chantal et Philippe CORDIEZ - cinq siècles ou presque d'histoire familiale d'Eugène BRUNEAU LATOUCHE - " 209 anciennes familles subsistantes de la Martinique " deux tomes - Sainte-Lucie fille de la Martinique d'Eugène BRUNEAU LATOUCHE - une revue incontournable : GENEALOGIE ET HISTOIRE DE LA CARAIBE - GHC - et son site dans ce site : la banque regroupant les victimes de la catastrophe de la montagne pelée : Martinique 1902-2002-


 3.14 - Traditions martiniquaises, Superstitions, Soins apportés aux bobos dans les familles



 3.15 - Nos Ancêtres et l'esclavage


En tant qu'individu de sang mêlé, il m'arrive parfois de m'interroger sur ce que furent encore peut-être du Québec, je ne le sais pas encore - mais plus particulièrement à ceux importés d'Afrique à l'époque du commerce des esclaves, ou encore d'Inde.

Quoi en effet de plus douloureux pour un être, quoi de plus cruel, que d’être coupé de ses racines, de son continent, exilé de sa terre natale, à tout jamais séparé de ceux qui l’aiment et qu’il aime, amputé de ses origines, forcé de renoncer définitivement à sa culture, sa langue, son identité ?

Mais d'où venaient-ils donc mes plus lointains ancêtres antillais descendants d’esclaves ? D'Afrique bien sûr, peut-être, pour la plupart. Sans doute mais plus précisément, de quelles contrées de ce continent ? issus de quelles traditions, religions, culture ? Sur quelles bases leurs coutumes ancestrales avaient-elles été établies ? Vieilles de combien de siècles ? Et avant de fouler pour la première fois le sol antillais, par quelles expériences, quelles épreuves, quelles souffrances avaient-ils dû passer ? Par quels ports négriers avaient-ils transité ? Et là, pour moi Cécile LABOSSIÈRE, native de Bordeaux, ancien port négrier - cruelle réalité ! - et aussi ville natale de la plupart de mes ancêtres maternels, impossible de faire l'impasse sur une dualité presque ...génétique.Car métissée, non seulement je le suis mais en plus, je le revendique. Pas question donc de faire semblant d'ignorer le rôle joué par ma ville natale et, par voie de conséquence, par mes compatriotes bordelais dans le commerce humain dont furent victimes certains de mes ancêtres paternels antillais. Quoi qu'il en soit et en dépit de ce qu'il en est, la place occupée dans mon coeur par ma chère ville de Bordeaux est au moins égale à celle occupée par ma chère Martinique. En m'interrogeant ainsi, s'établit spontanément dans mon esprit une similitude entre les situations vécues par mes ancêtres paternels descendants d'esclaves et celles vécues par les personnages de l'ouvrage intitulé RACINES de Alex Haley .

Ceci dit, comment ne pas comme suit s'interroger ? Avant qu'eux-mêmes se reconnaissent et se sentent reconnus par leur entourage, avant qu’en leur for intérieur cessent de s'entrechoquer leurs propres différences, à quels conflits intérieurs les miens avaient-ils dû faire face et pendant combien de temps ? Et combien de temps aussi pour qu'en eux renaissent la notion de plaisir, le goût de vivre, la sérénité, la paix de l’âme ? Des années ? Davantage ? Plusieurs générations ?


 3.16 - Saint-Pierre, le petit Paris des Antilles

http://www.reve-lemanique.ch/Prix/Martinique/lepepadean.html


 3.17 - Parmi nos Ancêtres déclarés secourus ou disparus à Saint-Pierre, le 8 mai 1902, lors de l'éruption de la Montagne Pelée, qui fit de 30000/40000 victimes, je retrouve plusieurs centaines de membres de notre famille, dont voici quelques noms suivants :

Gustavine LABOSSIÈRE , Justin CLÉMENTÉ époux de Marie Stéphanie LABOSSIÈRE, René LABOSSIÈRE ainsi que son épouse Dolorès ALIE et leurs quatre enfants Charlery LABOSSIÈRE, Louis LABOSSIÈRE, Sarah LABOSSIÈRE et Théodore LABOSSIÈRE, Antoine Charlery ALIE, Fernand LABOSSIÈRE et son épouse Elvina BERTRAND, Georges Albert LABOSSIÈRE et son épouse Marie Louise DUTON,Justin DUTON,Pierre Michel TORQUETY, François CLEDOR, Marie AVRIETTE, Jean BEDIAT, Louis BEDIAT et son épouse , Louise Jeanne BEDIAT, Marie Gabrielle BEDIAT, Roger Fernand Jean Louis BEDIAT, Jean DUMAS et une multitude d'autres victimes de cette catastrophe, difficile voire impossible à dénombrer...

pour lesquels, après cette date du 8 mai 1902, je ne trouve que très peu d'actes de décès...


 3.18 - Mais comment est-il possible que ce drame n'ait pas pu être évité ?

Nos ancêtres LABOISSIÈRE/LABOISSIÈRE étaient depuis fort longtemps installés à Saint-Pierre ou dans ses environs. Dans les années 1650/1660, j'y trouve les plus anciens. Certains y exerçaient le métier de pêcheurs, ou de charpentiers de marine, ou de tonneliers, ou de distillateurs de canne à sucre, ou encore de commerçants. Parmi les miens j'en retrouve bon nombre dans l'orfèvrerie ou l'habillement, ou la chaussure, tailleurs d'habits ou cordonniers disait-on dans ce temps-là.Ces diverses entreprises occupant beaucoup d'habitants de l'île. Tous ces gens étaient, pour la plupart propriétaires de leurs biens, commerces, terres, esclaves, distilleries, habitations... Il n'était pas rare en ce milieu de posséder sa résidence secondaire en un lieu privilégié de l'île. Et, en plus de leur activité principale, certains d'entre eux exerçaient une fonction à responsabilité, administrative ou autre, au niveau de leur commune, ou même de l'île. Quelques-uns étaient élus maire.Autant dire que pour ceux-là du moins, en cette période de vaches grasses les affaires battaient leur plein.Au début des années 1900, je trouve la trace de l'un de ces ancêtres, propriétaire et exploitant d'une compagnie de navigation ayant pour mission le transport des voyageurs d'un port à l'autre tout au long des côtes de l'île, maire de sa commune et en même temps fortement pressenti pour un prochain mandat pour lequel il postulait.

Quand au début de l'année 1902 le cratère de la Montagne Pelée commença à laisser échapper de la fumée plus que de coutume, que des grondements sourds prirent au fil des jours de plus en plus d'ampleur, qui bientôt devinrent on ne peut plus inquiétants, que l'atmosphère se chargea en particules de poussière au point d'en devenir de moins en moins respirable, les ambitions politiques elles aussi se mirent à enfler, les réunions à se multiplier, jusqu'à presque couvrir le bruit du cratère.A tel point que lorsque l'émotion d'une majorité de Pierrotins les força à se manifester auprès des autorités afin de leur exprimer leur intention de quitter la ville pour aller se réfugier à Fort-de-France, à Sainte-Anne, au Saint-Esprit ou ailleurs, lesdites autorités, elles, de crainte de perdre une majorité des voix de leurs électeurs sur lesquelles elles comptaient, n'eurent de cesse que d'en dissuader la population. Pour ce faire, ils dénichèrent on ne sait où de prétendus hommes de science, avec lesquels, d'un commun accord, ils mirent tout en œuvre pour rassurer celle-ci et la convaincre que s'alarmer et vivre sur les nerfs ne se justifiait pas et était dépourvu de sens, d'autant que l'histoire avait par le passé déjà démontré qu'aussi bruyant qu'il puisse lui arriver d'être, ce volcan était totalement inoffensif et que même les fines particules rejetées par le cratère et dont l'air était chaque jour un peu plus chargé ne présentait vraiment aucun risque, et qu'en conséquence, non seulement il était totalement inutile sinon stupide d'envisager de quitter ses lieux mais qu'il fallait définitivement y renoncer.

Aussi, après que se soient succédé plusieurs alertes, quand le volcan se mit en action dans la nuit du 8 mai 1902, la population présente à Saint-Pierre était presque au complet. Je dis presque car quelques habitants avaient malgré tout préféré ne pas tenir compte des conseils des autorités et, par prudence, s'éloigner ne serait-ce que pour quelques jours.Parmi ceux-là, Marie Anne Néréïde LABOISSIÈRE-BEAUVOISIS-DUVERRY dite Marie pressée par son époux Jean DUMAS 1855 d'aller se mettre à l'abri avec leurs quatre enfants Jeanne Marie Andrée Léonie DUMAS dite Jeanne 1885, Charles André DUMAS dit André 1888-1972, Charles Régis Marie Léon DUMAS dit Léon 1890, Albert Marie Eugène Charles DUMAS dit Charles 1893-1917 avait consenti à partir se réfugier au presbytère de Saint-Esprit où officiait son frère Léon LABOISSIÈRE-BEAUVOISIS-DUVERRY , Curé du Saint-Esprit 1852-1905.

Grâce à la lettre en ces termes rédigée par Jean DUMAS dans la nuit du 8 mai 1902 depuis leur résidence principale de Saint-Pierre à l'intention de son épouse, lettre déposée au bateau juste avant que celui-ci n'amarre, à peine quelques heures à peine avant qu'éclate soudainement le drame, nous pouvons nous faire une idée de ce que vécurent les Pierrotins cette nuit-là.

Voici ce qu'écrit l'auteur dans les pages de l'ouvrage sur lequel par chance je tombe :Jean DUMAS, retenu à Saint-Pierre pour la garde de son magasin et pour son courrier, sur les dernières heures de la dernière nuit où se manifestèrent les ultimes signes annonciateurs de l'imminence de la survenue de la catastrophe, juste avant que ne survienne le désastre, il écrivait la lettre suivante à son épouse. Laquelle lettre, dans son admirable simplicité, témoigne bien de la "sécurité" funeste qui n'abandonna presque à aucun moment la malheureuse population qui à cause de cela allait périr....et ci-après la lettre de Jean DUMAS :

Ma chère Marie, mes bons Petits enfants,

Il est 3 heures et demis. Il y a plus de deux heures que je ne dors pas. Je vous écris au milieu d'un feu d'articice que je ne saurais vous dépeindre.Figurez-vous deux orages ensemble : l'un, volcanique, avec ses lueurs blafardes, d'un bleu indécis, affectant des formes fantastiques, à travers des grondements sourds, sans une seconde d'interruption entre eux ; l'autre atmosphérique, avec ses brillants éclairs en zigzags, déchirant le ciel, et des bruits stridents de toile arrachée violemment par des mains inlassables ! Cela, je vous assure, fait trépider les maisons, un peu aussi les courages. Voilà le spectacle grandiose et terrible auquel j'assiste depuis ce temps ! Vraiment, que c'est beau, saisissant, sublime ! Quel dommage qu'une pareille magnificence ne soit pas sans danger ! Cette peur de l'inconnu provoque, malgré vous, comme un petit frisson dans le corps et, partant, point de plaisir, point d'agrément, plus de poésie captivante en ces scènes merveilleuses de la nature ! Qu'ils sont mesquins, les explosifs et les lumières de nos fêtes, à côté de ceux du volcan ! J'ai honte d'être si petit, si ignorant, si "rien", devant ces forces puissantes des éléments déchaînés. Quel magasin d'électricité dans notre montagne ! En la distribuant avec mesure, il y aurait de quoi éclairer Saint-Pierre pendant mille ans. Cet orage sera un bienfait pour la ville. Il pleut. Nous avions besoin de ce volume d'eau pour purifier les rues et les toitures de la cendre qui nous incommodait. Et quel bonheur inappréciable que cette énorme quantité d'électricité se dégageant dehors ; car si elle eut persisté encore un peu à se condenser dans les flancs du mont Pelé, qui pourrait dire de quelles explosions épouvantables nous étions menacés ? Saint-Pierre se comporte bravement en face de son Goliath. On ne bronche pas. Jusqu'à présent, il n'y a aucun danger pour la ville. Ce que nous redoutions, c'étaient les tremblements de terre : or, ils sont écartés par l'éruption. Mais si nous jouissons d'un peu de tranquillité, il n'en est pas de même dans ce pauvre Fonds-Coré : de tout ce riche quartier, je ne donnerais pas un centime, à l'heure qu'il est. La nuit dernière, les deux rivières qui le cernent ont failli le couvrir tout entier. L'Ex-Voto reste indemne, mais, à l'autre extrémité, la tonnellerie mécanique et les maisons voisines ont été submergées. Ceci n'est point l'oeuvre du volcan, mais plutôt le fait du fort débordement occasionné par les grandes pluies qui se sont déversées sur la montagne. Il n'y a plus personne dans les villas de la banlieue ; j'y suis allé hier, toutes les maisons étaient closes, ou, si quelques-unes s'entr'ouvraient encore, c'est que leurs propriétaires se hâtaient d'achever leur déménagement.L'orage bat son plein au-dessus de ma tête. L'eau tombe à gros bouillons. Depuis deux jours nos bassins étaient vides.Je m'étais arrêté d'écrire à quatre heures, croyant prendre un petit sommeil, mais il n'y a pas eu moyen. La tempête continue, avec un peu d'accalmie pourtant. Par contre, la montagne redoute ses fureurs. Elle gronde effroyablement ! Oh ! ma chère Marie, que je suis content que tu n'aies pas été ici, cette nuit, car tu aurais trop souffert ; et les pauvres petits, mon Dieu ! dans quelle détresse les aurais-je vus !Enfin le jour vient. L'Angelus sonne. C'est l'Ascension. Cela ramène au coeur je ne sais quelles douces pensées, quelles délices, quelle joie suave !Je ne vois pas encore la ville, mais seulement le voisinage.Grâce à la pluie torrentielle, nos toitures ont repris leur vive couleur. Les arbres ont cessé d'être affreux. Le pavé reluit comme auparavant. Cette vue plus gaie nous réconfortera tous. Quant aux effets produits par le volcan dans la montagne, je les apprendra dans la journée. ...Hier, la plupart des magasins sont restés ouverts. La vie voudrait reprendre, mais les affaires chôment totalement. Pensez donc, plus d'étrangers, plus d'acheteurs, plus aucune transaction ! Je m'efforce de garder mon sang-froid. Sans nier le péril, je ne le vois pas encore de si près que ça.Je vous envoie "Les Antilles" et "Les Colonies". Vous verrez, en les feuilletant, que je ne suis pas seul à dire qu'il n'y a point de danger à rester à Saint-Pierre. Tranquillisez-vous donc à mon sujet et attendons.Je me réjouissais à l'idée de passer cette belle fête de l'Ascension avec vous, mes chéris. C'est bien le cas de répéter : L'homme propose et Dieu dispose.Allons, vous tous que j'aime tant, recevez mes plus tendres baisers.J. Dumas. »

Dans ce même ouvrage, juste au-dessous de la retranscription de cette lettre, ces quelques lignes en guise d'hommage à mon ancêtre :« Cet excellent père, ce travailleur honnête, tout à son devoir, finissait d'écrire à 5 heures du matin, déposait sa lettre à 6 heures au bateau et, à 7 heures 50, de lui comme de la ville entière, il n'y avait plus que des cendres.

Quant à moi, après force recherches, et toujours à propos de cette famille de mes ancêtres, je suis parvenue à savoir que Marie Anne Néréïde LABOISSIÈRE-BEAUVOISIS-DUVERRY avec ses quatre enfants avaient quelques temps plus tard quitté la Martinique pour s'en aller vivre à Paris ; Paris où Jeanne Marie Andrée Léonie DUMAS 1885 ayant achevé ses études était devenue professeur ; qu'ayant réussi à obtenir une bourse Charles André DUMAS 1888-1972 avait brillamment terminé ses études puis s'était marié à Marseille ; que Charles Régis Marie Léon DUMAS 1890 ayant également brillamment réussi ses études s'était à son tour marié à Paris ; et qu'enfin, Albert Marie Eugène Charles DUMAS 1893-1917, le plus jeune des quatre, était mort, à la fleur de l'âge.Après qu'il ait, comme on le sait, échappé de justesse à la mort qui dans cette nuit tragique du 8 mai 1902 , après que son père ait été emporté sans qu'il n'ait jamais pu le revoir, et en même temps que lui tous les habitants de Saint-Pierre, quelques 30.000 à 40.000, on ne jamais le chiffre avec exactitude, sauf un prisonnier d'une forteresse où il était gardé captif ! , après que le volcan eut effacé de la carte la magnifique Ville de Saint-Pierre berceau de son enfance où il n'avait connu que le bonheur de vivre choyé entouré des siens, à peine venait-il d'achever ses études de médecine le cœur encore broyé par le souvenir d'un drame encore tout proche, mais malgré tout empli de l'espoir de tout prochainement entamer sa carrière de médecin, Albert Marie Eugène Charles DUMAS apprend un jour de 1913 qu'il lui faut sans plus tarder regagner son corps d'armée, le 30ème Régiment d'Artillerie sous lequel il vient d'être appelé, et sera immatriculé sous le numéro 9824.Quelques mois plus tard, par acte transcrit le 26 février 1918 à la Mairie de Paris, Marie Anne Néréïde LABOISSIÈRE-BEAUVOISIS-DUVERRY apprendra que le 24 juillet 1917 précédent, son plus jeune fils a perdu la vie à Ville-aux-Bois-lès-Pontavert (La), Aisne, 02160, Picardie. Il n'avait que 24 ans.Mais aussi épouvantable soit-elle, en quoi cette succession de drames serait-elle en mesure de répondre à cette question que depuis si longtemps nous nous posons : pourquoi cette scission entre nos deux familles LABOSSIÈRE de Martinique?J'avoue que même en tournant le sujet dans tous les sens, aucune réponse n'est apportée à cette question, sinon cette autre question qui bien sûr n'en apporte aucune : serait-il possible que dans leur folie d'orgueil et d'ambition ces assoiffés de pouvoir que furent ces candidats aux élections municipales prévues pour mai 1902, se soient sentis propulsés à faire courir un tel risque à la populations ? S'engageant tête baissée dans ce quitte ou double aussi minable que criminel avec pour seul et unique moteur celui de se voir élu maire, celui que cette mascarade se termine aussi dramatiquement que nous le savons ?

Ah un détail avant de conclure ! Parmi nos candidats aux élections, tous échappèrent à la mort. Secrètement par la mer, quelques heures avant la survenue de l'évènement, ceux-là quittèrent la ville en compagnie de leurs famille pour aller se mettre à l'abri. Abandonnant tous les autres à leur triste sort.Parmi ceux-là, je répertorie deux ou trois cents membres de notre famille LABOSSIÈRE pierrotine. Exceptés je l'ai déjà dit, les cinq précédemment nommés, Marie Anne Néréïde LABOISSIÈRE-BEAUVOISIS-DUVERRY dite Marie et ses enfants Jeanne Marie Andrée Léonie DUMAS dite Jeanne, Charles André DUMAS dit André, Charles Régis Marie Léon DUMAS dit Léon, et Albert Marie Eugène Charles DUMAS dit Charles dont on connaît la triste fin de l'histoire.

 3.19 - Index de noms cités dans des chroniqueurs des Antilles au XVII ème siècle

http://www.ghcaraibe.org/index/indchr0.html

 3.20 - Fichier des Français des Etats-Unis sur la période 1789-1816

Article tiré d'internet, sous le lien http://www.ghcaraibe.org/bul/ghc223/LE_DOUR.html


  • Mon projet.A la suite de deux ouvrages sur les Bretons d’Amérique, l’un sur les Bretons dans la ruée vers l’or de Californie, paru en 2006 aux éditions Les Portes du Large, et un sur les protestants bretons installés dans les colonies anglaises, à paraître prochainement, je prépare un volume sur les Bretons en Amérique du Nord continentale, de la Révolution française à la Restauration, qu’ils s’y soient établis ou n’aient fait qu’un bref passage. Les Bretons réfugiés des Antilles, et particulièrement ceux de Saint-Domingue, constituent la majorité de ma clientèle. Toutefois, leur origine bretonne est rarement précisée dans les sources américaines, en particulier si elle remonte à une génération antérieure. Comme pour mes travaux antérieurs, je m’efforce de procéder à un recensement aussi raisonnablement complet que possible, dans la limite de mes moyens et du temps disponible. Une annexe comportant un répertoire de tous les Bretons identifiés est prévue, comme c’est déjà le cas pour la ruée vers l’or et les émigrants protestants.

Deux bases de données.C’est pourquoi j’ai entrepris de procéder à des recoupements entre le plus grand nombre possible de réfugiés français aux États-Unis et le plus grand nombre possible de Bretons des Antilles, et notamment de Saint-Domingue. Pour ce faire, j’ai créé deux bases des données numérisées.La première rassemble des Bretons potentiels des Antilles à partir, notamment, des noms de l’index de GHC communs à la fois aux Antilles et aux départements bretons, des embarquements des Bretons à Nantes et à Bordeaux pour les Antilles, telles que publiées, respectivement par le Centre Généalogique de Loire-Atlantique et les Amitiés Généalogiques Bordelaises, des Bretons de l’index de Moreau de Saint-Méry et de quelques autres sources, comme la portion numérisée de l’index de l’indemnité de Saint-Domingue ou les index d’ouvrages sur le commerce antillais des Nantais ou des Malouins.L’autre base de donnée comprend (comprendra, car je n’en ai pas achevé la saisie complète) tout ce que j’ai pu rassembler sur les Français aux États-Unis de l’époque : registres des consulats de France (Boston, Charleston, New York, Nouvelle-Orléans, Baltimore, Philadelphie), registres paroissiaux des églises catholiques (Nouvelle-Orléans, Philadelphie, Baltimore, New York, Charleston) registre des étrangers (Providence), les noms français de recensements (Baltimore, Nouvelle-Orléans) ou d’annuaires (Norfolk, Nouvelle-Orléans), des listes de francs-maçons français, des index d’ouvrages (de Gabriel Debien, Nathalie Dessens, Rosengarten, Childs, Babb, etc.), l’index de GHC pour la Louisiane et les USA, ou encore les Français des liste de passagers des navires arrivés à Philadelphie ou des victimes de la fièvre jaune dans cette même ville, ou la liste des Français expulsés de Cuba constituée par Gabriel Debien. Les archives des Affaires étrangères à Nantes m’ont aussi fourni les noms d’un tiers environ des passagers du convoi du Cap.

Toutes ces données s(er)ont saisies dans un fichier excel, avec les rubriques suivantes, remplies ou non en fonction des diverses sources : nom ; prénom ; lieu de naissance (ou origine) ; département ou pays de naissance ; date de naissance/baptême ; résidence ; département ou pays de résidence ; profession ; lieu de décès ; date de décès ; père ; mère ; veuvage ; nom du conjoint ; prénom du conjoint ; date du mariage ; naissance du conjoint ; décès de conjoint ; père du conjoint ; mère du conjoint ; date de l'acte ; sexe ; date d'engagement ; lieu d'embarquement ; date d'embarquement ; date d'arrivée ; navire ; destination ; commentaires ; source ; auteur/livre ; cote de l'acte/page.

La fusion de ces deux fichiers, une fois la saisie terminée, me donnera un corpus de noms communs à la Bretagne et aux États-Unis, et autant de pistes à creuser si elles m’avaient échappé jusqu’alors.

Pour les Français aux USA ou en Louisiane - sauf quand les limites temporelles de mes séjours aux archives m’imposaient des restrictions - je ne me suis pas limité à saisir les Bretons ou ceux dont l’origine n’est pas déterminée, mais la totalité des Français (ou des noms à consonance française). Ainsi, quand l’origine métropolitaine non-bretonne est connue, elle me permet d’ « exclure » une personne une fois pour toutes de mon corpus sans devoir m’interroger sur son origine si je la retrouve sur mon chemin sur une autre source.

État du projet.Le manuscrit lui-même est déjà assez bien avancé (60% du travail, peut-être). Le premier fichier (Bretons aux Antilles) est raisonnablement complet. Le deuxième fichier (Français aux USA) compte à l’heure actuelle plus de 40 000 entrées, avec, naturellement, beaucoup d’entrées multiples et de noms « parasites » de personnes présentes préalablement à 1789, même si j’ai souvent exclu les personnes que j’ai identifiées comme déportés acadiens, descendants de huguenots ou descendants de colons de Louisiane française.

Il me reste à saisir encore environ 5% des données dont je dispose, l’affaire de quelques mois, tout en espérant mettre la main sur quelques sources complémentaires pour compléter mon corpus. Certaines listes m’échappent encore, en effet, comme celles des équipages du convoi du Cap, les listes de passagers bretons des navires partis de France à destination des États-Unis ou des passeports de France pour les États-Unis (je n’ai que les noms des passagers français arrivés à Philadelphie et les Bretons dont le passeport pour les USA ou la Louisiane fut délivré à Bordeaux), ou encore les registres catholiques d’inhumations et baptêmes post-1800 à Baltimore, que Jacques Houdaille avait, semble-t-il, retranscrit.

Comme, outre les simples noms, beaucoup d’autres données sont souvent présentes (ou au moins la référence à un ouvrage source), le fichier pourra évidemment être utile pour un usage beaucoup moins restreint que mon projet personnel : recherches sur une famille, un patronyme, voire une ville d’origine. Compte tenu de l’état d’avancement, il peut d’ailleurs déjà l’être. J’ai ainsi pu récemment proposer à la promotrice du projet ‘Grande Anse’ une liste d’environ 150 entrées en relation avec Jérémie [poser les questions via GHC, qui transmettra]

Quelques questions.Parmi les familles sur lesquelles je travaille, il en est certaines que j'hésite à inclure, faute de confirmation formelle, malgré mes indices, de leur origine bretonne.Éléonore Poirier. Je cherche la confirmation de l’origine bretonne des (ou d’un des) parents de la créole Éléonore Poirier, épouse Raboteau, née vers 1771 à Maribaroux, fille de Pierre [ou Etienne ?] Poirier, ancien conseiller assesseur au Conseil Supérieur du Cap et de son épouse Louise Josèphe Botereau, née à L’Artibonite ou à Nantes vers 1748, veuve en 1784, habitant alors la Plaine de l'Artibonite. Les Bot[t]ereau sont liés aux Théard de Nantes et aux Payan : Éléonore figure comme héritière de sa mère pour un tiers des 3/4 de la sucrerie Théard et Poirier à Maribaroux.

Le capitaine Bossière. Un autre client dont les origines bretonnes m'échappent est un personnage trouble de la Louisiane du 19ème siècle, le capitaine Joseph Bossière. Les connaissances sur ses parents ont-elles progressé depuis la question 01-128 (et les réponses apportées alors) des GHC 140-141 de septembre et octobre 2001 ? Voici un résumé de l’état de mes connaissances.

Joseph Antoine Bossière naît aux Cayes Saint-Louis le 25 janvier 1797 et est baptisé en juillet 1801 en la cathédrale Saint-Peter de Baltimore [comme sa sœur Marie Charlotte le 30 juin 1799], fils légitime de Jean Bossière et Marie Françoise Galuchat (née en 1773 à Saint-Domingue, fille de Marie Sauturon, native de Saint Marc, Martinique, et de feu Eustache Galluchat, boulanger à la Petite Rivière de l’Artibonite). Selon la tradition familiale, (retranscrite par Clyde Joseph Cucullu, dans History and genealogy of the Cucullu family in North America, 1983) son père serait né en France métropolitaine et aurait été un officier français de Rochambeau à Yorktown (ce qu’absolument rien ne vient confirmer, chez Bodinier, Balch, Lasseray ou La Jonquière – les seuls noms approchant étant celui de Pierre Bossier, matelot sur le Diadème de l’escadre de Grasse, le Vannetais François La Boessière de Rosvegun, qui sert dans l’escadre de Suffren et le capitaine corsaire nantais Louis Berthault de La Brossière). Le couple serait arrivé à Baltimore via Charleston. Veuve, Marie Françoise « Fanny » Galluchat épouse Antoine Lamarlère, natif de Tarbes, à Saint-Peter de Baltimore en février 1802. Quatre demi-sœurs naissent à Joseph : Marie Eugénie en janvier 1805 à Baltimore, puis Séraphine en 1806 à Baltimore, Marie-Michelle Henriette en 1812 à la Nouvelle-Orléans ; Marie Antoinette, née en décembre 1817 est baptisée à Saint-Louis de la Nouvelle-Orléans en avril 1825.

C'est selon toutes probabilité ce même Joseph Antoine que l'on retrouve plus tard capitaine de navire, vraisemblablement négrier [dans la paroisse de Saint-James, en 1818 et 1819, Joseph Bossière vend une vingtaine d’esclaves, en majorité natifs de Virginie à Raymond Guignan, Jean Armant, Michel Doradou Bringier, August Bertout, John Cox, Augustin Dominique Tureaud, Louis Chabert; Marcel Breaux et James F. Wilson], mais se faisant appeler Joseph Saint-Ange Bossière. Si ce n'est lui, c'est serait un frère, car les Bossière ne courent pas les rues à Baltimore et ce marin présente des liens avec les mêmes familles. Il commande essentiellement le brig Séraphin, qui appartient à son cousin Cucullu, qui lui est apparenté via les Galluchat. Il est mêlé à plusieurs incidents révélateurs d'un tempérament assez violent et de pratiques flibustières. Se partageant entre la Louisiane et le Maryland, Bossière figure dans l’annuaire de Baltimore en 1829 (Joseph S. Bossière, capitaine de marine, Nord-Charles street, côté ouest, au nord de Saratoga street). Sur le tard, vers 1837, il épouse Frances Ann Thompson, à Saint-Tammany, Louisiane ou en Pennsylvanie, petite-fille de Gedeon Johnston, l’un des fondateurs de Warrenton, Fauquier County, Virginie, et vétéran de la guerre d’Indépendance. Frances lui donne neuf enfants. Joseph Antoine "Saint-Ange" Bossière meurt en mai 1859, tué par balle.

Bossière en Bretagne et à Saint-Domingue : Deux indices plaident pour une origine bretonne, directe ou non, du père de Joseph Saint-Ange. D'abord le nom Bossière lui-même est surtout concentré en Loire Atlantique, principalement à Blain, Nort, Nantes, Héric et Fay-de-Bretagne. Il est présent au Croisic dès 1573, à Héric dès 1592 et à Blain au moins depuis 1609. Mais surtout, le prénom Saint-Ange, peu commun, se retrouve régulièrement dans la descendance de Joseph Antoine "Saint-Ange" Bossière. Or, on le retrouve également chez les Bossière du pays nantais : Saint-Ange Jules Bossière fils de feu Julien Bossière et d’Angélique Mabit, originaire de Blain, épouse Hélène Marie Robert, en juin 1871 à Montoir-de-Bretagne. Il y a donc lieu de penser que notre famille américaine présente un lien avec Blain.

Pour ce qui est des Bossière aux Antilles, pas de trace de Jean Bossière : les transcriptions des registres d'embarquements de Nantes pour les Antilles donnent deux porteurs : le Nantais Sébastien Bossière, 19 ans, cordonnier, engagé, fils de Sébastien et de Julienne Robin, embarque le 17 juillet 1767 sur la Diane pour Cayenne. Louis Joseph Bossière, 21 ans, originaire de Nort-sur-Erdre (44) fils de Louis et Marguerite Joubert, embarque le 4 mars 1772 sur la Parentière vers Port-au-Prince Le fichier Houdaille ajoute un Nicolas Bossière, tonnelier de 28 ans, qui fait le même voyage que Louis, à une date indéterminée. La présence de deux familles La Bossière est aussi attestée, l’une à Saint-Domingue et l’autre à la Martinique. L’article Les d’Escoublant de La Rougerie de Saint-Domingue, par Christian Blondel La Rougery (GHC 204, pp. 5233-5234) révèle la présence de Françoise La Bossière de Caramon, née à Petit-Goave vers 1699, fille d’un sieur La Bossière et de Françoise Merlin. A la Martinique (GHC 114, Pierre Bardin : Extraits des registres de Saint-Pierre de la Martinique déposés à Paris : famille Daubermin) le 20 août 1748 est baptisé Marc Edme, né le 27 juillet, avec pour marraine Catherine Nogues épouse du sieur Moreau de la Bossière, négociant. Edmée Moreau de La Bossière, 42 ans, née à Paris, embarque à Bordeaux en 1750 pour la Martinique.

Les Bossière en Louisiane : Le nom de Bossière est présent en Louisiane dès 1807, sans qu’il soit établi si ses porteurs sont parents avec Joseph. En 1807 dans la paroisse de La Nouvelle-Orléans, un Jean Bossière achète un esclave à Jean-Baptiste Buffrenil. Il ne peut s'agir du père de Joseph, car sa mère est déjà remariée à cette époque. En 1832, un J.C Bossière réside à la Nouvelle Orléans, au coin de Dauphine street et Toulouse street. Heloise Bossiere, épouse d'Edward Senac, donne naissance en décembre 1834 à Joseph Adelard Senac. Astrid Bossière, 48 ans décède en août 1853 de la fièvre jaune à La Nouvelle-Orléans, etc.

Toute information sur les origines du père de ce curieux personnage sera bienvenue


 3.21 - Parmi les noms de quelques familles très anciennement implantées en Martinique, celui de LA BOISSIÈRE, ou LABOISSIÈRE, ou DURAND dit LA BOISSIÈRE, ou DURAND dit LABOISSIÈRE, dont il se pourrait que nous soyions issus


G.H.C. Numéro 47 : Mars 1993 Page 758 - Les LAUJOL de Bordeaux et ceux des îles : Bernadette et Philippe Rossignol.Nous évoquons plus loin l'article de P-L Coÿne sur Jérémie LAUJOL, huguenot (1665-1717), aïeul périgourdin de la reine d'Angleterre", publié par Généalogies du Sud-Ouest, n° 26. Après avoir résumé cet article, nous dirons ce que nous savons des LAUJOL martiniquais et guade-loupéens et, qui sait ? quelqu'un pourra peut-être trouver le chaînon manquant !

Antoine LAUJOL, notaire à Monpazier (Dordogne), protestant, dut vendre sa charge pour cause de religion vers 1681. Il avait quatre fils (et deux filles mariées), dont les deux aînés étaient fils de Marie AURISCOTE. On ignore si les deux derniers avaient la même mère ouétaient issus d'un remariage :

1 Pierre LAUJOL o ca 1661 ; passe à Bordeaux vers 1669 ; Commis puis associé de Pierre CAYROYZE et Daniel TESTAS, puis négociant pour son propre compte ; quitte le royaume pour l'Angleterre vers 1707/1708 ; + Londres 1725 ; ax Cm Bordeaux 1685 Anne PETIT, de Tonneins en Agenais, fille de + Jean et + Suzanne MICHEL bx 1693 Suzanne CASSAING, fille de Pierre, bourgeois et marchand de Bordeaux, et de + Suzanne DOCHER 1a.1 Antoine LAUJOL b Bordeaux (St-André) 30 7 1687 x Amsterdam 3 4 1718 Madeleine LAVERNHE 1a.2 Jacob LAUJOL b Bordeaux (St-André) 26 11 1688 (François) x Londres 1723 sa cousine Anne LAUJOL 1b.1 Elie LAUJOL b Bordeaux (Ste-Croix) 24 8 1700 + jeune 1b.2 Philippe LAUJOL (fille) x Pierre PASTRE

2 Jacob LAUJOL o ca 1658; passe à Bordeaux vers 1677 apprendre le commerce; s'installe aux Chartrons + 1693/1694 x Cm Bordeaux 1685 Françoise DAVIDSEN, fille de François, bourgeois et marchand de Bordeaux, et Suzanne ALEFSEN 2.1 Antoine LAUJOL, parti du Royaume entre 1700 et 1711 b Bordeaux (St-Seurin) 16 1 1687 (Antoine Nicolas) 2.2 Jacob LAUJOL, bourgeois et marchand de Bordeaux en 1715 b Bordeaux (St-Seurin) 4 9 1688 (Jacques) 2.3 Suzanne LAUJOL x 1720 Laurent NAUTHON 2.4 Pierre LAUJOL, parti en 1711 + 1713/1735 2.5 Françoise LAUJOL ax 1713 Abraham LE BEZON, marchand de Bordeaux bx 1718 Jean MARTIN, bourgeois et marchand de Bordeaux

3 Paul LAUJOL, bourgeois de Monpazier ? x Louise LAURENT + /1700 ? 3.1 Etienne LAUJOL s'engage le 14 9 1700 (Me Guimard, Bordeaux, 3E 13519 Fo 551) pour 3 ans, à la Martinique, pour le compte de Pierre LAUJOL, bourgeois et marchand de Bordeaux (ci- dessus 1 : son oncle ?)

4 Jérémie LAUJOL o Monpazier ca 1665; passe à Bordeaux en 1685 commis à Bordeaux chez son frère Pierre, quitte le Royaume pour Londres où il est naturalisé anglais le 4 5 1699; marchand à Londres où + 1717 x Madeleine NN (ancêtres de la reine d'Angleterre)

Un Pierre LAUJOL, âgé de 17 ans, fils de Pierre marchand à la Martinique, est placé en apprentissage le 9 juillet (ou septembre) 1708 (Me Lenfumé 3E 8669) "chez les négociants associés de Bordeaux Josué LAMARQUE et Sidrac NAU, Par les soins de François THEVENIN de LAMOTHE, négociant aux Chartrons. Le choix du correspondant et des patrons, tous protestants, montre que ces LAUJOL des Isles devaient aussi être de nouveaux convertis."

Voilà donc l'essentiel des éléments généalogiques donnés par P.L. Coÿne, basés sur sa parfaite connaissance du notariat et du milieu protestant de Bordeaux.

Pierre LAUJOL, originaire de la paroisse Saint-Michel de Bordeaux, semble être celui mentionné par Labat (I p. 90) sous le nom de LOZOL, établi au Macouba et associé à son beau-frère LA BOISSIèRE (autrement nommé Guilhaume/DURAND LABOISSIÈRE), "de Linas près de Paris" :"Ils avaient un assez bon nombre de nègres, ils cultivaient du cacao, faisaient du roucou et élevaient des bestiaux et des volailles. Ce LOZOL était de la vicomté de Turenne, scieur de long de son métier et dans un besoin un peu charpentier et, quoiqu'il fut venu engagé aux isles,il commençait déjà à avoir du bien, de manière que, quand je suis parti, il avait déjà plus de cent mille francs ; bon homme du reste, et un vrai original, qui avait un privilège pour estropier la langue française et un talent particulier pour faire rire tout le monde." Le "vicomté de Turenne" ne cadre pas avec l'origine bordelaise mais Labat peut se tromper sur ce point (comme sur d'autres !) : Pierre LAUJOL était en effet établi au Macouba, époux de Marie Thomasse VALET (o ca 1664 + Macouba 2 4 1744) dont la soeur Marguerite VALET avait épousé (Macouba 24 9 1686) Guilhaume/DURAND LABOISSIÈRE. Les demoiselles VALET étaient filles de Godefroy VALET, né vers 1622 à Beauvais en Picardie, et de Elisabeth COUTELIER. Pierre LAUJOL mourut au Macouba le 28 octobre 1715.

Nous tenons ces informations de "Personnes et familles à la Martinique au XVIIe siècle" (J. Petitjean Roget et E. Bruneau-Latouche) qui donnent à Pierre LAUJOL et Marie Marguerite VALET les enfants suivants :

1 Marguerite LAUJOL o Macouba 16 11 1688 x Macouba 20 2 1719 Pierre DESNOTS ou DESNOS, DESNOTZ, médecin chirurgien au Robert, fils d'Ange DESNOTS et Catherine ROUTES o Bayonne (Notre-Dame) ax Basse-Pointe 16 11 1703 Madeleine HUET2 Thomasse LAUJOL x Macouba 1 9 1716 Louis COCQUET (créole)


G.H.C. Bulletin 82 : Mai 1996 Page 1612Les familles CRASSOUS et CRASSOUS de MÉDEUIL Eugène Bruneau-Latouche En réponse à la question d'Amédée Aubery (Généalogie et Histoire de la Caraïbe" 59, avril 1994, 94-56) je propose la notice qui suit, composée avec l'aide précieuse de Denis Provost, président du Cercle généalogique d'Aunis et Saintonge, que je remercie infiniment pour m'avoirpermis de faire la lumière sur la branche CRASSOUS de MÉDEUIL fixée à La Rochelle avant même 1738, et surtout pour m'avoir fourni les preuves de l'appartenance de cette branche à la famille CRASSOUS de la Martinique. Il s'agit donc d'une même et unique famille.

Les CRASSOUS sont originaires du diocèse d'Agde, en Languedoc, c'est ce qu'indique l'acte de mariage de l'auteur de cette famille (Jean Henri) à la Martinique, en 1703. Cet acte dit encore que Jean Henri est natif de la paroisse Saint-Jean de ... dudit diocèse, fils de Jean, bourgeois de ladite paroisse, et de Madeleine DAGUSSE. Une recherche effectuée auprès de l'évêché de Montpellier (au passage, je remercie ici M. l'abbé Gérard Alzieu, archiviste de l'évêché) fait ressortir l'existence, dans le diocèse d'Agde, de quatre paroisses patronnées par Saint-Jean-Baptiste : celles de Florensac, Marseillan, Pézenas et Vias. Les recherches nécessaires qui auraient permis d'éclairer les débuts de cette famille en Languedoc n'ont pu être entreprises, mais nous donnons plus loin les premières générations, en métropole, telles que les indique M. Gazin, érudit du premier quart de ce siècle,archiviste à la Martinique, dans son important fonds de la Section Outre-Mer des Archives Nationales à Aix-en-Provence : CAOM, fonds Gazin 71 APOM 5 (2).

Que ce soit à la Martinique ou en Aunis, la famille CRASSOUS a pris une part importante dans la société. A La Rochelle, les CRASSOUS de MÉDEUIL, branche cadette, eurent deux des leurs comme notaires (père et fils), un autre fut un marin rochelais réputé et son demi-frère un avocat de grand talent, polémiste et homme politique. La branche antillaise, branche aînée, qui a toujours gardé le nom d'origine CRASSOUS jusqu'à l'aube du XXème siècle et peut-être même depuis la fin du siècle précédent, a longtemps évolué dans le commerce, à Saint-Pierre. Dans la seconde moitié du XIXème siècle a émergé Bornave CRASSOUS, homme d'affaires très actif, ainsi qu'il ressort des études de notaires. Son frère Joseph Arthur, adjoint au maire de la commune du Lorrain, au moins en1857, est l'ancêtre de la famille subsistante.

Dans un article en date de 1902, "L'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux" (1) mentionne l'existence à cette date de Henry CRASSOUS de MÉDEUIL, négociant à New-York, mais il ne précise pas la filiation. Quoi qu'il en soit, on peut penser que c'est à la suite de l'extinction de la branche cadette que des descendants de la branche aînée ont repris le nom de branche, très probablement à la charnière des XIXème et XXème siècles. Bien que dans nos relevés (superficiels) d'actes en Aunis nous n'ayons pas vu apparaître dans ceux de baptême ou de mariage le nom de CRASSOUS de MÉDEUIL, les enfants de Joseph, né en Martinique et auteur de la branche rochelaise, comme lui-même, sont, ailleurs, désignés sous le nom de CRASSOUS de MÉDEUIL.

Au Marigot (Martinique), sur les actes de mariage respectifs de ses deux tantes maternelles, Marguerite DUCHESNE (avec Charles DARNAULT, le 6 octobre 1722) et Laurence DUCHESNE (avec Joseph Stanislas GUYERS, le 20 août 1726), Joseph signe respectivement "Jh Crassous Médeuil" et "Crassous Médeuil". Ces deux signatures prouvent, bien avant La Rochelle, l'appartenance de la branche MÉDEUIL à la famille CRASSOUS de la Martinique. Ce nom de branche semble trouver son origine dans le berceau familial du Languedoc ; peut-être s'agit-il d'un nom de lieu, de terre, de ferme, d'unsurnom, le rappel d'une alliance antérieure, etc.

C'est Joseph CRASSOUS, qui recevra à La Rochelle, le 19 septembre 1769, le contrat de mariage de Pierre de LAGUARIGUE de SAVIGNY (de la famille martiniquaise) avecla demoiselle Suzanne Pauline Magloire GRÉEN de SAINT-MARSAULT.

Alliances précisées avant 1895 :ASSIER de POMPIGNAN 1855, de BEAUDUIT-HIMLEY, BÉNETEAU LA PRAIRIE 1817, BILLIOTI de GAGE 1880, BORDE 1860, de BRIGNAN 1830/, CATIGNON 1780, CHÉNEAUX 1857, CLAVELAND, DAGUSSE 1670, DECASSE 1853, DENIS 1752, DOMERGUE 1720/, DUBOCQ 1763/, DUBOCQ SAINTE-ROSE 1799, DUCHESNE 1703, DURAND LA BOISSIÈRE 1775, DUVAL VALMOND 1823, FRIGIèRE 1767, GAUVRIT 1737, GAY 1695, GENET 1763/, GENTY 1740/, GRIFFON 1752/, HERVÉ 1842, LAFARGUE 1770, de LASTRE 1780, PICARD 1803, PLESSIS 1775, PORRY 1873, REYNAL de SAINT- MICHEL 1894, de RODES 1650/, TOUSSAINT 1770.

Généalogie de la famille CRASSOUS

Ascendance en Languedoc (d'après Gazin)

I Jean CRASSOUS, Procureur juridictionnel, né vers 1610, épousa vers 1635 Marguerite de RODES, dont :

II Jean CRASSOUS, né en 1637, marié en la paroisse Saint- Jean de Vias, le 15 juillet 1670, à sa cousine du 3ème au 4ème degré Madeleine DAGUSSE, fille de Guillaume, lieutenant de Viguier en la cour ordinaire de Vias, d'où au moins cinq enfants :

II-1 Marie CRASSOUS, baptisée à Vias le 18 septembre 1671, y épousa, le 25 janvier 1695, Guillaume GAY.

II-2 Jean Henry CRASSOUS (sans précision de naissance ni de baptême), marié au Marigot (Martinique) en 1703 à Jeanne DUCHESNE.

II-3 Jacques CRASSOUS, né le 13 avril 1684.

II-4 Aphrodise CRASSOUS, baptisée à Vias le 13 décembre 1688.

II-5 Maurice CRASSOUS, baptisé à Vias le 7 février 1691, marié à Marie Rose DOMERGUE, d'où au moins Élisabeth CRASSOUS, née vers 1723, mariée à Vias, le 5 février 1746, à Jacques BONNIOL, né vers 1721, fils d'Antoine et de Marie ARMENTIèRE.


 3.22 - Quelques oeuvres et ouvrages de références


La Traite des esclaves vers Martinique et l'origine de la population.http://immigration-congo.blogspot.com/2009/02/de-quelles-ethnies-etaient-les.html

  • Comment les esclaves servaient-ils aux jeux des blancs ? : extrait de Les semailles du ciel, p94, Jean-Louis Cotte'''
  • Comment se révoltaient-ils ? : extrait de La Martinique depuis sa découverte jusqu'à nos jours. p52, Pardon :
  • Comment se souvient-on d'eux en 2006 ? : extraits de "Édouard Glissant s’est vu confier en janvier 2006 par Jacques Chirac, la lourde tâche de réfléchir à la mise en place d’un Centre national pour la mémoire des esclaves et de leurs abolitions : http://pagesperso-orange.fr/case.pilote/BIOGRAPHIE/Glissant.htm. C'est dans ce cadre qu'il écrit MÉMOIRES DES ESCLAVAVES, préfacé par Dominique de Villepin. Et de Jacques Chirac a suivi la proposition du Comité pour la mémoire de l'esclavage, le 10 mai sera la date officielle de commémoration de l'esclavage en France métropolitaine : http://www.comite-memoire-esclavage.fr/.Voir le sentiment du candidat Nicolas Sarkozy dans une video sur YouTube : http://fr.youtube.com/watch?v=qq4Rez87hP0


 3.23 - Souvenirs, souvenirs...


J'ignore s'il existe une ou plusieurs descendance(s) issue(s) des enfants ici répertoriés et nés des autres unions de mon ancêtre Ildegonde LABOSSIÈRE mais une telle éventualité pourrait sembler logique.

Je me pose cette même question à propos d'une descendance éventuelle de ma grand-tante paternelle Marie Symphorienne LABOSSIÈRE mais cela me paraîtrait moins probable étant donné que ni je n'ai rien ouï de tel venant de mon père ou de ses frères et soeurs, ni je n'ai rien trouvé au niveau des archives de la Martinique concernant une éventuelle descendance issue d'elle. Je me dois malgré tout de préciser qu'en règle générale, la plupart des membres de ma famille paternelle étaient pour ce qui concernait leur ascendance, d'une extrême discrétion. Leur devise étant : on ne parle pas devant les enfants. Comme si l'ascendance des plus jeunes devaient obligatoirement s'arrêter aux aînés !...

Mais ce qui m'incite à penser à une non-descendance de ma grand-tante vient surtout du fait que celle-ci serait, avais-je entendu dire, un peu prématurément décédée. Je précise toutefois que n'ayant pas retrouvé son acte de décès, il m'est impossible d'avoir sur ce point la moindre certitude.

Toujours à propos de ma grand-tante Marie Symphorienne LABOSSIÈRE ma petite cousine Danielle HUBERT me rapporta un jour que sa grand-mère Juliana LABOSSIÈRE lui avait elle-même rapporté l'anecdote selon laquelle sa tante Marie Symphorienne LABOSSIÈRE étant de si grande taille qu'à son décès, il avait fallu lors de sa mise en bière, briser en deux son corps déjà raide, pour le faire entrer dans le cercueil. Pour la confection du cercueil, n'y avait-il pas tout simplement eu erreur au moment de la prise de dimensions du corps de la défunte ? On peut se le démander...

Un autre jour, à propos de ressemblance et sans que je l'interroge, mon oncle Edmond LABOSSIÈRE m'avait dit reconnaître dans mon regard une expression bien particulière qu'il se souvenait avoir vu dans celui de sa tante, sans me préciser de quelle tante il voulait parler, de Marie Symphorienne LABOSSIÈRE ou d'une autre. Là aussi, réalité ou légende ? Nul ne sait ni ne saura désormais...Je précise toutefois que, lorsqu'il me disait cela il devait avoir une soixantaine d'années, tandis qu'il n'était en revanche qu'un tout petit garçon quand mourut sa tante. On peut alors s'interroger sur ce qu’il pouvait lui rester de ce type de souvenirs... Réalité ou vague réminiscence ?

Jusqu'en février 2002, date à laquelle pour la deuxième fois je me rends en Martinique, j'ignore tout ou presque sur mes lointains ancêtres antillais.

C'est seulement à compter de cette date-là, qu’après avoir obtenu les actes d'état-civil de ma grand-mère paternelle, qu'il m'est enfin possible, grâce au travail remarquable de mise en ligne des archives de l'état-civil de la Martinique, réalisé par un grand nombre de bénévoles, dont Nathalie Buhours devenue depuis ma correspondante, «d'enfin enclencher le compte à rebours» qui me permet de découvrir au fil du temps, et de manière de plus en plus précise, ce qu'il en fut pour bon nombre de mes ancêtres.

A ce propos, je remercie chaleureusement Nathalie qui, spontanément me communiqua les numérisations de certains précieux actes d'état-civil de mes ancêtres, trouvés au cours de ses propres recherches. Sans son aide, il est plus que probable que mon travail de recherche sur ma branche paternelle s'en serait trouvé amplement retardé.

Avant l'arrivée d'internet, vu la rareté en métropole et en Martinique du patronyme LABOSSIÈRE, je pensais - bien à tort - que notre nom se trouvait ou presque en voie d'extinction. Même si j’avais bien eu connaissance de l'existence d’une autre famille résidant en France et porteuse de ce patronyme-là - dont j'ai à plusieurs reprises, tenté par courrier de joindre quelques membres, sans en obtenir de réponse. A l'arrivée d'internet, mon premier réflexe fut évidemment d'effectuer une recherche sur notre nom, et quelle ne fut pas ma surprise en constatant que ma crainte de la disparition de notre nom était totalement infondée, car des LABOSSIÈRE il s'en trouvait une multitude au Canada et sur le continent américain. Sur ce point j'étais rassurée !


 3.24 - Jules BEDIAT, l'Hôtelier foyalais : ses origines et sa descendance

Et puisque nous en sommes à évoquer l'Hôtel Bédiat et ses occupants, à cette époque mythique où y résonnaient encore les pas de nos chers ancêtres Bédiat, parmi lesquels mon grand-père Jules BEDIAT, j'invite le lecteur à se reporter à l'ouvrage de Alice Delpech, intitulé "La dame de Balata" http://books.google.fr/books?id=PwfmitMaoKIC&pg=PA336&dq=H%C3%B4tel+B%C3%A9diat&hl=fr&sa=X&ei=9lG_UvCgHaG20wWc_4GoBA&ved=0CEAQ6AEwAA#v=onepage&q=H%C3%B4tel%20B%C3%A9diat&f=false. Bien que l'histoire de cet ouvrage se déroule quelques décennies après le décès de mon grand-père, cette rétrospective lui donnera malgré tout une idée assez approchante du contexte de ce temps dont il est question dans mon histoire. Et puis j'invite aussi le lecteur à lire "La biguine de l'oncle Bens" http://books.google.fr/books?id=7ngzMAio7x0C&lpg=PA109&ots=rng8uPquyl&dq=trois%20fr%C3%A8res%20B%C3%A9diat&hl=fr&pg=PA109#v=onepage&q=trois%20fr%C3%A8res%20B%C3%A9diat&f=false, au cours duquel à la Page 109, l'auteur E. Leardé parle comme suit de trois de nos ancêtres Bédiat, tous musiciens :

"D'autres guitaristes, les trois frères Bédiat. a l'étonnante chevelure blonde.étaient aussi de talentueux musiciens. Leur famille exploitait le principal hôtel deFort-de-France, l'HÔtel de l'Europe, rue de la Liberté, face à la Savane."

Du couple de Jean BEDIAT et Marie Rose CAMPISTRON naissent plusieurs enfants dont :

De type européen, blond au teint clair Jules BEDIAT devenu propriétaire à Fort-de-France de plusieurs Hôtels dont le Grand Hôtel Bédiat, très renommé, sur la rue de la Liberté face à la Place de la Savane, fait carrière dans l'hôtellerie .

FAM. BEDIAT Jules 014_1.JPGHOTEL BEDIAT_1.jpg

Ci-dessus de gauche à droite :

  • 1/ Jules BEDIAT, âgé d'à peu près 35 ans ;
  • 2/ le Grand Hôtel Bédiat tel qu'il était à l'époque de Jules et Isidora

En unissant sa vie à celle de Isidora LABOSSIÈRE jeune métisse Blanchisseuse-lingère , naissent huit enfants dont six seulement atteindront l'âge adulte. Comme c'est souvent le cas aux Antilles dans ce temps-là , ce couple ne légalise pas son union, semble-t-il la mort survenue trop prématurément ne leur en laisse pas le temps car, car dans la plupart des cas, les couples régularisent leur union quelques années après la naissance de un ou même plusieurs enfants. En tout cas dans notre généalogie antillaise, cela se vérifient pour beaucoup de nos ancêtres. Pour exemple, mais qui est loin d'être un cas isolé, notre ancêtre Ildegonde LABOSSIÈRE contracta successivement plusieurs unions dont chacune donna naissance à des enfants.

Mais pour en revenir à l'union non-légalisée du couple de Isidora LABOSSIÈRE et Jules BEDIAT à cause de la survenue de la maladie entraînant prématurément la mort, il est à noter que la médecine d'hier, loin d'en être au point où elle en est de nos jours, ignorait tout des antibiotiques autant que des techniques de prévention, si bien que l'espérance de vie n'était pas ce qu'elle est devenue. C'est ainsi que trop souvent dans les familles, quand ce n'était pas le jeune père, qui restait désemparé, à devoir élever seuls ses jeunes enfants parce que la jeune maman était morte en couches ou des complications de celles-ci, http://www-ulpmed.u-strasbg.fr/medecine/cours_en_ligne/e_cours/obstetrique/suite_couches_patholo.pdf, emportée par une hémorragie ou une fièvre puerpérale, c'était la jeune mère qui élevait seule ses jeunes enfants dont le papa avait subitement et prématurément été emporté par une crise cardiaque ou tout autre pathologie. L'électrocardiographie n'ayant fait ses premières apparitions que dans la deuxième moitié du XIXème siècle http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectrocardiographie, le plus souvent en matière de santé, il fallait s'en remettre presque essentiellement au facteur chance et celui-ci ne se trouvait pas dans tous les cas au rendez-vous, trop souvent le drame se produisait et si les jeunes parents antillais n’avaient pas pris les précautions materrielles nécessaires, à la peine venait en plus s'ajouter une situation de précarité dont la famille se serait bien dispensée.

Il en fut ainsi pour Jules BEDIAT et sa famille. La jeunesse et l'énergie de ce jeune papa ayant fait office d'invincibilité, il n'avait pas jugé urgent, à trente cinq ans, d'officialiser si tôt une union qui pourrait toujours l'être plus tard. Aussi, quand il fut prématurément emporté, il laissa Isidora LABOSSIÈRE encore plus désemparée qu'elle ne l'aurait été si avec ses enfants elle s'était trouvée à l'abri du besoin matériel. Ce qui, nous le découvrirons, ne fut malheureusement pas le cas.

Pour ces mêmes raisons, le patronyme de Isidora LABOSSIÈRE fut aussi celui qui sera porté par toute la descendance de ce couple.

Ainsi fut-ce le cas pour fratrie ci-après en photo, classée dans l'ordre chronologique des naissances :CHRISTIAN_visage.jpgFAM.LABOSSIERE_001.JPG1945. Robert Charles René (dit René) LABOSSIERE_1.jpgFernande_LABOSSIERE.jpgERNEST.jpgEDMOND_le_6eme.jpg

Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas ci-dessus, les enfants nés du couple de Jules BEDIAT et Isidora LABOSSIÈRE :

Tandis qu'il n'en fut pas de même pour le premier-né, Victor Jules Bertrand VICTORIN-PIERRE ; lequel, n'ayant vécut qu'une année, décéda avant la date de reconnaissance de sa mère Isidora LABOSSIÈRE par son père Ildegonde LABOSSIÈRE.


 3.25 - Isidora LABOSSIÈRE, la belle et courageuse blanchisseuse-lingère


Coiffée de son bakwa (chapeau de paille aux larges bords) pour se protéger des ardeurs du soleil : Les tenues vestimentaires : Les vêtements de tous les jours, Les vêtements pour les grands jours, Le madras, http://antanlontan.chez-alice.fr/vetement.htm#haut, Les bijoux : http://antanlontan.chez-alice.fr/phobijou.htm#haut, sous le bras son vaste tray (corbeille utilisée en Martinique par les lavandières pour porter le linge), Isidora file vers la rue de la Liberté où on l’attend au Grand Hôtel Bédiat (Sur la photo en ma possession, dont l'original fait partie d'une collection privée, les lettres manquantes dans le présent texte sont illisibles parce que cachées par le feuillage du gros arbre planté en façade, à la droite de son kiosque. Au fil du temps, l’hôtel a changé plusieurs fois de nom. Devenu à une époque Grand Hôtel de l'Europe, en 2002 lors de mon dernier voyage en Martinique, il était Le Lafayette).

De la rue Blénac où elle demeure en famille, dix minutes à peine la séparent du prestigieux Grand Hôtel Bédiat où, depuis fort longtemps elle a ses habitudes, est connue, estimée, respectée par tout le personnel du patron qui lui, mène rondement son affaire, dans le souci du maintien d’un prestige et d’une indiscutable renommée.

Le patron n’étant autre que Jules BEDIAT, compagnon de vie de Isidora LABOSSIÈRE, et en même temps père de leurs enfants. Une bien jolie famille dont ils ont de vraies raisons de se sentir fiers.

La famille (au sens large du terme) : L'éducation des enfants, leur rapport aux adultes dits les grandes personnes, le quotidien des enfants, les punitions : http://antanlontan.chez-alice.fr/lafamill.htm

Séduisant certes il l'est le patron, avec son teint clair, son regard de jade et ses cheveux blonds et fins aussi soyeux que de la soie. Et quel bien bel homme ! Irrésistible, ça oui ! Et quelle classe !

Pour bon nombre de ses admiratrices, des békés à l'affût d'un beau parti pour la plupart, habituées à fréquenter les salons les plus en vue de l'île, de vraies raisons de pâlir de jalousie à l’égard d’Isidora.

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Les différentes coiffes des femmes martiniquaises, et leur signification

D’autant qu’il ne faut pas croire, pas davantage que lui elle n’est dépourvue d'atouts la belle capresse dont la beauté, quoique sans artifice, suffit à elle seule à créer la distance mais ne peut empêcher l’envie qu’elle suscite en ses rivales. Quoi qu’il en soit, même s’il lui arrive de lire le dépit dans certains regards féminins qu’elle croise, point de raison d’en prendre ombrage car il est des attitudes de Jules qui ne laissent planer à son égard aucune ambiguïté quant à la nature des sentiments qu’il lui porte. Elle est sûre de lui comme elle l’est d’elle-même et elle a raison de l’être !

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Sur la photo ci-dessus, des lavandières martiniquaises, probablement au Panama lors de la construction du canal. Les Antillais y étaient nombreux.

A croire que chacune de ses grossesses l’épanouit chaque fois un peu plus. Il est vrai un rien plantureuse, mais justement, là est son charme ! Une cambrure, Madame ! Et un buste, je ne vous dis que ça ! Des rondeurs juste où il en faut et pas plus qu'il n'en faut, une taille bien prise, altier et fier un port de tête encore accru par la chevelure crépue et dense, très haut ramassée en chignon. Le rire dans les yeux, autant que dans la voix, accentue encore l'attrait qui émane de l'expression de son regard mobile et pétillant, avec lequel naturellement et spontanément elle joue car elle en connaît tout le magnétisme.

Mais elle n’est pas seulement belle, notre Isidora, elle est également mère au vrai sens du terme, ainsi qu’une menace plâne sur sa couvée, et la tigresse qui sommeille en elle ne surgit d'un bond. Pieuse elle l’est, c’est certain. Pratiquante quelquefois mais uniquement quand sa maisonnée lui en laisse le temps. En tous cas, toujours pour les principales fêtes religieuses elle trouve le temps de filer à l’office. Travailleuse, méticuleuse, courageuse, tenace, volontaire, efficace, indéniablement tout cela elle l'est. Le sens de la fête et du rythme, la danse, le rire sonore et communicatif, couleront en ses veines tant que battra son coeur. Quelques notes de musique et déjà tout son corps frémit. Avec cela, quelle fine mouche !... Point n'est besoin de mots que déjà dans les yeux de son enfant, l'intention qu'il a de faire une bêtise. Autoritaire ? Pas vraiment mais, selon les circonstances, sévère, oui, un brin elle peut l’être. Coléreuse ? Et comment !...si nécessaire ? Exigeante ? En tout cas dans le domaine éducatif, c’est certain ! « Quelles que soient les circonstances, diront plus tard ses enfants, il était des valeurs sur lesquelles elle ne transigeait jamais !

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lessiveuses/lavandières à la Martinique

Aujourd'hui étant son jour de ramassage du linge, tôt ce matin, les femmes de chambre ont à la buanderie déposé à son intention la grande corbeille d’osier tressé dans laquelle elles avaient entassé le linge sale de la semaine: draps de lits, serviettes de toilette, draps de bain, torchons, nappes et serviettes de table. La clé de sa réputation en dépendant, le Grand Hôtel ne lésine pas sur la qualité du service. La moindre petite trace de salissure, et hop, au sale !

Un petit mot par ci un autre par là, quelques paroles amicales échangées avec l'une et l'autre, quelques bons mots juste pour le plaisir d’en rire ensemble, un bref passage à l'office pour avaler la tasse de café qui vient de lui être servi, et hop, échange de bons procédés oblige, son tray vide ayant été déposé à peine arrivée, sans vaciller elle hisse le plein sur sa tête, et aussitôt, de sa démarche nonchalante, de son pas balancée et régulier, notre marcheuse peut aller loin ! En tout cas jusqu’à la rivière.

Un moment plus tard, en tenue de travail nous l'y retrouverons en plein ouvrage participant avec ses compagnes au caquètement général. Pour ne pas se sentir gênée ou limitée dans ses mouvements, chacune ayant glissé dans sa ceinture le bas ramassé de sa robe haut relevée, bras libérées des manches non enfilées et nouées entre elles sur le devant du décolleté, la journée de nos lavandières est largement entamée.

Dans un premier temps, Isidora s'est comme à l’habitude appliquée à bien imprégner d'eau son linge puis, par petits tas, l’a déposé sur les gros galets entre lesquels l'eau vive court.

Cette première étape terminée, elle a pris soin de bien frotter de savon de Marseille les différentes pièces, puis ensuite d'examiner une à une chaque pièce et, si nécessaire de savamment savonner à nouveau celles qui le nécessitent, les frottant vigoureusement en insistant bien sur les taches pour en expulser toute la crasse, surtout celle des torchons où elle est particulièrement tenace, mais aussi celle des tapis et gros draps de bains.

Maintenant, de ses deux mains et en y mettant les bras, elle empoigne énergiquement les grosses pièces tout alourdies d’eau, les tord, les bat sur les roches, les tord encore, tchisss tchisss, les tchokent, les tord à nouveau et, encore tout imprégnées de savon, elle les étale au soleil au sec sur les rochers pour qu’elles blanchissent, et pour en activer le branchiement, de temps en temps mais régulièrement, elle les arrose avec l’eau dans laquelle elle a mêlé de la cendre.

Mais le travail n'altérant pas la bonne humeur, nos joyeuses lavandières bavardent, caquètent, rient à gorge déployée et, la conversation se jouant des Mornes et des champs de manioc, comme sucriers et colibris voletant sur hibiscus et pommes cannelle , celle-ci file de Bellefontaine à Case-Pilote, du Lamentin au Trois Îlets. Un petit arrêt au Prêcheur, et hop, elle glisse vers sa rue Case-nègre. Moins de trois tours de langue il lui aura fallu pour refaire toute l'île ! Ah ké bel pay, Madinina !

Et pour se donner du coeur à l'ouvrage, les voilà entonnant en chœur et à tu-tête... Doudou en moin, ica parti, men ka émé et pou toujou... Fo pas croi, lé pa si loin leu jeun' tan ! ’’’’’’Bon mais trêve de plaisanterie ! Le travail ayant beau être bien avancé, on n'est pas là que pour rigoler !

L'eau maintenant claire, bien expulsée du linge bien rincé sans plus aucune de traces de savon, fermement tordu et essoré, rassemblé et tassé dans son tray chargé sur sa tête, de sa démarche chaloupée et nonchalante, notre marcheuse au port altier, en pensant à l'apprêt, prochaine étape de sa tache, et pas des moindres, tourne le dos à la rivière.

Là, à l'exception de celui de toilette et de corps qui, le plus possible, devra conserver sa douceur, très soigneusement, elle trempera une à une toutes les pièces dans le bain de moussache qu’elle aura préparé (amidon tiré de la racine de manioc et délayé dans de l’eau très chaude). ’’’’’’Puis, une fois terminée cette autre étape, un peu séché mais pas trop, juste ce qu'il faut pour lui conserver une certaine souplesse, elle repassera son linge.

Pour cette partie-là de la tâche, Isidora dispose de plusieurs karo (fers à repasser en métal), qu’en les posant directement sur les braises de charbon de bois qu’elle a allumé, elle met à tour de rôle à chauffer.

Pour s’assurer de la température de la semelle de celui qu’elle saisit, elle approche le fer de sa joue puis, d'un coup de chiffon sec bien appliqué, elle la nettoie et, d'un nouveau chiffon imprégné cette fois de cire de bougie, elle la frotte une deuxième fois afin qu’elle glisse bien sur le tissu.

Tout au long de ces dures journées de labeur, où d'un geste sûr elle manipule sans cesse ses fers au-dessus des braises, à repasser dans la vapeur de la moussache, Isidora transpire à grosses gouttes. Aussi, afin s’épargner de la congestion (le chaud et froid) qui rarement pardonne, elle s’applique autant que possible à demeurer prudente.

Pour tous les gestes de son métier de blanchisseuse-lingère, les yeux fermés on peut lui faire confiance car elle n'en laisse aucun au hasard. Son sens des responsabilités toujours en alerte, elle est méticuleuse et aime le travail bien fait. Aussi, pour éviter de perdre ou détériorer les pièces du linge qui lui est confié, elle prend mille précautions et ne se ménage pas, et plutôt cent fois que pas du tout, elle les compte une à une afin de s’assurer que toutes sont à l’appel.

De la même façon pour sa santé, elle évite les imprudences et afin de ne pas inutilement s'exposer aux risques du métier, et dieu sait qu’ils existent, elle veille à suivre autant que possible les recommandations transmises par la parole depuis des générations et des générations de blanchisseuses.

Ces règles qui ne les connaît pas ? Rappelons ici les principales transmises de générations en générations de lavandières : au cours d’une journée de repassage surtout garder le même vêtement, ne jamais toucher l’eau, éviter de sortir dans la fraîcheur, ne pas s’exposer aux courants d'air et à la pluie, ne manger sous aucun prétexte certains fruits tels la banane ou la mangue qui refroidissent l'intérieur du corps.


Mais certes depuis, les années se sont ajoutées aux années, depuis ce jour tragique de 1907 où toute la vie de la famille bascule en même temps que celle de Jules, soudainement fauchée en pleine force de l'âge !

Ah mon dieu, qui aurait pu croire cela ?! Comme la vie a changé depuis ! Qu'il est loin le bonheur d'alors, quand le repas du soir réunissait la famille au complet autour de la grande table familiale et que souvent fusaient les rires des enfants insouciants !

Bien sûr, prudente déjà il était dans sa nature de l'être lorsqu'en toute sérénité, elle pouvait compter sur le solide appui de son mari mais, maintenant que l'entière responsabilité de subvenir aux besoins des siens repose sur ses seules épaules, pas question de commettre l'imprudence qui risquerait de mettre en péril sa santé.

Bien qu'elle soit souvent tentée de se laisser au découragement, une fois pour toutes elle se l'est interdit, du moins devant ses enfants. Prier et serrer les dents à en crier mais garder le cap et agir, et elle en est sûre, Dieu pourvoira au reste !

Depuis qu’elle pratique le métier combien n’en n’ont-elles pas vu ses mains, des piles et des piles de linge : du sale, du propre, du à repasser, du déjà repassé ! Blanchisseuse attitrée du Grand Hôtel, elle en était fière et malgré parfois sa fatigue, elle l’exerçait dans la joie.

Maintenant et depuis deux ans et dix mois que Jules s’en est allé, pas un seul instant sans que sa pensée n’aille vers lui et aucun lieu qui ne le lui rappelle. Et puis ici, qui ne connaissait pas Monsieur Bédiat ?

A commencer par leur maison de la rue Blénac, le marché où elle faisait leurs provisions et où à chaque pas elle croise ou rencontre un visage connu, la Savane où leurs garçons jouaient au football sous le regard vigilant de leur papa qui, depuis la caisse de l’Hôtel jetait souvent un œil sur eux. Mais que dire alors, quand pour le linge il lui faut se rendre au Grand Hôtel pour subir en plein cœur la criante et terrible absence de l’homme que jamais elle ne cessera d’aimer.

Elle et Jules se sont tant aimés ! Et leurs enfants, tous les deux les chérissaient tant ! Il fallait les voir s’occuper d’eux ! Irréprochables il les voulait ! De leurs garçons, il voulait faire des Messieurs qui plus tard, quand ils seraient grands, leur feraient honneur, disait-il. Fière d’avoir été choisie par Jules, lui qui parfois lui disait « tu m'en as donné de beaux enfants ma Doudou ! »

Pourtant si ce n’avait été son chagrin, car forcément on ne se remet pas de la perte d’un être tel que Jules ! côté santé heureusement tout allait bien ! Il est vrai qu’on ne peut cumuler tous les malheurs ! Et puis quoi qu’il en soit et aussi cruelle soit sa peine, elle se devait de tenir bon n’était-ce que pour les enfants pour lesquels la vie continuait !

Lasse, souvent elle l’est surtout depuis que Jules n’est plus mais c'est encore bien pire aujourd’hui où elle se sent comme ...écrasée de lassitude ! Alors, côté moral, ça peut pas aller bien fort... !

Déjà hier samedi, le matin en se levant, elle ne s'était pas sentie bien et ensuite, toute la journée elle avait peiné pour faire ses affaires, et le soir quand cette douleur l'avait prise dans la poitrine, elle s’était sentie un peu fiévreuse et tout au long de la nuit suivante au cours de laquelle il lui avait été impossible de trouver le sommeil, elle avait eu chaud, très chaud, ... sans doute la fièvre et sur le matin, quand elle avait fini par émerger du sommeil dans lequel elle avait fini par sombrer, elle avait soudainement et brusquement cru sa dernière heure venue. Une brève et violente douleur lui transperçant la poitrine avait été suivie d’une terrible impression de manquer d'air...

Le mal, maintenant elle en était sûre, c'est vendredi qu'elle l'avait pris. Tandis qu'elle repassait et que la transpiration lui ruisselait dans le dos, l'après-midi, à un moment, elle avait subitement senti le froid puis, tout de suite après, un terrible frisson l’avait secouée de la tête aux pieds. Maintenant en y réfléchissant, elle ne pouvait plus en douter, c'est à cet instant précis qu'elle avait commencé à ressentir cette bizarre sensation de brûlure à chacune de ses inspirations... Pourvu que...

En même temps que l'angoisse monte, Isidora tente pourtant de se rassurer. Mais non, mais non, c’est impossible ! Une bonne journée de repos suivie d’une prochaine nuit de sommeil et sans doute tout ira mieux ! Enfin, elle espère...

Pourtant, impossible de ne pas s'alarmer car c'est quand même pas tout à fait normal cette douleur qui lui serre de plus en plus la tête. ...Et cette drôle de toux ! Même, sa grande fille Appollinaire Juliana LABOSSIÈRE n’a s’en est alarmée et a insisté pour qu'elle s'allonge et se laisse poser des ventouses. Mais hélas, les ventouses n'ont rien donné !...

Au contraire même, depuis une heure ou deux, elle est de plus en plus oppressée et a de réelle difficultés à trouver sa respiration. Et si elle allait manquer d'air... Pourvu que... Alors, en silence Isidora se met à prier « Ô mon Dieu, protégez-moi et protégez mes petits qui ont tant besoin de moi ! Faites que tout rentre dans l’ordre !

Mais cette fois-ci, le Bon Dieu semble devenu sourd et Isidora ne pense plus qu’à ses enfants, surtout ses plus petits, pourtant René René Robert Charles René LABOSSIÈRE non plus n'est pas bien grand... Tout à l'heure quand elle s’est un peu levée, elle a lu une terrible angoisse dans ses yeux, seulement l’angoisse car il ne disait rien. Il ne parle jamais beaucoup cet enfant mais il a tellement des yeux qui parlent ! Et cette fièvre qui ne baisse pas... D’instant en instant, Isidora se sent de plus en plus mal, et maintenant voilà que même sa vue se trouble...

»Essaie de dormir Mamman ! » La supplie une nouvelle fois Juliana agenouillée tout près de son lit, « le temps que je prépare le repas des petits ».

Brusquement, les évènements se précipitent. A peine quelques minutes que Mamman semblait s’être assoupie que déjà, depuis la cuisine où elle se trouve, Juliana, croit soudain entendre un bruit inaccoutumé, comme un râle venu venant de la chambre où repose sa mamman.

Aussitôt elle s’y précipite pour la trouver haletante, cherchant son souffle, brûlante.

La suite se laisse seule deviner. Appelé d'urgence à son chevet par une voisine alertée par les plus jeunes, le médecin arrive un moment plus tard et ne cherche pas à dissimuler son inquiétude. D’ailleurs son diagnostic ne laisse guère d’espoir pour une issue autre que fatale d’autant que, la malade est déjà inconsciente.

Hélas, quelques minutes plus tard, la réalité donne raison au médecin. Sans même qu'elle ait pu embrasser une dernière fois ses petits, la vie vient de la quitter, laissant seuls au monde, six orphelins terriblement désemparés, dont le petit René René LABOSSIÈRE tout juste âgé de onze ans.


 3.26 - René LABOSSIÈRE, l'orphelin privé d'enfance, pour s'élever dans l'échelle sociale (pour user de l'expression de nos jours consacrée), gravit marche après marche, ...l'escalier que lui-même se construit.

En tant que descendant en ligne directe directe de Pierre Michel LABOSSIÈRE et de Claire LAFLEUR , parmi nos deux plus lointains ancêtres répertoriés il est un individu-charnière de notre lignée antillaise. Pour cette raison, il me semble important de m'attarder un peu longuement sur ce que fut la vie et plus précisément la jeunesse de ce quatrième enfant du couple formé par Isidora LABOSSIÈRE et Jules BEDIAT.

A peine son septième anniversaire venait-il de sonner, l'âge de raison pour l'enfant dit-on, celui aussi où en règle générale le petit garçon s'identifie à son père et rêve de lui ressembler que, soudainement, la faucheuse lui avait cruellement raflé son papa âgé seulement de trente cinq ans et dont il était si admiratif.

Quand le 18 février 1912, sa maman lui fut tout aussi brusquement et prématurément ravie alors qu'elle n'avait que quarante ans, le petit René lui, avait onze ans.

Incroyable destinée que celle de ces enfants, frappés deux fois en cinq ans par la cruauté du destin !

Réalité ou cauchemar ? Cauchemar ou réalité ? Deux éléments si intimement imbriqués et confondus que le petit garçon n'est plus en mesure de dissocier l'un de l'autre et, de toute façon, à quoi lui servirait-il d'y parvenir puisque, hormis peut-être la faim qui en tenaillant douloureusement son estomac lui permettra d'oublier un peu son chagrin, il sait déjà que l'absence des êtres qu'il aimait le plus au monde laissera pour toujours son cœur à vif.

Et puis les semaines, les mois, les années ayant passé, lentement, jour après jour, sa douleur finit par un peu s'atténuer et l’enfant reprit goût à la vie. Malgré tout, de l'insouciance du petit garçon qui autrefois riait aux éclats en jouant au football avec ses frères sur la Savane jouait , il n'est plus qu'un vague souvenir. Un voile de gravité s’est posé sur son regard sombre, ses joues se sont creusées, son corps déjà très mince s’est incroyablement étiré. Sans doute sera-t-il grand et, s’il n’était pas aussi maigre, même ses vêtements encore à sa taille voici quelques mois, ne lui iraient plus du tout aujourd'hui. Il est vrai que pour les faire encore durer, il est obligé de tirer sa chemise pour en faire rentrer les pans dans sa ceinture dont sans cesse elle s’échappe et sa culotte est maintenant tellement courte qu’il ne va plus pouvoir reculer pour faire les frais d'une nouvelle. Pareil pour ses chaussures. Son pied a tellement grandi que même le fait d'en avoir coupé le bout pour libérer ses orteils et de marcher sur le contrefort ne suffisent plus, il va devoir les remplacer.

Outre la perte de ses parents, il a déjà dû faire face vu son jeune âge, à un nombre incroyable de difficultés matérielles : gagner sa subsistance en se présentant le soir à l’arrivée des pêcheurs en espérant être embauché pour tirer avec eux sur la plage les filets lourds de thons, laver tant bien que mal son linge afin de ne pas avoir l’air d'un mendiant, et aussi ne jamais manquer l’école et étudier sérieusement afin d'un jour accéder au métier de comptable, si possible d'expert-comptable auquel il aspire depuis le seuil de son adolescence. Car s'il est fier et ambitieux, René, il n'est pas pour autant utopiste car étant bon en mathématiques, il a conscience qu'en travaillant beaucoup il peut y parvenir mais il n'ignore pas non plus que le chemin pour lui sera d'autant plus long que dans le même temps, il lui faut gagner son pain quotidien et se loger ! Et sa priorité dans l'immédiat est surtout calmer cette faim qui la plupart du temps le tenaille au point de perturber son sommeil.

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Ci-dessus sur la photo, pêcheurs tirant les filets à Sainte-Marie (Martinique)

Le temps a vite passé pour René qui n’a rien vu venir. Ce n'est seulement que maintenant qu'il vient de se rendre compte que l’enfance a filé sans qu'il ne l'ait vu le quitter. Quand sa maman est partie à peine venait-il d'aborder son adolescence… et voilà que déjà il est presque un homme !

C’est demain, ou plutôt tout à l’heure qu’en qualité de mousse il va embarquer sur un bananier en partance pour la métropole pour une traversée de onze jours ; et là-bas, bientôt, s’il n’est pas déjà parti pour la guerre mais hélas vu les bruits... rien n'est moins sûr ! il retrouvera son frère aîné Christian LABOSSIÈRE et Laure BOUE, sa jeune femme d'origine ariégeoise qu'il a épousée voici quelques mois, et que René n’a encore jamais rencontrée. A Bordeaux, le jeune couple a même déjà fait construire une jolie maison !Enfin, pour la guerre, espérons !René rêve à sa nouvelle vie, celle qu’il se fera à Bordeaux. Sûrement il y trouvera rapidement du travail, d’autant plus aisément qu'il est prêt à accepter n'importe quel travail même pénible, pourvu qu’il soit honnête et il ne sera ni exigeant pour la rémunération, ni il ne comptera sa peine ! Sa seule volonté, c’est gagner sa vie. Pour suivre les cours qui lui permettront d'accéder au métier qui lui plait et ensuite il verra. De toute manière s'il parvient à mettre le pied à l’étrier, ce dont il ne doute pas, pour la suite il se fait confiance puisque travailleur il l'est, courageux, tenace, persévérant et ambitieux aussi ! Ces qualités indispensables étant il en est sûr le gage d'une réussite assurée. Que l’opportunité se présente et les échelons il les gravira un à un !Si Dieu le veut, rien ni personne ne pourra lui mettre des bâtons dans les roues ! Il s’est déjà trop battu pour baisser les bras avant d'avoir commencé !

René LABOSSIERE en était sûr, il avait pensé à tout, sauf sans doûte à l’essentiel, à savoir qu'en toutes circonstances, l'Homme propose mais Dieu dispose !

Lors de l’embarquement, tout se déroule comme prévu : une fois son chargement achevé, le bananier appareille.

Les deux premiers jours, tout continue à se passer sans trop d’encombres sauf pour le soir de ce deuxième jour, où il a un peu mal à la tête comme lorsqu’il était petit et qu’il se sentait un peu malade. Mais sa maman avait, pour soigner ses petits tellement de recettes bien à elle, qu’ils se remettaient toujours de leurs petits bobos.

Mais les vraies difficultés c’est au matin du troisième jour qu’elles commencèrent, avec une grosse fièvre qui le cloue littéralement au lit.

Le quatrième jour, il se réveille plus mal en point encore que la veille et avec en plus de la fièvre toujours très forte, un violent mal à la tête, le ventre douloureux, les genoux et les poignets gonflés et endoloris. Tout comme la veille, il ne peut se lever.

Le matin du cinquième jour, il est tellement nauséeux qu’à peine debout il est pris de vertige et ne peut rien avaler et même vomit ; suite à quoi, comme les jours précédents, il est prié d’aller se recoucher.

Et puis il ne compte plus les jours, il n'en a plus la force, au lieu de s'améliorer son état a continué à sérieusement empirer et les douleurs dans la poitrine l’empêchent maintenant de bien respirer.

Son état de santé le rendant inapte à remplir son contrat , son débarquement lui est signifié et lors d’une escale, il est débarqué. Escale prévue ou forcée ? Le jeune homme se trouve dans un tel état de délabrement et de lassitude qu’il serait bien incapable de savoir ce qu'il en est exactement.

Nauséeux, tenant à peine sur ses jambes, douloureux dans tout son corps, le souffle court, on l’a planté là, sur ce quai, son mince baluchon sur les bras. Même pour un pauvre chien galeux, on ne s’y serait pas pris avec moins d'égard. Quel est ce quai ? Où est-il ? Dans quel pays ? Une île ? Que va-t-il advenir de lui ?

Mais que lui importe pourvu qu'il puisse dormir... Il est tellement, tellement fatigué ! Dormir, oh oui ! dormir…

Quand René LABOSSIERE ouvre les yeux, il n’aperçoit plus les bateaux et, chose étrange, il n’est même plus à l’extérieur mais allongé sur une natte, dans une case dirait-on. Autour de lui, s'activent deux ou trois femmes et un vieil homme. La plus âgée d'entre elles lui frictionne l’intérieur des poignets avec …une sorte de pommade de laquelle se dégage une odeur de plantes aromatiques. D’ailleurs de tout ici se dégage cette même senteur d'aromates.

Toujours dans cette langue étrangère, la plus jeune des femmes qui a glissé son avant-bras sous sa tête afin de la lui soulever, verse très doucement quelques gouttes d'un breuvage ayant lui aussi ce même goût d'aromates entre ses lèvres craquelées et encore brûlantes de fièvre,.

Sans doute plusieurs heures ont-elles passées depuis qu’il est là. Il ne sait toujours pas où il se trouve mais à l’expression des visages qui l'entourent il est sûr que ces gens ne lui veulent aucun mal, bien au contraire.

Jour après jour, semaine après semaine, lentement le jeune homme se remet pour, finalement, complètement se rétablir.

Avec les moyens dont ils disposaient et selon leurs rites et traditions, sans rien attendre en retour et avec un infini dévouement, ces femmes et ces hommes l'avaient accueilli, nourri, soigné, dorloté de la même façon sans doûté qu'ils l'auraient fait pour l'un des leurs. Etaient-ils "sorciers", s'interrogeait tout haut René LABOSSIERE ?... en tous cas, s'ils l'étaient ajoutait-il s'adressant à nous en souriant, c'était dans le bon sens du terme !

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ci-dessus, de gauche à droite et du haut vers le bas,


 3.27 - Marc LABOSSIÈRE et son parcours atypique, intitulé Voyage en pays singulier, en dehors des chemins balisés

  • SA NAISSANCE

Nous sommes en 1988, les deux jeunes médecins viennent de me remettre le compte-rendu que je suis venue chercher en vue de ma demande de mise sous tutelle de mon frère Marc LABOSSIÈRE. Ce compte-rendu rédigé 50 ans plus tôt par l’obstétricien qui a accouché notre mère, laquelle a, le 19 décembre 1937 mis au monde l'enfant.En découvrant en même temps que moi le contenu de ce document, ils m'interrogent sur ce qu'a été sa probablement courte vie.Selon eux, il est évident que le manque d'oxygénation subie au cours des premières heures de son existence avait forcément eu de graves et irréversibles conséquences sur le cerveau de l'enfant.

Aussi en apprenant que son entrée manquée dans le monde n'avait à l'inverse pas entraîné des conséquences aussi dramatiques qu'ils le pensaient, du moins à court et moyen termes cer plus tard le processus d'aggravation s'accélèrera, ils ne dissimulent pas leur étonnement.S'il en avait été ainsi, me dirent-ils, l'enfant était, c'est à croire, doté à sa naissance d'un potentiel vital hors du commun, augmenté d'une résistance physique et d'une capacité intellectuelle aussi peu communes. Ceci laissant à supposer que si l’accouchement de notre mère s’était déroulé dans de bonnes conditions, ou si du moins une césarienne avait été pratiquée comme cela aurait dû être le cas, il y a fort à parier que l’avenir de Marc LABOSSIÈRE aurait été moins compromis.

Ci-dessous retranscrit, le compte-rendu médical tel qu’il fut rédigé le dix-neuf décembre mil neuf cent trente sept à la maternité de Bagatelle à Talence :Compte-rendu de l'accouchement de Jeanne Yvonne PRATVIEL épouse LABOSSIERE lors de la naissance de son fils Marc :

Entrée le 19/12/1937, Sortie le 9/01/1938LABOSSIERE : 36 ansPathologie : Mari opéré de gastrectomie (hématémèses)Utérus volumineuxAccouchement le 19/12/37Début du travail : 18/12 à 22HDilatation : le 19 dans la matinée, la dilatation n'est qu'à son début. Les contractions sont mal supportées.Spalmalgique 1 centic.A 12H la dilatation est à 0,50. Spalmalgique 1 centic.A 15H dilatation de 1F. Tête franchement engagée. L'enfant paraît volumineux. Les (?)...(illisible) sont bons.A 17H, 5F.A 22H palmaire (?) le col paraît relativement souple.A 23H30, la malade est très fatiguée, la dilatation ne progresse plus. Dilatation manuelle sous chlore. Forceps en O1gp (?). Descente assez laborieuse, lente, par tractions modérées ; rotation en 01gu (?). 2ème application et extraction lente aidée d'une large épisiotomie et d'expression (?) - Circulaire -Enfant en mort apparente très difficilement ranimé. Ribemont -Respire après 1/2 heurene crie qu'après 2H.Délivrance : naturelle complète 1/2 H après.Signature des : Accoucheur et élèves gardes-malades.État de la mère à la sortie : BonSexe : masculin. Poids 4KÉtat physique : mort apparente, très difficilement ranimé.Alimentation : au seinObservation : furoncle au-dessus de l'ombilic survenu 15 jours après naissance. Incisé par Dr GAUTRETÉtat de l'enfant à la sortie : très bon.


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  • SON MILIEU FAMILIAL

Nos parents, René LABOSSIÈRE et Yvonne PRATVIEL, tous deux issus d’un milieu de petite bourgeoisie.

Notre mère (européenne), très maternelle, tendre, aussi douce qu'énergique, cultivée, femme d’intérieur, rien que du positif.

Notre père (métis martiniquais), d’excellente éducation, cultivé, persévérant, possède de réelles qualités. Malheureusement sur le plan familial, époux et père aussi intolérant que tyrannique que violent. Sa profession, expert-comptable.

Les Enfants : en plus du fait que la France soit en guerre, l’atmosphère familiale est lourde et extrêmement angoissante durant notre jeunesse. Rigoureux à l'extrême, notre père considère que l’éducation d’un enfant passe nécessairement par son dressage, qu'il n'a pas à exprimer d'états d’âme, qu'il doit obéir et seulement obéir et que, faute de cela, une bonne fessée ou une volée bien appliquée au ceinturon sont les meilleurs remèdes pour sa remise sur le droit chemin. « Fais ce que je te dis de faire et ne fais pas ce que je fais », « Ça passe ou ça casse », « Je suis ton père nègre et non ton nègre » sont ses devises éducatives.


  • SA PETITE ENFANCE ET SON ADOLESCENCE

Si Marc LABOSSIÈRE se révèle être dans son enfance un élève très moyennement doué, cela ne l'empêche pas d'acquérir dans des délais tout à fait acceptables, la lecture, l’écriture, le calcul, les matières de bases en général.

  • 1942/43

La tension familiale créée par notre père étant devenue insoutenable, notre mère a pris la décision de se séparer de lui et de quitter provisoirement Bordeaux pour s’en aller avec ses enfants vivre à Aglan dans le Lot, où elle a trouvé à se placer. En échange de la nourriture et d'une très modeste rémunération, son rôle sera de faire la lecture et de rédiger le courrier du vieux monsieur D devenu presque aveugle.La maîtresse des lieux qui l'a embauchée n'éprouve en général aucune attirance pour les enfants mais maman ayant refusé de se séparer des siens, elle a accepté la présence de mon frère et moi-même,

J'apprendrai beaucoup plus tard par maman que durant cette période là, Marc est victime d’un pédophile. Lequel n'étant autre qu'un descendant de monsieur D. Premier choc émotionnel pour mon frère.

Au cours de cette même période, survient le dynamitage par des résistants d’un convoi ferroviaire en gare de Soturac, proche de quelques centaines de mètres de la maison des D, entraînant son déraillement suivi d'une puissante déflagration, très violemment ressentie jusque dans la cuisine où nous nous trouvons tous les trois réunis. Notre mère achevant de préparer notre déjeuner, nous les enfants debout auprès d'elle dans l'attente qu'elle nous serve. Impossible en cet instant d'imaginer à l'imprévisible réflexe du petit garçon, aussi soudain qu'immédiat. Lequel, chaussé de chaussons d’intérieur, vient de sauter à pieds joints sur la cuisinière presque rouge, s’y brûlant cruellement la plante de ses petits pieds. Deuxième choc émotionnel pour l'enfant.

  • 1943/44

La famille est à nouveau réunie dans notre échoppe bordelaise de la rue du Lieutenant Delvert.Ce jour-là, maman donnant la main à Marc, attendent leur tour dans la longue file de clients s'étirant devant de la charcuterie de la place St-Augustin. Le tramway en train de passer à quelques dizaines de mètres de là, soudain déraille dans un bruit infernal suivi d’un enchevêtrement de ferraille tordue et disloquée. Vient-il d'être touché par un obus ? On ne le sait pas encore, mais ce qui est visible ce sont les corps étendus là pêle-mêle, parmi lesquels des morts et des blessés pas encore dénombrés, dont certains très grièvement atteints, n’en réchapperont pas on ne l'apprendra que plus tard. Dans une panique générale, des gens terrorisés s’enfuient se mêlant à la foule grossie des clients des files attendant devant les alimentations environnantes. C'est à partir de cet évènement-là, que Marc qui vient de subir son troisième choc émotionnel, développera un bégaiement qu’aucun traitement ne pourra enrayer.

  • 1945

Espérant ainsi compenser les carences alimentaires subies par sa famille durant toutes ces années de restrictions, notre père vient de faire l’acquisition d’une propriété à Cambes dans le Lot et Garonne. C'est là que s'installera la famille qui y demeurera jusqu’aux environs de 1950.Marc et moi-même, sommes scolarisés dans la classe unique de la petite école du hameau. Certes, chacun sait à quel point il est courant que les enfants peuvent entre eux se montrer cruels, mais ce qui l'est moins connu, en tout cas moins au grand jour, c’est la sournoiserie et la lâcheté de certains adultes, dans ce cas précis il s'agit de l'enseignant chargé de notre classe. Cet instituteur-là, boiteux de surcroit, au sens propre autant qu'au figuré, pensant faire de l'esprit en prenant à témoins d'autres de ses élèves, il s'en prend souvent à mon frère en le traitant bêtement de négro, surnom qui trop longtemps lui collera aux basques. Mis à part pour le dessin où il est excellent sinon le meilleur d'entre tous, à l'école Marc ne manifeste guère d'enthousiaste. Pour contourner les écueils que représentent pour lui devoirs et leçons, il se satisfait de bâcler les uns et de survoler les autres.Pour illustrer ce qui précède, me revient cette petite anecdote.Tandis que penchés sur leur cahier, ses camarades planchent ou font semblant, sur le passionnant sujet de rédaction "faites le portrait d'une chèvre" que vient de leur soumettre le maître, Marc, l’air détaché, mordillant la pointe de son auriculaire, le menton négligemment posé sur sa main gauche, inscrit les trois mots « Portrait d'une chèvre » ... juste au-dessous de la minuscule tête de chèvre qu'il vient de tracer de sa plume Sergent Major.La réaction du maître, depuis si longtemps, je l'ai bien sûr oubliée, alors plutôt que de tenter de me la rappeler, je préfère, et ceci sans vouloir faire injure à cet enseignant si peu doué, imaginer à la place de tête de chèvre de mon frère, une tête d'âne, avec ces trois mots écrits en-dessous « portrait du maître ». Dieu ait l'âme de ce maître qui avait pour nom Pays. Façon de parler puisque, dit-on, les animaux n’en ont pas, d'âme….Vers l'âge de dix/onze ans, Marc manifeste pour l'électricité et surtout la radio, une attirance particulière.

  • 1945/46

Notre père vend la propriété de Cambes pour partir nous installer à une petite dizaine de kilomètres de là, à La Sauvetat-du-Dropt, où se poursuit notre scolarité.

  • 1947/49

Pendant ses vacances d’été, Marc demande à un radio-électricien de l'initier aux premières notions de radio-électricité ; lequel, pour l'aider à progresser plus rapidement dans ce domaine, lui confie divers documents et revues techniques spécialisés grâce auxquels, vers l'âge de onze/douze ans, et sans autre aide que celle d'un schéma, il construit son premier poste à galène qui lui permet de capter sa première radio.

  • De 1952 à 1954

Son certificat d'études en poche, il entre en tant qu’interne au collège Technique de Marmande et y passe avec succès les épreuves du Brevet technique de métallurgie.

  • 1954/57

Quand notre mère prend la décision de se séparer définitivement de notre père, nous quittons La Sauvetat-du-Dropt pour retourner avec elle à Bordeaux, nous réfugier auprès de nos grands parents maternels qui y possèdent leur maison.C’est aux environs de la rentrée scolaire 1954/55 que Marc exprime le souhait de débuter un apprentissage de radioélectricien, dans l'entreprise de monsieur Chevalier rue Fondaudège. Bien qu'il donne totale satisfaction à son maître d'apprentissage ; lequel, à l'issue de seulement quelques mois, lui confie, le dépannage de juke-boxes, tâche dont il s'acquitte avec succès, Marc prend soudain la décision de rompre son contrat pour changer d'orientation et en s’inscrivant à l’Ecole de Radioélectricité de la rue de Turenne, reprendre des études. Enl se révélant doué pour les mathématiques, le dessin, la physique, les matières technologiques en règle générale, il y devient le brillant élément qu'il n'avait jamais été auparavant.Plutôt bien bâti et avec cela joli garçon, ses copains lui envient des conquêtes féminines auxquelles il n'a pas l'air d'être véritablement insensible mais dont il ne donne pourtant pas l'impression d'à proprement parler se soucier ni encore moins provoquer. « Tout lui réussit », disent les mères de ses camarades, « tu pourrais me le présenter » me disent mes amies qui en tomberaient volontiers amoureuses.Quand à 18 ans, il s'engage dans l'armée de l'Air en devançant l’appel, l'Algérie est en guerre mais il n'y est pas envoyé ; son temps d'armée se déroule successivement au sein des casernes de Rochefort sur Mer, Aulnat dans le Puy de Dôme, Brive, puis finalement Nîmes où il termine avec le grade de caporal.

Lire la suite dans les annotations de la fiche de Marc LABOSSIÈRE, à partir de *SA VIE D’HOMME'''...

Marc_Cecile_1952_a_Cambes_001.JPGMarc_et_ses_copains_etudiants.jpgMARC_en_12.1962_bapteme_d_Olivier_son_Parrain_.JPGCECILMARC.jpgMARC.jpg7 rue Maître Albert à Paris 24.12.1972_3.JPG

Ci-dessus, dans cet ordre, Marc LABOSSIÈRE :

  • 1/ en juin 1949, le jour de sa communion (12 ans) avec, auprès de lui, sa soeur Cécile LABOSSIÈRE (10 ans) ;
  • 2/ à 19 ans, étudiant, entouré de deux de ses copains, faisant des maths ;
  • 3/ à 24 ans, le 15 décembre 1961, au baptême de son filleul Olivier MESPLÈDE ;
  • 4/ à Osséjà (64), également en compagnie de sa soeur Cécile LABOSSIÈRE, (25 et 23 ans) ;
  • 5/ à 35 ans, faisant le plein d'essence ;
  • 6/ à 35 ans, à Noël 1972, à Paris, s'activant à la préparation du réveillon dans la kitchenette de son appartement du 7 de la rue Maître Albert.


 3.28 - SOUVENIRS, QUESTIONNEMENTS, COMMENTAIRES, REFLEXIONS, EVENEMENTS, ANECDOTES...


  • Quelques souvenirs de mes années d'écoleCi-après par mes camarades du Cours Complémentaires de la rue Fieffé à Bordeaux, quelque 50 années plus tard :


je me souviens de cette chorale. Je n'y participais pas mais qui se produisait en fin d'année a la bourse du travail a bordeauxJe me souviens aussi du prof de math Mme Besson


MELLE LAGOARDETE prof de maths quel bonheur et mademoiselle Lesquibe prof de francais avec ses leçons et devoirs massifs et longuets mais elle y mettait tout son coeur et nous apportait beaucoup,mademoselle Pons faisait des cours le matin à 7h30 pour celles qui etaient en 4 èmè mais qui passaient le certif '"au cas où'" elle nous a appris à rédiger une lettre pour trouver un emploi j'avais 13 ans mais cela m'a servi de support toute ma vie et j'ai aidé beaucoup de personnes grace à ce modèle peu d'enseignants ont dû faire cette démarche, merci à elle et à toute cette profession!!!!


En 1955, j'avais déjà Melle LAGOUARDETTE comme prof de math et Melle PONS était directrice du cours complèmentaire. Mme DOUCY était prof de Francais. De très bons souvenirs de cette école.


au climat de cette école vieillote, aux arbres de la cour majestueux et aux classes si peu adéquates pour un enseignement participatif..;aux vélos entassés dans l'entrée de la rue Camille Duluc, à la présence tutélaire de Melle Pons, la directrice, toujours de bleu marine vêtue,au sourire bienveillant qui étirait ses yeux derrière son pince-nez qui confortait sa dignité.Plus tard, je l'ai revue avec plaisir, reconnaissance et admiration, chez elle, à Caudéran. J'aurais aimé dire aussi à Melle Pinturaut l'amour de la langue anglaise qu'elle m'a inspiré...et qui perdure...Avec mes amies de l'époque,j'ai l'impression d'avoir été un chaton agité, chahuteur et confiant ,de chouchou insouciant et protégé,dont l'enfance avait du mal à laisser place à l'adolescence...Bienheureuse période....


les derniers commentaires m'ont rappelé mlle Vachot, prof d'histoire qui nous faisait en plus du cours, des séances de gymnastiques avec des mouvements plutôt destinés à des poupées on ne risquait pas les courbatures(!) quel mérite, quelle gentillesse! a posteriori je mesure la dévouement et les qualités humaines de cette prof, ah! je viens de me rappeler les chemises en papier cristal de mademoiselle Lesquibe prof de français qui avait apporté sur ses deniers, une nappe pour le bureau, des éléments de "déco" destinés à améliorer l'aspect de cette classe, qui servati également de cantine(!...) surveillée et organisée par Mlle Pons''' bénévolement bien sûr, je souhaiterais pouvoir les en remercier, mais hélas ce n'est plus possible..''


Ah oui en effet je mangeais ma "gamelle" dans cette classe qui ne possédait rien pour réchauffer il fallait vivre avec les moyens du bord et l'après midi on faisait de la couture pendant qu'une autre élève lisait un livre de bibliothèque...que de souvenirs dans cette école ....


Je me rappelle d'abord de...mr MAGAUDOUX proviseur mauvais souvenirs prof histoire mr BECAMPS super et la prof de dessins je ne sais plus son nom


je me souviens du prof de maths Melle Lagouardette


et aussi Mme Dagneau prof d'anglais, Mme Ricochon prof d'??,Mme Riveau math Mr Attal sciences pas très bon souvenir...


 4 - QUELQUES EMINENTES PERSONNALITES ILLUSTRENT NOTRE GENEALOGIE

N'hésitez pas à cliquer sur les noms et les liens pour en apprendre davantage sur elles


 4.1 - Un Militaire

Robert Marguerite TASCHER La PAGERIE (de)étant lui-même oncle de l’Impératrice Joséphine BEAUHARNAIS (de)


 4.2 - Des Politiciens

  • Delphine PEYRAMALE épouse Pedro Pablo García, frère de Gabriel García. Lequel : •En 1857 est Maire de Quito et recteur à l'université. En 1857-1858 devient membre du Sénat. Fut à deux reprises Président de l'Équateur de 1861 à 1865 et de 1869 à 1875.

Pour tout complément d'informations concernant sa généalogie et sa descendance en général, se reporter aux Sources ci-après indiquées.

Sources :http://gw1.geneanet.org/ecuadorgen?lang=es;m=N;v=Peymarale;t=A

- personne : Pedro Robles Chambers, "Contribución al estudio...", copiado por Mauricio Alvarado-Dávila, omalvara@yahoo.es - famille : Ezio Garay Arellano en "Contribución para el estudio...", copiado por Mauricio Alvarado-Dávila, omalvara@yahoo.es, tel. 593-9-507 7331


  • Manuel de Ascázubi ou (Manuel de Ascázubi Matheus)ou Manuel de Ascázubi), Presidente de la República del Ecuador (16 octobre 1849 - 10 juin 1850), Vicepresidente de la República del Ecuador

125px_Flag_of_Ecuador.svg_1_.pngManuelascazubi_thumb_5_1_.jpg85px_Coat_of_arms_of_Ecuador.svg_1_.png

Ci-dessus :

  • 1/la carte de l'Equateur ;
  • 2/le portrait de Manuel de Ascázubi ;
  • 3/les Armoiries de la République de l'Equateur.

Pour tout complément d'informations concernant sa généalogie et sa descendance en général, se reporter aux Sources ci-après indiquées.http://gw1.geneanet.org/ecuadorgen?lang=es;p=manuel;n=de+ascazubi




  • Gaston MONNERVILLE Président du Sénat, Homme politique français. Entre autres, il joue en 1958 un rôle important dans le retour du Général De Gaulle au pouvoir, ...mais pas seulement.

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Ci-dessus Gaston MONNERVILLE

Pour en apprendre plus sur lui, se reporter au lien : http://www.uja.fr/Charles-Francois-Gaston-MONNERVILLE_a449.html


  • Henri Edouard PROGLIO, jusqu'en 2010, il cumule les fonctions de président-directeur général d'EDF et de président du conseil d'administration de Veolia Environnement, à partir de 2011, il abandonne son poste chez Veolia pour être uniquement président-directeur général d'EDF

 4.3 - Des Hommes d'Eglise

Henri Grégoire est né le 4 décembre 1750 à Vého, près de Lunéville. Il naît français, puisque sa paroisse fait partie de la province des Trois-Évêchés, et non du duché de Lorraine.

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Son père, Sébastien Grégoire, est un tailleur d'habits respecté, ayant eu un temps un office d'échevin, et sa mère Marguerite Thiébaut, est une femme unanimement décrite comme d'une grande piété et ayant un souci constant des choses de la religion.

Henri Grégoire commence ses études avec le curé de son village puis, lorsque celui-ci n'a plus rien à lui apprendre, il rejoint l'abbé Cherrier dans le village voisin d'Emberménil. Il a alors huit ans. Il étudie, en compagnie de fils de hauts fonctionnaires au service du duc de Lorraine Stanislas Leszczyński, sur des livres de Jean Racine, de Virgile, mais aussi à partir de la Grammaire générale de Port-Royal.

Grégoire suit ensuite des études au collège jésuite de Nancy de 1763 à 1768, où il se lie avec un de ses professeurs, M. de Solignac, ancien secrétaire de Stanislas Leszczyński, qui semble avoir eu une influence intellectuelle importante sur son élève, et lui avoir ouvert les portes des milieux intellectuels lorrains. Grégoire conserve un excellent souvenir de ses études chez les Jésuites, même s'il a des reproches à formuler contre l'ordre : « J'étudiais chez les Jésuites de Nancy où je ne recueillis que de bons exemples et d'utiles instructions. […] Je conserverai jusqu'au tombeau un respectueux attachement envers mes professeurs, quoique je n'aime pas l'esprit de la défunte société dont la renaissance présagerait peut-être à l'Europe de nouveaux malheurs. (suite dans la fiche de l’Abbé GREGOIRE »

  • Marie-Dominique PEYRAMALE naquit et fut baptisé à Momères (Hautes‑Pyrénées) le 9 janvier 1811. C'était le quatrième des enfants du Docteur PEYRAMALE, qui mourut âgé de quatre‑vingt six ans, après n'avoir connu, pendant cette longue vie, que trois choses: son Dieu, son roi et sa médecine. François Eugène PEYRAMALE? l'un des frères de Marie‑Dominique s'établit au Pérou et y remplit les fonctions de directeur des Monnaies. Il eut une fille, Delphine PEYRAMALE, qui épousa Pedro Pablo García, le frère de l'illustre Gabriel García aussi nommé Gabriel García Moreno(1), président de la République de l'Équateur, assassiné par les ennemis de la foi catholique.

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Ci-dessus, Monseigneur Marie-Dominique PEYRAMALE


  • Xavier MOULS, Curé d'Arcachon, Chanoine de Bordeaux, bâtisseur, visionnaire, bienfaiteur... Un homme d'église doublé d'un prodigieux homme d'action, un chef à la fois étonnant psychologue et orateur puissant, une imagination ardente inséparable d'un sens pratique avisé, une vaste conception des ensembles réunie à une exacte vision des détails, une claire et ferme volonté alliée à une souplesse ecclésiastique, bref, une force, arrivant toujours à vaincre et à convaincre


Irene Michel et Claude a Monsegur_1.jpgIrene_et_Michou.jpgMichou.jpgMichel_PRATVIEL.jpgMichel PRATVIEL 1962_1.jpgMichel_PRATVIEL_et_l_armUe.jpgLeur_2eme_fils_Michel_Pratviel_le_jour_de_sa_prise_d_habit._En_religion_Pere_Vincent.JPGpratviel_pere_vincent_1_.jpg

Ci-dessus du haut vers le bas et de gauche à droite :

  • 1/ Michou PRATVIEL à l'âge de 1 an donnant la main à sa maman Irène LOMBARD épouse PRATVIEL et son frère Claude PRATVIEL ;
  • 2/ avec sa mère Irène LOMBARD épouse PRATVIEL et sa grand-mère maternelle Ida TESSIER veuve LOMBARD ;
  • 3/ vers l'âge de 7 ou 8 ans ;
  • 4/ puis de 15/16 ans, jouant de à l'accordéon dans les années 1961/1962 ;
  • 5/ A 20 ans à l'Armée à Cazaux. Ici en permission ;
  • 6/ vers 1968/1969, le jour de sa prise d'habit à l'Abbaye de Maylis en compagnie d'un couple d'amis de la famille, les Mabilat (elle à l'extrême gauche, lui à l'extrême droite), puis le deuxième à gauche son frère Claude PRATVIEL, entre lui et son frère, leur Maman Irène LOMBARD épouse PRATVIEL, sa cousine et marraine Cécile LABOSSIÈRE, et sa tante Yvonne PRATVIEL, Maman de la précédente ;
  • 7/ dans les années 2008/2009. Il a depuis longtemps prononcé ses veoux définitifs


 4.4 - Des Gymnastes

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Ci-dessus, deux photos de Henry PRATVIEL, dont la deuxième en tenue de gymnaste


Après de solides études dans différents collèges réputés de nos régions du Sud-Ouest, dont Sainte-Marie à Bordeaux-Bastide puis Bétharam dans les environs de Lourdes, Henry PRATVIEL obtient un poste d'Employé de Commerce dans le négoce bordelais des Vins Fins bordelais à La Bastide chez de monsieur CAZALET.Déjà membre de la société bordelaise de gymnastique La Bastidienne, puis plus tard à celle de Saint-Michel à la flèche, où se fait remanquer pour son excellence, il participe en France et à l'étranger, à Vienne en Autriche, à Tunis, etc..., à de nombreux concours au cours desquels il se révèle le meilleur et rafle prix, trophées et décorations, tant à la barre fixe, qu'aux anneaux, qu'au cheval d'arçon. Ce qui lui permet d'entraîner les plus jeunes, en sa qualité de professeur de gymnastique en dehors de ses activités chez Cazalet.

Parvenu à l'apogée de sa carrière de sportif, il décroche le titre tant espéré de champion de France.Déjà très apprécié pour son talent de gymnaste il l'est d'autant plus grâce à sa gentillesse, sa jovialité, son sens de l'humour, sa joie de vivre, ce qui fait qu'en plus du joli groupe d'amis émanant pour lui de ce milieu, grâce à son talent s'exprimant également dans d'autres domaines, entre autres le dessin humoristique mais surtout l'écriture, il voit celui-ci s'accroître de nombreux autres venus d'autres milieux dont celui scientifique, militaire, artistique, politique, des Affaires faisant régulièrement appel à lui pour la rédaction d'allocations ou de discours. Autant le dire, Henry PRATVIEL est un homme complet, pour son épouse et ses enfants pour qui le citent bien souvent en exemple, il est la référence.


A bonne école avec un père aussi talentueux, le fils Georges PRATVIEL s'éprend bien sûr à son tour pour la gymnastique. A peine est-il sorti de l'enfance que déjà il accompagne son père non seulement à ses entraînements mais aussi dans la plupart de ses déplacements, y compris à l'étranger. Aussi ne lui faut-il pas longtemps pour que l'on entende dire : il est époustouflant ! Encore plus fort que le père !... ce qui, sachant ce que furent les performances du premier, ne représente pas pour le second une mince motivation. Plus encore que son père, à son tour il rafle médailles, décorations, trophées ! Parmi les meilleurs, il est non seulement le meilleur au cheval d'arçon, à la barre fixe, mais un Géant ! dit-on de lui. Jusqu'où ira-t-il ? Se demande-t-on dans le milieu.

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Ci-dessus, deux photos de Georges PRATVIEL, dont la deuxième en tenue de gymnaste

Eh bien justement, là où on l'attend ! Puisqu'en 1936, il décroche successivement les titres de Champion de France, puis de Champion International de gymnastique. Et même, vient le moment où il est sélectionné pour les jeux olympiques, mais hélas, patatrac ! aussitôt ensuite gronde la guerre, et avec cela se concrétisent les bruits de mobilisation. Il va de soi que de jeux olympiques, très vite on entend plus parler. Obligation oblige, les priorités on changé de camp.

Georges PRATVIEL est lui-même mobilisé, s'embarque pour Dunkerque puis de là, pour la Poméranie où il est fait prisonnier.

Pour Irène LOMBARD, six interminables années passées dans une douloureuse attente durant laquelle elle ne cesse de se languir presque jusqu'à désespérer de voir un jour revenir son cher époux sans lequel la vie, lui semble ne plus avoir presque de saveur, en dépit des présences à ses côtés de son petit garçon Claude PRATVIEL et aussi de sa mère veuve Ida TESSIER,

Catherine_Ida_TEYSSIER_EP._LOMBARD_.jpg 26_.9.1942_Mle_46.131_stalag_IIE_E944.jpgClaude en 1939_2.jpgClaude_Pratviel.jpgIRENE ET YVONNE_1.jpgMichel.jpg.

Les 4 photos ci-dessus, du haut vers le bas, de gauche à droite :

Ainsi, quelques mois après ce merveilleux jour de 1945 où le retour de Georges PRATVIEL se soit fait réalité, après que le soleil se soit levé pour atteindre son zénith, s'annonce la venue d'un enfant. Un deuxième petit garçon, qui portera le nom de Michel PRATVIEL ; un enfant dont le parcours prendra, on ne le découvrira que plus tard, une orientation à laquelle ses parents ne s'attendaient pas, en tous cas différente de celle qu'ils auraient espérée... Mais laissons le temps à celui-ci de décider des destinées et, sans bien sûr attendre que s'ébauche celle de ce bébé qui vient les yeux au monde, laissons à papa et maman décider de sa date de baptême, lui choisissant pour parrain, son grand frère Claude PRATVIEL, et pour marraine sa cousine Cécile LABOSSIÈRE, si jeunes encore, mais pourtant tellement heureux et fiers d'être pris pour des grands.

 4.5 - Un Historien, Homme de Lettres

  • Emile DUCOUDRAYProfesseur agrégé d'histoire à l'Université de Paris Ier, il écrit de nombreux ouvrages historiques. Ci-après le vibrant hommage à lui rendu par Roland Gotlib et Bernard Gainot suite à son décès survenu le 27 février 2007

Hommage à Émile DUCOUDRAYde Roland Gotlib et Bernard Gainot

Texte intégral en libre accès disponible sur internet depuis le 01 juin 2010.

1. Notre camarade et ami Émile DUCOUDRAY s’est éteint à Paris le 27 février. Avec lui, disparaît une figure éminente de l’historiographie de la Révolution française, un professeur reconnu et respecté au sein de l’Université Paris 1 ; mais aussi, pour nous qui eûmes le privilège de nous ranger parmi ses proches, une figure attachante, un homme toujours attentionné, sensible aux soucis et aux affections de la vie quotidienne. Nous souhaitons témoigner ici des multiples facettes de cette forte personnalité.

2. Émile était né le 22 janvier 1927 à Fort-de-France, à la Martinique, d’une mère institutrice Fernande LABOSSIÈRE, et d’un père employé au Trésor Jules DUCOUDRAY. Il fit ses études secondaires au lycée Victor Schoelcher, où il eut Aimé Césaire comme professeur de lettres. Il conserva toujours une grande admiration pour celui qui est un peu le père de la « conscience antillaise » ; non sans réserves toutefois, lorsqu’il lui arrivait de se confier – rarement, mais toujours longuement et avec une grande intensité – et de s’exprimer sur la Martinique. Républicain avant toute chose, il en avait gardé le souvenir de la forte résistance de la population face aux autorités vichystes ; mais il manifestait réserves et incompréhension face aux dérives ethniques et séparatistes qui émaillent de temps à autre l’actualité des départements français des Antilles.

3. En 1945, son baccalauréat en poche, il arrive à Marseille, puis se dirige vers Clermont-Ferrand, avec son frère Ernest DUCOUDRAY qui entame des études de médecine. Émile est inscrit en hypokhâgne au Lycée Blaise Pascal. Clermont-Ferrand, son rude climat et ses usines, fut un prélude sévère à la vie métropolitaine, pour ces deux jeunes Martiniquais qui avaient rêvé de la France sur les quais de leur ville natale. Ce prélude dura deux ans ; en 1947, Émile est admis à la khâgne du lycée Louis-Le-Grand.

4. Initialement intéressé par la philosophie, c’est pourtant vers l’histoire qu’il se porte lorsqu’il prépare son diplôme d’études supérieures, soutenu en 1950 sur l’antisémitisme en France autour du krach boursier de 1882.

5. En 1960, il intègre l’enseignement secondaire comme maître auxiliaire. Il se marie en 1961 avec Marie CASANOVA, inspectrice dans l’enseignement primaire, à laquelle il voua toujours une profonde affection et une grande admiration.

6. En 1966, il est nommé au collège expérimental audiovisuel de Gagny. Pédagogue remarquable, « à l’ancienne » pourrions-nous dire si nous nous en tenons à la rigueur et à la construction sans faille de ses cours ; mais ce socle de transmission des savoirs n’était pas antinomique d’un vif intérêt pour les « technologies nouvelles », l’introduction des supports audiovisuels – cinéma et photographie – dans l’enseignement, comme en témoignent ses multiples contributions aux publications de l’Institut national de la recherche pédagogique, du Centre national de la documentation pédagogique, et de la Documentation française. Il fait partie de ces maîtres de l’enseignement supérieur dont la solidité et le rayonnement doivent tout à une longue expérience de l’enseignement secondaire. Émile a toujours été soucieux de l’évolution de cet enseignement ; il manifestait un intérêt qui n’était pas de façade en posant des questions précises sur notre pratique, lorsque nous-mêmes, ou nos proches, étaient en poste dans un collège ou un lycée. Collaborateur régulier de la revue Historiens et géographes, à laquelle il envoyait régulièrement des comptes rendus de lecture, il fut constamment fidèle à l’Association des professeurs d’Histoire et de Géographie, et était tout particulièrement sensible à ne pas établir une trop grande distance entre recherche et transmission.

7. Ses domaines de recherches sont alors assez éclectiques. Il s’intéressait de près à l’Afrique noire, et il avait été associé à de nombreux acteurs du mouvement anti-colonialiste et des débuts de l’indépendance. Sa première publication, dans la collection de poche Figures africaines, est la biographie de El Hadj Oumar Tall, le grand chef musulman noir qui résista à la pénétration française dans la haute vallée du Sénégal.

8. Agrégé d’histoire dès 1970-1971, il est chargé de cours au Centre d’histoire des Slaves de la Sorbonne, sous la direction de Roger Portal. Son engagement anti-stalinien lui a notamment permis d’acquérir une très bonne connaissance de la Russie et de l’Union Soviétique.

9. Depuis son enfance, sa passion le portait également vers l’histoire militaire. Jusqu’à la fin de sa vie, il continuait de collectionner indistinctement les figurines et les ouvrages qui traitaient de stratégie et d’uniformologie. Il nous a confié – rarement, là encore, mais toujours de manière très détaillée – que cette passion relevait strictement du domaine privé. En effet, son domaine public de recherches se confine à l’histoire sociale du Paris révolutionnaire, depuis son élection à l’Université Paris 1, comme assistant auprès d’Albert Soboul. Comme toujours chez Émile, c’est le choc affectif qui l’emportait sur tout le reste ; il fut immédiat et sans faille pour « Marius », comme il ne cessait d’appeler Soboul bien après la disparition de ce dernier en septembre 1982. Le 6 novembre 1982, il soutient sa thèse sur Les électeurs parisiens de l’an IV. Essai de prosopographie politique, devant un jury composé de Daniel Roche, Jean-René Suratteau et Jean Tulard.

10. Maître de conférences à l’Université Paris 1 de 1988 à sa retraite en septembre 1992, il lance un vaste chantier de recherches sur la bourgeoisie parisienne, resté inachevé à ce jour, dont une première synthèse aurait dû être réalisée sur le corps politique des districts parisiens entre 1790 et 1793. De ce chantier, témoigne un grand nombre de pièces, dont les 82 maîtrises réalisées dans le cadre de l’Institut d’histoire de la Révolution française. Dans cette direction de recherches, Émile a pu déployer tout le talent pédagogique accumulé au cours de ses nombreuses années d’enseignement ; outre le lien personnel noué, année après année, avec chacune de ses équipes d’étudiants qu’il dirigeait vers le minutier central des Archives nationales, il fournissait un encadrement rigoureux à l’aide d’un guide de recherches confectionné par ses soins, précieux instrument de travail du jeune apprenti-chercheur.

11. Un écho important à ce chantier allait être donné au grand colloque Paris et la Révolution de 1989, auquel Émile allait contribuer de façon décisive, tant dans son organisation, que par les nombreuses contributions de ses étudiants et étudiantes.

12. Émile Ducoudray fut également l’un des collaborateurs du Dictionnaire historique de la Révolution française, publié aux PUF en 1989, réédité en 2005 ; 17 articles, dont douze biographies, et les deux mises au point lumineuses sur « la Commune de Paris », et « le département de Paris ».

13. Lors de sa dernière année d’activité professionnelle, Michel Vovelle, alors directeur de l’IHRF, lui confia la coordination des contributions pour la partie « Directoire » du colloque « République et Révolution ». Les deux périodes pour lesquelles Émile manifestait effectivement le plus grand intérêt étaient celles de la monarchie constitutionnelle et du Directoire.

14. La retraite venue, Émile ne resta pas inactif, loin de là. Deux réalisations majeures, deux ouvrages de référence, allaient voir le jour. Tout d’abord, l’Atlas de Paris, ultime volume de l’Atlas historique de la Révolution française, dont la publication à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en 2000, fut menée à terme grâce à la ténacité d’Émile Ducoudray, qui sut pour cela réunir et coordonner une équipe de collaborateurs choisis.

15. Parallèlement, il était très assidu aux réunions de l’atelier « Élections » qui se déroulèrent de 1991 à 2001 dans les locaux de l’INRA à Ivry-sur-Seine. De ces séances de travail allait sortir le Guide de recherches sur les élections de la période révolutionnaire, publié en 1999, et réédité en 2005, ce qui témoigne de son succès. Émile avait supervisé, de concert avec Maurice Genty, tout ce qui concerne les élections parisiennes. Lors des nombreuses séances de travail de l’atelier, l’équipe put apprécier les qualités de l’apport d’Émile ; son assiduité, quoi que lui en coûtait un état de santé qui gênait beaucoup ses déplacements ; son souci de la précision et de l’exactitude, qui amenaient au comptage et au recomptage des chiffres (le tout sans ordinateur) ; ses vérifications topographiques, qui l’amenaient à effectuer des déplacements sur le terrain pour s’assurer des localisations. Historien de Paris, il avait une connaissance hors pair des lieux de la capitale, renforcée par sa fréquentation des plans de la période révolutionnaire et impériale. Il ne manquait jamais les visites organisées par l’Association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris Historique lors des Journées du Patrimoine.

16. Dans le même ordre d’idées, il a réuni les fiches parisiennes du Dictionnaire des législateurs sous la direction d’Edna Lemay, qui doit bientôt voir le jour.

17. Il manifesta, bien entendu, son intérêt pour d’autres thèmes de recherches. Très attaché à son séjour estival en Corse, où son épouse avait ses racines, il était passionné par la Corse des Lumières, telle que la restitue Dorothéa Carrington, qu’ils fréquentaient en voisins.

18. Bien d’autres rencontres se déroulaient dans le bureau-bibliothèque de la rue des Pyrénées, ou au fil des correspondances internationales ; mentionnons, sans prétention à l’exhaustivité, Melvin Edelstein, François Gendron, Ludmila Pimenova, Vladislav Smirnov, Anna Maria Rao, Haïm Burstin, Morris Slavin.

19 . Nous ne voudrions pas terminer, toutefois, cette évocation de notre ami Émile Ducoudray, sans mentionner le rôle éminent qu’il joua au sein de notre revue et de la Société des Études robespierristes. Trésorier de la SER de 1977 à 1986, il fut continuellement membre du comité de lecture des Annales historiques de la Révolution française de 1999 à 2007. Outre le travail régulier qu’il assura dans ce poste, il fournit un grand nombre de comptes rendus, qui témoignent tous de la qualité de lecture des ouvrages qui lui étaient confiés.


 5 - D'AUTRES MARQUÈRENT A JAMAIS L'HISTOIRE

  • Immense Poète du courant littéraire la Pléiade au XVIème siècle, il est dit de Pierre RONSARD (de) qu'il fut est et demeurera éternellement le Prince des Poètes et Poète des Princes

 6 - LES METIERS DE NOS ANCÊTRES





 7 - DES ARTISTES

CRETOT-DUVAL Peintre d'outre-mer (1895-1986)

Écrit par Maurice CRETOT. Associe a la categorie PeintureCretot Duval01

Son père est comédien, sa mère cantatrice, son oncle organiste, ses cousins violoncellistes, ses deux sœurs font du théâtre et sa demi-sœur de l'opérette.

Enfant il suit les déplacements professionnels de ses parents et découvre les lumières de Madagascar, de l'île Maurice et de la Réunion, de l'Indochine et du Sénégal.

II s'engage en 1914, il est blessé aux Éparges, il retrouvera en 1918 son attirance pour le dessin et la peinture.

Pour perfectionner son talent, il se lance dans la décoration, s'adonne un temps à la verrerie d'art, aux ornements sacerdotaux et travaille aux décors de l'Opéra de Monte-Carlo puis à Paris sur ceux de la Comédie Française.

D'abord en France peintre des champs, des campagnes et des vieux villages, son crayon s'amuse des méandres de couleuvre d'un vieux chemin de terre qui flâne et se tortille, dans le silence des prés et la pureté des bois, ou de quelque hameau dont l'église autour d'elle, regroupe ses maisons comme un berger son troupeau.

L'homme s'émeut du murmure d'une rivière et de l'eau qui gargouille sur son lit de cailloux plats. L'artiste pose le pinceau, le poète prend la plume

    " ...la vallée verte que son cours a creusée    qui sent l'écorce, le bois tendre, la fougère,    se tait pour écouter le murmure amusé    de sa verve légère... "

et le badin, parfois s'enhardit au passage

    " d'un mince rouget-pour-rire    qui n'offre en danger    de bouillir ou de frire    pas grand-chose à manger... "

L'atavisme est profond, le soleil l'appelle. II peint la Corse sauvage puis s'arrête à Marseille car le Midi est là qui le presse et insiste. La palette s'enflamme ; il devient peintre de lumière.II s'attarde un temps, autour des vieux bassins où une forêt de mâts gesticule dans le mistral et dont " les barquettes, fretin du port, pullulent comme friture en épuisette et s'entrechoquent sans vergogne comme coquilles en goguette... "Cretot Duval02Rabat - La porte du Mellah.

La Provence lui plaît mais il se sent " d'Outre-Mer " car il a gardé le goût des pays lointains, entrevus enfant avec ses parents. II franchit la mer et s'installe à Tunis, où servi par un impeccable dessin, il s'affirme en outre un coloriste de première force.

Très vite il succombe à l'envoûtement oriental, à la séduction coloniale de l'époque, aux regards charbonneux sous les voiles bleus qui passent, aux ruelles tortueuses aux crépis écaillés ; il s'amuse de l'agitation des souks, du négoce maghrébin, de l'odeur des fritures et de celle des beignets " ces petits anneaux d'ambre qui se trémoussent dans une huile toute excitée... "

II consacre de nombreuses toiles, gouaches et dessins, à cette vie qui grouille sous les blanches terrasses que le soleil pilonne.

II traverse Constantine, aux gorges titanesques, peint sa cascade de maisons bleutées qui plonge dans l'abîme, son fameux pont de pierre qui saute à pieds joints de rocher en rocher et le jardin du Bey où chantent les oiseaux dans le bruit des fontaines.

II y rencontre sa femme, une jeune Corse brillante et pétillante. Au passage Alger le retient quelques mois. II plante son chevalet devant l'Amirauté et les eaux frissonnantes de sa darse. Du balcon d'El-Biar son pinceau saisira l'ample caresse qu'imprime le vent du large aux bassins de Mustapha, la mer azuréenne et ses bateaux fumants.

Ses toiles sont déjà cotées par les critiques. Après de nombreuses expositions à Tunis, Constantine, Alger, Marseille, Paris, Bordeaux et Montpellier, il se déplace bientôt vers le Maroc où il se taillera, très vite, une solide réputation de paysagiste orientaliste.

II traite ses sujets au couteau, à la brosse ou au pinceau ; le graphisme est puissant, bien architecturé, la touche est énergique et l'accent vigoureux.

Marrakech l'appelle, sa palette y répond dans un fracas de couleurs où l'ocre des casbahs le dispute aux verts des palmeraies et la vie de ses boutiques, de ses places et leurs badauds palpite sous ses pinceaux.

Fez, l'impériale prend une grande place dans son oeuvre marocaine ; il la voit étalée comme un grand drap blanc aux pieds de vertes collines. Sa gouache habile évoque l'enchevêtrement des ruelles de ce gros agglomérat de somptueux palais, d'illustres mosquées et d'humbles demeures fondus en un tout unique. Sur d'autres compositions, la cité apparaît comme une forêt de tours, de minarets et de palmiers légèrement voilée de brume. Le vert tendre des faïences y palpite par endroits. De ces vues générales, séduisantes de vérité, on perçoit presque le murmure ouaté, assourdi et permanent, aux composantes indiscernables, qui monte de l'immense médina.

Après Marrakech la rouge, la verte Fez et l'ocre Meknès, c'est sur Rabat la blanche que se pose son regard ébloui par des océans de terrasses que le soleil écrase.

Sur ces carrés et rectangles de plâtre, fantastique carrière de cubes immaculés, gigantesque amas de morceaux de sucre, le conflit reste impitoyable entre l'éclat et la pénombre. Le coloriste y trouve matière à l'exercice d'un brillant talent dont la critique consacre le succès.

De nombreux achats officiels par des municipalités et des musées algériens, tunisiens, marocains autant que métropolitains comme le Musée des Colonies de Paris, celui de la Ville de Bordeaux et le Musée Cantini de Marseille couronnent sa carrière d'orientaliste.

II a d'illustres clients comme François Manceron, ministre plénipotentiaire, résident général de France à Tunis, le général Guillaume, résident général au Maroc ainsi que le maréchal Juin.

Le bey de Tunis lui décerne le Nicham Iftikar et il est sept ans plus tard, promu au grade d'officier dans l'Ordre du Ouissam Alaouite par le sultan du Maroc, bénéficiant par là, lui l'infidèle, d'une protection qui " intimidera les lions dans leurs repaires mêmes... "

Médaillé militaire, il sera en outre décoré au titre des Beaux-Arts dans l'Ordre de la Légion d'honneur.Cretot Duval03Salé - Les terrasses

Un peu plus de deux cents articles de presse relatent, dans les quotidiens et périodiques d'Afrique du Nord comme de France, les points forts d'une carrière aussi longue et passionnée qu'entièrement consacrée à la peinture.

II n'a pas échappé au conflit douloureux du besoin de se vendre et du regret parfois d'y parvenir car, observe-t-il amer, " quand un peintre, parce qu'il l'a vendue, voit partir une de ses toiles, les gens ne savent pas que c'est un morceau du peintre qu'ils achètent, que c'est de " lui " qui s'en va de " lui... ".

A l'inverse, il se montre parfois mordant à l'égard d'un acheteur longtemps hésitant et qui revient finalement décidé, mais trop tard, et trouve sous la forme d'une affichette accrochée à la place de la toile manquante, ce pied de nez rancunier ;

    " A ce triste clou pendu    j'étais las de vous attendre    et je ne suis plus à vendre    mes regrets, je suis vendu... "

Cité comme paysagiste dans le Bénézit, il figure également sur la liste des artistes français et celle des " Peintres d'Outre-Mer et Colonialisme " de Drouot où certaines de ses œuvres se trouvent parfois à la vente.

C'est dans les années 60 qu'il se retire à Bordeaux, le souvenir pétri de bleus intenses, de blancs aveuglants, de verts généreux et d'ocres percutants.

II perdra la vue quelques années plus tard mais gardera toujours cette lumière et ces couleurs en mémoire, sans pouvoir les exprimer car, faisait-il remarquer, on peut comme Beethoven demeurer musicien et malentendant mais il n'y a pas de peintres aveugles.

II arrive en 1986 au terme d'une longue vie d'un labeur ininterrompu. Ses derniers mots sont pour son chevalet, vieil accessoire de bois, vieux complice et compagnon de route, qui avait son âge et lui survécut :

    " Peut-être que de nous deux quelque chef-d'oeuvre est né,    car nous avons couvert plus d'une page blanche    quand, fébrile, et toi là, planté devant mon nez,    nous ne faisions plus qu'un, rien qu'un, ma vieille branche...
    Exhalant quelque fois un craquement plaintif,    tu te fais usagé, camarade, il me semble...    C'est que nous produisons, toujours " sur le motif "    depuis pas mal de temps, de la peinture ensemble.
    En ce labeur ingrat, ardent de bout en bout,    s'il n'est de gloire que l'existence finie,    puisqu'après moi, toi tu demeureras debout,    fais-moi savoir si nous avons eu du génie... "

Maurice CRÉTOT

 8 - DES MAÎTRES-PLÂTRIERS A ARCACHON et BORDEAUX, en GIRONDE

Parmi une lignée de Maîtres-plâtriers, deux frères PRATVIEL venus du petit village de Vaux dans le Lauragais, s'installent, l'aîné à Bordeaux, le second à Arcachon ; tous deux créant leurs entreprises devenues prospères.===


A peine bouclé son tour de France, ce Maître plâtrier fonde à Bordeaux sa propre entreprise au sein de laquelle oeuvre un nombre important de compagnons. Entre autres ouvrages, Pierre PRATVIEL est à l'origine de l'édification à Bordeaux-Bastide du Théâtre de l'Alcazar ; lequel, au fil des ans changera plusieurs fois de noms. Après avoir été le Retro, il retrouve dans les années 2000 son nom d'origine, l'Alcazar. Les statues toujours visibles de nos jours sur sa façade de l'Avenue Thiers sont, entre autres, l'oeuvre de notre ancêtre.Dans la saga des plâtriers-décorateurs de la famille PRATVIEL, tous ne sont pas ici cités mais ils furent nombreux, au moins sept crois-je me souvenir en l'instant où j'écris, mais peut-être furent-ils plus nombreux encore.


A peu près à la même époque que le premier, son frère Jean Désiré PRATVIEL son tour de France également achevé, fonde à Arcachon sa propre entreprise, au sein de laquelle il emploie lui aussi un nombre très important de Compagnons. Entre autres réalisations à Arcachon et pour ne citer que celle-ci, la restauration de la basilique Notre-Dame des Marins. Par ailleurs, longtemps visible au cours des ans, le blason de la profession gravé de sa main au-dessus de la porte d'entrée de sa maison arcachonnaise qu'il édifia lui-même Cours Desbiey et où il vécut jusqu'à sa mort avec sa famille. Ce blason plus tard disparu après que la maison fut démolie pour être remplacée voici quelques années par un grand immeuble.Il est par ailleurs à noter que notre ancêtre Jean Désiré PRATVIEL joua un rôle important au sein de la municipalité d'Arcachon, où il occupa longtemps un siège de conseiller municipal.


Suivant l'exemple des deux aînés précités, et rappelés ci-dessous, d'autres PRATVIEL Plâtriers à Arcachon, tous répertoriés dans notre généalogie


Nos PRATVIEL plâtriers
Col 1, Pierre PRATVIEL
Col 1, Jean Désiré PRATVIEL
Col 1, Milou PRATVIEL
Col 1, Eugène PRATVIEL
Col 1, Amédée PRATVIEL
Col 1, Jean Joseph PRATVIEL
Col 1, Jean Louis PRATVIEL
Col 1, René PRATVIEL
Col 1, Henri PRATVIEL
Col 1, François Maurice PRATVIEL
Col 1, Jean H. PRATVIEL


 9 - UNE DYNASTIE de LABOTTIÈRE IMPRIMEURS-LIBRAIRES A BORDEAUX

Dictionnaire des journalistes

(1600-1789)

  • Accueil

432Jacques LABOTTIÈRE (1715-1798)

  • État civil

Jacques LABOTTIÈRE, né le 13 décembre 1715, et Antoine LABOTTIÈRE, né le 3 janvier 1717, sont les fils de Raymond LABOTTIÈRE (1690-1750), maître imprimeur-libraire à Bordeaux de 1719 à 1750, et d'Isabeau DROIT. La mère étant morte le 18 novembre 1717, le père se remarie, le 9 janvier 1725, avec Marie AUDAT et a sept autres enfants. Les frères LABOTTIÈRE appartiennent à une dynastie d'imprimeurs-libraires, leur grand-père, Claude LABOTTIÈRE, mort en 1713, ayant été lui-même installé à Bordeaux, cependant que leur arrière-grand père était, lui, libraire à Lyon. Au XVIIIe siècle, on compte, en dehors de leur maison, la plus importante, trois autres LABOTTIÈRE libraires : Charles LABOTTIÈRE, leur oncle, installé sur les fossés, Etienne LABOTTIÈRE, un autre de leurs oncles, établi rue Saint-James (après avoir été à Bayonne), enfin Louis Guillaume LABOTTIÈRE, leur cousin, fils d'Etienne, dont la boutique est d'abord rue Ste Colombe, puis, rue des Bahutiers. Jacques LABOTTIÈRE et Antoine LABOTTIÈRE restent tous deux célibataires. Antoine LABOTTIÈRE meurt le 28 messidor an II (16 juillet 1794) place Brutus (ex-place du Palais) n° 11, Jacques LABOTTIÈRE le 18 pluviôse an VI (6 février 1798) rue des Trois chandeliers, n° 1.

  • Formation

Comme le veut le Règlement,Antoine LABOTTIÈRE qui se présente à l'examen d'imprimeur-libraire doit «être congru en langue latine et savoir lire le grec», ces connaissances étant certifiées par le recteur de l'Université.

  • Carrière

Jacques LABOTTIÈRE prête le serment de libraire le 1er octobre 1746 et travaille chez son père. Antoine LABOTTIÈRE est reçu en l'art d'imprimerie le 20 octobre 1755 après avoir accompli l'apprentissage exigé (quatre ans minimum) ; il est admis imprimeur par arrêt du Conseil du 22 décembre 1755 et prête serment en lieu et place de son père le jeudi 8 janvier 1756. Il est ainsi l'un des dix imprimeurs bordelais autorisés par le Règlement du 31 mars 1739. Les deux frères reprennent la maison paternelle qui, à la mort de leur père, était passée à sa veuve («Vve Raymond LABOTTIÈRE») laquelle démissionne en 1755. Cette maison est installée place du Palais, quartier des tribunaux et gens de loi, avocats, procureurs, et aussi lieu d'arrivée des courriers. Pour accroître leur commerce, ils ouvrent, comme Renaudot l'avait fait à Paris, un Bureau d'Avis, sorte d'agence de publicité et d'information, et, peu après, lancent le premier journal régulier qu'ait connu Bordeaux, les Affiches. Aux deux presses qu'avait son père, Antoine LABOTTIÈRE en ajoute une troisième. Comme son père, il a six ouvriers. Selon un état dressé en 1775 par l'intendant, voici le matériel dont il dispose : «Trois casses petit canon, trois casses parangon, dix casses de gros romain, huit casses de saint augustin, vingt-six casses cicéro, onze casses petit romain, six casses de petit texte, une casse de financière avec leurs italiques et leurs lettres de deux points». En 1765, Jacques LABOTTIÈRE et Antoine LABOTTIÈRE s'associent leur demi-frère, Etienne François LABOTTIÈRE, dernier enfant issu du remariage de leur père mais dont on perd la trace dix ans plus tard. En dehors de la feuille périodique, ils impriment notamment des Almanachs. Tel l'Almanach historique de la province de Guienne qui paraît de 1760 à 1793 et forme trente-quatre volumes. Dans l'Avertissement de 1760, ils ne cachent pas qu'ils ont le sentiment d'un ouvrage imparfait et soulignent combien le plan est vaste, combien les matières sont difficiles à rassembler (personne n'a d'ailleurs présidé à leur réunion), combien aussi la ville de Bordeaux «a peu de goût» pour les «entreprises typographiques un peu considérables». Et ils se plaignent de l'insuffisance du nombre d'ouvriers intelligents, capables de conduire et d'exécuter «un ouvrage de quelque étendue». On peut citer encore l'Almanach des Laboureurs ou le Conservateur des richesses du paysan pour l'an de grâce 1759, rédigé par l'abbé Fournets curé dans l'Agenais, destiné à «la plus grande et peut-être la plus utile portion du genre humain», imprimé avec un gros caractère pour ne pas fatiguer la vue des paysans obligés le plus souvent de lire à la chandelle, et proposé, par souci d'utilité publique, à un prix de moitié moins cher que le prix commun des livres. De telles publications reflètent bien l'image du temps, s'il est, comme l'affirme la Préface de l'Almanach des laboureurs, «le siècle des Dictionnaires, des Journaux, des Gazettes, des Almanachs». Mais les frères LABOTTIÈRE impriment aussi des thèses de théologie, travaillent pour le collège des Jésuites et figurent sur le tableau des libraires et imprimeurs jurés de l'université de Bordeaux.

En 1777, ils sont interdits de leur fonction d'imprimeur-libraire par un arrêt du Conseil d'Etat du roi du 25 mai qui supprime un écrit de cinquante-quatre pages sorti de leurs ateliers : Très humbles et très respectueuses remontrances de la Cour des Aydes et finances de Guienne au sujet des Lettres patentes du Roi du 24 9bre concernant les octrois de Bordeaux - écrit qui, rapportent les Mémoires secrets, a percé dans la capitale et est recherché comme «un monument de zèle patriotique». Les Lettres patentes obtenues par les jurats comprenaient la prolongation de plusieurs droits anciens - promptement enregistrés - et l'établissement de plusieurs nouveaux qui avaient été modifiés lors de l'enregistrement lequel fut alors cassé. D'où les représentations... L'arrêt du Conseil condamne les deux frères à une amende de 500 £, prononce contre eux une interdiction d'exercice, ordonne le démontage de leurs presses et la fermeture de leur boutique pendant toute la durée de l'interdiction sous peine de destitution. L'intendant DUPRé de SAINT-MAUR alors en séjour à Paris intervient et juge utile la venue de LABOTTIÈRE afin que celui-ci présente au garde des sceaux ses motifs de justification fondés sur les ordres reçus d'une Cour souveraine. Selon les Mémoires secrets, l'un des LABOTTIÈRE se rend à Paris et reçoit une sévère réprimande du garde des sceaux. Le 23 juin, les presses, vis, platines sont démontées et déposées dans la chambre syndicale. Mais, sur l'intervention du maréchal de MOUCHY qui assure que les LABOTTIÈRE ont été jusque-là exempts de tout reproche et n'ont jamais contrevenu aux règlements, un nouvel arrêt du Conseil d'Etat du roi en date du 15 juillet lève l'interdiction prononcée et réduit l'amende à 10 £.Entre 1768 et 1770, les deux frères se font construire pour l'été une magnifique maison de campagne aux portes du jardin public. C'est l'architecte LACLOTTE qui dessine la demeure et le parc qui l'entoure - la folie LABOTTIÈRE. Selon le témoignage d'une visiteuse au printemps 1786, la salle qui jouxte la salle de billard est remplie de «ballots entiers de romans, de poésies, de brochures diverses qui sont à la disposition des hôtes». La demeure a été reconstituée à New York pour abriter l'Institut de l'histoire de l'art de l'Université.

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  • Château de culture

Ce magnifique hôtel particulier construit en 1773 pour les frères LABOTTIÈRE, libraires à Bordeaux, est le siège du Centre d’Art du Château Pape Clément.Installé en plein cœur de Bordeaux et entièrement rénové en 2010, il accueille des expositions d’art moderne et contemporain, réunissant des œuvres issues de collections publiques ou privées (celle de Bernard Magrez notamment).

L’Hôtel LABOTTIÈRE reçoit également, pour une durée maximale de 12 mois, des artistes en résidence.


Le 29 novembre 1773, Antoine LABOTTIÈRE et Jacques LABOTTIÈRE sont reçus bourgeois de Bordeaux, après avoir fait l'objet d'une enquête sur leurs vies et moeurs devant un jurat (M. Valen), et prêtent le serment accoutumé. En 1795, après le décès d'Antoine LABOTTIÈRE, l'imprimerie est cédée aux Pinard père et fils qui avaient été leurs associés (le nom de Pinard figure à la suite de celui des frères LABOTTIÈRE à partir de fin décembre 1791 dans l'adresse du Journal de Bordeaux) et qui, sous l'Empire, s'installeront 14 cours de l'Intendance. La librairie est, elle, cédée à un commis, Guillaume LAFITE, qui garde la boutique 12 place du Palais.

  • Situation de fortune

Héritiers d'une maison active, les frères LABOTTIÈRE ont, jusqu'à la Révolution qui les ruina, connu une prospérité certaine à laquelle a concouru sans doute leur activité journalistique. Le 8 mars 1791, ils sont obligés de suspendre leurs paiements. La fermeture du Parlement le 30 septembre 1790 qui entraîna le départ des gens de loi du quartier fut une des causes de leur ruine. En juin 1795, Jacques LABOTTIÈRE qui, l'année précédente, a perdu son frère vend sa maison de campagne à un Hollandais, M. BOèRS, pour un prix de 450 000 £ payées en assignats.

  • Opinions

Estimés de leurs confrères comme du public, ils ont une solide réputation d'honnêteté, de capacité et d'exactitude dans leur profession et ce n'est pas à tort que, dans leur Préface de l'Almanach historique de la Guienne de 1760, ils prétendent consacrer leurs presses «au service du public» et «à la gloire de la patrie» et être soucieux de l'utilité et de la satisfaction de leurs concitoyens. Même BERNARDEAU reconnaît qu'ils ont rédigé les Affiches avec un esprit et un désintéressement qui les honorent.

  • Activités journalistiques

Annonces, Affiches et Avis divers (1er août 1758 - 30 juillet 1784), hebd., puis, à partir de 1783, bi-hebd., 8 pages (en général) à deux colonnes, in 4°. Les LABOTTIÈRE s'inspirent de l'exemple des Annonces, Affiches et Avis de Paris pour donner à Bordeaux, une des grandes villes de province, une feuille similaire. Pendant vingt-six ans, ils assurent régulièrement la rédaction - Jacques LABOTTIÈRE surtout - et l'impression du périodique. Un seul incident de parcours : lorsqu'ils sont interdits en 1777, les Affiches paraissent, à partir du 26 juin (n° 26), chez un autre imprimeur bien connu de la ville, Simon de La COURT. Mais, dès le 7 août, à la suite de la levée de l'interdiction, les Affiches sortent de nouveau de leurs presses. Cependant, en 1784, alors que leur privilège court jusqu'en 1786, ils s'en voient dépouillés à la suite d'une démarche faite à leur insu par l'abbé DUPONT des JUMEAUX, précepteur des enfants de l'intendant DUPRé de SAINT-MAUR, et de ses deux associés, L.G. de CLOZANGES et H.E. GAUFRETEAU de La GORCE qui lancent, le 1er septembre, le Journal de Guienne.

A partir de mai 1789, ils impriment le Journal de l'Assemblée nationale qui paraît trois ou quatre fois par semaine et qui présente ce qu'il y a de plus important dans le Journal de Paris. En mars 1790, ils proposent, à la demande de lecteurs, une souscription et, pour reconnaître la bienveillance du public qui a favorablement accueilli le Journal (il forme alors trois volumes in 8° de plus de six cents pages chacun), ils joignent une feuille de supplément sous le titre Bulletin, Affiches, Annonces et Avis divers de la ville et du département de Bordeaux dont la parution, qui doit avoir lieu quatre fois par semaine, commence le 20 mars et où sont insérés toutes les nouvelles et tous les avis susceptibles d'intéresser la Ville de Bordeaux et la province. C'est à eux que doivent être adressés les lettres, mémoires, avis à publier. Dans leur Prospectus, tandis qu'ils rappellent leur longue expérience liée aux Affiches, ils précisent que, pour ce qui concerne les nouvelles les plus intéressantes soit étrangères soit nationales, ils se sont procuré tous les papiers nouvelles de la capitale, mais qu'ils ne puiseront que dans les sources les plus authentiques, car, ajoutent-ils, «dans cette multitude d'écrits périodiques qu'a enfantés la liberté de la presse, plusieurs se montrent habituellement les trompettes du mensonge». Le prix de l'abonnement annuel au Journal et au Bulletin est de 24 £ pour Bordeaux et 30 £ pour la province. D'emblée bien accueilli, le Bulletin qui soutient les changements apportés par la Révolution et dont le rédacteur est Bruno Gabriel MARANDON prend, à partir du 15 mai 1790, une dénomination plus propre, Journal de Bordeaux et du département de la Gironde (voir n° 32, 13 mai 1790, Avis à Messieurs les souscripteurs). Ce Journal se révèle l'organe de la Société des amis de la Constitution formée au début de 1790 et dont MARANDON est un des membres actifs. A MARANDON succédèrent à titre de rédacteurs Jean François CORNU de BOISSANCOURT (fin 1791), puis LABOUBéE. Le Journal de Bordeaux durera jusqu'à la fin de 1797, mais, à partir d'octobre 1795, il sort d'autres presses que celles des LABOTTIÈRE (de l'Imprimerie des citoyens Ve NOé et YEURY, rue Saint-Pierre, n° 42 près l'Eglise).

  • Bibliographie

A.M., Bordeaux : GG 71, GG 72 (Reg. de la paroisse Saint-André), 3 E6 (n° 1767), 3 E19 (n° 317), BB 114, f° 85 v°, BB 123, f° 55 et 104 v°, HH 98. – A.D., Gironde : C 3315, C 3451, C 4257, C 4902. – B.M., Bordeaux : ms. 713, Oeuvres complètes de Bernadau, t. III, IV, VI (passim). – M.S., t. X (9 août 1777), t. XV (6 août 1780). – Brives-Cazes E., De la police des livres en Guyenne 1718-1785, Bordeaux, 1883. – Desgraves L., Les Livres imprimés à Bordeaux au XVIIIe siècle 1701-1789, Genève, 1975. – Féret E., Statistique générale de la Gironde, t. III, Biographie, Bordeaux, 1889. – Labadie E., Notices biographiques sur les imprimeurs et libraires bordelais des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Bordeaux, 1900. – La Presse bordelaise pendant la Révolution : bibliographie historique, Bordeaux, 1910. –Id., Livre des bourgeois de Bordeaux (XVIIIe siècle), Bordeaux, 1898. – Rèche A., Dix siècles de vie quotidienne à Bordeaux, Bordeaux, 1988, chap. 5 et 12.

Auteur(s) de la notice Robert GRANDEROUTE


 10 - PLUSIEURS GENERATIONS DE LABOUREURS ET DE RESINIERS DANS LES LANDES

Il en aura fallu des générations et des générations de patience et de ténacité à nos laborieux Paysans landais, Laboureurs et Résiniers, ci-après nommés, pour s'arracher au sillon et abandonner le ''hapchot'' et l' ''espourguit'' (petites haches concaves), le ''pourguedeuil'' (hachette en patois), le ''crampoune'' (lamelle de zinc) et le ''pousse-crampoune'' (maillet de bois), le ''cuchiot'' ou ''kukiot'' (pot servant à recueillir la résine)...


Les Laboureurs ou Résiniers
Col 1, Jean MESPLÈDE
Col 1, Jean MESPLÈDE
Col 1, Catherine MESPLÈDE
Col 1, Jean FROUSTEY
Col 1, Barthélémy MESPLÈDE
Col 1, Jeanne DUCOUT
Col 1, Jean MESPLÈDE
Col 1, Jeanne Marie COMET
Col 1, Jean MESPLÈDE
Col 1, Jean MESPLÈDE
Col 1, Marie DANTHEZ


  • Le gemmage d'hier à aujourd'hui dans la forêt landaise : ''D'aussi loin que se souviennent les hommes, les pins de la forêt de Gascogne ont toujours été résinés...'' http://www.littoral33.com/gemmage.htm


 10.1 - EN MARTINIQUE


Administrateur Blanchisseuse-lingère Charpentier Commerçant ou Marchand Cordonnier Couturière Cultivateur Hôtelier Marin Orfèvre Tailleur d'habits
Louis Théophile LABOSSIÈRE Isidora LABOSSIÈRE Jean DOUIN Aubin Michel LABOSSIÈRE Jean Louis DORESSAN Marie Louise Joséphine LABOSSIÈRE Marie Adélina VICTORIN PIERRE Jules BEDIAT Augustin DINGIVAL Ajax PACIFIQUE
Jean BEDIAT Jean Louis LEBEL Joseph LABOSSIÈRE Marie Hilarice LABOSSIÈRE Pierre VICTORIN PIERRE Ildegonde LABOSSIÈRE Augustin PALLETTE Jules Thénos BERLAND
Joseph LABOSSIÈRE Rose Antoinette N... Louis Alexandre Procida LABOSSIÈRE Joseph LABOSSIÈRE
Jean Joseph CASTOR Marie Louise Ernestine CHATENAY Vital JULIANS Pierre Joseph LABOSSIÈRE
Jean Baptiste COCO Elizabeth LABOSSIÈRE Edouard Pierre LABOSSIÈRE
Fernand Théophraste Léopold LABOSSIÈRE Marie Elisabeth Félicia LEBEL Aubin LABOSSIÈRE
Justin CLÉMENTÉ Félicia Héloïse LEBEL Pierre MONNERVILLE
Silvine Stéphanie ROSE
Jeanne Adélaïde LEBEL
Elvina BERTRAND
Rose APPY


 11 - L'AQUITAINE ET NOS ANCÊTRES

 11.1 - Jeanne VERGNOL, la marchande de balais, partie de son petit villade de Villefranche-de-Lonchapt en Dordogne pour venir s'installer à Bordeaux en Gironde

Si j'en trouve le temps, je rédigerai un petit texte sur ce que fut son histoire. Merci de patienter, chers lecteurs.....


 11.2 - Guillaume FAGET, le vannier

Si j'en trouve le temps, je rédigerai un minuscule texte à propos de lui. Merci de patienter, chers lecteurs.....


 11.3 - Jeanne GUINLE, notre ancêtre venue du petit village d'Oursbelille dans les Pyrénées

En dépit de son veuvage prématuré, à l'âge de 38 ans, Jeanne GUINLE mène après la disparition de son époux et jusqu'à ses derniers jours, une existence de rentière ; et ce, grâce à la belle réussite professionnelle de cet époux audacieux, vaillant, courageux et talentueux.Lequel, ayant fait de son vivant l'acquisition de plusieurs biens immobiliers dont la maison de La Garonnelle, située sur la commune de Verdelais sur la rive de la Garonne et d'autres, à Bordeaux aussi superbes que magnifiquement bien situés, l'un sur la Place Saint-Michel, l'autre sur le Quai de Queyries, de belles pierres blanches. D'autres encore, à La Bastide, ainsi que d'autres dans divers quartiers de notre ville, tous bien situés. Lesquels immeubles, représentant pour elle, une source substantielle de revenus, qui, non seulement lui permit de ne rien changer à son train de vie, mais, chose importante, de ne rien négliger de l'éducation de ses trois enfants mineurs au décès de leur père. Tout autant que leur frère Henry PRATVIEL, ses filles Félicie PRATVIEL et Gabrielle PRATVIEL accédèrent elles aussi plus tard à d'excellentes situations.

Ici sur cette photo, Jeanne GUINLE GUINLE_Jeanne_sa_seconde_Epouse_.jpg ; là, à son tour devenue femme, sa fille Félicie Felicie_PRATVIEL_leur_Fille.jpg, et ici, aux côtés de son époux Louis CELLOU, Gabrielle PRATVIEL son autre fille désormais elle aussi adulte Gabrielle_PRATVIEL_leur_Fille_et_son_epoux_et.son.MARI.jpg

Les immeubles n'appartenant plus de nos jours à la famille, photographiés tels qu'ils se présentent aujourd'hui. Ceux de la place Saint-Michel faures.jpg et du Quai de Queyries fusterie.jpg et ici, sur la commune de Verdelais sur les rives de Garonne, La Garonnelle, où nombre d'années plus tard la famille réunie passait encore de bien agréables vacances 8_9_10_2007._BASSIN_ARCACHON_et_BORDEAUX_052.jpg. Combien de fois, ce vieil arbre, de nos jours probablement plusieurs fois centenaire, eut-il, bien des décennies auparavant, à subir l'assaut des petites jambes des enfants qu'étaient alors Yvonne PRATVIEL et Georges PRATVIEL ? Evidemment, on ne saurait les dénombrer...8_9_10_2007._BASSIN_ARCACHON_et_BORDEAUX_050.jpg

  • La Garonnelle

 11.4 - Marie FAGET

Un jour de 1918, Jeanne Marie FAGET MARIE_fille_de_Gabrielle_et_Guillaume_GOILLARD._Petite_fille_de_Jeanne_VERGNOL._Epousa_Henri_PRATVIEL._Fut_la_mere_d_Yvonne_et_de_Georges.jpgqui était alors âgée de 39 ans, fut victime d'un très grave accident de la vie qui transforma le cours de sa vie.

Tandis qu'elle faisait sereinement son marché sous la halle du Marché des Grands-Hommes à Bordeaux, un vitrail soudainement se détache et l'atteint à la tête. Baignant dans son sang, la boîte crânienne béante, les pompiers appelés d'urgence par les témoins présents, transportent la blessée à l'hôpital Saint-André de Bordeaux. Quelques heures plus tard, le diagnostic est sans appel : le nerf moteur sectionné, Marie est et demeurera à jamais hémiplégique.

A l'issue de nombreux mois d'hospitalisation, au cours desquels son mari Pierre Henry PRATVIELHENRI.jpg ainsi que leur fille Jeanne Yvonne PRATVIELfrangipanier_w[1]_1.jpg se relayaient presque sans interruption au chevet de la malade, l'entourant de tendresse et d'affection, la choyant telle une enfant, Marie lentement se rétablit pour finalement réintégrer son domicile. Il n'empêche, toute l'organisation de la famille est chamboulée. En rééducation durant de longs mois, Marie qui se résigne mal à son état de dépendance, se lamente, pleure et parfois même se laisse aller à de douloureuses crises de révolte et de désespoir. Elle, autrefois soucieuse de son apparence physique, élégante, gracieuse, jolie, rieuse, ne se reconnaît plus. Pour elle et son entourage, rien n'est plus pareil. Aigrie, capricieuse, dépendante de tous et pour tout, est désormais uniquement préoccupée d'elle-même. Forcée de tout réapprendre à commencer par la marche et l'accomplissement de son unique main valide, des gestes les plus simples de la vie, tout lui paraît insurmontable. Aucun présent, bijoux ou autres ne parviennent à voir renaître son sourire. Inconsolable comme elle l'est, même les trésors de tendresse et d'attentions déployés par son mari sont impuissants à la satisfaire ni encore moins, à la rendre heureuse. Elle qui jadis, riait de tout et pour un rien n'offre plus à ses proches qu'une mine boudeuse, taciturne, capricieuse. Mais qu'est donc devenue la Marie des temps heureux ? Ultime exigence de sa part, elle entend n'être soignée, toilettée, coiffée, rééduquée, que par sa fille Yvonne qu'elle veut pour infirmière à plein temps. Toutes ses attentes, tous ses espoirs c'est en elle qu'elle les place, en elle et en personne d'autre.Certes avant ce jour maudit ou sa vie avait basculée, l'idée du mariage prochain de sa fille l'avait comblée, autant qu'il avait comblé Henry, autant d'ailleurs que la famille de Francis DELOBELLE,Francis_Delobelle_quand_il_etait_fiance_a_Yvonne_Pratviel.JPG ce fiancé d'hier, mais aujourd'hui que rien ne va plus, elle ne veut plus en entendre parler. Que pèse un amour de jeunesse comparativement à son propre drame ? ! Rien évidemment aux regard de Marie. Alors puisqu'il en est ainsi, elle ne laisse à Yvonne que le choix de tirer un trait sur cette promesse qui n'a plus rien de prioritaire. Et d'ailleurs, qui, selon elle, oserait nommer sacrifice ce qui n'est qu'un simple devoir ? Celui d'une fille de dix-huit ans, amoureuse certes mais qui doit tout à sa mère et à laquelle la vie offre tout le temps pour oublier. Face à de tels arguments et propos tenus de sa mère, Yvonne d'avance se sait battue. Bien qu'intimement et depuis le premier jour convaincue que son avenir était auprès de Francis et uniquement de lui, impossible pour elle de faire preuve d'égoïsme. Alors, bien qu'elle en ait le coeur lacéré à seulement l'idée, elle sait que son devoir l'oblige à se résigner à renoncer à son propre bonheur. Alors, tout en sachant que jamais après lui elle n'aimera aucun autre garçon de cet amour, le coeur en berne, dans son for intérieur et par la pensée elle a déjà renoncé.

S'il l'aime autant qu'il le dit, Francis ne pourra que comprendre et ne pas lui tenir rigueur de son choix de se dévouer à sa mère.Mais justement, l'aimant comme un fou comme il l'aimait, à l'écoute des raisons de sa fiancée,celui-ci est à tel point effondré qu'il refuse de comprendre. Si bien que ni cris, ni récriminations, ni regimbage, rien n'y fait, le coeur en miettes, Yvonne tient bon en ne cédant pas et, la mort dans l'âme, d'elle-même retire de son annulaire la belle bague de fiançailles reçue en gage d'amour quelques mois plus tôt pour la remettre à Francis. De l'avenir plein de promesses dont ils avaient réciproquement révé, il ne restera plus rien.

Au lieu de cela, toutes les années qui suivirent, Yvonne les consacra à sa mère, la soignant, la dorlotant, se consacrant au ménage, à la préparation des repas pour la famille, faisant office de mère de remplacement auprès de son petit frère Georges PRATVIEL Yvonne_et_son_petit_frere_Georges.jpgavec présente à l'esprit l'espoir d'ainsi le préserver d'une souffrance, celle de se sentir privé des gestes d'amour de la sienne, véritable, tellement absorbée, plus exactement dévorée par sa propre souffrance.

Et, comme pour lui démontrer qu'elle avait eu raison d'opter pour ce choix qu'elle avait fait, celui de renoncer à son amour auquel elle s'était volontairement persuadée de ne plus avoir droit, en cette même année 1918, la grippe espagnole donna à Yvonne. Du moins ce fut ainsi que cette dernière l'interpréta. Marie l'ayant contractée dans les semaines faisant suite à la rupture de ses fiançailles, l'occasion lui fut ainsi offerte de se prouver qu'elle avait eu raison de s'oublier en sacrifiant son propre bonheur pour sauvegarder celui de sa mère. En dépit des jours extrêmement critiques par lesquels cette dernière avait dû passer, durant lesquels le pronostic du médecin était demeuré réservé, en à peine quelques mois, Marie venait une deuxième fois d'échapper à la mort.

MARIE_fille_de_Gabrielle_et_Guillaume_GOILLARD._Petite_fille_de_Jeanne_VERGNOL._Epousa_Henri_PRATVIEL._Fut_la_mere_d_Yvonne_et_de_Georges.jpg22.5.1913._Communion_solennelle_d_Yvonne._Groupe_Famille.jpgderriere_Maman_entre_Gd_Pere_et_Gd_Mere.jpgPARENTS.jpgReunion_Famille_a_LEYDET.jpgYvonne_a_2_ans.jpgYvonne_a_8_ans.jpgYvonne_et_son_petit_frere_Georges.jpg

Un drame de l'existence : deux destinées brisées :

Un matin de 1916, tandis que sous la halle du Marché des Grands-Hommes à Bordeaux, Marie FAGET choisit avec soin les ingrédients qui, quelques heures plus tard lui serviront à la confection du repas de sa famille, un vitrail traitreusement détaché une seconde plus tôt de la coupole s'abat avec fracas et l'atteint à la tête.Appelés en urgence par les témoins présents, les pompiers parviennent quelques instants plus tard sur les lieux pour trouver la blessée baignant dans une mare de sang, la boîte cranienne béante, et la transporter à l'hôpital Saint-André de Bordeaux.Quelques heures plus tard, le diagnostic sera sans appel ; le nerf moteur sectionné, Marie est et demeurera hémiplégique pour le restant de ses jours, en supposant qu'elle survive mais de cela et en cet instant, rien n'est moins sûr...

A l'issue d'une interminable hospitalisation de plusieurs mois, au cours desquels son mari Henry PRATVIEL et sa fille Yvonne PRATVIEL inlassablement se relayeront au chevet de la malade, l'entourant de toute leur attention, déployant des trésors de tendresse et d'affection décuplée, la choyant telle une enfant, Marie lentement s'est rétablie et a réintégré son domicile.Mais à la maison plus rien n'est plus comme avant, l'organisation de la famille est chamboulée. En dépit des séances de rééducation à laquelle, durant tous les mois qui suivent, les progrès sont si lents pour ne pas dire insignifiants que Marie se lamente et pleure, se laissant parfois aller à des crises de véritanle désespoir. Pour elle autrefois si coquette, si soucieuse de son apparence, si jolie même, si élégante, gracieuse, et rieuse, plus rien n'est pareil. Ni pour elle ni pour son entourage. Aigrie, capricieuse, dépendante pour tout et de tous, la voilà désormais uniquement préoccupée d'elle-même. Obligée à réapprendre tout, à commencer par celui de marcher, ou encore, de son unique main valide, maladroitement accomplir les plus simples gestes de la vie. Tout lui paraît insurmontable, rien plus ne semble la satisfaire. Pour la consoler, son mari ne sait plus qu'inventer. Il a beau la combler d'attentions, de présents, de bijoux, elle demeure inconsolable. Elle qui jadis, riait de tout et pour un rien n'offre plus à ses proches qu'une mine boudeuse, taciturne et capricieuse. Qu'est devenue la Marie des temps heureux ? Ultime exigence de sa part. Pour être soignée, coiffée, pour sa toilette, rééduquée, aucune autre infirmière qu'Yvonne ne trouve grâce à ses yeux. Elle place tous ses espoirs en elle et d'elle, elle attend tout. Certes l'idée de ce mariage l'avait autrefois comblée, comme il avait comblé Henry, comme d'ailleurs la famille de Francis mais hier était hier et aujourd'hui les choses sont tout autres ! Et puis que représente un amour de jeunesse en comparaison de son drame à elle ? ! Il s'agit d'un cas de force majeure, Yvonne doit tirer un trait sur cette promesse qui n'est plus prioritaire. Qui oserait nommer sacrifice ce qui n'est ni plus ni moins qu'un devoir ? Et puis quand on a que 16 ans, ne se remet-ton pas de tout ?Oui, bien sûr, mais tout en sachant qu'elle n'a pas le droit de se montrer égoïste, Yvonne sait que son avenir était avec Francis, à la fois son fiancé et aussi lointain cousin, et que puisqu'il lui faut y renoncer, jamais après lui elle n'aimera personne du même amour.

Quoi qu'il en soit, elle se dévoue. S'il l'aime autant qu'il le dit, Francis comprendra.Mais il a beau l'aimer comme un fou, justement, il ne comprend pas ! Pourtant, cris, récriminations, regimbage, rien n'y fait. Francis est effondré, Yvonne ne cède pas.

Des beaux projets, il ne restera plus rien.

En 1916, Marie contracte la grippe espagnole mais, heureusement, une nouvelle fois échappe de justesse à la mort.


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 11.5 - Yvonne PRATVIEL

Si j'en trouve le temps, je rédigerai un petit texte sur ce que fut son histoire. Merci de patienter, chers lecteurs.....


 11.6 - Francis DELOBELLE

Ici raconté par sa fille Geneviève DELOBELLE, ce 4 juin 2009, à Cécile Marguerite LABOSSIÈRE, conformément aux souvenirs fidèles qu'elle en a, un petit résumé des quelques évènements parmi les plus marquants de la vie de son père Francis Henri DELOBELLE.

Quand en 1918, à l'issue de 4 années de guerre, son aîné Jean Louis Gabriel DELOBELLE est enfin démobilisé, leur mère Marie Angèle PRATVIEL invite vivement son fils cadet Francis Henri DELOBELLE à renoncer à l'emploi qu'il occupe à la Compagnie Générale Transatlantique pour céder sa place à son frère sur le point de se marier et donc appelé à de prochaines responsabilités familiales. Ce à quoi le plus jeune consent l'estimant de son devoir.

Une tante DELOBELLE ayant accepté de l'héberger dans son logement parisien, Francis part pour la capitale avec à l'esprit l'idée de se recycler vers le métier de technicien sur machines à écrire, outil en voie de développement en cette période d'après guerre. Quelques temps plus tard, l'heure sonne pour lui d'être appelé sous les drapeaux.]]

Lorsqu'à la fin octobre 1939, c'est-à-dire trois semaines après le début de son incorporation, Francis Henri DELOBELLE parvient enfin à obtenir la permission demandée depuis une quinzaine de jours pour se rendre aux obsèques de son père Adolphe Henri DELOBELLE décédé le 27 septembre de cette même année - deux ans déjà ont passé depuis le décès de sa mère Marie Angèle PRATVIEL - il arrive hélas trop tard à Bordeaux, son père étant enterré depuis une quinzaine de jours.

Puis démobilisé en 1940, il quitte Paris pour fuir les bombardements et partir s'installer à Léognan dans son Aquitaine d'origine où il fait la connaissance d'Yvonne NIGOUL avec laquelle il se fiance puis se marie. Du couple naissent deux enfants : Geneviève DELOBELLE puis Jean-Pierre DELOBELLE.

Quelques années plus tard, très précisément en 1945, la famille va s'installer Cours Balguerie à Bordeaux dans le logement ayant autrefois appartenu aux grands-parents de Francis Henri DELOBELLE.

Puis les années ayant passé, ses enfants ayant grandi, sa carrière professionnelle étant déjà bien avancée, il s'engage dans une action caritative auprès du Comité de son quartier. De là, grâce à son engagement, sa disponibilité, son efficacité dans les actions qu'il y mène, il se fait très positivement remarquer par Monsieur Jacques CHABAN-DELMAS, député et maire de Bordeaux pour lequel il est, au fil du temps, devenu un collaborateur si précieux qu'il en devint pratiquement indispensable.

Avec l'approbation duquel, il fonde le Foyer des Anciens de la rue Delord à Bordeaux auquel il consacre beaucoup de son temps libre. Entre autres, il participe très activement à l'organisation de fêtes et de manifestations de toutes natures dont celle, à Bacalan, sous l'égide de l'Archevêque de Bordeaux, de la bénédiction des morutiers dans le bassin à flot.

En novembre 1960 le décès prématuré de son épouse Yvonne NIGOUL survenu à l'issue d'une terrible leucémie, l'ayant laissé grandement désemparé Francis Henri DELOBELLE, pour tromper une solitude qui lui pèse lourdement, décide de se consacrer encore plus au bénévolat. Ainsi partage-t-il son temps entre le Foyer des Anciens de la rue Delord et ses enfants, plus particulièrement la famille de son fils Jean-Pierre DELOBELLE résidant à Bègles, et chez qui il se rend très souvent.

Enfin depuis 1967 année du décès accidentel de Francis Henri DELOBELLE, Monsieur le député-Maire Jacques CHABAN-DELMAS prend l'initiative de l'immortaliser en baptisant "Allée Francis DELOBELLE" une rue de Bordeaux ; en l'occurrence celle incluse dans le trapèze constitué par les Cours Saint-Louis, du Raccordement, la Cité Chantecrit, le Cours Balguerie-Stuttenberg et enfin la rue de Leybardie. Pour la visualiser sur le plan de la ville, cliquer sur le lien http://sig.bordeaux.fr/mdb/sig_fo.asp

dimanche_30_aout_2009_chez_Genevieve_DELOBELLE_ep._DHIERAS_024.JPG >Mariage_de_Francis_D_et_Yvonne_Nigoul.JPGdimanche_30_aout_2009_chez_Genevieve_DELOBELLE_ep._DHIERAS_036.JPGdimanche_30_aout_2009_chez_Genevieve_DELOBELLE_ep._DHIERAS_038.JPGdimanche_30_aout_2009_chez_Genevieve_DELOBELLE_ep._DHIERAS_037.JPG

 11.7 - Marguerite CELLOU, ou Guiguitte la Marseillaise

Si j'en trouve le temps, je rédigerai un petit texte sur ce que fut son histoire. Merci de patienter, chers lecteurs.....



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