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Bonne lecture
 

 Chronique familiale



 Le sabotier de mon enfance


C’est un lointain souvenir, un de ces souvenirs qui remonte du fond de la mémoire et qui, parce que l’événement qu’il rappelle nous a marqué compte plus que tout autre souvenir. Lorsque j’étais petite fille, cela remonte à quelques années, dans l’usine de martellerie et de taillanderie de mon Grand-Père, tous les ouvriers travaillaient en sabots, c’était la coutume. Un sabotier était installé dans le quartier où nous habitions, un vieil homme que mon père connaissait bien, un de ces artisans pour qui l’amour du métier passait avant toute autre chose. Il creusait, taillait, donnait forme à ses sabots avec des gestes qui tenaient presque du rite, et nous les enfants, chaque année nous avions droit à une paire de ces merveilleuses chaussures. Mon père nous conduisait chez son ami et nous avions tout loisir de choisir le dessin gravé sur la bande de cuir décorant le devant des sabots. Qu’ils étaient donc jolis ces sabots là ! J’en garde encore, après toutes ces années, un souvenir ébloui car pour nous qui ne manquions pas de souliers c’était une magnifique fantaisie.

Ce fut au cours d’une de ces visites que naquit ma vocation : je serai sabotière ! Installé dans une minuscule et étroite rue : « l’impasse des forges »l’atelier du sabotier n’était ni grand ni moderne mais rempli d’objets extraordinaires que je ne me lassais jamais de contempler. Dès les beaux jours, l’artisan installait son établi sur le trottoir, il ne passait que peu de voitures dans cette rue et là, il pouvait travailler tranquillement. J’ose avouer maintenant qu’il m’est arrivé plusieurs fois de m’échapper à la sortie de l’école pour venir le regarder travailler, il fallait bien n’est-ce pas que j’apprenne mon futur métier ! C’est certainement de cette époque que date mon amour pour les choses faîtes à la main et mon admiration pour tout ce qui est artisanal. Je ne fus jamais sabotière, mes parents me firent faire des études de secrétariat pour que je puisse aider mon père à l’usine. Je me mariais et devenais quincaillière pour seconder mon mari dans son commerce. Je ne regrette rien, bien sûr, mais lorsque je passe devant une boutique artisanale ou que j’ai le grand plaisir de rencontrer un sabotier comme cela m’est arrivé dernièrement, alors, croyez-moi les souvenirs reviennent en force et la nostalgie est au rendez-vous !

texte écrit par Bénédicte FULACHIER-GUICHARD


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