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 Barthélémy THIMONNIER

  Biographie

barthelemy_thionnier Barthélemy Thimonnier est né à l'Arbresle (Rhône) en 1793. Né pendant la révolution, elle aurait contribué à faire de lui un esprit non conformitme. En 1795, il s'installe à Amplepuis. C'est l'aîné d'une famille de 7 enfants. Il fait quelques études au séminaire St Jean à Lyon. Il quitte Amplepuis et va travailler comme tailleur journalier à Pannissières. En 1823, il va s'installer dans un faubourg de St Etienne au lien dit les Forges. En tirant l'aiguille pour habiller ses clients, il est hanté par l'idée de coudre mécaniquement et d'utiliser un crochet analogue à celui utilisé par les ouvrières qui font des broderies au crochet dans les Monts du Lyonnais.

En 1829, il met au point le premier métier à coudre. Il faut maintenant mettre en valeur son invention. Pour cela il signe un contrat avec Auguste Ferrand, ingénieur des mines qui va se charger de faire les dessins et la demande de brevet de la machine à coudre. Avec ce contrat, Ferrand s'attribue la copaternité de l'invention dont le brevet est délivré le 17 Juillet 1830. La même année et grâce à 8 commanditaires s'ouvre le premier atelier mécanique de confection du monde. Celui ci va fabriquer la uniformes de l'armée. Suite à la destruction de l'atelier par des ouvriers en colère, Thimonnier retourne à Amplepuis, reprend son travail de tailleur et continue à chercher des améliorations à sa machine. Il dépose successivement des brevets en 1841, 1845 et 1847 pour des nouveaux modèles de machines à coudre mais la situation est difficile et le succès n'est pas au rendez-vous . Bien qu'ayant remporté des prix à des expositions universelles et ayant eu des éloges dans la presse l'utilisation de la machine ne se répand pas. Sa situation financière est difficile, il doit cependant faire vivre sa famille. De nombreux voyages dans la capitale ne lui apportent pas la fortune et à termine sa vie comme tailleur d'habits, dans la misère, réduit à vendre ses outils pour subvenir à ses besoins.

Il meurt le 5 Juillet 1857 à Amplepuis à l'âge de 64 ans comme de nombreux inventeurs sans avoir profité du fruit de sa découverte.

  Invention de la machine à coudre

IMG_7185.JPGIl est tout d'abord nécessaire de s'interroger sur ce qui a pu donner l'idée à Barthélemy Thimonnier d'inventer sa machine à coudre. C'est en tirant l'aiguille pour habiller ses clients puisqu'il est tailleur de formation que l'idée de coudre mécaniquement est venue à Thimonnier.

Il a eu l'idée de fabriquer une machine utilisant un crochet analogue à celui des ouvrières dans les monts du lyonnais. D'esprit curieux, non conformiste, Thimonnier avait remarqué un des points les plus utilisés ainsi que la simplicité et la rapidité avec laquelle les ouvrières étaient parvenues à le produire presque machinalement et sans attention apparente. Avec un crochet dans la main droite, l'ouvrière transperçait le tissu, enroulait autour du crochet un fil tendu dans la main gauche qui se déroulait d'un peloton, ramenait ce fil au-dessus du tissu, plongeait encore un peu plus loin formant ainsi chaque fois une maille faisant suite à la précédente et qui restait adhérente au tissu. C'est le point de chaînette.

Thimonnier n'est pas mécanicien, il n'a pas de formation mécanique, il est uniquement tailleur d'habits. Plus tard, Thimonnier perdra un peu de son origine bien que continuant son métier de tailleur. En effet à partir de 1836, les nouveaux brevets ne seront plus demandés par le sieur Thimonnier « tailleur » mais par le sieur Thimonnier « mécanicien ». C'est pour se donner plus de crédibilité vis à vis de ses clients potentiels . Thimonnier est un autodidacte qui a travaillé par empirisme c'est à dire par essais successifs.

D'après le brevet d'invention de 1830, la première machine de Thimonnier est une table sur laquelle une roue à volant entraîne une bielle dont le va-et-vient fait descendre et remonter l'aiguille à deux pointes. La machine est presque entièrement en bois, rudimentaire mais fonctionne. C'est un assemblage de petites pièces, quelques unes sont en cuivre, toutes sont de forme inconnue jusque là. Elle ne comporte pas de mouvement d'entraînement du tissu. L'entraînement se fait avec les deux mains, donc le seul moyen pour faire fonctionner la machine était le pied au moyen d'une pédale. Elle exige de la dextérité pour l'obtention d'un point régulier. Elle dispose d'une vis pour régler la hauteur du crochet. La couture ainsi réalisée est un point de chaînette (points qui présentent une série de boucles piquées les unes dans les autres comme les maillons d'une chaîne). Pour la rendre plus solide, le brevet mentionne qu'il faut mettre de la cire sur la couture. Elle fait environ deux cents points à la minute. Il faut noter que le brevet est différent de la première machine utilisée. En effet, on pense que Thimonnier avait fait ses dessins vers 1829 et qu'il a modifié entre-temps sa machine. On pense cependant que quelques machines du premier brevet ont été utilisées mais que très vite on leur a préféré une machine plus perfectionnée. La machine fabriquée à partir des améliorations du brevet est moins volumineuse, le volant a disparu.

Thimonnier a donc associé sous le même commandement 4 mouvements successifs et précis:

  • la plongée du crochet transperçant le tissu
  • l'enroulement du fil autour du crochet
  • la remontée du crochet entraînant le fil au-dessus du tissu
  • l'avancement de ce tissu et sa fixité pour la durée du point suivant.

La machine n'est pas sans défauts. Ils sont à la fois d'ordre technique et esthétique. Un seul point suffit pour que tout se défile comme un tricot c'est là un défaut majs Thimonnier restera toujours attaché au point de chaînette. Elle est peu élégante et' coûteuse. Thimonnier lui même écrivant en 1845 de sa machine de 1830 dira que son métier à coudre est « compliqué dans son mécanisme volumineux, trop coûteux, se mouvant lentement, susceptible de fréquents dérangements, imparfait dans ses résultats » Barthélemy Thimonnier n'a jamais employé le mot de machine à coudre qui sera inventé plus tard par les américains. Celui-ci utilisait le mot mécanique à coudre, peut-être le mot machine faisait il peur?

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Un grand merci à Annie Verrière pour la recherche généalogique et Muriel Galichon pour la recherche historique et technique.

Voir aussi :http://www.galichon.com/genealogie/html/perso/thimonnier/index.php


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