Lucien BEGULE
Lucien BEGULE
Sosa :1
  • Born 10 May 1848 - Saint-Genis-Laval, 69204, Rhône, Rhône-Alpes, France
  • Deceased 1 February 1935 - Lyon, 69002, Rhône, Rhône-Alpes, France,aged 86 years old
  • Buried - cimetière de Loyasse
  • Peintre maitre verrier archéologue
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 Parents

 Notes

Individual Note


  • Mariée le 29 avril 1897 (jeudi), Lyon,69002,Rhône,Rhône-Alpes-Auvergne,France, avec Marie,"Lucien" BÉGULE, né le 10 mai 1848 (mercredi) - Château de la Tour,St Genis-Laval,Rhône,Rhône-Alpes,France, décédé le 1er février 1935 (vendredi) - Lyon,69002,Rhône,Rhône-Alpes,France à l'âge de 86 ans , inhumé - Cimetière Loyasse,Lyon,69,Rhône,Rhône-Alpes,France, 
    Peintre verrier dessinateur demeurant à Lyon, Montée de Choulans en 1874-1900,et à Ste Foy-lès-Lyon en 1898, 3 rue Sala en 1911, archéologue, maison secondaire à St Cyr au Mont d'Or (1876-1880)

     (Parents : H Georges,Joseph BÉGULE 1805-1882 &  F Agathe,Stéphanie PEILLON 1807)


 inspecteur général de la société francaise d'archéologie en 1929


 


Union avec Marie,"Lucien" BÉGULE


Epoux veuf de Marie-Joséphine Bonnet.


 


Présents : André Rousselon, négociant rue de l'Hôtel-de-Ville, cousin.


Lucien Charrat, 45 ans, avocat quaiFulchiron, cousin.


 
Issu d'une longue lignée de riches commerçants
et de notaires royaux dont l'origine remonte à Jehan Bégule (1496-1591) marchand-tanneur à Saint-Symphorien-le-Châtel (sur-Coise), Lucien Bégule hérite de ses
ancêtres un caractère entreprenant, le sens du commerce, la facilité à nouer des relations et cultiver les amitiés, un goût pour la recherche de la nouveauté et des dispositions artistiques indéniables qui se sont exercées à différentes époques de sa vie dans de nombreux domaines : l'architecture, la peinture, la sculpture, l'orfèvrerie, la photographie et le vitrail.


LucienBégule naît le mercredi 10 mai
1848 au Château de la Tour à Saint-Genis-Laval que son père Georges (1805 Lyon – 1882 Lyon) avait acquis en 1842, après avoir habité rue Boissac. Il le revend en 1862, après avoir acheté en 1860, une charge de commissaire-priseur,place Louis-le-Grand (Bellecour). En 1863, il devient propriétaire d'un grand domaine au 144 montée de Choulans où l'architecte Fusy construit la demeure familiale : "Les Tourelles". En 1879,Lucien obtiendra l'autorisation de son père de construire au fond de la propriété ses ateliers de production de vitraux.


C'est de son grand-père Jean Marie Joseph Bégule (1759 Lyon – 1850 Lyon) que Lucien tient ses convictions bienancrées et sa grande force de caractère. Celui-ci s'était engagé avec les "muscadins" et en 1793 il est arrêté dans les bois de Charbonnières. Emprisonné dans les sous-sols de l'hôtel de Ville, condamné à être guillotiné place des Terreaux, il en réchappe in extrémis grâce à l'intervention du mari de sa sœur Catherine, Simon Caminet, et du procureur, ami de son père. Quelques années plus tard, fortune
faite (il sera tisseur en fil d'or), il prête un gros capital à son ami Georges Peillon qui part s'installer à Saint-Yago-de-Cuba (Santiago), espérant faire fortune dans la
culture de la canne à sucre. En 1828, il envoie son fils Georgessur la grande île pour récupérer l'argent. Au terme d'une traversée de l'Atlantique, sur le paquebot
à voile "Le Rhône", autant mouvementée par les tempêtes que par la chasse des corsaires, Georges découvre la vie de la plantation et dessine les scènes de la vie quotidienne

la coupe des cannes par les esclaves "nègres", les châtiments corporels, l'infirmerie, la salle de bal, les mœurs, les paysages... et se transforme en ethnologue et
botaniste tout en tombant amoureux d'Agathe-Stéphanie avec qui il se marie à La Havane. Pendant le voyage de retour, ils visitent à cheval Washington, Philadelphie, les chutes du
Niagara et enfin New-York. Au retour à Lyon, l'accueil est glacial, car le père de la mariée, n'a jamais pu faire fortuneet au lieu de ses sous, Joseph récupère une bru. Celui-ci en tiendra rigueur à son fils jusqu'à sa mort en 1850.

L'enfance de Lucien se déroule dans un environnement religieux et artistique qui déterminera toute sa vie. Á huit ans, il plonge dans les huit volumes de l'histoire de France d' Abel Hugo et en recopie les
gravures illustrant le moyen-âge. Á neuf ans, il entre au pensionnat Blanc à la Mulatière. Á quatorze ans, le voilà au collège jésuite Notre Dame de Mongré à Villefranche, réputé alors pour former des individus de "haute valeur morale et intellectuelle". Il suit, bien sûr, les cours de dessin et d'histoire de
l'art. L'année suivante, il obtient le premier prix pour une représentation d'une locomotive "Crampton". C'est là que sonprofesseur de chimie l'initie aux débuts de la photographie. Ilen deviendra un pratiquant expert, membre du photo-club de Lyon et nouera des relations personnelles avec les frères Lumière, pour se tenir à la pointe du progrès technique.


En août 1870, la guerre interrompt ses études d'architecture. Mobilisé au camp de Sathonay, Lucien Bégule est envoyé à l'arsenal de Lyon jusqu'à la défaîte. René Ribollet un des collégiens de Mongré, travaillait à l'atelier, 11 rue Jarente du peintre Jean-Baptiste Chatigny, Lucien le rejoint et y restetrois ans, le temps de préparer (avec l'aide déterminante de Pierre Bossan, l'architecte de N.D. de Fourvière, qui l'invite trois semaines à Valence pour se perfectionner en ornementation décorative et maîtriser les problèmes de perspective) et remporter le concours de la Société des Amis des Arts. En 1872, c'est grâce aux six cents francs du prix et à son ami René Ribollet qui part en Italie avec sa famille, qu'il se décide à les accompagner. En train jusqu'àMenton, puis la diligence pour visiter et travailler le dessin dans les églises et musées de Pise, Florence, Rome, Naples jusquà Pompéi et le Vésuve. Puis retour par Ancône, Bologne, Padoue, Venise, Vérone, Milan et enfin le col du Mont-Cenis en traîneau au milieu des neiges (le
tunnel n'était pas encore creusé). En 1873, séduitpar la magie de l'art de la peinture sur verre, il s'associe pendant deux ans à Pierre Miciol, beau-frère de Chatigny, second prix de Rome en 1858, créateur des grandes verrières de l'église d'Ars qui avait son atelier 9 rue Jarente. Ils réalisent, entre autres, le vitrail des fonts baptismaux de N.D. des Marais à Villefranche : "le baptême du Christ" qui obtient la médaille d'argent à l'exposition internationale de Lyon.


C'est encore la famille de son ami Ribollet qui le présente à Mademoiselle Joséphine Bonnet (1853 Lyon – 1890 Saint-Cyr-au-Mont-d'Or) qui, avecses deux frères, Jean-François et Francisque, descend par sa grand-mère maternelle, Louise Gubian, rentière, d'une longue lignée de notaires royaux de Grézieu-le-Marché, remontant à Pierre Gubian, Procureur d'Office, né en 1525. Son père Jean-François (1818 La-Tour-de-Salvagny– 1900 Saint-Cyr-au-Mont-d'Or) a fait fortune comme teinturier industriel pour la fabrique lyonnaise. Joséphine et Lucien se marient le 23 juin 1874 à l'église de l' Immaculée- Conception et partent le soir même en voyage de noces pendant cinqsemaines pour visiter les musées d'Anvers, de Gand et de Brugesen Belgique, puis le British Museum, la National Gallery et le
musée d'art décoratif de South Kensington à Londres. De retour à Lyon, ils emménagent Quai de l'Hôpital et auront quatre enfants : Georges (1875), Stéphanie (1876), Marie-Louise (1878) et Émile (1880).


À la suite de déboires financiers, Lucien Bégule se sépare de Pierre Miciol etcollabore pendant deux ans avec Jacob Razuret, décorateur rue des Prêtres (Monseigneur Lavarenne) à proximité immédiate de la cathédrale Saint-Jean. Celle-ci exerce sur son esprit une telle attirance et une si grande admiration qu'il se décide à l'étudier à fond, d'en scruter la construction, de dessiner et photographier les ensembles et les détails, de reproduire les sculptures, de calquer les vitraux et d'explorer les moindres recoins. Il réunit tous ses travaux pour en élaborer une "Monographie de la cathédrale de Lyon". Au mois de mai 1879, délégué par la Société littéraire historique et archéologique de Lyon à l'occasion de la réunion des sociétés savantes à la Sorbonne, il donne lecture d'un mémoire exposant le plan desa monographie. Elle sera publiée un an plus tard. De nos joursencore, cet ouvrage sert toujours de référence en ce quiconcerne la primatiale. Il a permis de conférer à son auteur l'autorité nécessaire pour obtenir la confiance accordée aux futurs ateliers par les donneurs d'ordre.

Avec l'appui de son père et le soutien de son beau-père, ilconfie en 1879, à l'architecte Auguste Monvenoux, la construction de ses ateliers au 86 montée de Choulans dans les hauts de Saint-Just avec vue imprenable sur Lyon, le Dauphiné et même, par temps favorable, sur la chaîne des Alpes et le Mont Blanc !Après avoir étudié les verrières des cathédrales de Chartres, Sens, Bourges, Troyes..., réaliser des vitraux pour l'église Saint-Vincent, dans l'atelier du peintreJoseph Guichard de la montée du Chemin-Neuf, Ses ateliers ouvrent enfin en 1881, Le cardinal Caverot, archevêque de Lyon, vient les bénir le 1er avril 1882. Son dernier enfant, Émile (qui sera aussi artiste peintre et dessinateur de vitraux) vient de naître, Lucien Bégule a 32 ans et est à l'aube d'une épopée de 25 années où ses ateliers sortiront plus de 400 vitraux religieux et une cinquantaine de vitraux civils, épopée à laquelle la séparation de l'Église et de l'État mettra fin, celui-ci, nouveau
propriétaire des édifices religieux, ne passera aucune commande, ni de création, ni de restauration, laissant son patrimoine se dégrader lentement.

style="font-size: 12px; font-family: Arial; white-space: normal; word-spacing: 0px; text-transform: none; font-weight: 400; color: #222222; font-style: normal; orphans: 2; widows: 2; letter-spacing: normal; background-color: #ffffff; text-indent: 0px; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; -webkit-text-stroke-width: 0px; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial;" />Les ateliers ont été construits de façon très rationnelle : dès l'entrée une grande pièce accueillante, ceinte de bibliothèques, où sont présentées aux clients des dessins aquarellées d'un artiste représentant le sujet principal, il peut s'agir de Lucien Bégule ou d'un peintre extérieur : Eugène Grasset, Èmile Delalande, Charles Lebayle, Gaspard Poncet, Tony Tollet... Une fois l'esquisse sélectionnée et le décor choisi, c'est toujours le Maître lui même qui exécute le "carton" grandeur nature où des lignes parallèles simulent la largeur de l'âme des
plombs et porte sur chaque partie, les numéros des couleurs de verre parmi les 300 échantillons des fournisseurs (le plus souvent ceux de la verrerie de Saint-Just-Saint-Rambert dans la
Loire). Chacun des espaces entre les lignes du carton est ensuite décalqué sur du papier fort pour fabriquer des calibres en tenant compte de l'épaisseur du plomb. De part et d'autre de ce hall de réception dont la position centrale permet au Maître de tout contrôler se trouve d'un côté la salle des peintres sur verre et de l'autre la salle des
monteurs en plomb. C'est dans celle-ci que les verres sont découpés au diamant (et non plus au fer rouge comme au temps des cathédrales) en contournant les calibres posés sur eux. Les verres sont ensuite assemblés comme un puzzle par des tiges de plomb minces et provisoires. Le vitrail peut alors être dressé et transporté dans l'atelier des peintres où la première tâche est de cerner les plombs au pinceau afin d'estomper l'aspect rigide du plomb laminé (et non plus raboté comme au temps des cathédrales) et de le transformer en élément d'art. Alors commence le long travail de "grisaille" pour faire apparaître, ici un visage, là une main, et progressivement la composition de l'esquisse prend forme sur le verre translucide. Ici ou là, il faut ronger un ton à l'acide, ajouter desjaunes par du chlorure d'argent ou des émaux pour renforcer lescouleurs. Le vitrail retourne alors dans l'atelier des monteurs pour retirer les plombs provisoires et cuire les verres peints à 650° afin de fixer les décors. Les fours sont à l'entre-sol avec le laminoir, la ferronnerie, les dépôts ainsi que l'atelier photographique. Puis il est mis en plombs définitifs à moins qu'un deuxième montage provisoire soit nécessaire pour que les peintres puissent effectuer les corrections et retouches de couleurs changées à la cuisson. Si le Maître est satisfait du résultat, le vitrail est descendu par l'ascenseur pour être exposé sur la grande verrière de plus de dix mères de haut. Il subit à nouveau des retouches en fonction de l'exposition à différentes heures du soleil jusqu'au résultat souhaité. Il peut alors être montré au commanditaire avant livraison.


Bien qu'il soit aussi un restaurateur de vitraux anciens (comme les rosaces datant duXIII° ou XIV° siècle de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et de l'église Saint-Nizier ou le vitrail de Sainte-Anne, Saint Pierre et Saint-Jacques du XV° siècle de l'église Notre-Dame-des-Marais à Villefranche-sur-Saône), Lucien Bégule n'a jamais revendiqué, comme les compagnons du Moyen Ãge, que le titre de "peintre sur verre" que l'on retrouve sur tous ses documents à en tête. À l'origine est toujours son dessin sur carton grandeur nature (même s'il le fait d'après l'esquisse d'un autre peintre) et à la manière d'Hergé,
on peut dire que Lucien Bégule est un adepte et un précurseur de la "ligne claire" tant les vitraux produits par ses ateliers portent une expression nette, lumineuse et décorative tout en restant en parfaite adéquation avec le style de l'édifice, public ou privé, civil ou religieux qu'ils viennent éclairer. C'est seulement dans la mise en peinture des verres teintés dans la masse que les compagnons de l'atelier peuvent s'exprimer, sous son autorité, selon leur sensibilité et leur maîtrise des variations que permettent
la décoloration à l'acide, "la grisaille" et l'émaillage. Dans le domaine religieux, les ateliers de Choulans peuvent satisfaire toutes les commandes : vitraux à médaillons dits "archéologiques" dans le style du Moyen Ãge, vitraux à figures dans le style de la Renaissance, vitraux néogothiques même les plus grands, vitraux à scènes historiques complexes. Lucien Bégule connait parfaitement l'histoire du vitrail, tous les procédés et leur évolution dans le temps. Si le plus grand nombre des 92 édifices catholiques où sont installés les vitraux religieux de Lucien Bégule se trouve dans la grande région lyonnaise, sa renommée a aussi dépassé les frontières jusqu'aux cathédrales de Lausanne et Nagasaki, le palais de Tigrane Pacha au Caire, l'église des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul à Rio de Janeiro... Dans le domaine civil, il voit dans le renouveau du vitrail profane de nouvelles perspectives économiques. Il vante lesmérites esthétiques du vitrail et l'adapte au style contemporain, jusqu'aux portes de l'art nouveau qui fleurira à Nancyet Paris. Deux grandes villas à Amplepuis et Cogny dans le Beaujolais sont entièrement vitrées par ses soins ainsi que le plafond de la salle des délibérations de la préfecture du Rhône, la Brasserie Georges à Perrache ou des entrées d'immeubles, comme le 23
cours de la Liberté à Lyon.


Aucune œuvreconnue ne porte de date postérieure à 1905 si ce n'est les vitreries à bornes de style cistercien pour l'abbaye de Fontenay en 1911, année où, son fils Émile n'ayant pas repris l'atelier,il cède son stock de verre. Lucien Bégule s'implique de plus en plus au sein de la Société française d'archéologie. Il publie de nombreuses monographies traitant d'édifices religieux dont "Les incrustations décoratives des cathédrales de Lyon et de Vienne" en 1905, "Les vitraux du Moyen Age et de la Renaissance dans la région lyonnaise et spécialement dans l'ancien diocèse de Lyon" en 1911 et "L'Abbaye de Fontenay et l'architecture cistercienne" en 1912. En 1924,il accède au poste de conservateur des antiquités et objets d'art du département du Rhône ainsi qu'à celui d'inspecteur divisionnaire de la Société françaised'archéologie dont il devient inspecteur général en 1929, année où il publie "Antiquités et Richesses d'art dans le Département du Rhône" et "La cathédrale de Sens" En 1928, il est fait chevalier de la légion d'honneur. En 1931, quatre ans avant son décès, il publie son 18° et dernier ouvrage "L'Architecture religieuse à notre époque. Notes et souvenirs". Il meurt à Lyon le vendredi 2 février 1935, dans sa 87° année.

Jean-MarcLutrin
(Sources: Lucien Bégule Martine Villelongue Thierry Wagner)

 Sources

  Photos and archival records

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