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== Histoire de Taurisma ==

taurisma.jpgDépartement dâÇÖArequipa âÇô Provincia de LA UNION âÇô Districto de Huaynacotas




Taurisma est un petit village dans la vallée du Cañon de Cotahuasi, le plus profond dâÇÖAmérique et certainement du monde avec 3535 mètres. Il est situé à 2681 mètres dâÇÖaltitude.

Le district de Huaynacotas comporte plusieurs lieux dâÇÖhabitation (83 exactement recensés) dont le plus important est Huaynacotas situé en hauteur, comme celui dâÇÖAntabamba (ancienne hacienda). Dans la vallée de la rivière Ocoña, on trouve Taurisma qui est capitale du district depuis 1907, mais aussi Visbe et Luicho. Huacay, Huarcaya, Piramarca et Tarhuara composent les autres hameaux importants du district. Ce district est un des plus importants de la province de LA UNION avec 3 183 habitants en 1940 (Cotahuasi a 3 340 habitants, Alca, 3069 habitants).

Histoire :

Trop peu de recherches archéologiques sur la vallée de Cotahuasi en général permettent de connaître lâÇÖhistoire précolombienne de cette vallée. Seules des recherches restreintes ont été entreprises en 1982 et 1990.


  • La période intermédiaire tardif de la civilisation WARI (1000 âÇô 1430)

    Les restes archéologiques montrent lâÇÖinfluence primordiale WARI aussi bien sur la céramique, le textile et lâÇÖarchitecture locale. Les relations extérieures à la vallée semblent avoir été très importantes et des centres cultuels bien implantés, ainsi que les terrasses agricoles semblent sâÇÖêtre développés à cette époque. Les céramiques identifient les relations avec Cuzco et Chuquibamba.
    Les relations avec les populations de la Puna notamment se sont développées suite au commerce de la laine (alpaca et lama).
    Les principaux lieux habités et culturels se trouvent dans les hauteurs, on en dénombre quatorze (mais ceux dans les vallées ne furent-ils pas détruits par les espagnols ?). On y trouve dâÇÖimportantes ruines comme à Cahuana mais dâÇÖaussi imposants cimetières. CâÇÖest certainement à Alca que se trouvait le centre politique et cultuel de la vallée.
    A 5 kms de Taurisma, aux flancs de la montagne, à TULLA exactement, se trouve un cimetière dit Inca appelé Yunca Aya avec près de 5000 tombes auprès desquelles on trouve des habitations en pierre.
    A Collota et Teneccaca, à 6 kms au nord de Taurisma, sâÇÖélèvent des ruines à lâÇÖintermédiaire des parties basses et hautes de la vallée. Il se peut que les Collata fussent les successeurs des Wari ; ces sites peuvent être des centres administratifs, politiques et économiques. Ces ruines ont la dénomination de ½ Pequeño Maucallacta ». Le secteur est composé de deux secteurs de formes rectangulaires, un de 120 sur 30 mètres de chaque coté et de lâÇÖautre de 30 sur 20 mètres.
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    Malheureusement, lâÇÖabsence de fouilles archéologiques du à la difficulté dâÇÖaccès des principaux sites, la destruction partielle du dernier occupant Inca et des espagnols, les fouilles dévastatrices des huaqueros (fouilleurs de tombes) contribuent à lâÇÖignorance des civilisations pré-incaïques de ces vallées andines auquel il faut ajouter bien entendu lâÇÖabsence de documents ou témoignages.



  • La conquête Inca

    Garcilazo de la VEGA relate la conquête Inca dans la vallée. On sait donc que cette conquête fut difficile et quâÇÖune résistance de la vallée dura plusieurs mois. Le pouvoir dâÇÖAlca sâÇÖeffondra et ces temples abandonnés. Les Incas fondèrent dans les hauteurs de la cité, à Cahuana, un centre rituel régional. LâÇÖarrivée tardive inca limita leur influence dans la région, on constate que seules 2 % des céramiques sont de leur origine.
    Sur le livre de Poma de Oyola par contre, Huaynacotas (Uayna Cota, "jeune cité" en Quetchua) est cité plusieurs fois pour ces mines d'argent ou d'or.


  • LâÇÖinfluence Espagnole
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    Arrivés au Pérou en 1532, les espagnols se sont installés très rapidement dans les vallées andines et notamment celle de Cotahuasi avant la fin du 16ème siècle sans doute attirés par lâÇÖor qui était abondant dans cette région (et notamment à Antabamba). On trouve un texte du 12 avril 1586 mentionnant cette ville et la prise en possession de lâÇÖencomienda de Cotahuasi par Martin MENESES. En 1612, elle sera confiée à Antonio de HINOJOSA y TORRES.
    En 160âǬ commence les premières traces écrites des archives paroissiales à Cotahuasi puis à Alca.
    Ce qui semble évident, câÇÖest que les premiers espagnols ont conquis les terres de la vallée et ont fondé au fur et à mesure les premiers villages que nous retrouvons à lâÇÖheure actuelle. Soit ils se sont refugiés, soit ils ont été repoussés, les indigènes se sont retrouvés dans tous les lieux en hauteur de la vallée. On retrouve donc une majorité dâÇÖespagnols dans les lieux comme Taurisma et Luicho, et une majorité dâÇÖindigènes à Huaynacotas ou Antabamba. Les seuls indigènes présents sont des ouvriers agricoles des haciendas ou domestiques des espagnols. La langue était donc espagnole dans la vallée et quechua dans les hauteurs. JusquâÇÖà la fin du XIXème siècle, on trouve dans les registres les mentions, blancs ou espagnols, métisses, indigènes ou indiens. Heureusement, au fil des siècles et surtout au XXème siècle, le métissage est venu atténuer et même faire disparaître récemment cette discrimination sociale et raciale.
    LâÇÖhistoire de Taurisma se confond donc avec lâÇÖhistoire coloniale de la vallée. Les espagnols imposent leur langue, leur religion et leurs coutumes. Des ingrédients alimentaires viennent dâÇÖEspagne comme les abricots, pommes, poires, coings ou des céréales comme le blé, luzerne et fèves. Les chevaux font également leur apparition dans la vallée.
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    LâÇÖéglise de Taurisma dédiée à Saint Jean Baptiste date dâÇÖau moins 1683 où une inscription est gravée sur son porche.


  • LâÇÖépoque Républicaine

    Au premier temps de la République, la vallée de Cotahuasi est divisée en trois départements, Taurisma et Huaynacotas sont rattachés à la ½ provincia » de Parinacochas, département dâÇÖAyacucho comme Charca, Sayla et Pampamarca, Alca, Tomepampa, Toro et Cotahuasi à la ½ provincia » de Chumbivilcas, département de Cuzco et Quechualla, Chaucalla y Velinga à la provincia de Condesuyos, département dâÇÖArequipa. Si cette vallée est bien au carrefour de ces trois régions, cette division était illogique.
    Mais en 1834, une lutte entre chefs dâÇÖétat, le libéral Orbegoso et le conservateur Gamarra, survient au Pérou (luttes qui contribuèrent malheureusement à appauvrir le pays au cours de tout le 19ème siècle). Le lieutenant-colonel PERALTA de Cotahuasi soutînt Orbegoso contre les provinces de Cuzco et Puno. La bataille de Chahua près dâÇÖAlca scella la victoire dâÇÖOrbegoso à la présidence de la jeune République du Pérou qui récompensa les peuples de la vallée de Cotahuasi en créant la province de LA UNION. Le 4 mai 1835, la vallée de Cotahuasi est formée en Provincia (équivalent dâÇÖun canton français) rattachée au Département dâÇÖArequipa. Le 2 octobre, Taurisma est nommé capital du district mais perd peu à peu de ses habitants et câÇÖest finalement Huaynacotas où est transféré lâÇÖhôtel de ville et toutes les archives.

    Géographie et Åôuvres significatives


  • Les ponts
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    Les ponts ont joué un rôle important dans la vie de Taurisma, câÇÖétaient les uniques liens de communication pour rejoindre la capitale de la Province, Cotahuasi ou les autres départements dâÇÖAyacucho ou dâÇÖAbancay.


  • Les sources thermales

    Les baños (bains) de Luicho
    Les eaux sortent de la montagne du même nom et sont connues pour leurs propriétés médicinales et relaxantes. Elles soignent les rhumatismes, lâÇÖarthrite, lâÇÖatrophie musculaire et le stress. La température de lâÇÖeau voisine entre 33 et 38 °.
    Los baños (bains) de Coñej à Taurisma
    On trouve également des eaux thermales à Antabamba, Huarcaya, Yanahorcco.

== Consuls et Maires de La Garde en Oisans==


Consuls
  • Mathieu PELLISSIER - 1587 - 1588
  • Claude VIEUX - 1589
  • Salot PONCE - 1590 - 1603 - 1618 - 1629
  • Jean EYMAR - 1593 - 1602
  • Pollitre CHALVIN - 1595
  • Jaymen PELLISSIER - 1598
  • André CHALVIN - 1609
  • Constant PELLISSIER - 1610 - 1620
  • Claude PELISSIER - 1611
  • Pierre PELLISSIER - 1612
  • Maître Mathieu PELLISSIER, notaire - 1613 - 1621
  • Maître Philibert de VAUJANY, notaire - 1614 - 1641
  • André CHALVIN - 1615 - 1630 - 1640
  • Jehan PELLISSIER - 1617
  • Pierre PUGNET - 1619
  • Jacques PELLISSIER - 1622
  • Philibert VIEUX - 1623 - 1624
  • Hugues CHALVIN - 1625
  • Jacques PELLISSIER feu Mathieu - 1626
  • Pierre PELLISSIER feu Jean - 1627 - 1637
  • Jacques CHALVIN - 1628
  • Claude PONCE - 1629
  • Jaymen VIEUX - 1631
  • Pierre PELLISSIER - 1632
  • Denis PELLISSIER, notaire - 1633 - 1635 - 1636 - 1652
  • Jehan CHALVIN - 1634
  • Claude PELLISSIER - 1638
  • Jacques PELLISSIER des Ribots - 1639
  • Jean CHALVIN feu Jean - 1642
  • Antoine PONCE - 1643
  • Pierre CHALVIN à André - 1644
  • Philibert PELLISSIER feu Jacques des Ribots - 1645 - 1647 - 1650
  • Claude PELLISSIER feu Denis - 1646
  • Jehan CHALVIN, dit le Jeune feu Jacques - 1648 - 1649
  • Jacques CHALVIN feu Hugues - 1655
  • Antoine de VAUJANY - 1658
  • Philibert CHALVIN feu Pierre - 1660 - 1672
  • Philibert CHOUVIN feu Claude - 1661 - 1681
  • Ennemond PONCE - 1662
  • Claude PELLISSIER - 1664 - 1673 - 1674 - 1675
  • Jean GEYMET - 1665 - 1671
  • Hippolyte CHALVIN - 1666 - 1684
  • Jean PELLISSIER - 1667 - 1668
  • André CHALVIN - 1670
  • Jacques CHALVIN - 1676
  • Jacques PELLISSIER feu Philibert - 1677
  • Hugues CHALVIN - 1678 - 1682
  • Barthélémy CHALVIN - 1679
  • André PELLISSIER - 1680
  • Philibert PELLISSIER - 1681
  • Claude VIEUX - 1682
  • Hugues de VAUJANY - 1683
  • Jean PELLISSIER - 1683
  • Antoine SALLIER - 1684 - 1693
  • Philibert VIEUX feu Jaymen - 1685
  • Jacques de VAUJANY - 1686
  • Jean VIEUX feu Abel - 1687
  • Claude PELLISSIER feu Claude - 1687 - 1694
  • Jean PELLISSIER - 1688 - 1689 - 1692
  • Jean de VAUJANY - 1690 - 1697 - 1710 - 1717
  • Henry VIEUX - 1691
  • Philibert CHOUVIN - 1695
  • André PELLISSIER - 1696
  • Jean VIEUX feu Philibert - 1698 - 1708
  • Claude PONCE feu Claude - 1699 - 1706
  • André CULLET - 1700 - 1701
  • Ferréol de VAUJANY - 1702
  • Hugues CHALVIN - 1703 - 1715 - 1737
  • Antoine CHALVIN - 1705
  • Philibert PELLISSIER - 1714 - 1729 - 1730
  • Claude PELLISSIER feu André - 1716
  • Jean SONNIER - 1717 - 1722
  • Pierre CHALVIN - 1719
  • Pierre PONCE feu Ennemond - 1724 - 1725
  • Pierre PONCE feu Denis - 1726 - 1733
  • Claude PONCE feu Philibert - 1728 - 1749
  • Pierre CHALVIN feu Philibert - 1729
  • Pierre CULLET - 1735
  • Jean PELLISSIER - 1736 - 1737
  • Jacques CHOUVIN - 1738 - 1744
  • Hugues CHOUVIN - 1739
  • Philibert de VAUJANY - 1740
  • Philibert CHALVIN - 1743
  • Pierre PELLISSIER - 1745
  • Laurent PONCE - 1746
  • Claude VIEUX - 1747
  • Ennemond PONCE - 1748
  • Georges CHALVIN - 1750
  • André PELLISSIER - 1753
  • Claude PONCE feu Claude - 1762 - 1765 - 1766
  • Pierre PONCE feu Claude - 1774
  • Pierre CULLET - 1775
  • Jean de VAUJANY - 1778
  • Jean ARNOL - 1780 - 1781
  • Georges CHALVIN fils - 1782
  • Laurent PELLISSIER - 1783
  • Pierre GAY - 1786
  • Jean CULLET dit le Cadet - 1789


    Maires
  • Pierre André CULLET
  • André SONNIER 1794-
  • Jean PELLISSIER feu André 1800-1803
  • Jean Baptiste CHALVIN 1803-1821
  • Claude PELLISSIER feu Jean 1821 - 1825 / 1826 - 1827
  • Jean VIEUX 1825 - 1826 / 1828 - 1841
  • Pierre CHALVIN 1842 - 1848
  • Jacques VIEUX COMBE 1849 - 1855
  • Laurent EMIEUX 1855 - 1870
  • François CHOUVIN fils d'André 1871 - 1884
  • Jean Baptiste CHOUVIN 1884 - 1886
  • Calixte CHALVIN 1886 - 1892
  • Louis Frédéric VIEUX 1892 -

== Ephémérides de l'histoire de La Garde en Oisans ==
Ces quelques éphémérides présentés sont le fruit des recherches généalogiques effectuées. Voir également le site d'Aurélien SOUSTRE sur La Garde en Oisans : http://lagardeenoisans.com
  • 1058

    L'église paroissiale, déjà placée sous le vocable de Saint-Pierre, est attestée pour la première fois dans les textes (Cartulaire d'Oulx), à l'occasion de la donation que le seigneur Adam en fait à l'abbaye d'Oulx en Briançonnais
  • 1225.
    Le Comte d'Albon donne au monastère d'Oulx toutes les dîmes des "argenterii" (mines soit de fer, plomb,...) exploitées actuellement à l'Armentier

  • 1261

    La catastrophe de 1219 nous offre le premier véritable document sur lâÇÖOisans : il est précisé que les habitants de La Garde sont hommes liges de Guigues, Dauphin et quâÇÖils tiennent de lui tout ce quâÇÖil possèdent à la réserve de ce quâÇÖil tient des favetiers et le âÇoepetit boisâÇÑ qui était au fief de lâÇÖArmentier.

  • 1593

    Achat des terres de La Garde par François de BONNE de Lesdiguières qui appartenait pour deux tiers et demi à Louise de VAUJANY, épouse de Marcelin Vilar et la moitié du demi à Maître Honoré MOULIN, notaire.

  • Début 17e siècle

    Tous les papiers concernant la communauté de La Garde avec les terriers et cadastres de 1404 sont vendus à un marchand épicier pour en faire des cornets !

  • 1672

    Une restauration magistrale de lâÇÖéglise Saint-Pierre de La Garde débute après une première visite de Monseigneur Etienne Le Camus. ½ En piètre état », avait-il dit après avoir inspecté lâÇÖédifice cultuel. Le curé est alors Pierre GUYERS, natif dâÇÖHuez : âÇÑles habitants se plaignent quâÇÖil buvait trop de vin et surtout voyait trop de femmes (notamment fréquente sa cousine issue de germaine Anne Besson)âÇÑ.

  • 1677

    Les religieux en charge du Prieuré conçoivent le projet de réaliser un cadran solaire. "La Montre" voit le jour sur la facade sud de l'église Saint-Pierre.

  • 1678

    Le 23 juillet, Monseigneur Etienne Le Camus, Evêque-Cardinal de Grenoble en visite pastorale à travers lâÇÖOisans, monte à La Garde et constate avec satisfaction que lâÇÖéglise a été ½ rebâtie à neuf ». Ses nombreux déplacements et son attachement à la terre dâÇÖOisans vaudront au Prélat le surnom de ½ Cardinal des montagnes ».

  • 1703

    Le mois de mars voit tomber la neige en abondance : à la décrue en avril, la route de Maronne est coupée par une avalanche.

  • 1728

    "Marie", actuelle petite cloche de lâÇÖéglise est coulée. Marque de Pierre ALBENGUE, Maître-Fondeur à Grenoble.

  • 1730

    En juillet, la chapelle Marie Madeleine en ruine depuis longtemps est réédifiée et en état dâÇÖy célébrer la messe.

  • 1733

    En septembre, les inondations emportent le pont de Sarenne.

  • 1735

    La reconstruction du pont est toujours dâÇÖactualité - âÇoeen mars, les chemins publics sont devenus impraticables faute dâÇÖentretiens et réparations et empêchent les habitants de se rendre au marché du Bourg dâÇÖOisansâÇÑ.

  • 1738

    Mort de Joseph NACLARD par une pierre de la montagne des Armentiers vers les mines de cristal.

  • 1751

    Le 7 mars, Claude de Vojany, habitant du Rosai, trouva la mort en glissant sur une plaque de glace, un dimanche, alors quâÇÖil revenait dâÇÖHuez où il avait assisté à la Messe - il dut aller droit au paradis. Une Croix rappelle lâÇÖemplacement ou le malheureux se dérocha.

  • 1770

    LâÇÖhiver 1770 a été très long, la neige a fondu à Pentecôte, à La Garde, on a moissonné quâÇÖà Notre Dame dâÇÖaoût. Suivi dâÇÖune note du curé dâÇÖHuez : âÇoeLors du mariage du Dauphin avec la fille de la reine de Hongrie, les chevaux furent pris de panique, il périt 800 personnes.âÇÑ (registre paroissial)

  • 1775

    Le 23 octobre, le village des Rosets (Rosay) a été réduit en cendres, l'incendie a duré trois jours, et dix jours après, on trouvait encore du feu dans les masures (registre paroissial d'Huez)

  • 1776

    Le 4 mars, les Séchiers furent à deux doigts de leur perte, toute la neige qui est au-dessus ayant boulé, nâÇÖa renversé que le four (registre paroissial).

  • 1778

    âÇoeDans la nuit du 15 du mois dâÇÖoctobre, il tomba une pluie si abondante et si rapide après des pluies ordinaires et fréquentes pendant cet automne, quâÇÖelle a causé des dégâts affreux, la plaine du Bourg dâÇÖOisans a été inondée dans toute son étendue, les ponts emportés, des ravines prodigieuses ont abîmé beaucoup de terrains dans les paroisses dâÇÖalentours, beaucoup de dégradations dans les pièces de terre, en un mot ce foudre inattendu dâÇÖeau jeta tout le monde dans la consternation, on ne voyait que torrents de tous les cotés, les maisons presque toutes submergées. Le ruisseau faisant dans sa chute des bruits épouvantables qui semblait donner des secousses à cette petite contrée et à vouloir la précipiter dans le grand cloaque de la plaine. Ont ne peut percer au Bourg après quelques jours quâÇÖà la nage, de sorte quâÇÖon nâÇÖavait presque jamais rien vu de semblable mais heureusement il nâÇÖa péri personne. Voilà en précis les événements arrivés dans cette année.âÇÑ (registre paroissial)

  • 1780

    Le 5 juin, le Duc de Villeroy, seigneur de lâÇÖOisans, vend à Claude PERRIER, bourgeois de Vizille, une forêt à La Garde dénommée la forêt de Maronne, la Fayolle et Rochenoire formant trois cantons de forêts différents.

  • 1782

    • 30 octobre >> registre paroissial : âÇÑjâÇÖai inhumé dans le cimetière de cette paroisse Jacques VIEUX ROCHAS, fils à Pierre, marié des Armentiers, âgé dâÇÖenviron 13 ans, lequel a été écrasé malheureusement par des pierres hier, dans les rochers audit lieu de lâÇÖArmentier, en gardant des bestiaux...âÇÑ
    • 2 novembre >> registre paroissial : âÇoeJâÇÖai inhumé Marie Vieux Rochas fille à Pierre de lâÇÖArmentier, âgée dâÇÖenviron 26 ans, laquelle a été trouvée morte hier matin ayant la tête fendue dans les rochers de lâÇÖArmentier en allant du côté de la paroisse dâÇÖAuris, où elle fut, dit-on, pour chercher le chapeau de son frère, qui fut écrasé, à peu près dans le même lieu... Déclarant au surplus que la dite Marie Vieux fut toujours brave fille et bonne chrétienne ....âÇÑ

  • 1786

    En avril sur le registre paroissial : âÇoe Mort de Jean Sonnier, à 48 ans, lequel sâÇÖest malheureusement précipité dans les rochers au dessus de la Toux, y étant allé pour ramasser de la vieille herbe pour nourrir ses bestiaux, étant tombé à la plaine au lieu appelé les Croisettes ...âÇÑ

  • 1787

    Cette année-là, sâÇÖabattit sur La Garde une épidémie de petite vérole qui décimât les enfants de moins de deux ans (un taux de mortalité très fort de 1 sur 3).

  • 1789.
    On cite dans un acte notarié Amédé GRANGE, Maître mineur aux cristaux de roche à La Garde

  • 1791

    Le Prieuré de La Garde est supprimé et vendu comme bien national.

    Vente du prieuré à Georges CHALVIN du Rosay, ex-maire, pour 1631 francs.

    Vol de trois cloches de lâÇÖéglise ainsi que des vases sacrés, des ornements et du linge nécessaire à la messe.

  • 1793

    Michel MAGNIN, de Bassay, ancien officier municipal, ne veut pas rendre la reconnaissance de 1742 quâÇÖil avait pris (Bassay avait été rattaché à la commune de La Garde à la création des communes, ce nâÇÖest que quelques années plus tard quâÇÖelle sera rattachée à Bourg dâÇÖOisans sur la demande des habitants - Malheureusement, nous nâÇÖavons aucune trace de ce document aujourdâÇÖhui et pour la seconde fois, la commune perd son cadastre : 1404 et 1742) Les rapports des délibérations nous apprennent que les lieux du Conseil Municipal sont sous le tilleul, devant la porte de lâÇÖéglise et du cimetière.
    • 12 septembre : sur plainte des habitants, le Conseil municipal somme âÇoeleur ancien et vieux curéâÇÑ Bertrand dâÇÖévacuer et sortir de la paroisse de La Garde dans le délai de trois jours et dans trois autres hors du royaume à défaut de quoi il sera déporté à ses frais par la force publique. La délibération est révoquée par le procureur général syndic car les accusations sont reconnues fausses et âÇoeexhortera la municipalité à ne plus se laisser égarer par la passion et à maintenir la paix et lâÇÖunion si nécessaire au bonheur des citoyens.

  • 1826

    La commune rachète le presbytère à Georges CHALVIN pour 5336 francs.

  • 1829

    Jacques ORCEL, habitant de la Commune d'Huez, est cité comme instituteur à Maronne.

  • 1830

    Reconstruction de la chapelle Sainte-Marie Madeleine.

  • 1834

    Demande d'autorisation de faire des fouilles par Paul BRUN et Jean Louis CUYNAT pour découvrir une mine de fer située au Creux des feuilles vers une grande combe et au couchant des précipices coupées à pic

  • 1835

    • Ms ARNOL d'Huez et Jean VIEUX COMBE de l'Armentier ont découvert des filons de fer hydraté depuis le mas appelé Piteux, suivant la roche qui est en dessous des villages de l'Armentier jusqu'à la combe des Creux des feuilles et de ce dernier point jusqu'au village des Séchiers en suivant la combe de la Moulina jusqu'au ruisseau de Sarenne.
    • découverte d'une mine de cuivre située aupied du rocher confinant Sarenne au nord, les montagnes des autres parts ???

  • 1855

    Construction dâÇÖun moulin scierie à La Salle par André PELLISSIER, meunier au moulin de Sarenne.

  • 1861

    LâÇÖécole se trouve dans une écurie et celle de Jacques Vieux Combe sert dâÇÖentrepôt de charbon pour le chauffage de la dite école ainsi que de cours de récréation.

  • 1868.
    La Commune concède un bail à ferme d'une carrière de platre au mas du Vernis

  • 1869

    M. ARAGON, négociant au Bourg d'OIsans a reconnu aux Armentiers, au dessous de la Louperose, talc et autres métaux. Il recherche des minerais notamment sous le presbytère où l'on voit plusieurs excavations, en partie comblées, nommées les trous sarrazins

  • 1874.
    Recherche par Monsieur ARAGON de minerais de la combe de la Sourde jusqu'à la source du Vernis

  • 1885.
    Demande d'extraire du talc par Monsieur FAVIER au mas "Dessous La Garde" et "Aux Gorges". Le concessionnaire abandonnera pour non rentabilité en 1892. L'exploitation sera repris par Monsieur BOUDIER, elle prospère en 1907.


  • 1886

    En août, le Conseil Municipal de La Garde décide la construction dâÇÖune école à la Ville, au lieu-dit Font-Vieille. Le devis est voté en 1887.

  • 1888

    Construction dâÇÖune école mixte avec mairie au hameau de la Ville dont le premier instituteur est Léon BERLIOUX.

  • 1892

    Un pont franchit le ruisseau de La Salle, remplaçant une passerelle en bois installée quelques temps auparavant.

  • 1896

    • Le Grand Pont franchit la Sarenne dâÇÖune seule enjambée et la route peut se poursuivre en direction des Armentiers.
    • Demande d'exploitation d'une carrière de talc au pied de la montagne par M. MORTILLER mais qui s'avère non viable par la présence de fer

  • 1898.
    La commune concède à Antoine PRIMAT des mines de pyrite de fer à l'Armentier

  • 1902

    Auguste LAPORTE, ingénieur au Bourg d'Oisans, désire exploiter un gisement de talc pour 60 francs
  • 1904.
    • André COMTE désire exploiter le talc à la roche de l'Armentier sous l'Armentier le Haut.
    • 6 novembre : inauguration du transporteur aérien des mines des Grandes Rousses. Le droit de passage fait livrer gratuitement à la commune chaque année 1 tonne 5 de noisettes et 2 tonnes 5 de tout venant pour le chauffage des locaux communaux et pour les indigents. Une autre concession du 27 juin 1906 donne plus de charbon destiné aux habitants à des prix très avantageux. Cette concession sera de nouveau modifiée en 1914. D'après les différents courriers, la société des Mines regrettera toujours cette concession pour elle "ruineuse".
  • 1919.
    La société des Talc et Statites des Alpes et la compagne des Mines d'Anthracité ayant fusé, un câble intermédiaire pour desservir l'usine de talc est installé

== Les Noms de familles de La Garde en Oisans ==
Il est frappant de constater que les noms de famille dans lâÇÖensemble de lâÇÖOisans nâÇÖont pratiquement pas changé du Moyen âge à la fin du 19ème siècle. A La Garde, de nombreux patronymes existant au 14ème siècle sont apparus plus tardivement dans les communes voisines, tels FAURE, RIBOT, JOHANIN, ROUX, OUGIER, CHAIXâǬ

Le plus ancien patronyme est certainement celui de CHALVIN qui existe de temps immémorial (14ème siècle) dont les représentants habitaient les Séchiers de Maronne.

Les autres sont venus quelques décennies plus tard tels les COULET, NACLARD, PELLISSIER, PONCE, (de) VAUJANY et VIEUX.

Les mariages, peu fréquents avec un étranger à la commune (jâÇÖai estimé 5% pour un homme hors commune et 20 % pour une femme hors commune), ont favorisé la rareté des patronymes dâÇÖoù lâÇÖapparition de nombreux surnoms (une douzaine parmi la famille VIEUX).

De 1737 à 1802 :
35 % des habitants sâÇÖappelaient VIEUX
33 % soit CHALVIN, CHOUVIN, PONCE ou VAUJANY

De 1803 à 1846 :
36 % de VIEUX (ou dérivés)
42 % soit CHALVIN, CHOUVIN, PELLISSIER ou SONNIER

De 1847 à 1872 :
18 % de VIEUX (ou dérivés)
20 % de VIEUX PERNON
39 % de CHALVIN, CHOUVIN, PELLISSIER, ROUX ou SONNIER



J'ai essayé d'étudier l'origine des noms de la Commune, plusieurs d'entre eux ontmarqué par leur nombre ou par leur richesse notre histoire.
La plus ancienne est certainement la famille CHALVIN déjà fortement présente en 1339. Plus de la moitié des leurs habite Maronne où, dès 1450, des documents notariés les citent aux Séchiers. De nombreux Chalvin partirent à Auris et à Bourg d'Oisans.
Une branche des Chalvin se fit appeler CHOUVIN vers 1600. Son représentant, Philibert fut un marchand laboureur aisé d'après les actes notariés, la famille vécut principalement au Chef lieu.
La famille PELLISSIER fut par contre une famille plutôt dispersée. Apparue en 1450 avec seulement deux représentants, Bénédicte et Guillaume à Maronne, ils s'intègrent dans tous les villages. Au 17ème siècle, Mathieu et son fils Denis, sont notaires et plusieurs fois consuls de la communauté. Sinon, on les retrouve honnêtes laboureurs possédant des terres à La Ville et aux Ribots..
Si la famille VIEUX n'a qu'un représentant en 1420, elle devient le nom le plus usité de la commune au 19ème siècle avec de multiples surnoms..



  • ARNOL : La famille ARNOL établie à La Garde au début du 18ème siècle descend de Jean, natif du Mont de Lans, marié à Anne VIEUX. DâÇÖautres ARNOL sont venus dâÇÖHuez en Oisans avec d'autres écritures également comme ARNAUD.
  • CHAIX : Les premiers CHAIX attestés à La Garde proviennent de Fabien, natif de Villard Reculas, mais ce patronyme est très courant dans lâÇÖOisans, on trouve même des CHAIX au 14ème siècle à La Garde

  • CHALVIN : Ce patronyme existe de temps immémorial dans la commune, on cite ce nom au premier recensement en 1383. Lors des actes notariés du 15ème siècle, les familles habitent déjà les Séchiers de Maronne !

  • CHOUVIN : Descendants dâÇÖAndré CHALVIN, bourgeois au Rosay au début du 17ème siècle, marié à Catherine MACQUERET. Veut-il se distinguer pour marquer son aisance ?

  • CULET ou COULET : Descendants de Barthélémy, natif de Perlouz en vallée dâÇÖAoste, maçon et chapuis, arrivé en 1621 à Auris en Oisans puis à La Garde. Ses descendants deviendront aisés et Pierre André CULLET sera le premier maire de La Garde. Ses représentants émigreront en ville.

  • DUSSERT : Ce patronyme est un nom très courant en Oisans, ses représentants venus au 19ème siècle sont dâÇÖAuris en Oisans et de Bourg dâÇÖOisans.

  • EMIEUX : Descendants de deux frères venus dâÇÖHuez en Oisans en épousant Louise CHOUVIN - 1851 et Célestine SONNIER - 1860 - Ce nom est très courant à Huez.

  • GLODAS : Descendants de Jean, maréchal ferrant du hameau de Bassey du Bourg dâÇÖOisans, marié en 1707 à Suzanne VIEUX - s'écrit également GLAUDAS

  • GRAND : Descendants de Jean, natif de Livet et Gavet, marié à Marie VIEUX en 1748

  • GUEZ ou GAY : Famille du prieur de La Garde, elle sâÇÖinstalle vers 1680 âÇô Origine de Grenoble. Ses descendants aisés vendront leur propriété et émigreront en ville.

  • NACLARD : Le premier Naclard vient de Bourg dâÇÖOisans, les Alberges vers 1610

  • OGIER ou OUGIER : Origine de Besse en Oisans âÇô La famille vient vers 1610 à La Garde - Ce patronyme est très courant dans lâÇÖOisans.

  • PELLISSIER : La première mention de cette famille est dans le recensement de 1450. Ce patronyme est l'un des plus nombreux à La Garde ; on note particulièrement deux souches : celle des Ribot et du Bas de La Garde.

  • PONCE : Cette famille était une des plus nombreuses à La Garde. Elle apparaît la première fois en 1470 lorsque Leuzcon PONCE dâÇÖorigine de Bardonnesche sâÇÖinstalle à Maronne.

  • PORTE : Descendants de Laurent, natif du Mont de Lans, marié en 1813 avec Catherine CULLET - ce patronyme est commun dans tout lâÇÖOisans

  • ROUX : Ce patronyme est commun dans lâÇÖOisans, déjà cité à La Garde dans la reconnaissance de 1383 - Les derniers ROUX sont originaires de Venosc dont Etienne marié en 1740 avec Catherine VIEUX

  • SONNIER : Descendants de Jean, natif de Livet et Gavet marié vers 1710 avec Catherine CHALVIN

  • VAUJANY : Le premier de VAUJANY attesté à La Garde exerce la profession de Notaire vers 1560. Sa descendance est nombreuse mais lâÇÖorthographe de son nom est variable de VOJANNY, VAUJANY, VOJANY,âǬ - descend-elle de la famille noble du village de VAUJANY ou de Gaspard de VAUJANY, châtelain de l'Oisans ? Il nâÇÖexiste pas jusquâÇÖà présent de lien connu.

  • VIEUX : La première famille citée à La Garde date de 1420 - câÇÖest la famille type du village. La multiplication des personnes de ce nom a fait naître multiples sobriquets : au début du 16ème siècle, on trouve un Jean VIEUX le Jeune et son frère Jean VIEUX lâÇÖaîné. Ce patronyme est présent dans tous les hameaux, tous les métiers, toutes les situations sociales.
    on trouve dans la commune plusieurs dérivés :
    • VIEUX BARTHELEMY : Descendants de Barthélémy VIEUX de lâÇÖArmentier le Haut marié en 1760 avec Anne VIEUX PERNON

    • VIEUX BLONDIN : Descendants de Jean VIEUX dit BLONDIN de La Ville marié avec Anne NACLARD en 1799

    • VIEUX BRIGONDET : Ce surnom apparaît début 18ème siècle avec Jean VIEUX, de lâÇÖArmentier marié à Claudine NACLARD

    • VIEUX CAFALET : Ce surnom apparaît vers 1750 à La Ville par Jean VIEUX, de La Ville marié à Thérèse VIEUX

    • VIEUX COMBE : Descendants de Jean VIEUX dit PASCRESSUS, de lâÇÖArmentier le Bas et Anne COMBE mariés en 1791

    • VIEUX CHOUVIN : Descendants de Louis VIEUX PERNON et Marie CHOUVIN mariés en 1801

    • VIEUX PASCRESSUS : Descendants de Laurent VIEUX, décédé en 1778 dans la misère

    • VIEUX PERNON : Un des plus vieux patronymes apparu vers 1700 par Jean de lâÇÖArmentier marié à Anne BERTIN. Le surnom PERNON est porté par lâÇÖaîné jusquâÇÖen 1800 puis devient patronyme à part entière

    • VIEUX ROCHAS : C'est le plus vieux patronyme, porté par Claude VIEUX dit LA ROCHE vers 1650, propriétaire de La Roche de Maronne, habitant lâÇÖArmentier le Bas.

    • VIEUX SANS QUARTIER : Ce surnom apparaît début 18ème siècle, ses descendants émigrent à Bourg dâÇÖOisans

    • VIEUX VIGNON : Ce surnom apparaît début 18ème siècle, attribué à Pierre VIEUX dit La Vigne, de lâÇÖArmentier, propriétaire de vignes aux Essoulieux

      D'autres surnoms avec VIEUX sont apparus à Auris.

== Hameaux, châteaux et nobles, église et chapelles de La Garde en Oisans ==
  • La Garde
    C'est le chef lieu actuel ; le nom provient vraisemblablement de la situation géographique de ce village. DâÇÖorigine germanique, ce terme, qui signifie forteresse, a été latinisé en Warda ou Wardia puis Garda ou Gardia
    Les noms de La Garde au cours des siècles : Paroisse sous le vocable de St Pierre
    Ecclesia Sancti Petri que est sita un locus qui dicitur Gardia, 1058 (Cartulaire de St Hugues)
    Ecclesia Sancti Petri de Guarda, XIe s.
    Ecclesia de Garde (ou Garda), 1158, 1172
    Prior de Garda, 1194
    La Garda, 1260
    • Le Bas de La Garde
  • La Salle
    Le hameau de Tuffer (La Salle aujourdâÇÖhui) est mentionné dans la reconnaissance de Jehan de Lemps, en 1341.Ce hameau était l'implantation d'une maison forte (d'où son nom) et d'une très ancienne tour, d'après certains auteurs romaine. On y aurait trouvé quelques monnaies romaines au 19ème siècle.
    Son emplacement d'alors était le croisement entre les routes d'Huez, Sarenne et Bourg d'Oisans.
  • La Ville
    Ce hameau a sans doute joué un rôle essentiel au XIe s. Il sâÇÖappelait alors Fageto, et il est probable que les ruines au lieu-dit ½ les vallons de la tour » soient le fameux ½ castrum Sageti ou Fageti », cité plusieurs fois dans le cartulaire de la prévôté dâÇÖOulx, monastère en Briançonnais. Ce château contrôlait le passage du lac, et a dû constituer, du fait de sa position exceptionnelle pour le contrôle des échanges vers lâÇÖItalie, un enjeu politique et économique important, vers lâÇÖan mil.
    La Ville au cours des siècles :
    Ecclesia de Fageto : 1050, 1079, 1080, début XIIe s. (cartulaire dâÇÖOulx)
    Capellam Beate Mariae de Castro Sageti, 1058, cartulaire dâÇÖOulx

    Faye ou Fayet (signifie fayard ou hêtre) : 1339, XIV et XVe s.
    Villa de Fayeto : fin XVe s.
    Ville du Fayet : 1644
    La Ville : XVIIIe s.

  • L'armentier
    Aramentarium : Les Armentiers. . .
    Attesté par de nombreuses mines de fer sous le hameau (mentionnées dans le probus de 1262) et encore exploitées au XIIIe s. En 1261, les habitants de la Garde sont hommes liges du Dauphin et tiennent de lui tout ce quâÇÖils possèdent à la réserve des favetiers qui étaient au fief ½ Ayramentaris ». Ce fief a donc joué un rôle particulier.
    • Le Bas
    • Le Haut
  • Maronne
    La reconnaissance de 1339 ne parle pas du lieu-dit de Maronne, qui existait bel et bien à lâÇÖépoque puisquâÇÖon cite les trois hameaux le constituant sur un document de 1341 ( Secherus ( Sechier), Chastellard (Le Châtelard) et Rosetis (Le Rosai)). Marona est alors un nom de lieu, et se rapporte peut-être à la profession des habitants, Maronne signifiant guide ou charpentier. Maronne est-il le hameau cité en 1339, Magdalenam ? Une reconnaissance du 14ème siècle site ce village près d'un rocher, au lieu dit au banches ?
    • Séchiers
    • Chatelards
    • Rosay
  • Les Ribots.
    ce hameau n'est pas mentionné dans la reconnaissance de 1339. Son nom signifie "pierre dure" explicable par sa position géographique mais le nom de ce hameau pourrait provenir du nom de la personne qui y habitait. De nombreux RIBOT vivaient dans l'Oisans.
  • Les hameaux situés dans la plaine
    • Les Vernis
      Cet hameau situé sur la rive droite de la Romanche appartenait à La Garde. Suite à l'accès facilité au Bourg d'Oisans, il a été rattaché à cette commune.
    • Vieille Morte
      Hameau également situé dans la plaine aujourd'hui abandonné sur la rive doite de la Romanche.
    • Pineleria
      Ce mot signifie bois de pin. AujourdâÇÖhui disparu, ce hameau était probablement au-dessus de Bassey et des Essoulieux où existe un lieu-dit ½ La Pinellière ». Dans les divers documents de 1450 à 1470, on retrouve un ½ campo de pinelleria » dans les vignes dâÇÖEssolieux ; comme ce hameau nâÇÖa jamais changé de nom (probus de 1260, cité comme lieu planté de vignes). Le hameau de Bassey a du être reculé vers la plaine, suite à une destruction ou parce que le lac ne constituait plus de menace (dâÇÖoù le nom de Bassey, en contrebas).
    • Bassey et Essolieux
      Ces deux hameaux appartiennent à Bourg d'Oisans depuis la révolution. Aux Essolieux, il existe des vignes depuis fort longtemps, vignes fort convoitées puisqu'elles appartenaient aux nobles au 14ème et 15ème siècle.
      Et de nombreux actes notariés durant les siècles suivant viennent attester la présence de vigne sur les pentes des Essolieux.



      Nobles et châteaux

      Il reste difficile de reconstituer l'historique de ces châteaux, sans fouille archéologique plus détaillée. Les archives de la commune ont pour la plupart disparu. Le passé de La Garde, pour cette période du Moyen Age se trouve peut-être en partie dans les écrits archivés à l'abbaye d'Oulx. J'entreprend actuellement des recherches auprès des archives de Turin, mais les archives du monastère ont été dispersées entre plusieurs lieux.
  • Il existe un lieu-dit "Le Château" à la Garde, qui surplombe au nord-ouest l'ancien prieuré. Il apparaît tard dans l'histoire, au milieu du XIIème siècle dans le Probus, comme localisation d'une pièce de bois : medietatem Rovoyrie in Castello (actuellement la Rivoire), Castellum au milieu du XIIIème siècle, puis aux XVème et XVIème siècles : item loco dicto el Chatel. Il domine de 400 mètres à l'ouest la plaine du Bourg d'Oisans et à l'est la vallée de la Sarenne. Le relief naturel, fait de bancs de schistes feuilletés, a été aménagé et terrassé. Un petit bâtiment ruiné (dit chapelle de la Madeleine) occupe le centre du site. Cette chapelle, citée en 1497, apparaît sous le vocable de Saint-Marie Madeleine. La trace de deux autres constructions se remarque au sud-ouest. Un ancien chemin rural dessert le site.
  • Le château du Fayet
    Quand j'ai commencé à étudier l'histoire de la Commune, j'ai été intrigué par la mention d'un hameau Faye lors du recensement de 1339. C'est quand j'ai découvert dans un acte notarié la concordance entre le hameau de La Ville et Le Fayet, que j'ai compris que ces deux lieux étaient identiques : sont cités ci-dessus les différents termes de ce hameau.
    Au milieu du XIème siècle, dans les documents du cartulaire d'Oulx, on retrouve Adam, seigneur du Briançonnais. En 1058, alors seigneur du Castrum Fageti à La Garde, contrôlant le passage et tout le val de la Sarenne, il fait donation de ses biens à lâÇÖabbaye dâÇÖOulx, renonçant à son pouvoir politique en Oisans, au profit de lâÇÖEglise, et du comte Guigues le Vieux. Quatre chartes du cartulaire dâÇÖOulx sâÇÖintéressent ainsi au Château et à sa chapelle ½ Beate Maria ». La motte castrale contrôle les paroisses dâÇÖHuez et de La Garde, le péage du lac, le droit de pêche de lâÇÖensemble des cours dâÇÖeau (lac, Sarenne, et lacs du massif des Rousses), ainsi que les revenus des alpages.
    Compte tenu de cette position stratégique, de la facilité d'accès par l'ancien lac (point le plus bas), de la richesse des terres adjacentes, et de l'ancienne toponymie de la Ville, il est tentant de penser que les ruines de La Tour étaient le légendaire Castrum Sageti..
  • Quelques nobles recensés à La Garde en 1339, comme de Garda et Taillefer mais très vite, les seigneurs se sont déplacés hors Oisans (voir livre d'Allix sur l'OIsans au Moyen âge) pour posséder des terres plus riches. La modeste noblesse de l'Oisans s'appelaient "favetiers", albergeant des terres souvent très dispersées, mais touchant des droits féodaux. Elle se fonda très vite dans la bourgeoisie locale.
    A ce sujet, en 1261, on rapporte que "les habitants de La Garde sont hommes de Guigues, Dauphin de Viennois, et qu'ils tiennent de lui tout ce qu'ils possèdent à la réserve de ce que tient des favetiers et le petit bois qui était au fief de l'Armentier..

    Nous trouvons le 5 août 1352 l'hommage prêté au Dauphin de Aymon de LEMPS (de lento) de propriétés dans la paroisse de La Garde. Son descendant (?)Leuczon de LEMPS les vend en 1436.
    Avant 1381, les moulins de Sarenne appartenaient à Noble Berard BERARD et furent vendus à Pierre REYMOND dit TAILLEFER.
    Entre 1381 et 1387, apparaît Noble Raymond TAILLEFER qui possède une terre à la Combe de Fonteont vers l'Armentier puis vient la famille REYMOND avec Guigues certainement de la même famille. Ce dernier épouse Gonete de BEAUFORT, fille d'Odoul et héritera de la moitié de son office notarial de Ratiers
    Pierre REYMOND dit TAILLEFER est cité en 1452 pour l'achat de terres de Guigues GIRAUD ayant appartenu à Guigues REYMOND. On le retrouve en 1487 propriétaire d'une maison, prés et terres à l'Armentier
    Toutes ces terres ont été vendues à Guillaume PELLISSIER, alors prieur de La Garde, qui appartiendront plus tard à Noël PELLISSIER.



    La Sarenne

    Le nom de la rivière est quelque peu mystérieux. C'est un torrent de montagne capricieux qui a plusieurs repises a détruit les ponts qui la chevauchaient.
    L'ancien nom était "Sarracena" ce qui signifie sarrazine. En quoi les Sarrazins ont-ils influé à La Garde ?



    Eglise et chapelles de La Garde
    L'église romane de La Garde a certainement été bâtie dans la deuxième moitié du 11ème siècle mais entièrement construites en 1676 - 1677.
    En 1830, l'église est remise en état : charpente, couverture, crépis extrieurs, enduits, pentures intérieures.
    En 1838, la commune décide d'acheter une cloche. Une commande est passée à M. Bonnevie, fondeur de Grenoble et le clocher dont les bois sont pourris et vermoulus est réparé. Sur la cloche sera gravée les principaux donateurs dont François VIEUX PERNON ROCHAS et Marguerite PELLISSIER, son épouse, riche propriétaire à l'Armentier. Concernant l'histoire des cloches de l'église, voir le très bon document d'Aurélien SOUSTRE sur son site http://lagardeenoisans.com/ (cliquer sur l'onglet art campanaire)
    Les différentes chapelles
    Dans l'église
  • Chapelle Sainte-Catherine annexée à l'office de la sacristie
  • Chapelle Saint-Etienne (fondée par Noble Berard BERARD) annexée à la sacristie Saint-André
  • Chapelle Saint-Maurice annexée à la cure
  • Chapele du Rosaire
  • Chapelle Saint-Berard - citée en 1410

    A l'extérieur de l'église
  • Chapelle Sainte-Marie Madeleine (au lieu dit le Château).Citée en 1218.
    La confrérie de Sainte Marie-Madeleine installa avant le XIIIème siècle des établissements hospitaliers dans toutes les Alpes, servant comme maladrerie ou maison de refuge. Une chapelle, dédiée à Sainte Marie-Magdeleine y était souvent attenante. Le 25 juillet 1730, une assemblée des habitants nous signalent que la chapelle qui étaient en ruines a été rédifiée et en état d'y célébrer la sainte messe. Elle est dédiée également à Saint-Roch et Saint-Sauveur.
  • Chapelle Saint-Antoine au Ribot - citée en 1728
  • Chapelle Sainte-Trinité au Rosay - reconstruite en 1643
  • Chapelle Saint-Barthélémy aux Séchiers de Maronne - cité en 1653 - Philibert CHALVIN y possède les fonds.



    Le prieuré de La Garde
    Le prieur de La Garde dépendait de la prévôté d'Oulx du diocèse de Turin et fut certainement fondé dans le deuxième moitié du XIème siècle.
    Les paroisses de Saint-Julien d'Auris, Saint-André de Clavans, Saint-Didier de Clavans, Saint-Arey du Freney, Saint-Pierre de La Garde, Saint-Ferréol d'Huez, Saint-Jean Baptiste de Villard Reculas et Saint-Nicolas de Brandes étaient à la nomination du prieur de La Garde.
    Lors des premières visites pastorales, nous avons la description des occupants du prieuré. En 1410, Mgr Aimon de Chissé, évêque de Grenoble, constate que le prieur s'appelle Jean MEYTRERIE avec un chanoine. En 1488, il y avait le prieur, un sacristain, un curé et deux religieux.
    En 1676, Joseph Louis de SIMIANE est cité comme prieur, Il protestera par le fait de devoir entretenir le curé, le sacristain et deux religieux. Il sera remplacé le 19 avril 1680 par François MENEY.
    Les biens du prieuré
    Ils consistent en des batiments situés à La Garde et des terres, prés, vignes situés à La Garde, Huez, Villard Reculas, Besse, Clavans et Le Freney.
    Au cours de la visite pastorale du 23 juillet 1678, Mgr Le Camus a fait la visite de l'église priorale et paroissiale, sacristie, fonds baptismaux ... clocher, cimetière du prieuré, des lieux où les habitants assurent qu'étaient baties la maison de la sacristie, le cloître et les granges... et il n'en reste plus aucun vestige. Le prieuré est en mauvais état mais déjà en 1678, un certain de nombre de batiments probablement contigus ont disparu. Mais d'après cette phrase : après avoir fait la prière dans l'église, Monseigneur est allé loger dans la maison curiale qui est à deux cents pas, on peut en conclure que Le bas de La Garde pourrait constituer l'ancien prieuré.
    Session de la prévôté d'Oulx : A la suite de la sécularisation de la prévôté d'Oulx par l'évêché de Pignerol, le seigneur évêque de cette ville cède ses droits au seigneur évêque de Grenoble le 23 décembre 1748.
    Le prebytère et ses annexes seront vendus comme bien national le 19 mars 1791 aux nommés SERT et MAGNIN pour le prix de 20800 livres qui cèderont à Georges CHALVIN du Rosay pour sa partie de La Garde. Il sera racheté par la Commune pour 4000 francs le 20 novembre 1826 et donne ainsi la composition du batiment de 160 m² : maison, cuisine, salle du poële, chambre dessus, écurie, grange, le tout sous le même toit ; jardin, terre de 1220 m². 20 plus tard, la commune fera des travaux nécessaires à sa réhabilitation, les batiments ainsi réparés ont subsistés et ont été occupés régulièrement jusqu'en 1922 par les desservants successifs. Le dernier en date est Jean François MEUNIER qui est mort à La Garde.
    Les batiments vacants ont été loués à l'abbé Guinand (délibération du 16.12.1945), abbé de Notre Dame de l'Assomption de Lyon pour y établir une colonie de vacances puis au profit de la société La Tutélaire de Grange Rouge, dont le directeur est l'abbé Guinand qui est une société d'éducation populaire.

== Colportage à La Garde et dans l'Oisans ==
La descente des colporteurs Uissans était une des annonces de l'hiver. Dès la fin octobre, on les voyait se masser au Bourg d'Oisans et s'engager sur l'étroite route de la vallée de la Romanche pour aller faire leurs provisions de marchandises à Grenoble ou à Lyon avant de commencer leur tournée.
Les colporteurs ont laissé une image pittoresque, sillonnant les villages et les hameaux, la balle au dos, sortant de sa hotte ou de son grand sac, les menues merveilles fabriquées en ville. Mais, c'est plus pour survivre, vu le peu de ressources que leur rapportait leur métier d'agriculteur qui poussèrent ces hommes des montagnes à se déplacer hors de l'Oisans.

Une origine lointaine :

Déjà, en 1412, un texte nous indique une émigration temporaire qui a "pour but de fournir aux paysans de l'Oisans l'occasion de gagner de l'argent dont ils ont besoin, principalement en vue de payer l'impôt, argent que leur terre ne peut leur fournir en suffisance".
En 1428, leur destination et leurs occupations sont indiquées par un texte : Grenoble, en Provence et dans le Comtat, de nombreux Uissans vont tirer les bateaux de sel sur le Rhône.
Mais les mots "misère, misérable" sont souvent répétés dans les textes et les doléances indiquent "que tel ou tel habitant est parti mendier".
En 1458, un texte indique que cette émigration temporaire s'étend de Toussaint à Pentecôte.
Au 17ème siècle, j'ai recensé au moins dix marchands officiels dans les familles CHOUVIN et PELLISSIER.
L'apogée du colportage se situe après 1850 mais diminue avec la fin du siècle. Dans les recensements de 1886, 36 % des chefs de famille se déclarent colporteurs, seulement 7 % en en 1911 et 3% en 1921. Nous n'avons pas de recensements précis auparavant mais il serait vraisemblable d'avancer que 4/5ème des familles colportaient vers 1850.
J'ai étudié sur La Garde les naissances depuis 1737 (date des premiers registres que la commune possède) et les conclusions en sont éloquentes. Autant au 18ème siècle, les naissances sont plus ou moins réparties sur les douze mois de l'année, autant au 19ème siècle, et notamment les décennies 1820 - 1890, il y a un déficit de naissances manifestes durant les mois de juillet à septembre. La moitié des naissances se situent entre janvier et mars. Il y a donc bien une présence familiale forte entre avril et juin, et des départs importants entre novembre et janvier.
Le colportage cachait une grande misère et nombre de colporteurs sont morts sur la route ou en prison. J'ai pu avoir des archives communales un ½ état des condamnations de plusieurs individus de la commune de La Garde » dressé par le Maire de la commune en 1856 et qui atteste de la difficulté que rencontraient tous ces hommes :




Extrait de l'état des condamnations de plusieurs individus de la commune de La garde
1. Tribunal de commerce de Grenoble opposant Ferréol ARNOL, non réhabilité le 8 septembre 1848, à Hugues CHALVIN et Pierre SONNIER
2. François GLODAS, prévenu de vol, condamné à 13 mois de prison par le Tribunal de Saint-Marcellin le 22 février 1842
3. Louis Frédéric VIEUX PERNON, déclaré coupable de vol, condamné à 30 mois de prison par la cour d'assises de Périgueux le 20 juin 1845
4. Augustin PELLISSIER, condamné à 13 mois de prison pour mendicité et menace par le tribunal de Bourg en Bresse le 13 juillet 1849
5. Philippe VIEUX PERNON, déclaré coupable d'escroquerie, condamné à 10 jours de prison, Pierre VIEUX PERNON, son frère, condamné pour le même fait à 20 jours de prison, par le tribunal correctionnel de La Rochette le 16 novembre 1849, condamné pour récidive pour le même fait par le tribunal de Napoléon Vendis le 1er février à 1 mois de prison.
6. Philippe VIEUX PERNON, déclaré coupable d'escroquerie condamné à 2 mois de prison par le Tribunal correctionnel de Limoges le 18 mars 1847
7. François ROUX, déclaré coupable d'escroquerie faisant la partie illégale de la médecine, condamné à 1 an et un jour de prison dans la maison centrale de Fontrevaud par le Tribunal de Nantes le 21 janvier 1854
8. Louis VIEUX PERNON, déclaré coupable d'escroquerie condamné à 1 jour de prison par le Tribunal de Napoléon Vendis le 1er février 1855
9. Jean PELLISSIER, déclaré coupable d'escroquerie à 15 jours d'emprisonnement par le Tribunal d'Autun (Saône et Loire) le 9 février 1852
10. Alexandre CESARD, déclare coupable à 1 mois de prison pour vol par le même tribunal, même jour
11. Antoine ROUX, condamné à 13 mois d'emprisonnement pour s'être rendu coupable d'escroquerie et Claude VIEUX VIGNON, condamné à 14 mois d'emprisonnement pour escroquerie par la cour d'assises de Fontevraud le 4 mars 1856

Cela représente qu'une petite partie des condamnations, nombres de colporteurs se sont retrouvés ruinés et acculés à la faillite et à l'expropriation de leur terres, tel Jean VIEUX, maire de La Garde, qui avait en 1845 près de 50 000 francs de dettes.



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Les documents des colporteurs

Ici contre, la patente dâÇÖun marchand forain avec bête de somme concernant François VIEUX PERNON ROCHAS de lâÇÖArmentier.

Photo à mettre

La patente était obligatoire : ½ Les marchandises mises en vente sans patente pouvaient être saisies ou séquestrées aux frais du vendeur. »
Tout colporteur devait tenir ½ un livre journal, un livre dâÇÖinventaire ».
Il est important de constater le nombre important de personnes de La Garde lettrés à cette époque, plus de 80 % savaient signer au 19ème siècle.
DâÇÖautres colporteurs nâÇÖavaient que leur balle avec eux, câÇÖest le cas en général des colporteurs merciers.
Tout comme la patente, voyager nécessitait de la part de tous les colporteurs un passeport de lâÇÖintérieur.
CâÇÖest une véritable mine de renseignements pour la description de nos ancêtres en lâÇÖabsence de la photographie que fournit ce passeport renouvelé chaque année.

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François Vieux Pernon décrit avec minutie ci-contre pour un de ces derniers voyages, il devait décéder cinq années plus tard : barbe châtaigne, visage ovale, teint un peu coloré, sans premier doigt de la main droiteâǬ.

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Les colporteurs se faisaient livrer leurs marchandises souvent dans des points de relais où les auberges tenaient le premier plan. Leur correspondance est très nombreuse.

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Ci-dessus le carnet de route appartenant à Jean Vieux Blondin, on peut sâÇÖapercevoir des différentes
haltes que ce colporteur accomplissait.



Les spécialités du colportage

Les deux plus importants sont sans contexte
la rouennerie et la mercerie dont les colporteurs de La garde sont majoritaires.
Les balles des merciers étaient plus légères contenant fils, aiguilles, épingles et pelotes, laine et coton à repriser ; câÇÖest le colportage le plus humble sans mise de fonds ni grande habileté à lâÇÖusage de ceux qui nâÇÖavaient rien.
Celles des rouenniers représentent un colportage plus riche avec tissus, toiles et articles de laine. Si à lâÇÖorigine, ce commerce servait à écouler la fabrication des tisserands locaux, il devient vite un véritable commerce où les colporteurs cherchent leur marchandise à Grenoble, Lyon voire Paris.
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Commande pour Jean Vieux en 1845, où lâÇÖintéressé commande tout un assortiment de bonneterie chez lâÇÖentreprise PALLIAS à Lyon : bas, pantalon, gilet, gant, chausson, chaussette, etc.
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DâÇÖautres exemples de grands magasins de bonneterie, cette-fois ci à Limoges.
Articles de bazar et quincaillerie
Ces produits multiples nécessitaient pour les étalagistes un véritable bazar sur roue traîné par un cheval ou un mulet. Ces colporteurs sont devenus de véritables commerçants que lâÇÖon retrouve tout au long des actes notariés à partir du 16ème siècle.
Comestibles
A lâÇÖorigine, le colporteur exportait certaines denrées de la montagne mais au 19ème siècle, elles ont cessé dâÇÖy jouer un rôle. De la petite épicerie roulante, certains sont devenus des épiciers en gros ou des marchands de liquides, telle la famille VIEUX PERNON de lâÇÖArmentier dont certains représentants se sont installés dans la région de Bordeaux.

Ci-contre chocolat, café acheté à Limoges en 1845

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Une spécialité de La Garde : Droguistes, herboristes et aussi charlatans

A lâÇÖorigine, tous les porte-balles transportaient avec eux des herbes qui avaient bien sur toutes sortes de vertus, comme le thé des Alpes ou lâÇÖArnica. Au fur et à mesure, lâÇÖespèce dâÇÖarmoire en osier se transforma en meuble léger à tiroirs où les remèdes de lâÇÖherboriste étaient soigneusement rangés. Mais les remèdes étaient le plus souvent anodins et sans grande efficacité, le talent dâÇÖorateur du colporteur était alors essentiel. Une anecdote célèbre précisait que le colporteur se rendait tôt le matin dans une étable dâÇÖun village proche pour mettre du poil à gratter aux vaches afin de les incommoder, et quand il se rendait peu après, il les guérissait triomphalement.
JâÇÖai retrouvé dans les archives de ma famille quelques remèdes miracles dont je vous fais part, ceux-ci font plus penser à des poudres de perlimpinpin que de véritables médicaments !

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Les seigneurs du colportage : lunetiers et fleuristes-
La lunetterie est le colportage le plus récent apparu après la guerre de 1870, elle sâÇÖapprovisionnait principalement à Morez en Jura où la famille PELLISSIER des Ribots sâÇÖy est même installée. La valise du lunetier renferme des verres et des binocles, un trésor de richesse que le porte-balle, le plus riche des colporteurs Uissans, manie avec grande habileté.

-les fleuristes sont les seigneurs du colportage. Si la plupart sont originaires de Venosc, La Garde abrite un des plus célèbres en la personne de Claude CHOUVIN. Le Musée Dauphinois a exposé plusieurs de ses lettres et représentations de fleurs et Jean-Louis BEAUCARNOT lâÇÖévoque dans son ouvrage sur les colporteurs :
½ La vie de Claude Chouvin, marchand fleuriste originaire de La Garde, est parfaitement exemplaire. Amené à la profession par un beau-frère, il entreprend, entre 1894 et 1901, plusieurs campagnes, qui le conduisent successivement à San Salvador, au Chili et à Rio de Janeiro, d'où il rapportera en une seule visite une véritable fortune. Rapidement, il acquiert un hangar à Angers, où il stocke sa marchandise. Il investit dans la publicité, publiant des annonces dans les journaux, se faisant imprimer des catalogues où les fleurs sont dessinées par des peintres-artisans spécialisés, des planches somptueuses présentant l'amaryllis pourpre au cÅôur doré, la gentiane bleue aux étamines d'or ou encore l'aralia rouge. »

En effet, de nombreuses planches de fleurs étaient dessinées et coloriées avec beaucoup de soin afin de donner aux acheteurs éventuels une impression de vérité. Ces plantes dâÇÖornement étaient des marchandises de luxe, la clientèle se trouvait en ville ou pays riches et entraîna les colporteurs à une expatriation lointaine jusquâÇÖen Russie, lâÇÖAsie et toute lâÇÖAmérique !

Félix VIEUX, de La Ville, a commandé à Belfort tout article de lunettes (précisé de Morez) et de coutellerie

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Les pays visités

Si les plus pauvres se contentent dâÇÖarpenter le Dauphiné même, la plupart des voyageurs fréquente les pays du Centre : Auvergne, Limousin, centre sud et ses abords. Le centre de livraison se situe à Lyon ou Moulins.
LâÇÖEst est un monopole des hommes de La Garde et des communes avoisinantes, Huez et Auris avec les colporteurs lunetiers. Le réseau familial y joua un rôle prépondérant avec un centre de livraison à Morez en Jura.
LâÇÖOuest et le Sud-Ouest ont connu les colporteurs spécialisés dans le voyage du commerce en alimentation, peu de personnes de lâÇÖOisans y sont attestées, seule une famille de La Garde, les VIEUX PERNON, semble y avoir réussi.
Les pays lointains : de nombreux exemples attestent que les colporteurs nâÇÖont pas hésité à franchir les frontières de lâÇÖhexagone pour accroître leur commerce en possédant en France de nombreux comptoirs à Paris, lieu de livraison, mais aussi dans les principaux ports maritimes. Le monde méditerranéen leur semblait même petit et ils nâÇÖont pas hésité à parcourir les nouveaux mondes dont lâÇÖAmérique. On imagine lâÇÖhabileté de ses hommes au départ sans éducation et qui durent apprendre des langues diverses.



Les Correspondances
Les différentes correspondances entre les colporteurs et leurs familles restées à La garde sont une mine de renseignements et dâÇÖanecdotes en tout genre. Elles sont souvent émouvantes et témoignent de la dureté de la vie au 19ème siècle.

Je vous livre des extraits de quelques lettres qui me sont parvenues

Lettre du 27 juin 1849 de Jean Vieux Blondin à sa mère et sa famille
''Mes chers parents,
Présente est pour vous annoncer quâÇÖau moment où je me disposais à quitter le pays, ma mule est tombée malade. Je lâÇÖai fait saigner et placer un téton dâÇÖaprès lâÇÖavis du vétérinaire. Je lui donne également du miel, car câÇÖest une maladie qui a du rapport gourmet, elle tousse beaucoup et ne répond guère. Je mâÇÖen irais à petites journées et attendrais si la maladie devient plus grave. Vous voyez quel bonheur jâÇÖai avec mes bêtes. Il est inutile que je vous parle de mon cheval entier quoique bon, tôt au tard il me fera du désagrément. Je suis parfaitement guéri de la manie du bégaillement. Donc quâÇÖelle crève ou quâÇÖelle guérisse. CâÇÖest bien fâcheux, car jâÇÖétais parvenu à amasser près de 1500 écus, et il me reste un peu de marchandises. Les récoltes ici sont très belles, il y a beaucoup de foin. Une chaleur de forte et pas de pluie, cette température engendre beaucoup de maladies. Tâchez de faire le mieux.
Dimanche vous allez beaucoup vous amuser avec lâÇÖami Vieux Combe. Il a très bien choisi. Adélaïde est une bonne personne, économe, et qui nâÇÖa eu de faiblesse que pour se faire une position. Je mâÇÖaperçois que la philosophie a fait chez lui dâÇÖimmenses progrès. Lui seul a su mettre de côté le préjugé.
Si Adélaïde mâÇÖeut voulu, je lâÇÖeusse épousé avec beaucoup de plaisir. Je nâÇÖai pu vous écrire plus tôt pour ne pas troubler votre fête, le bon Saint-Pierre. Mes compliments à tous nos amis et voisins, nâÇÖoubliez Jacques Vieux fils, enfin tous, Janviotte, notre cousin, Jean Sonnier, sa femme et Pierre Sonnier, son bon diable.
âǬ Pour quant à Jules, mon frère Henry sera tenu de lui donner 1000 fr .. je donne la jouissance de tout cela à notre mère. Cependant si Pierre vient à perdre par malheur son Åôil, ce qui nâÇÖest pas, je prie Dieu, câÇÖest à lui que je donne tout ce que je puis avoir. Vous allez sans doute me prendre pour un fou, mais il nâÇÖy a pas à sâÇÖy fier, mes amis sont morts subitement.
Les affaires ainsi réglées, je vous embrasse du plus profond de mon cÅôur.
Jean Vieux Blondin''
Lettre du 26 mars 1850 à Saint-Fort sur Gironde de Jean Vieux à sa mère
''Mes chers parents,
Je viens de Bordeaux où jâÇÖai vu le pauvre père Philippe Vieux Pernon à lâÇÖhôpital, atteint dâÇÖun ulcère à la jambe dont il aura beaucoup de peine à se relever, et à franchement parler, je crois quâÇÖil est perdu. JâÇÖai eu moi-même une douleur aux reins qui mâÇÖa cloué quatre jours sur mon lit. JâÇÖai voulu porter 40 k de mon auberge au bateau à vapeur, câÇÖétait de la mitraille, jâÇÖai attrapé chaud et froid. Voilà la véritable cause de ma douleur. JâÇÖai reçu à Mortagne une lettre de lâÇÖâÇÖHenry (son frère) qui mâÇÖa causé beaucoup de joie, je nâÇÖai pas cru devoir lui faire réponse, parce que jâÇÖai pensé quâÇÖil serait parti pour le pays.
Depuis le carnaval jusque il y a huit jours, nous avons eu le plus beau temps du monde, mais ce matin il gèle à pierre fendre, il fait un vent furieux, hier il tombait de la giboulée ; jâÇÖai vu avec plaisir mon neveu pouvoir déjà se faire comprendre, je lâÇÖengage à continuer ainsi que le Jules qui me paraît être un petit bourriquet. JâÇÖai été fâché de lâÇÖaccident de notre ami le Fils, ce maudit pommier bouffard me fit éprouver le même accident à lâÇÖâge de 9 ans. Ses filles auraient été à même mieux de faire cette besogne que lui ; vous ne me parlez pas du tout de mon frère, sâÇÖil est allé faire une petite tournéeâǬ vous souhaiterez le bonjour de ma part à lâÇÖAngélique, à toute la famille, et la ruche ne lâÇÖoubliez pas, donnez moi des nouvelles du bétail et de celui de lâÇÖHenryâǬ rien de nouveau ici, les affaires vont médiocrement, cependant, je viens de faire une bonne tournée (3000 fr en deux mois). Le gouvernement rétrograde et ne suit nullement lâÇÖimpulsion qui fut donnée dans le principe. CâÇÖest le régime du sabre qui est la meilleure de toute la raison.
Vous me ferez réponse de suite à Rochefort, poste restante (Charente Inférieure).
Le bonjour à notre ami Vieux le fils, à sa famille, à nos voisins Lalan et au peupleur de la Laponie, à sa femme et à tous ceux que la circonstance vous lâÇÖinspirera, nâÇÖoubliez pas le maire, câÇÖest un bon diable. NâÇÖoubliez pas non plus nos oncles François et Pierre sâÇÖil est au pays.
Je vous embrasse du plus profond de mon cÅôur.
Jean Vieux''
Lettre de janvier 1852 de Marie Vieux à son époux Pierre Sonnier
Le style est différent des autres lettres, je la livre sans corriger les fautes, on imagine les femmes laissées seules au pays et livrant par leurs courriers les nouvelles de chacun. On assiste à chaque lettre aux décès des marchand colporteurs loin de leur pays âÇô ce courrier est adressée à ½ Monsieur Pierre Sonnier, marchant aux anvirons Oyonnax, poste restante aux Oyonnax, département de lâÇÖAin » -
''Mon cher époux,
Je répons a la lettre qui mapprent que tu jouisait d une bonne santé pour le moment, Grace a dieu, je désire que la présente te trouve de même pour quant à moi je me porte très bien pour le moment ainsi que nôtre mère qui se porte bien pour le moment ainsi que notre oncle qui ce porte bien pour le moment.
Ainsi que nos deux enfants qui vont à lâÇÖEcole il y a un moi. Chèr époux nous avons reçu une lettre de nôtre frere qui se porte bien pour le moment qui te fait bien des compliment ainsi que hanri qui a ecri il y a un mois qui se porte bien pour le momant et qui te fait bien ces compliment ainsi que lâÇÖangélique qui se porte bien pour le moment et qui te fait bien ces compliment, rient autre chose a te dire pour le moment, je fini ces deux mot ent tanbraçant de tout Mon cÅôur ainci que nos deux enfant et notre oncle et nôtre Mère. Marie Vieux


Lettre du 26 mars 1864 à Saujon de Jean Vieux Blondin à Henry VIEUX, son frère

''Mon cher ami frère
Je mâÇÖempresse de répondre à ta lettre que tu mâÇÖas adressée à Royan. Je suis on ne peut plus satisfait de voir ta bonne santé ainsi que celle de Jules. Déjà par une lettre de ma femme, je savais que la tienne avait accouchée dâÇÖun garçon, ce qui mâÇÖa comblé de joie de voir que câÇÖest un mâle, parce que les pauvres filles sont trop malheureuses dans ce siècle-ci. Les garçons avec leurs couilles au cul peuvent toujours se sauver. Il nâÇÖy a rien de nouveau au pays, jâÇÖattends la délivrance de ma femme qui malheureusement nâÇÖest pas forte. Ces jours-ci je dois recevoir une lettre et selon les nouvelles du pays je tâÇÖécrirai à Roanne pour le 10 avril, mais sâÇÖil nâÇÖy a pas de nouveau, je ne tâÇÖécrirai pas, au contraire aussitôt que tu seras arrivé au pays tu me feras réponse à Royan, hôtel de la Croix Blanche. Tu me détailleras le mouvement général du pays. Ce mot renferme tout.
Je vois avec peine que nos compatriotes font des sottises tellement grandes que plusieurs mandats dâÇÖarrêts sont décernés contre eux, hélas, hélas, cela finira mal.
Rien de nouveau au pays pour le moment. Je vends assez et ne me ^plains pas trop mais malgré cela je mâÇÖennuie de tout, câÇÖest que quand on est vieux, on devient grognon, tout vous fait déplaisir. Bientôt cher frère, nous nous reverrons pour nous embrasser avec la plus grande effusion de cÅôur. CâÇÖest dans ce vif espoir que je tâÇÖembrasse ainsi que le Jules.
Ton frère dévoué. Jean Vieux Blondin
'




Le déclin du colportage
Le développement industriel offrant des occupations dâÇÖhiver plus attrayantes, la facilité des voies de communication, le dépeuplement rural réduisant le commerce intérieur, ont pour conséquence dès la fin du 19ème siècle le déclin du colportage. La première guerre mondiale et ses conséquences démographiques dramatiques mettent fin au colportage à quelques exceptions près.




Référence :
½ Les colporteurs de lâÇÖOisans »
de C. ROBERT-MULLER et A. ALLIX, réédité en 1979, Presses Universitaires de Grenoble

½ Le voyage et la mémoire »
de Laurence FONTAINE, 1984, Editions Presse Universitaire de Lyon

½ Quand nos ancêtres partaient pour l'aventure »
de Jean-Louis BEAUCARNOT. Editions Lattès

== Ma généalogie familiale n'a rien d'exceptionnel ==
... elle se fonde dans les gens du peuple et la souffrance de la paysannerie de l'ancien régime.

On retrouve bien entendu quelques bourgeois, des artisans mais surtout une majorité de cultivateurs bien inégaux ; de simples journaliers, fermiers, petits propriétaires ou importants laboureurs. Tous étaient issus d'une même origine, seule la chance durant toute une vie a permis à certains d'émerger : droit d'ainesse, enfant unique ou au contraire dernier d'une famille nombreuse imposant l'expatriement.

Que dire enfin de cette branche de colporteurs dont j'ai découvert les courriers, les multiples procès et qui m'ont fait voyagé dans la France du XIXème siècle ! Je consacre à Jean VIEUX BLONDIN tout un chapître passionnant.

J'ai découvert la généalogie alors que j'étais au collège en 5ème en 1970 alors que mon professeur d'histoire géographie nous demanda d'apporter le plus de renseignements possibles sur nos ascendants. De la classe, évidemment, j'étais celui qui était remonté le plus loin ... mes grands-parents étaient tous vivants et j'avais pu ainsi établir un petit arbre ... jusqu'à la 5ème génération. Piqué par la curiosité, j'étais allé avec mon père à Pellafol pour découvrir enfin plus de vérités sur des noms connus.

Très vite, les noms découverts sur les registres d'état civil ne m'ont pas satisfait, il me fallait plus de précisions : des métiers, leur lieu d'habitation et grace aux registres de notaires, découvrir leur fortune et leur bien. Malheureusement, je n'ai pu recueilllir très peu de renseignements concernant les femmes, bien mal considérées à l'époque, elles sont mentionnées en tant que fille, épouse ou mère. Peu d'entre elles ressurgissent entre les archives !

L'origine des familles

Excepté les rencontres fortuites qu'ont occasionné les guerres et notamment la première guerre mondiale, ma famille se situe principalement au sud de l'Isère : la Matheysine, le Beaumont et l'Oisans.

Bien sur, en remontant le temps, on trouve des incursions en Triêves, proche de ce secteur, dans le Champsaur, le Dévoluy, la Maurienne et jusqu'au Piémont.

Une partie provient de l'Oise, rencontre en 1914-18 de la fille d'un charcutier de Trosly-Brueil avec un murois, fils de mineur. C'est en me déplaçant dans l'Oise et l'Aisne que j'ai pu progresser dans cette branche généalogique.

Chaque branche a son originalité où le dernier représentant en est l'héritier ! Rien ne semble dû au hasard.

Ma grand mère MORU est l'héritière de commerçants, boucher, charcutier, tous habitants aux alentours de Compiègne.

Son mari, de la famille CHEMIN à La Mure, est l'héritier de toute une série d'ouvriers artisans, mineurs, cloutiers, tisserands aux fortunes les plus diverses du vagabond au Maître ouvrier. Seule la guerre fera que se rencontre ces deux familles au niveau de vie différent.

Ma grand mère VIEUX de l'Oisans descend d'une lignée de cultivateurs dont la terre de l'Oisans ne leur donnait pas assez pour survivre et qui sont tous partis s'exiler comme négociants ou colporteurs avec plus ou moins de bonheur.

La branche BEAUME est quant elle, la plus "banale", basée sur les ressources agricoles, cultivateurs plus ou moins riches, simples journaliers ou riches laboureurs.

Les deux familles se rencontreront par le métier commun des deux parents : instituteur. Métier à l'ascenseur social évident vu l'origine modeste des deux familles.

J'ai étudié évidemment de manière inégale toutes ces branches en recherchant également des familles au destin peu commun et qui avaient un lien avec ma famille. La famille ARIBERT ou COMBOURCIER sont indissociables de l'histoire de la Matheysine ou du Beaumont. A la recherche de ma généalogie, entre deux lignes d'un acte notarié, j'ai retrouvé le fameux château du Fayet (Castrum fageti) qu chacun situait à Brandes (Huez). Je me suis alors intéressé à l'histoire de La Garde en Oisans à laquelle j'ai essayé de contribuer à améliorer sa connaissance. Chaque famille de ce village est reconstituée avec leurs liens avec chaque village alentour, leur histoire en apportant le plus de précisions possibles (mais tout en respectant le délai centenaire de l'état civil).

== Flora TRISTAN et Paul GAUGUIN ==


vacances_2005_015.jpg Tableau de Flora TRISTAN dans le musée communal d'Arequipa...
à destins extraordinaires, généalogies peu communes

C'est par la découverte de deux destins extraordinaires contés par Mario VARGAS LLOSA que j'ai pu découvrir le Pérou du XIXème siècle et notamment l'influence coloniale dans la ville d'Arequipa. cela m'a conduit du petit village de Saucède près d'Oloron Sainte-Marie à Arequipa, via Paris, Séville.

Paul GAUGUIN disait dans son histoire biographique que s'il descendait de paysans vignerons, cela ...
et que s'il descendait des Borgia d'Aragon...

En fait il descendait des deux, et la génalogie de sa grand mère, Flore TRISTAN y MOSCOSO est tout à fait extraordinaire.
vacances_2005_026.jpgLes photos de la Casona à Arequipa qu'a fait construire Domingo TRISTAN aujourd'hui une banque rue Jerusalem.
vacances_2005_022.jpgUne malle utilisée au XIXème siècle comme a pu utiliser Flora.
vacances_2005_016.jpg


== GENEALOGIES DU BEAUMONT - Familles ARIBERT - COMBOURCIER - DEBONS - VIVIAN ==


Familles aux destins extraordinaires mais dont la descendance s'est également fondé dans la petite paysannerie. On peut retrouver des cousins mariés à des plus illustres familles cotoyés des illetrés, simples journaliers.

La descendance ARIBERT a quelque chose de remarquable, en ce sens que peuvent se cotoyer des cousins peu éloignés d'une grande richesse tel Jean Jacques qui possédait l'hôtel Belmont à Grenoble et qui laissa à sa mort près d'un demi million de francs et d'autres comme Antoine ou Baptiste qui moururent "journaliers vagabonds" à Pierre Châtel. Dans leur région d'origine, le Beaumont, dans le sud de l'Isère, la première citation est celle de Guillaume en 1426, notaire à Grenoble, qui se rendit au Château de Pallafol pour y constater la présence illiscite du Seigneur de Montorcier. C'est en 1449 qu'apparut Raymond ARIBERT en tant que notaire à Beaumont (Saint-Pierre de Méarotz) ; lors de la reconnaissance de 1461, sont cités Jean et Raymond ARIBERT. Nous retrouvons la famille ARIBERT à la fin du XVIIème siècle avec trois représentants dans la commune des Méarotz : deux protestants, Pierre dit Capitaine La Sablonza, capitaine protestant (semble-t-il sans postérité) fils de Pierre, cité en 1597, mort vers 1640 et Zacarie dit ARIBERT CARIAT, fils de Philippe, vigneron aux Méarotz, cité en 1597, et enfin une famille catholique, dont Jean, bourgeois aux Méarotz, mort avant 1597.

La famille COMBOURCIER a des similitudes avec la famille ARIBERT mais elle a une origine beaucoup plus ancienne. C'est en effet par le notariat que commence la notoriété de cette famille, tout d'abord à Saint-Honoré, au hameau éponyme de Combourcière. On retrouve un représentant au XIVème siècle châtelain de La Mure et très vite la famille fleurte avec la noblesse. Des descendants deviennent des personnages illustres de l'histoire de France, voisinant les rois et la cour de France, d'autres se fonderont dans la paysannerie.

La famille DEBONS est orginaire de Siévoz. Anobli en 1600, elle s'établit fortement dans la paroisse de Siévoz, construisant un magnifique manoir. Au début du 18ème siècle, malgré des alliances avec les familles notables de la région, les DEBONS se fondent dans les familles paroissiales. On peut noter de nombreuses variantes dans le nom de famille : DEBONS - DEBON - DEBONS de BEAUREGARD - BEAUREGARD - DEBON BEAUREGARD. Peu d'implantation extérieure à la commune sinon Oris en Ratier, la Mure, Nantes en Ratiers puis Grenoble et Lyon sont les communes les plus citées.

La famille VIVIAN est originaire de Saint-Laurent en Beaumont, plus particulièrement du hameau de Malbuisson. Plusieurs notaires sont issus de cette famille.





== L'histoire extraordinaire de Jean VIEUX dit BLONDIN, colporteur de la Garde en Oisans ==


Tout commence au décès de ma grande tante, Maximine VIEUX. L'exploration de son appartement, rue François Coppée à Grenoble, révèle de vieux documents datant pour la plupart du XIXème siècle.

J'interrogeai alors ma grand mère de quoi traitaient ces documents et pourquoi personne ne s'était intéressé jusque là à leur existence !

C'est ainsi qu'elle me raconta l'histoire de mon aïeul, l'arrière grand père de ma grand mère :

"C'était au départ un simple colporteur, un marchand ambulant partant de La Garde à l'automne et revenant au printemps afin de faire survivre sa famille. Mais cet aïeul, certainement plus ambitieux que les autres, se rendit en Amérique où il trouva un filon d'or.Revenu en France, il acheta des comptoirs à Paris, Bordeaux, Brest .... et sa richesse augmenta ; sa famille en profita, sa fille aînée se maria avec un riche marchand et son fils fit de grandes études.
Son élan fut coupé par le vol de ses marchandises par son propre frère ; il ne voulut pas porter plainte et se trouva ainsi ruiné du jour au lendemain. Ses autres enfants, la famille SONNIER et mon grand père, n'eurent pas l'éducation de leurs frères et devinrent simples colporteurs.
Honteux d'être trahis par sa famille, honteux d'être emprisonnés pour dette, son histoire a donc ainsi été caché de père en fils, seule d'entre nous, Maximine, ma soeur aînée de dix ans, connut cette histoire dont je ne connais que quelques bribes.
Mais ce n'est pas tout, la famille de mon grand père étant ruinée, mon grand père Henri eut encore une ultime malchance : il fut tiré au sort pour la circonscription, synonyme d'absence de plusieurs années militaires où peu de soldats revenaient. C'est dans la cheminée de la maison familiale où son père avait caché ses ultimes deniers que sa mère lui permit de racheter son tirage au sort et d'échapper à la conscription".


J'ai voulu donc savoir quelle part de vérité contenait son récit, fouillant les archives familiales mais aussi aux archives départementales, les registres d'état civil et notariaux de l'Isère, bien entendu, mais aussi de Bretagne et des Deux Sêvres. .
Tout le récit s'est avéré vrai, le seul point qu'il reste encore à éclaircir est l'origine de la fortune de Jean VIEUX. S'est-il vraiment rendu en Amérique ? J'ai essayé de rechercher les passagers à cette période mais je n'ai jusque là rien trouvé. Devait-il s'embarquer à bord du bâteau "les deux mariés" en direction de La Havane ? Mystère....

Ephémérides de la vie de Jean VIEUX BLONDIN
  • Naissance de Jean Vieux le 7 juillet 1779 de Jacques, laboureur à La Ville, hameau de La Garde et de Anne PELLISSIER, propriétaire de la maison familiale à La Ville.
  • Décès de Jacques VIEUX son père le 23 ventôse an 7 (soit 13 mars 1799)
  • Mariage de Jean Vieux et Anne NACLARD le 10 messidor an 7 (soit 28 juin 1799)
  • Achat d'une terre à La Tour de Jean Arnol et à la Ville de François Vieux Rochat en septembre 1805
  • Naissance de sa fille aînée Anne Marie VIEUX en 1806.
    Jean VIEUX refait la maison de la Ville qui va tomber en ruine (fait une nouvelle chambre)
  • Naissance de sa deuxième fille Angélique VIEUX en 1808.
    Premièr témoignage de colportage avec son frère Jacques dans la Creuse : Préverange - Montluçon
  • lettre à Chenerailles (Cher) le 27 avril 1809
  • Voyage dans la Creuse : Préverange - Montluçon - Ouzance en 1810
  • Voyage à Ouzance (Creuse) en 1811
  • Emprunt de Jean Vieux à François NACLARD d'une somme de 8000 francs (hypothèque sa maison et ses terres) le 12 juillet 1811
  • Dettes engendrées par Anne Pellissier, mère de Jean Vieux, de 5 à 6 000 francs entre 1811 et 1813
  • Naissance de Jean Vieux dit Vieux Blondin, son fils ainé en 1812.
    Voyage à Chenerailles (Creuse)
  • Mariage de son frère, Philippe VIEUX, cordonnier et Elisabeth SARRET - habitent HUEZ le 10 juin 1813.
  • Lettre de change de 6383 francs de Pierre CRET de Riom contre Jean VIEUX, frères, colporteurs le 15 novembre 1813
  • Jugement du tribunal de commerce de Grenoble (enregistré le 24) Vieux contre Crest (Cote : 11 U 6) - pour le non paiement de la lettre de change du 15/11/1813 - le 19 août 1814
  • Voyage à St-Martin (île de Ré) en juillet 1815
  • Décès de sa mère, Anne PELLISSIER le 12 janvier 1817
  • quittance à Azay le Rideau (Indre et Loir) le 13 février 1817
  • Voyage à St-Martin (île de Ré) en mars et août 1817
  • voyage à Rennes - Nantes en avril 1820
  • voyage à Issoire (63) en octobre 1820
  • Vol des marchandises par Philippe Vieux & Laurent Blanche à Saint Malo le 23 décembre 1820.
    Jean Vieux habite alors Rennes - rue aux Foulons
  • début du procès à Saint Malo le 19 janvier 1821
  • lettre à Sarrazin Coez son créditeur le 1er mars 1821
  • fin du procès en appel à Rennes le 21 juillet 1821
  • Naissance de Henri Jacques VIEUX à La Garde de Jean et Anne NACLARD le 4 juin 1823
  • Mariage Angélique VIEUX et Thomas TRUMEAU, marchand drapier le 3 décembre 1823 à Brest
  • Compte courant de Jean Vieux et Thomas Trumeau qui à partir de cette date sont associés.
  • Voyage à Paris de Brest en octobre 1824.
    Jean VIEUX vend une terre au mas Fournier pour 600 francs
  • Thomas TRUMEAU lui doit 73 999 francs de marchandises en 1825
  • Mariage de son frère, Jacques VIEUX et Marie-Anne LAURIOU à Brest le 10 août 1826
  • Jugement du tribunal de Grenoble (3ème chambre) - pour séparation de biens entre Jean VIEUX et son épouse Anne NACLARD le 5 mars 1829
  • Vente de Jean VIEUX à sa femme Anne NACLARD, séparée de biens, de toutes ses propriétés en 1829
  • Lettre de Jean Vieux à son frère se désespérant de l'expropriation en 1830
  • Jugement du Tribunal de commerce de Grenoble - François NACLARD contre Jean VIEUX les 4 et 5 novembre 1831
  • Hypothèque des biens de Anne NACLARD pour une somme due à Pierre SONNIER de 2210 francs en 1831
  • Décès de Thomas TRUMEAU - marchand de draps à Brest - 2 rue Saint-Louis le 29 février 1832 à Brest
  • 1832.
    Expropriation prononcé au requis de François NACLARD le 14 mars.
    Jugement du tribunal de commerce de Grenoble le 16 mars.
    Jugement du tribunal de commerce de la Seine le 9 avril.
    Lettre de la maison d'arrêt à Grenoble le 4 juillet
  • 1833.
    Dernière lettre de la maison d'arrêt (fin de la détention semble-t-il) le 17 mai qui est un accord entre son débiteur SARRAZIN COEZ & Jean VIEUX pour l'étalement de sa dette jusqu'au 1/1/1848.
    décès de Jean Vieux à La Garde le 11 juin.
    Décès de Philippe VIEUX à Huez le 7 décembre
  • 1834.
    Mariage Anne Marie VIEUX et Pierre SONNIER à La Garde le 23 septembre qui s'installeront dans la maison familiale.
    Décès de Angélique VIEUX à Brest - 2 rue Saint Louis le 26 octobre - Ses deux filles regagneront la famille TRUMEAU à Niort dans les Deux Sêvres.
  • Testament d'Anne NACLARD -en 1845
  • Mariage d'Angélique TRUMEAU et Alexandre LEGRAND, ingénieur civil à Paris, le 8 février 1848 à Niort sous le consentement d'Anne NACLARD
  • fin de la dette enregistré à Bourg d'Oisans le 19 octobre 1848 réglée par Jean VIEUX BLONDIN
  • Mariage de Henri VIEUX et Angélique VIEUX PERNON le 6 septembre 1849. Fille d'un riche propriétaire terrien à La Garde, elle apporte en dot la maison familiale de La Tour
  • Mariage de Rosalie TRUMEAU et Frédéric LEGRAND, docteur en médecine à Niort, le 20 mars 1851
  • Mariage de Jean VIEUX BLONDIN et Françoise CHOUVIN en 1852
  • Testament de Jacques VIEUX - légue à sa sÅôur Marie SONNIER et ses neveux une maison à Bordeaux - 12 rue Rougier (3E7992) le 1er novembre 1852
  • Décès de Anne NACLARD veuve Jean VIEUX le 18 mars 1854

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