Message d'information du propriétaire de l'arbre

close

Bonjour cher visiteur et peut-être cousin, n'hésitez pas à me faire parvenir vos conseils, corrections et adjonctions. Les mises à jour seront publiées en fin de semaine.

Selon la loi sur la protection des données, toute personne figurant sur un arbre généalogique en ligne peut exiger de son propriétaire la suppression des informations la concernant,  elle et ses enfants mineurs. Un simple courriel au webmestre suffit : jean@pharisa.ch  Attention, cette demande ne peut pas être effectuée pour un tiers (parents, cousins, famille, ...) ni pour une personne décédée ou pour une recopie de branche généalogique. 

Pour obtenir une chronique, une monographie familiale ou une fiche individuelle personnalisée, cliquer sur cette ligne


  • Né vers 1820 - Neirivue, 1669, Fribourg, Espace Mittelland, SUISSE
  • Décédé le 2 avril 1878 (mardi) - Neirivue, 1669, Fribourg, Espace Mittelland, SUISSE , à l’âge de peut-être 58 ans
  • Instituteur

 Parents

 Notes

Notes individuelles


Nom Prefixe: Garin
Quoiqu’occupant un poste assez modeste, Garin Geinoz n’en a pas moins rendu de réels services à sa commune, tant comme instituteur que comme secrétaire communal. Dans l’enseignement, malgré l’emploi des vieilles méthodes, avec des châtiments corporels un peu trop fréquents, il obtint des succès hautement appréciés de ses supérieurs. Voici le beau témoignage que lui décernait en 1844 M. le curé Jaquet, originaire d’Estavanens, dans son rapport présenté à Mgr Yenny :

« Chaque année l’inspecteur adresse les plus magnifiques éloges à l’instituteur qui emploie tous ses soins à faire progresser ses élèves dans leurs études et dans la vertu. Cet excellent instituteur qui s’appelle Garin Geinoz, du village de Neirivue, est un homme d’une quarantaine d’années, d’une vertu éprouvée. Bien qu’il soit célibataire, il ne fréquente ni les auberges ni les veillées, mais il emploie son temps à remplir exactement ses devoirs dans les différentes charges qu’il revêt. Il est aussi très dévoué à l’autorité épiscopale. »

Son traitement qui n’était que de 104 francs vieux (150.80 francs) dans le primaire, fut porté plus tard à 450 francs. Son attachement aux principes conservateurs et ses efforts unis à ceux de M. le curé, pour lutter contre le mal, lui attirèrent de multiples désagréments. En 1848, il dut subir une imposition de 400 francs. En 1855, la calomnie vint le séparer de l’école qu’il affectionnait. Le 27 février, la Préfecture de Bulle lui communiquait les accusations portées contre lui par ses ennemis. Il y répondait le 4 mars 1855 :

« Monsieur le lieutenant de Préfet, je viens par la présente vous témoigner ma surprise sur le trois chefs d’accusation que l’on s’est plu d’adresser contre moi à M. le Directeur de l’instruction publique et que vous m’avez transmis par votre lettre du 27 février dernier. C’est que je ne fais pas l’école selon les prescriptions de la loi que ces années passées, elle a eu de longues vacances et aujourd’hui que je m’occupe de menuiserie dans la chambre à côté et pendant la durée de l’école. »

« Pour répondre en peu de mots, je vous déclare, M. Le Lieutenant de Préfet, et j’affirme que ce sont autant d’infâmes calomnies, d’insignes impostures et qu’il n’y a pas même jusqu’à l’apparence de la vérité dans tout ce qui est allégué. Je m’offre à le prouver de manière à ne laisser le moindre doute, même le premier article sous le double rapport de la forme de la tenue de l’école et sous celui de la durée du temps, soit des heures de chaque classe et du nombre de jours prescrits par la loi. Je pourrais dire que, s’il y a murmure, c’est de ce que j’en fais trop. On vient même continuellement me demander des permissions. Combien de fois, bien des personnes n’ont elles pas dit, et plus encore, murmuré dans le village, que je devais nourrir leurs enfants, puisque j’exigeais tant de fréquentations et surtout les pauvres, disant qu’ils ont besoin d’eux pour gagner du pain. D’ailleurs, ce ne sont pas ceux-ci qui, en général, recherchent tant l’instruction, car la plupart sont aussi pauvre de goût pour l’instruction que de fortune. Tout le mobile de cette démarche, c’est la jalousie la plus noire et le plaisir de me faire de la peine. Les moyens de se plaindre du trop comme on l’a généralement fait jusqu’ici, ne sont pas bons pour être admis de l’autorité. Il fallait faire le contraire et c’est ce qu’on a fait. Que de fois n’a-t-on pas réclamé dans le temps, chez M. le Préfet de la Gruyère, contre ce trop d’école. J’ai obtenu pendant une douzaine d’années, des primes de première classe, alors on n’a jamais cessé de répéter et même de dire jusqu’à ce magistrat que ces primes devaient appartenir aux enfants, puisque s’était eux qui me les faisaient obtenir. Cet hiver même, des parents se sont adressés à un membre du Conseil communal pour me prier de donner plus de permissions aux plus grands enfants de l’école et, sur un délibéré du conseil, vu la rareté des vivres cette année il m’a été recommandé de donner, outre des demandes ordinaires, la permission pour deux classes chaque semaine aux plus grands qui en feraient la demande. Je puis affirmer qu’ils en ont bien profité car ils n’ont jamais manqué de le faire. »

« J’aime à croire que les plaignants dans ce genre sont en fort petit nombre. S’ils sont au pluriel, car presque la totalité du village sait apprécier les services que j’ai rendus, soit sous le rapport de l’école soit sous celui du traitement et, au lieu de deux meules de bois selon la loi, on m’a libéré des journées de commune que je dois faire pour mon communage comme bourgeois, pour la valeur moyenne annuelle de 8 à 9 francs fédéraux. De plus, j’ai établi, tout à fait à me dépens, il y a 15 à 20 ans, une petite bibliothèque de livres instructifs et religieux pour l’usage des enfants. Je prends la peine de les leur livrer. Je les relie lorsqu’ils en ont besoin, sans aucune rétribution. Je les prête même à d’autres personnes de l’endroit qui le désirent et chaque année je l’augmente par de nouveaux achats, aussi à mes dépens et pour lesquels j’ai déjà dépensé bien des louis. Si l’on ne s’était pas adressé à la Haute Autorité, j’aurais gardé le silence du mépris sur ces calomnies, mais, puisque je dois répondre, il convenait que je m’explicasse. Il m’est bien pénible de devoir dévoiler les basses intrigues de quelqu’un de mes combourgeois et de faire connaître leur ingratitude. »

« Veuillez, Monsieur le lieutenant de Préfet, transmettre à M. le Directeur de l’Instruction publique mes raisons de justifications et agréer en même temps mes respects les plus profonds. »

Tout fut inutile. Le régent de Neirivue était ce pelé, ce galeux d’où venait tout le mal. C’est ce que comprit très bien la victime qui écrivait à son ami M. Hubert Thorin, de Villars-sous-Mont :

« Ainsi, c’est la politique qui est le mobile de tout. On cherche à me remplacer par un de leur trempe mais parce que je suis catholique avant tout, je n’ai pas voulu trahir ma conscience et de déshonorer aux yeux du public. J’ai participé aux élections du 1er mai et du 26 juin et j’ai voté contre les candidats gouvernementaux lors de la nomination des députés fribourgeois au Conseil national. Voilà tout mon grief, quoiqu’on ose pas le déclarer. L’on croit que j’ai un certain ascendant sur mes combourgeois, voilà pourquoi on me nommerait si j’allais ailleurs et pas pour ici. Ainsi, je puis bien le répéter, je suis victime de la politique. »

L’école de Neirivue ayant été mise au concours, le gouvernement choisit pour remplacer Garin Geinoz, un jeune instituteur récemment sorti de l’Ecole normale. M. Louis Grangier, de Montbovon, qui avait obtenu les meilleures notes à l’examen. M. Garin Geinoz, sans quitter Neirivue, se chargera à la demande de la commune d’Albeuve de l’école dans cette localité.

Après la chute du régime radical, les conservateurs de Neirivue travaillèrent à obtenir la réintégration de leur ancien instituteur, qui d’ailleurs n’avait pas quitté ses fonctions de secrétaire communal. Nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici, comme une réparation méritée, la pétition du conseil communal au nouveau Directeur de l’Instruction publique.

« Monsieur le Directeur,
« Pendant l’espace de 25 ans, nous avons eu le bonheur de posséder une des meilleures écoles de la Gruyère. Cette école, dirigée par M. Garin Geinoz, a laissé dans toutes les familles les souvenirs les plus agréables de satisfaction et de reconnaissance, dont toute la génération recueille maintenant les fruits. Outre une instruction plus avancée que dans toutes les écoles du voisinage, notre jeunesse recevait sans interruption l’inestimable bienfait d’une éducation religieuse des plus soignée, tant par les leçons que par l’exemple de l’instituteur. »

« Pendant que Neirivue jouissait en paix de tous ces avantages, survint les terribles événements de 1847. La politique, avec son cortège de désordres, de haine et d’exagération, tenta aussi l’invasion de notre paisible village. Pour nous subjuguer, il fallait d’abord démolir l’école catholique du lieu, afin d’avoir prise sur la jeunesse. Les plus noires calomnies, les dénonciations les plus fausses furent dirigées contre M. le régent Geinoz, en expiation de ses bons services et de sa bonne conduite. Nous avons vu un jour, M. le sous-préfet de Bulle se transporter chez nous pour diriger solennellement une enquête, citer les parents et les autorités, dresser un procès-verbal comme s’il s’était agi d’un grand crime. »

« Le résultat de cette indigne machination n’était que trop facile à prévoir. M. le régent fut brutalement destitué pour avoir fait à la commune l’abandon d’une partie de son traitement, car ce fut le seul grief qui resta à sa charge à la suite de l’enquête préfectorale. »

« Aujourd’hui, Monsieur le Directeur, le temps de la réparation semble être arrivé. Le conseil communal de Neirivue l’attend avec confiance d’un magistrat connu par son intégrité et son amour de la justice. Pour que la réhabilitation de notre ancien régent soit complète, et il y a certes un droit incontestable, nous espérons que la Direction de l’Instruction publique mettra à néant l’espèce de procédure dirigée contre M. Geinoz et voudra bien le rendre aux pères de familles, en le remplaçant à la tête de l’école qu’il a si longuement dirigée pour le plus grand avantage de la religion et celui des familles, vu qu’il veut bien accepter ce nouveau cet emploi. »

Quelques jours plus tard, le conseil communal revenait à charge par la lettre suivante :

« Le conseil communal voit avec peine que des intrigues s’ourdissent dans le village, pour combattre l’opinion de la très grande majorité des pères de familles relativement à la réintégration de l’ancien instituteur Garin Geinoz. Nous espérons vivement que la très honorable Direction de l’Instruction publique ne se laissera pas circonvenir par quelques personnes seulement et que réparation sera faite à un bon et honnête instituteur, victime en 1855 de sa fidélité aux principes qui ont triomphé par le vote populaire du 7 décembre 1856. Si nous n’avons articulé aucune plainte contre le régent, c’est que nous n’aimons pas aller contre les principes de la charité chrétienne. Nous devons toutefois le proclamer bien haut : des deux instituteurs dont il s’agit, M. Garin Geinoz est le seul qui nous inspire confiance sous le point de vue de l’éducation chrétienne de notre jeunesse, affaire essentielle en tout temps, aujourd’hui plus que jamais. Nous prions Monsieur le Directeur de bien vouloir acquiescer à notre demande en laçant lui-même M. Grangier, notre régent actuel, dans une autre école. »

La demande du conseil communal de Neirivue ayant été agréée en haut lieu, le régent Garin Geinoz réintégra son école au commencement de janvier 1858 et l’occupa aussi longtemps que ses forces le lui permirent, c’est-à-dire jusqu’en 1865. Entré dans l’enseignement en 1829, il fonctionna donc comme instituteur pendant 46 ans, dont 44 dans sa commune d’origine.

Comme instituteur, il se servit peut-être un peu trop de la verge. C’est le seul grief qu’on puisse alléguer contre lui. S’il fut pour Neirivue bon instituteur, il n’en fut pas moins un administrateur modèle. Secrétaire communal depuis 1831 à 1874, il était l’âme du conseil où sa parole avait un poids déterminant, grâce à son origine, sa conduite, sa forme et surtout à la connaissance parfaite qu’il possédait de tous les vieux usages et de toutes les traditions locales.

Il peut être considéré comme le créateur du bureau communal qui, avant lui, ne compte guère que quelques registres tenus très irrégulièrement, quelques comptes que le hasard a conservés et c’est tout. Mais depuis 1831, tout est en ordre : protocoles, registres, comptes, etc. Tous les comptes, à partir de 1833 jusqu’à l’année 1875 sont conservés, reliés en 3 volumes. Il reliait même la Feuille Officielle. Par mesure d’économie, il utilisait de vieux rentiers pour copies-lettres.

Marié en 1847 avec sa cousine Agnès Grangier, de Montbovon, il ne laissa malheureusement pas de descendants à sa mort qui survint le 2 avril 1878. Mais il laissa dans sa commune le souvenir d’un homme de bien, lui ayant consacré son temps, ses talents et même du fruit de ses économies, puisque, sans compter ses sacrifices pour l’école et l’abandon d’une partie de son traitement, il paya encore de ses deniers le table de communion qui orne l’église paroissiale.

(Rodolphe Bochud, curé de Neirivue)

Naissance

Marié en 1847 à Agnès Grangier, de Montbovon., il n'eut pas de descendance.

 Sources

  • Naissance: Manuscrit du curé Rodolphe Bochud

  Photos & documents

{{ media.title }}

{{ media.short_title }}
{{ media.date_translated }}

 Aperçu de l'arbre

     
 
 
 
? ?   ? ?
|
2
  |
3



|
Garin GEINOZ ca 1820-1878


  1. gw_v5_tour_1_title

    gw_v5_tour_1_content

  2. gw_v5_tour_2_title (1/7)

    gw_v5_tour_2_content

  3. gw_v5_tour_3_title (2/7)

    gw_v5_tour_3_content

  4. gw_v5_tour_3bis_title (2/7)

    gw_v5_tour_3bis_content

  5. gw_v5_tour_4_title (3/7)

    gw_v5_tour_4_content

  6. gw_v5_tour_5_title (4/7)

    gw_v5_tour_5_content

  7. gw_v5_tour_6_title (5/7)

    gw_v5_tour_6_content

  8. gw_v5_tour_8_title (6/7)

    gw_v5_tour_8_content

  9. gw_v5_tour_7_title (7/7)

    gw_v5_tour_7_content

  10. gw_v5_tour_9_title

    gw_v5_tour_9_content