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Merci aux cousins et aux autres qui, par leurs publications sur la « toile », dans les Forums de Généalogie ou par message privés, m’ont permis d’étoffer les données ici présentées.  Un merci particulier à André BOCQUET, Isabelle BOMBART, Jean Marie BOURREZ, Véronique COQUEL, Nicole DEKER, Jean Yves DELANSAY, Nicolas DELATTRE, Bernard DELEPLANQUE, Alain-Gérard DHULLU, Vincent DUNAT, Michel FONTAINE, Eric HAZEBROUCK, Carlos HERNANDEZ, Marc HIEN, André LEMOINE, Annie LEROUGE, Michèle MIGNON, Pierre MILLET et le club Généalogique d'Escaudain et d'Ostrevent, Jacques PLAISANT, Serge PLANCQ, Philippe SION, Jean Marc TANGHE, Rudy VAN ELSLANDE, Gilbert WAMBRE. Ils m'ont aidé à débloquer plusieurs branches, sans oublier tous les autres, notamment dans les Forums de Généachtimi et GenNpdc ou directement sur ma messagerie.

Jean SALIN

 

 Family Book



 '''A MES ANCETRES, BRISEURS DE GRES'''


et aux plus de 300 travailleurs du grès contenus dans cette base. Les carrières qu'ils exploitaient suivaient le lit de la Scarpe qui prend sa source à Berles-Monchel, près d'Aubigny-en-Artois, et traverse notamment Arras, Douai, Saint-Amand-les-Eaux, et rejoint l'Escaut à Mortagne-du-Nord.

Ces métiers ont quasiment disparu, mon but est de les faire revivre, au moins virtuellement.

J'ai découvert, il y a quelque temps, dans un recensement, que la mère de ma grand mère, Rosalie SERGEANT est née à Lewarde (près de Douai) le 11 février 1857, elle arrive à Camblain l'Abbé vers 1861, avec sa sœur Marie Joseph née en 1860, son père, Pierre Louis Auguste né en 1833 à Lewarde et sa mère, Augustine Rosalie RINCHEVAL née en 1835 au même lieu. Six autres enfants (dont Arthemise qui devint la belle mère du Boulanger de Servins, Emile DURANEL) nés à Camblain l'Abbé ont complété la famille.

Mon arrière-arrière grand père était «Piqueur de grès» à Lewarde, dans le Nord (ou la pierre s'épuisait), il a continué son métier à Villers au Bois (commune proche de Camblain l'Abbé) où il y avait une carrière de grès, dans les bois d'Ecoivres et de Loterie, au bord de la Chaussée Brunehaut dite de Thérouane.

Il a ainsi intégré les équipes locales et rejoint d'autres camarades de Lewarde (les NUEZ, BAJEUX, TATEZ, j'en oublie peut être, la plupart étaient cousins des SERGEANT ou des RINCHEVAL ainsi que les VISTICOT (originaires de Oisy le Verger) arrivés à Camblain l'Abbé et Villers Au Bois avant ou après lui. Ils ont implanté leur descendance dans la région et s'y sont très bien intégré dès les premières générations.

Je me suis donc intéressé aux travail du grès et de ceux dont c'était le gagne pain et parfois une passion.

Summary

 1 - Il y a Grès et Grès, le mot a plusieurs significations

  • Le grès est une roche sédimentaire constituée naturellement par une agrégation et la cimentation naturelle de grains de sable, avec le temps, les grains de sable finissent par se souder entre eux et donner une roche dure et cohérente : le grès. Sa couleur est généralement claire, blanc jaunâtre à grisâtre, mais son ciment peut être coloré par des oxydes de fer en jaune, rouge ou vert. On trouvait cette roche dans les carrières de grès qui, de Servins (Maisnil-Bouché) à Maroeuil longeaient la «Chaussée Brunehaut» dite aussi «de Thérouanne» qui mène de Arras à Therouanne, elles ont été exploitées jusqu'à la première moitié du XIX ° Siècle. Je pense que cette «ligne» de carrières s'étendait aussi vers Bruay, car on trouve des travailleurs du grès à Fresnicourt, Ruitz, Labuissière.
  • Le grès, dit Cérame est une céramique fabriquée à base d'argile «grésante» dont la vitrification s’effectue vers 1200°C - 1300°C avec laquelle on fabrique vases, jarres, carreaux pour carrelages ou décorations (photo prise au musée à Desvres), etc. Pour l'intérieur, ce revêtement résiste aux chocs et aux rayures. On y classe le Grès d'Artois (carreaux de céramique et briques) fabriqué autrefois à La Comté.
  • Les grès, canines supérieures du sanglier mâle (les inférieures sont nommées «défenses» chez le mâle et «crochets» chez la laie).
  • Le grès de soie ou séricine est une colle naturelle qui enveloppe le fil de soie quand le ver à soie file son cocon et qui le maintient en forme en séchant. *Le Grès est aussi un village en Haute Garonne.
  • Alix Grès de son vrai nom, Germaine Émilie Krebs (Paris, 1903-1993) etait une grande couturière, créatrice de haute couture.

 2 - C'est bien à la roche naturelle que nous nous intéressons.

Le travail du grès rassemble plusieurs professions dont, souvent, le nom dépend du patois local :

  • Le carrier est une personne qui travaille dans une carrière de pierres, de sables, de marnes. On trouve des appellations régionales, comme le pierreur, le perrier, le rocteur, l'œuvrier, le carriéreur.
  • Le Piqueur ou piqueteur abat le grès, dans les carrières, à l'aide d'un pic.
  • Le briseur de grès ou Croqueteur, Crocteur, Croqueur, expression patoisante qui signifiait casser cette roche en petits morceaux.
  • Le Pinceur manipulait les pierres à l'aide d'une pince pour les charger sur les chariots de transport.
  • Le Tailleur de pierre taille la pierre que lui donne le scieur ou l’équarrisseur et la met en état d'être employée en construction ou en sculpture. Il utilise une gamme importante d'outils de taille dont chaque type se décline en diverses formes et tailles. Il réalise des blocs taillés qui peuvent intégrer des moulures et des ornementations. Son travail est mesurable de façon mathématique et géométrique (par rapport à des plans, panneaux ou épures), comme un motif répétitif formant une ornementation.
  • Le Sculpteur est un artiste qui conçoit et réalise des formes en volume, en relief par taille directe. Il peut exécuter son œuvre sur place (le Lion de Belfort d'Auguste Bartholdi), sur un chantier (la Cathédrale de Strasbourg) ou dans un atelier.

 3 - Les outils du travail de la pierre sont divers

Il en existe un très grand nombre, adaptés selon la dureté de la pierre :

  • pointe ou pointerolle,
  • ciseau, ciseau à grain d'orge ou gradine (à tige ronde dont le tranchant est refendu de six dents, pointues ou plates) , ciseau à bout rond,
  • gouge (ciseau dont le fer est concave, en forme de demi-canal) ,
  • massette,
  • têtu (lourd marteau de fer aciéré, dont une tête est carrée et l’autre pointue, et qui sert à dégrossir les pierres irrégulières) ,
  • peigne a grès ou marteau du tailleur (adapté à des roches abrasives comme le grès car les dents sont interchangeables et réglables en longueur),
  • pique,
  • boucharde (massette dont les têtes sont garnies de pointes de diamant),
  • chemin de fer ou rabotin (outil servant à aplanir une face),
  • râpe, rifloir (lime aux extrémités recourbées), ripe (pour gratter et polir),
  • scie, sciote (scie servant à tailler la pierre), etc.
  • compas, permet de tracer les traits de construction, les courbes, de reporter des points, etc.
  • équerre, permet l'élaboration d'un bloc ayant des faces perpendiculaires entre elles. Elle aide à vérifier le bon équerrage des différentes étapes de taille pendant le travail.

 4 - Le grès, pour quoi faire ?

Il est utilisé dans la construction, l'empierrement et le pavage des routes et, lorsqu'il a une consistance très fine, comme pierre à aiguiser. Le grès n'est pas homogène. Sa qualité est variable.

Le grès "vif" ou "franc" sera réservé aux pavés. Le grès "gras" et "franc" aux pièces sophistiquées (décors,ogives). Le grès "maigre" servira à fabriquer des pierres à maçonner ou des bordures de trottoir.

Dans la région, on taillait surtout des pierres pour le soubassement des constructions (le grès empêchant les remontées d'humidité), des pavés et des bordures de route. Ce qui n’empêchait pas, lorsque l'on trouvait une pierre de taille convenable de l'utiliser pour créer d'autres objets qui pourront être distinguées comme œuvre d'art.

 5 - Les chefs d’œuvre

« Il existe de véritables œuvres artistiques comme les dates sur le fronton des maisons, certaines sculptures, des blasons ou motifs commémoratifs, nullement altérés par les siècles » insiste Jean-Marc Guénez de Lewarde. Ces travaux étaient réalisés par le briseur chargé d’isoler la pierre, la forme relevait de l’habileté du piqueur et la réalisation des plus belles pièces revenait aux maîtres-croqueteux.

On trouve ces œuvres, chez nous, sur la Colline d'Artois :

  • La plus impressionnante est sans conteste l'Abbaye du Mont Saint Éloi, édifiée au septième siècle, l'assise des tours de l'abbaye classique, ainsi que celle des murs d'enceinte de cette abbaye, ainsi que les contreforts sont construits en grès, les suivants sont en «pierre blanche», c'est-à-dire en craie, abondante dans la région. Plusieurs fois détruite, puis reconstruite, il en reste des ruines majestueuses. On peut y voir encore l'abreuvoir en grès devant les tours. Pour plus de détails voir sur ce site : http://amiposte.mse.pagesperso-orange.fr/DS/mem/geologie/geologie.htm
  • L'architecture des Places d'Arras (place des héros et Grand-Place) fait appel à de nombreux éléments en grès : les arcades, colonnes, frontons ornés de volutes caractéristiques du style Espagnol, allèges gravées décorées de palmes entrecroisées ou d'épis de blé qui évoquent la richesse de l'Artois.
  • Les croix de grès, presque chaque village avait la sienne, beaucoup ont été détruites par les conflits, quelques unes existent encore ou ont été reconstruites :
    • Servins, dans le cimetière, elle est datée de 1759, le haut a été brisé, mais elle porte encore ses motifs sculptés en bas-relief, dont des outils du tailleur, des têtes de mort et la signature d'un enfant du pays, Philippe Albert HANNEBIQUE. Ses parents reposent sous cette édifice.
    • Villers au Bois, elle est située sur le coté droit de la sacristie de l’Église dans l'ancien cimetière abandonné en 1936.
    • Souchez, la croix de grès située au point de jonction de la route royale et du ruisseau «La Souchez» fut détruite lors de la guerre 1914-1918, il ne restait plus qu'un morceau de la base de la croix. Jean-Michel Bouchard, compagnon, tailleur de pierre de l'Oise, a restauré ce monument en 2003 telle qu’il était en 1270.
    • Labuissière, lors de la reconquête de l’Artois en 1636, au cours d’un engagement entre parties ennemies, deux enfants du pays sont tués. Leurs parents font élever une croix pour garder leur souvenir. La croix et le socle sont taillés par Guio, tailleur de grès à Arras. Elle a été brisée lors de la Révolution de 1789, puis réparée par un autre tailleur de pierres. Après plusieurs péripéties, elle fut implantée au bord de la Route Nationale.

 6 - La fin de l'exploitation des carrières

L'appauvrissement en roches a, dans un premier temps, transformé les carrières en sablières, puis celles ci furent abandonnées dans la première moitié du XX° siècle, à une période ou les Houillères avaient besoin de main d’œuvre.

Les méthodes actuelles d'extraction n'ont rien de commun avec le travail de nos ancêtres.

Il reste, dans le Ternois une entreprise «Les Grès de Pernes» qui exploite les carrières de Pernes, Matringhem et Reclinghem pour en extraire, avec des moyens modernes, la roche massive et produire un ensemble de granulat de différentes couleurs.

Selon la qualité des prélèvements, elle produit les principaux matériaux siliceux suivants : Blocs d’Enrochement, Rocailles, Tout Venants Calibrés, Grave Non Traite, Gravillons et Sables.Ces produits sont destinés aux secteurs des Travaux Publics, du Bâtiment, des Collectivités Locales et aux Particuliers. Pour des applications liés a la réalisation de Routes, Chaussées, Parking, Enrochements, Fondations, et Assainissement.


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