Chronique familiale



  Le calvaire de la Croix DELAN.


Croix_DELAN_01.jpg Planté entre la route militaire et le chemin à vocation agricole.

Situé en lisière de la zone Sud du Camp militaire de Sissonne, à environ 2 km au Sud de La Selve. Il s’agit du seul calvaire daté. Sous le Christ se trouve une plaque de laiton qui précise les dates d’édification (1770) et de replantation (1860). Le même type de plaque se trouve sur la sépulture familiale des COURTIN du cimetière de La Selve (02150). Il doit sa survie à sa position particulière, qui ne dérange ni les militaires lors des manoeuvres, ni les agriculteurs lors des travaux agricoles et à son implantation discrète, à peine visible en automne et en hiver, il passe totalement inaperçu au printemps et à l’été.

TITLE= Les fermes de Jeoffrécourt.

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Toponymie : réf. : Dictionnaire typographique. Matton 1871 Jeoffrécourt, commune de Sissonne.

1141 Altare de Joffridi curte.(1) 1292 Joifroicourt.(3) 1146 Joffroicourt.(1) XIIIè siècle Gefroicourt.(4) 1146 Joffredicurtis.(1) 1384 Gieffroycourt.(5) 1179 Joifroicourt Gefreicurt.(1) 1630 Geoffroicourt 1184 Gefroicourt.(1) 1681 Jeoffrecourt.(6) 1185 Jofrocurtis.(1) 1684 Geoffroicourt.(7) 1189 Gaufridicurtis.(1) 1701 Geoffroicourt 1192 Grangia que vocatur Gaufridicuria.(1) 1740 Joffrecourt. ??? de l’abbaye de Vauclair. 1267 Jofredicurtis.(2)

(1) Réf. : cartulaire de l’abbaye de Vauclair, folios n° 1, 6, 9, 10, 81, 73, 74, 72 et 79). (2) Réf. : cartulaire de l’abbaye Saint Martin de Laon, tome II, folio n° 262). (3) Réf. : supplément de Dom Grenier, 292, Bibliothèque Nationale). (4) Réf. : Archives Nationales L.996). (5) Réf. : Archives Nationales. P 136, transcrits de Vermandois. (6) Réf. : ??? de l' évêque de Laon. (7) Réf. : Archives communales de La Malmaison.

Présentation générale : Le lieudit Jeoffrécourt était un ensemble de trois fermes aujourd’hui disparues, situées sur le territoire de la commune de Sissonne, au Sud-est à environ sept kilomètres de ce village, à deux kilomètres an Nord-Ouest de La Malmaison et à trois Kilomètres au Sud-ouest de La Selve. Il est actuellement compris dans le territoire du CNS. Il n’y a pas de rivière proche, la source de la Souche est à un kilomètre à l’Est du village de Sissonne. Jeoffrécourt est au centre d’une vaste clairière qui fut cultivée jusqu' en 1908 et entourée de forêts. Le lieudit est actuellement boisé.

HISTOIRE DE JEOFFRECOURT :

Période romaine : Jeoffrécourt est situé sur le tracé d'une voie romaine ( "probable" selon Jackie Lusse, Laon et le Laonnois du Ve au Xe siècle ) allant de Nizy-le-Comte ( Ninittaci ) à Berrieux passant par l'oppidum de Saint-Thomas, connu sous le nom de Vieux Laon ou camp des Romains .

VIe - VIIe siècle : Une nécropole mérovingienne est implantée à environ 200 mètres des fermes de Jeoffrécourt.

VIIe - IXe siècle : Toujours à 200 mètres au sud des fermes, présence d'une nécropole médiévale et de traces d'habitations.

VIe au IXe siècle. Circonstances de l’intervention : Le site de Jeoffrécourt (lieu-dit "La Terre à Luziaux") est mentionné dès 1869 dans le Bulletin de la fédération des sociétés savantes de l’Aisne qui publie : un « cercueil de pierre de forme rectangulaire […] La pierre, naturellement tendre, était décomposée par l’action de l’humidité et du temps ; aussi fut-il impossible d’extraire ce cercueil en son entier, ni même par fragments considérables. […]. Le sol environnant était couvert de fragments de pierre et d’ossements […]. Les gens assurent que, depuis 25 ans environ, des débris analogues étaient journellement mis à découvert par la charrue ». En 1960, la mise au jour d’ossements humains entraîne une fouille sur un secteur très menacé afin de déterminer la nature du site. Six sarcophages (dont trois se limitent à des fonds de cuve) et quelques sépultures en pleine terre sont dégagés. La découverte, dans un sarcophage, d’une céramique et d’une garniture de ceinture damasquinée a permis l’attribution du site à l’époque mérovingienne (Dumas 1960-61, p. 105). Une autorisation de fouille a été délivrée à l’AREHARS, association dirigée par Jean-François MARTIN, afin de sauver les vestiges. Le site étant très arasé, le décapage mécanique a, dès la découverte des premières sépultures, été abandonné et remplacé par un décapage manuel. En revanche, il a été mis en œuvre sur le secteur dévolu à l’habitat, sur de petites surfaces fouillées régulièrement.

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Résumé : Référence Revue Archéologique de Picardie, n° 01 et 02 de 2011.

JANVIER 2004 : Etude de la situation et du statut des collections archéologiques appartenant à l'Etat par DUVAL Alain, 137 pages Réf. : 074000299. Editeur : Ministère de la culture et de la communication. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics//074000299/0000.pdf Présentation : Alain Duval, conservateur général du patrimoine, a été chargé par la Direction des musées de France et la Direction de l'architecture et du patrimoine d'une mission sur l'étude de la situation et du statut des collections archéologiques appartenant à l'Etat… 2.2. …Extrait. « A contrario les contraintes et la politique du musée municipal de Laon ont généré des pratiques « conservatoires » dans des dépôts associatifs. En effet le musée ne pouvant accueillir la totalité des mobiliers recueillis dans des nécropoles mérovingiennes, et proposant donc de dissocier des ensembles d’objets dans les tombes mêmes, les responsables du dépôt de Sissonne (Aisne) (dépôt associatif ; collections propriété de l’Etat) ont donc décidé d’une politique de stockage, de restauration et de gestion que bien des musées pourraient envier, (seuls quelques objets sont à Laon) »…

Le site de Jeoffrécourt (commune de Sissonne, Aisne), fouillé par une équipe réunie autour de Jean-François MARTIN entre 1985 et 2002, a livré un ensemble de près de 500 sépultures, associé à de nombreuses structures à vocation domestique constituées de cabanes excavées, de bâtiments sur poteaux et de structures d’ensilage, datés du milieu du VIe siècle à la fin du IXe siècle. Au sein de cet ensemble, certaines structures, telles que des fosses aux parois maçonnées, sont par ailleurs rares dans le paysage de l’archéologie du haut Moyen âge. Le mobilier archéologique recueilli - mobilier métallique, céramique, osseux ou lithique - issu à la fois des tombes et des structures domestiques, complète le tableau de la culture matérielle sur l’ensemble de la période. Par ailleurs, le développement de la zone funéraire semble conditionné, au nord-ouest, par une zone dépourvue de sépultures et occupée d’une série de bâtiments orientés est-ouest. Il pourrait s’agir d’une unité ecclésiastique. L’étude du site permet en effet de poser la question de la naissance de la « paroisse », à travers le rapprochement des vivants et des morts et l’émergence de bâtiments spécifiques, liés à la gestion du cimetière et des vivants qui lui sont rattachés. Il fait ainsi écho à la législation des VIIIe-IXe siècles précisant les modalités de l’organisation du réseau paroissial et de la prise en charge des fidèles par l’église.

XIIe siècle : Au début du XIIe siècle, c’est une agglomération dotée d’une église.

1120 - 1145 : La conquête des bois et des friches a connu une brutale accélération entre 1120 et 1145. Cette période de développement coïncide avec l'implantation de nombreuses granges prémontrés ou cisterciennes. (Alain Saint-Denis. Laon et le Laonnois aux XIIe et XIIIe siècles).

1141 : La propriété de son “autel” Altare de Geoffridi curte est donnée par l' Evêque de Laon, Barthélémy de Jur, libre de toute charge synodale et paroissiale, en 1141 à l’abbaye cistercienne de Vauclair, fondée sept ans plus tôt.( Réf : cartulaire de Vauclair. Bibliothèque Nationale. ms latin. 11073 folio 1)). Par ce même acte, le prélat confirme les libéralités faites au nouveau monastère, entre autres celles de Pierre de Sissonne, qui avait renoncé, en faveur des moines, à sa part du domaine de Curtmenblein, où ils s’étaient installés, et quatre charrues de terre, soit cent cinquante hectares environ, à Jeoffrécourt, du consentement de sa femme et de ses enfants.

1192 : Le territoire est d’abord mis en valeur par les frères de cette abbaye (en 1192, on l’appelle « grangia que vocatur Gauffridicuria ») puis divisée en trois fermes louées à des laboureurs, et dont les baux les plus anciens subsistants actuellement remontent à 1701. Ces fermes dépendaient de Sissonne pour l’administration fiscale et la justice et de La Malmaison pour le “spirituel” (sans doute à cause de la proximité).

1701 : date des plus anciens baux, qui indiquent que Jeoffrécourt est divisé en trois fermes louées à trois laboureurs.

1727 : Quand le premier enthousiasme tomba, l'attrait de nouvelles formes de vie religieuse vida les abbayes bernardines de la plus grande partie de leur personnel, les domaines éloignés durent être abandonnés à des fermiers. Il n'était pas possible de trouver un cultivateur qui eut les moyens de cultiver les 1262 arpents (643 hectares) de Jeoffrécourt. Des fermes indépendantes, séparées les unes des autres, permirent d'en confier l'exploitation à quatre, puis à trois laboureurs. Les premiers que l'on connaisse, Nicolas MAHIEU, Jean GODALLIER, Charles HERBIN et Marie FOSSE, Antoine DESPREZ et Madeleine FOSSIER, offrirent chacun, en 1727, un fermage de 420 quartels de grains, deux tiers en seigle et un tiers en avoine. (Réf : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1740 : 400 en 1740, et en outre 6 livres de cire, une paire de chapons, un cent de gerbées de seigle et deux quartels de seigle aux gardes de l'abbaye. (Réf : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1746 : MAHIEU et DESPREZ promirent 350 quartels chacun en 1746, pour un quart, outre les menues redevances. (Réf : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1755 : DESPREZ et André GODALLIER, marié à Nicolle VINCELET, 450 livres pour deux tiers, en 1755. Réf : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1755 à 1758. La carte de Cassini est un assemblage de nombreux relevés. Jeoffrécourt se trouve à cheval sur deux de ces cartes. Sur celle de gauche l’on trouve l’appellation «Joffrecour» et sur celle de droite «Geoffroicourt».

carte_Cassini_jeoffrecourt_01.jpg carte Cassini jeoffrecourt 01_1.jpg

Cartes de Cassini avec deux noms différents Joffrecour et Geoffroicourt.

1776 : Pierre Romagny et Catherine Donget, Jean-Baptiste Romagny et Marguerite Fossé, Louis Desprez prirent chacun un tiers en 1776, moyennant 240 quartels de seigle, 10 livres en espèces, les deux chapons habituels et un cent de gerbées. (réf. : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1789 : On recense trois fermiers, Jean-Baptiste ROMAGNY (LAPY en 1791), Jean GACOIN et Noël COURTIN. Bail de neuf ans en date du 15 mai 1784 devant DEQUIN, notaire à Craonne.

1790 : La ferme de Geoffrécourt qui est de La Malmaison pour le spirituel et de Sissonne pour les impositions et la justice, est occupée par trois fermiers qui ont chacun leur demeure, bâtiments et jardin séparément..... Ils jouissent de 1150 arpents de mauvaises terres traversées par une multitude de chemins très fréquentés par les troupeaux de bœufs et de moutons..... Dans ces terres sont enclavées trois pièces de bois faisant partie du quart en réserve de tous les bois de l'abbaye, savoir les bois des vieilles mottes, des loges et la garenne Baillard... (176 arpents). (Inventaire des biens de l'abbaye de Vauclair du 6 février 1790). A cette époque l’ensemble des fermes est estimé à 23.250 livres.

18 MAI 1791 : A la révolution, l’ensemble de Jeoffrécourt est vendu comme bien national, à La Malmaison, les premières ventes ont lieu et concernent les trois fermes de Jeoffrécourt qui sont vendues en deux lots de 766 et 383 arpents. (Réf : Abbayes de la révolution, page 54). Les 2/3 des terres, soit 766 arpents sont vendus 20.200 livres à un groupe de 16 personnes comprenant les trois fermiers, Jacques VARLET, Bourgeois à Sissonne, Marc-Antoine FROMENT aubergiste et laboureur à Sissonne, Charles FOSSIER laboureur à Rémicourt (commune d’Amifontaine), Jean-Nicolas PAILLART laboureur à Boncourt, Jean-Baptiste FOSSÉ laboureur à La Malmaison, Nicolas FOSSE et Jean-François LAPLANTE laboureur à Magnivillers, Jean-Louis BOSSARD laboureur à Boncourt, Jean-Pierre POTTIER laboureur à Le Thour (08-Ardennes), Gérard COURTIN ancien laboureur à La Selve, Nicolas COURTIN laboureur à La Selve, Jean-Louis LEFEVRE laboureur à Robertchamp (commune de La Malmaison). Le 1/3 des terres, soit 383 arpents ainsi que les bâtiments sont vendus 20.600 livres à Louis TOULOUSE. Les fermes de Jeoffrécourt qui, suite à la délimitation des nouvelles communes, se trouvent sur le territoire de Sissonne.

27 DECEMBRE 1813 : naissance de Poncette Juliette LAPIE à Jeoffrécourt.

30 MARS 1839 : naissance de Victor Constantin DONGE à Jeoffrécourt.

31 MAI 1836 : naissance de Théodore DONGE à Jeoffrécourt.

1859 : (Réf : dictionnaire des postes de 1859). A cette époque, vivent vingt-neuf personnes aux fermes de Jeoffrécourt.

17 SEPTEMBRE 1870 : Poncette Juliette LAPIE décède à Jeoffrécourt.

08 AVRIL 1874 : Etienne François Théodore DONGE décède à Jeoffrécourt.

26 MARS 1890 : Naissance de Laurent Etienne Damiette DONCOEUR à Jeoffrécourt, décédé le 3 mai 1956 à Soissons.

Entre 1897 et 1908. Les fermes sont encore extérieures an CNS.

28 NOVEMBRE 1904 : M. Armand Jean Marie DONCOEUR décède à Jeoffrécourt.

Salon de la propriété DONCOEUR à Jeoffrécourt vers 1900. Légèrement à gauche, sur un chevalet, la photo de M. Armand Jean Marie DONCOEUR, propriétaire à Jeoffrécourt.

1249 : Saint Louis entreprend la 7e croisade de 1248 à 1252.Il prend la ville de Damiette, située sur une branche orientale du Nil. Le premier qui entre dans Damiette est ENGUERRAND, Seigneur de DOMQUEUR. En reconnaissance, Saint-Louis l'autorise à ajouter DAMIETTE à DOMQUEUR.

Né le 30 janvier 1846 à Charleville, où son père est juge d'instruction au Tribunal Civil. Décembre 1869 : licence en droit. Elève de l'école des Chartres avec titre d'Archiviste Paléographe. 2 années d'études spéciales à Saint-Sulpice (Séminaire). Avocat au barreau de Paris. 01 mars 1873 : Chef du Cabinet du Préfet des Ardennes. 06 janvier 1874 : Conseiller de Préfecture des Hautes Pyrénées. 1875 : Finance le rachat de l'Abbaye d'Ygny (51-Marne) avec d'autres donateurs, par les Pères Cisterciens. 24 mai 1877 : Sous-préfet de Nogent -le-Rotrou. 27 juin 1879 : Investi dotataire de l'Empire. 31 janvier 1880 à ... 1904 : Camérier de Sa Sainteté Léon XIII.

Le blason des DONCOEUR, en Picardie : d'or au chevron de gueules. Le baron Armand Jean Marie DONCOEUR, en tenue d’apparat de Camérier du Pape.

Carte de visite et extrait du faire-part de décès. Collection de la famille DONCOEUR.

La cloche provenant de Jeoffrécourt porte la mention « J’AI ETE MONTEE LE 10 1 1876 ». Elle pèse 50 kg et son diamètre maximum est de 35 cm. Elle a été déposée au départ de la famille DONCOEUR de Jeoffrécourt et séjourna longtemps chez le propriétaire. Aujourd’hui elle a été donnée à une congrégation du département du Nord. Il y avait aussi un Christ sur une croix de bois (1,60m x 0,60m) qui a été aussi remis à cette congrégation. Informations reçues le 15 mai 2012, de l’actuel Baron DONCOEUR.

Plan des fermes en vue de l’expropriation.

Photos collection DONCOEUR.

27 FEVRIER 1908 : Le terroir de Jeoffrécourt a été exproprié pour l’agrandissement du camp militaire de Sissonne : six hectares et vingt six centiares de propriétés bâties et cent quarante huit hectares de terres et trente sept centiares.

27 JUIN 1908 : Un rapport du Génie Militaire précise qu’il y avait alors “ trois corps de fermes, une grange isolée et le “Château”.

16 JUILLET 1908 : AD02, fond 3J, art3, pièce n° 2674. Les fermes ne sont pas utilisées comme cantonnements. Il est donc envisagé la récupération des matériaux provenant de la démolition des bâtiments, mais la démarche reste compliquée. Actuellement sont en préparation au quartier d’Orléans le mess et cinq cuisines mais il n’est pas possible d’utiliser les pierres de récupération sans modifier les marchés passés. Ces réemplois de pierre sont faits plutôt lors de travaux par main-d’œuvre militaire, pour des travaux de moindres importances.

28 AOUT 1908 : AD02, 3J44, pièce n° 2682. Les derniers habitants du château de Jeoffrécourt ont à leur tour évacué les bâtiments. Gardiennage indispensable.

29 MAI 1910 : Référence AD02, journal les Tablettes de l’Aisne. La réception de Jeoffrécourt. La «réception» de la promotion de Jeoffrécourt a eu lieu hier soir à 21 H 30 à l’Hôtel Terminus de Sissonne. Après une allocution du Président, le lieutenant COLLEAU du 245e, qui félicita les membres de la promotion de leur entrain, de leur endurance, de leur solidarité, le champagne coula et l’on trinqua au 245e, au 45e son aîné, ainsi qu’aux camarades de l’active dont l’accueil fut toujours si aimable. Puis une soirée à laquelle des artistes de Paris avaient été conviés, a commencé artistique et des plus réussies. Au cours de cette soirée, les officiers nouvelles recrues de la promotion, ont reçu le baptême de Jeoffrécourt. On sait que d'après les statuts de la réunion, les recrues doivent à chaque période se rendre à la ferme de Jeoffrécourt avec la promotion y boire, face au puits, un quart de l’eau du puits, après avoir fait serment de fidélité à la promotion, serment fait, tandis que les aînés chantent le refrain et battent le refrain de Jeoffrécourt. Le 245e ayant été à Jeoffrécourt jeudi à l’aube et l’emploi du temps ne le permettant pas, le bureau de la promotion a décidé que le baptême aurait lieu cette année par exception à Sissonne. Et ce fut la cérémonie d’hier, qui a resserré plus encore, si cela est possible, les liens qui unissent les lieutenants du 245e, membres de Jeoffrécourt, Après la soirée un souper a été servi par les soins de Madame CROSNIER, l’aimable propriétaire de l’hôtel Terminus. 33 lieutenants du 245e et 45e y assistaient.

01 AOUT 1911 : Référence : AD02, Fond 3J, Article3, Sissonne, pièce n° 2059. Rapport du Chef du Génie, au sujet de tir à exécuter éventuellement sur les bâtiments de Jeoffrécourt au Camp de Sissonne. Par le bordereau susvisé, M. le Général de Division Commandant le 2e Corps d’Armée a communiqué pour avis une lettre de M. le Colonel Commandant provisoirement l 'Artillerie du 2e Corps en date du 28 Juillet 1911 (n°2007) tendant à obtenir l'autorisation d'effectuer avec l’artillerie lourde un tir réel sur les bâtiments des fermes de Jeoffrécourt. Le Chef du Génie a l'honneur de rendre compte que les bâtiments de Jeoffrécourt ne sont d'aucune utilité au point de vue au casernement. Leur utilisation pour le cantonnement des troupes a été étudiée dans un Procès-verbal de conférence en date du 5 Juin 1908 entre le Major du Camp, le Chef du Génie et le Médecin Major de 1e classe du 54e Régiment d’Infanterie. La somme demandée pour cette utilisation ayant été jugée trop élevée on y a renoncé (Décision Ministérielle n° 21-808-2/4 du 21Août 1908) et dans un nouveau Procès-verbal de Conférence en date du 2 octobre 1908 entre le Major du Camp, un Chef d'escadron du 17e Régiment d'Artillerie et le Chef du Génie, les conférents ont proposé que : « Les fermes de Jeoffrécourt soient laissées dans l'état actuel pour être utilisées telles quelles, soit en vue des grand'haltes tant qu'elles seront habitables, soit en vue de l’instruction des troupes pour la mise en état de défense des localités. » Ces propositions ont été approuvées par Décision Ministérielle M* 20983-2/4 du 1er Décembre 1908. Dans ces conditions, les bâtiments sont entièrement destinés à 1’instruction des troupes, le Service du Génie n'a plus aucune action à exercer sur eux si ce n’est au point de vue de la surveillance» du domaine militaire. En conséquence» il ne semble pas qu'il y ait d'inconvénient à ce que l'on exécute des tirs d'Artillerie sur les bâtiments de Jeoffrécourt.

AVANT 1914 : Cette maison était la propriété du baron DONCOEUR et nous n’avons pas de renseignements sur sa construction. Le Génie estime que l’ensemble pourrait fournir « de bons cantonnements pour deux cent quatre vingt dix hommes et trois cent trente chevaux» (réf. : AD02. 3 J 43, Pièce 2671.). Cela donne une idée de leur importance. Ces bâtiments existaient encore en 1914. Un rapport du Génie du 13 octobre 1930 précise que “ la ferme de Jeoffrécourt était construite en bons moellons. Les matériaux sont partie en élévation, partie en vrac. On peut évaluer à huit cent mètres cubes de bons moellons non gélifs et cinquante mètres cube de pierre dure (réf : AD02. 3 J 89. pièce 6250.).

1914 – 1918 : la ferme de Jeoffrécourt est démolie en partie au cours de la guerre 1914 - 1918

13 OCTOBRE 1930 : Référence AD02, fond 3J, Art 3, pièce n° 6250

Carte jointe au rapport n° 4167 du 13 octobre 1930. La ferme est mentionnée comme ruinée. Plus aucunes mentions de bâtiments à l’emplacement des fermes.

2000 : Visite sur le site des fermes. Il ne reste pour seul vestige apparent qu’un abreuvoir en pierre. La végétation garde encore des traces de l’intervention humaine, notamment par la présence d’arbres fruitiers.

Bac_JCS_01.jpg 20 MAI 2012 : Abreuvoir en pierre, de 2,50m x 1,40m x 0,60m de hauteur avec une profondeur intérieure d’environ 0,30 m, provenant des fermes de Jeoffrécourt et actuellement réinstallé en face du PC, au Camp d’Orléans.

  Les fermes de Jeoffrécourt.

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Toponymie : réf. : Dictionnaire typographique. Matton 1871 Jeoffrécourt, commune de Sissonne.

1141 Altare de Joffridi curte.(1) 1292 Joifroicourt.(3) 1146 Joffroicourt.(1) XIIIè siècle Gefroicourt.(4) 1146 Joffredicurtis.(1) 1384 Gieffroycourt.(5) 1179 Joifroicourt Gefreicurt.(1) 1630 Geoffroicourt 1184 Gefroicourt.(1) 1681 Jeoffrecourt.(6) 1185 Jofrocurtis.(1) 1684 Geoffroicourt.(7) 1189 Gaufridicurtis.(1) 1701 Geoffroicourt 1192 Grangia que vocatur Gaufridicuria.(1) 1740 Joffrecourt. ??? de l’abbaye de Vauclair. 1267 Jofredicurtis.(2)

(1) Réf. : cartulaire de l’abbaye de Vauclair, folios n° 1, 6, 9, 10, 81, 73, 74, 72 et 79). (2) Réf. : cartulaire de l’abbaye Saint Martin de Laon, tome II, folio n° 262). (3) Réf. : supplément de Dom Grenier, 292, Bibliothèque Nationale). (4) Réf. : Archives Nationales L.996). (5) Réf. : Archives Nationales. P 136, transcrits de Vermandois. (6) Réf. : ??? de l' évêque de Laon. (7) Réf. : Archives communales de La Malmaison.

Présentation générale : Le lieudit Jeoffrécourt était un ensemble de trois fermes aujourd’hui disparues, situées sur le territoire de la commune de Sissonne, au Sud-est à environ sept kilomètres de ce village, à deux kilomètres an Nord-Ouest de La Malmaison et à trois Kilomètres au Sud-ouest de La Selve. Il est actuellement compris dans le territoire du CNS. Il n’y a pas de rivière proche, la source de la Souche est à un kilomètre à l’Est du village de Sissonne. Jeoffrécourt est au centre d’une vaste clairière qui fut cultivée jusqu' en 1908 et entourée de forêts. Le lieudit est actuellement boisé.

HISTOIRE DE JEOFFRECOURT :

Période romaine : Jeoffrécourt est situé sur le tracé d'une voie romaine ( "probable" selon Jackie Lusse, Laon et le Laonnois du Ve au Xe siècle ) allant de Nizy-le-Comte ( Ninittaci ) à Berrieux passant par l'oppidum de Saint-Thomas, connu sous le nom de Vieux Laon ou camp des Romains .

VIe - VIIe siècle : Une nécropole mérovingienne est implantée à environ 200 mètres des fermes de Jeoffrécourt.

VIIe - IXe siècle : Toujours à 200 mètres au sud des fermes, présence d'une nécropole médiévale et de traces d'habitations.

VIe au IXe siècle. Circonstances de l’intervention : Le site de Jeoffrécourt (lieu-dit "La Terre à Luziaux") est mentionné dès 1869 dans le Bulletin de la fédération des sociétés savantes de l’Aisne qui publie : un « cercueil de pierre de forme rectangulaire […] La pierre, naturellement tendre, était décomposée par l’action de l’humidité et du temps ; aussi fut-il impossible d’extraire ce cercueil en son entier, ni même par fragments considérables. […]. Le sol environnant était couvert de fragments de pierre et d’ossements […]. Les gens assurent que, depuis 25 ans environ, des débris analogues étaient journellement mis à découvert par la charrue ». En 1960, la mise au jour d’ossements humains entraîne une fouille sur un secteur très menacé afin de déterminer la nature du site. Six sarcophages (dont trois se limitent à des fonds de cuve) et quelques sépultures en pleine terre sont dégagés. La découverte, dans un sarcophage, d’une céramique et d’une garniture de ceinture damasquinée a permis l’attribution du site à l’époque mérovingienne (Dumas 1960-61, p. 105). Une autorisation de fouille a été délivrée à l’AREHARS, association dirigée par Jean-François MARTIN, afin de sauver les vestiges. Le site étant très arasé, le décapage mécanique a, dès la découverte des premières sépultures, été abandonné et remplacé par un décapage manuel. En revanche, il a été mis en œuvre sur le secteur dévolu à l’habitat, sur de petites surfaces fouillées régulièrement.

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Résumé : Référence Revue Archéologique de Picardie, n° 01 et 02 de 2011.

JANVIER 2004 : Etude de la situation et du statut des collections archéologiques appartenant à l'Etat par DUVAL Alain, 137 pages Réf. : 074000299. Editeur : Ministère de la culture et de la communication. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics//074000299/0000.pdf Présentation : Alain Duval, conservateur général du patrimoine, a été chargé par la Direction des musées de France et la Direction de l'architecture et du patrimoine d'une mission sur l'étude de la situation et du statut des collections archéologiques appartenant à l'Etat… 2.2. …Extrait. « A contrario les contraintes et la politique du musée municipal de Laon ont généré des pratiques « conservatoires » dans des dépôts associatifs. En effet le musée ne pouvant accueillir la totalité des mobiliers recueillis dans des nécropoles mérovingiennes, et proposant donc de dissocier des ensembles d’objets dans les tombes mêmes, les responsables du dépôt de Sissonne (Aisne) (dépôt associatif ; collections propriété de l’Etat) ont donc décidé d’une politique de stockage, de restauration et de gestion que bien des musées pourraient envier, (seuls quelques objets sont à Laon) »…

Le site de Jeoffrécourt (commune de Sissonne, Aisne), fouillé par une équipe réunie autour de Jean-François MARTIN entre 1985 et 2002, a livré un ensemble de près de 500 sépultures, associé à de nombreuses structures à vocation domestique constituées de cabanes excavées, de bâtiments sur poteaux et de structures d’ensilage, datés du milieu du VIe siècle à la fin du IXe siècle. Au sein de cet ensemble, certaines structures, telles que des fosses aux parois maçonnées, sont par ailleurs rares dans le paysage de l’archéologie du haut Moyen âge. Le mobilier archéologique recueilli - mobilier métallique, céramique, osseux ou lithique - issu à la fois des tombes et des structures domestiques, complète le tableau de la culture matérielle sur l’ensemble de la période. Par ailleurs, le développement de la zone funéraire semble conditionné, au nord-ouest, par une zone dépourvue de sépultures et occupée d’une série de bâtiments orientés est-ouest. Il pourrait s’agir d’une unité ecclésiastique. L’étude du site permet en effet de poser la question de la naissance de la « paroisse », à travers le rapprochement des vivants et des morts et l’émergence de bâtiments spécifiques, liés à la gestion du cimetière et des vivants qui lui sont rattachés. Il fait ainsi écho à la législation des VIIIe-IXe siècles précisant les modalités de l’organisation du réseau paroissial et de la prise en charge des fidèles par l’église.

XIIe siècle : Au début du XIIe siècle, c’est une agglomération dotée d’une église.

1120 - 1145 : La conquête des bois et des friches a connu une brutale accélération entre 1120 et 1145. Cette période de développement coïncide avec l'implantation de nombreuses granges prémontrés ou cisterciennes. (Alain Saint-Denis. Laon et le Laonnois aux XIIe et XIIIe siècles).

1141 : La propriété de son “autel” Altare de Geoffridi curte est donnée par l' Evêque de Laon, Barthélémy de Jur, libre de toute charge synodale et paroissiale, en 1141 à l’abbaye cistercienne de Vauclair, fondée sept ans plus tôt.( Réf : cartulaire de Vauclair. Bibliothèque Nationale. ms latin. 11073 folio 1)). Par ce même acte, le prélat confirme les libéralités faites au nouveau monastère, entre autres celles de Pierre de Sissonne, qui avait renoncé, en faveur des moines, à sa part du domaine de Curtmenblein, où ils s’étaient installés, et quatre charrues de terre, soit cent cinquante hectares environ, à Jeoffrécourt, du consentement de sa femme et de ses enfants.

1192 : Le territoire est d’abord mis en valeur par les frères de cette abbaye (en 1192, on l’appelle « grangia que vocatur Gauffridicuria ») puis divisée en trois fermes louées à des laboureurs, et dont les baux les plus anciens subsistants actuellement remontent à 1701. Ces fermes dépendaient de Sissonne pour l’administration fiscale et la justice et de La Malmaison pour le “spirituel” (sans doute à cause de la proximité).

1701 : date des plus anciens baux, qui indiquent que Jeoffrécourt est divisé en trois fermes louées à trois laboureurs.

1727 : Quand le premier enthousiasme tomba, l'attrait de nouvelles formes de vie religieuse vida les abbayes bernardines de la plus grande partie de leur personnel, les domaines éloignés durent être abandonnés à des fermiers. Il n'était pas possible de trouver un cultivateur qui eut les moyens de cultiver les 1262 arpents (643 hectares) de Jeoffrécourt. Des fermes indépendantes, séparées les unes des autres, permirent d'en confier l'exploitation à quatre, puis à trois laboureurs. Les premiers que l'on connaisse, Nicolas MAHIEU, Jean GODALLIER, Charles HERBIN et Marie FOSSE, Antoine DESPREZ et Madeleine FOSSIER, offrirent chacun, en 1727, un fermage de 420 quartels de grains, deux tiers en seigle et un tiers en avoine. (Réf : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1740 : 400 en 1740, et en outre 6 livres de cire, une paire de chapons, un cent de gerbées de seigle et deux quartels de seigle aux gardes de l'abbaye. (Réf : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1746 : MAHIEU et DESPREZ promirent 350 quartels chacun en 1746, pour un quart, outre les menues redevances. (Réf : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1755 : DESPREZ et André GODALLIER, marié à Nicolle VINCELET, 450 livres pour deux tiers, en 1755. Réf : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1755 à 1758. La carte de Cassini est un assemblage de nombreux relevés. Jeoffrécourt se trouve à cheval sur deux de ces cartes. Sur celle de gauche l’on trouve l’appellation «Joffrecour» et sur celle de droite «Geoffroicourt».

carte_Cassini_jeoffrecourt_01.jpg carte Cassini jeoffrecourt 01_1.jpg

Cartes de Cassini avec deux noms différents Joffrecour et Geoffroicourt.

1776 : Pierre Romagny et Catherine Donget, Jean-Baptiste Romagny et Marguerite Fossé, Louis Desprez prirent chacun un tiers en 1776, moyennant 240 quartels de seigle, 10 livres en espèces, les deux chapons habituels et un cent de gerbées. (réf. : histoire de Sissonne, Comte Maxime de Sars).

1789 : On recense trois fermiers, Jean-Baptiste ROMAGNY (LAPY en 1791), Jean GACOIN et Noël COURTIN. Bail de neuf ans en date du 15 mai 1784 devant DEQUIN, notaire à Craonne.

1790 : La ferme de Geoffrécourt qui est de La Malmaison pour le spirituel et de Sissonne pour les impositions et la justice, est occupée par trois fermiers qui ont chacun leur demeure, bâtiments et jardin séparément..... Ils jouissent de 1150 arpents de mauvaises terres traversées par une multitude de chemins très fréquentés par les troupeaux de bœufs et de moutons..... Dans ces terres sont enclavées trois pièces de bois faisant partie du quart en réserve de tous les bois de l'abbaye, savoir les bois des vieilles mottes, des loges et la garenne Baillard... (176 arpents). (Inventaire des biens de l'abbaye de Vauclair du 6 février 1790). A cette époque l’ensemble des fermes est estimé à 23.250 livres.

18 MAI 1791 : A la révolution, l’ensemble de Jeoffrécourt est vendu comme bien national, à La Malmaison, les premières ventes ont lieu et concernent les trois fermes de Jeoffrécourt qui sont vendues en deux lots de 766 et 383 arpents. (Réf : Abbayes de la révolution, page 54). Les 2/3 des terres, soit 766 arpents sont vendus 20.200 livres à un groupe de 16 personnes comprenant les trois fermiers, Jacques VARLET, Bourgeois à Sissonne, Marc-Antoine FROMENT aubergiste et laboureur à Sissonne, Charles FOSSIER laboureur à Rémicourt (commune d’Amifontaine), Jean-Nicolas PAILLART laboureur à Boncourt, Jean-Baptiste FOSSÉ laboureur à La Malmaison, Nicolas FOSSE et Jean-François LAPLANTE laboureur à Magnivillers, Jean-Louis BOSSARD laboureur à Boncourt, Jean-Pierre POTTIER laboureur à Le Thour (08-Ardennes), Gérard COURTIN ancien laboureur à La Selve, Nicolas COURTIN laboureur à La Selve, Jean-Louis LEFEVRE laboureur à Robertchamp (commune de La Malmaison). Le 1/3 des terres, soit 383 arpents ainsi que les bâtiments sont vendus 20.600 livres à Louis TOULOUSE. Les fermes de Jeoffrécourt qui, suite à la délimitation des nouvelles communes, se trouvent sur le territoire de Sissonne.

27 DECEMBRE 1813 : naissance de Poncette Juliette LAPIE à Jeoffrécourt.

30 MARS 1839 : naissance de Victor Constantin DONGE à Jeoffrécourt.

31 MAI 1836 : naissance de Théodore DONGE à Jeoffrécourt.

1859 : (Réf : dictionnaire des postes de 1859). A cette époque, vivent vingt-neuf personnes aux fermes de Jeoffrécourt.

17 SEPTEMBRE 1870 : Poncette Juliette LAPIE décède à Jeoffrécourt.

08 AVRIL 1874 : Etienne François Théodore DONGE décède à Jeoffrécourt.

26 MARS 1890 : Naissance de Laurent Etienne Damiette DONCOEUR à Jeoffrécourt, décédé le 3 mai 1956 à Soissons.

Entre 1897 et 1908. Les fermes sont encore extérieures an CNS.

28 NOVEMBRE 1904 : M. Armand Jean Marie DONCOEUR décède à Jeoffrécourt.

Salon de la propriété DONCOEUR à Jeoffrécourt vers 1900. Légèrement à gauche, sur un chevalet, la photo de M. Armand Jean Marie DONCOEUR, propriétaire à Jeoffrécourt.

1249 : Saint Louis entreprend la 7e croisade de 1248 à 1252.Il prend la ville de Damiette, située sur une branche orientale du Nil. Le premier qui entre dans Damiette est ENGUERRAND, Seigneur de DOMQUEUR. En reconnaissance, Saint-Louis l'autorise à ajouter DAMIETTE à DOMQUEUR.

Né le 30 janvier 1846 à Charleville, où son père est juge d'instruction au Tribunal Civil. Décembre 1869 : licence en droit. Elève de l'école des Chartres avec titre d'Archiviste Paléographe. 2 années d'études spéciales à Saint-Sulpice (Séminaire). Avocat au barreau de Paris. 01 mars 1873 : Chef du Cabinet du Préfet des Ardennes. 06 janvier 1874 : Conseiller de Préfecture des Hautes Pyrénées. 1875 : Finance le rachat de l'Abbaye d'Ygny (51-Marne) avec d'autres donateurs, par les Pères Cisterciens. 24 mai 1877 : Sous-préfet de Nogent -le-Rotrou. 27 juin 1879 : Investi dotataire de l'Empire. 31 janvier 1880 à ... 1904 : Camérier de Sa Sainteté Léon XIII.

Le blason des DONCOEUR, en Picardie : d'or au chevron de gueules. Le baron Armand Jean Marie DONCOEUR, en tenue d’apparat de Camérier du Pape.

Carte de visite et extrait du faire-part de décès. Collection de la famille DONCOEUR.

La cloche provenant de Jeoffrécourt porte la mention « J’AI ETE MONTEE LE 10 1 1876 ». Elle pèse 50 kg et son diamètre maximum est de 35 cm. Elle a été déposée au départ de la famille DONCOEUR de Jeoffrécourt et séjourna longtemps chez le propriétaire. Aujourd’hui elle a été donnée à une congrégation du département du Nord. Il y avait aussi un Christ sur une croix de bois (1,60m x 0,60m) qui a été aussi remis à cette congrégation. Informations reçues le 15 mai 2012, de l’actuel Baron DONCOEUR.

Plan des fermes en vue de l’expropriation.

Photos collection DONCOEUR.

27 FEVRIER 1908 : Le terroir de Jeoffrécourt a été exproprié pour l’agrandissement du camp militaire de Sissonne : six hectares et vingt six centiares de propriétés bâties et cent quarante huit hectares de terres et trente sept centiares.

27 JUIN 1908 : Un rapport du Génie Militaire précise qu’il y avait alors “ trois corps de fermes, une grange isolée et le “Château”.

16 JUILLET 1908 : AD02, fond 3J, art3, pièce n° 2674. Les fermes ne sont pas utilisées comme cantonnements. Il est donc envisagé la récupération des matériaux provenant de la démolition des bâtiments, mais la démarche reste compliquée. Actuellement sont en préparation au quartier d’Orléans le mess et cinq cuisines mais il n’est pas possible d’utiliser les pierres de récupération sans modifier les marchés passés. Ces réemplois de pierre sont faits plutôt lors de travaux par main-d’œuvre militaire, pour des travaux de moindres importances.

28 AOUT 1908 : AD02, 3J44, pièce n° 2682. Les derniers habitants du château de Jeoffrécourt ont à leur tour évacué les bâtiments. Gardiennage indispensable.

29 MAI 1910 : Référence AD02, journal les Tablettes de l’Aisne. La réception de Jeoffrécourt. La «réception» de la promotion de Jeoffrécourt a eu lieu hier soir à 21 H 30 à l’Hôtel Terminus de Sissonne. Après une allocution du Président, le lieutenant COLLEAU du 245e, qui félicita les membres de la promotion de leur entrain, de leur endurance, de leur solidarité, le champagne coula et l’on trinqua au 245e, au 45e son aîné, ainsi qu’aux camarades de l’active dont l’accueil fut toujours si aimable. Puis une soirée à laquelle des artistes de Paris avaient été conviés, a commencé artistique et des plus réussies. Au cours de cette soirée, les officiers nouvelles recrues de la promotion, ont reçu le baptême de Jeoffrécourt. On sait que d'après les statuts de la réunion, les recrues doivent à chaque période se rendre à la ferme de Jeoffrécourt avec la promotion y boire, face au puits, un quart de l’eau du puits, après avoir fait serment de fidélité à la promotion, serment fait, tandis que les aînés chantent le refrain et battent le refrain de Jeoffrécourt. Le 245e ayant été à Jeoffrécourt jeudi à l’aube et l’emploi du temps ne le permettant pas, le bureau de la promotion a décidé que le baptême aurait lieu cette année par exception à Sissonne. Et ce fut la cérémonie d’hier, qui a resserré plus encore, si cela est possible, les liens qui unissent les lieutenants du 245e, membres de Jeoffrécourt, Après la soirée un souper a été servi par les soins de Madame CROSNIER, l’aimable propriétaire de l’hôtel Terminus. 33 lieutenants du 245e et 45e y assistaient.

01 AOUT 1911 : Référence : AD02, Fond 3J, Article3, Sissonne, pièce n° 2059. Rapport du Chef du Génie, au sujet de tir à exécuter éventuellement sur les bâtiments de Jeoffrécourt au Camp de Sissonne. Par le bordereau susvisé, M. le Général de Division Commandant le 2e Corps d’Armée a communiqué pour avis une lettre de M. le Colonel Commandant provisoirement l 'Artillerie du 2e Corps en date du 28 Juillet 1911 (n°2007) tendant à obtenir l'autorisation d'effectuer avec l’artillerie lourde un tir réel sur les bâtiments des fermes de Jeoffrécourt. Le Chef du Génie a l'honneur de rendre compte que les bâtiments de Jeoffrécourt ne sont d'aucune utilité au point de vue au casernement. Leur utilisation pour le cantonnement des troupes a été étudiée dans un Procès-verbal de conférence en date du 5 Juin 1908 entre le Major du Camp, le Chef du Génie et le Médecin Major de 1e classe du 54e Régiment d’Infanterie. La somme demandée pour cette utilisation ayant été jugée trop élevée on y a renoncé (Décision Ministérielle n° 21-808-2/4 du 21Août 1908) et dans un nouveau Procès-verbal de Conférence en date du 2 octobre 1908 entre le Major du Camp, un Chef d'escadron du 17e Régiment d'Artillerie et le Chef du Génie, les conférents ont proposé que : « Les fermes de Jeoffrécourt soient laissées dans l'état actuel pour être utilisées telles quelles, soit en vue des grand'haltes tant qu'elles seront habitables, soit en vue de l’instruction des troupes pour la mise en état de défense des localités. » Ces propositions ont été approuvées par Décision Ministérielle M* 20983-2/4 du 1er Décembre 1908. Dans ces conditions, les bâtiments sont entièrement destinés à 1’instruction des troupes, le Service du Génie n'a plus aucune action à exercer sur eux si ce n’est au point de vue de la surveillance» du domaine militaire. En conséquence» il ne semble pas qu'il y ait d'inconvénient à ce que l'on exécute des tirs d'Artillerie sur les bâtiments de Jeoffrécourt.

AVANT 1914 : Cette maison était la propriété du baron DONCOEUR et nous n’avons pas de renseignements sur sa construction. Le Génie estime que l’ensemble pourrait fournir « de bons cantonnements pour deux cent quatre vingt dix hommes et trois cent trente chevaux» (réf. : AD02. 3 J 43, Pièce 2671.). Cela donne une idée de leur importance. Ces bâtiments existaient encore en 1914. Un rapport du Génie du 13 octobre 1930 précise que “ la ferme de Jeoffrécourt était construite en bons moellons. Les matériaux sont partie en élévation, partie en vrac. On peut évaluer à huit cent mètres cubes de bons moellons non gélifs et cinquante mètres cube de pierre dure (réf : AD02. 3 J 89. pièce 6250.).

1914 – 1918 : la ferme de Jeoffrécourt est démolie en partie au cours de la guerre 1914 - 1918

13 OCTOBRE 1930 : Référence AD02, fond 3J, Art 3, pièce n° 6250

Carte jointe au rapport n° 4167 du 13 octobre 1930. La ferme est mentionnée comme ruinée. Plus aucunes mentions de bâtiments à l’emplacement des fermes.

2000 : Visite sur le site des fermes. Il ne reste pour seul vestige apparent qu’un abreuvoir en pierre. La végétation garde encore des traces de l’intervention humaine, notamment par la présence d’arbres fruitiers.

Bac_JCS_01.jpg 20 MAI 2012 : Abreuvoir en pierre, de 2,50m x 1,40m x 0,60m de hauteur avec une profondeur intérieure d’environ 0,30 m, provenant des fermes de Jeoffrécourt et actuellement réinstallé en face du PC, au Camp d’Orléans.


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