Chronique familiale



Sommaire

 1 - CUNY Scolastique Marcelline

Scolastique Marcelline CUNY, née le 31 août 1829 à Boult aux Bois, Fille de Henry CUNY et de Marie Reine PALLE, Henry voiturier de son état.
Famille ouvrière implantée à Boult depuis fort longtemps (1650 à ma connaissance)
Scolastique, journalière eut un fils en 1849 de père inconnu qu’elle prénomma Auguste Louis. En 1869 elle épousa Pierre Nicolas Auguste Louis riche propriétaire de Boult, après le décès de son épouse.
A mon avis Pierre Nicolas Auguste LOUIS doit être ce père inconnu,
Les prénoms Auguste Louis sont quand même troublant………….

Auguste Louis a épousé la carrière militaire comme soldat et a pris sa retraite comme Lieutenant Colonel, et Officier de la Légion d’Honneur.
A épousé la fille du Baron André DANNERY, Geneviève Pauline Madeleine DANNERY.

 2 - CUNY André Auguste René

Articles de presse conservés par Madeleine DANNERY (épouse de Auguste Louis CUNY) de son fils André
Le mercredi 17 octobre 1907:
Les examens en Sorbonne: Baccalauréat latin-sciences, ont été déclarés admis: 11è série,- CUNY André Auguste René.
Septembre 1915:
Boult aux Bois,- Promotion et Citations.- Nous apprenons que M. André CUNY, Adjudant au 403è de marche, vient d'être promu au grade de sous-lieutenant et qu'il est en outre l'objet d'une citation très élogieuse.
A l'attaque du 25 septembre:
les officiers de sa compagnie étant tombés et les hommes pliant sous les rafales des balles, il a réussi à les rallier en entrainant en même temps une section de coloniaux privée de son chef, et il a réussi à s'emparer d'un élément important de tranchée allemande.
M. André CUNY est le fils de M. le lieutenant colonel Louis CUNY, maire de Boult aux Bois. Il nous est agréable de lui présenter ici nos plus cordiales félicitations.
mai 1916:
Boult aux Bois- Citations à l'ordre du corps d'armée.- Le général commandant le 12è corps d'armée cite à l'ordre du corps d'armée le sous-lieutenant CUNY André, du 403è régiment d'infanterie, 11è compagnie: " Cet Officier très méritant n'a cessé de donner à ses hommes un magnifique exemple de calme et d'énergie, a su maintenir et élever le moral de ses hommes sous un bombardement des plus violents pendant lequel il a été blessé."
En conséquence de cette citation la croix de guerre avec étoile de vermeil lui a été attribuée. Nos vives félicitations.
Décembre 1916:
Boult aux Bois.- Nouvelle citation.- Nous sommes heureux d'enregistrer la nouvelle citation dont vient d'être l'objet le sous lieutenant CUNY André : " Officier brave et courageux; volontaire pour les missions périlleuses. A exécute un coup de main très réussi sur les tranchées allemandes."
Nos vives salutations au vaillant officier qui est le fils de M. CUNY maire de Boult aux Bois.
Mars 1917:
Boult aux Bois.- Citation.- Nous sommes heureux d'enregistrer la nouvelle citation à l'ordre de la division dont vient d'être l'objet, M. André CUNY, sous lieutenant au 403è régiment d'infanterie, fils de M. Louis CUNY, maire de Boult aux Bois:
" Officier plein d'énergie et d'allant, déjà blessé plusieurs fois et cité à l'ordre du régiment et du corps d'armée.
" Le 17 mars:
Etant de veille au moment d'une attaque ennemie, a alerté sa troupe et malgré le bombardement s'est porté en tête d'un poste d'écoute pour mieux observer. Est resté a ce poste jusqu'à la fin de l'opération, bien que blessé." Ajoutons que la blessure du vaillant officier n'est pas grave et qu'il a été opéré non loin de nos pays. Nos vives félicitations à notre brave compatriote.
21 octobre 1917:
Infanterie. Armée active. Par décret en date du 3 décembre 1917, les officiers dont les noms suivent sont nommés au grade de lieutenant à titre définitif pour prendre rang au dates indiquées ci-après auxquelles a pris fin leur deuxième année d'ancienneté dans le grade de sous lieutenant, décompté conformément à l'article 1er de la loi du 10 août 1917.
21 octobre 1917:
M. CUNY (André Auguste René), sous lieutenant au 403è régiment d'infanterie. CUNY André - Classe 1909 - Lieutenant au 403è régiment d'infanterie - 8 blessures - 8 citations - Carte Matricule N° 74.826
A fait la campagne BELGIQUE - VERDUN
Chevalier de la Légion d'honneur (pour prendre rang le 28 décembre 1918)
Officier de la Légion d'honneur (pour prendre rang le 16 février 1937)

 3 - FORGET Julie Madeleine Sophie - Baronne DANNERY

Gouvernante des Princesse D'Espagne puis Surintendante de la Maison d'éducation de la légion d'honneur de Saint Denis (1837-1851).Les Princesses d'Espagne étant les filles de Joseph Bonaparte, alors Roi d'Espagne
Titre de baronne confirmé et autorisé en faveur de la veuve de Jean Baptiste Thomas Dannery, Consul de France et Baron de l'Empire, avec transmission du titre de Baron héréditaire à son fils par lettres patentes du 10 mai 1817 portant règlement d'armoiries: D'azur au chevron brisé d'or accompagné de 3 étoiles du même2 et 1.
Sous l'empire, un écusson de gueules au signe des barons officiers de la maison des princes, qui est un portique ouvert à deux colonnes surmontées d'un fronton d'argent, accompagné en cœur des lettres D.J. (Domus Julii ) du même, était brochant sur le tout.

En mai 1851, Madame la Baronne Dannery s'éteignit au sein de l'accomplissement de ses fonctions honorables, première surintendante que la mort fût venue atteindre dans la maison. Ses restes furent déposés dans le cimetière Riant placé dans l'intérieur du parc, près du tertre sous lequel reposait déjà sa petite fille et en même temps son élève, Amélie Dannery, moissonnée à 17 ans et ravie à son affection par la mort la plus angélique.
(Histoire de l'abbaye de saint Denis)

La Baronne Dannery fut surintendante de la maison de Saint Denis du 12 décembre 1837 au 4 juin 1851, elle était grande, glaciale et veuve d'un consul de France à Rio de Janeiro, elle est morte à Saint Denis en 1851

Mme Dannery est fort heureuse; il me parait qu'elle ne déplait point a leurs majestés. elle a des manières simple, nobles et réservées, qui me paraissent excellentes pour sa place.( Lettres de M. à Mme Roederer).

Livres de la Baronne Dannery.
1 Cours de leçons religieuses, morales et historiques, adressé aux enfants du XIXe siècle, auteur: DANNERY, Madame la baronne, Editeur: BOISTE/JAHYER.
2 Cours de leçons religieuses, morales et historiques, adressé aux enfants du XIXe siècle, auteur: DANNERY, Madame la baronne, Editeur: JAHYER.
3 Cours de leçons religieuses, morales et historiques, dédié aux élèves de la Maison royale d'éducation, auteur: DANNERY, Madame la baronne, Editeur: PERISSE.

 4 - du SUAU de la CROIX (François Emmanuel Frédéric)

François Emmanuel Frédéric, Comte du Suau de La Croix, né à la Nouvelle Orléans le 1er janvier 1801, était fils du Chevalier François du Suau de La Croix, fondateur et Président de la Banque d'Etat de la Louisiane, issu d'une famille noble du Dauphiné et chassé de ses propriétés de Saint-Domingue par les funestes effets de la révolution.

Le jeune Frédéric du Suau de la Croix fut confié, à l'âge de 14 ans, aux soins de l'Évêque DUBOURG qui l'emmena en France et le plaça dans la célèbre Institution de l'Abbé LIAUTARD. Le nouvel élève répondit à tout ce qu'avaient fait espérer des facultés déjà remarquable, il se distingua par des études brillantes.

Plus tard, il entra dans les bureaux du département des Affaires Étrangères, pendant le ministère du baron de DAMAS en 1824 et se plaça par ses talents et son activité, au premier rang des élèves de l'école diplomatique formée par ce ministère, à l'instar de celle qu'avait institué TORCY sur la fin du règne de Louis XIV, et devient Secrétaire du Cabinet du Ministre qui était alors le Prince Armand de Polignac.

Frédéric de la Croix le suivit aux Tuilerie dans les journées de Juillet 1830 et le 28, il en reçut une mission difficile qu'il remplit avec courage. Après la révolution, il se retira du ministère, toutefois sans abandonner la cause de Charles X à laquelle il s'était voué. Seulement, il la servait activement sous un autre drapeau, sous celui qui avait ombragé ses premiers jours (1).

Il fit dans l'intérêt de la légitimité Espagnol plusieurs voyages en Angleterre, en Hollande, en Italie et au Portugal, et fut assez heureux pour donner l'hospitalité à Don CARLOS, lors de son dernier voyage à Paris.

En témoignage de sa satisfaction pour ses diverses missions, ce Prince l'avait décoré de la Maison de l'Ordre de Charles III.

Frédéric de La Croix trouvait, au milieu et importantes occupations, le temps de concourir à la rédaction du « Rénovateur « et de fournir des articles politique à la « Quotidienne » et des morceaux de littérature légère et des rêveries à des feuilles quotidienne consacrées à ce genre.

Il avait publié en 1834 une traduction intime de l'ouvrage du Colonel HAMILTON sur « Les hommes et les mœurs des États Unis « . Il avait jeté le plan de plusieurs ouvrages importants qu'une mort prématurée, arrivé le 1er septembre 1836, l'a empêché d'accomplir.

(1)Frédéric de La Croix étant né en 1801, son pays natal était encore à cette époque, soumis à l'Espagne.
Extrait de la Biographie de MICHAUT

 5 - du SUAU de la CROIX (Henri Frédéric Enguerrand Conte du)

SUAU de la CROIX (Henri Frédéric Enguerrand Conte du)
ÉMAILLEUR d'art,
né au Château de Petitval (Seine-et-Marne) le 13 octobre 1840.
Il appartient à une famille originaire du Dauphiné,alliée aux principales maisons de ce pays, parmi lesquelles celle des ducs de Lesdiguières, aujourd'hui disparue.
Certains ascendants du comte actuel ayant émigré à la Louisiane, alors colonie française, y occupèrent les plus hautes fonctions: son grand-père paternel fut gouverneur de la banque de cette colonie; son arrière grand-père maternel, le marquis de Marigny repose dans la cathédrale de la Nouvelle- Orléans; d'autre part son oncle, le conte Frédéric du Suau de la Croix fut secrétaire du ministre des affaires étrangères prince de Polignac, en 1830.
Depuis l'âge de seize ans, le comte Enguerrand du Suau de la Croix travaille, en amateur et en artiste, les métaux, dont il connait toutes les combinaisons possibles ; il s'est, depuis 1885, adonné surtout à l'émail , s'appliquant plus particulièrement au genre ancien.
Après de nombreuses recherches, il est arrivé à créer un art nouveau : les émaux translucides de grand feu, a double haut relief cabochon, sur métal à jour en épousant tous les contours, et dont la forme convexe produit des intensités de lumière et des teintes dégradées qu'aucun émail connu n'avait pu donner encore.
Il est d'ailleurs le seul, à ce jour, à obtenir de si merveilleux résultats. Divers journaux, le Figaro, le New- York Herald, le Journal, la Vie Nationale, L'événement, etc., se. sont occupés dos travaux de cet artiste, aux œuvres si personnelles.
Le comte est un gentilhomme amoureux de son art. Comme Benvenuto Cellini, il travaille assidument, n'ayant pour collaborateurs » que son fils et sa belle-fille, Mlle de Montigny, comme lui, jaloux du secret de sa découverte.
ll compose lui-même ses dessins et ses modèles, qui sont de pur chefs-d'œuvre, et manie ensuite la lampe d'émailleur, travail très délicat, car il s'agit, pour obtenir la fusion des émaux, de produire une température de 8oo* et de ne pas faire fondre l'argent qui ne supporte pat plut de 1000* pour rester rigide.
Les applications en sont très diverses. Ils peuvent être combinés avec des médailles servant à fixer le souvenir d'un événement important, comme pièces de mariage, par exemple; en ce cas on peut réserver des écussons pour les enfants à naître. et ceci constitue le livre d'or de la famille, qu'on laisse dans le sanctuaire de la tendresse, comme les icônes byzantines auxquelles sont empruntés les motifs ornementaux.
On a remarqué parmi les productions artistiques de M. Suau de la Croix les plaques composées à la mémoire des victimes du Bazar de la Charité et divers autres plaques, médailles commémorative* de baptême, de première communion et d'anniversaires quelconques, des croix, glaces, bijoux divers, pièces d'orfèvrerie d'or et d'argent, etc. Marié a Mme de Montigny, née de Vincelles, fille du colonel de Vincelles, le comte du Suau de la Croix habita longtemps la Bretagne, où sa femme est alliée aux premières familles du pays, et où il exposa à plusieurs reprises, obtenant notamment un diplôme d'honneur et une première médaille, la plus haute récompense, à Rennes ; il a exposé aussi à Vannes, où lui fut décerné le grand diplôme d'honneur, et à Paris, à la Société des Artistes français Section des Arts décoratifs), en 1898.
Son fils, ancien sous-maître de manège à l'école de cavalerie de Saumur, est aussi arrivé à une grande habileté dans l'art de l'émail, suivant les traces de son père.
M'" Jeanne de Montigny, sa belle-fille et son élève, exposa elle-même des émaux au Salon de 1898, ainsi qu'à l'exposition des Arts de la femme; cette artiste est également une aquarelliste distinguée.

Dictionnaire national des contemporains : contenant les notices des membres de l'Institut de France, du gouvernement et du parlement français, de l'Académie de médecine - Tome 1er C.E. Curinier - Edité en 1919

 6 - CHOUART DES GROSEILLIERS, MÉDARD

CHOUART DES GROSEILLIERS, MÉDARD, explorateur et l'un des fondateurs de la Hudson’s Bay Company ; baptisé le 31 juillet 1618 à l’église paroissiale de Charly-sur-Marne, dans l’ancienne province française de la Brie, non loin de Château-Thierry ; mort en 1696 ( ?).

Il était fils de Médard Chouart et de Marie Poirier, dont on peut encore visiter la ferme, dite « les Groseilliers », sur les bords de la Marne, en face de Charly. On connaît peu la famille ou les débuts de Chouart, sauf qu’en 1647 ses parents demeuraient à Saint-Cyr et qu’il vint très jeune au Canada, peut-être en 1641, après avoir vécu, auparavant, dans la maison « d’une de nos Mères de Tours », d’après Marie de l’Incarnation [V. Guyart], première supérieure des Ursulines à Québec.

En 1646, le jeune homme faisait partie de la mission jésuite de la Huronie dans le comté actuel de Simcoe, en Ontario, peut-être en qualité de donné, c’est-à-dire d’aide laïc, ou, plus probablement, de soldat. La Relation des Jésuites de 1646 mentionne que parmi « ceux qui retournèrent cette année des Hurons furent [...] des grosillers. » Il se peut qu’il ait renseigné mère Marie au sujet des découvertes géographiques faites récemment au delà du pays des Hurons, qu’elle rapporte dans une lettre à son fils, le 10 septembre 1646, mentionnant « une grande mer qui est au delà des Hurons », ce qui veut évidemment dire soit le lac Michigan soit le lac Supérieur.

Peu après son retour, Des Groseilliers (qu’on nomme généralement ainsi dans les documents du temps) épousait une jeune veuve. Les archives de Notre-Dame de Québec signalent, à la date du 3 septembre 1647, qu’il se maria avec Hélène, fille d’Abraham Martin (qui semble avoir donné son nom aux plaines d’Abraham), et veuve de Claude Étienne, Étienne était probablement un parent éloigné de Charles de Saint-Étienne de La Tour, dont on sait qu’il avait projeté à une certaine époque d’explorer la baie d’Hudson avec l’aide financière du major général Edward Gibbons de Boston. En 1653, Des Groseilliers rendit visite à La Tour en Acadie et, par la suite, chercha un appui financier à Boston en vue d’un voyage projeté à la baie d’Hudson. Il se pourrait donc que La Tour ait été à l’origine de la connaissance que Des Groseilliers eut de la baie d’Hudson, de l’intérêt qu’il y porta et des voyages qu’il devait entreprendre par la suite dans cette région et qui aboutirent à la formation de la Hudson’s Bay Company.

Un fils, Médard, naquit en 1651 ( ?) et vécut jusqu’à l’âge mûr. Un autre fils était mort en 1648. Peu après 1650, Hélène mourut également. La seconde femme de Des Groseilliers était aussi une veuve, Marguerite Hayet, qui avait d’abord épousé Jean Véron de Grandmesnil, dont elle avait eu deux fils, Étienne* et Guillaume, et peut être une fille. Elle était fille de Sébastien Hayet et de Madeleine Hénaut, et elle venait de la paroisse Saint-Paul de Paris. Au moment du mariage, elle demeurait à Trois-Rivières dans la maison de Jean Godefroy de Lintot, interprète célèbre dans les annales de l’exploration américaine. Elle avait un demi-frère, Pierre-Esprit Radisson*, explorateur et premier auteur connu d’une description de la région supérieure des Grands Lacs, aussi bien que compagnon de Des Groseilliers au cours de plusieurs expéditions d’exploration.

De l’union de Médard et de Marguerite naquirent : Jean-Baptiste (baptisé le 5 juillet 1654), Marie-Anne (baptisée le 7 août 1657), Marguerite (baptisée le 15 avril 1659) et Marie-Antoinette (baptisée le 8 juin 1661).

Depuis quelques années, la Nouvelle-France était soumise à de cruelles épreuves. Les incursions iroquoises détruisirent la Huronie. Nombre d’habitants des hameaux disséminés le long du Saint-Laurent (notamment Jean Véron) furent massacrés, d’autres furent capturés et moururent torturés. Ces incursions eurent pour résultat la cessation presque complète de la traite des fourrures, jusque-là apportées chaque année de la région située entre le territoire des Hurons et celui des tribus lointaines de l’Ouest, qui elles aussi se voyaient alors chassées de leurs foyers des « pays d’en haut » ou du « pays des Outaouais », comme disaient les habitants de la Nouvelle-France, Comme les fourrures constituaient la seule exportation de quelque importance de la Nouvelle-France, on en vint à se demander si on ne devrait pas abandonner ce pays. Dans cette conjoncture, Des Groseilliers et un compagnon inconnu arrivèrent à la rescousse.

Au printemps de 1653, les Hurons et les Outaouais se rendirent à Trois-Rivières par des voies détournées, pour expliquer leurs ennuis. Ils déclarèrent qu’ils se cachaient des Iroquois dans une région située au delà de la Huronie, qu’ils possédaient un grand stock de pelleteries et qu’ils espéraient descendre l’année suivante en assez grand nombre pour défier les Iroquois,

En 1654, la paix ayant été conclue entre les Français et les Iroquois, les tribus de l’ouest arrivèrent vers la fin de l’été pour apporter des pelleteries. Elles parlèrent d’une « rivière fort spacieuse qui aboutit à une grande mer » au delà de leurs territoires. Il n’en fallait pas davantage à Des Groseilliers. Au départ des Indiens pour rentrer chez eux, il les accompagna avec un autre homme pour arriver à surprendre le secret des cachettes où se tenaient depuis leur exode les indigènes, qui, naguère, pourvoyaient au commerce de la Nouvelle-France.

La plupart des historiens ont supposé que Radisson était le compagnon de Des Groseilliers, mais les faits démentent cette hypothèse. Bien que ce jeune beau-frère prétende dans sa relation de 1669 (qui reste la seule source de renseignements circonstanciés que nous possédions) qu’il accompagna Des Groseilliers, il était trop jeune pour se lancer dans une telle expédition et, en outre, il a été prouvé qu’il se trouvait à Québec pendant la période du voyage, car, le 7 novembre 1655, il signa un acte de vente dans cette ville devant le notaire Audouart.

On ne peut déterminer dans le détail la route que suivirent Des Groseilliers et son compagnon, car la relation française de Radisson s’est perdue : il n’en reste plus qu’une traduction contemporaine, due à un inconnu qui ignorait les conditions dans lesquelles vivaient les aborigènes de l’Amérique du Nord et qui n’améliora certes pas un manuscrit déjà confus et difficile à lire. Toutefois, on peut suivre les explorateurs le long de la route qui devint bientôt celle qu’empruntaient habituellement les trafiquants, car les descriptions qu’a laissées Radisson de nombreux endroits nous permettent de le suivre en amont de l’Outaouais jusqu’au lac Nipissing, le long de la rivière des Français jusqu’à la baie Georgienne et sur le lac Huron, bien qu’il n’existât encore pour ainsi dire aucun nom géographique dans le pays de l’Ouest. Nous pouvons aussi les suivre au sud de la route des trafiquants dans le lac des Hurons, passé la Huronie désertée, et probablement à travers le lac Saint-Clair jusqu’à l’emplacement de Détroit. Au delà du « detroit » qui réunit le lac des Hurons et le lac Érié, il devient plus difficile de suivre leurs traces. Apparemment ils traversèrent la péninsule inférieure du Michigan pour pénétrer dans ce dernier lac, puis en suivre la rive occidentale jusqu’au détroit de Michillimakinac. Le trajet du retour vers Québec est, de nouveau, évident, parce que Radisson savait toujours décrire avec clarté toute région qu’il connaissait bien.

Aux yeux de Des Groseilliers, l’importance de ce voyage tenait à ce qu’il apprenait à connaître la région située à l’ouest et au sud de la baie d’Hudson. Radisson écrit : « Nous n’avons pas fait une découverte complète, en ce que nous n’avons pas été dans la baie du Nord, ne sachant rien que ce qu’en disaient les sauvages Christinos [Cris] ». Fort impressionnés par les nouveaux faits géographiques que rapportaient les deux hommes à leur retour, les Jésuites de la Nouvelle-France y consacrèrent une bonne partie de leur Relation de 1655–1656. Un marchand éminent de la Nouvelle-France, Charles Aubert* de La Chesnaye, se rappelait, plusieurs années après, « deux particuliers qui retournèrent en 1656, chacun [ayant] de 14 à 15 mille livres, et amenèrent avec eux une flotte de sauvages, riches de 100 mille escus ».

Les années allant de 1656 à 1659 apportent de nombreuses précisions sur la carrière de Des Groseilliers. Nous savons quand naquirent ses enfants et qui les baptisa ; nous n’ignorons pas qu’il avait son domicile à Trois-Rivières et que lui-même et sa femme s’enrichissaient. Les archives de la ville, qui ont été conservées, renferment maints documents relatifs à Des Groseilliers et à sa femme. Chicaniers l’un et l’autre, ils paraissaient souvent au tribunal, à la grande satisfaction des historiens et des biographes, sinon des voisins de cette famille typique de pionniers.

Toutefois, à l’été de 1659, les annales judiciaires cessent soudainement de mentionner Des Groseilliers. La raison en est, il va sans dire, qu’il était retourné aux pays d’en haut. Radisson rentrait alors de deux séjours chez les Iroquois (l’un en qualité de prisonnier, l’autre à titre d’attaché à une entreprise missionnaire des Jésuites à Onontagué) et il était alors assez âgé pour accompagner son beau-frère. Les deux hommes se mirent en route en août 1659 pour rentrer l’été suivant.

De nouveau, nous devons compter surtout sur la relation de Radisson de 1669 pour le détail, mais, cette fois, le récit est clair et suivi. Le gouverneur, Pierre de Voyer* d’Argenson, s’opposait à l’expédition à moins qu’un de ses hommes n’accompagnât les explorateurs. Avec son franc-parler habituel, Des Groseilliers déclara que les découvreurs devaient passer avant les gouverneurs, et il s’esquiva sans être remarqué, surtout parce qu’il était capitaine du bourg de Trois-Rivières et qu’il avait les « clés du bourg », selon Radisson.

En amont, sur le Saint-Laurent, ils se rencontrèrent avec des indigènes qui rentraient chez eux et qui les aidèrent à repousser une attaque des Iroquois sur l’Outaouais. Ils empruntèrent la route des trafiquants vers le lac des Hurons, dont ils suivirent la rive septentrionale jusqu’au saut Sainte-Marie, puis ils firent un portage pour contourner ces chutes et ils s’attardèrent le long de la pittoresque rive méridionale du lac Supérieur dont les dunes de sable et les hautes falaises enchantaient le jeune Radisson ; enfin, ils arrivèrent à la large nappe d’eau connue sous le nom de baie Chequamegon, mais qui ne porte aucun nom dans la relation de Radisson. À cet endroit, au delà de la sablière (La Pointe) qui protège la baie contre les vents du Nord-Est et près des îles de l’Apôtre, les Outaouais, les Hurons et les Sauteux chassés de leurs territoires se dirigèrent vers l’intérieur. La région où ils s’installèrent provisoirement est sans doute celle du lac de la Courte-Oreille, ou du lac des Outaouais. Après avoir caché leurs marchandises de traite et construit un abri rudimentaire, les Français se dirigèrent aussi vers ce lac.

L’hiver suivant fut très rude. De fortes chutes de neige empêchaient de tuer du gibier pour se nourrir et la famine menaça les hôtes blancs plus d’une fois. Vers le printemps, les Sioux, habitants habituels d’une grande partie de la région située au sud et à l’ouest du lac Supérieur, envoyèrent des députés porteurs de présents pour inviter les étrangers à leur rendre visite. Mais, auparavant, les Français assistèrent à une grande fête des Morts, que décrit avec fidélité la relation de Radisson, le document le plus ancien que nous possédions sur la culture des « dix-huit différentes nations », qui, dit-il, participèrent aux festivités.

Après quoi, selon Radisson, on passa six semaines chez les Sioux, à peu près inconnus des Blancs jusqu’alors. Le printemps ayant commencé, les deux Blancs retournèrent avec quelques Sauteux à leur cache près de La Pointe, puis traversèrent le lac Supérieur pour en gagner la rive nord.

C’est là que se trouve aujourd’hui la rivière connue surtout sous le nom anglais de Gooseberry, c’est-à-dire Des Groseilliers, qui apparut sous ce nom sur les cartes françaises peu après le passage de Des Groseilliers et qui a tout probablement été nommée ainsi à cause de lui, bien que les cartographes l’aient déplacée selon leur caprice le long de cette rive. Dans ses remarques datées des 8 et 9 juillet 1775 et consignées dans ses Travels & adventures in Canada [...] between the years 1760 and 1776, ed. James Bain (Toronto, 1901), 236, 237, Alexander Henry* appelle encore rivière « des Groseiliers » la rivière aux Pigeons qui, à l’ouest du lac Supérieur, sert aujourd’hui de frontière entre le Canada et les États-Unis.

Bien que Radisson intercale à cet endroit de sa relation un bref récit d’un voyage du lac Supérieur à la baie d’Hudson, il est certain que ce n’est là que pure imagination et que ce passage n’a été inséré en 1669 que pour favoriser ses projets du moment, c’est-à-dire un voyage à la baie d’Hudson financé Par des Londoniens. Il n’aurait pu faire un tel voyage dans le temps qui lui restait en 1660 avant de retourner à Québec. Pendant qu’ils se trouvaient sur la rive nord, les explorateurs rendirent visite aux Cris et apprirent probablement l’existence du Grand-Portage, lieu important dans l’histoire de l’Amérique du Nord en tant que sujet de controverses internationales quant à sa propriété (1783–1842) et parce que c’était là à peu près la seule bonne route pour les canots allant vers l’Ouest (en empruntant la rivière aux Pigeons ainsi que des lacs et des rivières de la frontière actuelle).

Les mois de l’été de 1660 se passèrent à revenir vers le bas Saint-Laurent. Les deux Français étaient accompagnés de plusieurs indigènes et d’une riche moisson de pelleteries. Au Long-Sault, sur l’Outaouais, Radisson décrit les vestiges du massacre de Dollard, qui avait eu lieu quelques semaines plus tôt. Il mentionne que c’est à cet endroit que, au cours d’un voyage précédent, Des Groseilliers avait fait naufrage et perdu son journal. Un document du 22 août 1660 (greffe de Bénigne Basset) indique que Des Groseilliers s’arrêta très peu de temps à Montréal pour conclure un accord commercial avec un des principaux marchands de cette ville, Charles Le Moyne de Longueuil (ce renseignement est tiré du BRH, XX (1914) : 188, qui donne toutefois une date erronée).

Les Jésuites attendaient avec impatience des nouvelles des pays de l’Ouest et ils consignèrent fidèlement dans leur Relation de l’année les entretiens qu’ils eurent avec Des Groseilliers à son retour. Trois membres de leur compagnie, notamment le premier missionnaire chez les Indiens du lac Supérieur, le père René Ménard, et six autres Français, dont cinq trafiquants, s’embarquèrent immédiatement avec les indigènes qui rentraient chez eux. À partir de ce moment-là et jusqu’au jour où les pays d’en haut cessèrent d’être considérés comme faisant partie de l’empire français, il y eut constamment des trafiquants français dans cette région. Louise Phelps Kellogg a identifié ceux qui se rendirent chez les Outaouais en 1660, soit Jean-François Pouteret de Bellecourt, dit Colombier ; Adrien, frère aîné de Louis Jolliet ; Claude David ; le menuisier Pierre Levasseur, dit L’Espérance ; et un nommé Laflèche, probablement parent de l’interprète Jean Richer, de Nipissing.

Des indications dignes de foi permettent d’affirmer que le voyage dans l’Ouest des deux beaux-frères sauva la colonie de la ruine économique, et même en préserva probablement l’existence, mais le gouverneur d’Argenson saisit les pelleteries des explorateurs, leur imposa une amende et, selon Radisson, jeta Des Groseilliers en prison, apparemment parce qu’il était parti sans sa permission. Ce traitement souleva la fureur des deux hommes qui résolurent, pour exécuter leurs projets de traite et d’exploration, de faire appel aux ennemis et aux rivaux de la Nouvelle-France, c’est-à-dire aux Anglais de la Nouvelle-Angleterre ou aux Hollandais de la Nouvelle-Hollande.

Le moment était crucial. Une décision se préparait au sujet de la possession d’une grande partie du continent et du commerce lucratif du castor. Certains, à l’époque, ont, cru que la défection de ces deux hommes décida de l’enjeu. Deux personnes perspicaces, Marie de l’Incarnation et le père Paul Ragueneau, qui fut longtemps supérieur des missions jésuites de la Nouvelle-France et qui avait été précepteur du Grand Condé, disaient d’une façon fort explicite dans les lettres qu’ils envoyaient en France (Marie Guyart de l’Incarnation, Lettres (Richaudeau), II : 293 ; BN, mss, Mélanges Colbert, 125, Ragueneau à Colbert, 7 nov. 1664), que les deux renégats n’étaient pas étrangers à la conquête de la Nouvelle-Hollande par les Anglais en 1664. Ceux-ci déclenchèrent donc une série d’événements qui ne devaient prendre fin qu’à la conquête du Canada par les Anglais en 1763.

Les détails des préparatifs de Des Groseilliers en vue de sa prochaine aventure (vers le pays des Outaouais par la baie d’Hudson) sont assez embrouillés. Accompagné de son beau-frère et de dix voyageurs, il finit par descendre le Saint-Laurent dans un canot d’écorce, à la fin d’avril ou au début de mai 1662, après être rentré l’année précédente d’un voyage en France. Il y avait conclu un marché avec un marchand de La Rochelle, Arnaud Peré (frère de l’explorateur trafiquant Jean Peré dont le nom avait été donné par les Français à la rivière Albany), pour obtenir un navire qui devait le mener à la baie d’Hudson à partir de l’île Percée. Certains incidents (peut-être l’opposition des Jésuites) devaient faire échouer ses projets à l’île Percée et le diriger plutôt vers Boston.

Au Massachusetts, il trouva des hommes consentant à le suivre dans son entreprise et une série de plusieurs voyages à la baie d’Hudson commença. Cependant, par suite des intempéries, du manque d’approvisionnements convenant à une entreprise dans l’Arctique et d’autres obstacles, rien de pratique n’en résulta, même si les gens de la Nouvelle-Angleterre étaient probablement alors plus versés que quiconque dans la connaissance de la région baignée par la baie d’Hudson. Néanmoins, il s’accomplit quelque chose d’utile, car des commissaires (au nombre desquels figurait Sir George Cartwright) du roi d’Angleterre nouvellement rétabli, envoyés pour gagner l’appui des habitants peu commodes de la Nouvelle-Angleterre au nouveau régime de la métropole, firent la connaissance des Français, apprirent leurs projets et les persuadèrent de se rendre à la cour de Charles II. À la suite de leur capture en haute mer par un corsaire hollandais, et d’un atterrissage en Espagne, les deux explorateurs firent un voyage à Londres, Oxford et Windsor, arrivant à temps pour constater les ravages de la peste de 1665 et du Grand Incendie de 1666.

Au cours des trois années suivantes, les projets de Des Groseilliers portèrent leurs fruits, en dépit de nombreuses erreurs et de faux départs, et bien que des aventuriers hollandais et français tentassent de le devancer pour son premier voyage par mer à la baie d’Hudson. Enfin, en 1668, deux petits navires portant les deux beaux-frères partaient de l’Angleterre en direction de la baie. Le bateau de Des Groseilliers, sous les ordres d’un marin de la Nouvelle-Angleterre, Zachariah Gillam,Nonsuch. trouva la route difficile pour pénétrer dans la « Mer du Nord » et jeta l’ancre à l’embouchure d’une rivière, que les Anglais nommèrent Rupert, où ils établirent le fort Charles et passèrent l’hiver. Le voyage de Radisson dans un navire de guerre prêté par le roi échoua et Radisson rentra à Londres pour terminer durant l’hiver la rédaction de sa relation que le roi lui avait commandée au cours d’une audience. Pour la traduction de cet ouvrage, on versa £5 en juin 1669 à un traducteur anonyme qui fut peut-être Nicholas Hayward, plus tard interprète français de la Hudson’s Bay Company. Le manuscrit de l’original français s’est perdu, mais la traduction en a été conservée dans les papiers de Samuel Pepys à la bibliothèque Bodléienne d’Oxford, en Angleterre.

Entre-temps, les bailleurs de fonds anglais des deux Canadiens formèrent une société qui reçut sa charte le 2 mai 1670 (vieux style), et que l’on connaît depuis sous le nom de Hudson’s Bay Company. Comme plusieurs autres associations qui avaient servi antérieurement à l’établissement de colonies anglaises en Amérique du Nord, c’était une société par actions dotée de pouvoirs de gouvernement et de droits territoriaux dans une grande partie du Nord du continent. Elle procéda tout de suite à la création d’établissements et à l’élection d’un gouverneur colonial, qui fut Charles Bayly. Gillam et d’autres commandaient ses navires, qui devaient par la suite assurer des communications presque annuelles entre la baie et la métropole.

De 1670 à 1675, les deux Français, à l’emploi de la nouvelle compagnie, entreprirent des voyages à la baie, fondèrent des postes de traite, surveillèrent les échanges avec les indigènes et se lancèrent dans des voyages d’exploration. Les dirigeants français et canadiens suivaient leur activité avec une appréhension croissante, surtout Talon et Buade de Frontenac, aussi bien que Marie de l’Incarnation et les Jésuites, qui tous écrivaient à Colbert, à des courtisans de France et même à d’autres particuliers pour signaler l’agression anglaise et déplorer le manque de contre-mesures efficaces de la part des Français. Talon tenta d’user de représailles en envoyant Robert Cavelier de La Salle, Jean Peré et Simon-François Daumont de Saint-Lusson vers l’Ouest en 1670 et 1671, puis le père Charles Albanel et Paul Denys* de Saint-Simon à la baie d’Hudson en 1671. Frontenac était encore plus décidé à distancer les Anglais. Sa réplique prit la forme du voyage de Louis Jolliet au Mississipi en 1673 et ceux de La Salle et du père Hennepin* sur le même fleuve les années suivantes.

La nouvelle compagnie anglaise tenta de faire fonder par Radisson une colonie sur la côte ouest de la baie d’Hudson à l’embouchure de la rivière Bourbon (Nelson), mais sans succès, ainsi que le révèle le journal de Thomas Gorst, sorte de subrécargue à bord du navire de Des Groseilliers cette année-là (1670–1671). Néanmoins, la tentative devait se révéler utile quelques années plus tard, lorsqu’on s’efforça vraiment, vers la fin de la décennie de 1680, de concilier les prétentions territoriales rivales de la France et de l’Angleterre au sujet de la baie d’Hudson. Chaque partie tenta alors de fournir des preuves concluantes que ses explorateurs ou trafiquants étaient arrives les premiers dans diverses parties de cette région. Le traité du 16 novembre 1686 décrétait une année de neutralité afin de permettre aux deux parties de réunir les informations nécessaires pour que les deux commissaires désignés à cette fin arbitrent le différend (Transactions betweene England and France relateing to Hudsons Bay, 1687, RAC, 1883, note C, 172–201). On signale à l’attention des commissaires le nom et les voyages, ou prétendus voyages, de nombreuses personnes. On invoqua les aventures nord-américaines de Radisson, de Des Groseilliers, du père Albanel, de Saint-Simon, de Jean Bourdon, de Guillaume Couture*, des deux frères Jolliet, de Le Moyne* d’Iberville et d’autres, à l’appui des droits que la France faisait valoir sur certaines parties de la région de la baie d’Hudson. De son côté, la Hudson’s Bay Company présenta les dossiers des deux Français, de ses capitaines de navires et d’explorateurs encore plus anciens qui avaient agi à l’ombre du drapeau anglais pendant la première moitié du siècle. L’année de neutralité n’avait pas pris fin que la « Glorieuse Révolution » se produisait en Angleterre, avec, comme conséquence, la guerre entre les deux pays, au lieu de la ligne de démarcation qui était presque arrêtée (on parlait du 4ge parallèle) entre la Nouvelle-France et les possessions anglaises situées au nord.

En 1676, Des Groseilliers et Radisson revinrent au Canada après un séjour d’un an en France, où ils s’en étaient allés après avoir été persuadés de retourner à l’allégeance française par le père Albanel, pendant qu’il était détenu en Angleterre par la Hudsons Bay Company après son voyage de 1674 à la baie d’Hudson, où il avait été capturé par les Anglais. Au début des années 80, les deux Français se lançaient dans une autre aventure à la baie d’Hudson, cette fois au service d’une compagnie canadienne, la Compagnie du Nord, formée sous la direction d’Aubert de La Chesnaye.

La Chesnaye était un Canadien qui réunissait en sa personne connaissances, richesse, influence et résolution à un degré inusité. Il était convaincu que le salut du commerce canadien serait assuré par l’activité maritime et par l’augmentation du nombre de peaux de castor qu’on se procurerait, surtout sur la côte ouest de la baie d’Hudson et au delà. À Paris, en 1681, il entra en contact avec Radisson et jeta avec lui les bases d’une action future en proposant la création d’une compagnie canadienne de traite des fourrures. Il intéressa Colbert qui, secrètement, accorda en 1682 une charte sous le nom de la « Compagnie de la baie d’Hudson » (Compagnie du Nord). Toutefois, le projet ne reçut pas la sanction officielle, ce qui fut cause de confusion et de malentendus au Canada, où Frontenac refusa un permis à Aubert de La Chesnaye lorsque celui-ci revint au pays avec Radisson, en 1682. Il finit par obtenir un permis de pêche sur les côtes d’Anticosti, du gouverneur qui devait être bientôt rappelé en France pour être remplacé par Le Febvre de La Barre.

En réalité, La Chesnaye projetait de pénétrer dans le pays du castor à l’endroit, situé à l’embouchure des rivières Bourbon et Hayes (Sainte-Thérèse), où Radisson avait tenté de fonder une colonie en 1670. Par malheur pour les Canadiens, la même année (1682) la Hudson’s Bay Company reprenait son plan primitif. Benjamin Gillam*, de Boston, et le fils du capitaine Zachariah Gillam préparaient une aventure interlope au même endroit. En conséquence, au mois de septembre 1682, trois groupes distincts y parurent et il s’agissait de savoir lequel y était arrivé le premier ou pouvait damer le pion aux autres. Par la suite, chaque groupe réclama la priorité d’occupation et, à lire les nombreux récits de ce qui, en somme, fut une guerre de guérilla dans la baie, il est maintenant impossible de juger qui avait raison. L’expérience et la connaissance du mode de vie des pays sauvages que possédaient les Canadiens firent bientôt pencher la balance en leur faveur et ils sortirent de l’aventure apparemment victorieux, faisant prisonniers presque tous les autres, notamment John Bridgar, gouverneur récemment nommé de la nouvelle colonie anglaise, prenant ses pelleteries et brûlant son fort. Toutefois, la compagnie canadienne, parce qu’elle cherchait à éviter de verser le quart sur les pelleteries au fermier général à Québec, donna lieu à un décret officiel qui fit partir la plupart des participants canadiens, notamment Des Groseilliers et Radisson, pour la France afin d’y faire juger l’affaire.

À Paris, Colbert venait de mourir, et ils apprirent qu’une plainte avait été déposée contre eux par la compagnie anglaise, dont le gouverneur était le duc Jacques d’York, frère du roi et homme que les Français ne pouvaient traiter à la légère, car il restait leur seul espoir de ramener l’Angleterre au catholicisme. De l’intrigue qui s’ensuivit entre un envoyé particulier de la cour d’Angleterre, son espion, les ministres de Louis XIV et d’autres, le résultat fut que Des Groseilliers rentra chez lui au Canada et que Radisson retourna à la baie en 1684, au service de la compagnie dont il venait de piller le poste et les pelleteries.

À la baie, il obtint par ruse de son neveu, Jean-Baptiste Chouart, qu’il cédât le poste et les fourrures que le jeune homme protégeait pendant l’absence de son père et de son oncle. Radisson le transporta en Angleterre avec ses compagnons la même année, puis les prit au service de la compagnie et les ramena à la baie lors de son voyage subséquent, en 1685. Certains considèrent que le fils de Des Groseilliers a été le premier Blanc à explorer fort avant à l’intérieur de l’arrière-territoire de Port Nelson, même avant Henry Kelsey*. Il n’est pas certain qu’il l’ait fait et, s’il a pénétré à l’intérieur des terres, on ne sait s’il agissait pour le compte de la compagnie ou s’il voulait réaliser un projet conçu par Daniel Greysolon* Dulhut et d’autres Canadiens qui cherchaient à le ramener en Nouvelle-France en passant par le poste de Dulhut sur le lac Nipigon. En tout cas, il resta à la baie jusqu’en 1689, puis rentra à Londres où l’on ne sait plus rien de sa carrière subséquente.

On ne connaît pas davantage le sort de Chouart l’aîné. Il rejeta une offre de la compagnie de rentrer à son service et il revint en Nouvelle-France à un certain moment entre avril et novembre 1684. Où et quand se termina sa carrière aventureuse, voilà qui reste incertain. Dans les années 90, Radisson, encore au service de la compagnie à Londres, déclarait que son beau-frère était mort à la baie. Toutefois, la date qu’il indique, c’est-à-dire vers 1683, est à rejeter parce que nous savons que Des Groseilliers a vécu au delà de cette année. D’autres indications vagues font penser à Sorel et à 1696, quant au lieu et à l’époque approximative de sa mort. Mais ni l’une ni l’autre de ces conjectures ne s’appuient sur des preuves. Une Marguerite Des Groseilliers fut inhumée à Trois-Rivières en 1711, mais on ne peut savoir au juste s’il s’agissait de sa femme ou de sa fille.

Des Groseilliers n’a pas eu seulement une carrière aventureuse et romanesque. Son audace le conduisit à des explorations qui avaient une importance vitale pour les prétentions territoriales de la France et de l’Angleterre en Amérique du Nord. Son intelligence lui permit de voir rapidement et nettement que la route la plus facile et la plus courte vers la région du continent la plus riche en pelleteries n’était pas la voie ardue, dangereuse et lente des canots d’écorce à travers les Grands Lacs et le long du Grand-Portage et de la voie d’eau du lac des Bois, mais à travers la baie d’Hudson dans des navires portant de grosses cargaisons rapidement et aisément jusqu’au cœur même du continent. En outre, il avait assez d’adresse, d’un côté, pour apaiser la crainte que le Blanc inspirait à l’Indien et, de l’autre, pour persuader le monde officiel et les hommes d’affaires européens de réaliser ses idées dans la pratique. La Hudson’s Bay Company continue, de nos jours encore, à démontrer la justesse de ce raisonnement.

Grace Lee Nute

Pour les sources manuscrites, V. Nute, Caesars of the wilderness, 359–363,— Coll. de manuscrits relatifs à la Nouv.-France, I : 245–261,— Marie Guyart de l’Incarnation, Lettres (Richaudeau), I : 292 ; II : 67, 447s,— HBRS, V, VIII, IX (Rich) ; XI, XX (Rich and Johnson) ; XXI, XXII (Rich),— JR (Thwaites), XXVIII : 229 ; XL : 219–221, 235–237, 296 note 11 ; XLIII : 155–157 et passim,— Radisson, Voyages (Scull), 123–134, 172, 174s., 209–217 ; The explorations of Pierre Esprit Radisson from the original manuscript in the Bodleian Library and the British Museum, ed. A. T. Adams (Minneapolis, 1961), une édition récente des Voyages, qui présente une nouvelle théorie pour expliquer les divergences,— J. B. Brebner, The explorers of North America 1492–1806 (New York, 1955),— L. P. Kellogg, The French régime in Wisconsin and the Northwest (Madison, Wisc., 1925). 114s,— Nute, Caesars of the wilderness.

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 7 - DURANT de MAREUIL et de SAINT-ANDRÉ

Armes du rameau de Mareuil (d'après le réglement d'armoiries de 1815) : vairé d'or et d'azur.
— Armes du rameau de Saint-André (d'après le réglement d'armoiries de 1847) : coupé : au 1 vairé d'or et d'azur ; au 2 de sable à un sautoir d'argent.
— Jean Durant, notaire royal à Epernay, eut son blason enregistré d'office à l'Armoriai général de 1696 : d'azur à une fasce d'or accompagnée de trois rochers d'argent.
On trouvera dans les Dossiers bleus un intéressant tableau généalogique de la famille DURANT DE MAREUIL ET DE SAINT-ANDRÉ. On trouvera les derniers degrés de la filiation dans les ouvrages du vicomte Révérend.
Le tableau conservé dans les Dossiers bleus fait remonter la filiation à Pierre Durant, né dans le Perche, qui était en 1580 procureur au Châtelet de Paris.
Pierre Durant laissa trois fils dont les deux aînés, Gilles et Gabriel, furent les auteurs de deux branches et dont le plus jeune était notaire à Paris en 1594.
La branche aînée ne tarda pas à s'éteindre. Son auteur, Gilles Durant, fut procureur au Châtelet. Il fut proscrit comme ligueur après la prise de Paris par le roi Henri IV.
Son fils, Gilles Durant, sieur de la Berquerie, avocat, poète licencieux, fut un ami de Jean de Bonnefont, dont il traduisit le Pancharis. Il fut rompu en place de Grève à cause d'un pamphlet qu'il avait fait contre le cardinal de Richelieu, ll ne paraît pas avoir laissé de postérité.
La seconde branche s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Son auteur, Gabriel Durant, procureur au Parlement de Paris, marié à Nicole le Vasseur, eut, entre autres enfants, un fils, Pierre, né à Paris en 1619, dont il va être parlé, et une fille, Marguerite, qui aurait épousé Henri de Bullion, marquis de Courcy 1. Pierre Durant se fixa à Epernay, en Champagne, après le mariage qu'il contracta, en 1655, avec Anne Lempereur, fille d'un procureur du Roi en l'élection et au grenier à sel de cette ville. Il fut commis général à la recette et à la direction des aides de l'élection d'Epernay. Il laissa deux fils :

1 Cette altiance n'est mentionnée dans ancune généalogie de l'Illustre maison de Bullion. Henri de Bullion, sgr de Courcy, décédé le 1S août 1038, avait épousé Marie Eustache, décédée en février 1658. Leur fils, autre Henri de Bullion, créé marquis de Courcy par lettres de 1681, avait épousé Madeleine de Vassan.

1° Isaac-Augustin Durant, né à Epernay en 1660, greffier au bailliage et prévôté de cette ville, piqueur au vol dans la grande fauconnerie, décédé à Ay en 1715, qui continua la lignée;
2° Jean Durant, né en 1667, notaire à Epernay, décédé en 1707, dont le fils,
Pierre-Jean Durant, né en 1703, fut directeur des fermes en Alsace.
Isaac-Augustin Durant, avait épousé Marie Horgelin.
Il fut père d'Isaac-Augustin Durant, sieur du Vivier-le-Comte, né à Ay en 1693, lieutenant de la prévôté de l'Hôtel, échanson de la duchesse douairière d'Orléans, décédé à Ay en 1753, qui épousa en 1721 Marie Billecard, et grandpère d'André-Anne Durant, sieur de Saint-André, né en 1729, contrôleur à Troyes, qui épousa Marie-Julie Challaye.
Deux des fils de celui-ci, Joseph-Alexandre-Jacques Durant, né à Paris le 6 novembre 1769, et Esprit-André Durant, né à Paris le 19 mai 1777, furent les auteurs de deux rameaux actuellement existants qui se distinguent par les surnoms terriens de Mareuil et de Saint-André.
Le premier rameau ne doit pas étre confondu avec la famille Boula de Mareuil dont Ie chef porte également le titre de comte de Mareuil.
Son auteur, Joseph-Jacques-Alexandre Durant, ministre plénipotentiaire à Dresde, puis à Naples, fut créé baron de l'Empire, sous le nom de : DURANT DE MAREUIL, par lettres patentes du 24 février 1809, avec institution de majorat. Il fut dans la suite
député de la Marne en 1813,
conseiller d'Etat en 1816,
ministre de France à la Haye,
ambassadeur à Rome, puis à Naples,
pair de France en 1834 et commandeur de la Légion d'honneur et mourut à Ay en 1885. Il avait été anobli par ordonnance du roi Louis XVIII du 6 janvier 1818, avait été confirmé dans la possession héréditaire de son titre de baron par lettres patentes du même prince du 3 février suivant, avait été autorisé, par ordonnance du 24 août 1815, à joindre régulièrement à son nom celui de : DE MAREUIL et avait, enfin, reçu le titre héréditaire de comte par lettres patentes du roi Louis-Philippe du 14 avril 1846. Il avait épousé à Stuttgart en 1810 Christine-Caroline de Schott, décédée à Ay en 1881.
Leur fils, Jean-Joseph Durant, comte de Mareuil, né eu 1813,
ministre plénipotentiaire,
conseiller général de la Marne,
décédé en 1897, a laissé deux fils de son mariage, en 1847, avec Mlle Garcia d'Almeida. Le second de ceux-ci, le colonel de Mareuil, a épousé Mlle de Vatry dont il a plusieurs enfants.
L'auteur du second rameau, Esprit-André Durant, consul général de France, officier de la Légion d'honneur, décédé en 1860, reçut le titre héréditaire de baron par lettres patentes du roi Louis-Philippe du 25 octobre 1847 et fut autorisé, par décret impérial du 26 août 1859, à joindre régulièrement à son nom celui de : DE SAINT-ANDRÉ,
ll avait épousé vers 1820 Alexandrine Delacroix.
Il en laissa trois fils qui ont tous eu postérité masculine.
II eut aussi trois filles dont la plus jeune, Sopliie-Félicie, née en 1817, décédée en 1881, fut chanoinesse du chapitre de Sainte-Anne de Bavière. Un représentant de ce rameau a été tué à l'ennemi en 1914.
Principales alliances : de Schott 1810, Dannery 1889 et vers 1830, Albrecht, Hennessy, Garcia d'Almeïda, Bourdon de Vatry 1884, du Pontavice 1891, Michel de Grilleau 1860, le Mouton de Boisdeffre 1887, Passerat de Silans 1912, Grout de Beaufort, 1912, etc.

Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle - Tome 15


 8 - EVOLUTION DU CANADA DE 1667 A NOS JOURS

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 9 - Ma visite au Manoir de CARNOET



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Pour trouver ce manoir dans la forêt de Carnoët il faut faire des kilomètres, en plein milieu des bois aucune indication.

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En plus je l'avais situé sur Google Earth 47°50'14.31N 3° 32'21.43 O, je l'ai d'abord cherché du mauvais coté de la rivière, retour à Quimperlé, route départementale, chemin forestier et marche a pieds.

Au détour d'un chemin des ruines de l'ancien château DSC_0126.JPG


Puis enfin le Manoir de Carnoët, La maison de mon arrière Grand Mère Madeleine Dannery, a ce moment j'ai eu un drôle de sentiment j'étais sur les traces de mes ancêtres pas de la généalogie des noms des dates des anecdotes mais de la pierre une maison un décor ou je vois évoluer mes personnages autour de cette bâtisse.

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Le mariage de Marguerite avec tous les invites comme dans le courrier de René à son oncle en Algérie.......

La rivière s'écoule lentement en bas du jardin l'endroit est calme et propice au repos.

J'imagine Louis Cuny en visite qui courtise Madeleine dans le jardin. Il devait venir en train de Lorient jusqu'à la gare de Quimperlé.

La maison est vide mais bien entretenue, elle n'est plus à la famille le nouveau propriétaire fait refaire le toit, il y a l'électricité maintenant, une belle cloche est sur le portail, je l'ai fait sonner mais il n'y a personne la maison est vide.

Je fais quelques photos et je remonte la côte et je pense au chevaux qui ne voulaient pas la monter lors du mariage de Marguerite.

J'ai découvert une autre facette de mes racines.


DIVERS: Demeure de notable dite manoir de Carnoët (ou la maison du passage) à Quimperlé (29)
Catégorie : Demeure
aire d'étude : Quimperlé
lieu-dit : Carnoët
parties constituantes : jardin ; jardin d'hiver ; portail ; communs
époque de construction : 2e quart 19e siècle ; 3e quart 19e siècle
auteur(s) : maître d'oeuvre inconnu
personnalité(s) : Dannery André baron (commanditaire)
Ruinart de Brimont (commanditaire)
historique : La propriété s'élève sur un terrain qui faisait partie de l'ancienne résidence ducale du 13e siècle dont subsistent des vestiges (voir dossier Carnoët : château), à proximité d'une construction désignée comme maison du passage sur le cadastre de 1824, peut-être l'habitation du passeur qui assurait la traversée de la Laïta. De ce passage très fréquenté jusqu'au 19e siècle subsistent les vestiges d'une cale maçonnée. Les terrains appartiennent peu avant 1870 au baron André Dannery (1832-1887), conseiller municipal de Quimperlé, qui fait exhausser le sol en bordure de rivière pour construire un mur de soutènement, en prolongement d'un mur ancien, sans doute médiéval, qui longe l'ancien chemin de halage tombé en désuétude. En 1877, il obtient l'autorisation de construire une tourelle ornementale de quatre mètres de haut (toujours en place), sans doute un remploi d'éléments provenant de l'ancien château, tout comme la colonne élevée à proximité, vestige d'une grande salle. Dannery fait également bâtir vers 1870 le logis actuel dont une cheminée porte les armoiries Dannery et Ruinart de Brimont. L'abri aménagé sous le jardin d' hiver, sans doute ajoutée à la fin du 19e ou au début du 20e siècle, est couvert d'un plafond de type entrevous en berceaux segmentaires en fer et briques ; ces briques, estampillées Kerolé-Lorient, proviennent de l'établissement Moulin à Ploemeur (Morbihan) dont la production porte, entre 1893 et 1926, la marque figurant un moulin à vent. Les allèges des fenêtres sont en appareil de briques portant le monogramme E. P. Les communs situés à l'est (logement, étable à chevaux) sont contemporains du logis. description : Le gros-oeuvre, à l'origine couvert d'un enduit, est en moellon de schiste et de granite. La travée centrale est accentuée par un faux avant-corps à pignon. Les chaînages d'angle, souches de cheminée, encadrements et appuis des baies sont en appareil alterné de brique et de granite. La partie est, composée d'un sous-sol (chaufferie, cave, cuisine, monte-charge) est accessible depuis la cour et le pignon ; la partie ouest est directement construite sur le rocher qui affleure. Un jardin d'hiver se greffe sur la partie centrale du rez-de-chaussée et s'ouvre sur une grande pièce centrale double en hauteur de type hall et à usage de vestibule ; un escalier suspendu en châtaignier dessert l'appartement ouest du premier étage. Le décor floral peint du plafond à caissons a disparu. La cheminée monumentale est en kersantite. Les huisseries et les lambris d' appui sont en pitchpin. Cette pièce centrale, éclairée au nord par une grande baie dont le vitrail a disparu, dessert, à l'ouest, des pièces de réception, à l'est une salle à manger (avec cheminée sous-baie) qui jouxte l'actuelle cuisine. La partie est du bâtiment possède une distribution indépendante assurée par un escalier tournant en pitchpin et châtaignier qui dessert caves, cuisine, chambres et greniers. L'étage de comble abrite, outres des greniers, deux vastes pièces ouvertes sous charpente ; celle située au nord, éclairée par une grande baie, servait d'atelier. gros-oeuvre : schiste ; granite ; moellon ; brique et pierre à assises alternées ; kersantite couverture (matériau) : ardoise
étages : étage de soubassement ; rez-de-chaussée surélevé ; 1 étage carré ; étage de comble décor : sculpture
représentation : armoiries
Les armoiries Dannery et Ruinart de Brimont figurent sur le manteau de la cheminée de la pièce centrale du rez-de-chaussée.
couverture (type) : toit à longs pans ; noue ; pignon couvert
escaliers : escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour, en charpente, cage ouverte
typologie : Demeure de plan allongé. Type ternaire. Logis à sept pièces par étage. Niveaux décalés. Cheminée-fenêtre. Style néo-gothique.
propriété privée
date protection MH : édifice non protégé MH
observations : Cette demeure aux allures de grande maison bourgeoise, construite pour le baron André Dannery vers 1870 d'après les plans d'un architecte non identifié, s'élève dans un site privilégié qui, riche en vestiges historiques, est à l'origine du choix d'un commanditaire passionné d'archéologie. Le plan qui sépare pièces de réception et appartements des maîtres de maison des pièces de service et des chambres d'enfants et de domestiques et qui réserve au hall central couvert d'un plafond à caissons une fonction à la fois utilitaire et d'apparat, est sans égal dans les environs de Quimperlé. Il présente toutefois quelques analogies avec Kerbertrand, demeure contemporaine construite pour la famille de Mauduit (même commune). Il est possible que le chapiteau à corbeille ornée de crochets feuillagés découvert dans les décombres du château du 13e siècle ruiné ait servi de modèle aux piédroits de la grande cheminée dont le matériau, la kersantite sombre en provenance de la rade de Brest, permet une sculpture fine. En absence d'autres exemples connus, la présence de briques estampillées Kerolé produites par une des plus grandes briqueteries du Morbihan, mérite une mention particulière.
type d'étude : inventaire topographique
date d'enquête : 2001
rédacteur(s) : Douard Christel
N° notice : IA29000541
(c) Inventaire général, 2001
crédits photo : Bègne, Bernard ; Boden, A. - © Inventaire général, ADAGP, 2002


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 10 - La plantation des MARIGNY


Vue d'ensemble Emplacement Date de Construit / Fondée Noms de famille associé Notes historiques Les lieux de travail des esclaves associés Des personnes associées gratuit Associés personnes réduites en esclavage Directeurs de recherche et des registres des plantations Informations diverses Références Les utilisateurs des recherches sur ce milieu de travail

Vue d'ensemble

Emplacement

Orléans Pa., LA

Date de Construit / Fondée

pas déterminé

Noms de famille associé

de Marigny

Notes historiques

aucun

Les lieux de travail des esclaves associés

aucun

Des personnes associées gratuit

    Pierre Philippe Enguerrand de Marigny (b.1751-d.1800) - propriétaire
    Jeanne Marie-de-Beaupré d'Estrahan de Marigny (b.1753-d.1798) - Épouse de Pierre de Marigny PE (m.1771)
    Antoine de Marigny (b.1773-d.?) - Fille de Pierre et Jeanne PE MBE de Marigny
    Eulalie de Mandeville de Marigny (b.1775-d.?) - Fille de Pierre et Jeanne PE MBE de Marigny
    Jean de Marigny (b.1781-d.?) - Fille de Pierre et Jeanne PE MBE de Marigny
    Marie Cleste Philippe de Marigny (b.1783-d.1826) - fille de Pierre et Jeanne PE MBE de Marigny
    Marie-Antoinette de Mandeville de Marigny (b.1787-d.1799) - fille de Pierre et Jeanne PE MBE de Marigny

Bernard de Mandeville Xavir de Marigny (b.1785-d.1868) - fils de Pierre et Jeanne PE MBE de Marigny

    Marie Anne Jones de Marigny (b.1787-d.1808) - première épouse de Bernard de Mandeville Xavir de Marigny (m.1804)
    Prosper François Antoine Pierre Philipppe Marigny (b.1805-d.1835) - fils de Bernard et Marie XM AJ de Marigny
    Gustave Adolphe Marigny (b.1808-d.1830) - fils de Bernard et Marie XM AJ de Marigny
    Anne Mathilde morale de Marigny (b.1789-d.?) - La seconde épouse de Bernard de Marigny XM (m.1810)
    Antoine Jacques de Marigny (b.1811-d.1890) - fils de Bernard et Anne XM MM de Marigny
    Rosa de Marigny (b.1814-d.1866) - la fille de Bernard et Anne XM MM de Marigny
    Marie Joséphine Angela de Marigny (b.1817-d.1856) - la fille de Bernard et Anne XM MM de Marigny
    Armand de Marigny (b.1819-d.?) - Fils de Bernard et Anne XM MM de Marigny
    Mathilde de Marigny (b.1820-d.?) - La fille de Bernard et Anne XM MM de Marigny

Associés personnes réduites en esclavage

1773 esclaves achetés et vendus par Philippe Marigny

Acheté de Francisco Cheval, 14/12/1773

    Gil - de sexe masculin, âge de 12 ans
    Juan Pedro - mâle, 35 ans

1805-1817 esclaves achetés et vendus par Bernard de Marigny XM

De l'histoire afro-Louisiane et la base de données de généalogie

Vendu en 1805

Chalinette - femme, 27 ans; à Alexi Bougui nègre libre, 31/12/1805

Acheté en 1807

Jean - mâle, dans le Maryland, 27 ans; de Pierre Hubert, 04/03/1807

Vendu en 1808

    Acara - mâle, adulte; charretier, charretier; à Pierre Boutiny, 08/09/1808
    Auguste - mâle, adulte, l'homme pioche; à Louis Dupui, 06/09/1808; acheteur est actuellement à Chapitoulas
    Augustin - mâle, adulte; Carter; à Charles (homme de couleur libre) Laveaux, 31/08/1808
    Bastien - mâle, 55 ans; à Valentin Favre, 10/08/1808
    Canga - mâle, Kanga, adulte; prendre l'homme hache; à Charles Jumonville, 13/10/1808
    Celie - femme, mulâtre, âgé de 28 ans; à John Lynd, 01/09/1808
    Charles - de sexe masculin, mulâtre, âgé de 32 ans; à Antoine Bienvenu, 22/06/1808; emballement "marron"
    Comba - femme, adulte, la femme pioche; à Jean Harpin, 10/09/1808
    Edouard - de sexe masculin, 13 ans; charretier, charretier; à Michel Magniol, 06/09/1808
    Goumer - mâle, adulte; charretier, charretier; à Charles (homme de couleur libre) Dupart, 03/09/1808
    Hélène - femme, adulte; à Colas (homme de couleur libre) Mandeville, 9-10-1808
    Honoré - mâle, mulâtre, adultes; maçon; à Achille (homme de couleur libre) Robin, 06/12/1808

Vendu à François Dupart, 06/07/1808

    Agnès - femelle
    Alexis - mâle
    Antoine - mâle
    Augustne - mâle
    Colas - Grands hommes
    Hilaire - mâle
    Jacob - mâle
    Jacques - mâle
    Jean-Baptiste - mâle
    Jean-Louis - mâle

Vendu à Louis Livaudais, 27/08/1808

Ceci est un groupe de 14 esclaves. Prix ​​total est p13, 290. Acheté de Jacques Livaudais plus tard 31/08/1808.

    Babet - femme, adulte
    2 enfants
    30 âge de la mère
    Casimir - mulâtre mâle, rouge, enfant

Celie - femme, mulâtre, adulte

    mère
    Charlotte - mulâtre femme, rouge, enfant
    mère
    Euphrosine - femme, mulâtre rouge, l'enfant

Firmin - mâle

Françoise - femme, adulte, 1 enfant de sexe masculin

Joachim - mâle, adulte

Vendu à Charles (homme de couleur libre) Laveaux, 31/08/1808

Emilie - femme, adulte

Vendu à Hélène Guinault, 01/09/1808

    mère
    Duguay - mulâtre mâle, rouge, enfant
    Gothon - femme, adulte
    1 fils

Vendu à Paul et sa femme (personne de couleur libre) Cheval, 01/09/1808

    Neptune
    Jeannette - épouse de Neptune; femme, adulte

Vendu à François Girod, 03/09/1808

Henri - mâle, adulte; charretier, charretier, gestionnaire / pilote

Vendu à Alexis Jean (homme de couleur libre) Bouqui, 05/09/1808

    Diaca - femme, adulte
    Georges - mâle, adulte, l'homme pioche; emballement "marron"

Vendu à Joseph Castanedo, 21/09/1808

Eugène - mâle, adulte; emballement "marron"

Vendu à Pierre Robin delogny, 03/05/1809

    François dit Toto - mâle
    Lafille - femelle

Acheté de Jean Saint-Avid, 27/10/1809

    Louis - de sexe masculin, grif, 23 ans; vendeur a acquis l'esclave dans le Norfolk en Virginie
    George - fils de Louis, homme mulâtre, rouge, 10 ans; vendeur a acquis l'esclave dans le Norfolk en Virginie

Acheté en 1810

    Blaise - mâle, âgé de 22 ans; de Joseph Corutesse, 13/04/1810
    Bouanir - mâle, âgé de 22 ans; de Joseph Bayle, 25/08/1810
    Casimire - mâle, 20 ans; de François Boutin, 17/05/1810
    Edouard - mâle, créole louisianais, 20 ans; de Madelaine Hardy, 17/07/1810
    Figaro - mâle, 25 ans; de Jérôme Marisau, 23/04/1810; esclave acquis par le vendeur à Cuba
    François - de sexe masculin, âgé de 26 ans; de Baptiste Hardy, 31/07/1810
    Gabriel - de sexe masculin, 20 ans; de Jean Baptiste D. Charpentier, 06/10/1810
    Lindor - mâle, âgé de 22 ans; de Paul / François Lanisee / Benetand, 30/07/1810
    Louis - de sexe masculin, Saint-Domingue, 19 ans; de Modeste Bordier (femme libre de couleur), 09/07/1810

Vendu en 1810

Jean-Louis - de sexe masculin, 20 ans, à Louis Desalles, 06/10/1810

Acheté de Nicolas Gronlier, 14/04/1810

David - mâle, dans le Maryland, 23 ans

Acheté de Jean-Baptiste Soubie, 28/09/1810

    Charles - de sexe masculin, 25 ans
    George Lamour dit - de sexe masculin, âgé de 21 ans
    Joseph - de sexe masculin, âge de 20 ans

Vendu à Charles Olivier (Saint-Martin), 11/03/1811

    Dimba - mâle, Fulbe / pular, âge de 30 ans
    Dollar - masculine, âge de 30 ans; esclave répertoriés comme étant de la Françaises Iles
    Felix - de sexe masculin, 30 ans; esclave répertoriés comme étant de la Françaises Iles
    Figaro - mâle, 30 ans; esclave répertoriés comme étant de la Françaises Iles; revendue à Bernard XM Marigny 14/03/1811
    Gotte - femme, 32 ans; esclave répertoriés comme étant de la Francaises Iles
    Gros Pierre - de sexe masculin, 40 ans; esclave répertoriés comme étant de la Francaises Iles
    John - de sexe masculin, 30 ans; esclave répertoriés comme étant de la Francaises Iles

Acheté de Robert Cane, 23/04/1812

George - de sexe masculin, âge de 40 ans

Acheté à Félicité Fangui Bosque Vve, 16/12/1812

hypothèque de 8 esclaves au total 5 à la Nouvelle-Orléans 3 à Saint-Martin et 2 plantations à Saint-Martin sur le Teche Bayou 6 x 40 arpents chaque

    Adele - femme, 14 ans
    Charles - de sexe masculin, mulâtre
    Constance - femme, 40 ans
    1 fils, 1 dau.

Acheté en 1813

    26 ans et mère
    Adeline - femelle, 5 ans; de Francis Ayme, 17/06/1813
    Ivaline - femelle, 3 ans
    Ceres - Femme, 20 ans; de Pierre Isaac Blois, 28/09/1830
    Cyprien - de sexe masculin, âgé de 24 ans; de créanciers de Anfoux Michel, 19/08/1813

Acheté par les créanciers de Anfoux Michel, 19/08/1813 (même groupe que celles achetées à Jacques et Jean Monlon & Bourgoin, 01/03/1814)

    25 ans mère
    Hélène - femelle
    Jason - mâle, 40 ans, gestionnaire / pilote
    Jean-Louis - fils de Jason; pioche et la pelle

Acheté de François Labrouche Dusin 27/08/1813

Celeste - femme, mulâtre, âgé de 24 ans

Acheté de François Dupuy, 14/09/1813

    Azor - mâle, âgé de 26 ans
    Cahrlot - mâle, âge de 30 ans
    Dominique - mâle, 18 ans
    Genie - femme, 24 ans
    Gouman - mâle, âgé de 22 ans
    Jean - de sexe masculin, âgé de 28 ans
    Jeannot - mâle, 25 ans
    Julien - de sexe masculin, âge de 17 ans

Acheté en 1814

    Ciprien - mâle, âgé de 24 ans; de Jacques Monlon, 28/03/1814
    Colas - mâle, adulte, Carter, charretier; de créanciers de Pierre Misotiere, 18/02/1814

Acheté par les créanciers de Michel Anfoux, 13/06/1814

    25 ans mère
    Hélène - femelle

Acheté de Le Chevalier / Louis B Macarty, 13/03/1816

    Ally - mâle, âge de 30 ans
    Annette - femme, 30 ans
    Apollon - mâle, adulte
    Athalita - mâle, âge de 30 ans
    Augustin - de sexe masculin, 35 ans
    Azor - mâle, âge de 50 ans
    Baptiste - de sexe masculin, âge de 50 ans
    Barthélemy - mâle, âge de 40 ans
    Brutus - mâle, 35 ans
    Caledon - mâle, 35 ans
    Campze - mâle, 35 ans
    Candide - de sexe masculin, 35 ans
    Capitaine - mâle, âge de 40 ans
    Cartouche - de sexe masculin, âge de 10 ans
    Catiche - femme, 13 ans
    Ciprien - mâle, âgé de 22 ans
    Clymène - femme, 50 ans
    Constance - femme, 60 ans
    Cook - mâle, âge de 30 ans
    Corcou - mâle, âge de 30 ans
    Dédale - mâle, âge de 30 ans
    Démocrite - mâle, âge de 30 ans
    Eola - mâle, âge de 30 ans
    Etienne - de sexe masculin, âge de 30 ans
    Fiferlin - mâle, âge de 30 ans
    François - de sexe masculin, âge de 30 ans
    Grégoire - de sexe masculin, âge de 17 ans
    Honoré - de sexe masculin, âge de 30 ans
    Jupiter - l'âge des hommes 50; gestionnaire / pilote
    Lanean - mâle, âge de 40 ans

Vendu en 1816

    Azor - mâle, en Afrique, 38 ans; à JB, Lucien, Drausin La Branche Brothers, 12/02/1816
    Cartouche - de sexe masculin, 10 ans, à Le Chevalier Macarty, 24/05/1816
    Charles Soubise - mâle, âgé de 32 ans; à Adelard Fortier (à Saint-Charles), 06/02/1816
    Chicot - mâle, 12 ans; Carter; à Adelard Fortier (à Saint-Charles), 06/02/1816
    François - de sexe masculin, l'Afrique, 37 ans, à Valéry Avart, 09/02/1816
    Hélène - femme, créole louisianais, âge de 15 ans; à William CC Claiborne, 08/04/1816
    Honoré - mâle, créole louisianais, 32 ans, à Simi, Hermoge, Euphemi La Branche, 12/02/1816
    Jasmin - mâle, créole louisianais, 30 ans; à JB, Lucien, Drausin La Branche Brothers, 12/02/1816
    Joaquin - mâle, créole louisianais, 32 ans, à Simi, Hermoge, Euphemi La Branche, 12/02/1816
    Lamour - mâle, créole louisianais, 24 ans, à Simi, Hermoge, Euphemi La Branche, 12/02/1816
    Lazarre - de sexe masculin, le créole louisianais, 28 ans; charretier, charretier, à Adélard Fortier (à Saint-Charles), 06/02/1816

Vendu à Hilare Saint-Amant (à Saint-Charles), 06/02/1816

    Main domaine répondre, charretier,; mâle, créole louisianais, 30 ans - Grand Casimier
    Gros-Louis - de sexe masculin, le créole louisianais, âge de 30 ans
    Jean-Louis - de sexe masculin, le créole louisianais, 26 ans; charretier, charretier

Vendu à Balthasar Desuau,(du Suau de la Croix) 07/02/1816

    Fiagaro / Figaro - mâle, créole louisianais, 30 ans; maçon
    Gabriel - de sexe masculin, le créole louisianais, 24 ans; charretier, charretier
    Grand-Piere - mâle, créole louisianais, 20 ans; maçon

Vendu à Jean Chauveau, 07/02/1816

    Domonique - mâle, en Afrique, 27 ans
    Gros Jean - de sexe masculin, le créole louisianais, âgé de 34 ans

Vendu à François / Onesphore Mayronne / St-Amant (à Saint-Charles), 13/02/1816

    Azor - mâle, en Afrique, 35 ans
    Ciprien - mâle, créole louisianais, âge de 27 ans
    Eugénie - femme, en Afrique, 20 ans
    Jeannot - mâle, en Afrique, 24 ans
    Julien - de sexe masculin, l'Afrique, 17 ans

Vendu à Joseph Decuir (à Pointe Coupée), 15/02/1816

    Colas - hommes, 24 ans, Carter, charretier
    Eugène - de sexe masculin, mulâtre, âgé de 36 ans; travailleur industriel
    Jazon - mâle, créole louisianais âge de 55 ans
    Louisa - épouse de Jazon; créole louisianais, âge de 36 ans
    Jean-Louis - fils de Jazon et Louisa; âge de 14 ans

Vendu à Pierre Lacoste, 26/02/1816

    Bacchus - mâle, l'Afrique, âgé de 34 ans
    Bonaparte - de sexe masculin, l'Afrique, âgé de 38 ans
    30 âge de la mère
    Eveline - femme, créole louisianais, âge de 4 ans
    34 ans père
    George - mulâtre mâle, rouge, 12 ans

Vendu à Louis Barthélemy Macarty, 24/05/1816

    Annette - femme, 30 ans
    Clymerre - femme, 50 ans

Vendu à Lucien Labranche, 15/07/1816

Charlot - mâle, âge de 30 ans

Acheté de la succession Livaudais père, 20/03/1817

    Aurore - femme, mulâtre, âge de 8 ans; orphelin
    Jean-Baptiste - mâle, mulâtre, 9 ans;

Vendu en 1817

    Adeline - femme, 16 ans; à Jean Prévost, 13/06/1817
    Anova - mâle, 50 ans, à Jean Mahé, 09/06/1817
    Auguste - de sexe masculin, âgé de 36 ans, à Jean Herpin, 04/06/1817
    Babet - femme, 30 ans; à Hilare Saint-Amant, 20/05/1817
    Claire - femme, 16 ans 1/2; à Jean Prévost, 13/06/1817
    Eulalie - femme, 35 ans; à Marie Genvieve Fanchon, 05/06/1817
    François - mâle; à Jean St-Amant, 20/05/1817
    Françoise - femme, 20 ans; à Joseph Segura, 17/06/1817
    Grand-Pierre - de sexe masculin, âgé de 52 ans; à Antoine Maurin (à Saint-Charles), 20/05/1817
    Grand-Thérence - mâle, âgé de 26 ans; à Hilare Saint-Amant, 20/05/1817
    Hector - de sexe masculin, 40 ans; à M. Lavaud, 11/06/1817
    Jack - mâle; à Montgomery & Stringe, 16/06/1817
    Julie - femme, 50 ans; à Dieudinnevieve Watar, 06/06/1817

Vendu à Marguerite Verret, 18/06/1817

Alec - mâle, âge de 20 ans

    Félicité - femme, 28 ans, 4 enfants
    Angel - mâle, 6 ans
    Catin - femelle, 3 ans
    Janvier - mâle, 5 ans
    Justin - mâle, 8 ans
    Anne - femelle, 4 ans, fille de Zoe
    Catherine - femelle, 2 ans, fille de Zoe
    Justine - femme, 10 ans mo; fille de Zoé.
    26 ans et mère
    Charles - de sexe masculin, âgés de 15 ans

Acheté en 1818

    Bob Heap - mâle, 25 ans; de John H. Holland, 22/10/1818; aucune garantie contre les fugues
    James - mâle, âgé de 29 ans; de Stockton Allen & Co., 11/09/1818
    John - de sexe masculin, 18 ans; de Thomas Noel, 05/09/1818; esclave vint NO de Norfolk en Virginie

Acheté d'Edward Parker, 04/09/1818

    Bob - de sexe masculin, âge de 20 ans
    Joshua - mâle, âgé de 26 ans

1808 esclaves achetés et vendus par Céleste de Marigny

De l'histoire afro-Louisiane et la base de données de généalogie

Acheté

Esther - femme, 25 ans; de Jacques Enoul Pere Livaudais, 11/02/1808; échange d'esclaves

Vendu

Françoise - femme, 45 ans; à Jacques Enoul Pere Livaudais, 11/02/1808; échange d'esclaves

1819 esclaves achetés et vendus par Antoine de Marigny

De l'histoire afro-Louisiane et la base de données de généalogie

Acheté

Anthoine - mâle, âgé de 34 ans, l'homme hache; de ​​François-Joseph Lebreton, 23/02/1819

Directeurs de recherche et des registres des plantations

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 11 - La paroisse de TALLARD



La paroisse de TALLARD

Tallard était sous le vocable de saint Grégoire, évêque d'Amnice, mais une seconde église paroissiale qui parait avoir été la principale jusqu'au 16è siècle, était située hors du bourg, au milieu du cimetière, et dédiée a saint Étienne. Elle fut détruite pendant les guerres de religion et l'église de Saint-Grégoire construite au centre du bourg fut agrandie et devint, à partir du XVII' siècle, la seule église paroissiale de Tallard. Le 17 septembre 1340, Augustin de Montbrand fonda dans cette paroisse une chapelle de Notre-Dame de la Miséricorde de Montbrand et de Champsaur; à la même époque existaient deux chapelles rurales de Saint-Martin et de Saint-Adon, et une de Sainte-Colombe située près de la Porte-Belle. En 1510, des chapelles de Saint-Jean-Baptiste, Notre-Dame de Pitié, deux de Sainte-Catherine et deux autres dont le titre ne m'est pas connu, payaient les décimes; en 1610,outre ces chapelles, il en existait deux autres de Saint-Jacques et Saint-Grégoire. En 1708, nous trouvons trois autres chapelles sous le titre de Saint-Claude, Sainte-Catherine de Donagète et une dernière fondée par Isabeau du MazeL. Parmi ces chapelles, celle de Saint-Grégoire était sous le juspatronat de la famillee Platel, II y avait, en outre, dans le château, deux chapelles, l'une supérieure, dédiée à saint Jean-Baptiste, l'autre inférieure, dédiée à sainte Colombe; la première avait été fondée antérieurement à 1319 par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, et la seconde au commencement du xvr- siècle par la famille de Clermont dont sainte Colomee était la patronne. Un chapelain y était attaché. Au XVII» siècle la famille de Bernard de Saint-Barthélemy avait fondé une chapelle de Saint-Barthélemy et Etienne de Bonne d'Auriac, seigneur de Tallard, avait fait construire près du château une chapelle pour la confrérie des pénitents. Après la destruction de l'église de Saint-Etienne par les protestants, le service divin se fit, pendant environ cinquante ans, dans la chapelle du château; puis l'église de Saint-Grégoire ayant été agrandie, de 1610 à 1643, devint l'unique église paroissiale Tallard faisait partie de l'archipiétré du Gapençais. - Un prieuré important existait à Tallard, il appartenait à l'abbaye de Saint-Michel de la Cluse, règle de Saint-Benoit, et le prieur était décimateur de la plus grande partie de la paroisse. - Abbon, par son testament du 5 mai 739, légua des biens à Tallard, à l'abbaye de la Novalaise. Au milieu du 14è siècle, l'abbaye de Boscodon, prés Embrun, y possédait d'assez importantes propriétés : elle les avait aliénées au16è siècle.

Séminaire. - Entre les années 1667 et 1671, Marguerite Baud, veuve d'Aubert de laVillette, seigneur de Veynes et de Furmeyer, laissa, par son testament, une partie de ses biens à l'évêque de Gap pour créer un grand séminaire; en 1710, ses intentions furent remplies et un grand séminaire diocésain établi à Tallard. Les consuss donnèrent le terrain, emplacement d'un ancien hôpital, l'évêque 4,000 livres et le clergé 3,000. Au bout de deux ans, ce séminaire fut supprimé et transporté à la Roche des Arnauds. - Ordre hospit. Les Templiers avaient des biens dans cette paroisse, entre autres, une maison forte située à l'angle des murailles du bourg qui regarde le cimetière; dès 1279, elle portait le nom de Temple. L'ordre de Saint-Antoine en Viennois y possédait également un hôpital nommé la Maison de l'aumône, il le céda aux chevaliers de Saint-Jean par acte du 16 mai 1311. - L'ordre de Saint-Jean possédait lui-même, à Tallard, un domaine et une chapelle sous le titre de Saint-Martin, qui dépendait de la commanderie de Gap. Le 23 août 1215, Tibour et Raimbaud d'Oranee donnèrent aux chevaliers de Saint-Jean la seigneurie majeure de Tallard; ces chevaliers absorbèrent, au commencement du xiv- siècle, toutes les possessions appartenant aux autres ordres hospitaliers, Templiers ou Antonins, et échangèrent, en 1319, leurs possessions de Tallard, Montmellian, Saint-Julien, Montfott et Régusse, contre le comté d'Alife, au royaume de Naples, avec Arnaud de Trians. Cet acte confirmé par le comte de Provence, le 7 mai 1323, fut passé par Elion de Villeneuve, grand-maitre de l'ordre. En 1667, l'ordre de Saint-Jean ne possédait plus rien dans la paroisse de Tallard. En 1318 et 1319, un chevalier nommé Bérial de Baux prend le titre de précepteur ou commandeur de Tallard, mais il est douteux qu'il y ait jamais eu une véritable commanderie de Saint-Jean à Tallard, et ce chevalier étatt probablement un simpee administrateur créé à cause de l'importance des possessions de t'ordre de Saint-Jean dans ce mandement. Tallard dépendait de la commanderie de Gap. - Hôpitaux. 1300 l'ordre de Saint-Antoine possédait à Tallard un hôpital nommé hospitale seu eleemosina ; il le céda, le 16 mai de cette année, aux chevaliers de Saint-Jean. En 1536, une maladrerie existait dans cette paroisse. - Administr, et Justice. - Je renvoie à l'article du mandement de Tallard pour ce qui concerne le bourg de Tallard, siège de l'administration et de la justice de la vicomté. Les chevaliers de Saint-Jean créèrent a Tallard un châtelain; en 1300, le titulaire se nommait Hostaing de Clermon.. Les franchises municipales de Tallard étaient assez étendues; les seigneurs d'Oranee avaient octroyé, en 1209, aux habitants de Tallard une charte de libertés, en vertu de laquelle ils possédaient la garde des clefs de leur ville, la nomination des consuss et le droit d'élire un bailli ou magistrat chargé de vider les contestations survenues entre les habitants du bourg; cette juridiction fut plus tard restreinte à un simple tribunal de police. Ces libertés furent confirmées et augmentées en 1268 et 1278. Le duc de Calabre, fils du comte de Provence (1285-1309,, accorda aux habitants de Tallard le droit d'être mis en liberté sous caution lorsqu'ils étaient accusés de crime. -Tallard, très forte place, eut des gouverneurs pendant les guerres religieuses; voici les noms de ces officiers : - Benoit du Seree du Rivail, 1562 Balthazard de Moustiers-Gargas, 1562-1563 Jacques de Faudo,, 1568 Louis du Suau-la-Croix, 1568 Honoré Armand, dit Pontalhec, 1573 Étienne de Bonne d'Auriac, 1577-1578 Charles de Bonne de la Rochette, 1578 Antoine Blosset, 1579 Étienne de Bonne d'Auriac, 1582.1585 Jacquss de Faudon, 1585 Pierre de Chissé de la Marcousse, 1587-1588 N. de Grammont, 1588 - N. Baron, 1589 X. d'Arces, 1589 Gabriel de Genton, 1590 Étienne de Bonne d'Auriac, 1600-1630 Alexandre de Bonne d'Auriac, 1630-1631.

Etat féodal. - Le seigneur majeur du mandement de Tallard en possédait le bourg et le chàteau. Un petit arrière-fief existait, dès le 14è- siècle, au lieu nommé La Croix; en voici les titulaires :
Jacques du Suau (Suav;xJ, 1367
Antoine, 1396-1399
Jean, 1440-1470
Gaspard, 1498-1515
Barthelemy,1515-1578
Philibert, 1595-1600
Philippe,1603-1663
Isaac, 1663-1694
François-Emmanuel, 1694-1740
Balthazard, 1740-1759
Balthazard, fils du précédent, 1759-1790.

-Industrie et Commerce.

1497, Charles VIII crée à Tallard un marché tous les jeudis. 1531, François Ier, par lettres patentes, le transfère au vendredi. - Une foire se tenait à Tallard de temps immémorial le 21 octobre; en 1700 il en fut créé deux autres au 25 juin et au 19 décembre.
Histoire.
1209, charte de liberté octroyée par les seigneurs de Tallard à leurs vassaux.
1208, l l juillet, Féraud de Barras, p r i e ur de Saint-Gilles, de l'ordre de Saint-Jean, concède aux habitants de Tallard une charte de liberté par laquelle il s'engage a ne leur imposer aucune taxe nouvelle et il règle l'administration de la justice.
1279, 13 février, ces privilèges sont confirmés et augmentés par Guillaume de Villaret, prieur de Saint-Gilles.
1347, guerre entre le vicomte de Tallard et l'évêque de Gap.
1348, une trêve est conclue.
1349, 21 janvier, traité entre l'évêque de Gap et le seigneur de Tallard, relatif à la limite de leurs seigneuries.
1392, 1er mars, les habitants transigent avec leur seigneur relativement à la gabelle.
1394, 24 décembre, transaction entre les mêmes sur les droits de cosse.
1397, transaction sur les droits .l'hommage et de chevalage.
1503, octobre, réunion de Tallard au Dauphiné.
1562, 12 juin, prise de Tallard et pillage du trésor de son église par le capitaine protestant Furmeyer; 20 juin, le capitaine Garga,, catholique, s'en saisit, mais est obligé de l'abandonner; 13 juillet, reprise de Tallard par le capitaine Pons de Gentil, à la tête des catholiques fugitifs.
1567, Louis du Suau, protestant, se rend maître du château.
1568, 24 août Louis du Suau abandonne le bourg après avoir massacré plusieurs catholiques.
1575, de février à mars, siège et blocus de Tallard par Lesdiguières.
1578 ,du 12 avril à juin, nouveuu blocus de Tallard.
1579, Lesdiguières surprend le bourg, mais, le château lui résistant, il est contraint de se retirer devant des forces supérieures, conduites par le catholique Bonrepos.
1580, mars, Lesdiguières attaque Tallard de vive force et est repoussé ; 24 septembre, Ie colonel d'Ornano et le maréchal de Tavanss font lever le blocus de Tallard. - 158) 21 septembre, entrée solennelle du duc de Mayenne à Tallard.
1585,23 mai, le Grand-prieur, gouverneur de Provence, passe la Duranee en face de Tallard pour chasser tes ligueurs du Gapençais.
1586, 28 juillet, les huguenots tentent vainement de surprendre Tallard; octobre, La Valette, gouverneur de Provence, fait lever le blocus de Tallard par les protestants.
1587, 9 mars, Lesdiguières, promet par le gouverneur de Tallard, La Marcousse, croyant surprendre le château, perd, par trahison, plusieurs de ses soldats: 5 avril,comme vengeance de cette trahison. La Marcousee est assassiné d'un coup d'arquebuse, par le capitaine protestant Saint-Martin; 7 avril, on jette hors de la place les bouches inutiles; 14 juillet, on conclut avec Lesdiguières une trêve d'un an.
1589, 21 août, Tallard se rend à Lesdiguières.
1692, 3 septembre, Tallard est incendié par les troupes du duc de Savoie.

Bibliogr. - GENTIL (Pons DE). Harangue et remonstrances faites à A/gr le duc df Mayenne par Pons de Gentil, natif dudit 7allard. Lyon, Benott Rigau,, 1583. Il a été donné de cet opuscule une deuxième édition avec des notes, (Paris, Jouaust, 1872). - M[ASSOT] (Théodore). Le château de Tallard (Album du Dauphiné, Grenoble, Prudhomme, 1831, t. i, p. 59, planche). - ROMAN (J).. Inscriptions et armoiries de la chapelle du château de Tallard (Paris, Société bibliographique, 1880, in-8"). - Tallard, département des Hautes-Alpes (Magasin pittoresque, 1885, p. 265, vignette). - TAILLAS (Alexandre DE). Notice historique sur l'ancienne communauté de Tallard. (Grenoble, Allie,, 1868, in-8°).

 12 - 1770-1789.— Famille du Suau (Suavis), de Tallard.



« Mémoire pour servir à la généalogie de Mn de Suau de La Croix ».

Cette famille est établie à Tallard, petite ville du haut Dauphiné, sur les bords de la Durance et à 2 lieues au sud de la ville de Gap. Elle y est connue depuis le XIVe siècle, et elle y tient le premier rang après le seigneur du lieu... Le château de La Croix, sa principale habitation, situé entre Gap et Tallard, a été dévasté plusieurs fois, pendant les guerres civiles, celles des troubles sur la religion et l'incursion des ennemis de l'État qui, en 1692, brûlèrent Gap, Tallard et d'autres lieux circonvoisins. La perte qu'elle fit alors des titres de famille, qui constataient ses alliances, lui est commune avec la plus part des autres familles nobles de cette partie du Dauphiné. Mais, plus heureux qu'elles, les seuls monuments publics et les actes que la communauté de Tallard a sauvé du naufrage, rendent des témoignages certains de sa noblesse » Généalogie.dela famille, d'après le « Répertoire » des archives de Tallard et « Y Inventaire de Ripert » . 1er et 2e degrés.

Guillaume (1324-77), « le plus ancien de cette famille dont on trouve quelque mention dans les papiers de la communauté de Tallard » (N°106 et 11), « fut vraisemblablement le père d'un autre Guillaume! » (1355-1400) et d'Antoine Suavis (1395-1417), son frère, syndic ou consul de Tallard. Le 10 juin 1395, <dans la galerie du château de Tallard,... les nobles Jean Reolali, Guill. Suavis, Antoine Suavis, Barth. Chapeloni et Michel de Champsaur,... prêtèrent hommage, au nom de la communauté de Tallard, à dame Anne de Trians, héritière de la vicomté de Tallard, nouvellement mariée à Antoine de Sassenage, sgr de St-André en Royanois,... ?nore nobilium» (n° 17). Cet Antoine de Suau parait être différent d'un autre dominits Antonius Suavis, jurisperitus de Talardo (peut-être son fils), qui est témoin dans l'acte de 1395, qui devint « avocat et procureur fiscal » au parlement d'Aix, nouvellement établi (1415) par Louis II, comte de Provence (Bouche, II, 437), et qui occupait cette charge en 1417 (Nostradamus, p. 558) et vers 1424 (Ruffi, Hist, de Marseille, L V., n. 27, p. 261).

Jean (1427-77), fils de Guillaume, syndic ou consul de Tallard le 16 janv. 1427, fit hommage au dauphin Louis, en 1440, des censes et autres droits qu'il avait à « La Rochette, en la châtelenie de St-Bonnet » en Champsaur, du chef de Catherine de Poligny de Poliniaco), sa femme, fille de n. Jean (n. ll). Il fut un des plus ardents partisans du roi René, « et il jouit de toute sa confiance » ; il l'accompagna à Naples (Chorier, État polit. ,III, 551). Il fut de nouveau syndic de Tallard en 1475 et fit son testament le 2 juin 1477. Il avait deux frères : Louis, vivant en 1472, 20 juil. 1475, 1483 et 1487 ; Claude, qui fut père de Gabriel (1491-1501), de Gaspar, de Giles ou Gilet et d'Alix. Il eut lui-même, de Catherine de Poligny : Claude, qui suit; Jean, clerc (1451- 72) ; Nicolas, docteur ès droits ; Antoine, moine, et Guillaume, clerc (1477) ;

Claude (1477-94), fils de Jean, hérita, le 7 févr. 1483, de la fortune d'Antoine de Suau d'Aix. En 1491, lorsque le temporel de Gabriel de Sclafanalis, évêque de Gap, fut saisi, il arbora « les armes du Roy sur la tour de l'évêché de Gap ». Le 13 sept. 1493, il fut syndic de Tallard, avec n. Ant. De Montorsier, cosgr de Jarjayes, Guil. Gandelin, cosgr de Rousset, et chargé avec eux de délimiter les territoires de Tallard et de Venterol. II. vivait encore en 1494, mais était déjà mort en 1498. Il fut père de Gaspar, qui suit ; de Guillaume, écuyer, qui, le 21 oct. 1492, à Aix. fut présent au règlement politique de la ville de Marseille, vivait en 1501 et 1502, et eut un fils du nom de Michel, pupille en 1536; de Pierre, clerc en 1501,1502, déjà mort en 1536 ; de Louis, 1501, et de Dominique, clerc, puis prétre, 1501-2.

Gaspar (1498-1545), fils de Claude, syndic de Tallard le 9 nov. 1498, assista aux transactions passées avec Bernardin de Clermont, vicomte de Tallard, les 8 janv. 1501, 22 mai 1511. Il fit hommage, à Antoine de Clermont, de son domaine de La Croix, le 28 août 1543. Il testa le 27 août 1545. Il laissa, en mourant, deux fils, Guillaume, qui était prêtre en 1550, et le suivant.

Louis (1545-68), fils de Gaspar, avait épousé Marguerite de Bellan, de Terre- Neuve (probablement la Vallée de Barcelonnettes, Basses-Alpes), dont il vendit les droits dotaux le 2 oct. 1544 (n° 28). Il était écuyer le 3 avril 1568 (n° 14). Il testa le 1er oct, 1568 (n° 18), et mourut en oct. De la même année. Sa femme lui survécut jusqu'à la fin de 1572 (n° 28). Il en eut : Philibert, qui suit ; Jean, marié à Lucrèce de Piolle (n° 39), dont il n'eut pas d'enfants, et qui épousa, en 1583, Sauveur de Rousset ; elle était déjà morte le 25 déc 1585 (n°* 30, 40); probablement Pierre, et Dauphine, femme de Jean de Rostain, 5 févr. 1590 (n° 19).

Philibert (1568- 93), sr de La Croix, « gentilhomme du Roi », cornette de la compagnie de De Morges, et l'un des meilleurs soldats de Lesdiguières, qu'il seconda vaillamment an combat du Buzon (1574), au siège du Bourg-d'Oisans (1588), à Beaugency (29 mars 1589), dont il reçut diverses gratifications en argent : 100 écus (Ponsonas, 10 oct. 1588) ; 300 écus (Les Diguières, 1er août 1599), et à qui Henri IV accorda des lettres de gentilhomme Rouen, 25 mars 1592) et les revenus du prieuré, d P Tallard (ib., 29 mars 1592). ll mourut en juillet 1593 (n°37, 40). Il avait épousé Honorade de Bremond, à qui il laissa la tutelle de ses cinq enfants . Philippe, qui suit ; Charles, plus tard « ministre de la parole de Dieu à Orpierre » (1625- 35), Judith, Madeleine et une autre fille dont le nom est inconnu.

Philippe (1393-1640), sr de La Croix. Il est mentionné en 1593, 1613,1620, 1628, 1635. Il testa le 23 août 1640 (n° 31). Lors de la reconstruction de l'église de Tallard, en 1640), il fut compris au rôle pour 39 L. 13 s. Il avait épousé Claude ou Claudie de Gardia, de qui il eut deux fils : Isaac, qui suit, et Charles, son héritier (1640-49).

Isaac, d'abord sr des Oches (1640-49), puis sr de La Croix (1649-94). Il hérita successivement de sa mère et de son frère Charles. on le trouve mentionné en divers actes du 25 nov. 1636, 12 oct 1669, 1680, 19 août 1689, et 1694, année de sa mort. Il avait épousé Marguerite de Béraud-Lonjr, ou Berard, de laquelle il eu François-Emmanuel, qui suit et Antoine, clerc tonsuré (20 juin 1666), recteur de N D. de Fouillouse (18 déc.1667), qu'il résigna, le 19 févr 1684, au doyen de Gap Louis du Serre, sr de Melve.

        François-Emmanuel (1694-1737) figure dans les actes du 11 juin 1694, mai1697, 1717 et 1718. Le 29 mai 1701, il reçut  le commandement ,sous M. de Ventavon, d'une des 10 compagnie la milice que M. de La Feuillade faisait lever en Gapençais.
 De son premier mariage avec la Dlle Le Blanc de Châteauvillard, outre Lucrèce (5 juin 1704) et justine veuve de Charles de Renard (18 sept. 1715), qui mourra 21 avril 1736, il eut le suivant.

Balthazar, lieutenant de cavalerie, major de Gap (1738-59), fut le père d'une religieuse, Anne de Suau qui vivait encore en 1794, et de Balthazar de Suau [1750-93], lieutenant de cavalerie au régiment de Peyre, major de Gap, ainsi que son père.— Analyse de la plupart des actes sur lesquels Vallon-Corse s'est appuyé pour établir la généalogie.

Source: Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 Auteur : Archives départementales des Hautes-Alpes Edité en 1897

 13 - POLIGNY


État ecclésial:

La paroisse de Poligny était sous le vocable de saint Martin. Une très ancienne chapelle, nommée Saint-Étienne au pied du bois, existait, dès le XVIe siècle, auprès du hameau des Forestons. L'évêque de Gap était collateur de la cure et décimateur de la paroisse qui dépendait de l'archiprêtré du Champsaur. En 1735, un ermite avait obtenu la permission de s'établir à Poligny. Administration et Justice:

Poligny dépendait de l'élection de Grenoble, de la subdélégation de Gap et du juge des châteaux épiscopaux, avec appel au vibailli de Gap. État féodal:

La seigneurie de Poligny se divisait, par égales parts, entre l'évêque de Gap et un seigneur particulier.

Voici la succession de ces derniers :

- Rodolphe de Poligny, 1300 - François, 1352 - Léger, 1385 - Jean, 1389-1428 - Jean, 1447-1450 - Antoine et Catherine, femme de Jean du Suau, 1450-1460 - Pierre, fils d'Antoine, 1517 - Ses deux fils furent l'origine de deux coseigneurs :

    1- Guigues, 1580
    - Élie-Pierre, 1587
    - Étienne, 1645
    - Pierre, 1645-1677
    - Gaspard, 1697-1722
    - Angélique, sa fille, épouse de Charles de Revillasc, 1731
    - Jacques, leur fils, 1752-1762
    - Joseph-Pierre, 1789;
    2- Pierre, 1559-1593
    - Jacques, 1593-1600
    - Pierre, 1600-1641
    - Jacques, 1641-1680
    - Joseph, 1692
    - Louis, chanoine de Gap, fait héritière sa cousine Angélique, 17112-1735; cette coseigneurie se confond alors avec la précédente.

- A partir du XVIe siècle un arrière-fief se constitua au village de Villeneuve; en voici l'origine :

Antoine Falcon-Saint, capitaine protestant, fils d'un cordonnier de Poligny, s'empara, à main armée, de ce coin de terre du domaine épiscopal, prit le titre de sieur de Villeneuve et ne put plus en être expulsé.

- Antoine Fulcon-Saint, 1567-1590 - Honoré et Jean, 1590-1600; le second est anobli au mois d'avril 1599 - Jean Hébrard , notaire à Saint-Bonnet, en hérite, 1650-1690 - Antoine, 1690-1713 - Louis-Charles, 1713-1750 - Guillaume-Alexis Hébrard de la Valonne, 1750-1789.

Biographie:

- POLIGNY (Jean de), nommé mal à propos de Polignac par la plupart des auteurs, fut abbé de Boscodon, de 1415 à 1426. - POLIGNY (Jacques de), l'un des plus braves lieutenants de Lesdiguières, né vers 1550, fit entrer un secours dans La Mure assiégé par Mayenne (1581), se signala à la tête d'un régiment dont il était colonel, au combat d'Esparron (1591), fut gouverneur de Gap (1589-1592), et fut tué le 15 mai 1592 d'une arquebusade, en accompagnant Lesdiguières en Provence. - POLIGNY (Jacques de), petit-fils du précédent, ingénieur habile, travaillait en 1680 à construire la route des Alpes en Italie.


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