Seigneur Mayneuf (de) - Saint-Didier, Vicomte Mayneuf (de) - Saint-Didier, Seigneur Buhen (de) - Lantic

  • Décédé le 5 avril 1608
  • Inhumé - Lantic - Notre-Dame de la Cour

 Parents

 Union(s) et enfant(s)

 Frères et sœurs

 Notes

Notes individuelles

Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord - 1865 (1)

Guillaume était un vaillantcapitaine qui avait rudement bataillé pour Henri IVpendant les guerres de la Ligue et qui occupait une positionconsidérable en Bretagne. « Chevalier de l'Ordre,conseiller, chambellan du Roi, commandant pour sonservice au pays armorique de Goëllo, gran d-veneur,grand-maître enquesteur et général réformateur deseaux, bois et forêts du dit pays et duché de Bretaigne» :tels sont les titres dont il se fait honneur dans un aveurendu au duc de Penthièvre. Outre la gloire acquise parses nombreux services-, il avait encore l'importance quedonnent de grands biens : il était, en effet, vicomte deMeneuf, châtelain de Buhen-Lantic, seigneur de La Ville-Solon et de La Ville-Tanne.La terre de Meneuf était située au diocèse de Rennes,en la paroisse de Saint-Didier.La Ville-Tanne , en Saint-Donan , qu'on déclarait,au xvi" siècle, contenir environ cent vingt journaux deterre, relevait féodalement du comté de Quintin.La seigneurie de La Ville-Solon, qui faisait partie duduché de Penthièvre, au membre de La Roçhe-Suhart,« avait droit de juridiction moyenne et basse, nominationde sénéchal (principal juge), d'alloué (lieutenantdu sénéchal), de procureurs et greffiers, de notaires etsergents pour l'exercice de la juridiction au bourg dePlérin ; possédait les droits de mer et pêcheries, moulins,colombiers, étangs, viviers, garennes défensables àpoil et à plume, et autres honneurs et noblesses, privilegeset prérogatives , comme les prééminences et Fautëorité de fondateur en l'église paroissiale et cimetière dePlérin, sépultures et enfeus prohibitifs dans le choeur etehanceau, &. » Il en coûtait peu de prétendre à de pareilsdroitsen 1583 , mais il fallait qu'ils fussent reconnus.Or , dans un aveu reçu en 1755 , René du Bouilly neréclame plus que la basse justice , les enfeus et prééminences,. et ne place ses armes, dans la maîtresse vitre,.qu'au dessous de celles de Penthièvre.La châtellenie de Buhen-Lantic comprenait les deux.terres de Buhen et de Lantic et mérite, à cause de sonimportance, une mention particulière.En 14201 la terre de Buhen, située dans les paroissesde Plourhan et d'Etables, était la propriété d'Etiennedu Rufflay, qui prit le parti d'Olivier et de Charles deBlois et leur prêta main-forte pour garder le duc Jean.prisonnier à. Chantoceaux ; aussi, à peine le duc était-ilsorti de captivité qu'il usa de représailles et confisqualesbiens des rebelles. La terre de Buhen fut donnée,-par le duc, à Jacob du Fou ; mais celui-ci fut autoriséà transiger avec Margot du Rufflay, fille d'Etienne, etRaoul de Mescoual, son mari, et toute trace de rébellionfutainsi effacée.En 1583, Guillaume de Rosmadec, nouveau possesseur j .rendait aveu pour Buhen, dans la mouvance du comté •'de Plourhan et de la seigneurie de La Roche-Suhart, à<Philippe-Emmanuel de Lorraine et Marie de Luxembourg,son épouse, duc et duchesse de Mercoeur et dePenthièvre, « ligement, à foi et hommaige et chambellenaige,sans aucun devoir de rachat. »La seigneurie de Buhen ne relevait pas tout entièredu duché de Penthièvre : il fallait encore qu'elle fournît.aveu à la seigneurie de Lanvollon, membre du comté de Goëllo, pour la partie qui s'étendait en la ville etparoisse de Lanvollon, parce que le fief de Buhen avaitété jadis , disait-on, le partage d'une fille de la maisond'Avaugour. Un aveu rendu en 1605, par Guillaume deRosmadec, à Charles de Bretagne, comte de Vertus etGoëllo, baron d'Avaugour, mentionne certains droitsassez curieux ou bizarres : le droit de la coutume du selblanc et menu qui se lève tous les vendredis et jours demarché par les receveurs de la seigneurie de Buhen ,lequel devoir est doublé les trois jours de foire ; — ledroit et le pouvoir au seigneur de Buhen, son receveurou son sergent, de démonter les principales portes desmaisons, faute de paiement des chefrentes, de coucherde travers les huisseries et, au bout de huit jours , deles vendre sur Ia place publique, sans autre formalitéde justice.Dans cet aveu, le seigneur de Buhen supplie le suzerain« d'excuser la défectuosité ou l'abondance, s'il s'entrouve, attendu la perte de ses titres, pendant les dixannées de la dernière guerre civile qui ont apporté Iedésordre en tout ce royaume et particulièrement plusexécrable en cette province. » Dans une plainte adressée,en 1594, par Guillaume de Rosmadec, aux juges dela Cour royale de Saint-Brieuc, il est, en effet, constatéque le chàteau de Buhen a été pillé, ravagé et brûlé, etque la perte des meubles monte à 4,000 écus environ fcelle des bâtiments à 6,000.La seigneurie de Lantic avait aussi fait partie autrefoisde Ia baronnie d'Avaugour. Ce fut à ce-litre queFrançois I" en réclama la possession, lorsqu'il voulutopérer, en 1537, la réunion au Domaine des terres anciennementaliénées ; mais il ne donna pas suite à ce dessein. Lantic , annexe de la terre de Pordic, étaitalors dans la maison Le Porc de La Porte. Elle fut ven*-due , en 1584 , par Jacques Le Porc , à Guillaume deRosmadec, pour la somme de 8,333 écus et tiers cPécu.La terre de Lantic était soumise aux. lods et ventes àFegard-du Domaine royal de Saint-Brieuc, dans la mouvanceduquel elle était assise. Il aurait donc fallu queGuillaume de Rosmadec payât le droit de lods et ventes-,si Henri III ne lui en avait fait la remise, en 1583, « enconsidération des bons et agréables services qu'il nous -a faits, mesmes durant les derniers troubles. ». Cette remise était d'autant plus opportune et nécessaireque, le 12 novembre 1583, le Roi « pour retran--cher l'occasion aux particuliers de l'importuner, commeils soulloint, de leur faire don des dicts deniers et don-ruer moyen à la Royne, nostre dicte dame et mere, defaire et continuer le pallais royal des Tuilleries qui estla seulle décoration et ornement de celluy du Louvre, »avait abandonné,.à cette fin, à Catherine de Médicis, lesdeniers casuels du. duché de Bretagne, tels que rachats,lods et ventes, pour neuf années, suivant, en cela.,,l'exemple qu'avait donné son frère, Charles IX.Telle était la situation des terres de Buhen et de Lantic,lorsqu'en 1606, le roi Henri IV les érigea en châtellenie*par des lettres-patentes qui donnent de curieux détailssur la constitution des deux fiefs et qui mettent en lumièreles services rendus par Guillaume de Rosmadecà son prince et à son pays.La châtellenie de Buhen-Lantic possédait des boisconsidérables qui avaient été concédés, en 1530, à Jeande La Porte, par le baron d'Avaugour, à titre de féagenoble. Ces bois, qui avaient été aliénés de Buhen « lorsque les guerres civiles estoient fort allumées en cesteprovince,» firent retour à leur ancienne seigneurie;mais les arbres avaient été dégradés, abattus. Les riverainss'étaient arrogé des droits que Guillaume de Rosmadecvoulut supprimer. Il fut obligé de prouver queces bois étaient son propre domaine .et non des communsou des terres chargées de servitudes, et que, parsuite, aux termes de l'article 393 de la Coutume, ilsétaient dé/ensables , c'est-à-dire , pouvaient être encloset gardés. Quant à ses vassaux, il leur permit d'y menerpaître leurs bestiaux, moyennant le paiement d'un droitàejjanage, qui était, au xviii' siècle, d'un demi-boisseau,le plus souvent d'un boisseau par cheval, vache, troupede brebis et d'agneaux. —Le revenu de ces bois comprenait,outre le prix de la coupe, les taux et amendesprovenant des contraventions et la recette des panages.La surveillance était confiée à un Sugarde qui tenait desaudiences et à des gardes forestiers chargés de la police.Ce ne fut qu'en 1707 qu'uu édit royal permit aux seigneursd'avoir une gruerie, ou juridiction spéciale deseaux et forêts, relevant de la Maitrise rof aie la plus voisine,et celle-ci de la Table de Marbre qui siégeait àRennes ; mais bientôt les juridictions inférieures deseaux et forêts furent incorporées aux juridictions seigneurialesordinaires, et les Maîtrises seules furent maintenues.Buhen possédait aussi beaucoup de landes qui avaientété concédées, comme les bois, à titre de féage, par lebaron d'Avaugour. Tous les feudistes bretons et françaiss'accordant à dire que les terres vaines et vagues quisont dans les metes (limites) d'une seigneurie sont le domainedu seigneur, les bordagers (riverains) des landes de Buhen qui s'étaient permis de peler la lande et de labrûler pour engraisser leurs terres, furent menacés, pararrêt du Parlement, d'une amende de 100 livres et, encas de récidive , d'une peine infamante.Les droits et prérogatives de Buhen-Lantic furentsolennellement reconnus, en 1682, par maîtres JacquesLangloys, conseiller du Roi, maître ordinaire de saChambre des Comptes de Nantes, et Phelipot de La Piguelaye,sénéchal de la Cour royale de Saint-Brieuc,tous deux délégués pour la Réformation du Domaine deSaint-Brieuc Après avoir examiné l'aveu qui leur avaitété présenté, ils maintinrent le châtelain dans ses droitsde haute-justice, fief de haubert, ceps, colliers, fourchespatibulaires à quatre piliers (signes extérieurs de hautejustice),lods et ventes, épaves (objets mobiliers égarés),galloys (terres vagues), — à devoir de foi, hommage,chambellenage et rachat, — mais en Ie déboutant d'unprétendu droit d'aubaine (succession d'un étranger).L'érection de Buhen-Lantic en châtellenie, dans lamouvance de la Cour royale de Saint-Brieuc, n'avaitpoint émancipé la partie de la terre de Buhen qui relevaitautrefois de Penthièvre, car on trouve encore, aux\m° siècle, des aveux partiels rendus à ce duché.Le dernier compte annuel des recettes de la châtellenie,présenté, au mois d'Octobre 1789, par M. Allenou,régisseur, accuse un revenu net d'environ 8,000 livres.Ce fut grâce à l'héritage de Guillaume de Rosmadecque Thebaut de Boisgelin et Radegonde,, sa femme, purentétablir convenablement leurs nombreux enfants.Au XVIIIe siécle, la branche aînée des Pontrevily accrutencore ses domaines, mais en dehors de l'évêché deSaint-Brieuc. Elle acquit d'abord, en Cesson, près de Rennes, la terre de Cussé, qui avait été érigée en mai*-quisat par lettres-patentes de 1643 ; puis , en 1743, laterre de La Roche-Bernard, qui fut estimée 442,360livres, 9 sous, 2 deniers, valeur évidemment au-dessousde la réalité, puisque le revenu s'élevait à plus de 20,00frlivres.


Notes N.B.

"aîné, chevalier de l'Ordre du Roy, capitainne et gouverneur des ville et chateau et baronnie de Vitré" B.Yeurc'h (arrêt du Boisgelin 07/12/1668)

"grand veneur, grand maître et réformateur des eaux, bois et forêt de Bretagne en 1573, chevalier de l'ordre et gouverneur de Vitré, + 1608" B.Yeurc'h (POTIER de COURCY, 2000)

"succéda à son oncle Yvon dans la possession de Buhen, réunit les seigenuries de Buhen et de Lantic" B.Yeurc'h (RAISON du CLEUZIOU, 1904)

"chevalier de l'ordre du roi, vicomte de Mesneuf, dernier représentant mâle de son nom" B.Yeurc'h (SAULNIER, 1991)

"seigneur de Buhen et de Mayneuf, chevalier de l'Ordre du roi, grand veneur et gand maître des eaux et forêts de Bretagne

15/12/1576 : érection de Mayneuf en vicomté par Henri III" B.Yeurc'h (GUILLOTIN de CORSON, 1999)

chevalier de l'Ordre du roi (Saint-Michel), gouverneur de Vitré, grand maître, enquêteur et général réformateur aux Eaux, Bois et Forêts de Bretagne (1573)

seigneur de Buhen et de Lantic, châtelain de Buhen-Lantic


Bulletins et mémoires - Société d'émulation des Côtes-du-Nord - 1904

Le 12 janvier 1585, l'audience des plaids de la seigneuriede Lamic présentait un caractère inaccoutumé. Le menupeuple « en grand congregacion et multitude » s'était portévers la Closture Notre-Dame, lieu ou s'exerçait la juridiction,des gentilshommes, des prêtres s'y étaient donné aussi rendez-vouset les officiers de justice étaient tous présents ainsi quele surgarde et les forestiers des bois de Buhen et de Lanvollon.C'étaient : Jean de Boisgelin, Sr de Septfontaines, alloué; GuillaumeGeslin, Sr de la Villeneuve, surgarde des bois, forêts et landes de Buhen ;M- Jacques Le Chat, Sr de Kersaint, procureur fiscal ; M- Pierre Connen,Sr du Tertre-Malles, greffier ; Jean du Ruflay, sergent. — Etaient présents :Thébaud de Boisgelin, S' de Pontrivilly et d'Esquivic; Salomon Geslin, Srdu Rochier ; Guille de Kerbellec, S- de la Houssaye ; Dom François. LeGras ; Dom Etienne Louvel et plusieurs autres personnes.Deux notaires royaux se tenaient prêts à rapporter procès-verbalde ce qui allait se passer.Alors s'avancèrent François Connen, seigneur du Précréant,et Christophe de Boisgelin, mandataires de Jacques Le Porcde la Porte, baron de Vezins et de Pordic.Ils reposèrent que par acte du 31 décembre 1584, ce seigneuravait vendu la terre de Lantic à Guillaume de Rosmadec,vicomte de Mesneuf, pour la somme de huit mille troiscent trente-trois écus, tiers d'écus, soit 25,000 francs. L'acte de vente était consenti en termes généraux, sans restrictions,et l'acquéreur devenait propriétaire de tous domaines, rentescensives et féages par grains et par deniers, fiefs et juridictionhaute moyenne et basse et aussi des bois, forêts et landes deBuhen et Lanvollon, gast, égouts, en un mot de la seigneuriede Lantic et de tout ce qui en dépendait.Dans notre ancien droit, une vente n'était parfaite qu'aprèsl'accomplissement d'un certain nombre de formalités dont laprise de possession n'était pas Ja moins importante, car elleavait pour effet d'ensaisiner l'acquéreur.Cette cérémonie, d'un caractère symbolique, s'accomplissaittoujours avec une certaine solennité, et les actes qu'on dressaità la suite étaient rédigés avec un luxe de détails qui lesrendent intéressants et particulièrement curieux.C'était pour parfaire la vente signée le 31 décembre ( 1)précédent que les magistrats de Lantic et les mandataires duSeigneur de Vezins s'étaient donné rendez-vous en la ClostureNotre-Dame. L'acquéreur Guillaume de Rosmadec était là,prêt à entrer en possession de sa nouvelle seigneurie. C'étaitun personnage considérable ; il était vicomte de Mesneuf,seigneur de Buhen, la Ville-Tano, chevalier de l'Ordre,chambellan du Roi, commandant pour son service au paysd'Armorique et Goëllo, grand veneur, grand maître et généralréformateur des bois, eaux et forêts de Bretagne.Comme bien on pense, la cérémonie fut longue.Les officiers de la Cour se démirent de leurs fonctions auxmains de Guillaume de Rosmadec, qui alla s'asseoir sur la chaise réservée à l'alloué, et confirma alors les magistrats dansleurs pouvoirs. La cour ainsi reconstituée expédia de menuesaffaires pendantes devant elle, puis l'on entra ensuite dans lachapelle de Notre-Dame pour prendre possession de tousdroits de patronage et de prééminence. Cela fait, toute lacompagnie, juges, acquéreurs, vendeurs et notaires, monta àcheval, et commença, suivant l'expression pittoresque usitéedans les vieux titres, à circuire, environner et traverser laparoisse de Lantic, Guillaume.de Rosmadec brisant au passagede menues branches, ramassant des mottes, faisant en un motacte de possession. Il entra dans l'église de Lantic où il futreçu par Missire François Couppé, recteur, et Dom EtienneLouvel, curé. Il se dirigea de là vers les bois de Buhen et deLanvollon.C'était vraiment une ironie de voir le grand-maître etgénéral réformateur des bois de Bretagne, devenir propriétairede semblables broussailles. Un seul arbre defutaie, hêtre à la ramure puissante, survivant unique de laforêt disparue, marquait le centre d'un taillis étendu où lessouches se desséchaient et diminuaient de nombre rapidementaux abords du terrain planté qu'environnait une vaste étenduede landes; quant au bois de Lanvollon, il n'en subsistait quele souvenir, seules des fosses profondes, pratiquées pourl'extraction des racines, témoignaient que ce terrain vague,couvert de courtes bruyères, avait jadis était planté d'arbres.Guillaume de Rosmadec ne dut pas avoir de mécompte, maiscependant il tint à faire constater par le menu l'état de dépérissement de ses bois ( 2 ) , et séance tenante, à sa requête, lesnotaires consignèrent par écrit : « que les bois de Lanvollonétaient réduits en landes sans aucune apparence d'arbres, forsquelques vieilles souches qui semblaient mortes; que les boisde Buhen étaient dépopulés, ruinés, la plus grande partie endégât, le bois de peu de valeur, mais toutefois il existait dessouches qu'on pourrait retailler non sans grande despence etcoustaige ». Monsieur de Rosmadec, ses magistrats et sesgardes purent voir d'effrontés boisilleurs, chargés de fagots,sortir des taillis où ils venaient de faire provision aux dépensde leur seigneur, et le nouvel acquéreur qui avait, en prenantpossession de la juridiction, ordonné la fermeture d'une à faire retailler les souches, et, en deux mois, y dépensa plusde six vingts écus.Habitant sur les lieux, il pouvait s'occuper avec plus desoin de l'administration de son nouveau fief et en tirer unrevenu plus considérable. C'était peut-être cette considérationqui l'avait déterminé à cet achat. Mais il faut ajouter que,dans sa pensée, Lantic était un démembrement de Buhen, etil est permis de supposer que si Jacques de La Porte s'étaitdessaisi de cette seigneurie étroitement unie à celle de Pordic,il avait cédé aux sollicitations de Guillaume avec lequel ilétait en relations d'amitié ( 3 ).Si nous en croyons Guillaume de Rosmadec, la seigneuriede Buhen, partage d'une fille d'Avaugour, aurait été confisquéeet morcelée au xv' siècle, de telle sorte que l'acquisitionfaite par lui avait pour effet de reconstituer le fief.Sur quelles preuves le vicomte de Mesneuf prétendait-il appuyer cette affirmation ?

(1) Cet acte de vente fut passé par la cour de Vezins ; il fut confirmépar un second acte du 3 janvier 1585. L'acte de prise de possession futsuivi des bannies et des actes d'appropriement, les 11 et 12 février suivant.Ces pièces font connaître que la cour royale de Saint-Brieuc avait transportéson siège en l'auditoire de la cour de Quintin « à raison de lacontagion qui régnait à Saint-Brieuc». Diverses oppositions se produisirentde la part : 1° de Claude de la Porte, frère du vendeur ; 2° du barond'Avaugour; 3° de Jacques du Maugouer, sieur du Genestay, curateur dusieur du Bois de la Salle ; 4° de Gilles de Kerimel, sieur de Kerdreant, tuteurdes enfants de défunt Gilles de Kerimel, sieur de Kersaliou ; 5° de M'"- deKerimel, veuve de Pierre d. Boisgelin, sieur de Kersaliou, curatrice de sesenfants ; 6* d'Olivier du Gouray, sieur de Ia Coste, chevalier de l'ordre,gentilhomme de la chambre du roi, capitaine des nobles de l'évêché deauberge, continua ses fonctions de haut justicier en faisant lesgardes instrumenter contre les pilleurs de bois. Plein de soucispour l'amélioration de sa forêt, il commença presque aussitôt Esther Anger. Pour ce qui le concernait, il prétendait que : « feu, de bonnemémoire, monseigneur le duc Pierre feist construire et bastir l'église etchapelle de Nostre-Dame-de-la-Cour et, par lettres authentiques de sonautorité, donna héritièrement au seigneur de la Coste, duquel ledit duGouray est descendu, le pouvoir de présenter thappelains et prêtres enladite église avec les privilèges, prééminences et antecellences d'écussons,armoiries aux vitres, ceintures hors et dedans, écussons en bosse, accoudoerset touz aultres droitz de vray fondateur et patron, desquels droitzest eri bonne possession, offrant par actes et tesmoings informer d'iceux,disant qu'ils ont pu être usurpés par suite de son éloignement ». ThérèseAnger prétendait pouvoir exercer un retrait lignager. Cette affaire nesemble pas avoir eu de suite.

(2) Le 25 avril 1585, Guillaume de Rosmadec fit procéder à une descriptionminutieuse des bois de Buhen et de Lanvollon, on y lit : que les coupesse font de vingt ans en vingt ans parce que le terrain est pierreux et lessouches vieilles, provenant la plupart de la coupe de la haute futaie quiexistait autrefois du temps que la forêt de Buhen dépendait de la seigneuriede Buhen dont elle fut aliénée et désunie environ l'an 1420 à la suite desguerres civiles comme le sieur vicomte, en a titres et enseignements. —

(3) Ces relations cordiales peuvent se constater à la lecture de quelqueslettres adressées par Jacques de la Porte à Guillaume ; dans l'une, il le prie de surveiller la construction d'un tombeau qu'il fait élever à sa mère dansl'église de Pordic ; dans une autre, il lui rappelle que l'achat et la ventede la. seigneurie de Lantic se sont traités rondement et avec une grandebonne foi de part et d'autre. Guillaume de Rosmadec obtint de Henri IlIdes lettres datées de Paris, le 5 septembre 1585, qui lui faisaient remisedes droits de vente, « en considération des bons et agréables services qu'ilnous a faict tant en son dit état, que au fait des guerres et mesmes durantces derniers troubles, comme il fait et continue encore chacun jour ». Lepaiement de ces droits donna lieu à des difficultés qui se prolongèrent,

En 1549, par suite dudécès de François de La Porte, la terre de Lantic passa à sasoeur Marthe qui avait épousé Jean Le Porc, S-r de Larchapt,ce fut leur fils Jacques qui la vendit à Guillaume de Rosmadec.


Bulletins et mémoires - Société d'émulation des Côtes-du-Nord - 1904

Guillaume de Rosmadec se consacra au service des armes,mais les événements qui marquèrent les piemières années desa vie sont à peu près inconnus ; il est vraisemblable qu'ilfit preuve de sérieuses qualités pour obtenir, en 1573,le gouvernement de la ville de Vitré, poste délicat àremplir à cette époque de troubles religieux. Cette placeforte, ville frontière de la Bretagne, était habitée par denombreux protestants, mais Guillaume, semble-t-il, jouissaitde la confiance des lieutenants du Roi et de l'estime deRené de Rieux, oncle et tuteur du seigneur de Vitré,il ne semble pas avoir craint de déplaire à ce dernier parl'affirmation de ses sentiments catholiques, car la premièremesure qu'il prit en entrant en charge fut d'ordonner ladestruction de tous les livres imbus des nouvelles doctrines.Est-ce l'hostilité des Huguenots qui lui valut la mésaventuredont le récit a été laissé par René Le Cocq des Croix en sonLivre de Raison ( i ) : « Le mercredi au matin à cinq heuresfut prins Vitré et le château, jour des Cendres Saint-Mathias24e fevrier par Montmartin le trestre qui avait le jour gras soupe au chasteau ouvesque Mr de la Feillée (Rosmadec) (i),en fort grande compagnie, les noces de Rouselaye (2) et deJehanne Lesiart faictes, et à cause que les portes de ville etchasteau ne fermoint point entrerent aisément ledict Montmartinle Judas, Brossé Saint-Grave, Patrice d'Anjou et Montignéet le frère Bressault qui y arrivait lorsque le sieur dela Feillée, Rosmadec, Guy Geffnird, moy et mon fils prisonniers,composâmes à deux mille escus sols qu'ils eurent etoultre les armes et joyaux que je perdeix à plus de cent escus.Deo gratias ».On se mit immédiatement en devoir de reprendre Vitré,qui ne parait pas être restée longtemps aux mains de ceux quis'en étaient emparés (3). Cependant le 24 avril Guillaume deRosmadec n'avait pu encore se faire mettre en possession ducommandement du château, ainsi qu'en témoigne l'ordre formel que Mr de Bouillé envoie au Sr d'Aquihac de quitterla place et de la remettre à Guillaume (i).M. de Rosmadec conserva encore longtemps sa chargemalgré ce début désagréable ; nous ne savons à quelle époqueil la résigna, mais il l'occupait encore en 1578.En 1576, suivant contrat du 10 juin, il avait épousé damoiselleJulienne Botherel, fille unique et présomptive héritièrede Julien Botherel, vicomte d'Apigné, il ne semble pas quecette union ait été de longue durée.Peut-être est-ce à l'époque où il quitta le gouvernementde Vitré qu'il prit la charge de Grand-Veneur, Grand-Maîtredes Eaux et Forêts de Bretagne.A la suite d'un accord conclu par les bons offices du marquiset de la marquise d'Espinay, il la résigna aux mains deM. de Fontenay de Fresne pour la somme de trois mille troiscent trente-trois écus tiers d'écus, payable à Pâques suivant (2),c'était précisément le prix auquel se montait l'achat de la terrede Lantic, dont le contrat avait été passé quelques mois auparavant.Il est peut-être permis de supposer qu'il cédait sa chargepour acquérir la seigneurie, et rétablir comme il le disait, sonfief de Buhen « jadis démembré et désuni ». La possession deLantic, avec sa haute justice et le droit de patronage de lachapelle de Notre-Dame de La Cour, créait au profit de Guillaumeune haute situation dans le pays. En effet, aux honneurspersonnels dont il avait été gratifié par le roi, venaients'ajouter les avantages d'une fortune considérable, et la considérationqui s'attachait naturellement à la possession d'un fiefde haubert. Guillaume de Rosmadec, au milieu de la société sinombreuse des gentilshommes qui peuplaient la campagne deLantic et des paroisses voisines, était un grand seigneur donton recherchait la fréquentation et auquel on faisait la cour.

Aussitôt entré en possession de la terre de Lantic, il s'occupatout à la fois d'augmenter ses revenus par une sageadministration, et de rehausser l'éclat de sa seigneurie parde somptueuses fondations religieuses. Ses bois étaient mis aupillage, il fit veiller avec soin pour écarter les maraudeurs,l'alternance des coupes fut rétablie, les anciennes souchesretaillées et rafraîchies. Jadis, sous les ombrages de la forêt,des ermites s'étaient réfugiés pour prier Dieu loin des bruitsdu monde, mais depuis longtemps ils avaient disparu, seulesles traces de leur retraite close ct fermée de douves témoignaientde leur passage en ce lieu ( i ) . Guillaume ne tardapas à reconstruire ou du moins restaurer la chapelle de SaintFiacre qu'il mit à la disposition de tertiaires de Saint-Françoisrésolus à mener la vie solitaire.

En 1587 et en 1590, il perdit ses deux frères, François,seigneur de Neuville, et Gilles, seigneur de Lisallain. Pourle premier, un service général célébré tant par les chanoinesque par des prêtres étrangers se prolongea pendant quarantejours, treize aulnes de toile noire furent employées en unelitre ou ceinture qui fut tendue autour du cheeur de la chapelle

des écussons, commandés au vitrier de Lanvollon etqui coûtèrent 18 livres 14 sous, rehaussèrent le deuil des tenturesde l'éclat de l'écusson rouge et or des Rosmadec ( i ).Des messes extraordinaires, jusqu'au nombre de cinq centsfurent célébrées pour Gilles de Lisallain (2).

François de Neuville était décédé à Blois au cours de l'année1588, et il fut inhumé dans l'église des Jacobins. Gilles de Lisallain,était mort à Rennes et fut inhumé à Bonnes-Nouvelles,en présence de Messieurs de la Hunaudaye et de Chateauneuf,lieutenants généraux pour le roi en Bretagne, et de Messieurs'de Mollac, de Sourdeac, de Poigny, de Couesquen, de Guemadeuc,d'Asserac et de plusieurs autres seigneurs et capitainesde l'armée du prince de Dombes.

Les deux frères de Guillaume avaient suivi le métier desarmes. En sa qualité d'aîné il avait cherché à les pourvoirhonorablement, nous en avons la preuve au moins pour Gillesde Lisallain, Guillaume aurait voulu qu'il prit une charge deconseiller au Grand Conseil et dans ce but lui fournit la sommeconsidérable de sept cent quatre-vingts écus mais, soit que lesgoûts de Gilles ne le portassent pas vers un tel emploi, soitque réellement il eût été reconnu peu capable d'exercer cettecharge, il prit ce prétexte pour suivre une autre voie, maisil ne rendit pas un compte exact de la somme qui lui avaitété confiée, il resta un reliquat, qu'il dépensa, d'après ce qu'ilaffirma sur son lit de mort en « acte de vertu et fait deguerre ». ll en résulta un froissement entre les deux frères.Cette situation pesait-elle à Guillaume ? Nous l'ignorons.Mais Gilles en souffrit, et l'explication dernière qu'il voulutavoir avec son aîné, lui inspira un des articles les plus intéressantsde son testament où l'on peut juger des sentimentsdont étaient pénétrés les uns à l'egard des autres les filsd'Etienne de Rosmadec. La forme impersonnelle de la rédaction de cet acte enlève un peu de vivacité à la tournure desphrases, mais on sent cependant vibrer un sentiment douloureuxqui saisit encore et émeut malgré l'éloignement dutemps et la banalité d'une discussion de famille d'un intérêthistorique aussi restreint, mais ce que l'on cherche dans lapoudre des archives, ce sont moins des dates et des faits considérablesou menus, que les manifestations des vertus ou despassions. L'histoire est le plus intéressant des romans, parcequ'elle est vraie, et tout battement du coeur humain, entendumême à travers les dalles du tombeau, fait tressaillir le coeur.Lisons donc ce testament jauni par le temps :« D'aultant qu'il n'a jamays rien plus craint, que Monsieurle vicomte de Rosmadec son frère aisné, qu'il a tousjourshonoré comme son père, eust quelque malcontantement deluy, particullièrement depuis quelques années a esté grandementtravaillé de crainte que ledict sieur luy voullust mal, tantpour n'avoir prins un estat de conseiller que pour l'administrationde quelqu'argent que ledict Sr vicomte de Rosmadecson frère luy avoyt faict mettre entre mains, supplyeMessieurs de Poigny, du Hallay et du Boys représanter audictsieur les raisons qu'il leur a particulièrement déduittes pourtesmoignage du peu de faulte qu'il a eu en tout cela, oultrele compte que pai" cy aptes se trouvera de l'administration etemploy dudict argent, luy laisant de plus ceste grâce de supplieren son nom ledict Sr vicomte de Rosmadec son frère deluy voulloyr pardonner ce qu'en cela et en toutte aultre choseil pourroyt avoir failly contre luy, et ne luy reffuser à l'articlede la mort sa- bénédiction qu'il ne désire moins que de sonpropre père.» D'aultant aussy que la chanté des siens luy laisse ungrand soign de la nourriture des enfens de Monsieur etMadamoyselte du Pontrivily sa soeur, supplye lesdicts sieurs dePoigny, du Hallay et du Boys supplier en son nom ledict sieurvicomte de Rosmadec en voulloyr particulièrement prendresoign, les retirer du millieu des paysans et gens rusticques oùilz sont sans auchune instruction, les fayre mettre et entreteniren lieu où ilz puissent estre instruictz en la crainte deDieu et aux bonnes moeurs et apprendre quelque chose qui leur tourne par après et à leur proufilt, honneur et contantement,suppliant pour fin ledict sieur son frère d'aultant qu'iln'a rien de quoy pouvoir disposer pour faire prier Dieu pourluy et donner aux pauvres, ny pour satisfaire ce qu'il désiroit enfaire pour feu Monsieur de Neuville, son frère, qu'il luy plaiseen cela leur faire à tous deulx office de père et de frère selonl'asseurance qu'il a de son amityé, affection et chanté enversles siens ».Ces recommandations minutieuses de Gilles de Lisallaintémoignent de la vivacité de son affection à l'égard de sasoeur Radegonde, mais n'impliquent pas un rappel à la bienveillancepour Guillaume qui aurait délaissé les siens. Toutdémontre, au contraire, qu'une affection étroite unissait lefrère et la soeur. M. de Rosmadec ne perdait pas une occasionde le montrer.Le 4 juillet 1588 un messager arriva à Buhen annoncerl'heureuse délivrance de Madame de Pontrivilly, accouchéed'un garçon. C'était une nouvelle agréable au maître du logis;le messager, porteur de bonne nouvelle, y gagna belle journée,pour sa peine il reçut six sous, somme considérable, sil'on considère que le salaire le plus élevé d'un ouvrier n'excédaitguère cinq sous.En ce moment, se trouvait à Buhen, un personnage d'importance,Messire Jean d'Angennes (i), chevalier des deux ordresdu Roi, conseiller en ses conseils d'état et privé, capitainede 50 hommes d'armes de ses ordonnances, seigneur de Poignyet du Boisorcant, envoyé du roi en Bretagne. Il s'étaitfait annoncer par lettres du Ier juillet, et, le jour même, les chevaux de Buhen furent envoyés à Saint-Brieuc pour y êtremis à sa disposition, ll arrivait à point pour être le parraindu nouveau-né. Le cinquième fils de Thébaud de Boisgelinet de Radegonde de Rosmadec eut un baptême d'une solennitéinaccoutumée.

Les compliments échangés, la grand'messe commença et,lorsqu'elle fut achevée, eut lieu le baptême. François deBoisgelin fut tenu sur les fonts par Jean d'Angennes et parécuyer Jacques Gelin, sieur de Tremargat, de l'Etoile et dela Ville Gilard, procureur au pays de Goëllo, la marraine futdamoiselle Françoise Botterel, dame douairière du Gaige etde la Boussière.

Le personnel du manoir est nombreux, et, s'il n'est pasfacile d'en restituer la composition exacte à une date fixe, onpeut cependant, en l'année 1589, y compter un concierge,un cuisinier avec des aides; c'est un personnage considérable,grassement rétribué, il touche cinquante livres par an; le palefrenierse paie moins cher, trente à trente six livres par an;il faut aussi des chambrières qui se paient douze livres. Enfin,des laquais, des valets de bras, des messagers s'agitent ets'emploient à diverses besognes. Nous devons ajouter desgentilshommes domestiques; il est possible en cette annéed'en compter au moins deux attachés au manoir d'une façonpermanente. Le fils aîné de Château-Goëllo est page auprèsde Monseigneur, une damoiselle est gouvernante des meublesde la maison; le sieur de Boisdeelin (i), maître d'hôtel, vientde quitter le service, il est peut-être remplacé par le rédacteurdes comptes auxquels nous empruntons ces détails. Tout cemonde constitue le personnel des gens de la cuisine et del'office.

La fortune de Guillaume consistant dans les seigneuries deBuhen et Lantic, qui s'étendaient aux paroisses de Plourhan,Lantic, Etables, Tréguidel, Lanvollon l'obligeait à avoir desgreniers au Portrieux ; les seigneuries de la Ville-Solon et dela Ville-Tano, aux paroisses de Plérin et de Saint-Donan,nécessitaient aussi des dépôts au Légué.

Un frère de Guillaume : Jean, que les titres appellentM. de Buhen ( i ) , sa présence au manoir ne nous est révéléeque par des indications peu nombreuses jusqu'au moment oùGuillaume, son frère, dut abandonner le logis pour se soustraireà la fureur des guerres civiles. Enfin, deux enfants, deux cousins, errent dans les cours etaussi dans les chemins, s'il faut s'en rapporter à la consommationde souliers qu'ils font, l'un, Nicolas, avoué de la Barre est enfant de choeur à Notre-Dame, en 1589, l'autre, Jean deMesneuf, avoué de Monseigneur, fait ses études chez lerecteur de Lantic.

Le manoir de Buhen, après les ravages de la Ligue, etait sans doutedevenu inhabitable. Guillaume de Rosmadec se réfugia chezson beau-frère et sa soeur Radegonde, à Esquivic, le 13 décembre 1590et il y demeura jusqu'au 30 septembre 1591.

Après cette tourmente, Guillaume de Rosmadec put récapitulermélancoliquement ses pertes et il constata que, outreht ruine de son manoir et le pillage de ses meubles, le revenude ses rentes était diminué d'un tiers, sans compter la désertiond'un grand nombre de convenants dont les tenanciersavaient fait exponse, ses bois de Buhen avaient été pillés eten plusieurs endroits détruits.

Toujours généreux etattentif à être agréable, il pourvut à l'éducation des enfants desa soeur Radegonde. Son neveu Barthélemy alla à Paris suivreles cours du collège de Navarre. Sa nièce Geneviève se fitreligieuse au monastère royal de Saint-Georges à Rennes.

Le mardi 5 avril 1605, Guillaume de Rosmadec perdit sonfrère Jean, qui décéda à l'âge de 49 ans.Jean de Rosmadec fut inhumé« le mercredi 6 avril 1605, à Notre-Dame-de-la-Cour, à côtédu marchepied du grand autel, du côté gauche ».

Guillaume sollicita du roi Henri IV et obtint l'érection desa seigneurie de Buhen en châtellenie, bien plus la terre deLantic fut unie et se confondit avec Buhen.

Registre paroissial de Lantic :« Le 5 avril 1608, mourut à Saint-Brieuc le vicomte de Rosmadec, son coeur fut enterré à Saint-Brieuc dans l'église de Saint-Guillaume à côté du grand autel où il a un labe. Son corpsfut enterré le 7 avril à Notre-Dame-de-la-Cour.

Radegonde fit célébrer pour son frère des messes et desservices pendant un mois à la chapelle Notre-Dame, et plaçasur sa tombe le beau tombeau qu'on y voit encore

L'aveu de 1551 fixe ainsi les gages des officiels : seneschal, 100 s. ;alloué, 37 s. 6 d. ; procureur, 37 s. 6 d. ; lieutenant, 100 s. ; receveur,10 livres. Le mème acte fixe ainsi les gages des oilîciers de Pordic: seneschal

10 livres; alloué, 100 s.; procureur, 100 s.; lieutenant, 100 s.; receveur,10 livres.

A cette époque, Ies deux seigneuries de Pordic et Lantic étant dans lamême main, c'étaient généralement les mêmes magistrats qui exerçaientdans les deux juridictions.

Les gages du surgarde sont fixés à 12 livres, ceux des forestiers à 60 solschacun.

Le 19 avril 1587, Guillaume de Rosmadec passe un marché avec FrançoisGaultier tailleur de pierre, demeurant dans la paroisse de Tréméloir.Pour la somme de 28 écus, ce dernier s'engage à élever dans Ie délai decinq mois, un patibulaire a quatre pots au clos Malabri (paroisse de Lantic),où étaient précédemment les fourches de justice. Chaque pot aura de haut22 pieds et par le bas de laisse 3 pieds en carré jusqu'à 5 pieds de haut,et le parsur à deux pieds de laisse faictes en rond deuement émoullée etpicottée avec bonne liaison » tous frais et fournitures à sa charge

GUILLAUME DE ROSMADEC, GOUVERNEUR DE VITRÉ (1)2 novembre 1572. — « Monsieur de Rosmadec, j'ay cognu parvotre lettre l'intention qu'avez de commander en ce lieu chose quima tourné à grand contentement de veoir qung gentilhomme de votrevalleur et callité sy offrist, toutes foys estant obbligé de parolles auSr de la Haye de Torse j'ay esté en painne jusque à ce que hier ilme remist par quelques moyens qui s'oflrirent la parolle que je luyavoys donnée pour le commandement de la ville et chateau que debonne volunté je mais en votre puissance, et quant ji vous plaira mevenir trouver je vous expédiré plus emple pouvoir; ce pendant jesupplie le createur vous donner en santé monsieur de Rosmadectrès heureuze vie. A Vitray ce II° de novembre ».« Votre autant affectionné amy, »René DE RIEUX.

2 décembre 1572. — Lettre de Georges de Bueil, seigneur deBouillé, lieutenant général pour sa majesté au gouvernement deBretaigne en l'absence du duc de Montpensier, à Guillaume de Rosmadec.— « Parcequil est requis pour le service de sa Majesté,conservation des villes et chasteau de Vitré en son obeissance etpour le bien et repos des bourgeois manans et habitans dudit lieucommectre un bon personnaige catholique bon et fidel servicteurd'icelle majesté au commandement desdictes ville et chasteau pourcest effect a ce que ny puisse arriver aulchune chose préjudiciableau service d'icelle majesté et à ladicte ville et que tous catholiquesgens de la nouvelle oppinion sy comportent et contiennent suyvantles edictz ordonnances et déclaration mesmes pour exploicteremployer et faire servir les gentilzhommes subjects au ban eterrière ban de la retenue par nous ordonné pour ladicte ville,habitans, ayans fiels nobles et tous aultres habitans d'icelles Selloncomme l'occasion s'en présentera et que ordonneroict cy-après;

(1) Nous savons peu de choses sur les événements militaires auxquelsfut mêlé Guillaume de Rosmadec avant l'année 1573. Un acte du 9 septembre1568 nous le montre demandant d'être exempté de comparaître a.la monstre de Saint-Brieuc, « parce quîl s'en va trouver Monseigneur leGouverneur, ou Monseigneur le Maréchal de Vieille-Ville pour faire serviceau roy à la suite de leurs cornettes ». En 1569, il demande à. être exemptéde l'arrière-ban de Hennés, parce que M. de Bouillé, lieutenant-généralpour le roi, vient de lui « donner commission pour la garde de la côte ethavres de Binic et Portorieulx que naguères avait le feu sieur de liuhen •>.En 1572, il est chevalier de l'Ordre.


Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord - 1865 (1)

La terre de Meneuf était située au diocèse de Rennes,en la paroisse de Saint-Didier.La Ville-Tanne , en Saint-Donan , qu'on déclarait,au xvi" siècle, contenir environ cent vingt journaux deterre, relevait féodalement du comté de Quintin.La seigneurie de La Ville-Solon, qui faisait partie duduché de Penthièvre, au membre de La Roçhe-Suhart,« avait droit de juridiction moyenne et basse, nominationde sénéchal (principal juge), d'alloué (lieutenantdu sénéchal), de procureurs et greffiers, de notaires etsergents pour l'exercice de la juridiction au bourg dePlérin ; possédait les droits de mer et pêcheries, moulins,colombiers, étangs, viviers, garennes défensables àpoil et à plume, et autres honneurs et noblesses, privilegeset prérogatives , comme les prééminences et Fautëorité de fondateur en l'église paroissiale et cimetière dePlérin, sépultures et enfeus prohibitifs dans le choeur etehanceau, &. » Il en coûtait peu de prétendre à de pareilsdroitsen 1583 , mais il fallait qu'ils fussent reconnus.Or , dans un aveu reçu en 1755 , René du Bouilly neréclame plus que la basse justice , les enfeus et prééminences,. et ne place ses armes, dans la maîtresse vitre,.qu'au dessous de celles de Penthièvre.La châtellenie de Buhen-Lantic comprenait les deux.terres de Buhen et de Lantic. En 1583, Guillaume de Rosmadec, nouveau possesseur j .rendait aveu pour Buhen, dans la mouvance du comté •'de Plourhan et de la seigneurie de La Roche-Suhart, à<Philippe-Emmanuel de Lorraine et Marie de Luxembourg,son épouse, duc et duchesse de Mercoeur et dePenthièvre, « ligement, à foi et hommaige et chambellenaige,sans aucun devoir de rachat. »La seigneurie de Buhen ne relevait pas tout entièredu duché de Penthièvre : il fallait encore qu'elle fournît.aveu à la seigneurie de Lanvollon, membre du comté de Goëllo, pour la partie qui s'étendait en la ville etparoisse de Lanvollon, parce que le fief de Buhen avaitété jadis , disait-on, le partage d'une fille de la maisond'Avaugour. Un aveu rendu en 1605, par Guillaume deRosmadec, à Charles de Bretagne, comte de Vertus etGoëllo, baron d'Avaugour, mentionne certains droitsassez curieux ou bizarres : le droit de la coutume du selblanc et menu qui se lève tous les vendredis et jours demarché par les receveurs de la seigneurie de Buhen ,lequel devoir est doublé les trois jours de foire ; — ledroit et le pouvoir au seigneur de Buhen, son receveurou son sergent, de démonter les principales portes desmaisons, faute de paiement des chefrentes, de coucherde travers les huisseries et, au bout de huit jours , deles vendre sur Ia place publique, sans autre formalitéde justice.Dans cet aveu, le seigneur de Buhen supplie le suzerain« d'excuser la défectuosité ou l'abondance, s'il s'entrouve, attendu la perte de ses titres, pendant les dixannées de la dernière guerre civile qui ont apporté Iedésordre en tout ce royaume et particulièrement plusexécrable en cette province. » Dans une plainte adressée,en 1594, par Guillaume de Rosmadec, aux juges dela Cour royale de Saint-Brieuc, il est, en effet, constatéque le chàteau de Buhen a été pillé, ravagé et brûlé, etque la perte des meubles monte à 4,000 écus environ fcelle des bâtiments à 6,000.La seigneurie de Lantic avait aussi fait partie autrefoisde Ia baronnie d'Avaugour. Ce fut à ce-litre queFrançois I" en réclama la possession, lorsqu'il voulutopérer, en 1537, la réunion au Domaine des terres anciennementaliénées ; mais il ne donna pas suite à ce dessein. Lantic , annexe de la terre de Pordic, étaitalors dans la maison Le Porc de La Porte. Elle fut ven*-due , en 1584 , par Jacques Le Porc , à Guillaume deRosmadec, pour la somme de 8,333 écus et tiers cPécu.La terre de Lantic était soumise aux. lods et ventes àFegard-du Domaine royal de Saint-Brieuc, dans la mouvanceduquel elle était assise. Il aurait donc fallu queGuillaume de Rosmadec payât le droit de lods et ventes-,si Henri III ne lui en avait fait la remise, en 1583, « enconsidération des bons et agréables services qu'il nous -a faits, mesmes durant les derniers troubles. ». Cette remise était d'autant plus opportune et nécessaireque, le 12 novembre 1583, le Roi « pour retran--cher l'occasion aux particuliers de l'importuner, commeils soulloint, de leur faire don des dicts deniers et don-ruer moyen à la Royne, nostre dicte dame et mere, defaire et continuer le pallais royal des Tuilleries qui estla seulle décoration et ornement de celluy du Louvre, »avait abandonné,.à cette fin, à Catherine de Médicis, lesdeniers casuels du. duché de Bretagne, tels que rachats,lods et ventes, pour neuf années, suivant, en cela.,,l'exemple qu'avait donné son frère, Charles IX.Telle était la situation des terres de Buhen et de Lantic,lorsqu'en 1606, le roi Henri IV les érigea en châtellenie*par des lettres-patentes qui donnent de curieux détailssur la constitution des deux fiefs et qui mettent en lumièreles services rendus par Guillaume de Rosmadecà son prince et à son pays.La châtellenie de Buhen-Lantic possédait des boisconsidérables qui avaient été concédés, en 1530, à Jeande La Porte, par le baron d'Avaugour, à titre de féagenoble. Ces bois, qui avaient été aliénés de Buhen « lorque les guerres civiles estoient fort allumées en cesteprovince,» firent retour à leur ancienne seigneurie;mais les arbres avaient été dégradés, abattus. Les riverainss'étaient arrogé des droits que Guillaume de Rosmadecvoulut supprimer. Il fut obligé de prouver queces bois étaient son propre domaine .et non des communsou des terres chargées de servitudes, et que, parsuite, aux termes de l'article 393 de la Coutume, ilsétaient dé/ensables , c'est-à-dire , pouvaient être encloset gardés. Quant à ses vassaux, il leur permit d'y menerpaître leurs bestiaux, moyennant le paiement d'un droitàejjanage, qui était, au xviii' siècle, d'un demi-boisseau,le plus souvent d'un boisseau par cheval, vache, troupede brebis et d'agneaux. —Le revenu de ces bois comprenait,outre le prix de la coupe, les taux et amendesprovenant des contraventions et la recette des panages.La surveillance était confiée à un Sugarde qui tenait desaudiences et à des gardes forestiers chargés de la police.Ce ne fut qu'en 1707 qu'uu édit royal permit aux seigneursd'avoir une gruerie, ou juridiction spéciale deseaux et forêts, relevant de la Maitrise rof aie la plus voisine,et celle-ci de la Table de Marbre qui siégeait àRennes ; mais bientôt les juridictions inférieures deseaux et forêts furent incorporées aux juridictions seigneurialesordinaires, et les Maîtrises seules furent maintenues.Buhen possédait aussi beaucoup de landes qui avaientété concédées, comme les bois, à titre de féage, par lebaron d'Avaugour. Tous les feudistes bretons et françaiss'accordant à dire que les terres vaines et vagues quisont dans les metes (limites) d'une seigneurie sont le domainedu seigneur, les bordagers (riverains) des landes de Buhen qui s'étaient permis de peler la lande et de labrûler pour engraisser leurs terres, furent menacés, pararrêt du Parlement, d'une amende de 100 livres et, encas de récidive , d'une peine infamante.Les droits et prérogatives de Buhen-Lantic furentsolennellement reconnus, en 1682, par maîtres JacquesLangloys, conseiller du Roi, maître ordinaire de saChambre des Comptes de Nantes, et Phelipot de La Piguelaye,sénéchal de la Cour royale de Saint-Brieuc,tous deux délégués pour la Réformation du Domaine deSaint-Brieuc Après avoir examiné l'aveu qui leur avaitété présenté, ils maintinrent le châtelain dans ses droitsde haute-justice, fief de haubert, ceps, colliers, fourchespatibulaires à quatre piliers (signes extérieurs de hautejustice),lods et ventes, épaves (objets mobiliers égarés),galloys (terres vagues), — à devoir de foi, hommage,chambellenage et rachat, — mais en Ie déboutant d'unprétendu droit d'aubaine (succession d'un étranger).L'érection de Buhen-Lantic en châtellenie, dans lamouvance de la Cour royale de Saint-Brieuc, n'avaitpoint émancipé la partie de la terre de Buhen qui relevaitautrefois de Penthièvre, car on trouve encore, aux\m° siècle, des aveux partiels rendus à ce duché.Le dernier compte annuel des recettes de la châtellenie,présenté, au mois d'Octobre 1789, par M. Allenou,régisseur, accuse un revenu net d'environ 8,000 livres.Ce fut grâce à l'héritage de Guillaume de Rosmadecque Thebaut de Boisgelin et Radegonde,, sa femme, purentétablir convenablement leurs nombreux enfants.Au XVIIIe siécle, la branche aînée des Pontrevily accrutencore ses domaines, mais en dehors de l'évêché deSaint-Brieuc. Elle acquit d'abord, en Cesson, près de Rennes, la terre de Cussé, qui avait été érigée en mai*-quisat par lettres-patentes de 1643 ; puis , en 1743, laterre de La Roche-Bernard, qui fut estimée 442,360livres, 9 sous, 2 deniers, valeur évidemment au-dessousde la réalité, puisque le revenu s'élevait à plus de 20,00frlivres.


Inventaire sommaire Série A à E - AD Côte d'Armor

A 6 - (s.d.) — Minus fournis au duc de Bretagneet au Roi pour l'éligement du rachat des terres et seigneuries de La Ville-Tano et de La Ville-Souzain, par Guillaume de Rosmadec ;

A.7 - :—pour Buben-Lantic, par Guillaume de Rosmadec.

B.179 - — Enregistrement de l'acte de vente de la terre de Buhen-Lantic, faite par noble et puissant Jacques Le Porc de LaPorte, baron de Vezins et de Pordic, à noble et puissantGuillaume de Rosmadec, vicomte de Meneuf.

E- 1567 -1420-1608 — Tilres généraux. — Propriété : copiesde lettres du duc Jean V, confisquant la terre de Buhen surEtienne Du Rufflay, «coinplisse, sequace, fauctoureladhère»d'Olivier el de Charles de Blois, dans l'attentat de Chantoceaux,cl donnant ladite terre à Jacob Du Fou; autres lettresmaintenant les droits accordés au sieur Pu Fou, mais rendantde nouveau Margot Du Rufflay, fille d'Etienne, habile à succéder«aux eschoitles qui, au temps advenir, lui eschoironlel advendront » ; — mémoires concernant la saisie de la terrede Lanticet des bois de Buhen et de Lanvollon, en 1537, ella réunion de ces terres au Domaine royal de Saint-Brieuc,sous prétexte qu'elles provenaient d'un démembrement duDomaine ducal ; — contrat de vente de la terre de Lantic etde ses dépendances par Jacques Le Porc de La Porte àGuillaume de Rosmadec, en 1584, suivi de l'appropriementpar l'acquéreur et d'une réclamation du paiement des lodset ventes par le domaine de Saint-Brieuc; — copie de lettresdu roi Henri IV (IG07) : érigeant en litre de châtellenie,sous le nom de Buhen, les terres de Buhen el de Lantic,« ladicte terre de Buhen jadis partage d'une fille du barond'Avaugour, et celle de Lantic, sortie et démembrée, depuisles cent ans derniers, du comté de Gouello, combien queautreffois elle fust des appartenances de ladite seigneurie deBuhen, dont elle fust séparée environ l'an MCCCC durant lesguerres civilles de notre dit pays de Bretaigne » ; autorisant laconstruction d'une forteresse, le rétablissement de deux foires,l'une devant se tenir à Notre-Dame de La Cour, le lendemainde l'Asssomplion, et l'autre, près de la chapelle tréviale deSaint-Maudé des Bois, fillette de la paroisse de Plourhan,le tout en considération des services de Guillaume de Rosmadec,«tant en assaulx de certaines villes, conservaciond'autres, rencontres, escarmouches que batailles, conduictesdes genlz de guerre et autres expériences militaires pendantles troubles el guerres civilles, qui ont eu cours en ce royaulmeet continue encores, tant que son pouvoir, son nage et sasanté luy permettent. » (La châtellenie de Buhen-Lanlics'étendait dans les paroisses de Plourhan, d'Élables, dePordic, de Trégomeur, de Lanvollon, de Plouha, de Lantic,de Tréguidel, de Pléguien et relevait du Domaine royal deSaint-Brieuc, du comté de Goëllo et delà seigneurie de LaRoche-Suharl. — Seigneurs de Buhen : au xvc siècle, EtienneDu Rufflay, Jacob Du Fou ; au xvie, Jean, Yvon et Guillaume de Rosmadec. — Seigneurs de Lantic : au xvi° siècle,François de La Porte, Marthe de La Porte et Jean Le Porc,son mari; Jacques Le Porc de La Porte, Guillaume de Rosmadec.— Seigneurs de Buhen et Lantic : au xvn° siècle,Guillaume de Rosmadec, Radegonde de Rosmadec et Tliébautde Boisgelin, son mari; Jean de Doisgelin, père et fils; auXVIII0, Gabriel, Renaud-Gabriel de Boisgelin; Sainte deBoisgelin et Eugène de Boisgelin, son mari. Voir A. 6, B.179 et E. 1358.)

E-1568 -Titres généraux.— Féodalité passive:projet d'aveu à rendre par Jean de Rosmadec à la Cour deLantic pour le manoir de Buhen et diverses dépendances; —aveux présentés : par Guillaume de Rosmadec à la seigneuriede La Roche-Suhart, pour la terre de La Ville-Solon, enPlérin, et la partie de celle de Buhen s'élendant dans lesparoisses d'Étables, de Plourhan et de Trégomeur; au comtéde Goèllo, pour la partie de la terre de Buhen s'élendantdans la ville et paroisse de Lanvollon ; à la seigneurie de LaRoche-Suhart, par Radegonde de Rosmadec et Jean deBoisgelin, pour une partie de la terre de Buhen, après l'annexionde Lantic;— bail à ferme de la seigneurie de Buhen-Lantic, pendant l'année du rachat acquis au Domaine doSaint-Brieuc parle décès de Guillaume de Rosmadec; —quittance du fermier du Domaine concernant le rachat payéaprès la mort de Radegonde de Rosmadec ; — sentence ducommissaire de la Rélormation pour la réception de l'aveude Buhen-Lantic par Jean Du Boisgelin ; — quittance de lasomme de 2,400 livres payée au receveur-général des Domainesde Bretagne par Renaud-Gabriel Du Boisgelin, après le décèsde son père, Gabriel. — Domaines et droits domaniaux :marché pour faire «aneuffdepierede tail deubmenlpicottéequatlre posls et pilliers de taille pour servir de justicze », enla paroisse de Lantic; — demande d'enquête par Guilllaumede Rosmadec pour l'aire conslator les vols commis dans samaison de Buhen, l'incendie de ses meubles, estimes 4,000écus, et du bâtiment, estimé 0,000 écus (1594) ; — relevédes actes translatifs de propriété dont les lods et ventes sontdus au seigneur.

E-1569 -— Titres généraux.— Fermes et comptes :réserve du manoir seigneurial de Buhen, en Plourhan, de lamétairie voisine, de la coupe des bois et forêts et de quelquesautres domaines, faite par Guillaume de Rosmadec dans laTerme de ses terres accordée à Jacques Costart; — ordre àMarguerite Moisan de livrer 20 boisseaux de froment auxreligieux de l'Ile-Verte; — quittances de diverses sommesremises par ordre de monseigneur de Rosmadec aux ermitesde la forêt de Buhen ; — comptes de recettes et dépenses fournis par les sieurs Nicolas Eouzan et Louis Le Normant,de Beaupré et Allenou, receveurs; — état du revenu de laseigneurie de Buhen-Lantic, dans la paroisse de Lantic seulement,montant à5,257 livres environ par an.


Choix de documents inédits sur l'histoire de la Ligue en Bretagne -1880

M. de Rosmadec-Buhen, qui ne se doutaitguère que ses paperasses particulières pourraientservir à l'histoire. On y voit les épreuves imposées àcette « troisième sorte de gens qui se retirèrent dans« leurs maisons et qui achetèrent bien cher la neu-« tralité » *. Tout en cherchant à ne pas se compromettre,M. de Buhen ne put éviter quelques horionsdes deux partis ; plus tard, il donna à sa conduiteprudente l'apparence d'un dévouement complet auroi, qui le combla de nombreuses faveurs d'amourpropre,dont il était, du reste, très-friand.1589. Malgré l'état maladif de M. de Buhen, on achetaitde la poudre et du plomb pour faire des balles d'arquebuses

on mettait celles-ci en état, on faisait ferrer etconsolider les portes du manoir; les dépenses de tableindiquent que les habitants du château étaient nombreux.— En septembre, il avait à traiter de la rançon de sonbeau-frère, M. de Boisgelin, prisonnier de guerre àVannes ; le ai il venait, avec six gentilshommes bretons,trouver M. de Mercoeur en son camp devant Quintin. Lei" décembre, il se trouvait encore au camp des Ligueurs,où il achetait dc l'un des maîtres-de-camp de Mercoeurdeux cuirasses a l'épreuve du poitrinal ; il tombait malade,était soigné par les médecins du duc, qui faisait donnerdes sauvegardes à quatre des gentilshommes qui étaientvenus avec le seigneur de Buhen et voulaient se retireren leurs maisons ; néanmoins l'un de ceux-ci, le sr dcSaint-Pabu, son sénéchal, ayant été fait prisonnier, Rosmadecavait, le 22 décembre, à s'occuper de sa rançon.1590. En février, les achats de poudre continuaient âBuhen, ainsi que les travaux de consolidation aux mursd'enceinte et aux portes. Rosmadec était alors Én relation avec les royaux, il écrivait è La Tremblaye, envoyaitplusieurs de ses gentilshommes rejoindre à Guingamp lacompagnie du sr de Kervousic ; il se procurait un bonroussin et une cuirasse. Au mois de décembre, il envoyaitdes messages fréquents, quelquefois détroussés, au princede Dombes, et se plaignait amèrement, le aa, aux commandantsde Saint-Brieuc, de Moncontour et de Quintin,de ce que cinquante soldats de cette dernière garnisonétaient venus piller Buhen dans la nuit de la fête SaintAndré.1591. Durant cette année, Rosmadec s'occupa surtoutd'avoir des sauf-conduits du prince de Dombes pour luiet sa maison ; U les fait chercher le 16 mars et lesenvoie le i" avril à Moncontour et è Quintin aux capitainesRoatin et Cerizay; le im mai, il obtenait encoreune sauvegarde du colonel de lansquenets qui était aucamp de Lanvollon ; grâce à cela, il avait è payer cinqlansquenets de Lanvollon et un Anglais, 3* par jour, pourgarder son manoir. Il avait mille attentions pour les chefsde garnisons ; le 24 mars, il envoyait du poisson de merau camp de Châtelaudren; le a5, un turbot à M. de LaHunaudaie, au camp de Lanvollon; le 17 mai, encore dupoisson au camp de Lanvollon, au prince de Dombes.Tout cela n'empêchait pas qu'en mai ses greniers du Leguéne fussent vidés pour la nourriture des soldats du roi, etque, le aa août, la terré de son beau-frère ne fût pillée parles lansquenets. — Le i" septembre, Tannée royale quittantSaint-Brieuc, la garde de Buhen devait également sereplier. A dater de ce moment, M. de Rosmadec ne semblepas se soucier de rester en Goello; vers le mois de septembre,il va à Guingamp pour réconcilier Kergomar avec Rostin,commandant de la Rochejagu ; puis à Tréguier, faire sesdévotions pour la Toussaint, puis il revient par eau à laRochejagu et part pour Jersey, où il séjourna pendantl'année 1592 et une partie de 1593.1593. Le 5 septembre il vient à Coutances, puis à Rennesau commencement d'Octobre
à ce moment il est occupé ârégler sa rançon et celle de plusieurs des siens ; nousn'avons pas d'autres données sur les circonstances quimirent le sr de Buhen aux mains des Ligueurs.— En 1594,Rosmadec résidait à Guingamp et entretenait des relationsavec La Fontenelle, qui lui apportait un exemplaire de laSatyre Ménippée.


Inventaire sommaire série B t1 Chambre des comptes - AD Loire-Atlantique

B 75 — érection en châtellenie de la terre de Buhen, pour M. de Rosmadec (1607)

Notes concernant l'union

Union avec Julienne BOTHEREL:
(contrat de mariage, sans postérité)

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

  Raoul LE MESCOUAL Marie RUFFLAY (du), Dame Buhen (de) - Plourhan †1492/    
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Christophe ROSMADEC (de), Seigneur Buhen (de) - Plourhan †1513/ Françoise LE MESCOUAL, Dame héritière Buhen (de) - Plourhan François HALLAY (du) Louise RABAUD
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Étienne ROSMADEC (de), Seigneur Lissalain (de) †ca 1559 Geneviève HALLAY (du), Dame héritière Mayneuf (de) - Saint-Didier †1594/
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Guillaume ROSMADEC (de), Seigneur Mayneuf (de) - Saint-Didier †1608