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Finistère :     Familles   Joncour - Drévillon (Crozon, Plogonnec, Argol) + Buzaré (Tréflez)                      et Colin - Ménes (Ploudalmézeau)                                                                                                                                                                                                      Résumé, photos, anecdotes... dans la "CHRONIQUE FAMILIALE"    

 Chronique familiale



  1 - BRANCHE PATERNELLE , Cornouaille (sud Finistère)


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souris.jpg .. CLIQUER sur les MOTS COLORES OU SOULIGNES : Ils comportent des liens à suivre icon_eek.gif


Mon père Alexandre J.M. Joncour, fils d’Alexandre H. Joncour et de Jeanne Drévillon, est né à Crozon. Tous ses ascendants sont de Cornouaille (sud-Finistère). J’ai ajouté en fin de page des paragraphes sur Crozon et sur la Cornouaille. Cette page comporte aussi l’ascendance de Catherine Buzaré, seconde épouse de mon grand-père.


Sommaire

 1 - Ascendants d'Alexandre H. Joncour

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FICHE : Alexandre Joncour LISTE de ses ascendants CARTES : Région de Crozon // Entrée de la presqu'ile // Porzay


La famille JONCOUR est originaire de l'ouest de la Cornouaille (nord du Pays Glazik). De Plogonnec, par Plonévez-Porzay et Saint-Nic, mes ancêtres ont migré en direction de Crozon où ils ont rencontré la famille ROLLAND qui y était implantée depuis le XVII° siècle au moins.

De plus un rameau de la branche JONCOUR (famille D'HERVE ou DERVEZ) s'étend depuis Dinéault vers l'entrée de la presqu'ile de Crozon, sur Argol, Landévennec et Telgruc.

Le plus ancien JONCOUR connu, Henry LE JONCOUR , est né à Plogonnec vers 1575. Ses descendants restèrent à Plogonnec jusqu'en 1745 où Jean s'établit à Plonévez Porzay. Les fils et petit fils de Jean vécurent à Plonévez. Son arrière-petit-fils, Guillaume, est né à Saint-Nic en 1866. Le fils de Guillaume, mon arrière-grand-père Jean, né à Saint-Nic, viendra vivre à Crozon.


Localisation_Plogonnec.jpgCassini_Plogonnec.jpgPlogonnec_2.jpg
Plogonnec, berceau de la famille Joncour

Les Joncour à Plogonnec :

  • Nom "Joncour" dans Geneanet : Plogonnec apparait nettement comme le lieu d'origine du nom JONCOUR en France. Dans l'ensemble des mentions sur Geneanet des origines jusqu'au XVIe siècle, Plogonnec a 7.589 occurrences (contre 1.435 pour sa voisine Douarnenez et quelques centaines au maximum pour les autres lieux de Bretagne, ce nom étant quasiment absent hors Bretagne aux époques anciennes).
  • A Plogonnec, et dans les paroisses voisines, la famille JONCOUR avait une place éminente au XVIIe siècle. Plusieurs inscriptions à ce nom sont gravées sur les murs d’églises et de chapelles. Ces Joncour étaient membres du « Conseil de fabrique » des paroisses (abréviation : F. ou FA.) :

Inscription_J_JONCOVR_1616_R.jpg

A la chapelle Saint-Pierre de Plogonnec (chapelle des seigneurs de Névet), la mention « I. IOИCOVR 1616 » apparait sur le pignon ouest de la chapelle. A l’église de Ploaré (St Herlé), au porche sud, on lit sur la voûte « I IOVNCOVR F». A l’église ND du Juch l’inscription « I LE IONCOVR F » apparait sur la tourelle du flanc sud du clocher et une autre mention « G IONCOVR FA » est portée sur le mur du bas-côté Nord. C’est dans la sacristie que se trouve la mention « IAC IONCOVR FAB 1685 » à l’église de Gourlizon (St Cornely).
  • René LE JONCOUR (1644-1720) et son fils Jean (1684-1742) sont peut-être les "délibérateurs" au Conseil de fabrique de la paroisse de Plogonnec que mentionne un document du 4 avril 1717 (voir dans la fiche de René Le Joncour).


Rolland_Joncour.jpg

Mes arrière-grands-parents Anne-Marie Rolland et Jean Joncour vers 1950


Filiation JONCOUR : Henry "Le Vieux" LE JONCOUR ca 1575-1654 > Henry LE JONCOUR 1616-1684 > René LE JONCOUR 1644-1720 Filiation.jpg > Jean LE JONCOUR 1684-1742 > Jean LE JONCOUR 1720-1761 > René LE JONCOUR 1746-1789 > Jean JONCOUR 1778-1833 > Guillaume JONCOUR 1831-1892 > Jean JONCOUR 1868-1952 > Alexandre Henri JONCOUR 1897-1977 > Alexandre Jean Marie JONCOUR 1927-2016 > Jacques JONCOUR 1953-


onomastique_2.jpg Le nom de JONCOUR est d'origine Finistérienne. Il est attesté dès 1392 en Cornouaille.

Lors de la "montre" des nobles de l'évêché de Cornouaille en 1481 sont mentionnés : "Alain le Joncour", noble de Gouézec, représenté par son fils Yvon (archer en brigandine), et "Henry Le Joncour", parmi les hommes d'armes (croustilleur) accompagnant Henry Provost (fils de Geoffroy), d'une lignée possessionnée à Ergué-Gabéric, Beuzec-Cap-Sizun, etc.

Selon Albert Deshayes (Dictionnaire des noms de familles bretons, "Chasse-Marée", 2005), le nom Joncour « se rattache au terme "joncorus" latinisé, mentionné dans la vie de St Goulven et qui glosait le latin "mirans", peut-être contracté de "mirandus", digne d'admiration, admirable ». sic !!!

L'état civil indique que mes ancêtres ont porté le nom de "LE" JONCOUR jusqu'au milieu du XVIIIe siècle.


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Vers 1930, Alexandre Joncour, Jeanne Drévillon et leurs enfants : [de gauche à droite] Alexandre (né en 1927), Jean (né en 1925) et Christiane (née en 1923).



Ponte de Pen Hir~Famille Joncour probablement lors du mariage de Jeannette_1.jpg
Alexandre Joncour, avec ses enfants (Alexandre [en haut 2° à gauche], Jean [en haut 4° à gauche], Christiane [2° rang 2° à droite], Jeannette [en bas]), leurs conjoints et Catherine Buzaré, à Camaret le 16/09/1951.




1.1 - Mousse à dix ans sur une chaloupe sardinière

DZ460.jpg

C’est alors qu’il a seulement dix ans depuis quatre jours que mon grand-père, Alexandre JONCOUR embarque à Morgat, le 18 mai 1907, comme mousse à bord du canot « Droits de l'Homme » pour une campagne de « petite pêche » (sardine, maquereau, poisson de palangre).

« Droits de l'Homme » est un canot de 8.66 mètres, 6,72 tonneaux, construit en 1899 à Douarnenez et immatriculé sous le n° D 460. Il est vendu en 1906 par Henri Gonidec à Auguste Kerjean qui le base à Morgat; il est alors immatriculé au quartier de Camaret sous le n° C 1252.

Mon grand-père y pêche surtout la sardine en baie de Douarnenez, comme son futur beau-père Jean DREVILLON (voir les articles pêcheur en baie de Douarnenez et thoniers et sardiniers de Morgat), à une période où la pêche de ce poisson vient de vivre l'une de ses plus graves crises.

Il navigue sur le canot « Droits de l'Homme » jusqu'en 1909.



Le canot « Droits de l'Homme » (D 460) dans le port de Douarnenez

Source : http://www.bagoucozdz.fr



Chaloupe_La_Louise_port_de_Morgat_R.jpg


De 1911 à 1913, mon grand-père, âgé alors de 13 à 15 ans, embarque comme mousse sur la chaloupe "la Louise" basée aussi à Morgat.

"la Louise" est une chaloupe de 12,29 m et de 14,39 tx immatriculée au quartier de Camaret sous le n° C 1420. Construite en 1909, elle pratique, au filet, la pêche à la sardine et au maquereau; patrons : Jean Boucharé et Joseph Kerisit .

Source : http://www.bateaux-de-camaret.com/





La chaloupe « La Louise » (C 1420) dans le port de Morgat



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Fiche d'inscrit maritime provisoire d'Alexandre Joncour













1.2 - Sur le cuirassé Patrie, Grèce, 1916

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Le 17 juillet 1916, à 19 ans, mon grand-père, Alexandre JONCOUR , embarque sur le cuirassé Patrie. C’est la première affectation de son service militaire de 48 mois, en pleine guerre.

Venant des Dardanelles, le cuirassé Patrie intervient à partir de 1916 en Grèce et en Méditerranée Orientale dans « l’Affaire de Grèce ». Basé à Salonique, il opère en mer Ionienne et en mer Egée contre les armées Austro-hongroises et Allemandes.

Le 1er septembre 1916, le cuirassé Patrie participe, avec 22 autres navires, à une démonstration de force devant Le Pirée pour impressionner le roi de Grèce considéré comme pro-allemand. Le 1er décembre, les navires couvrent le débarquement de 2500 hommes qui s'emparent de la capitale à l'issue de combats de rue. Les cuirassés ouvrent même le feu avec leur artillerie lourde. Les fusiliers-marins du cuirassé Patrie subissent de grosses pertes lorsque les projectiles atteignent le Zappeion.

Mon grand-père quitte le cuirassé Patrie le 26 octobre 1917. Il y est devenu canonnier breveté.



Le cuirassé Patrie sous le soleil grec...


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Mon grand père a reçu sa médaille militaire par décret du 1er juillet 1931, dans la même promotion que plusieurs marins ayant servi sur le cuirassé Patrie en 1916/17.




1.3 - La retraite des cantonniers en 1908

[ Article de mon arrière grand-père, Jean JONCOUR, paru dans : « Le Finistère », Quimper, le 1er janvier 1908 ]

Appel cantonniers_1.JPGChez les cantonniers du Finistère. Un appel

M. Jean Joncour, cantonnier à Crozon, président de la Société de secours mutuels des cantonniers de l’arrondissement de Châteaulin, nous communique l’appel suivant, auquel nous sommes très heureux de donner asile dans nos colonnes :

J_Joncour_1934_R.jpg

« Aux Cantonniers communaux,

Camarades, presque la totalité des communes ne donnent aucune pension de retraite à leurs cantonniers qui, de ce fait, après avoir travaillé parfois pendant 40 et même 50 ans sur les routes, après s’être usés au service des communes, ont pour retraites : rien.

Camarades, justement préoccupé de cette situation, j’écrivis le 8 du mois courant une lettre à M. Millerand, président de la Commission des retraites ouvrières à la Chambre des députés, lui demandant d’avoir l’obligeance de répondre aux questions ci-après:

1° Les cantonniers communaux auront-ils droit aux retraites ouvrières ? 2° Dans l’affirmative, ont-ils avantage à verser dès maintenant à la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse ?

Par lettre en date du 12, il m’a répondu : 1° Que les cantonniers communaux auront droit aux retraites ouvrières. 2° Que lesdits cantonniers ont avantage à verser le plus tôt possible à la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse et que toute année de versements fait à ladite Caisse, comptera pour l’obtention de la retraite ouvrière et l’augmentera d’autant.

Camarades, je m’empresse de porter à votre connaissance cette bonne nouvelle, et j’aime à croire que tous sans exception vous commencerez à verser dès à présent à la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse ; le versement doit être de deux francs par mois ; ce sera toujours un morceau de pain assuré pour vos vieux jours.

Voici comment il faut s’y prendre pour faire ces versements. Vous demanderez d’abord à la mairie de la commune où vous êtes né votre extrait de naissance sur papier libre et l’extrait de votre femme si vous êtes marié; ensuite vous irez trouver le percepteur de votre canton, qui, avec sa bonne grâce habituelle, vous donnera une feuille imprimée, que vous aurez à remplir en suivant les indications qui se trouvent au dos de cette feuille ; ensuite il transmettra cette feuille avec votre premier versement à Paris, au siège de la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse, qui vous délivrera un livret, où vos versements seront inscrits au fur et à mesure qu’ils seront faits.

Camarades, un grand nombre d’entre vous sont restés jusqu’ici en dehors de nos Sociétés de secours mutuels, prétextant qu’étant cantonniers communaux, ils n’avaient aucun avantage à faire partie de ces sociétés.

C’est une grand erreur, car en dehors des indemnités de maladie que ces sociétés accordent à leurs sociétaires (et vous conviendrez avec moi qu’un cantonnier communal peut tomber malade aussi bien qu’un camarade des autres services), si tous les cantonniers ont intérêt à s’associer, il n’y en a aucun qui l’ait autant que le cantonnier communal, dont le salaire varie non pas d’un département à l’autre, mais d’une commune à une autre.

Camarades, ce que par nos associations nous cherchons à obtenir, c’est l’union entre tous les camarades pour pouvoir présenter avec plus de force nos justes revendications, et la première de ces revendications, celle qui nous tient le plus au cœur, c’est la fusion de tous les services sous un seul et même ministère, afin qu’il n’y ait plus trois catégories de cantonniers, mais seulement une seule catégorie, et l’on ne verra plus cette chose absurde de trois cantonniers faisant le même travail et étant dans la même classe, recevoir trois salaires différents, suivant qu’ils sont au service de l’Etat, du département ou de la commune.

Allons, camarades, pas d’indifférents ni d’égoïstes.

Associons-nous, unissons-nous, groupons-nous, et nous seront forts. Voyez nos chefs qui, du plus grand au plus petit, nous encouragent en faisant partie de nos Sociétés, comme membres honoraires. L’union fait la force ; ne faisons pas mentir notre chère devise qui est : " Un pour tous, tous pour un ".

Signature_Jean_Joncour.jpgEn terminant, je serai reconnaissant aux camarades qui me liront, soit chefs cantonniers, soit cantonniers, de donner connaissance de cet avis aux camarades de leurs brigades. »

Jean Joncour, cantonnier à Crozon, président de la Société de secours mutuels des cantonniers de l’arrondissement de Châteaulin.

[ Source : http://www.crozon-bretagne.com/histoire/ok/article.php?ID_hist=1335 ]



1.4 - Courage d’un cantonnier de Crozon

2018_09_26_15h46_51.pngChaval_emballe.jpg« Acte de dévouement ».

Tel est le titre d’un article paru le 18 octobre 1910 dans « La Dépêche de Brest » concernant mon arrière grand-père, Jean JONCOUR.

« Samedi, vers trois heures de l'après-midi, un attelage, sans conducteur, descendait au galop la route de Kerloc'h [entre Crozon et Camaret].

Voyant le danger couru par les personnes montant la côte, M. Joncour, cantonnier à Crozon, se jeta résolument à la tête du cheval et réussit à arrêter l'animal, après avoir été traîné sur un assez long parcours.

Nous adressons à M. Joncour, qui n'en est pas, paraît-il, à son premier acte de dévouement, nos sincères félicitations, et souhaitons qu'il obtienne la récompense qu'il a si bien méritée. »

Source : http://www.crozon-bretagne.com/histoire/ok/article.php?ID_hist=1620



1.5 - Du Porzay à Crozon

Question : Alors que les JONCOUR sont restés à Plogonnec et Plonévez-Porzay du XVI° siècle jusqu'en 1833, pourquoi Guillaume naît à l'entrée de la presqu'île de Crozon en 1831 ?

Réponse : La mère de Guillaume Joncour, Jeanne KERVELLA, née à Telgruc, a accouché à Saint-Nic, paroisse de sa mère; son mari est mort à Plonévez-Porzay alors que Guillaume n'avait que 2 ans ; elle est revenu vivre à Saint-Nic où elle mourra ; Guillaume, en épousant une fille d'Argol, se fixera dans la presqu'île et ses descendants se marieront aussi avec des filles de la péninsule.

C'est ainsi que les origines du Porzay furent totalement oubliées d'une famille devenue pleinement Crozonnaise.

Naissance_Guillaume_Joncour_1831.jpgActe de naissance de Guillaume Joncour, 1831


bonnet_phrygien.JPG Une petite énigme non résolue concernant le Porzay : René Le Joncour passe tout sa vie à Plonévez-Porzay mais, curieusement, il meurt à Poullan-sur-mer, loin pour l'époque de son village. Qu'allait-il donc y faire un 29 octobre 1789 ? A-t-il été entrainé dans les troubles de cette année révolutionnaire ?


1.6 - Profession : Mendiant !!

L’état-civil de plusieurs de mes ancêtres fait apparaître la profession (sic) de "mandiant". Parmi ceux-ci, Jeanne Kervella (1796/1858), François d’Hervé (1797/1871), Françoise Moreau (1794/1863) et Ambroise Arzel (1766/1843).


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En basse Bretagne, le statut de mendiant était parfaitement reconnu et accepté. A une époque où l’assistance sociale n’existait pas, il attirait la générosité des habitants vers les indigents de la paroisse.

Dans une région très christianisée, le mendiant était considéré comme le « pauvre de Dieu », image du Christ. Il était volontiers invité aux noces et autres réjouissances. On l’appelait « unan a dichans », quelqu’un qui n’a pas eu de chance…

Bien entendu, on se méfiait plus des mendiants extérieurs à la paroisse, perçus comme des vagabonds.

mendiant.JPG à lire sur le sujet : « Mendiants et vagabonds en Bretagne au XIXe siècle » .


1.7 - Cahier de doléances et rogue pour la sardine

En 1789 Alexis HERJEAN, mon sosa n° 150, est membre du « Général » de la paroisse de Crozon.. [en Bretagne les paroisses étaient gérées par un "général", ou "fabrique", ou "corps politique", de douze membres]

Le 13 avril 1789 le Général se réunit à la sacristie de l’église de Crozon pour rédiger les Cahiers de doléances de Crozon, en prélude à l’ouverture des Etats généraux.

Cahier_de_doleances_1789_Crozon_page_1_1_.jpg

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Le document parle beaucoup des charges féodales et autres taxes pesant sur les Crozonnais mais il commence par un problème affectant les nombreux pêcheurs de Crozon-Morgat (200 chaloupes sardinières de 4 hommes chacune) : Le monopole de la rogue.

La rogue (œufs de morue saumurés) est l’appât indispensable pour la pêche à la sardine. Pêchée en février au large de la Norvège elle est saumurée et mise en baril pour être expédiée début mai, depuis Bergen notamment, sur la côte ouest de la Bretagne. Le transport nécessitant de lourds voiliers est monopolisé par de riches marchands, ce que déplorent les cahiers de doléances de Crozon :

« La pêche de la sardinne est la pepiniëre des matelots, elle interesse l’Etat ainsi que le particulier, - La majeure partie de la paroisse s’y addonne
Elle en pourroit vivre si l’on détruisoit le monopole qui se commet dans la revente de la rogue,
les Riches accaparent les cargaisons danoises [de Norvège, qui était alors sous domination danoise] revendent la rogue aux pêcheurs le prix qu’ils veulent, ils surhaussent ce prix quand la pêche donne ils n’ont d’autre borne que leur cupidité,
ils attirent à eux tout le profit de la pêche, et ne laissent aux pecheurs que la peine du travail qui les reduit à la derniere misere
Ils envoient leurs agents à Bergen pour accaparer les rogues. »


Signature_Cahier_de_doleances_1789_Crozon.jpgSignature d’Alexis Herjean à la fin du cahier de doléances

Ce n’est pas Louis XVI mais la République qui réduira un peu le monopole de la rogue en poursuivant quelques excès à Crozon : Le 3 brumaire an III vingt-trois barils de rogue sont confisqués et vendus.

Quant à Alexis Herjean, élu officier municipal de la commune de Crozon le 20 novembre 1791, il sera démis le 10 février 1792 la municipalité ayant été dissoute en bloc pour son appui marqué aux prêtres réfractaires.

(Iconographie : Cahiers de doléances conservé par les Archives départementales du Finistère; gravure de Pierre Ozanne, 1787)



1.8 - Parents d’un tonnelier de l’expédition de Lapérouse

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Mes sosas n° 148 et 149, Bernard CANEVET (1724-1797) et Marie BORNIC (1728-1800) sont des cultivateurs à Rheun-Leydez en Crozon, à mi-chemin entre le bourg et Le Fret. On leur connait au moins huit enfants, dont Henry (mon sosa 74) et son frère Pierre.

Pierre Canevet, né le 25 mai 1759 à Rheun-Leydez, est tonnelier. Il est recruté pour l’expédition des frégates La Boussole et l’Astrolabe confiées par Louis XVI au capitaine de vaisseau Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse.

Il quitte Brest le 1er août 1785 à bord de l’Astrolabe. Il est embarqué en qualité de tonnelier surnuméraire avec une solde mensuelle de 21,5 livres.

La tonnellerie comprend 32 tonnes de 4 barriques (une barrique vaut 240 litres), 32 de 3 barriques, 92 de 2 barriques, 6 barriques et 7 demi-barriques. La plupart des provisions (boisson et nourriture) sont dans des tonneaux.

Le 11 décembre 1787, plusieurs chaloupes de l’Astrolabe abordent l’Ile de Maouna pour y faire provision d’eau douce. Elles sont attaquées par des indigènes. Le commandant de L’Astrolabe, Fleuriot de Langle, est tué avec onze autres membres de l’équipage. Pierre Canévet parvient à s’enfuir.

En mai ou juin 1788 la Boussole et l’Astrolabe font naufrage sur l’îlot de Vanikoro, dans les îles Salomon. On ne retrouvera aucun survivant. Pierre Canivet avait 29 ans.

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Source : http://www.canivet.com/wp-content/uploads/2012/03/ganizette-laperouse.pdf



1.9 - Le dangereux passage de Rosnoën sur l’Aulne

Guillaume Dervé, mon sosa n° 272, est mort noyé le 11 janvier 1743 au passage de l’Aulne entre son village de Dinéault et Rosnoën (anciennement Roslohan).

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Aulne.jpgL’Aulne, le principal fleuve du Finistère, coule d’est en ouest avant de se jeter dans la rade de Brest. La route reliant Douarnenez à Landerneau doit la franchir au débouché de la presqu’île de Crozon.

Le passage de Rosnoën, attesté depuis 1514, est probablement très antérieur. Les cales d’accès n’ont été construites qu’au XIXe siècle. Auparavant les chalands à fond plat s’échouaient sur les rives vaseuses pour opérer les embarquements et débarquements des personnes, des bestiaux, des matériaux et denrées.

Appartenant aux vicomtes du Faou qui percevaient un affermage, le passage était concédé aux propriétaires des deux chalands, un grand prévu pour vingt chevaux et un petit pour huit chevaux ou gens à pied, qui percevaient un demi-sol par passage d’homme ou de bête.

L'équipage était constitué du passeur à la navigation et d'un ou deux rameurs selon l'importance du chaland. La traversée se faisait avec de longues rames de six mètres pour les grands bacs.

Le passage était périlleux, compte tenu de la largeur de l’Aulne, des vents, de l’équilibrage des chargements et de la force des courants de rivière et de mer, souvent contradictoires.

Les naufrages mortels étaient récurrents. Bien des concessions furent suspendues pour cause de décès des passeurs ou manque de rentabilité.

Le passage a été utilisé jusqu’en 1925, date de la construction du premier pont de Térénez.

( Sources: https://www.presqu-ile-de-crozon.com/aulne-maritime/passage-de-rosnoen-001.php et http://www.antreizh.fr/lepassage.html )

Carte_passage_de_Rosnoen.jpgBac_de_Rosnoen.png



1.10 - Aubergiste, « Lieue de grève » Pentrez, début XVIII°

A l’entrée sud de la presqu’île de Crozon, la longue plage de la « Lieue de grève » s’étend sur quatre kilomètres. Au XVIII°, c'est un passage fréquenté puisque la route de Quimper à Brest y passe : on franchit la presqu’île pour rejoindre Brest en traversant la rade en bateau (cela évite le crochet de la route terrestre avec le franchissement difficile de l'Aulne).

A Pentrez en Saint-Nic, au nord de la Lieue de grève, Yves KERVELLA (1662/1712) et Marie NAGA (1669/1739), mes sosas n° 528 et 529, obtiennent en 1708 des demoiselles DE BREZAL, héritières des seigneurs de Pentrez, un bail à ferme leur permettant d’installer au manoir de Pentrez la seule auberge du secteur.

mariage_Yves_KERVELLA_Marie_NAGA_22_06_1693_extrait.jpg Mariage de Yves Kervella et Marie Naga, 22_06_1693

Yves KERVELLA décède quatre ans plus tard mais sa veuve, Marie NAGA continue à tenir l’auberge avec ses employés (en 1728, elle a au moins deux valets : Yves MOREAU et Claude GOUEZEC) et parfois avec le concours de son fils Nicolas, laboureur à Trohom en Saint-Nic.

En mars 1728, Marie NAGA est mêlée à une triste affaire : un jeune voyageur, après avoir quitté bien éméché l’auberge au grand galop d'un cheval "fort ombrageux" fait sans doute une chute mortelle sur la Lieue de grève à marée montante. La mer ramène son corps dix jours plus tard.

Les autorités croient à un meurtre et inculpent Marie NAGA, ses deux valets, son fils de passage à l’auberge et le meunier du moulin voisin, sur la base de vagues racontars non liés aux faits, alors que tous les témoignages indiquent que Marie NAGA et son entourage n'ont pas quitté l'auberge le soir de l'accident.

Heureusement des témoins de moralité interviennent : Marc LE PAGE, sieur de Kerhuon, notaire et procureur de la juridiction de Crozon, déclare que « il a toujours regardé la dite Marie NAGA et tout ce qui lui appartient pour de très honnestes gens, et que depuis dix huit ans qu’il les connoist il n’a jamais ouy dire qu’ils eussent commis aucune mauvaise action ».

Marie NAGA et ses co-inculpés sont finalement déchargés de toute accusation mais ils seront quand même restés plus d'un an en prison à Quimper…

  • Source : Christian Bolzer, Le Lien n° 123, C.G.F.


Ance_de_la_Lieue_de_Greve.jpgRose_des_vents.jpg

" Carte des environs de Brest en 1695" (détail).


1.11 - Charbonnier dans les bois de Cornouaille

Mes ancêtres étaient très casaniers, restant toute leur vie dans la même paroisse ou à proximité.

Une notable exception : Mon sosa n° 1058, Guillaume NAGA, « charbonnier du bois du Fers » à Ploudiry.

Ploudiry_carte.pngPloudiry_sur_carte_de_Cassini.png Le bois du Fers dans la carte de Cassini


Guillaume Naga est mort au bois du Fers le 24 février 1713 à l’âge de 80 ans mais on ne sait pas d'où il est originaire ; peut-être du Huelgoat où vivaient beaucoup de charbonniers et sabotiers de la famille Naga et où est née sa plus jeune fille Jacquette.

Il a exercé son activité de charbonnier dans plusieurs forêts de Cornouaille :

  • Le Huelgoat : sa fille Jacquette a été baptisée au bois de Rochemarec, forêt dépendant du roi sous l'Ancien régime (539 arpents) ;
  • Lopérec [où sont nés ses fils Maurice et Antoine] : des charbonniers ont travaillé dans la forêt du Nivot jusque vers le milieu du XXe siècle ;
  • Saint-Nic [où vécurent ses filles, dont Marie mentionnée comme aubergiste dans l'article précédent], en bordure de la forêt de Névet qui s’étendait à l’origine sur tout le Porzay de Locronan au Ménez-Hom ;
  • Ploudiry : le bois du Fers (ou de la Ferse), où est mort Guillaume Naga, occupait une vaste surface, non loin de l’Elorn, sur les paroisses de Ploudiry et La Martyre.

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Seule source de combustible pour fondre le minerai pendant des siècles, la production de charbon de bois était l’œuvre d’hommes dont le savoir et la technique s’étaient transmis depuis des temps immémoriaux. Le charbonnier vivait au milieu de la forêt dans une hutte qu’il occupait à la belle saison. Pour faire du charbon de bois soit il ramassait du bois mort, soit il se transformait en bûcheron. Au milieu d'une clairière il plantait trois perches nouées pour constituer le foyer (la « fouée »). Il fallait mettre un tas de bois empilé sous les perches et ensuite allumer le feu. Le charbonnier restait prêt de la fouée pour que les flammes ne s'éteignent pas durant presque une semaine. Le charbon de bois était utilisé dans les forges pour fondre l'acier et dans les verreries (son pouvoir calorifique peut atteindre 8000 calories par kg). Une forge moyenne absorbait à elle seule la production annuelle de 2000 hectares de forêt ! (Sources : Genawiki et Maevrard).



1.12 - Matelots crozonnais aux XVIIe et XVIIIe siècles

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De nombreux matelots de Crozon apparaissent dans mon arbre : François TALAGAS (1706-1759 ), Jean BOUCHARE, Germain THOMAS (1641-1721 ), Jacques MORVAN (1676-1711) et son père prénommé aussi Jacques (1638-1723 ), Alain LE MOIGN (1654-1711), Jean DREVILLON (1679/1759), Gabriel LE MAILLOUX (+1702) et son fils François (+1710), Alain SEULEDER, Hervé KERMEL , etc.

Ce sont surtout des marins de la "Royale", Brest attirant les Crozonnais qui n'ont qu'à traverser la rade.

Mais les "matelots" peuvent être aussi des pêcheurs de Morgat et Camaret ou des marins des nombreux caboteurs qui ont assuré autrefois une grande part du commerce local.

Ainsi Bernard DANIELOU de Crozon (1685-1735) et son beau-père Guillaume LE CORNEC de l'Ile Longue, étaient-ils matelots sur un prestigieux vaisseau de Louis XIV ou sur une petite barque de la presqu'ile ? Nul ne peut le dire bien que le fait qu'un fils de Bernard DANIELOU, lui aussi prénommé Bernard, ait été reçu en 1740 comme maître de barque oriente plutôt vers le cabotage.


Matelot.jpgActe de 1705 (détail)



1.13 - Trois dates de décès pour le plus vieux Joncour !

Le plus ancien des JONCOUR connus, Henry LE JONCOUR (ou, d’après les actes, « LE JOUNCOUR ») est né vers 1575.

De son mariage avec Jeanne BERNARD il a au moins cinq enfants. Le 4ème, prénommé aussi Henry (1616-1684), est mon ancêtre direct.

Henry le Vieux est mort dans sa ferme de La Villeneuve à Plogonnec. Une incertitude porte sur sa date de décès. En effet la Base RECIF du CGF ne relève pas moins de trois actes de décès qui peuvent le concerner :

  • 03/10/1654 Plogonnec, La Ville Neuffve / Sépulture - LE JOUNCOUR Henry Le Vieux.
  • 11/09/1658 Plogonnec, La Villeneufve / Sépulture - LE JOUNCOUR Henry.
  • 23/06/1665 Plogonnec, La Villeneufve Rouenou / Sépulture - LE JOUNCOUR Henry.

Il est possible que le père d’Henry le Vieux se soit aussi prénommé Henry et soit mort dans la même ferme de La Villeneuve à une date proche de celle du décès de son fils, et qu'il soit, avec son fils, l'une des personnes indiquées dans ces actes. Ce qui expliquerait l'existence de deux actes, mais pas du troisième. Aucune archive plus précise ne donne actuellement de solution à cette petite énigme, d'autant plus qu'aucun acte paroissial n'indique le prénom du père d'Henry le Vieux.

Plogonnec_Villeneuve.jpg



La Villeneuve en Plogonnec sur la Carte de Cassini



1.14 - Mon plus vieil acte (1613)

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Le baptême de Marie HASCOET à Saint-Nic en février 1613


Cet acte est rédigé en latin bien que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose depuis 1539 le français dans les actes paroissiaux. Les prêtres, dont la langue maternelle était le breton, utilisaient le latin pour leur ministère mais ne parlaient jamais le français. Ils furent donc très longtemps réticents à renoncer au latin dans leurs actes.

icone_document.pngA visionner : Les 106 actes liés à mon arbre généalogique




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Août 1934 : Jean Joncour x Anne Marie Rolland, et leurs descendants


Famille_1934_R1.jpg

 
* A : Jean Joncour et Anne Marie Rolland, et leurs enfants :
* 1 : Christine et son mari, Joseph Beyou + ses enfants Jean (1/1), Jeannette et Joseph (1/2) * 2 : Alexandre et sa fille Jeannette + sa femme Catherine Buzaré (2/1) + ses enfants Christiane (2/2), Jean (2/3) et Alexandre (2/4) * Jean (absent sur la photo) // ses fils Pierre et Georges (3/1) * 4 : Nicolas et sa femme Françoise Lespagnol + ses enfants Denise (4/1), André (4/2) et Marie (4/3) * 5 : Pierre, sa femme Marguerite Kapfer et son fils Edouard + sa fille Odette (5/1) * 6 : Laurent + sa femme Lisette Ménez (6/2) * 7 : Hervé * 8 : André
+ B : Gabrielle et François Batany, enfants de Catherine Buzaré et de son 1er mari.




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 2 - Ascendants de Jeanne Drévillon

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FICHE : Jeanne Drévillon LISTE de ses ascendants CARTES : Région de Crozon // Entrée de la presqu'ile


Mes ancêtres de la branche DREVILLON (variante : Drivillon) ont vécu pour la plupart dans la commune de Crozon (il est vrai que c'est l'une des plus étendue de France : plus de 8 000 ha) avec un petit apport de ses voisines Camaret, Roscanvel, Lanvéoc, Telgruc, Saint-Nic et Plomodiern.

Le porteur du nom DREVILLON le plus lointain, Yves Le Drévillon (ou Drivillon), est né vers 1637 à Crozon. L'ascendant le plus éloigné de la branche DREVILLON, Michel Palud, est né avant 1613 à Camaret.

  • Dans une liste de paroissiens de Crozon du 2 juillet 1516, mentionnée en 1965 par les "Cahiers de l'Iroise", le nom de DREVILLON (sous la forme ancienne « Drovillon ») apparaît six fois, ainsi que des patronymes de la branche : Daniélou, Rolland, Sévellec, Guéguéniat, Boucharé, Largenton, Breton, Provost, Stéphan, Sénéchal, Marchand, Menesguen, Derrien, ... Ce qui laisse supposer l'implantation très ancienne de ma famille à Crozon.
  • Les DREVILLON ont habité dans les villages proches du Cap de la Chèvre. Le plus ancien DREVILLON connu, Yves, a vécu au XVII° siècle dans le village de Ménesguen. Plus récemment, pendant au moins quatre générations, les DREVILLON ont habité à Lostmarc’h (et les hameaux voisins de Runcadic, Kernalleguen et Kerlouantec).
Carte_Menesguen.pngMenesguen.jpgLostmarc_h.jpgAnse_de_Lostmarch.png
Ménesguen et Lostmarc'h, cap de la Chèvre, lieux d'origine de la famille Drévillon


Cadastre_1823.jpg
Les villages de Lostmarc'h, Runcadic, Kernalleguen et Kerlouantec sur le cadastre de 1823 (Archives départementales)


Filiation.jpg Filiation DREVILLON : Yves (LE) DREVILLON ca 1637-1713 > Jean (LE) DREVILLON 1679-1759 > Tanguy DREVILLON 1728-1804 > Allain DREVILLON 1764-1819 > Tanguy DREVILLON 1796-1864 > Allain DREVILLON 1830-1894 > Jean DREVILLON 1873-1916 > Jeanne DREVILLON 1902-1932


onomastique_2.jpg Le nom DREVILLON est attesté à Crozon sous cette forme dès 1630 et antérieurement au XVI° siècle sous celle de "Drovillon"). L’origine du nom est obscure. Une explication proposée sur le forum du CGF : " le prénom André se traduit par Andrev, le petit André se traduit par: Andrev vihan ; si l'on considère an comme l'article, cela devient drev vihan, puis drevihan, puis drévillon en écriture francisée " ; cette explication est cependant discutable du fait que le nom semble avoir été à l'origine "Drovillon" (mention en 1516).


Un nom localisé exclusivement à Crozon :

Le nom DREVILLON est fréquent à Crozon mais quasiment inexistant ailleurs avant le XIX° siècle. Inconnu hors du Finistère il n'apparaissait pratiquement qu'à Crozon jusqu'en 1800.

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Les Drévillon, des origines jusqu'en 1800, sur Geneanet



2.1 - Pêcheur en baie de Douarnenez

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Chaloupes sardinières dans le port de Douarnenez en fin du XIX° siècle


Mon arrière grand-père, Jean DREVILLON (Crozon 1873-1916), a embarqué sur des bateaux de pêche de Douarnenez, Morgat et Camaret.

Il navigue très tôt comme novice, et peut-être mousse, et fait une campagne de pêche sur le "Moïse" entre Douarnenez et Audierne en 1893, un mois avant son incorporation.

Son premier embarquement après son service militaire s'effectue sur le "Quatre Sœurs", bateau d'Audierne mais qui est alors basé à Douarnenez. La campagne dure deux mois, du 8 juin au 30 juillet 1897.

Il navigue uniquement sur des chaloupes de Douarnenez jusqu'en 1904 : "Michel Nobletz", "Voyage du Jeune Tobie", "J.L.M"., "Peuple Souverain", "St Joseph", "Trois Sœurs", "Ste Anne", "St Louis de Gonzague", "Marie Eustelle", "Marianne", "Jeune Henri", "Ste Hélène", "La Fayette"?, "Ville de Paris". Il embarque parfois avec son frère Allain, de 16 ans son aîné, qui l'a sans doute introduit sur les bateaux de Douarnenez.

Ensuite, devenu père et sans doute désireux de se rapprocher de sa famille à Crozon, il intercale à partir de 1905 les embarquements à Morgat ("Belle de l'Iroise", "St Joseph", "St François de Sales", "St Pierre") ou Camaret ("Sans Pareil", "Fleur de Mai") avec des campagnes sur des bateaux douarnenistes ("République et Patrie", "Volonté Doué", "Santez Anna", "Marianne", "Anna Hélène").

Entre 1902 et 1908, il subit de plein fouet la plus grande crise de la sardine : En janvier 1903, le recteur de Crozon demande des secours pour 600 familles de pêcheurs indigentes...

Le dernier embarquement de Jean DREVILLON le conduira sur le canot "Champ des Martyrs" de Douarnenez du 30 avril au 3 août 1913, moins de trois ans avant sa mort à 42 ans. Il avait été mis à la disposition de l'autorité militaire pendant la durée de la guerre : Incorporé au 87° régiment territorial d'infanterie le 20 septembre 1914 comme soldat de 2° classe, il est réformé pour coxalgie avec ankylose (sans doute suite à son rude travail comme marin-pêcheur) le 13 juillet 1915.


  • Medaille_Madagascar.jpg Service militaire : A 20 ans, le 21 août 1893, mon arrière grand-père est incorporé pour un service militaire dans la Marine qui durera plus de trois ans (jusqu'au 15/12/1896). Il est matelot de 3° puis 2° classe, spécialisé comme fusiller auxiliaire. Il est basé à Brest, Lorient et Toulon. Il navigue en 1894 sur le "Terrible". A noter qu'il participe en 1895 à l'expédition de Madagascar sur le "Dupetit-Thouars". La médaille de Madagascar lui est décernée à cette occasion.
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Le "Dupetit-Thouars" à Brest


chaloupe.jpg Jean DREVILLON a embarqué sur des chaloupes sardinières. Au début du siècle dernier, la pêche à la sardine était largement dominante dans les ports du Finistère. Le coeur de cette pêche était en baie de Douarnenez qui accueillait d'immenses flottilles : Chaque soir en saison, plusieurs centaines de chaloupes rejoignaient le port de Douarnenez !

« Les chaloupes mesuraient 7 à 8 mètres de long pour 2 à 3 mètres de large. Elles n’étaient pas pontées et avaient environ 1 mètre de tirant d’eau. Elles étaient équipées d’une voilure supportée par deux mats, le mât de misaine à l’avant et le grand mât au milieu. Les deux mâts étaient légèrement inclinés vers l’arrière. Ces chaloupes étaient très maniables et filaient entre 6 à 8 nœuds. » (Jean-Yves Le Lan)

« Douarnenez — Pêche du 19 juillet 1909 — Bateaux sortis : 50 ; rentrés : 300. Poissons par bateau : 3 à 4.000 sardines. Quelques bateaux ont eu une moyenne de 7 à 8.000 . Un bateau a eu 18.000 et un autre 15.000. » (archives L’Ouest-Eclair)

Sur ces bateaux, ne manquez pas de consulter la très riche base de données sur les bateaux de pêche de Douarnenez. A voir aussi un article de Bernard CADORET, fondateur du Chasse-Marée, sur les chaloupes sardinières et une belle collection de cartes postales de Douarnenez. Et notez qu'une chaloupe sardinière a été reconstituée en 1983 à Douarnenez par l'association Treizour : "Telenn Mor".

Chaloupes.jpg Blaeu_3.JPG

carte de Blaeu, 1635

DZ_1.jpgLes rôles d'équipage montrent que Jean DREVILLON a navigué, entre autres, sur ces bateaux non pontés de Douarnenez :

  • D 91 Voyage du Jeune Tobie, patron : Eugène Kérivel (chaloupe de 9,10 tonneaux, 1896/1904) campagne : octobre - novembre 1897 ; pêche du poisson frais
  • D 211 Peuple Souverain, patron : Eugène Tournier (chaloupe de 10,26 tonneaux, 1897/1905) campagne : juillet 1899 ; pêche du poisson frais (Jean Drévillon y accompagnait son frère Allain, né en 1857)
  • D 2421 Trois soeurs, patron : Hervé Kervarec (chaloupe de 8,90 tonneaux, lancée en 1894) campagne : juin à novembre 1900 ; petite pêche en baie et à l’extérieur
  • D 503 St Louis de Gonzague, patron : Pierre Nerrou (chaloupe de 10,28 tonneaux, 1899/1910) campagne : septembre à novembre 1901 ; pêche au large
  • D 418 Marie Eustelle, patron : Joseph Pensec (chaloupe de 9,90 tonneaux, 1898/1910) campagne : juillet 1902 ; pêche au large
  • D 2342 Marianne, patron : Laurent Théphany (chaloupe de 7,40 tonneaux, construite en 1893) campagne : septembre-octobre 1902; pêche au large
  • D 935 Jeune Henri, patron : Henry Jean Marie Fiacre (chaloupe de 8,35 tonneaux, 1902/1911, construite à Morgat) campagne : septembre à novembre 1903 ; pêche au large
  • D 56 Ville de Paris, patron : Joseph Malcosse (chaloupe de 8,16 tonneaux, 1895/1908) campagne : août à novembre 1904 ; pêche en baie et au large
  • D 1050 République et Patrie, patron : Joseph-Marie Berlivet (chaloupe de 8,85 tonneaux, 1904/1912) campagne : juin à juillet 1906 ; pêche au large
  • D 807 Volonte Doue, patron : Guillaume Velly (chaloupe de 9,10 tonneaux, 1901/1912) campagne : juin et juillet 1908 ; pêche en baie et au large
  • D 1503 Santez Anna, patron : Michel Gloaguen (chaloupe de 12,97 tonneaux, lancée en 1908, passée à Auray en 1914) campagne : septembre à novembre 1908 ; pêche en baie et au large
  • D 1499 Marianne, patron : Henri Pierre Bouleau (chaloupe de 10 tonneaux, 1908/1913) campagne : juin à août 1910 ; petite pêche
  • D 996 Anna Hélène, patron : François Marie Joseph Bossénec (canot de 7,39 tonneaux, 1903/1914) campagne : juin et juillet 1912 ; petite pêche en baie et au large
  • D 1325 Champ des Martyrs, patron : René Joseph Pencalet [1] (canot de 8,62 tonneaux, 1906/1920) campagne : avril à août 1913 ; petite pêche.
[1] : René Joseph Pencalet (Dz 1844-1928), issu d'une vaste famille de marins douarnenistes, est le père de Joséphine Pencalet, animatrice de la grève des sardinières de 1924-25 et l'une des premières femmes élues en France (conseillère municipale, 1925).

Notes sur les campagnes de pêche :

  • Chaloupes et canots ont des gréements semblables mais se différencient par leur arrière, pointu pour les chaloupes et carré pour les canots.
  • Plusieurs embarquements, spécialement durant la période de crise de la sardine, concernent la "pêche au large" en dehors de la baie. De quoi s'agit-il ? Peut-être de la pêche au maquereau de ligne se déroulant de juin à septembre-octobre au sud de l’île de Sein; peut-être aussi de la pêche au thon, mais les chaloupes non pontées semblent un peu légères pour cette pêche plus lointaine.


Voyage_du_Jeune_Tobie.png La chaloupe Voyage du Jeune Tobie D91 (campagne de 1897)

Detail_sur_CPA_C_Malhomme.jpg La chaloupe République et Patrie D1050 (campagne de 1906)

Champ_des_Martyrs.png La chaloupe Champ des Martyrs D1325 (campagne de 1913)

Marie_Eustelle.jpgVille_de_Paris.jpg
Ville_de_Paris_Drevillon.jpg
*Voir la liste complète des embarquements de Jean Drévillon dans sa fiche.

Une précision : Dans ce paragraphe est présentée l'activité de Jean Drévillon en tant que marin. Mais, la pêche étant saisonnière en baie de Douarnenez, mon arrière grand-père travaillait le plus souvent comme cultivateur (mon père a d'ailleurs hérité de lui un champ à Lostmarc'h). Il ramassait aussi du goémon, sans doute pour amender ses terres : En 1897 une amende de 25 francs avec sursis lui est infligée pour "coupe de goémon en temps prohibé".

Sources : Dossier inscrit maritime et rôles d'équipage, S.H.D. Brest (merci à Hervé Baudy) et CPA Douarnenez (merci à Louis Hénaff). Merci aussi à Christian Malhomme et à la base Bagoucoz pour les photos.


2.2 - Morgat : ses sardiniers et thoniers

Morgat.jpg

Jean DREVILLON (voir ci-dessus), son beau-père, Henry DANIELOU et mon grand-père Alexandre JONCOUR étant mousse, tous trois ont été marins pêcheurs à Morgat, port de Crozon, à l'époque des sardiniers. Pour ma part, durant mon enfance, j'ai vu la flottille des thoniers (alors à son apogée) s'amarrer à Morgat ; un souvenir très fort !


La pêche à la sardine s’effectue chaque été. 200 chaloupes de trois tonneaux, avec quatre hommes en moyenne par bateau, sont basées à Morgat en 1789. Selon la douane, Morgat exporte 138 tonnes de sardines pressées en 1834. Un état de 1853 mentionne 42 chaloupes en saison. A partir de 1872, deux conserveries sont installées à Morgat. Elles emploient près de 200 personnes et mettent en boites 130 tonnes en 1873.

Sur l'ancien port d'échouage de Beg-ar-Moign, le môle du port de pêche, un terre-plein, puis un quai ont été édifiés entre 1846 à 1902.

En 1903, la circonscription de pêche de Crozon comprend : Morgat, Rostudel, La Palue, Dinan et Le Caon; celle de Camaret : Le Fret, Rostellec et Saint-Fiacre, soit, en tout, dix ports. Les deux réunies, comptent environ trois mille deux cents pêcheurs, sur lesquels onze cents environ sont uniquement des sardiniers.


Morgat_thoniers_a_quai.jpgAprès la grande crise sardinière de 1902-1908, Morgat se tourne vers la pêche hauturière au thon en été entre les Açores et le sud de l’Irlande, avec des dundées à voiles, puis mixtes.

L'équipage des thoniers est de huit hommes (six après la motorisation).

Au départ les thons étaient suspendus par la queue à des chevalets sur le pont. Plus tard l'installation de chambres froides permettra de mieux conserver ce poisson fragile.

En hiver les bateaux pratiquent la pêche au maquereau avec des filets, afin de les utiliser toute l'année.

Après 1950 des chalutiers-thoniers ou des thoniers-caseyeurs sont basés à Morgat. Ils sont jusqu’à 22 en 1965. Leur nombre décroit jusqu’à la dernière campagne en 1991.


( Sources : « La presqu’île de Crozon », éditions Palantines, site sur la pêche à Morgat : http://thoniers.free.fr et http://www.crozon-bretagne.com/ ). Lire aussi un témoignage sur les thoniers de Morgat


2.3 - Naufrage, ouragan de 1723

1491488514.pngLe 11 août 1723, onze bateaux sont dans les parages du Raz de Sein lorsque se déclenche une tempête violente et soudaine. La mer grossit. Les vagues sont énormes. Les voiles se déchirent et les bateaux deviennent incontrôlables. Tous viennent à la côte et s'échouent inexorablement.

Parmi eux "la Catherine", barque d’Argenton (paroisse de Landunvez) de 50 tonneaux, chargée d'ardoises et de coton qu'elle a embarqué à Nantes ; elle fait route en direction de Rouen.

Son patron, Jean Corric, relate que son « navire par la tempeste qui se fist mercredy dernier, et le soir précédent, dont il fust attaqué dans la baye d'Audierne, eust le malheur d'estre jeté par vent de suroist sur cette coste de Dynan, paroisse de Crauzon, après avoir voulu donner dans le large et avoir esté au Ras, où il eschoua, le dit jour mercredy dernier environ les onze heures du matin. ».

Le navire est drossé près du rocher dit le "Château de Dinan", au nord du cap de la Chèvre (photo de droite).Chateau_de_Dinan.jpg

En vertu de l'ordonnance de Louis XIV de 1681 sur les "naufrages, bris et échouements", l’Amirauté rémunère le travail effectué pour les sauvetages. C’est ainsi que les habitants des environs du cap de la Chèvre sont mis à contribution pour la barque "la Catherine".

Parmi eux mon sosa 336, François ROLLAND, son fils François "le jeune", et son frère Jean « ont travaillé ce jour quatorze aoust mil sept cent vingt trois, au sauvetage des effets provenants du navire nommé la Catherine d'Argenton eschouée à la cotte de Dynan paroisse de Crauzon. »

De plus, François Rolland et son patron, le meunier Bernard Radinger, « ont travaillé pour faire sortir et transporter hors les seillers du Sieur Tyrot au Fret, les cottons qui ont esté charroyés avant le jour provenant du navire nommé Catherine d'Argenton eschoué à la cotte de Dynan, qu'à les ettentes dans les champs voisins où ils ont esté transportés ce jour vingt et trois aoust mil sept cent vingt et trois. »

Ordonnance_1681_1.jpgOrdonnance_1681_2.jpg

(Source : http://gilles.pichavant.pagesperso-orange.fr/Ouragan_1723.html)


2.4 - Meuniers à Rostudel (Cap de la Chèvre)

Moulin_Crozon.jpg Mon sosa 1288, Hervé ROLLAND (1630/1716) était le meunier du moulin de Rostudel au Cap de la Chèvre (paroisse de Crozon), tout comme son fils Pierre (le père de François mentionné à l'article précédent).

. « Au XVIII° siècle, Crozon compte 72 moulins, qui travaillent principalement pour Brest. Un axe en chêne traverse la base du toit et supporte les ailes implantées en croix, dont l'envergure atteint de 13 à 14 mètres. Elles sont recouvertes de voiles, à la manière d'un bateau dont on peut adapter la vitesse au vent. La perche qui descend en oblique de la base du toit permet au meunier d'orienter les ailes suivant la direction du vent.

Le moulin comprend deux pièces. Au rez-de-chaussée, le logement du meunier est pourvu de deux portes, qui en permettent l'accès quelle que soit la position des ailes. Un escalier en pierre conduit au premier étage, où sont placées les deux meules de silex, de 2 mètres de diamètre environ, qui écrasent les céréales. La farine s'écoule par un manchon jusqu'au sac placé en bas. Le meunier est payé en nature : 1/10 du poids de la farine obtenue.

Les derniers moulins de Crozon ont cessé de fonctionner à la fin de la seconde guerre mondiale ».

(source : http://fr.topic-topos.com/crozon)

Les moulins à vent du cap de la Chèvre permettaient la production de blé. Les meuniers de Rostudel ne vivaient pas dans un hameau bien prospère : « Dans la terre de Crozon est une pointe nommée Rostudel, dont les vassaux étaient attachés à la Glèbe (vassaux motoyers) ; ils rendaient compte à leur maître de tous les produits de la seigneurie et n'avaient pour salaire qu'une nourriture frugale, et ce qu'il leur fallait de peau de mouton pour s'habiller. » (Voyage dans le Finistère en 1794, Jacques Cambry)


Rostudel.jpg

Rostudel, le moulin de mes ancêtres

photo actuelle ici


« Au moment de l´essor de la pêche artisanale à Camaret et à Morgat, au début du 20e siècle, on compte une centaine d´habitants à Rostudel. Les hommes y sont paysans en hiver et pêcheurs en été. Cette dernière activité fournit un complément de revenu aux maigres moyens de subsistance arrachés à la terre. Les hommes embarquent d´avril en octobre sur les bateaux de Morgat ou de Camaret pour aller pêcher la sardine, le maquereau, le thon. Plus simplement encore, certains se partagent une chaloupe achetée d´occasion, qu'ils mouillent dans l´anse voisine de Saint-Nicolas. La pêche est dans ce cas vendue aux mareyeurs crozonnais et les coquillages (praires, palourdes, berniques...) servent à l´alimentation familiale et animale (berniques données également à manger aux cochons). Quant l´homme est en mer, la femme s´occupe des animaux (un cochon, une vache) et des champs. Ici les parcelles sont cultivées jusqu´au bord des falaises ; certains sont protégées des vents dominants par des murets. Ce mode de vie semi-autarcique décline lentement au cours du 20e siècle pour s´éteindre totalement dans les années 1950. » (Source : Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne)

Cap_de_la_Chevre_Rostudel.pngDetail_Rostudel.png












Extrait du "Portefeuille 43 du Service hydrographique de la marine", 1771-1785. Publié dans Gallica.

Le moulin de Rostudel est noté en haut à droite.



2.5 - Descendant du même couple par quatre branches !

Pierre ROLLAND, l'un des meuniers évoqué ci-dessus, s'est marié au XVII° siècle avec Claudine KERDREUX.

Je descends de ce couple à la 9ème génération par quatre branches.

En effet, les nombreux descendants du couple sont tous restés à Crozon et ont fini par se croiser au XIX°, sans pouvoir connaitre une parenté si ancienne.

D'où un cousinage éloigné ( consanguinité : 0,54 % ) mais spectaculaire :

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Acte_de_deces_Pierre_ROLLAND_09_02_1753.png Acte de sépulture de Pierre Rolland, "âgé d'environ 100 ans", 9 février 1753 - Crozon




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31 décembre 1928. A droite, de haut en bas : Alexandre Henri Joncour, Jeanne Drévillon et Alexandre Jean Marie Joncour.




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 3 - Ascendants de Catherine Buzaré

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FICHE : Catherine Buzaré LISTE de ses ascendants CARTE : De Plounéour Trez à St Pol de Léon


Elle a épousé mon grand-père en 1934 à Crozon et y a élevé mon père. Je l'ai connue jusqu'à mes 20 ans et l'ai toujours considérée comme ma grand-mère. Il aurait donc été impensable d'établir mon arbre généalogique sans y faire figurer ma grand-mère et ses ascendants.

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Catherine Buzaré et Alexandre Joncour en 1955

Les plus anciens BUZARE étaient établis à Plounéour Trez au XVII° siècle (Goulven Buzaré). L'arrière petit-fils de Goulven, Tanguy, quitte Plounéour pour Tréflez vers 1750. Au milieu du XIX° siècle, François, né à Tréflez, viendra travailler comme journalier au port de Brest où il mourra. Son fils Jean vivra à Brest où naitra sa fille, ma grand-mère.

Le plus ancien ancêtre connu de ma grand-mère est Thomas de LESELEUC (mentionné en 1420), 16 générations avant elle.

Des rameaux de la famille BUZARE se glissent à l'ouest vers la région de Ploudalmézeau, pays de ma mère. A l'est ils s'étendent sur Plouescat, Cléder et même St Pol de Léon.

N.B. : Bien que relevant de ma branche paternelle, les ancêtres de ma grand-mère (brestoise) ne sont pas de Cornouaille mais du Léon.


Localisation_Plouneour_Trez.jpgCarte_Etat_magor_Plouneour_Trez.pngPlouneour_Trez_2.jpg
Plounéour-Trez, berceau de la famille Buzaré (à la différence des autres branches de ma branche paternelle, tous de Cornouaille, les Buzaré sont issus du Léon)
 

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Mariage Alexandre Joncour et Catherine Buzaré, le 10 mars 1934 à Crozon

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A : Alexandre H. Joncour et Catherine Buzaré, 1 : Alexandre J.M. Joncour (*), 2 : Christiane Joncour (*), 3 : Jean Joncour (*), 4 : Nicolas Joncour (*), 5 : Françoise Lespagnol (*), 6 : Maria Drévillon (sœur de Jeanne), 7 : Anne-Marie Rolland (*), 8 : Jean Beyou (*), 10 : Joseph Beyou (*), 11 : François Batany (*), 12 : Gabrielle Batany (*), 14 : André Joncour (*), 15 : Jacques Batany, 16 : Lisette Ménez (*),, 17 : Laurent Joncour (*), 18 : Marie? Batany, 19 : François Buzaré (frère de Catherine), 20 : Jean L. Joncour (*), 21 : Christine Joncour (*), 22 : Jeannette Beyou (*), 23 : Louise Mével.

(*) : Mentionné, avec son ascendance, sur la photo des descendants du couple Joncour/Rolland, plus haut dans cette page.

 

Ouest_Eclair_21_03_1934.JPG Ouest Eclair 21/03/1934


Filiation.jpg Filiation BUZARE : Noël BUZARE †1724 > Hervé BUZARE > Tanguy BUZARE 1721-1780 > Guillaume BUZARE 1759 > Allain BUZARE 1788 > François BUZARE 1831-1873 > Jean BUZARE 1861-1901 > Catherine BUZARE 1892-1972


onomastique_2.jpg Le nom de BUZARE est attesté dans le Finistère sous cette forme dès 1535. Selon Albert Deshayes (Dictionnaire des noms de familles bretons, « Chasse-Marée » 2005), le terme est issu du nom ancien "buduuere", "budoere" en 1069 (cartulaire de Quimperlé) formé sur la racine "bud" (= victoire), le second élément ("uuere") signifiant "haut, élevé".



3.1 - Orpheline, de l’hospice civil de Brest …

Hopital_civil_de_Brest.png

2018_10_23_19h42_12.pngC’est le 4 mai 1686 que Louise de Kéroual pose la première pierre de l’hospice civil de Brest (photo), achevé en 1708. Il est situé en bordure de la rue Traverse, non loin du château.

L’établissement civil est bien moins doté que l’hôpital maritime. Il s’agrandit progressivement pour répondre aux besoins, de façon toujours insuffisante. Il sera détruit par les bombardements de 1941.

L’hospice civil est surpeuplé au début du XX° siècle. Il comprend deux secteurs : celui des malades, notamment frappés par les épidémies qui atteignent Brest périodiquement, et celui regroupant les vieillards indigents et les orphelins.

Ma grand-mère, Catherine Buzaré, avait perdu sa mère et son père à un an d’intervalle. Sans famille proche elle avait été confiée en 1901 à l’âge de 8 ans à l’hospice civil de Brest où elle resta plus de deux ans (peut-être placée en famille? aucune information trouvée pour cette période).

Un décret de 1811 prévoyait que les « enfants trouvés » et orphelins seraient en nourrice jusqu’à 6 ans et placés ensuite en pension chez des cultivateurs ou artisans.

L’hospice civil de Brest plaçait souvent les enfants qui lui étaient confiés en nourrice ou en pension dans la presqu’île de Crozon. A l’âge de 11 ans Catherine Buzaré traversa en bateau la rade de Brest pour rejoindre Crozon qu’elle ne quittera plus sa vie durant.

Source : « Pulsations », journal interne du CHU de Brest, N° 33



3.2 - … à des placements à Crozon

Catherine Buzaré est accueillie le 1er novembre 1903 par Marie Sévellec (âgée de 47 ans) dans sa ferme de St Drigent, hameau en bordure de la route reliant Crozon à Camaret. Elle y reste au moins jusqu'en 1908 (sauf un passage dans une autre famille en 1907).

Registre_Hospice_de_Brest.JPG

Quatre rapports montrent qu’elle s’intègre plutôt bien dans la famille Sévellec :

« * 1e trimestre 1904 : a eu mal aux yeux, va mieux, fréquente régulièrement l’école, intelligente, se plait, est fort bien placée.

* 3e trim. 04 : Les yeux vont mieux. La santé est bonne. Bonne enfant. Va à l’école. Plait aux nourriciers avec lesquels elle se plait.

* 1e trimestre 1905 : Bonne santé, actuellement ; mais a eu de l’impétigo et de la conjonctivite. Travaille à la maison ; on va lui apprendre le métier de couturière. Bon placement où pupille et nourriciers s’entendent à merveille.

* 1e trim. 1906 : Enfant d’une bonne santé. En apprentissage de couturière. Se plait beaucoup dans son placement. Les vêtements sont en quantité suffisante mais ils me paraissent médiocrement tenus. J’en fais la remarque. »


Catherine Buzaré séjourne aussi en 1907 au village de Saint Driec, toujours à Crozon mais plus au nord, dans la ferme de Bernard Palud et de Marie-Arthémise Pax.

La vocation de nourrice de Marie-Arthémise Pax vient sans doute de ce qu’elle est elle-même une « enfant trouvée », recueillie à l’hospice civil de Brest où elle avait été déposée le 28 septembre 1834 dans le tour d'abandon de l’hospice : « paraissant âgé de 20 mois ; l'enfant avait autour du cou un demi mouchoir en laine rouge et un collier composé de 19 grains dont 6 blancs et 13 noirs enfilés par un gros fil noir ; pas de billet ».


Source : Registre des tutelles, archives de la Ville de Brest (extrait transmis par Hervé Baudy) + biographies des nourrices sur Geneanet.

Après cette période de placements Catherine Buzaré reste à Crozon.

Le recensement de 1911 (elle a 19 ans) indique qu'elle habite au hameau de Trémaïdic, au nord-est de Crozon, dans la ferme de Hervé Marrec (1865-1934) et de Jeanne Perfézou (1875-/1935). Elle y est domestique.

Recensement_Crozon_1911_4_.png Recensement de 1911 - Crozon

Elle vivra probablement chez les Marrec jusqu'à son mariage : Lorsqu'elle épouse en 1915 Pierre Bathany, son 1er mari, elle est notée comme habitant à Trémaïdic.

M_BATHANY_Pierre_Marie_X_BUZARE_Catherine_Francoise.jpg




Mariage à Crozon le 23 octobre 1915


3.3 - Au port de Brest, de 1738 à 1901

Port_de_Brest.JPG

Le port militaire durant le Second empire...


Depuis le XVIII° siècle les ascendants de Catherine Buzaré ont travaillé sur le port de Brest : logo_charpentier.jpg

  • Son arrière grand-père Jean Marie Simon était forgeron au port (son père y était cloutier et un de ses fils y était cordier). Le beau-père de J.M. Simon, Hervé Goulard, y était charpentier de marine comme son frère et son beau-frère.
  • Le père d'Hervé Goulard, Pierre Goulard, était "chaloupier" au port (équipier d'une chaloupe ou, plus probablement comme ses fils, constructeur de chaloupes).
  • Enfin, François Prigent (1738-1812), le beau-père d'Hervé Goulard, était forgeron au port de Brest.

Logo charpentiers XIX° siècle

Ainsi sur deux siècles, cinq générations d'ascendants de ma grand-mère se sont succédées au port de Brest. Elles ont été témoins d'évolutions spectaculaires, depuis les vaisseaux de Louis XV jusqu'aux cuirassés 1900 !


Port de commerce de Brest_1.jpg

... et le port de commerce


  • A noter que François Buzaré a été retrouvé décédé de nuit dans le port militaire. La cause de cette mort accidentelle n'est pas connue.
  • La mère de ma grand-mère, née à St Pierre Quilbignon, se prénommait Fanny ; comment ne pas songer à la fameuse complainte brestoise "Fanny de Laninon"♫ ?

3.4 - Le Pays Pagan

La plupart des ancêtres de ma grand-mère viennent de la région de Plounéour Trez, donc du Pays Pagan ("pays païen") qu'une littérature complaisante du XIX° considérait comme le pays des naufrageurs ; une légende infondée indiquait même qu'ils accrochaient des lanternes aux cornes des vaches pour attirer les navires en perdition !

S'ils n'étaient pas des naufrageurs, les Paganiz étaient cependant habiles pour vider une épave qu'une tempête avait drossée sur leurs côtes hérissées de récifs ; c'était la version locale du droit de bris remontant au Moyen-âge.

Une autre activité très répandue : Comme dans la région de Ploudalmézeau (voir ici), les goémoniers étaient nombreux dans le Pays Pagan.

kalabousenn.jpgUn goémonier du Pays Pagan avec son étrange cagoule traditionnelle : le kalabousenn



3.5 - Texier, puis sonneur de cloches

Texier.jpgLe métier de Jean BOURIGAN (1673-1721), à son mariage en 1701 à Plounévez-Lochrist, est celui de texier.

mariage_03_02_1701_BOURIGAN_Jean_et_QUILLIEN_Anne.png

. Le "texier" (ou tessier) est un ouvrier qui tisse sur un métier des toiles ou étoffes. On estime à 25.000 le nombre de tisserands en Bretagne au XVIIIe siècle. Le tissage est pratiqué soit par des paysans-tisserands (comme mon ancêtre Jacques TEPHANY), soit par des hommes dont c’est la seule ressource, ce qui semble être le cas de Jean BOURIGAN. Dans le Léon l’activité des texiers se porte surtout sur les toiles de lin qui portent le nom de « crez » ("chemise" en breton).

Sacristain.jpg


A la fin de sa vie Jean BOURIGAN devient le sacristain et sonneur de cloches de l’église de Plounévez-Lochrist jusqu'à sa mort en 1721. Cette église était alors en construction : Succédant à une église du XVIe siècle, elle fut édifiée entre 1712 et 1725. Elle comprenait une nef, deux bas-côtés et un seul bras méridional de transept, un petit porche méridional et un petit clocher au pignon ouest. Jugée trop petite elle sera remplacée par une église plus vaste construite entre 1744 et 1768.

sepulture_15_03_1721_Plounevez_Lochrist_BOURIGAN_Jean.png


3.6 - Aveux 1602, 1631, 1662 : Même tenure sur 3 générations

Aveu_Guerer_X_Rochel.jpg
Début de l'aveu de 1662


Marie ROCHEL (1616-1654), épouse de Didier GUERER, par un aveu du 13 juillet 1662 auprès des seigneurs de Kérouzéré / Trongoff, indique qu'elle a hérité de son père Ollivier à Tréflaouénan, dans la trève de Kéran (Quéran rattaché à Tréflaouénan en 1835), au lieu-dit Penangoas, une maison couverte d'ardoises (elle était revêtue de gleds à l'époque de son père et de son grand-père), un buron sur l’aire (petite maison, et par extension remise, appenti), un puits, un jardin et même une petite écurie, sans compter des parcs de terre chaude (terre labourable où l'on cultive de façon cyclique blé noir, seigle, avoine).

Son père Ollivier ROCHEL avait hérité de son propre père, Jean, les mêmes biens selon un aveu du 18 janvier 1631:

Enfin, un aveu du 7 novembre 1602 mentionne la même tenure dont jouit le grand-père, Jean ROCHEL :

Pour l'ensemble son héritage (la maison et ses dépendances, plusieurs parcs de terres chaudes et un de terre froide), Jean ROCHEL devait chaque année "six livres monnaie" à Pierre de Boiséon, seigneur de Kérouzéré et capitaine général de la milice des gardes-côtes de Saint-Pol.


Aveu_Jean_Rochel.jpg
Début de l'aveu de 1602


Source : Aveux de Kérouzéré. Photos de Claudine DELAVEYNE C.G.F.


3.7 - Les Sparfel de Plouescat, depuis le XVe siècle

Sparfel_blason.jpg

Les plus anciennes traces de la famille SPARFEL connues à ce jour ont été découvertes dans le Chartrier du château de Kerouzéré.

Les SPARFEL sont sieurs de Kerdizien en Cléder, de Crec'helen, de Kerganval. Des Sparfel demeurent à Lesradennec en Cléder au début des années 1400. Ils remontent à Hamon SPARFEL, sieur de Kerdizien en Cléder, mort à Plouescat avant 1461.

Les liens avec d’autres familles (de Kerouzéré, du Kergoët de Tronjoly,...) laissent soupçonner des alliances qui remontent au XIVe siècle. Leur patrimoine et leur notabilité à l'époque d'Hamon Sparfel permettent de penser qu’ils sont solidement installés dans le pays de Cléder depuis plusieurs générations.

La lignée des Sparfel donnera un procureur fiscal de la juridiction des régaires et un docteur en Sorbonne, chanoine et théologal de Léon en 1696.

(Source : Paul Perrot, GGF 2357 )


d'azur au cerf d'or


3.8 - L'évêque et le procureur, St Pol de Léon, 1520

Cathedrale_St_Pol.jpgLe dimanche 13 mai 1520, Mgr Guy Le Clerc, évêque de Léon, fait sa première entrée solennelle à Saint-Pol de Léon. Il trouve les portes de la ville fermée. Didier de LESELEUC, procureur des bourgeois de Léon quoique noble, a ordonné leur fermeture. Il demande à l'évêque qu'avant de pénétrer à St Pol il jure solennellement de "défendre les droits de son église et de conserver les dits citoyens dans leurs anciennes liberté et franchises". Ceci fait les habitants ouvrent la porte et permettent l'entrée dans la cité épiscopale de l'évêque qui, porté sur sa sedia, se rend à sa cathédrale.

Le 24 août 1557, alors que les Espagnols et les Anglais menacent les côtes de Bretagne, 33 hommes d'armes et 281 archers sont réunis à St Renan, lors d'une "montre" des nobles de l'évêché de Léon. Parmi ceux-ci figurent Didier de LESELEUC pour la paroisse de "Ploezcat".

Les LESELEUC sont seigneurs de Gouëletquer, de Quistillic, de Kerpica, de Kerdané, Signature_Leseleuc.jpgde Kerriou, de Kerstramet. Mais avant tout de Kerouara, terre noble de Plouescat qui leur confère un droit d'enfeu et un banc dans l'ancienne église paroissiale. Les ruines du manoir de Kerouara se situent à trois kilomètres au nord du bourg. Les Léséleuc y étaient établis depuis le XVIe siècle.

Le plus ancien membre connu de cette famille est Thomas de LESELEUC, cité avec d'autres nobles du Léon dans une "montre" de l'amiral de Bretagne le 27 juin 1420.

Source : Site Kerhoant

debut_genealogie_DE_LESELEUC.jpgBlason_Leseleuc.gifd'argent au chêne terrassé de sinople, 1 lévrier de sable brochant sur le fût de l'arbre

Le début d'une généalogie de la famille de Léseleuc établie par Constant-Jean-Marie de Léséleuc de Kerouara (Archives départementales des Côtes d'Armor, cote 60J, dossier Frottier de la Messière)




cul_de_lampe_S.jpg





 4 - Cornouaille

Eveche_de_Cornouaille.jpgUsage_local_de_Cornouaille.jpg


Carte_Cornouaille_2.jpg

La Cornouaille est un vaste territoire à l'ouest de la Bretagne dont la part occidentale forme la partie sud de l’actuel département du Finistère. Elle était bordée au nord par les diocèses de Léon et du Trégor et, à l'est, par les diocèses de Saint-Brieuc et de Vannes.

Elle correspondait, sur le même territoire, à un royaume, un comté et un évêché de l’ancienne Bretagne :

  • Le royaume : La Cornouaille aurait été le siège d’un royaume du V° au IX° siècle. Il a été illustré surtout par le roi Gradlon, fondateur de la ville d’Ys.
  • Le comté : A partir du IX° siècle le comté a constitué l’une des grandes divisions de Bretagne. Sa capitale était Châteaulin, puis Quimper. Une dynastie de ducs de Bretagne est issue de ses rangs, à partir de Hoël II en 1066. Le titre de "comte de Cornouaille" disparait à cette occasion (Je descends des premiers comtes de Cornouaille).
Denier_Budic_de_Cornouaille_1.jpg
Denier de Budic, comte de Cornouaille (+ entre 1008 et 1019).
  • L’évêché : Il a été fondé par Saint Corentin (375-460 environ). Son siège est situé à Quimper. En 1790, l'évêché de Cornouaille a été amputé de sa partie est. Il a fusionné avec celui de Léon pour former le "diocèse de Quimper et de Léon", correspondant au département du Finistère.


Blason_de_Cornouaille.jpgHéraldique : Les armoiries de Cornouaille se blasonnent : d'azur au bélier d'argent accorné et onglé d'or. Sceau_de_Guyomar_de_Cornouaille_1313.jpgCe sont des armoiries parlantes: kern (les cornes de bélier en breton) et knev (la toison du bélier en breton) > Kerne (Cornouaille en breton).

Au XI° siècle la bannière de Cornouaille portait un croissant (référence à la corne de Cornouaille). Ce croissant se retrouve sur un sceau de 1313 et sur le monnayage des ducs de Bretagne de la Maison de Cornouaille.


Dans ma généalogie : Mes ancêtres sont issus de la limite nord-ouest de la Cornouaille : La presqu'île de Crozon et le nord du Pays Glazik.




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 5 - Crozon

Crozon.jpg
Crozon vers 1900

Blason_CROZON_2.jpg Crozon, commune de 8 037 ha, avait 6 200 habitants en 1793; elle en comptait 7 893 en 2014 (statistiques : INSEE). Crozon a deux ports : Le Fret sur la rade de Brest et Morgat en baie de Douarnenez.

carte_crozon.JPG

La paroisse de Crozon (en breton Kraozon ou Kraon) englobait jadis les territoires de Camaret, Lanvéoc et Roscanvel. Le comté de Crozon appartenait aux vicomtes de Léon puis, après la scission de 1179, aux seigneurs de Léon. Le comté de Crozon passe dans la puissante famille de Rohan qui hérite en 1363 du Léon. Elle le vend en 1623 à Sébastien II de Rosmadec, seigneur de Telgruc.

« Les Comtes de Crozon avaient le droit, à compter du 2 janvier jusqu'en mars, de choisir un jour, eu l'indiquant une semaine d'avance, et d'aller (accompagnés de six gentilshommes, de six domestiques, de six braques, de six lévriers et de six faucons) chasser sur les terres de Lezuran, près de Daoulas. Le jour de son arrivée, le comte devait être logé, nourri, couché, chauffé de bois sec et non fumant, ainsi que sa nombreuse compagnie ; il avait à dîner le lendemain. Si, pendant sa chasse, le dit seigneur trouvait quelques gentilshommes, il pouvait les mener à Lezuran, en jurant que, sans dol ou fraude, il les avait rencontrés par hasard. Ce droit fut converti en une rente de 66 livres par année» (Voyage dans le Finistère en 1794, Jacques Cambry)

Les noms anciens de Crozon sont : Plueu Crauton, Crauthon (au XI° siècle), Crodun (1580), Crauzon....

3 sites à signaler : Le patrimoine de la presqu'ile de Crozon est détaillé dans infobretagne.com. La presse concernant Crozon entre 1875 et 1903 est présentée dans crozon-bretagne.com. De plus, presquile-crozon.com propose d'intéressants documents sur le vieux Crozon; J'y ajoute sa collection de cartes postales de la presqu'île.

Brousmiche.JPG « Crozon a sa bourgade placée sur un plateau très élevé sur la presqu'ile séparant la rade de Brest de la baie de Douarnenez : il renferme plus de 200 maisons, dont plusieurs sont assez élégamment construites. Les commerçants de Crozon se livrent tous à la pêche à la sardine ; leurs établissements de pêche sont à Morgat. Crozon est la commune la plus étendue du Finistère ; elle a cinq lieues de longueur. Un tiers de la superficie du territoire est livré à la culture ; les deux autres tiers ne produisent qu'une lande sans force. Les parties cultivées sont très productives ; elles abondent en blés de toutes les espèces, en pomme de terre ; les jardins et les vergers fournissent d'assez bons fruits, les pommes surtout. Dans quelques portions du territoire, on fabrique du cidre. Il se tient des foires au bourg de Crozon, au village de Lanvéoc ».

Voyage dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831 (J.F. Brousmiche)



Finistere2.jpg.. Cornouaille ou Léon ? Crozon est considéré comme étant en Cornouaille. La référence habituelle est l'ancien évêché de Cornouaille dont la limite nord est l'Elorn, donc qui inclut la presqu'île. Et effectivement, sur le plan administratif et judiciaire, Crozon relevait sous les ducs et les rois de la sénéchaussée de Cornouaille. Mais du point de vue féodal, du XI° au XVII° siècle, le fief de Crozon était vassal du Léon : Il appartenait aux vicomtes de Léon (carte ICI), qui le transmirent aux seigneurs de Léon puis aux princes de Léon (Rohan). Ce qui explique que Crozon porte dans ses armes le lion de Léon entouré des macles de Rohan.


Blason_CROZON_2.jpgHéraldique : Le blason de la commune de Crozon reprend le sceau du comté de Crozon, datant de 1525 ; il associe le lion des princes de Léon et les macles de la famille de Rohan : «D'or au lion morné de sable, à la bordure de gueules chargée en chef, à dextre et à senestre d'un macle d'or». Crozon a pour devise "Etre Daou Vor", qui signifie "Entre deux mers".


Carte_etat_major_Crozon.png

Extrait de la carte de l’état-major levée entre 1820 et 1866 [source : https://www.geoportail.gouv.fr/]


Train.jpg Le_Fret.jpg


Pour venir à Crozon avant l'ère de l'automobile :

< Utiliser la petite ligne de chemin de fer (48 kilomètres) qui reliait Châteaulin à Camaret jusqu'en 1967, avec cette antique locomotive

> Prendre le vapeur à Brest et traverser la rade jusqu'au port du Fret ( à voir : photos ici et film )



Morgat_1960.jpgUn film sur Morgat dans les années 60 : Cliquez ici



Une archive à ne pas manquer : Le Pape Paul II fulmine une bulle d'excommunication contre les pirates de la presqu'île de Crozon :

Paul_II.jpg « De la part de nos chers fils, les habitants des lieux et ports maritimes de Camaret, Crozon et Roscanvel, établis sur les rivages de la mer de Bretagne au diocèse de Quimper, nous a été dernièrement présentée une supplique portant que, bien que les dits ports procurent le salut chaque année à quantité de marchands et d’autres fidèles naviguant à travers ces mers (…), néanmoins on a vu des pirates, des écumeurs de mer, sans égard à ces considérations, se jeter, dans le dessein de nuire à ces gens, sur leurs ports qui ne sont pas fortifiés et, sans aucune distinction, saisir, retenir, emprisonner les clercs et les personnes ecclésiastiques comme les séculières, parfois même les tuer et blesser ou leur infliger de cruels traitements, et les contraindre à payer rançon, non sans avoir forcé les portes des églises et des maisons et, forfait plus détestable encore, emporté comme butin les calices, joyaux, livres et ornements réservés au culte divin, parfois même sans craindre de mettre le feu aux habitations et d’y perpétrer d’autres crimes. Par suite, les habitants de cette région ont subi de tels préjudices qu’ils ne peuvent demeurer en pleine sécurité dans leurs ports (…).

Les pirates et tous ceux qui les aident ainsi sont sommés de renoncer au plus vite à leurs habitudes de détestable violence et de basse lâcheté (…). Si compte n’est pas tenu de la sommation et si, en outre, par manifestation d’excuse, regret et pénitence, le fruit complet de toutes les rapines effectuées n’est pas restitué à leurs propriétaires légitimes, les coupables seront frappés de l’excommunication majeure et de l’anathème. Et l’interdit sera jeté sur les villes, châteaux et terres de ces malandrins avec ordre de saisie de tous leurs biens, car ces actes maléfiques et diaboliques constituent « gravem divine majestatis offensam ».

(Bulle pontificale « Consopitentis inhibitio contra piratas », 1er janvier 1470 . Traduit du latin )

Les razzias sur ces côtes après l'intervention papale montrent le peu d'efficacité des armes spirituelles contre des pirates ... Dès 1477, soit sept ans après la Bulle, des ambassadeurs espagnols relâchent à Morgat pour visiter l'église de Crozon; des pirates arraisonnent leur caravelle et la revendent à Brest !


Crozon_Vue_generale.jpg




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