Bruno Paulin Gaston PARIS

H  Gaston PARIS

(Bruno Paulin Gaston PARIS)


  • Né le 9 août 1839 - Paris
  • Décédé le 5 mars 1903 - Cannes , à l’âge de 63 ans
  • Inhumé - Cerisy-la-Salle, Manche
  • Chevalier de la Légion d'honneur, membre de l’Institut, professeur au Collège de France,
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 Notes

Notes individuelles

Eugène Dupont, La Vie Rémoise en 1903 : Gaston Paris, d’Avenay, 64 ans, meurt à Cannes. Fils de Paulin, son histoire appartient à celle de la France savante.

BIBLIOGRAPHIE :

Dictionnaire biographique de la Marne, Flammarion, vers 1907.

PARIS (Gaston). Un hommage tout spécial est légitimement dû en Champagne à la mémoire de l’illustre champenois que fut Gaston Paris. Sa vie et ses principales œuvres ont été déjà retracées dans cet « Annuaire » (1898), alors qu’on pouvait espérer voir sa carrière se prolonger jusqu’à sa limite normale. Elle eût toujours été trop courte ! Mais la fin est survenue après tant d’utiles travaux et tant de services rendus aux lettres françaises qu’on peut la juger encore longue. Personne peut-être n’aura embrassé plus sûrement, dès le début, tout l’essor d’une grande tâche, et ne l’aura accomplie plus religieusement en dépit de la mort. Ami de la vérité par dessus tout, Gaston Paris a compris et pratiqué le culte de l’érudition dans sa plus haute portée : il a fait revivre la langue et le passé littéraire de France dans tout leur éclat, à l’admiration du monde entier. Une biographie de ce célèbre compatriote est inutile à présenter ici. Fils lui-même d’un grand savant dans le même ordre de travaux, Paulin Paris, neveu d’un bibliothécaire et écrivain d’un talent éprouvé, Louis Paris, cousin d’un avocat et jurisconsulte hors de pair, Henri Paris, son nom, uni aux leurs, s’imposait au milieu de nous et nous avons tous présents à l’esprit les phases de la vie, les traits du caractère de Gaston Paris. À Avenay, où il naquit en 1839 et où il revint tant de fois si volontiers, à Reims où il donna plusieurs conférences à l’Académie sur le « Lay de l’Oiselet » et sur le chanoine Guillaume Cocquillart, il était bien connu et aimé, on peut le dire, de tous ceux qui l’entendirent ou l’approchèrent. Ajoutons, pour mieux motiver notre gratitude locale, qu’il tendit la main aux écrivains, historiens ou publicistes de la région, qu’il facilita leur accès dans les hautes sphères de l’Institut. Il est à notre connaissance personnelle qu’il accueillit et fit récompenser dans les Académies dont il était membre les ouvrages de M. l’abbé Cerf sur la Guerre de 1870 et de M. Charles Givelet sur l’église et l’abbaye de Saint-Nicaise. Il éprouvait un grand bonheur à se rapprocher du terroir, à humer l’air champenois. Nous insistons particulièrement sur ce côté de l’homme intime, parce que d’autres aspects plus glorieux ont naturellement pris place et ont été surtout mis en relief dans les discours prononcés à ses obsèques. Il est rare de voir un tel accord dans l’éloge, d’entendre des accents aussi unanimes que ceux qui retentirent le jeudi 12 mars 1903 dans la cour du Collège de France. Un représentant de la ville et de l’Académie de Reims s’y trouvait, M. le docteur Henri Henrot, et il en a rapporté, avec les remerciements de la famille, l’impression d’un deuil plus que national. Tous les amis de la vieille province de Champagne s’unissent de cœur à cette glorification spontanée et sincère du plus illustre enfant de la province. Un sentiment de regret se faisait jour néanmoins autour de nous et persistait dans nos cœurs en apprenant que la dépouille mortelle de notre compatriote ne reposerait pas dans le sol natal, dans ce cimetière des Paris à Avenay, déjà rempli de noms historiques et de souvenirs dont on est fier. Mais la sollicitude éclairée et tendre des deux sœurs du défunt, qui habitent Avenay, veillait en faveur du maintien des traditions. Si la tombe de Gaston Paris se dresse loin de nous, un lieu qu’il aima beaucoup aussi, à Cerisy-la-Salle en Normandie, si la piété de sa compagne l’entretient avec le soin qui lui est dû, son nom du moins avec le mérite, la leçon de sa vie, son amour de la vérité, se lisent quand même au cimetière d’Avenay. Nous en avons été touché et reconnaissant en parcourant ce champ funèbre le 2 novembre dernier. Au-dessus de la dalle en marbre blanc qui recouvre la sépulture de Paulin Paris, né à Avenay en 1800, mort à Paris en 1881, se dresse maintenant une stèle en granit offrant une croix au sommet, et portant l’inscription suivante sur une plaque de marbre noir : À LA MEMOIRE DE GASTON PARIS NÉ À AVENAY LE 9 AOUT 1839 (Liste de ses titres et fonctions successives) DÉCÉDÉ À CANNES LE 5 MARS 1903 INHUMÉ À CERISY-LA-SALLE (Manche) Celui qui agit selon la vérité s’approche de la lumière (St-Jean) H. Jadart. Source : AMB 1904.

PARIS (Gaston). Membre de l’Académie Française et de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Administrateur du Collège de France. S’il est un nom justement honoré en Champagne pour la valeur et les talents divers de ceux qui le portent, c'est celui de la famille Paris, dont le berceau fut transporté du Poitou à Avenay avant le commencement du siècle. Elle a eu ou possède depuis lors des représentants à Épernay, à Avize, à Reims et au sein de la capitale, où elle se perpétue parmi les notabilités de l’Institut et du Collège de France. Pour justifier cette notice consacrée ici à l’un de ses membres connu de tous les érudits, admis d’emblée à cette heure dans nos plus illustres Compagnies savantes, nous n'avons qu’à rappeler les titres qui font de M. Gaston Paris l’un de nos compatriotes les plus distingués. Il est né au pays rémois, à Avenay, le 9 août 1839, et des liens étroits de parenté et d’affection le rattachent encore à ce coin de terre fécond en souvenirs historiques. Là dorment leur dernier sommeil deux hommes célèbres de la contrée, son père, Paulin Paris, membre de l’Institut, né lui-même à Avenay en 1800, et son oncle, Louis Paris, ancien bibliothécaire de la ville de Reims, mort à Avenay en 1887. Dans les maisons du bourg, nous retrouvons la parenté et la descendance en nombreux rejetons de cette famille patriarcale, intimement unie à notre sol champenois. Issu de cette souche féconde et héritier des traditions et du savoir paternel, M. Gaston Paris eut une carrière laborieuse entre toutes, avant d’atteindre les plus hauts grades scientifiques. Voici en quels termes elle est résumée dans la dernière édition du « Dictionnaire des Contemporains » : « PARIS (Gaston-Bruno-Paulin), philologue français, naquit à Avenay le 9 août 1839. Après avoir terminé ses études classiques à Paris, au collège Rollin, il suivit les cours des Universités allemandes de Goettingue et de Bonn, où il étudia les langues romanes sous Diez. De retour en France, il entra à l’École des Chartes et obtint en 1862 le diplôme d’archiviste-paléographe. Il suivit en même temps les cours de la Faculté de droit et ceux de la Sorbonne. Il se fit recevoir docteur ès-lettres en 1865. Ensuite, professeur de grammaire française aux cours libres de la rue Gerson, répétiteur, puis directeur des conférences des langues romanes à l’École pratique des Hautes-Études, il suppléa son père en 1866 et en 1869 au Collège de France, où il lui succéda comme titulaire le 20 juillet 1872. Il a été élu membre de l’Académie des Inscriptions le 12 mai 1876, en remplacement de M. Guigniaut » (« Dictionnaire universel des Contemporains », par G. Vapereau, 6e édition, 1893. – « Magasin pittoresque », 15 février 1897, article d’Ernest Tissot, avec portrait). Ajoutons que, chevalier de la Légion d’honneur en 1875, officier en 1886, M. Gaston Paris a été promu commandeur en 1895. La même année, il était nommé Administrateur du Collège de France. Le point de départ de ses immenses travaux sur la philologie est son « Étude sur le rôle de l’accent latin », qui fut sa thèse de sortie à l’École des Chartes. Il y fit valoir tout son talent d’observateur, sa science de pénétration de la langue des vieux auteurs. Ses thèses pour le doctorat ès-lettres ne furent pas moins remarquées : elles eurent pour sujet le cycle de Charlemagne et les récits légendaires du faux Turpin, si célèbres dans la littérature du moyen âge. Nous donnons les titres de ses principaux ouvrages, dont quelques uns devenus très rares : 1. « Études sur le rôle de l’accent latin dans la langue française », 1862. 2. « De Pseudo-Turpino », 1865. 3. « Histoire poétique de Charlemagne », 1865. 4. « La Vie de saint Alexis », 1872. 5. « Le Petit Poucet et la Grande Ourse », 1875. 6. « La Poésie du moyen âge », leçons et lectures, 1re série, 1885 ; 2e série, 1895. 7. « La Littérature française au moyen âge », 2e édit., 1890. 8. « Récits extraits des poètes et prosateurs du moyen âge », 1896. Il a, en outre, publié un grand nombre de textes appartenant à notre ancienne littérature, le « Roman des Sept Sages », « Aucassin et Nicolette », la « Vie de saint Gilles », « l’Évangile de Nicodème », les « Miracles de Notre-Dame par personnages », le « Mystère de la Passion », etc., soit seul, soit avec divers collaborateurs, et il a traduit de l’allemand, avec MM. Brachet et Morel-Fatio, la « Grammaire des langues romanes » de son maître Diez. En même temps qu’il éditait ces œuvres savantes, M. Gaston Paris devenait l’un des fondateurs de la « Revue critique » et de la « Romania » ; il ne cessa jamais de collaborer à la « Bibliothèque de l’École des Chartes ». Tant de travaux valurent à leur auteur le titre d’associé ou de correspondant dans presque toutes les Académies de l’Europe. Les congrès des Sociétés savantes à Paris s’honorèrent d’être placés sous son patronage comme vice-président du Comité des travaux historiques et scientifiques. Rédacteur au « Journal des Savants », membre du Conseil de perfectionnement de l’École des Chartes, membre de l’Institut depuis vingt ans déjà, l’Académie Française l’accueillit dans ses rangs, le 28 mai 1896, en remplacement de Pasteur. Admis à prendre séance le 28 janvier 1897, son discours de réception fut à la fois l’éloge du grand bienfaiteur de l’humanité et l’éloge de la science en général. ll eut pour Pasteur les plus profondes et les plus pénétrantes attentions, car il le peignit tout entier, dans sa vie morale comme dans son activité scientifique. Le voici dans sa simplicité au foyer domestique ; aussi modeste fut-il dans son glorieux jubilé : « Pieusement dévoué à sa famille, dit-il, passionné pour sa patrie, Pasteur garda toujours aussi un respect filial pour la religion que lui avait enseignée sa mère. Ce grand novateur dans le domaine de la science était un homme de tradition dans le domaine du sentiment. Cela s’accorde bien, messieurs, avec d’autres traits de son caractère que vous avez pu apprécier. Vous avez admiré l’austérité de sa vie entièrement vouée au labeur, la simplicité de ses manières, son incomparable tendresse pour les siens ; vous avez plus d’une fois surpris les marques touchantes de cette sensibilité d’enfant qui s’alliait chez lui à la virilité la plus robuste. Ce rude combattant était resté voisin de la nature comme les héros antiques : comme eux, il fondait sans honte et devant tous en larmes, soit qu’il eut sous les yeux le spectacle des souffrances humaines, soit qu’il se sentît envahi par les souvenirs de ses premières années ou songeât aux amitiés tranchées par la mort, soit qu’il reçût, en ce jour incomparable de son soixante-dixième anniversaire, les hommages qu’apportaient à son génie les délégués enthousiastes du monde entier ». M. Gaston Paris sut aussi faire revivre Pasteur en lui empruntant d’admirables maximes comme celles-ci : « La vraie démocratie est celle qui permet à chaque individu de donner son maximum d’efforts » – « Regarder en haut, apprendre au-delà, s’élever toujours ». Puis en terminant, s’inspirant de la vie entière de son héros, il traça à la jeunesse cet entraînant programme, qui confond l’amour de la vérité avec la pratique de la vertu : « On dit à la jeunesse : « II faut aimer, il faut vouloir, il faut croire, il faut agir », sans lui dire et sans pouvoir lui dire quel doit être l’objet de son amour, le mobile de sa volonté, le symbole de sa croyance, le but de son action. « Il faut avant tout, lui dirais-je, si j’avais l’espoir d’être entendu, aimer la vérité, vouloir la connaître, croire en elle, travailler, si on le peut, à la découvrir. Il faut savoir la regarder en face et se jurer de ne jamais la fausser, l’atténuer ou l’exagérer, même en vue d’un intérêt qui semblerait plus haut qu’elle, car il ne saurait y en avoir de plus haut, et du moment où on la trahit, fût-ce dans le secret de sou cœur, on subit une diminution intime qui, si légère qu’elle soit, se fait bientôt sentir dans toute l’activité morale. Il n’est donné qu’à un petit nombre d’hommes d’étendre son empire ; il est donné à tous de se soumettre à ses lois. Soyez sûrs que la discipline qu’elle imposera à vos esprits se fera sentir à vos consciences et à vos cœurs. L’homme qui a, jusque dans les plus petites choses, l’horreur de la tromperie et même de la dissimulation, est par là même éloigné de la plupart des vices et préparé à toutes les vertus ». La réponse de M. Joseph Bertrand au récipiendaire est un morceau de spirituelle franchise et de savoir littéraire. Ces chefs-d’œuvre sont familiers aux grands hommes de science : les œuvres du philologue et celles du chimiste furent également bien appréciées et louées par un mathématicien. – Il parcourut la série des publications de M. Gaston Paris, en donnant la plus brillante analyse du contenu de chacune d’elles ; il s’arrêta avec complaisance au beau livre, le dernier éclos : « Penseurs et Poètes », que nous n’avons pas cité plus haut, mais qui est un nouveau titre de gloire pour notre érudit, car il y parle de ses contemporains, de ses maîtres et de ses amis, Renan, Darmesteter, Mistral, Sully Prudhomme, Alexandre Bida et Albert Sorel, prouvant ainsi que l’étude des vieux poètes ne rend point insensible aux charmes et à la grandeur de notre littérature moderne. La Champagne a félicité son illustre enfant. Il n’est que juste d’ajouter que les félicitations parties de la province natale ont vivement touché M. Gaston Paris, et qu’il en a donné un éclatant témoignage en venant assister, le 22 juillet 1897, à la séance publique annuelle de l’Académie de Reims. On fêtait ce jour-là le 50e anniversaire de l’élection de M. H. Paris, comme membre titulaire. M. Gaston Paris fit une lecture sur un Rémois du vieux temps, sur Guillaume Coquillart, fils du procureur, chanoine et official, poète au temps de sa jeunesse. Cette communication intéressa vivement le nombreux public attiré par la présence du célèbre écrivain, et resserrera les liens qui l’unissent si intimement déjà au pays rémois et à notre cité. Reims, le 7 août 1897. Henri Jadart. Source : AMB 1898.

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Jean Charles Louis PARIS 1769-1824   Marie Anna Joséphine POLIN 1769-1849   Armand François de Salle ROUGÉ   ? ?
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Pauiin PARIS 1800-1881
  Pauline ROUGÉ 1804-1865
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portrait
Gaston PARIS 1839-1903



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