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SUR MON ARBRE GÉNÉALOGIQUE AUX BRANCHES MULTIPLES ET MULTICOLORES

 

Certaines branches, plus ou moins anciennes, ne sont plus vraiment productives.

Elles sont le symbole du passé, chargées du vécu de nos ancêtres et de leur entourage.

Mais d'autres branches sont verdoyantes et vivantes.

Jour après jour, elles grandissent avec force et constituent l'assurance de notre avenir.


Puissent leurs membres bénéficier de toute la richesse du savoir, de l'expérience et de l'amour de leurs anciens.

 

 Family Book



Summary

 1 - C O N S E I L S . G É N É RA U X . a u x . C H E R C H E U R S

 1.1 - La GÉNÉALOGIE et l'HÉRALDIQUE en BELGIQUE et en FRANCE

 1.1.1 - Principes généraux

Un grand principe doit guider tous les généalogistes : " Aller du connu vers l'inconnu ".En d'autres mots, il faut toujours partir de soi-même, de ses grands-parents, de ses proches, et remonter progressivement la filiation dans le temps.
Il est tout à fait illusoire de partir d'un ancêtre présumé et de vouloir à tout prix en descendre sous le prétexte qu'il porte le même nom.

Ce principe vaut aussi en héraldique. Si vous avez trouvé un blason à votre nom, vous n'êtes pas autorisé à le reprendre, à moins d'avoir prouvé, généalogiquement, que vous descendez en ligne directe du ou des personnages qui ont jadis porté ce blason. Mieux vaut, en attendant d'avoir établi ces preuves, vous créer un blason de toutes pièces, suivant les règles de l'héraldique, plutôt que d'usurper le blason d'une famille homonyme, éteinte ou non, qui n'a rien à voir avec la vôtre. Il sera toujours temps, par la suite, de revendiquer le blason ancien, une fois les preuves acquises.

Ceci dit, nous avons en Belgique la chance de vivre dans un petit pays bien organisé, du moins en ce qui concerne les archives utiles aux généalogistes amateurs. De plus en plus d'archives, et notamment les anciens registres paroissiaux ainsi que l'état civil de plus de cent ans d'âge, sont centralisées aux chefs-lieux des provinces aux Archives de l'État. La plupart du temps, il existe des tables alphabétiques, ce qui est rarement le cas en France ou aux Pays-Bas par exemple. Les chercheurs disposent de nombreux inventaires et guides de recherches, rédigés par des archivistes compétents.
Enfin, aux Archives générales du Royaume (AGR), à Bruxelles, on peut consulter les microfilms des registres paroissiaux de toute la Belgique et une partie de l'état civil du 19e siècle et du début du 20e siècle.
Depuis quelques années, le développement des hautes technologies et de la micro-informatique aidaint, les généalogistes en herbe bénéficient d'un accès aux archives et de leurs documents via l'Internet et les sites des nombreux pays et régions qui développent et améliorent constamment cet accès à leurs archives.

Toutes ces facilités expliquent l'intérêt que connaît la généalogie en Belgique dans toutes les couches de la population, les progrès que cette science auxiliaire de l'histoire enregistre et le développement des associations, revues, bibliothèques et publications spécialisées en la matière.

La généalogie ascendante est la méthode que l'on conseille généralement aux débutants. Elle vise à réunir le maximum de données sur ses 8 bisaïeux, ses 16 trisaïeux, ses 32 quadrisaïeux, etc. Elle présente un grand intérêt historique et sociologique pour celui qui se trouve à l'origine du tableau.

Mais on peut aussi retracer l'histoire de sa famille, ou celle d'une autre famille, rechercher ceux dont on porte le nom, rassembler les familles du lieu correspondant au berceau familial, s'intéresser aux collatéraux. C'est la généalogie descendante, qui présente, aujourd'hui, un intérêt démographique et social incontestable.

Il faut souligner ici que les connexions entre les générations qui ne sont pas dûment établies et confirmées par des documents authentiques sont comme de faux bijoux: elles n'ont aucune valeur. Elles peuvent certes constituer une hypothèse, une piste, permettant d'orienter les recherches. C'est là leur limite. Mais elles ne servent qu'aux chercheurs qui travaillent sur le sujet et ne doivent pas être mentionnées telles quelles dans une généalogie, sous peine de faire perdre à celle-ci toute crédibilité.
Mais dans l'éventualité ou, contre tout soucis de crédibilité ou de bon sens, l'on utilise cette option sur un arbre publié de quelle sorte que ce soit, il sera IMPÉRATIF de mettre en garde les observateurs éventuels, et surtout de les INFORMER du caractère hypothétique de ces données et qu'elles sont publiées uniquement dans le but de faciliter le travail de recherche à notre niveau. Il est donc également IMPÉRATIF, lorsque l'on reprend ces données provenant de sources externes, que l'on répercute toutes les mises en garde au regard de celles-ci.

Ne soyons pas avares de fournir un grand nombre de commentaires et de notes concernant chaque individu de notre arbre, lesquels permettent bien souvent de mieux comprendre la vie de nos ancêtres, leurs soucis, leurs victoires, leur grandeur d'âme. On peut même ajouter des événements, petits et grands, auxquels il a participé et qui ont marqué sa vie, c'est cela qui fait l'histoire de la famille.

 1.1.2 - Les sources primordiales de la généalogie

Qui dit généalogie dit filiation et donc état civil. L'état civil comprend non seulement des actes de naissance (N), de mariage (M) et de décès (D), mais aussi les publications des bans de mariage, les annexes aux actes de mariage et les registres supplétoires. Ces trois dernières sources, souvent négligées, apportent parfois la solution d'un problème engagé dans l'impasse. Ainsi, les pièces annexes aux actes de mariage comportent, si l'un des conjoints avait besoin du consentement de ses parents et que ceux-ci étaient morts, une copie de son acte de décès. Les bans indiquent le lieu où le mariage projeté aura lieu et où l'on pourra donc rechercher l'acte de mariage.
Les registres de la population sont également intéressants. Ils indiquent, rue par rue, la population d'une commune à une époque donnée. En cas de déménagement dans une autre commune, on trouve la mention : " rayé de la commune pour telle autre commune ".

L'état civil a été instauré en Belgique sous le régime français, vers 1795-1796, époque de la réorganisation administrative de nos provinces suivant le régime républicain. Jusque là, les registres paroissiaux, tenus par les curés, tenaient lieu d'état civil.
En principe, la consultation de l'état civil récent, de moins de cent ans d'âge, est soumise à des restrictions, voire interdite. Il faut distinguer dès lors, pour les recherches d'état civil, trois périodes en partant de l'époque actuelle : l'état civil récent, l'état civil ancien et les registres paroissiaux.

 1.1.3 - L'état civil récent (les dernières années du 19e siècle et le 20e)

Les registres d'état civil (NMD), avec leurs tables annuelles et décennales, sont réalisés pour chaque commune en deux exemplaires.
L'un est conservé par l'administration communale où il n'est éventuellement consultable qu'avec l'autorisation du bourgmestre ou de l'officier de l'état civil. L'autre est versé en fin d'année par la commune au greffe du tribunal de première instance. Là, une autorisation écrite du procureur du Roi est nécessaire pour y accéder, moyennant requête motivée.
Mais, la plupart du temps, on pourra se passer de ces démarches. Qui ne connaît suffisamment ses parents et grands-parents jusqu'à la fin du 19e siècle par des sources personnelles ou familiales ? Sauf pour des généalogies descendantes, le généalogiste amateur pourra en général se passer de recherches à l'état civil récent.
Il lui est toujours possible d'adresser aux administrations communales une demande de photocopie ou de copie conforme littérale, signatures comprises (de préférence à un simple extrait qui risquerait d'omettre des détails du plus haut intérêt pour l'orientation de vos recherches). On n'obtiendra ces documents que si on fournit à l'administration les références de l'acte : nom de la commune et date (au moins approximative), car l'administration n'effectuera pas de recherches généalogiques pour vous.

 1.1.4 - L'état civil ancien (de 1796 environ jusqu'à la fin du 19e siècle)

On dispose pour cette période des mêmes registres d'état civil que pour la période contemporaine, parfois moins élaborés au fur et à mesure que l'on remonte dans le temps, encore que certains actes rédigés à l'époque napoléonienne comportent parfois un luxe inouï de détails sur les parents, les grands-parents, les témoins, etc.
Comme pour l'état civil récent, la commune conserve un exemplaire de l'ancien, consultable selon le bon vouloir de l'administration communale et dont on peut obtenir des copies aux conditions énoncées plus haut.
L'autre exemplaire, celui du greffe du tribunal, est généralement versé aux Archives (Archives générales du Royaume à Bruxelles, Archives de l'État en province), où il peut être consulté par les chercheurs.De plus, les Archives générales du Royaume (AGR) procèdent au microfilmage de ces registres pour toute la Belgique. On peut consulter ces microfilms au moyen de visionneuses dans une salle de lecture spéciale, située sous le hall d'entrée des AGR. On trouvera sur place les inventaires (registres et fichiers) nécessaires pour retrouver les cotes des bobines de microfilm.

 1.1.5 - Les registres paroissiaux (avant 1796)

Les anciens registres paroissiaux, abondamment utilisés par les généalogistes, comprennent essentiellement des actes de baptême (B), mariage (M) et décès (D) ou inhumation (S pour Sépulture). Il existe des tables alphabétiques par paroisse. Le tout est généralement conservé aux Archives générales du Royaume pour le Brabant et aux Archives de l'État en province, de plus en plus rarement dans les communes ou dans certaines Archives de villes (cas de Bruxelles, Anvers et Malines par exemple).Selon les paroisses, les registres paroissiaux remontent au début du XVIIIe siècle, au XVIIe ou même, dans des cas exceptionnels, jusqu'en plein XVIe siècle.
Sauf exception, les registres paroissiaux de toute la Belgique, ainsi que leurs tables, ont été microfilmés. A Bruxelles, ces microfilms sont consultables, de préférence aux originaux, dans la salle de lecture spéciale des Archives Générales du Royaume dont il est parlé plus haut.De plus, on peut consulter à l'Office généalogique et héraldique de Belgique une copie des tables des anciens registres paroissiaux de Bruxelles, lesquels réfèrent à plusieurs centaines de milliers d'actes (voir à ce propos Les tables des anciens registres paroissiaux de Bruxelles, dans Le Parchemin, 1976, pages 167-175).
Les actes paroissiaux sont parfois très laconiques. Le nom des parents ne figure pas toujours dans les actes de baptême. On notera toujours les noms des parrain et marraine, indications qui pourront souvent se révéler utiles pour reconstituer peu à peu le puzzle familial.
Les généalogistes belges ont entrepris un gigantesque fichier national des tables des anciens registres paroissiaux, vaste oeuvre de collaboration bénévole qui sera appelée à rendre d'éminents services aux chercheurs.

 1.1.6 - Les autres sources de la généalogie

Avant l'instauration des registres paroissiaux ou dans le cas où ceux-ci n'existent plus (pertes, destructions), les filiations s'établissent par tous les moyens possibles et notamment par les protocoles notariaux (successions, partages, contrats de mariage, etc.), les états de biens (Staten van Goed en Flandre), les greffes scabinales (Oeuvres des échevins), les registres de bourgeoisie (Poortersboeken), les archives seigneuriales (reliefs de fiefs), ecclésiastiques (abbayes, cures) et familiales, les archives des administrations publiques (recensements par exemple), des établissements de bienfaisance (hôpitaux, hospices civils), etc.
A ce stade, la recherche généalogique devient une véritable recherche historique, faisant appel à toutes les sources d'archives disponibles pour une époque et un lieu donnés. Le généalogiste amateur sera confronté aux institutions et aux coutumes anciennes. Il devra s'initier à la lecture des écritures et au vocabulaire (français, flamand ou latin) en usage à différentes époques et variables selon les régions.Toutes ces sources d'archives, complétées par des recherches dans les ouvrages d'histoire locale, les généalogies publiées, les revues spécialisées comme Le Parchemin et son Recueil annuel, permettront non seulement de remonter plus haut dans le temps, mais aussi et surtout d'étoffer une généalogie et de reconstituer peu à peu l'histoire des familles.
Les archivistes, les historiens, les érudits locaux et les généalogistes chevronnés pourront guider les recherches des débutants en leur indiquant les pistes à suivre et en leur donnant des conseils pour tel ou tel cas bien précis. D'où l'utilité aussi des réunions d'entraide et des cours de généalogie organisés par les associations de généalogistes.
Si vous habitez à l'étranger ou si vous ne pouvez entreprendre vous-même les recherches sur vos ancêtres belges, adressez-vous à un ami sur place ou à un généalogiste professionnel. Mais soyez prudent car on ne sait jamais combien de temps dureront des recherches ni où elles mèneront ! C'est d'ailleurs là ce qui rend les recherches généalogiques si passionnantes et c'est pourquoi l'on ne saurait assez conseiller de les entreprendre soi-même si on le peut.
Enfin, si vous êtes arrêté dans des recherches et si vous êtes membre d'une association de généalogistes, vous pouvez poser des questions dans leur revue. Elles toucheront tous les membres et, qui sait, peut-être obtiendrez-vous par l'un d'eux des éléments de réponse. Le Parchemin possède une telle rubrique : le " Courrier de l'Entraide ".

 1.2 - LE GENOS : LA FAMILLE EN TANT QUE LIGNÉE

Par ce petit rétrospectif historique avec son mélange de mythologie, j'essaie de vous faire part d'une nuance fondamentale en recherche généalogique: la lignée. La lignée pose un dilemme fondamental: la lignée patroponymique (du même patronyme) poursuit l'ascendance du père, or, du Moyen-âge au XIXème siècle, l'ascendance paternelle n'était pas toujours prouvée, ni reconnue. (Par contre l'ascendance maternelle est la plus crédible et a de tous temps été reconnue; même au Moyen-âge, lorsqu'il n'existait pas encore de recensement obligatoire de la population, un tribunal adjurait la maternité de l'enfant d'un père inconnu. Et l'homme qui aurait mis une jeune femme en l'abusant était - si reconnu coupable - sévèrement puni.)
De plus, le généalogiste butte régulièrement sur l'orthographe des patronymes et doit effectuer de laborieux travaux de recherche anthroponymique, c'est-à-dire: la recherche de l'origine et des dérives d'orthographe du même patronyme. Ainsi, dans mes recherches personnelles, j'ai dénombré pas moins de 14 orthographes différentes!
Il est fort curieux alors de s'apercevoir que le plus grand nombre de généalogistes s'accordent à tracer la lignée paternelle, alors qu'en remontant la maternelle, ils auraient plus de chance de remonter loin dans les temps. Ceci est également l'explication du pourquoi il est si difficile d'aller au-delà des années 1800.

Tandis que le terme oikos désigne la cellule familiale et les personnes qui vivent sous un même toit, le terme genos désigne la lignée des descendants mâles.
Les travaux de F. Bourriot et de P. Roussel sur le genos ont montré que l’on avait exagéré son importance et qu’en aucun cas on ne saurait imaginer le genos homérique sur le modèle de la gens romaine: une grande famille patriarcale réunissant toutes les branches issues d’un même ancêtre et constituant, en tant que clan, une structure sociale fondamentale.

Dans le monde homérique, le genos constitue certes une structure fondamentale mais en tant que lien unissant les générations et créant, entre elles, un lien d’obligation d’honneur réciproque. Le genos structure et organise la société dans le temps comme l’oikos la structure et l’organise dans l’espace. Deux membres d’un même genos, comme Agamemnon et Mélénas, n’habitent pas nécessairement la même cité, ni la même région, mais ils se définissent tous deux, solidairement, comme des fils d’Atrée (Atrides).
Prenons quelques exemples de cette détermination du héros par rapport à son genos. Quand il se nomme, le héros dit son nom et le plus souvent, il précise son identité en nommant son père . Dans l’Odyssée, Achille s’adresse à Ulysse en l’appelant : "Divin fils de Laërte, industrieux Ulysse". La première structure à laquelle un héros appartient est celle d’une lignée qui remonte à son père et à ses ancêtres paternels. Fier de pouvoir nommer son père, le héros aspire aussi laisser derrière lui un fils qui se souviendra de lui et qui contribuera, à son tour, à le renommer.

Quand il exhorte ses hommes au combat, Hector leur rappelle que la mort n’est pas honteuse pour qui sauve son pays, sa femme, ses enfants, sa maison et son patrimoine. Et, lorsqu’il rappelle à Andromaque son devoir guerrier, le même Hector insiste sur la gloire qu’il entend conquérir pour son père et pour lui-même.

En conclusion, pour remonter loin dans le temps, plutôt qu'une recherche généalogique, soit la quête du genos, il faudrait effectuer une recherche "oikogénique" (de l' oikos ), soit la lignée matriarcale qui est la base de la cellule familiale: sérieuse remise en question pour tous les généalogistes!

Source : http://yernaux.unblog.fr/genealogie/le-genos-en-tant-que-lignee-familiale/

 1.3 - Le PORT d'un BLASON FAMILIAL en BELGIQUE

Comme dans les pays voisins, le port et même la création d'un blason sont parfaitement libres en Belgique, s'il ne s'agit pas d'une usurpation de droits de tiers.
Il n'existe pas encore d'organisme officiel chargé d'enregistrer les armoiries familiales dans la partie francophone du pays (sauf pour la noblesse qui reçoit ses armes du Roi à l'occasion des lettres patentes).
Dans la partie néerlandophone existe le Vlaamse Heraldische Raad. Pour leur part, les communes, les villes et certaines institutions obtiennent des armoiries officielles par arrêté royal. Quant aux évêques et aux abbés des monastères, ils se choisissent eux-mêmes des blasons sur le conseil éventuel d'experts en la matière.
Pour pallier l'absence de consécration officielle, les sociétés généalogiques et héraldiques belges accordent volontiers leurs conseils, soit pour reconnaître le port d'un blason familial ancien, soit pour orienter le choix d'un blason nouveau.
Ainsi, l'Office généalogique et héraldique de Belgique publie régulièrement, dans une rubrique intitulée " Héraldique Vivante ", les blasons anciens ou nouveaux de ses membres, d'institutions et de sociétés privées. Ces publications, par lesquelles on peut ainsi manifester le port public d'un blason et lui donner un caractère au moins officieux, comportent un dessin exact de l'écu, une description héraldique correcte (blasonnement), une notice explicative avec, le cas échéant, une filiation dûment prouvée remontant aux anciens porteurs du blason, le tout paraissant avec les sources (référence à des sceaux par exemple) sous la signature du requérant. Cette procédure, frais de dessin et de publication compris, est relativement peu coûteuse (voir Services aux membres).
L'Office garantit que les blasons publiés dans " Héraldique Vivante " répondent aux règles du droit, de l'art et de la science héraldiques. Une commission spécialisée est chargée d'examiner les requêtes, d'éliminer les blasons fantaisistes, de contrôler les filiations et de proposer éventuellement des modifications. Elle ne connaît que les écus, à l'exclusion de tous ornements extérieurs, ceux-ci ayant autrefois subi des régimes très variés, selon les États ou régions composant actuellement la Belgique.Des cours d'héraldique sont épisodiquement donnés par un spécialiste au Centre de Documentation de l'Office.

 1.4 - ABRÉVIATIONS et SIGLES UTILISÉS en GÉNÉALOGIE

° ......... naissance à ... le ...

b, bp .. baptême à ... le ...

x ......... mariage à ... le ...

)( ........ divorcé de ...

† ........ décédé à ... le ...

P ........ père

M ........ mère

p ......... parrain

m ........ marraine

ss ....... parrain et marraine (susceptores)

t, tt ...... témoin,témoins

tst ....... testament à ... le ...

T, P. ... titre, profession

 1.5 - TERMINOLOGIE

 1.5.1 - Implex ou Implexe

L'implex(e) est un terme utilisé en généalogie qui désigne le rapport entre le nombre théorique et le nombre réel d'ancêtres d'une personne. Celui-ci s'explique par des mariages entre personnes apparentées. Ce type d'union est accentué en partie par les phénomènes d'endogamie qui poussaient les membres d'une société à trouver un conjoint au sein de la même communauté géographique, parentale ou professionnelle. On dit qu'en Belgique et particulièrement en Hainaut , nous sommes tous cousins à un degré plus ou moins proche.
Cette assertion se démontre facilement par un simple calcul. Chacun de nous a deux parents, quatre grand parents, . . . On compte généralement 4 générations par siècle, ce qui signifie qu'une personne, née vers 2000, a 256 ancêtres à l'époque napoléonienne (1800), plus de 524.000 à l'époque de Charles Quint (1525) et 281.474.976.710.656 sous Charlemagne (800) à la 48e génération. Près de trois cent billions d'individus, nombre que la terre n'a jamais comporté et ne comportera sans doute jamais. Toutes les personnes vivant actuellement sont donc potentiellement nos cousins par suite des fréquentes et inévitables consanguinités.

 1.5.2 - Mariage : empêchements prohibitifs et empêchements dirimants

Les empêchements prohibitifs fondent le refus de l'officier d'état civil de célébrer le mariage. Mais, s'il est célébré sans respecter ces conditions, il reste valable. Ce sont le défaut de publication de ban, le défaut de remise du certificat médical, la non observation du délai de viduité, l'existence d'une opposition.
Les empêchements dirimants conduisent, s'ils ne sont pas respectés, à la nullité du mariage. Certains sont tirés des liens de famille (art. 163 c.civ: lien de parenté)

 1.5.3 - Mariage et re-mariage - délai de viduité

Le délai de viduité est le délai imposé par le droit aux personnes veuves ou divorcées avant de pouvoir contracter un nouveau mariage, c'est-à-dire de se remarier. Il s'agit d'éviter les conflits de filiation paternelle concernant les enfants conçus pendant la période au cours de laquelle les précédents époux étaient en instance de divorce.

En Belgique :

Notre époque est ainsi faite. On vit en moyenne 2 à 3 grands amours sur une vie. L'augmentation des divorces entraîne également davantage de remises en couple et donc de remariages. Mais, qu'en est-il sur le plan juridique ? Faisons le point sur la situation en Belgique.
Autrefois, la femme devait attendre 300 jours de plus.
Avant, l'ex-époux pouvait se remarier dès la transcription du jugement du divorce. L'ex-épouse, elle, devait attendre un délai de 300 jours, appelé "délai de viduité". Celui-ci avait été instauré pour des raisons de détermination de la paternité. En effet : le mari d'une femme enceinte est toujours censé être le père du futur enfant.
Dès lors, si un enfant naissait avant la transcription du divorce, il était logique de considérer que le mari était le père de l'enfant. Celui-ci pouvait toutefois introduire une demande de désaveu de paternité.
Dans le même ordre d'idées, si l'enfant naissait plus de 300 jours après la transcription du divorce, il était logique de pouvoir attribuer la paternité à un autre homme.Mais, si l'enfant naissait moins de 300 jours après la transcription du divorce, il était plus que probable qu'il ait été conçu pendant la procédure, alors que le mariage existait toujours. Le mari était donc censé être le père de l'enfant, même s'il pouvait introduire une procédure en désaveu.
Aujourd'hui :, homme et femme sont remis sur pied d'égalité et ce délai de 300 jours n'existe plus.
Quand peut-on se remarier après un divorce ?
Dès que la procédure du divorce est terminée, c'est-à-dire après la transcription du jugement dans les registres de l'état-civil. A partir de ce moment, chacun des ex-époux a le droit de se remarier.
Le choix du nouveau conjoint :
Chaque époux a le droit de se remarier avec la personne de son choix, comme :
son ex-conjoint
un cas moins loufoque qu'il n'y paraît car il est plus fréquent qu'on ne le croit que les ex-conjoints se remettent ensemble après un divorce.
son complice d'adultère
Auparavant le remariage avec le complice d'adultère était interdit. pendant les 3 ans suivant la transcription d'un jugement pour cause d'adultère. Cette interdiction a été supprimée.
son ex- beau-frère ou belle-sœur
Autrefois, il était interdit de se remarier avec le frère ou la sœur de son ex-conjoint. Cette interdiction n'existe plus aujourd'hui.
toute autre personne.

En France :

En France, la loi établissait une durée de trois cent jours, mais cette disposition a été abrogée en 2004.Le droit musulman du mariage prévoit une telle période, dite "idda".


 1.6 - NUMÉROTATION DES ANCÊTRES

 1.6.1 - Pourquoi numéroter?

Il est indispensable de donner un numéro à ses ancêtres afin de s'y retrouver.
Il existe plusieurs systèmes de numérotation selon que l'on travaille en généalogie ascendante ou descendante.
En généalogie ascendante, on part généralement de soi-même ou d'un de ses enfants (généralement le premier, dans ce cas), pour remonter génération après génération selon la base binaire.
En généalogie descendante, on part d'un ancêtre afin de retrouver facilement tous ses descendants et d'en connaître le degré de génération ainsi que leur position au sein de la famille dont ils font partie.

 1.6.2 - Numérotation ASCENDANTE, dite SOSA-STRADONITZ

Ce système a été inventé par l'Allemand Michel Eyzinger en 1590. Il est ensuite repris par Jérôme de Sosa en 1676 puis par Kerule von Stradonitz au XIXe siècle.
Cette numérotation est la plus pratique et la plus utilisée pour l'établissement d'une généalogie ascendante.

1.6.2.1 - Principes de la numérotation SOSA :

  • Chaque ancêtre a un numéro invariable.
  • La numérotation part de la personne dont on fait l'ascendance, c'est le de cujus (Voir 1.6.2.3), il porte le numéro 1.
  • Son père porte le numéro 2 et sa mère le numéro 3.
  • Le numéro 4 est son grand-père paternel, le numéro 5 sa grand-mère paternelle, le numéro 6 son grand-père maternel et le numéro 7 sa grand-mère maternelle.
  • et ainsi de suite…

arbre_sosa.JPG

1.6.2.2 - Régles de la numérotation SOSA

  • Un chiffre pair désigne toujours un homme, un chiffre impair une femme sauf bien sûr le numéro 1 qui est un homme ou une femme
  • Le numéro d'un père est le double de celui de son enfant
  • Le numéro de la conjointe (femme, épouse) est celui de son conjoint (homme, époux, mari) plus 1
  • Le numéro d'une mère est le double de celui de son enfant plus 1

1.6.2.3 - de cujus

Pour le généalogiste, l’expression (qui doit toujours s'écrire en caractère italique) désigne l’individu dont on établit la généalogie. Le terme, bien que rarement employé par les chercheurs d’ancêtres, apparaît dans de nombreux logiciels spécialisés de généalogie. C’est la personne racine de la généalogie ; le de cujus porte donc le numéro Sosa-Stradonitz 1. Donc en général, dans votre généalogie le de cujus, c’est…vous !
Les logiciels qui intègrent la numérotation Sosa-Stradonitz (comme celui utilisé par Geneanet) permettent de modifier cet individu, et recalculent les numéros de chaque ancêtre à partir du nouveau de cujus.
Notez que ce personnage central n’est pas défini dans la norme Gedcom.

 1.6.3 - Numérotation DESCENDANTE, dite d'ABOVILLE

Le système de numérotation Sosa-Stradonitz utilisé dans une généalogie ascendante ne peut pas être utilisé pour codifier les individus d'une généalogie descendante. Les numéros SOSA peuvent toutefois apparaître chez les individus concernés par la ligne directe ascendante, en combinaison avec un système de numérotation descendante comme celle d'Aboville;
Dans une généalogie descendante, on part généralement de l'ancêtre le plus connu comme le plus éloigné et on recherche tous ses descendants.
Pour numéroter ceux-ci la méthode d'Aboville est une des plus simples (il existe aussi les méthodes Pélissier, Dujardin, Tabuteau, Ponroy, Demonferrand, Dupaquier...) bien que les codes obtenus s'allongent à chaque nouvelle génération.

1.6.3.1 - Principes de la numérotation d'Aboville

  • La numérotation part d'un ancêtre commun à plusieurs individus, le plus souvent on choisit l'ancêtre le plus éloigné d'un branche précise..
  • Cet ancêtre commun de départ porte le numéro 1.
  • Le descendant a le numéro de son père (ou de sa mère le cas échéant) suivi de numéro d'ordre de naissance au niveau de la fratrie : 1 pour l'aîné, 2 pour le deuxième et ainsi de suite.
  • A chaque degré de descendance, on reprend à nouveau le code complet du père suivi du numéro d'ordre de naissance au niveau de la fratrie.
  • Certaine situations ont poussé les généalogistes à utiliser des astuces simples pour contourner certains écueils comme le dépassement du nombre des enfants au delà de 9. Dans ce cas on peut utiliser les lettres de l'alphabet en capitale, pour faire suivre le 9 par A puis B et ainsi de suite.
    En ce qui me concerne, je préfère séparer (dans toute ma codification d'Aboville, chaque nombre par un POINT ou tout autre symbole. Exemple 1.3.2.5 etc....
    Un autre écueil est celui qui nécessite de totaliser l'ensemble des nombres car le résultat peut avoir une importance pour les individus codés qui sont en vie. Certaines familles perpétuent une tradition tendant à donner certains privilèges à celui qui détient le plus petit nombre total. La même solution que pour l'écueil précédent est applicable.

Numerotation_d_Aboville.JPG

1.6.3.2 - Règles de la numérotation d'Aboville

  • Le premier numéro du code de chaque individu commencera toujours par 1 même si l'ancêtre concerné ne s'avérait pas être l'aîné.
  • Je préconise la séparation des générations (des numéros) par un point ou tout autre symbole.
  • Dans ce cas, pour tout individu codifié, le nombre de points équivaut au nombre de générations qui séparent l'individu de son ancêtre de référence.
  • Dans ce même cas, les numéros pouvant contenir plus d'un chiffre tel que 10,11,12 etc restent distincts et lisibles. la quantité totale de numéros correspond au degré de générations de l'individu par rapport à son ancêtre de référence. Exemple : le porteur du code 1.4.7.10.3.1.2 appartient à la 7ème génération.
  • Un enfant porteur d'un code se terminant par le numéro 1 signifie qu'il est l'aîné de sa fratrie.
  • Chaque code est porté par chaque descendant en ligne directe et chacun ne peut porter qu'un seul code contrairement à la numérotation ascendante SOSA (cas d'implexe).
  • Les conjoints ne sont pas concernés par cette numérotation et codification.
  • En cas de mariage entre deux descendants codifiés, la numérotation des enfants se fait toujours à partir du père.
  • Seul cas où la numérotation d'un enfant se fait à partir de la mère, c'est lorsque celle-ci donne naissance à l'enfant sans père connu (fille-mère). L'enfant porte dans cas le patronyme de la mère et s'il est un garçon, sa descendance fera également l'objet de cette numérotation et codification. Mais si cet enfant est reconnu lors d'un mariage ultérieur par l'époux, l'enfant perd sa numérotation et sa descendance la perd également également.
  • Ce système de numérotation descendante convient parfaitement aux arbres en deux dimensions pour l'édition sous forme de texte avec indentation comme repère supplémentaire des générations.


 2 - L A . B EL G I Q U E . C E . C H E R . P A Y S . Q U I . E S T . L E . M I E N

Belgique/Belgie

 2.1 - MA NAISSANCE

 2.1.1 - La Libération de Bruxelles par des combattants de cinq nations différentes

À partir du 20 août 1944, les Alliés commencent à franchir la Seine et le Général Eisenhower, leur chef suprême, planifie la poursuite vers le nord.
Le 21e Groupe d’Armées sous le commandement du Maréchal Montgomery est chargé de conquérir le Pas-de-Calais et de foncer sur Bruxelles tandis que le 12e Groupe d’Armées du Général Bradley doit libérer l’est de la Belgique et la Lorraine.
C’est ainsi que, dans un enthousiasme indescriptible et inoubliable, la Belgique va être libérée par des unités de cinq nationalités différentes !
Plusieurs offensives ont permis la libération de la capitale belge opprimée depuis 4 ans :
A l’ouest, la 1e Armée canadienne du Général Crerar avec la division polonaise du Général Maczek sous ses ordres, libère les deux Flandres.
Mais c’est véritablement au centre que la 2e Armée Anglaise du Général Dempsey arrive aux portes de Bruxelles le 3 septembre 1944 avec la Division des Guards dans laquelle est incorporée la Brigade Piron magnifiquement aidée par la Résistance locale.
Les 2.000 hommes se tiennent prêts pour entrer le lendemain dans la capitale.
Le 4 septembre, à 9 heures 30, le commandant de la division envoie ses ordres pour l'entrée à Bruxelles. Les deux mille hommes sont rasés de près et impatients….. La division des Guards précède le Groupement Belge, donc ce sont bien les anglais qui libèrent Bruxelles. Toutefois, deux pelotons belges accompagnent la division des Guards…
A 15 heures, la tête de colonne belge pénètre dans les premiers faubourgs de Bruxelles. Une foule en délire les accueille !
L'effervescence monte pour atteindre son point culminant Porte de Namur. La population semble progressivement se réveiller de quatre années de torpeur. Par la place des Palais, la colonne regagne la rue Royale où le colonel Piron fleurit la tombe du Soldat Inconnu.
C'est donc une ville, abandonnée par un Reich allemand en train de s'effondrer, qui accueille ses libérateurs les bras et le cœur ouverts.

 2.1.2 - L'entrée des combattants belges dans leur capitale

A 16 h 36, les véhicules de tête du 1er Groupement belge passent la frontière à Rongy. Quatre ans après la capitulation de l’armée belge, des soldats portant les couleurs noir-jaune-rouge reprennent possession du territoire national. Le 4 septembre, ils font une entrée triomphante à Bruxelles. Les soldats belges restent une semaine dans la capitale.
Le 11 septembre, ils se remettront en route et, le même jour, ils libèreront 900 prisonniers politiques détenus au camp militaire de Bourg-Léopold.
Tout comme à Paris en août 1944 mais dans une moins grande ampleur, Bruxelles connut des règlements de compte entre résistants et collaborateurs :
Les maisons de collaborateurs sont dévastées par des résistants (dont un certain nombre n’avait en fait jamais fait partie de la résistance auparavant) et les collaborateurs sont arrêtés ou tués.
Malgré ces violences d’après-guerre, la joie de voir passer les libérateurs est bien réelle. Pour preuve, la déclaration de Winston Churchill à la Chambre des Communes : « We have in Belgium a tumultuous welcome. ».

 2.1.3 - Ma délivrance sans combat

U n e . h i s t o i r e . e x t r a o r d i n a i r e . é c r i t e . d a n s . l e . p l u s . p u r . s t y l e . e m p r u n t é . à . m o n . a u t e u r . p r é f é r é , P i e r r e . B e l l e m a r e !

Nous sommes à Ixelles, faubourg de Bruxelles la grande, le dimanche 10 septembre 1944.
Dans le centre, les bruxellois sont en effervescence et encore nombreux à faire la fête avec les militaires anglais, canadiens, polonais, français et belges qui se sont réunis à Bruxelles pour nous libérer du joug de nos occupants. Ils sont en fuite maintenant vers l'est du pays et les militaires vont bientôt se préparer à partir à leur poursuite pour les chasser à jamais de notre territoire..
Il est 18 heures 30, au terme d'un bel après-midi de fin d'été, le soleil brille et le feuillage des arbres environnant la rue de la Tulipe et la rue Longue Vie frissonne d'un vent léger.

Hermance Lantrebecq est en pleine effervescence elle aussi mais pour une autre raison. Son cœur est rempli de joie et elle s'affaire dans sa merveilleuse petite maison située au 5 rue Sans-Soucis, à côté des anciennes Halles d'Ixelles, laissées à l'abandon depuis 1936, apparemment le seul tableau inspirant la tristesse.
Peut-être aussi la maison qui est vide autour d'elle. C'est normal et ça s'explique aisément.
Mes sœurs Anne-Marie âgée de 8 ans et Bernadette de 3 ans se trouvent à Dolembreux près de Liège chez des amis et ma sœur Claire, encore très jeune puisqu'elle a moins de deux ans, a été placée en toute hâte, pour quelques jours, aux bons soins d'amis qui résident à deux pas, dans la mercerie rue Van Aa.
Mon frère Jean-Pierre, âgé de 5 ans et demi, batifole dans la campagne d' Hainin, entre Boussu et Thulin dans le Hainaut (c'est là qu'il est né et qu'il adore aller), hébergé depuis quelques jours par mes grands-parents Bon-papa, mon futur parrain, et Bobonne.
Depuis quatre mois, René, son "Poulet" chéri mais aussi mon Papa, se trouve en captivité quelque part en Allemagne, dans des tristes et pénibles conditions, .
Elle est seule à la maison, vraiment seule.. à part moi qui ne peut la quitter, du moins, pour l'instant et pour cause, je suis dans son ventre.
Vous avez compris, je suis là, aussi proche d'elle qu'on peut l'être en ces circonstances, visiblement impatient de voir le jour, le soleil en personne.
Voilà la raison profonde de cette effervescence : Hermance attend un heureux évènement et c'est pour aujourd'hui à coup sûr. Elle le sait, elle le sent.
Il y a bien longtemps qu'elle a commencé à ressentir les premières contractions. Mais maintenant c'est sérieux. Tous les signes sont présents. Elle peut les reconnaître... je suis le cinquième numéro. Elle sait parfaitement qu'elle risque de perdre les eaux avant son arrivée à la maternité puisque c'est déjà arrivé lors d'une précédente grossesse. Et les contractions se font de plus en plus rapprochées et douloureuses.

À présent, Hermance est consciente de ce qui lui reste à faire. Sa valise est prête et elle s' "arme de courage" car elle a décidé de se rendre immédiatement à la maternité de la clinique 'Baron Lambert' où on l'attend. Madame Bosmans, la voisine d'en face au numéro 6, les a déjà prévenus au téléphone. Ainsi, on pourra avertir de son arrivée imminente le docteur Lahaye son médecin et gynécologue. Son médecin et "ami", devrais-je dire, tant la confiance qu'elle a en lui est grande.
Elle ne peut plus tarder. Il y a une fameuse trotte jusqu'à Baron Lambert : quatre kilomètres environ et, dans son état, déjà très limite, cela lui prendra certainement une heure.
Sa petite valise à la main, la voilà en route, préférant un trajet un peu plus long en descendant la rue de la Tulipe, pour rejoindre directement la chaussée de Wavre, plus animée, plutôt que par la rue du Viaduc (le chemin aurait été plus court).
La raison est simple :
- Les douleurs dues aux contractions l'obligeront à s'arrêter à plusieurs reprises et elle ne souhaite vraiment pas se retrouver seule, en cas de besoin.
- De plus, dès qu'apparaîtront des contractions, elle pourra se tourner vers une vitrine de magasin pour ne pas trop attirer l'attention. Et la chaussée de Wavre est longée de nombreuses boutiques et magasins de tous genres.
- À la rue du Viaduc, il n'y a que des maisons et très peu de passage. Ce n'était pas l'idéal.

Son itinéraire est clair, simple et très bien tracé dans sa tête. Elle le connait parfaitement pour l'avoir déjà suivi quelques fois jusqu'à la maternité Baron Lambert à Etterbeek. Mes trois sœurs y sont nées respectivement en mai 1936, en mai 1941 et en novembre 1942.
Une fois arrivée au bas de la chaussée de Wavre, elle va prendre à droite la rue de l'Étang. Ensuite, elle traversera la chaussée de Wavre pour rejoindre la rue Louis Hap. Elle la remontera jusqu'à hauteur de la rue Baron Lambert qu'elle empuntera à droite vers la maternité. Elle aura finalement marché un peu moins d'une heure. . Ouf! Elle y est.

Les contractions se sont un peu espacées. Elle a bien rythmé sa respiration durant la montée de la rue Louis Hap et maintenant elle peut déposer sa valise et un peu souffler. Elle a chaud mais ce petit vent qui annonce déjà l'automne vient la rafraîchir agréablement et puis, elle se trouve face à la végétation du parc qui entoure les bâtiments de la clinique, l'air y est pur.
"Comme c'est bon" se dit-elle en pensant à la vie, à sa vie et à celle qu'elle va donner bientôt à cet enfant qu'elle porte en son sein et qui sera délivré dans peu de temps.
À présent, elle respire à plein poumons aux fins de ne rien perdre de cette richesse que lui offre la nature en pleine cité. Son cœur s'emplit de ce bonheur de l'instant présent qu'une larme à l'œil trahit timidement et son pouls s'accélère comme pour sentir davantage la vie qui est en elle. Doublement. Et je sens bien son cœur qui bat et ses mains sont maintenant posées sur moi, sur son ventre bien sûr.
Courageusement comme toujours, après cette courte pause, elle reprend son souffle et se dirige vers la maternité. Elle longe le parc jusqu'à l'entrée, une dizaine de mètres encore.
Enfin au bout de son périple, sans "soucis" comme le nom de la rue ou se trouve sa maison, elle entre dans la maternité et les infirmières se précipitent vers elle pour l'assister, porter sa valise, l'une d'elle avertissant illico le docteur Lahaye de son arrivée bien sûr
C'est un véritable "branle-bas de combat" qui s'en suit, tant et si bien que je suis libéré avec cris et fracas à 20h45 précises, en montrant, en premier, mon charmant postérieur et mes plus beaux attributs, ce qui fait sourire tout le monde évidemment.
Très vite le tam-tam fonctionne et je suis, ce premier jour de ma vie, l'objet de la plus grande admiration (on peut rêver, non?).
Du coup, c'est moi qui ressent un peu de solitude.
Bien, maman est là qui me chouchoute, c'est parfait. Mais mon papa ?, Mon frère ? Mes sœurs ? Je sais qu'ils existent mais c'est déjà triste sans eux près de moi... Bah un peu de patience, la joie de les retrouver ne sera que plus intense évidemment.Il y a la sœur de maman, ma tante Élise qu'on appelle tous "marraine" car elle est d'abord sa marraine mais aussi celle de ma sœur aînée Anne-Marie. Elle est accompagnée de son mari, mon oncle Charles, c'est un couple sans enfants qui habite avenue Victor Jacobs à Etterbeek, non loin de la clinique et Il y a aussi la voisine d'en face (rue Sans-Soucis), madame Charlet.Outre les infirmières, ce sont les premières personnes à m'admirer et, depuis ce premier jour, j'ai toujours été entouré de femmes tout aussi charmantes et agréables les unes que les autres. Ça m'est d'ailleurs resté tout au long de ma vie.
Me voilà prêt à découvrir ce monde dont on m'avait tant "parlé", dans une autre vie sans doute, car il semble que je me sens vraiment bien là, dans la chambre, à la maternité, dans la rue Baron Lambert, à Etterbeek, à Bruxelles, en Belgique, en Europe, sur la planète "TERRE" où tous les êtres s'aiment; du moins c'est ce que j'aime à croire encore aujourd'hui!. JE VOUS AIME.

Paul François Emmanuel Joseph Ghislain DAELEMAN (révision 10/06/2020)


 2.2 - LA BELGIQUE QUE J'AIME

 2.2.1 - Un belge authentique

Tout le démontre : je suis un véritable BELGE.
Né à Bruxelles, (Etterbeek est une des communes de l'agglomération bruxelloise), de père né à Uccle - Bruxelles mais dont les ascendants sont tous nés dans le pays de Waas en Flandre Orientale (Sint-Niklaas-Waas) et de mère wallonne née à Hainin (Hensies) dans le Borinage, à la frontière francaise, et dont la famille paternelle est elle-même issue d'Hergnies dans le Nord (59) faisant partie du grand Hainaut.
Ayant été élevé en français (maman ignorait le flamand ce qui explique que papa, parfaitement bilingue, ne parlait que le français à la maison), j'ai eu quelques difficultés à apprendre le néerlandais. Mais, après de nombreux efforts, j'ai été premier en composition et en version néerlandaise au terme des mes études secondaires. C'est loin déjà.
Au niveau professionnel, j'ai été engagé en 1964 par Avon Cosmetics (société américaine de produits cosmétiques) et bien que le siège était situé à cette époque à Bruxelles, il fut transféré, peu de temps après mon engagement, dans de tout nouveaux bâtiments à... Bornem en plein pays flamand près de Sint-Niklaas-Waas et de Sint-Amands, berceau de mes ancêtre paternels.
En mai 1967, je me suis marié avec une réplique de moi même, Yvette, née à Bruxelles, de père d'origine flamande (ses grands-parents paternels ne parlaient que flamand) et de mère de souche wallonne.
Après huit ans de travail chez Avon Cosmetics Benelux, je me suis associé pour créer une société avec William De Winne un ami flamand, originaire de la région du pays de Waas. William De Winne fut et est resté un de mes meilleurs amis que je revoie de temps à autre à Dendermonde, ville où mon regretté cousin Dom Bernard fut moine à l'abbaye.
Quelques années plus tard, j'ai créé un point de vente (afin de commercialiser les célèbres produits danois Bang&Olufsen) chaussée de Gand à Berchem-Saint-Agathe, commune bruxelloise limitrophe du "Brabant Flamand", magasin dont les clients étaient à plus de 50% néerlandophones (clients de passage) mais aussi un grand nombre de bruxellois et de wallons.
Depuis 1973, je me suis installé avec ma famille dans une commune à facilité proche de Bruxelles mais pas très loin du pays de Waas : Wemmel. J'y ai habité jusqu'à mon divorce en 1992. Après ce divorce j'ai choisi de refaire ma vie en Wallonie et particulièrement à Lasne près de Waterloo.

AH QUE J'APPRÉCIE les noms et les lieux commençant par la lettre "W".

Mais je ne suis pas le seul : mon frère Philippe a acheté sa maison à Woluwé-Saint-Lambert et y réside depuis avec toute sa famille.Ma sœur regrettée Claire† et mon beau-frère Paul ont construit leur maison à Waterloo et y ont habité jusqu'à leur divorce mais Claire a résidé à Waterloo jusqu'à son décès. En 2010, elle a cependant habité peu de temps à Braine-l'Alleud, où est érigé le Lion de Waterloo.
Ma sœur Anne-Marie et mon regretté beau-frère Omer† ont habité, lors de leur mariage, à Bruxelles, chaussée de Waterloo. Après quelques années passées en Campine près de la frontière des Pays-Bas, la famille est revenue habiter près de Bruxelles : à Wemmel où elle réside toujours ainsi que sa fille Monique, sa petite-fille Sandrine.
Mon fils Yvan a acheté sa maison à Wavre où il réside actuellement. Mon ex-femme Yvette a quitté Wemmel en décembre 1990 pour aller habiter à Wolvertem.
Vers 1994, j'ai résidé à Tilly (Villers-la-Ville), non pas Willers-la-Ville) mais dans le Brabant Wallon, aux confins des limites des province de Namur et du Hainaut.
Et, à partir de 2002, je me suis installé à Quaregnon (Mons), plus précisément à Wasmuel (tiens! encore un "W") jusqu'en 2007.
Depuis lors, suite à des successions, je m'installe dans ma maison en cours de rénovation à Péruwelz, (là le "w" s'est un peu déplacé) en Wallonie à 500 m de la frontière française à côté du village de Wiers et à deux pas d'Hergnies, berceau de ma famille maternelle (les Lentrebecq). J'ignore encore si j'y resterai.
Autre chose, très curieuse : le berceau de mes ancêtres paternels est la ville de Saint-Amand (Sint-Amands) dans le pays de Waas dans le Klein-Brabant plus précisément. Lorsque j'étais à Tilly - Villers-la-Ville, le village voisin, Marbais qui fait aussi partie de l'entité de Villers-la-Ville est voisin de Saint-Amand (Fleurus) mais aussi le lieu où se trouve la ferme où a travaillé mon grand-père Oscar durant sa jeunesse pendant les vacances d'été. Sa mère, originaire de Bousval y avait de la famille mais j'ignore qui et je n'en sais pas plus. Mais le plus curieux est qu'actuellement, je vis sur Péruwelz, à deux pas d'Hergnies, le berceau de mes ancêtres maternels Lentrebecq, et à deux pas de ... Saint-Amand-les-Eaux, ville du Nord.
Peu avant Péruwelz, je résidais donc à Wasmuël à côté de Boussu, ville voisine d'Hainin et de Thulin, terre natale de maman, de ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents.
J'ignore ce que me réserve mon avenir mais je suppose et j'en suis même certain qu'un jour, je serai encore beaucoup plus proche de tous mes ancêtres...le plus tard possible quand même : j'aime toujours les "W", les "Saint-Amand", les belges, les flamands, les wallons, les bruxellois, la Belgique et aussi les français et la France mes proches voisins, qui aiment, on le sait tous, et adorent la Belgique surtout quand ils peuvent en rire. Alors, rions ensemble.

 2.2.2 - La bataille des Éperons d'Or

Le soir tombe sur les bords marécageux du Groeninghe Beek. La bataille est finie. Dans l'un et l'autre camp, nul n'a quitté les rangs ni fait de prisonniers. Les vainqueurs ramassent les centaines d'éperons dorés de leurs adversaires tombés au combat. Ils iront décorer la voûte de l'église Notre-Dame de Courtrai.
Plus loin, sous les murs de Tournai, des fuyards épuisés et apeurés arrivent, vendant leurs armures au plus offrant pour un peu de pain. Le chroniqueur Gilles li Muisis en a vu beaucoup trembler `d'une frayeur telle qu'ils ne parvenaient pas à porter ce pain à leurs lèvres´.
A la cour de France, la lettre annonçant la nouvelle rend Philippe le Bel fou de rage. A Rome, le pape Boniface VIII se fait réveiller en pleine nuit pour entendre le récit détaillé de l'événement.11 juillet 1302: victoire de la piétaille du plat pays contre l'élite de la chevalerie française. A pratiquement deux contre un - 47600 contre 25000 - le `top´ des pros agissant dans les règles de l'art a mordu la poussière devant une armée populaire brutale, sans instruction ni discipline. Telle est l'image qui s'imposera, mais elle vient un peu d'Épinal et réclame des nuances. Les blindés humains sont d'abord tombés dans le piège des fossés et des marais qui entrecoupent le terrain. Et l'heure de gloire des masses compactes sera de courte durée: on disposera bientôt de l'artillerie pour les disperser.11 juillet 1302: il y a 700 ans. Toute la Flandre s'en souvient ces jours-ci. La date a disparu des échéanciers communautaires mais c'est la fête un peu partout. Malgré ou à cause de cette mobilisation nordiste, la Belgique romane a choisi d'ignorer l'anniversaire, comme s'il ne la concernait pas. Et pourtant...
En ce temps-là, nul n'a entendu parler de la frontière linguistique. A la tête des milices flamandes se sont trouvés Gui et Jean de Namur ainsi que Guillaume de Juliers, fils et petit fils de Gui de Dampierre, lui-même comte de Flandre et de Namur. A leur aide sont venus des corps brabançons sous les ordres de Jean de Cuyck et de Goswin de Goidsenhoven ou Gossoncourt, ainsi qu'un corps du pays de Looz (Henri de Petershem) et un corps luxembourgeois (Henri de Lonchin). Les Français, de leur côté, ont été renforcés par le comte de Hainaut Jean d'Avesnes, qui a une dent contre les Dampierre, et par Godefroid de Brabant, qui n'est ni plus ni moins flamand que les dynastes flandriens mais voit dans la France un contrepoids face à l'Empire. Sur le champ de bataille, on ramasse le corps de Robert d'Artois, fier commandant de l'armée de France, mais aussi celui de Jacques de Châtillon, le gouverneur maladroit, méprisant, détesté, atteint par surcroît de rage taxatoire, contre qui les Brugeois se sont soulevés, mais qui est apparenté aux plus hautes familles de l'aristocratie flamande.
La Belgique, comme bien d'autres futurs États d'Europe, est alors une mosaïque de duchés, de comtés, de principautés, de seigneuries... le plus souvent hétérogènes quant aux langues. La principauté de Liège est arrimée à l'Empire germanique dont le Brabant s'est rendu indépendant par la victoire de Woeringen (1288). La Flandre et le Hainaut se trouvent sous l'emprise croissante de la France. Ces différentes entités ont beaucoup plus d'étendue que les provinces qui portent aujourd'hui leur nom. Économiquement, la balance penche vers l'Ouest, enrichi par l'essor du commerce maritime et de l'industrie drapière, d'où les convoitises du `grand frère´ français.
Avec ce dernier, les relations tournent à l'aigre à maintes reprises mais surtout après l'avènement du précité comte Gui de Dampierre en 1278. Si on ne craignait l'anachronisme, on pourrait voir en lui un leader populiste, puisqu'il assied son pouvoir sur le petit peuple artisanal contre l'oligarchie qui contrôle l'administration des cités. Mais il trouve aussi un appui du côté de l'Angleterre qui veille sur les intérêts de ses marchands. C'en est en tout cas plus qu'assez pour que Philippe le Bel, qui n'est pas du genre jovial, décide de débarquer ce vassal indocile, avec les patriciens locaux pour cinquième colonne.
Un conflit social, donc, plus que national. Au parti du comte adhèrent des tisserands, des foulons, des tondeurs de drap... (les Klauwaerts, par allusion aux griffes du Lion), dont les milices sont souvent organisées par métier, portant sur la bannière les insignes de la profession ou son saint patron. Le Roi, pour sa part, se pose en protecteur des rentiers et des marchands (les Leliaerts ou hommes du Lys).
Dans une première phase, la France marque des points, Albion ayant pris le large entre temps. Dampierre est vaincu près de Furnes et interné au château de Compiègne. Une partie de nos provinces est occupée et rattachée à la Couronne en 1301. Mais les baillis du précurseur de l'absolutisme royal font l'unanimité contre eux en s'attaquant à l'autonomie municipale. Une partie du patriciat rejoint les métiers dans l'opposition. Le divide ut regnes, par lequel le voisin du Sud a si longtemps contrôlé nos régions, montre ses limites. Bruges et Gand s'insurgent. Guillaume de Juliers, guerrier surdoué et aussi archidiacre de... Liège, établi la jonction entre les foyers de révolte et fait une entrée triomphale à Bruges. Gui de Namur est accueilli de même à Audenarde, à Courtrai, à Ypres.
Le tisserand Pierre De Coninck, le chevalier zélandais Jean de Renesse, le boucher Jean Breydel animent la fronde. Le nom du premier, arrivé en traduction française (`Pierre de Roi´) à l'oreille des Parisiens, fera croire à ces derniers que les Brugeois veulent couronner un fabricant de tissus.
Un temps, l'ennemi reprend Bruges mais mal lui en prend. Au cours des `Matines´ de mai, les sentinelles françaises sont égorgées ou assassinées. Celles qui se sont mêlées à la foule sont trahies par l'accent avec lequel elles crient `gild en vriend´, `gilde et ami´ (et non `schild en vriend´, cette erreur tenace). Sur les causes s'affronteront longtemps la version française d'un odieux traquenard et la version belge de la légitime défense préventive (massacrer pour ne pas être massacrés). En tout cas, c'est une horreur qui n'épargne pas nombre des patriciens coupables de vouloir rester dans la mouvance française. Et qui gardent Gand sous contrôle, ce qui n'est pas rien.
Reste à livrer la bataille décisive, sous les murs de Courtrai, le 11 juillet. La composition des forces, on l'a dit, ôte tout caractère identitaire à l'affrontement. Le contraste réside entre les nobles de Picardie, d'Artois ou de Flandre qui forment, avec des mercenaires génois et allemands, le gros des troupes de Robert d'Artois, et les fantassins du peuple qui avancent en gros bataillons serrés derrière les Dampierre, même si des gentilshommes s'y trouvent aussi, en plus grand nombre qu'il ne sera admis dans les visions schématiques. `C'était la première fois peut-être, écrira Henri Pirenne, qu'on voyait la démocratie urbaine conduite au combat par des princes féodaux et les aidant à reconquérir leur héritage´. Et d'ajouter que `tout était contraste dans l'armée flamande, où de jeunes princes, élevés à la française et ne parlant que le français, conduisaient au combat une foule d'ouvriers et de paysans dont ils connaissaient à peine la langue´.
Selon le curé brabançon Louis Van Velthem, dont le `Spiegel historiael´ est fondé sur des témoignages de première main, le comte d'Artois a envoyé un homme en reconnaissance avant les premiers engagements: `A son retour, cet homme dit à d'Artois: `Je n'ai vu que des paysans et des tisserands armés; j'ai fait le tour de l'armée et je n'ai vu aucun homme de valeur, à part Guillaume de Juliers, Messire Gui, un jeune chevalier, fils de Gui de Dampierre. Ils se sont postés sans chevaux derrière une rivière. On pourrait les attaquer dans le dos´. Le rapport était erroné. On connaît la suite.
Après les Éperons d'or, quoi? D'autres fortunes et surtout beaucoup d'infortunes militaires, puis la paix d'Athis-sur-Orge, en 1305, qui restitue le pouvoir comtal et les libertés communales tout en accordant Lille, Douai, Béthune, Orchies... au roi de France dont la souveraineté reste ancrée partout. Les Belges, déçus, parleront d'une `paix d'iniquité´. Mais leurs adversaires, traumatisés durablement par Courtrai, cette catastrophe mystérieuse dont ils ne parleront plus qu'à mots couverts (comme d'Alésia naguère), n'ont vu revenir que 3000 hommes sur les quelque 60000 hommes envoyés en campagne dans les Flandres. Le roi Charles VI mangera froid le plat de la vengeance... quatre-vingts ans plus tard, en 1382, quand, victorieux West-Rozebeke, il ira reprendre les éperons toujours fixés à la voûte de l'église Notre-Dame. Et incendier la ville.
De l'épisode de 1302, il demeure surtout une étonnante résonance dans les siècles ultérieurs, marquée bien sûr par les avatars multiples de la mémoire collective qui, dans la tradition orale comme dans les travaux d'érudits, a moins pris en compte, au fil du temps, l'enchevêtrement complexe des données de la lutte. `C'est le romantisme du XIXe siècle qui en fit le mythe fondateur de la nation flamande´ , écrit Luc Beyer dans le livre qu'il vient de consacrer aux francophones de Flandre 1. Cette histoire mythifiée inspira à l'un des phares de la littérature flamande, Hendrik Conscience (1812-1883), son célèbre `Leeuw van Vlaanderen´ qui s'achève sur ces lignes: `Flamand, qui viens de lire ce livre, médite bien les faits glorieux qu'il renferme; songe à ce que la Flandre fut jadis, à ce qu'elle est aujourd'hui, et plus encore à ce qu'elle deviendrait si tu oubliais les saints exemples de tes ancêtres´.
Et aujourd'hui? Les reconstitutions historiques et quelques discours politiques pointus refléteront sans doute encore cette approche. La recherche contemporaine, par contre, campe à des années-lumière et n'hésite plus à affirmer que la dimension nationale flamande, totalement absente de la Guldensporenslag, résulte d'une relecture sublimante de l'événement. Dans le `Standaard´ du 2 juillet 2002, l'historienne Véronique Lambert, de l'Université de Gand, situait l'apparition de cette interprétation dès la génération suivante: `La victoire reçut un caractère collectif: les Flamands qui avaient chassé les Français. L'euphorie qui a suivi la bataille peut être comparée le mieux avec le sentiment qui domine dans le pays après une victoire des Diables Rouges. Tout à coup, nous sommes tous Belges´.
La construction serait donc beaucoup plus ancienne que ne le croit Luc Beyer. Après 1830, elle fut adoptée avec la même ferveur par le nationalisme belge, qui pouvait opposer ce passé héroïque aux visées impérialistes françaises, et par le mouvement flamand naissant qui trouvait un évident plaisir à identifier les Leliaerts aux fransquillons et les Klauwaerts aux flamingants, quitte à oublier ainsi que le patriciat comme le peuple avaient été en réalité très divisés.
Rien de plus symptomatique de la réalité belge que les fêtes choisies par nos entités fédérées. La Communauté française célèbre les journées de Septembre 1830 et la Communauté flamande le triomphe des Éperons d'or. Grand bien leur fasse. Mais comment oublier qu'on a parlé les deux langues - et les dialectes s'en rapprochant -, tant sur les barricades dressées contre les Bataves abhorrés que sur le Groeninghe velt où nos ancêtres donnèrent une raclée au Capétien?
Source : Les Lys de Flandre, éd. F.-X. de Guibert
© La Libre Belgique 2002

 2.2.3 - Comment est né ce Royaume de Belgique

Un peu d'histoire sur la création de notre royaume (1830-1831) (Tiré du site Histoire-fr.com)

2.2.3.1 - Révolte, révolution, séparation

Depuis près de mille ans, la Belgique n’avait jamais été indépendante. Rattachée à la France au Moyen âge, à l’Espagne lors de la Renaissance, puis à l’Autriche au cours de l’époque moderne, la Belgique avait brièvement obtenu son indépendance lors de la Révolution française.
Suite au congrès de Vienne, en 1815, la Belgique et les Provinces Unies furent réunies afin de former un seul Etat : le royaume uni des Pays Bas.
La couronne de ce nouvel Etat fut alors confiée à Guillaume Frédéric d’Orange Nassau, issu d’une famille régnant sur les Pays Bas depuis le XVI° siècle.
Les belges, à cette date, avaient des sentiments partagés. Ainsi, la majorité d’entre eux se considéraient toujours comme les sujets de l’Autriche (avant d’être annexée par la France, la Belgique était une possession autrichienne.), et souhaitaient conserver l’autonomie dont ils bénéficiaient autrefois ; toutefois, quelques belges souhaitaient un rattachement à la France.
Au final, la création du royaume des Pays Bas ne fut guère appréciée. D’une part, les néerlandais étaient protestants, alors que les belges étaient catholiques ; en outre, le nouveau souverain souhaitait que la dette des ex-Provinces Unies soit payée aussi par la Belgique.
Contestant la censure et la main mise protestante sur les postes de la fonction publique, les provinces du sud affirmèrent leur opposition vis-à-vis du nord jusqu’en 1830.
Suite à la révolution de Juillet (en France - 1830), des troubles éclatèrent à Bruxelles, puis se répandirent dans tout le pays.
Puis, à la fin août 1830, Guillaume I° reçut une délégation Bruxelloise, venue exposer les griefs des provinces du sud au souverain. Cependant, le roi des Pays Bas refusa de s’incliner face aux belges.
Jusqu’en septembre, la situation resta toutefois indécise. En effet, les révolutionnaires ne souhaitaient pas l’indépendance de la Belgique mais seulement une autonomie vis à vis des provinces du nord ; Guillaume I°, quant à lui, n’était pas hostile à une séparation administrative entre les deux pays.
Toutefois, à la fin septembre 1830, le roi des Pays Bas décida d’investir militairement Bruxelles, afin de mettre un terme aux émeutes. Les habitants de la cité décidèrent alors de riposter, créant un contingent de volontaires.
L’armée néerlandaise, rencontrant d’importantes difficultés, se retrouva contrainte d’évacuer Bruxelles.
À la fin septembre, alors que les États Généraux proclamaient la séparation administrative de la Belgique et des Pays Bas, les belges affirmèrent qu’un roi ayant fait couler le sang n’avait plus le droit de régner (imitant les révolutionnaires français qui avaient eu le même discours lors de la révolution de Juillet.).

2.2.3.2 - Monarchie constitutionnelle

La Belgique devint ainsi autonome. Le 4 octobre 1830, l’indépendance de la Belgique fut proclamée, et les insurgés décidèrent de rédiger une constitution.
Peu de temps après, Guillaume d’Orange Nassau, fils du roi des Pays Bas, se rendit à Anvers afin de négocier avec les autorités belges. Son objectif était de se faire couronner roi de Belgique afin de mettre un terme au conflit (à noter que les belges n’étaient pas hostiles à cette idée, car elle permettrait à la Belgique indépendante de ne pas se couper du commerce avec les Pays Bas.).
Finalement, un Congrès National se tint en Belgique au cours du mois de novembre 1830. Les députés proclamèrent l’indépendance du pays, et décidèrent d’adopter un régime monarchique (ces derniers refusèrent toutefois la candidature de Guillaume d’Orange.).
Dans un premier temps, en février 1831, les députés offrirent la couronne à Louis Charles Philippe Raphaël d'Orléans, fils de Louis Philippe Ier. Toutefois, le roi des français préféra refuser afin de ne pas déclencher un conflit européen. En effet, si les Russes étaient favorables à l’indépendance de la Belgique, les autres membres de la Sainte Alliance ne l’étaient pas. Par ailleurs, l’Angleterre redoutait que la France ne s’empare à nouveau de ce pays, ce qui pouvait avoir des répercussions économique pour les Britanniques.
Finalement, à l’été 1831, la couronne fut offerte à Leopold George Christian Frederic, duc de Saxe-Cobourg-Saalfeld (ce dernier avait épousé en 1816 Caroline Charlotte Augusta dite Charlotte, princesse de Galles, fille unique du roi d’Angleterre Georges IV, mais décédée prématurément en 1817)
Le Duc de Saxe Leopold, recevant l’aval de l’Angleterre, accepta alors la proposition du Congrès National. En juillet 1831, il fut sacré "Roi des belges", sous le nom de Léopold Ier.
Guillaume I°, souverain des Pays Bas, n’appréciait guère l’indépendance de la Belgique. Ainsi, le 3 août 1831, il décida de s’attaquer au nouvel Etat, confiant le commandement de l’armée à son fils, Guillaume d’Orange Nassau.
Dans un premier temps, les néerlandais ne rencontrèrent pas de difficultés, prenant Anvers et battant l’armée belge près de Louvain.
Toutefois, l’arrivée d’une armée française, commandée par le maréchal Maurice Etienne Gérard mit un terme à l’invasion. En effet, Guillaume Ier ne pouvait se lancer dans une guerre contre la France, n’étant pas appuyé ni par l’Angleterre (favorable à la Belgique.), ni par la Prusse (menacé par la Russie favorable aux belges.).
Ainsi, les néerlandais furent contraints de reculer et, en décembre 1831, les Français parvinrent à s’emparer d’Anvers.
Peu de temps après, en août 1832, le roi Louis Philippe accepta de donner sa fille Louise Marie Thérèse Charlotte Isabelle d'Orléans en mariage à Léopold Ier, resté veuf depuis 1817.
A noter enfin que les Pays Bas ne reconnurent l’indépendance de la Belgique qu’en 1839.

Ma réflexion sur ces évènements est que, depuis le début, notre royaume fut partagé entre le français et le néerlandais

 2.2.4 - Racines de Belgique

Extraits de :
Les racines de la Belgique, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1830
de Jean Stengers (ULB) - Éd. Racine, 2000

(p.7-8) Anticipons sur ce que seront nos constatations ultérieures et, à la question ainsi posée, répondons très nettement par l'affirmative : les belges de cette époque éprouvent un sentiment national belge très marqué.
(p.15) C'est dans le courant du XVIIe siècle et plus encore du XVIIIe siècle, qu'apparaît dans les Pays-Bas du Sud, chez ceux qui s'appellent déjà des "belges", le sentiment de plus en plus net d'une identité nationale. Ce sentiment national, que l'on peut qualifier de " belge " ( bien qu'il n'englobe pas encore les liégeois) éclatera avec vigueur, avec les accents d'un véritable patriotisme, lors de la révolution dite " brabançonne" de 1789-1790, où tout qui écrit se réclame avec force de la " patrie " - la patrie belge. De tout cela, bien entendu, nous parlerons avec quelque détail dans la suite de notre exposé.
(p.23) Concluons : il y a eu et il demeure à propos de Pirenne une accumulation de méprises. Lorsqu'un homme politique wallon évoque dans un discours officiel la nécessité de «dépirenniser » l'histoire, en imaginant que Pirenne avait représenté la Belgique comme étant en quelque sorte « inscrite dans les astres » , il s'attaque au Pirenne de la légende, et non au grand, au très grand historien qu'il a été.
(p.24) La Flandre, chose paradoxale, n'en inspirait d'ailleurs pas davantage. En 1976, un professeur de l'Université de Gand notait que, peu d'années auparavant, la plupart des historiens flamands s'étaient dressés contre un projet de refonte d'une " Geschiedenis van Vlaanderen " datant de l'avant-guerre.
C'est que les historiens flamands sont de bons flamands, mais aussi de bons historiens. En écrivant une grande histoire de la Flandre honnêtement, en hommes de métier, ils ne pouvaient que décevoir et même heurter les convictions nationales qu'ils percevaient autour d'eux. Si l'on se refuse, en effet, à confondre l'ancien comté de Flandre et la Flandre d'aujourd'hui – et ce sont là, rien que par leur configuration, des choses bien différentes -, on est forcé, en bonne histoire, de reconnaître dans la Flandre ce qu'elle est : un sous-produit de la Belgique. Disons même : un sous-produit tardif. Au XVIIIe siècle, il est encore si peu question de Flandre et de peuple flamand dans l'esprit des populations qu'il n'existe encore aucun terme d'ensemble pour désigner ni la région de langue flamande des Pays-Bas, ni ceux qui l'habitent.
(p.25) Nous avons évoqué des raisons flamandes de ne pas se lancer dans une nouvelle grande histoire de Belgique. Il y avait aussi des raisons, non pas francophones, mais wallonnes. En Wallonie, on avait reproché à Pirenne - largement à tort, d'ailleurs, mais la réputation, ici encore, avait été plus forte que la réalité - d'avoir fait à la Wallonie, et spécialement à la principauté de Liège, une part trop chiche, et d'avoir réservé la part du lion au comté et aux villes de Flandre. À l'histoire de Belgique, d'une manière générale, telle qu'elle était couramment enseignée, on reprochait de sacrifier la Wallonie. Ces griefs s'exprimeront notamment après la Seconde Guerre au sein du Centre Harmel pour la solution des problèmes flamands et wallons.
La situation est telle que « les Wallons ignorent généralement (p.26) leur histoire », déclarait Félix Rousseau. L'idée de l'histoire de Belgique devenait ainsi liée à une certaine mise au second plan de la Wallonie.
(p.32) Voyons, aux confins de la France et des Pays-Bas méridionaux, les amputations territoriales que ceux-ci ont subies au XVIIe siècle ? Elles ont été considérables. Les conquêtes françaises, au XVIIe siècle, enlèvent l'Artois, une large tranche de la Flandre - avec Dunkerque, Lille et Douai -, près de la moitié du Hainaut - avec Valenciennes et Maubeuge -, et quelques fragments importants du duché de Luxembourg, avec notamment Montmédy et Thionville.
Quelle a été, chez les populations détachées de ce qui avait été jusqu'alors leur pays, l'évolution du sentiment public ?
Le cas de Lille au XVIIe siècle est particulièrement clair.
Lille, avant la conquête française, ne le cédait en rien en esprit national aux autres villes des Pays-Bas. L'archiduchesse Isabelle, faisant sa Joyeuse Entrée dans la cité en février 1600, y était acclamée comme « l'infante chérie de son peuple belgeois », ce « peuple belgeois » auquel appartenaient les Lillois. Les inscriptions qui ornaient les arcs de triomphe parlaient d'ailleurs toutes le même langage :Belgia, Belgium, Belgicae provinciae, la Belge.
Les chansons, les poèmes qui sortent des presses des imprimeurs lillois à la fin du XVIe et dans la première moitié du XVIIe siècle sont l'oeuvre de « Belgeois " qui traitent les «François » en étrangers, sinon en ennemis.
« C'est à ce coup, pauvres François,
Que vous aurez la gloire estainte :
Composez en carmes françois
De la deffaicte une complainte
»,
s'écrie moqueusement un de ces bardes locaux lors de la prise de Doullens par les Espagnols en 1595. Un autre, en 1638, compose un récit en vers de la bataille de Calloo :
« L'an mil six cent trent'huict, le mutin Hollandois
A faict nouvel accord avec le Roy François,
Pensant réduire à eux les valeureux Belgeois
. »

Mais Dieu, continue le poète, a fait échouer leurs desseins pervers, et à Calloo, la victoire a souri aux armes du cardinal-infant.
« Rendons graces à Dieu de l'heureuse victoire,
Sur orgues, violons, cymbales et hault-bois.
»
En 1667 lorsque Louis XIV met le siège devant Lille, la résistance est organisée par les «bourgeois » comme par la garnison. Un témoin raconte : " L'on a mis un estandart, ou bannière, bien grande, tout au sommet de la Tourre de St Estienne, avec la Croix de Bourgogne au milieu, pour faire sçavoir aux ennemis que nous avons encore des coeurs espagnols et bourguignons et non pas François ».
Lille, cependant, tombera, et lorsque l'année suivante, le traité d'Aix-la- Chapelle consacrera la domination nouvelle, il sera accueilli avec tristesse . « C'estoit une paix sans joie parce qu'on demeuroit au Roy de France», note un contemporain 13. Pendant plusieurs années, le sentiment anti-français restera ancré dans les coeurs. En 1676, un écrivain gagné à la cause de Louis XIV s'en plaint avec amertume :
« Mais ce peuple inconstant, dans sa bizarre humeur,
Semble fermer les yeux, Grand Prince, à ta faveur;
Lorsque loin de ses murs par l'effort de tes armes,
Il voit heureusement écarter les alarmes,
Bien loin d'être touché de ce charmant bonheur,
Il maudit les succès que produit ta valeur,
Et voit d'un oeil jaloux les progrès de la France ;
Ses glorieux exploits font toute sa souffrance...
Mais peuple que possède une aveugle manie,
D'où peut naître, dis-moi, cette haine infinie ?
Pour quel sujet veux-tu que cette nation
( = la nation française )
Soit l'éternel objet de ton aversion ?
Ah ! chasse de ton coeur et banny de ton âme
De cette passion la criminelle flamme.
.. »

« haine infinie », « éternel objet de ton aversion » : il faut évidemment tenir compte, en lisant ces mots, de l'amplification poétique, mais ils sont néanmoins extrêmement révélateurs. Sans amplification poétique aucune, Vauban, en 1699, dans un mémoire où il traite de la place de Lille, note « le peu d'affection des habitants pour la France » .
En 1713, le spectacle a changé : les troupes françaises, revenues à Lille après une période d'occupation hollandaise, sont accueillies (p.34) avec enthousiasme . Les lillois se sont donnés à la France, ou, disons mieux, ils se sentiront désormais pleinement et uniquement français.En Artois, l'évolution est la même.
« Les gens de ce pays d'Artois », écrivait Guichardin au XVIe siècle, « sont très fidèles à leur prince et mortels ennemis des Français. »
À Arras, renchérit Pontus Payen, les français sont abhorrés : les vieilles femmes d'Arras font aux enfants le récit des cruautés de Louis XI envers la cité, « afin de leur faire sucher avecq le laict une haine irréconciliable contre la nation franchoise ». Richelieu confirme : les bourgeois d'Arras, dit-il, « sont tous ennemis jurés des français et plus espagnols que les castillans ». À Saint-Omer, nous explique un historien local, les français apparaissaient de même comme « les pires ennemis des audomarois ».
On se souvenait toujours au XVIIe siècle d'une tentative de coup de main contre la ville qui avait échoué à la fin du siècle précédent grâce à la résistance de la population contre « ces damnés franchois, ces voleurs nocturnes ».
L'Artois est réuni à la France en 1659 ( sauf l'« Artois réservé », avec Saint-Omer, qui ne le sera qu'un peu plus tard). Au XVIIIe siècle, les artésiens sont devenus d'excellents français.
Pour le sud du Luxembourg, pour Montmédy et Thionville, qui ont été annexées par la France en 1669, nous n'avons pratiquement pas de témoignages qui nous éclairent sur les sentiments des populations au moment de l'annexion. Mais il n'y a pas de raison de douter qu'ils n'aient été ceux du Luxembourg en général. Les États de Luxembourg, qui savent, au XVIIe siècle, invoquer la « patrie » , écrivent en 1667 que leur province « a tellement en horreur la nation française qu'elle s'esmeut au seul nom » . Au XVIIIe siècle, les seules émotions, à Thionville et à Montmédy, seront devenues celles du patriotisme français.
Pour toutes ces annexions du XVIIe siècle, le cas de Lille, que nous connaissons le mieux, peut être considéré, selon toute vraisemblance, comme le cas modèle : avant l'annexion, un sentiment « belge » de bon aloi, qui va de pair avec un sentiment anti-français ; après l'annexion, quelques années encore - la longueur est variable sans doute suivant les régions - d'hostilité à la France, puis une assimilation rapide qui fond les habitants dans leur nouvelle patrie.
Les petits-fils de ceux qui ont été réunis contre leur gré à la France (p.35) ne savent déjà plus que leur terre natale fut naguère autre chose que terre de France. Lorsque le jeune Watteau accourt à Paris en 1702, tout Français de coeur et de sensibilité, soupçonne-t-il que, un siècle plus tôt, les poètes officiels de sa ville natale célébraient avec enthousiasme la grandeur de la patrie « belgicque », et que en 1656, lors du siège de Valenciennes par les armées de Louis XIV « on ne redoutait rien plus que de tomber ès mains de cette insolente nation française ». soupçonne-t-il qu'en 1681 encore - à la veille de sa naissance, on pouvait entendre des Valenciennois parler avec feu « contre la gloire » du Roi de France, « qu'ils diminuoient avec autant d'opiniastreté qu'ils pouvoient faire dans le temps qu'ils tenoient le parti d'Espagne » ?
(p.36-37) Louis XI, lorsqu’il envisage de de marier son fils le dauphin à Marie de Bourgogne, fait observer aux gens du Hainaut qu'il cherche à séduire, que « ce seroit grant bien pour le pays, à cause de la langue walonne, car le thiois n'estoit pas à sa touche ( = ne lui était pas familier) ». Les gantois, prétendait-on à la même époque, étaient prêts à abandonner au roi de France les comtés de Hainaut et de Namur « et tous les subjectz de ceste maison ( = la maison de Bourgogne) qui sont de langue française ».
(p.37) Certes, la langue a évidemment joué comme facteur d'assimilation nationale ( Arras et Lille, de langue française, sont certainement devenus plus facilement françaises de coeur que si l'on y avait parlé une autre langue) et comme facteur d'unité nationale ( inutile d'insister, à cet égard, sur l'importance de la langue anglaise), mais gardons-nous à ce sujet de confondre notre analyse d'aujourd'hui avec la vision des contemporains. Ce qui frappe en effet le plus, si l'on considère l'Ancien Régime, c'est que la langue n'apparaît jamais, dans la bouche ou sous la plume des hommes d'État, comme un élément politique majeur de l'unité nationale.
(p.42) En 1830, les Luxembourgeois, tous les Luxembourgeois, sont des belges. Le Luxembourg se soulève avec le reste de la Belgique, et il envoie ses volontaires combattre les Hollandais. La ville même de Luxembourg ne peut se joindre au mouvement, car les Prussiens y tiennent garnison au nom de la Confédération germanique. Mais, comme le souligne un témoin, « ses habitants ne craignirent pas de manifester les sympathies belges les plus vives; ses jeunes gens entrèrent en grand nombre dans l'armée belge » . À en juger par tout ce qui, à l'époque, se dit et s'écrit, ce Luxembourg de 1830 respire le même patriotisme belge que le reste du pays.
Dans les années qui suivent, et pendant lesquelles le Luxembourg tout entier restera incorporé à la Belgique, les autorités n'auront qu'à se louer de l'attitude de la population. Le gouverneur de la province écrit en août 1835 au ministre de l'Intérieur. « Je puis dire en toute assurance que la province entière est dévouée au gouvernement et qu'elle jouit d'une tranquillité parfaite » . Les rapports locaux vont dans le même sens. Le bourgmestre de Diekirch écrit en juillet 1835 :
« Il existe toujours unanimité de voeux pour le maintien des nouvelles institutions et la réunion de la province aux autres provinces belges » . Le commissaire de district de Diekirch écrit de même :« Les opinions et les sentiments politiques des habitants de ce district sont éminemment patriotiques » .Le calme cessera cependant lorsque, en 1838, sera connue la menace qui pesait sur la province. Guillaume 1er acceptait le traité des XXIV Articles ; mis à exécution, ce traité arracherait à la Belgique la moitié du Luxembourg.
Des protestations indignées fusèrent aussitôt de toutes parts : le Luxembourg était belge et il voulait, tout entier, le demeurer. Des démonstrations patriotiques furent organisées jusque dans les plus petits villages .
(p.43) « Aujourd'hui », écrivait de Schieren, le 13 mai 1838, un correspondant de l'Écho du Luxembourg, « je fus témoin d'une scène imposante et touchante à la fois. Toute la population de Schieren-haut et bas ( commune d'Ettelbruck) s'était réunie dans le but de réarborer le drapeau qu'elle chérit tant... Le drapeau fut salué par une salve d'artillerie et accueilli par une musique et des champs patriotiques ; une marche s'organisa et l'on promena le drapeau dans tout le village aux acclamations les plus vives de toute la population réunie. ( Ensuite), le drapeau fut porté au haut du clocher, afin de faire connaître au monde entier, s'il le faut, les sentiments qui animent la population... Le moment... était celui de la messe ; et la cérémonie patriotique fut confondue dans la cérémonie religieuse. Il était touchant de voir tous ces hommes de coeur qu'un sentiment de dévouement patriotique avait réunis, se vouer aux ferventes prières et implorer la divinité en faveur de leur juste cause »
À Diekirch, à Mersch, ailleurs encore, le drapeau tricolore reçoit des hommages non moins fervents. À Diekirch, " quand le drapeau eut été hissé sur le sommet de la tour, une immense acclamation de Vive la Belgique ! salua cet emblème de nos voeux et de notre espoir » .
Mais la fidélité belge des Luxembourgeois comptait pour peu en face de la volonté bien arrêtée des puissances de faire exécuter les XXIV Articles. Le gouvernement et les Chambres belges n'avaient le choix qu'entre la soumission et la guerre - une guerre qui risquait de marquer l'anéantissement de la Belgique. Le débat fut cornélien, dramatique. Mais au-delà de la divergence des opinions - ce fut la soumission, en fin de compte, qui l'emporta -, un fait était hors de toute discussion : personne ne mettait en doute les sentiments des Luxembourgeois. Aux yeux de tous, les habitants de Vianden et d'Echternach étaient des belges de la même qualité d'âme que les Brabançons ou les Hennuyers.(p.45) Quinze ans durant, de 1815 à 1830, au sein du royaume, belges et Hollandais constituèrent deux camps. Tous les Limbourgeois firent partie du camp belge. En 1830, le Limbourg entier participa à la révolution ou accueillit les troupes belges. Seule Maastricht, tenue militairement par un gouverneur hollandais particulièrement énergique, demeura aux mains du Roi Guillaume.
Les sentiments des limbourgeois, à Ruremonde comme à Hasselt, à Venlo comme à Saint-Trond, en 1830-1839, sont sans équivoque : ils s'affirment belges, et rien que belges. Ils participent d'ailleurs pleinement, tous ( à la seule exception des habitants de Maastricht ), à la vie du royaume. Henri De Brouckère, qui sera par la suite chef du cabinet belge, siège à la Chambre comme député de Ruremonde .
En 1838-1839, dans la partie orientale de la province, la perspective de la cession à la Hollande, en exécution du traité des XXIV Articles, va susciter de vives, d'énergiques et de souvent émouvantes protestations, semblables à celles des Luxembourgeois. De partout, de Conseils communaux et de groupes d'habitants, surgissent des (p.45) pétitions. Elles protestent - nous citons ici la pétition des administrations communales du canton de Meersen - contre « l'accablante idée d'être violemment séparés de nos frères, de perdre le nom si cher de belges, de nous voir livrés à la merci d'une nation étrangère et ennemie" . Ce voeu ardent de continuer à « porter le nom chéri de belges » ou, plus simplement, de " rester belges", de "rester frères", des pétitionnaires demandent qu'il soit " déposé sur l'autel sacré de la patrie ». ÀWeert, les onze membres du Conseil communal et 545 habitants signent une protestation où, affirmant leur " dévouement au pays" et leur attachement à leurs compatriotes belges, ils disent . " La sympathie religieuse et sociale et la conformité de caractères et de moeurs qui les lient si étroitement depuis tant de siècles les rendent heureux et doivent aussi les rendre inséparables ; une cruelle séparation renverserait ce bonheur " .
(p.52) François Mitterrand, dans une interview, le rangeait avec Monaco et Andorre . C'est tout le contraire : le Grand-Duché représente le premier tracé sur la carte de l'Europe d'une conception strictement contemporaine.
Pour le destin du Grand-Duché, ceci n'a pas été sans importance. Il est certain que, unis, ne disons pas par la langue, mais par le même dialecte - le luxembourgeois -, les habitants du Grand-Duché ont trouvé là un facteur supplémentaire d'identité, propice lui aussi au développement d'un sentiment national.(p.55) Un fait est hors de doute : le premier ensemble territorial qui annonce plus ou moins la Belgique future est celui constitué au Xve siècle par Philippe le Bon : les Pays-Bas bourguignons. Et c' est au sein de ces Pays-Bas bourguignons que l' on verra apparaître une première forme de sentiment d' identité nationale à laquelle on peut rattacher de manière plus ou moins directe le futur sentiment national belge.(p.63) On a pu tracer sur la carte des Pays-Bas quatre zones concentriques, ayant pour centre la mer du Nord, et présentant au bas moyen âge des physionomies différentes . La première zone comprend plus particulièrement la Flandre, avec plus d' un tiers de population urbaine, et une densité de population qui dépasse celle du coeur de la Toscane. Une seconde zone ( Brabant, Liège, Namur, Hainaut) est une zone où, si le taux d' urbanisation oscille entre 28 et 31%, la vie rurale est prépondérante. La troisième zone est essentiellement rurale. Elle commence à l' ouest avec la Picardie et l' Artois - l'Artois qui est « le grenier de tous les Pays-Bas » et dont un ambassadeur vénitien dira au début du XVIe siècle qu'il produisait plus de blé que tout le reste du pays . Au-delà, la quatrième zone, comprenant notamment le Luxembourg, est une zone de forêts et de cultures.

(p.67) Le traité de 1339.
Dans la suite des traités du XIVe siècle, il en est un cependant que nombre d'historiens ont mis hors de pair. le traité du 3 décembre 1339 entre la Flandre et le Brabant.
Lisons le texte même du traité. Nous y trouvons d'abord l'alliance militaire, nettement dirigée contre la France , nous y rencontrons l' arbitrage obligatoire, la monnaie commune, les clauses dites « commerciales », toutes prescriptions dont nous avons souligné, au cours des pages qui précèdent, le caractère banal. Mais une idée traverse tout le texte, une idée-maîtresse qui imprègne beaucoup moins les autres conventions diplomatiques du siècle : l' idée de la paix qui doit désormais régner à perpétuité entre les principautés alliées, de la paix éternelle - le traité n' emploie pas moins de dix fois ce mot redoutable d' « éternel ».
(p.69) Les termes " Avalterre '" " pays d'en bas", " basses régions", " partes inferiores ", " partes advallenses", "lage landen bi der see", " Nederlant" se rencontrent très tôt - à partir de la fin du XIIe siècle ; mais jusqu'à l'époque bourguignonne, leur sens reste extrêmement vague : il s' agit, grosso modo, des basses régions sises autour du Rhin inférieur et des Bouches de la Meuse et du Rhin . C' est une zone géographique aux limites aussi imprécises que les noms mêmes qui servent à la désigner, mais dont le centre de gravité semble se situer du côté du Rhin. Un chroniqueur liégeois du XIVe siècle, narrant l'arrivée à Liège, en 1349, de troupes de Flagellants, explique que ces exaltés venaient " de partibus inferioribus" . " Partes inferiores" : les régions situées à l' ouest de la principauté de Liège ? Non point : les régions allemandes du Bas-Rhin 69. Voilà le sens que " pays bas" possède sous la plume de ce liégeois. Celui d' ailleurs qui, à cette époque, parle des " pays d' en bas " ou des " lage landen bi der see " ne pense en général ni au Hainaut, ni au Namurois, ni au Luxembourg, et souvent même pas au Brabant - au Brabant méridional du moins. Ses Pays-Bas, en un mot, ne sont pas les nôtres.(p.76) Les ambitions de Philippe /le Bon/, à l' apogée de son règne, dépassaient d'ailleurs de beaucoup les limites des principautés des Pays-Bas : il rêvait, en obtenant un vicariat d'Empire, d' étendre son hégémonie sur toute la rive gauche du Rhin . L’ ambition fondamentale de Philippe le Bon, telle qu' on peut la discerner, a été de rassembler sous son sceptre un maximum de territoires, en visant de préférence ceux sis aux alentours de ses possessions héréditaires.
(p.77) Dans les Pays-Bas en tout cas, dès lors qu'un grand ensemble territorial est né, ayant un même prince, et que ce prince va le doter de certaines institutions communes, il est permis de parler d'un État bourguignon.
Avec l' adjonction à cet État bourguignon, sous Charles Quint, de la Gueldre, d'Utrecht, de Zutphen, de l' Overijssel et de Groningue, on aboutira à un ensemble plus vaste encore : celui des XVII Provinces.Les XVII Provinces : tel est devenu l' équivalent, à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, de ce que l' on appelle désormais aussi les Pays-Bas (ou le Pays-Bas) ou Nederland (ou Nederlanden), Belgia, the Netherlands, écrit Shakespeare .
XVII Provinces : l' expression est parlante. La représentation de ces provinces l'est également.Ainsi du sceau que les États Généraux décident de se donner en 1578.
" Résolu de faire graver un seel pour la Généralité, où sera un lion grippant couronné, aiant en la patte droicte une espée, en la sénestre dix sept flesches - signifians les dix sept provinces - liées d'un roulet, où sera escript : Concordia, estant la superscription dudict seel: Sigillum ordinum Belgii, cum data 1578, et l'inscription du contre-seel :
Virtus unita fortior, avecq effigie d'une main, sortant d'une nuée, et tenant le roulet où sera escript. Concordia, duquel dix sept flesches seront liées " .
Ainsi du célèbre lion, le Leo Belgicus, que Hogenberg grave en 1583 pour le livre de von Eitzing, De Leone Belgico, et qui enserre dans son corps majestueux ses dix-sept composantes .Ainsi des dix-sept jeunes filles arborant chacune le blason d'une province qui accueillent en 1595 l' archiduc Ernest lors de son entrée solennelle à Anvers .
(p.78) Ces dix- sept provinces, quelles étaient-elles ? Guichardin, dans sa célèbre Descrittione di tutti i Paesi Bassi, publiée en 1567, en fournit la liste : 1) Brabant; 2) Limbourg; 3) Luxembourg; 4) Gueldre. 5) Flandre; 6) Artois; 7) Hainaut; 8) Hollande ; 9) Zélande ; 10) Namur; 11) Zutphen ; 12) marquisat du Saint-Empire (Anvers) ; 13) Frise; 14) Malines ; 15) Utrecht; 16) Overijssel; 17) Groninge. C' est la même énumération que l' on trouve dans le Leo Belgicus et en 1596 dans les blasons portés par les jeunes filles d' Anvers.
(p.81) Un texte de 1488 est à cet égard aussi éloquent par ce qu' il dit que par ce qu'il ne dit pas. C' est le texte de l' accord conclu le 12 mai 1488 entre la Flandre, le Brabant, le Limbourg, le Luxembourg, le Hainaut, Valenciennes, la Zélande, le Namurois, la Frise et Malines. On y surprend un grand désir de concorde et d'union: " promettons et jurrons, par meure deliberation... paix, union, amitié, alliance, intelligence entre nous et par ensemble à l'honneur de Dieu et proffit de nostre très redoubté seigneur et de ses pays et subgetz".
(p.85) L'histoire suisse, on peut l'observer, présente un phénomène assez analogue : les habitants des cantons confédérés répugnèrent assez longtemps à adopter le nom de « Suisses » ( Schweizer) sous lequel les étrangers les désignaient communément; les Suisses, aux yeux des Lucernois ou des Bernois, étaient les habitants du canton de Schwyz, avec lesquels ils ne désiraient pas être confondus. Mais dans ce cas, l'usage étranger finit par prévaloir .
(p.85) Au-dessus des partitularismes provintiaux, le sentiment national.
Particularismes provinciaux très vifs, venons-nous de dire. Mais peu à peu, s' étendant au-dessus d' eux, les atténuant même sous certains aspects, va grandir, à l' échelle des XVII Provinces, ce qui est un authentique sentiment national.
C' est de la vie en commun - de la vie politique, s' entend - que, de toute évidence, il jaillit. Bien avant que ne soit employé à propos des Pays-Bas le terme « État », au singulier, l'idée se développe que ces Pays-Bas constituent un « corps politique », ayant son individualité propre. En 1534, s'adressant aux États Généraux, l'audiencier de Marie de Hongrie exhorte les " pays » à « tenir bonne union et concorde » et à s' " aydier, assister et conforter l'ung l' autre » comme le doivent les " membres de pays non divisable ni séparable » .
(p.87) Mais tout lyrisme mis à part, insistons sur les mots « dat gansche Nederlant" que nous avons rencontrés dans la description de la patrie. Ils sont révélateurs. Le sentiment national, vers 1560- 1570, ne présente pas de fissure. Il englobe l'ensemble des XVII Provinces. Pour s'en convaincre, il suffit d'ouvrir un recueil de chansons populaires de l'époque. La patrie que célèbrent ces poèmes, ce sont les Pays-Bas -" onze Nederlanden " -, tous les Pays-Bas. Que l'on parcoure les pamphlets, et la constatation est la même : comme dans les chansons, c'est la patrie néerlandaise toute entière qui s'y trouve sans cesse affirmée .
Nulle part on ne saisit de trace d'un particularisme propre à la partie septentrionale ou à la partie méridionale du pays. Luttez avec nous " comme avec des compatriotes, des frères, des hommes de la même chair et du même sang", s'écrient en 1573 les États de Hollande. Cet appel est-il réservé à la Zélande ou à la Gueldre ? Il s'adresse à toutes les principautés des Pays-Bas indistinctement.
(p.88) Si l'on envisage les opinions contemporaines, c'est tout aussi vainement que l'on tente de découvrir un texte du temps qui oppose - ou même simplement qui distingue - le Nord et le Sud. L'idée qu'il pourrait y avoir des Pays-Bas septentrionaux et des Pays-Bas méridionaux ne se rencontre nulle part. Ce Nord et ce Sud dont notre vision du passé toute chargée de présent nous suggère sans cesse l'image, sachons le reconnaître : avant la révolution religieuse, ils n'existent proprement pas.
(p.91) L'historien cède à une tendance naturelle de l'esprit humain ; il projette dans le passé sa vision du présent.
(p.92) La force des sentiments linguistiques peut se mesurer tout d'abord à l'aune du vocabulaire. Qu'il y ait au sein des Pays-Bas des populations de langue française, et d'autres, par ailleurs - les plus nombreuses - dont la langue est le nederduitsch ou le nederlandsch (le «flameng », dit-on à plus d'une reprise en français) (…).
(p.93) On a pu s'y tromper, lorsque l'on a étudié les événements de 1578-1579. À cette époque, en effet, l'injure et même l'insulte règnent entre " flamands " et " wallons". Le prieur de Saint-Vaast d'Arras, Jean Sarrazin, écrit en octobre 1578 : c'est "la guerre entre les flamens et wallons" . Il insiste encore quelques jours plus tard : " La guerre se manifeste de plus en plus des wallons contre les flamengs" . Mais prenons-y garde. Ces " flamands" que les " wallons" assaillent de reproches, ce ne sont nullement les flamands au sens moderne du mot : ce sont les habitants du comté de Flandre . Le conflit des " wallons" et des " flamands" oppose fondamentalement, non point des groupes linguistiques, mais des communautés politiques : la Flandre d'une part, et d'autre part les principales provinces wallonnes, Hainaut, Artois et Lille-Douai-Orchies. Au lieu de dire "les flamands", les textes disent d'ailleurs souvent "la Flandre", ce qui rend toute équivoque impossible.
Quant au ressort de ce conflit, il saute aux yeux : c'est essentiellement l'antagonisme religieux. Nous assistons là à une lutte sans merci entre un catholicisme exclusif et un calvinisme conquérant.
(p.98) Est-ce à dire que, avec le particularisme provincial, on possède la clef des événements qui allaient mener à la scission des Pays-Bas, et rendre ensuite cette scission définitive ? Certainement pas. Les tendances particularistes ont sans doute affaibli la résistance commune à l'ennemi extérieur. Elles n'ont pu aboutir à la formation de deux blocs dont elles ne poursuivaient pas la réalisation. Elles n' ont pu tuer une unité nationale dont les plus particularistes eux-mêmes reconnaissaient la légitimité et le caractère bienfaisant.
La formation d'un bloc des Pays-Bas du Nord et d'un bloc des Pays-Bas du Sud, personne, à vrai dire, ne la voulut ni même ne la prévit. Elle ne fut nulle part dans les intentions de nos ancêtres du XVIe siècle. Elle ne se présenta jamais à leur esprit avant de s'être réalisée dans les faits.
L'Union d'Arras et l'Union d'Utrecht qui, à la lumière des événements qui les suivirent, nous apparaissent aujourd'hui comme les actes de fondation d'un État du Sud et d'un État du Nord, ne possédaient aucun caractère semblable aux yeux des contemporains. Les confédérés d'Arras, au début de leurs négociations avec Farnèse, ne voulaient envisager une réconciliation avec Philippe II que dans le cadre d'une "générale réconciliation" de tous les Pays-Bas. Lorsqu'ils eurent compris qu'ils poursuivaient là une chimère, et qu'ils se résignèrent à une réconciliation particulière, ils firent en sorte que celle-ci fût une invite à la réconciliation de tous. Le traité qu'ils obtinrent d'Alexandre Farnèse stipula que « touttes provinces, chastellenies, villes ou personnes particulières" des Pays-Bas seraient admises endéans un certain laps de temps à bénéficier des mêmes conditions de paix. Quant à l'Union d'Utrecht, qui constitua une riposte directe à l'Union d'Arras, elle ne visait nullement à grouper en un faisceau les seules provinces septentrionales ; elle était ouverte à tous ceux qui optaient pour la lutte à outrance. La plupart des grandes villes de Flandre et de Brabant en firent partie au même titre que la Hollande ou la Zélande
.Insistons sur ce point, car il est capital. Ni dans l'Union d'Arras, ni dans l'Union d'Utrecht, on ne saisit de trace d'un véritable esprit séparatiste . Le séparatisme qui s'y fait jour n'est que nécessité politique : il est imposé par les événements. L'idéal, visiblement, est (p.99) ailleurs - il s'appelle toujours Pays-Bas.
(p.99) Face à l’ennemi, les insurgés se comptent. Le decouragement n’est pas permis, s'écrie en 1584 un partisan de la résistance à outrance :
« Maintenant que nous tenons avec toute la Rollande et Zeelande, autant riche et florissante qu'elle fut oncques, le pays de Gueldre, de Frise, d'Overijssel, d'Utrecht; que nous tenons Malines, Bruxelles, Vilvorde, que nous possédons encore Gand, métropole de Flandres, si bien animée, Tenremonde, l'Escluse, Ostende, et pardessus toutes ces belles villes et pays, la tres riche et tres florissante ville d'Anvers, célébrée et renommée par tout le monde, aurons-nous le coeur si bas que par une orde avarice, cause de tous nos maulx et pertes de par deçà, nous vouldrions nous faire acroire qu'en tant de pays, en tant de riches et puissantes villes, où se trouvent tant de riches gentilshommes, riches et puissants bourgeois et marchans, ne se pourra trouver le moien de dresser une bonne armée, pour non seulement faire teste à nostre ennemi, mais aussi la luy rompre… »
Nulle ligne de partage, on le voit, tracée entre les régions du Nord et celles du Sud. L'idée d'une pareille distinction est absente de l'esprit de l'auteur. Pour lui, comme pour tous ses contemporains, tous ceux qui continuent à lutter contre l'Espagne forment une seule et même grande association d'armes. Tous ensemble, ils luttent pour la patrie et pour la religion.
Ainsi donc, nous le répétons, personne ne voulut la scission. Elle fut le produit des événements. Elle se fit parce qu'Alexandre Farnèse, après avoir reconquis, tant par la diplomatie que par les armes, les provinces méridionales des Pays-Bas, échoua devant la résistance victorieuse de la Hollande et de la Zélande.
(p.101) La scission des Pays-bas a résulté de la reconquête du Sud par les Espagnols, et de leur échec dans la reconquête du Nord, qui a permis la création et le maintien des Provinces-Unies indépendantes.
(p.104) La patrie, le "pays" demeure pendant de longues années, aux yeux des contemporains, surtout ceux du Sud, l'ensemble des XVII Provinces, les Pays-Bas, de Nederlanden. C'est cette patrie qu'un tapissier d'Arras représente, en 1597, sous l'aspect d'une femme éplorée, assaillie par ses propres enfants, c'est elle que chante un poète anonyme lors de la conclusion de la trêve de Douze Ans (1609):« Het is nu veertigh jaer, dat ghy u selfs bestrÿdt, Onsinnich Nederlant... »
« Voici quarante ans déjà que vous vous livrez combat à vous-même, Pays-Bas insensés »
La persistance de ce sentiment national néerlandais explique que, longtemps après 1585, l'idéal des meilleures têtes politiques du Nord et du Sud demeure la reconstitution de l'unité des Pays-Bas. Dans le Sud, on parle de réduire à l'obéissance les rebelles du Nord, dans le Nord de délivrer les populations méridionales du joug espagnol; mais l'idéal est le même : " réunir et rejoindre l'Estat en sa première forme et grandeur" .
(p.108) Le sentiment national néerlandais, cependant, ne s'est pas éteint progressivement. Il a été carrément tué par l'émergence de deux sentiments nationaux nouveaux, propres au Nord et au Sud.(p.125) Première observation : la révolution dite " brabançonne " porte un nom qui peut se justifier - car le Brabant a été réellement au cœur de la révolution - mais on peut la considérer, sans aucune réserve, comme une révolution belge, car elle débouche sur l'indépendance d'un pays qui est déjà, au plein sens du terme, la Belgique. La Belgique de 1789-1790 porte déjà ce nom, avec des habitants qui, tous, se disent " belges", et elle est l'ancêtre directe, sans solution de continuité, au point de vue à la fois du territoire et du sentiment national, de la Belgique de 1830.
Ce qui, chez d'aucuns, a créé parfois un certain malaise, voire certains doutes sur ce point, est la configuration territoriale du pays. Peut-on se demandent-ils, parler déjà de la Belgique, alors que le territoire de la principauté de Liège manque toujours à l'appel, et que les habitants de Liège, de Huy, de Dinant, de Saint-Trond, sont toujours étrangers à cette " Belgique " ? Avec tout le respect dû aux liégeois, ceci reviendrait à se demander si, lorsque Louis XIV monte en 1643 sur le trône, c'est bien de la France qu'il devient le maître, puisqu'il s'agit d'un pays qui ne comprend encore ni Arras, ni Lille, ni Strasbourg, ni la Lorraine, ni la Franche-Comté, ni la Savoie, pas plus qu'Avignon, Nice ou Perpignan.Belgique 1789, France 1643 : les cas, me paraît-il, sont analogues.
L'analogie ne s'arrête d'ailleurs pas à l'aspect territorial : elle s'étend aussi au problème de la conscience nationale. Les liégeois, les hutois, les dinantais de 1789 ne se sentent en aucune manière belges - leur patrie est le pays de Liège -, mais aussi bien à Lille, à Arras, à Besançon, en 1643, on est très nettement anti-Français. Pour les gens de Lille et d'Arras, fidèles au roi d'Espagne, nous l'avons vu précédemment, le sentiment d'appartenance est celui qui les rattache aux Pays-Bas. C'est la réunion à la France, et elle seule, qui fera d'eux de bons Français, de même que seul le rattachement à un ensemble politique dans lequel ils se trouveront en compagnie des belges fera des liégeois des hommes qui, en 1830, voleront au secours de la Belgique qui sera devenue leur patrie.
C'est là d'ailleurs l'objet de notre deuxième observation : nous avons affaire en 1789 à une révolution nationale, en ce sens que le peuple qui se déclare indépendant se reconnaît à soi-même une individualité nationale qui est au-dessus de toute discussion. Les polémiques politiques et religieuses peuvent être âpres, passionnées, les partisans de l'Empereur, les Statistes et les Vonckistes peuvent s'entre-déchirer, il y a un point sur lequel il n'y a pas l'ombre d'un désaccord : tous - et ils le disent - sont des belges, des nederlanders.
"La Belgique ne se verra jamais enchaînée tant qu'il restera un Belge qui puisse la défendre, et la race sera plutôt anéantie que subjuguée.", lit-on dans un pamphlet de 178733. Même si un joséphiste n'aurait dans le doute pas signé ces lignes, il aurait lui aussi parlé de la " race" des belges. (…)
Mais Belgique n'a pas encore détrôné Pays-Bas, qui, jusqu'en 1789, reste le terme le plus généralement employé, et garde ensuite des positions très fortes. Une petite statistique, à titre indicatif. dans les Documens politiques et diplomatiques sur la révolution belge de 1790 publiés par Gachard, Belgique est employé quinze fois, mais Pays-Bas revient à cinquante-neuf reprises .
(p.127) Par ailleurs, on utilise fréquemment, tout au long de la période, l'expression les provinces belgiques. Elle a son reflet dans le nom officiel du nouvel État créé en 1789 : les États Belgiques- Unis . Il s'agit là d'un hybride, on s'en aperçoit sans peine, des Etats- Unis - dont le modèle était présent à l'esprit des belges de l'époque - et des provinces belgiques.
Pour le nom des habitants du pays, par contre, pas de problème : ce sont des belges, et rien que des belges. Le nom n'a aucun concurrent. On retrouve un certain flottement, cependant, quand du substantif on passe à l'adjectif : belge ou belgique. L'adjectif belge, en fait, ne perce encore que très peu ( on ne le trouve pas une seule fois, par exemple, dans les Documens de Gachard, le titre du recueil mis à part) . Ce qui est tout à fait usuel est belgique. On parle du peuple belgique, de l'armée belgique, de l'Église belgique, du lion belgique, de la République belgique, de la constitution belgique, de la liberté belgique, Vander Noot est le " Cicéron belgique ", le général Vander Mersch le "Washington belgique ".
Si l'on passe du français au néerlandais, en néerlandais, en ce qui concerne le nom du pays, il y a toujours une parfaite uniformité : c'est toujours Nederland ou de Nederlanden. Seule la forme du nom peut varier. On trouve parfois par exemple la forme contractée Neerland. Dans un codicille de son testament, en 1792, Vonck évoque le retour des Autrichiens " in het Neerland " .
Nederland, mais, soulignons-le, jamais encore België. On a beau retourner dans tous les sens la littérature de l'époque, België est introuvable.
Les habitants du pays sont presque toujours des Nederlanders. Belgen existe, mais est encore assez peu fréquent. Plus qu'au langage courant, les Belgen appartiennent principalement au langage poétique : on les trouve dans les poèmes patriotiques.
« Roemrugte Helden ! edele Telgen !
Gedugte Borgers van uw land :
Vereerders van het woordke Belgen... "
« Die onverwinbaer, Belgen... "
En 1790, cependant, Belgen a tendance à se répandre davantage. Dans un appel qu' ils lancent en juin 1790, et qui est adressé à Van Eupen, Vonck et ses amis s' écrient . " Wy zyn Belgen, Myn Heer " .(p.128) Belgen et Nederlanders, en tout cas, sont absolument synonymes . Parallèlement, l' adjectif nederlandsch l' emporte de loin sur l' adjectif belgisch. On parlera bien des Vereenigde Belgische Staeten, mais beaucoup plus souvent des Vereenigde Nederlandsche Staeten . Notons dans l' ensemble de ce vocabulaire, français et néerlandais, un grand absent. À l' étranger, à la fin du XVIIIe siècle, on continue plus d'une fois à appeler les habitants de l'ensemble des Pays-Bas des Flamands. En Belgique même, le terme n' est jamais employé dans ce sens. Le nom de Flamands, dans les textes imprimés en Belgique, est réservé aux habitants du comté de Flandre . Nous y reviendrons.
Nous venons de parler de certains flottements dans le vocabulaire. Ce sont les Français qui, arrivés en Belgique, vont par la suite y mettre de l' ordre. On oserait presque dire qu' ils vont faire le ménage. En néerlandais, ils élimineront presque complètement Nederland, Nederlanders et nederlandsch . En français, pour désigner le pays, ils ne connaîtront que la Belgique : le nom de Belgique, dès le début du régime français, sera le seul employé. Enfin, c'est le régime français qui tuera, ou presque, l' adjectif belgique. L'esprit logique des Français, en l' occurrence, a fait la loi. Un Français fait partie du peuple français, un Anglais fait partie du peuple anglais, un Espagnol du peuple espagnol, un belge appartiendra donc logiquement et une fois pour toutes au peuple belge. Les Français emploieront uniquement l'adjectif " belge " et feront sombrer « Belgique ».
Ce n' est pas eux cependant qui, avec le même sens logique, ont introduit België. Il allait revenir aux Hollandais, beaucoup plus tard, en 1814- 1815, de le faire . België est un don des Hollandais.(p.134) Le Luxembourg n' a pas participé à la révolution brabançonne : la population y est restée passive. Bien mieux : les États du Luxembourg ont toujours fidèlement soutenu l'Empereur. N'y a-t-il pas là, du point de vue des sentiments patriotiques, un fait troublant ? Il a en effet suscité, de la part des historiens, pas mal de commentaires.
Un fait cependant domine le débat, car il est clair : toute question de sentiment national mise à part, les conditions propres au Luxembourg de l' époque étaient aussi peu favorables que possible à l' extension au duché du mouvement révolutionnaire. Nous avons affaire à un pays rural, pauvre, où la population des campagnes est encore largement analphabète. Il n'y a qu'une seule ville qui mérite réellement ce nom, et qui est Luxembourg. Encore est-il difficile d'y (p.135) des lumières : " deux ou trois minables imprimeurs et la capitale '" écrit Gilbert Trausch, " impriment et vendent des manuels de classe et des livres de dévotion" . L'Église un élément de culture plus vigoureux, mais elle ne peut le moteur d'un mouvement révolutionnaire car – contrairement à ce qui est le cas dans le reste des Pays-Bas-elle est fortement pénétrée par l' esprit joséphiste . Dans des termes évidemment marqués par l' esprit pamphlétaire, une Lettre d'un citoyen du Luxembourgà son ami, en mars 1790, décrit la situation des Luxembourgeois en disant : " Ce peuple isolé à l' extrémité des Pays-Bas, éloigné du centre de l' administration civile, toujours enchaîné, toujours tremblant sous le pouvoir militaire, qui après avoir asservi la trop faible capitale, fait peser son joug sur le plat-pays, ce peuple épars et pour ainsi dire abandonné dans l'immensité d'un désert, dans lequel il ne peut, sans des efforts multipliés, pourvoir à ses besoins physiques, pouvait beaucoup moins s' occuper avec succès de son existence politique" . C' était mettre le doigt sur un autre élément encore, qui est capital : le contrôle militaire de la province que les Autrichiens avaient conservé. En des termes plus emphatiques encore que la Lettre d'un citoyen du Luxembourg, le Manifeste de la nation luxembourgeoise s'écriait : " Gémissant sous la verge du despotisme militaire et dans le plus humiliant esclavage, nous avons perdu même la liberté de réclamer en faveur de nos droits... Une démarche quelconque de notre part en faveur de ces grands intérêts, quelque juste et légale qu' elle pourrait être, exposerait ceux qui oseraient l'avouer publiquement aux traitements les plus atroces de la part du militaire, qui depuis sa déroute dans les autres Provinces belgiques, exerce des cruautés qui font frémir l'humanité" . Laissons de côté les " traitements atroces" et les " cruautés qui font frémir l'humanité " : il n' en reste pas moins qu' à Luxembourg tout particulièrement, où la garnison était importante, la surveillance militaire était stricte.La fidélité des États de Luxembourg, quant à elle, n'a qu'une signification assez médiocre : les États eux-mêmes étaient fort peu représentatifs.
(p.136) En 1830, le Luxembourg - tout le Luxembourg, de Marche à Diekirch - même si on y décèle, nous l' avons souligné précédemment, un esprit particulariste luxembourgeois particulièrement accentué, manifestera aussi un patriotisme belge ardent. Entre les deux, 1789 ne peut s' être situé, s' agissant de la psychologie collective, que dans une continuité.
Septième observation : si le sentiment national cohabite avec des attachements provinciaux, il n'a pas à cohabiter avec des sentiments communautaires - flamand ou wallon - pour la bonne raison que ceux-ci sont, eux, inexistants.
La dualité linguistique au sein des Pays-Bas est évidemment reconnue par les contemporains - comment ne le serait-elle pas ? -mais elle n' intervient jamais dans les considérations politiques et, surtout, elle ne se traduit jamais par des solidarités de groupes.
(p.137) Les provinces et parties de provinces de langue française, ainsi que leurs habitants, par contre, sont mieux individualisés. Pour Verlooy, il s' agit là des Walse provincien, des Walse gewesten . Ceux qui les habitent, surtout, portent un nom générique qui a déjà ses lettres d' ancienneté : ce sont les Wallons.À l' époque de la révolution, ce nom est le plus souvent employé, non par les Wallons eux-mêmes, mais par ceux qui les apostrophent, si l' on ose dire, de l' extérieur.(p.138) Huitième observation : nulle part de sentiments communautaires, nulle part non plus de question de langues.
(p.139) Neuvième observation : le sentiment national a pour fondement la conviction, solidement ancrée, que les belges ont un caractère particulier, un caractère qui leur est propre.Ce caractère, que d'aucuns appellent le " génie belgique ", on y trouve de multiples allusions , mais on le trouve aussi décrit dans des termes qui montrent combien les belges ont d' estime pour eux-mêmes. " Le peuple de la Belgique", nous dit-on, " est le plus doux, le plus patient, le plus humain de tous les peuples de la terre".
Quel est " l' esprit des belges " ? . " Rassasiés comme le lion, ils s' endorment sur leur bonheur; irrités, ils dressent la crinière, s'unissent de coeur et d' âme, et se vengent en héros " . L'avocat démocrate Doutrepont, en 1789, exprime des idées qui, sur le plan politique, paraîtront fort avancées, mais, s' agissant du caractère de ses compatriotes, il reste parfaitement dans la ligne. " Le belge", écrit-il, " est (p.140) doux, calme et froid. Son caractère naît de la température du climat humide et fertile qu' il habite. On n' excite ses passions que difficilement, mais dès qu' il est poussé à bout, et qu' on l' a bien aigri par des injustices, c' est un Lion sans frein ; ce n' est plus que par une espèce de miracle qu' on parvient à le ramener à des sentiments pacifiques que son indignation repousse. Les dangers, les malheurs les plus grands, la perte de ses biens, de la vie, ne l' effraient plus . il vole au trépas avec intrépidité " .Qu'il y ait dans tout cela une large dose de stéréotypes, de lieux communs, nul n' en disconviendra. Mais ce qui est significatif est que l' on ose recourir à ces lieux communs et à ces stéréotypes sans crainte du ridicule le " caractère " propre aux belges est chose bien admise, comme allant de soi.
(p.141) /César/. Le Horum omnium fortissimi sunt Belgae constitue en effet sans conteste le certificat d'honneur de la nation. On l' affiche partout. Les belges, s' écrie-t-on, " dont la mâle et nerveuse intrépidité mérite et justifie certainement l' éloge qu' en a fait le premier conquérant du monde » . La nation, écrit Verlooy, " a encore cette bonne foi, cette droiture, cette grandeur d' âme, cet amour de la liberté que passé deux mille ans les Romains reconnaissaient naturels à nos ancêtres " .Cela s' écrit en prose, cela s' écrit en vers. On s' adresse Aux belges en leur disant :< BR>« Généreux descendants de ces peuples guerriers
Que la gloire ceignit de ses plus beaux lauriers,
Que Rome redoutoit, et dont César lui-même
Exalta hautement la vaillance suprême » .
Un adverbe récurrent est l' adverbe toujours. " Cette franchise, cette générosité qui a toujours caractérisé les belges autant que leur amour pour la liberté,,. " Les belges furent toujours de tous les peuples les plus justes, comme ils en étaient les plus courageux" . " La nation belgique s' est toujours distinguée par sa sagesse,... ( par) ce bon esprit qui lui a fait préférer, dans tout temps, ses maximes anciennes aux systèmes de nouveauté,,. " Les sentiments de dévouement, d'union et de générosité qui ont toujours caractérisé les belges ".
Un Ami des femmes, rédigeant un Précis Historique sur les anciennes belges, rend hommage au sexe féminin pour son rôle, à travers les âges, dans le maintien de la liberté et de son esprit : " Sexe enchanteur, vous ne faites pas moins l' illustration de la Belgique que les héros citoyens qui l' ont rendue à la liberté. Si les belges, le plus ancien des peuples libres, n' ont jamais perdu la liberté qui est comme un fruit particulier à la terre qui les porte, c' est parce que les femmes n' ont pas moins que les hommes travaillé, dans tous les temps, à sa conservation ".
(p.147) Ce sont les français qui gommeront le pays de Liège et, d’autorité, lui feront partager le sort de la Belgique.
(p.150) Concluons. La révolution brabançonne, une révolution nationale ? Oui, bien sûr, et l'on peut même dire que, du point de vue national, c' est une révolution plus claire que celle de 1830.Que n' a-t-on pas dit de 1830 ? Qu'il s' agissait d'une révolution faite par les Wallons, contre le sentiment des flamands. Que l' aspiration des wallons était de se réunir à la France, mais qu' ils en avaient été empêchés par les grandes puissances. Que ces grandes puissances, en fait, avaient seules porté sur les fonts baptismaux une Belgique indépendante. Qu' elles seules avaient forcé à se réunir en un État artificiel deux peuples, les flamands et les wallons, qui avaient peu de points communs.
Autant de contrevérités, certes, mais qui, dans un climat de doute croissant au sujet de la nationalité belge, trouvent aussi une audience croissante. Chacune de ces thèses peut d' ailleurs, si l' on torture les faits, s' appuyer sur un semblant de démonstration.
Pour la révolution brabançonne, les faits ne se laissent pas torturer, car ils ne donnent pas la moindre prise à des interprétations imaginatives. Pas la moindre intervention étrangère dans l' accession du pays à l' indépendance. Pas la moindre fracture entre Wallons et Flamands - des Flamands dont le nom n' existe même pas encore. Pas la moindre idée, même, d' une Belgique qui réunirait deux groupes humains individualisés.
1789 est l'instant idéal, me paraît-il, pour apercevoir, au moment où elle apparaît pour la première fois sur la scène politique, une nationalité belge incontestable, fondée sur un sentiment d' identité nationale.
(p.160) La Belgique, entend-on souvent dire, est née en 1830-1831 de la volonté des grandes puissances. Ce seraient elles qui, en voulant que la Belgique soit un État indépendant, auraient donné aux belges leur individualité nationale. Une telle vision est la négation de toute l'histoire authentique de la nationalité belge. Mais puisque le rôle des grandes puissances est évoqué, il faut bien voir que c'est en 1814-1815, en décidant de ramener la France dans ses limites anciennes, qu' elles ont effectivement sauvé la nationalité belge. Celle-ci, en ce sens, doit bien sa survie au grand jeu de la politique européenne.
(p.169) La Belgique est vraiment, on en a l' impression, mûre pour tous les partages. Elle les pleurerait, mais les subirait avec résignation . Son salut, en 1814, n'a pas dépendu d'elle-même. C'est la maison d'Orange qui, en revendiquant la Belgique toute entière et en faisant triompher ses revendications, a sauvé l' unité du pays.
(p.172) Ils se révoltaient contre un souverain qui, cependant, leur avait rendu d' immenses services. Il est à peine besoin d'y insister : on est d' accord pour saluer les bienfaits matériels et les progrès intellectuels dont les belges lui furent redevables.
(p.178) Lors du pétitionnement de 1829-1830, de nombreux villages flamands réclamèrent contre l' emploi du hollandais, injustement préféré à leur « moedertaal » . « Liberté des langues », demandaient les habitants d' Anzegem, " Vlaamsch, onze moedertaal, voor ons, Vlamingen. Waelsch of Fransch voor de Waelen; Duytsch voor die van het Hertogdom ( le Luxembourg), en Hollandsch voor die het willen praeten » .
(p.185) En 1814, après le départ des Français, qu'allait devenir le pays de Liège ? Les esprits réfléchis comprirent qu' un retour à l' ancienne principauté était impossible. Ils optèrent pour l' union avec la Belgique. Suivre le sort de la Belgique, tel fut, en 1814, le voeu presque général des liégeois . Mais en l' exprimant, ils parlaient encore de la Belgique et du pays de Liège, des belges et d' eux-mêmes . La distinction entre les deux pays n' était pas effacée.
Quinze ans plus tard, elle avait disparu. En 1830, il ne sera plus question, sur les bords de la Meuse, que des belges et de la Belgique . Liège - comme tout le reste de l' ancien pays de Liège - se sera entièrement donnée à sa nouvelle patrie. Cette assimilation complète fut l' oeuvre - involontaire, cela va de soi - du régime hollandais. Quinze ans durant, nous l' avons dit, le royaume des Pays-Bas fut divisé en deux camps : les belges d'un côté, les Hollandais de l' autre. Les liégeois, tout naturellement, firent cause commune avec les belges.
Très vite, ils en vinrent à se considérer simplement comme des tenants du camp belge ; les journaux de la Cité Ardente devinrent, au même titre que ceux de Bruxelles ou de Gand, des organes de la « nation belge ',. Contre les Hollandais, Liège avait identifié son sort à celui de la Belgique. C' est en manifestant le patriotisme belge le plus pur que les volontaires liégeois accoururent à Bruxelles, en septembre 1830, pour aider à la défense de la capitale . " Soyons dignes", s'écriait le Politique, " de notre glorieuse renommée. Qu'il soit dit que Bruxelles et Liège ont sauvé la patrie ".
Les liégeois, devenant des belges, devenaient aussi, on le notera, des wallons. On avait longtemps fait une distinction entre les habitants des provinces romanes des Pays-Bas, que l' on appelait des " wallons ", et les liégeois . Cette distinction, désormais, disparaît complètement.
1830
(p.190) Le fait essentiel qu' il convient de souligner ici, c'est que l'exaltation patriotique fut générale ; elle ne se limita ni à certaines provinces ni à certains milieux.
Les provinces wallonnes, sans doute, furent plus exubérantes. À Mons, le 6 septembre, le bruit court que la séparation de la Belgique et de la Hollande vient d' être votée. L'enthousiasme est grand. Des jeunes gens se réunissent dans un café pour fêter l'heureux événement. (…).
Mais pour être souvent moins bruyantes, les manifestations flamandes témoignent de sentiments tout aussi profonds. À Saint-Nicolas, au début d' octobre, de simples ouvriers se cotisent pour l' achat d' un drapeau belge, « qu' ils sortent en cortège, précédés d'un violon et d'une clarinette, jusqu'à la chapelle de Notre-Dame située au bout de leur quartier, où ils l' arborent sur la tourelle, au son de la clochette ».
Puis, pieusement, « ils récitent le rosaire pour le repos des âmes des combattants morts à Bruxelles pendant les journées de septembre » . Une telle scène, dans sa simplicité, n' est-elle pas parlante ?
(p.192) Sans le patriotisme belge, il n'y eût pas eu de révolution : cela est clair. Mais ce patriotisme devait-il nécessairement conduire à l'indépendance nationale ? Lorsqu'on reconstitue la trame des événements, on peut en douter.
(p.205) En examinant ces absences de tension, qui ont évidemment contribué au succès de la révolution, on doit cependant faire une distinction. Le fait qu'il n'y ait eu ni tension communautaire ni tension de classe a été un phénomène structurel, correspondant en tout cas à une très longue phase de l'évolution de la société belge. L'absence de tension politique, elle, a été conjoncturelle : l' opposition catholiques-libéraux avait existé précédemment, de manière très nette, et, faut-il le dire, après la révolution, elle en viendra rapidement à dominer, de manière explosive, toute la vie politique. Structure et conjoncture ont donc, ensemble, aidé à la réussite de 1830.
(p.207) Les belges, qui avaient fait pendant vingt ans partie de la France, devaient évidemment partager ces aspirations, ils devaient soupirer après la mère-patrie. Les Français en avaient la certitude morale, et une certitude morale est plus forte qu' une certitude intellectuelle. D' ailleurs, un concert incessant de protestations d' amitié pour la France ne s'élevait-il pas de toutes les régions de la Belgique ? Il n' en fallait pas plus aux Français pour se sentir confirmés dans leur opinion.
Au wishful thinking de nos voisins du Sud, la réalité des faits opposait cependant un démenti.Dès le début de la révolution, le ministre d' Autriche mandait à son gouvernement : " La presque totalité des belges ne désire pas d' être réunie à la France " . Parlant plus spécialement de Liège, un témoin avisé observait à peu près à la même date. " À aucun moment de cette crise, nulle voix ne s' est élevée en faveur de la France dans cette province qui y a le plus de relations ".
Plus tard, lorsque la situation du pays se fut stabilisée, on put apercevoir clairement où se localisaient les réunionistes. Au début de 1831, ils contrôlaient quatre journaux : le Journal de Verviers à Verviers, le Journal de la province de Liège et l'Industrie à Liège, l'Eclaireur à Mons .Verviers, Liège et le Hainaut : tels étaient les centres de leur influence.
À Verviers, ils dominaient. La Régence de la cité, en décembre 1830, se prononça pour la réunion, et les pétitions réunionistes se couvrirent d' une foule de signatures. Un des défenseurs les plus intransigeants de l'indépendance belge, Jottrand, le reconnaissait honnêtement à la tribune du Congrès : " À Verviers, les pétitions pour la réunion sont évidemment l'expression de l'opinion de la majorité " . Dire " Verviers", en 1830, c' était penser "la draperie". La vie de la cité se résumait dans son industrie drapière. L'industrie drapière voulait la réunion.
À Liège, c' étaient des industriels aussi qui étaient les grands protagonistes de la solution française. Mais alors qu'à Verviers, les fabricants entraînaient leurs ouvriers , les industriels liégeois réunionistes avaient peu de prise sur la classe ouvrière. Ce n' étaient pas des leaders. Dans leur propre milieu, ils se heurtaient à des partisans de l'indépendance nationale, et à des orangistes.
(p.208) Il en était de même dans le Hainaut. Mons, avec ses 23.000 habitants ne fournit que 2 ou 300 signatures aux pétitions réunionistes . Dans d' autres localités hennuyères, la proportion des signataires fut beaucoup plus considérable : une centaine d'habitants à Fontaine-l'Evêque, 141 à Dour, 124 à Morlanwelz. La valeur de ces chiffres reste cependant sujette à caution : les manufacturiers ou les patrons de charbonnages n' avaient-ils pas recueilli parmi leurs ouvriers des signatures plus ou moins obligées ?
Quelle qu' ait été la force numérique exacte du " parti français ", celle-ci n' offrait d' ailleurs qu'une importance secondaire. Le parti ne vivait pas du nombre de ses sympathisants : il avait pour lui la puissance économique. Comme à Verviers, comme à Liège, il se recrutait dans la classe industrielle et commerciale. En Hainaut, les patrons charbonniers, les fabricants de fer, les marchands de toile étaient fréquemment des réunionistes, avec une prédominance de tous les hommes liés à l' industrie charbonnière . " Faction riche et puissante" disait leur ennemi, l'Observateur de Mons . Faction dangereuse aussi, puisque l'Observateur se voyait forcé de mener contre elle unepolémique incessante : aux yeux de l' organe montois de l' indépendance, les riches " gallomanes » constituaient une menace.(p.209) Avec le Luxembourg, nous avons achevé le tour de Belgique du réunionisme. Dans le Brabant wallon, le Namurois, la Hesbaye, on n' observe rien, ou presque rien. Bruxelles était le pilier de l' indépendance belge. Les provinces flamandes, si l' on excepte un groupuscule à Courtrai, ne manifestaient dans leur ensemble aucune velléité française.
Dominant à Verviers, diffus dans le Luxembourg, minoritaire à Liège et dans le Hainaut, extrêmement faible ou inexistant partout ailleurs, on voit donc que le réunionisme ne groupait pas un bien puissant faisceau d' opinions. Charles Rogier pouvait à bon droit déclarer au Congrès National, en janvier 1831 : . « Plusieurs partis divisent la Belgique . telle est la suite inévitable des révolutions. Ces partis sont : les orangistes, les Français, les anarchistes. La masse de la nation les repousse tous ».
(p.215) La Belgique de 1830 était francophile, avec ardeur. Dans « cet amour, cette sympathie, cet entraînement pour la France", comment eût-on pu marquer les réunionistes au fer rouge ?Le mouvement réunioniste n' eut pas la vie longue. Dès la fin de 1831, il avait cessé de compter. À partir de 1832, on n' entend plus parler de lui. La majorité des réunionistes se rendirent très vite à l' évidence des faits. Ils avaient estimé l' indépendance belge non viable. La Belgique indépendante vivait. Ils se convertirent à l' indépendance.
(p.227) / Les Français :/ Ils ignorent la nationalité belge. Entre la France et le Rhin, ils n'aperçoivent pour la plupart, suivant le mot de Devaux, qu' « un territoire sans nationalité, une espèce de terrain vague sans dénomination propre, sans propriétaire fixe, appartenant à qui peut le prendre, passant depuis des siècles d' un conquérant à un autre ». " Les belges!", s'écrie Guizot, " on appelle ça un peuple ! c' est-à-dire qu'ils jouent au peuple!,,. Talleyrand n'est pas moins méprisant : " un assemblage de vagabonds couards, indignes d' être indépendants " . " Ce n' est pas une nation ", déclare-t-il, " deux cents protocoles n' en feront jamais une nation " . Pays sans nationalité, la Belgique est évidemment un État sans avenir. " Chacun", note en 1834 un agent du roi Guillaume à Paris, " chacun est bien convaincu de l'inviabilité du royaume belge, que l' on ne cesse de regarder que comme quelques départements échappés à la France et qui doivent lui retourner s' ils ne reviennent pas à la Hollande" . L'État belge n' est pas viable : c' est là une des vérités dont se nourrit le Français moyen, dont se nourrissent même les hommes d'État. J.B. Nothomb écrivait en 1871 - et il n'est pas du tout sûr que ce fût par manière de plaisanterie - qu' au cours de sa carrière déjà longue, il n' avait rencontré que deux français qui acceptassent l'indépendance de la Belgique : Louis-Philippe et Guizot.
Les mythes de 1830
(p.228) Il est peu de révolutions qui soient, dans le fond, aussi simples que la révolution de 1830. Une révolution nationale et libérale, et pratiquement tout est dit.
Et pourtant, il est peu de révolutions qui aient donné lieu à autant de déformations, à autant d' interprétations qui équivalent à de véritables légendes, à de véritables mythes.
Nous avons déjà évoqué deux de ces mythes : celui de la révolution « prolétarienne " confisquée par la bourgeoisie ; celui de la révolution faite par des Wallons contre le gré des flamands.
Le caractère « wallon » - ou disons mieux : pseudo-wallon - de la révolution, on le notera, a pris, de par la décision d' un congrès wallon, figure officielle. La date anniversaire des journées de septembre est devenue en 1913 la date de la fête de la Wallonie, pour être choisie ensuite en 1975 comme fête de la Communauté culturelle française, qui deviendra elle-même en 1980 la Communauté française de Belgique. Ceci aurait bien fait rire sans doute les « brusseleirs " flamands qui se sont battus sur les barricades.
Mais du côté de certains wallons, on a été parfois plus loin encore dans l'interprétation : oui, dit-on, ce sont avant tout des wallons qui ont fait la révolution - mais ce qu'ils voulaient en fait était de retourner à la France, de redevenir français, et ce sont les grandes puissances qui les en ont empêchés.
Cette thèse ne peut se soutenir, bien entendu, qu' en grossissant jusqu' au ridicule l' importance du «réunionisme». Pareil grossissement n' est pas difficile à opérer : il suffit de prendre à la lettre ce que disaient souvent les réunionistes eux-mêmes. Il suffit par exemple de prendre à la lettre ce qu' écrivait le Journal de la province deLiège du 23 janvier 1831 : parmi la « diversité des opinions », « un voeu semble pourtant prévaloir, et les provinces wallonnes inclinent visiblement pour la France. Elles voient un retour à leur vraie nationalité dans leur retour au pays dont la politique des rois les a seule tenues séparées » . Ceci, nous l' avons vu, avait peu de rapport avec la réalité.
Les grandes puissances, quant à elles, se sont vu fréquemment attribuer - et ceci est une autre légende - un rôle dans les événements de 1830-1831 qui n'a nullement été le leur. Ce sont elles, dit-on, qui ont voulu la création de l'État belge, qui l'ont même littéralement créé, qui ont imposé à la Belgique son indépendance, qui ont forcé les flamands et les wallons à vivre ensemble au sein d' un même État. Ceci est la vérité à l'envers.
Les grandes puissances ont dû accepter l'indépendance de la Belgique - et certaines d' entre elles plus qu'à contre-coeur - parce que les belges s'étaient révoltés. Certes, dans un premier temps, la France a dû agir contre les puissances conservatrices pour les empêcher de réprimer la révolution, et dans un second temps, la Grande-Bretagne a dû agir contre la France pour empêcher la Belgique d' être divisée, mais le fait premier était la révolution elle-même, avec la volonté d' indépendance nationale qui s' y manifestait.
Enfin - et ceci est sans doute l' essentiel -, le fruit de la révolution, l'État belge, est décrit comme un « État artificiel », « factice », « hybride ».
Une telle assertion sous-entend en fait qu' il y ait eu, avant la création de la Belgique, un « peuple flamand » et un « peuple wallon ».
Certains l' affirment explicitement. Beaucoup d' autres le pensent. Le Président de l'Exécutif flamand, en 1987, explique que "la Flandre existe depuis des siècles, la Belgique depuis un siècle et demi ».
Ceci est, une fois de plus, la vérité à l' envers. La Flandre et la Wallonie, le « peuple flamand» et le « peuple wallon » sont, pour l'historien, des sous-produits de la Belgique.
La seule question est de savoir si la réunion en un seul État de populations de langues différentes était en quelque sorte un " accouplement contre nature ». Tout d' abord, soulignons-le, ce sont ces (p.230) populations elles-mêmes qui, en 1830, ont voulu vivre ensemble, comme belges, qui ont voulu cet accouplement. Pouvaient-elles pressentir leur prise de conscience collective ultérieure, et surtout le développement ultérieur du nationalisme linguistique ?
Sachons le voir clairement : le caractère " artificiel » de l'État belge de 1830 ne peut être décrété tel qu' en vertu d' une définition : la définition de la « nature » comme la langue. Aucun belge de l' époque de la révolution n' avait l' idée d' une telle définition.
(p.232) Une enquête sur les origines lointaines des individualités nationales dans nos régions aboutit donc à mettre l' accent sur le rôle primordial de l'État dans la formation de ces nationalités. Elle aboutit, par le fait même, à placer la Belgique, elle aussi, au même rang que les autres nationalités européennes. La Belgique, née de l'État, a obéi au processus de formation commun à toutes les nationalités d' Ancien Régime. Elle a suivi la règle générale.
L'État n' explique pas seulement les origines de notre nationalité. Il fournit aussi la clé de ses avatars.Pourquoi la nation néerlandaise, qui apparaît au XVIe siècle comme animée d'une solidarité puissante, se disloque-t-elle au siècle suivant et donne-t-elle naissance à deux nations distinctes, Hollande et Belgique ? Pourquoi les habitants de l' Artois, de Lille ou de Maubeuge, de belges patriotes qu' ils étaient avant la conquête française, se transforment-ils après la conquête en Français non moins patriotes ? Pourquoi les gens de Vianden et d'Echternach, qui se considéraient avant 1839 comme des belges de la même qualité d' âme que leurs compatriotes brabançons ou hennuyers, se sont-ils changés ensuite en étrangers ? Pourquoi les Limbourgeois d' Outre-Meuse, excellents belges à l'époque de la révolution de 1830, sont-ils devenus ensuite de bons Hollandais?
À ces questions, la réponse est toujours essentiellement la même : l'État est intervenu. D'autres facteurs, cela va de soi, ont aussi joué : la séparation de la Belgique et de la Hollande n' aurait pas été ce qu' elle fut sans le divorce religieux entre le Nord et le Sud des Pays-Bas. Mais par-dessus les facteurs religieux, économiques, culturels, c' est toujours l'État qui a eu le dernier mot.
Si l'État explique, dans une mesure décisive, l'évolution du sentiment national, le sentiment national, lui, explique la Belgique.
(p.233) Sans la force de l' idée de patrie, sans la force du sentiment national, il n'y aurait pas eu de Belgique en 1830. Rien n' est plus aisé à démontrer. La révolution qui éclate en 1830 vient après trente-cinq années pendant lesquelles-sauf un très court intermède en 1814, quand les Alliés installèrent un gouverneur général de la Belgique – il n'y a plus eu de Belgique politique, pendant lesquelles les belges n' ont possédé aucune institution, aucune magistrature propre qui ait pu leur rappeler leur qualité de nation. Et pourtant, la révolution éclate, et elle est nationale. C'est que, de 1795 à 1830, une Belgique a continué à vivre : la Belgique morale, celle qui conservait précisément une conscience propre. De cette Belgique-là, et de celle-là seule, a pu jaillir l'État indépendant de 1830.
Le sentiment national a souvent contribué de manière puissante à la cohésion de l'État.Mais il n' en a pas été le seul facteur de conservation, ni même toujours le plus important.Prenons à cet égard un exemple concret : celui de la crise de 1477.
C'est une des grandes crises de notre histoire. Charles le Téméraire, dont la politique dure et autoritaire a mécontenté les populations néerlandaises, meurt en laissant comme héritière une jeune fille de vingt ans. Tous ceux qui ont courbé la tête devant le terrible duc se redressent aussitôt. Ils assaillent la duchesse de réclamations souvent menaçantes. De gré ou de force, Marie doit consentir au rétablissement de tous les privilèges qui avaient été battus en brèche par son père, voire par Philippe le Bon. Des institutions centralisatrices créées par les ducs, un bonne partie s' effondre; le particularisme provincial et local reprend le dessus. À l' extérieur, le danger est plus grave encore. Après quelques feintes, Louis XI passe à l' attaque. Les troupes françaises envahissent l' Artois et le Hainaut, poussant vers le Nord. Elles parviennent jusqu' à Tournai, menacent la Flandre. Et pourtant, dans cette tempête, l'État bourguignon résiste. Loin de se disloquer, il demeure debout et maintient son unité. Pourquoi? Parce qu' il existe déjà, dira-t-on, un embryon de sentiment national, parce qu'il existe déjà un certain idéal d'unité. Les faits confirment cette explication : les représentants des différentes principautés, assemblés à Gand, arrachent à la souveraine toute une série de concessions, mais ils les font consigner dans un privilège général – le fameux Grand Privilège du 11 février 1477 -, valable pour l'ensemble de l'État bourguignon.
Bien plus, tout en restaurant les autonomies provinciales et locales, ils s'accordent à maintenir des organes de gouvernement communs à toutes les provinces : ils veulent donc le maintien de la vie commune.
Mais l' essentiel n' est pas là. Bien plus qu'un certain sentiment national, encore peu affirmé, ce qui sauve en 1477 l'État bourguignon, c' est le loyalisme dynastique. C'est parce que leur loyalisme - un sentiment puissant, qui accuse encore les traits burinés de la fidélité féodale - commande également l' attitude des Brabançons, des Hennuyers et des Hollandais, que tous restent groupés autour de Marie et que l'État subsiste. La parole décisive, en l'occurrence, a été prononcée par le juriste qui a dit : " Est notoire que feu monseigneur le duc Charles a delaissié maditte dame sa fille unique heritier universel, seulle et pour le tout abille a luy succeder en tous les ducéz, contéz, pays, villes et seignouries dessusdittes » . De là vient que tous ses sujets veulent "leaument servir la dame et l'iretage qui lui doit partenir ».
(p.236) Que l' on voie la manière dont sont ordinairement traités dans les ouvrages généraux les conflits anglo-français du moyen âge, ou encore les guerres d'Italie. Les historiens français louent les Capétiens et les Valois d' avoir lutté pour bouter les Anglais hors de France. Les rois d' Angleterre n' ont qu' à s' en prendre à eux-mêmes de leur échec; en essayant de fonder un État anglo-français, ils poursuivaient la réalisation d' une « chimère ». Quand on arrive aux guerres d'Italie, le choeur des lamentations se déchaîne : aux rois de France, cette fois, d'entendre leur politique taxée de déraison et de chimère. Au lieu de poursuivre la politique d'expansion vers l' est et vers le nord qui répondait aux intérêts de la France, Charles VIII, Louis XII et François Ier se sont laissé attirer par le mirage italien, et ont gaspillé les forces et les ressources de la nation dans de folles entreprises. Leurs guerres de magnificence, aussi inutiles que coûteuses, ont provoqué un arrêt d' un demi-siècle dans la formation de la France moderne. Faute impardonnable, et qui ne leur est pas pardonnée.
Réfléchissons un instant à ces jugements, et recherchons-en le fondement. Le fondement ? Il est essentiellement dans un postulat naïf et instinctif. ce qui est arrivé - c' est-à-dire, en l'occurrence, la constitution de la France sous la forme que nous lui connaissons - devait arriver, toute tentative de faire autre chose que cette France-là sur le sol de l'Europe était donc une « chimère » vouée à l'insuccès.Et pourtant, si l'État plantagenet avait vécu... ; si les guerres d'Italie avaient réussi et que, par conquêtes et acquisitions successives, les rois de France avaient réussi à réunir sous leur sceptre tout le Nord de la péninsule... Eh bien! Nous lirions aujourd'hui dans nos manuels l' éloge des souverains anglais qui, conscients des destinées communes de l'Angleterre et de la France de l'ouest, parvinrent à sauvegarder l'unité de leur État contre les entreprises chimériques des Capétiens et des Valois ; ou encore, nos historiens loueraient Charles VIII et Louis XII d' avoir compris que la véritable vocation de la France était de réunir en un seul État, en une seule nation, les deux Gaules de l' Antiquité romaine, la Cisalpine et la Transalpine.
Je raille, dira-t-on? Non pas, j'attaque par l'absurde une attitude d' esprit qui fait de réels ravages. Car lorsqu'un professeur aussi distingué que Jules Isaac enseigne à la jeunesse française que, en 1700, Louis XIV avait à choisir entre l'aventure de la succession d'Espagne et un traité qui, en lui permettant d'acquérir la Lorraine et la Savoie, assurerait « l'achèvement de la France » ;, lorsqu'un historien de la taille de Michelet décrit les acquisitions territoriales de Louis XIV dans les Pays-Bas comme « la conquête de quelques provinces qui, tôt ou tard, nous venaient d' elles-mêmes" , ils ne parlent en réalité pas autrement que Gaston Roupnel. Ils tombent dans le même fatalisme naïf.

 2.2.5 - Peuple belge, une réalité ancienne

2.2.5.1 - La plus grande aventure militaire des belges - De la guerre des Gaules à mai 40

Jo Gérard, Legrain 1983

(p.8) “D’ après vous, Plutarque, qu’étaient les belges?”
“Les plus puissants des gaulois.”
(p.10) “Retenez cette phrase du célèbre historien français Camille Julian: “Les belges seront seuls à lutter pour leur indépendance. Ils se lèveront les premiers en 57 et ils céderont les derniers, en 51 avant Jésus-Christ.”
(p.10) “Quant au plus grand historien romain, le fameux Tacite, il a dit: “Belgae Gallorum robur”: les belges sont la force des Gaulois.”
(p.17) “Charlemagne, c’est le plus belge des empereurs. Originaire de la dynastie des Pepin solidement enracinée dans nos régions, ...”
(p.29) ‘Godefroid Kurth a dit:
“Jusqu’à la fin, nos chevaliers ne cessèrent d’aller verser leur sang en Terre Sainte pour la course sacrée de la Croix. Aucune nation ne peut se vanter d’avoir joué un rôle plus glorieux dans ces héroïques entreprises. L’Europe entière le reconnut puisque c’est à des princes belges qu’elle donna la couronne du royaume de Palestine et celle de l’Empire latin de Constantinople.”
(p.29) “Henri Pirenne: “L’idéal chrétien et chevaleresque semble seul avoir prise sur les Croisés belges.”
“La croisade n’est pour eux qu’une entreprise chrétienne et européenne.”
Après la bataille de Woeringen livrée le 5/6/1288 par le duc de Brabant, Jean Ier, contre les seigneurs allemands, “les ducs de Brabant dominent les régions s’étendant entre l’Escaut et la Meuse. Délivré à l’Est de l’emprise germanique, le carrefour belge va subir à l’Ouest l’agression incontestable de l’impérialisme français, car le roi Philippe le Bel rêve de s’emparer de la Flandre dont les richesses justifient la convoitise royale.”
(p.56) Les ducs de Bourgogne, en guerre contre Louis XI, peuvent d’abord compter sur le “dévouement et le courage des chevaliers belges dont l’élite compose l’ordre de la Toison d’or.”
(p.69) “Charles-Quint apprécia tellement les belges, que lors de son abdication à Bruxelles, il déclara dans un sanglot: “Si je pleure, Messieurs, ne croyez pas que c’est pour la souveraineté que j’abandonne, c’est pour l’obligation où je suis de m’éloigner du pays de ma naissance et de me séparer de vassaux tels que ceux que j’y avais.”

2.2.5.2 - L’Histoire de Belgique,

LB 7/10/81
“Dès le XIVe siècle, Jacques Van Artevelde concluait d’étroites alliances entre la Flandre, le Brabant et le Hainaut”

M. Fraselle, La Belgique, LB 22/5/79
“La Belgique - en gros les Pays-bas catholiques du sud - tire sa véritable origine du XIIe siècle, de la séparation au Traité d’ Utrecht en 1614, entre les provinces protestantes et catholiques. Le trait d’union véritable entre Anvers et Namur est donc la foi catholique. Elle seule peut être le ciment, la cause d’une restauration authentique de la Belgique comme de l’occident ex-chrétien.”

Christophe de Fossa, La législation princière pour le comté de Hainaut (1427-1506), LB 1/7/82
“Certains historiens sacrifient à dame régionalisation et n’hésitent pas à justifier l’existence de la Wallonie en usant d’un déterminisme qu’ils reprochent dans le même temps à ceux qui ont écrit sur la Belgique hier.”
“Il est clair que la centralisation de ce que sera la Belgique remonte au XVe siècle et que, si des particularismes subsistent, ils furent le fait de chacune de nos principautés, aïeules de nos provinces.”“Dès le deuxième tiers du Xve siècle, les princes des Pays-Bas vont s’efforcer sans relâche d’ introduire une législation générale applicable à l’ensemble de leurs petits Etats.”
Car “il importait d’établir des normes en ce qui concerne l’administration, la justice, la police au sens large, c’est-à-dire le maintien de l’ordre, le commerce et l’industrie, les monnaies et le commerce de l’argent.”

Paul E. Raucq, Dr. Sc., membre de l’ Acad. Roy. des Sciences d’ Outre-Mer, BXL, LB 26/8/88
“Pourquoi taire l’appartenance ancienne de Fouron au duché de Limbourg, comme la plus grande partie du plateau de Herve et le pays de Sprimont? ... L’ancienne capitale du duché est mieux connue actuellement sous le nom de Dolhain, par suite de cete nuance qu’ont les belges d’oublier leur histoire.”‘dDns les “Délices des Pays-Bas”, sous-titré “Description Géographique et Historique des XVIII provinces Belgiques” (éd. de 1769) paru une première fois sous la signature de J.-B. Chrystyn, chancelier de Brabant (mort en 1690), les Pays-Bas néerlandais sont décrits comme “provinces Belgiques” et la Principauté de Liège, sans y être incluse, fait l’objet de tout un chapitre (t.4, pp. 73-204), en y comprenant Stavelot-Malmédy, en raison du fait que ce pays est “enclavé dans les Pays-Bas, avec lesquels il a un commerce considérable”, quoique faisant partie de la basse Allemagne.’

Jo Gérard: une certaine façon de raconter l’Histoire et une certaine idée de la Belgique, LB 11/10/82
“On dit toujours, dans certains milieux, que la notion de Belgique n’existe pas. Or, je me suis amusé à chercher si, au 17e siècle, la Belgique était déjà citée.” ...
Par exemple, “30 familles wallonnes allant fonder la future New York, appellent leur village Nova Belgium, un marin anversois de la Compagnie des Indes, Pierre van den Broeck va fonder à Batavia une citadelle qu’il appelle Belgica, Juste Lipse appelle Philippe le Bon “conditor Belgii”, dans sa correspondance, Rubens emploie 27 fois le nom de Belgica, dans les collèges de jésuites, il y a un cours sur l’ histoire de la Belgique ...”
Jean Stengers, Le vocabulaire national dans le royaume des Pays-Bas, in: Colloquium over de geschiedenis van de Belgisch-Nederlandse betrekkingen tussen 1815 en 1945, Acta, Brussel, 10-12/2/80, Gent 1982
(p.10) “Le premier août 1814, Guillaume lance une proclamation “aux habitants de la Belgique”.
(p.11) “Le Roi parle du “peuple belge”, de “la Belgique”, de la “monarchie des belges”.”

Towards victory in Europe, The Bulletin, Aug. 30, 1984
The occupation (p.7) (in Belgium)
“The most spontaneous expression of opposition to the occupying forces was the grafiti, the words or symbols scrawled on the walls of the city. The V in white paint became so ubiquitous that the Germans tried to coopt it instead of erasing it. But their huge black baners prolaiming the Victory of the Third Reich did not discourage the silent protestors armed with no more than a piece of chalk from displaying their emblem wherever they dared.”
(pp.6-7) “Everyone read the underground press - there was an astonishing number of clandestine newspapers in Belgium - and I / Jean Vanwelkenhuyzen, Director of the Research Centre for the Historical Study of the Second World War/ used to slip any copy I got into the pages of the nazi propaganda magazine, Der (...?). “If the Germans searched my schoolbag, they exclaimed approvingly when they saw I had their magazine. It never seemed to occur to them that it would be a good place to conceal one of our flimsy little anti-Nazi newsheets. They referred to stick to the letter of the law. They did their job, more concerned to search than to find.”

G. Samsoen de Gérard, M. Perin /francophile, professeur émérite de l'ULg/ et la Wallonie introuvable, LB 18/7/88
“Est-il exceptionnel que le royaume de Belgique n’existe que depuis 1830? M. Perin oublie-t-il (ou ignore-t-il?) que l’ Etat allemand ne fut constitué qu’en 1871, sous la contrainte de Bismarck, par l’union de nombreux royaumes, duchés et principautés, que le royaume d’Italie ne vit le jour qu’en 1870, que la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie ne furent créés qu’ en 1919 et qu’ il fut un temps où la Bretagne, l’Aquitaine, la Provence et la Bourgogne ne faisaient partie du royaume de France?”

Anthroponymie
De Liège à Mons et de Nivelles à Virton, 6 élèves sur 8 sont, après 2 générations, à la fois d’origine germanique et d’origine wallonne…

2.2.5.3 - La solution Belgique

Une dynamique d’avenir : B.B.B.
BRUXELLES - BRABANT - BELGIQUE
et non BYE-BYE BELGIUM
___________________________________

L’irréaliste 3 B : BYE-BYE BELGIUM

Pourquoi irréaliste, parce que le scénario séparatiste de certains milieux nationalistes minoritaires, flamands, wallons ou bruxellois est tout simplement irréalisable et totalement impossible. C’est purement de la science fiction.
Des obstacles insurmontables et incontournables empêchent toute séparation :
1) Jamais la Flandre ne voudra partir sans Bruxelles et Bruxelles, jamais, n’acceptera de s’unir à la Flandre seule ou de se séparer de la Wallonie. Bruxelles entend se maintenir comme une région forte à part entière en collaboration étroite avec les deux autres. Comme l’église au milieu du village, c’est Bruxelles qui tient ensemble la Belgique.
2) Une séparation appauvrirait toutes les régions, y compris la Flandre. Le premier partenaire économique de la Flandre est la Wallonie, devenue terre d’implantation pour les industries flamandes en mal d’espace. Une scission du pays entraînerait une perte importante de la richesse durement acquise au fil des ans par la Flandre.
3) Les milieux économiques et industriels, patronat et syndicats sont en général opposés à la division du pays, qui menacerait toute l’économie et les acquis sociaux.
4) Au niveau international, deux ou trois Etats croupions n’auraient plus aucune influence ni même plus voix au chapitre.
Par ailleurs personne n’a jamais pu expliquer comment l’on procéderait pour réaliser concrètement cette partition. Aucune proposition sérieuse n’a jamais été présentée, parce qu’elle se heurte à d’insurmontables difficultés, à commencer par l’apurement de la dette.
Soulignons aussi l’illogisme d’une situation ubuesque et même surréaliste : Bruxelles, capitale du Royaume et des trois communautés est aussi théoriquement capitale de la région Flandre, située dans une région qui n’est pas la sienne. Ensuite, certains partis flamands, pas tous, veulent détacher les communes flamandes de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde -lequel existe depuis 1830- alors que le siège du gouvernement flamand, que le parlement flamand et que toutes les administrations de la région flamande se trouvent installés à Bruxelles ! Déjà les belges n’y comprennent rien, mais essayez un peu d’expliquer cela aux étrangers !
Il y a donc de la part des nationalistes flamands ou wallons un manque flagrant de réalisme. Ils témoignent en plus d’une méconnaissance totale de l’histoire. Obsédés par cette question de ‘splitsing B.H.V’ (scission de l’arrondissement), les extrémistes flamands sont en train d’échafauder une pensée fantasmagorique et de rêver à l’édification d’une Flandre romantique linguistiquement homogène alors que cela n’a jamais été le cas dans le passé. De leur côté les indépendantistes ou rattachistes wallons renient tout le riche passé historique multiséculaire des régions belgiques romanes vécu en commun avec les régions thioises (1).
Depuis le Moyen âge déja le comté de Flandre, tout comme la Principauté de Liège étaient bilingues. Celle-ci comptait 21 ‘bonnes villes’ dont 11 de langue thioise! C’était même leur force. A Bruges, à Anvers ou à Liège, l’on parlait plusieurs langues. Une inscription latine sur le fronton de la Bourse d’Anvers ne précise-t-elle pas qu’elle était ‘Ad usum mercatorum totiuscumque nationis ac linguae’ (à l’usage des marchands de toute nation et de toute langue).

2.2.5.4 - Droit du sol, droit des gens

Le droit du sol et le droit des gens ne sont pas inconciliables (2), il importe au contraire de les marier en protégeant les minorités -d’abord par la ratification de la convention européenne de protection des minorités-, en respectant ensuite la langue de chacun et surtout l’expression de la volonté démocratique dans chaque commune. Chacun évidemment devrait développer la connaissance de plusieurs langues, en premier lieu nos langues nationales et bien sûr l’anglais. Rappelons aussi que notre pays comprend un million de citoyens non belges et qu’à Bruxelles notamment, on y entend parler toutes les langues.
Il n’empêche que parfois le droit du sol doit être pris en considération. Il serait normal qu’une population francophone voulant habiter en Flandre s’adapte à la langue locale. A cet égard, Il importe évidemment de favoriser au maximum la connaissance du néerlandais.
Mais la situation ambigüe des communes autour de Bruxelles, officiellement flamandes mais à majorité francophone, n’est pas comparable : la capitale comme toutes les grandes villes s’est agrandie. L’étalement urbain, on l’oublie, est un phénomène universel. Largement francophone, la population de Bruxelles s’est périurbanisée et a normalement rayonné cette langue en s’étendant dans la périphérie, alors qu’à l’époque il n’était pas question d’imposer une seule langue. On ne peut donc accuser les francophones d’envahissement, ils n’ont fait que suivre la tendance naturelle à l’extension de toute grande ville. Il importe donc de respecter un état de fait, l’existence d’une importante population principalement francophone, mais aussi européenne, dans la périphérie. Ce n’est pas en luttant par des interdits contre ‘la tâche d’huile francophone’ que l’on réussira à la contenir, mais plutôt en incitant les habitants et les jeunes particulièrement à pratiquer le multilinguisme(3).

2.2.5.5 - Un passé riche d'histoire

Actuellement cette Belgique se met à douter de son avenir. Un proverbe sénégalais dit : ‘Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens’. Et la Belgique elle, vient de loin, son nom est même avec celui de la Grèce le plus ancien d’Europe.
Depuis le Belgium romain, le premier royaume Franc (capitale : Tournai) et l’empire de Charlemagne (issu de l’espace mosan), les Principautés belgiques ont noué des alliances durant tout le Moyen âge. Songeons aux unions dynastiques entre Flandre, Hainaut, Namur, Brabant, Limbourg et Luxembourg et aux ententes monétaires. Pensons à l’unification de nos ‘Pays de par deça’ sous les Ducs de Bourgogne (15e s.), aux XVII Provinces de Charles Quint (16e s.), aux Pays-Bas méridionaux sous les Archiducs (17e s.), à nos ‘Provinces belgiques’ sous Marie-Thérèse et Charles de Lorraine (18e s.) et enfin au Royaume de Belgique guidé par ses souverains (19e et 20e s.).
Le nom ‘Belgique’, en latin, en français ou en néerlandais, sous une forme nominale ou adjective, au singulier ou au pluriel, a figuré sur quantité de documents et de cartes anciennes, et sur la titulature d’innombrables ouvrages anciens à travers les siècles.
On y repère les appellations et expressions : ‘Gallia belgica’, ‘Princeps Belgarum’, ‘Civitas Belgarum’, ‘Belgarum pars’, ‘Belgae’ (Lotharingiens), ‘Belgia’ (15e s.), ‘Belgium universum’ (XVII Provinces), ‘Totum Belgium’(16e s.), ‘Pays-bas belgiques’, ‘Omnis Belgica’, ‘Sigillum Ordinum Belgii’ (Etats-Généraux-1578), ‘Leo belgicus’ (Lion belgique-1583),‘Omnium Belgii descriptio’, ‘Peuple belgique’ (1598), ‘Belgium regium’ ou ‘Pays-Bas méridionaux’ (17e s.), ‘Belgium foederatum’ (Provinces-Unies), ‘Novum Belgium’ (Fondation de New-York par des Wallons-1624), ‘Historie van Belgis’, ‘Historiae belgicae’, ‘Bibliotheca belgica’ (1739), ’La Belgie’, ‘Belgeois’, ‘Belgium Gallicum’ (Pays-Bas français),‘Chronicum belgicum’, ‘Belgica regia’ ou ‘Provinces belgiques’ (18e s.), ‘Etats belgiques unis’ (1790), ‘Ci-devant Provinces belgiques’ (annexion française en 1795), ‘Union belgique’, ‘Nation belgique’ (1830), ‘Régions belgiques’, etc..
Toutes ces expressions furent monnaie courante. Nous en avons répertorié plusieurs centaines (4). Elles confirment que l’adjectif ou le nom ‘Belgique’, en latin ou en français, ont été, surtout depuis le 16e siècle, constamment usités.
Qu’on ne sorte donc plus cette ânerie que la Belgique serait un pays artificiel.L’affirmer d’une manière aussi inconsidérée serait faire preuve d’une incroyable ignorance de notre histoire !
La Belgique, faut-il encore le dire et le redire, ne date pas seulement de 1830. Comme de nombreux historiens le confirment, les Régions belgiques de l’histoire, situées en Europe médiane, au delta des grands fleuves Escaut, Meuse et Rhin, ont subsisté sous différentes formes à travers les siècles depuis le Belgium romain jusqu’à nos jours, à la jonction des civilisations latine, germanique et anglo-saxonne.

2.2.5.6 - Des rêves conservateurs

aussi bien du côté flamand que francophone ou wallon

Répondant et faisant écho à la position de certains extrémistes flamands, on trouve aujourd’hui quelques francolâtres prêchant la séparation du pays et se déclarant même en faveur du rattachement de la Wallonie à la France !
Plusieurs media, dans l’un ou l’autre article, ou quelques militants wallingants du camp rattachiste, tel Paul-Henry Gendebien, expriment ce souhait qui ne recueille évidemment aucune adhésion dans l’opinion publique : même pas un pour cent du corps électoral aux dernières élections !
Pas plus que l’indépendance de la Flandre n’est réalisable, celle de la Wallonie n’est envisageable, ni pensable, ni possible, avec ou sans Bruxelles. Imagine t-on la constitution d’une république wallingo-bruxelloise ou d’une république wallonne qui devrait évidemment pour se constituer et vivre recueillir l’assentiment des populations, ce qui on l’admettra, est pratiquement totalement exclu, dans la situation présente.
Actuellement, les Bruxellois dans leur immense majorité, avec les Européens qui habitent dans la région de Bruxelles-capitale et dans la périphérie, n’apporteraient certainement pas leur appui à un projet de partition ou de scission. Et les provinces tant wallonnes que flamandes de même n’entendent absolument pas faire sécession ou quitter le giron de la Belgique.
Et puis a t-on analysé ce que coûterait l’avènement d’une ‘non-Belgique’ ? Déjà en 1996, le groupe ‘Coudenberg’ avait démontré tout ce qu’une telle séparation entraînerait en appauvrissement mutuel aussi bien en Flandre qu’en Wallonie ou à Bruxelles. A cet égard, les ouvrages récents de Rudy Aernoudt, qui connaît bien cette matière, sont tout à fait éclairants. Notons aussi l’article percutant de Geert Van Istendael, dans ‘Politique’ : ‘Flamingants, faites le compte de vos pertes’ (5).

2.2.5.7 - Le virus nationaliste

En réalité, les nationalistes de tout poil, protagonistes irresponsables de la séparation nord-sud en Belgique, ne sont que des conservateurs réveurs et obtus, repliés sur eux-mêmes et leur petit clocher. Surtout pas d’étrangers ni de contamination linguistique ! Seule compte la mini-région : ‘Vlaanderen eerst’ ou ‘Wallonie d’abord’, avec une seule langue autorisée ! Des petites régions qui vivront alors on ne peut plus heureuses dans les limites étroites et ridicules de leur mesquin territoire. Un ‘univers’ égocentrique réduit à sa plus simple expression !
Quant à une annexion de la Wallonie à la France, celle-ci apparemment n’en a cure. Elle a déjà assez de problèmes intérieurs comme cela ! Et puis la Wallonie n’ambitionne vraiment pas de devenir un quelconque territoire, fait de départements rédimés avec des préfectures, sous-préfectures et mairies obscures ou anonymes, subissant les tracasseries du traditionnel centralisme jacobin de la France.
On ne peut aussi que s’étonner de la légèreté inconsidérée et de l’irresponsabilité de l’un ou l’autre président de parti lorsqu’ils menacent de faire éclater le pays s’il n’obtiennent pas satisfaction dans leurs revendications.

2.2.5.8 - Et l'Europe, que dirait-elle ?

Bien entendu, aucune instance européenne n’encouragerait un tel projet. Incarnée et connue partout dans le monde sous le nom ‘Bruxelles’, l’Europe, c’est une évidence, ne poussera jamais à la réalisation d’une visée qui risquerait de mettre en péril la stabilité de plusieurs nations en butte aux mêmes problèmes : songeons par exemple au Pays basque, à la Corse, à la Bretagne ou aux tendances irrédentistes qui se manifestent ci et là, aux quatre coins de l’Europe.
A cet égard, l’Europe aux 275 territoires des Régions que d’aucuns espéraient voir naître ne se réalise pas. Les grandes nations, tout en acceptant la décentralisation et la régionalisation, n’entendent pas renoncer à leur mission fédératrice et font toujours montre dans le cadre européen d’une solide robustesse existentielle. Et ce ne sont pas les petits pays et encore moins les petites régions qui pourraient inverser la tendance.

2.2.5.9 - Les voix en faveur d’un B.B.B. d’union et d’avenir : Bruxelles-Brabant-Belgique

Autrement progressistes sont ceux qui en Flandre et en Wallonie aussi bien qu’à Bruxelles militent en faveur d’une large union fédérale européenne en se montrant ouverts à toutes les influences bénéfiques des rencontres, du dialogue et de la coopération dans un esprit de partenariat économique et social positif.
Progressistes aussi, parce que partisans d’un pays fédéral belge uni tourné vers l’avenir, avec comme colonne vertébrale la Région de Bruxelles-capitale, assortie des deux Brabant flamand et wallon redynamisés au sein d’une communauté urbaine associative, le tout dans une Belgique largement régionalisée mais aussi refédéralisée dans certains domaines avec des pouvoirs clairement établis.
Déjà maintenant l’on sent un retournement d’opinion en Flandre. Voir à ce sujet certains éditoriaux de politique intérieure du ‘Laatste Nieuws’, du ‘Morgen’ ou du ‘Standaard’, lesquels décèlent l’émergence de nouveaux citoyens aux larges vues européennes, pratiquant sans complexe plusieurs langues et s’affirmant vrais citoyens du monde. Ils acceptent aussi l’idée que si nos trois langues nationales : le néerlandais, l’allemand et le français sont des langues à part entière, cette dernière a, qu’on le veuille ou non, acquis une dimension et une stature internationales, partageant avec l’anglais, quoique dans une moindre mesure, une diffusion intercontinentale.
Des équipes aujourd’hui se forment nombreuses qui agissent dans ce sens. Parmi elles, retenons le nouveau groupe think-thank de Rudi Aernoudt ‘La Belgique autrement’, et ‘B-PLUS’, au nom symbolique très expressif, recueillant désormais à lui seul des milliers d’adhésions - un groupe dont la plus grande force est d’être a-politique- et tant d’autres initiatives citoyennes des tenants de la Belgitude, comme les nombreux artistes et représentants de la culture en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles, partisans de l’ouverture et de la tolérance, qui tous vont dans le sens d’un non-repli sur soi prenant en compte les réalités incontournables, intérieures et extérieures d’une structure institutionnelle belge équilibrée et renouvelée.

2.2.5.10 - Les réformes de structure

A la lumière des enseignements du très riche passé de la Belgique, une autre structure dynamique de l’Etat peut et doit voir le jour : par la création notamment d’une circonscription électorale fédérale et d’un Sénat des Régions, par l’élargissement de l’autonomie des Régions et par l’édification, l’aménagement et la constitution d’une communauté urbaine BBB : Bruxelloise, Brabançonne et Belge.
Quant à la grande région de Bruxelles, -la ville urbaine morphologique-, elle engloberait, selon l’équipe du professeur E. Van Hecke (K.U.L.), les 19 communes de BRUXELLES-CAPITALE et quelque 17 communes de la PERIPHERIE BRABANÇONNE, soit les 6 communes à facilités autour de Bruxelles et 11 autres communes brabançonnes wallonnes et flamandes (6). Cette communauté urbaine aurait comme tâche, respectant les statuts linguistiques existants, de gérer ensemble les problèmes de la vie quotidienne, spécialement dans les domaines de la mobilité, de l’environnement, du problème de l’eau, des transports publics, et de l’économie locale en général.
Précisons qu’il ne s’agit pas ici de favoriser l’extension géographique de Bruxelles-Capitale mais plutôt de reconstituer une large zone brabançonne- selon les vues de l’ancien premier ministre Guy Verhofstadt, rejoint en cela par l’actuel premier Yves Leterme-, et d’organiser avec la Capitale une commu-nauté de communes se réunissant en vue d’atteindre des objectifs communs et une coopération intercommunale efficace. Il va de soi que la taille de cette Communauté pourrait être discutée.
Si l’on cherche d’autres exemples, 14 Communautés urbaines existent en France, dont celle de Lille comprenant 87 communes dont deux entités belges : Halluin et Wervicq sud. On en trouve aussi dans d’autres villes européennes. En Belgique, indépendamment des intercommunales mixtes, se sont formées des Communautés urbaines à Mons et à Charleroi-Val de Sambre -Sud Hainaut. D’autres sont en projet : Liège, Région du Centre et Brabant wallon.
A noter que Bruxelles et les deux Brabant ensemble ont plus ou moins la même étendue que la région de l’Ile de France ou que la région des districts urbains de la ville de Londres.

2.2.5.11 - Conclusion - La perrinnité des provinces Belgique

Très majoritairement, l’opinion, c’est un fait, demeure pro-belge et pro-européenne, tenant compte de tout ce que l’Europe nous apporte, et ce ne sont pas quelques mouvements irrédentistes ou quelques troublions extrémistes sans pouvoir qui feront désormais la loi. Les Flamands modérés sont infiniment plus nombreux qu’on ne le croit, et ne doivent pas avoir peur de s’exprimer, et les Wallons, eux, restent foncièrement fidèles à l’idée d’une Belgique fédérale unie.
Quant aux Bruxellois et aux Européens de la Capitale, il leur faut à la fois demeurer fermes dans leurs convictions de respect de la démocratie et des droits de l’Homme, mais être prêts en même temps à faire des concessions équitables, profitables aux uns comme aux autres.
Le bon sens autrefois légendaire des belges a-t-il disparu aujourd’hui ? Nous avons la quasi certitude qu’il finira par l’emporter dans les actuelles et futures tractations institutionnelles.
C’est en tout cas le voeu de tous les belges décidés à mettre ou remettre en pratique nos antiques devises, - lesquelles, le sait-on, datent de plusieurs siècles - : ‘Viribus unitis’, ‘Eendracht maakt macht’ (16e s.) et ‘L’Union fait la Force’, dans la fidélité à une institution dynastique qui a fait ses preuves, restant plus que jamais un symbole d’union entre tous les citoyens de ce pays.
Nos régions belgiques, situées depuis plus de deux mille ans d’histoire européenne au carrefour médian du Delta d’Or des grands fleuves Escaut, Meuse, Rhin, demeurent et doivent devenir plus encore ce qu’elles ont toujours été : un témoignage de civilisation, d’humanisme et de mémoire extrêmement riche, et un lieu extraordinaire d’échanges économiques, culturels, artistiques et spirituels entre l’est et l’ouest, le nord et le sud de notre continent européen, avec le regard tourné vers la Méditerranée - ‘Mare nostrum’, et une mission élargie de coopération internationale en Afrique et dans le monde.

2.2.5.12 - Une mission mondiale

On l’aura compris, plus important encore que l’institutionnel est le problème des conséquences gravissimes que le réchauffement climatique dû à l’effet de serre va entraîner dans un proche avenir. Les politiques, obnubilés par l’institutionnel, qui occupe tout leur temps, négligent de répondre dans l’immédiat aux incroyables défis écologiques auxquels ils vont être affrontés prochainement. Ils encourent de ce fait une immense responsabilité devant l’histoire !
Dès à présent, il faut développer au maximum les énergies alternatives, ordonner partout -et pas seulement encourager- les économies d’énergie, susciter enfin un énorme effort de la recherche scientifique permettant de découvrir et de répandre une nouvelle manière de vivre écologiquement.
Le pays devrait avoir comme priorité absolue un objectif de solidarité, en poursuivant, - malgré toutes nos difficultés plutôt mineures quand on observe tous les malheurs du monde -, l’aide et le soutien à toutes les populations qui souffrent et qui doivent faire face à de terribles catastrophes : pauvreté, famines, tremblements de terre, ouragans, inondations, etc..

2.2.5.13 - L’urgence chez nous aussi

Ce qui urge actuellement c’est aussi de pallier à l’augmentation démentielle des prix de l’énergie, à la cherté des produits alimentaires, au pouvoir d’achat en baisse dramatique et au manque de logements sociaux, en ayant comme premier objectif le maintien d’un niveau de vie minimum pour tous ceux qui n’arrivent plus à nouer les deux bouts. La solidarité dans ce domaine doit jouer à plein.
Sommes-nous pour autant pessimistes ? Pas trop à vrai dire. Mais certainement pas très optimistes. Entre les rêveurs, les idéalistes et les nihilistes, la meilleure position c’est d’être et de rester réaliste, en appliquant volontairement la devise médiane de Jean-Baptiste Houwaert : Houdt middelmate - tiens le milieu. C’est la seule manière d’avancer avec détermination dans la résolution prioritaire de tous les problèmes économiques et sociaux qui concernent la vie de tous les jours, tout en se donnant le temps de trouver calmement une solution aux questions institutionnelles. Il faut garder le sens des proportions !
Ainsi accomplirons-nous notre mission essentielle d’humanisme, tous partis confondus, ‘au service des hommes de toute nation et de toute langue’ : ‘ad usum hominum totiuscumque nationis ac linguae’ (texte inspiré de la proclamation inscrite sur le fronton de la Bourse d’Anvers).

2.2.5.14 - Renvois

(1) Le mot ‘thiois’ est l’ancien terme utilisé pour désigner le vieux flamand pratiqué dès le moyen âge.
(2) Doit-on rappeler que le caractère officiellement flamand de la périphérie ne s’est mis en place que progressivement : fixation de la frontière linguistique en 1963, création de la région flamande en 1980, scission de la province de Brabant en 1995, mais subsistance toujours actuelle de l’arrondissement administratif et judiciaire Bruxelles-Hal-Vilvorde. Des populations francophones venues de Bruxelles se sont donc installées au fil des ans dans ces communes autour de Bruxelles, alors qu’à l’époque il n’était pas question de réglementer l’usage des langues, un unsage que l’on veut aujourd’hui limiter sinon supprimer.
(3) Indépendamment de l’ indépendance autoproclamée du Kosovo, sa situation géopolique est à cet égard éclairante : Les Serbes disent que le sol du Kosovo appartient historiquement à la Serbie, mais les Kosovars devenus largement majoritaires revendiquent eux leur autonomie au nom du droit des gens. En fait, les deux ont raison. Les Serbes doivent admettre la présence des Kosovars sur la terre serbe historique du Kosovo, et les Kosovars ont le devoir de respecter le patrimoine historique serbe et la minorité serbe du Kosovo.
(4) Pierre Houart, ‘Permanence du nom Belgique à travers les siècles’, Cahiers Toison d’Or- Présence de l’Histoire, 4e trimestre 2007.
Id., ‘Chronologie des Régions belgiques’, Toison d’or ( Hors série), Ier trimestre 2008
(5) Geert Van Istendael, in ‘Politique’, n° 51, octobre 2007.
(6) L’équipe du professeur E. Van Hecke, de la K.U.L. Leuven, a étudié en 2001, suite à une demande de la Politique scientifique et du SPF Economie -Dir. des Statistiques, l’étendue géographique de Bruxelles-capitale hors de ses frontières administratives, distinguant la ville morphologique, c’est-à-dire la zone du bâti à peu près ininterrompue (soit quelque 36 communes) et la banlieue proche, liée à Bruxelles (26 communes). La dynamique de ces 62 communes doit être appréhendée comme formant une région urbaine dans son ensemble.
Dans les 36 communes de la ville morphologique, mises à part les 19 communes bruxelloises et les 6 communes à facilité (Rhode St-Genèse, Linkebeek, Drogenbos, Wemmel, Kraainem et Wezembeek-Oppem), figurent les communes de Waterloo, Braine l’Alleud, Hal, Beersel, Leeuw St-Pierre, Dilbeek, Grimbergen, Vilvorde, Machelen, Zaventem et Tervuren.
Dans l’ensemble plus large de la banlieue proche liée à Bruxelles et faisant partie du Brabant wallon, sont également reprises les villes de Wavre et Louvain-la-Neuve et les communes de La Hulpe, Lasne, Rixensart, Grez-Doiceau, Chaumont-Gistoux et Beauvechain.


 3 - L O C A L I T É S . B E L G E S

 3.1 - RÉGIONS REMARQUABLES

3.1.1 - Le pays de Waes (Waasland)

Situé en Flandre Orientale en région flamande, cette sous-région comprend les communes actuelles suivantes:
- Sint-Niklaas-Waas (Saint-Nicolas-Waas), capitale de la région.
- Temse (Tamise), Waasmunster (Waesmunster), Lokeren, Moerbeke, Stekene, Sint-Gillis-Waas (Saint-Gilles-Waes), Beveren-Waas (Beveren-Waes), Kruibeke et Wijndrecht (la seule située en province d'Anvers).

3.1.2 - Le "Petit-Brabant" (Klein-Brabant)

Situé dans la province d'Anvers en région flamande, au sud-est du pays de Waes, entre Temse (Tamise) et Willebroek.et comprend les deux communes suivantes :
1. Bornem incluant les anciennes communes de Bornem, Hingene, Mariekerke et Weert.
2. Puurs-Sint-Amands (Puers-Saint-Amand) réunissant, depuis 2020, le deux entités suivantes:
- Puurs incluant les anciennes communes de Puurs, Breendonk, Liezele et Ruisbroek (Anvers)
- Sint-Amands (Saint-Amand) incluant les anciennes communes de Sint-Amands (Saint-Amand), Lippelo et Oppuurs.

3.1.3 - Le Hainaut Occidental

Cette sous-région située dans la partie Ouest de la province du Hainaut est aujourd'hui confondue avec la dénomination "Wallonie Picarde" utilisé en politique et en tourisme et comprend les communes suivantes :
Antoing, Ath, Belœil, Bernissart, Brugelette, Brunehaut, Celles, Chièvres, Comines-Warneton, Ellezelles, Enghien, Estaimpuis, Flobecq, Frasnes-lez-Anvaing, Lessines, Leuze-en-Hainaut, Mont-de-l'Enclus, Mouscron, Pecq, Péruwelz, Rumes, Silly et Tournai.

3.1.4 - Le Borinage

Situé dans le Hainaut entre Mons et Quiévrain, il comprend les anciennes communes suivantes :
Boussu, Dour, Ciply, Cuesmes, Élouges, Flénu, Frameries, Hainin, Hornu, Jemappes, La Bouverie, Pâturages, Quaregnon, Warquignies, Wasmes, Wasmuel, Wihéries et enfin Tertre isolé au nord de la Haine.

 3.2 - LOCALITÉS REMARQUABLES

3.2.1 - Bruxelles-Capitale et ses 19 communes de l'agglomération

3.2.1.1 - Bruxelles-Ville

3.2.1.2 - Ixelles - (Elsene)

3.2.1.3 - Etterbeek

3.2.2 - Hainin (Hensies)

Selon Le Carpentier, le nom initial du village avant le passage des Huns aurait été hugnis ; l'auteur explique en argumentant que la rivière "Haine" aurait été rebaptisée ainsi par la haine que les habitants de la région lui auraient longtemps vouée d'avoir laissé remonter les Huns par sa vallée (et celle de la Sambre).

Le Carpentier est cependant fortement décrié par certains de ses honorables successeurs ; il est même très probable que le nom qu'il donne ainsi, hugnis, ne soit enfin qu'un génitif pluriel signifiant tout simplement "des Huns" éludant problement le mot qu'il désignait voie ou rivière des Huns.
Le village doit par contre bien son nom à la rivière la Haine, et s'est écrit Haynin, Hennin, voire Henin et signifierait lieu ou terres de la Haine.
Selon M. G. Descamps, la désinence -in, serait l’abrégé de harn ou hem (Hainoehem), ou plus probablement et simplement un adjectif qui éluderait aussi un autre mot sous-entendu : Haininoe (terme), Haininus (locus)... En fait, ce serait la même chose.
Cette origine n’est pas adoptée par Alexandre-Guillaume Chotin qui, selon les habitudes simplistes de son époque, traduit ce vocable par un nom propre : le manse d’Haninus ou d’Henin. Ce qui est en fait totalement illogique et inverserait le cours de l'histoire. Ce nom n'est pas pris comme patronyme, avant une branche cadette des Comtes d'Ostrevent, qui n'a enfin pas cette terre avant un mariage quelques années avant 1202, la terre appartenant jusqu'alors au Comtes de Mons.
Pour le savoir, il faut remonter d'un bon siècle : à Anselme II d'Ostrevent et Agnès de Roucy, qui ont Godefroid II, dit Geoffroy de Bouchain, Comte d'Ostrevent, puis Hugues II d'Ostrevent.
* Godefroid II, fils de Geoffroy, vendra, du fait du décès avant lui de ses deux enfants, ses terres à l'est de son comté à son demi-frère, Bauduin IV dit d’Edirne, Comte de Hainaut ; leur mère était en effet Yolande de Wassemberg, veuve de Bauduin III Comte de Hainaut.* Hugues II d'Ostrevent a : Jean (sans postérité) et Etienne dit de Denain.
Le second, Etienne I, s'est marié avec Rose, Dame de Hainin, et se fera appelé du nom de ces deux terres. Les us et coutûmes d'alors n'étant pas ceux de nos jours, il est alors de coutume de se présenter du nom de sa propriéte dont la terre est la plus proche.
Rose est la fille de Gossuin III, dite de Mons, sire de Baudour, de Boussu, de Hainin, premier pair du Hainaut, Châtelain de Mons, Valenciennes, Beaumont, et de Béatrix de Rumigny, la fille de Nicolas II, seigneur de Rumigny et de Florennes, d’Alix de Hainaut.
Ils oscilleront réguièrement de l'un à l'autre pendant quelques génératione avant de le stabiliser dans le seul Hainin, nom pour le village, et plus tard orthographié de Haynin pour la famille par elle-même ou par simple corruption d'orthograhe de Hennin.
En écriture gothique manuscrite, les a et e, ainsi que les y et n pouvant être aisément confondus ; par contre l'inverse n'est pas systématique, existant plusieurs Maisons de Hennin, n'ayant rien à voir entre elles ni avec celle-ci.
Au milieu du XIIè s., Hainin eut pour seigneur Guillaume, également seigneur de Dour et de Thulin. Par la suite, la seigneurie de Hainin, d'ailleurs sensiblement plus étendue que le village actuel et tenue en fief de la seigneurie de Florennes, appartint à la puissante famille portant son nom (qui s'orthographie actuellement de Haynin en France et de Hennin en Belgique). Cette seigneurie leur échoit suite au mariage d'Etienne de Denain, fils d'Hugues d'Ostrevent dit de Valenciennes puis de Denain, et de Rose de Mons, dame de Hainain dès le XIIIe siècle jusqu'au XVe siècles.
Cette maison a porté et porte encore : d'or à la croix engrêlée de gueules .
De nombreux seigneurs de cette maison ont accolés le surnom de « Brougnart (cet adjectif "Brougnard" provient de leur type d'armure préféré, la « Brogne » ou « Broigne », mot issu du bas latin "brunia" qui désigne « un justaucorps de cuir garni extérieurement d’écailles de métal…[2]).
Jean, dit "Brougnart", de Hainin, chevalier, très brave guerrier (1423-1475) est l’auteur de mémoires d'une poignante sincérité pour l'époque sur les événements contemporains, qu’il narre en un style proche, plus ancien, du wallon parlé dans le Borinage.
Voici un passage traduit de ce livre, qui intéresse la topographie de cette région :
« étant, dit-il, à la suite de l’armée bourguignonne dans les environs de Paris, on me fit remarquer une vue magnifique en me demandant s’il y en avait une pareille dans mon pays; je répondis qu’il y en avait une plus belle auprès du moulin de Boussu, au-dessus de l’auberge des Trois-Fillettes et de la Belle-Croix, d’où l’on voyait bien dix lieues de pays. »
A Hainin, on retrouvait les lieux dits "Champs-à-le-Borne", désignant peut-être une pierre levée et le Bois des Malagnes. Malognes, mauvaises terres, dénomination qui a été transformée à l’époque moderne, en Bois des Malins.
La seigneurie de Hainin, achetée à la fin de l'Ancien Régime par les Leduc, passa ainsi à leur descendant, le comte de Clerfayt, Feldmarschall de l'armée impériale, l'un des commandants des troupes autrichiennes à la bataille de Jemappes (1792)

3.2.3 - Thulin (Hensies)

3.2.4 - Quaregnon

3.2.5 - Wasmes (Colfontaine)

3.2.6 - Péruwelz

Le plus ancien document qui donne le nom de Péruwelz est la confirmation en 1105 par Odon,évêque de Cambrai, de la donation de l'autel à l'abbaye d'Aubechies. En 1119, lors de la réuniondes biens de cette abbaye à ceux du monastère de Saint-Ghislain, ce dernier devient collateur dela cure et décimateur principal.
Pour avoir une trace écrite de seigneurs du nom, il faut attendre la fin du XIème siècle. Au début du XIVème siècle, la seigneurie passe dans la famille de Berlaymont; en effet, Baudouin, baron de Péruwelz, et Isabelle du Roeulx ne laissent qu'une fille qui épouse Floris de Berlaymont. En 1419, "Monseigneur de Berlaymont et de Péruwelz, bouteiller de Hainaut", propose une nouvelle loi aux jurés et échevins de sa seigneurie, qui est acceptée, mais ce document brûle en 1477 lors du sac par les troupes bourguignonnes et de l'incendie du château où étaient conservées les archives. En 1620, Florent de Berlaymont meurt. Sa fille unique, Marie-Marguerite, avait épouse Louis d'Egmont, duc de Gueldre. Le couple cède en 1628 aux Pères de l'Ordre du Saint-Sauveur dit de Sainte-Brigitte d'Armentières tous les terres et revenus possédés par l'hôpital de Péruwelz qui avait été fondé et doté en 1308 par Baudouin de Péruwelz et son épouse Isabelle du Roeulx, à la condition d'y fonder un couvent. Au XVIIIème siècle, les Brigittins font bâtir une chapelle (1757), ce qui les oblige à contracter des dettes qu'ils ne purent jamais rembourser. En 1784, leur couvent est supprimé. Ambroise de Croÿ, comte de Solre, acquiert, en 1641, les terres et le château qu'il fait remanier l'année suivante.
En 1799, le château et ses dépendances devinrent biens nationaux et furent vendus aux enchères à Charles-Joseph Messine qui les revendit neuf ans plus tard à Emmanuel-Marie-Maximilien de Croÿ-Solre. Aussitôt, le fondé de pouvoir du prince de Croÿ mit en vente les dépendances. Durant la première moitié du XIXème siècle, le château fut utilisé comme maison communale. Puis, pendant un siècle, il servit de locaux à une brasserie pour être aujourd'hui une bâtisse en ruine prolongeant le parc public Simon.La terre de Péruwelz est une des quarante-quatre baronnies que comptait le Hainaut. Par le traité de Chambord de 1669, obtenu de Louis XIV, conquérant de la région, Péruwelz fut détaché de la châtellenie d'Ath et rattaché aux États du Tournaisis. La localité fit retour au Hainaut dès le Traité de Nimègue du 17 septembre 1678. En 1907, la ville fut amputée d'une partie de son territoire qui constitua désormais, avec un morceau de Blaton, la nouvelle commune de Bon-Secours.
La commune fut essentiellement agricole jusqu'au XVIIIème siècle où elle s'industrialisa et se livra au commerce et vit, de ce fait, sa population fortement augmenter. En 1698, on comptait 240 foyers et en 1788, 871. Certains expliquent ce développement économique et démographique par le succès toujours croissant du pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Secours, fondé au début du XVIIème siècle. La guerre de succession d'Autriche dont souffrit la région en 1744 n'entrava pas ce développement. Durant la seconde moitié du siècle, Péruwelz compta plus d'une vingtaine de fabriques de bas qui donnaient du travail à seize ou dix-sept mille personnes tant fouleurs que peigneurs, teinturiers et tricoteurs.Évolution de la population: 1801: 5.302 (avec une partie de Bon-Secours); 1846: 7.510 (avec une partie de Bon-Secours); 1910: 8.097; 1961: 7.668; 1976: 8.183; 1977: 17.101.
(Source: S. PHILIPPART, "Péruwelz au fil du temps...", Péruwelz, 1973-1978; "Communes de Belgique, dictionnaire d'histoire et de géographie administrative", Crédit communal de Belgique, Réalisation La Renaissance du Livre, 1983) -
http://freepages.genealogy.rootsweb.ancestry.com/~delcadan/popp/pdf/peruwelz.pdf

3.2.7 - Saint-Amand (Sint-Amands)

3.2.8 - Saint-Amand (Fleurus)

Le village de Saint-Amand au Moyen-Age regroupait plusieurs Hameaux et Seigneuries. Devenues plus tard deux principales entités bien distinctes.
Le LONGPRE reste un hameau indépendant.
La première, était la partie Brigode (ancienne maison communale et environs) sans le quartier dit du Long-pré
La deuxième est le quartier de l’église de Saint-Amand.
Au cours des siècles, le coeur des villageois vacille entre l’appellation Brigode au 13e siècle, Saint-Amand-Brigode et Saint-Amand nom que la commune prendra par la suite.
Depuis 1977 le village de Saint-Amand fait partie de l’entité de Fleurus.
OCTF - Rue de la Virginette 2 - 6220 Fleurus

 4 - A U T R E S . P A Y S . Q U E . J ' A I M E . ( E U R O P E )

 4.1 - ALLEMAGNE

Ce pays fabuleux vaut vraiment la peine d'être visité mais je n'ai pas eu la chance de beaucoup en voir. La première fois que j'ai quitté la Belgique pour un autre pays, c'était à l'âge de onze ans et l'Allemagne fut donc le tout premier pays étranger que j'ai découvert. Nous étions en 1955 à l'époque des vacances et mes parents avait accepté de me confier à l'abbé Michiels, professeur à l'Institut Saint Boniface, pour un voyage et un séjour en Suisse de quinze jours avec d'autres élèves de mon âge. Il s'agissait d'un voyage par étapes et je me souviens encore très bien du parcours avec l"abbé Michiels, revêtu de son Clergyman, au volant de sa 4CV (Renaut) avec 2 autres camarades qui nous accompagnaient, nos bagages sur le toit et des arrêts pour visiter Aix-la-Chapelle, Cologne (la Cathédrale), voir les chutes du Rhein et surtout la traversée de la forêt noire et la vision des châteaux dignes de véritables contes de fée. Ces souvenirs sont bien gravés en mémoire mais j'en ai sûrement oublié tous les détails. Ce voyage s'est poursuivi jusqu'à notre destination de Klosters en Suisse.

Il a fallu attendre 1972, à la fin du printemps, pour que j'y retourne, direction Munich par Lufthansa. Il s'agissait d'une mission pour le compte d'Avon Cosmetics pour qui je travaillais à l'époque en tant que directeur de Marketing, mission qui consistait à former mes collègues allemands des techniques de traitement multilingues dans la production des imprimés promotionnels et spécialement des brochures et catalogues de produits afin qu'il prennent en charge cette production ultérieurement lors de leur transfert au centre marketing Europe de Londres. J'avais en effet refusé la place qu'on m'offrait à Londres pour des questions personnelles incompatibles avec un transfert de toute ma famille dans ce pays. Durant trois semaines j'ai fait des allers-retours Bruxelles-Francfort-Main-Munich avec la peur de ma vie lors des décollages et atterrissage de ces zincs commerciaux pilotés par des jeunes pilotes formés par d"anciens pilotes de chasse et qui avaient adopté une technique particulière de pilotage pour les manoeuvres de décollage et d'atterrissage, technique qui s'imposait par le trafic intense qui caractérisait l'aéroport de Francfort-Main, aéroport qui, à l'époque, était connu pour être le plus important au monde du point de vue du trafic. Cette technique était simple : les temps de décollage et d'atterrissage devaient être réduits à leur strict minimum et les pistes devaient être libérées au plus vite pour faire place aux autre avions. Sans cela c'était le carrousel infernal dans les airs comme ce fut quelques fois le cas à maintes reprises à cause des pilotes d'autres compagnies qui n'étaient pas formés à cette technique.
En bref, j'ai retenu seulement qu'au décollage les moteurs étaient poussés à fond et que nous décollions seulement après une dizaine de secondes de déplacement sur la piste et que lors de l'atterrissage, après quelques tours autour de l'aéroport pour l'attente d'une piste libre, l'avion descendait presque en piqué puis se redressait à la dernière seconde au moment de toucher le sol et le contact fut immédiatement suivi par la mise des réacteurs en retro-freinage pour bloquer net quelques dizaines de mètres plus loin comme si nous atterrissions sur un porte*avion mais sans les élastiques. J'ai vécu au total 8 atterrissages et 8 décollages à Francfort et la moitié à Bruxelles et à Munich.
Arrivé à Munich, je descendais à l'Hôtel Holliday Inn "The Yellow Submarine" qui faisait aussi Discothèque. A cette époque, j'ai eu l'occasion de faire plusieurs fois le tour de la ville et de voir la construction du Futur stade olympique qui fut cinq mois plus tard le théâtre de ce fameux drame lié à l'attentat des terroristes de l'OLP. La ville de Munich ne me semblait pas très accueillante les immeubles, reconstruits en hâte par l'armée américaine lors de son occupation après les évènements que l'on connait en 1945 se soldant par de nombreux bombardements de l'aviation alliée et particulièrement les anglais, qui détruisirent en grande partie la ville mais laissant quelques constructions historique miraculeusement ou volontairement épargnées. Les immeubles étaient reconstruits à l'économie ressemblant davantage à des bunkers à fenêtre qu'aux beaux immeubles à appartements de nos contrées ressemblant aussi aux HLM des années 60 en France mais sans la couleur. Les revêtement style béton leur donnait un caractère assez impersonnel. Par contre la vieille ville était animée, il y avait des musiciens dans les rues et des terrasses remplies de gens. Il y avait l'embarras du choix pour les tavernes et cafés où l'on pouvait boire de la bonne bière de Munich à volonté pour pas très cher ainsi que les Boxons et buis-buis de tout genre dont je ne suis vraiment pas un habitué et donc que je n'ai pas exploré. La discothèque de l'Hotel donnait de la musique des années 60 à gogo et j'y était pratiquement tous les soirs avec un collègue d'Avon venant de Londres pour une autre mission.
Je suis repassé à Francfort et à Munich mais en voiture cette fois en 1973 sur le trajet de retour de vacances avec ma femme et mes enfants après trois semaines de congés bien mérités.J'ai pu voir alors la ville de Francfort par la route mais ce n'était qu'une traversée et je n'en ai gardé aucun souvenir.Dans les années 70, je suis allé encore deux fois en vacances en Italie en passant par l'Allemagne pour la traverser simplement sur les autoroutes.Ce qui était particulier en Allemagne c'était le réseau routier, en rien semblable à ce que l'on connaissait en Belgique. Autoroutes en très bon état, propres, avec aires de repos, stations et tout le toutim : c'était étonnant pour l'époque. Aujourd'hui on ne s'en étonne plus car c'est à peu près comme cela dans tout l'Europe ... sauf en Belgique peut-être.Je suis encore allé en Allemagne.mais en traversée toujours, en car, avec des confrères distributeurs des produits Bang&Olufsen, pour un séjour de 2 jours aux usines au Nord du Danemark.Enfin, un congrès international sur la téléphonie organisé en 2006 par l'opérateur international ACN m'a amené une nouvelle et dernière fois à Munich, invité par un ami, j'y suis allé en voiture et suis resté à Munich durant quatre jours où j'ai également logé à l'hôtel dans le centre de la ville. J'ai eu l'occasion de passer une journée pour la visite de la ville, complètement transformé depuis le années 70. Le Congrès se donnait dans une des salles aménagée pour des évènements de grande ampleur (environ 5000 participants) sur l'ancien site des J.O. de 1972, transformé en immense parc et bâtiments pour évènements avec grands parkings. Les immeubles avaient changé de look entre-temps. La ville était vraiment différente, plus animée bien sûr. J'y ai passé quatre jours fantastiques dont je garde un excellent souvenir. La Bavière est vraiment un très beau pays, j'ai pu la découvrir avec calme et savourer la joie de vivre de ses habitants, de deux à trois générations d'après guerre.Pourtant je n'irai jamais en Allemagne pour passer des vacances.J'allais oublier un détail, un tout petit village sur la frontière belgo-allemande, en bordure des Hautes-Fagne : Monjoie ou Monschau.J'y suis allé une première fois avec mon épouse Yvette et y ai logé une nuit et puis encore à trois quatre reprises avec des amis, car ce petit bourg est vraiment agréable pour y passer quelques heures ou même un séjour de deux à trois jours. Des rues anciennes et étroites et leur maisons typique à colombages aux toitures couverts d'ardoises authentiques, nous fait rêver comme si ce village n'avait jamais souffert par le temps ou alors comme si nous avions remonté le temps car aucune voiture n'y est autorisée et les véhicules de transport seulement sur une durée limitée tôt le matin.. Tous les balcons sont fleuris en permanence, les fontaines crachent puissamment leurs jets d'eau claire et fraîche qui semblent sortir de la terre comme par miracle. Une sympathique rivière, la Roer, traverse le village d'une eau énergique et claire sans signe de pollution quelconque. Le village est construit sur les pans de la vallée de part et d'autre de la rivière, traversée par deux ou trois ponts de construction ancienne. L'ensemble du village semble être construit à une même époque, celle du château qui le domine. On se croirait au Moyen-[Age des années 1200 et quelques, si les habits portés par les gens qui y habitent n'étaient pas si proches de notre époque. Montjoie (appellation française) est un village qu'il faut aller visiter au moins une fois dans sa vie. Moi, j'y retournerai encore volontiers passer la journée.

 4.2 - ANGLETERRE

 4.3 - AUTRICHE

 4.4 - ESPAGNE, BALÉARES, CANARIES

 4.5 - FRANCE

 4.5.1 - Mon histoire d'amour avec la France

De tous les pays étrangers, la France a toujours occupé ma préférence. Dieu seul sait dire pourquoi ou comment. Certes c'est le pays que j'ai le plus visité pour des raisons très diverses :
- Une partie de ma famille y réside cousins, cousins, oncles et tantes, neveux et nièces.
- Tous mes camps scouts se sont déroulés en France
- De nombreux déplacements professionnels,
- J'ai dirigé un club dont une grande partie des membres sont français et bon nombre des activités s'y sont déroulées.
- Un extraordinaire tour de France en stop avec mon ami Paul Luyten qui est devenu mon beau-frère
- Des vacances de rêve dans le midi
- Les excursions partant de la côte belge vers les côtes françaises jusqu'au Cap Blanc-Nez et Gris-Nez
- De nombreux contacts avec des françaises et des français qui sont devenus de véritables amis.
- Je suis tombé dans la marmite de la potion d'amour de la France (j'aimerais aussi tomber dans celle de mes amis Astérix et Obélix que j'adore)

4.5.1.1 - Ma famille de France

1. Ma nièce Nathalie Daeleman (fille de mon frère Philippe e t de sa première épouse Jeannine Renaux) a épousé Patrick Legru originaire du Nord, et résident avec leurs enfants à Milizac dans le Finistère en Bretagne.

2. Léa Djian, cousine de mon père René alla s'installer avec son second mari Jules Van De Capelle dans le sud de la France. Peu avant la mort de Léa, ma nièce Clairanne et sa famille sont allés leur rendre visite en se déplaçant pour leurs vacances d'été

3. Ma cousine Monique Daeleman, est allée s'installer en France, après son divorce avec ses trois enfants Sabine, Olivier et Thierry. Sabine et Olivier se sont mariés et résident en France avec leur famille respective. En septembre 2003, Monique ses remariée avec son Jean-Pierre Chabal, son compagnon, entourée de toute sa famille, à Mougins et je faisait partie des heureux convives. Leur résidence se situe à Montaurous.

4. Ma cousine Annie Godrie, née à Saint-Saulve dans le Nord (Famille Lentrebecq de Hergnies) réside actuellement à Parassy dans le Cher.

5. Lucienne Luyten, ma belle-soeur (soeur de Paul Luyten qui a épousé ma soeur Claire) réside dans le département de la Moselle ainsi que ses enfants et petits-enfants

6. Paul Luyten, divorcé de ma soeur Claire vit actuellement avec sa compagne Monique à Remuzat à proximite de la famille de sa tante Maria Luyten ainsi que les enfants et petits enfants de ceux-ci. Une autre de ses tantes réside à Grazac ainsi que ses enfants et petits enfants.

4.5.1.2 - Mes camps scouts en France (tous)

1. En 1958 à Fontaine-Henry (Calvados - Basse-Normandie)
2. En 1959 à Châtillon-sur-Lison (Doubs - Franch-Comté)
3. En 1960 à Châtel (Haute-Savoie - Rhône-Alpes)
4. En 1961 à Rupt-sur-Moselle (Vosges - Lorraine)
5. En 1962 à Loctudy (Finistère - Bretagne)
6. En 1963 à Terrou (Lot - Midi-Pyrénées)

 4.5.2 - Localités de France

4.5.2.1 - Hergnies (Nord 59)

Hergnies est le berceau de mes ancêtres côté maternel et particulièrement de Lenterbecq, Lentrebecq, Lenterbecq et de leur familles apparentées qui réunit un très grand nombre d'individus.

Il se dégage une impression de sérénité dans ce village dont certains habitants affirment qu'il est aussi vieux que Paris.
En effet les Celtes s'y installèrent dès l'âge de Bronze avant les Nerviens 250 ans avant JC.
Ce fut ensuite le tour des Romains puis des Francs Saliens.
En 1558, Hergnies appartenait à la seigneurie de Condé, dite du château, et Charles de Lalaing en fit l'acquisition.
Village des Pays-Bas (espagnols), Hergnies est conquis par Louis XIV en 1676 et rattaché au royaume de France en 1678 par le traité de Nimègue.
Le nom d'Hergnies vient, dit-on, du celtique qui signifie "demeure des guerriers".
Hergnies se niche au cœur de l'espace naturel régional de la Scarpe et de l'Escaut dans le Nord de la France, c'est le premier des parcs créés en France en 1968. Il fait aussi partie du parc transfrontalier.
Depuis 1999, Hergnies fait partie de la Communauté d'Agglomération de Valenciennes (Valenciennes Métropole).
Les habitants d'Hergnies, les Hergnisiens sont aussi appelés les "Culs d'Oson". Cette appellation remonte à l'époque où les oies étaient habituellement mises en pâture dans un marais qui était situé à l'emplacement actuel de la place de la République.
En 1103 la ville s'appelait Heregnys, en 1196 Heregnies, en 1286 Herignies, d'autre appellations comme Haregny, Haregny ou Hargny puis Hergnye sont présentes dans différents cartuaires, elle acquiert son nom actuel au début du XIXème siècle.
Au XVème et XVIème siècle, Hergnies faisait partie de la Châtellenie d'Ath (prévôté de Valenciennes) dans le Comté du Hainaut, à la frontière du Comté de Flandre.
Hergnies conserve des traces de son passé minier au travers de la base nautique d'Amaury. La fosse Amaury à été exploitée de 1834 à 1912, détruite par les allemands en 1918 elle se transforme peu à peu en un plan d'eau de 50ha suite à un affaissement minier.
Le blason d'Hergnies est dit "de Gueules à 10 losanges accolés et aboutés d'argent, 3, 3, 3 et 1".
Voir aussi : http://www.la-basse-cour-du-nord.fr/page_hergnies.html

4.5.2.2 - Vieux-Condé

4.5.2.3 - Condé-sur-l'Escaut

4.5.2.4 - Valenciennes

==== Hombourg (Moselle 57)

Maires, maître-échevins et édiles de toute nature
Le premier maire connu de Hombourg est Hansel PREDIGER, en fonction en 1448. Évoquons aussi Peter WEBER en 1527, Hans SCHUMACHER en 1530 et Thill MULLER , maire en 1561.
C est à Jean DERRIEUX, ingénieur des houillères originaire de la ricamarie, que revient la palme. Il présida aux communes pendant 34 ans, de 1937 à 1971. Sans avoir été suspendu, quand Jean DERBACH fut installé par les Allemands de 1940 à 1945. Durant ses mandats successifs se développa le Hombourg moderne qui passa de 2.436 habitants en 1946 à 10.571 âmes en 1968.
Pour un autre très long mandat, il faut remonter au XIXème siècle avec Théodore d'HAUSEN, maître de forge, qui exerça un mandat ininterrompu de près de 20 ans de 1852 à 1871, avec Jean GILLET en fonction pendant 18 ans de 1813 à 1831 et avec Antoine PAQUE, maire pendant 16 ans de 1871 à 1879 puis de 1881 a 1889. Ensuite, au XXème siècle avec Jean-Loup SCHOULLER fut maire durant 18 ans de 1983 à 2001.


Partie en construction

 4.6 - ITALIE

 4.7 - PAYS-BAS

 4.8 - SUISSE

 5 - PATRONYMES

 5.1 - Les titres de noblesse

En France, l'abolition de la noblesse hériditaire date de 1790. Bien entendu, il a existé la noblesse d'empire, la Restauration et la monarchie de juillet. Mais en 1848, est décrété l'abolition définitive des titres de noblesse. Voilà pour les dates.
Comte — du latin comes, « commis » dont l'accusatif comitem signifie "compagnon", puis plus tard "compagnon de l'empereur, délégué de l'empereur"— est un titre de noblesse dont l'origine remonte aux premiers empereurs romains. Il s'agit du plus ancien titre de haute noblesse conféré en Europe et toujours d'un des plus élevé de la hiérarchie nobiliaire européenne.
En France, sous l'Ancien Régime, la dignité des titres dépendait de leur ancienneté, tous titres confondus (sauf celui de duc traditionnellement conféré aux anciennes familles souveraines qui conservaient donc une préséance) tandis que leur hiérarchie dépendait des hommages. Pourtant, le XIXe siècle inventa une hiérarchie nobiliaire divergente, la dignité de comte y est conçue comme précédée de celles de duc et de marquis et suivit par celles de vicomte et de baron.
Ces représentations hiérarchique diffèrent non seulement dans le temps, mais également d'un pays à l'autre. Par exemple, la Noblesse autrichienne considère le titre de Graf/comte comme le second rang le plus élevé de sa hiérarchie nobiliaire, suivant immédiatement celui de Furst/prince, tout deux constituant la Haute Noblesse de l'Empire (Hoher Adle).
En Belgique, le titre de comte - comtesse pour une femme - se situe comme en France entre ceux de vicomte et de marquis. Il est le titre le plus élevé octroyé par le roi des Belges à un non-noble ou à une personne de moindre noblesse. Les titres supérieurs (marquis, duc et prince) ne sont en principe concédés qu'à des aristocrates dont la famille détenait déjà un tel titre avant l'indépendance de la Belgique (1830) ou plus généralement à des familles de noblesse étrangère admises dans la noblesse belge et déjà décorées dudit titre par un autre monarque
Voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Noblesse

Transmission du titre et de la noblesse
Eric Dumoulin le Mar 31 Aoû - 10:30

Vous en conviendrez, les titres sont une chose et la noblesse en est une autre. Les premiers sont une distinction, la seconde un état et une qualité.
En France, la transmission de la noblesse obéit des règles peu nombreuses, aussi simples que précises : la noblesse passe du père à l’enfant mâle, né légitimement et naturellement.
La filiation est donc exclusivement masculine (sauf dans le cas de quelques dispositions juridiques locales qu’illustrent, par exemple, le droit breton – jusqu’à la fin de l’indépendance en 1552, le trône ducal pouvait revenir à l’enfant d’une fille s’il n’y avait pas d’héritier mâle -, ou celui de certaines provinces de l’Est de la France, héritières de traditions particulières du Saint Empire romain germanique). En règle générale, la noblesse française se prolonge de mâle en mâle et la qualité de la mère n’y change rien : si elle est de bonne maison, tant mieux pour l’éclat de la famille ; si elle issue de la roture, elle devient noble automatiquement et le reste après son veuvage. En revanche, la fille noble de naissance mariée à un roturier ne fera que des enfants roturiers.
Le seul mariage légitime dans l’ancienne France est en principe religieux et catholique, exception faite d’une période de moins d’un siècle qui autorise le mariage protestant. Il faut donc qu’un enfant noble naisse dans ce cadre. Mais il ne sera pas déchu si, né hors mariage de parents libres alors de tout engagement matrimonial, ceux-ci régularisent ultérieurement leur union. Les bâtards, en revanche, depuis 1600, ne sont pas reconnus nobles même s’ils sont légitimés. Quelques arguments « royaux » viennent cependant nuancer cette réglementation.
Source : « La Noblesse en France » de Pierre-Gabriel de La Guette et Marc Déceneux.

Si les titres dont la transmission suit les règles édictées sous l'Ancien Régime (la noblesse passe du père à l’enfant mâle, né légitimement et naturellement) sont les seuls portés légalement, les autres sont considérés, quelle que soit leur origine, comme des titres de « courtoisie ».
Il faut savoir qu'il est courant aujourd'hui, dans une noblesse qui ne se renouvelle plus, d'élargir le port du titre à tous les membres masculins de la famille en y ajoutant leur prénom.
Par révérence envers les titres de duc ou de marquis qui doivent rester uniques, cet usage ne s'applique pas à ces deux titres : les cadets des familles ducales, comme celles dont l'aîné est marquis, déclinent directement leur titre en comte.
Par ailleurs, en France, l'ancien titre de chevalier étant tombé en désuétude au cours du XIXe siècle, certaines familles se parent désormais du titre de comte ou de baron. Cet usage, développé récemment, est purement mondain, d'où aussi l'appellation de « courtoisie ».
Un usage issu de la hiérarchie nobiliaire de l'Empire et admis à la Restauration, observé encore dans certaines familles, admettait une plus stricte déclinaison des titres : le fils aîné d'un marquis portait le titre de comte, le fils puîné vicomte, le cadet baron, etc. Les branches cadettes, ne portant pas toujours un titre en propre, gardaient alors leur seule qualité de noblesse.
En résumé, le titre porté par l'aîné, s'il est authentique, est en France le seul susceptible d'être reconnu par le ministère de la Justice pour être mentionné à l'état civil.

En Belgique - En 2008, la Belgique est l'un des rares pays où se pratique encore l'anoblissement, prérogative exclusive du roi. Cet anoblissement tend à récompenser des personnes ayant fait valoir des mérites particuliers dans la politique, les arts, les sciences, l'économie, le domaine social ou le service de l'État; cet anoblissement se compare donc, mutatis mutandis, aux distinctions prestigieuses en France (Légion d'honneur). Il appartient au roi de décider des règles de transmission des titres qu'il confère; en général, si la concession de noblesse est presque toujours héréditaire, les titres héréditaires deviennent rares.
L'usage de courtoisie des titres comme en France n'est pas d'application.
Aucune règle fixe ne permet de connaître à coup sûr le titre d'un membre d'une famille titrée : certaines familles dont le chef est comte ont des enfants sans titres, d'autres familles voient tous leurs membres porter le même titre.

En Espagne - Historiquement, la préférence lors de la succession d'un titre correspondait à la ligne masculine. Depuis le 18 octobre 2005, un décret donne la préférence à l'aîné des enfants, qu’il soit garçon ou fille. Les enfants des personnes ayant un titre sont nommés hijodalgos (fils d'un hidalgo). Ceux-ci sont réunis dans l'Association de Hijodalgos de España dont le président honoraire est le roi d'Espagne.

Au Portugal - La noblesse n'est pas une institution de droit public. La noblesse est transmissible héréditairement par le père comme par la mère et, en principe, peut se transmettre aux enfants illégitimes.

Au Royaume-Uni et dans plusieurs pays membres du Commonwealth, la noblesse est une institution de droit public. Le droit civil n'est pas en contradiction avec le droit nobiliaire. La noblesse est transmissible par filiation légitime d'un père noble. Elle n'est pas transmissible aux enfants illégitimes au légitimés. En l'absence de frère, la jeune fille noble ainée peut se constituer comme chef de nom et d'armes de sa famille.
La noblesse ou le titre de noblesse accordé à "titre personnel" n'est pas transmissible.
La noblesse comme le titre ne sont pas transmissibles par adoption.
Certains brefs ont prévus des clauses particulières de transmission ou de réversion. À titre d'exemple, on peut citer le cas de titres accordés à des femmes et transmissibles à un fils ou à un neveu.
À noter que le Royaume-Uni a deux termes, là où il n'y en a qu'un seul sur le continent : nobility (la pairie) pour la noblesse titrée et gentry pour la noblesse non titrée.
La pairie ne se transmet pas systématiquement, et le titre n'étant porté strictement que par le chef de famille; ses enfants, dans le cas des pairs, ont cependant droit à des titres honorifiques. Des nuances liées au titre du pair, au rang de l'enfant, au statut de l'épouse (remariage, par exemple) foisonnent. Le fils aîné d'un duc, d'un marquis ou d'un comte porte un des titres de son père, habituellement le plus élevé (marquis pour duc, comte pour marquis etc). Si le père n'a pas d'autre titre, un titre inventé est porté par le fils dans quelques rares cas (ce n'est en aucun cas une généralité). Les filles d'un duc, d'un marquis ou d'un comte portent devant leur prénom le titre de lady. Les fils cadets d'un duc ou d'un marquis portent devant leur prénom le titre de lord. Les fils cadets d'un comte, d'un vicomte ou d'un baron et les filles d'un vicomte ou d'un baron portent devant leur prénom le titre de Honorable.
Source : CILANE (Commission d'information et de liaison des associations nobles d'Europe)

Au Canada - Bien que la Résolution Nickle, votée par le Gouvernement du Canada en 1919, a pour effet de mettre fin à l'attribution de titre honorifique à des Canadiens, il n'y a rien dans la Constitution actuelle qui limite le port ou la transmission d'un titre héréditaire et de la qualité de noblesse attribués avant cette date.
En fait, la Couronne canadienne refuse de légiférer sur la question. La noblesse n'ayant plus d'existence légale au Canada, les titres de noblesse (même reconnus par Sa Majesté) ne peuvent figurer ni à l'état civil ni dans les actes officiels. Ils sont parfois tolérés dans certains documents administratifs et dans la vie professionnelle. Leur usage est surtout limité aux relations en société.
Influencé par la France, l'Angleterre et l'Espagne, le port des titres de noblesse (ainsi que leur transmission) au Canada obéit à des règles qui ont évolué dans tous les sens depuis la colonisation. Il est maintenant libre de tout contrôle dans la mesure où les titres ne sont pas disputés.
Saviez-vous que la Couronne britannique a reconnu certains titres attribués par les souverains français à des colons de Nouvelle-France? Tel est le cas du titre de baron de Longueuil, reconnu par la reine Victoria en 1881 et porté aujourd'hui par Michael Grant, un cousin. Par ailleurs, en raison du lourd tribut en vies humaines qu’eut à payer la famille Le Moyne de Longueuil, au point que la descendance mâle ne fut plus assurée, il faut savoir que le titre de baron de Longueuil devint "transmissible par les femmes" afin qu’il ne s’éteignît pas.

Au 21e siècle, on constate que la noblesse n’est pas qu'une affaire de titre. C'est avant tout un état et une qualité morale qui peut et doit se transmettre, comme le nom de famille, de génération en génération... aux filles comme aux garçons et à l'ensemble de leur progéniture.______________________________Eric Dumoulin, Ec.http://gazaillegen.forumdediscussions.com/t261-la-noblesse-en-nouvelle-france-et-en-europe#2490

La transmission de la noblesse
par Jkvr Doris Glénisson, dimanche 18 juillet 2010, 11:49

La présente étude se réduit à la transmission de la noblesse par la naissance, par mariage et par adoption, et exclut donc la question des concessions et reconnaissances de noblesse par un souverain. Rappelons néanmoins que la noblesse ne s'achète pas et que s'il est en effet possible de faire l'acquisition dans des officines spécialisées en Grande Bretagne de "titres" de "Lord du Manoir" ceux-ci, bien que transmissibles à la descendance comme "accessoires du nom" , sont dépourvus de toute noblesse.

Transmission de la noblesse par la naissance

Dans presque toute l'Europe (dont la France, la Belgique, la Suisse et les Pays-Bas), la noblesse et le titre héréditaire se transmettent exclusivement par le père. Un enfant né de mère noble et de père roturier ne peut donc en aucun cas prétendre à la noblesse ou au titre. Il existe néanmoins certaines exceptions. Pour exemple, en Espagne, le conjoint d'une femme possédant un titre a le droit de l'utiliser pendant qu'ils reste marié ou veuf sans célébrer un nouveau mariage. Au Portugal, la noblesse peut se transmettre par les femmes.
Le mariage des parents est indispensable à la transmission de la noblesse, sauf en Espagne, au Portugal et aux Pays-Bas, où les enfants nés hors mariage d'un père noble peuvent prétendre à la noblesse simple à condition d'être reconnus par ce dernier.
En revanche, les enfants légitimés par le mariage de leurs parents postérieurement à leur naissance, peuvent partout et à bon droit prétendre à la noblesse.
Les textes présidant à la transmission de la noblesse, posent l'exigence d'un "légitime mariage", c'est-à-dire un mariage ayant valeur légale. Sous l'ancien régime, il s'agissait évidemment du mariage religieux (position maintenue par l'ANF), le mariage civil n'existant pas. De nos jours, seul le mariage civil a valeur légale.

Transmission de la noblesse par le mariage

En Belgique et aux Pays-Bas, le mariage ne transmet pas la noblesse. Pour exemple, une roturière qui épouse un prince belge, reste néanmoins définitivement roturière, et en est réduite à porter le titre de son époux comme titre de courtoisie. En Espagne, la noblesse ne s'acquiert pas non plus par le mariage.
Dans la plupart des autres pays d'Europe, la noblesse se transmet par le mariage. Il nous semble qu'en France, seul un mariage religieux (chrétien) pourrait permettre de transmettre la noblesse, suivant l'ANF.

Perte de la noblesse par le mariage

La femme née noble qui épouse un roturier perd sa noblesse jusqu'à son veuvage ou son divorce. On dit que sa noblesse "dort".
Pour exemple, une baronne belge qui épouse un roturier, perd sa noblesse.
Une solution pour une noble belge qui voudrait contractualiser son union avec un roturier sans perdre sa noblesse serait peut-être le PACS français.
Il existe des exceptions à cette perte de la noblesse par l'épouse du roturier : le Royaume-Uni et la Russie.

Transmission de la noblesse par adoption

En Belgique et aux Pays-Bas, la noblesse est transmissible par adoption plénière. En France, les titres (mais non la noblesse) sont transmissibles par l'adoption plénière, notamment, grâce à la loi du 11 juillet 1966.
Ailleurs qu'en Belgique et aux Pays-Bas, (en France notamment), la transmission de la noblesse par adoption est exclue.

Perte de la noblesse par le divorce, le veuvage ou le remariage

Dans tous les pays, la noblesse acquise par une roturière lors du mariage ne se perd pas lors du veuvage, sauf remariage avec un roturier.
Les positions divergent pour ce qui concerne le divorce. En Italie et aux Pays-Bas, le divorce entraîne de facto, pour l'ex-épouse, la perte de la noblesse acquise par le mariage. Au contraire, au Royaume-Uni et en Russie, la noblesse acquise par le mariage est définitive. Dans les autres pays d'Europe, l'épouse divorcée ne perd généralement la noblesse acquise qu'en cas de remariage avec un roturier.
Rappelons qu'en Belgique et aux Pays-Bas, le mariage ne transmet pas la noblesse à l'épouse roturière.

Par Doris Glénisson, DESS de Droit, MBA
Sources : Institution Saint Georges pour la noblesse, Wikipedia

 5.2 - Daeleman

Variantes : Daeleman, Daleman, Daelman, Dalleman, Daelemans, Dalemans, Daelmans, Dallemans.
Vient du mot "dael" ou "daal" ou dal" qui signifie "vallée" et du mot "man" qui signifie "Homme". Il veut dire donc "Homme de la vallée".
Célébrités :
Philippe DAELMAN, 2ème cuisinier du vapeur belge Léopold II, bâtiment de la marine marchande. Il comptait parmi les 36 marins disparus et considérés comme morts le 23 décembre 1941 dans le naufrage de celui-ci, vers 2h15 du matin, alors qu'il faisait route depuis son ancrage à Méthil en direction de la Tamise en longeant la côte est d'Angleterre, des suites d'un bombardement par les allemands. Il fut considéré comme martyr, au même titre que les résistants, soldats et prisonniers politiques et tous les autres marins de la marine marchande tués ou disparus lors de ce confilt mondial 1939-1945 alors qu'ils luttaient et combattaient sans interruption pour la liberté de nos compatriotes.
Source : http://www.francaislibres.net/pages/sujet.php?id=leopold&su=72

 5.3 - Lantrebecq

Variantes : Lentrebecq, Lentrebecque, L'Entrebecq, Dentrebecq, Lenterbeck, Lenterbecq.

 5.4 - Calvaer

 5.5 - Hallez

Nom dérivé du franc " halla" qui veut dire entrepôt ou marché et qui a donné hall en anglais, halle en allemand. La branche de Thulin est sans doute issue d'une des familles bourgeoises de Mons ou de Valenciennes. Son implantation à Thulin ne remonte pas avant les premières années du XVIIe siècle. Les Hallez portent des fleurs de lys, privilège royal accordé exceptionnellement (aux verriers et aux tisserands, entre autres) S'il n'est pas forcément un signe nobiliaire, il témoigne cependant de l'ancienneté de la phratrie, puisqu'elle remonte au Moyen-Age. Ils portent aussi une tête de chien: sans doute, pour évoquer la fidélité et la bonté.

 5.6 - Patoux

Variantes : Patoux, Patout, Patou.

 5.7 - Stévenart

Variantes : Stévenart, Stevanart, Stevenard, Stiévenart, Estiévenart, Stievenart, Stievenaert, Stiévenard.

 5.8 - Vanderhaegen

Variantes : Vanderhaegen, Vander Haegen, Van der Haegen, Vander Haege, Van der Haege, Verhaegen.

 5.9 - Semoulin

Variantes : Semoulin, Saint-Moulin, de Saint-Moulin, Sinmoulin.

 5.10 - Lecomte

 5.11 - Verhelst

Variantes : Verelst, Vanderhelst, Vanderelst, Vander Helst, Vander Elst, Van der Helst, Van der Elst.
Vient de "Elst" qui signifie "petit bois" ou "bois léger".
(Vlaams Vereniging voor Familiekunde Centrum (VVFC), Familiegeschiedenis, Wolstraat 39, 2000 Antwerpen. Cité par Jean Verhelst dans "Les Verhelst", Page 1

 5.12 - de Haynin

La famille de Haynin fut l'une des plus anciennes familles nobles de Belgique.
Etienne de Denain, chevalier, vivant en l’an 1205, fut l'époux de Rose de Hainaut, dite de Mons, dame de Hainin.
Selon le Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies (volume 19), par Nicolas Viton de Saint-Allais, la famille de Haynin serait « une famille ancienne et illustre dans le Hainaut, qui s'est éteinte dans les deux branches de Wambrechies, qui était l'aînée, et dans celle des Seigneurs du Cornet, qui était la cadette. L'ancienne tradition de cette Maison est de tirer son nom de la Hayne, rivière près de Mons , et d'être cadette des anciens Seigneurs de Denen, actuellement écrit Denain, qui n'est plus aujourd'hui qu'un bourg ou un village ».
Voir le site http://www.genealogieonline.nl/genealogie-finet/I528.php

 5.13 - Asseraf

Variantes : Asseraf, Azeraf, Asraf, Benazeraf, Assaraf, Assarraf, Seraf, Saraffe.
Ce patronyme, essentiellement porté au Maroc et dans l’Oranais, est d’origine arabe. Il signifie “Changeur”, “Financier” et renvoie à la notion de monnaie, donc ce nom désigne probablement celui qui échange de l’argent.
Certains y voient une origine hébraïque dérivée de Séraphim, les Séraphins, anges de la tradition juive.
Célébrités :
Issakhar Assaraf de Salé, fut le Grand rabbin de la communauté marocaine.
Robert Assaraf, fondateur d’“Identité et Dialogue”, auteur d’ouvrages historiques,
Michal Saraf', l’historienne israélienne, spécialiste du judaïsme tunisien.

 6 - BIOGRAPHIES

 6.1 - PAPA ÉCRIT À PROPOS DE SON ENFANCE...

 6.1.1 - INTRODUCTION

Dans un vieil agenda de 1980, papa (René Daeleman) écrivit sur les premiers feuillets le début de sa vie, jusqu'à la fin de son adolescence. Il intitula cet écrit: "Histoire de Bon-Papy Daeleman-Lantrebecq". Ce titre signifiait déjà son intention de dédier cet écrit à ses petits- et arrière-petits-enfants qui l'appelaient ainsi. Vu le style, il s'agissait plus d'une ébauche qu'un stade définitif. Par cet écrit, je pense que papa voulait tout d'abord rassembler ses souvenirs sans vraiment s'occuper du style. (Papa était un poète et écrivait souvent des textes et j'aimerais d'ailleurs bien les rassembler mais je n'en ai aucune trace...). Voici donc le contenu de ces neuf pages. Il est reproduit en caractères italiques-gras tandis que mes notes et commentaires ne le sont pas. L'original est entre les mains précieuses et conservatrices de ma nièce Françoise Brouhier :

 6.1.2 - HISTOIRE DE BON-PAPY DAELEMAN-LANTREBECQ

6.1.2.1 - 1. MON PETIT MONDE D'ENFANCE (titre ajouté)

Je suis né à Uccle le 23 mai 1910. Je n'ai pas connu mon grand-père (Joseph Frédéric Daeleman, mort en 1905) ni ma grand-mère (Hortense Stévenart, morte en 1912) (Ses grands parents maternels sont tous deux décédés en 1910, l'année de sa naissance).
J'ai connu Pachan un vieil artisan menuisier et tante Sidonie, son épouse et aussi Mirette, la famille Verhelst et la famille Éliard de la rue des Deux-Ponts.
(1)
Mes tantes : tante Jeanne, ma marraine
(Jeanne Calvaer), tante Melloul (Anne Dieudonnée Marie Daeleman, soeur de son père et épouse de David Melloul), tante Marie Djian (Rachel * ) (Emma Marie Jeannette Daeleman, autre soeur de son père, qui a épousé David Djian, cousin de David Melloul)
* Papa cite ici "Rachel" comme autre prénom de sa tante Marie mais Rachel est le prénom que sa soeur Anne a adopté lors de son mariage montrant par là son assentiment pour la confession juive de sa belle famille. J'imagine que son prénom Rachel n'était pas utilisé dans la famille Daeleman ce qui explique la confusion de papa).

Mes oncles : Oncle Philippe Scheers (époux de tante Jeanne), oncle Jean Calvaer (frère de tante Jeanne), oncle Melloul (David) (2).
Mes cousines : Léa Melloul, décédée (il s'agit en fait de Sara Melloul car je ne connais pas de Léa chez les Melloul) - Yvonne Melloul - Mélanie Djian, décédée - Léa Djian
Mes cousins : Élie Melloul
(décédé en 1958) - Charles et Élie Djian, tous deux décédés - René Verhelst, le premier époux de Léa Djian, décédé - Jules Van De Capelle son deuxième mari (3).

(1) Pachan n'est probablement pas un patronyme mais un surnom résultant de la contraction de "'Pa" et de "Jean" qui se transforma en Pajan ou Pachan. Ce surnom est sans doute celui que Mirette (Stevenart) donnait à son beau-père Jean (Baptiste) Verhelst, menuisier-ébéniste de métier et qui vécut à Ixelles où il décéda en 1926, le jour de Noël.
Sidonie (Marie Sidonie Stévenart), son épouse, est une parente d'Hortense Stévenart, grand-mère paternelle de papa, décédée en janvier 1915 alors qu'il n'avait que 4 ans et dont il n'avait plus aucun souvenir lorsqu'il écrivait ces lignes. Je n'ai pas pu, à ce jour, établir un lien de parenté mais il s'agit sûrement d'une parente assez proche.
"Mirette" est un surnom qui résulte vraisemblablement d'une première concaténation des diminutifs des prénoms "Marie" et "Henriette" en "Mie" et "Riette", ensuite contracté en "Mirette". Il est à attribuer, je pense, à Marie Joséphine Henriette Nols, l'épouse de Léon Verhelst, fils de Jean (Baptiste) ou "Pachan" et père de Maurice et de René, les deux frères qui ont épousé les deux soeurs respectivement Mélanie et Léa Djian, cousines germaines de papa.
Je n'ai vraiment aucune donnée à propos de la famille Liénard, mes recherches n'ont rien donné à ce jour. Je pense même que ses souvenirs étaient parfois si flous qu'il ait pu confondre Liénard avec Stévenart.

(2) Un oncle manque dans sa liste, c'est l'oncle David Djian, époux de sa tante Marie (Emma), décédé sans doute aussi avant que papa ait atteint 5 ou 6 ans. Sa date de décès n'est pas connue à ce jour.

(3) Il manque ici dans l'énumération des ses cousins, le mari de Mélanie Djian, Maurice Verhelst, qui aura échappé à ses souvenirs car vraisemblablement décédé alors qu'il écrivait ces lignes mais aussi car il ne le connaissait pas vraiment pour ne l'avoir probablement jamais rencontré. Comme dans beaucoup de famille, certaines dissentions planaient entre les familes des deux frères et des deux soeurs. Je ne peux malheureusement en dire plus, faute d'informations fondées.

6.1.2.2 - 2. ENFANCE

École gardienne des Soeurs, rue de la Croix à Ixelles.
Guerre 1914-1918. Rue Souveraine 25 (à Ixelles). Souffrance et aventures de guerre.
École primaire (rue du Berger) - Diplôme primaire et 1 an 4ème degré (avec la plus grande distinction)
Cigarettes Melloul rue Souveraine. Parents expulsés. Nous habitons quelques mois chez Tante Jeanne.
Père : trouver à s'établir comme poëlier-serrurier-ferronier : rue Mercelis 39).
Mère : toujours état maladif, s'occupait quelque peu du ménage.

6.1.2.3 - 3. 2ème ENFANCE ET ADOLESCENCE

3 frères : Marcel, Jean, Albert
Jean et moi étions enfants de choeur : messe à 6h1/4 (soeurs de la compassion et soeurs chaussée d'Ixelles) - plusieurs ????? (illisible)
Communion solennelle. Ensuite, bourse d'études pour Saint-Boniface (Institut études secondaires)
Pendant W.E. et parfois, à d'autres moments, je faisais les courses pour une pâtisserie dans le quartier et surtout avenue Louise (cela me rapportait quelques francs et quelques gâteries).
Souvent j'aidais Père à son travail et, comme il ne savait pas beaucoup écrire, c'est moi qui faisait les mots d'excuses pour l'Institut, mais en laissant des espaces, je m'octroyais (en écrivant entre les lignes) quelques 1/2 jours de liberté surtout en bonne saison pour balader en forêt avec mon ami G. CLUDTS (et sa soeur Hélène). Ne rigolez pas trop, j'avais tout juste quinze ans que j'écrivais aux parents pour demander cette demoiselle en mariage. Enfin, passons, les choses ont bien changé depuis!!!
Scoutisme, les 4 frères ensemble à la troupe Saint Joseph, dépendant de l'église Saint-Boniface. Divers camps et jamborées et sorties en forêt le dimanche. Il faut savoir qu'à la troupe j'étais le porte-drapeau, très fier de sa mission. Également, j'avais une patrouille de petits scouts qui, avec leur chef (Lion), était très souvent à l'honneur et gagnait des fanions distinctifs.
À quatorze ans, fin des études car Père avait de plus en plus de travail et n'en sortait pas tout seul pour exécuter à temps ses commandes et les livrer au bon moment. J'ai dû abandonner les études, bien auregret de mes professeurs (comme de moi-même d'ailleurs).
Pour m'initier davantage à la profession et avoir un bagage supplémentaire, il m'a fallu suivre des cours du soir (après le boulot), de 18h à 21h tous les jours et le dimanche matin de 8h30 à 12h30, des cours de dessin. Servir la messe était toujours le 1er travail (d'ailleurs, il fallait le faire pour avoir son déjeûner chez les soeurs: quelques vieilles croûtes trempées dans du café au lait !!!!)Les corus su soir terminés avec satisfaction à 18 ans, nous avons, le Père et moi, fait d'importants travaux car je savais déjà très bien souder à l'autogène (chalumeaux) et cela remplaçait aussi la forge pour la brasure. Nous habitions alors rue de l'Arbre Bénit où le Père et le Mère avaient monté une petite boutique d'articles de ménage et petite quincaillerie aussi. Nous faisions beaucoup de clés (parfois 6 en 1h.). Le représentant qui nous vendait les cléfs à façonner avait une petite jeune fille, un peu femme (16 ns)? Cela n'empêche qu'elle était arrivée à me plaire et que je lui fit quelque peu la cour, jusqu'au "service militaire"

FIN des écrits dans l'agenda de 1980

 6.2 - MA BIOGRAPHIE

Ici je rassemble mes plus vieux souvenirs d'enfance, ce qui n'est pas facile! Que mes soeurs Anne-Marie et Claire et mon frère cadet Philippe me reprennent si j'ai commis l'une ou l'autre erreur.

 6.2.1 - CAPTIVITÉ

Nous sommes en début 1944, je venais à peine d'être conçu de quelques semaines lorsqu'un matin, des soldats allemands sont venus à la maison rue Sans-Soucis au numéro 5 à Ixelles. Ils ont emmené papa prisonnier suite à un attentat, en mesure de représailles. Maman était bien sûr dans tous ses états, tenant Claire dans ses bras, elle était en larmes et, bien que soumise comme tant d'autres femmes sans moyens de défense devant cet horrible fait, elle n'a pas pour autant été désarmée pour tenter quelque chose. Les voisins d'en face, monsieur et madame Charlet, étaient autant en affaire qu'elle, l'aidant dans ses recherches pour savoir où ils l'avaient emmenés. D'autres femmes de prisonniers emmenés ce jour là comme papa se sont ainsi rassemblées et ont enfin réussi à savoir où les prisonniers se trouvaient. Depuis la capitulation et le début de l'occupation de notre pays par les allemands, papa était revenu à la vie civile comme la plupart des autres hommes qui avaient été rappelés en 1940 pour défendre le pays contre leur invasion. Papa avait 34 ans et je peux bien imaginer le drame que c'était pour lui d'être ainsi séparé de sa femme et de ses enfants. C'était le choc. D'ailleurs, il n'en reparlera plus jamais, ni de son arrestation ni de sa captivité. Les seuls renseignements que j'ai pu obtenir me viennent de maman , d'Anne-Marie qui avait 8 ans à l'époque et de mon regretté frère Jean-Pierre qui en avait 5. Ma soeur Bernadette avait 3 ans et Claire avait à peine un peu plus d'un an.Après les premiers moments de choc, les épouses se réunissent un peu encouragées par maman qui n'a pas manqué de rester très positive (je dois bien tenir cela d'elle) et décident de faire des démarches auprès des autorités pour obtenir la faveur de pouvoir rendre visite à leurs malheureux époux. J'ignore combien ils étaient : vingt à trente il me semble. Ce qui fut accepté, bien sûr dans des conditions très strictes. Maman avait réussi à obtenir la faveur de pouvoir tendre à papa sa fille Claire qu'elle tenait dans les bras afin de lui permettre de l'embrasser. C'est alors qu'elle lui transmis en même temps un petit papier, un petit mot d'amour et de soutien moral, comme elle pouvait si bien le faire.Papa et tout le groupe fut ensuite envoyé par train en Allemagne, destination inconnue. Le départ a pu se faire en présence des proches qui se tenaient derrière les barreaux de la barricade qui les séparait des prisonniers et du train. Elle put donc lui faire un dernier adieu avec ses quatre enfants et moi dans son ventre.Papa a été retenu prisonnier STO dans le Stalag II C à Greifswald en Poméranie. Il y restera jusqu'à la fin de la guerre dans des conditions qu'on connait aujourd'hui à travers les nombreux témoignages écrits par des prisonniers eux-mêmes. La faim, les mauvais traitements, la démoralisation, les privations de tous genre et le manque d'hygiène faisaient partie de leur quotidien et la mort était toujours présente à travers les amis qui succombèrent les uns après les autres et enterrés dans des fosses communes.Entretemps, ma mère me mit au monde, en siège m'a-t'on dit, sans photos ni grand monde autour pour venir m'admirer... Mais l'amour de maman remplaçait bien ce manque. J'étais son petit homme, son petit dernier, pour qui elle ne tarissait pas de marques d'affection. J'avais une grande place dans son coeur car en plus, c'était un peu son amour pour papa qu'elle transposait en moi.

 6.2.2 - Mes premières années

Comme beaucoup, je n'ai guère de souvenirs de mes 3, 4 premières années. Le plus éloigné fut certainement celui gravé au plus profond de moi-même, celui de ma rencontre avec mon père en mai 1945, j'avais quelques mois. (voir plus haut)
Tout bébé, on ne peut que conserver des souvenirs gravés dans nos cellules. Ce souvenir-là l'était mais il était, de plus, enfoui au plus profond de moi-même, de sorte qu'il lui était difficile de me revenir spontanément.
Nous sommes en 2001. Ce jour là je n'était pas bien du tout. Non pas du fait que je ressentais des douleurs ici ou là mais plutôt un mal-être que je ne pouvais expliquer. En partageant cette difficulté avec Marie-France, elle me propose une séance de kinésiologie, ce que j'ai accepté spontanément, bien évidemment.
La séance démarra comme habituellement : tests préliminaires et rééquilibrage énergétique, hydratation etc...Ensuite un test pour orienter la séance nous amène à "récession d'âge". A ne pas confondre avec "régression d'âge". La récession devrait plutôt être comparée à une vidéo qui permet de visualiser des évènements antérieurs à des moments précis, tandis que la régression est un re-vécu de ces évènements en passant souvent par d'autres évènements vécus. Dans ma récession, les émotions sont soulevées par la vision des choses et non par son vécu. C'est donc moins éprouvant et plus simple à décoder.Donc la séance débute vraiment alors que nous recherchons, toujours par test musculaire, une période précise qui s'arrête le plus souvent entre la naissance et les heures qui précèdent la séance. Le test point la période entre la naissance et un an. Là, il se passa quelque chose que je n'avais jamais vécu jusqu'à ce jour, c'était comme un flash au début. difficile de préciser les choses. je me sentais hors du contact avec le sol avec plein de visages autour de moi et particulièrement celui de ma mère. Je devais être dans ses bras oui c'est cela. Maman parlait abondamment, j'entendais sa voix reconnaissable entre toutes. Je voulais parler comme tout le monde mais ne pouvais pas. Impossible. Maman ne me regardait pas. Elle n'avait d'yeux que pour le visage en face d'elle. Il est à ma droite et je tourne la tête pour le regarder aussi. J'ai une sensation de mal-être et, dans la séance, je parle comme si je devais expliquer à un non-voyant la scène que j'étais en train de regarder. Je me vois aussi très malheureux. L'explication me vient assez rapidement : ce ne pouvait être que la scène de retrouvailles de maman avec son mari de retour de captivité fin mai ou début juin 1945. Le visage qui était là à ma droite alors que je me trouvais tuoujours dans les bras de maman, était celui de mon père... que je voyais pour la première fois. Mais pour la première fois aussi, le regard de ma mère s'était détourné de moi pour un autre être. C'était comme si je perdais son amour pour moi. Elle ne faisait plus aucun cas de moi ("égoïste que tu es Paul!"). Oui, durant cette partie de la séance, je faisais aussi des commentaires sur mon comportement qui était bien explicable et compréhensible, cela va de soi. La séance était terminée. J'avais l'explication et une tranche de ma vie était revenue à la surface à jamais. J'ai pu transcender mes émotions et mon mal-être est parti comme il était venu. Je ne vois plus cette scène aujourd'hui comme les retrouvailles entre ma mère et mon père mais celles entre mon père et moi. Une seconde naissance ?

 7 - DE-CI, DE-LÀ ou AU DÉTOUR DES RENCONTRES

Vous connaissez certainement cela, tout commence par une rencontre fortuite ou une personne que vous connaissez déjà pour la voir assez souvent mais sans plus. Et puis...

 7.1 - MON LIEN DE PARENTÉ AVEC LES FAMILLES van der STRATEN PONTHOZ, d’HOOP de SYNGHEM et de POTTER d’INDOYE

Mon arrière-grand-mère paternelle Hortense Joseph STÉVENART (1843-1912) était une soeur de Maximilien Henri Joseph STÉVENART (1845-?) lequel a épousé en 1866, à Baisy-Thy, Jeanne FAUCONNIER (1845-?) dont le père Jean-Baptiste FAUCONNIER (1808-1889) était un cousin germain de Catherine Joseph RAYEZ (1816-?), leur ancêtre commun étant Michel Joseph DUSSART (1732-1783).
Catherine Joseph RAYEZ épousa en 1839, à Ways, Martin TABURIAUX (1809-1859) qui est l’arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils de Pierre MISONNE, ancêtre commun avec son cousin au 12ème degré Charles Gustave Joseph MISONNE (1821-1888), arrière-grand-père paternel de Hugues Pierre Charles van der STRATEN PONTHOZ (1919). Ce dernier épousa en 1942, à Bruxelles, Suzanne Alice Raymonde FERON (1921). Ils eurent neuf enfants dont les plus connus pour moi sont Gautier (1945), Fabienne, Réginald et Marjolaine (1958), veuve d’Hubert d’HOOP de SYNGHEM, fils de Xavier d’HOOP de SYNGHEM et de Christiane Bertha Jeanne de POTTER d’INDOYE.
Gautier et moi avons fait connaissance en avril 1992 il y a près de trente années au cours desquelles s’est forgée entre nous un solide et véritable lien d’amitié. Tout au long de ces années, nous nous sommes rapprochés sur de nombreux points de vue.


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