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 Family Book



Summary

 1 - L'histoire des Macaire dauphinois

L'histoire de la famille d'abord localisée dans la région du Royans Drôme Isère s'est élargie à la Suisse, l'Allemagne et l'Angleterre suite à l'émigration qui a suivi la révocation de l'Edit de Nantes. En effet une branche de la famille avait embrassé la religion réformée et s'est expatriée à la fin du XVIIe siècle. Ses alliances avec des familles illustres comme les Zeppelin, les de Saussure, les Necker ont élargi le cercle des recherches généalogiques au niveau international.Les sources les plus anciennes se trouvent aux Archives départementales de l'Isère et de la Drôme avec les registres protestants, les révisions de feux, les minutes de notaires. Ensuite on trouve des éléments dans les livres locaux, des études, des généalogies, des documents de presse étrangers.Pour la partie historique récente concernant les Macaire anglais et ceux de Constance il faut rendre hommage à Francis Mc Call fils d’Aline Macaire qui a réuni une documentation importante.L'article de Philippe Mieg dans la revue d'histoire du protestantisme français1 est très important pour préciser la période initiale de l'expansion familiale partie de Pont-en-Royans et rectifier certaines erreurs de filiation.

 1.1 - Une présence très ancienne

La présence des Macaire à Pont-en-Royans est attestée depuis fort longtemps.Dans la révision des feux en Dauphiné datée de 1458 on trouve deux (feux ou foyers) Macaire à Pont-en-Royans. Les chefs de famille sont Petrus Macaire et Gonetus Macaire comme on le voit ci-après. Sur la droite est indiqué le montant de l’imposition.L'abbé L.Fillet dans son Histoire religieuse de Pont-en-Royans2 parue en 1887 cite une transaction du 10 février 1259 entre Guillaume prieur de Quint et Jean Delmas prieur de Saint Pierre du Pont d'une part et Raynaud Béranger d'autre part. "Les prieurs cèdent à Raynaud tous leurs droits..... depuis la forteresse.........jusqu'à la maison Machaire........". En 1537 selon un autre acte cité par L. Fillet, des religieux chargent Jean Macaire Bimat d'exiger toutes pensions sommes et autres pour leur église.Dans un acte du 3 avril 1598 la ville de Pont-en-Royans choisissait trois procureurs chargés de déférer des biens. Il s'agissait de Gaspard Chastel, Léonard Macaire et Isaac Rochas marchands du lieu.Sur Saint-Jean-en-Royans on trouve, daté du 16 janvier 1501 le contrat de mariage de Margarete Macaire fille de Jean, daté du 17 octobre 1522 le testament de Johaete Macaire épouse Chaix Rostain, et en 1580 le contrat de mariage de Jeanne Macaire fille de feu Hugues. Pour Margarete cela implique une naissance vers 1480.

 1.2 - De nombreuses citations dans les registres protestants de Pont-en-Royans

On trouve aux Archives de l'Isère deux registres protestants de Pont-en-Royans couvrant la période de 1608 à 1682 avec beaucoup de lacunes. Tenus par les pasteurs du lieu ces registres indiquent les naissances mariages et décès des religionnaires. Le nom Macaire y est très représenté et les prénoms puisent largement dans la bible avec de nombreux Elie et Isaac.

 1.3 - Les "Notices généalogiques sur les familles genevoises" par Galiffe

Ces notices3 très connues et présentes dans les grandes bibliothèques comportent 7 volumes donnant la généalogie des principales familles genevoises. On y trouve une vingtaine de pages sur la famille Macaire implantée en Suisse. On retrouve également certains de ces Macaire sur les généalogies des familles alliées comme les Necker, les Odier et de Staël.La généalogie donnée par Galiffe est pour les plus anciens membres de la famille moins précise que celle donnée par Philippe Mieg dans le bulletin de la société d'histoire du protestantisme français n°121 de 1975 que nous avons vue précédemment. L'orthographe du nom des conjoints est souvent mise à mal ce qui peut étonner car sur les actes que l'on trouve aux archives de l'Isère ces noms sont bien écrits et ne prêtent aucunement à confusion. Il y a également des erreurs concernant les filiations. Galiffe s'est fourvoyé dans la demi-douzaine d'Isaac Macaire vivant à l'époque. En tout état de cause la généalogie établie par Philippe Mieg, beaucoup plus précise et complète devrait prévaloir et nous l'avons retenue et vérifiée d'ailleurs en grande partie. Elle comporte tout de même quelques erreurs comme nous le verrons.

 1.4 - Philippe Mieg précise la généalogie des Macaire Bimat

Dans son article du bulletin n°121 de la société d'histoire du protestantisme français1 Philippe Mieg fait une large place à la famille Macaire et précise les filiations. On peut y lire notamment :Le 21 décembre 1699 à 6 h du matin comparaissent devant le curé de Pont-en-Royans Antoine et Jeanne Terrot, François Bonnat et Isabeau Terrot, Philippe Odier et Suzanne Macaire pour faire revalider leur mariage contracté à Genève ce qui a été accepté.Philippe Odier a 46 ans lors de son mariage le 4 avril 1698 à Genève où il était allé rejoindre sa promise Suzanne Macaire qui y vivait avec sa mère demeurée veuve. Bientôt après les nouveaux époux revenaient à Pont-en-Royans pour y passer le reste de leur vie. Philippe Odier fit alors baptiser à l'église catholique 7 enfants dont 3 s'expatrierons à Genève. Son aîné Antoine Odier né en 1699 fut reçu bourgeois de Genève le 11 décembre 1714 avec son oncle Elie Macaire. Philippe, lui, demeura fidèle à sa foi calviniste comme en témoigne son acte de décès dans les registres paroissiaux de Pont-en-Royans le 29 avril 1726.Une notice sur les branches genevoises des Macaire est donnée par Galiffe sans que son auteur soit parvenu à établir d'une façon précise les parentés réciproques des nombreux membres de la famille venus successivement s'établir à Genève dit Philippe Mieg qui ajoute :La famille Macaire compta longtemps parmi les plus prolifiques et les plus actives du Royannais et plusieurs de ses membres furent des hommes très aisés. L'ancêtre commun de tous les Macaire qu'on retrouve ensuite à Genève est "Honorable Léonard Macaire" qui fut en son temps un des plus importants négociants de Pont-en-Royans. Cela ressort en particulier qu'en 1591 il figure comme témoin aux côtés d'Etienne Terrot. Il vivait encore en 1610 habitant la même maison que son fils François et semble avoir été le fils de Jean Macaire Bimat mentionné entre 1537 et 1542 comme bourgeois de Pont-en-Royans par l'abbé L.Fillet.

 1.5 - Le mémoire d'Olivier Cogne sur les protestants de Pont-en-Royans

Dans ce mémoire4 l’archiviste grenoblois Olivier Cogne donne de nombreux renseignements, intéressant le généalogiste, sur les familles protestantes de Pont-en-Royans et leur émigration en Suisse et Allemagne. La famille Macaire fait partie des familles citées.

 1.6 - Francis Mc Call écrit "History of the Macaire Family"

Francis Mc Call, fils d’Aline Macaire, descendant des Macaire émigrés en Suisse puis passés en Angleterre au XIXe siècle et sujet britannique a écrit History of the Macaire Family5 l'histoire de sa famille maternelle en 2000 et l’a complétée ensuite.Il s'est basé sur le livre de Galiffe déjà cité, sur "Study of the Family of Macaire" par Peter Piggot paru en Angleterre en 1992 et sur des documents rassemblés depuis un siècle par ses ancêtres Macaire anglais. Il intègre le document sur la noblesse des Macaire établi par Claude Drigon dont on verra par la suite qu'il est sujet à caution (voir page 4). Du fait de la référence à Galiffe certaines filiations qu'il donne pour la période ancienne sont erronées mais ont été revues dans le complément paru ensuite. On trouve dans cet ouvrage des illustrations intéressantes notamment sur le passage des Macaire à Constance et l'épisode Zeppelin. Nous avons repris ces illustrations et documents dans le présent ouvrage. Les liaisons avec les grandes familles anglaises sont également intéressantes.

 1.7 - D'Allemagne en Irlande

Sur une étude en possession de Francis Mc Call concernant une famille Macaire de Normandie venue s'établir à Londres vers 1710, tisserands de soie et Protestants, on trouve mention de registres de la congrégation française à Dublin sur lesquels on peut lire :« Suzanne Gignoux (née Macaire) 12 février 1729 âgée de 28 ans, née à Magdebourg en 1700 fille de Jean, inhumée dans le cimetière St Stephen, Dublin ».L'étude laissait entendre que Suzanne était une fille de cette famille Macaire de Normandie. Il est probable que non.En effet dans "Histoire des protestants dauphinois réfugiés à l'étranger après la révocation de l'édit de Nantes" par Eugène Arnaud*, tome III page 341 est cité le 31 décembre 1698 à Magdebourg : Jean Macaire manufacturier en laine du Pont-en-Royans en Dauphiné, sa femme, 3 enfants et un compagnon.Il est probable que ce fut lui le père de Suzanne car tout correspond bien. côté noms prénoms et dates.On ignore qui étaient les parents de ce Jean Macaire mais on a pu retrouver le nom de son épouse et ce que sont devenus ces Macaire à Magdebourg. En effet, si les archives de l'église française de cette ville ont été détruites pendant la dernière guerre un livre antérieur écrit par Henri Tollin sur la colonie française de Magdebourg nous donne des renseignements précieux. On se reportera pour cela au paragraphe concernant la branche Macaire de Magdebourg.Francis Mc Call a écrit à la Bibliothèque Nationale d'Irlande à Dublin qui a répondu ce qui suit :"Guillaume d'Orange traversa l'Angleterre en 1688 avec une armée comprenant beaucoup d'officiers huguenots français et hollandais.Après la paix de Ryswick en 1697 les régiments français furent dispersés et envoyés en Irlande".Une liste6 d'officiers français qui s'établirent à Dublin contient 165 noms dont Pierre de Gignoux et Jean Charles Terrot tous deux de l'infanterie de Cambon."On peut donc supposer valablement que Suzanne était l'épouse de ce Pierre de Gignoux.La famille Terrot était par ailleurs très liée à la famille Macaire comme nous le verrons.

 1.8 - Noblesse, titres et alliances avec la noblesse

Plusieurs Macaire d'origine dauphinoise sont cités sur les actes d'époque comme Nobles. Pourtant on n'en retrouve aucun sur les armoriaux. D'autres ajoutent à l'adjectif Noble un titre "Noble Macaire de…. On trouve Noble Macaire de Lessertas, Noble Macaire de Fonlager, Noble Macaire de Fontchenet etc. Il s'agissait de ce que l'on appelle l'anoblissement par charges. Tout cela disparaît avec la Révolution française mais peut être certains auraient-ils pu retrouver le statut de noble au retour de la royauté s'ils avaient fait une demande dans ce sens. Il semble toujours possible de le faire après une recherche des documents le justifiant.On trouve également des alliances avec des familles nobles qui dénotent pour les Macaire concernés un certain rang social dans la bourgeoisie de l'époque. Voyons un peu cela en détail.

 1.8.1 - L'anoblissement par charges

Sous l'ancien régime on pouvait acquérir le statut de noble en exerçant certaines fonctions ou charges. Il s'agissait en l'occurrence de la noblesse de robe concernant les magistrats, notamment les Conseillers du Roy ou Procureurs du Roy. Noble Macaire de Fontlager est dit Procureur du Roy à la police de Saint Marcellin. Selon les provinces et l'époque cette noblesse était transmissible mais selon des conditions variables. La noblesse graduelle demandait en général que le père et le fils exercent successivement pendant 20 ans la charge anoblissante. Dans le ressort du Parlement et de la Chambre des comptes de Grenoble la transmission se faisait au premier degré c’est-à-dire à la première génération moyennant 20 ans d'exercice de la charge ou la mort pendant celle-ci. Cette durée devait être prouvée et constatée par des lettres dites d'honneur ou de vétérance.Mais l’anobli par charges n'est pas pour cela définitivement lavé de roture et ni lui ni ses descendants ne sont à l'abri. En effet un édit royal pouvait à tout moment venir remettre en cause cette noblesse. Ce fut le cas avec l'édit royal d'avril 1771 qui frappait les ennoblis et leurs descendants depuis janvier 1715 d'un droit de 6000 livres sous peine de la perte de leurs privilèges.Alors, les Noble Macaire avaient-ils tous réunis les conditions pour que leur noblesse soit devenue héréditaire avant l'abolition de la noblesse le 23 juin 1790 par les lois révolutionnaires ? Ont-ils accepté de payer les 6000 livres requises par l'édit de 1771 ?On ne trouve pas dans les archives dauphinoises les lettres de vétérance qui prouveraient une de ces conditions mais cela ne prouve pas qu'elles n'existent pas ou n'ont jamais existé. On pourrait également par un examen attentif des actes conservés vérifier que les durées de service ont été ou non effectuées mais ce travail reste à faire.En ce qui concerne les Macaire de Montrigaud descendants de Noble Noël Macaire "Conseiller censitaire du Roy maison couronnée de France Audiencier en la chancellerie du Parlement du Dauphiné habitant à la Sône" on a l'impression que les conditions étaient bien requises. On comprend que le 11 décembre 1792 Noble Joseph Macaire soit devenu le citoyen Macaire Fontchenet et il décèdera avant que la royauté ne revienne. Si les conditions étaient remplies son fils Joseph époux de Marie Cellier aurait pu reprendre son titre de Noble. Il ne l'a pas fait mais peut être en avait-il le droit ? Cela vaudrait la peine d'être vérifié car la branche de Montrigaud a des chances d'avoir encore des membres vivants dans ces années 2000.Les titresLe titre est indépendant de l'état de noblesse. On peut être noble sans être "de" et être "de" quelque chose sans être noble. Mais "Noble" plus "de" sonne mieux. Cela explique que l'on trouve Noble Macaire de Lessertas, Noble Macaire de Fonlager etc. Ces Macaire avaient pris un titre reprenant le nom d'une de leurs propriétés. On retrouve parfois celles-ci mais pas toujours. Un examen attentif des matrices cadastrales permettrait sans doute certaines découvertes.Pour les Macaire de Lesserta on trouve sur la commune de La Sône un lieu dit L'Essertas. Or Joseph qui porta le premier ce titre était fils de Noël notaire à La Sône et il épousa Marguerite Jubié dont la famille possédait le château de La Sône. Les Jubié furent anoblis par Louis XVI pour avoir introduit et développé l'industrie de la soie en Dauphiné. Cette alliance incita sans doute Joseph à ajouter, à son nom Macaire, un titre fondé sur son domicile ou sur la possession d’une terre.Pour les Macaire de Fontlager c'est moins évident car on ne trouve pas de lieu dit de ce nom dans la région ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas. D’autre part, si on s'éloigne un peu on trouve sur les bords du Rhône sur la commune de Sécheras un château de Fontager. C'est sans doute une piste à explorer.

 1.9 - D'autres Macaire s'allient à la noblesse

En 1673 Gaspard Macaire épouse Isabeau de Beaumont et en 1675 Paul Macaire épouse Marie de Beaumont Toutes deux sont filles d'Antoine de Beaumont habitant Saint Nazaire en Royans. Les témoins au mariage de Gaspard sont comme on le voit sur le document précédent : noble Jean de Rostaing, noble Guillaume de Crozat, noble Bertrand de Chartronière, noble Pierre de Beaumont.La famille de Beaumont est une des plus anciennes et des plus illustres du Dauphiné. Le premier seigneur connu Humbert seigneur de Beaumont est cité en 1080. François de Beaumont le fameux baron des Adrets naît en 1512 au château de La Frette7. Les de Beaumont qui sont cités ici font sans doute partie de la branche des seigneurs de Saint Sauveur (près de St Marcellin) mais cela reste à vérifier.Léonard Macaire bourgeois de Pont-en-Royans épouse le 15 septembre 1667 à l'Albenc Marguerite de Gumin Trufel fille de noble François de Gumin et d'Olympe de Pascal*. Les de Gumin sont de vieille noblesse dauphinoise apparaissant dès 1292. Les Truffel, seigneurs de La Rivière sont originaires de St Marcellin et Romans nous dit Rivoire de la Bathie dans son armorial du Dauphiné. C'est Magdeleine Truffel qui épousa Claude de Gumin seigneur de La Murette.David Macaire épouse en 1814 à Rolle (Suisse) Henriette Claudine Coralie d'Hogger née en 1794 à La Haye, fille de Frédéric baron d'Hogger général des gardes suisses au service de la France.La fille de David, Pauline Françoise Amélie Macaire (1816-1847) épouse en 1834 à Constance Frédéric Comte de Zeppelin qu'elle avait sans doute rencontré dans les salons du futur Napoléon III. Leur fils Ferdinand comte de Zeppelin (1838-1917) est bien connu comme l'inventeur du dirigeable rigide. La famille de Zeppelin ou Zepelin qui apparaît en 1286 en Allemagne du nord a en ce début des années 2000 des branches en Allemagne, Hollande, Suède et aux Etats-unis.L'autre fille de David Macaire, Henriette Frédérique épouse en Suisse en 1838 Henri Auguste Victor de Senarclens Vufflens officier dans la garde royale de Charles X roi de France.Enfin la petite fille d’Henriette Frédérique, Marie Eugénie épousera en 1892 Ferdinand de Saussure qui reste une autorité mondiale dans le domaine de la linguistique.

 1.10 - Georges-Francis Macaire marquis de Fonclager

Georges-Francis Macaire est un cas particulier. Il est enterré au cimetière d'Abbotsham dans le Devonshire en Angleterre avec le titre de marquis de Fonclager dont son père avait obtenu la reconnaissance par la reine d'Angleterre nous dit Francis Mc Call qui publie la photo de sa tombe dans son livre "History of the Macaire family".Jean-François père de Georges-Francis devint sujet britannique, naturalisé en 1848 sous le nom de John-Francis Macaire. L'histoire familiale dit que Sa Majesté la reine Victoria offrit gracieusement à Jean-François l'autorisation d'utiliser son titre français de marquis en Angleterre mais il déclina. On se demande d'où venait ce titre de marquis dont on ne trouve aucune trace écrite nulle part. Ce que l'on sait c'est que Georges-Francis commanda en 1876 à l'officine parisienne de Claude Drigon marquis de Magny, officine dite : "Archives de la noblesse et collège héraldique de France" la généalogie de la famille "de Macaire". Il en résulta un livre relié en cuir rouge, travaillé en lettres d'or et écrit à la main, une véritable œuvre d'art nous dit Francis Mc Call qui en donne une traduction dans son livre cité précédemment.

Ce livre est détenu avec les archives de la famille par Richard Macaire habitant à Denston Hall dans le Suffolk. Le titre en est "de Macaire seigneurs de Fonclager, de la Mure, d'Iseran, de la Macquairière etc, Poitou Dauphiné et Suisse avec au-dessous de très belles armes.La lecture de ce livre laisse dubitatif non sur l'existence en France de familles nobles "de Macaire" car il y a des preuves écrites de noblesse concernant les "de Macaire" du Poitou et de Normandie mais sur la liaison que fait Magny avec les Macaire du Dauphiné et la noblesse héréditaire ainsi attribuée à ces derniers.Selon Magny la branche Macaire du Dauphiné est supposée venir du Poitou où existait effectivement une famille noble "de Macaire". Cette famille de Macaire aurait ainsi fourni une branche en Normandie et une en Dauphiné.

Or à l'époque de l'émigration supposée entre le Poitou et le Dauphiné, au 16ème siècle, le patronyme Macaire existait depuis bien longtemps dans le Royans (deux Macaire cités sur la révision des feux de 1458 à Pont-en-Royans). On trouve également un mariage Macaire en 1501 sur Saint-Jean-en-Royans. Quant à la branche normande, elle est, comme celle du Poitou authentiquement noble mais un article paru dans une revue généalogique régionale lui donne une origine allemande.On ne retrouve aucune lettre de noblesse concernant les Macaire du Dauphiné. A la lecture du document établi par le marquis de Magny aucune preuve écrite n'est fournie. Magny parle de noble Moïse Macaire de Saint-Jean-en-Royans, de noble Louis Macaire, de noble Léonard Macaire écuyer etc. Or il est impossible de trouver dans les nombreux documents d'archives concernant ces personnes la mention de noble ou mieux encore d'écuyer. Certains sont « capitaine de La Mure » comme Moïse, « châtelain de Bouvante » comme Louis, Pierre et Sébastien Macaire mais cela n'implique aucune notion de noblesse. La mention Noble n'apparaîtra qu'avec les charges de Conseiller du Roy que détiendrons après 1700 Noël Macaire et plusieurs autres Macaire.Par ailleurs Magny écrit que « Sébastien Macaire épousa Catherine Berlhe qui lui apporta le titre d'Izerand ». Or on ne trouve aucune mention de cela dans le contrat de mariage pourtant détaillé des deux époux cités.

Il cite également comme nobles les Macaire émigrés à Genève mention qu'on ne trouve sur aucun acte ni sur la généalogie genevoise de Galiffe qui fait autorité. D'autre part les Macaire de Genève ne descendent pas de Moïse, erreur faite par Galiffe qui s'est mélangé dans les multiples Isaac Macaire, mais de Léonard son oncle.Cette noblesse hautement douteuse des Macaire du Royans ne devrait pas nous étonner ayant été établie par l'officine de Claude Drigon marquis de Magny dont on disait qu'il riait par derrière des nobles qu'il faisait par-devant. Le titre de marquis est également le plus galvaudé nous disent les sources sérieuses concernant la noblesse. Il faut toutefois remarquer que Claude Drigon ne parle pas de marquis dans son livre et que ce titre était déjà évoqué au temps du père de Georges-Francis. Sur quoi était-il basé nous l'ignorons.Le livre sur la noblesse des Macaire est donc indubitablement un document de complaisance sans aucune valeur historique au moins pour ce qui est des Macaire originaires du Royans. Il faut remarquer toutefois que le blason de la couverture fabriqué en l'occurrence par Magny à partir des armes des Macaire du Poitou et de Normandie auxquelles il a associé la devise de la famille d'Izerand (MAGIS INSITA CORDI) a de l'allure à défaut d'authenticité.Cela lui vaut d'être cité dans le répertoire du colonel Arnaud* sur les généalogies imprimées ce qui ne préjuge pas de la véracité du contenu.

 2 - Les Macaire Bimat, deux siècles de présence à Pont en Royans

La famille Macaire compta longtemps parmi les plus prolifiques et les plus actives du Royannais et plusieurs de ses membres furent des hommes très aisés. Jean Macaire Bimat semble en être le chef de file nous dit Philippe Mieg, semble car nous n'avons pas d'actes établissant une filiation entre Jean et ses fils mais celle-ci paraît probable.On ne connaît pas la religion de Jean Macaire Bimat qui était sans doute catholique. Son fils Léonard était protestant et sans doute aussi son autre fils Daniel. Quant à Jean et Claude tout laisse à penser qu’ils étaient catholiques comme on va le voir. Le nombre des membres de la famille habitant Pont-en-Royans et sa région va augmenter jusqu’au moment où les persécutions religieuses entraîneront un exode des protestants vers la Suisse et l’Allemagne. Les exilés furent plus prolifiques que les demeurés au pays et il y avait encore des Macaire d’origine Bimat en Suisse à la fin du XIXe siècle alors que ceux-ci disparaissaient de Pont-en-Royans au milieu du XVIIIe siècle. Par contre la branche de St Jean en Royans issue de Claude perdurera plus longtemps.Humbert Macaire fils d’Isaac et Marie Arnaud Balmat décédera à Pont-en-Royans le 15 mai 1731 à 93 ans sans renier sa foi calviniste.Joseph fils de Léonard III qui avait épousé Catherine Boisson décèdera en 1742 après n’avoir eu que des filles. L’une d’elles épousera Alexandre Marchand.François Macaire fils de Daniel et Bonne Chaix décède le 10 mars 1752 à Pont-en-Royans sans postérité et sa sœur Olympe le suit en septembre 1762 non mariée également.

 2.1 - Jean Macaire Bimat l’ancêtre

L'abbé L.Fillet dans son ouvrage "Histoire religieuse de Pont-en-Royans" écrit pages 32-33 :« En 1537 Mathieu Chaléon sacristain, Claude Bouvier et Arthaud Blanchard religieux, Pierre de Turon curé et maître François Truchon.........chargent Jean Macaire Bimat d'exiger toutes pensions sommes et autres pour ladite église....En 1540 les mêmes religieux passent au même un bail à recepvoir lesdits revenus pour une année...qu'il dict Macaire payera audits religieux..... »En 1542 un nouveau bail spécifie que Macaire délivrera pour prix d'une année 163 florins audit prieuré……Au vu des dates citées ci-dessus Jean a dû naître avant 1515. C’est tout ce que l’on sait sur lui pour l’instant.

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 2.2 - Léonard Macaire et ses frères

Selon Philippe Mieg les fils présumés de Jean Macaire Bimat étaient quatre : Daniel, Claude, Jean et Léonard. On ne dispose sur eux d’aucun acte d’état civil mais leur situation sociale qui les fait figurer parmi les notables et imposables permet de retrouver de nombreux écrits les concernant. Les rôles de taille entre autres ainsi que les registres notariaux permettent de les suivre comme nous le verront.

1/Daniel MacaireNé avant 1560 il sera notaire à Pont-en-Royans et mourra entre 1623 et 1624 sans postérité.Il est cité et l’on trouve sa signature dans des actes de maître Bleton en 1603.On peut lire dans un document cité dans les notices historiques sur la famille Terrrot : « Le 2 janvier 1580 dans une vente1 reçue par Claude Terrot notaire, expédiée et grossoyée par maître Macaire notaire à ces fins commis par arrêt de Maugiron seigneur de Lessin et de Beauvoir ………».Daniel figure sur le rôle de taille royale2 de Pont-en-Royans de 1597 à 1623 Mais sur celui de 1624 il est écrit : "héritiers de Daniel Macaire" ce qui indique un décès entre 1623 et 1624.

2/Claude MacaireMort entre 1582 et 1584, marié à Isabelle Pascalli, père de Marc notaire à Saint-Jean-en-Royans et de Moïse qui testa en 1635.

3/Jean Macaire dit BimatMarchand cité à Beauvoir en Royans de 1573 à 1612 il laissa deux fils Antoine et Eymard marchands à Beauvoir et Saint Romans.

4/Léonard I MacaireEst l'ancêtre commun de tous les Macaire qu'on retrouve ensuite à Genève.

 2.3 - Ce que nous disent les rôles de taille

On a la chance de trouver aux Archives de l’Isère une collection importante de rôles de taille de Pont-en-Royans allant de 1581 à 1789.La taille était sous l’ancien régime l’impôt direct perçu par le trésor royal chaque fois que celui-ci en avait le besoin. Celui-ci affectait à chaque communauté un montant global à charge pour celle-ci de le répartir entre ses membres. Dans le cas de Pont-en-Royans les consuls (élus pour un an et au nombre de deux ils étaient l’équivalent de nos maires) rédigeaient donc, aidés par des assesseurs choisis parmi les notables un rôle c’est-à-dire une liste des contribuables avec en face de chacun le montant de sa part d’impôt.Cette part assise sur la richesse estimée du contribuable (taille personnelle) deviendra moins arbitraire avec l’instauration de la taille réelle et des cadastres au début du XVIIe siècle.On trouve également outre les rôles de taille royale des rôles dits de taille négociale destinés à financer des dépenses locales. On trouve notamment des rôles de taille sur les protestants pour financer la construction et l’entretien du temple ou le salaire du pasteur et les rôles de taille sur les catholiques pour financer les dépenses liées aux églises.La présence sur tel ou tel rôle et telle année, de membres d’une famille est donc très instructive. Cela permet de connaître le rang social, la richesse relative, la religion, l’âge, la date de décès.Par exemple sur les rôles de taille royale de 1581 on trouve :Léonard Macayre, Estienne Macayre, Claude Macayre, Louys et Hugues Macayre, Jehan Macayre.On retrouve ici les trois frères Léonard, Claude et Jehan et il manque Daniel on ne sait pourquoi. Estienne et Louis sont des fils de Léonard. Quant à Hugues que nous avons vu cité en 1568 par l’abbé Fillet ce pourrait être un frère de Louys mais on n’a pas de preuves.Dans le rôle de 1591 on trouve :Jehan MacayreLyonnard MacayreJehan Macaire fils à feu EstienneHoirie de Claude MacayreHoirie de Louys MacayreMaitre Daniel Macayre

On apprend ici qu’Estienne est décédé et que son fils Jehan a pris sa succession, que Claude et Louys sont décédés car hoirie signifie succession, enfin Daniel le notaire apparaît. On sait donc maintenant qu’Etienne, Claude et Louys sont décédés avant 1591 ce qui est intéressant car leurs décès ne figurent sur aucun registre. Sur le rôle de taille royale de 1601 la première page nous apprend que les deux consuls ont été assistés pour l’établissement et le contrôle du rôle par Honnêtes Lyonnard Macaire, Moyse Mucel et Raynaud Rambert. En dernière page on trouve leurs trois signatures.

Les rôles de taille négociale sur les protestants vont de 1600 à 1638. En 1600 on y trouve :Jehan MacayreLéonard MacayreJehan Macayre fils d’EstienneJayme MacayreCes rôles vont nous permettre de dater le décès de Léonard. En effet en 1618 on trouve sur le rôle :Jehan Macaire fils à LéonardJehan Macaire bimat cordonnierLéonard et François MacaireL’année suivante on aJehan Macaire fils à feu LéonardJehan Macaire bimat cordonnierFrançois MacaireOn sait donc que Léonard I est décédé entre 1618 et 1619.

La même comparaison entre les rôles de taille de 1637 et 1638 montre la disparition de François Macaire fils de Léonard I et père de Léonard II. Un intérêt spécifique à ce rôle concernant les seuls protestants est qu’il intégrait les communautés voisines dont Choranche, St André, Echevis, St Jean en Royans, La Motte Fanjas, St Nazaire. Cela a permis de faire apparaître notamment François Macaire fils d’Estienne habitant Choranche et Pierre Macaire Bimat également de Choranche peut être frère de François. Ainsi sur ces rôles nous verrons apparaître et disparaître les gens au fil des années. Sur le rôle protestant de 1637 les impositions respectives des membres de la famille sont les suivantes :Jayme Macaire bimat : une livre 10 sousJean et Berton Macaire 5 livresJehan Macaire bimat 15 livresHoirie de Eynnemond Macaire 30 sousIsaac Macaire : 0Honnête François Macaire à feu Léonard et Léonard son fils :35 livresLouis Macaire 20 sousElie Macaire 10 livresFrançois Macaire à feu Estienne de Choranche 50 sous

Le rôle de taille sur les catholiques (1600-1679) ne nous livre qu’un seul Macaire, Jean Macaire bimat qui apparaît en 1600 et disparaît en 1617 sans doute décédé car le rôle indique alors « hoirie dudit Jean Macaire…. » Il ne peut s’agir que de Jean Macaire de Beauvoir qui est précisément décédé dans ces années là.Les rôles nous montrent également le déclin de la présence de la famille Macaire à Pont-en-Royans. En effet si au milieu du XVIIe siècle on trouve une quinzaine de Macaire bimat imposés, on n’en trouve plus que quatre en 1706 et un seul en 1760. Par contre en 1760 se sont ajoutés deux Macaire gabier originaires de Choranche et catholiques.

 3 - Jacques Louis Macaire s’installe à Constance

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Fils de Jean-Jacques-René Macaire et de Jeanne Godemard, Jacques-Louis naît à Genève le 27 mai 1740, épouse Marguerite Delor et va y vivre jusqu'en 1782. Exerçant alors le métier de manufacturier en soieries il va s'installer à Constance à cause des troubles politiques qui secouent Genève et de la mort de sa femme. Il mourra à sa campagne de Girsberg en Thurgovie en juin 1824 et sera inhumé dans le cimetière de l'église de Dergenvyl.Il eut de son mariage avec Marguerite Delor deux fils David et Gaspard qui lui succéderont à la tête de l’entreprise familiale.

 3.1 - David et Gaspard "les frères Macaire"

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Gaspard né le 4 juin 1780 à Genève eut pour parrain Gaspard Delor et pour marraine ses trois tantes Louise, Antoinette et Caroline Delor. Il décédera à Genève le 26 septembre 1849 et sera inhumé dans cette ville.David Macaire était né à Genève le 7 juin 1774. Amené en 1785 à Constance par son père qui y fonda son établissement il sera amené très tôt à l'aider de son travail. Le 14 janvier 1814 à Rolle il épouse Henriette Claudine Coralie d'Hogguer, fille de Frédéric baron d'Hogger colonel des gardes suisses au service de la France, née en 1794 à La Haye et qui décèdera en 1847 à Méran en Tyrol. Il amena sa femme à Constance où il avait continué avec son frère Gaspard la fabrique d'indiennes que leur père leur avait cédée lorsqu'en 1810 celui-ci la quitta pour aller habiter sa campagne de Girsberg. David mourut le 21 juin 1845 à Constance et fut enterré dans le cimetière de cette ville.Il eut de son mariage avec Coraly baronne d'Hogguer un fils et deux filles qui suivent :Pauline Françoise Amélie Macaire née le 11 janvier 1816 épousera en 1834 Frédéric comte de Zeppelin et décédera à Montpellier le 15 mai 1852.Henriette Frédérique née le 13 octobre 1817 qui épousa en 1838 Henry de Senarclens Vufflens.Gaspard Henri Maurice né à Constance le 4 février 1815 succéda à son père comme chef de la fabrique d'indiennes et de la maison de banque Macaire et Cie. Ne s'étant jamais marié il jouit tranquillement de la belle fortune qui lui était revenue tout en la mettant à profit pour soulager la misère. Il mourut à Constance le 26 septembre 1867 et fut enterré à côté de son père. Avec lui s'éteignit cette ligne de la famille Macaire.

 3.2 - Les Macaire dans l'histoire économique de Constance

Au début des années 1780 des évènements graves se passaient dans la ville suisse de Genève où les circonstances politiques donnèrent à un grand nombre de ses citoyens des raisons d'émigrer.Trois partis politiques furent en lutte intense pour le pouvoir dans cette ville jusqu'a ce que survienne une révolte populaire dans l'année 1781 au cours de laquelle un flot de sang fut versé. Comme les combats redoublaient de violence les états voisins de Berne, France et Savoie intervinrent et les chefs des partis insurgés furent contraints de quitter la ville. Mais avec cette expulsion une grande partie de leurs supporters la quittèrent aussi car ils ne voulaient pas vivre sous une loi imposée par la force. Parmi ces émigrés figurait le manufacturier Jakob Ludwig Macaire de l'Or (Jacques-Louis Macaire).Sa femme Marguerite Delor était morte en couches en 1782 à l'âge de 30 ans lui laissant deux fils, ses deux filles étant mortes en enfance. Jacques-Louis dirigeait donc à Genève son affaire de calico (indiennes) dans des conditions précaires.Au cours du printemps 1784 des délégués des émigrés genevois vinrent à Constance au sujet de leurs manufactures. Comme ils appréciaient la situation de la ville ils démarrèrent des négociations avec le maire de la ville Franz von Damiani sur les emplacements souhaitables pour implanter ces manufactures. Le maire qui était astucieux reconnu l'importance de cela pour les futurs développements de la ville de Constance et rapporta la requête des genevois à Fribourg qui était en ce temps la capitale de la région sous le gouvernement autrichien. Celui-ci agréa la transaction des genevois avec Constance. Les négociations entre le gouvernement, la ville et l'évêque furent longues et il fallut une année pour que la charte concernant la résidence de la colonie genevoise soit conclue. Cette charte fut signée à Freiburg in Breigau le 30 juin 1785 par l'empereur Joseph II lequel eut une profonde influence sur la vie publique et sociale de la ville.Constance fut aux mains de l'Autriche de 1548 à 1805 quand elle fut cédée à Baden. En 1531 elle avait adopté la réforme. L'empereur Joseph II d'Autriche (1741-1790) fut le premier empereur de la maison de Habsbourg Lorraine et travailla sur de grandes réformes en tolérance religieuse, lois et gouvernement local. Il abolit le servage en 1781 et le remplaça par la propriété des terres etc. Cela le rendit très populaire.Par cette charte qui est toujours conservée dans son état originel de grandes libertés furent garanties aux intéressés. Ils eurent la liberté de pratiquer leur religion et ne furent pas soumis à la juridiction de l'évêque de Constance. Les conflits de nature commerciale devaient être soumis à une cour spéciale d'arbitrage. Les jeunes colons comme tous leurs descendants furent libres d'être enrôlés. De même leurs impôts personnels furent abandonnés pour vingt ans.Le Conseil de la ville de Constance autorisa les colons genevois à acquérir la citoyenneté pour une modeste redevance sans perdre leurs privilèges. Avec cette charte les bases de l'installation des émigrés genevois furent posées. Deux cent soixante dix genevois s'installèrent à Constance et en peu de temps établirent des manufactures de coton et de fabrication d'indiennes et une compagnie horlogère, mais beaucoup de celles-ci disparurent après une courte existence. Survécurent seulement les manufactures Macaire et Hérosé.Les genevois avec à leur tête Jacques-Louis Macaire étaient donc en 1784 à la recherche d'un emplacement sur le secteur. J.L.Macaire participa probablement à une première visite secrète de Constance. Il faut reconnaître qu'il ne pouvait pas négocier ouvertement sans éveiller les suspicions des nouveaux gouverneurs de Genève.

Jacques-Louis repéra tout de suite une île du Rhin occupée par des dominicains et estima que c’était le seul emplacement acceptable sur la place pour une grande fabrique d'indiennes à cause de sa situation sur le lac et la rivière. Il demanda donc sa cession et le J. Melker qui écrivit en 1784 pour demander le transfert de l'Ile pourrait bien avoir été Jacques Louis Macaire.La première mention de l'île du Rhin près de Constance ou comme elle fut appelée par simplification "l'Ile" coïncide avec l'occupation de celle-ci par les moines dominicains en 1236 sous l'évêque Heinrich von der Tann. Ayant ainsi vécu sur cette petite île depuis 1235 ce fut certainement un coup dur pour l'ordre quand il eut à quitter ses propriétés pour faire place à un calviniste d'une fabrique genevoise. Mais la place de l'économie industrielle semblait plus importante à Joseph II empereur d'Autriche que les moines.Le maire de la ville, von Damiani approuvait le plan. Les dominicains pouvaient être installés dans le monastère des Augustiniens et ceux-ci déplacés à Oberndorf. L'évêque et le prieur protestèrent violemment mais sans espoir. Vienne ordonna la dissolution du cloître. Damiani informa les genevois qu'il avait ordre de céder l'établissement des Dominicains et d'aller de l'avant avec le déclassement de l'église ainsi que l'extraction et le transport des corps enterrés dans le cloître. De son côté J.L.Macaire promis son arrivée pour la mi juin 1785. Les dix huit dominicains qui vivaient sur l'île l'abandonnèrent sans protester. Ils n'allèrent pas dans le cloître augustinien mais dans le couvent de St-Peter-on-the-Fahr dont les occupants allèrent au couvent de Zossingen. Le cloître de St-Peter fut aussi acheté par un propriétaire de fabrique suisse, Ludwig Herosé de Aarau. Ainsi Jacques-Louis Macaire arriva à Constance et put prendre possession de l'île.

La mère du comte Zeppelin (Amélie Macaire) raconte :"Vers la fin du dernier siècle les pauvres moines furent expulsés et l'empereur Joseph donna l'Ile et tous ses bâtiments à un genevois appelé J. Louis Macaire mon grand-père qui installa sa résidence dans une partie du cloître avec ses deux fils et une femme de ménage. Les sous sols, cuisines et réfectoires des saints hommes furent transformés en une très banale fabrique de coton. Le 10 janvier 1816 je vins au monde dans une de ces cellules."Dans tous ces importants changements le conseil de Constance fut ignoré. C’est seulement le 18 juillet que le comité reçu une copie du rapport avec la requête des privilèges spéciaux que la communauté genevoise s'octroyait à elle même. En septembre J.L.Macaire transférait sa machinerie de Genève à Constance sans payer de droits de douane.Peu après l'ouverture de la manufacture, J.L.Macaire reçu l'autorisation de porter le titre de fabricant autrichien privilégié d'indiennes et d'utiliser l'aigle impérial comme emblème de son entreprise.Jouissant de la faveur particulière du gouvernement de l'Autriche de l'Est et possédant aussi les fonds les plus importants Jacques Louis Macaire avait obtenu l'Ile des dominicains incluant le bâtiment du monastère pour un paiement annuel de 25 florins sous la condition que lui et ses héritiers préservent et continuent l'affaire de manufacture.

Au cours de l'année 1786 Jacques-Louis ajoute une affaire bancaire à sa manufacture d'indiennes en créant la banque Macaire et Cie dont nous parlerons plus loin.Le 16 avril 1786 le premier service évangélique est dit dans l'ancien réfectoire d'hiver de l'Ile et le premier bébé de la nouvelle colonie est baptisé le 23 avril sous le prénom de Constantin. Le réfectoire devait avoir été entretenu en bonnes conditions et le repas officiel de célébration de l'anniversaire de l'empereur Joseph II (probablement en 1786) se tint ici. La communauté financera 3 prêtres au moyen d'une taxe d'église. Il s’agissait de Jesaies Case, Pierre Bourrit et Jean-Jacques Tissot.En dépit de nombreux problèmes et de beaucoup d'opposition de la ville et des bourgeois l'entreprise fut une bonne opération. En 1788 J.L.Macaire rapporta au gouvernement qu'il avait 81 travailleurs dans sa fabrique. Les principaux, J.L.Macaire et son compagnon Schlumberger, avec leurs familles et serviteurs représentaient plus de 12 personnes. L'affaire employait vingt six personnes, dix travailleuses et seize enfants en apprentissage. Elle comptait également un employé aux couleurs, un dessinateur, un menuisier, et trois modélistes ainsi que plusieurs imprimeurs hommes ou femme, coloristes et autres. J.L.Macaire incluait dans son affaire les femmes et enfants de son personnel soit globalement dix neuf personnes.

Le comptable s'appelait Jean Georges Schlumberger, un rejeton de la famille d'industriels alsaciens qui est encore prospère aujourd'hui. Ce Schlumberger quitta les Macaire en 1793 et pris une part dans la fabrique d'indiennes von Theissier. Il fonda une fabrique en 1793 à Schnedenburg laquelle changea de mains en 1812 vers une famille d'industriels de Narau, les Herosé. Les relations entre J.L.Macaire et Schlumberger furent constamment mauvaises. Aussi dans les premières luttes sociales qui naquirent avec les travailleurs, les chefs de l'Ile et ceux de Schnedenburg eurent des points de vue différents. Par exemple en 1801 une délégation qui venait avec une lettre de Schlumberger fut chassée du pont de l'Ile par les fils Macaire et de plus un des délégués chassés fut molesté. La dispute portait sur la liberté de mouvement et le droit de coalition des travailleurs. Les magistrats voulaient fixer des règles pour les deux propriétaires et leurs travailleurs afin d'éviter les longs conflits. J.L.Macaire refusait d'accepter cela.Dans sa manufacture J.L.Macaire imprimait les dessins mécaniquement et vendait ses produits sous la dénomination "indienne". Il obtenait la toile de ses fournisseurs suisses mais il employait aussi un réseau de fileurs et de tisseurs dans la région de Constance pour fournir ses besoins. Dans les premières années l’entreprise Macaire eut principalement des problèmes de vente. Il ne lui était pas permis d'exporter ses marchandises vers l'Autriche centrale et dès 1785 il fut interdit d'exportation en France. Aussi les concurrents suisses et anglais eurent-ils la plus grosse part du marché.Les trois affaires d'indiennes en lice rivalisaient non seulement sur les marchés de ventes mais aussi pour trouver du personnel spécialiste qualifié. En mai 1789 Macaire se plaignait au gouvernement que Thierry avait quelques mois auparavant courtisé quelqu'un de son personnel et à présent son partenaire Schlumberger avec plusieurs de ses travailleurs l'avaient quitté pour Hirn et Vogel utilisant son savoir faire confidentiel sur le mélange des couleurs. En conséquence Macaire fit signer par ses travailleurs une obligation écrite disant que s'ils quittaient leur emploi ils pourraient seulement trouver un emploi différent à Constance avec sa permission. Or l'année suivante trois travailleurs passaient chez son concurrent Schlumberger sans permission. Macaire demanda alors 100 florins de compensation, revendication que les magistrats refusèrent.

En 1797 le commerce de l'indienne se rallia à un agrément basé sur les idées de Macaire et forma un groupe textile de Constance.La famille possédait seulement un droit qualifié sur l'Ile. Une tentative par J.L.Macaire d'avoir la possession totale de sa propriété avait échoué en 1793 bien que le maire de la ville, von Blanc eut prêté son concours très chaleureusement. Le docteur Seeholzer écrivit : "la colonie genevoise de Constance savait que l'industriel Macaire était honorable et actif et avait réussi malgré la concurrence suisse en créant une fabrique qui avait 43 presses d'impression travaillant en permanence." Le danger de la vente de l'Ile à J.L.Macaire était inexistant car il avait mis de grosses sommes d'argent dans son affaire qu'il ne pourrait pas récupérer d'un acheteur. Le seul motif de J.L.Macaire en formulant cette requête auprès du gouvernement autrichien pourrait avoir été un plan d'extension considérable de la manufacture.Pour obtenir l'argent nécessaire Jacques Louis voulait prendre quelques actionnaires, mais ceux-ci ne voulaient donner leur argent que s'ils étaient sûrs de la totale propriété de l'Ile.Le gouvernement répondit qu'il ne faisait pas de réserves pour donner à Macaire la possession totale de l'Ile mais avec la condition que les bâtiments soient conservés en bon état et que au moins quarante presses d'impression soient maintenues en fonctionnement. Ceci était en pratique un refus de la requête Macaire et demeura ainsi malgré des tentatives répétées. Ce fut seulement en 1813 que les deux fils de J.L.Macaire purent acheter "l'Ile". La firme avait bien survécu aux guerres de la fin du siècle contrairement aux fabriques de Petershausen et Schlumberger à Schnedenburg. La colonie genevoise dans la ville avait connu sa fin en 1812. De nombreux privilèges furent supprimés à l'affaire Macaire. Toutes les tentatives pour les garder furent refusées par le gouvernement de Karlsruhe.La propriété appartenait maintenant à la famille Macaire sans conditions mais il fallait payer les taxes civiles et des droits.

Cinq ans avant, les derniers éléments de l'équipement de l'église avaient été vendus aux enchères pour 441 florins et 22 kreutzers. Méritait d'être mentionnée une cloche du clocher pesant 256 livres et un portail d'église en argent estimé à 700 livres, deux confessionnaux, quatre candélabres et des fermoirs en argent. venant de livres de messe.La décoration spéciale, une œuvre d'art précieuse consistait en une peinture murale dont une petite partie existe encore dans son état d'origine et que le comte Zeppelin décrivait dans le 7ème volume de "The writings of the Association of Lake Constance and Neighbouring Area" et en précieuses "glass paintings". Une de ces fenêtres représente la plus précieuse décoration de la chapelle particulière du prince de Fürstenburg dans le château Heiligenberg, tandis que une autre partie fut acquise en 1820 pour le Münster à Freiburg.La fabrique marchait bien et semble avoir tenté un nouveau départ après l'union de Baden à German Customs Union. Dans la deuxième édition de "History of Material printing" par Wilhelm Heinrich von Kurrer (Nuremberg 1844) l'auteur dédie un chapitre remarquable à la manufacture de coton des frères Macaire. Il dit entre autres "Dans le temps quand les articles à l'acide prussique apparurent la fabrique Macaire se distingua de toutes les fabriques allemandes et suisses dans ses triples et quadruples impressions bleues (blue print gradings).

Déjà en 1817 l'établissement employait 50 presses d'impression. Il rivalisa longtemps avec les proches fabriques suisses et acquis une réputation significative dans le monde du commerce. Beaucoup de travail fut fait, en particulier avec les orientaux du Levant (and in neck and head scarves) aussi bien que pour l'impression de produits en coton et calico pour l'Italie. Quand Eugène Napoléon fut vice roi d'Italie, il prit résidence en Allemagne et il est censé être devenu actionnaire dans la maison Macaire comme sleeping partner avec des fonds considérables.Quand Kurrer écrit les phrases citées ci-dessus, le premier fils du comte Frédéric von Zeppelin et de sa femme Amélie, née Macaire venait de naître. A quoi ressemblait l'Ile au temps de la naissance de "l'Airship count" ? Moser le tuteur du comte parle d'une Ile très belle, et loue en particulier la salle à manger avec sa vue pittoresque sur le lac.Les parties extérieures des bâtiments du cloître étaient toujours dans leur ancien état. La cour extérieure entre celui-ci et la cour nord du couvent avait été coupée par un mur solide. Un pont de bois surplombait le canal de l'Ile. Le caractère de cette dernière ressortait plus clairement qu'aujourd'hui. En revanche le couloir de la vieille ville fut préservé dans son apparence comme un bâtiment baroque. La vision d'ensemble de la ville autour de l'Ile était considérablement plus imposante que plus tard après que le chemin de fer ait détruit une partie du charme ancien.

Les Macaire avaient des propriétés à Petershausen. Le vieux Jacques Louis avait construit la guérite de ville près de la tour de guet Sternen pour 1100 gulden en 1806 mais n'avait pas obtenu d'en être débarrassé en 1813.Important fut le projet de tuilerie en dehors de Petershausen. En 1837 les fils du fonctionnaire Simper Lauber vendirent tous leurs terrains à l'est de Schneckenburg au baron Daniel d'Hogguer. Le baron les vendit aux Macaire père et fils ainsi que la tuilerie de Franz Lott et compagnie. La tuilerie cessa son activité sur ces entrefaites et dans les années 1842 et 1844 l'ensemble de l'espace fut acquis par les Herosé.Quelques années plus tard la révolution en Bade amena une crise pour la manufacture de l'Ile. Le 11 avril 1849 le général Hessois von Shässer-Bernstein arriva avec ses troupes à Constance et logea 50 homme sur l'Ile. Le comte Zeppelin raconte dans les mémoires de son enfance un épisode de ces journées.

"Mon père avait donné ses chambres dans la fabrique de coton de l'île à deux officiers prussiens. Quand il sortit et emballa ses vêtements il mis quelque chose de rouge dans sa valise. Est ce quelque chose qui est fabriqué ici demanda un des officiers. Non, seulement mon uniforme de l'ordre de St Jean fut la froide réponse."Jacques Louis Macaire, fondateur de la colonie genevoise dans l'île mourut en 1824. Après sa mort ses deux fils David et Gaspard Macaire reprirent l'affaire. L'aîné David joua bientôt un rôle important dans la vie publique de Constance.Le 9 juillet 1838 fut un jour mémorable pour la colonie car c'est celui où naquit le comte Ferdinand von Zeppelin petit-fils de David Macaire.En l'an 1840 David Macaire quitta la direction de l'affaire et son fils Maurice en pris le contrôle. Le comte Frederic von Zeppelin rejoignit l'affaire à ce moment. Sous la direction de Maurice Macaire et du comte Zeppelin les affaires continuèrent dans une voie calme et bénéfique et ceux-ci élargirent leur sphère d'activités d'année en année.

 3.3 - La fin des Macaire de Constance

Le dernier rejeton de la famille Macaire, Maurice mourut en 1868. En accord avec ses souhaits ses héritiers léguèrent à la ville de Constance une dotation de 10 000 florins pour une école. En 1911 de vieux citoyens se souvenaient encore de cet homme charitable. En cette année 1868 la famille Macaire disparut donc de Constance avec la mort du dernier membre mâle de la famille. Peu de temps après la fabrique d'indiennes ferma ses portes et l'ensemble de l'Île devint la propriété du comte Zeppelin. Les héritiers de Maurice Macaire demeurèrent cependant, en dépit de la fermeture de la fabrique, engagés avec la banque Macaire, jusqu'en 1907 ou ils la quittèrent pour des raisons de partage d'héritage.David Macaire et son fils Maurice décédèrent à Constance. Ils furent très probablement enterrés dans le Schotten Cemetery. Par chance une pierre tombale probablement celle de Jacques Louis Macaire survécu et se trouve maintenant dans le cimetière principal de Constance.En 1874 l'ensemble de l'Ile fut acheté par une compagnie de "joint stock". pour 400.000 DM. Le professeur Tasel de Stuttgart transforma la fabrique en hôtel.Le nom Macaire demeura pourtant encore à Constance pour un demi siècle avec celui de la banque qui avait été fondée par Jacques Louis Macaire en 1786 et fut la seule banque de la ville pendant très longtemps. Le premier juillet 1921 la banque Macaire passa sous le contrôle de la South German Discount Society. Ainsi le nom Macaire est indubitablement lié à un des plus fascinants chapitres de la vie économique de Constance.

 3.4 - Quand David Macaire lancait la navigation à vapeur sur le lac de Constance

La nature entreprenante de la famille Macaire ne se confina pas à l'industrie du coton dans l'Ile. Ainsi elle favorisa l'introduction des bateaux à vapeur sur le lac de Constance avec le consul américain Mr Church lequel avait déjà introduit ceux-ci sur le lac de Genève en 1825. Il sympathisa avec David Macaire et fut mis en contact par celui-ci avec le grand libraire et éditeur Cotta de Stuttgart. A trois ils formèrent une entreprise de bateaux à vapeur avec Friedichshafen, Lindau et Constance. David Macaire il faut le reconnaître abandonne bientôt, en particulier à cause de l'opposition des compagnies de bateaux. Le Wurttemburg et la Bavière lancèrent une compagnie de bateaux à vapeur sur le Rhin, fondée le 25 juillet 1830 dont le premier président fut David Macaire qui encouragea grandement la société. En 1831 il avait construit trois maisons qu'il donna à la compagnie en 1838.

 3.5 - L’ancienne manufacture Macaire devient le plus grand hôtel de Constance

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En mars 2000 le gendre de Francis Mc Call Richard Wenn de passage à Constance visita l'Inselhotel qui se trouve sur une petite île où le Rhin sort du Bodensee. Dans le cloître inséré dans l’hôtel il vit une collection de peintures murales décrivant l'histoire de la ville et sous l'une de celle-ci figurait une inscription titrée "indienne fabrick von Macaire frères um 1800".David et Gaspard Louis Macaire les deux fils de Jacques Louis étaient ces "frères Macaire".L'Inselhotel a récemment célébré son 125ème anniversaire comme le montre un article du journal de Constance et qui débute ainsi :Ce printemps l'Hôtel de l'île Steigenberger célébrait son anniversaire; les premiers invités prenaient place dans les nouvelles pièces décorées de l'ancien cloître dominicain de l'Ile. Juste quand le tourisme commençait à débuter à Constance Eberhard Zeppelin le frère du pionnier du dirigeable Ferdinand von Zeppelin transforma la vieille manufacture en hôtel et l'ouvrit au commerce en 1875. Celui-ci est connu comme l'Hôtel Steigenberger depuis 1964.Les nouvelle techniques de coloration ayant causé la banqueroute de la manufacture (Macaire) qui employait les méthodes traditionnelles Eberhard reconnu que avec le début de l'ère du train cette manufacture pouvait être un site idéal pour un hôtel de première classe. L'ouverture de celui-ci fut célébrée le 15 avril 1875.Eberhard Zeppelin ne dirigea pas l'hôtel lui même mais embaucha un directeur. En 1903 le couple suisse Mattys et Rosalie Brunner pris en charge l'hôtel.En 1962 l'hôtel fut mis en vente. Le maire s'arrangea pour que l'île soit vendue à l'Etat de Bade Wurtemberg qui loua l'hôtel lequel après rénovation fut réouvert en 1966. L'Etat cependant se réservait l'aile du cloître ancien pour l'université de Constance mais en 1970 tous les bâtiments furent utilisés comme hôtel et l'île fut vendue à la Brasserie d'Etat Rothaus.L'Hôtel de l'Ile, encore aujourd'hui le plus important hôtel de Constance, ouvrit en 1875. Quoique Ferdinand Zeppelin fut né ici il ne fut jamais appelé Hôtel Zeppelin mais a toujours gardé le nom d'Hôtel de l'Ile (Inselhotel) dû à son emplacement sur cette petite île située sur le devant de la ville.

 3.6 - La banque Macaire et Cie gérait les finances du futur Napoléon III

Au cours de l'année 1786 Jacques Louis ajoute une affaire bancaire à sa manufacture d'indiennes. Ce fut la seule banque de Constance pendant très longtemps. Elle était installée dans les pièces du cloître dominicain.Selon les documents d'archives la banque Macaire traitait les finances personnelles d’Hortense de Beauharnais, la fille adoptive de l'Empereur Napoléon qui en 1802 épousa Louis Bonaparte un des frères de Napoléon. Ils vivaient à Schloss Arenenberg près de Girsberg et il est à penser que ce fut là qu’Amélie rencontra pour la première fois Frederic von Zeppelin.Quand Eugène Napoléon fut vice roi d'Italie, il pris résidence en Allemagne et il est censé être devenu actionnaire dans la maison Macaire comme sleeping partner avec des fonds considérables.En 1868 le petit-fils de Jacques Louis, Eberhard von Zeppelin (frère de l'inventeur), d'abord diplomate comme son père (ambassadeur de l'Etat de Wurtemberg en Italie puis Autriche) quitte le service diplomatique et vient à Constance pour devenir directeur de la banque Macaire et Cie.En 1873 Albert von Hofer rejoins la compagnie comme partenaire d'Eberhard von Zeppelin. Il amena l'affaire à une nouvelle apogée avec son riche savoir faire et son expérience.Les héritiers de Maurice Macaire demeurèrent engagés avec la banque en dépit de la fermeture de la fabrique, jusqu'en 1907 où ils quittèrent la firme pour des raisons de partage d'héritage.L'affaire demeura sous la direction de Herr von Hofer jusqu'en 1908 quand Carl Firnhaber qui travaillait à la banque du Wurtemberg à Stuttgart en devint actionnaire et pris le contrôle et la direction de l'entreprise.En 1911 pour son 125ème anniversaire la banque Macaire et Cie publia une "Histoire des Macaire de l'Ile".Le premier juillet 1921 la banque Macaire passa sous le contrôle de la South German Discount Society et quelques années après se trouva transformée en compagnie d'assurances. On trouve en 1930 sa dernière mention dans le gouvernement de Constance.

 3.7 - Arenenberg, Hortense de Beauharnais , le futur Napoléon III et la famille Macaire

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Nous avons vu que la banque Macaire gérait les finances de la famille Napoléon qui s'était réfugiée tout près à Arenenberg après la chute de l'Empire Français. Mais il semble qu'entre la familles Macaire alliée aux Zeppelin et la famille Napoléon il ne s'agissait pas seulement de relations d'affaires mais aussi d'amitié et de comnivence dans les efforts de Louis Napoléon pour restaurer l'empire. et devenir Napoléon III. On peux s'interroger sur ce qui a amené la famille Macaire à devenir bonapartiste, peut être l'alliance avec la famille d'Hogger colonel suisse au service de la France ?Pour s'en rendre compte nous disposons notamment du journal de Valérie Mazuyer dame d'honneur de la reine Hortense dont le journal a été publié par la revue des deux mondes de 1914 à 1916 sous le titre "La reine Hortense et le prince Louis" La numérisation de cette revue par la filiale Gallica de la Bibliothèque Nationale facilite les recherches.Nous disposons également de rapports de police suite à la surveillance de la famille Napoléon et des familles amies. Ces rapports de police concernent David Macaire1 ce qui paraît normal au vu de la proximité entre Constance et Arenenberg mais également Joseph Aimé Macaire négociant à Genève sur la fiche2 duquel il est noté qu'il appartient à une famille dévouée aux intérêts de la famille Bonaparte. Or David et Aimé sont bien cousins mais déjà d'assez loin leur ancêtre commun étant Léonard Macaire marié à Marguerite de Gumin leur arrière arrière grand père. Cela pourrait signifier que la famille Macaire était restée très liée entre ses branches de Genève et de Constance. Peut être d'autres membres des branches suisses se révèleront ils impliqués dans les conspiration de Napoléon III.La numérisation progressive des archives et ouvrages historiques par la BNF et autres Google apportera sans doute des lumières la dessus car les documents utilisés ci après ne couvrent qu'une partie de la période napoléonienne de l'histoire d'Arenenberg.

 3.8 - Le futur Napoléon III 23 ans à Arenenberg

Napoléon III avant de devenir empereur a vécu 23 ans au château d'Arenenberg dans le canton de Thurgovie. Il était alors citoyen suisse et capitaine d'artillerieLouis Napoléon était le fils cadet d'Hortense de Beauharnais et de Louis Bonaparte roi de Hollande et frère de Napoléon Ier. Ce dernier avait désigné le fils cadet d'Hortense comme son successeurAprès Waterloo la famille Bonaparte dut fuir et la reine Hortense et son plus jeune fils arrivèrent à Constance en décembre 1815 et trouvèrent asile tout près à Arenenberg dont ils achetèrent le château en 1817. Placé sur une colline avec vue sur le lac le château d'Arenenberg devint le centre de la vie politique et sociale de la famille Napoléon. A partir de 1823 la reine Hortense et le prince Louis Napoléon passent l'été à Arenenberg. Jusqu'à sa mort en 1837 l'ancienne reine qui se nommait désormais duchesse reçut de nombreux invités de rang européen issus de la littérature, de la musique, des arts, de la politique et de la haute noblesse européenne. Chateaubriand dans ses mémoires d'outre tombe raconte sa visite à la reine Hortense à Arrenenberg.Après la révolution de 1830 la passion politique se réveilla chez le prince Louis et Arenenberg devient le point de rencontre des jeunes révolutionnaires. Après deux tentatives de renversement échouées en France Paris exigea son expulsion de la Confédération suisse et le prince quitta la Suisse. En 1851 il se faisait proclamer empereur sous le nom de Napoléon III. Il n'avait pas oublié Arenenberg et en août 1865 l'empereur et son épouse Eugénie séjournèrent au château. Par la suite Napoléon ne revint jamais à Arenenberg mais après sa mort en Angleterre l'impératrice Eugénie et son jeune fils le prince Louis Napoléon restèrent à Arenenberg dont le château fut agrandit. Après la mort de son fils l'impératrice légua la propriété au canton de Thurgovie en 1906En 1906 le château devint donc le musée Napoléon. Il comporte de nombreux meubles de l'époque, de précieuses collections et une bibliothèque de recherches. Une exposition s'y est ouverte en 2008 pour le 200 ème anniversaire de la naissance de Napoléon III

 3.9 - Le journal de Valérie Mazuyer

Promue en 1831 dame d'honneur d'Hortense de Bauuharnais Valérie Mazuyer va vivre avec elle jusqu'à sa mort en octobre 1837. De son journal la Revue des 2 Mondes a publié de 1914 à 1916 neuf articles intitulés 'La reine Hortense et le prince Louis". Dans ces articles apparaissent les noms Macaire et Zeppelin ce qui montre les liaisons avec la famille Napoléon pour la période 1830-1837.—Le 13 avril 1836 Valérie Mazuyer écrivait "Vendredi nous avons été à Constance……les princes Louis et Jérôme ne sont pas revenus avec tout le monde. Ils sont restés à Constance pour aller au spectacle….Ils avaient reconduit Amélie et Henriette chez elles….." (les deux filles de David Macaire).—Le lendemain 14 avril Valérie continue "Le prince Jérôme allait faire une visite à M. de Zeppelin et notre prince (Louis) restait avec sa jolie cousine"—Le 16 avril suivant Valérie poursuit : "Le prince Jérôme est allé à Constance faire une commission que j'avais pour Henriette Macaire, la reine hésitait à publier 1815"—Enfin le 21 avril elle écrit : "elle a fait la moue quand j'ai dit que la princesse Eugénie était la perfection……et bien plus encore quand le prince a dit que Mme de Zeppelin était la plus belle du bal"A la fin de cette année 1836 Louis Napoléon tente de soulever la garnison de Strasbourg mais son coup échoue—Le 8 novembre 1836 revenant de Strasbourg à Constance Valérie écrit : "Le cocher qui me ramenait devant changer de chevaux je fus l'attendre chez les Macaire. Mme Macaire avait reçu une lettre de Mr Parquin qui priait M. Macaire d'être le tuteur de sa fille. Elle était allée dans la journée à Arenenberg et c'était elle qui avait appris à la petite l'emprisonnement de son père" (Le capitaine Parquin avait été mis en prison à Strasbourg suite au coup d'état manqué de Louis Napoléon)—Le 12 décembre 1836 Valérie écrivait "La reine a reçu par M. Macaire la nouvelle que son mari refuse de payer au Prince le prix de sa maison vendue à Lucques et lui retire sa pension….."La fin de l'année 1837 devait voir la mort de la reine HortenseLe 25 septembre 1837 Valérie relate les visites à la reine mourante et on lit : "La princesse Joséphine est arrivée à 4 heures avec Mlle de Fahnenberg, les Crenay sont venus aussi, Fanny et sa princesse (les Hohenzollern), les Zeppelin avec Henriette."Le 11 octobre la comtesse Amélie de Zeppelin envoie une lettre à Valérie Mazuyer pour exprimer sa tristesseLe 13 octobre la reine est alors décédée et Valérie évoque le service mortuaire à Ermelingen qui a lieu ce jour. Elle écrit : "sa femme qui est mal portante et qui vise toujours un peu à l'effet a quitté le banc de l'église où elle était avec les Crenay, Macaire et toutes nos connaissances"Dimanche 22 octobre 1837 Valérie Mazuyer quitte avec tristesse et regrets Arenenberg où dit elle "je croyais y vivre et y mourir"

 3.10 - Arenenberg un lieu de complots

Le prince Louis cherchait à prendre le pouvoir en France. Arrenenberg était donc un lieu de complots surveillé par les polices Des documents d'archives nous permettent de voir que la famille Macaire était très impliquée dans ces complots.—Dans une lettre du 25 septembre 1823 au vicomte de Chateaubriand alors ministre des affaires étrangères de France le marquis de Moustier évoque la surveillance qu'il exerce sur la reine Hortense. Il signale les allées et venues et les correspondances nombreuses qui passent toutes entre les mains de Mrs Macaire gendre de Mr Hogger et de Lille de Schaffhouse lesquels dit-il "font de fréquentes visites aux hôtes des châteaux d'Eugensberg et d'Arenenberg."—Plusieurs rapports de police datés de 1824 à 1827 font état des allées et venues d'Aimé Macaire entre Genève, Paris et Londres. Il y est dit que "cet individu appartient à une famille dévouée aux intérêts de la famille Bonaparte"

 3.11 - Amélie Macaire comtesse Zeppelin

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Pauline Françoise Amélie Macaire dite Amélie fille de David Macaire et Claudine Henriette Coralie d'Hogger naît à Constance le 10 janvier 1816.Un an plus tard en 1817, Hortense de Beauharnais s'installait tout près au château d'Arenenberg avec son fils cadet âgé de 9 ans, le prince Louis, futur Napoléon III. L'ancienne reine de Hollande y recevait de nombreux invités de rang européen issus de la littérature, de la musique, des arts, de la politique et de la haute noblesse européenne. On y complotera aussi pour le retour des Bonaparte en France.Hortense confie la gestion de ses finances à la banque Macaire ce qui ajouté au fait que l'épouse de David Macaire était fille du baron d'Hogger colonel de gardes suisses au service de la France explique les relations intimes entre les familles Macaire et Bonaparte.La lecture du journal de Valérie Mazuyer dame d'honneur de la reine Hortense nous éclaire à ce sujet. Valérie Mazuyer écrivait en avril 1836 : "Vendredi nous avons été à Constance… …les princes Louis et Jérôme ne sont pas revenus avec tout le monde. Ils sont restés à Constance pour aller au spectacle….Ils avaient reconduit Amélie et Henriette chez elles….." (Henriette était la sœur cadette d'Amélie). Et quelques jours plus tard elle poursuivait : " le prince a dit que Mme de Zeppelin était la plus belle du bal"Cest donc sans doute dans les salons d'Arenenberg que Pauline Françoise Amélie avait rencontré Frédéric comte de Zeppelin.

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Le jeudi 27 novembre 1834 à Constance Pauline Françoise Amélie âgée de 18 ans, épouse Frederic Jerome Wilhelm Karl comte de Zeppelin, diplomate à la cour des Hohenzollern Sigmaringen. Celui-ci quitte sa position à la cour et rejoint l'entreprise familiale. Les époux vivront dans une très vieille maison en dehors de l'entreprise, sur la même petite île, 4 années pendant lesquelles leur fils Ferdinand naîtra en 1838. Ils partiront ensuite pour Schloss-Girsberg à Kreuzlingen juste sur la frontière suisse.Girsberg était une grande maison de pays que Jacques Louis Macaire acheta au Prince Frédéric II de Wurtemberg en 1803.En 1809 elle sera utilisée par son fils David qui épousa Claudine d'Hogger en 1813. Les trois enfants de ceux-ci sont nés ici entre 1815 et 1818.En 1838 David donne Girsberg en cadeau au couple Zeppelin.Hélas en 1851 Amélie tombe sérieusement malade et part en cure à Montpellier. Elle y décède à l'hôtel Nevet rue Sainte Foy le 15 mai 1852 à 11 heures du soir et sera inhumée au cimetière protestant de la ville ou elle est toujours en 2012.

 4 - Les Macaire en Angleterre

PréambuleL'histoire des Macaire en Angleterre est surtout une traduction du livre "History of the Macaire Family" écrit par Francis Mc Call, édité en l'an 2000 et de son supplément sorti en 2002.Francis Mc Call fils d’Aline Macaire, descendant des Macaire émigrés en Suisse puis passés en Angleterre au XIXe siècle et sujet britannique a écrit cette histoire de sa famille maternelle et en a adressé un exemplaire à Pierre Macaire habitant avenue du Prado à Marseille et un autre à Marcel Macaire habitant à Saint Egrève près de Grenoble. Il s'est basé sur le livre de Galiffe "Notice généalogiques des familles genevoises", sur "Study of the Family of Macaire" par Peter Piggot paru en 1992, sur des documents rassemblés depuis un siècle par ses ancêtres Macaire anglais et sur ses recherches personnelles. Il intègre le document sur la noblesse des Macaire établis par Claude Drigon marquis de Magny dont on a vu ou verra par ailleurs qu'il est plus que sujet à caution. Du fait de la référence à Galiffe certaines filiations de la période ancienne étaient à revoir et ont été corrigées dans le supplément paru en 2002. On trouve dans cet ouvrage des illustrations intéressantes notamment sur le passage des Macaire à Constance et l'épisode Zeppelin. Les liaisons avec les grandes familles anglaises sont également bien développées. Francis Mc Call a sorti en 2002 un supplément à son livre intégrant les données récentes sur la période 16ème et 17ème siècle et sur la période actuelle.

 4.1 - Jean-François dit Franck Macaire prend la nationalité anglaise

Fils de Marc-François Macaire et de Marie-Louise Maubert, Jean-François naît le 9 juillet 1825 à Genève et décède en octobre 1909 à Reigate dans le Surrey. Il vint en Angleterre en 1845 âgé de 20 ans. La raison en est inconnue mais il est à penser qu'il fut envoyé par son père Marc-François qui donna son accord à la naturalisation de Jean-François en 1848. Il fut courtier dans la cité de Londres pendant 15 ans suivant ainsi la voie de son père.Après naturalisation Jean-François fut aussi un membre du Stock-Exchange en 1868 mais on ne sait pas pendant combien de temps. La direction des postes de Londres donne en 1861 : John-Francis, Stock and Share broker.Marié deux fois Jean-François le fut d'abord avec Mary Hardy le 17 avril 1850 à St Mary's, Islington, par le révérend J.Haslegrove. Il en eut 4 enfants, Georges-Francis né le 4 mars 1851, Arthur né le 8 novembre 1852, Mary Louise née le 29 mars 1854 et Alfred né en décembre 1857.L'histoire familiale dit que Sa Majesté la reine Victoria offrit gracieusement à Jean-François l'autorisation d'utiliser son titre français de marquis en Angleterre mais il déclina et devint sujet britannique naturalisé en 1848 sous le nom de John-Francis Macaire.John-Francis fut aussi d'une manière ou d'une autre engagé avec le plus jeune fils de la reine Victoria, le prince Leopold, duc d'Albany dans la manufacture royale de vitraux de Windsor (1878-1890).Francis Mc Call se souvient avoir vu dans sa maison natale, quand il était garçon, un vitrail aux armes des Macaire mais malheureusement il ignore ce qu'il devint car après la mort de son père, sa mère Aline Macaire vendit la maison pour émigrer en Malaisie.Selon les dires du mémoire de naturalisation pour Jean-François celle-ci s'est effectuée le 20 mars 1848 et ses parrains furent :—John-Francis Maubert, probablement le frère de sa mère.—Francis Mercier, probablement un confrère courtier.—Joseph Salked, sans doute idem.—Georges Peckett, qui sera parrain de son fils Georges-Francis Macaire en 1851.Mary Hardy née en 1824 était la fille de John Hardy habitant 15 Hightbury Crescent, Islington, qui pense Francis Mc Call occupa une position maîtresse aux Lloyds de Londres. Malheureusement Mary décéda le 7 avril 1870 à 46 ans.En 1873 Jean-François épousa à St Saviour's, Pïmlico, Jane Anderton née Anderson alors veuve, mais elle décéda en 1878. Elle était quatorze ans plus jeune que lui et l'union ne fut pas heureuse. Ils vivaient à Grosvenor Gardens, Belgravia.Après la mort de sa seconde femme John-Francis vint vivre à Wallfield Cottage à Reigate vers 1890 avec son fils Arthur, sa femme Marie Louise née Allen et sa petite fille Aline née en 1887. Il y décéda en 1909 et fut inhumé dans le cimetière paroissial de Reigate.

 4.2 - Georges-Francis Macaire marquis de Fonclager

Georges-Francis, fils aîné de Jean-François Macaire et de Mary Hardy naquit à Londres et fut éduqué au collège Cheltenham entre août 1866 et juin 1868. L'adresse paternelle était à ce moment Woodhurst, South Norwood, Surrey. Après avoir quitté l'école lui et son frère Arthur vinrent vivre à Richmond.Ils ont dû rejoindre l'entreprise de leur père : "John-Francis Macaire-Stock and Share Brokers" dans la City. Le registre des membres du Stock Exchange (la Bourse) pour 1879 donne : Georges F. Macaire and Arthur Macaire l'un et l'autre résidant à Staines.........De 1886 à 1900 on trouve sur les adresses de la City de Londres les adresses suivantes : City of London Directory, Macaire brothers stockjobers 3 Coptal Court,2rd floor ou bien share jobbers au lieu de stockjobers. A partir de 1888 et jusqu'en 1894 on trouve soit Macaire Georges-Francis soit Macaire Arthur stockjobbers à la même adresse.Vers la fin du dix neuvième siècle Georges-Francis rompit sa participation à la firme paternelle suite à un différent avec son père et son frère. Il vint ensuite vivre à Londres, rejoignit probablement une autre firme et continua avec le Stock Exchange. Mais il resta solitaire après la rupture avec sa famille. En 1901 il épousa Maude Miéville fille de John et Annie Miéville à St Albans. Elle avait dix huit ans de moins que lui. Ils eurent quatre enfants : Jessie Gwendolyn née le 8 juillet 1902, Claudine Gladys née le 21 avril 1905, John-Francis né le 26 mai 1907, Alice Maude née le 5 août 1910.Ils s'installèrent à Shenfield dans l'Essex. Maude était nursing-sister à l'hôpital de Londres au moment de leur mariage. Trois de leurs enfants naquirent à Shenfield mais en 1908 Georges-Francis quitta le Stock Exchange et emmena sa jeune famille vivre dans le Devonshire où il loua Watermouth Cottage à Berrynabor près d’Ilfracombe selon un membre de la famille Curzon qui vécut ensuite à Watermouth Castle. C'est là que naquit leur quatrième enfant Alice Maude.Peu après le déclenchement de la première guerre mondiale en 1914 il fut décidé en accord avec la famille Curzon d'utiliser Watermouth Cottage comme hôpital pour les soldats belges blessés, présents en Angleterre à ce moment là. Aussi la famille Macaire se déplaça temporairement dans une maison proche. Mais la guerre se prolongeant les Macaire emménagèrent dans une maison nouvellement construite à Silford Cross près de Westward Ho.Dans cette maison Georges-Francis décéda d'une angine en 1915. Sa mort précoce fut une réelle tragédie pour sa femme et sa famille. Maude se retrouva avec l'énorme problème d'élever quatre jeunes enfants dans des circonstances difficiles.Alors que Georges-Francis et Arthur vivaient en chambre à Richmond ils ont sans doute eu une vie sociale riche et agréable du fait des amis suisses et anglais vivant dans la région de Londres à ce moment. Une maison ou ils étaient bien accueillis fut Duncroft à Staines près de Windsor ou vivaient Jean-François Miéville et sa femme Annie Claudine née Spurgin.Leur grand-mère Marie-Louise Maubert a été une petite cousine de Jean-François Miéville et c'est dans cette maison que Georges-Francis vit pour la première fois sa future femme qui était la plus jeune fille de la maison. Mais à ce moment Georges-Francis tomba amoureux de la sœur aînée de Maude, Annie Margaretta née en 1866 et la fille favorite de sa mère. Mais ceci ne devait pas être et Anne Margaretta épousa Harold Paine un cousin de la femme d'Arthur Macaire, Mary Louisa Allen.Annie Margaretta fut marraine du fils de sa sœur, John-Francis né en 1907Georges-Francis est enterré dans le cimetière paroissial d'Abbotsham. On lit sur sa tombe : Georges-Francis Macaire Marquis de Fonclager.Abbotsham est un petit village sur la côte du Devon nord près d’Appledore et Barnstaple. On y trouve seulement un pub, un bureau de poste et une église.

 4.3 - Arthur Macaire 1852-1935

Arthur était le plus jeune fils de Jean-François Macaire et de Mary Hardy et comme son frère aîné fut éduqué à Cheltenham College de 1867 à 1870 dans Leconfield House. Georges et Arthur partagèrent ensuite des chambres à Richmond puis commencèrent à travailler dans la firme paternelle de stock-brokers dans la City.Arthur fut un amateur d'aviron enthousiaste et appartenait au London Rowing Club en 1870. Francis Mc Call possède deux coupes en argent remportées lors de régates en 1874 et 1875. Il fut aussi un grand pêcheur en eau douce.Le 6 septembre 1886 Arthur épouse Mary-Louisa Allen fille unique de Walter D. Allen dans l'église paroissiale de Reigate, Surrey et l'union fut bénie par le révérend E. Allen. Ils eurent une unique fille Aline née le 5 octobre 1887 et baptisée le 8 novembre suivant dans l'église Nutley Lane de Reigate par le révérend J. AdamsonLe répertoire du Post-Office de Londres donne les frères Georges et Arthur Macaire comme stock and share jobbers entre 1883 et 1900.Le crash financier Whitaker Wright le touche durement en 1904.A une date indéterminée mais sans doute vers 1915 Arthur quitte Reigate pour un appartement à Princes of Wales Drive, Battersea Park. On ne sait pas non plus si le fait qu'il quitta le Stock Exchange et rejoignit la firme d'Arthur T. Wilson était un résultat de ses déboires avec le crash Whitaker Wright.Le père de Mary Louisa, Walter-Daniel Allen était stock broker (agent de change) et sa mère Mary-Ann Paine décéda en 1862 alors que la famille était au Canada. Mary était la fille aînée et avait deux frères Marshal et Bertrand et un beau frère Walter. Les Paine étaient aussi stockbrockers et vivaient dans une grande maison à Staines.Autre membre de la famille Paine, Fanny Paine épousa le général von Hiller de Stuttgart et sera marraine de Moyra Mc Call. Après la mort d'Arthur en 1935 Mary vendit l'appartement et vint vivre avec Aline à Cliftonville, Margate où elle décéda le 31 octobre 1950 à 94 ans.Entre 1886 et 1894 Mary écrivit et publia quatre petits livres de cuisine dont deux iront jusqu'à la 18ème et la 32ème édition.

 4.4 - Aline Macaire 1887-1981

Fille unique d'Arthur Macaire et de Mary Louisa Allen, Aline épouse le 18 juillet 1908, en l'église paroissiale de Reigate, Harold William Lockhart Mc Call, fils aîné du capitaine W. Lockart Mc Call du 14ème Hussard.Aline avait été espérée comme épouse par Harold Holl qui fut un ami intime d’Harold Mc Call à Cambridge mais elle était engagée avec ce dernier depuis l'âge de seize à dix sept ans.Après les noces ils vinrent vivre à Maiden Newton, près de Dorchester ou Harold travaillait comme avocat. Leur première fille Moyra ayant dû subir une opération le meilleur endroit pour sa convalescence était Margate dans le Kent et ils y louèrent une maison en 1913. Harold rejoignit l'armée en 1915 et en revint en 1921 après un service prolongé sur le front ouest, dans l'armée d'occupation à Cologne et en Mésopotamie. Il acheta ensuite une grande maison appelée Standerwick et lança une école avec quelques pensionnaires et des externes. Mais ensuite trois nouveaux enfants naquirent, Robert en 1914, Helen en 1918 et Francis en 1922. Harold rejoignit l'armée après la bataille de Dunkerque à l'âge remarquable de 59 ans mais fut réformé en 1942. Il décéda à Standerwick le 23 juillet 1964 âgé de 83 ans. Son épouse Aline vendit alors la maison et vint à Folkestone pour être près de Robert qui vivait alors à Hythe pas très loin. Elle y décéda le 7 février 1981 à 93 ans.

 4.5 - Mary Louise Macaire

Mary Louisa troisième enfant de Jean-François Macaire et son unique fille naquit le 29 mars 1854 et épousa le 6 mai 1874 Thomas Freeman Tilleard né en 1852 qui devint un stock-broker (agent de change) et décéda le 19 septembre 1907.Il est noté dans les répertoires de Londres pour 1883-1886 que Macaire et Tilleard furent associés et Stock-jobbers au 3 Copthall Court, EC,Mary-Louisa et Thomas Freeman eurent neuf enfants :Parmi ceux-ci, la famille d’Eric John (4 enfants) émigra en Australie en 1920.Hugh-Reginald 1879 épousa en 1911 Margaretha de Villiers et en octobre 2002 Marcel Macaire recevait un message sur internet venant de John Harris son petit-fils, vivant en Afrique du sud et disant :

De : "John Harris" Date : Wed, 9 Oct 2002 17:06:11 +0200 (South Africa Standard Time)À : Objet : family treeI am in possession of a Macaire "pedigree" dating from the 12th century up to the birth of my great grandmother Marie-Louise Macaire who married Thomas-Freeman Tilleard. My paternal grandfather is Hugh-Reginald Tilleard who married Margaritha De Villiers in South-Africa in 1911. I have a cousin Hugh Tilleard who is the last remaining male Tilleard (at least in SA) My mother, the daughter of Hugh is still alive. If you have any information on the Tilleards I would appreciate hearing from you. regards John HarrisMy apologies I cannot converse in french

 4.6 - John-Francis Macaire

Troisième enfant et seul fils de Georges-Francis Macaire et de Maude Miéville, John-Francis naît le dimanche 26 mai 1907 à Billericay dans l'Essex. Billericay est à 40 km du centre de Londres côté Est.A l'âge de dix ans John-Francis est envoyé à la Christ's Hospital School à Horsham dans le Sussex. Il rejoint la Dorking Brick Company en 1925 et en devient directeur.John-Francis épouse le 16 juin 1934, à l'église St John, de Wotton près de Dorking, Daphne Hellings de Kempslade, Abinger Common. Ils vivent ensuite à Hookfield, Abinger Common où leur fils Richard-Francis que nous verrons ensuite naît le 17 août 1939.John-Francis servira en Inde dans la Royal-Air-Force durant la seconde guerre mondiale.Hookfield fut vendu en 1947 et la famille vint à Rushwood House à Dorking. Richard alla à l'école à Pyrford près de Woking et ensuite en 1953 à Bryanston School, Blandford dans le Dorset.En 1967 John-Francis se retire puis en 1968 Rushwood House est vendu et la famille vient habiter à Bridge House, Earls Colne dans l'Essex. Le déménagement depuis le Surrey fut effectué pour se rapprocher de Richard-Francis son fils et de sa famille.John-Francis décède le 5 septembre 1988 et ensuite son épouse Daphne emménage à Sheepcote-Farm-House, Denston tandis que Richard et Rosemary vivent de nouveau à Denston Hall.John-Francis avait trois sœurs : Jessie-Gwendolyne née le 8 juillet 1902 mariée au capitaine Heath ; Claudine-Gladys née le 21 avril 1905 et décédée le 14 mars 1971, mariée à Franck Railton, mère de Michael-James né le 28 septembre 1935 ; Alice-Maude née le 5 août 1910.

 4.7 - Richard Francis Macaire

Richard-Francis né le 17 août 1939 à Abinger Common était le fils unique de John-Francis Macaire et de Daphne Hellings. Il fit ses études à Bryanston School et à l'université de Grenoble.Après sa scolarité, en 1958 il passe une année chez Fairclough, Dodd and Jones, produce brokers dans la City et ensuite une année à l'université de Grenoble.Il est ensuite appelé pour le service national et engagé au 5th Inniskilling Dragoon Guards stationné en Allemagne. A sa libération il rejoint "E. D. and F. Man, Commodity Brokers" dans la City en 1962.Le 20 juillet 1963 il épouse Rosemary, seconde fille du colonel et de Mme Anthony Taylor de North Aston Manor à Oxfordshire en l'église St-Pierre et St-Paul de Deddington à Oxfordshire.Richard-Francis et Rosemary auront quatre enfants : Juliet-Vanda née le 14 juillet 1964 et mariée à Andrew ·Fellows, mère de 5 enfants ; Fiona-Daphne née le 14 octobre 1965 mariée à Simon Vickers, mère de 5 enfants ; Susanna-Mary née le 20 avril 1967 ; David Richard John-Francis que nous verrons ensuite.Richard-Francis se retira des affaires en 1987 et a vécu à Londres, Wakes Colne, Essex et Negding, Suffolk. Pendant sa retraite il achète Denston-Hall dans le Suffolk. Il décèdera le 19 janvier 2010 au Chili chez une de ses filles.

Fils unique de Richard Francis que nous venons de voir, David naît le 21 juin 1969. Il fait ses études à Eton College et ensuite au Wye Agricultural Collège dans le Kent. Suivant les traces de son père il entre chez "E. D. and F. Man The Commodity Brokers" dans la City de Londres. En juillet 1999 il se fiance avec Alexandra Kingman de Berwyn, Pennsylvanie, USA qu'il épouse le 9 octobre 1999. Sa fille Élisabeth-Diana naît le 23 juillet 2000, sa fille India-Rose en 2002, son fils Amory en 2003 et sa dernière fille en 2005. Il vit dans une très belle maison à Denston-Hall près de Newmarket dans le Suffolk.

 4.8 - Denston Hall le domaine de Richard et Rosemary Macaire depuis 1988

Un article d'une revue anglaise évoque la demeure et les jardins qu'habitent aujourd'hui Richard et Rosemary Macaire.Ce fut le coup de foudre quand un ami introduisit Richard et Rosemary Macaire dans Denston Hall. Malgré qu'il fut plus ou moins abandonné le domaine avait encore un charme irrésistible. La propriété avait été celle de la même famille pendant quatre siècles et la nature avait commencé à vivre sans contrôle.Un manoir du 13ème siècle pourrait avoir occupé le site de la maison actuelle qui date en partie du début du 16ème et en partie des environs de 1700.La maison originale était un grand bâtiment carré construit autour d'une cour intérieure et entouré d'un fossé. Les propriétaires actuels achetèrent la propriété en 1988 et rénovèrent la maison et les extérieurs. En même temps le jardin fut restauré et replanté. Il fut étendu sur le côté est pour entourer le lac qui fut créé par endiguement d'un petit cours d'eau courrant à travers le parc.

 5 - Les descendants genevois de Léonard III Macaire

Léonard III Macaire, bourgeois du Pont-en-Royans né en 1637 et marié vers 1667 à Marguerite de Gumin eut de celle-ci 9 enfants dont 3 fils qui s'établirent à Genève, Léonard IV, François et Benjamin. Les deux aînés laissèrent une nombreuse postérité qui se répandit ensuite en France, en Allemagne et en Angleterre.Léonard IV né le 28 novembre 1673 à Pont-en-Royans fut envoyé par ses parents, en 1689 âgé de 16 ans à Genève où il entrait comme apprenti chez le maître horloger Luc Morin. Il s'y établi ensuite pour son compte et épousa en 1699 Madeleine Garnier fille de René, chirurgien et bourgeois de Genève qui lui donna 14 enfants. Parmi ceux-ci Jean Jacques René que nous verrons ensuite est le chef de file de la branche actuelle des Macaire passés par la Suisse.Vers 1695, Léonard était rejoint par son frère cadet François né en 1679, qu'il initia d'abord lui même à sa technique, le confiant ensuite pour un an, en 1698 à son collègue Pierre Mestral. S'étant marié en 1700 à Madeleine Lesage fille de Phillibert et Marie Minutoli François allait alors se fixer à Coppet ou naquit en 1708 son fils Louis Benjamin. Revenu à Genève il semble y être alors entré en association avec son frère Léonard qui mourut en 1718. C'est vers 1730 que François Macaire se serait rendu à Londres pour y fonder une nouvelle affaire d'horlogerie, ce qui serait attesté par une belle montre à verge munie d'un réveil figurant en 1896 à l'exposition nationale d'horlogerie de Genève avec la marque "F Macaire London 1732". Sa mort devait toutefois survenir à Genève le 4 décembre 1734 à l'âge de 57 ans.Il parait très probable que durant son absence il avait confié la direction de son atelier genevois à son fils Louis Benjamin également mentionné comme horloger. Il apparaît en effet que le 27 juin 1734, celui-ci se faisait recevoir bourgeois de Genève preuve qu'il avait alors une situation bien assise. Vers 1735 il prenait pour associé son cousin Julian Macaire, devenu récemment son beau frère par son mariage avec sa sœur Anne Elisabeth. Mais leur bonne entente ne dura guère car il s'en séparait déjà le 26 octobre 1740. Il s'agissait d'ailleurs d'un homme assez instable, qui devait plus tard émigrer à la Martinique où on le retrouve en 1756.Après la mort en 1768 de Louis Benjamin ce fut son fils aîné Aimé Macaire (1742-1824) qui lui succéda dans son magasin d'horlogerie. Mais ses affaires finirent par péricliter, si bien qu'en 1779 il se voyait acculé à la faillite, se contentant désormais d'un simple poste de marguillier. Cependant quatre ans après l'aîné de ses fils Aimé Macaire (1764-1848) est encore qualifié d'horloger. Il devait ensuite se tourner vers l'enseignement et se faire nommer en 1797 régent de la classe de VIIIème. Quant à son frère cadet Jean-François (1776-1836) il fut placé en apprentissage en 1789 chez le maître horloger Pierre Faizan. Nous ignorons toutefois s'il poursuivit ensuite le métier traditionnel de sa famille.Benjamin Macaire né en 1681 à Pont-en-Royans qui était lui aussi horloger et qu'on rencontre à Genève dès 1723, ne s'y fit recevoir comme habitant qu'en 1740 ce qui semble indiquer qu'il prit alors des responsabilités personnelles dans l'affaire familiale. Demeuré célibataire il devait mourir en 1746 à l'âge de 65 ans.

Jean André Marc Macaire soldat suisse au service de NapoléonFils de Jean Antoine Macaire et de Louise Benoît, petit-fils de Louis Benjamin et de Madeleine Bramerel, Jean André Marc sera soldat de première classe du Génie de la Grande Armée de Napoléon. Rescapé de la campagne de Russie et prisonnier des Russes à la traversée de la Bérézina il revient après 2 ans de captivité, en 1814 reprend son service à Paris et sera décoré de la légion d'honneur le 20 août 1824.Il avait été naturalisé français le 24 mai 1816 par ordonnance du roi et habitait 350 rue St Honoré à Paris.Il y décèdera le 15 avril 1842 et désignera alors comme son héritière universelle Demoiselle Agathe Zéphirine Gros Poisson dont nous ignorons tout.

 5.1 - Jean Jacques René Macaire le chef de file

Fils de Léonard IV Macaire et de Madeleine Garnier Jean Jacques René Macaire naît à Genève le 21 novembre 1707. Il étudia la chirurgie et fut pendant 3 ans chirurgien major dans le régiment du Brigadier Hizel de Zurich au service de la Hollande. Il revient à Genève le 25 décembre 1731, y achète la bourgeoisie et il est reçu bourgeois le 15 mars 1732.

Le 8 juillet 1732 il épouse sa cousine Françoise Heurard, fille d'Elisée Heurard de Saint-Gervais-sur-Isère, en Dauphiné et d'Olympe Clavière née le 30 juillet 1712. Agée de 20 ans elle eut en dot 23.483 (? livres) de Genève. Après avoir fait tous ses examens et chef d'œuvre il est reçu maître chirurgien à Genève le 15 décembre 1735 et pratique son art avec succès. Il eut de son premier mariage deux fils : Charles François né le 17 avril 1733 à Genève et Pierre Louis né le 14 février 1735.Hélas Françoise Heurard décède des suites de sa deuxième couche le 22 février 1735.Jean Jacques René se remarie donc le 24 décembre 1736 avec Jeanne Lucrèce Elisabeth Godemard, fille d'Hector Godemar chirurgien à Vandoeuvres et née à Genève.Il mourra le lundi 12 septembre 1763 à Genève et son épouse en 1784 âgée d'environ 75 ans.Du second mariage de Jean Jacques René, avec Elisabeth Godemar sont issus : Jacques Louis né le 27 mai 1740 à Genève et Jeanne Henriette qui vivra peu.

 5.2 - Charles François Macaire

Charles François Macaire fils de Jean Jacques René et de Françoise Heurard, né le 17 avril 1733 à Genève épouse le 29 octobre 1756 à Jussy Anne Louise Dentant et décède le 19 octobre 1812. Il aura trois filles et deux fils :-Marc Etienne Macaire né le 25 février 1765 à Jussy et dont le fils Jean-François dit Isaac épousera à Londres Caroline Prinsep.-Daniel Jean Marc Macaire né le 16 juillet 1763 à Jussy dont le fils Marc François sera le chef de file des Macaire anglais.

 5.3 - Pierre Louis Macaire

Pierre Louis fils de Jean Jacques René et de Françoise Heurard, né le 14 février 1735 épouse le 23 novembre 1760 à Genève Olympe Andrienne George qui lui donne 6 fils et 3 filles. Il figure sur l'annuaire de 1814 du département de Léman dans la liste des docteurs en chirurgie de Genève avec date 1770 et adresse rue St Léger et décède le 18 février 1814.

 5.4 - Jacques Louis Macaire à Genève.......puis à Constance

Fils de Jean Jacques René et de Jeanne Lucrece Elisabeth Godemard et né à Genève le 27 mai 1740. Jacques Louis eut pour parrain Jean Louis Binet et pour marraine Aimée Frikelong. Ses parents lui font faire ses études au collège de Genève parce que sa mère voulait qu'il embrasse l'état ecclésiastique et devint ministre. Ne se sentant aucun goût pour cet état il obtint de pouvoir se vouer à celui de négociant qu'il préférait et il fit un apprentissage de commerce chez Messieurs Cathala et Lanene qui suivaient celui de la toilerie. Après avoir achevé cet apprentissage et après la mort de son père il entrepris quelques petites affaires pour son compte en toilerie et soierie et ayant eu quelques succès il fit pour les augmenter plusieurs voyages en France, en Hollande et en Italie. Ayant travaillé ainsi pendant 8 ans environ il se vit à même d'acheter à Presuy près de Genève une petite campagne de la valeur de 12 à quinze mille livres courantes de Genève et se sentant un goût décidé pour l'état de manufacturier il s'associe avec Mr. J. Louis Fazy fabricant d'indiennes à Genève. Originaires de Saint Vérand dans les Hautes Alpes les Fazy avaient introduit à Genève la fabrication des toiles peintes dites indiennes qui y pris vite un développement considérable. L'usine de Jean Louis Fazy comptait 12 à 1300 ouvriers. Au mois d'août 1773 Jacques Louis épouse Marguerite Delor Marchinville (fille de Pierre Delor marchand horloger à Genève et de Marguerite Marchinville) âgée d'environ 21 ans. Sa société avec Mr Fazy n'ayant duré que peu de temps il établit une petite fabrique d'indiennes dans les bâtiments de la maison Delor aux Etuves à Genève qu'il ne continua cependant que jusqu'à l'année 1782 époque des révolutions politiques de Genève et de la mort de sa femme. Il émigrera alors à Constance pour y fonder une nouvelle fabrique d'indiennes.Il mourut à sa campagne de Gisberg en Thurgovie près de Constance en juin 1824 et fut inhumé dans le cimetière de l'église de Dergenvyl. On se reportera au chapitre sur les Macaire de Constance pour cette période de sa vie. Il eut de son mariage avec Marguerite Delor deux fils : David qui va suivre et Gaspard né le 4 juin 1780 à Genève qui eut pour parrain Gaspard Delor et pour marraine ses trois tantes Louise, Antoinette et Caroline Delor et décéda le 26 septembre 1849 à Genève où il est enterré.

 5.5 - David Macaire et Henriette Claudine Coralie d'Hogger

Né à Genève le 7 juin 1774 David a pour parrain David Piffard, négociant et oncle de sa mère. Amené en 1785 à Constance par son père qui y fonda un établissement il fut appelé de bonne heure à l'aider de son travail dès qu'il en fut capable. Le 14 janvier 1814 il épouse Henriette Claudine Coralie d'Hogger (fille de Frédéric, baron d'Hogger, général des gardes suisses au service de la France) née en 1794 à La Haye et qui décèdera en 1847 à Méran en Tyrol. Le mariage eut lieu à Rolle. David amena sa femme à Constance où il avait continué avec son frère Gaspard la fabrique d'indiennes que leur père leur avait cédée. Voir le chapitre sur les Macaire de Constance.

 5.6 - Des de Senarclens Vufflens aux de Saussure et aux Necker, les beaux mariages des filles de David Macaire

David Macaire eut un fils Maurice qui lui succédera à la tête de l'entreprise familiale et que nous retrouverons dans le chapitre sur les Macaire de Constance et deux filles Pauline Françoise Amélie et Henriette Frédérique. La première épousera le comte Frédéric Zeppelin et nous en reparlerons également dans le chapitre sur les Macaire de Constance. La seconde s'unira à Henri Auguste Victor de Senarclens Vufflens.

 5.7 - Henriette Frédérique et Henri Auguste Victor de Senarclens

Henriette Frédérique, fille de David Macaire épouse donc en 1838 Henri Auguste Victor de Senarclens. La famille de Senarclens est ancienne puisque ses origines remontent au XIIéme siècle. En possession de la seigneurie de Vufflens jusqu'à l'indépendance vaudoise elle est restée propriétaire du château et de son domaine jusqu'à la fin du XIXe siècle. Celui-ci est ensuite passé par les filles à la famille de Saussure. Avant son mariage Henri Auguste Victor sert comme officier dans la garde royale du roi Charles X jusqu'à la révolution de 1830.

Le château de Vufflens élève sa silhouette imposante à trois kilomètres au-dessus de Morges et du lac Léman. C'est le chef d'œuvre des châteaux de brique et sa construction date du début du XVème siècle.La salle à manger est une des plus belles pièces du château de Vufflens. En haut de la paroi qui fait face aux fenêtres on voit des panneaux peints de scènes de genre du début du XIXe siècle dont l'auteur est un peintre français de St Marcellin en Isère nommé François Bonnet. C'est très probablement lui qui a été chargé de peindre et compléter les armoiries qui ornent le plafond groupées en rectangle autour des armes de Senarclens et Macaire.Du mariage d'Henriette Frédérique et d’Henri Auguste Victor naîtrons deux fils dont on sait peu de choses et deux filles Amélie et Hortense. Les deux filles héritèrent du château de Vufflens. Amélie épousera Jules Faesch d'origine bâloise (1833-1895) et Hortense Frédéric Necker de Genève (1838-1911). Ces deux familles touchent de près à l'histoire de France.La famille Faesch, bourgeoise de Bâle donne à la ville des orfèvres, des officiers et des magistrats. Joseph Faesch fils d'un officier au service de la France en Corse qui avait épousé la veuve Ramalino était donc le demi frère de Leticia Bonaparte et l'oncle de Napoléon qui le soutint dans sa longue carrière. Il deviendra cardinal archevêque de Lyon et primat des Gaules. C'est à une branche genevoise de cette famille que se rattachait Jules Faech mari d'Amélie de Senarclens. Jules Faesch était ingénieur en turbines hydrauliques (en particulier pour l'exploitation des chutes du Niagara) et son associé Piccard en collaboration avec Lucien Pictet fut le créateur de la première voiture automobile suisse, La Pic Pic. Il faut remarquer aussi que la société Neyrpic de Grenoble résultait de la fusion des sociétés Neyret Beylier et de Piccard et Pictet.Jules Faesch eut deux filles dont l'une Madeleine ne se maria pas. L'autre Marie Eugénie épousa en 1892 Ferdinand de Saussure qui reste une autorité mondiale dans le domaine de la linguistique générale dont il fut le fondateur. Ferdinand était l'arrière petit-fils d’Horace Bénédict de Saussure savant naturaliste qui ne craignit pas de gravir un des premiers le Mont Blanc pour y faire des observations en altitude.Avec ce mariage les De Saussure devinrent propriétaires du château de Vufflens. Claude de Saussure né en 1920, avocat vaudois et banquier de Genève, ancien président de l'association des banquiers suisse avait repris et habitait le château quans il décéda en 2002.

 5.8 - Hortense de Senarclens et Charles Frédéric Necker

Le 6 février 1866 Hortense Marguerite Caroline de Senarclens Vufflens 20 ans, petite fille de David Macaire épouse Charles Frédéric Edmond Necker âgé de 28 ans.Les Necker, originaires du Brandebourg se sont installés à Genève à la fin du 17ème siècle et le plus célèbre fut Jacques Necker banquier à Paris auquel Louis XVI fit appel comme directeur du trésor royal puis comme directeur des finances de l'Etat. Sa fille Germaine dite Mme de Staël baronne de Coppet fut une remarquable femme de lettres dont le rayonnement inquiétait Napoléon. Frédéric Necker qui épousa Hortense de Senarclens était l'arrière petit-fils de Louis Necker le frère aîné du ministre. Il sera délégué au Grand Conseil de 1864 à 1872, de 1874 à 1876 et de 1878 à 1880, maire de la commune de Satigny de 1865 à 1882, capitaine de cavalerie, puis capitaine à l'Etat major fédéral en 1868.Hortense et Charles Frédéric eurent 6 enfants : Amélie, Alice, Alfred, Henri, Germaine, Jacques Théodore à l'origine d'une nombreuse descendance. Le petit-fils d’Henri et de Reyne de Candolle, Florent Westphal habitait en 2004 Messery en Haute Savoie dont il fut maire. Son grand-père Henri avait pu recopier en 1929 chez la comtesse Hella Zeppelin épouse du comte Brandenstein le cahier de notes de David Macaire complété par Ferdinand de Zeppelin. Son cousin germain Alfred Necker avocat à Genève (Satigny) a pu récupérer plusieurs cartons d'archives des 18ème et 19ème siècles provenant de ses arrières grands-parents. Il y a notamment le journal intime d'Henriette Macaire épouse de Senarclens, des lettres de Coralie d'Hogger à son mari et ses enfants Henriette et Amélie épouse Zeppelin, le dossier de succession de David Macaire etc.

 6 - Dans la forêt des Coulmes 5 générations Macaire

 6.1 - Les Coulmes une forêt sans eau

Entre l’Isère et son affluent la Bourne, sur les communes de Presles et Rencurel, l’immense forêt de hêtres des Coulmes a connu pendant plus de deux siècles comme le montrent les dates inscrites sur les linteaux de portes une présence humaine permanente. Elle est pourtant sans eau et perchée à 1000 mètres d’altitude en moyenne.En la parcourant on découvre partout au détour des sentiers des vestiges de murs, de fours à pain, de citernes. En effet la seule manière d’avoir de l’eau c’était de récupérer celle des toits dans de grandes citernes en pierre maçonnées. Quand elles étaient vides il fallait aller chercher l’eau aux fontaines permanentes de Pétouze et de Bury fort éloignées.Les lieux ou vécurent les Macaire dans les Coulmes ont pour noms Les Antis, La Goulandière, Les Charbonniers, Les Combes.

 6.2 - Le hameau des Antis, 4 générations de Macaire

Une petite prairie allongée au sortir d’un virage de la route forestière qui mène de Rencurel à Presle, les ruines d’une citerne, 3 pans de murs et un énorme frêne c’est tout ce qui reste d’un hameau perdu dans la forêt des Coulmes que le cadastre de Presles nommait Jancias et que la mémoire a retenu comme Les Antis. Ici se dressaient 5 maisons et leurs dépendances et vivaient plusieurs familles. En 1896 on y trouvait les Borel, les Tardy et les Macaire. Dans deux de ces maisons cinq générations de Macaire se sont succédées entre 1809 et 1930. Après le départ des derniers habitants les Domaines ont tout racheté et les maisons ont été détruites par la construction de la route forestière qui est passée en plein dessus.Le lieu est signalé par une plaque de l'ONF rappelant son existence et sa vie ancienne. C’est là que s’ouvrit la première école en 1882 dans une des deux maisons Macaire louée pour la circonstance par la commune. Elle fonctionnera jusqu’à l’ouverture de l’école de La Siva en 1911. L’institutrice était Mme Vallier.

 6.3 - Les ruines du mas des Charbonniers

Au moment de la création du cadastre napoléonien de Presle (vers 1820) Joseph Macaire époux Rose Isnard habite et possède une maison à Jancias (Authion sur les actes notariés ou les Antis sur les cartes plus récentes). En 1830 il achète un domaine de 35 hectares mas des Charbonniers à 1300 mètres d'altitude avec une maison. Son fils Joseph y résidera, sans doute dès son mariage en 1832 et achètera en 1834 un domaine contigu avec également une maison. Après la donation partage des biens de son père en 1842 Joseph fils règnera alors sur 52 hectares et 2 maisons. Les ruines de ces maisons sont encore visibles au-dessus du col de Pra l'Etang. Le domaine passera ensuite à François Liotard gendre de Joseph Macaire qui le revendra en 1893 à Augustin Ruel pour 2800 francs.On accède actuellement aux Charbonniers en prenant la route forestière joignant Rencurel à Presles. On s’arrète dans l'épingle à cheveux située au-dessous du col de Pra l'Etang, côté Presles, près de la grotte. On prend la direction du Serre du Satre sur le sentier de grande randonnée GR9 qui coupe la route. On arrive après quelques centaines de mètres sur une allée de gros frênes (l’un d’eux faisait plus de 3 mètres de tour en 2006). la première maison est à gauche, peu visible dans les broussailles et la seconde 80 mètres plus loin à droite. Il reste de cette dernière des pans de murs et la citerne. Un peu plus loin sur la droite on trouve un gouffre, le Trou du diable. Une troisième maison appartenant aux Rozand se trouvait à 200 mètres à l’ouest des maisons Macaire.

L'endroit est agréable en été mais on imagine la vie ici il y a deux siècles au cœur de l'hiver quand la neige recouvre tout. Pourtant on n'était pas si seuls, il y a des ruines partout dans la forêt et à un km de là on trouve encore les ruines de la ferme de Sarnat.Et les gens n’avaient pas peur de marcher. L’on raconte, encore à Rencurel qu’au début du vingtième siècle les jeunes du village montaient danser aux Charbonniers attirés par la présence des 6 filles d’Augustin Ruel. Et le père Ruel dit-on était obligé de tenir le tuyau du poële secoué par le pas des danseurs.

 6.4 - La vie dans les Coulmes

Nos principales sources d’informations sur le massif des Coulmes, ses caractéristiques, son histoire et ses habitants sont une étude faite en 1924 par un ingénieur forestier A Roy et le numéro de 1921 (pages 135 à 158) de la "Revue de Géographie Alpine" dans laquelle M.D Glénat, instituteur, évoque la vie difficile qu'on menée les habitants de ce massif forestier. Un troisième ouvrage écrit par Philippe Hanus animateur du CPIE Vercors est en cours de parution fin 2006 au titre du musée Dauphinois et vient apporter un regard plus moderne sur l’histoire du massif forestier.Le nom de Coulmes vient du latin Culmen (sommet). Constitués de calcaire urgonien on y distingue des vallées sèches, les Combes, des croupes allongées les Serres et les Pots, trous par où les eaux s'engouffrent dans le sol. On trouve deux sources seulement à Bury et Pétouze. On est pourtant dans une des zones les plus arrosées de France (2 mètres sans doute). C'est un pays rude à cause de la sécheresse du sol et de l'humidité du climat.Les homme s'y sont pourtant établis de façon permanente à une époque de surpeuplement des massifs montagneux. Longtemps la montagne appartenant aux seigneurs de Sassenage est restée traitée en territoire d'exploitation temporaire occupé l'été seulement. C'est à la fin du 17ème siècle que des maisons permanentes furent édifiées et c’est dans la première moitié du 19ème siècle que la population fut la plus nombreuse. On connaît, par les dates gravées au linteau des portes d'entrée, l'époque d'édification de la plupart des maisons des Coulmes (1700 à 1750. Sur le linteau de la maison d'Henri Ruel aux Ailes figure la date de 1688. Elles étaient placées au flanc ou au bas d'un Serre, à l'abri de la bise et sur un adret ensoleillé. Leur forme était rectangulaire avec 15 à 18 mètres de longueur par 8 à 10 de largeur et divisée en trois compartiments par des murs de refend.Pour l'eau les habitants creusaient dans le sol argileux une tranchée appelée Gabiot où des rigoles amenaient l'eau de pluie. Quand Vicat inventa le ciment hydraulique on construisit vers 1840, attenantes à chaque habitation des citernes souterraines où était mise en réserve l'eau venue des toits que le chaume colorait et rendait fétide. Quand la sécheresse sévissait il fallait aller chercher l'eau des fontaines de Pétouze ou de Bury avec des barriques.On cultivait des céréales, méteil, seigle, avoine, des fèves pois et lentilles puis des pommes de terre. Chaque ferme élevait 4 ou 5 vaches, un âne ou ânesse (la sôme), une douzaine de chèvres pour faire des tomme de St Marcellin, un porc qui acheté en avril pesait 70 à 80 kilos en décembre.L'hiver les gens fabriquaient des cuillers en buis, alisier, érable. A partir de 11 ou 12 ans les enfants allaient "en maître" de Pâques à la Toussaint et la plupart restaient illettrés. La création des écoles des Antis, du Fa et de Montchardon améliora cet état de choses.A partir de 1870 la population se réduisit pour disparaître totalement en 60 ans. Au recensement de 1896 on trouve sur le secteur des Antis 33 personnes réparties dans 8 familles qui sont les suivantes : Borel, Gautier, Macaire Jean-Baptiste, Macaire Elie, Marignat, Philibert, Tardy et Vallier. Macaire Jean-Baptiste sera le dernier du nom à quitter les Coulmes vers 1920.Selon Julien Glénat il y avait encore 4 familles à la Goulandière en 1935 dont les Glénat, les Uzel et les Belle*. La dernière famille, celle des Belle a quitté définitivement le hameau de la Petite Goulandière en 1936 pour s'établir à Chatelus.

 6.5 - La Siva une école au cœur des bois

Douze cent mètres après les Antis en direction de Presles on trouve un bâtiment rénové en 2005 qui n’est autre que l’ancienne école de la Siva construite en 1910 et qui remplaça l’école des Antis.L’école de la Siva fermait tôt l’après midi en hiver pour donner le temps aux écoliers de regagner les hameaux avant la nuit. Elle a servi après sa fermeture en 1928 de logement et de réfectoire aux ouvriers qui ont construit la route forestière qui relie Rencurel à Presles puis de maison forestière.

 6.6 - La Goulandière un hameau qui renaît

Sous les Antis comme sous la Siva démarre un chemin qui descend aux hameaux de la petite et de la grande Goulandière.. Philomène Macaire petite fille de Joseph, alors veuve de Jean Fillet y habitait en 1896 avec cinq de ses enfants. Le hameau s’est dépeuplé au début du vingtième siècle et aujourd’hui il ne reste que des pans de murs. Heureusement un programme de restauration est en cours. Ainsi contrairement aux Antis la Goulandière ne devrait pas disparaître du paysage lumineux des Coulmes.

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