Chronique familiale



Sommaire

 1 - LES WOLFARTH

Au plus haut de nos recherches, l'histoire commence donc en Allemagne (actuelle) et se poursuit en Lorraine, dans ce qui est aujourd'hui le département de la Moselle, plus précisément dans le pays de Bitche, à quelques arpents de la frontière d'un duché germanique, celui de Zweibrücken. Rien d'étonnant donc que ce patronyme se retrouve aujourd'hui des deux cotés de la frontière, et également en Autriche.

Tous les témoignages concordent sur le fait que la guerre de Trente ans commencée en 1618 et à laquelle s'ajoutent la peste et la famine dépeuplent la Lorraine à un point que nous pouvons difficilement imaginer et cela partout dans le duché. La population disparait pour les trois quarts, parfois pour les neuf dixièmes, de nombreux villages sont complètement dépeuplés et plus de 80 d'entre eux n'ont jamais été reconstruits. La Lorraine doit en grande partie son repeuplement après la guerre de Trente ans à l'immigration de Tyroliens transitant par la Suisse et l'Allemagne tels que nous connaissons géographiquement ces deux pays aujourd'hui.

Nous ne savons rien de précis sur Nicolas Wolfarth sauf qu'il est le père de Jean, ce dernier étant né en 1679 à Sulzfeld, près de Kalruhe. Il est donc permis de penser qu'à cette date Nicolas vivait dans cette ville et pouvait être âgé d'une vingtaine d'années, supposant ainsi sa naissance au milieu du XVII siècle.

En 1648 est signé le traité de Westphalie, véritable charte internationale fixant la relation des Etats germaniques avec l'Empire Allemand, et aussi de l'Allemagne avec l'étranger. Les droits de l'Empereur sont limités. La famille impériale à cette époque est celle des Habsbourg de Vienne, celle là même qui fondera sous le règne de François II (petit fils du duc Léopold de Lorraine) l'Etat autrichien. L'empire est morcelé dans d'innombrables souverainetés particulières qui vont se développer en corps politiques indépendants et devenir en Europe de moyennes ou même de grandes puissances. Dans le domaine confessionnel, le calvinisme est officiellement reconnu. Par ce traité la Suède et la France reçoivent des compensations territoriales : Louis XIV obtient l'Alsace, les évêchés de Metz, Toul et Verdun.

Le traité de Westphalie s'il institue un nouvel ordre européen, est avant tout un règlement des questions allemandes à l'issue d'une longue période - quelque 130 ans - de luttes religieuses et politiques. Ce traité règle à la fois des satisfactions territoriales accordées à certains princes allemands (Bavière, Brandebourg) ou étrangers (Suède et France). La "garantie" franco-suédoise est dirigée moins contre l'Allemagne que contre les ambitions de l'Empereur, d'autant plus à craindre qu'une présomption d'hérédité est en train de s'établir en faveur de la dynastie des Habsbourg. Le premier Reich allemand ainsi créé sera dissout en 1806.

L'histoire de la Lorraine se distingue des autres provinces par la présence d'un mode d'organisation territoriale inconnu dans le royaume de France, reposant sur des évêchés (Metz, Toul, Verdun) et des duchés. Dès 1632 la Lorraine est entraînée dans la guerre de trente ans, le duc Charles IV prenant parti pour les impériaux du saint empire germanique au grand mécontentement de Richelieu qui, par représailles, fait occuper les duchés. La famille ducale est contrainte à l'exil, l'état lorrain est démembré (annexion du Barrois) et ses forteresses sont détruites. Les années 1630-1660 sont des années noires : pillages, destruction, baisse de la population.

Nous sommes donc avec Nicolas, le plus ancien ancêtre retrouvé, aux environs de 1650. Ses parents lui ont donné le prénom du Saint Patron des Lorrains, célèbre pour de nombreuses interventions en faveur de personnes opprimées et de la légende des trois enfants jetés dans un saloir par un boucher.

En 1648 le traité de Westphalie incorpore les trois évêchés au royaume de France dont les terres deviennent ainsi une intendance. Metz en devient le siège et est la ville du roi avec son intendant, son gouverneur, son évêque, son parlement. A la suite de la révocation de l'édit de Nantes en 1685, la prospérité de Metz est affectée par le départ de nombreux huguenots, fraction la plus cultivée et la plus active de la bourgeoisie urbaine. A la fin du XVIIè siècle, la conjoncture internationale oblige Louis XIV à mettre fin à l'occupation des duchés. En application du traité de Ryswick en 1697, il doit laisser rentrer dans ses états le jeune duc Léopold 1er (1698-1729) fils de Charles V. Les historiens ont parlé du "règne réparateur" de Léopold qui rétablit une administration régulière, relève les ruines, repeuple les villages en faisant venir des colons picards et champenois, auxquels s'ajoutent des Suisses et des Tyroliens, soutient forges, verreries et faïenceries, construit les châteaux de Lunéville et de la Malgrange et la primatiale de Nancy. Léopold reste cependant sous liberté surveillée et doit ménager son puissant voisin, le roi de France qui n'a jamais abandonné ses projets d'annexion.

A la mort de Léopold, au terme de négociations complexes et d'une nouvelles occupation des duchés par le gouverneur des trois évêchés, son fils, François III, d'éducation autrichienne et qui s'était installé à Vienne, épouse Marie-Thérèse d'Autriche, et devient empereur germanique sous le nom de François 1er de Habsbourg-Lorraine. Le couple aura parmi ses seize enfants la future reine de France, Marie-Antoinette au destin tragique.

Il renonce aux duchés et une solution de transition est mise en oeuvre en lui proposant de recevoir la Toscane en échange. La guerre de la succession de Pologne détrône le roi Stanislas, beau-père de Louis XV. Ce dernier envoie l'ancien monarque à Lunéville pour régner sur la Lorraine, en viager. A la mort de Stanislas en 1766, les duchés de Lorraine sont réunis avec la France dans le calme le plus complet. L'espace Lorrain qui n'est pas unifié reste un enchevêtrement de territoires et de juridictions. Il faudra attendre 1790 et la création des départements (Meurthe, Meuse, Moselle et Vosges) par l'assemblée constituante pour voir disparaître les deux intendances. Terres ducales et terres échêvoises perdent ainsi leurs spécificités administratives et juridiques.

Dans les actes de recensement des familles de Waldhouse ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Waldhouse ) et Walschbronn ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Walschbronn ) entre 1686 et 1902 figure bien Jean Wolfart (orthographié comme indiqué ici), né vers ou en 1679 à Sulzfeld, village situé selon nos recherches, en Allemagne, entre Kalsruhe et Heilbronn. Il faut savoir que cette région germanique a été provisoirement française en 1679 par le traité de Nimègue et cela jusqu'en 1697 où elle devint autrichienne par le traité de Ryswick, avant de devenir Badoise en 1806 lors de la suppression du Saint Empire Germanique par Napoléon 1er.

C'est peut-être aussi l'Histoire politique et religieuse allemande de la période qui a amené Jean à s'installer puis à rester dans la partie française au delà de 1679.

Hottviller, ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Hottviller ) Roppeviller, (http://fr.wikipedia.org/wiki/Roppeviller ) Walschbronn, les villages où vont séjourner trois ou quatre générations de Wolfarth sont situés aux angles d'un triangle de 10 kilomètres de cotés, dans le pays de Bitche, trait d'union entre l'Alsace et la Lorraine, les Vosges et le Palatinat. Tout contribue à un certain charme de cette contrée : 30.000 ha de forêts aux essences diverses, des vallées entaillées où s'épanouissent des villages avenants, des éperons de grès rose, près d'un millier d'étangs. Terre disputée pendant deux siècles entre les ducs de Lorraine et ceux des Deux-Ponts (aujourd'hui Zweibrücken en Allemagne qui devient temporairement française au traité de Nimègue de 1679). Sa fonction de bastion frontalier se retrouve dans la citadelle de Bitche conçue par Vauban. C'est une région de tradition germanophone (le Bitcherland), où la pratique du dialecte alémanique reste constante, ainsi qu'en témoignent les toponymes et les patronymes.( https://www.flickr.com/photos/moselle-tourisme/sets/72157625318713785/ )

Histoire du Pays de Bitche dont Walschbronn, Hottviller et Roppeviller font partie

En 843, eut lieu le traité de Verdun. Les petits-fils de Charlemagne se partagèrent son immense empire. Charles le Chauve reçut la partie occidentale, Louis le Germanique, la partie orientale et Lothaire, quant à lui se vit attribuer une bande centrale allant de la Mer du Nord à l’Italie. C’est du nom de Lothaire que fut tiré le nom de Lotharingie pour désigner ce territoire d’où naîtront plus tard les noms de Lothringen et Lorraine.

La seigneurie de Bitche faisait partie du duché de Lorraine et était souvent donnée comme seigneurie personnelle au fils aîné du Duc.

Au XIIIème siècle, la seigneurie de Bitche était le seul territoire du duc de Lorraine à se trouver dans le domaine linguistique allemand et du fait du morcellement des possessions des comtes de Zweibrücken, elle se trouvait géographiquement isolée. Le comte Eberhard de Zweibrücken proposa alors un accord d’échange au duc de Lorraine. Cette transaction se fit par deux traités : celui du 13 mai 1297 et celui du 1er juillet 1302. Le comte Eberhard II de Zweibrücken épousa en 1309 Agnès, comtesse de Bitche, fille de Tiébald II et prit le titre de " Comte de Zweibrücken et Seigneur de Bitche " et après l’avoir transformé, fit du château de Bitche, sa résidence principale.

Les comtes de Bitche n’étaient pas toujours des anges, leur comportement parfois très violent nécessita l’intervention du Prince électeur du Palatinat, Ruprecht, pour neutraliser les comtes Simon II et Hanemann 1er de Bitche.

Durant le premier quart du XVI ème siècle, les paysans, voulant obtenir les mêmes avantages que les citadins, se révoltèrent. C’est ce qui fut appelé la guerre des Rustauds. Dans le Pays de Bitche, le révolte fut menée par un certain Hans Zoller de Rimling. S’attaquant aux châteaux de la région qu’ils incendièrent, ils ravagèrent également l’abbaye de Sturtzelbronn. Les nobles, mieux organisés et possédant une armée de métier réprimèrent cette révolte dans le sang. Finalement, le noblesse vit son pouvoir renforcé à la sortie de cette révolte.

C’est à cette époque également que le protestantisme fit son apparition et cette religion nouvelle profita du développement de l’imprimerie pour se répandre en Europe.

Jusqu’au début du XVI ème siècle, la seigneurie de Bitche dépendait en définitive du Saint Empire germanique. Lorsque Reinhard de Bitche mourut, en 1531, ses deux fils se partagèrent son domaine. Mais bien vite, ils se brouillèrent et se querellèrent si bien que le Duc de Lorraine commença à avoir des visées sur cette seigneurie. En fin de compte, Amélie de Bitche, fille de feu Simon Wecker et épouse de Philippe de Limange, vendit la terre de Bitche au duc de Lorraine Charles II pour le somme de 50.000 écus ".

Il semble pourtant que les choses ne se soient pas passées très facilement, puisqu’en 1563, le comte Jacob de Bitche fit construire des remparts pour se protéger des ducs de Lorraine auxquels il ne voulait pas payer les "aides". Jacob mourut en 1570 sans laisser de descendants directs, il était le dernier comte de Zweibrücken–Bitche.

Philippe V de Hanau–Lichtenberg réclama alors l’héritage de son beau-père Jacob. Le duc de Lorraine le lui reconnut. Cependant, le nouveau seigneur, protestant, voulut imposer cette religion à ses sujets selon la règle qui voulait à l’époque qu’on épouse la religion du souverain. Il y mit tant de vigueur, allant jusqu’à emprisonner le supérieur de l’abbaye de Sturtzelbronn, qu’il incommoda le Duc de Lorraine qui le convoqua devant les assises de Nancy. Philippe refusa de s’y rendre et fut déclaré félon. Le duc de Lorraine fit assiéger Bitche en 1572. Au bout de quelques jours, le château se rendit mais Philippe put s’enfuir. Les troupes du duc de Lorraine prirent même dans la foulée le château de Lemberg (Palatinat) et les villages environnants, obligeant la population à prêter serment au Duc.

Ainsi, cet épisode contribua à confirmer l’autorité du duc de Lorraine sur la région de Bitche.

La religion catholique, interdite par Philippe V, fut rétablie dès 1572. Alors que les guerres de religion faisaient rage dans d’autres régions, en cette fin du XVI ème siècle, elles semblent avoir épargné la région de Bitche.

En 1601, pour régler des différents de frontière, des dignitaires des duchés de Lorraine et de Zweibrücken se réunirent au couvent de Hornbach. Ils se rendirent sur place pour constater de visu les points litigieux, trouvèrent un accord et décidèrent que des pierres-bornes délimiteraient désormais les deux territoires.

Après que les problèmes de frontière aient été réglés, un accord fut signé le 6 février 1604 entre les maisons de Hanau et de Lorraine, selon lequel, toutes la seigneurie de Lemberg (Palatinat) fut donnée en fief à Reinhard, fils de Philippe V de Hanau – Lichtenberg. En revanche, il abandonnait toute prétention sur le comté et le château de Bitche. Cet accord fut ratifié deux ans plus tard (8 février 1606) et cette date marque le rattachement officiel au duché de Lorraine. De nouvelles pierres bornes pour marques les frontières entre les territoires furent posées et certaines sont encore visibles de nos jours.

Ce traité mit fin à de longues querelles entre les maisons de Hanau Lichtenberg et le duché de Lorraine et très rapidement, les habitants du comté prêtèrent serment de fidélité à Charles III, du de Lorraine. A la mort de ce dernier, en 1608, le gouverneur de Bitche, Jacques de Raigecourt fit sonner les cloches de toutes les églises durant quatre semaines à la tombée de la nuit et fit lire des messes pour le repos de l’âme du défunt.

Le nouveau Duc, Henri II vint faire une visite à Bitche et modernisa l’administration et la justice de son territoire. Il créa un tabellionnage et un sceau pour Bitche. Un nouveau tribunal fut créé pour remplacer le tribunal du Moyen Age qui siégeait à Rimling. En 1611, le duc de Lorraine établit une Prévôté à Bitche dont la tâche principale était de rendre la justice, mais elle s’occupa également de finances.

La vie économique semble avoir prospéré dans ce premier quart du XVII ème siècle. Il y avait une trentaine de moulins à eau dans le comté de Bitche qui appartenaient bien entendu au Duc de Lorraine ou à la noblesse car ils rapportaient de l’argent, la population étant obligée d’y moudre son grain. On exportait également du bois vers la Hollande. Les grumes étaient transportées par flottage le long de la Horn.

Les guerres de religion ayant pris un caractère international, la Lorraine en général et le Pays de Bitche en particulier vit le passage de soldats de nationalités très diverses amenant toutes leur lot de malheurs et de misères.

En 1622, ce furent d’abord les Croates et les Cosaques de l’archiduc Léopold qui pillèrent le duché de Zweibrücken puis saccagèrent Bitche et les villages de Rohr et Kaltenhausen.. L’abbaye de Sturtzelbronn fut également dévastée.

Par suite de disputes et d’alliances entre les princes, le comté de Bitche échoua finalement à Charles IV de Lorraine, un souverain belliqueux qui, après avoir combattu les protestants se mit au service de Ferdinand II contre les Suédois, il devint ainsi l’ennemi de Richelieu. Parmi nos nombreux ennemis, il fallut encore compter les français. En 1627, une épidémie de peste décima la population.

Après avoir subi le passage des Croates et des Cosaques, les Suédois s’installèrent dans le pays en 1633 et il fut mis à sac. Dans certains villages, seules deux ou trois personnes avaient pu échapper au massacre.

En 1634, Richelieu, pour punir Charles IV de Lorraine décida de le déposséder de ce qui lui restait encore. Le Maréchal d’Humières fut chargé de prendre le château de Bitche qui se rendit après un siège de 10 jours. Les français s’installèrent dans le pays et les malheurs continuèrent.

Les français restèrent jusqu’en 1641, jusqu’à ce que Charles IV de Lorraine entre à nouveau en possession de ses terres. Mais ce n’était pas fini, les Lorrains, les Impériaux et les Suédois prirent le relais et ils finirent par transformer notre pays en un immense désert. A tel point qu’un " garde pauvres " dut être créé pour s’occuper à nourrir les indigents et à les empêcher de mendier.

Une autre conséquence de ces troubles, fut la disparition de nombreux châteaux forts et de villages du pays de Bitche. A partir de 1662, des immigrants suisses suivis de Tyroliens vinrent s’installer dans la région. Plus tard, vers 1680, des immigrants français originaires de Picardie vinrent également s’installer ici. Avec ces nouveaux arrivés, les villages de Rohr et de Kaltenhausen se mirent très vite à grossir et finirent par se toucher. La ville de Bitche était née. Elle était entourée de remparts percés par deux portes : la porte de Strasbourg et la porte de Sturtzelbronn. Les souverains suivants cherchèrent à " franciser " le pays de Bitche et, à partir de 1672, y amenèrent des immigrants savoyards.

En 1678, le traité de Nimègue mit fin à la guerre entre la Hollande et la France. La Lorraine fut restituée à l’empereur d’Allemagne. Charles V, successeur de Charles IV de Lorraine n’accepta pas ces termes du traité de Nimègue, et aussitôt, le Roi de France vint occuper le Pays de Bitche ce qui renforça son empire de ce côté.

Vauban fit donc fortifier le Schlossberg et il fit aussi entourer la ville de remparts renforcés de bastions. Ces travaux attirèrent de nombreux ouvriers. Un arrêté du Conseil d’Etat de Louis XIV permit à notre région de revivre. En effet, cet arrêté permit à tous les habitants du comté et à tous ceux qui acceptaient de s’y installer de défricher autant de terres qu’ils pouvaient en cultiver avec exemption de toutes taxes durant 10 ans. En peu de temps, 60 villages se créèrent ou reprirent vie.

Le traité de Ryswick en 1697 stipulait que la Lorraine (donc Bitche) devait être rendue au Duc de Lorraine Léopold Ier. Les nouvelles fortifications devaient être rasées. Un régiment de Flandre, avant de quitter la ville se chargea de cette besogne de l’automne 1697 à l’été 1698.

En 1701, éclata la guerre de Succession d’Espagne. Une nouvelle fois une garnison française vint occuper Bitche. Les soldats s’efforcèrent aussitôt à reconstruire les fortifications construites par Vauban et rasées peu de temps avant.

Une grande famine régna dans la région entre 1709 et 1714, période au cours de laquelle 10 à 12% de la population mourut de faim.

En 1710, un courrier permanent fut instauré entre Bitche et Phalzbourg et le prévôt de Bitche, Zollern engagea Dominique Perottey pour enseigner aux enfants le français et l’allemand.

En 1727, le duc de Lorraine Léopold Ier obtint des grandes puissances la neutralité de la Lorraine.

En 1735 et 1736 furent signés des accords spécifiant que le Duc de Lorraine François Stéphane, fils de Léopold, renonçait aux duchés de Bar et de Lorraine au profit du roi de Pologne en exil, Stanislas Leszczinski dont la fille avait épousé le roi de France Louis XV. Le roi déchu vint donc s’installer à Lunéville et prit le titre de duc de Lorraine. Louis XV autorisa à reconstruire la place forte de Bitche sur les plans de Vauban.

Bien qu’officiellement le comté de Bitche appartienne au duché de Lorraine, il était sous l’influence de la France dès cette époque, d’ailleurs, un décret publié le 26 septembre 1748 y instaura la langue française comme langue officielle et celle-ci remplaça progressivement le latin dans les registres paroissiaux.

A la mort de Stanislas Leszcinski, le 23 février 1766 à quatre heures de l'après midi, les duchés de Lorraine et de Bar furent officiellement rattachés à la France. Bitche devint française.

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 2 - LES BOUDIER et LES BOUGUET

'''DEUX PATRONYMES MAIS UNE MEME ORIGINE

Qui n'a jamais rencontré la mention du nom de son ancêtre rédigée de façon fantaisiste, phonétique ou avec une faute énorme ? C'est ainsi, l'humain n'est pas parfait, et les curés ou officiers d'état civil ne l'étaient pas plus que nous. Mais ne les incriminons pas trop, car il n'y a jamais eu de règle en matière de noms de famille, ni hier, ni aujourd'hui. Jean-Louis Beaucarnot l'explique bien :

"Les noms de famille n’ont jamais eu d’orthographe, et ce en gros jusqu’à la création des livrets de famille (vers 1890) et même, en fait, jusqu’à la généralisation de l’alphabétisation, au début du XXe siècle. Il en résulte que, deux frères ont fort bien pu voir leur nom orthographié différemment sur leur acte de naissance (Dupont et Dupond, Després et Déprez…), comme il arrivera fréquemment au généalogiste de voir un même nom de famille orthographié de trois façons différentes dans le corps d’un même ancien acte de mariage ou de naissance. On ne saurait, dès lors, s’attarder davantage à des questions de particules."

Avant la Révolution française nous avons tous remarqué que les curés, pendant l'Ancien Régime, écrivaient de façon très différente les uns des autres. Certains "comme des cochons", d'autres avec application. Mais dans tous les cas, pas une orthographe de nom n'est identique et pour cause, il n'y avait ni loi ni obligation en la matière. La population étant majoritairement analphabète et cela n'était alors, il faut bien l'avouer, guère un problème, ni pour l'administration ni pour les principaux intéressés.

Selon les régions, les variations pouvaient s'accentuer, notamment dans les régions où l'accent joue un rôle déterminant, mais aussi la tradition de la féminisation du nom comme en Alsace (on rajoute au nom le suffixe -in ou -en à la femme) ou dans le Sud-Est (suffixe -ette, -esse ou -ine, etc.). Inutile de préciser que lorsqu'un ancêtre quitte sa région pour une autre, qui possède un autre patois et d'autres habitudes, les changements peuvent être importants, comme pour les noms allemands, italiens ou espagnols qui sont parfois tout bonnement "traduits" et francisés. Et puis il y a bien sûr la phonétique : même si le nom se prononce de façon identique, c'est le scribe qui décidera s'il met 1 ou 2 T, 1 ou 2 L, etc.

Concernant l'histoire de Boudier ex Bouguet, tout commence par l'acte de mariage du registre de la paroisse de St Armel qui est partiellement détruit (pages 11 et 12) mais on y lit cependant qu'il s'agit de l'union "de Jacques Bouguet, originaire et domicilié à Corps-Nuds, fils de Julien, présent et consentant et de feue Launay". La partie relative aux informations sur la mariée est totalement perdue, mangée par les rongeurs, mais la fin du document nous dit que "les parties contractantes ne signent. Ont été présents, les soussignants : Pierre le Comte (que l'on retrouvera au baptême de la première fille du couple en 1770), Julien Croc, François Vobert, et A. Beaufils, ainsi que le recteur Dacey".

Sur le registre du Greffe, (c'est à dire la copie manuscrite de l'acte paroissial déposée au Greffe du Tribunal) les noms de Jacques et de son père Julien BOUDIER ont été rayés et remplacés en interlignes par BOUGUET. Il est d'ailleurs précisé en fin de document que "Bouguet - ces deux mots répétés en interligne - approuvé".

Ce document fait apparaitre les civilités de la mariée à savoir "Julienne Margouays, majeure et maitre de ses droits, fille de feu René Margouays et de Perrine Loichon, baptisée à la paroisse de Nouvoitou le 24 février 1743, domiciliée de celle-ci." La suite à l'identique du registre de la commune de St Armel.

Dès lors, il ne subsiste donc plus aucun doute sur la filiation ascendante et descendante de notre lignage, la vraie question étant de savoir pourquoi cette erreur (ou pas erreur) débouchera sur des actes de décès de ces mariés où seul le patronyme BOUDIER apparaîtra, et sur des actes de naissance de leurs enfants, tantôt déclarés de l'un ou l'autre nom, sachant que lorsque ces mêmes enfants se marieront, tous seront identifiés comme étant des BOUDIER, de même lors de leur décès.

On peut aussi se demander pourquoi le choix du nom Boudier, sachant que dès le premier registre paroissial de 1607, ce patronyme est usité à Corps-Nuds et dans les communes avoisinantes.

Hypothèse envisageable : remplacement du nom de famille par le nom d'une terre occupée ou possédée à l'époque ou antérieurement par la famille. On pourrait imaginer les "Bouguet du Boudier" qui prennent un jour le patronyme Boudier, sachant d'ailleurs que sur la commune de Corps-Nuds, il existe un lieu-dit dénommé le pâtis Boudier.

Le CGIV 35 à qui j'ai posé le problème, penche dans sa réponse pour deux hypothèses probables :

1 - "même s'il n'y a pas de relation récente avec votre famille, l'existence du pâtis Boudier signifie qu'à une certaine époque cette terre appartenait à un Boudier".

2 - "comme à cette époque la plupart des gens ne savaient ni lire ni écrire, qu'ils parlaient patois, lorsque le curé leur demandait leurs noms, ils le prononçaient donc en patois et étaient incapables de l'épeler. Si le curé les connaissait d'avance, pas de problème, mais si c'était un autre clerc venu d'ailleurs, il était difficile d'écrire leurs noms correctement, tout étant une question de prononciation. C'est ainsi que le nom de Bouguet a peut-être été entendu par le prêtre sous la phonétique de "Bouillé" et qu'il l'a alors traduit en Boudier, patronyme déja usité assez largement à Corps-Nuds et dans les alentours. Ceci est tout à fait probable et nous avons d'autres expériences où des Guyard sont devenus des Diard avec une certitude à 100% confirmée par des documents, et encore des Sinoir qui sont devenus des Sinaye. Pourquoi Sinaye ? Tout simplement parce que noir en patois se dit naye.

"Il reste toutefois une marge d'incertitude qui fait le charme de la généalogie".

Pour en finir avec les interrogations sur les Bouguet/Boudier, on peut aussi se demander pourquoi le mariage entre Jacques et Julienne a eu lieu à St Armel et non pas à Corps-Nuds ou à Nouvoitou, communes où résidaient alors les futurs époux.

Cependant en 2017, la situation dans nos investigations redevient brumeuse et la simple erreur d'orthographe parait un peu simplette.

A cette époque nous découvrons le lignage d'un certain Jan Boudier né en 1700 à Corps-Nuds, fils de Julien Bouguet et Françoise Delourmel, couple déjà répertorié sur nos tablettes comme étant, en autres, les parents de Julien Bouguet né en 1691 à Corps-Nuds également. Documents à l'appui, Jan et Julien sont frères sans aucun doute possible. Jusque là on peut encore admettre l'erreur phonétique ou orthographique.

Chacun des deux frères se marie et devient père, entre autres, d'un garçon. Jan Boudier appelle son fils Jan Boudier (fils) ; Julien Bouguet appelle le sien Jacques Bouguet (celui dont on a déjà parlé plus haut). Tout est logique à ce moment.

Mais c'est alors que les deux cousins que sont Jacques Bouguet et Jan Boudier (fils) inversent leurs patronymes. Jacques Bouguet devient Boudier et toute sa descendance jusqu'à ce jour reste bien Boudier ; Jan Boudier assure sa descendance sous le nom de Bouguet et il en est toujours ainsi aujourd'hui.

Pour quelle raison ce chassé-croisé ? La question reste entière.

HISTORIQUE DE CORPS-NUDS

http://fr.wikipedia.org/wiki/Corps-Nuds

Corps-Nuds semble bien être la souche principale des Boudier. Ce village a une histoire dont les premières traces remontent à quelques 3.000 ans puisque le nom de la rivière l'Yze aurait été donné par les peuplades ligures, spécialistes des monuments mégalithiques... Lors de travaux, en 1992, des fouilles mirent à jour une ferme romaine à Graibusson et des recherches archéologiques témoignent d'une cité romaine à l'ouest de la commune et de voies de la même époque.

Une chose est certaine : Corps-Nuds dont le nom primitif est Cornut se trouvait au centre du pays des Carnutes. En l'an 575, on trouve en effet le nom mentionné dans des manuscrits. L'histoire de Cornut s'inscrit dans l'histoire de la Bretagne et de la France mérovingienne par la lutte contre les Francs et, au Moyen Age, par la construction du premier château fort de la Chastellerie sur un ancien fortin romain afin de défendre la Bretagne. C'est d'ailleurs à cette époque, selon les historiens, qu'un scribe croyant faire preuve de science et d'esprit, de "Cornut" en aurait fait alors "Corps-Nuds".

La Chastellerie de Chastellier a été érigée par lettres de patentes du roi Henri III en avril 1579 avec droit de justice et haute justice sur le bourg de Corps-Nuds. Le 12 avril 1455, une bulle du pape Calixte III fut écrite au chapitre de Rennes en faisant mention de Corps-Nuds (Corporibus Nudis) comme l'une des seize principales et anciennes paroisses du diocèse.

La révolution qui envoya à la guillotine cinq habitants fit de Corps-Nuds, en 1790, un canton, ce qui lui valut d'avoir un percepteur, deux notaires, un officier des dépêches, une gendarmerie et sa brigade à cheval, deux chirurgiens, deux fours à chaux et a briques. Mais cinq ans plus tard, Corps-Nuds fut rattaché à Janzé et cessa d'être chef lieu.

En 1831 le village comptait 2370 habitants et l'église St Julien étant devenue trop exigüe, les habitants décidèrent sa démolition pour en construire une nouvelle dont l'édification débuta en 1875 et s'acheva en 1890 avec une participation active des paroissiens. Elle fut interrompue à de multiples reprises en raison du cout du projet, démesuré par rapport aux ressources communales et de la remise en cause des plans de l'architecte Arthur Régnault jugés "bizarres". Cette bizarrerie fait aujourd'hui l'originalité d'une église d'inspiration byzantine aux coupoles en dômes et au clocher à bulbe qui est classée aux mouments historiques.

Corps-Nuds compte en 2005, 3085 habitants, 25 exploitations agricoles. Sa proximité de Rennes en fait aujourd'hui une commune où de nouvelles constructions voient le jour.

En 1789, la bourgeoisie Rennaise très au fait des idéaux en vogue et animée d'un sentiment antinobiliaire, entre en conflit avec la noblesse dès le mois de janvier, à l'occasion de la session des états de Bretagne. Des heurts qui font quelques victimes ont lieu : ce sont les premières violences de la Révolution. Pourtant, rapidement la Bretagne fait machine arrière : le peuple composé à 90% de paysans s'interroge sur le rôle réel des bourgeois dont il craint le comportement futur et réagit vivement à l'obligation du serment civil exigé du clergé et refusé d'emblée par 80% des prêtres. L'annonce de la conscription obligatoire de 300.000 hommes par tirage au sort met le feu aux poudres. La première émeute à lieu à Cholet le 02 mars 1793.

La chouannerie est la guérilla paysanne qui se développe au nord de la Loire, parallèlement au soulèvement vendéen, après l'insurrection déclenché dans l'Ouest au début de 1793 par les levées militaires, l'imposition du papier monnaie et les exactions commises contre les prêtres réfractaires. Les Chouans doivent leur nom à Jean Cottereau et à ses frères, chefs de l'insurrection du Maine, ainsi surnommés parce que leur cri de ralliement imite celui du chat-huant. En Ille et Vilaine leurs chefs sont Boisguy et Boulainvillier.

La première chouannerie dure de l'automne 1793 au printemps 1795. Peu nombreux et mal nourris, les chouans se contentent de mener une guerre de partisans, mais en octobre 1793, ils sont rejoints par des rescapées de l'armée vendéenne défaite à Savenay - 44 -. Début 1794, le mouvement s'organise à l'instigation des Vendéens, d'anciens contrebandiers du sel habitués à la clandestinité et de quelques nobles de l'émigration revenus en France qui persuadent les Anglais qu'ils peuvent soulever la Bretagne et obtiennent la promesse d'un débarquement. En juillet 1794, après la mort de Robespierre, les républicains proposent une amnistie aux insurgés. Au printemps 1795, les chefs chouans signent la paix avec Hoche. Ils obtiennent la liberté de culte et mettent cette paix à profit pour se réarmer.

La deuxième chouannerie débute le 16 juin 1795, quand les émigrés débarquent à Quiberon appuyés par une importante flotte anglaise, tandis que près de 20.000 chouans convergent vers la presqu'île. Hoche, commandant en chef des forces républicaines, leur inflige une cuisante défaite. Les chouans, démoralisés accusent le coup car Hoche les traque et s'efforce ensuite de les couper du reste de la population paysanne en pratiquant une politique de tolérance religieuse. En juin 1796, les chouans ont pour la plupart abandonné la lutte.

Les hostilités reprennent en 1797 avec la reprise des persécutions religieuses : c'est la troisième chouannerie. En 1799, la loi des otages (qui préconise l'arrestation des proches afin d'obtenir la reddition des chouans) et la levée des conscrits exigée par le Directoire pour défendre les frontières, attisent la guérilla. Cette guerre s'achève en janvier 1800, lorsque Bonaparte rétablit la liberté religieuse et met fin à la conscription en échange de la soumission des insurgés.

UN GROGNARD DANS LA FAMILLE

http://www.stehelene.org/php/accueil.php?lang=fr

Parmi les enfants de Jacques et Julienne Boudier, Joseph Louis est médaillé de Sainte-Hélène. Il fut donc un grognard de l'Empereur. [Fiche Joseph Louis Boudier]

La médaille de Sainte-Hélène, a été instituée par Napoléon III par le décret du 12 août 1857 pour être remise à tous les militaires français et étrangers des armées de terre et de mer qui avaient combattu sous les drapeaux de la France de 1792 à 1815.

En 1871, lors de la Commune, tous les dossiers ont brûlé dans l’incendie du Palais de la Légion d’Honneur. Cependant, on estime à 500 000 le nombre de médaillés.

La médaille a été frappée par Désiré-Albert Barré, graveur général de la monnaie de Paris.

Elle porte à l’avers, l’effigie de Napoléon 1er (profil droit), cerclée de lauriers et surmontée de la couronne impériale et au revers la phrase "A ses compagnons de guerre, sa dernière pensée, Sainte-Hélène 5 mai 1821" entourée de l’inscription circulaire "Campagnes de 1792 à 1815".

La médaille a une hauteur de 50 mm pour une largeur de 31 mm. Le ruban est vert avec 5 liserés rouges.

La médaille était présentée dans une boîte en carton blanc portant, en relief sur le couvercle, l’aigle impérial, la dédicace et la date du décret. Un prospectus vert y était joint. Le titulaire recevait une petite pension qui se montait, en 1866, à 150 francs.

La distribution se fit dans toute la France le dimanche 15 novembre 1857, jour de la fête de l’Impératrice et anniversaire de la bataille d’Arcole.

Joseph Louis Boudier était tambour au 102ième régiment de ligne à partir de 1794. (voir site internet des médaillés de Sainte Hélène). Il est arrivé au corps le 19 floréal an II (08 mai 1794) en tant que conscrit de l'année. Réquisitionné à la 177° Demi Brigade qui le 01 mars 1796 formera le 102° régiment d'infanterie de ligne. Son domicile à l'époque de son entrée au service était à Corps-Nuds où il exerçait le métier de laboureur.

Il est alors affecté au 3° Bataillon 7° Compagnie, puis en janvier 1806 au 2° Bataillon de la 1ere Compagnie et enfin au Bataillon de Grenadier le 11 janvier 1810.

A son incorporation, le 19 floréal an II, il est fusilier, puis le 26 thermidor an IX (14 août 1801) il devient tambour et enfin tambour des grenadiers le 11 janvier 1810.

Joseph a fait les campagnes de terre de l'an 2 à l'an 14 (de mai 1794 à décembre 1805) ainsi que de 1806 à 1809 aux armées, en 1810 sur les cotes de la méditerranée et aux armées en 1811 et 1812.

Il est réformé le 24 décembre 1812 par suite de l'inspection générale du Général-Baron de Muller.

En 1861 Joseph Louis décèda dans son lit, en son domicile de la Chapelle du Châtenay à Corps-Nuds. Il avait 87 ans.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?fam=10&ref=23&le_id=833 voir page 125 sur 562

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''LES BATAILLES DU 102 ième DE LIGNE DE 1794 A 1812

•1796 : Tagliamento, bataille de Lodi, Rocca-d’Anfo

Date : 21 floréal an IV (10 mai 1796)

Lieu : Sur la rivière Adda, sud-est de Milan

Issue : Victoire tactique et stratégique française

Belligérants : République française / Empire d'Autriche Archiduché d'Autriche

Commandant France : Bonaparte

Commandant Autriche : Karl Philipp Sebottendorf

•1805 : Austerlitz

Date : 2 décembre 1805

Lieu : Austerlitz (Empire d'Autriche)

Issue : Victoire française décisive • Dissolution du Saint-Empire romain germanique

•Création de la Confédération du Rhin

Belligérants : Empire français / Empire d’Autriche + Empire russe

Commandants France : • Napoléon Ier • Bertrand • Armand Samuel de Marescot • Bessières • Bernadotte • Davout • Soult • Lannes • Murat

Commandants Russie : • Alexandre Ier de Russie • Mikhaïl Koutouzov

Commandants Monarchie de Habsburg : • François II du Saint-Empire • Franz von Weyrother

•1805 : Bataille de Caldiero

Date : 8 brumaire an 14 (01 novembre 1805)

Lieu : Caldiero (Italie)

Issue : Victoire française

Belligérants Empire français / Empire d’Autriche

Commandant France : André Masséna

Commandant Autriche : Charles Louis d'Autriche

•1806 : Bataille de Scheltz

Date : 9 octobre 1806

Lieu : Saalburg-Ebersdorf-Schleiz, Autriche

Issue : Victoire française

Belligérants : Empire français / Royaume de Prusse + Royaume de Saxe

Commandants France : Maréchal Bernadotte et Maréchal Murat

Commandant Prusse : Bogislav Friedrich Emanuel von Tauentzien

•1806 : Combat de Halle

Date : 17 octobre 1806

Lieu : Halle (Saxe-Anhalt)

Issue : Victoire française

Commandant France : Maréchal Bernadotte

Commandant Prusse : Eugène de Wurtemberg-Stuttgart

•1806 : Bataille de Lübeck

Date : 6 et 7 novembre 1806

Lieu : Lübeck, Allemagne actuelle

Issue : Victoire française stratègique

Belligérants : Empire français / Royaume de Prusse

Commandant France : Maréchal Bernadotte

Commandant Prusse : Général Blücher

•1807 : Bataille de Friedland

Date : 14 juin 1807

Lieu : Pravdinsk (Russie actuelle)

Issue : Victoire française décisive

Belligérants Empire français / Empire russe

Commandants France : Jean Lannes puis Napoléon

Commandant Russe : Levin August von Bennigsen

•1808 : Medina de Rioseco

Date : 14 juillet 1808

Lieu : Medina de Rioseco, Nord de Valladolid, Espagne

Issue : Victoire française

Belligérants : Empire français / Espagne

Commandant France : Jean-Baptiste Bessières

Commandants Espagne : Joaquín Blake y Joyes + Gregorio Garcia de la Cuesta

•1808 : Durango

Date : 31 octobre 1808

Lieu : Durango (Espagne)

Issue : Indécise, victoire tactique française

Belligérants :Empire français / Espagne

Commandant France : François Joseph Lefebvre

Commandant Espagne : Joaquín Blake y Joyes

•1808 Valmaseda

Date : 5 novembre 1808

Lieu : Valmaseda, près de Bilbao Espagne

Issue : Victoire espagnole

Belligérants : Empire français / Espagne

Commandant France : Claude-Victor Perrin

Commandant Espagne : Joaquín Blake y Joyes

•1808 Espinosa

Date : 10 et 11 novembre 1808

Lieu : Espinosa à l'ouest de Vitoria, Espagne

Issue : Victoire française

Belligérants : Empire français / Espagne

Commandant France : Claude-Victor Perrin

Commandant Espagne : Joaquín Blake y Joyes

•1809 : Essling

Date : 21-22 mai 1809

Lieu : Lobau à proximité de Vienne, Autriche

Issue : indécise

Belligérants : Empire français / Empire d’Autriche

Commandants France : • Napoléon Ier • Jean Lannes †

Commandant Autriche : Charles Louis d'Autriche

•1809 : Wagram

Date : 5 et 6 juillet 1809

Lieu : Wagram, village à 15 km au nord de Vienne, Autriche

Issue : Victoire française décisive

Belligérants Empire français / Empire d’Autriche

Commandant France : Napoléon 1er

Commandant Autriche : Archiduc Charles

•1809 : Talavera-de-la-Reyna

Date : 27 et 28 juillet 1809

Lieu : Talavera de la Reyna, Province de Tolède, Espagne

Issue : Victoire stratégique française ; victoire tactique britannique

Belligérants : Empire français/Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande + Espagne

Commandants France : • Horace Sébastiani • Joseph Bonaparte • Claude-Victor Perrin

Commandant Royaume-Uni : Arthur Wellesley de Wellington

Commandant Espagne : Gregorio Garcia de la Cuesta

•1810 : Celorico

Date : avril 1810

Lieu : Ciudad Rodrigo, Portugal

Issue : Victoire Anglo Portugaise

Belligérants : Empire français / Portugal + Royaume-Uni de Grande-Bretagne

Commandant France : André Masséna

Commandant Royaume Uni : Arthur Wellesley de Wellington

Commandant Portugal : Carlos Frederico Lecor

•1811 : Chiclana

Date 5 mars 1811

Lieu : Barrosa, au nord de Cadix, Espagne

Issue : Victoire tactique alliée Statu quo stratégique

Belligérants : Empire français / Espagne + Royaume-Uni Grande-Bretagne et Irlande

Commandant France : Claude-Victor Perrin

Commandant Espagne : Manuel la Peña

Commandant Royaume uni : Thomas Graham

•1811 : Fuentes-d'Oñoro

Date : 3-5 mai 1811

Lieu : Fuentes de Oñoro, Espagne

Issue : Victoire des Alliés

Belligérants : Empire français / Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

+ Royaume d'Espagne + Royaume de Portugal

Commandant France : André Masséna

Commandant forces alliées : Arthur Wellesley de Wellington

 3 - LES SEHER

'LE SAINT EMPIRE GERMANIQUE ET LES CONSEQUENCES DE LA REFORME PROTESTANTE '

L'aube généalogique de la famille se lève en Allemagne. L'origine de ce pays se situe au premier millénaire avant J-C où les Germains s'installent entre Rhin et Vistule. Ils sont repoussés vers l'Est par les Romains qui établissent une frontière fortifiée entre Coblence et Ratisbonne en Bavière.

Au Vième et VI ième siècles, lors des grandes invasions, les Barbares germaniques fondent des royaumes parmi lesquels celui des Francs s'impose aux autres. En l'an 800 Charlemagne fonde l'empire Carolingien et après sa mort, en 814, son fils Louis le Pieux lui succède et le traité de Verdun partage, en 843, l'Empire en trois royaumes : à l'est, la Francia orientalis de Louis le Germanique constituera la Germanie (future Allemagne). A l'ouest la partie orientale (futur royaume de France) revint à Charles le Chauve, et Lothaire hérita de la zone intermédiaire de la mer du Nord au Sud de l'Italie.

En 962 le Saxon Otton 1er, roi de Germanie et d'Italie fonde le Saint Empire Germanique. La dynastie franconienne se heurte pendant plus d'un siècle à la papauté : c'est la querelle des investitures. En 1250, la dynastie Souabe des Hohenstaufen, avec Frédéric 1er Barberousse et Frédéric II engage la lutte du Sacerdoce et de l'Empire. L'inter-règne qui dure jusqu'en 1273 est une période anarchique favorisant l'émancipation des principautés. A cette date Rodolphe 1er de Habsbourg est à la tête de l'Empire avec le titre de roi des Romains. En 1356 Charles IV de Luxembourg promulgue la Bulle d'or, véritable constitution du Saint Empire. Au XVIième siècle, l'Empire est à son apogée sous Maximilien 1er (1493-1519) et Charles Quint (1519-1556). A cette époque, les Fugger, famille juive de banquiers d'Augsbourg, symboles d'une bourgeoisie dont ils ne sont pas les seuls représentants permet à Jacob Fugger de fortifier l'alliance de ses établissements avec le pouvoir politique : à sa mort, en 1525 il est conseiller impérial, comte de l'Empire, banquier du Pape. Son successeur, Antoine Fugger, utilise les mêmes techniques d'alliance avec Rome et l'Empereur.

Dans le même temps, un moine du nom de Luther est admis au couvent des Augustins d'Erfurt en 1505. Ordonné prêtre, deux ans plus tard, il est désigné pour enseigner la philosophie au couvent où il étudie simultanément la théologie. Martin Luther se distingue de la théologie régnante en ce que, dès son entrée au couvent il s'intéresse ardemment à la Bible et remarque que les Ecrits dans leur teneur véritable ne s'accordent pas toujours avec la doctrine de l'Eglise catholique. En 1510/1511, il est envoyé à Rome pour les affaires de son ordre. Il y perçoit quelques uns des abus ecclésiastique qui y règnent. A son retour, la position de Luther au couvent d'Erfurt devient difficile et son supérieur l'assigne dans celui de Wittenberg où il est cependant promu en 1512 docteur en théologie. Sur le plan intérieur, Luther trouve que l'homme doit accepter de ne pouvoir tenir devant le jugement de Dieu et dès lors se reconnaitre comme pécheur. Il se trouve par là en plus nette opposition encore avec la théologie régnante qui se fonde sur l'idée d'une possible coopération de l'homme avec Dieu. En même temps, la pratique ecclésiastique de l'indulgence qui autorise à compenser des exercices pénitentiels par des versements en argent, lui apparait comme une pratique incompatible avec une piété inspirée par l'humilité.

Le conflit de Luther avec l'Eglise éclate à l'occasion de l'indulgence que le pape décrète en faveur de la construction de la basilique de St Pierre de Rome et à laquelle en Allemagne l'archevêque de Mayence apporte sa caution. Le débat permet à Martin Luther sa découverte théologique décisive, à savoir que Dieu n'exige pas de l'homme la justice, mais l'octroie gratuitement au croyant dans le Christ. Il fait ainsi ressortir la contradiction existante avec de nombreuses prescriptions ecclésiastiques qui réglementent la vie religieuse. Le pape lui même n'est pas autorisé à prescrire ce qui s'oppose à la Bible et à la doctrine de la justification par la foi qui en est le centre. Il écrit divers ouvrages de polémique concernant notamment la confession à Dieu qu'il maintient mais qu'il laisse à la liberté du croyant, c'est à dire sans intermédiaire ecclésiastique. Les exigences bibliques valaient à ses yeux pour tous les chrétiens sans distinction : la chasteté ne se confondait pas avec le célibat, mais s'imposait précisément dans le mariage comme état approuvé par Dieu.

Seul face au pouvoir de l'Eglise universelle, Luther n'a aucune chance. Mais le développement de la situation politique générale va le servir. Professeur de renom, il est couvert par son seigneur territorial, Frédéric de Saxe et apparait ainsi pour la première fois la liaison de la Réforme et du pouvoir. A partir de là se développe le programme réformiste qui, grâce à l'imprimerie est connu rapidement à travers l'Allemagne et même au delà. En 1520 Rome excommunie Luther qui réagit en brulant la bulle papale et qui plus est, le droit canon. La rupture avec Rome devient totale.

La Réforme ne demeure pas liée à la politique territoriale saxonne. Elle s'imbrique dans celle de l'Empire et aussi à l'étranger. Luther développe une polémique acerbe contre les Juifs qu'il a pressés de se convertir au Christ et auxquels il reproche de ne pas avoir écouté son appel. Dès lors Charles Quint (1519-1556) voit son unité religieuse brisée par la Réforme protestante.

En contestant le système hiérarchique de l'Eglise romaine, Luther revalorise les fonctions temporelles. Le service de Dieu s'effectue en priorité, non dans les ordres religieux, mais dans le travail séculier. Jean Calvin (1509-1564) Français de Picardie, exilé à Genève, apparait plus comme un organisateur qu'un réformateur. Il est le premier à lever l'interdiction que l'Eglise avait dès ses origines fait peser sur le prêt à intérêt, sans pour autant s'interdire d'y recourir elle-même par l'intermédiaire des banquiers du pape qui eux étaient juifs et avaient le droit à l'argent.

En Allemagne, le message de Luther ne peut laisser indifférents les paysans misérables. Leurs premiers griefs ne visent que l'excès des corvées, les usurpations des communaux, les abus de la juridiction seigneuriale. Au début de 1525, le mouvement prend un caractère religieux et gagne plusieurs villes. De l'Alsace à la Saxe, il affecte toute l'Allemagne du sud ; les princes tant luthériens que catholiques le maitrisent mais la répression est atroce. Une servitude plus dure qu'auparavant s'appesantit sur la classe paysanne. La guerre des paysans se termine ainsi. Peu de temps après, Luther épouse une ancienne nonne, Catherine de Bora. De ce mariage heureux naissent six enfants.

La Réforme protestante amène de 1618 à 1648 la Guerre de Trente Ans, grand conflit religieux et politique qui ravage l'Europe et surtout le Saint Empire. Opposant une grande partie des pays européens, elle a pour causes essentielles l'antagonisme des protestants et des catholiques et les inquiétudes suscitées en Europe par les ambitions de la Maison d'Autriche. Le conflit éclate en Bohème où les protestants se rebellent contre l'autorité des Habsbourg (défenestration de Prague en 1618). Cette guerre se décompose en plusieurs périodes dont la française de 1635 à 1648 où Richelieu après avoir soutenu secrètement les adversaires des Habsbourg, intervient directement en s'alliant à la Suède, aux Pays-Bas et aux protestants allemands. Les victoires françaises de Rocroi (1643) puis de Lens (1648) amènent les Habsbourg à signer le traité de Westphalie en 1648. L'Allemagne sort ruinée et dévastée de cette période.

Philipp David Seher est assesseur au tribunal d'Alten Berg, dont quatre lieux en Allemagne portent le même nom....

Par contre Rettert, lieu de naissance et de mariage de Phillip, est situé au nord de Wiesbaden et l'on sait que le traité de Nimègue en 1677 a provisoirement attribué cette région à la France de Louis XIV (voir à ce sujet les notes sur les Wolfarth) et cela jusqu'en 1697. Ce qui parait assuré, c'est que la famille Seher est bien originaire d'Allemagne ou plus exactement de l'Empire Germanique tel qu'il est à cette époque, sous le règne de la maison des Habsbourg.

A la naissance de Johan, la Rhénanie est annexée au royaume de France depuis le traité de Nimègue en 1677 et ce, jusqu'en 1697 lors du traité de Ryswick. Dès 1648, le traité de Westphalie qui réorganise l'Europe de l'époque (voir l'origine des Wolfarth), transfère à Louis XIV les droits des Habsbourg en Alsace, à l'exception de Strasbourg. En 1678, la province devient française et en 1681, Strasbourg la rejoint.

Le lieu-dit de Keddarter Hof en Rhénanie-Palatinat pourrait correspondre à une ferme isolée ou à un hameau. Il se situe prés de Nassau, non loin de Coblence (Koblenz).

Johan à sans doute quitté sa région d'origine (fin des années 1600 / début des années 1700) pour suivre des études de théologie, peut être à Strasbourg (donc en France) car on voit que ses affectations pastorales seront par la suite toujours en Alsace. Il est également possible que le retour de la Rhénanie dans le Saint Empire Germanique en 1697 lors du traité de Ryswick, ait joué dans sa décision à rester Français dans le royaume de Louis XIV en raison des difficultés religieuses qui sévissaient depuis plus de 100 ans entre protestants et catholiques allemands. Peut être enfin que les origines, semble-t-il alsaciennes de son épouse, l'aient encouragé à rester.

Ce qui parait certain, c'est que le devenir de la famille Seher en France est bien la résultante à la fois d'un contexte politique (guerre de Trente Ans) et de la Réforme de Luther.

Johan Philipp est pasteur protestant à Bischwiller en 1712, également à Niederroedern (Nord de l'alsace) de 1712 à 1726 date de son décès.

http://fleury2.free.fr/temples/temples/bischwiller.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bischwiller

http://fr.wikipedia.org/wiki/Niederr%C5%93dern

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 4 - LES HENTZIEN

' FRANCALTROFF '

Selon les époques et l'humeur des scribes, comme partout, le nom de famille connaitra quelques variantes : Hentzien, bien sur, mais aussi Hentzienne, Hensien, Hentzgen, Hentzienn, Hennessienne, Ensienne, pour se généraliser sous sa forme actuelle vers le milieu du XIX siècle. Pour simplifier, nous avons repris pour tous les ancêtres la même orthographe.

Le berceau de la famille Hentzien est, pendant de nombreuses générations, Francaltroff en Moselle. Il n'est pas question ici de reprendre l'histoire de la Lorraine (se reporter pour cela à la généalogie sur les Wolfarth) mais il est utile cependant de savoir que, suivant les états possesseurs du territoire, cette commune prendra alternativement (et cela plusieurs fois) l'appellation de Altroff et de Francaltroff.

Jusqu'en 1727 Francaltroff, alors appelé Altroff ou Frey-Altroff n'avait pas de paroisse propre, ce village étant desservi par la paroisse de Lening qui se trouve distante de 600 mètres. Tous les actes étaient inscrits sur les registres paroissiaux de Léning.

Même après la création de la paroisse de Francaltroff, celle-ci reste une annexe de Léning et il arrive couramment que des mariages qui logiquement concernent plutôt Francaltroff soient célébrés à Léning. Il faut savoir que jusqu'en mai 1753, les décès de Francaltroff sont inscrits avec ceux de Léning et de Montdidier dans les registres de cette paroisse. Le village de Montdidier a toujours dépendu de Léning et il a eu sa mairie et son état civil à partir de 1793.

Le plus ancien titre ou le village de Altroff est mentionné date de 1240, acte par lequel Henri, comte de Deux-Ponts (voir historique de la Lorraine dans la généalogie des Wolfarth) reconnait devoir au chapitre de Metz, un cens annuel de dix deniers pour le moulin de l'étang de Altroff.

En 1628 les habitants de Frey-Altroff cèdent au prince de Phalsbourg devenu leur seigneur, la propriété de 200 arpents de bois de haute futaie dans le bois de Didiersberg sous la condition qu'il leur soient permis de vendre la superficie desdits 200 arpents, dont ils offrent le tiers au prince, et qu'ils jouissent de la vaine pâture pour leur usage. C'est sur l'emplacement de ce bois de Didiersberg qu'est construit, vers cette époque, le village de Montdidier.

Léning, Altroff (et éventuellement Montdidier) constituent au début du XVIIième siècle une seule paroisse, dite de Saint Barthélémy, et ayant son église à Léning. Ces deux villages, distant d'un kilomètre à peine, appartiennent pour moitié à la famille de Helmstatt, famille implanté en Lorraine depuis le XVième siècle et dont le siège était à Hinguesange, aujourd'hui simple ferme entre Léning et Grostenquin. L'autre moitié relève du duc de Lorraine et les liens de ce territoire avec la prévôté d'Insming sont assez ténus ; Léning a sa haute justice et ses plaids annaux.

Les deux villages souffrent cruellement des ravages de la guerre de trente ans, de la peste et de la famine. Montdidier, village de vignerons, fondé en 1631 par Louis de Guise, prince de Phalsbourg et de Lixheim, disparait complètement. Pendant l'occupation des troupes française en Lorraine, 19 maisons de Léning-Altroff auraient été embrasées, ainsi que huit granges et huit étables avec les grains, fourrages et ustensiles. Les habitants (habitant signifie alors chef de famille) sont au nombre de 44 entre lesquels ne sont que neuf laboureurs, les autres étant pauvres, chétifs et de langoureux manouvriers.

C'est donc une population de moins de 200 âmes qui reste à Léning en 1633. Le premier rôle d'imposition, en 1664, après le rétablissement de l'indépendance du duché, fait état de deux familles seulement dans la partie ducale de Léning.

Le 05 septembre 1664, les sieurs de Lutzelbourg font leurs reprises du duc de Lorraine pour Alstroff et Kierplich (Kerprich). Enfin, par lettre patentes du 15 septembre 1745, Stanislas amortit les immeubles appartenant à la chapelle de Saint Hubert, érigée en l'église d'Altroff. Il y a dans cette commune, un vicariat autorisé par décision ministérielle du 14 août 1811. Le patron de la paroisse est Saint Hubert.

Le curé Bourbon signe son premier acte de baptême le 19 novembre 1685. Il meurt le 30 mars 1708, âgé de 73 ans, ayant donc occupé la cure de Léning-Altroff pendant plus de vingt deux ans, le dernier acte portant sa signature étant daté du 11 mars 1708.

Altroff, appelé aussi Frey-Altroff et Francaltroff - cette dernière appellation ayant finalement prévalu - reste partie intégrante de la paroisse de Léning jusqu'à la Révolution. Elle a cependant depuis 1711 sa chapelle où mariages et funérailles y sont célébrés de plus en plus souvent, mais toujours enregistrés à Léning. Le 10 juillet 1727, Jean-Baptiste Perrin est nommé vicaire résidant d'Altroff. A partir de 1750 la paroisse a ses propres registres, et Mondidier repeuplé à partir de 1700 obtient sa chapelle en 1781 mais les négociations avec l'évêque pour avoir son propre vicaire résidant ne sont pas abouties lorsque la Révolution éclate.

Tous les témoignages concordent sur le fait que la guerre de Trente ans commencée en 1618 et à laquelle s'ajoutent la peste et la famine dépeuplent la Lorraine à un point que nous pouvons difficilement imaginer et cela partout dans le duché. La population disparait pour les trois quarts, parfois pour les neuf dixièmes, de nombreux villages sont complètement dépeuplés et plus de 80 d'entre eux n'ont jamais été reconstruits.

En 1662, Charles IV de Lorraine recouvre ses états occupés par le Roi de France, mais celui-ci continue d'occuper militairement la route qui assure ses communications avec l'Alsace. Ce sont donc les autorités françaises qui prennent les mesures appropriées pour provoquer et encourager le repeuplement de la Lorraine au travers d'une immigration de paysans attirés par une exemption d'impôts pendant douze années. Succédant à Charles IV, Léopold nouveau duc de Lorraine, par son ordonnance de 1698, confirme ces franchises d'impôts et autres privilèges.

Quelques familles seulement parmi les 44 qui peuplent la prévôté en 1633 survivent aux calamités des trente années suivantes. Elles se sont accrochées à leur terre ou y sont revenues dès que cela était possible. Parmi elles, on note Houpert à Gréning, Bir à Léning. En 1689, le nombre de familles passe à 125, progression considérable si l'on songe aux conditions précaires dans lesquelles vit toujours la Lorraine.

Pour Léning-Altroff, les historiens ont étudié une sorte de recensement datant de 1685 permettant de savoir que 34 couples, donc 68 individus ont 132 enfants. Ces 68 individus représentent 38 noms de familles. Les Dorr et les Houpert comptent trois ménages chacun aux quels il faut ajouter quelques vieillards. Les Bir (Bier) sont deux ménages.... A partir de 1678, il y a des naissances à Altroff et le rythme s'accélère : 14 naissances en 1683 ; 6 en 1684 ; 12 en 1685...

A Léning et à Altroff, pratiquement tous les noms sont de consonance germanique. Les Dorr, Houpert, Bier, Karpp et Wolff sont établis depuis longtemps. Un acte notarié de 1700 nous apprend que les cinq frères et soeurs Hensienne d'Altroff et Hellimer, vendent à Gréning, une maison et dépendances provenant de Hans et Laurent Hensienne, leurs arrière grand-père et arrière grand-oncle, ce qui nous ramène aux environs de l'an 1600, car les vendeurs ont une quarantaine d'années.

On relève le nom de la famille Houpert à Holving, sous la forme de Houppers, dans un document sur la guerre des Rustauds. Nous le trouvons à Gréning en 1633 où il se continue de façon certaine ensuite. A Léning, entre 1670 et 1680, il y a trois frères et deux soeurs Houpert, une autre mariée à Esroff ; leur mère est une Torlotting d'Albestroff et ils n'ont pas de parenté connue avec leurs homonymes de Gréning. Au même moment il y a des Houpert à Boustroff et un peu plus tard nous en trouvons à Réderching. De toutes ces données, les spécialistes disent que l'on peu raisonnablement en déduire que les Houpert étaient établis dans la région, antérieurement à 1635.

A Insming et les autres villages de la paroisse, l'éventail des patronymes est beaucoup plus large et nous trouvons une forte proportion de noms à consonance française. Une fille Bour dont la famille est à Léning se marie avec Nicolas Clément de Gillet. Il ya des Simon, des Mangin, des Fern, des Henry... Les autres villages équilibrent chacun des noms aux deux consonances. On remarque cependant que, de façon générale, avant 1700, les mariages se font entre conjoints ayant des patronymes de même consonance, ce que confirme le village de Montdidier repeuplé par les francophones.

Car les deux langues existent et souvent les germanophones sont bilingues, car le français est la langue des notables et les documents y sont rédigés ainsi. Il n'y a pas d'antagoniste sachant que la région est comme aujourd'hui une frontière linguistique et dans de nombreux cas, la connaissance des deux langues va de soi, d'autant plus facilement qu'au XVIIIième siècle l'usage du français est le résultat d'une instruction plus poussée.

Entre 1664 et 1686, le nombre de familles a triplé dans les villages de la prévôté. Cela sans doute grâce à la courageuse fécondité de ceux qui n'avaient pas péri, grâce aussi à la venue de compatriotes lorrains qui sont presque toujours de proches voisins et aussi par l'immigration de Picards, de Suisses, de Tyroliens. Concernant ces derniers, il y a des indications précises et ils semblent principalement être des ouvriers du bâtiment : maçons, charpentiers couvreurs. Bon nombre d'entre eux sont mentionnés dans les registres comme "jeune garçon du Tyrol" ou "ex Bavaria". Faut-il penser que les bavarois sont proches des tyroliens ? Sans doute pas, mais par contre les uns et les autres sont à l'époque des ressortissants du Saint Empire Germanique gouverné par la famille des Habsbourg.

L'orthographe des noms est certainement écorchée par le curé Bourbon, et les prénoms francisés le plus souvent. Non sans des précautions justifiées sur la production des pièces en bonne forme, les curés de Lorraine de cette époque ont sans doute appris qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant ce que racontent les gens venant de très loin. Il est donc écrit dans l'acte de mariage que l'époux est "fils de... homme de la province du Tyrol, comme il est fait mention dans la lettre de naissance du jeune homme fort bien légalisée avec la signature du baillif (ou du vicaire du diocèse) de.....".

Nombreux aussi sont les Germaniques et les Suisses qui déjà à cette époque sont les meilleurs "hardiers des vaches". Les Savoyards et Auvergnats ne sont pas une légende et comme pour les Tyroliens cités précédemment, toutes les précautions sont prises sur leurs origines régionales.

La population est occupée presque uniquement à cultiver la terre, à remettre en état ce qui était retourné en friches avec l'aide de quelques artisans nécessaires. Entre 1680 et 1700, Léning-Altroff compte trois maréchaux-ferrants, quatre charrons, un cirier et deux huiliers, un tonnelier, un tailleur d'habits, huit tisserands, deux charpentiers et six maçons, deux cordonniers dont l'un est un "maitre" qui a des valets, c'est à dire des apprentis et des compagnons. Même si les temps sont durs et difficiles, il y a une école avec un régent, payé et logé par le village : à Léning, Christophe Albrech est le premier. Parmi les plus anciens des villages, plusieurs savent signer : ils avaient du apprendre avant 1635, puis graduellement, le travail des maitres porte ses fruits. L'enseignant est logé dans une maison achetée par la communauté en 1688, et il reçoit en plus un certain nombre d'avantages en nature indiqués par contrat. A une époque beaucoup plus récente, il y avait encore des habitants de villages lorrains qui débitaient et livraient le bois de chauffage au maître d'école, même s'il n'y avait plus de contrat entre eux.

Les Hentzien sont des fondateurs de familles nombreuses. En général, la dizaine d'enfants, voire plus, ne leur fait pas peur, le record étant détenu par Michel Hentzien et Nanette Meylender qui, de 1817 à 1839, fondent un foyer de 15 enfants.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Francaltroff

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 5 - LES RUEFF

' ILS VIENNENT DU TYROL '

En 1662, après la guerre de 30 ans, la Lorraine a un grand besoin de repeuplement. Pour ce faire, des mesures sont prises afin d'attirer par l'exemption d'impôts des cultivateurs et autres artisans. L'immigration de Picards, de Suisses, de Tyroliens commence

Concernant ces derniers, il y a des indications précises et ils semblent principalement être des ouvriers du bâtiment : maçons, charpentiers couvreurs. Bon nombre d'entre eux sont mentionnés dans les registres comme "jeune garçon du Tyrol" ou "ex Bavaria". Faut-il penser que les bavarois sont proches des tyroliens ? L'orthographe des noms est certainement écorchée par le curé dans ses registres et les prénoms francisés le plus souvent.

Non sans des précautions justifiées sur la production des pièces en bonne forme, les curés de Lorraine de cette époque ont sans doute appris qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant ce que racontent les gens venant de très loin. Il est donc écrit dans l'acte de mariage que l'époux est "fils de... homme de la province du Tyrol, comme il est fait mention dans la lettre de naissance du jeune homme fort bien légalisée avec la signature du baillif (ou du diocèse) de.....".

Nombreux aussi sont les Germaniques et les Suisses qui déjà à cette époque sont les meilleurs "hardiers des vaches" *. Les Savoyards et Auvergnats ne sont pas une légende et comme pour les Tyroliens cités précédemment, toutes les précautions sont prises sur leurs origines régionales.

  • Hardier : ce nom ne figure plus au Larousse 2005 : on peut le rapprocher de "harde" désignant un troupeau de ruminants sauvages et en déduire qu'un "hardier" est un gardien de troupeau de vaches.Le petit dictionnaire des noms rares (site internet) donne comme équivalences : pâtre et berger.

Parmi ces tyroliens un certain Jean Rueff natif de Tannheim, dans le centre de la vallée du Tannheimer, vallée qui est une réserve naturelle du Tyrol.

http://www.austria.info/fr_b2b/communiques-de-presse/la-vallee-de-tannheim-une-oasis-de-nature-1663287.html

Jean s'est marié avec Marie Zoblin à Tannheim-Oberhöfenen en Autriche en 1720 comme l'atteste l'acte officiel ; Joannes Rüff, fils de Josephi Rüff, Maria Zöblin fille de Joannis Zobl & Maria ? Leur second fils, Antoine nait en 1735 toujours à Tannheim-Oberhöfen selon son acte de baptême.

Ce qui parait tout aussi certain, c'est que Jacques et Antoine, même s'ils ont 15 ans d'écart, sont frères de par leur père puisque les textes de l'acte de mariage indiquent que Antoine est témoin au mariage de son frère Jacques et beau-frère de l'épouse (avant ou après la cérémonie ?).

Bien évidemment l'orthographe du patronyme connaîtra comme tous les noms de famille différentes variantes : Rief, Rüff, Ruff, Riff. Pour simplifier, nous avons repris l'écriture actuelle de Rueff. Le nom est surtout porté en Moselle. Variante : Rouf (88). Rencontré aussi sous les formes Ruef, Rueff, Ruff, Ruoff, c'est un nom de personne d'origine germanique, Ruffo, hypocoristique de Rudolf.

Jacques Rueff, le fils de Jean est né à Auw et y décède. Cette localité est une commune suisse du canton d'Argovie dans le district de Muri à quelques kilomètres de Zurich.

Des documents de la cathédrale de Zurich mentionnent l'existence de tombes à Auw dès 893. Le nom de cette localité apparait à nouveau en 1064 lors de l'énumération des plus vieux produits de la maison du culte de Muri. Auw en 1306 a fait partie d'une juridiction administrative spécifique du bureau de Meienberg. Concernant la croissance démographique au XIV ième siècle, il n'y a pas d'indications fiables. Par contre en 1638, on trouve trace écrite de "47 maisons habitées".

En 1705 débute la construction d'une église baroque qui existe encore aujourd'hui. http://fr.wikipedia.org/wiki/Auw_(Argovie)

Le 08 février 1715, un grand feu détruit la partie principale du coeur du village où 43 combles ont disparus ce qui met 150 personnes sans abris. Plus tard, en 1803, sur la base d'un cahier de prescription de Napoléon 1er, un canton est formé avec les villages de Aargau, Rüstenschwil et Auw, chaque municipalité restant indépendante jusqu'en 1908, date à laquelle un décret du grand conseil les unies.

Jean-Gaspard, le petit fils de Jean le Tyrolien est natif de Auw. Il arrive dans le royaume de France où il exerce le métier de plâtreur et se marie avec une Lorraine. Tous deux s'installent à Francaltroff,village dont l'historique est relaté dans le chapitre sur les Hentzien.

Bien évidemment en vivant plus de trois siècles dans la même commune, les Hentzien et les Rueff se sont unis entre cousins et cousines, sans doute parfois sans le savoir.

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 6 - LES VEZIEN

DES GENERATIONS DE HUGUENOTS EN POITOU

L'histoire du Poitou, depuis le XVIème siècle est dominée par le conflit religieux, lié à l'extraordinaire développement des idées de la Réforme, après la visite de Calvin à Poitiers. (voir détails sur la Réforme dans famille Seher). Les persécutions qui s'en suivirent pour nos ancêtres ont été occultées de "l'Histoire Officielle", seuls le Massacre de la St Barthélemy, le siège de La Rochelle ou la révolte des Camisards sont encore dans la mémoire collective.

L'HISTOIRE PROTESTANTE EN QUELQUES MOTS

La Réforme naît et se développe en Europe dans les pays d'obédience catholique romaine et uniquement dans ceux-ci. En France, elle apparaît sous François 1er, et se développe sous Henri II au point de pouvoir tenir son premier synode à Paris le 25 mai 1559. L'affaiblissement du pouvoir royal sous la régence de Catherine de Médicis ainsi que le désoeuvrement de la noblesse, suite à la paix de Cateau-Cambrésis, créent les conditions favorables à l'expansion du protestantisme. Non sans entraîner de sanglants conflits : ce sont les guerres de religion et ses tueries, dont le tristement célèbre massacre de la Saint Barthélémy.

Ce fut le mérite d'Henri IV de ramener la paix civile et religieuse en promulguant l'Edit de Nantes créant le seul état d'Europe où deux religions coexistaient officiellement. Cette singularité prit fin lorsque Louis XIV signa la révocation de l'Edit de Nantes et interdit le protestantisme dans le royaume de France.

S'ensuivit environ un siècle de persécutions contre les protestants. C'est la période dite du Désert. Enfin, Louis XVI rendit aux protestants une existence légale par son Edit de tolérance qui leur donnait un état-civil.

Mais, il fallut attendre la Révolution qui promulgua la Déclaration des Droits de l'Homme et la liberté de culte pour qu'ils puissent pratiquer leur religion en toute légalité.Enfin, Bonaparte par la loi du 18 germinal an X dite articles organiques (équivalent pour les protestants du régime concordataire pour les catholiques) rétablit officiellement et organisa définitivement le culte protestant.

LE PROTESTANTISME POITEVIN EN QUELQUES DATES

1517: Luther affiche 95 thèses condamnant le commerce des indulgences.

1520 : le Pape excommunie Luther.

1521 : Luther traduit la Bible en allemand, l'a fait imprimer, et le Livre est répandu par les colporteurs, elle pénètre le Poitou par La Rochelle.

1534 : Marie Becaudelle servante d'un marchand de La Rochelle est brûlée vive pour hérésie.

1534 : Calvin, adhérant aux idées de la Réforme, fuit Paris et se réfugie à Poitiers où il prêche devant les étudiants

1544 : l'Abbé de St Maixent prêche la Réforme

1544 : François 1er s'inquiète et commence la répression

1547 : mention du premier temple à Grosbois de Prailles.

1555 : apparition des premières Eglises locales, avec ministre, Anciens : l'enseignement, le culte et le dogme sont fixés

1559 : Assemblée publique sous la halle de St Maixent.

1562 : début des Guerres de Religion, les catholiques et les protestants organisés en armée s'affrontent militairement

1572 : massacre de la St Barthélemy.

1598 : Edit de Nantes

1607 : reprise des hostilités

1610 : assassinat de Henri IV

1621 : Louis XIII assiège les places protestantes

1628 : siège de La Rochelle, 20.000 morts.

1629 : Edit d'Alès qui confirme la liberté de culte mais supprime les places de sûreté protestantes.

1644 : destruction du temple de Melle.

1659 : synode de Loudun : Louis XIV décide que ce sera le dernier.

1661 : premières dragonnades en Poitou, début des Assemblées au Désert.

1681 : l'intendant Marillac installe "la conversion par la taille et les dragons".

1685 : pour Louis XIV il n'y a plus de protestants en France, l'Edit de Nantes est révoqué, exil de 80.000 huguenots dans les pays du Refuge.

1686 : reprise des dragonnades, procès aux cadavres.

1688 : reprise des Assemblées malgré l'interdiction et persécutions

1697 : croyant au soutien de Guillaume d'Orange, les "nouveaux convertis" reprennent les assemblées en public, avec les prédicants : Potet, Robine, Taver, ...

1699 : répression de plus en plus dure, coup d'arrêt aux assemblées publiques, elles reprennent clandestinement.

1702-1709 : révolte des Camisards.

1716-1719 : reprise des assemblées publiques avec de nouveaux prédicants : Bertholet, Susset, assemblant des milliers de personnes sur les ruines des temples.

1719-1720 : répression féroce et nombreuses pendaisons.

1738 : Jollet, dernier prédicant pendu.

1739 : toujours aussi nombreux, les protestants réorganisent leur Eglise avec l'arrivée de nouveaux Pasteurs venus du Languedoc : Viala, Gounon.

1744 : premier Synode du Désert poitevin.

1750-1788 : Eglise "au Désert", avec les Pasteurs Poitevins : Gamain, Pougnard, Tranchée, Gibaud, les Frères Métayer, Gobinaud, Marteau, ...

1787 : Edit de Tolérance : il reconnaît l'existence des protestants, valide les naissances, mariages et décès à condition d'être enregistrés par le curé ou le juge.

1789 : Révolution Française : droits de l'homme - Etat Civil.

Tous ceux qui ont des origines dans le Moyen Poitou ont forcément un de leurs ancêtres qui a subi les persécutions.

C'est dans ce pays de sources et de bois, aux maisons dispersées dans le bocage, aux chemins creux bordés de haies épaisses, autour de la vallée du Lambon et de la Sèvre que s'est construite la résistance huguenote à la fois pendant les guerres de religion et après la révocation de l'Edit de Nantes. Peu de villages n'ont pas été marqués : Beaussais, Vitré, Mougon, Prailles, Aigonnay, Fressines, Sainte Blandine ont souffert de ces persécutions dont la mémoire a été conservée par la tradition orale. Dans les familles protestantes, on racontait jadis aux enfants la dragonnade de Grand-Ry, petit hameau sur la commune d'Aigonnay au cours de laquelle une cinquantaine de protestants, surpris pendant leur culte, furent blessés ou tués par les dragons du roi, trois d'entre eux étant pendus le lendemain matin et un certain nombre d'autres envoyés aux galères.

http://guy.vidal.pagesperso-orange.fr/Thomas_MARCHE/grand_ry5.htm

http://guy.vidal.pagesperso-orange.fr/Thomas_MARCHE/victimes_de_grandry.htm


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Comment se mariaient les protestants après la Révocation de l'Édit de Nantes

Le mariage civil entrainait-il forcément le mariage à l'église ? Les ancêtres qui se sont mariés lors d'assemblées clandestines (désert) et qui avaient déjà des enfants étaient-ils mariés civilement, vivaient-ils en union libre ?

Effectivement le mariage des protestants entre 1685 et 1787 pose des questions sur plusieurs niveaux parallèles : religieux, juridiques et social.

De 1598 (Édit de Nantes) à 1685 (Révocation de l'Édit de Nantes), la religion protestante est légale ; les protestants ont leurs temples, leurs pasteurs et leurs registres officiels. En 1685, à la Révocation, les artisans émigrent (environ 250.000) ; les propriétaires de terres et beaucoup de paysans restent en France.

Avant la Révolution existaient deux enregistrements de mariage :

• un contrat de mariage juridique et financier pour les biens et la dot, acte passé devant notaire,• et un sacrement de mariage à l'église catholique (le 3ème mariage que nous connaissons aujourd'hui, le mariage civil devant le maire, n'apparaît qu'à la Révolution séparant l'Église et l'État en 1792).

Mais, complication religieuse : les protestants ne reconnaissent pas comme sacrement le sacrement de mariage catholique !

Et complication juridique : la loi française déclare illégal un couple de protestant refusant de s'unir devant l'église catholique (même en ayant passé un contrat de mariage notarié)

A cette époque, en France, seul le mariage catholique est légal ; conséquence juridique : les enfants de protestants non mariés devant l'église, sont considérés comme bâtards et donc n'ont pas le droit d'hériter de leurs parents !

D'où plusieurs dilemmes graves pour les protestants entre 1685 et 1787 :

- soit de rester fidèles à leur foi protestante ; et dans ce cas d'être des couples illégaux et leurs enfants déshérités,

- soit de se marier devant un curé catholique, en abjurant leur foi ; dans ce cas, leurs enfants devenaient légitimes et avaient le droit d'hériter ; dans ce cas le curé catholique inscrivait en marge : N.C. (nouveaux convertis) et ne se faisait aucune illusion sur leur foi,

- la période 1685-1733 est la plus dure appelée la période "du désert" (avec dragonnades, emprisonnements et galères),

- 1733 marque un tournant (les protestants ne sont plus condamnés à mort),

- 1787 : une nouvelle loi reconnaît la légalité des couples protestants, donc la légitimité de leurs enfants ; c'est la première création d'un état "civil" (en opposition à "religieux"). Des centaines de familles protestantes viennent, devant le juge local, faire une déclaration de famille sur plusieurs générations. Là est né l'état civil tel que nous le connaissons actuellement.

Une conséquence : en 1791 l'état civil des juifs est également reconnu, indépendamment de leur religion.

Sources : Guide des archives des familles protestantes en France : guide publié par les Archives nationales en 1987 ; associations généalogie protestante ; internet ....

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 7 - LES MEPONTE

Selon Généabank Corrèze, Thomas Mempontet est né le 16 juin 1676 au lieu dit Le Chassaing qui dépend de la commune de Chaveroche -19-

L'orthographe du patronyme, comme toujours, est variable. Le canton d'Ussel dont relève Chaveroche recense un grand nombre de Mempontel dont les individus, soit restent sous cette écriture, soit se transforment en Mempontet dès la génération suivante.

Chaveroche est une commune située dans le département de la Corrèze Elle se situe géographiquement à une altitude de 698 mètres environ. La rivière la Diège est le principal cours d'eau qui traverse Chaveroche. Le village fait partie du parc naturel régional de Millevaches en Limousin.

La ville de Chaveroche appartient au canton d'Ussel-Ouest et à l'arrondissement d' Ussel. Les habitants de Chaveroche étaient au nombre de 198 au recensement de 2007.

Par son mariage en 1764, le premier Léonard Mepontet s'installe comme cultivateur à Saint Germain Lavolps distant de peu de kilomètre de Chaveroche. http://mapage.noos.fr/lavolps/

Parmi ses enfants, trois sont baptisés du même prénom que le sien dont "le numéro 3" né en 1789 qui sera scieur de long et sera à l'origine de la migration familiale de la Corrèze aux Deux Sèvres.

En 2007, la fille de l'arrière petite fille de Léonard, me communique un "Passe-Port Royal "rédigé le 27 août 1826 au profit de "Léonard Memponte", scieur de long, domicilié aux Alleuds -79- et qui serait né, quarante plus tôt, sur la commune de St Germain Lavolps (et non pas Laveau comme indiqué sur le document. Notons cependant que l'Ancien nom de la commune est Saint Germain la Voulp sur les cartes de Cassini). Dans ce département le patronyme orthographié "Memponte" semble relativement usité.

Ce document nous apprend que Léonard serait donc né vers 1786. Agé soit disant de 40 ans en 1826, il demeure aux Alleuds -79- et est déjà marié. Sa description physique indiquée sur le "passe-port à l'intérieur" nous apprend qu'il mesure 1.77 mètre, qu'il a des cheveux châtain clair, le front étroit, les sourcils également châtain clair, les yeux doux, le nez bienfait, la bouche grande, la barbe blonde, le menton pointu, le visage ovale et enfin un teint coloré. Pas de signe particulier. On note également qu'il ne sait pas signer (donc pas lire).

Le "passe-port de l'intérieur" émane de la police générale du royaume, est délivré par le maire de Chef-Boutonne et est valable pour un an. Il permet à Léonard de circuler librement de Chef-Boutonne, commune dépendant de la sous préfecture de Melle -79-, jusqu'à St Germain Lavolps -19- et il invite les autorités civiles et militaires à lui donner aide et protection en cas de besoin.

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LES MIGRATIONS DES OUVRIERS ET ARTISANS ORIGINAIRES DU MASSIF CENTRAL

A partir du XIX° siècle, avec le développement de l’industrie, l’horizon de nos ancêtres ne se limite plus à l’espace du village ou du pays. Pour des raisons diverses, les migrations se font plus nombreuses. Jean Monange nous livre ses réflexions sur le sujet.

Les causes des migrations :

L’ingratitude des conditions locales (pentes, sol, climat), la pression démographique entraînent l’insuffisance des ressources. La longueur de l’hiver et le désoeuvrement en l’absence d’industries d’appoint, une façon d’échapper à la milice ou la conscription mais surtout un moyen de rechercher du numéraire pour payer l’impôt ou garder le bien (indemnisation des cohéritiers).

Des raisons psychologiques pour échapper à une vie trop monotone, un travail trop uniforme ou trop pénible. Ces multiples raisons sont amplifiées par l’expérience des parents et des parrains revenus fortune faite au pays .

Quelle durée de migration ? :

Migration saisonnière liée aux activités rurales, 15 jours pour les cueilleurs de pommes en Limagne, 7 à 8 mois en morte saison pour les scieurs de long et en belle saison pour les maçons mais retour périodique au pays pour les gros travaux d’été ou pour exercer un métier secondaire.

Migration pluriannuelle (maçons de la Creuse et des Combrailles, sucriers de Saugue, marchands de toile Cantaliens en Espagne) on revient quand on a gagné suffisamment pour amortir le voyage ou pour des nécessités impérieuses (décès d’un proche, règlement d’héritage etc...) Migration viagère qui suppose l’idée d’un retour, après 10 à 30 années d’absence au pays et une installation de caractère permanent dans la région d’accueil, le retour est lié à la réussite sociale et au désir de laisser sa place à la descendance. L’émigration définitive est souvent due à la fixation des héritiers dans le pays d’accueil, on ne revient plus au pays que durant le mois de vacances.

Les conséquences des migrations :

Démographiques, les naissances obéissent au rythme des retours, les causes de décès sont multipliées par les déplacements, les métiers dangereux (scieurs de long, maçons), routes peu sures (les voyages se font souvent en groupe), la nuptialité comme la natalité est saisonnière (on revient très souvent au pays pour se marier). Les mariages hors du pays créent un déséquilibre, pour les filles qui restent les chances de trouver un conjoint diminuent.

Economiques, pour les régions de départ moins de bouches à nourrir, malgré une déperdition de main d’oeuvre, il est vrai à une période pas trop gênante ; pour les régions d’accueil une surcharge démographique passagère (mais la région est supposée plus riche) mais un apport de bras indispensables à cause de la période (migrants de récoltes), de la pénibilité des tâches (délaissées par les autochtones), de l’abondance des matériaux (bois pour les scieurs de long), de l’habileté présumée (étameurs, chaudronniers) ou dû au savoir faire commercial (métiers de la chine, du colportage, des marchands de toile et des négociants en vin).

Sociologiques, la migration permet d’adopter des attitudes nouvelles impensables dans le milieu d’origine. Nombre de métayers abusés par les hobereaux locaux vont trouver l’éveil de leurs sentiments d’exploités, le migrant qu’il soit maçon ou cocher n’est plus isolé et prend une conscience plus exacte de son sort. Il se forge une solidarité de classe et lutte pour des gains plus substantiels et des conditions de travail moins pénibles.

La migration procure la possibilité d’une réussite professionnelle et sociale bien improbable au pays, le migrant du Massif Central par son aptitude au travail pénible, son habileté dans l’artisanat, son endurance, son énergie, ses qualités de finesse, son aptitude à discuter et convaincre particulièrement dans le domaine du négoce va réussir.

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SCIEUR DE LONG : UN TRES VIEUX METIER

Venus de leur lointaine région, voire d'Italie ou des pays de l'Est, toujours par deux, les scieurs de long (le chevrier et le renard ou renardier) font partie du peuple de la forêt. Le doleur dirigeait plusieurs équipes de scieurs. Pendant plus de 12 heures par jour, ils vont débiter des poutres, des planches, plus tard des traverses pour le chemin de fer.

Les scieurs de long du Massif Central ne détenaient pas le monopole du sciage à bras mais ils avaient une spécificité : ils émigraient. Leurs migrations saisonnières durèrent près de cinq siècles. Ces migrations deviendront définitives pour beaucoup de célibataires qui se marièrent sans jamais retourner dans leur province natale.

Les scieurs de long débitaient de longues pièces de bois dans le sens du fil, ils obtenaient des planches, plateaux, poutres, chevrons, voliges etc. Nous leur devons les étais des mines, les traverses de chemin de fer, les merrains des tonneaux, le bois des allumettes. Ils intervenaient aussi bien pour la construction d'un hangar ou d'une barque que pour celle d'un château ou d'un très gros bateau.

Ils intervenaient partout grâce à leur équipement léger, à une grande facilité de mobilité et à une main d'oeuvre nombreuse et bon marché. Ils se déplaçaient facilement de chantier en chantier, transportant la scie, les haches chaînes et passe-partout, leur outillage étant sommaire en comparaison de celui d'autres métiers. Ils montaient le support (sorte de trépied) avec les matériaux trouvés sur place.

Il n'y avait pratiquement qu'une seule façon de travailler, mais plusieurs modes de vie :

Les sédentaires : ils travaillaient surtout à proximité de leur résidence.Les itinérants : ils allaient par deux dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres.Les ambulants : parcouraient inlassablement la campagne, ils n'avaient pas de résidence fixe.Les immigrants : chassés de leur pays pour des raisons économiques ou politiques.Les migrants ou émigrants : venaient surtout du massif central.

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Si tous ces hommes "allaient à la scie", c'était par nécessité et non par goût des voyages, plusieurs causes s'alliaient entre elles :

Le Climat : les hivers neigeux et sans fin, contraignaient ces montagnards à une trop longue période d'inactivité. C'était avant tout des paysans, ils vivaient ou survivaient de la culture, de l'élevage et de l'exploitation forestière. Les scieurs de long se recrutaient aussi bien parmi les petits propriétaires, que parmi ceux qui n'avaient aucun bien. Aux laboureurs se joignaient de modestes commerçants et artisans.

Les années 1630, 1694, 1697, 1709, 1710, 1770 furent cruelles, avec des hivers et des printemps particulièrement froids qui gelaient toutes les cultures auxquels s'ajoutaient les épizooties (maladies contagieuses d'origine animalière) et les désastres laissés par les gens de guerre après leur passage.

Les charges et les impôts seigneuriaux, religieux et royaux écrasaient les populations. De plus chaque scieur de long était cotisé et devait acquitter une taxe d'industrie, calculée en fonction du pécule rapporté, comme le confirmaient les rôles de taille tarifés.

Les régimes successoraux apportaient une charge supplémentaire, notamment en cas d'héritier universel, contraint de dédommager ses cohéritiers et de régler d'autres dépenses familiales. Il n'était pas rare de voir réapparaître, après une longue absence un scieur se long venu toucher sa part d'héritage, puis disparaître aussi discrètement qu'il était arrivé, cette fois pour toujours.

Pour servir en temps de guerre, tant que le recrutement de la milice se limitait à un ou plusieurs hommes par paroisse celui-ci n'avait pas suscité de situation particulière. Le problème s'est corsé avec les levées obligatoires. Avec la Révolution, si certaines charges ont diminué, en contrepartie l'instauration du devoir militaire fut créée. Les jeunes gens qui tiraient un mauvais numéro se voyaient embrigadés pour de longues années, et devaient-ils s'estimer heureux s'ils avaient échappé aux massacres des guerres napoléoniennes, ou autres batailles.

En dépit des risques encourus, beaucoup préféraient déserter que de se soumettre aux lois de la conscription, ils choisissaient de s'expatrier dans quelques forêts lointaines. Les familles étaient regroupées par feux, voire par communautés villageoises . Les communautés familiales étaient fréquentes. Malgré le fort taux de mortalité infantile et de mortalité épidémique, les familles étaient nombreuses, trop nombreuses. Cette surpopulation était inconciliable avec les ressources insuffisantes des foyers. Aussi pour les plus pauvres, un parent parti, c'était une bouche de moins à nourrir.

Dès l'adolescence "aller à la scie", l'instinct d'imiter, de faire pareil que les autres, devenait une tradition. Les histoires du grand-père racontés aux veillées, avec tous les détails sur ses exploits d'antan, et sur ses pérégrinations, incitaient les garçonnets à partir. Dans ces milieux on était scieur de long de père en fils.

Même modiques, les gains rapportés par les premiers encourageaient à l'exode, avec l'obsession chez le paysan d'agrandir sa propriété en achetant quelques arpents de terre supplémentaires, sans oublier de se protéger d'un éventuel accident ou maladie et contre la vieillesse Pour toutes ces populations le phénomène migratoire une fois enclenché, devenait irréversible.

Les scieurs de long émigraient à l'automne.

D'après la tradition, les départs avaient lieu à Notre-Dame de septembre, le 8 ou à la Saint-Michel le 29 septembre, et les retours à la Saint-Jean d'été le 24 juin. Dans la réalité rien d'aussi rigide, les départs s'échelonnaient de septembre à décembre et les retours d'avril à juillet. L'absence durait 8 à 9 mois.

On appelait cette émigration temporaire : émigration d'hiver ou de morte-saison par opposition à l'émigration d'été. Exceptionnellement des scieurs de long du Limousin et de la Creuse ont pratiqué l'émigration d'été pour accompagner leurs compatriotes maçons ceux du bâtiment qui limousinaient.

En général, ils rentraient au pays chaque été. Quelques uns sautaient deux ou trois ans à cause de l'éloignement ou parmi les jeunes mariés soucieux de rapporter un pécule plus important et d'éviter toute naissance, dès les premières années du mariage. Cet exode saisonnier rythmait et déséquilibrait la vie locale, sociale et économique, exemple : les baptêmes et naissances enregistrés entre avril et juillet.

Autour de l'émigration, il y avait toute une organisation. Elle était bien encadrée.

Un chef d'équipe, le patron, recrutait la main-d'œuvre, lors des foires - d'ailleurs la coutume disait que, sur certaines foires, il y avait plus de patrons scieurs de long que de marchands de bestiaux - lors des fêtes patronales, dans les cabarets... tout simplement entre parents ou gens du même village. Le patron se chargeait de toutes les démarches. En plus de l'embauche, il cherchait le travail, traitait avec l'employeur, qui adjudicataire de coupe, qui marchand de bois, qui exploitant forestier, se chargeait des conditions de travail, des rémunérations. Il s'occupait des trajets, de l'hébergement et de la nourriture. A la fin de la campagne, il répartissait les gains... Une douzaine d'hommes composaient l'équipe, la brigade, parfois moins, parfois davantage.

Avant de se mettre en route, les scieurs de long remplissaient des formalités d'ordre privé, administratif ou notarial. Ceux qui étaient pour se marier, le faisaient aux mois d'août, septembre ou octobre avant de partir, ainsi profitaient-ils de la présence des autres scieurs parents et amis.

En 1772, le curé de la commune de Sauvain enregistrait onze mariages, chiffre particulièrement élevé dû à la période de forte démographie. Ils étaient répartis sur deux mois seulement soit neuf en septembre et deux en octobre.

D'abord auprès des prêtres, des échevins... puis des maires, ou auprès de tout autre membre de l'autorité compétente, les scieurs de long se faisaient délivrer un certificat de route, un "passe-port", document obligatoire aussi bien pour circuler dans l'intérieur du pays qu'à l'étranger, à présenter en cas de contrôle et à faire viser.

Le demandeur devait être bon catholique (les protestants du Velay ne pouvaient donc pas émigrer), ni hérétique, de bonne moralité, jouissant d'une honnête réputation, aucun reproche à lui faire sur sa conduite, porteur d'aucune maladie épidémique..... Les "passe-ports", manuscrits ou imprimés, portaient à peu près tous les mêmes formules. Cette formalité est tombée en désuétude à la fin du XIXe. En plus du "passe-port", vers 1750, a été institué le livret d'ouvrier dont ils devaient être munis.

Malgré la dépense, les scieurs n'hésitaient pas à se rendre chez le notaire, pour enregistrer un contrat de mariage, déclarer une transaction financière, donner procuration à leur femme ou pour le célibataire à un parent afin qu'il gère ses affaires en son absence, rédiger un testament pour la répartition de ses biens et s'enquérir de sa sépulture avec messes et aumônes pour le salut de son âme au cas où il ne reviendrait pas...

Pour les émigrants Creusois, avant de quitter le pays, la tradition exigeait autrefois qu'on fit l'emplette d'un très vaste chapeau insigne du métier. Aux environs de 1885 un vieux chapelier d'Eymoutiers en avait presque l'exclusivité, et à la saison en apportait des piles importantes aux foires de la région, notamment à celles de Peyrelevade, Féniers et Faux-le-Montagne. Les sitaires auvergnats portaient le même couvre-chef. Il préservait l'homme, debout au pied du chevalet, de la chute de la sciure sur le visage. Fabriqué en laine du pays, ce feutre était imperméable à la pluie et si souple que les scieurs de long le roulaient en coussinet et le plaçaient sur leur épaule pour amortir le dur contact des arbres abattus qu'ils transportaient.

Ils partaient généralement entre 16 et 50 ans, mais il a été relevé dans des passeports des départs dès l'âge de onze ans et jusqu'à soixante ans. Les tout jeunes gamins, ces grouillots, moitié domestiques moitié apprentis, étaient employés à de menues besognes, et souvent à des tâches ingrates. Parfois, au début de leur mariage des jeunes femmes se sont jointes à la brigade des scieurs de long, elles se chargeaient de la préparation des repas, de l'entretien, donnaient quelques coups de main sur le chantier.

Avant le départ, les scieurs étaient fort occupés les derniers jours, il fallait que tout soit en ordre. Ils étaient rassurés de voir le foin bien à l'abri dans la fenière, les récoltes engrangées, le bois fendu et rentré dans le bûcher, les gros travaux automnaux terminés : labourage et semailles, battage des céréales, derniers soins au bétail, dernières réparations et voilà..... sonnait l'heure de partir.

Chaussés d'une bonne paire de sabots neufs de fabrication familiale ou locale, habillés d'un pantalon de velours épais resserré à la cheville (peau du diable), et de la traditionnelle biaude ou blaude, l'ample blouse bleu foncé recouvrant tricot de laine et chemise de chanvre, coiffé d'un grand chapeau ou d'un vaste béret pareil à la tarte des Chasseurs Alpins, les voilà sur le départ.

Dans leur poche ils avaient fourré : papiers, bourse en peau contenant le viatique que venait de verser le patron, tabatière en corne, l'inséparable couteau et autres bricoles. A leur tenue vestimentaire, des plus modestes, et à leurs chansons, symbole de leur corporation, on repérait de loin les scieurs de long du Massif Central.

Ils emportaient pour tout bagage un balluchon avec quelques vêtements de rechange, une paire de sabots d'avance, un peu de victuailles pour les premiers jours du trajet, et bien sûr les outils : haches, limes, chaînes, le passe-partout et la grande scie démontée, soigneusement emballée dans de vieilles pattes (Chiffons), outils qui sortaient des mains du forgeron local ou façonnés par eux-mêmes. La besace sur l'épaule, ils tenaient en main la poignée de la scie après laquelle l'outillage était judicieusement accroché. Un dernier adieu à la famille, un grand salut à la compagnie, voilà nos hommes partis pour une nouvelle campagne.

Par certaines situations, un rapprochement pouvait être fait entre le départ des scieurs de long et celui des militaires, dans les deux cas n'employait-on pas les expressions partir en campagne et brigade. Les départs donnaient lieu à de belles manifestations de sympathie.

Par sécurité et par commodité, c'était en groupe qu'ils quittaient leur ville ou leur village. Un bref bond en avant pour préciser qu'ils devaient être d'autant plus vigilants au retour qu'ils avaient empoché leurs gains.

Devant tous ces déplacements, nombre d'itinéraires étaient fixés par la tradition. Ils savaient où ils allaient, retournaient souvent au même endroit, le circuit leur devenait familier. Ils empruntaient les grandes voies de communication et les chemins de halage. Pour la grande majorité des scieurs de long, les trajets s'effectuaient à pied, ils parcouraient ces centaines de kilomètres, par étapes. Chaussés de sabots ou de grosses galoches, ils atteignaient les quarante kilomètres par jour, à travers routes royales et grands chemins. Ils fréquentaient les auberges que les anciens leur conseillaient. Ils couchaient aussi dans les écuries ou dans les granges. Les voyages en train débutèrent vers 1855.

Une fois à bon port, les gars qui travaillaient en ville, se réunissaient pour louer un garni, une chambre à moindre frais, dans le quartier ouvrier ou cité ouvrière. A Paris, Lyon ou Marseille dans telle rue ou dans tel quartier étaient hébergés les compagnons regroupés par corporations.

D'après les mariages enregistrés à Paris, il est intéressant de constater la prédominance des Limousins et des Marchois et leurs préférences envers les jeunes couturières corréziennes et creusoises, elles-mêmes émigrées ou filles d'émigrés. Le 19e et le 17e arrondissement de la capitale avaient leurs faveurs.

En milieu rural, s'ils n'étaient pas logés par l'employeur, ils se débrouillaient pour trouver un bâtiment inoccupé, ou, cas le plus fréquent, en véritables hommes des bois se construisaient une baraque ou deux, sur le lieu même du futur chantier. Parfois ils récupéraient celle abandonnée par l'équipe des bûcherons qui les avait précédés.

La construction de cette loge était leur premier travail, il arrivait que ce jour soit chômé, ils fêtaient la nouvelle habitation. Elle abritait à la fois les hommes, les outils et les provisions. Elles étaient toutes aussi miséreuses les unes que les autres. Ils utilisaient les matériaux à leur disposition c'est à dire bois et terre.

Il n'y avait pas de cabane type, l'allure générale de leur tanière avait quelque chose d'exotique. Elle était faite de fortes branches plantées en terre, inclinées vers le haut, de longs rondins empilés horizontalement, ou de planches fixées entre quatre madriers d'angle, recouverte de branches et de mottes de terre avec la partie terreuse face au ciel, ou de papier goudronné. L'essentiel était qu'elle soit bien étanche pour les prémunir des intempéries et des bêtes sauvages. La fumée s'échappait par un simple trou pratiqué dans la toiture ou sur la façade. Sans fenêtre, l'unique porte servait d'ouverture. A l'intérieur le mobilier, qu'ils fabriquaient, était des plus sommaire avec une table, un banc, un coffre et en guise de lit une caisse garnie de paille ou de feuilles séchées.

Si l'employeur ne leur fournissait pas un poêle, ils faisaient le feu à l'âtre. Après une journée de dur labeur, ils avaient grand besoin d'un peu de chaleur pour réchauffer leurs membres engourdis, sécher leurs vêtements... Certains hivers où le mercure était descendu dangereusement, à tour de rôle, ils veillaient toute la nuit pour entretenir le feu, sinon ils étaient bons pour manger du pain gelé. Tous ont en souvenir des hivers particulièrement froids, les obligeant à battre en retraite et à abandonner leur chantier. Des froids mémorables avaient eu raison de ces robustes ouvriers. Ils redoutaient moins la neige, qu'ils balayaient à l'aide de branchages.

Autrefois, il y avait du monde dans les forêts. Les autres bûcherons, charbonniers, sabotiers... étaient logés à la même enseigne, y compris ceux qui étaient accompagnés de leur femme et de toute leur marmaille, comme nous l'explique à titre d'exemple, l'extrait de l'acte suivant : " Le 17' dudy moi (mai 1685), j'ay baptisé François, fils légitime de François Troynon et de Françoise Chardon, né d'hier en une loge de la forêt au canton de Meré. Parrein Martin Mauger (ou Bauper), mareine Renée Hardouin (Signé) Farion curé de Grez (53)".

Dans les fermes des environs, ils achetaient un cochon, qu'ils tuaient et salaient dans une barrique, des pommes de terre, des choux. D'ordinaire, les scieurs de long n'avaient pas la réputation de boire de l'eau. A quoi leur aurait servi le tonnelet qu'ils faisaient suivre sur le chantier et accrochaient sur quelque branche ? Par contre les émigrés n'osaient boire de ce breuvage que le dimanche et les jours de fête, la semaine ils se contentaient d'une bonne eau puisée dans une proche fontaine ou à la source, économie économie !

A l'extérieur, la soupe cuisait dans un gros chaudron en fonte, bien ventru, suspendu à des piquets en faisceau au-dessus d'un tas de copeaux enflammés. Le bois ne manquait pas ! Aux trois repas, chacun coupait du pain, comme il l'entendait dans son écuelle, alors le patron versait une bonne louche de soupe, repas frugal mais nourrissant pour ces travailleurs de force. La célèbre soupe de scieur de long, dans laquelle la cuillère devait tenir debout, était de rigueur. Avec la pointe de leur couteau, ils piochaient un morceau de lard, directement dans la marmite.

Levés alors qu'il faisait encore nuit, ils étaient prêts à empoigner la scie dès potron-minet et cela jusqu'au soir. Aux dernières lueurs du crépuscule, ils troquaient la scie pour le passepartout. Ils tronçonnaient les billes devant être sciées le lendemain, puis les membres rompus de fatigue, ils regagnaient leur bicoque.

La technique du sciage proprement dit ne s'adressait pas uniquement aux Auvergnats, Foréziens et Limousins, mais à tous les scieurs de long, avec des particularités régionales.

Aux bûcherons incombait la tâche délicate et dangereuse d'abattre les arbres et aux scieurs de long celle tout aussi dangereuse de les scier. Chaque arbre à abattre portait l'empreinte que l'exploitant forestier appliquait avec son marteau. Pendant longtemps, les adjudications des coupes ont eu lieu fin septembre, l'exploitation pouvait commencer dans la foulée, dans le respect de la réglementation.

L'abattage se faisait entre octobre et avril, c'est à dire pendant le repos de la végétation. Pour diriger la chute de l'arbre, le bûcheron pratiquait une encoche d'un côté. A l'opposé, la hache d'abattage bien en mains, il donnait de grands coups secs et précis, le fer de la cognée pénétrait plus profondément, les copeaux étoles ou taillons sautaient alentour ; l'arbre frissonnait, gémissait, craquait... le bûcheron reculait, attendait... l'arbre chutait dans un tragique fracas.

A l'utilisation de la cognée, les bûcherons ont ajouté l'emploi du passe-partout Ils s'arrangeaient toujours pour couper le plus près possible de terre, cela avait un double avantage, le fût était plus long et la souche ne les entravait pas. Au sol, l'arbre était étêté, ébranché puis souvent écorcé. Les scieurs le tronçonnaient abattus, aux longueurs souhaitées. Rien n'était gaspillé, toute partie soigneusement recueillie et branches servaient pour la fabrication des sabots ou du charbon de bois, les autres, liées en fagots, approvisionnaient, tout un chacun en bois de chauffage et alimentaient les fours du boulanger, du verrier, du tuilier... jusqu'à l'écorce des jeunes chênes qui était rassemblée en bottes et acheminée vers les tanneries.

Une équipe de scieurs de long ne comprenait pas moins de deux ouvriers. L'équipe type en comptait trois : le doleur (équarrisseur) (équarrir : en partant du bois rond, le rendre carré) ou bûcheur, place réservée au chef d'équipe. Celui-ci avait acquis son autorité par son habileté à aiguiser les lames d'outils, son esprit d'entreprise. Le doleur s'occupait des repas.

Le chevrier était le scieur d'en haut. Dans une équipe de deux c'était le chef ou le singe qui occupait cette place, le renard était le scieur d'en bas. Le sciage progressant, le scieur du bas finissait assis au sol pour pouvoir tirer à lui la scie ; quant à celui du dessus il paraissait dans une position d'équilibre tout à fait inconfortable.

Plusieurs équipes constituaient une brigade, dans ce cas un doleur suffisait pour plusieurs paires de scieurs de long. La durée d'une journée de travail était conditionnée par celle du jour, les scieurs de long réputés pour leur endurance s'échinaient durant 12 à 15 heures, pour une activité peu rémunératrice. Toutefois ils rapportaient plus d'argent en fin de campagne, qu'il s'en gagnait dans d'autres corps de métier tels les raccommodeurs de parapluies, les rétameurs... La rapidité du geste dépendait de ce que l'employeur offrait pour accommoder le repas de midi. (lent : un hareng pour trois, plus rapide : un hareng pour deux, encore plus rapide : chac'un hareng).

Autour de la Saint-Jean d'été, c'était le grand retour vers la terre natale... Pour leur bonheur ou pour leur malheur, tous ne sont pas rentrés. Certaines migrations étaient temporaires, d'autres furent définitives....

A la bonne réputation des scieurs de long s'ajoutait leur agréable physique, fruit de la rude gymnastique à laquelle ils étaient soumis et de la vie au grand air. Rien d'étonnant que ces beaux garçons, bien charpentés, sans graisse superflue, aient un franc succès auprès des filles de là-bas. Ils fréquentaient une "bonne amie", se mariaient et fondaient une famille. Ainsi ont-ils fait souche en Touraine, dans le Perche... et l'émigration temporaire devenait pour eux émigration définitive.

Dans ces contrées lointaines, d'autres migrants ont également connu des jeunes filles et ont convolé en justes noces. A l'inverse des couples cités précédemment, certains s'installèrent dans le Massif Central, les mariées renonçant à leurs pays pour suivre leurs beaux scieurs de long.

Et enfin, il y a eu les cas des couples qui abandonnent tout, pour aller se fixer définitivement dans une autre contrée.

A la fin de la saison le patron distribuait les gains. S'ils savaient qu'ils revenaient au même endroit à l'automne prochain, ils laissaient leurs outils. Pécule en poche, et à nouveau baluchon sur l'épaule, ils faisaient le même chemin en sens inverse. S'ils changeaient d'employeur en cours de saison, ils essayaient de se rapprocher de leur domicile afin d'abréger le trajet du retour.

Pour ceux qui étaient originaires du Plateau de Millevaches et plus précisément de la Haute Corrèze, où jadis, on se chauffait à la tourbe car il n'y avait pas de forêts, une tradition des scieurs était de ramener des jeunes plants de chênes qu'ils plantaient ensuite en bordure des chemins, dans les prés de fauches.

Les Corréziens avaient la tradition de rapporter des plants de chênes. Quant aux Auvergnats du Livradois et notamment ceux de Valcivières (63) ils ramenaient de Normandie des greffons de pommiers ; ces hommes avaient eu le temps, durant leurs longs séjours, de connaître et d'apprécier les diverses variétés de pommes. Ainsi sur les flancs du Massif de Pierre-sur-Haute, voyait-on fleurir en mai-juin, au beau milieu des prairies verdoyantes, de nombreux pommiers. Les belles et bonnes pommes étaient ramassées à l'automne et conservées toute la mauvaise saison dans les souillardes.

Sans nouvelle depuis si longtemps, la joie du retour était entachée d'une certaine appréhension. Ils se posaient bien des questions : la famille s'était-elle agrandie par la naissance d'un enfant, endeuillée par la mort d'un être cher... et les bâtiments et les foins cette année, et les seigles et le bétail ? Vivement les retrouvailles.

Mais attention ! ils ne s'offraient pas trois mois de vacances dans leurs belles montagnes, ah ça non ! Ils rangeaient dans un coin "passe-port" et outils, essayaient d'oublier la forêt d'Eawy ou le port de la Rochelle, et s'emparaient de la faux et autre faucille. Commençait alors la saison des foins... Ceux qui n'avaient rien se louaient comme vacher et passaient l'été sur la montagne, qui en jasserie, qui en buron, avant de repartir pour une nouvelle campagne sous la protection de Saint Simon leur Saint-Patron.

La disparition du métier

Il serait trop facile de faire porter toutes les accusations sur les scieries mécanisées et de les rendre seules responsables de la disparition des scieurs de long. Pour comprendre l'avancement du métier il faut se replacer dans le contexte du milieu du XIX ième siècle et suivre toute l'évolution jusqu'aux années 1950.

Les nouvelles sources d'énergie ont bouleversé bien des données, ainsi que les progrès vertigineux de l'industrialisation. D'autres conséquences étaient dues à la Guerre de 1914-1918 et à la désertification des campagnes qui s'en suivit. Les saisonniers n'émigraient plus comme scieurs de long ; paysans, ils avaient à faire chez eux. Certains abandonnaient leurs terres, quittaient le monde rural, attirés par les villes.

Tous les anciens scieurs de long interrogés pour l'occasion ont en commun le souvenir d'avoir exercé un beau mais rude métier, un crève-corps. Ils usent des qualificatifs de bagnards, de galériens ou de forçats pour le représenter. Un dicton confirmait qu'aucun scieur de long n'allait en enfer, ils l'avaient connu sur terre.

Voici qu'aux côtés des scieurs de long, apparaissaient dans les coupes les scieries ambulantes, avec leur banc de scie à lame circulaire ou à lame sans fin, la scie à ruban, et la grosse chaudière à vapeur montée sur quatre roues, tirée par des chevaux ou des boeufs. Les déchets de bois nourrissaient le foyer de la locomobile.

Progressivement, les roulottes remplacèrent les cabanes. Les décennies passant, aux chevaux vapeur, succédèrent les moteurs diesels puis électriques. ! L'exploitation forestière allait se transformer et le forêts se vider de tout un peuple... Adieu ! charbonniers, sabotiers, fagotiers... Le bûcheron troquait la cognée et le passe-partout contre la tronçonneuse pétaradante. Adieu ! les scieries volantes elles n'auront pas vécu aussi longtemps que les scieurs de long.

Les progrès en matière de transport ont favorisé le débardage des grumes, il devenait plus économique de déplacer les troncs vers les scieries.

Nombre de scieries existant actuellement, ont été, à l'origine, créées par un grand-père scieur de long entreprenant, qui s'était reconverti et avait suivi l'évolution dictée par les temps modernes. A ce propos, dans les Deux Sèvres, à Melleran, sur la route des Alleuds, une entreprise familiale créée en 1948, la Société Méponte-Bois, est spécialisée dans le sciage du châtaignier et du chêne. Généalogiquement parlant, je me suis dit que c'était une affaire à suivre....

Et pour la suivre, j'ai tout simplement adressé un mail au directeur de la scierie Méponte en lui expliquant pourquoi je le contactais et, s'il le souhaitait, qu'il aille sur notre site Généanet voir si nous avions des origines communes.

Quelques jours plus tard... un coup de fil de l'épouse du patron de la scierie lui aussi descendant en ligne droite, comme nous, de Léonard, l'ancêtre commun. Avec en prime, le fait que sa femme s'intéresse aussi à la généalogie et donc que nous puissions aussitôt échanger et compléter nos informations réciproques.

https://www.youtube.com/watch?v=qUpMhBWL434

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.Le scieur de long Léonard Méponte avait plusieurs enfants parmi lesquels Jacques dont je suis un descendant direct et François Léonard qui, en se mariant avec Céleste Thébault eut parmi ses propres enfants une fille prénommée Marie Léontine qui naquit en 1879 aux Alleuds -79- pour connaitre un destin hors du commun.

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LE FABULEUX DESTIN DE MARIE MEPONTE [Fiche Marie Léontine Meponte]

Selon une note datant des années 1950 de Irène Méponte, (petite cousine de Marie) "Marie (très belle femme) a quitté Melleran pour Paris. Gouvernante dans une très riche famille. A vécu maritalement avec un belge, Monsieur Henseval, puis s'est mariée avec lui. Ont habité Le Caire. Immense fortune. Je crois que Mr Henseval était consul ou quelque chose d'approchant. Ils ont eu trois filles, les deux ainées, Henriette et Elisabeth se sont mariées à deux frères Rochelais, messieurs Blanche, architectes. Elizabeth est morte".

"La troisième fille, la plus jeune dont je ne me rappelle pas le prénom est mariée à un Anglais et habite le Canada. Toutes les trois avaient des enfants et sont certainement grands mères".

En juillet 1969, le journal Sud Ouest dans son édition de la Rochelle, fait sur un quart de page la biographie de Marie Méponte qui vient de s'éteindre à l'âge de 90 ans, sous le titre accrocheur de :

ELLE CONNUT ALPHONSE XIII ET RENCONTRA RASPOUTINE

Une figure pittoresque de La Rochelle disparait avec Mme Léon Henseval. Née en 1879 dans les Deux-Sèvres, Marie Léontine Méponte était la fille d'un paysan et d'une femme d'origine noble, née Thébault de Beauchamp.

Elevée à Chef-Boutonne, puis à La Rochelle chez sa tante, Mme Fournier, qui tenait alors un hôtel aujourd'hui disparu place de la Caille, la jeune fille fut envoyée en Espagne grâce aux relations de sa famille maternelle, chez le duc de San Fernando, premier gentilhomme de la cour d'Espagne. Là, elle connut Alponse XIII et toute la famille royale.

A la suite d'un mariage Bourbon-Bavière, Marie Méponte, professeur de français et gouvernante des infants, vécut à la cour bavaroise du palais de Nyphemburg à Munich. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Nymphembourg Elle séjourna ensuite à la cour d'Autriche, à Saint-Péterbourg, où elle rencontra Raspoutine. http://www.heresie.com/raspoutine/

Très jolie, Marie Méponte se décida à éviter les séductions d'un monde trop glorieux, dangereux pour la petite Rochelaise qu'elle était. Elle épousa un jeune ingénieur, Léon Henseval avec qui elle vécut quarante ans, jusqu'à son veuvage, en Egypte où elle laissa d'innombrables amis.

Léon Henseval, directeur des tramways du Caire, mourut en 1939, ayant montré l'exemple d'une infinie compréhension à l'égard des problèmes musulmans. Mr et Mme Henseval, bien avant les idées nouvelles, ont été ces Européens qui ont tant fait pour le rapprochement entre chrétienté et islam. Mme Henseval, outre l'espagnol, l'italien et l'allemand, parlait couramment l'arabe.

Depuis de longues années elle s'était retirée à la Rochelle. Elle s'y est éteinte le 15 juillet, entourée de l'affection des siens et munie des sacrements de l'Eglise. Elle incarnait l'esprit courageux et voyageur des gens de notre région. Elle a des petits enfants, nés en Algérie, au Maroc, en Angleterre et en Amérique. Une de ses petites filles a épousé l'héritier de la grande famille anglaise Brinkmann. Un de ses petits fils, Mr Pierre Blanche est un écrivain édité chez Flammarion.

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Le lieu de mariage de Marie est indiqué en marge de son acte de naissance : Etterbeek est une municipalité située en Belgique dans la province du Braband.

Marie Léontine Méponte est la nièce d'une autre Marie Méponte. Leurs ancêtres communs sont Léonard Méponte (ou Memponte) Fils et Louise, Isabeau Pintureault. Ce qui est intéressant ici, c'est que Marie Méponte (la tante de Marie Léontine) est devenue maritalement Marie Fournier et que l'on peut sans doute croiser cette information avec l'article de presse de "Sud Ouest" qui dans la biographie de Marie Léontine signale "qu'elle fut élevée par sa tante, madame Fournier, qui tenait un hôtel à La Rochelle".

De passage à la Rochelle, j'ai récupéré une copie de l'acte de décès de Marie Méponte. Elle habitait dans le quartier de Beauregard-Lafond où elle décéda donc le 15 juillet 1969 à 9 heures du matin. On retrouve sur ce document la trace de son mariage et sa filiation à savoir, François Méponte et Céleste Thébauld, c'est à dire pour sa mère, aucune trace de Thébault de Beauchamp comme en fait état l'article de "Sud Ouest" de 1969.

Nos recherches sur les Thébault ne vont pas dans le sens de la noblesse : Céleste, sa mère, serait décédée alcoolique (selon les notes de 1950 de Irène Méponte). Ses oncles, Jacques Thébault et Pierre Guérineau, témoins au mariage des ses parents, sont tous les deux cultivateurs à Gournay -79-, son grand père Louis Thébault est forgeron à Gournay en 1848 et maréchal ferrant en 1869. Plus haut encore nous trouvons des cultivateurs.

Alors où est la vérité ? Peut-être au milieu de tout cela. Et chacun pourra recréer l'histoire...

.... Mais l'histoire parfois se dévoile, un peu par hasard, un peu par provocation.

En août 2009 j'adresse un mail à un certain Thébault qui possède un arbre sur Généanet où Marie Méponte apparait en dernière génération, sans autre précision que trois ou quatre générations d'ascendants paternels que je connais déjà. Je joins à ma demande l'article de presse et lui demande s'il a une explication : vérité ou affabulation ?

Aucune réponse du destinataire. Jusqu'au 16 octobre 2009 où arrive un mail d'une femme qui se dit faire la généalogie du destinataire de ma requête, et me donne la filière pour trouver l'ascendance de Marie Méponte, non pas vers des Thébaut de Beauchamp comme le laissait croire le journaliste de "Sud Ouest", mais vers la famille des Villedon dont elle descend effectivement... mais par l'escalier de service, huit générations avant la sienne !

Cela dit, l'histoire de Marie n'en demeure pas moins fabuleuse. Et si vous voulez connaitre ce qui se passa avant elle, lisez ce qui suit :

Jean de Villedon descend de la lignée des seigneurs de Gournay. La famille de Villedon est une famille noble et ancienne du Poitou (Asnières sur Blour dans la Vienne). Elle fut citée pour la première fois et de manière indiscutable en 1078 dans les archives historiques du Poitou.

La "filiation sérieuse" cependant, ne commence qu'au début du XIV ième siècle selon la généalogie envoyée par Monsieur Michel de Villedon de Naide.

Jean de Villedon, seigneur de Boisroger (9 ième génération connue) eu une aventure avec Jeanne Gagnard[Fiche Jeanne Gagnard] qui eu pour conséquence la naissance d'une "petite Magdelaine" qui se nommera Lamy, du nom de celui que sa mère épousera officiellement et avec qui elle aura deux autres filles.

Après son aventure avec Jean de Villedon, Jeanne Gagnard épouse officiellement un garçon nommé X Lamy qui donne son nom à la petite Magdelaine. Ce couple aura deux filles, Jeanne et Marie.

Magdelaine Lamy dite de Gournay ou de Boisroger épousa le 25 février 1686 à Gournay -79- un marchand du nom de Gabriel Violet.

Le seigneur de Boisroger reconnu tacitement qu'il était le père de l'enfant puisqu'un acte de Jean De Villedon établi par maitre Moyne notaire royal à Melle le 1-09-1703 en faveur de sa fille naturelle Magdelaine, devenue épouse de Gabriel Viollet, nous apprend qu'il délaisse au couple la propriété pleine des biens figurant dans le contrat de mariage du 7-02-1686* établi par Dabaye et Lhoumeau, notaires au marquisat de Lezay. (Archives des Deux-Sèvres).

  • contrat de mariage établi par Dabaye et Lhoumeau, notaires au marquisat de Lezay 7 Feb 1686. (Les actes de ces notaires ne semblent pas être déposés aux Archives des Deux-Sèvres. Peut-être à celles de la Vienne ?).

Magdelaine est finalement la 6e arrière grand-mère de Marie Léontine Méponte. C'est donc elle qui constitue les racines "nobles" qui sont signalées dans la biographie de Marie Méponte parue dans le journal "Sud Ouest" à l'occasion de sa disparition en 1969 à La Rochelle.

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 8 - LES MARON

De toutes les familles étudiées dans nos généalogies, voici une des deux qui sera restéeparmi les plus sédentaires de toutes. L'histoire commence avec Thomas [Fiche Thomas Maron] au nord de Toul pour se prolonger pendant 300 ans, à trente kilomètres plus à l'est.

Doit-on en déduire que le Maron, tout comme le marron, reste près de son arbre ?

               Auprès de mon arbre,               Je vivais heureux,               J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre               Auprès de mon arbre               Je vivais heureux               J'aurais jamais dû le quitter des yeux

Georges Brassens.

Mesnil la Tour http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9nil-la-Tour

Faulx http://fr.wikipedia.org/wiki/Faulx

Malleloy http://fr.wikipedia.org/wiki/Malleloy

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 9 - LES BEAUZEMONT

Le point de départ de cette lignée se situe à Montenois -54-. C'est un très petit village d'environ 400 habitants (en 2012) qui est entourée de champs céréaliers ou de champs d'élevage.

Les Beauzemont resteront enracinés dans ce Val de Faulx pendant plus de 400 ans et ne feront tout au plus que 10 kilomètres pour aller jusqu'à Custines, sans doute pour exercer le métier des toutes premières générations à savoir meunier. Claude, le premier d'entre eux est mort suite à une chute dans la roue du moulin de Custines. Son acte de décès mentionne : "Le Cinquiesme Fevrier 1681 mourut Claude Bausemont munier a Condé par une chute dans la roue de son moulin il est inhumé dans la neffe de L'Eglise proche la chapelle St Nicolas". fiche Claude Beauzemont

Une seule exception pour la naissance de l'un deux vers 1714, à Thézey St Martin dépendant alors du baillage de Nomeny. Mais cette unique "expatriation" ne dura pas longtemps puisque l'intéressé se maria bien vite puis décéda à Malleloy.

Charles "l'aventurier", fait donc une fois pour toutes 15 kilomètres pour se marier et y fonder sa famille. Et cette famille ne bougera plus, tenant ainsi le record de sédentarité de toutes les branches étudiées. [Fiche Charles Beauzemont]

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9zey-Saint-Martin

MALLELOY http://fr.wikipedia.org/wiki/Malleloy

Malleloy est situé dans une vallée entre Custines et Faulx. Le village, à 15 km au nord de Nancy, est à l'extréme sud ouest du canton de Nomeny, circonscription de Pont-à-Mousson. Les habitants sont les Maniguets et les Maniguettes.

Comme tous les villages lorrains, Malleloy est constitué de maisons basses et jointives. Sur les usoirs qui les précèdent se côtoient, au début du XXième siècle, le fumier et le bois de l'affouage. Le village, situé au fond d'une vallée où coule un petit ruisseau du nom de la Mauchère, est alors majoritairement rural. On y trouve de l'élevage, des cultures et des vignes que l'on a replantées après le phylloxéra de 1870.

Sur la côte de la vallée sud, au début du siècle il y a des mines de fer exploitées pendant une cinquantaine d'années pour la minette, le minerai local. Ce minerai ayant un faible rendement en fer, elles seront abandonnées vers 1950. La moitié de l'industrie lourde de Lorraine est basée à proximité : Pont à Mousson et Pompey, ce dernier site ayant laminé les poutrelles de la Tour Eiffel en 1887.

Il y a même une gare à Malleloy avec un tortillard comme on en voit dans les films en noir et blanc, tortillard qui ne sera plus que pour les marchandises après la seconde guerre mondiale et disparaitra définitivement vers la fin des années 1970.

La commune a contribuée à l'industrialisation du bassin de Pompey et la population de Malleloy a vécu fortement dans le giron des Aciéries de Pompey, jusqu'en 1986, date de leur fermeture.

Cette industrialisation provoqua une immigration étrangère sans précédent : 1890/1914 des Italiens, 1920/1930 des Polonais, 1950/1970 des Nord-Africains, puis plus tard d'Espagnols et de Portugais.

Plusieurs moulins hydrauliques ont fonctionné sur la Mauchère, sans doute depuis longtemps. Ils étaient établis à Faulx, Malleloy et Condé (anciennement Custines jusqu'en 1720).

Avant 1789 le moulin de Custines appartenait à la seigneurie, comme le four à pain et le pressoir, mais il était toujours affermé à un particulier qui en assurait l'exploitation avec l'aide de quelques ouvriers-meuniers.

Pendant l'an 2 de la Révolution, le moulin avec ses dépendances est saisi comme bien national et vendu au citoyen J.Paillier de Pompey. En 1833, le sieur Sidrot, meunier depuis l'an 4 en devient propriétaire. En 1860, c'est encore un Sidrot qui le tient avec le sieur Godefroy. En 1892, Godefroy et Closner sont meuniers.

En 1906, lorsque le moulin s'arrête définitivement, Godefroy en est le dernier meunier.

Le moulin comportait la salle des meules, le logement du fermier, des greniers et une écurie puisque les meuniers assuraient les transports de grains et de farine.

Durant la Révolution le moulin de Condé fut considéré comme l'usine la plus considérable de tout l'arrondissement et faisant le plus grand bénéfice industriel. Il avait plusieurs tournants (meules) qui ne chômaient jamais, alors que ceux de Malleloy et de Faulx ne travaillaient guère qu'aux trois quarts de leur capacité. De plus, on y distillait l'eau de vie pendant trois mois par an dans un hangar annexe.

Il n'y a plus de trace aujourd'hui du moulin, et guère plus de la Mauchère. Son cours dans la traversée de Custines a été recouvert au début des années 1950.

La rue du moulin se nomme aujourd'hui la rue du 10 septembre (1944), en souvenir du bombardement de Custines qui fit 38 morts lors de la libération.

(d'après le livre de Lucien Geindre "Custines, jadis Condé", édité en 1980)

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 10 - LES SENTIERS DE LA GLOIRE

Ce titre est une allusion au roman de Humphrey Coob parue en 1935 traitant des fusillés de Souain en 1915.http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_caporaux_de_Souain

http://www.babelio.com/couv/18282_909758.jpeg

https://www.youtube.com/watch?v=GRwPqpqSXAo

La guerre de 14/18 a mobilisé 8 millions d’hommes dont 5 millions ont combattu. 1,5 millions de ces hommes sont morts (27 % des effectifs engagés), soit 10,5 % de la population active masculine, sans compter les 3,4 millions de blessés et mutilés.

https://mediaclip.ina.fr/fr/i17321171-choix-du-soldat-inconnu-par-auguste-thin.html

Voici, par ordre alphabétique, ceux de nos familles qui laissèrent leur vie sur un champ de bataille lors de la première guerre mondiale :

http://www.dumoul.fr/mili/14-18/regiments/76eRITal/historique/historique.php

Le premier mari de Joséphine BOUDIER est mort tué à l'ennemi en Belgique., comme soldat du 76 ième régiment d'infanterie territoriale. Il avait 37 ans.

Registre matricule 287 Classe 1897 Rennes Page 498 aux A.D. 35 : Jean Marie BAREL est mort pour la France le 16 février 1915 à Langemark en Belgique.

Lieu de sépulture : Ablain-Saint-Nazaire (62 - Pas-de-Calais, France)

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/les-chemins/le-front/necropole-nationale-de-notre-dame-de-lorette-ablain-saint-nazaire.html

Nom du site de sépulture : nécropole nationale 'Notre-Dame-de-Lorette'

Type de sépulture : tombe individuelle, Carré de la tombe : 12, Rang de la tombe : 5, Numéro de la tombe : 2319.«
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Caporal au 32ième Régiment d'infanterie, Alexandre est tué à l'ennemi dans la Somme, à Ressons sur Matz le 09 juin 1918. Il avait 29 ans, était marié avec un enfant de 4 ans et un de 10 mois.«
»

Paulin Bussière est mort pour la France des suites de ses blessures. Il est décédé le 20 septembre 1914 à Chalons en Champagne -51-. Il était soldat au 125ième R.I. et avait 32 ans.

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http://chtimiste.com/batailles1418/divers/historique25BCP%202.htm

Paul est sergent au 25 ième bataillon de chasseurs lorsqu'il est tué à l'ennemi à Souain -51- le 28 septembre 1915. Il a 26 ans.

Paul Marcel est enterré avec ses compagnons d'armes de la division (ou du bataillon) franco américain au Monument FARNSWORTH dans la campagne près de Souain au milieu du camp de Suippes. Son nom est orthographié Chanaire Marcel.

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http://ce.qui.demeure.pagesperso-orange.fr/pages2/page_1villagespag.html

René est 2 ième classe affecté au 216 ième régiment d'infanterie quand il est tué à l'ennemi à Vingré -02- le 04 octobre 1914. Il a 21 ans.

Inhumé au cimetière de l'Est à Reims avec ses parents le 07 mai 1921.

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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226672n/f8.image

Jean Greff, 2è classe au 79è régiment d'infanterie, matricule 13114, classe 1900, est mort au combat de Cappy -80-, tué à l'ennemi, le 25 septembre 1914. Il avait 34 ans.

Aucun lieu de sépulture aux archives de l'armée.

Raphaël Guitton 2è classe au au 332è R.I. est tué à l'ennemi dans l'Aisne le 15 avril 1917 âgé de 37 ans. Son fils, également prénommé Raphaël nait sept mois plus tard.

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Jean Hentzien figure sur le monument aux morts de Francaltroff -57-. Il est recensé comme soldat Lorrain dans l'armée Allemande du fait de l'annexion de l'Alsace Lorraine par le Reich depuis 1870 jusqu'à la fin de la Première Guerre Mondiale.

Jean décède aux combats près de Grozny (Tchétchénie) alors qu'il est soldat au 8 ième régiment d'infanterie le 30 août 1915. Il a à cette époque 32 ans. Aucun lieu de sépulture aux archives de l'armée.

Les Alsaciens-Lorrains sujets de l'empire allemand étaient soumis aux obligations militaires comme tous les Allemands. Pour rejoindre les Français durant la guerre, certains tentaient la désertion, avec les risques que cela comporte (peine de mort du côté allemand). Les Allemands dirigeaient les Alsaciens Lorrains en priorité vers les fronts de l'Est car ils avaient à leur égard une confiance limitée. Mais en 1918, beaucoup de régiments allemands sont revenus en France après la fin de la guerre en Russie. Beaucoup de "soldats annexés" n'eurent alors qu'une idée, celle de se faire prendre par les alliés pour quitter un uniforme qu'ils ne désiraient pas. C'était une opération délicate d'autant que certains parlaient parfois mal le français.

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http://www.cartespostales-afriquedunord.com/maroc_casablanca-militaire.html

Jules figure bien au registre des naissances de Morville les Vic (acte rédigé en Allemand). Il est né le 23 et a été déclaré le 26 novembre 1873.

Il est à noter que, né Allemand du fait de l'annexion de la Moselle par l'Allemagne depuis 1871, Jules quitte ce territoire, (peut-être encore enfant) pour redevenir Français, se marie peut-être à Amance, village natal de son épouse, aux alentours de 1910. Peu après, il est mobilisé par l'armée française.

Jules Houpert, 2è classe au 1er régiment de marche du 2è étranger, matricule 18500, classe de 1917 est mort, tué à l'ennemi à Dar-El-Beida proche de Casablanca le 15 octobre 1918. Il allait avoir 45 sans.

Aucun lieu de sépulture aux archives de l'armée.

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verdun_(1917)

Julien est mort à Verdun, tué à l'ennemi le 23 aout 1917. Il était caporal au 155è régiment d'infanterie. Il avait 28 ans.

Département ou pays inhumation: 55 - Meuse

Commune inhumation : Fleury-devant-Douaumont

Lieu inhumation : Nécropole nationale DouaumontCarré, rang, tombe : Tombe 10683

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-necropole-nationale-et-lossuaire-de-douaumont

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http://chtimiste.com/batailles1418/combats/combles.htm

Le 7 novembre 1916 Louis Albert Méponte, sergent au 68 ième d'infanterie est tué à l'ennemi à Sailly-Sallisel -80- lors de la Bataille de la Somme. Il avait 24 ans. C'est à Sailly-Saillisel que prit fin l'avancée des alliés durant l'offensive de 1916 sur la Somme.

Aucun lieu de sépulture aux archives des armées.

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http://jmpicquart.pagesperso-orange.fr/BLP.htm

Paul est mort en Lorraine, à Montauville -54- (Bois le Prêtre) tué à l'ennemi le 11 avril 1915. Il avait 20 ans et était soldat de 2° classe au 169ième régiment d'infanterie.

Repose au carré 14/18 A tombe 639 de la Nécropole Nationale "Le Pétant" de Montauville (54). (Infos mémorial GenWeb).

http://creusois.canalblog.com/albums/necropole_de_montauville__le_petant_/index.html

Bois le Prêtre, lieu de son décès, est un lieu-dit de la commune de Montauville -54- tout près de Pont à Mousson, ville qui est bombardée, puis occupée par les troupes allemandes jusqu'au 13 septembre 1914. Elle sera jusqu'à la fin de la guerre à proximité des combats et notamment du Bois le Prêtre (Pristerwald). Un bilan terrifiant : plus de 15.000 morts français et allemands. 23.000 blessés dans chaque camp. Plusieurs villages lorrains rasés de la carte...

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http://www.ancestramil.fr/uploads/01_doc/terre/infanterie/1914-1918/6_ri_historique_1914-1918.pdf

Aristide, caporal au 6ième régiment d'infanterie, matricule 15260b classe 1903, meurt en ambulance le 11 juin 1916 des suites de ses blessures de guerre dans le secteur de Froidos (55) village situé à l'est de Ste Menéhould en Argonne. Il avait 33 ans.

Pas de lieu de sépulture connu aux archives des armées

«
»

Julien est mort en Belgique tué à l'ennemi. Classe 1913, Soldat de 2ième classe au 124ième Régiment d'infanterie. Pas de sépulture connu aux archives des armées.Il est le demi frère du suivant, Julien Marie Piolin.

«
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Julien Marie est soldat au 70ième régiment d'infanterie territoriale, recruté à Rennes, classe 1896, matricule 2867, décédé le 14 février 1919 à Bréal sous Monfort -35- des suites de maladie.Il est le demi frère du précédent, Julien Eugène Marie Piolin.«
».

Auguste est maçon. Il figure sur le monument aux morts de Francaltroff -57-. Il est recensé comme soldat Lorrain dans l'armée Allemande du fait de l'annexion de l'Alsace Lorraine par le Reich depuis 1870 jusqu'à la fin de la Première Guerre Mondiale. Les Alsaciens-Lorrains sujets de l'empire allemand étaient soumis aux obligations militaires comme tous les Allemands.

Selon la base des sépulture de guerre (mémoire des hommes SGA), Auguste est décédé à Koblentz en Allemagne le 08 novembre 1915. Il est enterré à Sarrebourg -57- à la nécropole nationale des prisonniers de guerre de 14/18 ; tombe individuelle n°2175..

hr.

Christophe figure sur le monument aux morts de Francaltroff -57-. Il est recensé comme soldat Lorrain dans l'armée Allemande du fait de l'annexion de l'Alsace Lorraine par le Reich depuis 1870. Il est mort le 9 août 1915. Il avait 25 ans. Son véritable lieu de décès n'est pas mentionné. Pas de lieu de sépulture connu aux archives des armées.

Les Alsaciens-Lorrains sujets de l'empire allemand étaient soumis aux obligations militaires comme tous les Allemands.

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http://tableaudhonneur.free.fr/84eRI.pdf > voir page 30 du document

Auguste est soldat de 2è classe au 84 ième Régiment d'Infanterie, 3ième Compagnie, matricule 694, lorsqu'il décède le 19 octobre 1918 à Drama en Grèce des suites de maladie contractée en service commandé. Il avait 33 ans.

Aucun lieu de sépulture connu aux archives des armées.

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Fay_(Somme)#Premi.C3.A8re_Guerre_mondiale

Emile Jean Vezien est sergent au 68 ième régiment d'infanterie, matricule 1559, classe de 1895. Selon l'expression consacrée, il est tué à l'ennemi le 01 juillet 1916 aux environs de Fay dans le département de la Somme. Il avait 40 ans.

Tué par éclat d'obus à 09:30. - Médaille militaire le 06 janvier 1916 " Méritant pour ses services avant et pendant la guerre" - Citation à l'ordre du 35e corps d'Armée n° 257 du 28/07/1916 " Sous officier très énergique, tué le 1er juillet en se portant sous un feu violent au nouveau poste qui lui était assigné". - Décoration : Croix de Guerre avec étoile de Vermeil.

Aucun lieu de sépulture connu aux archives des armées.

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http://www.verdun.fr/Terre-d-Histoire/Verdun-et-la-Grande-Guerre/1914-autour-de-Verdun

Edmond, 2è classe au 26è bataillon de chasseurs, matricule 3610, classe de 1913, est mort au combat, tué à l'ennemi le 14 décembre 1914, à Ranzières -55- localité au sud de Verdun. Il avait 21 ans.

Aucun lieu de sépulture aux archives des armées. Cependant l'Est Républicain du 08/06/1922, page 2, mentionne "le retour des morts au combat par un convoi qui arrivera à Nancy le 10 juin". Edmond Wolfarth de Malleloy figure sur la liste.



VICTIMES GUERRE 1939/1945

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Maréchal des Logis au 9e escadron du train décédé à Tours le 24 mars 1940 de maladie (suppuration broncho-pulmonaire). Transcription le 15 avril 1940 inscrit mort pour la France sur le monument aux morts de Prahecq avec le grade de sergent.

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Prosper Poulain qui travaille à l'arsenal de Renne et demeure dans cette ville au 34 rue des Chapeliers décède, ainsi que sa femme Marie et leur fils Daniel lors d'un bombardement anglo-américain, faisant au total 298 morts parmi la population civile de Rennes le 08 mars 1943. Il avait 38 ans.

http://memoiredeguerre.free.fr/ph-doc/bombardement-rn-list-victimes.htm

http://www.wiki-rennes.fr/index.php/Bombardement_du_8_mars_1943#Vid.C3.A9os

http://www.ina.fr/video/I07156156/rennes-apres-le-bombardement-video.html?+=

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Décédée le 08 mars 1943 sous le bombardement de la gare de Rennes. Epouse de Prosper Poulain.Elle était âgée de 31 ans.

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  • POULAIN Daniel [x x]

Décédé le 08 mars 1943 sous le bombardement de la gare de Rennes. Fils des précédents, âgé de 9 ans.

Fusillé par condamnation le 2 juillet 1943 à Berlin (Allemagne) ; ingénieur agronome ; officier de l’armée belge ; résistant des services de renseignements belges et français.

  • VERY Gilles Edmond [x x]

Décédé suite au bombardement américain du 10 septembre 1944 sur Custines -54-. Gilles venait d'avoir 7 ans un mois plus tôt.

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 11 - LIENS AVEC GENEASTAR

  • KAAS Patricia Artiste et comédienne [x x]
  • PARISOT Laurence Syndicaliste et dirigeante d'entreprises [x x]
  • STRAUSS-KAHN Dominique Homme politique [x x]
  • ROYAL Ségolène Femme politique [x x]
  • ROTH Michel Chef cuisinier étoilé au Michelin [x x]
  • VIARD Karine Actrice de cinéma [x x]
  • GALL France Chanteuse de variétés [x x]
  • HORTEFEUX Brice Homme Politique [x x]
  • KEMPE Christophe Maurice Jean [x x]

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