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août 2009 Nous avonspoursuivi nos recherches sur, entre autres, les familles suivantes: THIBAUD, GIROUD et alliés (Dauphiné),BOULIN/CHAMPAGNE, ascendance du couple FAVRE/ AGUIRAUD.Complément d'informations sur les BELLEUDY

 

 

 

 


Achille Chaper
Achille Chaper
(Pierre Achille Marie Chaper)
 Le dernier préfet de Louis-Philippe
Lauréat du Concours général , Commandeur de la Légion d'honneur , Président de la Chambre de commerce de Nantes , Président de la Société de Statistique des Sciences Naturelles et des Arts industriels de l'Isère , Membre de la Société archéologique de Nantes (19 December 1845), Membre de la Société d'encouragement pour l'Industrie nationale (1816), Vice-président de l'Association bretonne (2 August 1845), Membre de la Société nationale d'agriculture de Lyon , Membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles lettres de Dijon , Membre de la Société académique de Nantes et de la Loire Atlantique (4 November 1840), Président du Syndicat du Drac et de la Romanche , Membre de la Société des Amis des Arts de Lyon

  • Born 5 May 1795 - Paris II°, 75, FRA
  • Deceased 27 July 1874 - Grenoble, 38, FRA,aged 79 years old
  • Buried - Cimetière Saint-Roch, Grenoble, 38, FRA
  • Ingénieur polytechnicien. Maître de forges. Maire de Pinsot. Co-directeur des fonderies de Chaillot. Préfet à Montauban, Nîmes, Dijon, Nantes puis Lyon. Député de la Côte-d'Or.
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 Parents

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  • Administrateur général des subsistances militaires. Conseiller au ministère de la guerre.
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     Spouses and children

     Siblings

     Relationships

     Notes

    Individual Note

    Naissance : 24, rue Poissonnière.

    Son matricule de Polytechnique nous donne sa description physique :

    Cheveux châtain blond - Front couvert - Nez droit - Yeux châtains - Bouche ordinaire - Menton rond - Visage ovale - Taille 174 -

    Son père est alors indiqué comme directeur des vivres au Ministère de l'Armée résidant au 90 rue de Grenelle-Saint-Germain.

    Sa carrière d'ingénieur et de préfet est détaillée ci-dessous.

    Il préside la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or pendant qu'il se trouve à la préfecture entre 1832 et 1840.

    Chevalier de la Légion d'honneur par décret du 30 4 1831 ; officier par décret du 1 5 1834 ; commandeur par décret du 30 4 1843.

    Il rejoint la Société statistique de l'Isère en 1856. Il en est élu président en 1858 et réélu en 1865.

    Il décède à son domicile, rue Villars à Grenoble.

    Baptême : [date et lieu inconnus]

    Mariage : Grenoble. Sur l'acte de mariage, en plus des témoins cités, on dénombre au total 35 signatures parmi lesquelles celles de frères, soeurs, beaux-frères, oncles, cousins... et de certaines notabilités dauphinoises. On reconnaît celle de Charles de REMUSAT, futur ministre et académicien et de son épouse Fanny née PERIER.

    Décès : 6, rue Villars, à Grenoble.

    Témoins décès :

    Charles ROLLAND, 73 ans, conseiller honoraire à la Cour d'Appel.

    Fernand VALLIER, 57 ans, propriétaire.

    • La Société d'Histoire du XIX° a consacré une étude de cas intéressante à Achille C. afin d'étudier l'évolution du rôle de préfet sous la monarchie de Juillet, en s'inspirant des travaux du célèbre sociologue allemand Norbert ELIAS.
    • Victor JACQUEMONT, célèbre aventurier et ami de STENDHAL écrivit à Achille CHAPER une correspondance faisant part de ses travaux en botanique et de diverses réflexions sur les systèmes coloniaux des Amériques, l'inhumanité de l'esclavage, la vie dans l'Himalaya ... tout cela au cours de ses voyages, au moment même où il se trouvait dans ces contrées très reculées.

    L'historien Georges SALAMAND (1941-2019) relate cette correspondance dans un ouvrage publié en 2005 : "Ciel et fer, les amis romantiques des Sept-Laux" (éditions du Fond-de-France). Les "Sept-Laux" se réfèrent à une excursion du massif de Belledonne, près de Pinsot, où Achille initia Victor JACQUEMONT(1801-1832) à l'escalade, ce qui lui sera profitable pour ses futures excursions dans l'Himalaya. Il relate aussi les circonstances de cette rencontre, l'intervention d'Achille ayant permis de sauver les jours du comte Hippolyte JAUBERT (1798-1874), alors en mission botanique avec JACQUEMONT dans les Alpes, qui était tombé gravement malade.

    Des extraits de cette correspondance ont été publiés par un universitaire américain, James F. MARSHALL sous le titre "Letters to Achille Chaper; Intimate Sketches of Life Among Stendhal's Coterie". American Philosophical Society Memoirs (1960).

    Quelques lettres (notamment les dernières écrites depuis l'Inde) furent également publiées à l'initiative de l'écrivain Prosper MERIMEE (1803-1870) parmi la compilation qu'il réunit sous le titre "Correspondance Inédite de Victor Jacquemont avec sa Famille et ses amis, 1824-1832, précédée d'une notice biographique", en plusieurs volumes, qui fut publiée par Michel Lévy frères à Paris en 1867 puis réédité en 1877 et 1885.

    Achille C. avait proposé à JACQUEMONT, plutôt que de partir pour un long et périlleux voyage, de venir le seconder dans son activité de maître de forges à Pinsot (38), mais l'explorateur préféra en fin de compte accepter la mission que le proposait le Museum d'histoire naturelle en Inde, au cours de laquelle il fit d'innombrables découvertes botaniques mais qui s'acheva par son décès prématuré à Bombay à l'âge de 31 ans.

     1 - BIOGRAPHIE

    Achille CHAPER (Pierre-Achille-Marie CHAPER) est un ingénieur et homme politique français né à Paris le 5 mai 1795 et décédé à Grenoble le 27 juillet 1874.

    Il est le fils de Barthélémy CHAPER (1766-1825), gouverneur général des subsistances militaires et d'Antoinette FIN (1767-1849). Son grand-père maternel est peut-être, Jean-Louis FIN, ancien commandant du régiment de Pondichéry, résidant à l'île Bourbon [ndr : cette information présentée sur de nombreux arbres généalogiques, et qui correspond à son état-civil, reste toujours à confirmer. En effet, la mère d'Achille étant née illégitime, l'identité de son père reste incertaine. On retrouve à l'île Bourbon un Jean-Baptiste FIN décédé en 1783 mais, dans l'état de mes recherches, pas de "Jean-Louis". Par ailleurs, il existe plusieurs indices menant plutôt à Joseph FIN, qui fut effectivement officier du régiment de Pondichéry, et non Jean-Baptiste, comme père d'Antoinette, mais toujours aucune certitude. Voir la page de celle-ci sur cet arbre).

    Jeune lauréat du Concours général, sa carrière d'ingénieur fut marquée par les perfectionnement des « forges catalanes » et des hauts-fourneaux. En politique, Chaper occupa de nombreuses charges dans l'administration publique, en particulier des préfectures (Tarn-et-Garonne, Gard, Côte-d'Or, Loire-Inférieure, Rhône) avant d'être élu député (orléaniste) de Côte-d'Or en 1849, jusqu'au coup-d'Etat du 2 décembre 1851 à la suite duquel il se retire de la vie politique.

    • 1) De brillantes études
    • 2) L'ingénieur des hauts-fourneaux
    • 3) Le politique malgré lui
    • 4) Après la politique
    • 5) Sources

    De brillantes études

    C'est dans un milieu relativement aisé qu'Achille voit le jour. Son père se retrouvant directeur des vivres à Grenoble pendant les campagnes napoléoniennes décide néanmoins de laisser son fils en pension. Il suit les cours du lycée impérial BONAPARTE où on distingue très vite chez lui d'exceptionnelles aptitudes intellectuelles.

    En 1805, il est premier prix d'histoire et géographie au Lycée impérial de Paris (futur lycée Louis-le-Grand), dans la classe de M. GRAULHIER. Trop jeune pour être élève au Lycée dont il ne devait suivre que quelques cours, il suivait alors les cours de l'institution de M. RUINET (ndr : André Marie RUINET (1766-1838), successivement maître d'études, maître de pension, chef d'une institution privée, censeur des études, puis l'un des tous premiers docteur ès-lettres, obtenu en 1811, il finit sa carrière professeur au lycée royal Louis-le-Grand. Il avait créé son institut rue de la Harpe, en 1803, rue de La Harpe dans la même rue que l'ancien Collège d'Harcourt, puis transférée impasse des Feuillantines, près de Port-Royal. Pour en savoir plus : http://pages.textesrares.com/index.php/Rubriques/Ruinet-Andre-Marie-1766-1838-chef-d-institution-et-professeur-a-Louis-le-Grand.html )

    Le prix lui est décerné par le marquis Louis de FONTANES (1757-1821), membre de l'Académie française, président du Conseil législatif, et futur grand maître de l'Université.

    En 1809, il est quatre fois lauréat du Concours général (version grecque, version latine, thème latin, versification).

    Au lycée BONAPARTE, il majore sa classe. Le jeune Achille a pour camarades Jean-Jacques BAUDE, futur préfet et conseiller d'Etat, avec qui il restera lié d'amitié tout au long de sa vie, et à qui il devra sa carrière politique, Casimir DELAVIGNE et Eugène SCRIBE, futurs Immortels.

    Il effectue ensuite une année de rhétorique puis une autre en classe de mathématiques où ses résultats lui permettent d'intégrer l'École polytechnique. Ses professeurs sont AMPERE (1775-1836) en mécanique, GAY-LUSSAC (1778-1850) en chimie, ARAGO (1790-1855) en astronomie, MONGE (1746-1818) en géodésie, Jean Henri HASSENFRATZ (1755-1827) en physique.

    Le 29 mars 1814, alors âgé de 18 ans, il se trouve encerclé par l'armée russe avec plusieurs polytechniciens lors du siège de la ville par les coalisés. Postés à une batterie de canons, ces défenseurs de Paris ne doivent leur salut qu'à l'intervention in extremis de la Garde Nationale venue les seconder.

    Il devient sous-lieutenant dans l'artillerie puis retourne à la vie civile pour se consacrer à la construction de fours à chaux (obtention de chaux à partir de calcaire). Il effectue des stages de perfectionnement technique chez des maîtres de forge et suit les cours de l'École des Mines à Paris.

    L'ingénieur des hauts-fourneaux

    Il quitte les Mines pour acheter les forges du Pinsot (38), dont il avait jusqu'alors été ardu de tirer autre chose que des dettes pour les propriétaires.

    Il devient par ailleurs maire de la commune pendant dix ans (de 1821 à 1831).

    En dépit de nombreuses difficultés qui sont évoquées dans la correspondance familiale, CHAPER, au prix d'un travail acharné, améliore les rendements en acier, le nombre d'ouvriers s'accroit et l'ingénieur envisage de transformer la vieille forge à la catalane en un haut fourneau (permet l'obtention de fonte à partir du minerai de fer qui subit plusieurs étapes à des températures croissantes pour obtenir un alliage Fer-Carbone ensuite transformé en acier par décarburation).

    CHAPER rédige de nombreux mémoires qu'il envoie à Paris sur les opérations qu'il souhaite entreprendre en plus de ceux que lui commandent l'École polytechnique. Le préfet de l'Isère lui demande un rapport en vue de construire un pont sur le Drac.

    Pendant sa période "pinsotine", afin d'améliorer ses connaissances pratiques, il travaille comme ouvrier chez un forgeron parisien afin d'apprendre le travail de l'acier puis visite plusieurs usines en Alsace. Il effectue également un important voyage d'études de l'industrie métallurgique en Angleterre en 1826.

    En 1824, son haut-fourneau est construit et désormais opérationnel. La même année, Achille a épousé Henriette TEISSEIRE, la fille de Camille, le riche député de l'Isère. C'est par l'intermédiaire de son beau-père, notable dauphinois avec lequel il est également en relation d'affaires que les PERIER, propriétaires des fonderies de Chaillot à Paris, s'intéressent au talent et à l'énergie d'Achille CHAPER. CHAPER accepte en 1827 la direction des fonderies mais non sans conditions. Refusant de délaisser Pinsot, il souhaite la présence d'un co-directeur (qui sera l'ingénieur anglais EDWARDS) pour continuer à se consacrer à son haut-fourneau. [Ndr : la fonderie de Chaillot, située entre la place de l'Alma et l'actuel Palais de Tokyo, vit fabriquer la plupart des machines à vapeur produites en France à cette époque à la fin du XVIII° siècle mais connaissaient des difficultés à l'époque où les PERIER en proposèrent la direction à Achille.]

    Le politique malgré lui

    Mais les PERIER ne sont pas les seuls à souhaiter profiter des talents du jeune ingénieur. Son ami Jean-Jacques BAUDE devenu secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur l'appelle à la préfecture du Tarn-et-Garonne. En effet, suite à la révolution de 1830 et l'avènement de LOUIS-PHILIPPE, de nombreux fonctionnaires ont démissionné ou restent fidèles aux BOURBONS, et la Monarchie de Juillet cherche dans la "société civile" des talents pour les remplacer. En dépit de l'hostilité des PERIER qui souhaitent le conserver aux forges de Chaillot, il accepte de relever le défi.

    L'expérience politique de CHAPER était alors plus que restreinte : elle se limitait à la petite mairie de Pinsot où il avait été élu en remerciement du dynamisme nouveau qu'il avait insufflé à la commune.

    Le 1er septembre 1830, il arrive à Montauban dans un département alors agité, espérant toutefois retourner au plus vite à ses forges. Dix-huit ans plus tard, CHAPER devait toujours être au service de l'État.

    À la préfecture de Montauban, il parvient à calmer les esprits au lendemain de la chute du roi CHARLES X. CHAPER prend la décision risquée de soutenir le maintien d'une partie des octrois abolis depuis la Révolution. Le pouvoir central interdisait alors que le sujet fût abordé, craignant que le peuple encore échauffé par sa rébellion contre les BOURBONS ne se déchaîne contre le rétablissement d'une taxe rappelant l'Ancien Régime. Mais ce rétablissement fut un succès, une partie de la population étant consciente de sa nécessité.

    Il doit également gérer le difficile dossier du déplacement des croix de mission rappelant la Restauration, dans un contexte toujours très conflictuel entre catholiques et protestants.

    Les qualités d'administrateur de CHAPER devaient être mis à nouveau à contribution dans le Gard où il est nommé le 17 novembre 1830. Cette préfecture est alors considérée comme l'une des plus difficiles de France en raison de la forte opposition légitimiste qui y subsiste, notamment au sein du clergé et des élites, comme dans l'ensemble de la population catholique. Il décide d'y renforcer sa collaboration avec l'armée plutôt que la Garde Nationale, trop révolutionnaire et partiale. Comme dans le Tarn-et-Garonne, il doit gérer le déplacement des croix de mission et l'opposition souvent violente entre catholiques et protestants.

    Le 22 octobre 1831, son oncle par alliance, le président du Conseil et ministre de l'Intérieur Casimir PERIER (1777-1832) , qui pourtant, en tant qu'associé des fonderies de Chaillot, s'était initialement opposé à sa carrière préfectorale, le fait nommer préfet en Côte-d'Or où il restera en poste pendant neuf ans. Il prend son poste le poste le 29 novembre et écrit à PERIER :

    Arrivé à Dijon cette nuit, j'ai été installé aujourd'hui et ai pris immédiatement le service. Le département est fort calme. Je ne puis me permettre aucune observation sur le peu que j'ai vu. Je n'ai reçu encore qu'un très petit nombre de fonctionnaires et il ne m'est pas possible d'asseoir une opinion sur les hommes ni sur les affaires.

    Le 3 décembre 1831, il adresse une proclamation aux habitants de la Côte-d'Or dont il sollicite la bienveillance et le concours:

    Je vous le demande au nom du bien public et j'ose croire que vous ne le refuserez pas à une administration franche et sincère, dévoué de coeur et de principe à notre Révolution et inviolablement attachée au Roi que la France s'est donnée."

    Le 4 décembre 1831, il effectue son premier rapport à son oncle par alliance après avoir rencontré plusieurs fonctionnaires et notables du département. Le nouveau préfet n'a pas perdu de temps ! Comme l'écrit l'archiviste DELESSARD, il s'agit non seulement d'une "esquisse synthétique sur les populations côte-d'oriennes, mais des intentions d'un honnête agent du régime de Juillet à ses débuts :

    Ce pays n'a presque point d'industrie, point de commerce autre que celui des produits du sol, et bien que la vente des fers et des vins donne lieu à un très grand mouvement de capitaux, le commerçant proprement dit n'a qu'une importance fort relative par rapport au propriétaire du sol. La fortune, l'éclat, l'influence appartiennent donc presque exclusivement à la propriété territoriale sans être balancée comme dans les villes d'industrie ou de grand commerce par la puissance des chefs de manufactures ou des négociants de premier ordre.

    De plus la propriété est assez peu divisée dans tout ce qui n'est pas cultivé en vignes. Elle s'est conservée dans les familles et il en est résulté nécessairement des habitudes d'aristocratie parmi ces grands propriétaires. Ces habitudes sont encore fortifiées par les souvenirs parlementaires et de ceux qui sont liés à l'histoire des ducs de Bourgogne.

    Mais, à côté de ces familles qui regrettent leur ancienne importance, et se plient difficilement à nos moeurs nivelées, s'élève une classe fort nombreuse, puissante par la masse, inquiète des prétentions de l'aristocratie, jalouse, envieuse peut-être d'une supériorité héréditaire, assez éclairée et bruyante comme la foule. Cette classe abonde dans les cantons où la propriété est divisée, et c'est elle qui donne un aspect si remuant aux arrondissements de Beaune et de Dijon, où se trouvent les principaux vignobles.

    Le devoir de l'administration me paraît être de montrer pour tout le monde une égale bienveillance, de rassurer par des égards la susceptibilité des classes sociales secondaires, de rechercher les moyens qui rapprochent, en invitant l'aristocratie à plus de flexibilité et la démocratie à moins d'âpreté.

    Le champ de bataille n'est pas ici sur la place publique comme à Nîmes et il me semble que les émeutes doivent être peu redoutables. L'important est d'obtenir la confiance des hommes éclairés et purs des deux partis. Ils sont nombreux ici, , ils sont écoutés car les masses ne sont pas brutales, mais intelligentes : le salon gouverne la rue...

    L'archiviste DELESSARD commente : "Caractérisée toute entière par cet accent d'objectivité et de confiance réfléchie, la correspondance de CHAPER, extrêmement variée, nous donne une vue exacte de l'administration du département durant une période particulièrement intéressante et nous permet de suivre cette administration jour par jour."

    "Les rapports du préfet au ministre de l'Intérieur, après les sessions du Conseil général et du Conseil d'arrondissement, après les tournées de révision et pendant les campagnes électorales, avec les renseignements qu'ils comportent sur les candidats ; ses notices sur les secrétaires généraux, les sous-préfets, les conseillers de préfecture, es professeurs et les fonctionnaires en général, la correspondance au sujet des évêques (Mgr REY et Mgr RIVET), des vicaires généraux (en particulier l'abbé MORLOT) et des curés ou des desservants ; ses rapports sur la presse départementale, la garde nationale, les suspects les intrigues républicaines ou bonapartistes; abondent en renseignements précieux dont l'historien ne trouvera l'équivalent nulle part ailleurs.

    Quelques exemples, pris au hasard parmi les plus intéressants de ceux que nous avons relevés lors de la lecture, donneront une idée de la diversité des matières touchées par cette documentation.

    En effet, M. DELESSARD cite :

    - les désordres causés par les bûcherons de la Haute-Marne et qui semblent éveiller des échos en Côte-d'Or (1831) ;

    - les sociétés secrètes de l'arrondissement de Beaune (1831) ;

    - les troubles provoqués à Laignes et à Dijon par la hausse du prix du blé (1832) ;

    - le choléra (1832) ;

    - les militaires polonais traversant la Côte-d'Or et leur séjour à Dijon (1832) ;

    - les sociétés "Aide-toi, le Ciel t'aidera" et des "Amis du peuple" (1832)

    - la physionomie du colonel VAUDREY (ndr : Claude-Nicolas VAUDREY, 1784-1857, officier bonapartiste originaire de Dijon), l'un des principaux artisans de l'échauffourée de Strasbourg (le colonel VAUDREY est connu ici par ses innombrables galanteries et son ardeur excessive pour les femmes (1836-1840) ;

    - la situation de la police de Dijon, tout entière entre les mains du maire, qui la nomme (1836) ;

    - le pavage à Dijon et mendicité dans cette ville (1836) ;

    - le pavage des communaux d'Essey (1836) ;

    - le redressement du lit de l'Ouche (1836) ;

    - la soustraction de pièces aux archives de la Côte-d'Or (1836) ;

    - les différentes natures de sol qui composent le territoire du département ;

    - le rapport sur une brochure de M. de BONDY relative aux enfants trouvés (1837) ;

    - les observations sur une lettre du ministre des Cultes concernant une contestation entre maires et desservants au sujet de l'usage des cloches (1837) ;

    - l'organisation des bureaux préfectoraux de la Côte-d'Or et comparaison avec celle du Gard (1837) ;

    - la demande d'autorisation pour les Ursulines de s'établir à Talant (1838) ;

    - les renseignements sur le père EUGENE, desservant de Velars, dénoncé comme agent de Don CARLOS (ndr : Charles de BOURBON, 1788-1855, fils du roi d'Espagne CHARLES IV, prétendant au trône d'Espagne sous le nom de CHARLES V, soutenu par les légitimistes espagnols dits "carlistes" en opposition aux "libéraux" centralisateurs partisans de sa nièce la reine ISABELLE, se réfugia en France à partir de 1839 après avoir perdu la première guerre carliste, notamment contre les Français) ;

    - les droits de M. DARCY à la place d'ingénieur-en-chef de la Côte-d'Or (ndr : Henry DARCY (1803-1858) était un ingénieur hydraulicien auteur de la loi de DARCY et de l'équation de DARCY-WEISBACH qui s'occupa notamment de l'approvisionnement en eau de la ville de Dijon) ;

    - la politique annoncée par le nouveau ministère et causes de ma "mésintelligence avec M. MUTEAU" (17 mars 1840) (ndr : MUTEAU (1795-1869), député de centre-gauche de la Côte-d'Or était l'un des meneurs d'une cabale à la Chambre visant à faire remplacer CHAPER en Côte-d'Or ;

    - les explications au sujet d'une plainte adressée à la Chambre par des habitants de La Bussière-sur-Ouche (1840) ;

    Source : Source : L. DELESSARD, « La correspondance d’un préfet de la Monarchie de Juillet », dans Annales de Bourgogne, 23, octobre-décembre 1951, pp. 300-305

    La situation est en apparence moins agitée à Dijon qu'elle ne l'était à Montauban ou à Nîmes, ce qui lui permet de se consacrer à nouveau aux Sciences de l'Industrie dont les procédés le passionnaient. Il dresse la carte géologique de son département, s'intéresse aux cours d'eau, décide la construction de divers barrages. Ses administrés se montrent reconnaissants pour sa gestion équitable. Le nom du préfet est d'ailleurs gravé à Dijon sur la place DARCY tandis qu'il demande la construction d'un asile d'aliénés, aujourd'hui hôpital des Chartreux. Le Conseil Général de la Côte-d'Or lui rend hommage à plusieurs occasions et loue l'« administrateur prudent, sage, impartial, instruit, la variété de ses connaissances, son zèle éprouvé, son activité rare, son amour du bien public, de l'ordre, de la liberté, de la paix qui donnent au département de la Côte d'Or les plus grandes espérances d'une prospérité soutenue tant qu'il sera à la tête de son administration. »

    Au cours de son administration bourguignonne, il envisage d'accroître la navigation sur la Saône :

    "Cette rivière est la grande voie de communication du nord avec le Midi, et les canaux de Bourgogne et du Rhin n'auront fait le bien qu'à demi, tant qu'ils seront fermés à leur extrémité méridionale".

    Il est aussi en poste à Dijon lors de l'introduction de l'élection des conseils municipaux et généraux au suffrage censitaire. A cette occasion, il s'active pour connaître ses administrés et plaider la cause des candidats orléanistes. Il est confronté à l'épidémie de choléra de 1832 et à la crise des ouvriers piémontais dont certains demandent le renvoi, qu'il refuse en affirmant : "Rien ne serait plus contraire aux intérêts des ouvriers français eux-mêmes... si tant de nouvelles fabriques se sont élevées en France, … c’est que les étrangers sont venus nous apporter leurs découvertes et leur industrie".

    En 1832, il est lui-même contaminé lors de l'épidémie de choléra, ainsi que son épouse. Toutefois, tous deux survivent. Son oncle par alliance, le président du Conseil Casimir PERIER (1777-1832) n'aura pas cette chance, ainsi que sa tante par alliance Madame Scipion PERIER née Sophie de DIETRICH (1774-1832).

    CHAPER rencontre le roi LOUIS-PHILIPPE Ier en avril 1836 sans que cela ne modifie de façon majeure le cours de sa carrière. En effet, il songe à entrer au Conseil d'État, mais le Roi le considère comme l'un des meilleurs préfets du royaume et le juge plus utile dans une préfecture.

    Le 18 mars 1840, son administration est attaquée lors d'une affaire (les détails en sont à rechercher) concernant la petite commune de La Bussière-sur-Ouche dans l'arrondissement de Beaune. Le ministre de l'Intérieur Charles de REMUSAT (1797-1875), qui le connait personnellement car il avait épousé sa cousine germaine par alliance, se porte garant du préfet, qui le remercie dans une lettre du 14 avril 1840 dans laquelle il écrit :

    J'ai terminé le long examen de l'affaire dont vous m'avez demandé de vos rendre compte. Je suis entré dans les plus grands détails parce que je sais avec quelle vivacité mon administration est attaquée par plusieurs députés de la Côte-d'Or. Je les ai suivis sur le terrain qu'ils ont choisi, et je n'ai pas voulu qu'il restât la moindre obscurité sur ma conduite en cette circonstance.

    En revanche, il répond vivement à une lettre du ministre datée du 16 avril 1840 dans laquelle celui-ci lui demande d'influencer les publications de deux quotidiens du département, "Le Spectateur" et "Le Journal de la Côte-d'Or". Il rappelle au ministre qu'il n'a pas de moyen légal d'agir sur la presse :

    Je suis certain, M. le Ministre, que vous n'avez pas lu les deux feuilles dont vous me parlez, surtout "Le Journal de la Côte-d'Or" , qui attaque ouvertement le ministère actuel et parle de son "machiavélisme tortueux", de ses "espérances antinationales", etc.

    En lisant ces expressions, vous auriez reconnu sur le champ que le Préfet n'avait aucun moyen d'influence sur les journalistes, ou bien, si vous aviez été certain du contraire, vous auriez destitué le fonctionnaire assez lâche pour autoriser les insultes adressée à ceux à qui il doit obéissance et respect. Si, cependant, vous aviez conçu des doutes à cet égard, daignez me le dire, et le courrier vous rapportera ma démission...

    Cependant, comme vous avez auprès de vous à la Chambre un homme (ndr : probablement MUTEAU) que son intérêt ou sa passion porte à me calomnier sans relâche, comme vous ne le connaissez pas encore et que vous pourriez mettre sa parole en balance avec la mienne, je me résigne à vous envoyer des preuves...

    Je ne puis rien dans le sens qu'indique votre lettre. Si cette impuissance vous semblait une faiblesse, si elle pouvait gêner en quelque chose que ce soit la direction que vous voulez donner à l'administration, dites-le moi, M. le Ministre, et je vous prouverai aussitôt que mon respect pour vos intentions ne se borne pas à de vaines paroles.

    REMUSAT n'apprécie guère cette vivacité et le signifie à son préfet qui présente ses excuses dans une lettre du 19 avril :

    J'ai fortement combattu la "coalition". J'ai fait tous mes efforts pour la faire échouer et j'ai obtenu quelques succès momentanés dans mon département. Ce n'était pas par attachement pour le ministère, auprès duquel j'étais en disgrâce au commencement de la lutte. C'était une conviction sincère. Je croyais voir un danger pour mon pays et je cherchais à l'éviter. Or, la coalition a triomphé et ma position est nécessairement un peu fausse...

    Le 5 juin 1840, il quitte Dijon pour Nantes (Loire-Inférieure) e remplacement du baron Maurice DUVAL nommé conseiller d'État en service extraordinaire.

    Le ministre lui écrit :

    Je suis heureux de vous annoncer la récompense accordée à votre dévouement et à vos services : elle ne sera, je le sais, qu'un encouragement à les multiplier et à redoubler d'ardeur dans la carrière que vous suivez depuis dix ans avec tant de zèle et de courage.

    Source : L. DELESSARD, « La correspondance d’un préfet de la Monarchie de Juillet », dans Annales de Bourgogne, 23, octobre-décembre 1951, pp. 300-305.

    Il est ensuite nommé le 24 juillet 1847 à la préfecture du Rhône, second poste le plus important après Paris.

    Il se trouve à la préfecture de Lyon lorsqu' éclate la Révolution de février 1848. Il doit faire face aux révolutionnaires qui descendent de la colline de la Croix-Rousse ou de la Guillotière.

    Son épouse Henriette, femme très pieuse, dit alors joyeusement à sa fille qui se trouvait avec elle « Allons nous confesser, après nous ne craindrons plus rien. »

    Mais tandis qu'à Paris le roi fuit, CHAPER se retrouve seul, refuse de reconnaitre la République, ou du moins de quitter la préfecture tant qu'un successeur n'est pas désigné par le gouvernement républicain. C'est Emmanuel ARAGO (1812-1896), fils de son ancien professeur de Polytechnique, qui arrive en hâte à Lyon pour lui succéder. Il s'adjoint l'assistance de la troupe qui monte la garde devant la préfecture en attendant l'arrivée de son successeur. Sa femme et sa fille sont exfiltrées et mises à l'abri à l'Hôtel-Dieu.

    Tous les autres préfets s'étant déjà démis, il fut de fait, selon l'expression de l'historien Paul FEUGA, le "dernier préfet de LOUIS-PHILIPPE".

    C'est donc seul qu'il quitte la Préfecture par la grande porte, refusant de passer par une porte dérobée. Il fait face à la foule hostile qui réclame sa mort, cherche rapidement des yeux le meneur, et l'ayant repéré et deviné un ancien militaire, se dirige droit vers lui et l'apostrophe, lui demandant s'il n'avait pas fait son devoir en restant à son poste comme lui-même l'aurait fait devant l'ennemi. Finalement, le meneur se fait son garde du corps au travers de la foule qui le laisse passer, désormais respectueuse devant sa détermination à rester à son poste.

    Peu après ces événements, le gouvernement de la Seconde République a lui-même besoin de préfets expérimentés et on lui propose la préfecture de Toulouse (Haute-Garonne). Mais l'ancien préfet refuse obstinément de se rallier à la République, proclame sa fidélité aux ORLÉANS. Il accepte toutefois de siéger à la Chambre des députés lorsqu'il est élu par les habitants de la Côte-d'Or le 13 mai 1849 où ses anciens administrés avaient songé à poser sa candidature. Il refuse toutefois d'être candidat dans l'Isère pour éviter la multiplication des candidats de droite.

    "Le Journal de la Côte-d'Or" publie une lettre écrite à l'un de ses amis :

    Vous me dites que plusieurs anciens citoyens de la Côte-d'Or songent à me donner témoignage d'affection et d'estime en me choisissant comme candidat à l'Assemblée nationale ; je vous répondrai comme toujours avec une entière franchise.

    J'ai refusé la candidature qu'on m'offrait dans le département de l'Isère parce que je me suis occupé avec zèle du rapprochement des amis de l'ordre pour les élections prochaines ; je n'ai pas voulu qu'on me supposât occupé d'intérêts personnels quand je travaillais au salut de mon pays.

    Mais dans la Côte-d'Or où je n'ai exercé aucune action depuis neuf ans bientôt, le suffrage de mes concitoyens serait libre de toute idée d'influence ; ce serait la haute récompense d'un dévouement sincère ; j'accepterais.

    Je compte fort peu sur le succès d'une candidature aussi lointaine et que je n'ai jamais cherché à préparer. Mais ce qui me préoccupe vraiment, ce que je désite avec ardeur, c'est que mes anciens amis de la Côte-d'Or, ceux à la tête desquels j'ai combattu dans l'intérêt de l'ordre et de la vraie liberté, sachent combien je suis reconnaissant du souvenir qui vient me chercher dans ma retraite, et combien je leur suis toujours dévoué...

    Source : L. DELESSARD, « La correspondance d’un préfet de la Monarchie de Juillet », dans Annales de Bourgogne, 23, octobre-décembre 1951, pp. 300-305.

    Il est élu par 49.792 voix. Fidèle aux ORLÉANS, il vote avec la majorité monarchiste (ultérieurement appelée "parti de l'Ordre").

    En qualité de député, il s'oppose au coup d'état du président de la République Louis-Napoléon BONAPARTE du 2 décembre 1851. Achille CHAPER se rend avec d'autres députés de droite résistant au coup d'État chez le comte Napoléon DARU, vice-président de l'Assemblée. Les députés souhaitent se réunir en Assemblée au palais Bourbon dont l'accès leur est défendu, ils parviennent à y pénétrer mais sont arrachés de leur bancs sans ménagement. Les députés se réunissent alors à la mairie du X° arrondissement, déchoient le président BONAPARTE et demandent à la Haute Cour de le juger.

    Mais le peuple ne bouge pas à l'annonce du coup d'État et seuls certains députés dont beaucoup, dont CHAPER, avaient désapprouvé la Deuxième République se trouvent désormais bien seuls pour la défendre. Le ministre de la guerre nommé moins de deux mois auparavant en prévision du coup d'État, le maréchal Armand Jacques LEROY de SAINT-ARNAUD, somme d'arrêter les députés refusant de quitter les lieux. CHAPER est de ceux-là, il est fait prisonnier sur-le-champ et incarcéré au Mont-Valérien avec les députés les plus récalcitrants. Victor HUGO, lui-même député de droite également arrêté, a raconté en détail cette journée dans son ouvrage "L'Histoire d'un Crime" (1877-1878).

    Après la politique

    Pour Louis-Napoléon BONAPARTE, le coup d'État est un succès, nulle résistance ne s'oppose et le gros des députés ne représente aucun danger. CHAPER est rapidement libéré et retourne en Isère où il a construit sur le terrain hérité de Camille TEISSEIRE une grande maison d'habitation à Poisat.

    Il mène une vie à l'écart de la politique mais continue à être très actif dans le domaine scientifique, devient président de la Société de Statistique de l'Isère, des syndicats du Drac et de la Romanche, du comité de surveillance des forges d'Allevard. Il demeure pendant ces années un ami de la duchesse d'Orléans à qui il rend visite à Lausanne, il y rencontre également la Reine. Il fait partie durant l'été 1863 des souscripteurs de l'aide à la Pologne alors envahie par la Russie. De même, il est l'un des souscripteurs de la percée du canal de Suez. Lorsque CHAPER meurt, celui-ci est grand dignitaire de la Légion d'Honneur dont il a reçu le titre de commandeur le 30 avril 1843 par LOUIS-PHILIPPE Ier.

    Eugène CHAPER, son fils, fut un éminent érudit dont la bibliothèque fut sans doute la plus importante jamais réunie en terre de Dauphiné. Berthe CHAPER, sa fille, épouse Paul Thibaud (politique), procureur, avocat, conseiller général conservateur de l'Isère.

    Sources

    * DE PAZZIS Henry, Origines et descendance de la famille Périer, tome III, éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 1995

     2 - Mentions diverses

    • Durant ses études à Polytechnique, il eut pour camarades de promotion (X1813) : Antoine BUSSY, futur chimiste découvreur du béryllium, Barthélemy Prosper ENFANTIN, entrepreneur et économiste, l'un des chefs de file du saint-simonisme, Jean-Baptiste GUIMET, chimiste qui mit au point l'outremer artificiel et conseiller municipal de Lyon, le futur général Arthur MORIN, membre de l'Académie des Sciences et directeur du conservatoire des Arts-et-Métiers, BARRE de SAINT-VENANT, qui étudiera l'écoulement des gaz à grande vitesse, Guillaume PIOBERT, professeur de balistique à l'École d'artillerie de Metz et membre de l'Académie des Sciences, ou encore Charles PRAVAZ, qui dut quitter l'École pour raisons personnelles, devint médecin et inventa la seringue hypodermique.
    • Dans la nuit du 10 mars 1815, son camarade polytechnicien Pierre-Ferdinand JOHANYS lui écrit à l'École polytechnique pour lui faire part des événements survenant à Grenoble où NAPOLÉON vient de faire son retour. Il lui apprend également la maladie et la guérison de l'un de leurs amis communs prénommé Félix (peut-être Félix RÉAL (1792-1864), ami d'Achille et futur député de l'Isère) ?

    Source : Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes, 1942, p.468

    Ndr : Ferdinand JOHANYS (1795-1875) s'orienta vers l'enseignement. Il fut professeur de physique et chimie au collège de Valence, publia un traité de chimie en 1829 et fut nommé bibliothécaire de la ville en 1835. Il fut membre titulaire de la Société d'archéologie, d'histoire et de géographie de la Drôme

    • C'est en 1822, au hasard d'un voyage dans les Alpes, que JACQUEMONT fait la connaissance de CHAPER. Les deux hommes se sentent dès l'instant attirés l'un par l'autre, et après quelques jours passés ensemble, se séparent à regret. Entre eux existe désormais un profond et mutuel attachement. Achille CHAPER, dont une lithographie nous restitue le fin visage, est digne de JACQUEMONT par les qualités de coeur et d'intelligence. Jeune maître de forges de 27 ans, passé par l'École polytechnique et par l'Ecole des Mines, il est alors installé à Pinsot, dans le pays d'Allevard, au voisinage de Grenoble. En lui la sensibilité créole de sa mère, originaire de l'île Bourbon, s'allie au sens pratique de son père, ancien collaborateur de BOUCHOTTE au ministère de la Guerre et directeur des vivres à Grenoble? Une carrière administrative et politique commencée sous la Monarchie de Juillet, après le départ de JACQUEMONT pour l'Inde fera d'Achille CHAPER le préfet de cinq départements successifs...

    Source : Archives Internationales D'histoire Des Sciences, Numéros 50 à 57, Franz Steiner Verlag., 1960

    • Having met in Switzerland in 1822, JACQUEMONT and CHAPER grew close in correspondence, sharing scientific ideas and gossip equally in ardent prose. The collection is far richer in documenting the first five years of friendship between the two, corresponding to the period in which JACQUEMONT began to transform himself from botanical dilettante into serious scientist. As such, the collection provides insight into the salon culture of 1820s Paris, and specifically the circle around Stendhal and Mérimée, as well as the vicissitudes of JACQUEMONTt's love life, his unhappy affair with the actress Adelaide SCHIASSETTI and his changing ideas of love itself.

    Although several lengthy letters describe JACQUEMONT's sojourn in the United States, Haiti, and India these episodes are, on balance, less well documented. There is, however, a fine letter describing JACQUEMONT's attempts to consummate a duel with General LALLEMAND, his revulsion at encountering chattel slavery in Brazil, and some fascinating commentary on the Himalayas -- geologically, botanically, and ethnographically.

    The correspondence has been published in its entirety in James F. Marshall, Letters to Achille CHAPER; Intimate Sketches of Life Among Stendhal's Coterie. American Philosophical Society Memoirs 50 (1960).

    Source : American Philosophical Society

    http://www.amphilsoc.org/collections/view?docId=ead/Mss.Ms.Coll.103-ead.xml

    Il est à noter, contrairement à la note ci-dessus que Victor et Achille ne se sont pas rencontrés en Suisse mais en France, dans la vallée des Sept Laux, où le comte Hippolyte-François JAUBERT et lui-même sont en excursion botanique. Le comte JAUBERT tombe gravement malade, mais recueilli par Achille CHAPER à Pinsot, il parvient à se rétablir. C'est ainsi que naquit l'amitié entre les trois scientifiques. En revanche, c'est bien en Suisse où s'est prolongé son voyage que JACQUEMONT rencontrera Jean de CHARPENTIER qui deviendra un autre de ses meilleurs amis. Dans sa correspondance, après s'être quelque peu brouillé avec le comte JAUBERT, JACQUEMONT citera à plusieurs reprises Victor de TRACY, Jean de CHARPENTIER et Achille CHAPER comme étant ses amis les plus chers. Parmi ses relations on trouve toutefois également DUNOYER, BEYLE (dit STENDHAL), LA FAYETTE, MÉRIMÉE etc...

    Leur correspondance nous apprend notamment qu'Achille C. servit d'"intermédiaire" ainsi que JACQUEMONT pour l'union entre Alphonse PERIER, cousin par alliance d'Achille, et Nathalie de LAFAYETTE, petite-fille du général dont JACQUEMONT était proche. JACQUEMONT demande à Achille des renseignements sur les opinions politiques, la moralité, le caractère etc... du prétendant.

    Cf "Ciel et fer : les amis romantiques des Sept Laux", Georges SALAMAND.

    • Au XIX° siècle, aussi, on peut braver les intentions parentales, mais là encore, assez rarement, tant les risques sont grands. En 1825, alors que son père trouvait la situation du jeune Achille CHAPER trop peu solide, Henriette TEISSEIRE, nièce du banquier Augustin PERIER, parvint pourtant à épouser celui qu'elle aimait.

    Source : "Les bourgeoisies en France: Du XVIe au milieu du XIXe siècle" par Laurent COSTE, Armand Colin, 2013.

    • Par ordonnance du 30 novembre 1825, il lui est fait concession des mines de fer spathique de Montarmant, sises aux Pics de Girondet, des Ramées, de Chagarin etc, commune de la Ferrière, département de l'Isère, sur une étendue de trois kilomètres soixante-huit hectares, limitée : à l'est, à partir du point où le ruisseau de Montarmant coupe le chemin tendant de Montarmant à la Bourgeai; et, suivant ce chemin, jusqu'à son intersection, avec le ruisseau du Cachet situé au midi; Au sud, en remontant le ruisseau du Cachet, continué par une ligne droite tirée de l'extrémité de la source principale sur le Crest du Cachet ; A l'ouest, par la crête de la montagne, comprise entre le Crest du Cachet que l'on vient de déterminer, et la Bouverie; Au nord, par les limites des concessions O et J faisant partie des quatorze concessions déterminées par l'ordonnance royale du 15 janvier 1817, sur les mines d'Allevard, puis, en descendant le ruisseau de Montarmant, jusqu'au point de départ. La concession était, comme le sont les quatorze concessions d'Allevard, soumise à la surveillance du conducteur des mines arraché à la résidence d'Allevard, et elle concourra au traitement de ce conducteur, à raison des produits de l'exploitation.

    Source : Annales des mines ou Recueil sur l'exploitation des Mines et les sciences qui s'y rapportent, tome XII, 1826.

    • En 1826, il visite les hauts-fourneaux de Grande-Bretagne. A propos de la production des hauts fourneaux, d'après Andrew URE, from the information communicated by Mr Philip TAYLOR to Mr Achille CHAPER, a considerable French ironmaster who, in the summer of 1826, inspected two thirds of the blast furnace of Great Britain, the product during this year was around 600,000 tons"
    • Le 14 juin 1827, un orage formidable survient sur la commune de Goncelin (38) provoquant un éboulement de terrain. Achille et son frère Adolphe, qui se trouvaient sur place, purent recueillir environ 20 kg de métal dans un ravin. Le nombre de ces objets était très considérable , mais Achille ne put recueillir que 16 objets, beaucoup ayant été récupérés par des habitants après la tempête et non restitués. En 1839, Achille fera don des objets en sa possession à la Commission des antiquités du département de la Côte d'Or. Voir les Travaux de la Commission, 1839, page 143 et suiv. avec un dessin au trait. Achille donna également de curieux détails sur le phénomène météorologique qui amena cette découverte.

    Source :Le Dauphiné au Trocadéro : sciences anthropologiques, art rétrospectif / par Florian Vallentin, Maisonville et fils (Grenoble), 1878

    • Comme avec le scientifique et explorateur JACQUEMONT, Achille avait une correspondance amicale avec MÉRIMÉE. On s'est livré, à ce propos, à d'instructives comparaisons entre la forme et le fond des lettres adressées par MÉRIMÉE à STENDHAL d'une part et à Achille CHAPER d'autre part. Avec celui-là MÉRIMÉE ne cesse de blaguer, avec celui-ci il parle avec abandon et lui ouvre véritablement son coeur." (préface de Victor DEL LITTO sur les lettre à STENDHAL de Prosper MÉRIMÉE).
    • Le fonds CHAPER de Dijon, qui a donné lieu à une thèse de Paul GONNET, est mentionné dans le sources de "The 1830 Revolution in France" par P. PILBEAM qui remarque: ...the entire, revealing and efficient correspondence of the prefect, including copies and outgoing and the incoming letters. Typical of bureaucrats, CHAPER removed every letter of any conceavable interest when he moved to his next department. Fortunately for the historian, the incoming letters and bound volumes of copies of his letters were discovered in abookshp In CHAPER's home town of Grenoble some years ago.
    • Le 6 juillet 1832, Victor JACQUEMONT écrit de Poona (Maharashtra) à Charles DUNOYER, alors préfet de l'Allier : "je vous ai fait connaître mon ami CHAPER qui depuis a été privé de l'occasion qu'il souhaitait ardemment de se faire connaître de vous et de vous connaître autrement que par vos livres. La plume à la main il est entraînant, persuasif comme ROUSSEAU. J'ignore, il ignore sans doute lui-même, ce qu'il serait à la tribune ; je voudrais qu'on lui permît d'essayer.

    Source : Correspondance de Victor JACQUEMONT avec sa famille et plusieurs de ses amis, pendant son voyage dans l'Inde (1828-1832), tome second, Garnier frères, Paris, 1861

    • Après la mort de son ami JACQUEMONT, il écrit une lettre à son frère Porphyre, le 16 mai 1833, conservée aux Archives scientifiques du Muséum d'Histoire naturelle. Le 8 juin il reçoit à son tour une lettre de Porphyre : "Nous avons reçu le 8 la caisse contenant les papiers laissés par mon frère. Il existe un journal de voyage très volumineux, très bien rédigé, me dit mon père qui le lit en ce moment."
    • En 1834, les fonderies de Chaillot, dont les administrateurs étaient alors Alphonse PERIER, Achille et Alphonse CHAPER, fabriquent les fontes et tympans de la balustrade du pont du Carrousel, et se chargent de l'ajustement et de la pose de toutes les fontes et tous les fers forgés des arches. La fonte est alors située quai de Billy (aujourd'hui avenue de New York).

    Source : "Notice sur le nouveau système des ponts en fonte suivi dans la construction du pont du Carrousel", par A.R. POLONCEAU, Paris, 1839.

    • En 1836, le Jury central sur les produits de l'Industrie française décerne à MM. PERIER, EDWARDS et CHAPER et Cie une médaille d'argent pour leurs ateliers de Chaillot. Ils dirigent aujourd'hui les vastes ateliers fondés par feu PERIER, de l'Académie des Sciences, en 1784, pour procurer à la France la construction et l'usage des machines à vapeur. Cet établissement est remarquable pour sa fonderie, qu'on regarde déjà à juste titre comme une des plus grandes et meilleures que nous possédions. C'est dans le même établissement qu'on exécute la chaudronnerie et les mécanismes du système de Brame-Chevalier ; l'exécution de ces appareils ne laisse rien à désirer. Aujourd'hui MM. PERIER, EDWARDS et CHAPER s'occupent à renouveler, pour leur vaste établissement, tous les mécanismes opérateurs que les progrès de l'art de construire ont rendus beaucoup plus précis, plus stables et plus puissants, ces nouveaux agents leur permettront d'exécuter de grandes machines avec toute la perfection de nos premières manufactures. (Source : Rapport du Jury Central sur les Produits de l'Industrie Française, 1837).
    • Le 8 août 1836, il rédige un rapport à destination du ministre de l'Intérieur (le comte de MONTALIVET), à propos du projet de constitution de la Banque de Dijon. Il remarque que les souscripteurs des 500 000 francs de capital "composent une partie de la meilleure société dijonnaise." Il mentionne parmi les administrateurs des hommes qui inspirent la plus haute confiance sur le rapport de la moralité et de la capacité : MM. BOUCHARD, BORDET, CUGNOTET, de SAINT-SEINE, BORDE (ancien notaire), MOUSSIER et le comte d'ESTERNO.

    Selon lui, l'établissement projeté sera utile sous le rapport commercial, il facilitera les transactions, donnera une impulsion de plus en plus vive et éclairée à l'industrie, il aidera à la fusion des partis, et au rapprochement des diverses classes de la société. Et comme la moralité des administrateurs est parfaite et au-dessus de tout soupçon, je pense que le projet de banque que j'ai l'honneur de vous soumettre mérite l'approbation du gouvernement.

    Source : Jean-François MINONZIO, "Les capitaux suisses en Côte-d'Or pendant la Monarchie de Juillet : une hypothèse pour l'échec de la Banque de Dijon", "Annales de bourgogne, revue historique trimestrielle" n° 186, fascicule 2 , avril-juin 1975

    • En 1837, la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale lui décerne une mention honorable, ainsi qu'à M. BRIAUNE, pour les dispositions générales et la direction qui président à leurs cultures et leur fabrication de sucre de betteraves, dans l'établissement agricole et manufacturier de Château-Frayé, département de Seine-et-Oise, dans la plus grande usine de ce genre qui soit actuellement en activité dans les environs de Paris (...) La construction des bâtiments et de tous les appareils avaient eu lieu avec une rapidité et une précision étonnantes. On ne pouvait moins attendre, pour l'exploitation agricole, de M. BRIAUNE ; pour les constructions, de l'habile ingénieur CHAPER : ils se partageront ici nos justes éloges.
    • Référence à classer : A propos de son beau-père, Camille TEISSEIRE, "on a aussi le point de vue du maître de forges Achille CHAPER - un joli visage aux traits fins — c'est l'ancien préfet de la Côte d'Or et de la Loire inférieure sous la Monarchie de Juillet, le député de la Côte d'Or à l'Assemblée législative de 1849, mais c'est aussi le gendre du liquoriste Camille TEISSEIRE, et de Marine PERIER, qui vient de mourir : M. TEISSEIRE, mêlé aux grandes luttes politiques de la Restauration fit preuve [...] d'un sincère dévouement à la cause libérale. (source : Bernard JACQUIER, "Jalons pour une chronique grenobloise: du coup d'État au chemin de fer : décembre 1851-juillet 1857", 1998)
    • Ses fonctions de préfet ne semblent pas lui avoir fait perdre de vue ses préoccupations industrielles. Ainsi, un arrêté du Roi des Belges du 13 avril 1838 lui accorde un brevet de perfectionnement de 10 années à partir du 25 janvier 1836 pour des perfectionnements apportés aux procédés d'application du bitume à des chaussées d'un nouveau système, aux rues, ponts, etc., pour lesquels il a été breveté le 25 janvier 1836. Il est alors qualifié "de Paris, domicilié à Bruxelles, rue de l'Empereur, n°25, chez E. GOBLET, son fondé de pouvoirs." Le brevet est accordé à la condition que le perfectionnement, de même que l'invention qui fait l'objet du brevet accordé sera mis en oeuvre dans le pays (en Belgique) dans le délai d'une année.

    Source : Premiers Actes du Nouveau Gouvernement de la Belgique, Volume 17, Weissenbruch Père, Bruxelles, 1838.

    • En 1840, devenu préfet à Nantes, et également président de la Chambre de commerce, il prend au sérieux ses fonctions de président-né et assiste régulièrement aux séances d'après Félix LIBAUDIERE (Histoire de Nantes sous le règne de Louis-Philippe, 1830-1848 : précédée d'un aperçu sommaire sur la situation de Nantes à la fin du règne de Charles X, 1900).
    • En 1841, les Mémoires de la Commission des Antiquités du département de la Côte-d'Or, tome premier, relève que M. CHAPER, président honoraire de cette Commission, a été le premier à appeler l'attention de la Commission sur les précieuses fresques de Saint-Seine-l'Abbaye, et sur les tombes qui gisent au milieu des ruines de l'ancien prieuré de Bonveau.
    • Le 31 janvier 1842, il assista en tant que préfet de la Loire-Inférieure aux obsèques du général nantais CAMBRONNE, qui se tinrent en l'église Saint-Nicolas de Nantes. La ville de Nantes vota un crédit de 10,000 francs pour son monument funéraire et créa une haute commission supérieure chargée d'arrêter définitivement le programme du monument et recueillir les souscriptions. Cette commission fut présidée par le général TREZEL, commandant de la 12° division militaire. CHAPER en fut le vice-président. La statue réalisée par le sculpteur nantais Jean DEBAY se tiendra finalement sur le cours HENRI IV (aujourd'hui cours CAMBRONNE).
    • Le 6 février 1842, il écrit à Claude-Elisabeth NAU, baron de CHAMPLOUIS, son successeur à la préfecture de la Côte-d'Or, pour lui donner de précieux renseignements sur les papiers qu'il avait emportés de Dijon :

    J'ai pu m'occuper du triage d'une partie des papiers que j'avais emportés de Dijon; j'ai extrait tout ce qui se rapporte aux affaires du département et je n'ai conservé que les lettres qui m'avaient été adressées personnellement. J'ai l'honneur de vous envoyer les papiers relatifs à la police et au personnel; plusieurs sont d'une nature délicate et tous sont confidentiels; beaucoup se rattachent aux tentatives républicaines des périodes difficiles que nous avons traversées. Mon travail n'est pas terminé. Je crois cependant devoir vous envoyer ce que j'ai déjà extrait. Comme le paquet de papiers est assez volumineux, je le diviserai en plusieurs envois que je ferai partir à quelques jours d'intervalle...

    • Le 1er juin 1842, en bon orléaniste, il écrit à propos des relations entre le clergé et le parti légitimiste : [Le clergé] a intérêt à ménager ce parti, qui a de la fortune et de l'influence ; il est donc bien volontiers confident de toutes les haines insensées des hommes et surtout des femmes dont l'extravagance a perdu la Restauration.

    Source : André-Jean TUDESCQ, "L'élargissement de la noblesse en France dans la première moitié du XIXe siècle" Actes du colloque de Rome, 21-23 novembre 1985, Publications de l'Ecole française de Rome, 1988.

    • Le 19 septembre 1842, dans une réponse au sous-préfet de Chateaubriant (49) qui lui avait recommandé un jeune rédacteur du journal de son arrondissement, il considère qu'un préfet n'a pas à avoir un journal et désavoue les subventions secrètes mais il indique aussi qu'aucun des quatre journaux politiques de Nantes n'est conservateur et il ajoute : "Je sais quels sont les citoyens principaux qui souhaitent l'établissement d'un journal conservateur à Nantes ; je lui citerai M. BIGNON, député ; la chambre de commerce presque entière ; M. GALLOIS-MAILLY directeur des douanes et ses principaux employés ; M. AUGIER, directeur des contributions indirectes ; M. FONTINILLIAT receveur général et bien d'autres encore... (extrait de "Le journal lieu et lien de la société bourgeoise en Francependant la première moitié du XIXème siècle" par André-Jean TUDESQ.
    • Par arrêté du 24 novembre 1842, il ordonne la fermeture du théâtre de Nantes en raison de troubles récurrents survenus lors des représentations. La leçon porta ses fruits et, quand au bout de quinze jours, la première scène de Nantes rouvrit ses portes, les spectateurs étaient devenus plus calmes. Source : "Le théâtre à Nantes depuis ses origines jusqu'à nos jours, 1430-1901", Etienne DESTRANGES, 1902
    • En 1843, il aurait émis des doutes sur la solidité de tour du Bouffay, à Nantes, seul reste d'un château médiéval qui venait d'être démoli. Frédéric HUETTE, membre du Conseil municipal de Nantes, installa un appareil destiné à mesurer d'éventuels risques d'effondrement. Jean-Charles RENOUL soupçonne Achille d'avoir désiré raser entièrement le bâtiment et d'avoir répandu le bruit de la fragilité de la tour pour effrayer les habitants du quartier qui "se montraient dans des transes continuelles".

    Source : M. J.-C. RENOUL, Annales de la Société royale académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, 1864

    Vu sur le site http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2013/04/28/27028621.html

    Que les soupçons de M. RENOUL soient fondés ou non, il faut souligner que la décision de détruire la tour du Bouffay date de mars 1848, bien après le départ d'Achille de Nantes. Par ailleurs, Achille a contribué à la sauvegarde de plusieurs sites historiques en Côte-d'Or et a tenté de sauvegarder les restes de la collégiale Notre-Dame à Nantes. Les soupçons de M. RENOUL semblent donc en contradiction avec plusieurs de ses actions avérées pour sauvegarder des éléments du patrimoine auquel il était sensible.

    • En février 1843, il se plaint dans une lettre adressée à un ami des "maximes du cabinet de l'intérieur" et dénonce "ce besoin d'intrigue qui rabaisse l'administration au niveau d'un foyer de théâtre".

    Source : AD 44, 3 J 201, cité par : Centre de recherches d'Histoire et de Philologie de la IV° section de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, "L'état et sa police en France, 1789-1914", Librairie Droz, 1979

    • Le 19 février 1843, il communique au ministre des cultes (comte Nicolas MARTIN du NORD) des renseignements sur les trappistes de la Meilleraye (abbaye Notre-Dame-de Meilleray à La Meilleraye-de-Bretagne (44)) (probablement suspecté de sympathies légitimistes) et affirme avoir consulté des personnes sûres et discrètes.

    Source : Centre de recherches d'Histoire et de Philologie de la IV° section de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, "L'état et sa police en France, 1789-1914", Librairie Droz, 1979

    • Le 1er août 1843 est posée la première pierre de l'église Saint-Nicolas. Une médaille commémorative est frappée, représentant la tête laurée de LOUIS-PHILIPPE au recto, et dans le champ une inscription commençant ainsi : GREGORIO XVI. PONT.MAXIMO - LUDOVICO PHLIPPO I FRANCORUM REGE - ACHIL CHAPER PRAEFECTO PROV LIGERIS INFERIORIS etc...
    • Les Mémoires de l'Académie de Dijon en date du 21 août 1843 nous apprennent qu'il est "Académicien honoraire régnicole", qualité qu'il partage avec le comte de TOCQUEVILLE. (Hervé CLEREL de TOCQUEVILLE, prédécesseur d'Achille à la préfecture de la Côte-d'Or, et père du célèbre philosophe). Il était membre de l'Académie depuis le 26 décembre 1832.

    Selon ces Mémoires : M. le préfet CHAPER, dont le souvenir à jamais cher aux Dijonnais, sous tant de rapports, restera éternellement attaché à celui de l'établissement de nos fontaines, par l'appui éclairé qu'il a prêté à la ville dans les conjonctures embarrassantes suscitées [par la création du réservoir Darcy], prit, le 24 novembre 1838, un arrêté déterminant les portions d'héritages qui devaient être traversées par l'aqueduc. L'acquisition de ces parcelles, au nombre de 560, fut successivement faite à l'effet d'y déposer le produit des fouilles qu'il eût été trop dispendieux de conduire au loin, ou en simple propriété tréfoncière, accompagnée de servitudes actives propres à faciliter la construction, la surveillance et la conservation des ouvrages d'art.

    • La même année, l'archiviste Louis-Prosper GACHARD, dans son [[[Rapport à Monsieur le ministre de l'Intérieur sur les documents concernant l'Histoire de la Belgique qui existent dans les entrepôts littéraires de Dijon et Paris]]], écrit Si j'avais eu peu à me louer à Besançon des personnes auxquelles est confiée la garde des manuscrits de Granvelle, je trouvai en revanche à Dijon, toutes les facilités que je pouvais désirer pour l'accomplissement de la mission qui m'était confiée. (...) M. de SALVANDY, ministre de l'instruction publique, avait eu la bonté de me donner une lettre de recommandation pour le préfet du département, M. CHAPER. Ce magistrat voulut bien autoriser le conservateur à me confier des documents que je pus emporter à mon hôtel : ce qui me permit de prolonger mes travaux pendant les heures où les archives n'étaient pas ouvertes. Aussi eus-je terminé, en quinze jours, l'examen de l'importante et volumineuse collection qui nous intéressait.
    • En 1844, son ami l'ingénieur polytechnicien Emile GUEYMARD, doyen de la faculté des Sciences de Grenoble, publie dans sa [[[Statistique Minéralogique du département de l'Isère]]] les renseignements fournis sur le haut-fourneau de Vizille. Il mentionne aussi son expérience dans les forges catalanes de Pinsot qu'il utilisa pour la production de fonte plutôt que de fer en raison du comerce prospère des aciers quand les fers baissaient de prix. Il demanda donc la transformation de ses forges catalanes en haut-fourneau.

    Il écrit : M. CHAPER, si connu pour ses talents en métallurgie, (...) obtenait de son côté des résultats brillants à Pinsot, avec une forme de fourneaux différente de celles que j'employais.

    Les formes données par M. CHAPER économisent un peu de combustible, mais la conduite des fourneaux est plus difficile. Les miennes exigent moins de soins, moins d'habilité dans la fonte, mais on dépense un peu plus de charbon".

    Le premier concessionnaire [de la concession Pierre Possonière] ne fit que des travaux insignifiants. M. CHAPER qui était propriétaire du haut-fourneau de Pinsot, fit poursuivre avec activité les vieilles fosses des Tavernes et du Corbat (...). M. CHAPER a exploité ce filon avec beaucoup de succès.

    Pendant le gestion de M. CHAPER [à Pinsot], 100 de fonte n'ont jamais dépensé que 108 à 112 de charbon. Après le départ de M. CHAPER et la cession de son usine à M. PENET et plus tard à M. GIROUD, on changea la forme intérieure et la dépense en charbon fur augmentée.

    J'avais toujours été frappé de la différence des grès dans lesquels se trouvent toutes les exploitations d'anthracite, d'avec les grès grauwackes, dont la première observation rigoureuse appartient à M. CHAPER pour le lac de Collet, fans le pays d'Allevard, et à M. GRAS pour le Mont-de-Lans.

    Les forges catalanes de Pinsot ne produisaient que des fers de couleur et ce défaut en rendait l'écoulement difficile. M. CHAPER fit des calculs et il trouva qu'il y avait plus d'avantage à faire de la fonte que du fer. En conséquence, il demanda la transformation et il livra ses premiers produits au commencement de 1825.

    Je suis allé sur ces deux pics [le Grand et le Petit Charnier] pour en prendre la hauteur avec mon ami CHAPER, en partant de la Chartreuse de Saint-Hugon, et en passant par les halets de Pré-Nouveau et de la Balme. C'est entre ces deux chalets que le terrain de gneiss est remplacé par les protogines, à petits grains.

    Sur la concession de la "Montagne du Bout", des recherches faites autrefois par M. BILLAZ, furent reprises plus tard par MM. CHAPER et CHAMPEL. A cette époque, le besoin des hauts-fourneaux étaient si pressants que l'on fouillait dans le sol d'Allevard sur tous les points.

    Sur la concession "Fayard", les gîtes sont par veines, par nids ou rognons. Il n'y a rien de suivi, et si tant de persévérance entre des mains si habiles que celles de M. CHAPER n'a pas amené à quelques succès, il faut y renoncer pour toujours. C'était déjà mon opinion à l'époque où M. GRASSET faisait poursuivre des gîtes si irréguliers.

    J'avais découvert un peu à l'ouest [de Villard-de-Lans] une localité où l'on trouve des fossiles de la perte du Rhône en grande quantité. Je revins quelque temps après à cet endroit avec mon ami M. CHAPER, et il fut indiqué à tous les naturalistes qui ont après nous exploré ces riches montagnes.

    • Dans un courrier du 30 mars 1844 au ministre de l'Intérieur (Tanneguy DUCHÂTEL) il révèle le rapport d'un négociant dévoué ayant assisté à une conversation privée entre légitimistes disant "le roi est perdu".

    Source : Centre de recherches d'Histoire et de Philologie de la IV° section de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, "L'état et sa police en France, 1789-1914", Librairie Droz, 1979

    • En 1845, lorsque la Commission des Hospices de Nantes confie la construction d'un nouvel Hôtel-Dieu à l'architecte nantais Théodore NAU, il fait observer que le talent et l'expérience de cet architecte distingué garantissaient un travail au niveau des données de la science, tant sous le rapport architectural que sous celui des nécessités que réclamaient les différents services auxquels les bâtiments alors projetés devaient être affectés.
    • "Le Constitutionnel (alors journal d'opposition) du lundi 14 avril 1845 observe le départ de plusieurs préfets pour Paris, dont M. CHAPER de Nantes, M. de SAINT-AIGNAN de Lille, M. MANCEL du Mans et M. de SAINT6MARSAULT d'Auch. Le journal y voit la préparation du gouvernement et des préfets à la bataille électorale des élections législatives d'août 1846.
    • Le 2 août 1845, il est élu vice-président de l'Association bretonne lors du Congrès breton, aux côtés de M. de CAUMONT, directeur de l'Association normande, de SAINTE-MARIE, inspecteur général de l'agriculture, du comte Olivier de SESMAISONS, et de Ferdinand FABRE, maire de Nantes. Le président était M. de la HAYE-JOUSSELIN. Cette association avait été créée en 1843 pour la défense et la promotion de l'agriculture, du patrimoine et de l'Histoire bretonne.

    Note: M. de CAUMONT est Arcisse de CAUMONT, le célèbre archéologue normand.

    • Le 4 août 1845, il met à la disposition de l'Association la salle du Conseil général, à l'hôtel de la préfecture, pour les délibérations.
    • Le 19 décembre 1845, il est nommé membre titulaire de la Société archéologique de Nantes. Il devient membre honoraire à son départ de Nantes, en août 1847.
    • Le sculpteur nantais SUC effectue son portrait en marbre. Commande privée ou publique ? [ndr : Georges MOREL-JOURNEL précisant dans son ouvrage "Les origines de la famille CHAPER" que le buste se trouvait entre les mains de la famille dans les années 1950, on peut supposer qu'il s'agissait d'une commande d'Achille ou d'un membre de la famille, à moins que le buste ne lui ait été offert par la préfecture.]

    Le buste de M. CHAPER, terminé depuis peu de jours, est un des meilleurs qui soient nés sous le ciseau du sculpteur breton. Il est en beau marbre, et M. SUC a eu le grand talent et le rare bonheur de le tailler, à lamanière des grands artistes, pendant que M. CHAPER posait, et de saisir au vol cette expression de finesse et de bonté qui distinguent la figure de M.le préfet de la Loire-Inférieure. Ce buste ne laisse rien à désirer sous tousles rapports.

    ("Une visite à l'atelier de E.-E. Suc, statuaire-sculpteur à Nantes", Jean-Baptiste DUREAU, imprimerie Busseuil, Nantes, 1846

    Ce buste est exposé au Musée royal (aujourd'hui le Musée du Louvre) lors de l'exposition des "artistes vivants" du 16 mars 1846 : référence 2234 du catalogue :Etienne-Edouard SUC, 35 rue du Vieux Bel Air, "Buste de M. CHAPER, préfet de la Loire-Inférieure, marbre"

    • Lors du Congrès de Nantes de l'Association bretonne en 1846, M. de CAUMONT rappelle avec ce trait exquis qui le distingue, tout ce que M. CHAPER a fait à Dijon dans l'intérêt des Arts, lorsqu'il administrait le département de la Côte-d'Or. M. le préfet répond qu'il songe depuis longtemps à créer à Nantes un musée d'archéologie, et qu'il a même en vue un local attenant à la nouvelle gendarmerie. Seul, dit-il, il n'eût peut-être fait accepter du conseil général ses idées à cet égard, mais fort des voeux de la Classe d'archéologie et de l'autorité qui s'attache aux paroles de M. de CAUMONT, il espère réaliser à Nantes ce qu'il a fait à Dijon.

    C'est donc sous l'impulsion de CHAPER que fut créé le premier musée d'archéologie à Nantes, qui deviendra ensuite le musée Thomas-Dobrée. Il donne d'ailleurs de nombreuses pièces au nouveau musée, ainsi une épée en bronze gauloise de 65cm de long, trouvée à Donges ; des haches en fer et douilles très allongées provenant aussi des marais de Donges ; ou encore une grande marmite gauloise en bronze restreint "très habilement faite", de la même provenance. Au total ce sont 20 pièces de cette provenance, découvertes en septembre 1849, qui sont remises au Musée par Achille.

    Il donne également une épée de la fin du XIII° siècle à pommeaux ronds et quillons légèrement écartés, trouvée également en 1849 dans le Brivet, à La Guesne, commune de Donges.

    Source : Catalogue et description des objets d'art du Musée archéologique de Nantes et de la Loire-Inférieure [par Armand Guéraud et Fortuné Parenteau], Nantes, 1856.Catalogue du Musée archéologique de Nantes, 3e édition / par M. P. de Lisle du Dreneuc, 1903

    Source : Association bretonne, Saint-Brieuc. Bulletin archéologique

    • Le 23 juillet 1846, il transmet au ministre de l'Intérieur (Tanneguy DUCHÂTEL) les décisions électorales d'une réunion privée de légitimistes tenue la veille, dont la résolution devait "demeurer très secrète".

    Source : Centre de recherches d'Histoire et de Philologie de la IV° section de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, "L'état et sa police en France, 1789-1914", Librairie Droz, 1979

    • En septembre 1846, il rachète "Le Breton", un journal de l'opposition dynastique (légitimiste). Le 2 septembre, il demande au ministre de l'Intérieur (Tanneguy DUCHÂTEL) un prêt pour l'achat, 30.000 francs, d'un journal de 350 abonnés ; peu après il demande au Premier président de la Cour de Rennes d'attribuer les annonces judiciaires à ce journal et le 15 novembre, il écrit au procureur du Roi "la comparaison de la liste des abonnés de chaque journal avec la liste électorale".

    Source : AD 44, cité par : Centre de recherches d'Histoire et de Philologie de la IV° section de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, "L'état et sa police en France, 1789-1914", Librairie Droz, 1979

    • En mars 1847, il recommande à la Société archéologique de Nantes d'établir une commission pour surveiller la destruction du château du Bouffay à Nantes, constater les découvertes qu'elle pourrait amener, sauver de la destruction les objets d'antiquité qui pourraient se rencontrer.

    Source : Association bretonne, Saint-Brieuc, Bulletin archéologique, année 1852.

    • En juillet 1847, il est nommé à la préfecture du Rhône, à l'époque la plus importante après celle de Paris. Le ministre de l'Intérieur (Tanneguy DUCHÂTEL) annonce cette nomination aux députés du département en affirmant : M. CHAPER justifiera complètement, je n'en doute pas, ce témoignage de haute confiance auquel son dévouement, sa capacité et ses services lui donnaient de si honorables droits.

    Source : Pierre BARRAL, "Les Périer dans l'Isère au XIXe siècle: d'après leur correspondance familiale", PUF, 1964

    • Le président de la Chambre de commerce de Lyon dit à ses membres : Le successeur que la sagesse du ROI a donné à [M. JAYR, nommé ministre d'Etat], n'a eu encore avec la Chambre que de trop rapides et trop rares communications pour qu'elle puisse convenablement apprécier tous les titres qu'il apporte à sa confiance ; toutefois, les souvenirs laissés par M. CHAPER dans les différents départements qu'il a administrés, sont déjà des garants anticipés de la solidité et de l'agrément des rapports qui viennent de s'ouvrir entre la Chambre et lui.

    Source : Compte rendu des travaux de la Chambre de Commerce de Lyon: du 1er juillet 1846 au 30 juin 1847, par M. BROSSET aîné, président, Imprimerie de Barret, Lyon, 1847.

    • L'historien lyonnais MONFALCON écrit : Quand l'année 1848 commença, la situation de Lyon était fort prospère ; l'ordre était parfait sur tous les points. Il y avait beaucoup de travail dans la fabrication des étoffes de soie ; plus de vingt-cinq mille métiers étaient en pleine activité, et le mouvement à la Condition des soies avait rarement été si considérable. Administrateur formé par une pratique éclairée des affaires, le nouveau préfet M. CHAPER, étudiait le département du Rhône et annonçait les intentions les meilleures.

    Source : J.B MONFALCON Histoire monumentale de la ville de Lyon, Volume 3, Firmin Didot, 1866.

    • Fin novembre 1847 alors qu'il est préfet depuis seulement 6 mois, la maire de Lyon, M. TERME décède brutalement. La ville décide de lui offrir des obsèques à ses frais, une chapelle ardente est dressée et lors des obsèques solennelles le 11 décembre les cordons du poêle étant tenus par M. CHAPER, préfet ; M. REYRE premier adjoint du maire, SERIZIAT, membre du Conseil municipal, DEVIENNE, membre du Conseil général, BROSSET, président de la Chambre de commerce et MENOUX, président de l'Académie. Le cortège fit ainsi le trajet depuis la Mairie aux Terreaux jusqu'à la cathédrale Saint-Jean.

    Source : Histoire monumentale de la ville de Lyon, Volume 6,Partie 1Par Jean-Baptiste Monfalcon, 1866.

    • En 1848, ayant exprimé le désir d'en devenir membre, il est élu à l'unanimité membre titulaire de la Société nationale d'agriculture de Lyon.

    Source : Annales des sciences physiques et naturelles, d'agriculture et d'industrie / publiées par la Société d'agriculture de Lyon

    • Les 25 février 1848, suite à la Révolution parisienne et à la fuite du roi LOUIS-PHILIPPE Ier, il fait imprimer et afficher plusieurs proclamations à l'adresse de la population lyonnaise afin de l'informer officiellement des événements parisiens, de la fin de la Monarchie et le rétablissement de la Garde nationale :

    LE PREFET DU RHÔNE A SES CONCITOYENS !"

    Le Roi qui, depuis dix-huit ans, préside aux destinées du pays, et qui les a dirigées avec tant de sagesse et de dévouement, a cru devoir sans doute faire un dernier sacrifice à la France. Notre reconnaissance le suivra dans sa retraite, et nos respects continueront à l'entourer dans le repos glorieux qu'il a si chèrement acheté.

    Tous les bons citoyens sentiront combien l'union est nécessaire dans une crise si grave ; en attendant des nouvelles plus détaillées, ils resteront calmes et porteront leur concours à l'autorité qui, bienveillante, mais ferme et résolue, saura maintenir partout l'ordre et la liberté.

    A Lyon, le 25 février 1848

    Le préfet du Rhône

    A. CHAPER

    Cette première proclamation intervient suite à l'abdication de LOUIS PHILIPPE et de la désignation de sa belle-fille la duchesse d'ORLEANS à la régence.

    Selon MONFALCON la nouvelle frappa la population lyonnaise du plus grand étonnement et elle attendait de nouvelles dépêches télégraphiques qui n'arrivaient pas tandis que la rumeur circulait qu'à la préfecture, A. avait reçu d'autres communications. En effet le télégraphe lui avait déjà appris que la République avait été proclamée à Paris et que le Gouvernement provisoire ordonnait de faire de même à Lyon. Un nouveau Conseil municipal se met en place. Le maire Clément REYRE, fait état dans un arrêté que "d'après les dépêches télégraphiques arrivées à nous aujourd'hui et communiquées par M. le préfet CHAPER, un gouvernement républicain aurait été proclamé à Paris." et il désigne LAFOREST pour lui succéder. A se démet de ses fonctions mais refuse de quitter la préfecture tant qu'un successeur n'est pas désigné. Toutefois, la place des Terreaux est envahie de centaines d'ouvriers descendus de la Croix-Rousse en apprenant la nouvelle. La rumeur se répand que A. a fait appeler les membres du "Censeur" dans son cabinet pour leur remettre ses pouvoirs. Le 25, la République est proclamée à Lyon par un adjoint et au Grand Théâtre par un commissaire de police. Dans la nuit du 25 au 26, des bandes cherchèrent à envahir la préfecture, mais le chef de bataillon commandant le poste refusa de livrer ses armes. Mme CHAPER fut exfiltrée vers l'Hôpital de la Charité. A. s'occupe immédiatement de réorganiser et réarmer la Garde nationale. Il fait imprimer et afficher une nouvelle proclamation dont la population ne prit connaissance que le 26 au matin :

    Les grands pouvoirs de l'Etat sont occupés en ce moment, à régler les questions qui touchent à la politique du pays ; toutes les luttes qui pourraient s'élever n'influenceraient point le résultat et ne pourraient causer que des malheurs inutiles.

    La population lyonnaise l'a compris, et une députation de citoyens, déterminée à maintenir l'offre, est venus m'offrir son concours, je l'ai accepté avec empressement, et pour donner à cette force civique un caractère légal, j'ai transmis au gouvernement le voeu que les citoyens ont exprimé, celui du rétablissement de la Garde nationale.

    Lyon, le 25 février

    Le préfet du Rhône

    A. CHAPER

    Le 26, A. quitte la préfecture. Le drapeau rouge est hissé sur l'Hôtel de Ville. A Lyon aussi la Monarchie de Juillet a bien pris fin.

    Source 1: Catalogue de la bibliothèque lyonnaise de M. CostePar Aimé Vingtrinier, Perrin, 1853

    Source 2: Histoire monumentale de la ville de Lyon, Volume 6,Partie 1Par Jean-Baptiste Monfalcon, 1866.

    • Dans son article "Depuis quand les paysans se sentent-ils français ?" publié dans la revue Ruralia, Pierre BARRAL cite CHAPER qui commente crûment la nostalgie de certains paysans pour NAPOLEON : « Pour le paysan, NAPOLÉON est le guerrier beaucoup plus que le législateur. Il n'y a pas de village où quelque vieux débris de nos grandes guerres n'ait émerveillé ses auditeurs du récit de ses insolences envers les vaincus, de ses conquêtes amoureuses et de l'assouvissement de toutes ses fantaisies dans les cantonnements ». Pour eux, l'Empereur était « un chef militaire qui n'avait rien de commun avec l'Ancien Régime et l'aristocratie [...], qui unissait en lui l'éclat du rang et le cachet d'une origine plébéienne »
    • En qualité de député, il est membre de la Commission des intérêts communaux et départementaux de l'Assemblée nationale.

    Source : Compte-rendu des séances de l'Assemblée nationale: exposés de motifs et projets de lois, tome neuvième, 27 juin-29 juillet 1850, Paris, 1850

    • Comme mentionné plus haut, lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851, il est arrêté et brièvement incarcéré quelques jours avec d'autres députés au Mont-Valérien. Libéré, il refusera toujours de se rallier aux institutions du Second Empire. Il en profite pour s'adonner aux activités que ses activités préfectorales lui laissaient peu de temps d'effectuer : statistiques, géologie, cartographie, botanique...
    • En 1860, le bulletin de la Société botanique de France le mentionne parmi les intervenants étrangers à la Société lors de la session extraordinaire organisée par cette société à Grenoble en août 1860. Parmi les autres intervenants, on reconnaît Jean-François-Emile GUEYMARD (1788-1869), polytechnicien et doyen du corps des Mines, alors ingénieur des Mines en retraite et doyen honoraire de la Faculté des Sciences de Grenoble, ainsi que Félix REAL (1792-1864), ancien conseiller d'Etat et député de l'Isère, membre de la Société française pour l'abolition de l'esclavage et président de la Société zoologique d'acclimatation des Alpes.

    Source : Bulletin de la Société Botanique de France, volume 7, 1860.

    • Lors de la séance du Corps législatif du 28 novembre 1863, Adhémar de GUILLOUTET, rapporteur du bureau chargé de la surveillance de l'élection législative de la 1° circonscription de l'Isère rejette ses dénonciations d'irrégularité lors des élections. GUILLOUTET souligne par ailleurs l'alliance entre Achille et Auguste PERIER, cousin germain de sa femme et principal opposant aux bonapartistes dans l'Isère.

    Lors de la séance du 30 novembre, le commissaire du gouvernement lit aux députés, en la discréditant, une lettre d'Achille figurant au dossier constitué par Auguste PERIER pour dénoncer les irrégularités survenues lors de l'élection :

    Ici, je vous demande la permission de citer textuellement une lettre qui occupe une large place dans les pièces justificatives du mémoire de M. PERIER. C'est une lettre émanée d'un de ses parents, M. CHAPER. Je ne lirai que les passages relatifs à un incident qu'on a voulu dramatiser, qui était de nature à produire une assez grande impression parmi vous, et qui en a produit une très profonde, très malheureuse et très injuste dans le département de l'Isère. Vous allez voir :

    "Mon cher cousin, écrit M. CHAPER à M. PERIER, je veux vous faire connaître sur-le-champ un fait qui m'est personnel et qui vous donnera la mesure de l'aveugle emportement avec lequel les dépositaires du pouvoir..." C'est un ancien préfet qui parle ainsi ! "ont sacrifié l'intérêt public à leur besoin de faire du zèle." Je continue : "Une pauvre fille de B... Olympe BUISSON avait été atteinte d'un accès de folie qui s'était transformé en une manie de suicide.

    Son frère l'avait recueillie..., ses occupations ne lui permettaient pas de la surveiller sans relâche. J'appris le 30 mai qu'elle s'était échappée et que son frère, prévenu à temps, avait couru à sa poursuite et l'avait atteinte au moment où, entrée dans l'Isère, elle avait déjà de l'eau plus haut que la ceinture. Elle annonçait l'intention de recommencer et de se noyer. Son admission à Saint-Robert ou provisoirement dans un hospice où elle pût être surveillée sans cesse, devenait de la plus grande urgence ; mais il manquait à son dossier un certificat d'indigence à délivrer par le maire de Poisat. J'écrivis sur-le-champ à mon garde d'aller réclamer cette pièce. Ma missive du 30 mai ne lui est parvenue que le 1er juin. J'ai voulu m'éclairer sur les causes de ce retard qui aurait pu avoir des causes si funestes..."

    Cette lettre se termine ainsi : "Vous le voyez mon cher Casimir, la population de 29 communes a été pendant 24 heures privée de ses communications postales d'où pouvaient dépendre la fortune, l'honneur et la vie de plusieurs habitants." M. CHAPER nous fait éprouver ici un sérieux embarras. La pièce que je viens de lire a été publiée, imprimée, distribuée à profusion dans le département de l'Isère. Je veux rassurer la Chambre et le public sur le sort de cette pauvre malheureuse Olympe BUISSON, mais comment faire pour rester tout à fait inoffensif à l'égard de M. CHAPER ? M. CHAPER n'est pas seulement le parent de M. PERIER, il n'est pas seulement le patron actif, ardent, infatigable de sa candidature, il n'est pas seulement l'organisateur - j'ai plusieurs lettres émanées de lui qui le prouvent - de la protestation des 158 notables* que vous savez, M. CHAPER est aussi un ancien préfet.

    Il est vrai qu'il n'est pas indulgent pour son collègue de l'Isère ; il oublie que, lui aussi a dirigé les élections* ; que, lui aussi à une autre époque, il a vu les élections dirigées par lui attaquées dans cette enceinte, non seulement pour illégalité mais pour corruption...

    Le commissaire poursuit en affirmant que Melle BUISSON était entrée à l'hospice le 15 mai et sortie le 6 juin. Toutefois, il est surprenant qu'Achille ait pu se tromper dans les dates étant donné que le directeur de l'hospice de Saint-Robert était son propre beau-frère, le docteur EVRAT. Par ailleurs, le commissaire expose ici sans fard que les élections sont dirigées par le gouvernement, les assimilant à celles de la Monarchie de Juillet. Toutefois, comparer les élections d'un régime parlementaire avec celles d'un régime autoritaire paraît audacieux de la part du commissaire ponctuant son discours de propos très peu objectifs et discutables tels que Et puis, laissez-moi vous le dire, quand on s'appelle NAPOLEON, on n'établit pas son gouvernement sur la corruption, la ruse et la fraude... on fonde sa dynastie sur l'ordre établi et contesté, sur le territoire pacifiquement agrandi etc....

    Au cours de ses débats, Jules FAVRE prend la défense d'Auguste CASIMIR-PERIER, accusé par les bonapartistes de s'être désisté d'actions dirigées contre des communes de l'Isère en vue des élections. Jules FAVRE démontre que le désistement est intervenu suite à l'opinion juridique de Jules DUFAURE, bâtonnier au Barreau de Paris, qui avait écrit à Auguste CASIMIR-PERIER :

    Monsieur et cher ancien collègue,'

    J'ai revu avec soin tous les détails de votre grave procès. J'ai le regret de vous dire que ce nouvel examen ne m'a pas ramené à des idées plus favorables à la demande que vous avez formée. Je ne puis admettre l'opinion de M. CHAPER sur le point de droit que la cause présente... Dans cette situation, me trouvant en dissidence avec vous sur le fond même du droit, je ne puis vous donner une consultation. Le mémoire de M. CHAPER a déjà fait ressortir tout ce qui vous est favorable ; je serais obligé d'y ajouter des restrictions qui rendraient mon avis plus nuisible qu'utile.

    Jules FAVRE prend ensuite la défense de MM. CASIMIR-PERIER et CHAPER

    Maintenant et sans entrer dans le détail que M. le commissaire du gouvernement a apporté dans cette chambre relatif à une fille placée dans un hospice, je pourrais y répondre de manière bien simple. M. CHAPER n'a dit que le vérité. Cette fille a été placée à l'hospice de Grenoble le 15 mai, c'est vrai, c'est vrai mais on voulait la faire entrer à l'hospice de Saint-Robert, hospice d'aliénés, tandis que l'hospice de Grenoble est un hospice de malades et j'ai dans mes pièces des certificats de médecins qui constatent qu'à l'hospice de Grenoble les aliénés ne sont pas surveillés (Interruption). Il a paru très convenable à M. le commissaire du gouvernement d'attaquer M. CHAPER parce qu'il avait été un préfet de LOUIS-PHILIPPE.

    [M. THUILLIER : Je n'ai rien dit de pareil].

    M. CHAPER a été membre de l'Assemblée législative, il a toujours été considéré comme un homme d'honneur, et je ne sache pas qu'il se fût prêté à un mensonge pour servir la cause d'un parent. Tous les faits qu'il a indiqués sont exacts (Interruption).

    Cette fille est entrée à l'hospice de Saint-Robert le 6 juin et par conséquent la lettre qui avait été écrite par M. CHAPER s'est trouvée comprise dans la proscription administrative dont étaient frappées les autres. (Aux voix ! Aux voix !)

    Oh ! je comprends les interruptions de la Chambre. Ce détail ne devait pas en effet figurer dans les discussions. Le fait est constant. M. le commissaire du gouvernement vous a dit que s'il existait un ordre et un règlement venu de Paris pour le départ des facteurs à six heures en été, à sept heures en hiver, cet ordre était remplacé par une tolérance qui faisait partir les facteurs à onze heures parce qu'en effet les courriers de Paris et de Lyon arrivent à neuf heures un quart. Si donc la distribution doit être efficace, il faut attendre leur arrivée et ne pas faire partir les facteurs les mains vides... (Bruit).

    C'est là ce qui s'est pratiqué de nouveau au 1er juin. On dit qu'il y a un règlement mais on ne l'a exécuté que le 31 mai pour expédier les affiches de M. le préfet. Le directeur des postes déclare que les facteurs n'ont emporté que ces affiches (Interruption)

    • la protestation en question visait la régularité de l'élection de Casimir ROYER, candidat bonapartiste, député de l'Isère.

    Source : "Le Temps" du 2 décembre 1863

    • Lors de son décès le quotidien grenoblois "L'impartial dauphinois" publie un article nécrologique, rédigé par le rédacteur-en-chef Fritz MAISONVILLE :

    Nous n'avons pu qu'annoncer brièvement hier la douloureuse nouvelle de la mort d'un homme qu'entouraient le respect et la sympathie de tous ses concitoyens et dont la perte sera vivement ressentie par tous ceux qui eurent l'honneur de le connaître ou de l'approcher : M. Achille CHAPER venait de succomber à une maladie qui, depuis plus de six mois, le menaçait d'un péril quotidien et à laquelle son grand âge ne permit pas un instant d'espérer une issue favorable. C'est un devoir pour nous, et un devoir que nous ne remplissons pas sans éprouver la plus pénible émotion, d'essayer aujourd'hui de retracer les traits principaux de cette carrière, si constamment laborieuse, parcourue avec tant d'éclat par le citoyen d'élite que nous venons de perdre.

    Pierre Achille Marie CHAPER est né à Paris le 16 floréal an III. Il fut élevé à Paris même pendant cette période révolutionnaire, et eut pour condisciple les SCRIBE et Casimir DELAVIGNE. En 1813 il était admis à l'Ecole polytechnique. En 1814 il entrait dans la vie virile en prenant part, avec ses camarades de l'Ecole à cette héroïque défense de Paris qui est restée le titre le plus glorieux peut-être de cette institution si riche cependant de souvenirs chers au pays. En 1815, Achille Chaper sorti le 23° de l'Ecole, entrait dans l'artillerie mais quelques mois après, en janvier 1816, il donnait sa démission de sous-lieutenant pour pour suivre des cours de l'Ecole des Mines. En 1820 il achète les mines de Pinsot et se fixe ou croit se fixer dans le pays dont il devait faire son pays d'adoption et qui aujourd'hui après 54 ans, le réclame à bon droit comme un des siens. Cinq ans après, il resserrait les liens qui le rattachaient au Dauphiné en s'alliant à l'une des familles les plus considérables et les plus étendues de notre ville, en épousant mademoiselle Henriette TEISSEIRE.

    C'est à cette époque à peu près que M. CHAPER fait son premier pas dans la vie publique : il devient maire de Pinsot. Bien que fidèle dès lors aux principes dont il ne cessa jamais de s'inspirer, il n'eût point caché au préfet de la Restauration les tendances fortement libérales dont il était pénétré et auxquelles, dans les circonstances les plus critiques, il conforma toujours les actes de sa vie.'

    Le 13 août 1830, le maître de forges de Pinsot fut appelé sans en avoir été prévenu à la préfecture du Tarn-et-Garonne par son ancien condisciple, M. BAUDE alors ministre et qui avait su apprécier de bonne heure les hautes capacités de son esprit et la loyale fermeté de son caractère. Croyant sincèrement ne faire qu'un court sacrifice à la chose publique, M. CHAPER se rendit à Montauban avec l'espoir et le modeste désir de revenir dans six mois au plus à ses forges et à sa mairie de Pinsot : le service du pays devait le garder pendant 18 années et l'appeler successivement aux postes les plus élevés où il laissa des souvenirs qui n'ont point été oubliés. Il en eut les preuves les plus touchantes.

    A Montauban en effet, il se montra dès l'abord administrateur zélé et vigilant, plus résolu à chercher l'intérêt véritable de ses administrés que les faveurs de mauvais aloi d'une popularité toujours éphémère. Les octrois avaient été, on le sait, imprudemment abolis par la révolution de 1830 obligée, comme toutes les révolutions, de faire aux préjugés, à cette popularité dont nous parlons, de dangereux sacrifices. Si funeste et si manifeste que fût l'erreur économique, le gouvernement jugeait que la politique, ce souci trop souvent suprême des gouvernements, lui faisait une obligation d'y persévérer, et il était enjoint aux préfets de ne point toucher à cette question brûlante. M. CHAPER écoutant, comme il le fit toujours, les inspirations de sa conscience, et non celles d'une prudence égoïste ou d'une ambition inférieure, osa transgresser les instructions ministérielles, il osa entreprendre d'obtenir, à l'amiable, par la seule force de la raison et de la persuasion, le rétablissement volontaire des taxes d'octroi, et il sut y réussir. Ce succès inespéré, presque interdit, fut un événement dont l'impression fut profonde à la Chambre et qui décida le rétablissement dans toute la France de cette imposition nécessaire.

    Aussi le 17 novembre de la même année, le préfet dont on venait d'éprouver le tact, l'habileté, le dévouement aux vrais intérêts du pays, fut-il appelé à l'une des préfectures les plus difficiles du temps, celle du Gard. Là notre compatriote - il est permis en effet au département de considérer M. CHAPER comme un des siens - fit preuve des mêmes rares qualités et montra cette même fermeté conciliante qui fut le trait dominant de sa carrière administrative.

    Le 21 octobre 1831, M. CHAPER est nommé préfet de la Côte d'Or, et, pendant neuf ans d'une période moins agitée par les orages politiques, il se donne tout entier, avec cette ardeur de travail qui ne l'abandonna jamais, même aux dernières années de sa verte vieillesse, à l'étude et à la solution des grandes questions industrielles qu'impose l'administration d'un département aux préfets à qui il est donné de pouvoir s'en occuper. De graves difficultés relatives à des cours d'eau, à des barrages, à des biens communaux, cette fourmilière redoutée de débats litigieux, furent alors résolues par M. CHAPER qui, néanmoins, trouva le temps de dresser lui-même la carte géologique de son département. Nous allons voir que tant d'efforts constamment dirigés vers le bien public, que cette persévérante et intelligente application au devoir, furent appréciés des habitants de la Côte-d'Or et qu'ils en conservèrent un souvenir dont nous savons que M. CHAPER fut, toute sa vie, profondément pénétré et reconnaissant.

    Le 5 juin 1840, il est envoyé dans la Loire-Inférieure, et là encore l'administrateur zélé, éclairé, impartial par-dessus tout, laisse des traces que nous avons vu rappeler à son éloge, il y a quelques années, pendant les luttes de l'Empire, par les journaux républicains de Nantes. On approchait cependant de cette ère orageuse dont la dernière crise devait emporter la Monarchie de Juillet, et déjà la préfecture de la Loire-Inférieure était un poste d'élite. Le poste fut bien occupé, paraît-il, puisque le 24 juillet 1847, M. Achille CHAPER était nommé préfet du Rhône.

    M. Chaper était encore à Lyon, — le Lyon de 1848, — quand éclata la révolution de février. Il ne quitta l'hôtel de la Préfecture qu'après s'être défendu presque seul, pendant toute une nuit, par la seule force de sa dignité et par la fermeté de son attitude, contre les bandes, à chaque instant renouvelées, qui descendaient de la Croix-Rousse ou émergeaient de la Guillotière. Il n'en sortit qu'après avoir régulièrement et paisiblement remis les pouvoirs aux mains de l'administration provisoirement désignée.

    Encore, ayant refusé de s'échapper, ne put-il se retirer sain et sauf, en traversant les rangs de l'émeute, que grâce à une inspiration énergique, — dans laquelle ceux qui l'ont connu le reconnaîtront. — Allant droit à l'un des plus ardents agitateurs qui s'étaient groupés devant la préfecture et dans lequel il avait deviné un ancien militaire, il l'interpella catégoriquement, lui demandant si le préfet, restant à son poste jusqu'à la dernière heure, malgré le péril, n'avait pas rempli son devoir comme sans doute le soldat naguère aurait rempli le sien devant l'ennemi. Quelles paroles énergiques et simples trouva-t il alors pour désarmer les fureurs de la foule, nous ne savons, — connaissant l'épisode par M. CHAPER lui-même, — mais ce que nous savons c'est que le chef de bande se fit le garde du corps courageux et dévoué du préfet de Lyon et que les rangs des égarés de la révolution s'ouvrirent respectueusement devant le haut fonctionnaire qui symbolisait encore le régime déchu.

    L'année 1849 trouve M. CHAPER définitivement revenu, cette fois, il le croyait du moins, à la vie privée. Il habitait sa maison de campagne de Poisat lorsque les suffrages des électeurs de la Côte d'Or, reconnaissants, vinrent l'y chercher pour l'envoyer à l'Assemblée législative : après dix ans, quel éloge pour le préfet !

    En décembre 1851, M. Achille CHAPER est arrêté et jeté au Mont Valérien : Il y avait droit, disait il naguère avec une légitime fierté à l'un des plus.... vigoureux préfets de l'Empire, dont on sait le nom à Grenoble. Il y avait droit, en effet, et par la grande place qu'il tenait à la Chambre et par l'inébranlable fermeté des convictions qui faisaient de M, CHAPER un adversaire déterminé, irréconciliable, des coups d'Etat et de ceux qui règnent par la grâce des coups d'Etat.

    C'est au Mont-Valérien que finit la carrière publique de M. Achille CHAPER.Il revient alors se fixer parmi les siens, mais pour lui, pour cette organisation fortement et généreusement trempée, la retraite n'est point le repos. Il a travaillé et il continuera de travailler toute sa vie : membre de la Société de Statistique, qui lui fit l'honneur de l'appeler à la présidence, membre de la Société d'agriculture, président des syndicats du Drac et de la Romanche, président du conseil de surveillance de la société des forges d'Allevard, il ne cessa pas un jour, jusqu'à ce que la maladie, plus que l'âge, l'eût enfin terrassé, de donner au travail, au travail du savant et surtout au travail directement utile à ses concitoyens, toutes les facultés d'un esprit heureusement doué par la nature, si richement et si longuement cultivé par l'étude.

    C'est ainsi que se passèrent pour lui les longues années de l'Empire : on n'a pas oublié, nous le pensons, qu'il savait sortir de sa laborieuse retraite et se jeter en personne dans la mêlée pour la défense du droit et de la liberté.

    Ajouterons-nous un dernier trait à cette physionomie si vénérable, si justement sympathique et si digne de tous nos respects ? Rappellerons-nous quel patriotisme ardent anima toujours ce coeur resté jeune et chaud jusqu'à ce grand âge de quatre-vingts ans, et combien lui furent douloureuses les douleurs de la patrie ?

    Ceux qui l'ont vu, en ces temps néfastes, n'ont pas oublié quelles étaient ses plus amères préoccupations, à l'heure où cependant il était sans nouvelles de son fils, M. le capitaine CHAPER, aujourd'hui député, alors volontaire de la défense nationale et enfermé dans Paris. Ils savent que le courage du père ne laissait voir que les patriotiques et généreuses angoisses du citoyen.

    Quant au libéral, que nous devons saluer une dernière fois dans ce journal, il est assez connu de tous ceux qui se sont mêlés aux luttes de la politique pour que nous n'ayons pas besoin de le louer longuement : M. Achille CHAPER était bien le type le plus vrai et le plus sympathique de ces libéraux trop rares en tout temps, qui savent vouloir la liberté pour leurs adversaires eux mêmes...

    Et nous sommes tentés de nous borner là, car les vicissitudes si diverses par lesquelles nous avons passé depuis quelques années ont trop montré combien ils sont clairsemés, les libéraux qui comprennent la liberté, et qui la veulent non pour la confisquer au profit de leur parti mais pour en doter loyalement le pays tout entier....

    De l'homme privé, enfin, nous parlerons moins encore, et cela n'est pas nécessaire en effet. Chacun sait quel charme il savait donner à toutes les relations, combien il fut toujours affable, bienveillant, vraiment bon : nous croyons qu'on ne l'oubliera pas de longtemps à Poisat où il aimait à passer de longs mois chaque année.

    Tel était le bon citoyen que Grenoble vient de perdre et dont nous aurions voulu savoir mieux retracer la vie celle vie a été pleine, en effet, d'enseignements, de ces enseignement élevés et virils qui deviennent, malheureusement, d'autant pus rares qu'ils seraient plus nécessaires.

    Son faire-part de décès, conservé aux Archive de la Seine, est ainsi rédigé :

    Mme Achille CHAPER, M. Eugène CHAPER, membre de l'Assemblée nationale, et Mme Eugène CHAPER ; Mme Albert MAREY ; M. Maurice CHAPER, ingénieur civil, adjoint au maire du V° arrondissement de Paris, et Mme Maurice CHAPER ; . Paul THIBAUD, avocat, membre du Conseil général de l'Isère, et Mme Paul THIBAUD ;

    M. Alphonse CHAPER, Mlles Suzanne, Marthe et Jeanne CHAPER ; M. et Mme de GAILHARD-BANCEL ; Mlles Geneviève et Marguerite MAREY ; Mlles Madeleine, Antoinette et Louise CHAPER ; MM. Humbert, Adrien, Pierre et Henri THIBAUD, Mlles Alice et Marie THIBAUD ;

    M. le docteur EVRAT ; M. Alphonse CHAPER, inspecteur général de la traction au chemin de fer d'Orléans, et Mme Alphonse CHAPER ; Madame BERGASSE ; M. et Mme Charles ROLLAND

    Mme Camille POLONCEAU et ses enfants ; M. Edouard POLONCEAU ; M. et Mme PERROT ; M. Tony POLONCEAU ;M. ROGUET, directeur des contributions indirectes à Tarbes, Mme ROGUET et leurs enfants ; M. le docteur DUPRILOT, Mme DUPRILOT et leurs enfants ; M. GOBERT, colonel d'artillerie, directeur de l'arsenal à Toulouse, Mme GOBERT et leurs enfants ; M. et Mme Francis ROBERT et leurs enfants ; M. Léonce TEISSEIRE, président du tribunal civil de Cahors, Mme Léonce TEISSEIRE et leurs enfants ; Mme MAGIMEL et ses enfants ; M. et Mme PERTUISIER et leur fils ; M. LE MASSON, colonel-directeur du Génie à Toulon, Mme LE MASSON et leurs enfants ; M. Georges ROLLAND, juge à Embrun ;

    Mme Adolphe PERIER ; Mme Alfred-Scipion PERIER ; M. CASIMIR-PERIER, membre de l'Assemblée Nationale, et Mme CASIMIR-PERIER ; M. et Mme Paul PERIER ; M. et Mme GIROUD-PERIER; M. le général de division baron de CHABAUD-LA-TOUR, membre de l'Assemblée nationale, ministre de l'Intérieur, et Mme la baronne de CHABAUD-LA-TOUR ; M. le général de division comte de CHAMPERON, et Mme la comtesse de CHAMPERON ; M. et Mme Edmond PERIER ; Mme la marquise de MONTEBELLO ; M. et Mme LE LASSEUR ; M. et Mme DOLLE ; M. Arthur PERIER ; M. Camille PAL, ancien magistrat ; Mme Fortunat ODOUARD,

    Ont l'honneur de vous faire part de la perte douloureuse qu'ils viennent d'éprouver en la personne de :

    Monsieur Pierre-Achille-Marie CHAPER

    Ancien Préfet, ancien membre de l'Assemblée Nationale, Commandeur de la Légion d'honneur,

    leur époux, père, beau-père, grand-père, frère, beau-frère, oncle, grand-oncle et cousin-germain, décédé à Grenoble, le 27 juillet 1874, dans sa quatre-vingtième année

    PRIEZ POUR LUI

    En 1951, Léon DELESSARD (1891-1957), archiviste en chef aux Archives départementales de la Côte-d'Or, écrit dans les "Annales de Bourgogne" de tous les documents entrés, depuis quelques années, aux Archives départementales de la Côte-d'Or, par voie extraordinaire, les plus intéressants sont évidemment ceux qui viennent du préfet CHAPER, qui administra la Côte-d'Or du 29 novembre 1831 au 19 juin 1840.

    L'existence du fonds CHAPER chez un bouquiniste de Grenoble nous fut aimablement signalée par M. ESMONIN, professeur honoraire à la Faculté des Lettres, qui avait compris tout l'intérêt de ces papiers pour l'histoire du département de la Côte d'Or, et c'est ainsi que nos Archives ont récemment pu l'acquérir.

    La correspondance passive de CHAPER comporte dix liasses, c'est-à-dire une liasse par année, de 1831 à 1840, d'une épaisseur variable. On y trouve, sinon la totalité, du moins une partie de la correspondance adressée au préfet adressée au préfet par les ministres, les sous-préfets, les maires, l'évêque de Dijon et des particuliers.

    La correspondance active comprend quatre registres cartonnés, numérotés 6, 9, 10 et 11, allant respectivement, le n°6 du 29 novembre 1831 au 17 septembre 1832 (388 lettres), le n°9 du 27 janvier 1836 au 13 avril 1839 (602 lettres), le n°10 du 17 avril 1838 au 11 avril 1840 (524 lettres) et le n°11, du 14 avril 1840 au 30 mai 1842 (458 lettres). Le début du premier registre intéresse le département du Gard, du 1er au 29 novembre 1831, et la plus grande partie du registre 11 est consacrée au département de la Loire Inférieure, du 16 septembre 1840 au 30 mai 1842.

    Il manque donc deux registres pour la Côte-d'Or, les numéros 7 et 8, de septembre 1832 à janvier 1836. Si les deux registres se retrouvent -ce que nous souhaitons vivement- il est entendu qu'ils viendront compléter les premiers.

    Tous ces registres sont munis d'une table donnant dans l'ordre chronologique, pour chacune des lettres, la date, le numéro d'ordre et une analyse. Dans les tables, les lettres sont réparties en divers groupes, suivant le destinataire : le ministre de l'Intérieur, ministre de l'Instruction publique et des Cultes, ministre des Finances, ministre du Commerce et des Travaux publics, ministre de la Guerre, préfets, sous-préfets, maires, chefs militaires, divers.

    (...)

    Ces quelques notes, empruntées pour une grande partie à la correspondance de CHAPER entrée dernièrement aux Archives, n'ont d'autre objet que d'attirer sur ce fonds documentaire l'attention des historiens que tenterait l'étude de la vie en Bourgogne sous LOUIS-PHILIPPE. CHAPER fut, à n'en pas douter, un des grands préfets de la Monarchie de Juillet, et les centaines de lettres qu'il a écrites ou reçues nous paraissent d'un intérêt exceptionnel. Puissent-elles inspirer prochainement quelque beau travail.

    Source : L. DELESSARD, « La correspondance d’un préfet de la Monarchie de Juillet », dans Annales de Bourgogne, 23, octobre-décembre 1951, pp. 300-305.

    Une partie de cette correspondance a été publiée par Paul GONNET, classée par thématiques, dans son ouvrage "Un grand préfet de la Côte-d’Or sous Louis-Philippe. La correspondance d’Achille Chaper, 1831-40", Dijon, Analecta Burgundica, 1970.

    En 1975, l'historien Jean-François MINONZIO écrit un article intitulé "Les capitaux suisses en Côte-d'Or pendant la Monarchie de Juillet : une hypothèse pour l'échec de la Banque de Dijon" dans la revue trimestrielle "Annales de bourgogne, revue historique trimestrielle" n° 186, fascicule 2 , avril-juin 1975. Il y mentionne des extraits de la correspondance d'Achille qui était alors préfet de ce département.

    Death

    Plusieurs sources le disent décédé au château d'Eybens (38).

    Family Note

    archivesenligne.archives-isere.fr/mdr/index.php/docnumViewer/calculHierarchieDocNum/556673/484590:538729:542029:556673/1080/1920

    20 signatures en plus de celle de l'officier d'état-civil sous l'acte de mariage :

    A. Chaper ; Henriette Teisseire ; Chaper née Fin ; Camille Teisseire ; Teisseire née Périer ; Aug. Périer ; De Hell ; L. Bergasse ; Amédée Périer ; Charles Teisseire ; Al. Chaper ; Alphonse Périer ; Emmanuel Teisseire ; Rollin née Périer ; Berckheim Périer ; Mallein née Pascal ; A. Bergasse ; Antoinette Périer ; Teisseire Odouard ; Pauline Pascal

    La personne qui signe "Pauline PASCAL" n'est pas identifiée Il pourrait s'agir d'Alexandrine PASCAL, épouse d'Alexandre PERIER, qui aurait en fait eu pour prénom usuel "Pauline" ou bien d'une autre parente non identifiée.

    De même concernant "TEISSEIRE ODOUARD", il pourrait s'agir de Marie-Martine TEISSEIRE épouse de Gabriel ODOUARD ou bien de sa soeur Christine TEISSEIRE épouse de Mathieu Barthélemy ODOUARD.

    L'époux est dit propriétaire né à Paris résidant à Pinsot. Le père de l'époux administrateur général des subsistances militaires, décédé, son épouse demeurant à Paris.

    L'épouse dite résidant à Grenoble chez ses parents rue des vieux jésuites (aujourd'hui rue Jean-Jacques Rousseau). Le père de l'épouse dit propriétaire habitant avec son épouse à Grenoble.

     Sources

    • Individual: Société Statistique de l'Isère. Divers ouvrages (cf notes). Henry de PAZZIS "Origines, histoire et descendance de la famille Périer", Editions de Mayenne. Recherches personnelles.
    • Family: AD 38 vue 84/132

      Photos and archival records

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     Family Tree Preview

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    Philibert Chaper 1717-1796
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    Marie-Hélène Jullien 1735-1814
      
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    Barthélemy Chaper, Chevalier de la Légion d'honneur 1766-1825
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    Antoinette Fin ?1767-1849
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    Achille Chaper, Lauréat du Concours général 1795-1874