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août 2009 Nous avonspoursuivi nos recherches sur, entre autres, les familles suivantes: THIBAUD, GIROUD et alliés (Dauphiné),BOULIN/CHAMPAGNE, ascendance du couple FAVRE/ AGUIRAUD.Complément d'informations sur les BELLEUDY

 

 

 

 


Gilbert Rougier
Gilbert Rougier
Sosa :1
(Gilbert Léon Laurent Rougier)
 Gil
Croix de guerre , Membre du Club alpin français , Prix Henry Wilde de l'Académie des Sciences (15 December 1947), Prix Benjamin Valz de l'Académie des Sciences (1930), Prix Galitzine de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale (1926), Prix des Dames de la Société astronomique de France (1923), Membre de la Société astronomique de France , Président d'honneur de la Société astronomique de Bordeaux

  • Born 13 September 1886 - Les Etroits, La Mulatière, 69, FRA
  • Deceased 10 March 1947 - Floirac, 33, FRA,aged 60 years old
  • Ingénieur chimiste. Astrophysicien. Astronome. Professeur à la Faculté des Sciences de l'Université de Bordeaux. Directeur de l'observatoire de Bordeaux.
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 Parents

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  • Ancien élève de l'École des Beaux-Arts de Lyon. Fabricant de soieries. Artiste-peintre. Secrétaire général de la Société lyonnaise des Beaux-Arts.
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     Spouses

     Siblings

    • M Gilbert Rougier, Croix de guerre 1886-1947 Married 28 August 1920, Vernaison, 69, FRA, toGilberte Bernardin, Membre fondatrice de la Société astronomique de France 1899-1987
    • F Anne Rougier 1890-1986 Married 7 February 1914, La Mulatière, 69, FRA, toFernand Eymard, Membre de la Société d'économie politique de Lyon 1879-1969
    • M Adrien Rougier, Chevalier de Saint Grégoire-le-Grand 1892-1984 Married 15 July 1924, Poisat,38,FRA, toAleth Bonjean 1898-1981

     Notes

    Individual Note

    Il effectue plusieurs missions de longue durée à l'Observatoire du Pic du Midi dans le cadre de ses travaux scientifiques.

    Né au domicile de ses parents 25, quai des Etroits (ensuite renommé "quai Jean-Jacques Rousseau").

    Témoins naissance :

    Camille de SOUBEYRAN de SAINT-PRIX*, 48 ans, rentier. A La Mulatière, 24 quai des Etroits.

    Ndr : Camille de SAINT-PRIX était non seulement le voisin et l'ami de la famille ROUGIER mais aussi un artiste-peintre comme André ROUGIER. Pour l'anecdote, son fils épousera la fille unique d'Emile LOUBET, président de la République.

    Marius-Auguste DERBEZ, 33 ans, médecin. A Lyon, 11 cours Morand (ajd cours Franklin Roosevelt.)

     1 - Recrutement militaire et Première guerre mondiale

    Classe de mobilisation : 1904, bureau de Lyon centre, matricule n°904.

    Le 6 octobre 1905, aspirant à la licence ès sciences, il est engagé volontaire dans l'Armée pour le 99° régiment d'infanterie, le 7 octobre il arrive au corps comme soldat de 2° classe;

    Le 18 9 1907, il est renvoyé avec le certificat de bonne conduite;

    Du 18 août au 14 septembre 1908, il accomplit sa période de disponibilité au sein du 99° régiment d'infanterie;

    Le 12 mars 1909, il habite boulevard de Stains à Aubervilliers;

    Le 8 juillet 1909, il habite à nouveau 25 quai Jean-Jacques Rousseau à La Mulatière;

    Le 19 mai 1910, il habite à Paris 9°, 61 rue de Clichy;

    Le 21 juillet 1910, il habite 15 rue de Maubeuge (Paris 9°);

    Le 11 octobre 1910, il habite 3 place Saint-Michel (Paris 5°);

    Du 29 août au 20 septembre 1911, il accomplit une période d'exercices de réserve dans le 99° régiment d'artillerie;

    Le 3 février 1912, il habite 1 rue Hautefeuille (Paris 6°)

    Il effectue une période d'exercices dans le même régiment du 4 au 20 décembre 1913;

    Rappelé sous les drapeaux le 1er août 1914, il arrive au corps le 4 août;

    Le 25 décembre 1915, il passe au 25° régiment d'artillerie de campagne, affecté au groupe du canevas de tir (ndr : ce groupe était chargé d'établir des cartes militaires en lien avec le Service géographique de l'armée afin d'ajuster précisément les tirs d'artillerie);

    Le 1er mars 1916, il passe au 11° régiment d'artillerie à pied, et il reçoit le grade de brigadier le 4 mars;

    Il devient maréchal des logis le 21 mai 1917 puis promu sous-lieutenant le 3 janvier 1918, maintenu à la Section de Reconnaissance par le Son où il contribuera au repérage et à la destruction de plusieurs canons allemands;

    Le 8 août 1918, il passe au 163° régiment d'artillerie;

    Le 13 janvier 1919, il est cité à l'ordre de la brigade :

    A bravement combattu sur le front de Lorraine dans une unité d'infanterie en 1914 et 1915, a pris ensuite comme adjoint dans une Compagnie de Reconnaissance par le Son une part active aux opérations de Champagne, effectuant au cours de la bataille les reconnaissances de postes et les mesures topographiques.

    Officier de grande valeur technique, d'un beau sang froid et d'un dévouement absolu.

    Il est également décoré de la Croix de guerre.

    Le 14 mars 1919, il est envoyé en congé illimité de démobilisation et se retire à Paris, 1 rue Hauteville (ndr : je suppose qu'il s'agit plutôt de la rue Hautefeuille où on le retrouve plus tard et comme il est d'ailleurs noté dans son livret militaire ?);

    Le 9 mars 1920, il habite Strasbourg 36 rue de l'Université, à proximité immédiate de l'Observatoire;

    Le 9 novembre 1920, il est promu sous-lieutenant de réserve (JO du 13 novembre 1920);

    Le 1er janvier 1921, il est affecté au Premier groupe de repérage;

    Le 31 décembre 1927, il est classé dans l'affectation spéciale en tant qu'astronome à l'Observatoire de Strasbourg;

    En 1937, il habite toujours à Strasbourg 37 rue Geiler;

    Du 18 au 27 octobre 1937, il accomplit une période de 10 jours au 403° régiment d'artillerie;

    Le 6 janvier, il habite à Floirac (Gironde) où il vient de prendre la direction de l'Observatoire de Bordeaux;

    Réaffecté dans les cadres le 9 juillet 1938;

     2 - Travaux et carrière scientifiques

    Licencié en Sciences, il commence à travailler dans l'industrie chimique avant de se passionner pour l'astronomie. Il parvient à devenir le collaborateur d'Aymar Eugène, marquis de la BAUME-PLUVINEL (1860-1938) avec qui il mène plusieurs observations et expéditions. ll se trouve d'ailleurs avec le marquis en Crimée lorsqu'il apprend la mobilisation et rentre précipitamment en France.

    En 1914, ayant fait de très importants préparatifs pour l'observation de l'éclipse du 21 août, [LA BAUME-PLUVINEL] partit à Théodosie en Crimée. Il se proposait de mesurer la brillance de la couronne en ses différents points, son intensité globale par des étalonnages rigoureux au moyen de lampes électriques étalons, son rayonnement infra-rouge, sa polarisation et d'étudier le spectre-éclair avec un grand spectrographe à réseau très dispersif. Mais, quelques jours après son arrivée à Théodosie, la déclaration de guerre amena le départ précipité de ses deux assistants mobilisés, MM. SENOUQUE et ROUGIER. Resté seul, il dut restreindre considérablement son programme.

    Source : Revue de la Société astronomique de France, novembre 1938

    Après s'être distingué lors de la WWI, il entre comme aide astronome à l'observatoire de Paris puis à Strasbourg où il travaille sur les cellules photoélectriques (cf infra) avec LALLEMAND, ce qui lui assure désormais une solide réputation. Il utilise son invention lors de l'éclipse du 9 mai 1929 qu'il observe au Viêt Nam actuel, devient docteur en physique, puis directeur de l'Observatoire de Bordeaux à la suite de Luc PICART. Il avait songé à poser sa candidature à l'Observatoire de Quito.

    Il met au point plusieurs inventions servant au progrès de l'astronomie, notamment un photomètre utilisant des cellules photoélectriques remplies d'argon, puis le télescope électronique en collaboration avec André LALLEMAND, le photomultiplicateur et la caméra électronique. Il se consacre entre autres à l'étude du rayon vert et l'albédo photoélectrique de la Lune dont il a ainsi contribué à améliorer la photométrie. Il meurt prématurément des suites des fréquents voyages en montagne dans des conditions très délicates sur le pic du Midi où le matériel devait être chargé à dos d'âne et transporté parfois lors de virulentes tempêtes de neige !

    En 1923, il reçoit le Prix des Dames de la Société astronomique de France. Les précédents lauréats avaient été en 1920 son ami l'astronome André DANJON (1890-1967) futur médaillé d'or de la Royal Astronomical Society et du CNRS, en 1921 le mathématicien André BLOCH (1893-1948) découvreur de la constante de Bloch et en 1922 l'astronome Jean BOSSLER, futur directeur de l'Observatoire de Marseille.

    Le 24 janvier 1925, il observe l'éclipse de soleil à l'observatoire de Strasbourg. M. ESCLANGON et Melle CALVET observent la même éclipse depuis un autre téléscope du même observatoire.

    En 1927, il dessine, avec la lunette de l'Observatoire du Pic du Midi dont le diamètre était seulement de 23 cm, deux tâches sur Ganymède (ndr : satellite de Jupiter) pendant son passage sur le disque de Jupiter. Son dessin concorde parfaitement avec les observations de M. ANTONIALDI faites à Meudon avec 81 cm.

    Source : Revue "L'Astronomie", article "Observations planétaires au Pic du Midi en 1941" par M.. CAMICHEL, GENTIILI et LYOT, 1943.

    A la fin des années 1920, son nom est proposé pour la direction de l'Observatoire de Quito (Equateur). Toutefois, pour des raisons inconnues, il semble que cette nomination n'ait pas abouti.

    En novembre 1930, il reçoit le prix Benjamin Valz doté d'un montant de 1.000 francs.

    Source : Revue Comoedia, 25 novembre 1930

    • En mars 1931 il participe à la création à Strasbourg du "groupe d'Alsace" de la Société astronomique de France dont il devient le secrétaire.
    • En 1934, il est membre électeur Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique, dans la catégorie des "Sciences mécaniques et statistiques, et sciences de l'astronomie. On remarque parmi les autres membres de cette section Ernest ESCLANGON, directeur de l'Observatoire de Paris, André DANJON, professeur d'astronomie à la Factulté des Sciences de Strasbourg, Louis de BROGLIE, professeur de théories physiques à la Faculté des Sciences de Paris et Luc PICART, professeur d'astronomie à la Faculté des Sciences de Bordeaux.

    Alors qu'il est astronome à Strasbourg, il collabore, ainsi qu'André DANJON, à l'ouvrage de l'horloger strasbourgeois Alfred UNGERER (1861-1933) sur L'horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg.

    • Le 20 février 1937, il lit lors de la séance du groupe d'Alsace de la Société astronomique de France une étude sur la "Description d'un cadran solaire vertical." Cette étude sera publiée par la Société dans son numéro d'octobre 1938.
    • Le 13 novembre 1937, il donne une conférence, organisée par le groupe d'Alsace de la Société astronomique de France, consacrée à "La constitution des comètes révélée par leur spectre".
    • Le 15 novembre 1937, l'Académie des Sciences se prononce, à la demande du Ministre de l'Education Nationale, sur une recommandation quant au candidat à sélectionner. L'Académie auditionne deux candidats : Gilbert ROUGIER et Georges MEYER.

    Gilbert ROUGIER obtient l'unanimité des 48 suffrages pour une nomination en premier choix. Georges MEYER obtient 42 suffrages pour une nomination en second choix.

    Source : Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, 1937

    • Le 4 décembre 1937, M. DANJON annonce à la séance du groupe d'Alsace de la Société astronomique de France que cette réunion est la dernière à laquelle Gilbert pourra assister puisqu'il doit prendre la direction de l'Observatoire de Bordeaux.

    En 1938, "L'Astronomie : revue mensuelle d'astronomie, de météorologie et de physique du globe et bulletin de la Société astronomique de France", annonce sa nomination à la tête de l'Observatoire de Bordeaux :

    Les Sociétaires inscrits à la Société avant la Guerre se souviennent d'un étudiant actif et dévoué dont les cours et conférences à notre Observatoire obtenaient le plus vif succès. Ce jeune conférencier et professeur s'appelait GILBERT ROUGIER. Camille FLAMMARION le tenait en grande sympathie et avait prédit un brillant avenir à cet infatigable travailleur. Il vient d'être nommé directeur de l'Observatoire de Bordeaux.

    Licencié ès sciences en 1908, il fit la campagne de 1914-1918 d'abord dans l'infanterie puis dans la Section technique de repérage par le son. Après la Guerre, après quelques mois de stage à l'Observatoire de Paris, il fut nommé astronome à l'Observatoire de Strasbourg et passa une thèse de doctorat ès sciences physiques particulièrement brillante sur la "Photométrie photoélectrique globale de la Lune".

    La Société astronomique de France, dont il est membre depuis 1910, s'est fait un honneur de lui décerner son Prix des Dames en 1923, et on peut lire dans notre Bulletin, depuis vingt-cinq ans, de nombreux articles du plus haut intérêt, portant sa signature.

    Ses travaux en photométrie à l'aide de cellules photoélectriques, dans lesquels il est passé maître, font autorité, et l'application de cette méthode à l'étude de la Lune a donné des résultats remarquables.

    Tous les amis de M. Gilbert R. qui ont suivi le développement de sa brillante carrière et qui ont en même temps apprécié sa modestie et la noblesse de son caractère, seront heureux de se joindre à nous pour lui exprimer leur grande sympathie et leurs vives félicitations.

    • En 1938, il parraine Jean-Maurice-Henry de ROBERT, journaliste, 37 quai des Chartrons à Bordeaux, pour son admission dans la Société astronomique de France.
    • Suite à l'éclipse totale de Lune du 8 novembre 1938, Melle V. PRADIER, au port de Lalinde (24) lui communique ses clichés de l'éclipse. Notre sympathique collègue, s'est empressé de nous la faire parvenir par l'entremise de M. 2m. TOUCHET. Mlle PRADIER a trouvé cette éclipse fort belle par ses changements de teintes. Au moment de la totalité, la Lune avait l'aspect d'un ballonnet d'enfants, avec des colorations roses et bleues. Les effets de l'ombre par reflets sur la Lune, dit-elle étaient semblables, à certains moments, à une éruption volcanique.

    Revue : Revue "L'Astronomie" revue de la Société d'astronomie de France, novembre 1938.

    • En mai 1942, la revue "L'Astronomie" publie son "Photométrie de l'éclipse de Lune du 2-3 mars 1942" co-écrit avec J. DUBOIS

    En novembre 1942, la revue "L'Astronomie" publie son article "Visibilité du croissant lunaire à l'oeil nu".

    En décembre, la même revue publie l'article "Photométrie de l'éclipse de Lune du 26 août 1942" co-écrit avec "J. DUBOIS"

    En 1943, la revue "L'Astronomie" signale des changements remarquables sur Jupiter : M. ROUGIER, directeur de l'Observatoire de Bordeaux, a bien voulu attirer notre attention sur des changements qu'il a suivis sur l'aspect de la Tache Rouge :

    "Ce qu'il y a de plus étrange, c'est la dislocation de la T.R. à la suite du regain d'activité survenu dans la bande tropicale sud depuis le 1er mars, et peut-être plus tôt, et qui progressivement a gagné le tour entier de la planète. Pour la T.R. que j'ai vue sous son aspect habituel très pâle le 18 mars au bord précédent, j'ai aperçu hier soir 11 avril, à 19h, cette région complètement changée : plus de trace de la T.R. Le 4 avril j'avais encore vu au bord précédent une formation que l'on pouvait prendre pour cette T.R. Vous voyez à quel point il est intéressant de suivre Jupiter en ce moment."

    Dans une seconde lettre adressée le 14 avril, M. ROUGIER dit encore :

    "J'ai revu hier soir la région de la T.R. Après cinq rotations et par d'excellentes images. La partie suivante est couverte d'un voile très sombre au NE. Il y a intérêt à attirer l'attention des observateurs sur ses variations rapides ainsi que sur celles de la bande tropicale Sud."

    Dans la même revue, il publie un article "Photométrie et colorimétrie de l'éclipse de Lune du 20 février 1943". Il la co-signe avec Jean DUBOIS, aide technique à l'Observatoire de Bordeaux.

    Le 4 juin 1945, il se rend à une journée-hommage organisée à Juvisy (91) en l'honneur de Camille FLAMMARION qui avait fondé l'observatoire de cette ville. Parmi les autres membres de la Société Astronomique de France s'y trouvaient notamment son président F. BALDET, astronome titulaire de l'Observatoire de Paris, B. LYOT, membre de l'Institut, astronome titulaire de l'Observatoire de Meudon, D. CHALONGE, astronome à l'Observatoire de Paris, N. STOYKO, astronome à l'Observatoire de Paris, SEMIROT astronome à l'Observatoire de Paris, Ch. BERTAUD, astronome à l'Observatoire de Paris-Meudon, F. QUENISSET, astronome à l'Observatoire de Juvisy, G. BIDAULT de l'ISLE, correspondant au Bureau des Longitudes, J. CAMUS, président de la Commission de l'Observatoire de la Société Astronomique de France; R. SAGOT, admiistrateur de l'Observatoire de la Société Astronomique de France, Ch. BOULET, bibliothécaire de la Société, SOUFFLET, bibliothécaire adjoint et André BLOCH, compositeur de musique.

    En novembre 1945, il est élu pour 3 ans membre du Conseil de la Société astronomique de France. Les autres élus sont Jean COULOMB, directeur de l'Institut de Physique du Globe de l'Université de Paris, LALLEMAND, astronome à l'Observatoire de Paris, Paul COUDERC, astronome à l'Observatoire de Paris et CHAZY, membre de l'Institut, professeur de mathématiques supérieures à la Sorbonne.

    Source : Revue "L'Astronomie", rapport de l'Assemblée générale annuelle pour 1945 (relevons le jeu de mot du rédacteur de la revue qui relève que l'assemblée se tient "après une éclipse de six années dues à la guerre")

    En 1946, lors du renouvellement de la direction de la Société astronomique de Bordeaux, Jean RÖSCH, astronome, est élu président tandis que Gilbert R., directeur de l'Observatoire, est élu président d'honneur.

     3 - Hommages

    • Nécrologie dans le Bulletin du Club alpin français de juillet 1947, par son ami l'astronome Jean RÖSCH :

    Le 10 mars s'éteignait à l'âge de 60 ans M. Gilbert ROUGIER directeur de l'Observatoire de Bordeaux et membre de notre Section. Sa santé, ébranlée depuis 1944, semblait bien rétablie ; il avait pu reprendre son activité, participer notamment aux travaux de notre Commission scientifique, et c'est une maladie de deux jours à peine qui vient de l'enlever aux siens, à ses amis et à la Science française.

    Camille FLAMMARION, auprès de qui il s'initia aux observations astronomiques il y a bientôt quarante ans, lui avait communiqué son enthousiasme pour les choses du ciel et dès avant 1914, il s'orientait vers la carrière astronomique. Affecté jusqu'en 1919 à la Section de repérage par le son, il y fut à la fois un soldat; cité et décoré, et un technicien. Il entre alors à l'observatoire de Strasbourg et participe à sa réorganisation en même temps qu'il entreprend des recherches personnelles sur les cellules photoélectriques qu'il est le premier en France à fabriquer, et leurs applications astronomiques.

    Elles aboutiront en 1933 à sa thèse de doctorat, mémoire considéré comme fondamental, sur la photométrie de la Lune. Son activité ne se borne pas à ce domaine, du reste, et il accumule les observations d'étoiles doubles, de planètes et autres, formant un ensemble imposant auxquelles s'ajoutent encore celles de deux éclipses totales de soleil, l'une en France en 1912, l'autre en Indochine en 1929, et presque d'une troisième, puisque le 2 août 1914 le fit revenir de Crimée où il préparait l'observation de l'éclipse totale du 21 suivant.

    C'est comme membre de la section du Bas-Rhin qu'il entre au C.A.F. Il s'y lie avec le regretté colonel STAEHLING, lui aussi récemment disparu. Il ne quittera Strasbourg qu'à la fin de 1937, pour venir prendre à l'Observatoire de Bordeaux la succession de M. Luc PICART. De chercheur il devient alors bâtisseur et organisateur. Au moment où les difficultés sont les plus rebutantes (à partir de 1940 !) il faut construire une nouvelle coupole et un magnifique édifice comprenant bibliothèque, ateliers, laboratoires, et son établissement (ceux qui l'ont vu à l'oeuvre savent combien il mérite qu'on le dise sien) prend rang parmi les plus productifs. S'il n'a pu voir l'achèvement complet du programme qu'il s'était tracé, il aura eu du moins la satisfaction de voir l'oeuvre lancée et de réunir un personnel qui, fort de son exemple, s'attachera à en tirer le maximum de profit pour la science française. Si ses occupations d'abord, sa santé ensuite, ne lui permirent pas d'être un gravisseur de cimes, ses qualités de coeur et de caractère, sa loyauté, sa ténacité, la passion avec laquelle il savait se donner tout entier à une tâche ingrate, lui marquaient cependant bien une place parmi les alpinistes.

    Si l'astronomie perd un précieux artisan de son progrès, ils voient partir eux, un ami dont le souvenir ne s'effacera pas. Puisse cette assurance apporter à Mme ROUGIER un réconfort, si faible soit-il, dans cette immense douleur.

    • Nécrologie dans la revue "L'Astronomie", volume 61, par son ami André DANJON (1890-1967), directeur de l'Observatoire de Paris et président de la Société Astronomique de France, et ancien directeur de l'Observatoire de Strasbourg :

    La mort de GILBERT ROUGIER, membre de notre Conseil et Directeur de l'Observatoire de Bordeaux, met en deuil la Société Astronomique de France et l'astronomie française. Au cours de ces dernières années, sa santé était pour ses proches un sujet d'inquiétude, mais rien ne faisait présager une fin aussi brusque.

    Il y a quelques semaines, il était à Paris, où il s'occupait activement des affaires intéressant son Observatoire ; il faisait des projets pour les années qui le séparaient encore de la retraite ; il ne lui restait, hélas, que quelques jours à vivre : il s'est éteint à Bordeaux, le lundi 10 mars, après trois jours de maladie.

    Avant de se consacrer à l'Astronomie, ROUGIER avait été ingénieur chimiste, mais vers sa vingt-troisième année, la lecture de l' "Astronomie populaire" de FLAMMARION lui révéla sa véritable vocation.

    Il s'inscrivit en mai 1910 à notre Société et il devint aussitôt l'un des familiers les plus assidus de l'Observatoire de la rue Serpente. C'est là que je devais le rencontrer quelques mois plus tard, et nouer avec lui des liens de camaraderie qui se transforma vite en une précieuse amitié.

    Tandis que je rends, au nom de la Société Astronomique, les derniers devoirs à ce parfait ami, le souvenir de ces années de jeunesse mêle quelque douceur à ma peine.

    En 1912, ROUGIER renonça définitivement à sa carrière de chimiste ; il entra au laboratoire de notre ancien Président, le comte de la BAUME-PLUVILEL, avec qui il observa l'éclipse de Soleil du 17 avril 1912, à Saint-Germain-en-Laye, où elle était centrale.

    La mobilisation de 1914 le surprit en Crimée où il préparait l'observation de l'éclipse du 21 août : il dut se contenter de la contempler du pont du navire qui le rapatriait.

    Après la guerre, dont il sortit indemne avec la Croix de Guerre, il fit un court stage à l'Observatoire de Paris ; puis, en décembre 1919, il fut appelé à l'Observatoire de Strasbourg, dont M. E. ESCLANGON constituait alors le nouveau personnel.

    Il devait rester dix-huit ans en Alsace. Dès son arrivée, il entreprit des recherches sur les cellules photo-électriques et leurs applications astronomiques. Les cellules, alors dans leur toute nouveauté, n'avaient pas encore été mises dans le commerce. ROUGIER dut, tout d'abord, en organiser la fabrication au laboratoire du professeur HACKSPILL. Puis il les employa à des mesures de photométrie stellaire, à Strasbourg même et au Pic du Midi. Il devait, plus tard, les appliquer à l'étude de la couronne solaire, pendant l'éclipse totale du 9 mai 1929 qu'il observa en Indochine.

    Mais c'est surtout à son grand travail sur la photométrie photoélectrique de la Lune, travail qui lui demanda tant de soins et lui coûta tant de veilles, partagées par Mme ROUGIER [ndr : son épouse, mathématicienne, l'aidait dans ses travaux], que son nom restera attaché. C'est un modèle de précision et de probité, qui fait et qui fera longtemps autorité.

    Jamais aucun expérimentateur ne s'est montré plus sévère pour lui-même et n'a exigé de tous ses résultats un meilleur accord interne. Aucun contrôle ne fut négligé, aucune précaution ne parut excessive pour dépister les erreurs systématiques. Il serait téméraire de reprendre l'étude du même sujet avec les moyens actuels, on ne saurait faire mieux qie ROUGIER, et l'on ferait certainement moins bien si l'on avait ni sa conscience ni sa persévérance.

    On reconnaît un véritable astronome à son goût pour l'observation : ROUGIER suivait assidûment tous les phénomènes célestes : éclipses, occultations, phénomènes des satellites de Jupiter ou des anneaux de Saturne, aspects des surfaces planétaires etc... Il savait que le devoir de chaque génération est de tenir à jour les annales célestes, sans lacunes ; il savait aussi qu'une observation soigneusement faite et fidèlement rapportée finit toujours par être rapportée dans la suite des temps. Celles qu'il nous laisse, et dont la liste serait longue, sont des modèles de rigieur et de sincérité.

    En 1937, ROUGIER fut nommé directeur de l'Observatoire de Bordeaux, où il devait passer les neuf dernières années de sa vie.

    A peine en fonction, il dressa un plan d'équipement dont il entreprenait la réalisation, avec ce doux entêtement qui finissait par emporter tous les obstacles.

    La guerre, l'occupation, firent lever maints obstacles sous ses pas. mais il ignorait le découragement et rien ne pouvair le rebuter. Il laisse, dans le grand domaine de Floirac, deux constructions nouvelles entièrement achevées : une coupole, qui recevra bientôt une table équatoriale, actuellement en cours de construction, et un grand bâtiment renfermant une bibliothèque, des bureaux de calcul, des laboratoires, un bel atelier.

    Grâce au matériel rassemblé par ROUGIER, l'Observatoire de Bordeaux est aujourd'hui l'un des mieux dotés de France, et il constitue un centre actif de recherches.

    Sachant allier la fermeté avec une exquise courtoisie, ROUGIER avait le don d'éveiller les vocations et de stimuler le zèle de son entourage. Sans doute, en se donnant comme il l'a fait à sa tâche de directeur, il a trop présumé de ses forces, mais il trouvait de si grandes satisfactions dans cette tâche même !

    Quand on lui réprochait amicalement de ne pas suffisamment ménager sa peine, il répondait avec conviction : «Si c'était à faire, je le referais !»

    ROUGIER était très attaché à la Société Astronomique et il lui vouait une gratitude filiale, mais en retour, il aura fait beaucoup pour elle, notamment à Strasbourg, où il prit une part active à la constitution de notre groupe d'Alsace. L'une de ses dernières grandes joies aura été de présider, le 26 octobre dernier, une séance de ce Groupe reconstitué depuis la Libération.

    Je voudrais aussi parler de l'homme, mais il me faudrait trouver des traits assez délicats pour ne pas offenser la mémoire de cet ami si simple, si naturel, et qui, tout en se donnant volontiers, se croyait toujours en reste.

    La chaleur communicative qui émanait de sa personne, son bon rire, le son même de sa voix, attiraient et retenaient. Ceux qui l'ont connu - et ils sont nombreux parmi les lecteurs de "L'Astronomie", n'oublieront pas son affabilité, son amabilité, son tact parfait. Ce compagnon si joyeux savait aussi partager les peines des autres et prononcer les paroles qui touchent les affligés. Il était très attentif à tous les devoirs qu'impose la vie sociale, mais il les remplissait de bon coeur, sans se contraindre, avec une sincérité manifeste. Il était secourable, et nombreux sont ceux qu'il aura obligés, d'une manière ou d'une autre.

    Sa mort inattendue, alors qu'il venait à peine de franchise la soixantaine, sera cruellement ressentie par tous les membres de la Société Astronomique de France, et c'est avec un sentiment de profonde tristesse qu'ils s'associent à la douleur de Mme G. ROUGIER.

    • Discours lu lors de ses funérailles publié par l'Observatoire de Bordeaux :

    Né prés de Lyon en 1886, il tenait de sa famille des traditions qui lui firent estimer, lorsqu’il fut devenu fonctionnaire, que celui qui a la charge d’un établissement doit se considérer comme un usufruitier tenu de le faire prospérer et de le remettre à son successeur plus riche qu’il ne l’avait pris ; et c’est bien cette conception qu’on le vit mettre en œuvre à Floirac, cette conception si éloignée de ce qu’on appelle le « fonctionnaire » au sens péjoratif du terme.

    Il fit à Lyon ses études non d’astronome, mais de chimiste, et c’est en même temps qu’il travaillait à Paris sur des procédés industriels de stérilisation de l’eau par l’ozone qu’il commença à fréquenter assidument l’observatoire de la Société astronomique de France, rue Serpente.

    C’était là, sous l’impulsion enthousiaste d’astronomes dont certains devraient devenir d’éminents professionnels, qu'il noue une amitié entière et définitive avec l’un deux, qui n’est autre que Monsieur André DANJON, l’actuel directeur de l’observatoire de Paris.

    En 1912 , l’occasion se présente pour lui de quitter la chimie pour devenir astronome : M. de la BAUME -PLUVINEL qui, vous le savez, consacra sa vie et sa fortune personnelle aux recherches astronomiques, cherchait un assistant en remplacement de M. BALDET, maintenant astronome titulaire à l’observatoire de Meudon, qui venait d’entrer dans les cadres d’Etat et d’être nomme à Alger, juste au moment des préparatifs en vue de l’éclipse de soleil du 17 avril 1912 dont la ligne de totalité (événement rarissime) traversait la région parisienne.

    Il s’attache Monsieur ROUGIER, qui restera auprès de lui jusqu’au 2 août 1914 et le quittera, rappelé par la mobilisation, alors qu’ils s’installaient à Thodosie, en Crimée, pour observer l’éclipse totale de soleil du 21 août.

    Il passe d’abord quinze mois dans l’infanterie, en Champagne. Puis, lorsque pour créer les sections de repérage par le son, on fait appel à des cadres possédant la compétence scientifique requise, il est des premiers choisis, et retrouve là, outre M. DANJON, de nombreuses autres personnalités avec qui il se lie d’amitié, notamment Georges BRUHAT, si tragiquement mort à Buchenwald. [ndr : Georges BRUHAT (1887-1945), mathématicien et physicien spécialiste de la thermodynamique, titullaire de la chaire de physique et directeur-adjoint de l'Ecole Normale Supérieure, fut arrêté pour ne pas avoir dénoncé à la Gestapo des étudiants résistants. Il mourut en déportation.]

    En 1919, cité et décoré de la Croix de guerre, il entre à l’observatoire de Paris d’où, après quelques temps de stage, il passe à l’observatoire de Strasbourg, dont on constitue l’effectif, là encore, sous la direction de M. ESCLANGON, il va travailler en compagnie de M. DANJON.

    Tout en participant aux travaux d’organisation de l’établissement, il entreprend des recherches personnelles sur les applications astronomiques des cellules photo-électriques. Sujet si nouveau qu’il est obligé de fabriquer lui-même à l’Institut de chimie de Strasbourg les cellules (on dit encore à cette époque les « piles photo-électriques» dont il a besoin. Il est du reste le seul en France à le faire, si bien que les demandes affluent d’autres laboratoires et qu’il se voit obligé de mettre sur pied une fabrication en série.

    Lui-même emploie ses cellules à l’observatoire pour le travail qui constituera sa thèse de doctorat soutenue en 1933 sur la « photométrie photo-électrique globale de la Lune ». Il a sur un problème délicat, et avec une conscience méticuleuse, fourni des résultats que tout le monde s’accorde à considérer comme définitifs et c’est bien là le plus grand éloge que puisse recevoir un expérimentateur.

    Ces travaux sont couronnés par plusieurs distinctions dont le prix Benjamin Valz de l’Académie des Sciences en 1930.

    D’ailleurs, il ne borne pas là son activité : avec la passion qu’il a toujours eu pour les choses du ciel, il se livre à d’innombrables observations de planètes, d’étoiles doubles, d’occultations, de phénomènes atmosphériques tels que le fameux rayon vert dont il précise une fois pour toutes avec M. DANJON les conditions d’observations ; il va avec MM. DANJON et LALLEMAND observer à l’ile Poulocondore, au large de la Cochinchine, l’éclipse totale de soleil du 29 mai 1929 et parlera toujours avec enthousiasme de cette expédition. Et aussi – je ne saurais manquer de le dire ici – il n’oublie pas qu’il a commencé par être amateur, et, convaincu comme vous avez pu le voir vous-même de l’importance qu’il y a à attirer, à grouper et à documenter tous ceux qui s’intéressent à l’astronomie, il se dépense sans compter pour la Société astronomique de France (qui le récompense d’ailleurs par un prix 1925) et plus tard pour le groupe d’Alsace de membres de cette dernière, qu’il avait organise avec M. DANJON et dont il a eu la joie de pouvoir présider une réunion en octobre dernier, lors d’un bref séjour à Strasbourg.

    C'était la première fois qu’il y revenait, et si ce fut, hélas, la dernière, tous ceux qui l’ont connu savent du moins quel bonheur il dut éprouver en revoyant comme il l’avait si ardemment souhaité, l’Alsace recouvrée, cette Alsace où il avait vécu près de vingt ans et à laquelle il était si attaché.

    Il ne la quitta pas, depuis le début de sa carrière, jusqu’au moment ou il vint à Floirac pour y prendre succession de M. Luc PICART en 1937. Son activité, dès lors va changer d’orientation, et bien entendu, il se donnera aussi entièrement à sa nouvelle tâche qu’il s’est donné aux précédentes. Après avoir été un chercheur et un savant, il va devenir un bâtisseur et un maître.

    G. RAYET a été le fondateur de l’observatoire, M. Luc PICART a mené à bien l’entreprise de la carte du ciel. Lui se donne pour tâche de mettre l’observatoire en mesure de participer aux recherches modernes d’astrophysique. Son premier soin est donc d’établir les plans d’un bâtiment qui contiendra les laboratoires, une bibliothèque, un atelier de mécanique. Vous le connaissez, c’est ce bel édifice blanc accroché au rebord du plateau et que l’ont voit depuis Bordeaux.

    Mais ce qu’il faut savoir aussi, c’est la persévérance inlassable qu’il lui a fallu pour parvenir à son achèvement. Songez que la construction fut commencée en février 1940 et poursuivie sans un jour d’interruption jusqu’en 1942. Ces deux dates vous diront assez les difficultés qu’il a dû vaincre et quand il parlait de « son » bâtiment, croyez bien qu’il était en droit de le revendiquer comme son œuvre.

    Ce n’est pas tout, d’ailleurs, et en même temps, il entreprend de faire construire une table équatoriale. La coupole est là, depuis 1942 aussi. Mais elle est vide, il a eu le temps de savoir l’instrument enfin achevé, monté, prêt a être réceptionné, mais à Saint Michel [ndr : Saint-Michel-l'Observatoire (04)], et non à Floirac, et c’est bien encore là un acte digne de sa compréhension : en 1945, la table équatoriale de Bordeaux, dont la fabrication avait été retardée par les circonstances, est encore chez le constructeur, presque achevée. Le service d’astrophysique lui demande, comme un sacrifice à l’intérêt général, de la céder a l’observatoire de Haute-Provence, ou elle servira à tous les astronomes français, cependant qu’on entreprendra immédiatement la construction d’un second instrument destiné à Bordeaux. Il accepte d’emblée et c’est ainsi qu’il sera parti sans avoir vu l’achèvement des installations qu’il avait projetées pour son observatoire.

    Du moins aura-t-il eu la satisfaction de voir son établisement prendre rang parmi les plus productifs, et cela, non seulement parce qu’il forgea des outils, mais aussi parce qu’il rassemble et forme des ouvriers, parce qu’il fut, comme je vous l’ai dit un maître. C’était encore là une de ses préoccupations essentielles et il disait souvent : « on s’est trop peu soucié, autrefois, de l’avenir du cadre des observatoires. Nous devons nous attacher à réunir des jeunes et les rendre capables de prendre plus tard le flambeau de nos mains ». Le destin a voulu qu’il l’abandonnat bien tôt ; c’est à nous, qui l’entourions, de nous efforcer maintenant de le tenir aussi haut qu’il l’eut voulu. Tout se tient, d’ailleurs, dans sa pensée, et il ne pouvait oublier quelle précieuse source de recrutement constituent les sociétés d’amateurs d’astronomie. Vous savez combien il s’intéressa à la vôtre, surtout lorsqu’elle reprit son essor après la libération astronomique des jeunes équipes qui s’y sont constituées.

    Il a vécu pour l’astronomie, et que de fois m’a-t-il dit – il me le répétait encore il y a peu de temps- « si le sort m’annonçait que je dois disparaitre maintenant, j’estimerais que je n’ai pas à me plaindre, que j’ai été un heureux mortel : j’ai fait toute ma vie ce qui me plaisait : de l’astronomie !» Il aurait pu ajouter- mais il était trop modeste pour cela- que si l’astronomie avait rendu sa vie heureuse, il avait été, lui, en donnant sa vie a l’astronomie, parmi les meilleurs artisans de son progrès.

    Vous dire qu’il était bon, affable, de commerce agréable ? Si peu que vous l’aviez approché, vous n’avez pu manquer de vous en apercevoir, tant tout cela était sur son visage. La vérité, dit-on, sort de la bouche des enfants. Un petit garçon à l’observatoire, a dit mardi dernier à sa mère : « Maman, puisque Monsieur ROUGIER est parti au ciel, il a dû être content de passer a côté de la lune et des étoiles pour les voir de près !»

    Si nous, grandes personnes, savons qu’il n’est pas, en vérité, au ciel de ces astres qu’il a tant aimés, nous sommes sûrs, du moins, que sa belle âme est au ciel des belles âmes.

     Sources

    • Individual: Bulletin / Club alpin français. Section du Sud-Ouest. M. Jérôme de la Noë
    • Birth: Archives familiales

      Photos and archival records

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     Family Tree Preview

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    Marc-Antoine Rougier, Médaille des expositions universelles de Paris et Londres 1813-1873
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    Anaïs Donat, Membre de la Société lyonnaise des Beaux-Arts 1824-1900
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    Gilbert Humbert, Membre de la Société d'économie politique de Lyon 1832-1884
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    Laurentine Champagne 1842-1925
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    André Rougier, Officier d'académie 1858-1915
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    Emilie Humbert 1864-1943
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    Gilbert Rougier, Croix de guerre 1886-1947