Family Book



 OBSERVATI0NS sur la Maison du BOISGUÉHENNEUC 1275 - 1982



Branches et rameaux connus, vivants et éteints accompagnés de reproductions des armoiries des familles alliées et de photographies de certains membres de notre famille

Famille du Boisguéhenneuc

Cet important travail a été intégralement réalisé par Marc du Boisguéheneuc (1911-1997). Il a été achevé en 1982.

Plan de l’Ouvrage

AVANT-PROPOS

a - Notes
b - Sources d’information
c - Méthode de Généalogie

PREMIERE PARTIE

a - Le nom.
b - Les origines.
c - Le caractère.
d - Armoiries, titres et devises.
e - Terres et Résidences.
f - Considérations sur la noblesse et les titres
g - Les différentes branches et rameaux
h - Généalogies, reproductions de blasons de familles alliés.

DEUXIEME PARTIE

1 - Le « Tronc Commun » et formation de Branches et Rameaux : du Ier au 4ème degré.
2 - La Branche Ainée d’ALLAIRE du 5ème au 9ème degré
3 - La Branche Puinée de La Babinais et de La Cour de Bouée. du 5ème au 12ème degré
4 - Les Branches du Minven
a) La Branche Ainée du Minven du I0ème au I6ème degré
b) La Branche Cadette du Minven du 16ème au 19ème deg
c) Le Rameau du Méroz (issu de la Branche Ainée du Minven) du 12ème au 14ème degré
5 - Les Branches de La Villéon : du 5ème degré au 20ème degré

Note

Le document que nous reproduisons page 8, intitulé : « Observations sur la Maison du Boisguéhenneuc ... » etc. « offert à mon oncle A. du Boisguéhenneuc » et signé J. du Boisguéhenneuc - 1889, est la page de couverture d’un cahier écrit par un Jean du Boisguéhenneuc. C’est vraisemblablement une copie presqu’intégrale des « Observations et Généalogies » établies par Pelage-Malo (1716-1775) et à partir de laquelle nous avons nous-mêmes bâti le présent ouvrage, après contrôles et vérifications jugés indispensables. La présentation, le texte, les termes et les expressions sont absolument les mêmes, si l’on en juge par les quelques feuillets qui nous sont parvenus. Deux auteurs de ce document paraissent possibles au premier abord, car deux Jean vivaient à cette époque : Jean (1880-1958), fils de Rogatien I (1848-1872), donc âgé de neuf ans ; nous l’éliminons en raison de son jeune âge ; et Jean Gabriel Marie Anne (1862-1915), fils d’Henry Ier (I834¬-1916), qui, lui, avait alors vingt-sept ans. C’est à ce dernier que nous attribuons la paternité de ce travail.Les quelques feuillets qui nous restent de ce cahier, écrits par Jean Gabriel Marie Anne en 1889 pour son oncle Arthur, ne nous donnent pas beaucoup plus de renseignements sur les ancêtres nés avant 1750 que celui qu’avait rédigé Pelage-Malo, mais ils nous en fournissent à l’évidence davantage sur ceux qui sont nés après cette date, pendant la période de la Révolution, et celles des Premier et Second Empires.

AVANT-PROPOS

a - Note.

De nombreux membres de notre famille regrettent de ne posséder ni généalogie, ni histoire, ni renseignement sur nos ancêtres, même sur ceux qui nous sont proches. Ainsi, est-il fréquent que nous nous demandions : Quand untel est-il né ? - Avec qui unetelle s’est-elle mariée ? - Comment s’appellent leurs enfants ? - D’où vient cette propriété ? - Combien de temps est-elle restée dans la famille ? - etc. Autant de questions, souvent sans réponse..., auxquelles nous avons tenté de répondre en rassemblant dans cet ouvrage un maximum de documentation concernant non seulement ceux qui nous ont précédés, mais aussi nos contemporains.En page 3, nous donnons le plan de ce Livre de Famille et la table des matières qui le composent, et à la fin, des listes et répertoires facilitant au lecteur la recherche du renseignement.Nos ancêtres ont certainement, par nécessité, établi des généalogies, mais seules nous sont parvenues celles des branches de La Villéon, qui ont été transmises de génération en génération, jusqu’à maintenant. Pour les autres branches, aucun document ne nous est parvenu.Pour les branches d’Allaire et de La Cour de Bouée, nous avons pu, en partie, reconstituer les filiations en effectuant des recherches aux Archives Départementales et dans des livres de généalogistes bretons.Pour celles du Finistère, nous devons les chronologies et les généalogies aux travaux de recherche faits par nos cousins, Hervé et Monique, qui ont puisé aux mêmes sources des Archives Départementales du Finistère.Nous avons aussi reçu une aide précieuse de nos frères, fils et neveux. Qu’ils trouvent tous ici l’expression de nos remerciements.Certes, nous sommes bien conscients que des erreurs et des lacunes subsistent dans cet ouvrage ; elles sont en partie dues à l’absence de documents familiaux et à la destruction d’archives pendant les périodes troublées, et en partie aussi, pour ces branches d’Allaire, de La Cour de Bouée et du Minven, à la non-transmission par les familles alliées des archives et documents Boisguéhenneuc, à la seule branche subsistante de La Villéon, au moment de l’extinction de ces branches.Aussi, souhaitons-nous que dans l’avenir nos contemporains et descendants rectifient les erreurs, comblent les lacunes, complètent cet ouvrage, le tiennent à jour, et se le transmettent de père en fils.S’il nous était permis de suggérer quelques conseils pour éliminer erreurs et lacunes, nous préconiserions de recueillir au fur et à mesure le maximum de « preuves » : copies intégrales des actes officiels d’état-civil : extraits d’actes de naissance, de mariage et de décès, de conserver les photos de famille, les faire-part, livrets militaires, permis de conduire et autres distinctions et décorations (Légion d’Honneur, Croix de Guerre, etc.), de noter au dos des photos et portraits le maximum de renseignements permettant plus tard d’identifier avec certitude les personnes représentées.

b - Sources d’information

Il ne semble pas, qu’au cours des siècles précédents, aient été écrits des ouvrages importants et complets de généalogie ou d’histoire des du Boisguéhenneuc - comme il en existe pour de nombreuses autres familles - car rien ne nous est parvenu.Seuls nous sont parvenus quelques petits livrets ou feuillets ayant plutôt le caractère de « mémoires » à l’usage des proches et d’ailleurs souvent contradictoires entre eux. Ce que nous avons pu recueillir, ce sont des lettres originales, des actes originaux d’Etat-Civil, de fermage, de vente, d’inventaire et aussi des copies, des brouillons de toute sorte, des carnets de comptes. Ces documents sont importants et intéressants par les renseignements qu’ils nous donnent sur les ascendances, alliances, descendances, avec des dates exactes, sur des faits et anecdotes précis de la vie de l’époque de nos ancêtres. Nous possédons également des dossiers établis pour l’entrée aux grandes Ecoles Militaires où il y avait obligation de prouver plusieurs quartiers de noblesse, ainsi que les partages nobles, en particulier pour être admis à servir dans la Marine Royale.Le plus ancien de ces livrets a été fait par Jean V (v1580 - vI638). Outre des ascendances, alliances et descendances, il fournit peu de détails. Un autre, - qui parait être une copie actualisée du précédent a été rédigé par Pelage-Malo (1716-1775). Bien que plus étoffé et plus détaillé, il comporte des erreurs que nous n’avons pas toujours pu redresser, faute de documents fiables.Ce second livret fut plus tard recopié et mis à jour par Jean-Gabriel-Anne (1862-1915) - Cf. p.6) - qui l’offrit, en 1889, à son oncle Arthur (1845-1913, lequel, à son tour, le transmit à son neveu Charles, (1873-1942). Jacques (1906-1976), fils cadet de Charles précité, recueillit les documents de famille et, faute de descendant masculin, les donna à son cousin-germain Marc (° I9II), auteur de cet ouvrage, Celui-ci a rassemblé presque tous les documents que possédait la famille et les transmettra à son fils aîné Xavier (°1947).Toutes les pièces réunies furent traduites, actualisées, complétées, vérifiées et confrontées aux travaux des généalogistes et historiens bretons ou français, ainsi qu’aux Archives Nationales et Départementales, à celles de la Marine et de l’Armée afin d’éliminer le maximum d’erreurs ou d’inexactitudes et avec le souci de ne présenter que des faits et des événements incontestables.Tous ces documents sont, bien évidemment, à la disposition de tout membre de la famille désireux de les consulter.

c - Procédés de généalogie

Il existe plusieurs méthodes de généalogie, mais, ce n’est pas notre propos de les décrire avec leurs avantages et inconvénients.La meilleure méthode est celle qui nous permettra de trouver dans ce premier ouvrage le plus grand nombre de renseignements absolument sûrs que nous en attendons. Or, que rechercherons-nous ? Certainement, des renseignements d’état-civil ; des précisions sur nos ascendants, contemporains et descendants, nos parentés, nos alliances, aussi bien pour nos ancêtres que pour nos contemporains.Probablement, aussi des documentations sur les régions et lieux où ils ont vécu et vivent encore, sur le patrimoine qu’ils ont possédé et possèdent encore : châteaux, manoirs, terres, etc..; sur la manière dont ces biens sont entrés ou sortis de la famille ; des explications sur la signification de nos armoiries, de notre devise familiale, sur le caractère familial des du Boisguéhenneuc ; des considérations sur la noblesse en Bretagne.Les renseignements transmis par nos ancêtres sont présentés sous forme de « Degrés de génération », c’est à dire que dans chaque branche ou rameau, on trouve la liste chronologique de tous les enfants du même père, les garçons d’abord, les filles ensuite, avec tous les renseignements d’état-civil que nous avons recueillis et des détails complémentaires, tels que : titres, grades militaires, décorations, distinctions, etc. Cela nous a paru un procédé simple, clair, le plus parlant qui soit, un véritable tableau synoptique, le plus souvent sur une seule page, qui donne les dates et lieu de mariage des parents et la liste de tous leurs enfants.C’est donc cette méthode que nous avons choisie, elle nous permet en outre de mentionner des renseignements sur les époux et épouses.Nous aurions pu utiliser le procédé des fiches individuelles numérotées mais il nous a semblé que c’eut été priver le lecteur d’une bonne vue d’ensemble, en compliquant la recherche du renseignement. Le système retenu est employé dans ce premier Livre de Famille et nous l’emploierons aussi dans le second « Histoire de la Famille du Boisguéhenneuc « qui retracera la vie des membres les plus notoires, ou tout au moins ceux sur lesquels nous sommes le mieux renseigné.Dans nos « degrés de génération », nous suivons la descendance de l’ainé jusqu’à son éventuelle extinction ; à l’extinction, nous reprenons celle du premier fils cadet, ou, à défaut, celle du deuxième. Ainsi, pour suivre les filiations après Charles-Vincent Ier (1758 - 1831), qui était lui-même troisième fils, mais qui n’eut qu’un seul fils décédé en bas âge, nous avons repris la descendance de son troisième frère, Guéthénoc Eon, le seul marié ayant des enfants et dont nous descendons tous.Lorsqu’un cadet forme une autre branche ou rameau, nous indiquons en lettres majuscules le nom de cette nouvelle branche ou rameau.A la page suivante, sont expliqués les signes et abréviations conventionnels que nous avons utilisés ; ce sont d’ailleurs ceux qui sont habituellement employés par les généalogistes bretons et français.

Signes et Abréviations utilisés


du Bgh. : du Boisguéhenneuc
° : né le …
x : marié le
+ : décédé le …
od : ondoyé le …
bap : baptisé le …
v : vers, année approximative
sr : Sieur
sgr. : seigneur
chv : Chevalier
chv. / sgr. : chevalier-Seigneur
De : Dame de …
Delle : Demoiselle
N.H. : Noble Homme
H. et P. : Haut et Puissant
S.A. : Sans alliance
S.P. : Sans postérité
A.D. : Archives Départementales
A.N. : Archives Nationales
Sceau : N° Sceau N° de l’Armorial Général de France
Réf. T.N. : Réforme des Terres Nobles
Arr. de Réf : Arrêt de Réformation de la Noblesse de Bretagne.

Les noms de lieux suivis d’un autre nom entre parenthèses sont des noms de terre, manoir, suivis du nom de la commune et du numéro du département où ils se trouvent situés.Les autres abréviations sont couramment utilisées.

PREMIERE PARTIE

a - Le Nom.

L’origine de notre Nom ne nous est pas connue et nous ignorons si c’est un membre de la famille qui a donné son nom à une terre ou à un lieu, ou si l’inverse s’est produit.Les historiens Lescadieu et Laurent, dans « Histoire de Nantes », Tome I, p.78, écrivent que « c’est sous le règne d’Alain Fergent (I084- 1119) que les chevaliers bretons prirent le titre de barons et les surnoms tirés de leurs terres. Du XIème siècle date également la noblesse de la Maison de Porhoêt. « D’autres historiens et généalogistes bretons nous disent aussi que du Boisguéhenneuc est « le nom d’une famille qui jadis l’avait emprunté à une ancienne seigneurie de la paroisse d’Augan ».En admettant cette thèse, cela ne nous apprend pas d’où cette seigneurie avait tiré son nom. Toutefois, il semble naturel qu’il ait été choisi parce que représentant bien le lieu : un bois - ou des bois - avec des arbres nombreux, denses et touffus puisque telle est en breton de la région d’Augan, la signification du mot « Guéhenneuc ».Selon une autre thèse, « Guéhenneuc « vient du breton "guéthénoc», plus tard transformé en « guéhenno », nom souvent rencontré dans plusieurs régions de Bretagne, et en particulier dans l’ancien Comté de Porhoêt. Il veut dire alors « victorieux ». Peut-être y a-t-il eu dans ces lieux quelqu’un qui soit sorti victorieux ...

Etymologiquement, le nom a donc pour sens, suivant la traduction du mot « guéhenneuc » :

du : indique l’origine, la provenance (il vient de ...)
bois : en français : lieu planté d’arbres.
guéhenneuc : du breton « guéhenno », soit : bois dense, bois épais, soit : victorieux

si bien que « du Boisguéhenneuc » peut signifier : celui qui est originaire de bois épais, denses et touffus ou des bois du victorieux.
Guéhennec, Guéhenno, Guéhenneuc sont devenus des noms de personnes et de lieux dont on trouve encore beaucoup de traces dans la région de Josselin comme : Ville Guéhennec, Mont Guéthénoc, Bois Guéhenneuc, etc.
Le Bois Guéhenneuc existe toujours à quelques kilomètres d’Augan, sur la route de Ploërmel. Ce village est d’ailleurs mentionné sur les cartes cadastrales et d’Etat-major.
En 1008, un seigneur, comte de Porhoêt, portait le prénom de Guéthénoc. Son fils, Josselin, donna son prénom au château qu’il fît construire et par la suite, la ville bâtie autour du château prit le même nom.
En 1187, le Duc de Bretagne, Arthur Ier, fut confié à Guéhenno, évêque de Vannes, qui devint son gouverneur.
Dans toute la région des environs de Ploêrmel et de Josselin, l’usage était de prononcer le nom de Boisguéhenneuc en trois syllabes : bois, gué, henneuc, Le premier é de gué est accentué, Le h et le second e ne se prononcent pas, s’aspirant d’un coup de gosier avec les autres lettres de la fin du mot, le c final ne se prononce pas toujours.
« Tout le monde, y compris les jeunes enfants, marque cette aspiration difficile à imiter, et les étrangers qui ne le peuvent faire sans « une certaine rudesse », suppriment le he et se contentent de dire : « Boiguéneu » ; les uns marquant le c final, les autres l’escamotant ».Par ailleurs, dans les actes et documents anciens, surtout de 1400 à 1600, on trouve toutes sortes d’orthographes de notre Nom : Dubois-Guihéneuc, Dubois-Guéhéneuc, du Bouaysguiheneuc, du Boysgaéhéneuc, Dubois guéheneuc, du Boisguéhenneuc, etc. selon les fantaisies de scribes plus ou moins lettrés ou attentifs ; l’orthographe de cette époque était plutôt affaire de phonétique.De nos jours, à la fin du XXème siècle on écrit ce nom avec un n ou deux, bien que l’usage au XIXème siècle fut de l’écrire avec deux n. Cette double orthographe viendrait, selon nos parents, de ce qu’en breton des XV, XVI et XVIIème siècles un n barré ($) valait deux n ; un copiste aurait omis de transcrire la barre ( / ) sur l’unique n, dans un acte officiel ; la facilité ayant servi de règle, l’orthographe s’est trouvée modifiée officiellement; de sorte que notre nom s’écrit souvent des deux façons, l’une officielle, l’autre couramment.Texte emprunté à Pelage-Malo.

b - Origines.

Au chapitre précédent nous écrivons que Lespardieu et Laurent, dans « Histoire de Nantes », indiquent que c’est au début du XIème Siècle que les chevaliers bretons commencent à prendre les noms de leurs terres , et que les historiens et généalogistes bretons disent que notre famille avait emprunté son nom à celui de l’ancienne seigneurie du Boisguéhenneuc, dans la paroisse d’Augan.Est-ce vers le début du XIème Siècle, ou plus tard, aux XIIème ou XIIIème siècles que ce changement de nom eut lieu ? - A cette question, nous ne pouvons apporter de réponse...Par contre, nous pouvons dire avec certitude qu’il existait des du Boisguéhenneuc dans la seconde moitié du XIIIème siècle, en nous basant sur les preuves suivantes :Il nous est parvenu une sorte de « mémoire » d’histoire et de généalogie sur la famille Malo du Clairay (Gosné -35), recopié au XVIIIème siècle par un membre de cette famille, lorsque fut projeté le mariage d’Hyacinthe du Boisguéhenneuc avec Anne-Marie Malo du Clairay, célébré à Gosné le 3.11.1715, dans lequel l’auteur écrit que « Joinville cite dans son « Histoire de Saint- Louis « un du Boisguéhenneuc au nombre des chevaliers bretons ayant accompagné ce Roi aux Croisades ». Il y avait donc bien des du Boisguéhenneuc vers 1270, année de la mort de ce Roi ; ce chroniqueur devait être bien informé, puisqu’il participait à la seconde croisade de ce roi ; nous ne douterons donc par de lui. Cependant nous devons avouer que malgré toutes nos recherches dans une dizaine d’ « Histoires de Saint-Louis », de Joinville, il ne nous a pas été possible de trouver la mention d’un Boisguéhenneuc.Au début du XIVème siècle, nous trouvons dans les « Preuves » de Dom Morice (Tome I, p. 1197), historien qui fait autorité à ce sujet, la mention qu’on peut considérer comme certaine de notre plus ancien ancêtre connu : Eon du Boisguéhenneuc (v1275-v1350). Il est indiqué dans le testament du Duc Jean II (1238-1305), avec la mention « pro servitio suo », au nombre des légataires de ce Prince. En raison des services rendus au Duc, il ne pouvait guère avoir moins d’une trentaine d’années en 1304, année de ce testament, ce qui nous permet de faire remonter sa naissance vers 1270/1275 et vient donc confirmer l’existence des du Boisguéhenneuc dans la seconde moitié du XIIIème Siècle, sous notre nom actuel.Quelle pouvait-être la parenté d’Eon avec le chevalier croisé sous Saint Louis ? - Là aussi, nous ne pouvons répondre. Cet Éon avait fait bâtir à Caro, à quelques kilomètres au sud d’Augan, un manoir qu’il appela « La Ville-Eon » dont il reste encore une partie, de nos jours.Nos premiers degrés de généalogie, de 1270 à 1500, n’indiquent pas de dates précises pour l’état-civil, mais seulement des dates approximatives. Ceci provient de ce que les registres paroissiaux n’ont pas toujours été tenus par le clergé, ou que, si ceux-ci ont été tenus, ils ont été détruits au cours des siècles ; c’est ce qui s’est passé pour Augan et Caro, où ils ont été incendiés au cours de guerres contre les Anglais, ou les guerres de religion. Même si ces archives existaient, il n’est pas certain que nous aurions pu les exploiter.Mais, l’existence de nombreux du Boisguéhenneuc aux XIVème et XVème siècles n’est pas douteuse, puisque nous les trouvons souvent cités dans les ouvrages d’historiens et généalogistes bretons faisant autorité en ces domaines, avec de nombreuses preuves à l’appui.

Par exemple, les « Preuves » de Dom Morice, citent :

Guillaume Homme d’armes de la Montre du Sire de Rieux pour le recouvrement du Duc, le 18 Mai 1420Jehan Écuyer de la Maison du Duc de BretagneRaoul Homme d’armes en 1420Raoulet Écuyer en 1420. Pierre, Écuyer en 1421Raoul au serment des Nobles de l’Evêché de Saint-Malo, en 1437Guillaume plaidant aux Etats Généraux de Vannes en 1451Raoulet aux plaids de Ploêrmel en 1462Pierre Ecuyer de la cuisine de bouche de la Duchesse Anne de Bretagne, en 1505

Par ailleurs, les Anciennes Réformations de l’Evêché de Saint-Malo, publiées par M. des Salles, citent :pour Augan :Jean du Boisguéhenneuc au manoir du Boisguéhenneuc et à la Bossardais en Augan, en 1424.Gilles du Boisguéhenneuc à la Ville-Vezin et au Ruflay (Augan) en 1448 et en 1454.pour Caro : Gilles du Boisguéhenneuc au Cleyo (Caro) en 1427.Jean du Boisguéhenneuc : Ecuyer, fils de François, au Cleyo, en 1513, avec la mention : Noble d’antiquité.

Pour expliquer les citations ci-dessus de M. des Salles concernant Augan et Caro, nous précisons que ces deux paroisses étaient autrefois rattachées au diocèse de Saint-Malo, et non à celui de Vannes, comme on serait tenté de le penser.Malgré l’absence fréquente d’actes officiels antérieurs à 1500 environ, il ne fait donc pas de doute que de nombreux du Boisguéhenneuc vivaient aux XIVème et XVème siècles. Nous retrouverons ces premiers ancêtres dans nos tableaux de généalogies de notre Deuxième Partie.À partir du début du XVIème siècle, les Registres d’Etat-Civil étaient bien tenus, une certaine paix parvenait à régner, les guerres et incendies étaient moins fréquents et les Archives ont pu être conservées, tout au moins pour Augan et pour Caro, de même que pour Tréogat, Melgven, Fougeray, Gosné Bouée, ce qui nous permet d’avoir des documents officiels donnant des renseignements surs et souvent des détails sur les témoins, parrains et marraines.M. des Salles p.38 et 216

c - Le Caractère

Pelage-Malo (1716-1775), auteur du premier livret d’Observations et de Généalogies de la Famille », que nous avons déjà cité, nous dépeint le caractère familial à son époque et nous en décrit les principaux traits dominants : L’Obligeance, la Vérité et la Charité, l’Exactitude dans les devoirs, des tendances à la timidité et à la susceptibilité.Il ajoute qu’avant lui et de son temps, la tendance à la timidité aurait favorisé l’insouciance : « empêchant ainsi d’amasser », et que les vertus et les défauts de cette Maison sont bien ceux qu’on attribue généralement « aux descendants des nations celte et bretonne, dont elle se fait gloire de tirer son origine ». Il fait encore remarquer que, « dans la famille, on a toujours manifesté une ardeur prononcée pour des libertés raisonnables et raisonnées contre l’anarchie et la tyrannie ». Evidemment, ces jugements sont à replacer dans le contexte de son époque - bien différente de notre fin de XXème siècle, où, dans tous les domaines, tant de modifications sont intervenues : instruction, éducation, mœurs, sciences, etc... qui ont eu pour effet de façonner tout différemment tous les individus dans toutes les classes sociales.De nos jours, on pourrait faire bien des remarques sur les différences entre notre époque et celle déjà bien lointaine et complètement révolue du milieu du XVIIIème Siècle de Pelage-Malo. On pourrait même dire que l’insouciance pourrait parfois ne pas être un défaut pour celui qui ne soucie pas du « devenir « et ne cherche pas à amasser avec excès ; l’amas exagéré des biens matériels serait-il plus vertueux ?Nous nous retrouvons maintenant plus facilement, semble-t-il, dans l’ardeur « pour des libertés raisonnables et raisonnées et contre l’anarchie et la tyrannie », ce qui parait convenir aussi bien à notre âme de Breton et de Français, qu’à notre tempérament familial. Certes, il serait malaisé de dépeindre un caractère général actuel dans notre famille, il faudrait le définir comme « un ensemble « des traits dominants communs aux différents rameaux, groupes, et même pour chaque individu ». Il semble, toutefois, qu’on puisse reconnaître une certaine similitude de caractère entre nos ancêtres des XVIIIème et XIXème siècles et nous-mêmes, en ce sens que nous avons sûrement hérité des Celtes et des Bretons ce goût du travail sérieux, de l’ordre, de la méthode, de l’organisation et de la ténacité, vertus qui se retrouvent en général en nous.Avons-nous conservé cette « tendance à la timidité et à la susceptibilité » ? Peut-être ? Mais, maintenant, cette timidité et cette susceptibilité, ne conviendrait-il pas de les appeler plutôt « réserve et respect de soi et des autres « ... Quant à la vérité et à la charité, nous pourrons constater dans un second ouvrage : « Histoire de la Famille » que, de nos jours comme aux siècles précédents, les membres de notre famille n’en ont pas manqué, qu’ils n’ont pas failli à notre devise « Guirionez ha Carantez « , et que dans bien des circonstances, ils ont donné les preuves par leur dévouement, leur courage et leur bravoure, de leur attachement à ces vertus.

d - Armoiries, Titre, Devise

De tous temps, et chez tous les peuples, il a été d’usage de porter des signes distinctifs, ou des emblèmes, sur les boucliers, drapeaux ou oriflammes, pour se faire reconnaître. Cette habitude s’est surtout développée au moment des croisades et lors des tournois ; ainsi, les signes et emblèmes figurant sur les boucliers et drapeaux furent-ils aussi reproduits sur les écus et devinrent-ils des « armoiries », servant à reconnaître les familles, ou « maisons ».Ces armoiries étaient d’abord laissées au libre choix de chaque famille et ne furent réglementées par les Ducs et Rois qu’à partir du XIVème siècle. Plus tard, vers le XVIème siècle, vint l’usage de placer des couronnes indiquant le titre au-dessus des écus, puis de faire supporter les écus par des anges, des animaux ou des ailes. Les armoiries durent alors être déposées à l’administration royale, qui contre paiement, en accordait la concession exclusive « à titre héréditaire et perpétuel » à une famille avec interdiction d’en changer.Toutefois, le Chef de Nom et d’Armes, l’aîné de la branche aînée, devait être reconnaissable de ces qualités et titre et pouvait exiger et exigeait fréquemment que ses cadets et puînés, de la même ou d’une autre branche, portent des armes légèrement différentes. L’aîné était pour ainsi dire le seul à porter les armoiries reconnues officiellement par l’administration royale, tandis que les autres portaient des armes avec une ou plusieurs « brisures », différentes par adjonction d’une « pièce ou meuble », ou légère modification des couleurs. C’est ce qui explique que dans une même maison - c’est le cas de la nôtre - on trouve parfois des différences d’armoiries. En ce qui concerne les du Boisguéhenneuc, nous en traitons à la page suivante.

En héraldique, les armoiries se représentent soit en couleurs, soit en noir et blanc - elles ne se décrivent qu’en couleurs - et leur définition est la suivante :

Or Jaune points noirsArgent Blanc uni blancGueules Rouge foncé traits verticauxAzur Bleu roi traits horizontauxSable Noir clair traits vert. et horizontaux croisésSinople Vert lignes diagonales en bandesPourpre Violet lignes diagonales en barresOrange Jaune orangé lignes diagonales croiséesHermine Blanc semé de mouchetures ; noiresContre-hermine Noir semé de mouchetures blanchesVair Points blancs et bleus alternésContre-vair Points bleus et blancs alternés

Armoiries :

Les Boisguéhenneuc, comme leurs ancêtres les Seigneurs de Porhoêt, fondateurs de l’abbaye de Saint-Jean des Prés, dans un faubourg de Josselin, ont une dévotion particulière pour Saint Jean. 0n peut en juger par le nombre de ceux-ci qui ont porté ce prénom. C’est pour cette raison qu’ils prirent l’aigle de Saint Jean l’Évangéliste, bien que souvent ce fit Saint Jean Baptiste qui fût leur saint-patron. Ils portent cette aigle à deux têtes, sur champ d’argent, le vol étant esployé et abaissé de sable.La Branche de La Babinais et de La Cour de Bouée portait cette aigle becquée et membrée de gueules, comme il en est fait mention dans le « Grand Armorial Général de France « (Registre I, Généralité de Bretagne, Art.67) suivant le brevet délivré à Jean du Boisguéhenneuc, par Monsieur C. d’Hozier, Généraliste du Roi, le 28 octobre 1668.Cependant, Pelage- Malo écrit dans son livret déjà cité que « jusqu’à « ces dernières années, on pouvait voir sur un fragment de vitrail provenant de la chapelle, et partout ailleurs au Clyo, que cette aigle a toujours été « becquée et membrée d’or ». La branche de La Villéon aurait donc adopté des armes légèrement différentes.Pourtant, des documents découverts en 1888, au château de La Touraille, en Augan, par le Marquis de Belleville, représentent cette aigle becquée et membrée de gueules ; or, cette région d’Augan et de Caro ne fit habitée que par des membres de la Branche de La Villéon. Ces mêmes documents indiquent que vers 1790 / 1800, il y avait dans la chapelle du Boisguéhenneuc (qui n’existe plus) un coussin de prie-Dieu sur lequel l’aigle était représentée becquée et membrée de gueules.A la Réformation de la Noblesse de Bretagne, en Février 1668, qui fit l’une des plus importantes pour la suppression des abus, Charles-Jean (1649 - v.1690), alors Chef de Nom et d’Armes de notre Maison, fût reconnu en cette qualité et titre, et obtint confirmation en 1669, de Monsieur d’Hozier, Généalogie te du Roi, pour que les armoiries de notre Maison soient définies et inscrites à l’Armorial Général de France, de la façon suivante :

« D’ARGENT A L’AIGLE IMPÉRIALE A DEUX TÈTES, » AU VOL ABAISSE DE SABLE, BECQUÉE ET MEMBRÉE DE GUEULES ».

Il est donc probable que toutes les branches de la famille ont porté les mêmes armoiries : l’aigle becquée et membrée de gueules, celles du Chef de Nom et d’Armes, reconnues en 1668 par Monsieur d’Hozier et inscrites dans cette définition au Grand Armorial de France, sans exclure toutefois quelques brisures, comme celle trouvée par Pelage-calo sur un morceau de vitrail de la chapelle du Clyo. De nos jours, les armoiries revêtent moins d’importance que par le passé, mais ce sont celles qui ont été définies par Monsieur d’Hozier en 1668 et 1669 qui sont portées par les membres de notre famille.

Signification des emblèmes et des couleurs de nos Armes.

Pelage-Malo donne de très intéressantes explications des emblèmes et couleurs de nos armoiries :

L’Aigle représente la grandeur d’âme, elle invite à se déterminer avec fermeté quand la raison le commande et à regarder les choses d’un œil assuré, sans se laisser éblouir par l’étalage de leur étiquette, par la multitude et les sophismes de leurs apologistes.Les Deux Têtes sont l’emblème de l’attention et de la réflexion, elles invitent à se tenir en garde contre toute séduction, toute surprise et toute superstition.Le Vol esployé et abaissé est le symbole de la liberté soumise aux lois et aux convenances de la société ; il plane au-dessus de l’aveuglement des préjugés, mais avec une modestie qui se prête avec douceur à la nécessité des temps, des lieux, des circonstances et des personnes.L’Argent et le Blanc sont images de la franchise et de la candeur.L’Or de la couronne, le plus noble des métaux, annonce la droiture et la noblesse de cœur.L’Aurore, couleur des galons de la livrée, représente le plus beau moment du jour et indique l’affabilité et la bienfaisance.

Titre :

L’écu est surmonté d’une couronne de marquis et il a comme support deux ailes au vol abaissé de sable. Cette couronne ne nous donne pas, et ne nous a jamais donné, droit au titre de marquis, la terre et l’ancienne seigneurie du Boisguéhenneuc n’ayant pas été érigée en marquisat. Les marquisats étaient plutôt situés aux marches de Bretagne, près des frontières françaises et il y en avait peu en cette province. Olivier du Boisguéhenneuc, écrivant à son frère Louis en 1924, indique que « la Cour de Bouée » ayant été érigée en marquisat sous Louis XIII, toute la famille a le droit « de porter la couronne de marquis. Mon père n’en a jamais porté le titre, ni « mon frère aîné, Henry Ier, chef de notre Maison, mais, leurs cartes de visite portent toujours cette couronne ». La preuve de l’érection en marquisat de la Cour de Bouée reste à retrouver. La couronne de marquis surmontant l’écu rappelle plus vraisemblablement un « titre de courtoisie », souvent employé par un ministre, ou par un monarque à l’égard d’un membre de la famille, à l’occasion d’une distinction ou d’une décoration, ou lors d’une preuve de Cour ».

Devise :

Saint-Jean, regardé comme organe des vérités évangéliques et parfait modèle de charité, fait que les du Boisguéhenneuc prennent pour devise GUIRIONEZ HA CARANTEZ ou, en français, VERITE ET CHARITE. Ils ne changent ces mots en aucune autre langue, voulant conserver le souvenir de l’ancienne nation des Celtes et leur attachement à la Bretagne.

e - Demeures / Terres et Résidences :

Dans son « Nobiliaire et Armorial de Bretagne », Pol Pottier de Courcy indique que les du Boisguéhenneuc ont possédé, du XIIIème au XVIIIème siècle, les châteaux, manoirs, résidences et terres suivantes, dont ils ont été seigneurs ou propriétaires :

en Allaire 56 la Poudnaie, alias la Poinaieen Augan 56 Le Boisguéhenneuc, Jerguy, La Villevoisin, La Bossar¬dais, Le Ruflay, Brembro, La Ville-Rio.en Assérac 44 Coadriguen, Pomosel, Les Portes, Saffréen Bouée 44 La Cour, Le Chatelier, La Fleuriais, Méréal, La Musseen Bruc 35 la Fontaineen Caro 56 la Villéon, le Clyo, la Cajal, la Boyrieen Cuzon 29 paroisse maintenant englobée en Quimper : Kermainguyen Dirinon 29 Kervernen Ercé 35 la Mézerette, l’Aubressonière, le Bordageen Fougeray 35 le Grand-Fougeray : Cahan, Villeneuve, soigne, les Clions, Bréhinen Gosné 35 Landeronde, La Vairie, Vernée, La Petitais, La Béderière, Les moulins et étangs d’Ouée, Bonnefonten Guignen 35 les Métairiesen Loctudy 29 Kervéréguinen Melgven 29 le manoir du Mérozen Mézières s/Couesnon 35 La Ville-0livieren Missillac 44 La Chauvelière, La Mâtinaisen Plougoff 29 Kermeuren Plouhine 29 Kéringaren Pont-Réan 35 la Massaisen Prinquiau 44 La Haye (autrefois sur la paroisse de Besné).en Savenay 44 La Babinaisen Tréogat 29 Le Minven, Kerdu

En plus de ces terres citées par Pottier de Courcy, acquises ou héritées avant la Révolution, on peut en citer plusieurs autres acquises ou héritées depuis le début du XIXème siècle :

en Angles 85 La Tour de Moricqen Basse-Goulaine 44 La Champagnèreen Haute-Goulaine 44 La Rabillardièreen le Landreau 44 Beauchêneen Massérac 44 Le Painbu, Le Petit-Maraisen Nesmy 85 La Domangèreen Tréal 56 Fanhonnec

Certaines de ces terres ou métairies furent des résidences pour la famille pendant des siècles, d’autres fermes et métairies ne furent pas habitées, mais confiées en location. Nous les avons presque toutes retrouvées et en donnons la description. Certains châteaux, manoirs, fermes ou métairies n’existent plus ou sont complètement en ruines ; d’autres subsistent encore et nous avons parfois pu en faire des photos, que le lecteur trouvera dans les pages suivantes.

Les résidences le plus longtemps habitées furent, des origines à la Révolution :

Le Boisguéhenneuc, en Augan.La Villéon en Caro.Le Clyo en Caro.Le Minven, en Tréogat.Le Méroz, en Melgven.La Cour en Bouée.Cahan, en Le Grand-FougerayLanderonde, en Gosné.

Toutes ces résidences étaient des châteaux ou manoirs, sauf La Villéon, plutôt une métairie ; presque toutes étaient des seigneuries, sauf Landeronde et le Méroz.

de la Révolution à nos jours :

Beauchêne, en Le Landreau.La Champagnère, en Basse-Goulaine.La Domangère, en NesmyLa Rabillardièr, en Haute-Goulaine

Seule La Champagnère fût achetée par James-Arthur,les autres étant venues dans la famille par diverses alliances.

Nous allons maintenant essayer de décrire ces résidences, fermes et métairies, d’après nos documents familiaux, des renseignements d’Archives et des indications recueillies sur les lieux. Nous indiquerons leur situation géographique, leur importance, l’époque et la manière dont elles sont venues dans la famille et en sont sorties et ce qu’il en subsiste en 1982.

Le Boisguéhenneuc, Jerguy, La Villevoisin, La Bossardais, Le Ruflay, Brembro, La Villerio.

Le Boisguéhenneuc, berceau de la famille, portant encore notre nom mérite un examen et une description plus détaillésLe Boisguéhenneuc est situé dans la commune d’Augan (56), à peu près à mi-chemin de ce bourg et de Ploêrmel ; sur la route départementale No 118 un panneau routier signale ce hameau ; les cartes cadastrales et d’Etat-major en font mention. Avant la fin du XIIIème siècle, ou tout du moins dans les premières années du XIVème siècle, le Boisguéhenneuc existait déjà dans son entité et sous ce nom, dû à la grande quantité de « bois épais et touffus ».Éon et sa famille y possédaient de 800 à 1000 ha de terres, de prairies et surtout de bois et de landes qu’ils exploitaient eux-mêmes avec des ouvriers agricoles ou qu’ils louaient « à ferme » contre argent et redevances en nature, à des métayers et fermiers auxquels ils procuraient logements et animaux.L’ensemble de terres, le château et les bâtiments d’exploitation constituaient la seigneurie du Boisguéhenneuc, dépendant juridictionnelle ment de la seigneurie du Bois du Loup (à quelques km au nord-est) qui tenait elle-même sous sa juridiction, avec droits de haute et basse justice, plusieurs fermes et métairies des environs, dont quelques-unes appartenaient à la famille : Le Ruffray, La Bazardais, la Villeroi, et plus tard après le mariage de Jean II et de Guillemette Voisin (vers I400), Jegun et La Ville-Voisin.Presque au milieu de ces terres, en bordure nord de cette ancienne voie d’Augan à Ploërmel, sur une petite éminence, un peu en retrait de la route, se trouvait bâti le château du Boisguéhenneuc, « vaste et simple », dit-on, mais sur lequel nous n’avons aucun autre détail. Il y avait certainement des systèmes de défense et de protection habituels à cette époque, peut-être même des fortifications plus importantes, permettant au seigneur de se mettre en sécurité, avec sa famille, ses métayers, fermiers et ouvriers contre les incursions de toutes sortes.A proximité du château, une chapelle consacrée à Saint-Jean, une fuie, des doubles rangées de chênes de chaque côté du chemin d’accès, tous signes de noblesse.Les livres d’Histoire de cette région de Bretagne ne nomment pas le constructeur du château qui existait vers 1300 ; nos documents de famille sont postérieurs à cette époque et n’en parlent pas non plus et personne n’en fait mention aux siècles suivants. Nous savons seulement que le Boisguéhenneuc était habité par Eon vers 1300/1320, que son fils Jean Ier (vers 1330-vers I360) y naquit et s’y maria à une La Bourdonnaye, d’une famille voisine d’Aguán.Pour quelle raison Éon se dit-il construire à Caro, à quelques kilomètres au sud du Boisguéhenneuc, un manoir qu’il appela « La Ville-Eon » et qu’il vint habiter ? Nous l’ignorons. Probablement, parce qu’au milieu du XIVème siècle, une partie du château fut dévastée à plusieurs reprises par faits de guerre : guerre des Deux Jeanne (1340), guerre et occupation anglo-normandes (1352), qui furent suivies d’une grande famine et d’une épidémie de peste au cours desquelles périrent les deux tiers des habitants. Le château subit encore des dommages lors de nouveaux conflits, de l’occupation anglaise et de la mise à sac de Josselin et de Ploêrmel. Cependant, on relève de nombreux Boisguéhenneuc cités à des Montres en tant que représentants de leur seigneurie et terres d’Augan, terres qui sont qualifiées de « considérables » à l’époque dans l’Acte de Réformation des Terres Nobles de 1669. On trouve Jean II en 1410, son fils Guillaume en 1448, Raoul en 1459, Gilles en 1513, ce qui ne signifie pas qu’ils habitaient le Boisguéhenneuc, mais qu’ils en étaient reconnus pour propriétaires ainsi que des fiefs et terres nobles aux environs du Boisguéhenneuc.La plus grande partie des terres du Boisguéhenneuc, et plusieurs autres à Augan et à Caro, restèrent dans la famille jusqu’à la fin du XVIème siècle, puis elles passèrent par mariage aux familles de La Bourdonnaye et de Bembo.En 1580, les restes du château furent détruits par les guerres de la Ligue et les terres d’Augan qui avaient pu être conservées jusqu’alors, furent transmises par mariage à la famille de Léone - aujourd’hui éteinte - et à nouveau à la famille de La Bourdonnaye, dont elles vinrent agrandir la vi-comté de Coction (en Ruffian - 56). A la fin du XVIème siècle, les du Boisguéhenneuc ne possédaient plus de terres en Aguán.En 1668, les La Bourdonnaye revendirent les terres du Boisguéhenneuc aux Pinault, qui les portèrent peu de temps après aux Faron de La Garoulais. Puis, en 1857, le Boisguéhenneuc devint propriété des du Breil de Pontbriand, et, plus tard, des Gréber.En 1860, Charles Vincent I (1815 - 1868) forma le projet d’en racheter quelques parcelles, mais ce projet n’aboutit pas ; le Boisguéhenneuc changea une fois encore de mains pour passer aux Peschard qui le possédaient encore à la fin du XIXème siècle.De nos jours, en 1980, le Boisguéhenneuc continue d’exister sous la forme d’un hameau portant ce nom, constitué de maisons d’habitation, de bâtiments d’exploitation agricole et laitière, de terres, de prairies, de bois et de landes ; son propriétaire en est Monsieur Chotard qui l’habite et l’exploite. Lui-même et sa famille, très accueillants, nous reçurent fort aimablement. Il nous a raconté que dans sa jeunesse, son père lui avait dit qu’étant encore enfant, il se souvenait bien que ces lieux étaient encore très boisés, rappelant et justifiant ainsi leur appellation.Sur une butte, derrière la maison de Monsieur Chotard, on peut encore voir les restes de vieux murs et vieilles constructions, et on peut imaginer qu’il s’agit peut-être de ceux de l’ancien château du Boisguéhenneuc... Mais, en dehors du panneau routier signalant le nom du village, rien d’autre ne vient le rappeler.Jerguy est un très vieux village d’une quinzaine de maisons vétustes, situé à 2 km au sud du Boisguéhenneuc, sur la route D. 107, en direction de Monterrein. Quelle était l’importance des terres possédées là par les du Boisguéhenneuc, et comment vinrent-elles dans la famille ? Nous l’ignorons. Probablement, aussi par les Voisin, vers 1400. Ces terres étaient érigées en seigneurie, avec droit de moyenne justice, et banc, enfeu et prééminence dans la chapelle. Pour nous, le seul intérêt est la chapelle Saint Guy, à l’extrémité sud du village, qui aurait été, dit-on, construite par un Boisguéhenneuc, au cours du XVIème siècle. Elle aurait été rebâtie sur les restes d’une très ancienne chapelle édifiée au Vlème siècle par le Seigneur de Guybourg, en souvenir de Saint-Armel qu’il avait reçu lors de son évangélisation du pays. Cette chapelle est en très bon état, régulièrement entretenue par les municipalités d’Augan et de Caro ; des offices s’y célèbrent encore chaque été.Un château, ou un manoir, existait aux XV et XVIèmes siècles, mais il fût détruit pendant les guerres de la Ligue, à la fin du XVIème siècle.

La Villevoisin (ou Ville-Voisin) : Cette ancienne seigneurie, qui avait droit de moyenne et basse justice, de banc et d’enfeu dans l’église d’Augan et d’auditoire dans cette paroisse, est située à 1 km du bourg d’Au¬gan, en direction du village de Jerguy. A la fin du XIVème siècle, elle appartenait aux Voisin, qui, vers 1400, la portèrent aux du Boisguéhenneuc, par le mariage de Guillemette Voisin avec Jean II du Boisguéhenneuc. En 1701, elle fût vendue aux Lambilly, en 1772 aux Savignac, et en 1887 aux Boisbaudry, qui la possèdent encore de nos jours.

La Bossardais - alias La Bouzardais - était une métairie noble à Au¬gan, auprès du Boisguéhenneuc, dont elle semble avoir dépendu. Nous ne savons quand et comment elle vint dans la famille, mais elle lui appartenait encore en 1610, année où elle passa aux Chouart, puis en 1664 aux Gréber, et plus tard aux Gaudin. C’était et c’est encore une ferme.

Le Ruflav était une terre noble touchant à La Villevoisin et qui parait aussi en avoir dépendu. C’est aussi actuellement une ferme.

Brembro tire son nom de celui d’un chevalier anglais : Bremborough, qui s’était établi en Bretagne après l’occupation de cette province par les armées anglaises ; il avait acquis un manoir et une métairie auprès du Boisguéhenneuc, et il avait épousé fille unique du propriétaire de ces biens. Manoir, métairie et village prirent le nom du nouveau possesseur, nom qui se transforma ensuite en Brembro, et plus tard en celui de Brembroc qu’il porte encore aujourd’hui. Manoir et métairie furent vendus peu de temps après et en 1453 une première partie fut cédée aux des Grées, Seigneurs de La Touraille, et en 1613 une seconde partie aux de Lézonnet. La première partie vint des des Grées dans notre famille par le mariage, vers 1475, de Jeanne des. Grées avec François I du Boisguéhenneuc. On trouve l’aveu dans l’Acte de Réformation des Terres Nobles de 1530. Nous ignorons ce qu’il en advint plus tard.

La Villério (alias La Ville-Rio), était aussi une seigneurie à Augan, près du château de La Touraille. Son nom vient certainement des Rio, ou Riou, car c’était une coutume dans cette région de donner à un hameau ou à un village le nom du principal occupant précédé de celui de « ville », pratique encore en usage dans la région de Saint-Nazaire, entre autres. Cette ancienne seigneurie avait droit de banc et d’enfeu dans l’église d’Augan, tout en dépendant de la baronnie de Malestroit. Au XIIIème Siècle, elle appartenait aux Rio ; au XIVème Siècle aux des Grées, Seigneurs de La Touraille, qui à la fin du XVème Siècle, comme Brembro, la portèrent aux du Boisguéhenneuc qui la possédaient encore à la fin du XVIème Siècle. Au moment de la Révolution, alors qu’elle était propriété des La Monneraye, elle fût vendue comme Bien National. C’est aussi actuellement une ferme.

Terres en ASSÉRAC (44) : Coadriguen, Pomosel, Les Portes, SaffréCe sont des noms de lieux ou de métairies souvent rencontrés dans des actes ou des baux anciens, mais dont il ne reste plus de trace aujourd’hui, ni sur les cadastres, ni sur les cartes d’état-major. La Mairie consultée n’en a aucune connaissance ; nous n’avons donc rien pu retrouver.

Terres en BOUÉ (44) : La Cour, Le Châtelier, La Fleuries, MéréalCes terres existent toujours, ainsi que des vieux manoirs ; la plus intéressante pour nous, du point sentimental, est certainement La Cour de Bouée, qui fit pendant plusieurs siècles la principale résidence d’une branche nombreuse de du Boisguéhenneuc. Olivier II du Boisguéhenneuc (1866 -1926), dans une lettre à son frère Louis en 1924, dit que « cette seigneurie avait été érigée en marquisat sous Louis XIII et que de ce fait nous étions autorisés à porter le titre de marquis et à placer la couronne au-dessus de nos armoiries ». Il ajoutait que « son frère ainé, Henri II, ne l’avait toutefois jamais porté, se bornant à faire figurer la couronne sur ses cartes de visite ». Nous avons déjà traité cette question et faute de preuve certaine, nous n’y reviendrons pas.Cette seigneurie vint dans la famille par le mariage de Jeanne Meschinot, de la Maison de Donges (44), vers 1425. Elle avait une superficie de 300 à 400 ha, composée de terres labourables, prés, marais, landes et bois.

A la fin du XVIIème siècle, faute de garçon, tous les biens de cette branche de La Babinais et de la Cour de Bouée revinrent aux trois filles d’Olivier II et de Marguerite de La Garrelaye :- Marguerite : mariée en 1690 à Jérôme Jouan, puis à A. de Cambout.- Léa : mariée en 1680 à Jean du Boispéan.- Suzanne : mariée en 1678 à Amaury de Madaillan de Lesparre.Elles décédèrent au début du XVIIIème siècle, portant dans les familles de leurs maris toutes les propriétés de Bouée et de Savenay.Nous n’avons pu savoir exactement l’importance du manoir de La Cour de Bouée à l’époque des Boisguéhenneuc, mais nous savons toutefois qu’il ne se composait que d’un seul corps de logis (celui qui est situé à gauche en arrivant), alors qu’actuellement, depuis 1800 environ, il en comporte deux, le second étant édifié perpendiculairement au premier (en face de l’entrée principale). La chapelle et la fuie existent encore, en bon état de conservation, telles qu’elles étaient du temps de nos ancêtres.Le propriétaire actuel est Monsieur Bès de Berc, très aimable et accueillant, frère de Madame Follenfant, de La Champagnère, en Basse-Goulaine.Des autres terres sises à Bouée, la plus ancienne est Le Châtelier, vieux manoir qui a conservé tout son cachet du XVIIème siècle, et qui fit longtemps résidence des cadets ou puînés de la famille de cette branche.Dans l’église de Bouée (du XVème siècle), rien ne perpétue le souvenir de notre famille ; sans doute parce qu’elle a surtout pratiqué longtemps la religion protestante calviniste à la chapelle de La Cour, plutôt que la religion catholique romaine à l’église de Bouée.Une histoire de la paroisse de Bouée est en cours de préparation depuis quelque temps, nous y trouverons peut-être d’autres renseignements.

Terres en CARO (56) : La Villéon, le Clyo, La Boyrie, La Caja"Les plus intéressantes pour nous sont La Villéon et le Clyo qui furent longtemps seigneuries au nom des du Boisguéhenneuc et résidences, alors que les autres terres ne furent que métairies et fermes.La Villéon fit construite vers 1300 par Éon du Boisguéhenneuc., qui, abandonnant le Boisguéhenneuc, en fit sa résidence. Elle fût d’abord seigneurie, puis devint juveignerie du Clyo, dont elle dépendit juridictionnelle ment quand l’ainé quitta La Villéon pour le Clyo. A ce moment la Villéon passa à un fils cadet ou puîné, et plus tard, devint métairie, lorsque les aînés partirent s’établir à Landeronde, en Gosné (35). Elle fût vendue en 1782. Si nous avons bonne connaissance des superficies de certaines terres, nous ne connaissons pas celles de La Villéon ; nous savons seulement qu’il existait plusieurs maisons et bâtiments ; au rez-de-chaussée, une salle basse, une autre pièce, une cuisine et une boulangerie, le tout dans un bâtiment de 40 pieds de long et de 18 de large ; au-dessus, trois chambres et un grenier ; à proximité immédiate, un autre bâtiment de 33 pieds de long et de 14 de large, et un jardin de 25 cordes ( environ I00 m².),La maison principale, qui devait servir de logement, subsiste encore dans sa forme ancienne, bien que très remaniée, et sert d’habitation et d’étable. Il reste au-dessus de la porte d’entrée quelques motifs de décoration des sculptures aux portes et fenêtres, un écu aux armoiries illisibles. Là non plus, rien ne rappelle le passage de notre famille en ces lieux.

Le Clyo (alias Le Cleyo) :Cette propriété est située à 5 km au sud-ouest de Caro, sur la route D.I66 qui relie ce bourg à celui de La Chapelle-Caro et à quelques centaines de mètres de La Villéon.C’est l’une des demeures ancestrales de notre famille qui nous intéresse le plus, parce que de nombreux du Boisguéhenneuc y sont nés et y ont vécu pendant trois siècles, et qu’il reste quelques traces de leur époque.Nous ne connaissons pas l’époque de construction du premier manoir, ou premier château, ni son importance, mais nous savons par l’Arrêt de Réformation de Février 1669, qui l’indique clairement, que les du Boisguéhenneuc l’habitaient en 1392 et que Guillaume du Boisguéhenneuc. (vers I400 - vers I471) le possédait le 5 Août 1427. Il est possible, sinon probable, que cette terre soit venue dans la famille par le mariage, vers 1370, d’Alain Ier du Boisguéhenneuc. (v.I345- v.1395) et de Suzanne de Castellan, qui, avant son mariage, dans des documents anciens, est souvent appelée « Demoiselle du Clyo » ; elle devait donc en être héritière et l’avoir apportée par mariage à Alain Ier. Ce fût probablement à partir de ce moment que Le Clyo devint résidence principale et habituelle des aînés de la famille, les cadets et puînés continuant à habiter La Villéon.Vers 1400, la propriété était déjà seigneurie, dépendant du marquisat de Malestroit ; elle possédait chapelle et fuie et avait droits de haute, moyenne et basse justice sur plusieurs fiefs et terres de cette région de Caro, dont La Villéon.La chapelle existe encore, mais très délabrée, fenêtres cassées, sans vitraux, porte et murs envahis par toutes sortes de végétation, le tout menaçant prompte ruine. A l’extérieur et à l’intérieur, rien de retient notre attention, ou le souvenir de la famille, sinon quelques fenêtres de style gothique et quelques dalles funéraires indéchiffrables aux inscriptions effacées par l’usure et le temps. Les vitraux que Pelage-Malo avait remarqués au moment de sa visite vers 1750 ont complètement disparu, de même que le coussin de prie-Dieu à nos armes dont il fait mention. Il en est de même de la fuie dont nous n’avons trouvé aucune trace. En dehors du château lui-même, rien ne rappelle plus le souvenir de nos ancêtres.Mais le château existe encore en très bon état, car il a toujours été habité et entretenu, et il a pu conserver à travers les siècles sa fière allure et quelques vestiges du passé, malgré de nombreuses transformations.Il se compose d’une importante demeure rectangulaire aux pierres apparentes de granit gris-bleuté, avec des tours rondes aux angles, à toits pointus d’ardoises. Sa surface, en trois étages et un sous-sol, est de 450 m² habitables et 250 m² d’entrée, couloirs et escaliers. Sur la façade nord une tour semi-hexagonale, avec des fenêtres à meneaux, abrite l’entrée principale et donne accès aux vestibules d’entrée et aux escaliers.Au cours du XIXème siècle, des modifications et des agrandissements importants ont été effectués pour englober dans des nouvelles constructions une tour ronde et quelques pièces du XVIème siècle, en bon état de conservation, avec leurs anciens dallages et boiseries, ce qui forme actuellement un « appartement d’hiver « plus facile à habiter.Cette grande demeure est « double » et traversée presque en son milieu, dans toute sa largeur, par un mur épais d’un mètre qui sépare le grand salon et la salle à manger, à l’est, de l’entrée et des escaliers, à l’ouest et dont le but principal est de recevoir les cheminées et leurs conduits.Dans le grand salon se trouve une cheminée monumentale malheureusement masquée par un mur construit lors des transformations des XIXème et XXème siècles, dans le but de diminuer cette pièce jugée trop grande et pour l’installation d’un chauffage central, travaux probablement exécutés vers 1920 par les Sœurs du Sacré-Cœur de Malestroit. Pelage-calo, lors de sa visite au Clyo vers 1750, avait bien remarqué cette cheminée décorée à sa partie supérieure d’un grand écu sculpté, représentant les armoiries de six familles :une demi partie : du Boisguéhenneuc une demi partie : de Lézonnet. Au centre, se trouvent quatre écussons plus petits, rassemblés en carré, aux armes des :

de Castellan : (alliance de 1370)de Talhouet de Brignac : (alliance de 1445)des Grées : (alliance de 1476)du Houx de Bodel : (alliance de 1530)

ce qui nous renseigne sur l’époque approximative de la pose de cet écu, après 1530, date de la dernière, alliance.

Nous ne savons pas la disposition de ces six écus, mais il y a lieu de croire que du Boisguéhenneuc se trouve à la mi-partie supérieure de Lézonnet se trouve à la mi-partie inférieure et que les quatre autres plus petits sont placés au centre, en carré, dans l’ordre des alliances.Monsieur et Madame de l’Épinay, propriétaires du Clyo de 1947 à 1978, que nous avons rencontrés plusieurs fois, connaissaient bien l’existence de cette grande cheminée et de ses écussons, sans toutefois savoir quelles étaient les familles dont les armes étaient représentées, et ils avaient manifesté l’intention de la faire dégager ; mais, cette idée fût abandonnée en raison de l’importance et du coût des travaux.La revue « Mieux Vivre », dans son numéro de Novembre 1961, indique que « le château du Clyo, avec ses deux hectares de prairies et de bois, a été » « acheté en 1977 pour 610.000 Fr par Monsieur et Madame Ruel ». Lui est capitaine au long cours et elle employée de bureau. Ils ont depuis effectué beaucoup de travaux : toitures, menuiserie, plâtrerie, peintures, réfection de parquets et de boiseries, etc.. L’auteur de l’article mentionne en outre que « depuis sa construction en 1560, le Clyo a toujours été habité par la même » « lignée », ce qui est inexact, car nous savons qu’il existait en 1392, que nos ancêtres l’ont vendu en 1676, et qu’avant les Ruel il a eu bien d’autres propriétaires, dont les Sœurs du Sacré - Cœur de Malestroit, un marchand de biens de Rennes et les de l’Épinay.Le Clyo fut donc la résidence de beaucoup de nos ancêtres de 1400 à 1676, année où la famille, devenue nombreuse, se divisa en deux, une partie allant s’établir au Minven, en Tréogat (29), et une autre à Landeronde, en Gosné (35). En 1676, année de la vente, la superficie de cette propriété était de 300 ha environ ; en 1947 de 7 et en 1977 de 2 seulement.

LE CLY0 (Caro-56) – (Texte et photographie extraits de la revue « Mieux Vivre » No 31 de Novembre 1981.)Le château du Clyo, acheté en 1977 avec deux hectares de prairies et de bois, 610 000 frs, par les Ruel, en est un exemple typique. Situé dans la région de Ploêrmel, le château était toujours resté habité par une seule et même lignée, depuis sa construction en l’an 1560. Agrandi au XIXème siècle, il était bien entretenu et d’un confort acceptable puisque chauffage central et sanitaires étaient déjà installés. Seule la décoration intérieure avait subi des dommages. Des travaux d’urgence ont été effectués : menuiserie, électricité, plâtres, peinture, réfection des boiseries et des parquets. Une dépense de 150 000 Frs à laquelle il a fallu ajouter la rénovation de la charmante tour de guet qui fait face au château (18 000 frs.). La restauration se poursuit doucement avec les enfants et les amis. « Acheter un château, pour moi, cela faisait partie du rêve », raconte Jean-Marc Ruel, « c’était quelque chose de réservé aux gens très riches, inaccessible à des salariés comme nous ». Sa femme est employée de bureau et lui est capitaine au long cours dans une société privée. Issus de familles modestes tous les deux, leurs parents respectifs les ont traités de fous : « et les meubles et l’entretien ? ». « Lorsque l’on détaille les pièces, on constate qu’elles sont déjà très chargées : boiseries, portes, placards, fenêtres, cheminée, c’est seulement le centre qu’il faut meubler. Quant à l’entretien, une seule contrainte : faire réviser la toiture tous les ans, coût 3 000 frs. Bien sûr, pour mille cinq cent mètres carrés de parquets, il faut un peu plus d’encaustique et pour soixante fenêtres un peu plus d’alcool à brûler, mais à la campagne, les maisons se salissent moins ». Hélène Ruel se fait aider pour le ménage, quatre matinées par semaine, « à peine plus qu’en appartement », précise-t-elle, « Pas question de tout chauffer. Cette année la dépense de fuel est évaluée à deux mille cinq cents litres pour une surface habitée en permanence de quatre-vingt-cinq mètres carrés. La cage d’escalier représentant avec l’entrée à elles seules presque deux cents mètres carrés ! ».

La Boyrie ; La Cajal :"La Boyrie" était une terre noble et plusieurs filles en portèrent fréquemment le titre ; La Cajal n’était qu’une ferme. Elles existent encore toutes les deux mais en tant que fermes et en très mauvais état.

Terres en CUZ0N (29) : Kermaingu".Kermainguy était une petite propriété située dans l’ancienne paroisse de Cuzon, aujourd’hui englobée dans Quimper, et dont nous n’avons pas retrouvé trace, malgré nos recherches.

Terre en DIRIN0N (29) : KervernDans cette localité, nous n’avons rien retrouvé parmi les quelques fermes du village de Kervern.

Terres en F0UGERAY (35) : Cahan, Villeneuve, Coigne, Les Clions. BréhinCet important chef-lieu de canton, au sud du département, appelé simplement Fougeray autrefois, porte maintenant le nom de Grand-Fougeray. Les terres possédées jadis par la famille sont presque toutes groupées autour de Cahan, la plus importante, sauf Villeneuve qui se trouvait dans le bourg de Fougeray.La terre de Cahan est intéressante pour nous parce qu’elle fut la résidence de la famille pendant une centaine d’années, qu’elle subit de nombreuses épreuves pendant la Révolution, et surtout parce qu’elle existe encore de nos jours dans le même état qu’au milieu du XIXème siècle. La gentilhommière est située au bord de la Chère, à 5 km au sud du bourg. Construite en pierres de granit du pays, assez foncé, c’est une maison à un étage, de 20 mètres de long et de 6 mètres de large. Une tour ronde, extérieure à la façade, au toit pointu couvert d’ardoises, abrite un escalier de pierre desservant l’étage et le grenier. Cette demeure rappelle les gentilhommières des environs de Rennes, un peu sévères par les teintes grises foncé ; elle est sans ornementation.L’ensemble des propriétés groupées autour de Caban représentait de 250 à 300 Hectares de terres, prairies, landes et bois. Ce domaine vint dans la famille par le mariage le 8 février 1753 de Pelage-Malo (I716-1775) et de Su¬zanne - Thérèse - Apolline de Launay, Demoiselle de Caban, des Clions, de Coigne et de Bréhin, fermes et métairies dont elle était l’unique héritière. Ces biens provenaient de sa mère Mathurine Gyré de la Bellière.Ces propriétés furent presque toutes vendues comme bien national lors de la Révolution, par suite de l’émigration de Charles-Vincent Ier, auquel elles appartenaient à l’époque. Il ne rentra en France qu’en 1815 et put rentrer en possession de ses biens. Une partie fût rachetée et une autre récupérée à la suite de longs procès intentés à des voisins qui avaient profité de son absence pour accaparer les terres non vendues. Les copies de ces procès sont parvenues jusqu’à nous et nous fournissent de précieux renseignements.A Cahan, rare exception, nous trouvons trace de notre famille par une plaque triangulaire d’ardoise, scellée sur la façade principale, sur laquelle est gravée l’inscription suivante « Reconstruit par Emma-Maria du Boisguéhenneuc en 1831 ». Emma-Maria, seule enfant de Charles-Vincent Ier à avoir vécu, mariée à Pierre Dubois de Beauregard, n’eut pas de descendance et laissa les biens de famille à son mari, qui à son décès les transmit à son cousin-germain par alliance, James-Arthur. Ce dernier en revendit une partie vers 1846 pour acheter La Champagnère, en Basse-Goulaine (44), mais laissa à son fils Henry Ier deux fermes à Cahan. Celles-ci constituèrent le deuxième des sept lots qui furent constitués en 1896, lors du partage des biens d’Henry Ier et d’Anne-Marie-Françoise Bougrenet de La Tocnaye entre leurs enfants. D’un revenu net de 3 800 Fr l’an d’une superficie de 86 ha 28 ares, elles furent estimées 105 000 Frs.Villeneuve était une maison d’habitation avec peu de terres, située à la sortie ouest du bourg de Fougeray. Il n’en reste plus que les ruines d’un vieux mur qui sert de soutènement à une maison élevée sur le même emplacement.Coigne, Les Clions, Bréhin étaient des fermes ou des métairies dépendant de Caban et qui avaient la même origine. Nous remarquerons que « Les Clions » fût le nom qu’emprunta pendant la Révolution Alexandre-Benjamin du Boisguéhenneuc (1768-1793), émigré à Saint-Domingue, qui, par prudence, évitait de porter le sien.

Terres en LOCTUDY (29) : Kervéréguin.Bien que cette terre soit citée par Pottier de Courcy comme ayant été propriété des du Boisguéhenneuc, nous n’en sommes pas certain, et nous pensons plutôt qu’elle a toujours appartenu aux Penfentenyo, dont l’un d’eux, Jean-François, épousa le 29 Janvier 1714 à Tréogat (29) Mauricette-Anne du Boisguéhenneuc, fille de Charles-Jean et de Marie Noêl. Du fait qu’ils ont eu une descendance, il est vraisemblable que cette propriété soit restée dans la famille Penfentenyo. Nous n’avons pas effectué de recherches à ce sujet.

Terres en MISSILLAC (44) : La Chauvelière, La Mâtinais.La Chauvelière est située entre le château de La Bretesche et La Boche-Bernard, à quelques centaines de mètres au sud de la Route Nationale No 165. Mis à part les vestiges d’une cheminée monumentale pouvant dater du XVIIIème siècle, il ne reste de l’ancienne demeure que de vieux murs de fondation noyés dans des bâtiments de ferme plus récents.De La Mâtinais, nous n’avons trouvé aucune trace, aucun village ou hameau ne porte plus ce nom dans la commune. Nous n’avons pu trouver l’origine de ces biens.

Terre en PL0UGOFF (29) : KermeurNous n’avons pas encore fait de recherches à cet endroit.

Terre en PL0UHINEC (29) : KéringarNous n’avons pas non plus encore entrepris la recherche de cette terre.

Terre en PRINQUIAU (44) : La Haye.La terre de La Haye, située maintenant sur la commune de Prinquiau, l’était autrefois sur celle de Besné (44). Nous trouvons plusieurs mentions de du Boisguéhenneuc comme seigneurs de La Haye de Besné, mais aucun document ne nous permet de savoir quand et comment cette terre entra dans la famille et en sortit. Nous pensons que ce fit par un mariage entre un du Boisguéhenneuc de La Babinais, ou de la Cour de Bouée, terres situées à une dizaine de kilomètres de là, et d’une héritière de La Haye. La famille de Geloes, qui possède actuellement ce domaine - et dont le château est une vaste demeure du XIXème siècle, dans laquelle sont noyés des restes plus anciens - n’a pu nous donner aucun renseignement le concernant.

Terre en SAVENAY (44) : La Babinais.Avant de parler de La Babinais, il y a lieu de préciser qu’il existe à proximité de Bouée, deux villages de ce nom : l’un est situé sur la commune de Bouée, à 3 km de La Cour, près de La Bossardais, l’autre sur la commune de Savenay, sur la route de Bouée à Malville, à 8 km de Bouée. Nous n’avons pu savoir laquelle était La Babinais dont nos ancêtres ont porté le titre. Quoiqu’il en soit, aucun de ces villages n’offre pour nous le moindre intérêt puisqu’il ne reste aucune construction antérieure à 1800/1900.Bien que nous ayons tout lieu de penser que ce fût par le mariage de Jeanne Meschinot et de Jean du Boisguéhenneuc, vers 1400/1450, que La Babinais vint dans la famille, étant donné que c’est à partir de cette époque que les du Boisguéhenneuc commencèrent à porter le titre de seigneurs de La Babinais, auquel ils associèrent plus tard, celui de Seigneurs de La Cour de Bouée, aucun document ne nous permet de l’affirmer. Ce que nous savons, par un acte testamentaire, c’est que La Babinais, en même temps que La Cour de Bouée, fût transmise par héritages des demoiselles Léa et Suzanne du Boisguéhenneuc aux Madaillan et aux du Boispéan, en 1776.

La BabinaisLa Babinais est un village placé, comme beaucoup d'autres à Bouée, à la limite des terres labourables et des prairies inondables. Le nom du lieu, que l'on prononçait naguère Babinaï, dérive du nom de personne Babin. Un des premiers occupants du site, au Moyen-Age, devait porter ce nom. Avant la Révolution, on distinguait la Grande Babinais, appelée aussi la Cour de la Babinais, et la Petite Babinais. La Grande Babinais était une terre noble avec un manoir. Ses possesseurs sont connus depuis l'époque des ducs de Bretagne. En 1448, c'était Pierre de Mesnoël ; en 1454, Alain Meschinot. Puis la famille Du Boisguéhenneuc eut en main cette terre noble pendant plus de 250 ans. Les nobles étaient exempts d'impôts mais ils devaient le service militaire. Ainsi, Merri du Boisguéhenneuc, seigneur de la Babinais, fut appelé en 1543 pour garder les ville et château de Nantes. Les Du Boisguéhenneuc vinrent aussi en possession de la Cour de Bouée dont ils firent leur résidence, aussi le manoir de la Babinais fut-il délaissé. Il était loué à des paysans avec les terres environnantes comme métairie. Les Du Boisguéhenneuc, qui adhérèrent à la religion protestante, se faisaient inhumer dans la chapelle de la Babinais, auprès du manoir. Il y avait aussi une fuie, c'est-à-dire une tour servant de colombier. Il ne subsiste plus aucune trace de ces édifices ; l'étang de la Cour de la Babinais est probablement le seul témoignage de cette importance passée.A la Petite Babinais, une métairie appartenait aussi au domaine ; les autres maisons étaient à des paysans. En 1789, les deux métairies de la Grande et de la Petite Babinais appartenaient au seigneur de la Cour de Bouée, Louis-Claude-René de Monti. Il émigra en 1792 et tous ses biens furent confisqués au profit de la Nation puis vendus. La métairie de la Petite Babinais fut achetée par un coiffeur de Nantes, Denis-Joseph Le Borgne et celle de la Grande Babinais par Nicolas Barbet de Couëron. Plus tard, Claude de Monti et son épouse reconstituèrent toutes leurs propriétés en rachetant ce qui avait été vendu comme bien national. Leur fils unique, Louis, mourut en 1874 à la Cour de Bouée. Bien que marié deux fois, il n'avait pas eu d'enfant. Une partie de ses biens, dont les métairies de la Babinais, échut aux Du Boisbaudry qui les ont détenues jusque vers 1960.Le nom de lieu Babinais s'applique aussi à de vastes prairies situées au sud-ouest du village et qui dépendaient du domaine noble. Un moulin à vent, aujourd'hui disparu, était appelé moulin de la Babinais ; il était situé à Haut-Chemin, à l'entrée du chemin de la Brunelais (côté nord). C'était le moulin seigneurial de la Cour de Bouée. Il était tout proche du moulin de la Roche, moulin subsistant, qui dépendait de la vicomté de Donges et de la baronnie de la Roche en Savenay.

Terres en TRÉOGAT (29) : Le Minven.Le Minven, anciennement le « Mengwen », autrement dit « les pierres blanches » est situé en pays bigouden, à 20 kms au sud-ouest de Quimper, sur la commune de Tréogat. Bien qu’abimé par une construction plus récente qui lui est accolée, le beau et vieux château existe encore. La grande porte et les fenêtres sont ornées d’accolades sculptées et à l’intérieur subsiste un bel escalier de pierre, mais il ne reste rien de la chapelle. Derrière le château on découvre les restes du mur d’enceinte.Le château et le domaine appartenaient, au XVème siècle, à une famille du Minven fondue en 1536 dans celle du Marhallac’h de Kerraoul qui les portèrent aux Lanros. Par le mariage, en 1598, de Charles du Boisguéhenneuc, seigneur de la Boyrie et du Clyo, avec Marie de Lanros, il vint dans la famille et y resta jusqu’à la Révolution. Charles-Nicolas du Boisguéhenneuc émigra et le château fût vendu comme bien national, tandis que sa famille vécut dans les communs et des cabanes construites aux alentours. Son épouse Perrine Gouyquet de Bocosel, restée avec ses enfants en pays bigouden, s’installa, plus tard à La Forêt, en Loctudy, mais ne put jamais racheter le Minven.L’ensemble des terres du Minven, y compris la métairie qui en dépendait, avait une superficie de 300 ha environ. A l’heure actuelle, une partie des terres de la métairie est exploitée par Monsieur Gléhen ; elles lui vinrent de son épouse une demoiselle Billien. Cette famille nous reçut aimablement et nous communiqua ses archives. Parmi celles-ci nous découvrîmes les originaux des ventes comme « bien national » de la métairie et du moulin à vent du Tohou, que nous avons pu photocopier.Nous avons ainsi appris que : « La Métairie du Minven, Bien National, provenant de l’émigré Charles du Boisguéhenneuc du Minven » a été vendue le 29 Prairial, an III (17 juin 1795). Sur le titre de propriété sont détaillés l’arrentement annuel des terres et bâtiments et l’estimation des bois. Nous pouvons lire : « ... Procédant au calcul général d’iceux, nous avons trouvé « « que l’arrentement annuel est de trois cent quatre-vingt-sept livres dix sols « et que d’après le prix commun de cette nature de bien, dans cette commune, » « le dit bien est estimé valoir en principal une somme de sept mille sept cent cinquante livres...7.750 L - Les bois fonciers fruitiers et bois courante portent suivant notre estimation à treize cent quatre-vingt-douze livres... 1.392 L - Total général : ... 9.142 L. Enregistré à Pont-Croix, le 29 Prairial An III.Un autre document nous dit : « Le Moulin à vent du Tohou et dépendances acquis à la république comme provenant de l’émigré Boisguéhenneuc du Minven, le dit moulin évalué conformément à l’article huit de la loi du 28 » « Ventôse par procès-verbal d’estimation du quatre thermidor du citoyen Gilles Le Bros, expert nommé par délibération du département du neuf thermidor et Hippolyte Charpentier, expert nommé par l’acquéreur par une soumission » « du même jour, au revenu net et annuel de cinquante francs ...50,00, qui, multipliés par 18, donnent un capital de 900 Fr - neuf cents francs -. Fait en » « l’Administration Centrale du Finistère, à Quimper, le 17 Thermidor de l’An » « IV... » (4 Août 1796).Dans le château il ne subsisté plus aucune trace de notre famille, mais nous y sommes sentimentalement attaché, car il fût pendant deux cents ans une des principales résidences des Boisguéhenneuc et plusieurs rameaux y prirent naissance. Aux Archives du Finistère nous avons trouvé de nombreux actes d’Etat-Civil (de 1606 à 1780), émanant de la paroisse de Tréogat, qui nous ont permis d’établir des filiations suivies et mires, alors que nous ne possédions aucun document familial sur cette branche du Minven maintenant éteinte.En plus des terres citées par Pottier de Courcy, que nous venons de situer et de décrire, nous en connaissons d’autres qui furent occupées par notre famille, soit en des temps anciens, soit naguère et que nous allons examiner maintenant.

Terre en ALLAIRE (56) : La Poinaie (alias La Poudnais).La Poinaie, souvent appelée La Poudnais dans plusieurs documents anciens, est située à 4 km au nord d’Allaire et à I0 km à l’ouest de Redon.Cette demeure vint dans la famille vers 1450V1500 par le mariage de Raoul du Boisguéhenneuc et d’une Demoiselle de La Poudnais qui en était l’¬héritière. Cette union donna naissance à un rameau qui vécut jusque vers 1600, mais sur lequel nous n’avons que très peu de renseignements.Nous ignorons s’il y avait des terres, mais la demeure, plusieurs fois reconstruite ou modifiée depuis cette époque, existe encore. Il s’agit d’une maison simple de 100 m2 environ. Elle est décrite en ces termes, dans l’ouvrage « En pays gallo... Allaire » de G. Le Cler, page 74 : « Et voici « La Poinaie, berceau de la famille Payen. Il y avait une fois ... pourrait-on dire tristement en contemplant les ruines de l’ancien manoir ... ». Il devait pourtant rivaliser avec bien d’autres gentilhommières si l’on en juge par les moulures, entrelacs et cheminées remarquables de finesse et de « goût »... »Là vécut la famille du Boisguéhenneuc aux consonances rudes et « sauvages » (sic). Rectifions et disons que cette maison n’a pas actuellement l’aspect d’une ruine puisqu’elle est habitée par un pharmacien de Rennes. Nous n’y avons trouvé aucune trace de notre famille.

Terres en ANGLES (85) Les Grossards. Le Grand Champ de Foire, le village de Morion. La Tour de Moricq. La Lambourde, le Petit Champ de Foire.Ces terres vinrent dans la famille en 1874 à la mort d’Adolphe Bougrenet de La Tocnaye dont la fille, seule et unique héritière, avait épousé Henry Ier, en 1857.Les Grossards étaient constitués essentiellement de prés et de terres, sur la commune d’Angles, d’une superficie de 43 ha 60 a et le Grand Champ de Foire, avait une contenance de 4 ha 96 a. Quant au village de Moricq, il consistait en bâtiments, prés et pâtures de 3 ha environ. Ces terres faisaient partie du troisième des six lots qui furent tirés au sort entre les enfants d’Henry Ier et d’Anne-Marie Françoise Bougrenet de la Tocnaye, à sa mort, et qui échut à Olivier Ier. Moricq était autrefois un petit port situé sur le golfe des Pictons. Les alluvions du Lay et les bancs de l’océan l’ont peu à peu comblé. La féodalité y a laissé un témoin sous la forme d’un curieux donjon carré, construit en pierre de Charente de moyen appareil, avec tour d’escalier à l’angle nord-ouest et chemin de ronde. Abattue à deux reprises par les protestants : en 1570 et en 1621 par les troupes royales envoyées à la poursuite de Soubise, la tour latérale a été rétablie depuis, mais sans soin. Le donjon, au contraire, a résisté, extérieurement du moins, aux injures répétées du temps et des hommes. Malheureusement, l’intérieur a été fâcheusement dénaturé au début du siècle pour en faire des greniers à blé. Haute, large et longue de 14,70 m, on lui donne la même profondeur en terre.Des prisonniers politiques y furent enfermés à différentes époques, et notamment sous Louis XIV ainsi qu’en témoignent les nombreux graffiti conservés sur les murs de la salle basse.Successivement possédée par les Luneau, de Bazoges en Pareds, les Machecoul et les Girard, la Seigneurie de Moricq, qui relevait alors de Talmond, passa en 1720 aux mains de Madame de La Taste, veuve d’un maréchal de camp, qui assécha les marais environnants, rétablit le port et rendit au pays sa prospérité première.Vestige intéressant de l’architecture militaire féodale en Vendée, la Tour appartient toujours à la famille, alors que les autres terres ont été vendues en 1925.Quant à La Lambourde, avec la pièce du Petit Bois et le Petit Champ de Foire, d’une contenance de près de 60 ha, de la même origine que les autres terres d’Angles, elle composait le deuxième des six lots tirés au sort. A notre connaissance, cette propriété n’est plus dans la famille.

Terre à BRUC (35) : La Fontaine.Nous n’avons pas recherché cette terre et nous ne savons rien la concernant.

Terres en ERCÉ (35) : La Mézerette, l’Aubressonnière, Le Bordage.Ercé, qui s’appelle maintenant Ercé-près-Liffré, est situé près de Liffré, à 5 km au nord de cette commune, sur la route menant de Rennes à Fougères.La Mézerette vint dans la famille apportée en mariage par Marie-Adélaïde Le Bastard de Baulac qui épousa Charles-Vincent Ier, en 1782. Elle fit longtemps une résidence de la branche de La Villéon. Jusqu’en 1870, Arthur (1845-1913) venait y faire des séjours et s’occuper des fermes dans la région. Au XIXème siècle, elle se composait de deux corps de logis séparés, d’une cour, de terres, prés, bois et taillis de « cinq journaux soixante-quinze, « huit cordes », soit deux tiers d’hectare environ. Les deux corps ont été réunis et forment une jolie gentilhommière qui appartient à la veuve d’un chirurgien de Rennes, chez qui nous fûmes très aimablement reçus ces dernières années.L’Aubressonière, de la même origine que La Mézerette, n’est séparée d’elle que de quelques centaines de mètres. Elle a toujours été et est encore-une petite métairie. Elle fût donnée à bail pour six ans par Arthur, en 1880.Le Bordage est également en Ercé ; c’était autrefois une châtellenie d’ancienneté, érigée en marquisat en 1656 pour les Montbourcher, qui le passèrent, par alliance, aux Franquelot de Coigny (Pottier de Courcy). Ce domaine vint ensuite aux Malo du Clairay et dans notre famille en 1715 par le mariage d’Anne-Marie Malo du Clairay, avec son tout proche voisin de Landeron¬de, Hyacinthe du Boisguéhenneuc. Il revint plus tard dans la famille Malo du Clairay. Aux XVIème et XVIIème siècles, c’était un important domaine de 80 à 100 ha, qui étendait sa juridiction sur les terres nobles des environs, dont celles de la famille à Ercé et à Gosné.

Terres à GOSNÉ (35) : Landeronde. Vernée, La Petitais, La Béderière, La Vairie, Bonnefont. Ouée.Gosné se trouve sur la Route Nationale 12, de Rennes à Fougères, à peu près à mi-chemin de ces deux villes.La principale de ces terres était Landeronde, composée d’une demeure érigée en seigneurie vers 1700, d’une métairie près de Landeronde et de plusieurs autres métairies et fermes, plus ou moins importantes, dont seules, quelques une servaient de demeures. Ce domaine est à quelques km d’Ercé. Il dépendait juridiquement du marquisat du Bordage et avait une superficie approximative de 70 à 80 ha, non comprises les terres dépendant de la demeure noble.Landeronde vint dans la famille de la même manière que Le Bordage. Beaucoup de nos ancêtres y vécurent, du milieu du XVIIIème siècle jusqu’en 1837, et notamment pendant les difficiles années de la Révolution. Nous ne savons pas comment et pourquoi cette propriété sortit de la famille. C’est actuellement une maison de campagne, une résidence secondaire, habitée surtout l’été. Elle appartient aux Nicolas, pharmaciens retraités, de Rennes, qui nous ont reçu très aimablement en 1981 et nous ont fait visiter la maison ; elle est de dimensions modestes : 15 m de long, 8 m de large.A l’origine, c’était un seul corps de bâtiment, mais il a été ajouté aux extrémités des ailes un peu plus larges qui l’ont bien agrandie, en lui donnant des proportions plus harmonieuses. Nous avons remarqué que les lieux n’avaient pas beaucoup changé depuis le début du XIXème siècle, et qu’il reste, encore en parfait état, des menuiseries, des boiseries et des huisseries datant de cette époque, notamment un bel escalier de chêne, des portes et des fenêtres se fermant « à la barre » de bois, peut-être mises en place par nos parents...Un parc d’une superficie de 800 à I 000 m² s’étend devant la maison, planté d’arbres de belles essences, qui, nous a-t-on dit, ont été rapportés d’Amérique par nos ancêtres marins.Les propriétaires s’intéressent au passé de leur maison de Landeronde et possèdent des documents anciens (trouvés dans les greniers) qu’ils nous ont fait photocopier, ce qui nous a permis de connaitre une partie de l’histoire de cette demeure ancestrale.Les autres terres étaient des fermes ou des métairies toutes situées aux alentours de Landeronde, sauf La Béderière, qui est un plus éloignée, dans la commune de Montreuil-sur-Ille.Pendant la Révolution, nos parents prirent l’habitude entre eux et avec leurs amis, pour éviter de se faire reconnaître et pour échapper aux recherches, de ne pas porter leur nom de famille, mais celui de leurs terres. C’est ainsi que, dans leurs lettres, ils s’appellent « La Petitais », « La Béde¬rière », « des Clions » ou « Demoiselle d’Ouée ».Vernée est une grande ferme entre Gosné et Ercé, tout près de Landeron¬de. Nous ne savons ni quand, ni comment elle entra dans le patrimoine familial et en sortit. Nous savons seulement qu’en 1763, elle mesurait 47,5 cordes (75 ha environ) et fut louée à bail pour 19 £, 10 sous, 4 deniers par an et qu’en 1824, elle était la propriété d’Emma-Maria qui la loua au sieur Guyot pour 70 ? par an.La Petitais était une métairie à la sortie du bourg de Gosné contenant 40 cordes (65 ha environ). Esprit-Pierre-Agathe en portait le titre et le surnom.Ouée (Les Moulins et Etangs d’Ouée). La région d’Ouée est surtout connue de nos jours par son camp militaire dit « Camp de La Lande d’Ouée » et par le réputé « bagad » du régiment d’infanterie qui y est stationné. Autrefois, cette propriété, dont le titre était porté par Claire-Perpétue (1731-1819) se composait de landes et de prés de peu de superficie, l’essentiel était représenté par deux grands étangs (70 ha) superposés, séparés par une digue de pierre et de terre glaise dont les eaux alimentaient des moulins que nos parents louaient aux cultivateurs pour moudre leurs céréales. Ils louaient aussi la pêche et vendaient le poisson qui était très estimé. (remarquons au passage que ces droits de posséder des étangs, des moulins à eau ou à vent, des fuies, des quadruples rangées d’arbres étaient des apanages de la noblesse).Tous ces biens furent vendus nationalement en 1793, mais notre famille put les racheter en 1811, les remettre en état et reprendre les locations et les ventes de poisson.L’un de ces moulins, celui de l’étang inférieur, existe toujours, et en écartant la végétation désordonnée de lianes et de lierres qui le recouvre presque entièrement, on peut encore apercevoir l’ancienne roue à aubes qui l’animait et une vieille meule de grès, toujours entière, qui datent peut-être du temps des du Boisguéhenneuc.Leusche et la Bédorière, ont été habitées quelque temps, mais elles étaient surtout des fermes ou des métairies louées à bail, alors que La Vairie et Bonnefont n’ont été que des fermes que nous n’avons pas recherchées.Toutes ces terres de Gosné et de Montreuil sur Ille, sont sentimentalement intéressantes pour nous, car plusieurs ont servi de résidence, ou ont même été parfois exploitées directement par des du Boisguéhenneuc, de 1715 à 1837, époque proche de la nôtre, et que nos ancêtres y ont passé les années douloureuses de la Révolution, vivant souvent pauvrement, toujours dangereusement.Le 24 Avril 1773, à l’initiative de Pelage-Malo, pressentant probablement les troubles qui devaient survenir quelques années plus tard, les trois frères et les quatre sœurs rédigèrent un acte sous seings privés de donation-partage de tous leurs biens. Pelage-halo, l’ainé, choisit le premier, se réservant Landeronde, ses bois et son pressoir, les moulins et étangs d’Ouée et les fiefs de Vernée et de la Petitais ; ce fût ensuite le tour des puinés de choisir ; puis celui de la première puînée, Gilette-Henriette ; enfin, en dernier lieu, celui des trois autres sœurs cadettes.Pelage-Malo fit remarquer ensuite qu’il était effrayé de la situation dans laquelle se trouverait la dernière vivante - aucune n’était mariée - ne jouissant que de faibles revenus à un âge où on a le plus besoins de secours et qu’il était d’avis qu’elles se fassent une donation mutuelle de leurs biens immeubles, comme elles l’avaient fait de leurs biens meubles ; ce à quoi les frères puinés acquiescèrent, sans hésitation. Alors, Gilette-Henriette, ainée des quatre filles, dit que ses sœurs et elle y avaient déjà pensé, mais qu’elles avaient jusqu’alors appréhendé de le faire, et puisque leurs frères les en sollicitaient, elles y consentaient avec plaisir et pour marquer leur reconnaissance, elles promirent de ne point aliéner leurs fonds, sauf la métairie de la Villéon (Caro) en raison de son éloignement, et dans ce cas, promirent de la remplacer. Au décès de Claire-Perpétue en 1819, tous les biens revinrent à ses neveux Charles-Vincent Ier, Esprit Pierre-Agathe, Guéthénoc - Éon, qui les revendirent presque tous pour financer le rachat de Caban et l’acquisition de La Champagnère, de Beden et de Nantes. Au décès d’Esprit Pierre-Agathe en 1837, ses biens passèrent à ses neveux, enfants de son frère Charles Vincent Ier.

Terre en GUIGNEN (35) Les MétairiesNous n’avons pas fait de recherches de cette terre.

Terres en BASSE-GOULAINE (44) la Champagnère, les Savarières.La Champagnère est située à I km du bourg de Basse-Goulaine, lui-même à 8 km à l’est-sud-est de Nantes. Elle aurait été acquise vers 1840 par Gué¬thénoc-Eon qui la cède ensuite à son fils James-Arthur qui l’habitat jusqu’en 1868, année de sa mort ; sa veuve, Léocadie Le Roy de La Trochardais, la vendit pour venir habiter Nantes, 3, place de la Préfecture.C’est une propriété de 3 ha, avec un parc bien planté de beaux arbres, clos de murs. La maison d’habitation est de style languedocien : briques roses, encadrements de portes et fenêtres, colonnes de soutien de balcon en tuffeau. Cette maison se compose d’un rez-de-chaussée et d’un étage, de chacun cinq pièces. Elle a été modernisée en 1974, mais souffre du manque d’entretien. Des bâtiments de servitude, dits « communs » sont placés de part et d’autre de la cour d’honneur, du côté de la façade principale et sont du même sty¬le, formant un ensemble harmonieux et symétrique. Selon la propriétaire actuelle, Madame Follenfant, sœur de Monsieur de Berc, de La Cour de Bouée, cette maison ne serait pas celle qui fût achetée par Guéthénoc Eon vers 1840 et habitée par James-Arthur et Léocadie Le Roy de La Trochardais jusqu’en 1868.Nous avons eu entre les mains l’acte de propriété de Madame Follenfant ; il indique seulement, sans faire mention de l’époque de construction, que La Champagnère lui fût vendue en 1972 par la dernière vivante de deux sœurs Dor¬tel. Celles-ci l’avaient héritée de leur mère, née Caillé, fille d’un avocat nantais, lorsqu’elle avait épousé Monsieur Dortel, en 1880.L’acte de vente ne fût dressé que le 21 Juin 1974 par Me Radeux, Notaire à Nantes, 12, rue du Chapeau-Rouge, avec lequel nous devons prendre contact pour avoir de plus amples renseignements sur les précédents occupants de cette propriété et savoir s’il s’agit de celle de James Arthur et de Léocadie Le Roy de La Trochardais.Il existe encore, non loin de la maison, mais en dehors de l’enceinte de la propriété, plusieurs vieilles maisons, plus ou moins en ruines et envahies de ronces, où nous avons recherché sans succès les traces d’une ancienne demeure ayant pu abriter nos ancêtres de cette époque.Nous avons relevé aussi dans des vieux documents et lettres de famille que vers la fin du XIXème siècle des du Boisguéhenneuc habitaient aux Savariè¬res, en Saint-Sébastien-sur-Loire, commune située entre Nantes et Basse-Goulaine, mais dans le village qui porte encore ce nom, il ne reste aucune maison datant de cette époque, tout ayant été rasé pour édifier une cité d’H.L.M.

Terres en HAUTE-GOULAINE (44) : La RabillardièreCette commune se trouve aussi sur la rive gauche de la Loire, à 15 km environ de Nantes et à 4 km de Basse-Goulaine ; La Rabillardière est située à la sortie du bourg, en direction de Saint-Julien de Concelles.C’est une grande demeure en long, avec un étage, dans le style du début du XIXème siècle, avec plusieurs dépendances, comme il était d’usage à cette époque (écuries, remises, selleries, etc.) et située au milieu de prairies et de bois, au cœur du vignoble nantais.La propriété appartenait au début du siècle dernier à Adolphe Bougrenet de La Tocnaye (+ 1874), dont la famille est originaire du sud de la Loire-Atlantique ; il avait épousé Agathe Dondel du Faouêdic (+1862), famille originaire du Morbihan (entre autres de Ploemeur). Nous ne savons pas si la propriété venait du coté Bougrenet de La Tocnaye ou du coté Dondel du Faouédic.De ce mariage naquit une fille : Anne-Françoise-Marie (1834 -1895), mariée en 1857 à Henry Ier du Boisguéhenneuc (1834 -1916), qui fût la seule héritière de leurs biens. En 1896, année suivant la mort d’Anne-Françoise-Marie, les biens de la communauté ayant existé entre Henri I et elle, et ceux qui venaient de la succession de sa mère, furent partagés en sept lots : le premier non tiré au sort et attribué à Henri II, les six autres tirés au sort, l’usufruit réservé à son mari survivant Henry Ier.Le Ier lot comprenait La Rabillardière, les borderies de La Bellandière et du Verdelet, la Réserve, les métairies de Sablé, de La Casinière et de La Chataigneraie, et la maison d’école de Haute-Goulaine. Ce lot fût attribué au fils ainé Henri II et il avait une superficie de 62 ha 79 a et une valeur de 155 000 Fr.Les six autres lots furent tirés au sort entre les six autres enfants, le 28 Juin 1896, par les soins de Me Reliquet, notaire à Nantes.Le 2ème lot se composait des deux fermes de Cahan ( Le Grand-Fougeray et Sainte-Anne-sur-Vilaine-35) venant du côté des du Boisguéhenneuc, dont la valeur avait été estimée à 105 000 Fr.Le 3ème lot était formé de La Lamberde et du Petit-Champ de Foire (Angles-85) venant des Bougrenet de La Tocnaye, dont nous n’avons pas trouvé la valeur. - mais qu’on peut estimer par déduction à 83 650 Fr).Le 4ème lot comprenait Les Grossards, Le Grand-Champ de Foire, le village et la Tour de Moricq (Angles), une partie de La Durasserie (Le Loroux-Bottereau) à savoir la ferme de La Lande, la moitié d’un clos de vignes franches et deux clos de vignes « à quart », le tout d’une superficie de 70 ha et d’une valeur de 85 850 Fr.Le 5ème lot était constitué de deux fermes à Frossais (44), de la moitié d’un clos de vignes franches et d’un clos de vignes « à quart», d’une valeur de 84 550Le 6ème lot était composé de l’île Pivin, de La Casinière et de La Gaute¬lière, soit 34 ha 79 a, d’une valeur de 81 500 Fr avec une compensation de I 200 Fr à recevoir annuellement des autres bénéficiaires.Le 7ème lot comprenait le Pré-Beurrier, dans l’île de Bois, une partie de La Durasserie (louée à Pierre Mocudé) et des vignes « à quart », le tout d’une valeur de 87 250 Fr.Nous n’avons pas encore recherché à qui le sort attribua chacun de ces lots. Tous ces biens totalisaient une surface de 850 ha pour une valeur de 683 650 Frs. de 1896. De plus, chaque enfant reçut un septième du produit de la vente de la métairie de Pont-Caillaud (St-Père en Retz 44), aliénation propre de leur mère, soit 23 000 Fr chacun.

Terres au LANDREAU (44) : Beauchêne et ses dépendances.Sur cette propriété, que beaucoup d’entre nous ont bien connue, nous donnons des renseignements détaillés sur la manière dont elle parvint dans la famille ; nous joignons aussi un document manuscrit vraisemblablement à la fin du XIXème siècle, copie probable d’un autre document plus ancien (sans doute du XVIIème siècle).Beauchêne est situé dans la commune du Landreau, à 25 kms environ au sud-est de Nantes, et à 3 kms du bourg en direction de Vallet.Un membre de notre famille possède encore une petite maison auprès des anciennes douves et fortifications et quelques clos de vignes appartiennent encore aux enfants de Rogatien II du Boisguéhenneuc.Aux Archives Départementales et dans des anciens documents, on trouve dès le XVème siècle, mentions en ces lieux de la famille du Bois, originaire de Fres¬nay - en - Retz et de Machecoul (44) ; cette maison ajouta plus tard à son nom celui de La Ferronnière, nom d’une terre qu’elle possédait à Vallet.Vers 1800, X... de La Ferronnière décède, laissant ses biens à sa fille, Eugénie (1782-1828), Demoiselle de Beauchêne, qui en 1824 à l’âge de 42 ans, épouse Louis-Marie de Larcher de La Vallée, âgé de 26 ans. De cette union nait une fille : Henriette-Marie-Louise (1825-1843) qui décède sans alliance à 18 ans. Beauchêne retourne alors à son père Louis-Marie de Larcher de La Vallée.Le 15 Septembre 1843, Louis-Marie de Larcher épouse en secondes noces Marie-Odile Toublanc du Ponceau, d’où six enfants :Odile-Marie 1844-1866 Sans allianceHenriette-Marie-Louise 1845-1906 x 5.3.1872 Arthur du BoisguéhenneucLouis-Marie 1847-1896 Sans allianceMarie-Anne (alias Maria) 1849-1920 x Pierre de Courson de K!Mathilde Marie 1849-1895 x 5.3.1872 Rogatien du BoisguéhenneucPaul-Marie 1954-1921 x 26.7.I897 Angèle ChalumeauA son décès, Louis-Marie laisse à sa femme Marie-Odile la propriété du Ter (Ploemeur-56) que sa fille Maria revend en 1913 et Beauchêne à ses deux autres filles Henriette et Mathilde, épouses du Boisguéhenneuc.Arthur du Boisguéhenneuc, époux d’Henriette, et dernier vivant des deux plus jeunes enfants de James-Arthur et de Léocadie Le Roy de la Trochardais, après la mort de son frère Rogatien Ier en 1893, recueille la totalité des biens de Beauchêne et dépendances. Devenu veuf en 1906, et sans descendance, il transmet tous ses biens à ses neveux et nièces, enfants de son frère Rogatien Ier et de Mathilde, par acte notarié de donation-partage.Les propriétés de Beauchêne et leurs dépendances : les métairies de la Bronière, de la Thébaudière, de la Guitière, les vignes des Galinières, de la Choletterie, des Momenières et quelques autres, toutes situées au Landreau, avaient une superficie de 300 ha environ, d’une valeur approximative de 600 000 Fr de 1911.D’autres terres, fermes et métairies situées hors du Landreau et de diverses origines, dont nous n’avons pas recherché la valeur, venaient s’y ajouter :le tiers des trois métairies de Bougé (44) : le Rouvre, la Chapelle, le Grand et le Petit Orgerais, provenant des Le Roy de La Trochardais, laissées par Rosa du Boisguéhenneuc (qui les tenait de sa mère) à Arthur et Rogatien Ier, soit une centaine d’hectares.les fermes de Luitré et de Fleurigné (53), de même origine, et de soixante hectares environ.les fermes de Gahard et d’Ercé (35) et de Launay, en St-Etienne en Coglès (53), laissées par Charles-Vincent II à sa nièce Marie-Appolina, et par la suite aux neveux et nièces de celle-ci, environ soixante hectares.les fermes et métairies des Touches (44), provenant des Toublanc du Ponceau, environ soixante-quinze hectares.

L’ensemble de ces propriétés représentaient donc environ 600 hectares d’une valeur 1911 de près d’un million de francs.La totalité des biens recueillis par Arthur fut partagée en six lots d’une valeur égale de 88 255 Frs, compte tenu des passifs à l’époque. Le tirage au sort en fit fait le 12 Juin 1911 par Me Gaschignard, Notaire à Nantes.

C’est ainsi que :Charles reçut : le Clos des Momenières, la métairie des Hauts Four¬neaux, le 1/3 du Rouvre, de la Chapelle et des Orge-rais.Rogatien II : le château de Beauchêne, ses bâtiments annexes et des terres et des vignes au Landreau.Anne Marie : le Clos de l’Étang, les parties nord des Galinières et de la Thébaudière.Mathilde ; la partie sud des Goférios, le Clos des vignes des 14 Quartiers.Donatien : le Clos du Panloup, la métairie de la Guitière, la Mar¬chanderie (Les Touches-44).Jean : la ferme du Haut-Bois, le Clos des Boisselées et une soulte en espèces.Hormis Rogatien II, rares furent ses frères et sœurs qui conservèrent longtemps leur héritage. Après le décès de Rogatien II, ses biens revinrent à ses trois filles ; les terres et les vignes furent partagées en trois, tandis que le château et ses annexes allèrent à Josiane, épouse de Michel d’Herbomez, qui les vendit en 1961. Toutes trois ont cependant conservé quelques vignes et terres autour de Beauchêne. En 1980, le château et les 17 ha de prairies et de bois qui l’entourent sont la propriété de Mon¬sieur Poutiers, qui vient de les mettre en vente

Remarques :

I°- Avant le legs fait par Arthur à ses neveux et nièces, orphelins de Rogatien I son frère, et durant son mariage, les biens suivants avaient déjà été vendus (acte de Me Gaschignard du 12 Juin 1911) : la majeure partie de la ferme de Montigné (ex de Larcher) le 11.11.1903, la métairie de Carcouet, ainsi que des fermes et bâtiments aux Touches.2°- la succession recueillie par Arthur et Rogatien Ier de leur sœur Rosa, décédée sans alliance, comprenait les métairies du Rouvre, de la Chapelle, et des Grand et Petit Orgerais, en Rougé (44), qui furent incluses dans la donation pour 97 hectares.3°- Le legs de Rosa à Henriette, épouse d’Arthur, comprenait des immeubles à Beauchêne et au Landreau, la moitié des métairies de la Marchanderie et des Hauts-Bois et divers immeubles et terres de la métairie de Montigné, dont nous n’avons retrouvé ni la superficie, ni la valeur.

Terres en MASSÉRAC (44) les métairies du Painbu et du Petit-Marais.Massérac se trouve sur la rive gauche de la Vilaine, à 15 km à l’est de Redon ; ces deux métairies sont situées entre le bourg de Massérac et la Vilaine, à proximité du village actuel du Painbu. Elles entrèrent dans la famille en 1753, par le mariage de Pelage-Malo et de Suzanne-Thérèse- Appoline de Launay, qui les tenait de sa mère, née Mathurin Gyré de La Bellière, Nous avons plusieurs baux et actes de fermage qui nous donnent les conditions de location, mais sans indication des superficies.Nous n’avons pu savoir les dates de vente de ces deux métairies, mais ce ne fût pas avant 1800, car cette année-là, elles appartenaient encore aux cinq enfants mineurs de Pelage-calo, et Jean-Gabriel, leur oncle, tuteur et gérant de leurs biens, en fait mention dans ses comptes de recettes et de dépenses de tutelle.De nos jours, il reste encore quelques maisons d’habitation et des bâtiments de ferme, en très mauvais état, presque ruinés. Pourtant, il semble que l’ancienne maison du Painbu ait été rachetée pour en faire probablement une « résidence secondaire ».Quant à la maison de l’ancienne métairie du Petit-Marais, il ne reste que des ruines complètement effondrées.

Terre en MELGVEN (29) le Manoir de Méroz.Melgven se trouve dans le Finistère, à 7 kms au nord de Concarneau, et Méroz est situé à peu près à mi-chemin de Melgven et de Concarneau. Le manoir était la résidence d’une exploitation agricole de 25 à 30 ha de terres, prairies, landes et bois. Nous ne croyons pas qu’il y ait eu d’autre ferme ou métairie rattachée à cette résidence. Cette petite propriété fît apportée à Alain III par son mariage avec Jeanne Guillimin, en 1657. Quatre générations de du Boisguéhenneuc y vécurent jusqu’en 1750 et plusieurs furent très nombreuses, puisque l’un d’elles comptait quinze frères et sœurs. Nous signalerons que les Archives paroissiales de Melgven de 1706 à 1732 ont disparu et qu’à partir de 1751 elles ne mentionnent plus notre nom. ‘Nous pensons donc que notre famille quitta le Méroz vers cette époque et que elle alla résider à Quimper où nous retrouvons plusieurs membres dès 1754. Cependant, malgré le nombre important de descendants, nous ne trouvons plus trace après 1800 d’aucun survivant, et, ni les documents dont nous disposons, ni les Archives Départementales, ne nous en fournissent d’explication, de sorte que nous ignorons comment cette terre sortit de la famille.Actuellement, on peut voir l’ancien manoir, encore en bon état, transformé en ferme ; sa porte d’entrée, festonnée d’une accolade sculptée, surmontée d’un écu avec armoiries, malheureusement complètement effacées ; à l’intérieur subsiste un bel escalier de bois du XVIIème siècle, Le manoir et sa cour sont clos de murs et d’un grand portail en ogive, flanqué extérieurement de deux tours rondes aux toits coniques. Il est habité par des fermiers exploitant les terres environnantes et pratiquant l’élevage.

Terre en MEZIERES-S-COUESNON (35) : La Ville-Olivier.Cette commune se trouve à 7 km au nord de Gosné. Il s’agissait au XVIIIème siècle d’une métairie exploitée et habitée momentanément par un du Boisguéhenneuc. Nous ne l’avons pas recherchée.

Terre en NESMY (85) : La Domangère.La Domangère est située dans la commune de Nesmy, à quelques km du bourg lui-même à I0 kms au sud de la Roche-sur-Yon. Aux XIIIème et aux XIVème siècles, cette paroisse dépendait du diocèse de Poitiers, puis fut rattachée à celui de Luçon, dès sa fondation, vers 1600. La Domangère fût érigée en seigneurie avant 1400 et le resta jusqu’à la Révolution. Au XIVème siècle, elle appartenait à Ecuyer Jean Bonamy; elle s’agrandit au cours des siècles et vers 1800 avait une superficie de 250 ha, y compris les terres qui en dépendaient : La Rouffinière, Le Bois, La Chevallerie, et une grande partie du Chaillot. De 1400 à 1900, elle changea maintes fois de propriétaire, soit à la suite d’alliances ou d’héritages, soit par ventes ; c’est ainsi qu’elle appartint, entre autres, aux familles suivantes :

Bonamy vers 1400de Buor au XVème siècleMarchant de 1514 à 1623 ( ils rebâtirent le château )de Sallo de 1623 à 1707Drouin et Dubois de 1707 à 1783de La Voyrie de 1783 à 1853 (ils reconstruisirent le château tel qu’il est actuellement).d’Arlange de 1853 à 1863de Ponsay de 1863 à 1920du Boisguéhenneuc de 1920 à 1929d’Argencé depuis 1929.

Une fille de Charles-Auguste de La Voyrie avait épousé le II Mars 1853 François-Auguste-Toublanc du Ponceau, fils de François et de Marie-Pauline Babin des Ardillers (Cf. notes sur Beauchène). En 1362, la Domangère appartenait à Madame de Ponsay, née Caroline de La Voyrie ; son fils ne s’étant pas marié, la propriété revint alors à sa sœur, Berthe de Ponsay qui épousa Pierre du Boisguéhenneuc, tous les deux étant décédés le même jour sans enfants ; la Domangère échut alors aux héritiers de la seconde fille de Monsieur de La Voyrie, mariée à Monsieur Toublanc du Ponceau ; ce sont maintenant ses neveux, les d’Argencé, qui en sont propriétaires.Pierre du Boisguéhenneuc fût maire de Nesmy de 1920 à 1929. Il avait succédé dans ces fonctions à Monsieur de Monti, puis à Monsieur de Ponsay. L’abbé Sireau, curé de Nesmy de 1920 à 1956, dans son ouvrage « Nesmy », de 1964, dit de Pierre du Boisguéhenneuc : « qu’il sut conduire les affaires municipales avec sagesse et s’adapter entièrement aux usages de Nesmy » et que sa femme a laissé la réputation d’une femme de grande valeur et « d’une charité exquise » (p.357).

f – Considérations sur la noblesse et les titres

Dans notre ouvrage nous parlons souvent de noblesse : nous employons les mots seigneur, écuyer, chevalier, noble-homme... aussi croyons-nous utile de donner quelques précisions sur ces termes qui qualifièrent couramment nos ancêtres jusqu’en 1789.

LA NOBLESSENous avons cherché une définition simple de la noblesse et nous pensons l’avoir trouvée sous la plume de Philippe du Puy de Clinchamps dans son excellent ouvrage « La Noblesse ». « La noblesse est - et surtout était - un groupe social auquel la loi « reconnait des privilèges faits de devoirs et de droits se transmettant par le seul fait de la naissance ». A l’origine, les chefs de guerre, conquérants ou défenseurs, s’entourèrent de chefs de bande auxquels ils donnèrent, soit en récompense, soit comme tâche militaire, une portion de terre à défendre : le fief. Cette terre, soit par la qualité de son possesseur, soit par le service militaire qu’elle exige de lui, était mise hors du droit commun : elle était « privilégiée ». Alors, tout naturellement, le possesseur d’une terre privilégiée - et privilégié lui – même - a transmis ses droits et charges à sa descendance. Quand cette hérédité est devenue du domaine commun, la noblesse a pris vie.Au moyen - âge, l’homme qui « tient fief » c’est à dire qui a la charge militaire de défendre une terre, est considéré comme noble. On peut donc dire que la noblesse féodale a pour obligation principale le service militaire (service d’ost) envers le duc ou le roi. Ce service d’ost était dû par un sujet ou un vassal à son seigneur. Sa durée était en général de 40 jours. La convocation s’appelait « ban » ; mais les hauts suzerains pouvaient parfois exiger le service des arrière-vassaux et arrière-sujets et convoquer "l’arrière-ban". Le vassal qui ne remplissait pas l’obligation militaire était passible de la confiscation de son fief. En pratique, tous les sujets de 20 à 65 ans devaient se tenir en permanence à la disposition du souverain pour toute action militaire à l’intérieur ou à l’extérieur de la seigneurie. Ils avaient à charge l’entretien des hommes de troupe, la fourniture des chevaux, des vivres et matériels de guerre.

QUALIFICATIONS PROPRES à la NOBLESSELe seigneur : le possesseur d’un fief, d’une terre est le seigneur.A l’époque féodale on distingue :le seigneur foncier duquel relève un héritage tenu en censive (assujetti au cens annuel).le seigneur dominant duquel relève an autre fief.le seigneur de fief servant, vassal d’un seigneur dominant.le seigneur suzerain, celui dont relevaient des arrière-fiefs et qui lui-même relevait directement du roi.le seigneur haut justicier, qui avait haute, moyenne et basse justice.Ces seigneurs étaient les propriétaires, par héritages nobles, des terres qui constituaient la seigneurie ; celle-ci était l’assise politique et économique de la société féodale. Toutes les seigneuries n’étaient pas d’égale importance ; il existait entre elles (comme nous l’avons vu ci-dessus), une hiérarchie suivant l’étendue des pouvoirs appartenant au seigneur : les seigneuries titrées (duchés, marquisats, comtés) et celles qui ne l’étaient pas (châtellenies, fiefs de chevaliers...). La châtellenie est la seigneurie-type du moyen-âge. Le château en est le centre juridique. Le seigneur châtelain est investi des attributs essentiels de la souveraineté : droit de guerre et de lever des troupes, droit de moyenne et basse justice, droit de percevoir des impôts, parfois de battre monnaie. Dans sa seigneurie vivent : des vassaux nobles, possesseurs de fiefs qui en assurent la défense, des tenanciers roturiers et serfs qui assurent la culture des terres et aussi des personnes non impliquées dans la hiérarchie féodale, mais soumises à l’autorité du seigneur, tels alleutiers, clercs, aubains...Le Chevalier était celui qui avait reçu l’Ordre de la Chevalerie, institution militaire propre à la noblesse féodale et consacrée par la religion.A l’origine, noblesse et chevalerie se confondent ; mais l’adoubement, c’est à dire l’armement par lequel le noble est mis en état d’exercer sa fonction militaire, suppose une éducation appropriée et un armement convenable. Cet armement devenant de plus en plus cher, on vit des fils nobles retarder indéfiniment leur adoubement... ainsi, la chevalerie se différencia de la noblesse de race.Avec l’adoubement le jeune noble devenait « miles », « damoiseau » ou « varlet », puis vers 14 ans « écuyer ». Plus tard, devenu « chevalier », il ne pouvait justifier du titre qu’en accomplissant les devoirs qu’il implique : loyauté, assistance à l’Eglise, aux faibles et respect aux femmes.Toutefois, à partir du XVIIème Siècle, la chevalerie cessant d’être une institution positive, « chevalier » devint un titre de noblesse, entre ceux d’écuyer et de baron, souvent porte par l’aîné d’une Maison, ou d’une Famille. Le titre de « chevalier » devint aussi un grade dans une décoration : Chevaliers des Ordres du Roi. (Ordres de Saint-Michel, du Saint Esprit).L’Écuyer était un jeune noble non encore adoubé qui accompagnait un chevalier à la guerre, ou à des Montres Militaires en portant son « écu » (ses armoiries).Noble-Homme. Ce terme qualifiait un noble en Béarn, en Guyenne, en Normandie et en Languedoc. Plus tard, il fût employé par politesse ou déférence envers des bourgeois jouissant d’une bonne réputation de renommée.

ARRÊTS DE RÉFORMATIONPour mettre fin aux abus des nombreux usurpateurs de titre, et par suite des doléances des classes surchargées d’impôts, des arrêts fixèrent légalement les droits de la noblesse. Une des premières réformations fût faite en Bretagne en 1423 sous Jean V. Plus tard, Louis XIV prescrivit de grandes recherches pour dresser un catalogue des nobles du royaume, guidé en cela par trois rai -sons principales : ordre, justice et... intérêt fiscal. Ces recherches furent entreprises en 1666 et années suivantes, puis en 1696 et en 1715. Les familles admises à ces recherches, après contrôle, furent « maintenues nobles ».On ne trouve guère avant la fin du XVIème Siècle des personnes « spécialisées » dans la vérification des titres de noblesse. On distinguera :Généalogistes des Ordres du Roi.- Par un édit de 1595, ils devaient dresser toutes les preuves de noblesse et les généalogies des chevaliers. Cette charge disparut avec l’Ancien Régime. Le premier fût Bernard de Girard, Sieur de Haillau, qui exerça du 9 Janvier 1595 à 1607, et le plus célèbre, l’incorruptible Chérin qui exerça de 1787 à 1789, avant de devenir Général des Armées Révolutionnaires.Les Juges d’Armes. Cette charge, créée par l’Edit de 1615 pour empêcher « l’usurpation des armoiries », fût l’apanage de la célèbre famille des d’Hozier dont les publications furent nombreuses.

MAINTENUES ET CONFIRMATIONS DE NOBLESSECes maintenues reconnurent les familles selon une gradation qui s’établit ainsi :Noblesse d’ancienne chevalerie (ou noblesse féodale): familles connues depuis le XIème siècle et dont la filiation certaine s’établit dès le XIIIème siècle. (En dehors des Capétiens, elle n’est plus représentée aujourd’hui que par les Rochechouart, les Rohan - devenus de nationalité autrichienne - et peut-être par les d’Harcourt s’ils sont de la parenté de Rollon).Noblesse d’extraction chevaleresque : familles dont la filiation sans trace d’ennoblissement, s’établit dès le XIVème siècle, avec comme premier auteur, un chevalier. C’est celle à laquelle appartiennent les Boisguéhenneuc. Vers 1750, 80 familles bretonnes environ relevaient de cette gradation ; en 1980, il en reste une trentaine, sur un peu moins de trois cents en France.Noblesse d’ancienne extraction : familles sans trace d’anoblissement, mais dont la filiation ne dépasse pas le XVème siècle.Noblesse d’extraction ou de race : familles dont la filiation ne remonte pas au-delà du milieu du XVIème siècle, sans trace de roture.Noblesse de Chancellerie ; de Cloche ou municipale ; d’Offices ou Noblesse de Robe : familles anoblies par charges : communale, de commensal du souverain, de judicature, de finance, et universitaire, qui fournirent la plus grande partie des anoblis de l’ancien régime. Ces privilèges de noblesse, d’abord personnels, se firent peu à peu héréditaires. Les Parlements anoblissaient en principe au deuxième degré, c’est à dire après deux générations successives d’exercice pendant 20 ans, ou mort en charge.

PREUVESAu cours de son existence, une famille avait souvent à faire la preuve de sa qualité et à remplir des obligations :de filiation noblede preuve d’Etatde vie noble.

La Filiation noble.Une famille du deuxième ordre de l’Etat ne pouvait se perpétuer que par des naissances masculines naturelles et légitimes. Seuls les mâles ont le pouvoir de transmettre la noblesse. Les filles, certes nobles, ne peuvent transmettre à leur postérité que la qualité de leur époux et non pas celle de leur père. La fille mariée à un roturier perd sa noblesse, cependant que la roturière mariée à un noble acquiert une noblesse qu’elle garde même après veuvage. D'autre part, les enfants nés hors mariage ne recevaient pas la qualité de leur père. Cependant, jusqu’au XVIème siècle, le bâtard était agrégé à la noblesse par lettres de légitimation obtenues du prince ; mais, à partir de 1600, les bâtards même légitimés par lettres restèrent roturiers.

La preuve d’Etat.En général, il s’agissait de prouver que la famille possédait depuis cent ans au moins l’état noble par la production d’actes originaux (trois générations avant 1500, deux après cette date) où les ascendants prenaient sans discontinuer les qualifications propres à la noblesse (écuyer ou chevalier). Ces qualifications étaient essentielles. Leur prise injustifiée amenait une condamnation pour usurpation de noblesse ; en revanche, leur omission était considérée comme une renonciation à l’état noble, comme une dérogeance.Une famille établissait sa noblesse - la filiation noble n’étant pas interrompue - :soit par un acte faisant ressortir le principe de la qualité : .anoblissement par lettres,- anoblissement par charges.soit par un acte confirmant la qualité revendiquée : présence aux montres de noblesse qui rassemblaient dans les provinces les nobles assujettis au service armé, les maintenues, les « partages nobles », surtout en Bretagne où suivant « l’assise » du Comte Geffroy de 1185, les membres de la noblesse devaient partager leurs biens noblement, c’est à dire que les aimés recevaient les deux tiers des biens, les cadets et les puînés se partageant le reste. .les certificats pour les Ecoles, les lieutenances ou la Marine.

Ces actes confirmatifs, s’ils assuraient la noblesse des familles, exigeaient une ancienneté (en génération ou degré) dans la qualité noble bien différente de l’un à l’autre. Ainsi, une noblesse de :- trois degrés pour l’Ordre de Saint-Michel, .le service dans les troupes des colonies.- quatre degrés pour l’Ordre du Saint-Esprit : .les sous-lieutenances des régiments n’admettant que des officiers nobles (troupes réglées), .l’Ecole Royale Militaire (douze collèges), les Ecoles de la Marine, .les Élèves du Collège Mazarin.- cinq degrés ‘pour les Officiers des Gardes Françaises.- cent ans -pour l’entrée aux Etats d’Artois et de Bretagne (confirmé par l’article. II des Lettres de Louis XV de 1736 : « n’auront entrée et séance dans l’ordre de la noblesse que ceux qui auront cent ans de noblesse et de gouvernement noble et dont l’aïeul et le père auront partagé, ou auront été en droit de partager, noblement, sous peine d’être exclus de l’Assemblée et d’avoir leur nom rayé des Registres ».- cent quarante ans pour l’admission des filles à la Maison de Saint-Cyr,- remonter à l’année 1550 pour les pages des Écuries du Roi.Etc...

La vie noble.Transmettant la qualité en ligne mâle, naturelle et légitime, prouvant sa qualité en maintes occasions, la famille noble devait encore suivre un mode de vie propre à la noblesse, faute de quoi elle perdait cette qualité. Elle dérogeait :- en omettant de prendre les qualifications propres à la noblesse dans les actes officiels.- en exerçant certaines professions réputées « ignobles » : tous les métiers manuels, même à l’échelon de direction, l’exploitation à ferme d’une terre (sauf celles du roi et princes du sang), le commerce de détail (le commerce de gros ne faisait plus déroger celui qui l’exerçait depuis 1701); quant au commerce par mer, il échappa presque toujours à la dérogeance), l’exercice des bas offices comme ceux de procureur, d’huissier, de notaire. Quant au crime ordinaire il faisait perdre la noblesse au seul condamné et non point à sa descendance née avant la condamnation.A propos de dérogeance, nous trouvons plaisant de noter ici que la noblesse de Bretagne prétendit toujours que la dérogeance n’existait pas pour elle. Le noble breton pratiquant un métier réputé « ignoble » laissait seulement « dormir » sa noblesse ; il la retrouvait dès qu’il cessait d’être en situation « ignoble ».

TITRES ET QUALIFICATIONS DE LA NOBLESSE EN FRANCE

DUCAutrefois on ne pouvait porter que le titre qui était attaché à la terre dont on possédait la seigneurie. Comme les fiefs titrés furent longtemps en petit nombre, la plupart des gentilshommes n'avaient que les qualifications de seigneur, dominus; d'écuyer, armiger; de damoiseau, domicellus; ou la dignité personnelle de chevaliers, miles.Au XVe siècle, nos rois commencèrent à multiplier les érections de terres en marquisats, comtés ou baronnies. Dans l'origine, les lettres patentes ne spécifiaient point, la réservation du fief titré à la couronne, ou défaut d'hoirs mâles; mais, pour arrêter autant que possible l'augmentation de leur nombre, cette réversion fut formellement ordonnée par un édit de Charles IX, en 1564. Les successeurs de ce prince y dérogèrent presque toujours par une stipulation expresse; lui-même en avait donné souvent l'exemple. Le nombre des terres titrées s'accrut de jour en jour.L'ambition impatiente ou déçue se lassa d'attendre la faveur royale, et l'usage de prendre des titres à volonté s'introduisit peu à peu sous le règne de Louis XIII. Il devint presque général sous Louis XIV.M. le duc de Fezensac raconte, dans son histoire de la maison de Montesquiou, publiée en 1837, que ses ancêtres de la branche de Marsan s'étaient toujours contentés de s'appeler seigneurs; que son grand-oncle prit le premier le titre de comte de Marsan, et son aïeul celui de comte de Montesquiou. Un paysan, qui passait un acte avec ce dernier, prit la qualité de seigneur; interrogé par M. de Montesquiou, qui manifestait son étonnement, le villageois répondit: "Je suis seigneur comme vous êtes comte".Pour mettre un frein aux usurpations de titres, un arrêt de la cour du parlement de Paris, du 13 août 1663, fit défense à tous les propriétaires de terres de se qualifier barons, comtes, marquis, et d'en prendre les couronnes sur leurs armes, sinon en vertu de lettres patentes bien et dûment vérifiées en cour; à tous gentilshommes de prendre la qualité de messire et de chevalier, sinon en vertu de bons et valables titres; et à ceux qui ne sont point gentilshommes de prendre qualité d'écuyers, à peine de 1500 livres d'amende. Cet arrêt fut confirmé par diverses déclarations du roi, notamment par celle du 8 décembre 1699, qui le rend exécutoire dans les provinces d'Artois, de Flandre et de Hainaut, nouvellement réunies à la Couronne, et qui ajoute une amende de cinquante florins pour les nobles, de cent pour les roturiers qui auront usurpé les qualités de marquis, comte, baron et autres.La négligence qu'on mit à faire exécuter ces défenses laissa accroître le mal à un tel point, que M. de Clairambault, généalogiste des ordres du roi, écrivait le 8 juin 1748 à M. le Tourneur, premier commis de la guerre : "La question que vous me proposez par votre lettre du 6 de ce mois, sur le titre de marquis pour M. de Brehan, me paraît un scrupule nouveau; car ce titre, ainsi que celui de comte ou de baron, sont devenus aussi prodigués et aussi communs pour les militaires, que celui d'abbé pour tous les ecclésiastiques sans abbaye; il est vrai que ces titres, n'étant pas soutenus de leurs vrais fondements, qui sont des lettres patentes d'érection, registrées soit pour le sujet, soit pour ses ancêtres, ne sont utiles que pour les adresses de lettres et les conversations avec des inférieurs; ainsi, je crois, monsieur, que vous pourrez faire là-dessus tout ce que bon vous semblera; l'abus en est si grand depuis longtemps, qu'il serait à présent bien difficile de le réformer. Quoique, dans la règle, je ne dusse passer dans les preuves de MM. les chevaliers des ordres aucun de ces titres de comtes, marquis et barons, etc., qui ne sont pas revêtus de lettres patentes registrées, je me trouve souvent obligé de suivre le torrent, parce que de le refuser à un lieutenant-général, quand il est ainsi qualifié dans ses prévisions, ce serait sembler vouloir le dégrader et me faire une affaire personnelle; cependant cela est, je vous l'avoue, contre toutes règles, de même que les couronnes qu'ils mettent à leurs armes, en conséquence de ces titres imaginaires. Votre question me rappelle un bon propos sur ce sujet : un marquis de l'espèce dont il s'agit, mécontent des plaisanteries d'un quelqu'un, s'échauffa jusqu'au point de le menacer de l'aller chercher et de le trouver dans quelqu'endroit qu'il pût se cacher; le plaisant l'en défia en lui disant qu'il connaissait un endroit où certainement il ne pourrait pas le trouver. - Et quel peut être cet endroit? dit le marquis. - C'est dans votre marquisat, répondit le plaisant.Ainsi, dès l'année 1748, et de l'aveu de Clairambault, l'abus était devenu, sinon impossible, du moins très-difficile à réformer; et lui-même, généalogiste des ordres du roi, était souvent obligé de suivre le torrent. Un usage qui s'introduisit dans les admissions aux honneurs de la cour, sembla justifier les usurpations en les régularisant en certains cas. Le premier gentilhomme de service, chargé d'introduire la personne présentée, la nommait à haute voix en lui donnant la qualification qui se trouvait portée dans le certificat du généalogiste; et si l'impétrant n'avait pas eu jusqu'alors de titre, il en choisissait un parmi ceux de marquis, comte ou baron, celui de duc excepté. Cette qualification restait personnelle, il est vrai, au gentilhomme admis aux honneurs de la cour; à moins qu'il ne se pourvût en obtention de lettres patentes, et qu'il ne payât le droit de marc d'or prescrit par l'édit royal du mois de décembre 1770. Mais les déclarations et arrêts n'étaient pas mieux suivis sur ce point que sur les autres; et presque toujours les fils conservèrent les titres que leurs pères avaient ainsi obtenus, ou ne s'en dessaisirent que pour les changer contre d'autres plus éminents à leurs yeux. Tels étaient les lois et les usages qui régissaient la possession des qualifications nobiliaires, lorsque la révolution de 89 bouleversa l'ordre social en France.Un décret de l'Assemblée constituante, du 19 juin 1790, supprima les titres et les armoiries. Mais le sénatus-consulte du 14 août 1806 et l'ordonnance du 1er mars 1808 les rétablirent, et l'article 74 de la charte de 1814, devenu l'article 62 de celle de 1830, est ainsi conçu: "l'ancienne noblesse reprend ses titres; la nouvelle conserve les siens."Sous la législation qui nous régit actuellement, nul ne peut prendre d'autres noms que ceux qui lui sont donnés dans son acte de naissance, à moins de s'y faire autoriser par ordonnance royale. Le ministère public, ou les particuliers ayant un intérêt direct, peuvent poursuivre l'exécution de cette clause; mais le nombre de ceux-ci est infiniment petit, et les poursuites faites d'office par celui-là sont extraordinairement rares.D'ailleurs, le Code pénal ne prononce aucune condamnation contre la personne qui usurpe un nom; et c'est par une procédure purement civile qu'on peut attaquer le violateur de cette loi, et obtenir un jugement en vertu duquel les faux noms pris dans des actes de l'état civil doivent être rayés. Les frais de procédure et la possibilité d'éluder perpétuellement la loi, en changeant le nom qu'on usurpe ou seulement son orthographe, rendent les poursuites presque inutiles et illusoires.La lacune de la loi est encore plus grande au sujet de l'usurpation de titre; les actes de l'état civil ne peuvent régulièrement la constater. Si l'on se reporte à l'acte de naissance d'un individu ou à l'acte de mariage de ses père et mère pour connaître les qualifications nobiliaires qu'il est droit de prendre, il sera presque impossible d'arriver à un résultat exact et satisfaisant. Car, dans les familles, la hiérarchie des titres amène des variations chaque fois qu'un décès change le chef de famille ou les membres intermédiaires entre lui et les petits-fils ou les cadets.Il n'y a qu'un seul cas où l'usurpateur d'un titre soit sous le coup de la loi; c'est lorsque le motif qui l'a dirigé est lui-même répréhensible; mais c'est moins alors le fait lui-même que le but qui rend le coupable justiciable du tribunal correctionnel.Au sein d'un abus aussi général, le titre de duc resta seul à l'abri des usurpations, parce que son importance et cette de la dignité de pair qui lui était presque inséparablement attachée, ne permettaient ni à la tolérance, ni à l'ambition d'aller jusque-là. On ne pensait même pas avoir besoin de prévoir de tels empiétements; et nous remarquons en effet, dans les arrêts ci-dessus mentionnés, que l'énumération des titres qu'il est défendu de prendre sans concession régulière passe sous silence celui de duc.Le nombre des maisons ducales aujourd'hui existantes en France ne s'élève qu'à soixante, dont à peine la moitié est de création antérieure à 1789. Six ou huit seulement sont en possession de leur dignité en vertu de droits dont on puisse discuter la validité. Ce sont: 1ère, celles dont le titre vient d'une concession primitive, irrégulière; 2ème, celles qui possèdent leur titre par transmission, et dont la substitution n'a pas été revêtue de toutes les formalités nécessaires.Le rang des ducs, qui a toujours été le premier en France, le petit nombre de personnes qui sont revêtues de ce titre, et l'espèce d'inviolabilité qui l'a mis à l'abri des usurpations, tels sont les motifs qui nous ont fait, dans le cadre de cet ouvrage, consacrer aux maisons ducales une partie spéciale et exclusive.On donnait autrefois aux ducs les qualifications de Grandeur et de Monseigneur; mais depuis près d'un siècle, ces qualifications n'étant pas obligatoires, on les appelle simplement monsieur le duc. Le roi les traitait de cousins.Dans la Grande-Bretagne, où les titres, à l'exception de celui de baronnet, sont exclusivement affectés aux pairies, il n'y a que vingt et un ducs anglais, sept écossais et un irlandais.En Allemagne, on trouve les ducs d'Anhalt, de Brunswick, de Nassau, les grands-ducs de Bade, de Hesse, de Mecklembourg, tous souverains indépendants, faisant partie de la Confédération germanique.En Espagne, le titre de duc est généralement affecté à la grandesse; en Italie, il est porté par un certain nombre de familles de la haute noblesse.En Russie, il n'y a pas de duché; les membres de la famille impériale sont seuls qualifiés grands-ducs.

MARQUISLe nom de marquis, en vieux français marchis, a pour racine le mot marchio, employé dans la basse latinité. Il fut donné dans l'origine aux gouverneurs qui commandaient sur les marches ou frontières, et devint héréditaire comme leurs fonctions lorsque le régime féodal s'établit à la faveur de la faiblesse des successeurs de Charlemagne. Ainsi les anciens ducs de Lorraine prirent souvent le titre de marchis de Loheraine, comme on le voit dans le codicille de Thibaut III de l'an 1312, dans un acte de 1320, et dans le testament du duc de Jehan 1er, de 1377.Les premiers comtes de Toulouse s'appelèrent quelquefois marquis de Provence; et les ducs de Savoie se qualifièrent toujours de marquis en Italie, marchio in Italia; mais cette qualification était alors d'un usage extrêmement rare. Elle ne devint plus commune qu'à partir de la fin du XVème siècle; c'est depuis ce temps qu'on a entendu par marquisat certains fiefs érigés sous ce titre par lettres patentes de nos rois, soit en considération de quelque service important, soit par finance. Les effets de cette création cessaient par l'extinction de la famille qui l'avait obtenue. La baronnie de Trans, érigée en marquisat par le roi Louis XII, au mois de février 1505, en faveur de la maison de Villeneuve, est le premier exemple, en France, de l'application de ce titre à des fiefs situés dans l'intérieur du royaume.Le marquisat de Saint-Sorlin avait été érigé par le duc de Savoie, le 26 février 1460, en faveur de Gaspard de Varax; mais il n'est devenu français que par la réunion du Bugey à la Couronne. Les marquis de Nesle, dont la création est postérieure aux deux créations que nous venons de citer, se sont souvent appelés premiers marquis de France, parce qu'ils étaient les plus anciens de l'Ile-de-France.Les noms de marquis et de margrave, (margrave, en allemand margraff, est formé des mots mark, frontière, et graf, comte), malgré leur communauté d'origine, ont acquis peu à peu une signification différente: le margrave, dans les temps modernes, est un prince allemand qui jouit de toutes les prérogatives attachées à la souveraineté.Les premiers présidents du parlement de Bretagne étaient dans l'usage de prendre le titre de marquis.Il y a quelques marquisats en Italie, comme celui de Final; en Pièmont, comme celui de Saluces; ils sont assez nombreux en Espagne; il n'y en pas en Suède, en Pologne, en Danemark.Le titre de marquis était inusité en Angleterre, lorsqu'il fut donné en 1385, par Richard II, au comte d'Oxford. Il a été attaché depuis successivement à diverses pairies dont le nombre ne s'élève qu'à trente-sept: dix-neuf pour l'Angleterre, quatre pour l'Écosse et quatorze pour l'Irlande. Aux sept pairies ducales sont aussi attachés des marquisats; car, d'après la hiérarchie établie, pour être créé duc, il faut avoir une pairie au titre de marquis.Ceux qui prétendent que le titre de marquis était inférieur en France à celui de comte, allèguent en faveur de leur opinion que nos rois n'ont érigé aucun marquisat en pairie. Mais cela s'explique naturellement: car depuis l'introduction des marquisats en France, toutes les créations de pairies nouvelles ont été faites sous le titre ducal.D'ailleurs la cause a été décidée en faveur des marquis, lorsqu'un arrêt du conseil privé, du 10 mars 1578, régla qu'une terre érigée en châtellenie devait avoir d'ancienneté haute, moyenne et basse justice sur les sujets de cette seigneurie, avec marché, foire, péage, prévôté, église, etc., et qu'elle devait être tenue à un seul hommage du roi; que la baronnie serait composée de trois châtellenies, ou d'une baronnie et de six châtellenies, le tout tenu du roi; et que le marquisat renfermerait trois châtellenies. Quoique cette décision n'ait jamais été rigoureusement exécutée, elle indique la hiérarchie légale des titres; et dans tous les actes officiels émanés de l'autorité royale ou des cours souveraines, le titre de marquis a précédé celui de comte toutes les fois qu'il s'est agi des deux simultanément.On pourrait tirer aussi un argument matériel de la forme de la couronne: celle des ducs est surmontée de huit fleurons; celle des comtes est rehaussée de seize pointes, terminées par une grosse perle; celle des marquis tient de l'une et de l'autre; elle est ornée de fleurons, séparés chacun par trois perles portées sur une même pointe.Lorsque Napoléon constitua la noblesse impériale, il la composa de princes, de ducs, de comtes et de barons, à l'exclusion des titres de marquis et de vicomtes. La restauration rétablit l'ancien ordre de choses, et l'ordonnance du roi du 31 août 1847, concernant la chambre des pairs donna la préséance aux marquis sur les comtes. Depuis 1830, on en est revenu aux usages de l'empire, et il n'y a pas eu de concession des deux qualifications exclues par Napoléon.Nous devons ajouter que, malgré la supériorité du titre de marquis sur celui de comte, aucun prince de la famille royal ne porta le premier, sans doute parce qu'il n'y eut jamais de fief érigé en marquisat assez considérable pour former l'apanage d'un rejeton de la maison de France. Mais cela ne touche en rien à la question de préséance, carla naissance seule fixe le rang des princes du sang; ainsi les comtes d'Artois et de Provence précédaient, sous Louis XVI, le duc d'Orléans; le prince de Condé précédait le duc de Bourbon.

COMTELe nom de comte était connu chez les Romains; mais ce ne fut que sous les derniers empereurs qu'on commença à désigner par ce titre une personne constituée en dignité. Eusèbe dit que Constantin partagea les comtes en trois classes: ceux de la première étaient qualifiés illustres, ceux de la seconde clarissimes ou considérés, et ceux de la troisième très-parfaits. Les derniers avaient certains privilèges; mais les premiers et les seconds composaient seuls le sénat.A peine le nom de comte devint-il un titre, qu'il fut ambitionné, et qu'en le prodiguant on lui enleva une partie de son prix.Il y eut des comtes pour le service de terre, pour le service de mer, pour les affaires civiles ou religieuses, pour l'administration des finances et de la justice. Les latins les appelaient comites, du verbe comitari, accompagner, parce qu'ils formaient la suite du prince. C'était parmi eux que les empereurs choisissaient leurs généraux d'armée et les gouverneurs de province. En passant à de nouvelles dignités, ils retinrent leur titre primitif; d'où il arriva que ceux qui leur succédèrent dans ces dignités se firent appeler comtes, quoiqu'ils n'eussent jamais été attachés à la personne de l'empereur. Les anciens comtes du palais, à Rome, portèrent d'abord le nom de comites et de magistri; ils supprimèrent peu à peu cette dernière qualification. Les ducs n'étaient alors distingués des comtes que par la nature de leurs fonctions: ceux-ci étaient pour l'administration de l'intérieur, ceux-là pour la conduite de la guerre.Les barbares, en s'établissant dans les Gaules et dans les autres provinces de l'empire d'Occident, n'abolirent point la forme du gouvernement romain, et conservèrent les titres de comtes et de ducs que portaient les gouverneurs des provinces et les magistrats des villes. Sous les rois de la seconde race, ces seigneurs, qui avaient été jusque-là amovibles, rendirent leurs fonctions héréditaires. Ils usurpèrent même la souveraineté des pays et des cités où ils commandaient, lorsque Hugues Capet et le comté de Paris, monta sur le trône. Son autorité n'était pas d'abord assez affermie pour s'opposer à ces usurpations; et c'est de là, dit-on, qu'est venu le privilège qu'ils ont encore de porter une couronne dans leurs armes. Peu à peu les comtes sont rentrés sous l'autorité royale, et leur titre n'a plus été qu'une qualification honorifique, laissée ou concédée par le prince, qui se réservait la juridiction et la souveraineté sur la terre qu'il érigeait en comté.D'abord la clause de réversion du comté à la couronne, à défaut d'enfants mâles, ne fut point mise dans les lettres patentes d'érection; pour obvier à la multiplicité des concessions, Charles IX ordonna en 1564 qu'elle aurait lieu de droit, sauf dérogeance contraire. Cette réversion ne regardait que le titre et non le domaine, qui passa toujours aux héritiers ordinaires, mais sans attribution de la dignité.Les plus anciens comtés sont ceux qui ont été inféodés par nos rois avant le XIème siècle. C'étaient des grands fiefs ou fiefs immédiats, auxquels on a donné le nom de provinces depuis leur réunion à la couronne. Il n'y avait en France, avant l'usage des érections de terres titrées, aucun duché qui ne fût grand fief; mais il y avait beaucoup de comtés qui ne l'étaient pas: comme ceux de Clermont en Argonne, de Dammartin, de Gien, d'Aumale.Depuis un siècle, tous ceux qui ont été revêtus du titre de comte n'ont pas eu pour cela des domaines érigés en comté. Le roi accordait ce titre par simples lettres patentes, et de sa pleine volonté. L'enregistrement de ces lettres, par les cours supérieures, était seul indispensable comme mesure financière, bien plus que comme mesure d'ordre.Nos ambassadeurs et nos plénipotentiaires étaient, au siècle dernier, dans l'usage de se qualifier comtes, pour s'entourer d'un éclat et d'un degré de considération proportionné à l'importance de leurs fonctions.Les chanoines des chapitres nobles de Lyon, de Mâcon, de Brioude, de Saint-Claude, etc., prenaient le titre de comtes.Il n'y a pas eu d'érection de pairie sous le titre de comté ou de baronnie, depuis celle de Villefranche en Rouergue, au mois d'août 1480, pour Frédéric d'Aragon, prince de Tarente.En Angleterre, le titre de comte, carl, s'éteignait originairement avec celui qui l'avait reçu. Guillaume-le Conquérant le rendit héréditaire, l'annexa à plusieurs provinces, et le donna en récompense à quelques grands de sa cour, auxquels il accorda, pour soutenir leur rang, la troisième partie des deniers des plaidoiries, amendes, confiscations et autres revenus de la couronne, dans toute l'étendue de leur comté. Cette somme était payée par l'échevin de la province. Les comtes furent depuis créés par chartes; ils n'avaient ni autorité ni revenus dans le comté dont ils portaient le nom; leur titre comtal ne leur valait qu'une pension honoraire sur l'échiquier. C'est aujourd'hui une qualification nobiliaire attachée à un nombre assez considérable de pairies.L'investiture de cette dignité se fait en Angleterre avec pompe: le roi, tenant les lettres patentes à la main, ceint l'épée à celui qu'il crée comte, lui met le manteau sur l'épaule, le bonnet et la couronne sur la tête, et le nomme consanguineus noster, mon cousin.Il y a dans la Grande-Bretagne 226 comtes, dont 110 pour la pairie anglaise, 42 pour celle d'Écosse, 74 pour celle d'Irlande.

VICOMTELe mot de vicomte, en latin vice-comes, désigne en général celui qui tient la place du comte et qui remplit ses fonctions, qui vices comitis exsequitur.Quoique le titre de comte fût en usage chez les Romains, et que quelques auteurs comparent les vicomtes à ces commissaires ou députés que l'on appelait legati proconsulum, il est certain que le titre de vicomte n'était pas connu à Rome, et qu'il n'a commencé à être employé qu'en France.Les comtes des provinces avaient sous eux des comtes des villes; par exemple, le comte de Champagne avait pour pairs les comtes de Joigny, de Rhétel, de Brienne, de Portien, de Grand-Pré, de Roucy et de Braine; quelques écrivains y ajoutent celui de Vertus.Cependant, il y avait certaines provinces où le comte avait sous lui, soit dans sa capitale, soit dans les principales villes de son gouvernement, des vicomtes au lieu de comtes particuliers, comme en Poitou où il y avait quatre vicomtés, qui étaient Thouard, Brosse, Châtellerault et Rochechouart. En Guyenne et surtout en Languedoc il existait beaucoup de seigneuries vicomtales.L'origine de l'institution des vicomtes remonte jusqu'aux temps mérovingiens; il en est fait mention dans le chapitre 36 de la loi des Allemands, publié pour la première fois par Thierry ou Théodoric, fils de Clovis, et roi de Metz et de Thuringe. Ils sont nommés vice-comites, parce que c'étaient des commissaires nommés par les comtes pour gouverner à leur place, soit en leur absence, soit dans les lieux où ils ne résidaient pas, à la différence des vici diminici qui étaient envoyés par le roi dans les provinces et les grandes villes. La loi des Lombards les appelle ministri comitum: ils tenaient la place des comtes dans les plaids ordinaires et aux grandes assises ou plaids généraux, nommés en latin mallum publicum. Ces mêmes officiers sont nommés dans les capitulaires de Charlemagne vicarii comitum, c'est-à-dire lieutenants des comtes; ils étaient au-dessus des centeniers. Leurs fonctions ont donné naissance à la dignité des vicomtes, en suivant la marche que nous allons indiquer.Les comtes qui avaient le gouvernement des villes, se trouvant chargés tout à la fois du commandement des armées et de l'administration de la justice, et étant, par leur position, beaucoup plus versés dans l'art militaire que dans la connaissance des lois, se déchargeaient des menues affaires de la justice sur des vicaires ou lieutenants que l'on appelait vicomtes, viguiers (vicarii), et aussi prévôts ou châtelains, selon l'usage des provinces. La première de ces trois dénominations semble avoir été particulièrement affectée à ceux qui exerçaient leurs fonctions dans les villes. Cette classe de lieutenants était beaucoup plus éminente que les deux autres, qui administraient de simples châtellenies ou des seigneuries. Comme les fonctions de comte embrassaient le gouvernement et le commandement militaire ainsi que l'administration de la justice, celles des vicomtes s'étendirent aussi en leur absence aux mêmes objets, et comprirent également dans leur juridiction la ville et tout son territoire.Le nombre des vicomtes, longtemps fort restreint, s'accrut beaucoup à partir du règne de Charles-le-Chauve; c'étaient en général des cadets de race comtale.Sous les derniers rois carlovingiens, les ducs et comtes s'étant rendus indépendants et héréditaires dans leurs gouvernements, qui n'étaient auparavant que de simples commissions, les vicomtes imitèrent leur exemple.Les offices des vicomtes furent inféodés comme ceux des ducs, des comtes, etc.; les uns relevèrent directement du roi, les autres furent sous-inféodés par les comtes.L'historien du Languedoc, dom Vaissète, place dès le Xème siècle les vicomtes au nombre des grands vassaux de la couronne. Brussel, dans son traité de l'Usage des Fiefs, chap. 1er, P; 692, prétend au contraire que les vicomtés ne furent mis au rang des fiefs de dignité que vers le milieu du XIVème siècle; mais ce jurisconsulte a pris par mégarde l'époque même de le leur décadence pour celle de leur institution; car si ce fut alors que commença l'usage d'ériger par lettres patentes une multitude de simples fiefs en vicomtés, ces nouveaux vicomtes n'eurent, des anciens grands feudataires, que le titre; et il est certain, comme l'observe dom Vaissète, que dès le Xème siècle les vicomtes de Narbonne, d'Albi, de Nîmes, de Beziers, de Polignac, jouissaient des droits régaliens dans leurs domaines, et de tous les attributs de la souveraineté.Sous la restauration, la dignité de vicomte n'était qu'un titre, sans érection de terre, que le roi accordait par lettres patentes à des gentilshommes, ou en vertu de l'institution d'un majorat.Napoléon, lorsqu'il avait constitué la noblesse de l'empire, en avait exclu la qualification de vicomte, comme celle de marquis. Depuis 1830, cette règle paraît avoir été suivie car on n'a pas d'exemple de création nouvelle de ces deux titres.Dans la Grande-Bretagne, le nombre des vicomtes, viscount, est de 49 pour les pairies d'Angleterre, de 6 pour celles d'Écosse, et de 44 pour celles d'Irlande.

BARONL'étymologie du mot baron ou ber, en latin baro, a donné lieu à une foule d'hypothèses, dont une des moins absurdes le dériverait du mot grec XXX, fort, puissant. Ce qu'il y a de plus vraisemblable, c'est que cette expression, dont l'origine celtique est incontestable, a pour racine primitive la syllabe bar ou ber, qui signifiait force, éclat, puissance.Anciennement on entendait en France par barons tous les seigneurs qui relevaient immédiatement du roi; ainsi, ce mot comprenait indistinctement les ducs, marquis, comtes et autres vassaux directs de la couronne, comme on peut le voir par les diplômes et par les autres monuments émanés de l'autorité royale où le prince, s'adressant aux seigneurs de sa cour et de son armée, les appelle ses barons.Le cartulaire de Philippe-Auguste donne la liste des barons français, au nombre de cinquante-neuf, qui servaient sous ce prince en 1214, et combattirent avec lui à la bataille de Bouvines.Depuis le XIVème siècle, l'expression barons, prise dans une signification générale, s'appliquait aux principaux seigneurs d'un pays, à ceux qui avaient séance et voix délibérative aux états. Dans certaines provinces méridionales, on les appelait bons hommes, boni homines.En Bretagne, les barons précédaient les vicomtes. On voit même que le parlement de Rennes, en vérifiant les lettres d'érection du marquisat d'Épinoy, déclara, par arrêt du 18 février 1575, que c'était sans préjudice du rang et des honneurs, droits et prééminences du baron de Vitré, qui siégeait le premier aux états.Dans les temps modernes, ce terme a été pris dans une acception beaucoup moins générale, puisqu'il n'est plus que le titre affecté au possesseur d'une baronnie, qui ne prend rang qu'après les ducs, les marquis, les comtes et les vicomtes. C'est le dernier titre de la hiérarchie féodale, quoiqu'il y ait en France et en Allemagne d'anciens barons qui ne voudraient pas le céder à des nobles revêtus des autres qualifications.Les trois premiers barons de France étaient ceux de Bourbon, de Conty et de Beaujeu, dont les fiefs ont été réunis, il y a plusieurs siècles, à la couronne.Dans le clergé, il y avait des évêques, des abbés et des prieurs barons, soit qu'anciennement les rois leur eussent accordé ce titre, soit qu'ils possédassent, par leurs libéralités, des baronnies, ou qu'ils les tinssent en fief de la couronne.Le chef de la maison de Montmorency prend le titre de premier baron de France, comme le plus ancien et le plus éminent de ceux du duché de France; quelquefois aussi il est qualifié premier baron chrétien, par corrélation sans doute avec le titre de roi très-chrétien, que porte son suzerain.Des écrivains font aussi mention des titres de barons accordés à quelques-uns des principaux bourgeois de Bourges et d'Orléans, comme à ceux de Londres, sans emporter avec eux de caractère de noblesse.La dignité de baron en Allemagne et en Angleterre a subi à peu près les mêmes phases qu'en France. Il y a aujourd'hui dans la Grande-Bretagne 304 pairies revêtues du titre de baron, 25 écossaises et 72 irlandaises.Outre les titres de duc, marquis, comte, vicomte et baron, dont l'usage s'est conservé jusqu'à nos jours, et qui ont été appelés à faire partie des qualifications de la noblesse reconstituée par la charte de 1844, il y avait plusieurs autres dénominations génériques qui eurent un rôle analogue sous le régime féodal. Nous allons donner ici les principaux.

VIDAMELes vidames, connus dans la Septimanie dès l'an 828, étaient originairement des officiers qui représentaient les évêques. Ils exerçaient la justice temporelle de ces prélats, de sorte qu'ils étaient à leur égard à peu près ce que les vicomtes étaient pour les comtes, avec cette différence cependant que dans chaque évêché il n'y avait qu'un seul vidame, et qu'il avait haute, moyenne et basse justice.On les nommait vidames, vice-domini ou vice-domni, parce que l'évêque était appelé lui-même, par excellence, dominis ou domnus: d'où, en vieux français, on avait fait dom ou dam, qui signifiait seigneur.Comme les vicomtes, ils changèrent leurs charges en fiefs, et de simples officiers ils devinrent vassaux de leur évêque. Il est à remarquer que la plupart des vidames ont pris leur nom des villes épiscopales, quoique leurs seigneuries en fussent souvent fort éloignées, tel que les vidames de Reims, d'Amiens, du Mans, de Chartres.

SIRELa qualification de sire équivalait primitivement à celle de baron; lorsque cette dernière fut donnée aux gentilshommes qui obtinrent des érections de terre en des baronnies, la qualité de sire prévalut. Elle était prise par les sires de Beaujeu, de Montlhéry, de Coucy, de Bourbon, etc., pour se distinguer des barons inférieurs qui n'étaient point vassaux immédiats de la couronne.La dénomination de sire, employée devant le nom de fief de cette manière, le sire de Joinville, ou Anseau, sire de Joinville, a toujours exprimé la haute noblesse; mais placée devant le prénom, comme sire Jean, sire Pierre, elle a toujours caractérisé la roture.Dans le premier cas, on peut avec raison, prétendre que les titres de sire et de prince étaient synonymes; mais il faut remarquer qu'il s'agit alors d'une époque où le nom de prince n'avait pas la valeur et l'importance qu'on lui a attribuées dans les temps modernes.

CHATELAINOn appelait seigneur châtelain, castellanus, celui qui possédait un château ou maison-forte munie de tours et fossés, et qui y avait justice avec titre de châtellenie.Les ducs et les comtes ayant le gouvernement d'un territoire fort étendu préposèrent sous eux, dans les principales bourgades de leur département, des officiers qu'on appela castellani, parce que ces bourgades étaient autant de forteresses appelées en latin castella.Les châtelains avaient dans leurs attributions le maintien des sujets dans l'obéissance et l'administration de la justice, qui formait alors un accessoire du gouvernement militaire. Ainsi, ce n'était primitivement que de simples officiers qui usurpèrent dans les temps de troubles la propriété de leur charge, de sorte qu'elle devint un titre de seigneurie et non plus une fonction personnelle, excepté en Auvergne, en Poitou, en Dauphiné et dans le Forez, où les châtelains étaient encore, au commencement de la révolution, de simples officiers.On nommait châtelains royaux ceux qui relevaient immédiatement de la couronne, à la différence de ceux qui étaient vassaux d'une baronnie ou d'une autre seigneurie titrée. Pour la plupart ils avaient été originairement les simples gardiens de châteaux dont ils reçurent ensuite l'inféodation de nos rois comme récompense de leur fidélité. Ces châtelains tendant de plus en plus à abuser de leur autorité, Philippe-le-Bel et Philippe-le-Long les destituèrent tous en 1340 et 1346.

COMTORLe titre de comtor, qui est resté aux possesseurs de quelques fiefs en Auvergne, en Rouergue et dans le Gévaudan, signifiait, au XIème siècle, un vassal immédiat du comte, inférieur au vicomte, mais supérieur à tous les autres seigneurs. Dom Vaissète en conclut qu'on doit mettre de comtorat au rang des fiefs de dignité.

SATRAPE ET SOUDANQuelques membres de la maison d'Anduse et plusieurs seigneurs de Sauve prirent, dans le XIème siècle, le nom de satrapes. D'autres, de la maison de Preissac, en Guienne, portèrent jusqu'au XIVème siècle la qualité de soudans de Latran. On n'a pas besoin de faire remarquer que ces qualifications orientales ont été adoptées à l'occasion des premières croisades.

CAPTAL ET MISTRALLa qualité de captal, en latin capitalis, que portaient les seigneurs de Buch, de la maison de Grailly, et les seigneurs de Puychagut, près de Marmande, signifiait chef ou capitaine. C'était le nom d'un office qui, comme celui de châtelain, se perpétua dans quelques familles, sans rien conserver de son ancienne signification.La qualité de mistral, usitée dans quelques familles nobles du Dauphiné, comme celles de Falcos et de Montdragon, était le nom d'un office dont les principales fonctions étaient de percevoir les droits du dauphin et de tenir la main à l'exécution des jugements dans l'étendue de ses domaines. Valbonnais, dans son Histoire du Dauphiné, dit que cet office ne se confiait ordinairement qu'aux nobles qui faisaient profession des armes.

CHEVALIER ET ÉCUYERLa dignité de chevalier, en latin miles, était à l'origine le grade le plus éminent de la noblesse militaire. Il n'y avait pas de récompense plus ambitionnée et plus capable d'animer et de redoubler le courage des guerriers dans les occasions périlleuses. Cette dignité, toute personnelle et non transmissible héréditairement, se conférait par une espèce d'investiture accompagnée de cérémonies religieuses et d'un serment solennel, excepté en temps de guerre, sur les champs de bataille, où la collation se réduisait à la simple accolade.Il y avait deux classes de chevaliers: les bannerets, qui possédant de grands fiefs, avaient le droit de lever bannière et étaient tenus de soudoyer cinquante arbalétriers pour le service du roi ; les bacheliers, qui, n'étant point barons ou n'ayant pas assez de vassaux pour lever bannière, servaient sous les ordres des premiers, et quelquefois même sous les enseignes des écuyers bannerets.On rapporte la décadence de cette institution au privilège qu'eurent les prélats et les barons de certaines villes du royaume, comme à Beaucaire et à Limoges, d'anoblir les bourgeois en leur conférant la ceinture militaire, cérémonie en usage pour armer un chevalier. L'invention de la poudre et la révolution qu'elle apporta dans la tactique et la discipline militaire doivent être regardées comme les deux plus véritables causes de l'anéantissement de la chevalerie.Nos rois introduisirent, à la fin du XIVème siècle, l'usage d'anoblir par la chevalerie, et ce ne fut depuis qu'une simple qualification, d'abord caractéristique d'ancienne noblesse, et dans la suite prodiguée aux familles encore trop récente pour pouvoir s'attribuer des titres de dignité.Un édit de Louis XIV, du mois de novembre 1702, porta création dans les pays de Flandres, d'Artois et de Hainaut, de 200 chevaliers héréditaires qui se recruteraient parmi les principaux gentilshommes de ces provinces.En Lorraine, les expressions lettres d'anoblissement ou de chevalerie étaient devenues synonymes, car les ducs avaient pris la coutume d'accorder la qualification de chevalier à tous ceux qu'ils élevaient à l'ordre de la noblesse.On appelait écuyers, armigeri, les gentilshommes qui n'étaient pas encore parvenus à la chevalerie. Ils ne pouvaient porter, au lieu d'éperons dorés et d'habits de velours, que des éperons argentés et des habits de soir.Le titre d'écuyer et de chevalier était d'abord affecté à la noblesse faisant profession des armes, à l'exclusion de celle qui devait son origine aux grands offices et aux charges de la magistrature. Aussi, les présidents et les conseillers des cours souveraines ne prirent d'abord que la qualification de maître, équivalente alors à celle de noble; mais dans la suite les gens de robe et autres anoblis prirent les mêmes titres que la noblesse d'épée.Il y avait certains emplois dans le service militaire et quelques charges qui donnaient le titre d'écuyer, sans attribuer à celui qui le portait une noblesse héréditaire et transmissible. C'est ainsi que la déclaration de 1651 et l'arrêt du grand conseil portaient que les gardes du corps du roi pouvaient se qualifier écuyers. Les Commissaires et contrôleurs des guerres et quelques autres officiers prenaient aussi le même titre.

VARLETLa qualité de valet ou varlet était autrefois honorable et synonyme de celle d'écuyer. Les fils des princes eux-mêmes prenaient souvent ce titre. Villebardouin s'en sert pour désigner le fils de l'empereur dans plusieurs passages de sa chronique. Du Chesne, en son histoire de la maison de Richelieu, rapporte le titre de l'an 1201, dans lequel Guillaume du Plessis se qualifie valet, mot qui signifie, dit-il, écuyer ou damoisel. Il ajoute que les nobles, en s'intitulant valets donnaient à connaître par là qu'étant issus de chevaliers, ils aspiraient eux-mêmes à le devenir. Il cite plusieurs titres anciens où un personnage noble, qualifié valet, se dit fils d'un chevalier. Wace, dans son roman de Brut, s'exprime ainsi en parlant du jeune Richard, duc de Normandie;Ni ère mie chevalier, encore ère valetonN'avoir encore en vis ne barbe, ne grenon.Ducange dit qu'on a appelé valeti les enfants des grands seigneurs qui n'étaient pas chevaliers, et qu'on a donné ce titre à des officiers honoraires, comme les valets-tranchants, les valets-échansons.Plusieurs auteurs dérivent l'expression valet de l'hébreu valad, qui signifie enfant; d'autres lui donnent pour racine le mot bar, qui veut dire fils, et que les Espagnols ont reçu des Sarrazins, et en le changeant en varo, d'où l'on a fait varelet et par syncope varlet, comme on disait autrefois. Dans une troisième hypothèse, elle aurait une origine commune avec le mot baron.Les varlets remplissaient à peu près les mêmes fonctions que les écuyers auprès des chevaliers, et portaient leur écu ou bouclier. Cependant il semble que la condition du varlet se rapprochait plus de celle du page.Nos cartes à jouer offrent une preuve sensible et péremptoire de l'honneur qui était attaché à cette qualité, car les quatre valets reçurent les noms des guerriers les plus célèbres.

DAMOISEAULe titre de damoiseau ou damoisel, en latin domicellus, diminutif de dominus, seigneur, fut, comme ceux d'écuyer et de varlet, porté par les enfants de souverain et de très-grands princes, et réservé en général aux fils de chevaliers. Il est synonyme de donzel, expression usitée jadis en Périgord, en Quercy et dans d'autres provinces méridionales.Les seigneurs de Commercy prenaient héréditairement la qualité de damoiseau, affectée sans doute à la possession de ce fief. C'était un franc-alleu qui avait conservé de très-beaux droits de souveraineté.

GENTILHOMMELe gentilhomme est l'homme noble d'extraction, nobilis genere, à la différence de celui qui est anobli par charge ou par lettres du prince, et qui, étant noble sans être gentilhomme, communique la noblesse à ses enfants, lesquels deviennent gentilshommes.Quelques écrivains pensent que ce mot vient de l'expression latine gentis homines, qui signifie les hommes de l'État, c'est-à-dire dévoués au service du pays, comme l'étaient autrefois les Francs. Tacite, parlant des moeurs des Germains, dit que les compagnons du prince n'abordent les affaires qu'après avoir embrassé la profession des armes, que l'habit militaire est pour eux la robe civile, qu'ils ne sont jusque-là que membres de familles particulières, mais qu'alors ils appartiennent à la patrie et à la nation, dont ils deviennent les membres et les défenseurs.L'opinion la mieux fondée donne pour racine au mot gentilhomme l'adjectif gentiles, qui signifiait d'abord les rejetons de même famille, et qui devint ensuite l'épithète générique de ceux qui étaient, par leur naissance distinguée, en état de prouver leur origine et leur ancienneté.La qualité de gentilhomme exprimait autrefois une noblesse féodale dont l'origine remontait aux temps les plus reculés, et ajoutait encore l'idée d'une ancienne extraction celle d'une longue possession de services militaires. Cette qualité fut tellement en honneur que plusieurs de nos rois n'avaient d'autre serment que la foi de gentilhomme. François 1er, dans le lit de justice qu'il tint le 20 décembre 1527, dit qu'il était né gentilhomme et non roi; et Henry IV, lorsqu'il prononça le discours d'ouverture des états à Saint-Ouen de Rouen en 1596, déclara qu'il n'établissait pas de distinction entre les princes du sang et sa brave et généreuse noblesse, la qualité de gentilhomme, ajouta-t-il, étant le plus beau titre que nous possédions.Lorsque la qualification de gentilhomme devint commune à toute la noblesse, on y ajouta les distinctions de la naissance pour en relever la valeur. De là sont venues les expressions: gentilhomme de nom et d'armes, de haut parage, de sang, etc.André Duchesne, historiographe de France, dit que les gentilshommes de nom et d'armes sont ceux qui peuvent montrer que le nom et les armes qui leur appartiennent ont été portés de temps immémorial par leurs aïeux, et qu'ils ont toujours fait profession de cette qualité, dont on ne peut découvrir l'origine.Froissard avait dit auparavant de quelques chevaliers: Ils sont gentilshommes de nom, parce que leur noblesse est aussi ancienne que leur nom, qui les a toujours distingués des autres hommes et des anoblis; gentilshommes d'armes, parce qu'ils ont été les premiers à s'illustrer dans les pays conquis, et parce que les armoiries suivent naturellement les noms.Le P. Menestrier pense que le gentilhomme de nom et d'armes est celui qui, sans aucun reproche de roture paternelle ou maternelle, a un nom de famille et des armoiries connus soit par le témoignage de gens de même qualité que lui, soit par les tournois, par les registres des hérauts dans lesquels sont inscrits et les noms et les armes des plus illustres familles, soit enfin par les titres. Il dit aussi qu'on peut donner cette qualité aux seigneurs qui avaient le droit de porter bannière dans les armées, d'y représenter leurs armoiries, et d'y crier leur nom pour rallier les troupes.On peut donc conclure, de toutes ces opinions, que la noblesse de nom et d'armes est celle qu'on appelle de race chevaleresque, c'est-à-dire celle dont l'origine est inconnue et aussi ancienne que l'hérédité des fiefs et que l'usage des noms de famille.En Bretagne, la noblesse ne prenait souvent aucun titre, mais on reconnaît son caractère dans les partages, où l'aîné prend toujours la qualité d'héritier principal et noble. Cette formule, particulière à la province, tenait à un point de sa législation. Avant l'an 1185, les fiefs se partageaient également entre tous les mâles de la même maison. A cette époque, Geoffroy II, duc ou comte de Bretagne, tint une assise dans laquelle, du consentement des prélats et des barons, il régla que désormais les aînés hériteraient de toutes les possessions féodales de leur maison, à la charge de pourvoir à la subsistance de ses juveigneurs ou puînés, suivant leur condition. Cette ordonnance, qui assurait la conservation des grandes familles et les services militaires dont étaient tenus les vassaux des ducs de Bretagne, est appelée communément l'assise du comte Geoffroy.

Publié dans : L'ordre des Templiers |le 27 mai, 2007 |

ORDRE ROYAL ET MILITAIRE DE SAINT-LOUISCet ordre, dont l’idée première revient au maréchal de Luxembourg, fût établi par Louis XIV, en 1693, pour récompenser les services rendus par les officiers de terre et de mer, sans distinction de naissance, mais professant la religion catholique. Bien que n’étant pas un ordre nobiliaire, il fut anoblissant après l’Edit de 1750 sur la noblesse militaire. Il était précisé, en effet, que trois générations de chevaliers de Saint-Louis anoblissaient ; elles devaient être consécutives et l’anoblissement n’intervenait qu’après le troisième titulaire. Il fût dissous par la Constituante en 1791, maintenu par la Restauration et supprimé en 1830 ; les trois derniers chevaliers furent nommés à la prise d’Alger en 1830.Suspendu à un ruban moiré de couleur feu, l’insigne consistait en une croix d’or à huit pointes perlées, émaillée de blanc, bordée d’or, anglée de fleurs de lys d’or, au champ de gueules chargée au centre de l’effigie de Saint-Louis tenant de sa main droite une couronne de laurier et de la gauche une couronne d’épines avec les clous de la Passion. Sur le cercle d’azur qui entourait le médaillon on lisait cette légende en lettres d’or : Ludevicus Magnus Instituit (1693) ; au revers, sur émail rouge, était une épée flamboyante, la pointe passée dans une couronne de laurier, liée de l’écharpe blanche, avec cette devise en lettres d’or : Bellicae virtutis praemium. L’ordre était composé de grands-croix, de commandeurs, et de chevaliers.

« Nous n’oublions pas qu’une révolution sociale s’est accomplie sans retour et que les hommes n’ont plus d’autre valeur que celle qu’ils tirent de « leurs mérites et qualités personnels, mais nous continuons à croire que les « familles doivent conserver leur histoire et ne pas répudier l’héritage légué par leurs ancêtres ».« Les grands exemples de courage, de vertu et de dévouement aux causes « nobles contiennent des enseignements et des exemples qui ne sont jamais perdus ».« En voyant ce qu’ont fait leurs pères, ceux dont l’unique privilège est « de porter des noms déjà très honorés, ne comprendront que mieux les devoirs « qu’ils ont à remplir envers la société nouvelle et ils se garderont d’oublier le vieil adage d’autrefois : NOBLESSE OBLIGE ». (*)

  • *

A la Révolution, la noblesse représentait I % de la population, une infime minorité. En 1975, on dénombrait 4057 familles dont le principe de noblesse française peut être retenu et accepté comme une noblesse régulière, légitime et transmissible, soit environ 0,2 % de la population française. (*) Pol Pottier de Courcy.

g – Les différents rameaux et branches

Les Rameaux et Branches que nous étudions maintenant nous sont donnés par des généalogistes bretons et nos documents de famille ; nous n’y avons pas trouvé d’erreurs et d’inexactitudes justifiant d’importantes modifications. Nous avons seulement vérifié, recherché les preuves et rectifié des petites erreurs évidentes (par exemple, deux « frères » nés de la même mère à ...60 ans d’écart) et essayé, parfois avec succès, de découvrir la vérité, quand deux auteurs se contredisent.Toutes les dates, les filiations, etc.. données sont rigoureusement exactes (nous en possédons les preuves), sauf lorsqu’elles sont précédées du signe v (vers 1607 par ex.), ou suivies d’un ?

I° - Tronc Commun - (Pages 79 à 83).Nous appelons « Tronc Commun » les quatre premières générations (ou degrés) qui sont le point de départ de notre généalogie de 1280 à 1982.De 1280 à 1400 environ, on pourra remarquer qu’il n’est fait mention que de garçons uniques, ce qui est peu probable ; ces « fils uniques » ont vraisemblablement eu des frères et des sœurs, qui ont dû former d’autres branches ou rameaux. L’explication qui nous parait la plus plausible est que les généalogistes et nos ancêtres se sont bornés à ne retenir que les auteurs des principales filiations pour des raisons de simplification et de clarté, lors de l’établissement de « preuves » qu’ils ont dû fournir au cours de leur existence. Quoiqu’il en soit, il nous a été possible de descendre sans faille, et presque toujours par les ainés, de 1280 à nos jours, ce qui est assez rare...Pendant la période du « Tronc Commun », nos ancêtres vivent à Augan et à Caro ; après la quatrième génération, deux des fils de Jean II (vI375- vI440), qui eurent postérité masculine, quittent ces berceaux familiaux pour former d’autres branches.

2° - Branche Ainée d’ALLAIRE - (Pages 85 à 90).Raoul I (vI400-ev1445), fils Ainé de Jean II, ayant quitté Caro, vint s’établir à La Poinaie, en Allaire (56). Cette Branche se maintiendra jusqu’en 1595, soit six générations, et faute de descendant masculin, s’éteindra à la fin du XVIème Siècle, fondue dans la Maison de Lézonnet.

3° - Branche Puînée de LA BABINAIS & DE LA COUR DE BOUÉE (Pages 91 à I0I).Renaud (vI400-v1470), troisième fils de Jean II, Quitte aussi La Villéon, en Caro, et après son mariage avec Marguerite de Hudelor, va s’établir à La Babinais, en Savenay (44) ; leur fils épouse Jeanne Meschinot qui lui apporte La Cour de Bouée, en Bouée (44) où il vient habiter. Cette branche se maintiendra pendant sept générations, et jusqu’à la fin du XVIIème siècle, fondue dans la Maison de Madaillan, de Lesparre (33).

4° - Branches du MINVEN (29-Tréogat) - (Pages 113 à 153).A la 9ème génération, dans la Branche de La Villéon, qui s’est perpétuée en même temps que les deux branches précédentes, Jean IV (1535-1610) eut trois fils, dont le cadet Charles I quitte Caro pour fonder la Branche du Minven, qui plus tard se subdivisera en deux.a) Branche Aînée du Minven - pages 113 à 135.Charles I (1566-1616) épouse Marie de Lanros, qui lui apporte la Seigneurie du Minven, en Tréogat, où il vient s’établir. Par suite de l’extinction de la Branche Ainée d’Allaire, cette branche devient l’ainéeet est plus tard reconnue « Chef de Nom et d’Armes ». Elle se maintiendra jus• qu’en 1865, après avoir donné naissance à d’autres rameaux, dont celui du Méroz, en Melgven (29).b) Branche Cadette du Minven - pages 148 à 153.En 1738, un fils cadet d’Alexandre François (1675-1729) : Alexandre-Louis (1705-1780), épouse Ursule Furic et va s’établir à Cuzon, près de Quimper, puis à Quimperlé, formant ainsi un rameau cadet qui durera quelques générations, jusqu’en 1890, pour s’éteindre fondu dans la Maison de Carné-Marcein.c) Rameau du Méroz.- - rues 136 à 147.Ce rameau se trouve donc issu de la Branche Ainée du Minven par le mariage d’Alain III (1627-1677) avec Jeanne Guillimin (ou Guillemin) Il ne durera que quelques générations et s’éteindra en I780

5° - Branches de LA VILLÉON - pages 103 à 112 et 154 à la fin).Bien qu’il y ait continuité de ces Branches, elles se trouvent séparées dans notre ouvrage, pour laisser place aux autres, plus ainées.Guillaume (vI400-v1471), deuxième fils de Jean II, reste à La Villéon, à Caro et continue les filiations qui sont se poursuivre jusqu’à nos jours, après avoir donné naissances aux trois branches et rameau du Minven.Ces branches se maintiendront longtemps par les ainés, jusqu’à la fin du XVIIème Siècle, puis par un cadet.C’est de cette Branche cadette de la Villéon que nous descendons tous en cette fin du XXème Siècle Jean II eut encore deux autres fils : Léon et Pierre.Nous trouvons des citations les concernant dans plusieurs ouvrages d’histoire ou des généalogies, mais le fait de savoir qu’ils ont existé ne nous permet pas de plus amples renseignements sur des alliances et des postérités éventuelles.En résumé,La Branche Ainée d’Allaire s’est éteinte à la fin du XVIème Siècle.La Branche Cadette de La Babinais et de La Cour de Bouée, à la fin du XVIIème Siècle.Les Branches du Minven se sont éteintes à la fin du XIXème Siècle.Il ne subsiste plus, en 1982, que les descendants des Branches de La Villéon, qui continueront à se perpétuer.

DE BOISGUÉHENNEUC 5347. (BRETAGNE). D’argent à une aigle bicéphale de sable ; becquée et membrée de gueule. D. GARANTEZ AR GUIRIONES.

Cette famille est connue depuis noble Jean du Boisguéhenneuc, seigneur du Cleyo vivant en 1400, sa descendance, a formé cinq branches principales :La première s’est éteinte à la fin du XVIème siècle, dans la famille Lezonnet ;A la seconde appartenait Charles de Boisguéhenneuc, écuyers, qui épousa Marie Noël, leur fils Alexandre marié en 1702 à Urbaine Aléno, fut maintenu dans sa noblesse en 1669 ; il fut père d’Alexandre, grand-père de Charles, Enseigne des Vaisseaux de S. M., qui épousa en 1767 Anne Le Moine de Préfontaine, qui eut Louis - Charles, écuyer, né en 1768.La troisième branche fut maintenue dans sa noblesse en la personne d’Alain du Boisguéhenneuc, écuyer, seigneur de Kermainguy, son fils Guillaume, épousa en 1703 Carentine Le Barzic ; il en eut, Joseph, écuyer, seigneur de Meros, qui épousa en 1769 Jeanne-Barbe Melou de Trégain, leur fils Louis-Aimé du Boisguéhenneuc de Kermainguy, né en 1774, fut admis aux Ecoles Militaires en 1784.La quatrième branche s’éteignit avec Suzanne, Dame de Bouée, qui épousa .en 1678 Amaury de Madaillan.

François du Boisguéhenneuc, Écuyers. ‘seigneur .de Cleyo, épousa Jeanne Des Grées, de là Jean du Boisguéhenneuc; Ecuyers, seigneur du Cleyo, mort en 1530, laissa de Melle du Houx de Bodel : jean du Boisguéhenneuc Ecuyers, seigneur du Cleyo, épousa Suzanne de Castellan, dont il eut : Jean du Boisguéhenneuc; Ecuyers, seigneur de la Villéon, épousa en 1619 Gilonne Aubin, qui lui donna Jean du, Boisguéhenneuc, écuyer, seigneur de La Villéon, maintenu dans sa noblesse en 1669, épouse en 1667 Michelle Brunet, d’où : Hyacinthe de Boisguéhenneuc, seigneur de la Villéon, épousa en. 1715 Anne-Marie Malo, qui lui donna : Pelage Malo du Boisguéhenneuc, écuyer, seigneur de la Vernée, épousa en 1753 Thérèse de Launay, de là : Charles-Vincent du Boisguéhenneuc (1758-1831) Chevalier, Page de la Grande Ecurie du Roi en 1775. Guéthenoc du Boisguéhenneuc (1767-1837), Chevalier, épousa en 1797 Marie Onffroy de Veretz, dont il eut James-Arthur : du Boisguéhenneuc né en 1803, épousa en 1838 Mademoiselle. Leroy de la Trochardaie et, continua.(Jougla de Morenas : « Grand Armorial de France ».)

A remarquer les erreurs dans l’orthographe du Nom, dans les Armoiries et dans la Devise :BOISGUEHENNEUC (DU),Seigneur dudit lieu, de La Villéon, de La Villevoisin et du Rufflay, paroisse d’Au¬gan, - du Clion, paroisse de Caro, - de La Babinais, arrondissement de Savenay, - de Minven, paroisse de Tréo¬gat, - de Kermenguy, paroisse de Cuzon, - de Kermeur, paroisse de Plogoff, - de Kervéréguin, paroisse de Loctudy, - de Keringar, paroisse de Plouhinec, - de Bonnefont, de La Vairie, de la Villerio, paroisse de Dirinon, de Cahan, de La Cour-de-Bouée, paroisse de Bouée, - de La Chauvelière, paroisse de Misailac, de La Haye, paroisse de Prinquiau, - de Couadriguen, paroisse d’Assérac.

Anc. ext. chev. - réf.I668, huit gén. - réf. et montres de 1427 à 1543, paroisse d’Augan et de Caro, évêché de Saint-Malo et Savenay, évêché de Nantes.D’argent à l’aigle impériale de sable, becquée et membrée de gueules - comme Bouillant et Couesplan, et Courtois. Devise : Carantez ha guirionez (amour et vérité).Eon, au nombre des légataires du duc Jean II, en 1304. Alain, fils de Jean, épouse vers 1400 Jeanne de Castellan. Un page du Roi en 1775.La branche aînée fondue vers 1600 dans Lézonnet »

(Pol Pottier de Courcy : Nobiliaire et Armorial de Bretagne.)

Trois pages de la "Biobibliographie" concernant les du Boisguéhenneuc,du Boisguéhenneuc. - Nom d’une famille qui l’avait jadis emprunté à une ancienne seigneurie de la paroisse d’Augan, et qui figure deux fois à l’Armorial général de mss d’Hozier, (1, 177, 726) ; et dont, une branche, celle de Kerminguy, au ressort de Ploérmel, fut déclarée noble d’ancienne extraction par arrêt de la réformation en date du 25 février I669, bien qu’une autre branche, celle de Bonnefont, au ressort de Nantes n’eût été déclarée que de simple extraction, par arrêt du 22 octobre 1608. - Il y avait aussi eu Férel une seigneurie du Boisguéhenneuc, dont le nom a. été porté par les Pineau. Voir ce nom.

Notices aux Nob. et Arm. de Courcy, I, 86 ; Briant, p. 2G ; Dit Perré, p. 8 ; - Beauregard, p. 58; - Du Plessis, p. 21 ; -Saint-Luc, III, 31 ; - Guérin, I, 45; - Gamin, au Cab. hist., XII, 21.2 ; - La Bourdonnaye, p. 9, avec la qualification bonne no¬blesse ; l’ainé, chevalier ; les cadets écuyers ; » - La Chesnaye des Bois, III, 403 ; - Saint-Allais, V, 304 - Dossiers mss. au Cabinet des Titres.Armoiries : D’argent à l’aigle impériale de sable, membrée et becquée d’or, alites de gueules ; avec la devise : Carantez ar guirioniez (Amour et vérité). - Blason gravé dans Saint-Luc, B, n° 100 ; et Guérin pl. n° 12 coloriée, B, n° 142 ; - Et. voy. Dict. hérald. de lire, p. 7, 235.

Les Preuves de dom Mer. citent Éon de B., parmi les légataires du duc Jean 11, « pro servitio suo, s en 1304 (I, 1197) ; - Guillaume (le B., homme d’armes de la montre du sire de [lieux, pour la recouvrance du due en 1420 ; - Jehan, écuyer de la maison du duc, et Raoul, homme d’armes en 1420 ; - Raoul, écuyer, en 1421 ; - Pierre, en 1425 ; - Raoul, au serment des nobles de l’évêché de St-Malo en 1137; - Guillaume, plaidant aux Etats de Vannes en 1451 – Raoulet au plaids de Ploërmel en 1462 – Pierre écuyer de cuisine de bouche de la maison de la reine Anne en 1505 etc.

Les Anciennes Réf. de l’Évêché de Saint-Malo, publiées par M des Salles citent : pour Augan Jean du Boisguéhenneuc au manoir du Boisguéhenneuc, et de La Bossardaye et G du Boisguéhenneuc à la Ville-Vesin et au Rufflay, en 1440 ; mention « noble d’antiquité » ; et pour Caro, G du Boisguéhenneuc ; au Cléyo, en 1427 , et J du Boisguéhenneuc , écuyer fils de François, aussi au Cléyo, en 1513, avec la mention « noble d’antiquité ».

Le Dictionnaire d’Ogée cite plusieurs du Boisguéhenneuc, dont Gilles, procureur général syndic des Etats de Bretagne en 1541.

Les Archives du Morbihan citent un grand nombre d’actes sur les Boisguéhenneuc de 1565 à 1780 : en Caro, baptême en 1565 de Jacques fils de Jean de Boisguéhenneuc du Cléyo et de Suzanne de Castelan ; en 1566 de Charles, second fils ; en 1575, d’Olivier neuvième lit ; décès en 1596 d’Olivier de Boisguéhenneuc de la Vallée ; baptême en 1597 Jean, fils de Jacques ci-dessus cité et de Renée de Lézonnet ; en 1601, mariage d’Anne de Boisguéhenneuc avec François Dano de la Vilar, célébré par François du Boisguéhenneuc, son frère, recteur de Caro ; en 1675 et 1676, baptêmes d’enfants de Jean du Boisguéhenneuc, et de Michelle Brunet ; de 1710 à 1723, baptêmes d’enfants de Gilles de Boisguéhenneuc de la et d’Anne Aubin (E, suppl. 554, 562, 563); - en Augan, baptême de Siméon fils de Jacques et de Renée de Lézonnet, ci-dessous cités ; - et Jean du Boisguéhenneuc, parrain de la grande cloche en 1605 (E, suppl. 473) ; - à Quily, baptême en 1602 de Jeanne du Boisguéhenneuc ., fille de Charles et de Marie de Lanros (E, suppl. 554) ; - au Roc -Saint-André, décès en 1777 de la femme d’Yves - Joseph du Boisguéhenneuc de la Villéon (E, suppl. 604), etc.

Les Archives du Finistère citent Alain du Boisguéhenneuc, renonçant à la succession de son fils Charles en 1693 ; - inventaire après décès chez Alexandre du Boisguéhenneuc et dame Aleno, sa veuve, en 1729 en Trégouet et Tréogat ; - Inventaire chez Louis-Charles, recteur de Peumerit en 1735 ; - Charles, seigneur de Kervezren, rendant des aveux en Tréogat en 1732, et soutenant un procès devant le présidial de Quimper en 1734; - Tutelle des enfants de Charles du Boisguéhenneuc, seigneur de Minven, en 1761 ; - Inventaire chez Joseph (lu B. de Kermenguy, veuf de Corentine Le Borgne, en 1760, etc, ; - un commissaire des Etats à Quimper, etc. (B, 43, 223, 362 à 371, 390, 471, 695, 706, 924 ; C, 55, etc.).Les Archives d’Ille-et-Vilaine citent un du Boisguéhenneuc possédant droit de bac sur la rivière de Landerneau en 1773 ; - le dossier d’un du Boisguéhenneuc entrant à l’Ecole militaire en 1778 ; - celui d’un du Boisguéhenneuc de Kermainguy y entrant en 1783, etc. (C, 950, 983, 2449).

Les Archives de la Loire-Inférieure citent Raoul du Boisguéhenneuc, signant de sa propre main le serment au duc Jean V, en 1437 ; - Léon du Boisguéhenneuc, procureur de la cour de Ploérmel, soutenant contre le vicomte de Rohan au conseil ducal tenu au manoir épiscopal de Nantes (sous Jean V) ; - des aveux de Marie du Boisguéhenneuc, veuve de Christophe Fouquet, pour une maison à Concarneau vers 1680; - René, Suzanne et Léa au XVIIème siècle ; Charles du Boisguéhenneuc, pour la seigneurie de Minven, en Tréogat, en 1731, etc. (Il, 401, 858; E, 145, 151, 287, 707, 709, 1131, 1310 ; G, 83, 147; 11,257).

Le Pouillé de Rennes cite François du Boisguéhenneuc, recteur de Lieuron en 1598 ; - le mariage de Jean, sr du Cléyo, avec Marie de Co¬niac, dans la chapelle des Onglées, eu Acigné, en 1617 ; - Judith Martin, femme séparée d’Elie du. B. des Métairies, fondatrice en 1662 à la chapelle de Maubusson, en Domloup ; - le mariage de Charles du Boisguéhenneuc, avec Jeanne du Boisguéhenneuc, sa cousine, dans la chapelle de saint-Charles de La Massais, en Pont-Péan, en 1663, (IV, 10, 534, 691 ; V, 71, 517).

Le Dictionnaire des terres du comté Nantais de Cornulier cite un grand nombre de du Boisguéhenneuc : Merri et Olivier à La Babinais en Savenay en 1543 et 1683 (p 56) ; - Olivier, à la Savenière en Saint-Sébastien en 1560 (r. 200) ; - Louise, à la Haie de Besné, en Prinquiau en 1%91 (p. 151), - Olivier, au Chaslellier en Bouée, à la Chauvelière en Missillac, à Coedriguen en Assérac, à la Cour de Bouée, etc., de 1668 à 1702 (p. 104, 107, 115, 120, 192, 216, 253).- 215 -

Le catalogue de la Bibliothèque de Nantes (n° 51 699) cite la pièce suivante :Arrêt du Conseil d’Etat du Roy, par lequel deffenses sont faites aux sieurs du Boisguéhenneuc (sic), de Vay et du Boispéan, de faire chez eux (dans leurs maisons et fiefs de la Cour de Boucé (sic pour Bouée), l’exercice de la R(eligion) P(rétendue) R(éformée), sur peine de 3000 livres d’amende et d’interdiction pour toujours contre le ministre. Du 12 mars 1685. - Vannes, Julien Moricet, s. d. (1685) in-4 », 4 p.

Les registres des protestants de Blain conservés aux archives du tribunal de Saint-Nazaire citent le mariage: à la Cour de Bouée, célébré le 25 novembre 1652 par Lenoir, de François de Goué avec Lydie du Boisguéhenneuc ; - le décès au Pontpiétin le 20 août 1660, de René du Boisguéhenneuc, seigneur du Plessix, à 35 ans ; - le mariage à la Cour de Bouée, en 1678, d’Amaury de Madaillan de Lesparre avec Suzanne du Boisguéhenneuc, fille d’Olivier et de Marguerite Le Maitre ; l’enterrement au sépulcre de La Babinais, le 8 janvier 1680, auprès de ses ancêtres, de Gédeon-Samuel du Boisguéhenneuc, seigneur de la Cour de Bouée, etc. et voy. Fr. Protest. II, 703, qui cite Léa, fille Olivier de Bois-Guilheneuc (sic).

Le Recueil Galibourg sur les familles des environs de Saint-Nazaire m’indique encore Méry du Boisguéhenneuc seigneur de La Babinais, relevant du vicomte de Donges, cité dans un aveu de la vicomté au Roi en date du 15 avril 1534 ; le décès de Marguerite du Boisguéhenneuc, dame de Kercassier, veuve d’écuyer Jérôme Jouan, d’après les registres de Guérande du 5 mars 1702 etc.Adélaïde du Boisguéhenneuc, dame de Boispéan, bienfaitrice de Bouée, par testament du 4 mars 1716 (L..), Maitre, l’Assistance publique dans la Loire-Inf., p. 578, et Mém. de l’Association. Bretonne., congrès de Savenay en 1877, archéolog. p. 17).

Hyacinthe du Boisguéhenneuc, siégea dans les rangs de la noblesse de Rennes aux Etats de 1736 (du Bouëtiez, I, 261).Du Châtelier, Histoire de la Révolution en Bret., I, 16, cite un Boisguéhenneuc, chevalier de Verné, (sans doute de La Vairie) conspirant en 1761 pour l’autonomie de la Bretagne, à l’époque des troubles occasionnés par l’impôt des 2 sols par livre.

Le chevalier du Boisguéhenneuc était membre de la commission intermédiaire des Etats de Bretagne pour l’évêché de Quimper en 1789 (du Bouëtiez, I, 146).Un du Boisguéhenneuc, sous-lieutenant, assiste à la fête de la fédération à Quimper en 1791 (voyez procès-verbal).Un lauréat de l’Association Bretonne (médaille d’or) au congrès de Rennes en 1814.Un lieutenant de vaisseau, membre de la Soc. Arch. du Finistère., en 1850.De nos jours, Arthur du Boisguéhenneuc, commissaire, pour la division de Nantes, de l’association des anciens élèves du collège St François-Xavier de Vannes.


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  5. gw_v5_tour_4_title (3/7)

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  6. gw_v5_tour_5_title (4/7)

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  7. gw_v5_tour_6_title (5/7)

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  8. gw_v5_tour_8_title (6/7)

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  9. gw_v5_tour_7_title (7/7)

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  10. gw_v5_tour_9_title

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