Message d'information du propriétaire de l'arbre

close

 

 

 Chronique familiale



 La maison de la tante Jacquette (avant 1510 - après 1973).

Sommaire

 1 - Les années 1500..., la tenure LE HESCHO, famille CLÉQUIN - LE ROUX.

Sources d'informations :La maison forte et le patrimoine de Rhuys, Rhuys, ses familles, ses terres sous le règne d’Anne de Bretagne à partir du Rentier de 1506 – 1510, Riveneuve Edition, 2013 ;AD 56, le cadastre "Napoléon" de Sarzeau en 1828.AD 56, les registres paroissiaux.

En 1506, la duchesse Anne de Bretagne et son époux le roi de France Louis XII commandent le recensement des tenures de la Sénéchaussée de Rhuys ; le Rentier de Rhuys leur est remis en 1510. Dans la frairie de Saint-Jacques, en contre-bas du hameau de Tréhiat, il fait état d’un hameau établi sur le replat du versant, large d’à peine 100 mètres, habité par les familles LE HESCHO et Bresche LE HESCHO : les 4 maisons du « villaige de Kermoisan » construites en limite nord du replat et la maison du « villaige de la Grée » construite en limite sud du replat. Le nom de Kermoisan vient du patronyme des fondateurs du hameau et la grée signifie la hauteur en gallo. On devine qu’en ce pays bretonnant ce terme gallo doit correspondre à une installation alors récente.

Cette maison de La Grée est construite sur la tenure des consorts Jehan LE HESCHO et Jehan GLESQUIN, époux de Jehanne LE HESCHO, ces derniers l’habitant. A cette époque les femmes ne sont citées qu’en cas de nécessité et toujours avec leur référent masculin. Ainsi, le rentier cite Alliecte HERVÉ veuve d’Olivier LE HESCHO, les mère et père du dit Jehan LE HESCHO, parce qu’elle est tenancière à Kermoisan. De même, si l’épouse de Jehan GLESQUIN est citée, c’est pour indiquer que celui-ci exploite et habite la tenure de son épouse. Le lien de famille avéré entre les dits Jehan et Jehanne LE HESCHO n’est pas précisé. Les tenures que Jehan LE HESCHO exploite avec ses fils et gendres ne sont pas décrites pareillement à celle de La Grée. On peut en conclure que Jehan et Jehanne LE HESCHO ne sont pas père et fille mais possiblement frère et sœur ou oncle et nièce, tante et neveu, cousins. On peut en conclure que la maison de La Grée a été construite au plus tard à la fin du XVème siècle et dans ce cas, à l’initiative d’Olivier LE HESCHO pour y accueillir sa fille et son gendre. Toutefois, l’élévation du batiment, le matériau et la forme de la porte, semblent identiques ceux de la maison qu’habitait dans les années 1960 Mlle Marie LE BLAY, voisine de l’ancienne sieurie du XVIIème des AUTHEUIL et apparemment la maison la plus ancienne du hameau.

Il n’est pas douteux que la maison de La Grée soit notre maison, que ses habitants soient nos ascendants, tout comme l'autre branche de la famille LE HESCHO, tenancière de cette tenure " du villaige de la Grée ".

Notre maison est située précisément en bordure sud du replat et la plus ancienne des trois maisons mitoyennes présentes. La construction visible sur le cadastre de 1828 était assurément la grange-étable de la maison du centre, comme les autres constructions sans cheminée qui font face aux maisons dites de pêcheurs. Ici comme généralement dans les hameaux de la presqu’île, il n’y a pas eu de destruction d’habitation en particulier au XIXème siècle, où la population permanente était aussi voire plus nombreuse qu’à la fin du XXème siècle.

J’ai pu remonter notre ascendance habitant la maison jusqu’aux consorts LE ROUX, avec en 1579 l’acte de baptême d’Olive, fille des époux Jehan LE ROUX et Julienne CLÉQUIN. Julienne CLÉQUIN est probablement l’arrière-petite-fille des époux Jehan GLESQUIN et Jehanne LE HESCHO. Au début du XVIIème siècle, son fils Jean LE ROUX épouse Françoise, fille de Jean LE HESCHO dit mignon. Or les deux de leurs enfants ayant atteint l'âge adulte reprennent les deux baux de cette tenure. Saturnine et son époux Jean LAYEC reprennent le bail LE ROUX, son frère Jean reprend le bail et le surnom " mignon " de son grand-père maternel. J'en conclue que le dit Jean LE HESCHO mignon doit être l'arrière-petit-fils du dit tenancier en 1510 Jean LE HESCHO, fils d'Olivier. Cette transmission des deux baux de la tenure se perpétue au sein de cette famille jusqu'à la Révolution. En 1804, les actes de propriété et les règles de succession créés par le consul Napoléon BONAPARTE dissocient " la tenure du villaige de la Grée ".

Il est aisé d’imaginer l’aspect de notre maison vers 1508. Ses murs sont à la base large de près d’un mètre, construits en « pierres sèches » de schiste sériciteux local et crépis. Au centre de la façade Est, le long du chemin qui mène au communaux de l’étang de Guitton et des champs du Clos Chebey, une porte à encadrement de granit sculptée d’une rainure et au sommet arqué pour l’entrée des humains fait face, sur la façade Est à une porte rectangulaire dont l’encadrement est en grosses pierres de schiste, pour possiblement l’entrée du bétail. La partie nord était la pièce de vie des habitants, au sol en terre-battue des lits clos pouvant peut-être leur assurer une intimité, éclairée sans doute à l’Est par une petite fenêtre ouverte, obturable par un volet amovible ou un cadre en fine peau de mouton. Une cheminée monumentale construite avec le pignon nord, des gros corbeaux de granits sculptés supportant la grande pierre trapézoïdale de granit de son manteau, callée par de petits morceaux d’ardoise, assurait le chauffage et la cuisine. Derrière peut être une cloison de bois, la partie sud était la grange-étable. Le fourrage était entré dans le grenier par une lucarne au-dessus de la porte Est. Le décrochement sur le mur pour porter les poutres et le plancher du grenier s’interrompt au sud très certainement au-dessus des mangeoires de l’étable pour les approvisionner commodément en fourrage. La toiture est très certainement en chaume. Sa charpente est restée en place jusqu’à la restauration de la maison en 1973, et jugée « vraiment très intéressante » et de bonne valeur par le restaurateur et les professionnels qui l’ont rachetée.

 2 - Les années 1640..., la maison de La Grée, famille LE ROUX - LAYEC.

Au début du XVIIème siècle, la maison est habitée par les époux Jehan LE ROUX, fils de Jehan et de Julienne née CLÉQUIN, et Françoise née LE HESCHO, fille de Jehan dit Mignon, logique descendant du tenancier, présenté dans le Rentier de 1510, Jean LE HESCHO, fils d'Olivier. Je leur connais deux enfants, atteignant l’âge adulte avec descendance. Comme il a été dit précédemment, la soeur et le frère reprennent les deux baux de la tenure. Ils constituent leur famille dans la maison. De Saturnine LE ROUX et son époux Jean LAYEC naissent entre 1638 et 1643 Jean, Simone et Louis LAYEC. Puis, le frère de Saturnine, Jehan dit Mignon LE ROUX épouse Guillemette LAYEC, dont il a Thomas, né en 1640. Veuf, Jehan dit Mignon LE ROUX se remarie en 1645 avec Antoine LARGOUËT dont il a trois enfants nés entre 1646 et 1653 : Gildas, Pierre et Jeanne. A partir de 1621, il y a peu de lacunes dans les registres paroissiaux de baptêmes et on dispose de tables récapitulatives. On peut donc considérer que les naissances sont presqu’exhaustives.

Jean et Louis LAYEC, comme Thomas, Pierre et Jeanne LE ROUX, se marient et constituent leur famille dans les hameaux de leurs conjoints respectifs à Kerfontaine, Lann Hoëdic, le Riellec, Kercoquen et Penvins. Les autres forment la 7ème génération d’habitants à La Grée, encore citée ainsi dans les registres, distinct de Kermoysan. Ils restent ou sont longtemps célibataires.

En 1676, Louis LAYEC revient veuf de Lann Hoëdic avec ses jeunes enfants Pierre et Claudine. Sept mois plus tard, Simone LAYEC, âgée de 35 ans, épouse Jacques BLANCHO. Elle meurt deux ans et demi plus tard, peu avant Saturnine née LE ROUX, sa mère veuve depuis deux ans, et après avoir donné naissance à une petite Jeanne BLANCHO, qui ne laisse pas de trace d’adulte. Un an après le décès de Simone, Gildas LE ROUX se marie à l’âge de 33 ans mais meurt sans enfant moins de deux ans plus tard. Antoine née LARGOUËT meurt en 1686. Dès lors et jusqu’en 1717, aucun de nos ascendants n’habite notre maison : Jean LAYEC, fils de Saturnine née LE ROUX vit à Kerfontaine, et Thomas et Pierre LE ROUX, fils de Jean « Mignon » LE ROUX, vivent respectivement au Riellec et à Kercoquen. La maison n'est plus habitée que par Louis LAYEC, veuf, avec ses deux enfants Pierre et Claudine, nés à Lann Hoëdic en 1673 et 1675.

A l'évidence, les enfants restés sur place secondent leurs parents dans l'exploitation de la tenure puis, en reprennent le bail. Le bail LE HESCHO du rentier, repris par Jean LE ROUX mignon puis son fils Gildas, est alors tenu par Louis LAYEC. Le bail GLESQUIN du rentier, repris par les époux Jean LAYEC et Saturnine née LE ROUX, puis par les époux Jacques BLANCHO et Simone née LAYEC, est alors tenu par le jeune Pierre LAYEC, fils du dit Louis.

 3 - Les années 1710..., la maison de La Grée Moyzan, famille LAYEC - LE PAGE.

Les enfants de Louis LAYEC grandissent et se marient. Claudine épouse en 1701 André LE RIDANT et fonde sa famille à Lann Hoëdic, hameau de son époux. De leurs 8 enfants, 5 sont morts peu après leur naissance et je n’ai trouvé d’autre trace de leurs enfants adultes que celle de leur fille Julienne LE RIDANT, qui se marie en 1723 et s’installe un temps au Rohaliguen puis, durablement à Kercoquen. Pierre épouse en 1704 Anne CONNANO, originaire du hameau de Kersauz en paroisse de Saint-Goustan-de-Rhuys et est co-tenancier de la tenure avec son père Louis. Je n’ai pas trouvé de trace de naissance dans ce ménage tant en paroisse de Sarzeau, qu’en celle de Saint-Goustan. Il semble bien avoir vécu dans la maison de La Grée jusqu’à son décès en 1728. Sa part de tenure est alors reprise par son beau-frère et sœur Claudine, qui quittent Lann Hoëdic pour habiter à La Grée Moysan, très probablement dans la maison de La Grée, où ils meurent, André LE RIDANT en 1734, Claudine née LAYEC en 1761, âgée de 85 ans.

Au final, les deux familles nées de Saturnine et de Jean « Mignon » LE ROUX et vivant dans la maison de La Grée n’ont pas ou n’y établissent pas de descendants. Ainsi, après la mort en 1716 de Louis LAYEC, il ne demeure à La Grée que son fils Pierre et peut-être sa bru Anne née CONNANO. La bail de tenure de Louis LAYEC est repris en 1717 par les époux Laurent LE PAGE et Perrine née LE ROUX, fille de Pierre et petite-fille de Jean « Mignon » LE ROUX, qui s'installent dans notre maison en La Grée Moysan avec leur fille Jacquette, née au hameau de Kerignard. C’est dans notre maison que naissent leurs enfants Jeanne, François et Sébastien LE PAGE. Jeanne est la seule des cinq enfants du couple LE PAGE à devenir adulte.

En 1728, Pierre LAYEC décède dans la maison. Son bail de tenure est repris par les époux André LE RIDANT et Claudine née LAYEC, beau-frère et sœur du décédé. Ceux-ci ont constitué leur famille à Lann Hoëdic où leur fils René doit leur succéder. André LE RIDANT décède dans la maison en 1734.

Est-ce une coïncidence ? Jeanne LE PAGE n’a que 15 ans, lorsqu’elle épouse en 1735 Guillaume BLANCHO, neveu du dit André LE RIDANT. Guillaume BLANCHO et Jeanne née LE PAGE constituent leur famille dans notre maison du hameau que l’on commence parfois à appeler La Grée Saint-Jacques. Leurs enfants Saturnine, Jean, Jacquette, Jean et Catherine BLANCHO y naissent et meurent jeunes ou en bas âge, alors que leur mère et belle-mère, Perrine LE PAGE née LE ROUX y décède en 1745. En 1753, Jeanne BLANCHO née LE PAGE décède le jour de l’inhumation de son père, tous deux victimes sans doute d’une même cause. Guillaume BLANCHO vit veuf avec ses enfants Guenaëlle et Yves, et sa tante Claudine LE RIDANT née LAYEC. Anne, dernier enfant de Guillaume et Jeanne BLANCHO décède l’année suivante au Petit Net chez sa tante paternelle, qui l’a peut-être recueillie, à l’âge de 3 ans. Guillaume BLANCHO décède dans notre maison en 1779, âgé de 65 ans.

La bonne conservation des registres paroissiaux de l’époque permet de relever la forte mortalité infantile durant cette période : près de 73 % des enfants nés dans notre maison entre 1719 et 1751 sont morts dans les 8 premières années de leur vie ; la durée de vie des autres est en moyenne de 57 ans.

Durant cette période 1645-1761, notre maison a donc été habitée par nos ascendants les consorts LE ROUX – LAYEC et leurs descendants. J’établis cette idée sur le fait que des actes distinguent encore au XVIIème siècle les lieux-dits La Grée et Kermoisan et que les installations à La Grée Moysan des époux LE PAGE et LE RIDANT coïncident avec les décès de Louis et de Pierre LAYEC, précédemment dits habitants de La Grée. De plus les époux LE PAGE sont les seuls à avoir une descendance à La Grée Moyzan et sont nos ascendants. Mais on peut aussi supposer que Pierre LAYEC ait habité sans enfant la maison sud de l’ensemble des 6 « maisons de pêcheurs » entre La Grée et Kermoisan avant que s’y retirent sans enfant sa sœur Claudine et son beau-frère André LE RIDANT, d'autant que c'est dans le prolongement de cette maison qu'est construit en 1761 la grange-étable des époux Claude LE MOUËL et Guénaëlle née BLANCHO, repreneurs du bail de leur tenure.

 4 - Les années 1750..., la maison de La Grée Saint-Jacques, famille BLANCHO - LE MOUËL.

Après la mi XVIIIème siècle, 2 maisons mitoyennes sont construites dans l'alignement nord de la maison de la Grée, le long du chemin qui menait vers les communaux de l’étang du Guitton et les champs du clos Chebey. Ce sont des habitations constituées d'une seule pièce, des lits clos assurant l'intimité. La construction la plus au nord date de 1761 si l'on en croit la date gravée à l'entrée. Elle a ses quatre murs, une cheminée intégrée à son pignon nord et une grange-étable de l’autre côté du dit chemin et décalée sur le nord pour laisser une cour devant les maisons et le chemin. La maison entre les deux autres est plus récente car elle n’a pas de pignon propre, sa cheminée étant accolée au pignon nord de la maison de la Grée. Sur le cadastre de 1828, on aperçoit sa grange étable face à notre maison, de l’autre côté du chemin et de la cour, ainsi décalée vers l’est par rapport à la grange-étable de sa voisine. Ses maisons ont peut-être été construites pour accueillir des descendants de Guillaume et Jeanne BLANCHO car en 2021 notre maison et celle datée de 1761 sont les propriétés de leurs descendants.

Guenaëlle BLANCHO épouse en 1756 Claude LE MOUËL dont naissent de 1758 à 1771 leurs enfants Nicolas, Jacquette, Yves, Julienne, Thomas et François, fils posthume de Claude. Nicolas et peut-être Jacquette naissent dans notre maison, leurs cadets dans la maison voisine construite en 1761 lorsque leurs parents reprennent le bail de tenure de leur grand-tante Claudine LE RIDANT née LAYEC. Les dits époux Claude LE MOUËL et Guenaëlle née BLANCHO y décèdent respectivement en 1771 et 1797. A cette date, leur fille Jacquette veuve LE PRAT puis éphémère épouse de Vincent LE BLAY, aïeul de la tante Jacquette, est décédée et leurs fils Thomas et François sont mariés et établis à Tréhial et Kefontaine, Le dit François reprend peut-être brièvement le bail de la tenure mais retourne ou continue d'habiter à Kerfontaine auprès de sa belle-famille. En 1803, la tenure et la maison sont reprises par Toussaint BLANCHO, neveu de la dite Gunénaëlle LE MOUËL née BLANCHO.

Yves BLANCHO épouse en 1768 Anne LE MOUËL, nièce de son beau-frère Claude LE MOUËL. De 1769 à 1788, neuf enfants naissent dans notre maison de cette union, dont 6 au moins deviennent adultes. Jean-Pierre meurt âgé de 6 ans et je n’ai pas trouvé de trace de Guenaëlle, de Pierre et de Jeanne après leur baptême. A la révolution, il est le tenancier habitant notre maison et bientôt reconnu comme étant son propriétaire.

 5 - Les années 1800..., " des masses de granit ", famille BLANCHO - LE CORRE.

Le consul Napoléon BONAPARTE décide de mettre fin à la Révolution et de « jeter des masses de granit » comme fondation de l’État parmi lesquelles, les actes de propriété et une règlementation des successions. Ainsi en 1804, Yves BLANCHO devient propriétaire de notre maison. Son ménage avec son épouse Anne née LE MOUËL est la seule famille habitante du lieu puisque sa nièce Jacquette puis sa sœur Guénaëlle sont décédées dans cette maison ou dans la maison voisine en 1789 et 1797 et que ses neveux Thomas et François LE MOUËL sont établis dans les hameaux de Tréhial et Kerignard.

Les enfants d’Yves et Anne BLANCHO vont aussi le plus souvent vivre dans le village de leur belle-famille : Toussaint à Kerfontaine puis après son veuvage, à Kersauz, Thomas au Petit-Net, Jean-Joseph à Kerguillehuic. Le benjamin Guillaume habite avec son épouse Anne LE BLAY et leur bébé Toussaint Lucas à la Grée Saint-Jacques, peut être dans la maison ou plus probablement dans celle de son beau-père François LE BLAY, veuf. Anne décède après 3 ans de mariage et le petit Toussaint Lucas l’année suivante chez son dit grand-père. Guillaume se remarie en 1820 et fonde sa 2ème famille au hameau de Kersauz.

Par contre, Françoise qui épouse en 1801 Goustan LE BESQUE de Kersauz et fonde sa famille à la Grée Saint-Jacques. La présence durable dans ce hameau de cette lignée me paraît exclure que leurs enfants soient nés dans notre maison. L’étude des actes de propriété nous renseignera sur leur maison, mais il me semble très possible que l’on ait construit pour accueillir ces époux LE BESQUE cette maison voisine sans pignon propre, en appui sur les pignons des maisons de leur père Yves BLANCHO au sud et peut-être de leur frère Toussaint, à nouveau veuf, voire Guillaume BLANCHO au nord.

Il faudra rechercher aux archives départementales de Vannes les minutes des notaires et le cadastre de 1828 pour connaitre l’identité des voisins d’Yves BLANCHO mais il est avéré qu’en 2021 notre maison et sa voisine datée 1761 sont en 2021 les propriétés respectives des descendants des frères Jean-Joseph et Toussaint BLANCHO, fils du dit Yves BLANCHO. La maison de 1761 été construite pour accueillir la famille de Guenaëlle BLANCHO, sœur d’Yves, lorsqu'elle reprend le bail de tenure de sa grand-tante et elle y décède en 1797, veuve depuis 1771. Sa descendance ne se maintient pas dans le hameau contrairement à ses neveux. Ses nièces Guenaëlle et Jeanne Marie BLANCHO, nées en 1771 et 1786, ont peut-être été adultes mais alors célibataires habitant chez leurs père et mère. Sa seule nièce mariée Françoise LE BESQUE née BLANCHO ou plus sûrement son neveu Guillaume BLANCHO et son épouse Anne née LE BLAY ont pu habiter cette maison de 1761 après la mort de Guénaëlle LE MOUËL née BLANCHO.

La situation de Toussaint BLANCHO, aîné d'Yves, est plus intéressante puisque sa descendance occupe durablement la maison de 1761. Veuf sans enfant une première fois lorsque sa tante Guenaëlle décède, il revient à La Grée Saint-Jacques à nouveau veuf et père de Joseph-Marie. Ce dernier épouse en 1820 Marie-Jeanne LE CORRE, petite sœur de sa tante par alliance avec Jean-Joseph BLANCHO, deux mois après le remariage et l’installation à Kersauz de son oncle Guillaume BLANCHO. Jean-Joseph et Marie-Jeanne BLANCHO constitue leur famille à La Grée Saint-Jacques, où ils résident encore à la mort de leur fils Guillaume en décembre 1922. Mais leurs fils Michel et Stanislas naissent à Tréhial en 1831 et 1835. En 1857 Joseph-Marie et Marie-Jeanne BLANCHO marient le même jour leurs trois enfants à trois frère et sœurs LE BLAY, neveu et nièces de Vincent LE BLAY aïeul de la tante Jacquette.

Le départ des époux Joseph-Marie et Marie Jeanne BLANCHO de la Grée Saint-Jacques, correspond à l’arrivée de Kerguillehuic des époux Jean-Joseph et Jacquette BLANCHO, Jean-Joseph étant l’oncle de Joseph-Marie et Jacquette la sœur aînés de Marie-Jeanne. Ils s’installent entre mai 1824 et mars 1826, peut-être dans cette maison de 1761 ou dans la nôtre auprès de leurs vieux parents Yves et Anne BLANCHO, avec les 5 enfants vivants de leurs 9 enfants nés. Jacques, leur dernier enfant, y nait en 1827, un an après le décès d’Anne BLANCHO née LE MOUËL et 2 ans avant celui d’Yves BLANCHO, ses aïeuls. En 1929, les 5 héritiers d’Yves s’entendent pour attribuer notre maison à son probable occupant, Jean-Joseph BLANCHO.

Ses filles Françoise et Hyacinthe se marient en 1834 et 1839 avec les cousins issus de germains Pierre-Marie et Jean-Marie LE BLAY, marins du commerce, et quittent la maison pour les hameaux de Kerblay et de Kerfontaine. Entre temps, leur sœur aînée Madeleine épouse sans dispense son cousin issu de germain Guillaume LE CORRE. Il est rare de voir des dispenses pour les mariages à Sarzeau. Certes, la forte densité de population limite la consanguinité, les implexes trouvés dans notre lignée sont rares, mais les liens entre les familles de Saint-Jacques sont multiples et à l’évidence pas toujours relevés lors des mariages. Pour illustrer la complexité des liens familiaux, remarquons que Jean-Marie LE BLAY est le fils de Vincent LE BLAY, cité précédemment comme époux de Jacquette LE MOUËL, donc un cousin germain par alliance de Hyacinthe et leur mariage est l’implexe d’arrière-arrière-arrière-petits-cousins. Ils ont pour ascendants communs les habitants de la 5ème génération de notre maison, Jean et Françoise LE ROUX, Jean-Marie descendant de Jean LAYEC, le fils aîné de Saturnine LAYEC née LE ROUX, et Hyacinthe de Pierre LE ROUX, fils de Jean « Mignon » LE ROUX.

Madeleine et Guillaume LE CORRE vivent dans notre maison mais leur mariage s’achève peu après avec peut-être une contagion. En effet le 7 mai 1841 y décède Claude-Marie BLANCHO, petit-frère de Madeleine qui accouche de Pierre-Marie LE CORRE le 11 mai et décède le 19 mai suivants. Le petit Pierre-Marie décède 4 mois plus tard au hameau de Kerfontaine. A l’automne 1843, Toussaint-Marie BLANCHO décède à son tour, âgé de 22 ans. Après la mort en 1858 de Jacquette BLANCHO née LE CORRE, la maison n’est plus habité que par le vieux Jean-Joseph BLANCHO et par son plus jeune enfant, Jacques BLANCHO.

 6 - Les années 1860..., la maison de la tante Jacquette, famille BLANCHO - LE BLAY.

En janvier 1859, Jacques BLANCHO épouse sans dispense sa cousine-issue de germain Claudine BLANCHO. Peut-être a-t-on été considéré leur ascendance BLANCHO distinctes et oublié leur ascendance LE CORRE proches. Leurs enfants Marie-Vincente, Claude et Marie-Célestine Eugénie naissent peu après, la dernière citée étant le dernier enfant à naître dans notre maison le 9 avril 1864..

Le 3 septembre 1865, Jacques BLANCHO meurt à l’âge de 37 ans alors que son épouse Claudine est enceinte. La famille s’organise. Jean-Joseph BLANCHO, qui a 82 ans, est accueilli par sa fille Françoise à Kerblay, où elle vit avec son époux Pierre-Marie LE BLAY, un marin du commerce souvent absent, et Marie Vincente, sa fille ainée célibataire. Sa benjamine Marie-Mélanie, autre survivante de ses cinq enfants est établie au Petit Net, mariée au meunier Jean-Louis LE GARREC. Claudine BLANCHO et ses trois enfants, dont l’aînée a 5 ans, sont recueillis par leur oncle et tante, Joseph-Marie BLANCHO et Marie-Jeanne née LE CORRE au Tréhial, proche de la maison de La Grée. Il est possible que notre maison soit dès cette période habitée le ménage de Marie-Vincente GUYOT née LE BLAY, petite-fille de Jean-Joseph BLANCHO comme ainée des trois enfants vivants de Hyacinthe LEBLAY née BLANCHO et épouse depuis 2 ans de Narcisse GUYOT, un marin du commerce. Elle vivait jusqu’alors à Kerfontaine, peut-être dans la maison de ses parents avec ses sœurs Justine-Marie et Marie-Jacquette ou de ses beaux-parents. Ainsi le 3 septembre 1865, notre maison cesse d’être le centre d’une véritable exploitation agricole, ce qu’elle fut durant plus de 3 siècles et demi.

En 1866, Jean-Joseph BLANCHO décède à Kerblay chez sa fille Françoise. Les deux sœurs s’accordent pour que la maison revienne en héritage à Hyacinthe, qui la met à disposition de sa fille aîné Vincente et de son gendre. Elle les rejoint avec son époux lorsque celui-ci se retire de son métier en ou peu après 1874. Jean Marie décède dans notre maison en 1879, 7 ans avant sa fille Vincente. Celle-ci n’a alors que 45 ans et aucun enfant. Narcisse GUYOT retourne à Kerfontaine et se remarie avec Marie-Julienne veuve LE BLAY, née LE BESQUE, arrière-petite-fille des époux Yves et Anne BLANCHO, premiers propriétaires de notre maison. Marie-Jacquette LE BLAY, la plus jeune des trois filles de Hyacinthe, qui vivait célibataire à Kerfontaine vient vivre dans notre maison, aux côtés de sa mère.

La mère et la fille vont vivre ensemble dans notre maison pendant une bonne dizaine d’années, jusqu’au décès de Hyacinthe LE BLAY née BLANCHO en 1895. Ses filles Justine, qui vit à Angers, et Jacquette s’entendent pour que cette dernière hérite de la maison, qu’elle habite. Le 17 février 1907, Jacquette décède dans notre maison, âgée de 59 ans. C’est la fin d’un habitat continu dans notre maison depuis plus de quatre siècles.

Justine Marie DUPRÉ née LE BLAY, dernière vivante de la fratrie hérite notre maison de sa sœur. Elle est née et a grandi au hameau de Kerfontaine. Peut-être domestique du marquis de GOUVELLO, elle exerce son métier à Angers où la famille de GOUVELLO est implantée depuis au moins le XVIIIème siècle. Justine y a épousé Pierre DUPRÉ, cocher puis camionneur livreur chez le distillateur Guery, dont elle a eu deux enfants. Justine confie la gestion de son héritage à son cousin-germain Claude BLANCHO, le fils des époux Jacques et Claudine BLANCHO né dans notre maison en 1861 et devenu cultivateur à Kerfontaine.

En 1911, Justine DUPRÉ née LE BLAY décède à Angers. Sa famille est désunie. Sa fille Marie a rompu tout lien avec les siens depuis une quinzaine d’années et vit célibataire à Bordeaux. Le notaire de Sarzeau n’a sans doute pas eu de vœux de la famille pour organiser cette succession. Il constitue des lots et le sort attribue la maison à Marie. Celle-ci s’arrange avec son frère Paul DUPRÉ pour la lui vendre. Notre maison devient alors la propriété des époux Paul DUPRÉ et Marie née CROCHET. Paul DUPRÉ, qui habite à Angers, maintient l’arrangement de sa mère avec « le père Claude » concernant le gardiennage de la maison et la gestion des fermages de sa tante Jacquette.

 7 - Les années 1920..., la maison de Margot, famille DUPRÉ - CROCHET.

Marie DUPRÉ née CROCHET interroge son époux Paul sur cette maison pour laquelle ils paient des impôts et dont ils ne profitent pas. « C’est un pays tout noir, où il pleut et vente tout le temps » lui répond en substance Paul, qui garde les souvenirs de longs voyages pour aller en hiver aux obsèques de sa grand-mère Hyacinthe et de sa tante Jacquette et plus encore les obsèques tempétueux de sa tante Vincente en début d’été, lorsqu’il avait à peine 11 ans. Ceci ne correspond pas à la description que faisait à Marie sa défunte belle-mère de son pays natal. Aussi, lorsqu’après la guerre et la pandémie de grippe espagnole, son médecin lui recommande de séjourner en convalescence en bord de mer, citant la possibilité d’hébergement comme hôte à l’abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys, reliée depuis 1910 au réseau des chemins de fer, elle saisit cette occasion de se soigner et connaître Saint-Jacques. Elle visite La Grée Saint-Jacques. Il fait beau ; elle trouve le paysage et sa maison très plaisante. De retour à Angers, elle convainc Paul de profiter de cette maison..

Après 1922, Paul DUPRÉ transforme la maison en résidence secondaire. La toiture de chaume avait peut-être été déjà remplacée par une couverture d’ardoise et d’autres transformations avaient être opérées, en particulier concernant l’éclairage de la ou des fenêtres plus grandes avec des carreaux en verre. Mais si l’on considère l’aspect des autres habitations du hameau dans les années 1960, la structure de la maison ne devait pas avoir changée. Toute la surface du sol est cimentée. Cette réalisation fut peut-être fêtée un peu prématurément comme le montre des traces de danseurs en sabots. Un couloir entre les portes Est et Ouest dessert 3 pièces. Au nord, l’ancienne pièce de vie est divisée en une chambre, où la cheminée est transformée en placard, et une cuisine-cabinet de toilette. Deux fenêtres à l’Est et à l’Ouest éclairent chacune de ces pièces ; elles étaient peut-être percées précédemment à cet aménagement. Au Sud, l’ancienne étable ou bergerie est devenue une salle de séjour – salle à manger, éclairée par une fenêtre Est et une large baie Sud, d’où l’on voit les dunes de la plage, la mer, le phare des Cardinaux et les îles d’Hoëdic et de Houat. Le grenier est accessible de l'extérieur par sa lucarne en chien-assis avec fronton en façade et par une trappe au-dessus du couloir intérieur. Son plancher couvre maintenant toute la surface de la maison. La porte Ouest du couloir donne sur le garage qui a été ajouté en appentis à la maison. Son ouverture principale est au sud et il est éclairé par une fenêtre et une porte-fenêtre orientées au Nord, donnant sur une petite cour cimentée face à la fenêtre de la cuisine. Cette cour est en contrebas d’un verger de poiriers, accessible par quelques marches. Un rosier « pompon » rose sur un treillage de fils de fer couvre la façade Est face à un jardin-terrasse agrémenté de parterres latéraux d’un parterre central proche du puits qui alimente la maison grâce à une pompe manuelle située dans la cuisine. Un muret surmonté d’une barrière en bois isole ce jardin des voisins et du chemin, interrompu face à la rue par le portail d’entrée. Au Sud, on cultive des pommes de terre. Un mur ancien limite le verger et le champ de pommes de terre à l’Ouest et au Nord. Paul plante en bordure Ouest une haie de cupressus, sous le couvert de laquelle, Jules BÉEN, que je présente ci-après, construit son logement-atelier et proche du coin Nord-Ouest une petite cabine : les cabinets.

La famille DUPRÉ n’est pas la seule famille de touristes à Saint-Jacques. Avant même les congés payés, quelques rares urbains aisés, tous héritiers comme Paul DUPRÉ d’ascendants locaux, ont transformé les maisons ou en construit des neuves sur leurs terrains hérités, clôturant les cours jusqu’à lors ouvertes, les transformant en jardin d’agrément privé avec des plantations inhabituelles ici, comme des rosiers, des poiriers, des cupressus, des yuccas, creusant les puits, les équipant de pompe… venant régulièrement en voiture pour s’amuser et, sachant nager, se baigner dans le mer et même s’y promener en voiliers ! Pour autant, les DUPRÉ sont sans doute plus étranges qu’étrangers à Saint-Jacques. Ils visitent et sont visités par leurs cousins-voisins ; par exemple les petits enfants du père Claude, Claude et Roger BLANCHO sont de très bons camarades de jeux des petits neveux de Paul DUPRÉ, Claude HIVER et Jean CROCHET

Car la famille DUPRÉ arrive en nombre à Saint-Jacques. Les liens de Marie DUPRÉ née CROCHET avec son frère Lucien et ses nièce et neveu Lucienne HIVER née CROCHET et Lucien CROCHET se sont renforcés avec le décès de sa belle-sœur Aline CROCHET de la grippe espagnol alors que Lucien devait rester sur le Front. Par ailleurs, tous sont motorisés : Maurice HIVER, époux de Lucienne née CROCHET est voyageur de commerce, Lucien CROCHET fils garagiste, quant à Paul DUPRÉ, s’il ne sait pas conduire, il a conservé le véhicule de livraison de son père, puis acheter une voiture, que conduit Jules BÉEN. Pour loger la famille de leur frère Lucien CROCHET, Paul et Marie DUPRÉ ont fait construire une maison avec garage sur un de leur terrain au port Saint-Jacques, et y ont planté des cupressus. Cette maison annexe est baptisée « Ker Margot », petit nom affectueux de Paul à l’adresse de son épouse Marie. Après 1945, Lucien CROCHET fils achète un terrain sur le port et y construit sa maison de vacances face au mouillage de son cotre, le Roh Naben.

 8 - Les années 1940..., un centre de ravitaillement des maquisards, Jules BÉEN.

Jusqu’aux années 1970, la baie sud du séjour offre une vue dégagée sur les dunes, l’océan, les îles d’Hoëdic, Houat et la pointe de Kerdonis de Belle-Île. Pour éviter que notre maison devienne un poste d’observation de la Wehrmacht, Jules BÉEN va y habiter durant l’occupation allemande et rejoindre sur place un réseau des FFI.

Jules BÉEN est un lointain cousin par alliance associé à la famille par les services qu’il lui rend et parce que n’ayant alors de liens familiaux propres qu’avec ses neveux, pupilles de la nation après la « mort pour la France » de leur père Louis BÉEN.

Les liens familiaux de Jules sont limités. Jules et son frère Louis, sont arrivés à Angers très jeunes lorsque leur père, jusqu’alors boucher à Lorient, est entré dans la police et nommé à Angers. La distance et le décès à 37 ans de leur père a sans doute limité, voire interrompu leurs liens avec les familles de leurs parents originaires de Rosporden. Jules et Louis se sont mariés, ont eu respectivement un et trois enfants. Jules a été mobilisé durant toute la Première Mondiale. Louis, réformé n’a été mobilisé qu’en 1916 et a été tué au bois de Hem dans la Somme 1 mois et 1 jour après son arrivée au front. Démobilisé en février 1919, Jules se sépare totalement de sa femme et de son fils au plus tard en avril de la même année, vivant dans la même ville et sans jamais divorcer, et s’associe étroitement à notre famille à partir de 1925.

Sans certitude, il me semble que sa vie s’est organisée sur les bases de deux accords. Le 12 juin 1902 à 23 ans, Jules épouse à Cantenay-Épinard Marie BEAUPÈRE, âgée de 19 ans, fille de cultivateurs du lieu, parents par alliance de parents par alliance de notre famille CROCHET, originaire aussi de Cantenay-Épinard. Je remarque dans l’acte de ce mariage que la mariée est domestique hébergée de et chez Pierre HUTEAU, 44 ans, cartonnier et employeur du marié. Le jeune couple est domicilié 8 place Ayrault jusqu’en 1906, voisins du café-restaurant de mon arrière-grand-mère Marie FILOCHE veuve CROCHET situé au 11 de la même place. Le 27 janvier 1903, nait Jules, fils des époux Jules BÉEN et Marie née BEAUPÈRE. Le dit fils de Jules meurt en 1933 à Hanoï après s’être marié et avoir une descendance en Belgique. A partir de 1909, le couple tient un bureau de tabac rue Saint-Jacques, tenu sans doute plus par Marie que par Jules, toujours cartonnier chez Pierre HUTEAU. Jules ne se considérait pas comme le géniteur de son fils, qu’il a élevé jusqu’à l’âge de 16 ans, celui-ci ayant peut être un emploi ou un apprentissage. Jules BÉEN fils a-t-il pour géniteur Pierre HUTEAU ? Celui-ci a-t-il contribué a l’installation des époux Jules et Marie BÉEN comme buralistes ? Pourquoi Jules ayant rompu tout lien avec son épouse et son fils, n’a-t-il jamais divorcé ? Pourquoi séparé de son épouse a-t-il aussi changé de métier, devenant mouleur chez Bessonneau ?

Durant ces années, Jules est entré et resté en relation avec les époux Paul DUPRÉ et Marie née CROCHET, qui font appel à ses services. Jules conduit sans doute l'ancien camion de livraison de leur père Pierre DUPRÉ pour les mener à Cantenay-Épinard, voire mener Paul, qui ne conduit pas, au Louroux-Béconnais, où il est percepteur. Quoique, Marie DUPRÉ née CROCHET, préférant demeurer à Angers, Paul DUPRÉ devait-être un usager régulier du chemin de fer du « Petit Anjou » pour faire ce trajet. Entre 1924, Paul et Marie DUPRÉ, font construire et habite une maison au 36 rue Constant Lemoine à Angers, ainsi voisins de leurs neveux Maurice HIVER et Lucienne née CROCHET, et vers la même période aménage notre maison de La Grée. Par accord tacite, Jules BÉEN est pleinement intégré à notre famille. Il construit son habitation au fond du petit jardin de la rue Constant L emoine et au fond du jardin de la maison de La Grée et met ses talents d’ouvrier d’entretien, de jardinier et de chauffeur au service de la famille dont il est l’ami dit « cousin ».

En 1940, Jules devient l’habitant permanent de notre maison de La Grée. Il se lie avec nos parents et voisins de Saint-Jacques, tels Claude BLANCHO, Pierre LE TURC, André VIRMENT, Marie-Ange LE CORRE… Sarzeau est placée en « zone interdite » par les occupants Allemands ; seuls les résidents comme Jules peuvent s’y déplacer sous une surveillance attentive. La population est généralement hostile aux Allemands, mais contrainte à une réserve prudente du moins en apparence. Une résistance s’organise tôt et se structure. Jules rejoint ce mouvement de résistance nommé FFI vers 1943. Il va principalement de ferme en ferme collecter des denrées pour ravitailler des maquisards réfractaires au STO. On a trouvé dans le grenier avec des munitions, son fusil Moser, pris à un soldat Allemand tué, et portant sur la crosse le nom de Joé GRAHÉ, sans doute un résistant lui aussi tué. Ce fusil et ses munitions ont été remis à la gendarmerie.

En me souvenant que Jules BÉEN nous racontant ses souvenirs de noces bretonnes réunissant comme de coutume la quasi-totalité des villages des mariés, précisait que certaines se déroulaient à Surzur, je me suis demandé si ce n’était pas un moyen d’acheminer les denrées collectées vers par exemple les landes de Lanvaux. Le plus probable est qu’il racontait des mariages d’après-guerre, puisqu’il séjournait de Pâques à la Toussaint dans la maison de La Grée.

Après la libération, la maison est redevenue notre maison de vacances estivales. Paul DUPRÉ y a passé au plus encore deux étés, avec son épouse Marie née CROCHET, son fils Paul et sa bru Simone née CHAUVEAU mais sans ses petits-enfants, Bernard étant né et décédé en 1944 et Colette née l’automne précédent son décès au printemps 1947.

 9 - Les années 1950..., le tourisme de masse, la famille de Paul DUPRÉ fils.

En 1952 à Angers, Paul DUPRÉ fils divorce de Simone née CHAUVEAU et épouse Raymonde GUILLOCHEAU, reconnaissant être le père de son fils Pascal, né l’année précédente, et dont il a un autre fils Paul dit longtemps « Petit Paul » pour le distinguer de défunt Paul DUPRÉ père et de lui-même, Paul DUPRÉ fils. Dès lors, il passe tous les mois de juillet dans notre maison de La Grée avec son épouse, sa fille et ses deux fils, sa mère et Jules BÉEN. Au mois d’août il reconduit sa fille, résidente habituellement Lyonnaise, terminer ses vacances scolaires chez ses grands-parents maternels à Angers, où il reste travailler toute la semaine. Puis, il revient passer le week-end à La Grée, convoyant son cousin germain Maurice CROCHET, qui travaille en août lui-aussi.

Ces premiers trajets ont l’allure d’expédition. Outre des trois adultes et les trois enfants la citroën C4 bicolore marron clair et foncé est chargée de leurs bagages, de la chatte Kikiz et sur la galerie du toit, de plusieurs poules dans une cage. Le seul membre de la famille laissé à la maison est la tortue. A son arrivée à La Grée la famille se restaure d’un plat d’escargots cuisiné par Jules BÉEN. Par la suite, ces voyages deviennent plus simples : les animaux sont décédés, les citroëns traction avant verte métalisée et ID 19 noire, plus confortables et plus rapides, les routes plus directes avec un pont suspendu remplaçant le pont-bateau sur la Vilaine.

Notre maison est reliée au nouveau réseau d’adduction d’eau potable. Le jardin est aménagé pour les jeux des enfants. Un portique, où sont suspendus balançoire, anneaux et corde à nœuds, est érigé dans la cour sud ; le champ de pomme-de-terre devient la prairie pour les parties de foot et de volley.

 10 - Les années 1970..., la maison de Raymonde, famille DUPRÉ - GUILLOCHEAU.

REDACTION.

REDACTION.

REDACTION.


Index des pages