Pierre Maurice MACQUET
Pierre Maurice MACQUET
  • Né le 22 septembre 1898 - Berck sur Mer (Pas de Calais)
  • Décédé le 25 juillet 1918 - Vierzy mort pour la France Aisne,à l'âge de 19 ans
  • Charpentier de Marine
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 Parents

 Notes

Notes individuelles

Combattant de la Grande GuerreLe anonnier Pierre Maurice Macquet du 269° RAC dit « Petit Pierre » a été tué à l’ennemi le 25 juillet 1918 à Vierzy à presque 20 ans en servant sa pièce de 75mm pour soutenir l’attaque de Villemontoire, dernier verrou défensif allemand.

Il est décédé sur le lieu et au moment où la Grande Guerre bascule.

Les cadres de sa batterie ont fait preuve, lors des échanges des courriers avec les parents de « Petit Pierre », d’une grande humanité pour annoncer le décès de leur fils unique et surtout permettre à ces derniers de venir sur sa tombe.Voir notes ci dessous concernant son lieu de sépulture.

Décès

LE LIEU DE SEPULTURE DE PIERRE MACQUET

Pierre Macquet a été enterré volontairement en retrait de la zone des combats avec 3 de ses camarades afin que les sépultures ne soient pas ultérieurement bouleversées par les combats . Les 4 tombes étaient bien signalées et avaient un petit entourage en bois.Elles sont en lisière de bois à l'est de la route allant de Longpont à Vauxcastille. Aujourd'hui comme en 1918, la forme du paysage n'a pas changé. A 2,5km de Longpont et à 1,5kmde la ferme de Beaurepaire un fossé profond (démarrant à l'est et au pied de la route) qu'il fallait suivre à main gauche, partiellement bordé d'arbres, conduisait à la lisière du bois. La première tombe était celle de Pierre Macquet, son nom était inscrit sur celle-ci.Fin juillet 1918, 3 soldats allemands étaient enterrés en bordure de cette route et du fossé.

REMARQUES Dans les 3 autres sépultures reposent vraisemblablement 3 autres canonniers du 269° RAC. Le JMO rédigé par le commandement de l'artillerie de la 87° DI signale pour la journée du 24 juillet 2 tués pour le régiment organique (269° RAC) ; 6 tués et 21 blessés pour les régiments d'artillerie rattachés, pour le 25 juillet : 2 tués, 6 blessés, 5 intoxiqués pour le régiment organique.Le Maréchal des Logis (MDL) Lucien Touraine, sergent fourrier de la 49° batterie (sous-officiers administratif de l'unité), au delà de sa mission, s'est démené avec le soutien de son commandant de Batterie le lieutenant Henri Cornu pour enterrer « Petit Pierre » avec la plus grande dignité possible en dépit de la priorité opérationnelle. En fin d'après midi du 25 juillet , le I° et le II° Groupe du 269° RAC se sont repositionnés pour assurer l'appui de l'infanterie engagée dans Villemontoire. Il est probable que le III° groupe a été désengagé du contact pour se réorganiser.

L'ANNONCE DU DECES DE SOLDAT PIERRE MACQUET A SA FAMILLE

Lors du décès d'un soldat, le maire de sa ville ou sa commune, prévenu par l'autorité militaire, était chargé de prévenir la famille dans le cadre d'une procédure administrative assez lourde et lente.Dans la réalité, les familles étaient prévenues par un courrier provenant des camarades de combat ou les cadres de l'unité. Le courrier aux armées fonctionnait globalement bien.En théorie et conformément à la réglementation militaire, les affaires personnelles du soldat décédé étaient récupérées et envoyées à la famille.Cette fouille a été effectué par le MDL Lucien Touraine. Compte tenu de la destruction de la pièce et de la mise hors de combat des personnels, seuls les documents portés par Pierre ont été récupérés.Le 30 juillet 1918, Lucien Touraine a écrit une lettre pleine d'émotion et de tact à la fiancée de Pierre pour l'informer du décès de Pierre à partir de l'exploitation d'une adresse de lettre retrouvée sur son corps. Il lui demande « de prévenir sa maman qui n'a certainement aucune nouvelle de lui ».

REMARQUES Le MDL Lucien Touraine dans sa lettre d'une grande humanité indique que Pierre est « tombé, victime d'un obus » allemand . Il précise « qu'il s'est occupé lui-même de lui faire faire un cercueil et lui assure que malgré la guerre en rase campagne, Pierre a eu une tombe de civil avec un entourage en bois et 2 couronnes alors que presque tous sont enterrés et oubliés presque aussitôt. Il se met à sa entière disposition pour tous les renseignements et l'a pris de pardonner la liberté qu'il s'est permis en ouvrant une de ses lettres ».Par rapport aux régiments d'infanterie disposant d'une logistique adaptée à l'armement des fantassins, les régiments d'artillerie bénéficient d'une logistique très lourde par l'approvisionnement en obus des batteries ; les attelages sont nombreux ainsi que les chariots de transport qui repartent à vide, les pièces d'artillerie nécessitent un soutien technique avec une bonne maîtrise des métiers liés au fer, les maréchaux ferrant font de même pour les chevaux. Les caisses à munitions en bois vides sont récupérées pour un usage immédiat ou laissées sur le terrain, les cadres des régiments d'artillerie en phase offensive sont dans les moins mauvaises conditions pour enterrer et honorer leurs morts sur les lieux de combat que les régiments d'infanterie.Pour la journée du 25 juillet et l'attaque de Villemontoire, 161 fantassins du 67° RI ont été mis hors de combat dont 35 tués et 7 disparus. En phase défensive, les évacuations prioritaires sont pour les blessés et les soldats tués sont souvent laissés sur le terrain. Ils sont enterrés la plupart du temps par les prisonniers de guerre.

LES COURRIERS ECHANGES AVEC LA FAMILLE DE PIERRE ET LES CADRES DE LA 49° BATTERIE SP 78

Le 8 août, le MDL Lucien Touraine répond aux parents de Pierre et apporte toujours avec délicatesse des précisions sur les circonstances de la mort de « Pierre ». « Il a été frappé sans souffrance, il a été mortellement blessé par un obus tombé derrière lui et il a eu le dos meurtri, sa tête n'était pas changé ». Tout ce qu'il avait sur lui dans ses poches va être retourné à la famille . Par contre, il lui sera extrêmement difficile de retrouver le reste de ses affaires compte tenu des circonstances .Il indique l'itinéraire et précise l'endroit où il est enterré, l'entourage en bois de sa tombe mesure 60 cm, une pancarte tricolore porte son nom.

Le 3 septembre, le Lieutenant Cornu, commandant la 49° Batterie adresse aux parents de Pierre sa citation à l'ordre de l'artillerie de la 87° DI. Son émotion est palpable car il appréciait Pierre pour son courage et son dévouement. Il complète les informations, Pierre «  repose auprès de ses camarades tombés comme lui au champ d'honneur dans un petit coin tranquille de cette terre de France qu'il a si vaillamment défendu ».L'aumônier du III° Groupe était présent.« Quelques couronnes témoignages de sympathie de ses officiers et de ses camarades ornent sa dernière demeure ».

Les hasards de la guerre ont fait que Pierre et son oncle maternel Joseph Benoît Macquet ont participé à la seconde bataille de la Marne, le premier au sud de Soissons, le second à l'ouest de cette ville. En effet, ce dernier appartenait à la compagnie de commandement (CHR) du 127° RI de la 162° DI . Cette division a été mise au repos à proximité de la forêt de Villers-Cotterêts du 26 août au 5 septembre. Alerté par courrier familial du décès de son neveu, cet oncle a obtenu l'autorisation de se rendre sur sa tombe. «  Il lui a promis de venir le chercher après la guerre ».Le 9 septembre, avant de repartir au combat, il a tenu à décrire par lettre à sa soeur et à son beau-frère avec une grande précision l'itinéraire et l'emplacement de la tombe de son neveu dans le cas « où sa mémoire lui ferait défaut ».

Le 15 septembre le lieutenant Cornu en réponse à une lettre des Parents de Pierre du 11 septembre, apporte, lui aussi, les informations pour qu'ils puissent retrouver la tombe de leur fils. Par contre, il est maintenant sur une position trop avancée pour les renseigner sur la possibilité de leur visite sur la sépulture, il leur conseille de suivre les informations des journaux pour savoir si telle ou telle zone est autorisée au retour des civils, il indique que Longpont est à une dizaine de km de Villers-Cotterêts qui est une grande gare du réseau nord. La compagnie ferroviaire pourrait les renseigner si les trains vont actuellement jusqu'à cette gare.

La Médaille Militaire a été attribué le 25 mai 1921 à la Mémoire du canonnier Pierre Maurice Macquet, Mort pour la France, Croix de Guerre avec étoile de Bronze, ce document comporte une erreur concernant la date de son décès indiquée le 21 juillet .Après la Grande Guerre, le retour des soldats morts a été organisé par la loi du 31 juillet 1920. La prise en charge du transfert se fait aux frais de l'état qui fournit le cercueil et assure le transport.« Petit Pierre » est revenu dans sa ville natale et repose dans le cimetière de Berck sur Mer.

  Photos & documents

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