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Jean René BERRE LE
Jean René BERRE LE
  • Né le 10 octobre 1881 (lundi) - Merdy Guengat Finistère, Bretagne, France
  • Décédé le 16 juin 1915 (mercredi) - (Moulin-sous-Touvent - Quennevières, 60 - Oise, France),à l'âge de 33 ans
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A participé à la Grande Guerre, mort le 16/06/1915

Que s'est-il passé ce jour là ?
Domicile lors de la mobilisation : Guengat (29)

 Parents

 
  • Cultivateur à Plognnec en 1872; Cantonnier en 1884
  •  Frères et sœurs

     Notes

    Notes individuelles

     1 - BERRE (LE) Jean René (1881-1915)

    LE BERRE Jean René naît le 10/10/1881 à Guengat (Merdy), fils de Pierre, cantonnier, âgé de 30 ans et de Marie Renée LE BERRE.

    Cultivateur domicilié à Plogonnec au conseil de révision, sa fiche matricule 1536 , au bureau de recrutement de Quimper le dépeint : les cheveux et les sourcils blonds, les yeux bleus. 1 m 67 de taille. Son degré d’instruction générale est de niveau de fin d’études primaires.Au service militaire, Jean René est ajourné pour faiblesse en 1902. Il est incorporé au 148^ Régiment d’infanterie de Givet, soldat de 2ème classe le 16 novembre 1903, envoyé en congé le 23 septembre 1905.

     2 - Jean René 33 ans est mobilisé le 3 août 1914 comme soldat de 2ème classe au 148ème d'infanterie (1er Bataillon, 4ème Compagnies).

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    Site du 148ème RI / http://148emeri.canalblog.com/archives/2022/01/11/39299833.html


    En septembre 1914, suite à l'occupation de la ville de Givet, (la caserne Rouger est bombardée et incendiée), le dépôt régimentaire du 148ème RI est transféré dans la ville de Vannes dans le Morbihan.Il fait partie de la 8e brigade d’infanterie, 4e division d’infanterie, 2e corps d’armée À la 4e D.I. d’août 1914 à juin 1915, puis à la 122e D.I. jusqu’en nov. 1918. Constitution en 1914 : 3 bataillons 2 citations à l’ordre de l’armée, fourragère verte ;


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    LE COMBAT DE SAPIGNEUL LA REPRISE DE LA COTE 108 (Novembre 1914) historique du 148ème RI

    Pendant toute cette période, grâce à leurs travaux de mine, les Allemands avaient pu nous déloger de certaines positions que nous reprîmes et que nous perdîmes à plusieurs reprises. Après des préparations d'artillerie intenses, nos troupes perdirent plus de la moitié de leur effectif mais les survivants opposèrent une résistance acharnée à l'adversaire et l'ennemi fut néanmoins arrêté sur place. .

    Le Régiment fut alors retiré du front et mis au repos pendant quelques semaines avant d'entreprendre le premier hiver de guerre dans les tranchées.

    Le 9 décembre; le Régiment remontait en ligne et prenait les tranchées entre l'Aisne et la Miette. Pendant un certain temps, les hommes améliorèrent les organisations du secteur et le front relativement calme permit d'entreprendre des travaux assez importants et pendant cette période, les pertes furent légères.

    Au cours de l'hiver, les pluies continuelles qui tombaient depuis un certain temps finirent par déterminer une crue des rivières et l'eau envahissait les abris au point que nous fûmes forcés de les abandonner.

    Dans certains boyaux conduisant vers l'arrière, le niveau d'eau atteignait 80 centimètres à 1,20 mètre. Les hommes stationnaient à découvert dans leurs tranchées ayant de l'eau jusqu'à mi-jambes, et dans les casemates de mitrailleuses, les servants devaient se tenir couchés sur les plate formes surélevées des pièces.

    A certains endroits, la situation était pire encore. Malgré le froid et la pluie, tout mouvement était impossible par suite du feu de l'ennemi, les hommes devaient demeurer de longues heures, accroupis derrière les gabions, les pieds dans l'eau, et avec l'arrière, il n'y avait que des communications précaires..

    On dut évacuer beaucoup d'hommes ayant eu les pieds gelés et devant la persistance du mauvais temps, ordre fut donné de préparer de nouvelles lignes et de nouveaux abris un peu à l'arrière. Un froid intense succéda aux pluies et le 30 janvier, le thermomètre marquait - 10°, l'Aisne charriait des glaçons.

    Les intempéries n'empêchèrent pas une petite guerre de patrouille au cours de laquelle s'illustrèrent un certain nombre de gradés et hommes du Régiment. C'est vers la fin de ce séjour qu'eut lieu l'attaque des bois dits « Du Luxembourg» qui fut une tâche excessivement ingrate.

    Le Régiment avait été renforcé pour cette attaque mais le passage à travers nos réseaux où il n'avait été pratiqué que quelques étroites brèches, dut se faire homme par homme et nous subîmes de lourdes pertes.

    Au cours de cette difficile opération, qui nous coûtait la perte de 250 hommes, dont 6 officiers, beaucoup d'hommes et de gradés se signalèrent par leur bravoure, et le commandant de la 5e Armée leur rendait justice car en attirant sur eux une partie des forces ennemies, ils avaient permis à l'armée voisine de faire un bond de 2 kilomètres sur un front de 3. Au cours de cet engagement, le Régiment se conduisit héroïquement et dans des conditions qui forcent l'admiration.

    Sur le chemin de Quennevières

    Le 31 mai 1915, après avoir remis, sous le feu de l’ennemi, en état de défense un des secteurs de Ville-au-Bois, le régiment se retire pour prendre une position d’attente. Alors que le 1er bataillon prend ses quartiers à Courcelles et Sapicourt, les 2ème et 9ème bataillons se posent l’un à Branscourt (avec la compagnie mitrailleuses) et l’autre à Ventelay.

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     3 - Il décède le 16 juin 1915 tué à l'ennemi à Quennevières


    La bataille de Quennevières

    Si Quennevières désignait initialement une ferme, cette dénomination fut élargie pendant la Première Guerre mondiale, et évoquait notamment lorsqu’on parlait du secteur de Quennevières, le plateau situé entre les villages de Tracy-le-Mont, Moulin-sous-Touvent et Nampcel. La bataille de Quennevières, quant à elle, désigne les combats s’étant déroulés sur ce plateau entre les 6 et 16 juin 1915. Si les affrontements ont été réguliers pendant toute la durée de la guerre de position en ces lieux (de septembre 1914 à mars 1917), la concentration d’hommes et de matériel sur cette partie du front a été exceptionnelle pour cette bataille. Cette attaque française élaborée par le Général Nivelle a été préparée au printemps de l’année 1915.

    Objectif Progresser sur le plateau face à la ferme, sur quelques centaines de mètres, sur une largeur d’un peu plus d’un kilomètre en direction de Moulin-sous-Touvent et de la vallée de ce village appelée « ravin du Martinet ». La quasi-totalité de l’artillerie de la 6ème armée, couvrant près de 100 km de front dont celui de Quennevières, va être déployée sur place afin de préparer cette bataille. Il est prévu que les canons de 75 ne se mettent en route que 3h avant l’assaut, avec 16 500 obus à tirer dans ce laps de temps. Au total ce sont près de 14 000 hommes et 3 600 chevaux qui s’apprêtent à prendre part à l’une des plus grandes batailles de la guerre sur le front de l’Oise.

    A la fin de ces dix jours qui constituèrent la « bataille de Quennevières », les pertes françaises s’élevèrent à 134 officiers et 7.700 hommes, alors que périrent quatre milliers de soldats allemands. L’attaque de diversion avait échoué et les gains de terrains étaient insignifiants.


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    - QUENNEVIERES -- (16 juin 1915) Historique du 148ème RI

    Le 6 juin, le lieutenant-colonel commandant 11e régiment fut avisé que le 148e régiment d’infanterie, réuni depuis quatre jours dans la région Branscourt, Courcelles et Rosnay, serait enlevé en autobus dans la soirée pour être mis à la dispositon de la 6e armée.

    Après un trajet d’environ 80 kilomètres par Fismes, Villers-Cotterêts, Pierrefonds, il arrivait dans la nuit à destination et cantonnait à Attichy, Bitry-la-Treille et la ferme de Monplaisir. Le 9 juin, par une nuit opaque, le régiment quittait la région d’Attichy pour gagner St-Crépin et la ferme Sainte-Croix (parc d’Offémont). En route, un gros orage mouilla la troupe jusqu’aux os. Le 15 juin, la 8e brigade (45e et 148e régiment d’infanterie était rassemblée en entier à la ferme Sainte-Croix.

    L’attaque des positions allemandes au sud de la ferme de Quenneviéres brillamment réussie, mais exécutée sur un faible front, n’avait pu être exploitée, car le saillant conquis eut été impossible à défendre. Il avait fallu se borner à occuper les anciennes premières lignes allemandes. L’ennemi renforcé réagissait avec violence. Le 15 juin, vers 17 heures, les 1er Bataillon (Jean René) (commandant Bertrand) et 2e Bataillon (commandant Massenet) munis de deux jours de vivres sont envoyés à la disposition de la 121e brigade et gagnent le boyau intermédiaire et le boyau d’Ecafaut où ils trouveront des guides. Le 3e Bataillon, maintenu d’abord à la ferme Sainte-Croix, est dirigé vers 22 heures sur la maison de Garde (P. C. de la Division) pour coopérer, à une action dont le plan n’est pas encore établi. Les ordres touchant la mission des 1er et 2e Bataillons sont remis. au 1ieutenant-colonel, vers 23 heures, mais ne sont complétés qu’à 2 heures 10. Personne ne connait le secteur à occuper. Les officiers, en hâte, précèdent leurs unités pour en effectuer la reconnaissance. Des guides arrivent qui doivent conduire les deux Bataillons sur leurs points de départ mais eux-mêmes connaissent mal leur itinéraire et s’égarent, La marche d’approche ne s’effectue qu’avec une extrême lenteur. Le bombardement ne cesse pas. Les obus lourds, les projectiles de 105, et de 77 éclatent sur les parapets et dans les boyaux encombrés, ou les hommes tassés les uns sur les autres, attendent que le mouvement reprenne. L’officier conduisant le bataillon Bertrand est tué. A tout moment la colonne est coupée par d’autres unités qui montent en ligne. Le 3é Bataillon qui avait reçu pour mission de tenir les anciennes tranchées françaises en soutien derrière les 1er et 2e Bataillons arrive avant eux et obstrue les boyaux. Déjà beaucoup d’hommes sont blessés. Les 1er et 3e Bataillons devaient être en place pour 3 heures et en mesure d’attaquer à 6 heures 10. 23

    Il est 6 heures 15 lorsque le 2e Bataillon arrive sur sa base de départ. Quant au bataillon Bertrand, deux compagnies arrivent seulement vers 7 heures, les deux autres, dont les capitaines ont été tués ou blessés, ne rejoignent pas. A 12 heures 30, deux Compagnies du 45e Régiment d’Infanterie sont mises à la disposition du commandant Bertrand pour les remplacer. En raison des circonstances l’attaque est retardée. Le lieutenant-colonel commandant le Régiment est avisé que la préparation d’artillerie commencera à 14 heures et que l’heure « H » est fixée à 15 heures.

    Depuis le matin les hommes sont soumis à un feu ininterrompu. Dans les premières lignes trop proches l’une de l’autre pour pouvoir être battues par 1’artillerie le combat à la grenade est entamé. Des mortiers de tranchées allemand tirent sur les boyaux de tête avec des torpilles de gros calibre. Les abris effondrés au cours des combats précédents sont inutilisables. En beaucoup d’endroits, les boyaux ont été à demi comblés par les obus. Sans protection contre les projectiles, incommodés par l’odeur des cadavres qui jonchent les parapets depuis plusieurs jours, les hommes demeurent sous un soleil ardent jusqu’à 15 heures. A ce moment le Bataillon Bertrand, placé plus au Nord, à deux compagnies en ligne soutenues plus en arrière par les deux compagnies du 45e régiment d’infanterie.

    'Le Bataillon Massenet à trois Compagnies. en avant, les 5e , 6e et 8e la dernière stationne dans les boyaux accédant à la tranchée de départ.

    Le 3e Bataillon placé en échelon et à droite du Bataillon Massenet occupe les anciennes premières lignes françaises, desquelles il doit protéger par son feu le flanc droit du 2eBataillon. Avant le départ nos troupes avaient constaté que les réseaux avaient été laissés intacts par la préparation d’artillerie. Des mitrai1leuses garnissant les tranchées avancées allemandes tiraient sans discontinuer ; l’ennemi en force, ayant disposé ses hommes au coude à coude, attendait 1’attaque.

    A 15 heures, 1es 5 Compagnies d’assaut franchirent les parapets balayés par des rafales de mitrailleuses.

    Au centre la 5e Compagnie (Compagnie Rousseau) et la 6e (Compagnie Coste) se distinguèrent par leur courage. Trois officiers ide la 6e Compagnie furent tués : le capitaine Coste, le sous-lieutenant Gervaise et le sous-lieutenant Letouzé ; le 4è, le sous-lieutenant de la Besnardiére, fut blessé. De rares témoins vivants virent le capitaine Coste dans la tranchée adverse se défendant à coups de revolver contre un groupe ennemi qui l’entourait. Le sous-1ieutenant Geryaise disparut dans les mêmes circonstances. Quelques hommes parvenus également à franchir les réseaux succombèrent dans une lutte inégale. L’adjudant-chef Marit, sauté un des premiers dans la position ennemie y était gravement blessé.

    A la 5e Cie, les trois officiers : le capitaine Rousseau, le lieutenant Lucas et le sous-lieutenant Brevet étaient blessés en tête de leur troupe. En rampant, des volontaires allèrent sous une nappe de balles rechercher leurs chefs et leurs camarades tombés entre les lignes. Arrêtées devant les fils de fer, ces deux Compagnies après avoir perdu tous leurs officiers, les trois-quarts de leurs sous-officiers et la moitié de leur effectif, ne purent enlever leurs objectifs. La 8e Compagnie, conduite par le capitaine Tréca, fut plus heureuse et parvint à s’emparer d’environ 60 mètres de tranchées. Le soldat Robichet, sous un feu meurtrier, construisit immédiatement un barrage en sacs de terre qui permit de conserver la position. Deux officiers étaient hors de combat : 1e sous-lieutenant Gonez, tué, et 1e lieutenant Vanbatten gravement blessé. De nombreux hommes étaient tombés.

    Le capitaine Tréca et le sous-lieutenant Walgraffe par leur exemple avaient-t entrainé les survivants. Presque aussitôt après le départ des Compagnies d’attaque, le commandant Massenet (du 2e Bataillon) reçut une blessure grave dont il mourut quelques jours après. Plus au Nord., dans la zone du 1er Bataillon, la 2e Compagnie put conquérir deux portions de tranchées Où elle se maintint. Les' soldats Thieuleux, Basquin, Marie et Bey arrives les premiers parvinrent pendant plusieurs heures, sous les éclatements presque continus des grenades allemandes, à interdire 1’accès du boyau conquis.


    La 4 e Compagnie (Jean René) subit de lourdes pertes sans obtenir de résultats. Le capitaine Camus commandant la Compagnie et le sous-lieutenant Blondeau se firent tuer courageusement devant les réseaux ennemis. Le sous-lieutenant Lauth était également atteint. Dans les combats rapprochés, nos hommes se révélèrent des grenadiers d’élite.


    Les soldats Prieur et Hintzelmann, de la 2e Compagnie, s’offrirent pour renforcer l’équipe du 3e Régiment de T'irai1leurs qui combattait à nos côtés et dont la plupart des hommes avaient été mis hors de combat. D’autres comme le Sergent Declercq, de la 9e Compagnie, après avoir, au bout de deux heures de combat éteint le feu des grenadiers, ennemis, allèrent spontanément relever les grenadiers du 3e Régiment dee Tirailleurs qui les avaient remplacés et avaient perdu une grande partie de leur personnel. Parmi les nombreuses actions d’éclat de cette journée, le général commandant la 6e Armée récompensa d’une citation à l’ordre la conduite du clairon Galloy qui, debout sur le parapet, au moment de l’assaut, sonnait la charge pendant que ses camarades se .précipitaient en avant. « Ayant eu la main droite percée d’une balle, a empoigné son clairon de la main gauche et a continué à sonner »

    Il faut mentionner encore le caporal Nédelec, guetteur pendant le bombardement qui tua plusieurs fantassins allemands, lesquels pourchassaient nos blessés et fut lui-même mortellement atteint en aidant l’un d’eux à rentrer dans nos lignes. Le soldat Le Roy, qui, blessé dans la journée d’une balle dans le ventre, resta une partie de la nuit suivante de faction à un créneau et ne s’aperçut du départ de sa compagnie qu’au moment où, vaincu par la douleur, il demandait qu’un de ses camarades vint le relever. Le soldat Bloch Edgard, tué en allant rechercher sous le feu son capitaine blessé et tombé près des 1ignes allemandes.

    Dans le tumulte de la bataille, bien d’autres sacrifices passèrent inaperçus. Malgré l’ardeur et la vaillance des troupes d’assaut, le combat du 16 juin ne nous procura que de faibles avantages. Nous ne pûmes que consolider les positions de la petite étendue que nous avions si chèrement conquise. Ce résultat atteint, les 1er et 2e bataillons furent relevés à 21 heures et rejoignirent leur bivouac à la ferme Sainte-Croix vers minuit. Le 3e batlaillon, resté provisoirement en réserve aux carrières d’Ecafaut, rentrait deux jours après. Cette courte lutte d’a peine 24 heures fut la plus meurtrière que le 148e régiment d’infanterie ait eu à soutenir pendant toute la campagne. Arrive de nuit dans une position qui lui était totalement inconnue, le régiment, bloqué de longues heures dans les boyaux bombardés, eut à enlever des organisations insuffisamment entamées par l’artillerie, défendues par des troupes tenaces et bien outillées. Ces conditions défavorables expliquent partiellement les lourdes pertes du combat de Quennevieres : près de 700 hommes hors de combat, dont environ 200 tués, 15 officiers furent tués blessés ou disparurent. Quatre mois, jour pour jour, après l’affaire du Luxembourg, au cours de cette offensive d’Artois dont le combat du 16 juin était le prolongement, le 148e régiment d’infanterie s’était heurté de nouveau et plus durement encore aux puissants moyens matériels que l’ennemi avait mis en œuvre.

    Dans une lettre au général commandant la 5e Armée, 1e général Dubois, commandant la 6e Armée, rendit hommage à ses efforts. «J''’ai l’honneur de vous faire connaitre, écrivait-il, que la 8e brigade a pris une part honorable aux combats du 6 juin. Les 45e et 148e régiments d’infanterie, placés face à leurs objectifs dans des circonstances très difficiles, ont fait preuve de beaucoup d’endurance et d’énergie. Les unités ont mérité de recevoir du général commandant le 35e corps d’armée, sous les ordres duquel elles étaient placées, un témoignage de satisfaction auquel je souscris entièrement. Je vous signale particulièrement le lieutenant-colonel Vignier : Arrivé en pleine nuit dans un secteur soumis à un violent bombardement, a exercé son commandement avec beaucoup de calme et de sang-froid. »Historique du 148e Régiment d’Infanterie''

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     4 - Juin 1915. L'enfer de Quennevières

    https://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes/juin-1915-l-enfer-de-quennevieres-05-06-2015-10654923.php

    http://www.chtimiste.com/batailles1418/1915champagne2.htm

    Le combat de Quennevières vécu par un soldat

    http://148emeri.canalblog.com/archives/2022/02/02/39330669.html

    Mardi 15 juin

    Le temps est toujours très beau. Les Boches ont 400 pièces ainsi que nous car ils ont amené de nombreux renforts en hommes, en matériel et munitions. Nous devons faire une préparation d’artillerie de 24 heures mais les Boches préparent aussi une attaque. Le coup est raté. Il est trop tard. Il y a bien longtemps qu’on aurait dû attaquer. On a laissé passer l’occasion du 6 (juin) d’attaquer. Maintenant, on aggrave la faute. Je lis la bible. Ce soir nous allons en première ligne. Notre position forme un angle en coin enfoncé dans les lignes ennemies. Le plateau de Quennevières se déroule devant nous. A droite et à gauche dansent les fusées boches qui éclairent très bien mais s’éteignent vite tandis que nos fusées qui éclairent moins bien durent plus longtemps. Nous nous couchons dans la place d’armes d’Escafaut près de la ferme d’Offemont.29793735_1944100152569134_1926733246792466432_n_Modifie_Colorized.jpg

    Mercredi 16 juin"À 4 heures du matin, réveil. Le capitaine Villars nous réunit et nous explique l’attaque de la brigade. Notre régiment attaque le premier, le 3ème bataillon en réserve, nous sommes à gauche. Dans le bataillon, les 4ème et 2ème cies doivent passer au-dessus de la 1ère ligne et attaquer la 2ème ligne. Nous, , 1ère et 3ème compagnies devons organiser la 1ère ligne prise à l’ennemi. A 6 h 05, il y a arrêt de l’artillerie qui reprend son bombardement à 6h 10. Nous attaquons à 6h 20. Mais les Boches sont si bien préparés qu’ils ont attaqués avant nous et pris une tranchée aux tirailleurs algériens malgré l’héroïsme de ceux-ci. Un ouragan de feu s’abat sur nous. Les boyaux sont pris d’enfilade et bien connus des Boches (Ce sont leurs anciennes tranchées) sont intenables. De temps en temps, dans les boyaux, on rencontre un abri écroulé sur un malheureux ou un cadavre mutilé. Les obus tombent drus, 77, 105 et 150 (tout se mêle au dessus de nos têtes), passent comme des éclats, comme des torpilles avec un sifflement strident. Notre attaque s’arrête fléchit, mollit. Des ordres contradictoires circulent, avancer, reculer. Que faut-il faire ? L’acier pleut. Un obus de 77 éclate près de moi. Nous sommes entassés par 4 dans les boyaux pris d’enfilade sans pouvoir bouger et les shrapnells éclatent toujours. Sous la poussée de l’avant, on se replie, les boyaux sont très dangereux. Enfin on s’arrête. Où est partie la compagnie" ?

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    "Je rassemble tout ce que je peux trouver et me voilà parti vers l’avant. Je remonte le gros de la compagnie avec les lieutenants Perot et Bouillez. On apprend que le capitaine Villars, blessé à la jambe, est évacué. Le capitaine Carnut repose sur un brancard pâle comme un linge. Il est blessé au côté. Il ne tarde pas à mourir. On fait la navette à droite et à gauche. A un moment, je fais la pose sur un objet élastique. Je regarde de plus près et aperçois des poils. C’est un cadavre usé, noirci, méconnaissable, tant on a marché dessus.

    Les obus s’écrasent toujours. Enfin nous retournons à Escafaut ce qui nous prend bien une heure. On est éreinté. Il fait très chaud et on a très soif. On a faim. Je m’assieds et je m’assoupis immédiatement. A mon réveil, je m’aperçois que les autres sections sont parties sans nous prévenir. Je pars avec la section pour la 1ère ligne. Les boyaux sont encombrés par les corvées de soupe et d’eau. Nous mourrons de faim. On rencontre un prisonnier boche blessé et transporté par des brancardiers et nos blesses gisent de tous les côtés. Notre section demi-tour, je me trouve en queue . Me voilà occupe avec deux hommes Maillet Florentin et Gallet. Je cherche à gagner la 1ère ligne. Les tranchés sont nivelées. Les cadavres abondent, l’un d’eux à le crâne fendu en deux, le sang a coulé et s’est caillé formant une belle nappe rosée. De nombreuses mouches vertes s’envolent c’est horrible. Les cadavres mutilés sont tous plus ou moins affreux et sentent très mauvais. Ne connaissant pas le secteur, je dois rebrousser chemin. Je mange une boîte de singe mais de mauvais appétit car il fait très chaud mais j’ai de l’eau et de l’alcool de menthe. Me voilà encore cheminant dans les boyaux sous la grêle d’obus de 210 boches. Finalement, j’arrive dans une sape. Je me renseigne, c’est la bonne route.

    De nombreux blesses reviennent, l’un avec la main emportée, l’autre avec le bras cassé etc… Les mitrailleuses boches se déclenchent, les nôtres attaquent. Je vois le 42ème puis j’en rencontre de la 2ème section de chez nous, le sergent-major Heudres, le sergent Hugo, le sous-lieutenant Demaison, Marly qui a le bras gauche et la jambe droite et quelques cotes cassées, Larvaux tué de plus de 200 balles est sur le parapet, Leroux se meurt d’une balle dans le ventre. L’attaque déclenchée a échoué. Notre artillerie tire au moins 500 m derrière les premières lignes boches. Les fantassins (allemands) s’en moquent, on en voit jusque 3 ou 4 par créneau, baïonnette au canon. Ils rient en nous attendant. Le feu ennemi est si meurtrier que les hommes sans être blessés tels que Guemalec Golhen? ou blessés légèrement tels que Monnet qui a un shrapnel dans la cuisse, doivent simuler la mort et se coucher entre les lignes . Un homme avec la cuisse cassée près des Boches gémit lamentablement jusqu’au moment où il se tait, il meurt épuisé après avoir pleuré longtemps. Il est 2 heures, de son côté le 2ème bataillon qui subissait un feu moins meurtrier a pu avancer et prendre pied dans les tranchées ennemies. Les Boches avaient caché des réseaux de fils de fer dans l’herbe. Nos hommes tombent dans ces lacets. Des soldats boches au-dessus et derrière la tranchée et derrière le parapet (notre tir d’artillerie est si peu efficace) les achèvent à coups de grenades. La lutte se poursuit alors partout à la grenade. Les obus pleuvent près de nous en première ligne. Je prodigue de l’alcool de menthe à Marly et aux blessés. L’un d’eux à la cuisse cassée en deux morceaux, les muscles, les nerfs, les os sont à nus. Il est étendu dans le boyau près de nous sans connaissance, l’écume lui sort de la bouche. Il a le roulet de la mort. Et tout du long du boyau, ce ne sont que des agonisants dès qu’ils sont morts, on les jette au-dessus de la tranchée pour déblayer le passage qui est bien obstrué. Le sergent Leprètre a une plaie horrible au ventre, un autre a une figure méconnaissable couverte de sang car il a reçu une grenade en pleine face, un autre a l’avant bras ballant. Mais un blessé légèrement blessé revient à quatre pattes. Un tirailleur l’a aperçu. Pour détourner l’attention des Boches et l’attirer sur lui, il grimpe sur le parapet s’offrant cible vivante aux balles qui l'épargnent ainsi au blessé qui peut rentrer ainsi que deux d’autres

    . D’ailleurs les Boches le ratent et il est heureux de son coup. La procession des blessés légers ou aux bras est ininterrompue. Nous réclamons vainement des brancards pour transporter les plus grièvement atteints. Nous ne sommes heureusement qu’une dizaine de la cie en première ligne. Le soir arrive, nous sommes relevés par des tirailleurs algériens. Je rappelle Monnet qui rentre en rampant et que je reçois dans les bras et Guernalec qui revient en courant et sur qui les Boches tirent en vain en vain quelques coups de fusil. Aussitôt en ligne, le 3ème algériens déclenche une fusillade. Les Boches répondent. Ha les malheureux blessés, comme je les plains. Il n’en restera pas beaucoup. L’un d’eux est resté entre les lignes, il a refusé qu’on l’approche menaçant quiconque voulait lui porter secours. On n’a pas insisté le nombre de blessés étant trop grand. Nous retournons en suivant la première ligne. Tout au long ce ne sont que blessés ou morts étendus. Quel triste spectacle. Nous arrivons à 10 heures à Escafaut puis à Offermont où nous avons mangé un peu de soupe. Nous nous rappellerons de notre passage sur le plateau de Quennevières, Moulin-sous-Touvent, d’Offermont et d’Escafaut. Le matin, la vue d’un cadavre nous donnait le frisson, mais dans la journée on s’y habitue".

    Jeudi 17

    "Nous sommes encore impressionnés de l’affaire d’hier. Notre régiment a perdu beaucoup de monde, nous y avons perdu 800 hommes. C’est surtout le 2ème bataillon qui a perdu le plus d’hommes. J’ai à regretter beaucoup d’amis et de compatriotes. Parmi eux, il y a Dubrecq Alexandre, 1ère cie, clairon, arrivé le 16 février c’était pour ainsi dire sa première attaque. Il avait le crâne ouvert. Le sous-lieutenant Gonez, Il est disparu dans les boyaux après avoir été blessé. Arrivé sergent à la 7ème cie, il a été nommé sergent-major puis sous-lieutenant à la 7ème cie où il était universellement aimé pour sa bonté et sa fermeté et son courage qui allait jusqu’à l’imprudence, Liétard, Boutry, instituteur du Nord, sergent-major à la 6ème cie resté aux fils de fer boches et beaucoup d’autres. J’ai revu avec plaisir Degorre, lui aussi a échappé à la tourmente. Il n’a pas attaqué étant à notre droite. On enterre le capitaine Cornut dans une caisse formée avec 4 claies"…

    Il a participé à la campagne contre l'Allemagne du 3 août 1914 au 16 juin 1915.

    Jean René est inscrit sur le monument aux Morts de Guengat - Mort pour la France à Quennevières (*) (Oise) à l'âge de 33 ans : tué à l’ennemi alors qu’il est soldat au 148ème régiment d'infanterie

    Notes :

    - Acte de décès transcrit à Guengat (Finistère) le 25/03/1916

    - Né le 10/04/1881 sur la fiche du SGA !

    Screen_Shot_07_16_22_at_08.16_PM_001.PNGScreen_Shot_07_16_22_at_08.52_PM.PNG- Quennevières : Ferme de Quennevières petit hameau situé à 2 km au Nord-Ouest de la commune de Moulin-sous-Touvent D 335 entre Tracy-le-Mont et Nampcel (Oise).

    Décès

    34 ans, 2 mois et 6 jours

      Photos & documents

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     Aperçu de l'arbre

    Hervé Henry BERRE LE 1806-1871 Marie Madgeleine GRAND LE 1813-1863  
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    Pierre BERRE LE 1842 Marie BERRE LE 1846
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    portrait
    Jean René BERRE LE 1881-1915