Family Book



 Au fil des Martin…


Ceci est mon arbre…Certes, il est vrai que le patronyme Martin est le plus répandu de France ; mais les « miens », je sais qu’ils viennent d’un certain coin de notre France, un frais vallon quercynois où se niche une minuscule bourgade de quelques maisons, au pied du joli village de Loubressac…Voici ce qu’écrivait en 1904 , avec les mots de l’époque, mon arrière-grand-père: « Notre famille est originaire de Pech-Fumat, près de Saint-Céré dans le Lot. Depuis la fin du règne de Saint-Louis jusqu’à nos jours, elle s’est perpétuée dans ce hameau de 6 maisons, modeste mais respectée, et conservant toujours par tradition des sentiments élevés. La plupart des membres de cette famille sont restés d’honnêtes agriculteurs, au-dessus cependant du commun des cultivateurs, par leur éducation et leurs traditions de famille, et restant attachés à la charrue plutôt par habitude et par dédain d’une civilisation plus avancée que par défaut de ressources. C’est cette longue succession ininterrompue qui constitue pour nous, en quelque sorte, des quartiers de noblesse aussi honorables que des titres nobiliaires… »

L’essai généalogique qui va suivre se veut avant tout un condensé de tous les renseignements glanés par moi et par d’autres, au cours des vingt-cinq dernières années, condensé bref qui n’a pour moi de valeur qu’en ce qu’il fixe sur le papier- je voudrais définitivement-, les fruits d’une récolte laborieuse, peu aisée, et à la merci du moindre souffle de tempête. Combien de bouts de papier, combien de photographies « vides de sens », combien de souvenirs perdus n’ai-je dû laisser de côté, car ne pouvant en percer le mystère ?

C’est un peu pour cette conservation d’un patrimoine, que je pense inestimable, que je veux œuvrer là, non seulement en l’écrivant, mais aussi, et surtout en le diffusant avec les outils d’aujourd’hui, afin que subsistent, quelque part, même dans un coin oublié d’une bibliothèque, les traces de ce que fut, de ce qu’est une Famille, la Nôtre… Un jour, peut-être, quelqu’un d’aussi curieux que moi aura cette merveilleuse aubaine de trouver la voie préparée. Il me paraît, quant à moi, que la connaissance de l’histoire familiale et la rencontre des êtres depuis longtemps oubliés, mais sans qui JE ne serais pas, me situent mieux, m’installant dans un présent plus riche encore des éclairages du passé.

Cette « galerie de portraits », au-delà de la portion d’éternité qu’elle représente, m’indique une voie royale, la Voie du Sang, plus claire encore qu’une tradition, tant il est vrai qu’une tradition peut s’affadir, voire s’interpréter ; le Sang, lui, ne ment pas. Et c’est ce Sang qui nous fait vivre, nous ne saurions l’ignorer.

Aux futurs généalogistes du XXIIème siècle, j’offre ce travail qui m’a passionné, quoi jamais achevé, comme une main tendue au-delà du Temps.

Je ne conclurai pas sans remercier vivement les personnes qui m’ont aidé dans cette tâche ou qui ont si gentiment répondu à mes questionnaires détaillés, et, ce faisant, m’ont prouvé,  malgré le temps et les distances, et quelle qu’ait pu être leur route, qu’ils se souvenaient tous des carrefours anciens…J’ai trouvé chez eux l’intérêt, la curiosité, parfois l’étonnement, souvent l’émotion, mais jamais l’indifférence.

Jean-Pierre MARTIN


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