Eugène ALLANIC
Sosa : 1
  • Né le 12 juin 1891 - Plouaret, 22207, Côtes d'Armor, Bretagne, France
  • Décédé le 14 avril 1945 - Ravensbrück, Allemagne , à l’âge de 53 ans
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A participé à la Grande Guerre

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Notes individuelles

Eugène ALLANIC est né en 1891 à Plouaret (Côtes-du-Nord), avant dernier d'une famille pauvre de huit enfants dont une fille. Si les cinq frères aînés ont pu faire de brillantes études, il n'en fut pas de même pour Eugène et Marcel qui, avec seulement le certificat d'études, terminèrent leurs vies directeurs, le premier de la laiterie de l'Hermitage, le second des Postes du Morbihan.

A seize ans Eugène quitta sa famille pour tenter de trouver un gagne-pain à Paris. Il put ainsi survivre jusqu'à vingt-et-un ans, lorsqu'il fut appelé au Service Militaire, qu'il ne quitta que pour être mobilisé comme sous-officier dans l'artillerie à longue portée.

En effet, la guerre de 14-18 venait de se déclarer, anéantissant ainsi tous ses projets. Cette première guerre mondiale se transforma rapidement en une guerre de tranchées où nos fantassins ont du faire face à des conditions de vie inimaginables.

Après deux années, Eugène décida de s'engager dans l'aviation, une arme toute nouvelle ; très vite, à l'escadrille des Gaulois 227 il s'imposa comme observateur mitrailleur, toujours volontaire pour les missions les plus risquées. Ce comportement héroïque lui valut la Légion d'Honneur, la Croix-de-Guerre (cinq citations à l'ordre de l'Armée et le grade de capitaine ultérieurement). Son carnet de vol mentionne des combats de deux à trois heures à six mille voire six-mille-cinq-cents mètres d'altitude ; à la limite du manque d'oxygène il fallait le sortir de sa carlingue à la limite de la syncope.

Pour tous les combattants, le retour à la vie civile s'avéra très difficile dans leur pays exsangue après quatre années d'appauvrissement et la conversion des usines pour l'armement. C'est dans le domaine agricole et laitier et après une formation dans une école d'agriculture qu'Eugène Allanic trouva sa voie ; il acquit une petite laiterie en Dordogne qui exigeait de lui des journées épuisantes qui ne laissaient que six heures de sommeil. Son élevage de porcs détruit par une épidémie fut à l'origine de la faillite.

Deux années passées à Paris, avec des résultats médiocres, le décidèrent d'accepter la direction de l'usine Lefèvre-Utile de la commune de l'Hermitage près de Rennes. L'activité principale consistait à la collecte de cent mille litres de lait par jour, transformés en beurre destiné à la fabrication des célèbres Petits Beurres LU.

Eugène, très désireux de mettre en pratique ses connaissances agricoles, prit l'initiative de cultiver des framboises sur une grande échelle à l'origine des Pailles d'Or LU.

D'autre part, il se lança dans l'apiculture en installant un millier de ruches dans tout le département de l'Ille-et-Vilaine, récoltant du miel, de la cire et de l'hydromel à grande échelle. Son esprit créatif rapportait gros à ses patrons mais pas un centime de récompense ne lui a été accordé pas plus que le moindre encouragement.

Il faut souligner, aussi, le charisme dont il faisait preuve auprès de tout son personnel en agrandissant leurs jardins et en aidant à régler beaucoup de leurs problèmes, tout en donnant l'exemple d'un homme gai, chaleureux, optimiste et modeste.

Alors que tout allait bien pour lui, un drame se profilait déjà à l'échelon européen : les accords de Munich volèrent en éclats et sans préavis Hitler déclenchait son horrible machine de guerre qui allait durer presque six ans.

Au lendemain de l'occupation de la France par l'armée allemande, l'appel, le 18 juin 1940 du Général de Gaulle redonna l'espoir à beaucoup de français et une minorité d'entre eux sont devenus Résistants ; malheureusement, une bonne partie des français ont basé leur espoir sur le maréchal Pétain qui s'est avéré traître et fidèle exécutant des décisions d'Hitler.

Un soir, alors que nous écoutions clandestinement la radio de Londres, le message "la nichée des petits cochons se porte bien" nous est parvenu prouvant que nous étions bien en liaison avec les anglais. Eugène, officier âgé alors de 51 ans, participa à la Résistance organisée aux sein de plusieurs réseaux (CND Castille, Buck Master). L'essentiel consistait à retrouver les aviateurs alliés tombés du ciel et à les renvoyer en Angleterre, à récupérer les containers d'armes parachutés, à fabriquer les fausses cartes d'identité et à cacher les réfractaires du STO.

Tout en continuant ses études, son fils Pierre à 17 ans participait à de nombreuses opérations en collaboration avec les deux frères Dordain qui ont été déportés dans un camp de la mort, leur père médecin s'est suicidé dans sa cellule de la prison de Rennes pour éviter la torture. C'est par miracle que Pierre a pu échapper à la déportation absent le jour où un gendarme français est venu le chercher pour le remettre à la Gestapo. A partir de février 44 tous les résistants étaient découverts et emprisonnés.

De février à juillet 44, Eugène est resté à la prison de Rennes ; il n'a jamais revu sa famille mais il a pu communiquer avec des rubans de papier à cigarettes cachés dans la nourriture. Sur ces papiers on peut trouver, racontée, la nuit où de nombreux otages ont été enlevés pour être fusillés. Après leur départ la prison résonnait encore du chant de la Marseillaise...

A quarante dans des wagons de marchandises et huit jours de trajet, Eugène est arrivé au camp de Neuengamme près d'Hambourg. Peu après, affecté au camp de Watenstedt pour travailler aux usines Hermann Goering à la fabrication des bombes, toujours optimiste et plein de courage, il n'hésitait pas à saboter le travail avec l'aide de ses camarades.

En janvier 45, les forteresses volantes américaines ont bombardé et détruit tout le complexe Goering ; c'est au déblaiement et à sa reconstruction que les prisonniers ont servi dans des conditions climatiques épouvantables : température à -26°, vêtements et nourriture insuffisants, assez pour qu'Eugène contracte une dysenterie et se retrouve à l'infirmerie où aucun soin ne lui a été prodigué.

Début avril, devant l'avance américaine, un convoi a été formé pour déplacer les déportés plus à l'est ; c'est au cours de ce voyage sur des wagons plats, sans nourriture et très peu d'eau qu'une bonne partie a trouvé la mort, dont Eugène jeté mourant sur le ballast à quelques kilomètres de l'arrivée à Ravensbrück, et par malchance, le 14 avril 1945 quelques jours à peine avant l'arrêt des hostilités.

A leur retour, les survivants, qui avaient partagé la cruauté nazie, ont écrit à Madame Allanic des lettres très touchantes soulignant pour la plupart les qualités d'Eugène, le courage, la générosité et l'optimisme.

La mairie de l'Hermitage a construit au cimetière un monument à sa mémoire et de nouvelles décorations sont venues s'ajouter à celles de 14-18 : Croix de Guerre avec étoile de vermeil et médaille de la Résistance avec rosette. De nombreux témoignages ont été adressés à sa famille et, pour la cérémonie qui lui a été consacrée, la cathédrale de Rennes n'était pas assez spacieuse pour accueillir la foule des résistants et de leurs familles. Par ailleurs, l'école élémentaire publique de l'Hermitage porte le nom d'Eugène Allanic.

Au lendemain du décès de son père, son fils Pierre a rejoint le maquis de Dordogne où il a survécu à des combats meurtriers et regretté la mort de son cousin Jean massacré sauvagement par la milice française à côté de sa mitrailleuse.

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== Eugène ALLANIC (1891-1945) Sources: Mémoire de granit. Commission d'information historique pour la paix du département d'Ille-et-Vilaine p197 ADIV 6ETP2-29

Fils d'un agent voyer (ancien nom des ingénieurs du service vicinal), Eugène Allanic est né au Bourg de Plouaret, où résidaient ses parents, le 13 juin 1891.

Pour la Guerre 1914-1918 voir les photographies jointes.

Le 6 janvier 1921, il épouse en secondes noces Marie de Raucourt à Bordeaux. A la fin de l'année 1936, il devient directeur de la laiterie de l'Hermitage qui appartient à l'époque à la Société Nantaise de biscuiterie Lefèvre Utile. Rapidement, il donne une impulsion nouvelle à l'entreprise et modernise la collecte du lait ; les voitures à chevaux sont remplacées par des camions.

En 1941, Eugène Allanic, qui n'a pas été mobilisé en raison de son âge, est contraint au retour aux voitures à chevaux, tout en conservant quelques camions équipés de gazogènes. Comme tout le monde, il doit se plier aux exigences des occupants, qui réquisitionnent l'usine pour assurer le ravitaillement de l'armée allemande. Les contrôles sont stricts et nombreux. Malgré cela, à partir du printemps de l'année 1943, la laiterie devient le refuge de nombreux réfractaires au travail obligatoire. C'est vraisemblablement à cette époque que M. Allanic entre dans la Résistance aux côtés du Docteur Dordain de Mordelles, qui appartenait au réseau « Confrérie Notre-Dame Castille ». Un groupe de résistance est créé à l'Hermitage, dont les activités sont diverses et nombreuses : - aide aux aviateurs alliés dont les appareils ont été abattus, - évasion vers la zone libre de prisonniers africains noirs employés comme manutentionnaires dans des entrepôts allemands à la Chevrie et à Rougeul, - fournitures de fausses cartes d'identité. Au fil du temps, la situation se précarisait. Le Docteur Dordain fut arrêté au début du mois de décembre 1943 par la Gestapo et mourut quelques jours plus tard dans sa cellule. Les activités du groupe de l'Hermitage furent alors suspendues et les choses se calmèrent, mais Eugène Allanic faisait également partie d'un groupe de résistants rennais, dont la majorité des membres fut arrêtée en février 1944 ; Eugène Allanic, qui n'était pas prévenu, fut « cueilli » le lendemain matin à son bureau le 2 février 1944. Interné à la prison Jacques Cartier, il est déporté de Compiègne vers Neuengamme le 28 juillet 1944. Il décède à Ravensbrück le 14 mai 1945. Un monument a été érigé à sa mémoire, par souscription publique, à l'entrée du cimetière de l'Hermitage. Une rue et une école élémentaire publique portent son nom à l'Hermitage.

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Nom : ALLANIC Prénoms : Eugène Jean Marie Informations militaires et Résistance Conflit : 1939-1945 Grade, unité : Capitaine - [Résistance] - Résistance Membres de la Résistance Complément : F.F.C. - Réseau S.O.E. Buckmaster Matricule au recrutement : ? - Ravensbrück

Autres informations militaires : Chevalier de la Légion d'Honneur (1919), Croix de Guerre 1914-1918 avec 4 palmes et citation à l'ordre de l'armée, Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil avec Citation au Corps d'Armée, Médaille de la Résistance avec rosette - Citation du général Eisenhower et du Field Marshal Montgomery - Titre de Déporté Résistant - Cité dans le "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. Tome 2 p 1283 - Après son service militaire,il est affecté au 2e régiment d'artillerie lourde avec le grade de maréchal des logis - Il combat comme artilleur de 1914 à 1916 - En 1917, il est détaché comme - Sous-lieutenant à l'escadrille 227 au poste de mitrailleur-observateur - Sa conduite héroïque lui vaut plusieurs décorations - En 1940, il rejoint la Résistance et joue un rôle très important au sein des réseaux C.N.D. Castille, Libération-Nord, Bordeaux-Loupiac, le groupe Chinchilla rattaché ensuite au Réseau Buckmaster Oscar-Parson avec l'arrivée de l'agent du S.O.E. François VALLÉE (alias Oscar puis Franck) basé à Rennes (35) : récupération et convoyage d'aviateurs américains, fourniture de fausses cartes d'identité, accueil de nombreux réfractaires au service du travail obligatoire (S.T.O.), cache des armes parachutées, évasion en zone libre de prisonniers africains noirs - Son ami, le docteur DORDAIN de Mordelles (35) (alias Le Cerf), est arrêté en décembre 1943 par la Gestapo avec ses deux fils Maurice et Jacques - Il meurt à la prison de Rennes (35) et ses deux fils décèdent en déportation - Une nouvelle vague d'arrestations se produit en février 1944 - Eugène ALLANIC n'est pas prévenu et il est arrêté à son bureau le matin du 2 février 1944 - Interné à la prison Jacques Cartier à Rennes (35) - Torturé - Transféré le 29 juin 1944 au Frontstalag 122 de Royallieu-Compiègne (60) - Déporté par le convoi du 28 juillet 1944 (1.651 hommes) à destination du K.L. Neuengamme (Allemagne) où il arrive le 31 juillet 1944 - Matricule non connu - Quarantaine - Affecté le 4 août 1944 au Kommando de Watenstedt-Salzgitter où il sabote de son mieux les munitions fabriquées dans l'usine Hermann Göring - Après la destruction de l'usine par l'aviation américaine, il doit participer au déblaiement par des températures de -20° - Le Kommando est évacué le 8 avril 1945 vers le K.L. Ravensbrück (Allemagne) pour éviter la libération des déportés par l'arrivée des Américains ou des Soviétiques - Le transport a lieu sur des wagons-plateaux sans nourriture et avec très peu d'eau - À l'arrivée à Ravensbrück, Eugène ALLANIC est déposé mourant sur le ballast et son corps n'a jamais été retrouvé - Homologué au grade de Capitaine à titre posthume.

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

Nicolas ALLANIC 1809   Elisabeth RAOUL 1815   François Marie LE THAO 1822   Marie Josèphe LE ROUX 1830
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Jean-Marie ALLANIC 1852-   Jeanne-Marie LE THAO 1852
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portrait
Eugène ALLANIC 1891-1945



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