• Born in 1757
  • Deceased in 1806 - Varennes-Jarcy (91) , age at death: 49 years old
  • Secrétaire du Conseil exécutif provisoire (1792), diplomate

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 Notes

Individual Note

"Philippe Antoine Grouvelle (1757-1806), fils de Henri-François Grouvelle (1724-1767) et de Marie-Antoinette Gersaint (Henri-François Grouvelle était orfèvre à Paris, comme son propre père, quai des orfèvres, à l’enseigne "A la tête noire", quai des Orfèvres ; les orfèvres de Paris, corporation prestigieuse, jouissaient à l’époque d’une renommée mondiale ; il existait encore une orfèvrerie Grouvelle au XIXe siècle, à la même enseigne, mais elle n’était plus tenue par un membre de la famille). Philippe Antoine Grouvelle fut d’abord clerc de notaire, puis secrétaire des commandements [directeur de cabinet] du Prince de Condé à Chantilly, poste où il succéda à son ami l’écrivain Chamfort (le prince de Condé qu’il servit, Louis-Joseph de Bourbon [1736-1818], cousin du Roi, est le grand-père du duc d’Enghein [1772-1804] ; il avait épousé Charlotte de Rohan Soubise). Comme Mirabeau, avec lequel il était en relation et en correspondance, il était persuadé de la nécessité de faire entrer la France dans l’égalité sous l’égide et la protection du Roi, de créer une démocratie royale (voyez, à propos de Mirabeau, C. Zorgbide, Mirabeau, essai, éd. de Fallois, 2008 ; J.-P. Desprat, Mirabeau, L’excès et le retrait, Perrin, 2008) ; depuis longtemps, la bourgeoisie éclairée considérait la monarchie représentative comme souhaitable. Il voulait donc que la Révolution fut modérée (voir plus loin ses remarques à propos de Montesquieu). Acquis à la Révolution dans ces conditions, Philippe Antoine Grouvelle fut nommé secrétaire du Conseil exécutif provisoire en 1792 (de sorte qu’il eut l’horrible fonction d’aller au Temple, en compagnie du ministre de la justice, annoncer à Louis XVI, le 20 janvier 1793, la sentence de mort). Modéré, il s’était élevé contre la Montagne et les Montagnards (nom donné aux extrémistes pendant la Révolution, parmi lesquels Robespierre et Saint-Just), ce dont témoigne un poème d’André Chénier. Mais il échappa à la guillotine, ayant été envoyé à Copenhague comme ambassadeur, fonction qu’il occupa de juillet 1793 à décembre 1799 (à Copenhague, il rencontra Portalis qui s’y était exilé, et il y connut le peintre Allemand Friedrich). Revenu en France, il fut élu député de la Seine au Corps législatif en 1800, réélu en 1802, membre correspondant de l’Institut (Académie des sciences morales et politiques). Sa carrière publique s’acheva avec l’Empire, Napoléon ne l’appréciant pas (réprouvant sa nostalgie de la royauté). Sur la première page des actionnaires de la Banque de France, à la création de celle-ci en 1800, figure le nom de Grouvelle, à coté de ceux de Bonaparte, d’Hortense de Beauharnais, de Bourrienne, de Duroc et de Murat. Il mourut à Varennes-Jarey dans l’actuel département de l’Essonne, où il habitait à cette époque (et non pas Varennes en Argonne [Meuse] où fut arrêté Louis XVI, contrairement à ce qu’écrivent nombre de compilateurs ignares, se recopiant les uns les autres, comme l’éditeur Jean de Bonnot). Il avait épousé Pauline d’Arcet (1780-1844).

Peu avant la Révolution, Philippe Antoine Grouvelle avait fondé, avec Cerutti et Rabaud de Saint-Etienne, un journal, La Feuille vilageoise, dans lequel il publia des articles et des poèmes. Il est l’auteur ou l’éditeur de plusieurs ouvrages (dont une pièce qui avait été jouée devant Marie-Antoinette à Versailles et appréciée par elle, Les Prunes), notamment La Satire universelle (1788, pamphlet contre Rivarol), De l’Autorité de Montesquieu dans la révolution présente (Paris, 1789), Mémoires historiques sur les Templiers (1806), Mémoires de Louis XIV (1806 ; il est le dernier à avoir eu le manuscrit intégral entre les mains, on ne sait pas ce qu’il est devenu), la première édition en ordre chronologique des Lettres de Madame de Sévigné (11 vol., Paris, 1806). Il était l’ami de Condorcet et de Lavoisier, et avait connu Voltaire.

De l’Autorité de Montesquieu dans la révolution présente fait l’éloge de certains éléments de L’Esprit des lois, assorti d’une vive et pertinente critique d’autres aspects. L’auteur admire beaucoup Le Contrat social de Rousseau et les théories fumeuses de celui-ci. Philippe Antoine Grouvelle plaide pour la liberté, l’égalité, la suppression des privilèges, la généralisation de l’instruction, notamment pour les femmes, etc. Mais il entend surtout montrer que la France n’a pas de constitution, et qu’il est nécessaire que les États Généraux lui en donne une. Il ne développe pas son contenu, tout en indiquant qu’elle doit prévoir un Roi et un Corps représentatif (une assemblée) ; que le Roi doit conserver un pouvoir certain, précisant que « l’excessive diminution de l’autorité royale a de grands dangers » (p. 54). Il voit bien que cela ne sera pas facile : « Les États Généraux vont naviguer entre deux écueils, la rigueur inconciliante (sic) des principes, et la molle ou perfide ressource des palliatifs ; la route est périlleuse pour leur inexpérience » (p. 125). Il écrit en note p. 125 que « L’Histoire réserve à Louis XVI la plus belle place qu’aucun Roi de France ait occupé dans ses fastes », pour avoir rétabli la liberté et l’égalité.

Nota. La majorité des nobles, parmi les plus grandes familles, et, a fortiori, des bourgeois adhéra avec enthousiasme aux idées de 1789, avant de se détacher de la Révolution devant la tournure prise par celle-ci. Du reste, les députés de la Convention provenaient majoritairement de la noblesse et de la bourgeoisie. Aux Etats Généraux, certains grands noms du royaume, gagnés aux "Lumières", défendaient les idées nouvelles, notamment le prince de Poix et son frère le comte de Noailles, le vicomte Matthieu de Montmorency, Stanislas de Clermont-Tonnerre, le prince Victor de Broglie, le duc d'Aiguillon, le marquis de Montesquiou, le duc de La Rochefoucauld, son cousin le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, le duc de Lauzun, etc" http://philippe-le-tourneau.pagesperso-orange.fr/letourneau.html (Hyperion)

 Sources

  Photos and archival records

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Antoine François GROUVELLE 1671-1745   Louise Jeanne HÉRAULT †1736            
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François GROUVELLE   Christine CAIN   Edmé-François GERSAINT 1694-1750   Marie-Anne PELLETIER
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Henri-François GROUVELLE 1724-1767   Marie-Antoinette GERSAINT
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Philippe Antoine GROUVELLE 1757-1806


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