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Arsène VERMENOUZE
voir Troubadours et félibriges et Société de la Haute-Auvergne, voir Veillée d'Auvergne (1908)

  • Né le 26 septembre 1850 - Vielle, Ytrac (15)
  • Décédé en 1910 , à l’âge de 60 ans
  • (Louïs Abel, l'abbé Gauzeins, curé de Mandailles, Arsène Vermenouze, Jean Carrère, Félicien Court, et, au premier plan, Eugène Lintilhac.)
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 Notes

Notes individuelles


Les racines de l'oeuvre du poète sont dans son enfance passée à l'ombre de l'aïeul Antoine Garric, de mère-grand dite Maman Myette , de sa mère, près de ses frères aînés Alphonse et Léopold, de sa jeune soeur Jenny, qui constituent une famille très pieuse, sur le modèle patriarcal auvergnat, pendant que le père fait sa campagne en Espagne. Les serviteurs, estimés et respectés des parents, aimés des enfants, participent aux veillées et à la prière du soir: les servantes Annou, Marion, les bouviers Jean de Siran et Pierre, le pâtre Guinot et le berger Toinou se retrouvent dans l'oeuvre.

Mademoiselle Monteil, préceptrice de la famille, favorise le goût des lettres chez le jeune Arsène.

A 16 ans, Arsène Vermenouze part pour l'Espagne et arrive à Illescas où se trouve un des magasins de la société Vermenouze Frères et Compagnie.

Le Félibrige. Arsène Vermenouze a été le chef de file de la renaissance de la langue d'Oc dans le Cantal.

Dès 1890, dans son poème "Als felibres, als cigalièrs e als trobaires", il avait exprimé une idée essentielle du Félibrige: l'unité de la langue d'oc par delà les variantes régionales.

En 1894, il est l'auteur du manifeste fondateur "A tota l'Auvèrnha" et devient le Capiscòl de la première "Ecole Auvergnate" qui s'assigne pour mission la défense et l'illustration de la langue d'Auvergne.

En janvier 1895, dans un grand enthousiasme, est lancée la revue Lo Cobreto, organe de presse du mouvement. Le premier recueil languedocien de Vermenouze, "Flor de brossa", expression somptueuse de la renaissance félibréenne dans le Cantal, est publié en 1896.

A la tête de Lo Cobreto jusqu en 1900, Vermenouze a alors une intense activité de chef d école, sollicité dans toutes les grandes manifestations régionalistes, communiquant avec divers érudits et les éminences félibréennes du midi, multipliant les discours de circonstances, composant les poèmes qui entreront dans son deuxième grand recueil languedocien Jos la Clujada.
Il se révèle aussi un remarquable prosateur.

En 1900, à la Sainte Estelle de Maguelonne, Vermenouze est nommé majoral du Félibrige et rencontre le prestigieux Mistral qui l'accueille à bras ouverts:
- "Aqu� s tu, Vermenosa, a�! pecaire, fai-me un poton�!�"

Arsène Vermenouze est aussi un grand poète en langue française.
En 1900, il publie "En plein vent".
En 1903, paraît "Mon Auvergne", recueil, primé par l'Académie française. Tout le pays est là: les paysages, les montagnes, les travaux et les fêtes, les troupeaux, les fromages et les vins, les gestes et les détails, les traditions et surtout les habitants. Vermenouze, conteur hors pair, fine fleur d'une civilisation de la veillée, excelle à camper des personnages à les faire parler, à les faire vivre. Jean de Siran, le conteur du Sabat, Joan-Bèl l'inoubliable musicien, la servante Marion, Papiòla, Gratacap le vannier nostalgique, Magne, Guiraleta d al Mont, la Tata...

Poète, patriote et chrétien, il a vécu passionnément les trois amours toute sa vie, semblable à l'aïeul dans Lo Raive del belet qui, après une vie de travail, connaîtra une fin heureuse:

S'endurmirá jol tèrme verd,
Dins la bona tèrra de França,
Amb la fe viva e l'esperança
Del crestian qu a fach son dever.

Il apprécie les conseils graphiques de Roger GRAND, archiviste aurillacois; il écrit dans les revues occitanes de ses amis méridionaux Prosper Estieu et Antonin Perbosc, traite de questions internationales, à l'occasion, en bonne prose d'oc, et est préoccupé par les difficultés qu on fait à la langue bretonne sous le ministère Combes.

Il a été le déclencheur et le conducteur de la renaissance félibréenne, le modèle de référence des écrivains d'Auvergne, Francis Courchinoux, Jean AJALBERT, Raymond Four, le Duc de la SALLE de ROCHEMAURE, Henri Dommergues Louis Delhostal, Fernand PRAX, Jean-Simon Mathieu, Louis Debrons, Jean-Marie Gaston et tant d autres qui ont exprimé leur admiration.



A LA MARIANNA D'AUV�RNHA

La v�le, la Marianna ;
La v�le, mai l'aurai !


Coma un ferrat de coire esquiçat un bocin,
E que pèrd tot son lustre al fons d'una solharda,
Tu, ma lenga, aviás bèl èstre genta e galharda,
Te caliá plan quauqu'un per te far sterlusir.

leu t'ai fretada : jos la posca e las rantièlas,
Ton coire tan polit que se vesiá pas plus,
Torna lusir, coma lusís dins Io cièl blu
A bocada de nuèch, l'òrt clar de las estièlas.

Semblaves, per te mièlhs comparar, Cenrasson:
Rauba de cambalòt, morralhada, pè-nuda,
Ouau diantre que t'aurà, d'aquel temps, coneguda,
Pòt dire qu'aviás pas un èr d'estrafoisson ?

Mès un bèl matin, ieu, coma una nòvia aimada,
Te menère pel braç, a la fònt, jols garrics,
Ont la brossa, lo tim e les ginèsts florits
Perfumon l'èr de lor sauvatja reboeimada.

Dins l'aiga canda e que t�ca res de vren�s,
�Car regiscla del r�c e sul sable s'alanda,
E sol, Io rossinh�l l-i beu, dins l'aiga canda,
Lavère tos pieus d'aur, ma miga, e tos penons.

Lavère tos penons, ta cara e tas manòtas,
E, quora te veguère al capièu d'un torrèl,
Prenguère tos pieus d'aur per dels rais de solelh,
E per un fresc parelh de majofas tas p�tas.

Te culhiguère alèra una guèrba de flors,
Non pas de las flors d'òrt, mès de las flors de landa,
AI bavarèl te'n estaquère una guirlanda,
E veguère tos uèlhs tan blus confles de plors;

Confles de plors de j�ia aqu�'s la vertat, diga ?
E quand t'ès miralhada al miralh de la fònt,
La r�sa del bonur a florit sus ton fr�nt,
E ton cur a batut per ieu, ma doça miga.

Ara, amb ton palholet plen de ribans, sul cap,
Tos esclopons que traulhon a pena la codena,
E les quatre torns d'�r de la l�nga cadena
Que pindòla dins ton bavarèl floricat,

Ambe aquò, n'as pas plus l'èr d'una pastoressa,
E Io monde parpand, qu'ara te coneis pas,
De te veire a mon braç, soreis e ditz tot bas:
Qu� s un n�vi que passa aval amb sa mestressa.

Miga, quau z-auriá dich, quand totes a l'ostau
Te cantavon : Vai, vai te lavar, camaisada !
Tu, la Marianna baulha, e gorla, e morralhada,
Quau z'auriá dich qu'un jorn seriás cambiada atau ?

La Camaisada aüèi n'es pas plus ta borrèia I
Qu�'s La Marianna, qu� s la v�le, mai l'aurai !
Que d'aras en avant, miga, te cantarai,
Ò Marianna d'Auvèrnha, ò tu, nòstra Mirèia !

Car la f�nt ont ton fr�nt r�sa s'es atintat,
Ton fr�nt r�sa coma la flor de la pavia,
Aquela f�nt, aqu�'s la f�nt de Poesia,
Quò's la fònt de Jovença e d'Immortalitat.

Arsèna Vermenosa, Jos la clujada (1909)


(Traduction de l'occitan, vraimeny pas terrible du tout).

A Marianne d'Auvergne

Je la veux, Marianne;
Je la veux, je l'aurai�!

De même qu'un ferrat au cuivre usé s'altère
Et perd tout son éclat dans le fond d'une souillarde,
Ô toi, ma langue, en vain étais-tu belle et drue,
Il te fallait quelqu'un pour te faire briller.

Je t'ai frottée et, sous les toiles d'araignée,
Sous la poussière, ainsi qu'on voit dans le ciel bleu,
A l'entrée de la nuit, luire l'or des étoiles;
J'ai vu luire à nouveau ton cuivre si joli.

Tu semblais, pour te mieux comparer, Cendrillon:
Figure barbouillée, robe pauvre, pieds nus;
Qui diantre peut, t'avant connue en ce temps-là,
Dire que ton aspect n'était pas d'un souillon?

Mais, par un beau matin, comme une fiancée,
Là-bas, je t'ai conduite à la source, sous bois,
Où le thym., la bruyère et les genêts en fleurs
Répandent dans les airs leurs sauvages parfums.

Dans l'eau pure que rien de venimeux n'approche,
Elle jaillit du roc, s'épanche sur le sable
Et seul, le rossignol y boit, dans cette eau pure,
J'ai lavé tes cheveux, mie, et tes pieds mignons.

Oui, j'ai lavé tes pieds, tes mains et ton visage,
Et lorsque je t'ai vue après, sur la colline,
J'ai pris tes cheveux d'or pour des rais de soleil,
Et tes lèvres, ma mie, pour une double fraise.

Alors, je t'ai cueilli des fleurs en quantité,
Non des fleurs de jardin, mais des fleurs de bruyère,
Pour ton corsage j'en ai fait une guirlande,
Et j'ai vu que tes yeux étaient gonflés de pleurs;

Gonflés de pleurs de joie et, n'est-ce pas vrai, dis?
Lorsque tu t'es mirée au miroir de la source,
La rose du bonheur a fleuri sur ton front
Cependant que ton c ur battait pour moi, ma mie.

Et maintenant, avec ta coiffe enrubannée,
Tes deux petits sabots qui foulent l'herbe à peine,
Et les quatre tours d'or de cette longue chaîne
Qui pend sur ton corsage agrémenté de fleurs,

Avec cela, tu n'as plus l'air d'une bergère,
Et le public jaseur qui ne te connaît plus,
De te voir à mon bras, sourit en chuchotant :
C'est un fiancé qui passe au bras de son aimée.

Amie, qui l'aurait dit, quand tous, à la maison,
Te chantaient : Va, va donc te laver, barbouillée !
Toi, Marianne laide, et sale, et malpeignée,
Qui l'aurait dit qu'un jour tu deviendrais si belle?

La Barbouillée, oh! non, ce n'est plus ta bourrée:
C'est Marianne c'est je la veux, je l'aurai�!
Qu'à partir de ce jour, mie, je te chanterai,
Marianne d'Auvergne, ô toi, notre Mireille !

Car la source où ton front rose s'est incliné,
Ton beau front rose ainsi que la fleur du pêcher,
Cette source, c'est la source de Poésie,
La source de Jouvence et d'Immortalité.

Arsène Vermenouze, Jos la clujada.

 Sources

  • Personne: Apollon

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

Pierre VERMENOUZE ca 1727-1802   Marie CRUÈGHE ca 1733-       Bernard GARRIC 1754-   Marianne FARGES 1762-   Jean CONTHE, propriétaire de Vielle 1762-1838   Marie Rose VERMENOUZE 1766-1813
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Jean Ambroise Noël VERMENOUZE 1772-1849   Jeanne PLOUGEAUT 1784-1853   Antoine GARRIC ca 1798-1875   Marie dite Miette CONTHE, dame de Vielle 1793-1870
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Firmin VERMENOUZE 1816-1883   Mélanie GARRIC, dame de Vielle 1823-1902
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Arsène VERMENOUZE, voir Troubadours et félibriges 1850-1910


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