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 Chronique familiale



 Les Nivelon et les Desbouts de Fontainebleau (1550 – 1950)





Fontainebleau_1.jpg





Rémi DEDOURS - Janvier 2012
Sommaire

 1 - La famille Nivelon

La famille est présente à Fontainebleau avant 1570, où l'on trouve le nom de Jean Nivellon, jardinier du roi, cité dans les Comptes des bâtiments du roi pour avoir reçu 155 livres, à raison de 5 livres par mois, ce qui fait remonter sa présence à près de trois ans.

À Jean Nivellon, jardinier, la somme de 155 livres pour avoir vacqué audit jardin de Fontainebleau, à raison de 5 livres par mois.

On trouve aussi à la même époque, François de Nivellon, commis aux bâtiments du roi, sous les ordres du Primatice (1), mais sans qu'il soit possible de faire aucun lien avec la famille étudiée.

Dans les documents d'archives, on trouve alternativement les deux orthographes, avec deux l ou un seul.

 1.1 - Claude Nivelon

À Jean, succède Claude Nivelon, jardinier du jardin de la reine. Il n'est pas possible à ce jour de dire si Claude était le fils de Jean, même si la transmission de la charge peut être un indice en ce sens. Claude, qui ne savait pas écrire, signait en dessinant un râteau (2). Dans les registres paroissiaux d'Avon (la paroisse dont dépendait alors Fontainebleau), on ne trouve que le prénom de son épouse, Nicolle, avec qui il a eu au moins trois enfants : Gilles, Jean, Catherine, baptisée le 7 mai 1598, et vraisemblablement Bonaventure.

Le 7 mai 1598, baptême d'une fille de Claude Nivelon, maître jardinier du jardin de la Reine ; parrain Jacques Le Roy de La Grange, gouverneur de Melun. (3)

L'ordre retenu pour la présentation privilégie les fratries plutôt que les lignées, afin de limiter les allers-retours dans le temps.

 1.2 - Gilles Nivelon

Fils aîné de Claude, Gilles a épousé Françoise Bouzé, le 25 novembre 1595, à Avon, et en secondes noces en août 1624, Barbe Bertrand, veuve de Barthélémy Legoust. Sa seconde épouse décède très peu de temps après son mariage, puisque ses enfants exécutent son testament le 19 décembre 1625, par lequel elle dispose d'une pièce de terre en faveur de l'église d'Avon.

On lit les noms de Claude, de Gilles et de ses fils dans des relevés d'actes notariés (4), dont quelques-uns sont repris ci-dessous :

Du 10 décembre 1614, vente d'une place enclose de haies d'épines, rue de la Poste, au lieu appelé le Chantier, à Claude Nivellon, jardinier du roi au château de Fontainebleau, pour le compte de Gilles Nivellon, son fils, garde ordinaire pour les plaisirs du roi, à charge d'y construire.
Du 28 mars 1624, vente par Gilles Nivellon, jardinier du roi en son château de Fontainebleau et garde des chasses en la forêt de Bière (5), Brie et buissons en dépendant, de son office de garde.

Au moins 3 enfants sont nés de son premier mariage : Claude, l'aîné, Gilles, en 1604 et Pierre vers 1613. C'est ce qu'on déduit de l'acte qui suit :

Du 19 juin 1624, inventaire après décès de Françoise Bouzé, en son vivant femme de Gilles Nivellon, jardinier du roi au château, à la requête de celui-ci, en son nom et comme curateur de Gilles Nivellon et Pierre Nivellon, enfants mineurs d'ans de lui et de sa défunte, les dits mineurs âgés, Gilles de vingt ans et Pierre de onze ans ou environ, en la présence de Claude Nivellon peintre, fils dudit Gilles Nivelon et de la défunte.Les meubles ont été trouvés dans deux chambres du château, une chambre haute où demeure à présent Gilles Nivellon, une chambre basse où demeure à présent son fils Claude, dans la salle basse du logis du sieur de Marillac, rue de France et au lieu de By, paroisse de Thomery.Pas d'objet d'art. Seulement quelques armes, deux arbalètes garnies de leur bandage, un coutelas, une épée garnie de son fourreau, une arquebuse, une carabine et un pistolet garnis de leurs canons et rouet. Le reste est insignifiant.
Du 5 août 1624, contrat de mariage de Gilles Nyvelon, jardinier du roi en son château de Fontainebleau, y demeurant, et de Barbe Bertrand, veuve de Barthélémy Legoust, demeurant à Saint-Aubin, paroisse d'Avon. Assistent au contrat Claude Nyvelon l'aîné, père du futur, jardinier du roi au château, Claude Nyvelon le jeune, peintre, fils du futur, Jean Nyvelon joueur d'instrument, demeurant à Fontainebleau, frère du futur, Claude le Romieu et Nicollas Barthéllémy, marchands, gendres de la future.
Du 12 novembre 1625, Claude Nivellon, peintre, est témoin instrumentaire du contrat d'apprentissage de David Bouzé, pupille de Gilles Nivellon.

Nous reviendrons plus loin sur les trois fils de Gilles Nivellon, peintres tous les trois.

 1.3 - Jean Nivelon ( ? - 1647/)

Autre fils de Claude, Jean est le plus souvent qualifié de joueur d'instrument, parfois « d'honorable homme » ce qui semble attester d'une certaine importance sociale, sans qu'on sache comment il exerçait son activité de musicien.

Il épouse Louise Loiseau. Nous savons qu'ils ont eu au moins deux enfants : Jean, joueur d'instrument également et maître à danser, et Martin, sur lesquels nous reviendrons.

En 1621, il achète cinq perches (environ 200 m²) de terre, au terroir de Bourron, rue des Francs Bourgeois, attenant à son jardin.

Comme son frère Gilles, il a fait l'acquisition d'un office de garde des chasses.

Du 26 juin 1627, obligation de Jehan Nivellon, garde des chasses pour le plaisir du roi, et de Louise Loiseau, sa femme.
Du 30 juin 1627, paiement par Jehan Nivellon, garde des chasses pour le plaisir du roi, à Mathurin Sainton de ses salaires comme commissaire établi à la saisie d'une maison appartenant audit Nivellon, dont mainlevée a été donnée. La saisie était pratiquée par le receveur des domaines (6).

On trouve trace d'une transaction du 23 janvier 1647, entre lui et Savinien Patrix, qu'il avait blessé

Signature de Jean Nivelon

Signature de Jean Nivelon (Jehan Nivellon), 1647

 1.4 - Bonaventure Nivelon ( ? - /1659)

Bonaventure est vraisemblablement un troisième fils de Claude. Nous ne savons que peu de choses sur lui, sinon qu'il était aussi jardinier au château de Fontainebleau.

Il est parrain de Claude Nivelon, fils de Gilles, le 21 décembre 1627. Il est très courant alors de choisir les parrain et marraine de ses enfants, d'abord parmi ses frères et sœurs, beaux frères et belles sœurs pour les aînés, amis ou relations ensuite, et pour les puinés, leurs frères et sœurs aînés ou neveux et nièces. À la lumière de cette observation, la lecture des actes de baptême trouvés dans les registres paroissiaux de Fontainebleau nous aide à situer Bonaventure dans la famille Nivelon.

Du 30 septembre 1630, acte de baptême de Nicolas, fils de Bonaventure Nivelon et de Denize Jary, le parrain est Nicolas Dupont, la marraine est Anne Jamyn. Le couple ne semble pas avoir eu d'enfant après cette date.
Du 26 mars 1636, acte de baptême de Jean, fils de Louis Chalas et de Marguerite Nivelon, le parrain est Jean Nivelon, la marraine est Denize Jary, femme de Bonaventure Nivelon.
Du 5 janvier 1642, acte de baptême de Jean, fils de Louis Chalas et de Marguerite Nivelon, la marraine est Marie Nivelon, fille de Bonaventure Nivelon.
Du 19 janvier 1643, acte de baptême de Jean Nivelon, fils de René et de Nicole Tonnelier (?) la marraine est Marie Nivelon, fille de Bonaventure Nivelon, jardinier de la reine.

L'âge requis pour être parrain et marraine était alors de 14 ans, on peut donc supposer que Marie est née avant 1628. On peut supposer également que René et Marguerite sont aussi des enfants de Bonaventure, plus âgés et mariés avant 1642 et 1643.

Louis Chalas, l'époux de Marguerite Nivelon est également jardinier du roi. À cette époque, la plupart des mariages se faisaient dans une même caste : on estime qu'au XVIIe siècle, 90% des mariages se font entre gens de même corporation. Le couple a eu au moins cinq enfants nés entre 1635-1636 et 1643 : les deux Jean ci-dessus, nés en 1636 et 1642, Marie, née en 1638, Marguerite en 1643 et Zacharie dont on ignore la date de naissance, mais qui est décédé le 17 novembre 1715 à Fontainebleau. Marguerite est décédée le 23 août 1692, âgée de 84 ans selon l'acte d'inhumation, à laquelle assiste son fils Zacharie. qui exerce le métier de fossoyeur.

Nous reviendrons sur René Nivelon, dont la descendance a pu être reconstituée sur douze générations.

On ignore la date du décès de Bonaventure, survenu avant 1659.

Brevet de jardinier du jardin de la Reine à Fontainebleau, pour Jean Magnan qui a réparé les dommages causés par la négligence de Baptiste de La Lande, charge vacante par la mort de Bonaventure Nivelon – 29 avril 1659 (7).

Dans l' « état des gages des officiers du roi » (8) à Fontainebleau pour l'année 1664, on voit que son épouse lui a survécu au moins jusqu'à cette date.

Jean Magnan, jardinier, ayant l'entretènement du jardin appelé de la Reyne et des orangers de Sa Majesté, pour ses appointements, à cause desdits entretènements, 1200 livres, a la charge de fournir 200 livres par chacun an à la veuve de Bonaventure Nivelon, vivant jardinier dudit jardin ; et tondre les buis, nettoyer les quatre carrés dudit jardin, les allées et terrasses d'iceluy ; ensemble d'entretenir les palissades de buis qui sont tant contre lesdites terrasses que contre les murs dudit château, les cyprès et salettes de gazon ovales et carrées ; comme aussy de fournir les charbons nécessaires pour l'orangerie ; faire raccommoder les caisses desdits orangers, rafraichir les terres toutes fois et tant que de besoin sera ; faire sortir au printemps lesdits orangers dans le jardin et les faire rentrer dans l'orangerie ; et généralement faire et fournir tout ce qui sera nécessaire pour l'entretènement et orangerie.

Voilà une illustration du travail de Colbert pour organiser l'administration du royaume...

 1.5 - Claude Nivelon (/1600 - 1667/)

Claude est le fils aîné de Gilles et de Françoise Bouzé. Né avant 1600, il a la qualité de peintre lorsqu'il assiste à la signature du contrat du second mariage de son père, le 5 août 1624. À cette date, il est déjà marié lui même : il a épousé vers 1620 Marguerite Jacquet (peut être une petite fille du sculpteur Antoine Jacquet, dit de Grenoble, auteur de la cheminée monumentale du château de Fontainebleau, chef d'œuvre de cinq années de travail réalisé sous le règne de Henri IV).

Les registres paroissiaux nous indiquent qu'ils ont eu au moins sept enfants, entre 1620 et 1636.

Claude, baptisé le 3 mai 1621 à Avon.

Gilles, baptisé le 5 mars 1627 à Fontainebleau et qui est mort en bas âge.

Louis, baptisé le 1er septembre 1629 à Fontainebleau.

Nicolas, né peut-être en 1630.

René, baptisé le 6 janvier 1631 à Fontainebleau.

Marguerite, baptisée le 16 mai 1633 à Fontainebleau.

Et enfin, Jean, baptisé le 17 septembre 1636 et tenu sur les fonts baptismaux par Jean Dubois, peintre et valet de chambre du roi, fils d'Ambroise Dubois (9), et dont le nom est si souvent répété dans les actes de baptême, que l'on peut en déduire qu'il jouissait d'une grande considération auprès des artistes et des habitants de Fontainebleau (10).

La carrière artistique de Claude Nivelon est presque entièrement consacrée au château et à l'église neuve de Fontainebleau : en 1640, il travaille sur un chantier conduit par le maître peintre grisailleur Coubichon, à raison de 30 sous par jour. On sait aussi qu'il est allé travailler à Montereau-Fault-Yonne (11) avec son confrère Lefèvre en 1620 et qu'il y retourne en 1635, pour la décoration du chœur de l'église de Notre-Dame, cette fois-ci en collaboration avec Thibault Letellier, peintre de Moret, à côté de Fontainebleau (12).

En 1629, dans l'acte de baptême de son fils Louis, Claude a la qualité de « sergent à garde de la forêt de Bière ».

Marguerite Jacquet est décédée en 1649 et Claude Nivelon après le 19 juillet 1667, date du second mariage de son fils René, dont l'acte signale sa présence

 1.6 - Gilles Nivelon (1604 - 1674/77)

Gilles est le frère de Claude qui précède. Nous avons vu plus haut qu'il est né en 1604 et qu'il est peintre également. Il a épousé Perrine Saulnier, avec qui il a eu au moins neuf enfants.

Claude, né le 21 décembre 1627. Son parrain est Bonaventure Nivelon, jardinier du roi.

Gilles, né le 8 septembre 1630. Son parrain est Jean Desbouts, également jardinier du roi et que nous retrouverons dans le chapitre consacré à cette famille.

Louise, née vers 1631. En 1657, elle épouse Léonard Petit qui est décédé le 4 décembre 1661 à l'âge de vint-six ou vingt-sept ans. Elle épouse en secondes noces Claude Hamelin qui est décédé le 3 avril 1682 à l'âge de quarante-deux ans. Louise lui a survécu plus de trente ans et est décèdée le 24 septembre 1711. De son premier mariage, elle a un fils, Charles, né en 1658, qui se marie à Bourges, âgé d'une trentaine d'années et alors qualifié de sculpteur. Dans l'inventaire des archives civiles du Cher (13), on lit :

1688-1689 - Contrat de mariage entre Charles Petit, sculpteur, né à Fontainebleau, de feu Léonard Petit, pointier (?), et de Louise Nivelon, avec Barbe Coué, fille de Nicolas, chapelier à Bourges, et de Marie Voulu.
1692-1693 – Reconnaissance par Charles Nivelon (!), sculpteur, d'une maison donnée en mariage à sa femme Barbe Couet par sa tante, et située à Bourges, rue Bourdonnoux, ladite maison chargée d'un cens de 12 deniers parisis, au profit du chapitre.

Pierre, baptisé à Fontainebleau le 22 avril 1635.

Marie, née le 26 décembre 1637 et qui n'a pas vécu.

Marie, baptisée le 20 janvier 1641, qui épouse Henri Bezard, marchand à Fontainebleau, le 24 avril 1662.

Magdeleine, née le 26 juillet 1643. Elle a épousé Moïse Jolly, avec qui elle a eu au moins trois enfants : Marie décédée en 1669, Louis et François, présents à l'inhumation de leur mère.

Etienne, baptisé à Avon le 16 juin 1649.

Et enfin, Louis, né le 15 août 1659.

Nous ne savons presque rien de son activité de peintre, sinon les rares fois où le nom de Gilles Nivelon est cité comme travaillant au château sur le même chantier que son frère Claude, mais comme broyeur (chargé de la préparation des couleurs) en 1640, pour 14 sous par jour, et en 1641 à 20 sous par jour pour de menus ouvrages de peintures et de dorure (14).

Gilles est décédé entre 1674 (il est présent à l'inhumation de son frère Pierre, le 3 novembre) et le 19 octobre 1677, date du décès de Perrine Saulnier, son épouse, dont l'acte d'inhumation indique qu'elle est veuve.

 1.7 - Pierre Nivelon (≈ 1613 - 1677)

Dernier des trois frères Nivelon, c'est aussi le moins connu. Il est né vers 1613. Il a épousé Louise Saulnier. On connaît deux de leurs enfants : Pierre, né vers 1647 et Bonaventure, né vers 1648, également peintres tous les deux, comme nous le verrons plus loin.

Sur la fin de sa vie, Pierre Nivelon habite rue des Maudinets, à Fontainebleau. C'est là qu'il est décédé, âgé d'environ soixante et un ans.

Les trois frères sont toujours restés dans l'indivision et on trouve leurs noms réunis dans divers actes retraçant leurs déboires financiers (15).

Du 15 juin 1627, Claude achète à Pierre Jouanne l'office de sergent à garde ordinaire et héréditaire, pour le roi en la forêt de Bière. Pour garantie du prix, il hypothèque l'office et le tiers de la halle et boucherie de Fontainebleau.
Du 21 juin 1627, sa femme, Marguerite Jacquet s'engage solidairement envers Pierre Jouanne.
Du 19 juin 1634, sous-location pour le temps où la cour ne sera pas à Fontainebleau, d'une boutique louée par un potier d'étain à Claude Nivelon, peintre.
Du 17 juillet 1647, bail par Claude, Gilles et Pierre les Nivelon, peintres, d'une boutique tenant à la boucherie, faisant le coin de la boucherie du côté de M. Collet.
Du 11 mai 1648, bail par Claude, Gilles et Pierre les Nivelon, tous peintres, à un marchand de vin, de deux caves sous la halle de Fontainebleau et de deux boutiques.
Du 9 août 1655, paiement à André Morin, cordier et François Bougault, par Jacques Cadot, conseiller du roi, receveur et contrôleur en chef des consignations du baillage de Melun, prévôté de Samois et Fontainebleau, de la somme à eux ordonnée d'être payée par la sentence d'ordre et distribution faite des deniers procédant de la vente et adjudication faite par décret de la halle et boucherie de ce lieu de Fontainebleau, vendue et adjugée à requête de Pierre Jouanne, garde des plaisirs du roi en la forêt de Fontainebleau, sur Claude, Gilles et Pierre les Nivelon, la dite sentence d'ordre du 30 juillet dernier.

Signatures de Claude, Gilles et Pierre Nivelonsignatures="" des="" trois="" frères="" nivelon="==" [[martin="" nivelon]]="" (="" 1615="" -="" 1662)="==" martin="" est="" un="" fils="" de="" jean="" nivelon,="" joueur="" d'instrument,="" et="" louise="" loiseau.="" il="" a="" épousé="" anne="" bouvais,="" avec="" qui="" eu="" au="" moins="" quatre="" enfants.="" anne,="" baptisée="" le="" 15="" avril="" 1635.="" françoise,="" 27="" décembre="" 1636,="" sa="" marraine="" françoise="" nivelon.="" alexandre,="" baptisé="" 16="" mai="" 1639.="" henri,="" 22="" 1642,="" son="" parrain="" henri="" desbouts,="" jardinier="" du="" roi.="" on="" sait="" peu="" choses="" sur="" cette="" famille.="" nivelon="" cité="" parmi="" les="" broyeurs="" couleur="" travaillant="" château="" cousin="" gilles,="" en="" 1640="" à="" 14="" sous="" par="" jour,="" 1641="" ou="" selon="" tâches="" (16).="" dans="" registres="" paroissiaux,="" trouve="" date="" 23="" janvier="" 1662,="" l'acte="" mariage="" fille="" marc="" sugy,="" cordonnier="" fontainebleau.="" contrat="" été="" signé="" semaines="" plus="" tôt.="" y="" lit="" que="" parents="" d'anne="" sont="" tous="" deux="" décédés.="" :du="" 5="" 1662="" (minutes="" tamboys),="" entre="" nivellon,="" défunts="" nivellon="" bouvais.="" assistants="" :="" honorable="" homme="" demeurant="" fontainebleau="" rené="" roi="" concierge="" mail="" château,="" issu="" germain.="==" dl>

Le 7 mai suivant, il se plaint au prévôt de Nicolas et Jean Nivelon (vraisemblablement les fils de son cousin Claude, le peintre), ainsi que de Chatin père et fils, lequels « quoiqu'ignorants et incapables, se mêlent et s'ingèrent, au préjudice de la jeunesse, de montrer à danser. » Défense est faite aussitôt de jouer du violon et de montrer à danser, pour tous ceux qui n'auront pas été agréés par le lieutenant du roi des violons (18).

Il est décédé à Fontainebleau, le 3 juin 1672.

 1.8 - [[René/Nivelon (/1620 - 1690/)

Comme pour Bonaventure, nous avons, très peu de renseignements à son sujet. Les registres paroissiaux contiennent deux actes de baptême de ses enfants : Zabulon, né le 1er septembre 1640 et Jean le 19 janvier 1643, déjà mentionné. Le nom de son épouse y est peu lisible : Nicolle Tonnelier ?

Acte de baptème de Zabulon Nivelon

« Le 2 Septembre 1640 Zabulon fils de René Nivelon et de Nicole Tonnelier sa femmeson parrain Zabulon Saizy celuy qui lui a donné son nomsa marraine Marie Royer (?) femme de Claude Tisserand vitrier du Roy à Fontainebleau... »

Dans « L'état de la France... » de 1683 (19), dans la liste des « Officiers pour les Bâtimens, & pour la garde du Château & des Hôtels » de Fontainebleau, figure

Le Garde du Mail, le sieur René Nivelon, & Zabulon, son fils à survivance

Dans un inventaire de déclarations censitaires de 1679 à 1686, on trouve celle de « René Nivelon, concierge et garde du mail de Fontainebleau, y demeurant... » (20).On note encore sa présence, dans l'acte d'inhumation de sa belle-fille, Marie Desbouts, le 5 janvier 1690.

 1.9 - Claude Nivelon (1621 - 1681)

Il est parfois difficile de se retrouver dans la généalogie des Nivelon : la plupart des couples ont de nombreux enfants, choisissent les mêmes parrains et marraines, donc les mêmes prénoms, ceux qu'ils portent eux-mêmes, ou ceux de leurs ou frères et sœurs. Ainsi trois générations de Claude Nivelon se succèdent et les trois sont peintres.

Claude, le fils aîné de Claude et de Marguerite Jacquet, a épousé Anne Thion vers 1647. On sait qu'ils ont eu au moins dix enfants.

L'aîné est Claude, baptisé le 3 avril 1648 à Avon. Son parrain est le peintre Claude de Fontenay (21).

Gilles, baptisé le 30 septembre 1649 et son frère Anne, baptisé le 23 décembre 1651, meurent en bas âge.

Marie Anne, baptisée le 8 janvier 1653. Elle a épousé le 6 octobre 1676 à Fontainebleau, Paul Garreau, le fils d'un « hasteur de cuisine » (rotisseur) de la reine.

Jean, baptisé le 11 mai 1655, meurt en bas âge.

Elisabeth Isabelle née le 8 janvier 1657. Elle a épousé Arnaud de Besson, chirurgien.

Daniel Marie, baptisé le 13 janvier 1659, a pour parrain le peintre Daniel Pintenelle (22).

Les jumelles Anne et Louise sont baptisées à Fontainebleau le 6 février 1662 et meurent, Anne le 8 et Louise le 9 du même mois.

Et enfin François, baptisé à Fontainebleau le 13 juin 1663.

Il semble que Claude Nivelon suive d'abord la carrière paternelle. En 1641 et 1642, il est employé avec son père aux travaux du roi, appointé à 30 sous par jour, alors que son père a 40 sous par jour.

Sa réputation s'étend pourtant à quelques lieues autour de Fontainebleau (23), et c'est lui que, le 30 octobre 1673, les marguilliers du Vaudoué (24) choisissent pour restaurer les tableaux de leur église. Dans le marché passé à cet effet, il s'intitule « maître peintre du Roi à Fontainebleau » et s'engage,

outre divers ouvrages de son art au maître-autel et à l'autel de la Vierge, à remettre en état le tableau de « l'hostel St-Michel », et sur d'autres toiles, à « réparer saint Pierre... frotter saint Paul... étoffer sainte Anne et sainte Barbe toute à neuf esloffer le Sauveur, dorer la croix qu'il porte, etc., le tout, moyennant 150 livres. (Minutes de Pachau, notaire au Vaudoué.)

Anne Thion, son épouse, a été inhumée à Fontainebleau, le 23 avril 1664, âgée de quarante ans et Claude Nivelon, le 19 avril 1681.

Claude Nivelon, peintre, concierge de l'hôtel de Villeroy, est décédé le 19 avril 1681, âgé environ de 61 ans, après avoir reçu les sacremens de pénitence, viatique et d'extrême onction ; son corps a esté inhumé au cimetière de la paroisse par monsieur Laudin, curé de Fontainebleau, le même jour, en présence de Paul Garreau, son gendre, et de François Nivelon, son fils, soubsignés témoings.

Claude II Nivelon_1.jpg

Signature de Claude Nivelon

 1.10 - Nicolas Nivelon (≈1630 - 1692)

Nicolas est le frère de Claude, qui précède. Il est qualifié de « tourneur en bois ».

Du 2 décembre 1653, Jehan Duboys, cordonnier et ses frères et sœurs, donnent à bail la maison où pend pour enseigne La Levrette, à Nicolas Nivelon, tourneur en bois.

Il a épousé Angélique Voltigean, fille de Henri Voltigean et petite-fille de Josse de Voltigem (25), peintres du roi. Le couple a eu au moins six enfants.

Marie, née vers 1653 et décédée le 19 novembre 1677.

Nicolas, né vers 1658 et décédé le 3 août 1677.

René, qui est tourneur comme son père, a épousé Catherine Benoist, le 18 janvier 1684 et on peut suivre leur descendance à Fontainebleau sur trois générations.

Anne, née le 11 mars 1668 et baptisée le 12 ; le parrain est Jacques Philippe Boisseau, Sieur de Castillon, jardinier du roi, la marraine est Anne Molet, veuve de feu A. Debray aussi jardinier du Roi. Elle est décédée le 28 août 1669.

Puis Angélique, baptisée le 3 mars 1670, et Antoinette, baptisée le 4 août 1673 et décédée le 30 juin 1679.

Nicolas Nivelon

Signature de Nicolas Nivelon

 1.11 - René Nivelon (1631 - 1671)

Frère de Claude et de Nicolas, qui précèdent.

Il épouse, le 18 octobre 1660 à Avon, Louise Meusnier qui décède en accouchant de leur troisième enfant, le 3 mai 1667.

L'ainé, Adrien, est né le 6 septembre 1663.

La seconde, Marguerite, est née le 19 août 1665. En janvier 1696, elle a épousé Étienne Chenard, tapissier.René épouse en secondes noces, le 19 juillet 1667, Jeanne Jatteau : leurs trois enfants meurent très jeunes.

Dans tous les actes, il est qualifié de peintre, comme son père et son frère aîné. Il est aussi supposé avoir été sculpteur : aucun indice toutefois, sinon la chaire et le banc d'œuvre de l'église de Villiers-sous-Grez (26), qui portent sa signature, mais avec la date de 1673 (27), alors qu'il est décédé le 16 novembre 1671 !

 1.12 - Jean Nivelon (1636 – 1686)

Jean est le dernier fils de Claude et de Marguerite Jacquet.

Dans les actes, il est le plus souvent qualifié de tourneur, parfois également de joueur d'instrument (ce dont se plaint Jean, le cousin de son père en 1670). Le 30 décembre 1668, « Honorable homme Jean Nivelon, maître sculpteur, assiste au contrat de mariage de Pierre Friscal », beau-frère de Michel Nivelon, son cousin issu de germain.

Avec Anne Sébille, son épouse, ils ont eu au moins sept enfants.

Renée, qui a épousé André Morin, menuisier, le 6 octobre 1670 : Jean n'a alors que 34 ans !

Jeanne, baptisée le 28 février 1662, a épousé Jean Canto en 1681.

Bonaventure, baptisé le 12 septembre 1664, a épousé Marie Guay le 2 décembre 1684. En 1692, il est qualifié de maître menuisier.

Nicolas, baptisé le 8 juin 1668 et décédé quelques semaines après.

Guillaume, baptisé le 23 avril 1670 et décédé le 4 juillet 1692.

Marie, qui a épousé Jean Chenard.

Elizabeth, qui a épousé Jean Favron, puis Antoine Souchard.

Jean Nivelon est décédé le 20 septembre 1686.

Jean Nivelon

 1.13 - Pierre Nivelon (1647 – 1690)

Fils de Pierre, il est peintre lui aussi et il a travaillé au château. Mais il est surtout connu pour avoir été condamné à mort. Il fait partie d'un groupe d'artistes tapageurs, dont les noms reviennent fréquemment dans les plaintes et informations de la prévôté, pour des disputes ou des bagarres, dans les dépendances même de la demeure royale, et ce, malgré les édits contre les duels, même si ceux-ci visaient surtout les gentilshommes (28).

Le 25 août 1666, lors d'un duel, il tue son adversaire, Jean Lefèvre (29) de deux coups d'épée. C'est aussi un Lefèvre, avocat à Nemours, qui se charge de suivre l'instruction devant la prévôté de Fontainebleau. En janvier 1667, Pierre Nivelon est condamné à être pendu et ses biens sont confisqués. La sentence n'est pas exécutée, car il s'est expatrié (30).

Plus tard, des lettres de rémission lui permettent de rentrer à Fontainebleau où il épouse Agnès Guillin de Saint Hubert, le 9 janvier 1677, en présence de Bonaventure, son frère et de Michel et Henri Nivelon, ses cousins musiciens, invités à de nombreux mariages pour jouer les violons du bal.Leur première fille, Louise Catherine est baptisée le 25 novembre 1677.

L'année suivante, il cède à nouveau à son caractère violent : il a une rixe dans le parc du château en jouant aux boules avec son cousin Claude Nivelon, puis le 20 octobre 1681, il attaque devant le prévôt, Jacques Louis de Francqueville, qui l'a, dit-il, injurié et battu. Quelque temps après ces événements, il quitte Fontainebleau avec sa famille, pour s'installer à Melun. L'acte de baptême de sa fille Agnès le 21 septembre 1682, est le dernier à mentionner son nom dans les registres de Fontainebleau.

Catherine, son épouse, est inhumée dans le cimetière de Melun, le 30 novembre 1685 : il est alors archer en la maréchaussée.

Remarié avec Anne Morigny, il aurait eu deux enfants : une fille morte à un an et un garçon Pierre.

En août 1688, il est « commis aux aides en l'élection » et à sa mort le 14 août 1690, huissier royal (31).

Sa fille Louise Catherine s'est mariée en 1699, avec Jean Clary, « garde à cheval des chasses et menus plaisirs du Roi, fils de François Clary, notaire à Gap » (contrat du 9 novembre 1699) (32).

 1.14 - Bonaventure Nivelon (1648 - 1705)

Fils de Pierre également, il est comme son père, « peintre du Roi ». Le 9 janvier 1677, il est témoin du mariage de son frère Pierre. Vers 1700, il demeure à Fontainebleau, rue de la Cloche, à l'enseigne de l'Espérance (33). Il est décédé le 27 juin 1705. Il ne semble pas qu'il se soit marié.

 1.15 - Zabulon nivelon (1640 - 1694)

Comme on l'a vu ci-dessus, Zabulon, le fils de René Nivelon et de Nicole Tonnelier (?) est baptisé le 2 septembre 1640.

On ne connaît pas la date exacte de son mariage avec Marie Desbouts, mais on sait que le contrat a été signé le 14 janvier 1669 :

Contrat de mariage de Zabulon Nivelon, jardinier à Fontainebleau, fils de René Nivelon, jardinier du château, avec Marie Desboutz, fille de Jean Desboutz, également jardinier du château (34).

Un brevet du 24 septembre 1677 confie la charge de « l'entretenement du Mail de Fontainebleau et palissades d'icelui à Zabulon Nivelon, jardinier, en place de René Nivelon, son père, démissionnaire » (35). La liste des officiers du roi à Fontainebleau, établie en 1663, dans laquelle René Nivelon figurait en qualité de garde du mail, précisait que l'office serait transmis à son fils, Zabulon, « à survivance ».

Zabulon Nivelon et Marie Desbouts ont eu au moins neuf enfants baptisés à Fontainebleau entre 1669 et 1690.

Jean, baptisé le 22 novembre 1669 ; son parrain est Jean Desbouts.

Marie Catherine, baptisée le 3 septembre 1671.

Claude, baptisé le 12 novembre 1673

François, baptisé le 27 janvier 1677 et décédé le 23 novembre 1686.

Louis Anne, baptisé le 2 décembre 1678 : son parrain est Louis Desbouts, officier du roi.

René, baptisé le 21 août 1682 et décédé le 24 juin 1684.

Jeanne, baptisée le 2 novembre 1684.

Zabulon, baptisé le 20 février 1687.

Et enfin Claude né le 2 janvier 1690 : son parrain est Claude Collet, son oncle et sa marraine, Marie Catherine Nivelon, sa sœur ; il ne vit que trois jours.

Marie Desbouts décède, elle aussi, le 4 janvier, à quarante-quatre ans.

Un acte notarié du 3 novembre 1693 indique que « Zabulon Nivelon, jardinier du roi au château, tuteur des enfants de Marie Desbouts, sa femme, fait un transport d'héritage», c'est à dire qu'il cède, contre paiement, le droit qu'il a sur cet héritage.

Zabulon Nivelon et son fils Jean ont travaillé aussi à Versailles, déclarée résidence officielle du souverain et de la cour en 1682. On relève leurs noms dans un ouvrage consacré aux jardins et aux jardiniers de Versailles au Grand Siècle (36) :

… les opérations de jardinage habituelles étaient exécutées. Cette année-là (37), le jardinier Zabulon Nivelon reçut 54 livres et 5 sols pour avoir nettoyé le jeu du mail, entretenu les arbres et les palissades de celui-ci, plantées « entre les canaux du chenil ». L'année suivante, pour la réalisation de tâches identiques, Jean Nivelon, perçut 108 livres et 10 sols de gages.

Zabulon Nivelon est décédé à Fontainebleau, le 15 décembre 1694.

 1.16 - Claude Nivelon (1648 - 1720)

Claude est le fils aîné de Claude Nivelon et d'Anne Thion.

Le 19 août 1665, il est parrain à Fontainebleau de sa cousine Marguerite, fille de René Nivelon et de Louise Meusnier. Le 6 octobre 1676, il assiste au mariage de sa sœur Marie Anne avec Paul Garreau.

Le 10 avril 1681, son père « appréhendant de mourir de la maladie dont il est détenu et voulant préserver les difficultés qu'il y auroit après son déceds pour assembler les parents paternels et maternels de Daniel et François, enfants mineurs » déclare nommer et élire « la personne de Claude Nivelon, son fils aisné, peintre et dessignateur ordinaire du Roy, pour tuteur auxdits mineurs, attendu même que ladite tutelle lui appartiendroit et lui seroit déférée par les parents desdits mineurs estant leur frère et fort attentionné pour eux ». La charge de curateur des biens est confiée à Bonaventure Nivelon « peintre et bourgeois de Fontainebleau, son cousin et amy » et les témoins sont « Alexandre Bettou et Henry Voltigean tous deux peintres également » (38). Claude Nivelon père est décédé le 19 du même mois.

Cet acte nous montre le milieu d'artistes dans lequel Claude Nivelon a été élevé. Il s'est, sans aucun doute, formé au dessin et à la peinture aux côtés de son père et de son grand-père. Il semble qu'il dispose déjà d'une solide formation et fasse preuve d'une grande maturité à treize ans lorsqu'il rencontre Charles Le Brun (39), venu à Fontainebleau en 1661 à la demande du roi. L'artiste jouit alors d'une grande renommée et un premier séjour à Fontainebleau en 1640 avait déjà créé la légende d'un peintre de génie, faisant forte impression auprès des peintres locaux, et notamment Henri Voltigean dont il avait fait le portait. On comprend donc que le le jeune Claude Nivelon ne reste pas indifférent à la présence de Charles Le Brun à Fontainebleau, mais on ne sait pas dans quelles circonstances il en est devenu l'élève.

En 1667, Claude Nivelon rejoint son maître à Paris. « Lorsqu'il débuta sa collaboration avec Le Brun, Nivelon était déjà intimement son élève. (...) Il a d'abord pour tâche de faire des copies inversées, d'après ses compositions pour les transmettre aux graveurs, de reproduire fidèlement en cartons de tapisserie ses ouvrages et plus tard, lorsque sa main s'est affermie, d'exécuter en peinture, les abondants décors que son génie prodiguait pour les bâtiments royaux.» (40)

À partir de 1680, il perçoit de l'administration royale, 100 livres d'appointements par mois pour ses services aux Gobelins, où il sera logé pendant de nombreuses années.

« Avec le temps, Le Brun lui donne toujours plus de responsabilités, le gratifie de ses avis et de ses confidences, lui faisant même l'honneur, comme le rapporte Nivelon lui-même avec une modestie où transparaît une pointe de fierté, de lui exposer les principes sur lesquels il envisageait de fonder ses théories sur la physionomie. Le premier peintre lui octroya même une certaine indépendance, en lui permettant de conduire à sa guise quelques parties des décorations qu'il avait conçues. » (41)Leur collaboration durera vingt-trois années, jusqu'en 1690, date du décès de Charles Le Brun.

Les archives (42) nous permettent de connaître quelques éléments relatifs à sa vie privée.

Le 17 octobre 1681, il déclare « avoir mis comme alloué » son frère Daniel « avec Nicolas Aubry, chirurgien à Paris ».

Le 2 mars 1683 à Paris, un contrat de mariage est passé entre « Claude Nivelon, peintre et dessignateur du Roy demeurant sur le fossé Saint Victor » et Catherine Bailleul, fille de feu Louis Bailleul, bourgeois de Paris. Le couple ne semble pas avoir eu d'enfant.

Le 17 novembre 1683, Claude Guignebault, peintre demeurant à Fontainebleau, au nom et comme procureur de Claude Nivelon et par conséquent de Daniel et François mineurs sous la tutelle de leur frère, déclare avoir convenu avec Paul Garreau, mari de Marie Anne Nivelon et Arnaud de Besson, chirurgien demeurant à Souvigny près Moulins en Bourbonnais, mari d'Élisabeth Nivelon, de la nomination de deux experts pour parvenir au partage des biens de la succession de leur père et estimer les terres et prés qui leur appartiennent en commun.

Le 9 septembre 1686, Claude Nivelon et sa femme Catherine Bailleul, assistent au mariage de François, frère de Claude et peintre également, avec Vincente Avril.

En 1694, Daniel Cronström, correspondant à Paris de Nicolas Tessin architecte et surintendant des bâtiments royaux de Suède, lui commande des copies des dessins faits d'après les plafonds de Versailles. Il le sollicite à nouveau en 1698 afin d'acquérir le livre La vie de Charles Le Brun que Claude Nivelon achevait d'écrire et s'apprêtait à faire publier. Pour des raisons inconnues, ce texte ne fut jamais publié. Le manuscrit original, disparu, fut transcrit au début du XIXe siècle dans des circonstances difficiles à établir. Cette transcription, conservée à la Bibliothèque nationale de France, n'a jamais été éditée elle non plus. En 2004, Lorenzo Pericolo en fait une édition critique, permettant donc pour la première fois de consulter ce témoignage sur cinquante années de production artistique en France au Grand Siècle et la source la plus importante sur l'art du premier peintre de Louis XIV.

Le 17 octobre 1709, Marie Anne Nivelon cède à son frère Claude sa part sur la succession de leur frère Daniel, chirurgien, ce qui permet de supposer qu'il est mort sans héritier direct.

Devenu vieux et hors d'état de travailler, Claude Nivelon est pourvu d'une pension de 800 livres en qualité d'ancien peintre et dessinateur (43).

Claude III Nivelon

Signature de Claude Nivelon

 1.17 - François Nivelon (1663 - 1733)

Frère de Claude qui précède, il est peintre également.

En 1686, il demeure à Paris, rue Saint Victor, vraisemblablement chez son frère Claude. Le 10 septembre il y épouse Vincente Avril, fille de Louis Avril, marchand, bourgeois de Balancourt.

Le jeune couple s'installe à Fontainebleau et le 26 mai 1687, Vincente met au monde un fils, prénommé François. Peu de temps après, la validité de leur mariage à Paris est contestée et les époux décident de repasser devant l'Église :

François Nivellon, maître peintre, fils de feu Claude Nivellon et d'Anne Thion, d'une part ; et Vincente Avril, fille de feu Louis Avril et de Vincente Rivière, d'autre part ; tous deux de cette paroisse, sur le doute qu'on a formé touchant la validité de leur mariage, ont renouvelé le consentement le 26 septembre 1687, en présence de...

Ils ont un second fils, Nicolas, le 6 avril 1689. Vincente Avril décède après la naissance de Marie Anne, le 28 mars 1690. L'enfant ne vit que 2 jours.

François Nivelon s'est remarié le 4 septembre 1691, avec Marie Anne Arnault, avec qui il a eu trois enfants : François, Anne François et Marie Anne. Seul le second a atteint l'âge adulte, mais est décédé à 21 ans, le 22 novembre 1715.

On sait qu'en 1686, Francois Nivelon a travaillé au château et qu'en 1693, il entreprend avec Claude Guignebault et Louis Dubois, de décorer la voûte de l'église.

Plus tard, toujours associé à Guignebault, il exécute au château d'assez importants travaux de « grosse peinture en huile et détrempe », pour lesquels il touche en deux fois, près de 2000 livres (44).

Le 2 mai 1714, il assiste au mariage de son neveu : « François Garreau, chirurgien à Fontainebleau, fils de Paul Garreau et de Marie Anne Nivelon, et Nicole Blondeau, fille de deffunt le sieur Charles Blondeau, vivant hostelier à Fontainebleau et de Charlotte Romain maintenant sa veuve». On lit dans l'acte, que Paul Garreau est « concierge de Monseigneur le Mareschal de Villeroy » : il a donc succédé à son beau-père, Claude Nivelon, dans cette charge.

Le 2 septembre 1716, il assiste au contrat de mariage de sa nièce Françoise Garreau avec Jean Nivelon (45), « officier du Roy, demeurant à Fontainebleau, veuf de feue damoiselle Marie Charlotte de la Noue ».

En 1717, François Nivelon est « concierge de Madame la Mareschal d'Estrez en son hostel à Fontainebleau ».(46)

Il est décédé le 29 novembre 1733 à Fontainebleau.

 1.18 - Louis Nivelon (1663 - 1712/)

Louis Nivelon est le fils aîné de Henri Nivelon, maître à danser, et de Magdeleine Finet.

Le 24 mai 1683, à Fontainebleau, il épouse Elizabeth Desquinz.

Louis fils d'Henry Nivelon et de Magdeleine Finet de cette paroisse et Elisabeth Desquinz fille de feu Jean Desquinz Excempt des gardes du corps de sa Majesté Anglaise et de feu Marie Maugham (?) de Londres en Angleterre ont épousé (sic) par M Laudin curé le 24 et reçu la bénédiction nuptiale après la publication de deux bans canoniquement faits sans qu'il nous ait paru aucun empêchement ayant obtenu dispense du troizième par Msr l'Archevêque de Meaux. En présence de Henry Nivelon, père du marié, de Michel Nivelon et Louis Lemery ses oncles, M. Gabriel Desbouts, Mathurin Denise Huissier Royal ses cousins, Louis Vassault Officier du Roy, Anthoine Morin,...

Le couple a eu au moins sept enfants.

Elizabeth, née en 1686 et décédée le 30 août 1687.Elizabeth, née le 18 juillet 1687 et baptisée le 7 septembre.Magdeleine Louise, née le 14 avril 1689.Marie Catherine, née le 24 mai 1690 et décédée le 28 novembre 1691.Anthoinette Catherine, née le 12 août 1691 et décédée le 26 mars 1692.Hélène Catherine, née le 11 juillet 1695.Christophe, né vers 1702, vraisemblablement pas à Fontainebleau, et décédé le 2 janvier 1708.

Des incertitudes demeurent sur sa vie professionnelle, cependant à partir de recoupements on peut penser qu'il est le personnage décrit ci-dessous.

NIVELON fut le plus célèbre danseur de son temps. Il avoit imaginé une danse de Suisses, dans laquelle il excellait. Sur la fin de ses jours, il devint entrepreneur d'un spectacle, où il se ruina, et qui fut fermé en 1712. Son fils, héritier de ses talents, débuta à Paris en 1728, par une entrée de paysan en sabots, qui fit courir toute la ville, exécutoit des danses grotesques avec la plus grande légèreté, et en composoit lui-même les airs. Il a légué à sa famille son goût pour la danse et ses succès (47).

Bien que dans les actes de baptêmes et de sépultures de ses enfants, il soit uniquement qualifié de bourgeois de Fontainebleau, il semble qu'il fût également « maître de danse », comme l'indique un acte de notaire de 1698 :

Du 4 septembre 1698 - Louis Nivelon, maître de danse, loue sa maison, moyennant 7 livres par jour à Thomas Loysel, marchand traiteur à Versailles, pour le temps du séjour royal (48).

Un peu plus tard, on le retrouve comédien danseur : il est fait mention de la présence de Louis Nivelon, danseur, à Lyon en mai et en novembre 1710 au théâtre Dominique ; dans le même texte, il est également question de « Claude Nivelon et sa femme Elisabeth Dequint, à Lyon le 6 juin 1710 » (49) : à moins d'une extraordinaire coïncidence, il y a sans doute erreur de prénom.

Suivent d'autres arguments qui vont dans le sens de nos suppositions.

Louis Nivelon a épousé une Anglaise ; Nivelon, le danseur s'est produit à l'étranger avant mai 1683 : le 12 mars 1682, il signe un contrat à Paris, pour danser à Copenhague.

Louis Nivelon n'assiste pas à l'inhumation de ses filles décédées en novembre 1691 et en mars 1692, ce qui laisse supposer qu'il est loin de Fontainebleau quand elles décèdent.

Son milieu familial suffit à expliquer comment il a appris la danse et la musique, et fait connaître ses talents : il est le petit-fils de Jean Nivelon « maître de tous les maîtres joueurs d'instruments et à danser de tout le royaume », son père Henri Nivelon est également maître à danser, son oncle Jacques Nivelon est un des musiciens du duc d'Orléans, ainsi que son cousin François.

Foire de St. Germain, 1711 – Nivelon, danseur du premier ordre, pour la Danse Pantomime, & qui avoit eu l'honneur de paroître plusieurs fois à la cour devant le Roy et Monseigneur, pour exécuter la danse du Suisse, dans laquelle il étoit original & excellent, après plusieurs aventures, forma le dessein de devenir Entrepreneur de Troupe aux foires de Saint Germain et de Saint Laurent : mais comme les finances étoient peu considérables, il trouva le moyen d'engager dans son entreprise, le Sieur Cerveau l'aîné, Maitre Paulmier (50) qui demeuroît sur les fossés de l'Estrapade. Cet arrangement pris, Nivelon après avoir fait construire un loge au bout de la rue de Tournon, à côté de la porte de la Foire, ouvrit un nouveau spectacle...(51)

Sa troupe était composée de danseurs connus : l'Anglais Baxter, « étoit d'une taille et d'une figure très jolie sous le masque et l'habit d'Arlequin, rôle qu'il adopta en débutant chez Nivelon ; assez bon danseur et extrêmement léger : travesti en femme, il copiait parfaitement l'inimitable Demoiselle Prévost dans la danse du Caprice et celle de la Tempête d'Alcyone », Saurin « un gros garçon de fort bonne mine, jouait les travestissemens d'hommes en femmes, et les rôles de Sultan et de Pere, de plus, il étoit chargé du soin de débiter le compliment en prose qu'on faisoit en ce temps à l'ouverture de chaque foire », la demoiselle Maillard, qui jouait le rôle de Colombine, Maillard, son mari « grand et assez bien fait, il jouoit le rôle de Scaramouche », Gênois, né en Italie, « est le premier qui ait dansé sur la corde avec des sabots où il faisoit des grimaces fort plaisantes », et Mesdemoiselles Bel : « Mademoiselle Bel l'aînée était jolie et bonne danseuse de corde, elle épousa Evince, de la même troupe, le premier qui ait fait en France le saut du tonneau ; Mademoiselle Bel la cadette, voltigeoit et dansoit sur la corde lâche.» (52)

Aucune des diverses parutions consacrées à la danse, au théâtre ou aux foires, où son nom est cité, même sans le prénom, ne vient contredire notre hypothèse. L'existence de fils aussi danseurs, n'y fait pas obstacle non plus : ils ont pu naître hors de Fontainebleau, tout comme son autre fils, Christophe, décédé en 1702.

Dans un lexique des troupes de comédiens du XVIIIème siècle (53), on lit :

- NIVELON, chef de troupe en déconfiture de la foire Saint Germain, se retire en province, on ignore en quel temps il est mort. Est-ce lui qui danse la nouvelle danse comique des paysans avec Mme Bullock, Londres, Lincoln's Innfields, Daily Post du 22 octobre 1725 ?
- NIVELOIS (lire probablement NIVELON), danseur à Lille entre 1718 et 1725 ; peut être le même que le précédent.
- NIVELON fils, brille en différents théâtres avant de débuter à Paris, foire Saint-Laurent, 1728.

Les réponses nous sont apportées par la revue Le Mercure musical du 15 janvier 1907 où le nom de Nivelon fils, apparaît dans dans un article consacré à la carrière de Marie Sallé (54) : on y apprend que Nivelon fils avait été engagé par John Rich, directeur du théâtre Lincoln's Inn Fields de Londres pour les saisons 1725-26 et 1726-27, ainsi que deux autres danseurs de foire, Dupré et Poitier.

En 1728, il se produit à la foire Saint-Laurent :

Nivelon, fils de Nivelon dont j'ai déjà parlé et qui avait autrefois fait tant de plaisir par différentes danses de caractères aux Opéras Comiques, revint en ce temps d'Angleterre, et exécuta dans la pièce Achmet et Almanzine une entrée de Paysan en sabots avec une adresse admirable, toute la légèreté et la justesse possibles et dans les attitudes les plus burlesques et les plus contorsionnées. Bien loin de faire paraître aucun effort, il semblait qu'il mettait de la grâce partout ; l'air de violon qu'il dansa était de sa composition (55).

L'opéra-comique, Achmet et Almanzine, de Lesage, Fuzelier et Dorneval réunissait, Nivelon et Marie Sallé. Après que l'ouvrage eut été joué pendant deux mois, sans interruption, les deux danseurs entrèrent à l'Académie royale de Musique, qu'on avait pris l'habitude d'appeler simplement « l'Opéra » (56).

On retrouve Nivelon fils à Londres (toujours selon le Le Mercure musical) en 1730-31 dans le même théâtre:

... et les étoiles se produisent comme par le passé entre les actes des drames et des comédies du répertoire : le 3 décembre 1730, c'est une nouvelle ballade avec de nouveaux costumes, le 29 mars 1731, une pastorale dansée par Monsieur et Mademoiselle Sallé ; d'autres fois Nivelon exécute la « Wooden Dance », la célèbre sabotière qu'il avait créée dans Achmet et Almanzine , lors de ses débuts à la foire Saint-Laurent de 1728.
(...)
Par commandement de sa majesté, pour le benefit (57) de Marie Sallé au théâtre royal du Lincoln's Inn Fields, ce présent jeudi 25 mars, sera représentée une farce en trois actes intitulée les Fourberies de Scapin, avec plusieurs intermèdes de danse
(...)
Après l'acte I, les deux pierrots, par MM. Poitier et Nivelon...
(...)
Le 2 avril 1731 : Après l'acte IV, «la sabotière » par M. Nivelon...
(Traduction des annonces publiées dans le Daily Journal – extraits).

Une universitaire anglaise (58), situe l'arrivée de François Nivelon et de son jeune frère Louis à Lincoln's Inn Fields, à la fin de l'année 1723, où il se firent rapidement remarquer dans une danse du style comédie d'entr'acte, appelée « The Two Pierrots ». Le 20 décembre, ils commencent la représentation de « The Necromancer, or Harlequin Dr Faustus » avec John Rich lui-même dans le rôle d'Arlequin, Louis Nivelon dans le rôle de Pierrot et François Nivelon dans le rôle de Punch. Alors que Louis semble être rentré en France à la fin de la saison suivante, François est resté à Londres pendant une quinzaine d'années, le plus célèbre et le mieux payé de tous les danseurs de l'époque.

Il est fait allusion à François Nivelon dans d'autres textes anglais, un livre consacré à John Rich (59), qui engagea dans son théâtre, le Lincoln's Inn Fields, des danseurs français notamment Louis Dupré, François Nivelon, Marie et Francis Sallé... et dans le texte d'une conférence (60) consacrée au peintre William Hogarth, qui fut un ami très proche « d'un des plus célèbres Français vivant à Londres à cette époque, un danseur nommé François Nivelon, qui écrivit un livre fascinant. Si vous voulez savoir comment il faut s'asseoir, se tenir, parler – vous pouvez sourire mais pas rire dans le Londres du 18ème siècle – vous devez lire « The Rudiments of Genteel Behaviour » de Nivelon, un livre merveilleux et je vous le recommande, si vous pouvez en trouver une copie ».

 1.19 - Pierre Gobert (≈1662 - 1744)

Anne Nivelon, fille de Jean Nivelon, « joueur d'instrument et maître à danser », et de Jeanne Gervais a épousé Jean Gobert, « sculpteur du roi » (61). On leur connaît au moins trois enfants : Jean qui sera « peintre ordinaire du roi », Anne et Pierre.

Pierre est né vers 1662, vraisemblablement à Paris, lieu de résidence de ses parents. Élevé dans une famille d'artistes, c'est sans doute tout naturellement que lui vint la vocation de peindre, mais on ignore totalement qui l'initia à l'art du portrait. Ce qui est certain, c'est la précocité de sa carrière et la rapidité de sa réputation, puisque dans sa vingt-et-unième année, il travaille déjà pour la famille royale (62).

Précoce également pour fonder une famille, Pierre Gobert, épouse le 16 octobre 1681 à Fontainebleau, une cousine germaine, Marie Catherine Nivelon, fille de Jacques Nivelon et de Marie Magdeleine Bodin.

Au sujet de ce mariage, les archives nous indiquent que la dot de 2 600 livres promise par Jacques Nivelon à sa fille ne fut payée que le 29 mai 1685 (Minutes Maguier, chez Me Rigault à Paris).

Nous connaissons sept enfants du couple. Deux sont morts très jeunes : Jean François, né à Paris en mars 1687 et décédé chez une nourrice à Fontainebleau le 19 novembre de la même année, et Marie Anne, née le 28 novembre 1694 et décédée à Fontainebleau à moins d'un mois.

Louis François est né au début de l'année 1702 et est décédé à Fontainebleau le 11 août 1711, sans doute chez son grand-père Jacques Nivelon, seul membre de la famille cité dans l'acte d'inhumation.Philippe Alexis est né à Paris le 16 juillet 1704. Il a vécu avec son père. Au décès de ce dernier, il est qualifié de « peintre du roi ». Il semble avoir été spécialisé dans la miniature, mais son œuvre n'est pas connue. Il a épousé, après la mort de son père, Jeanne Anne Françoise Queuxdanne de Tiercelin, fille de René Queuxdanne, dit Tiercelin, peintre de l'Académie de Saint-Luc, dont Philippe Alexis Gobert est membre également. Il est décédé le 21 mars 1769. On ne lui connaît pas d'héritier direct.Les dates de naissance des trois autres enfants ne sont pas connues.

Edmée Jeanne est restée célibataire, vivant avec son père et avec son frère Philippe Alexis.

Anne Madeleine se fait religieuse le 19 septembre 1719 au couvent des bénédictines de Moret, où elle prend le nom de sœur Marie Pierre (63). Le 7 juillet 1721, son père lui constitue une rente viagère de 250 livres, à laquelle s'ajoutent en 1769, 25 livres de pension léguées par son frère Philippe Alexis. Elle est sous-prieure en 1762, puis prieure avant 1767 et est décédée entre 1774 et 1778.

Pierre Michel est religieux feuillant, doté lui aussi par son père le 7 juillet 1721 de 60 livres, auxquelles s'ajoute en 1769, une pension supplémentaire de 25 livres léguée par son frère Philippe Alexis.

Marie Catherine Nivelon, leur mère, est décédée à Paris, le 19 novembre 1723, âgée de cinquante-six ans.

On sait l'œuvre de Pierre Gobert nombreuse, mais son nom est peu connu. Il ne signait presque jamais ses toiles : la plupart sont donc classées parmi les « inconnus de l'École française », voire attribuées à d'autres peintres plus célèbres. Voici ce qu'écrivait à son sujet, Fernand Engerand en 1897, alors qu'il travaillait à l'élaboration du catalogue de l'œuvre de Pierre Gobert (64).

Qui connaît Pierre Gobert ? Bien peu de gens assurément. Il fut pourtant un des peintre les plus occupés de son époque ; son œuvre est considérablement représentée au musée de Versailles, et son nom encore celui d'un inconnu. La destinée de Pierre Gobert est en vérité, digne de compassion, et l'infortuné peintre a expérimenté d'un façon bien dure le Sic vos non vobis du poète... Donc rendons à Gobert ce qui appartient à Gobert, et accomplissons ainsi à son égard un acte d'équité artistique...

Deux sources de renseignements ont cependant permis de constituer un catalogue abondant : des documents tels que des correspondances, comptes, inventaires, livrets de salon, et les estampes gravées d'après ses œuvres.

Fin 1682, il est choisi pour faire le portrait du petit duc de Bourgogne (65).

Appelé à Munich par la cour de Bavière (66), il y fait notamment le portrait au pastel du prince électeur Maximilien Emmanuel.

Sa notoriété lui permit de prendre pour modèles presque tous les enfants de la famille royale. Il fait notamment des portraits de plusieurs des enfants du régent Philippe d'Orléans et de Mademoiselle de Blois (67) : Marie Louise Élisabeth, Louise Adélaïde, Charlotte Aglaé, Louis, et Louise Diane (68).

En 1701, le 24 septembre, il se présente à l'Académie royale de peinture « pour être receu Académicien, et (…) fait voir de ses ouvrages. La Compagnie, après avoir pris les voix par les fèves, a agréé sa présentation, et pour ouvrages de réception, lui a ordonné de faire les portraits de Messieurs Van Clève et Boulogne le jeune » (69). Il les soumet le 31 décembre à l'Académie, qui le reçoit pour académicien. Il ne semble pas y avoir été très zélé, à part peut être dans les dernières années de sa vie, et se consacre essentiellement à sa production.

Au seul salon de 1704, sont présentés dix-sept portraits de sa main, dont deux de la duchesse de Bourgogne (70), et ceux du tout jeune duc de Bretagne (71), de la duchesse de Bourbon (72), de la duchesse d'Orléans (d'avant 1692, lorsqu'elle était encore Mademoiselle de Blois), du comte d'Eu (73), du comte Honoré Charles d'Albert (74), et de Marie Catherine Nivelon, son épouse.

De septembre 1707 à mars 1709, il séjourne à la cour de Lorraine à Lunéville, où il est chargé de diriger la fabrication d'une série de dix copies de portraits du prince Léopold (75), de son épouse et de leur quatre filles. Il y fait aussi les portraits des princes Charles Joseph, évêque d'Osnabruck et François, tous deux frères de Léopold, et de Léopold Clément son fils. Il revient avec le titre de peintre ordinaire de Léopold et une créance de 6 415 livres sur le trésor lorrain.

On lui attribue au moins trois portraits de Louis XV : l'un du dauphin à quatre ans en 1714, un du roi encore enfant en 1716, un troisième plus tard du roi en pied, payé cinq cents livres mais la facture conservée à la Bibliothèque nationale ne comporte pas de date.

En 1714-1715, il est à nouveau appelé par la maison de Lorraine comme l'indiquent deux toiles représentant les fils de Léopold, les princes Léopold Clément et François.

En 1717, il fait le portrait de Pierre Ier, tsar de Russie, lors de son voyage à Paris.

Vers 1718, il peint le prince Louis Henri de Bourbon (76) et son épouse Marie Anne de Bourbon-Conti.

En 1720 ou 1721, il a pour modèle Mehemet Effendi ambassadeur de l'empire ottoman pendant son séjour à Paris.

En 1721, il effectue un nouveau déplacement en Lorraine au cours duquel il exécute les portraits de Léopold Clément et François, le futur empereur d'Allemagne.

En 1724, il fait, sur commande une copie du portrait de la comtesse de Toulouse (77).

En 1725, il est mêlé à une intrigue qui va le faire contribuer, inconsciemment, au mariage de Louis XV. Voici comment le raconte Eugène Thoison d'après les éléments révélés par plusieurs historiens.

La mère de Monsieur le Duc, Louis Henri de Bourbon, prince de Condé, alors Premier Ministre, le poussait à se marier et la maîtresse de celui-ci, « la charmante et perverse » madame de Prie, après avoir quelque peu combattu cette idée, s'y était ralliée. On avait songé, pour en faire une princesse de Condé, à la fille du roi détrôné de Pologne, Stanislas, qui vivait modestement en famille, « au fond de l'Alsace » à Wissembourg ; mais la politique obligeait à tenir secrets les préliminaires matrimoniaux. Quelque peu intéressante alors que fût la personne de la femme légitime dans l'accomplissement de cette formalité du mariage, au moins fallait-il que le duc eût une idée de celle qu'on lui destinait : pour cela le moyen classique du portrait pouvait suffire. Mme de Prie pensa tout de suite au portraitiste officiel qui justement avait représenté très heureusement Louis Henri de Bourbon et l'avait peinte elle-même de la façon la plus gracieuse, j'ai nommé Pierre Gobert.Sous couleur d'aller exécuter quelques travaux au château de Saverne pour le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, Gobert partit de Paris en Février 1725 et se rendit, en passant vraisemblablement par Strasbourg, à Wissembourg où Stanislas prévenu l'attendait impatiemment. Il y arriva le 24 au matin, porteur d'une lettre de Mme de Prie, et se mit aussitôt à l'œuvre.Le maréchal Du Bourg, informé du passage de l'artiste, écrivit immédiatement à Stanislas avec lequel il entretenait des relations affectueuses, pour l'avertir qu'il s'occuperait volontiers du transport du tableau à Paris et en même temps le prier d'inviter Gobert à venir le voir à Strasbourg. Mais Gobert était à Landau, ainsi que nous l'apprend une lettre de l'ex-roi datée du 27 février : « Mon cher comte. Je ne vous ay point répondu par le dernier courrier à cause de l'absence de M. Gobert, qui pendant les deux festes qu'il ne travailloit pas estoit allé voir Landau. (…) Je suis sensible au delà de l'expression, de la demande que vous me faict des Portraits de la Reine et de Ma Fille ; vous les aurez, aussy bien que les originaux de toute la famille sont entièrement à vous (…) Sitost que le sieur Gobert aura faict les portraits que vous m'avez demandés, il se rendra auprès de vous (…) ». Ainsi Gobert, aurait peint à Wissembourg le portrait de Catherine Opalinska et celui de Marie destinés au maréchal Du Bourg, en outre du portait de Marie Leczinska spécialement commandé, et auquel il me faut revenir après cette digression.Dans une lettre de Stanislas du 7 mars, on lit : « j'espère dans quatre ou cinque jours, vous envoyer le portrait » et ces prévisions ne furent que peu trompées, car le 13 du mois, Stanislas écrivait « voici le portait bien empacqueté... Vous avouerez que j'ai raison d'être charmé de l'ouvrage..., car vous jugerez vous-même en le voyant qu'il est parlant et qu'on ne saurait en faire de plus ressemblant... ». Stanislas désire que le tableau soit remis en mains propres à Mme de Prie... Je suis persuadé à l'avance, dit-il, du bon usage qu'elle en fera,et avec une inconscience qui désarme, car il ne pouvait rien ignorer : « je laisse le soin du reste à la Sainte Providence... ».On sait ce que fut ce « reste », et comment l'impression produite sur le Premier Ministre et sur sa maîtresse par l'œuvre de Gobert les décida à réserver au Roy « cette princesse à la figure douce, timide et sans caractère... ». À quoi peut servir une peinture !
Maria Leczynska, par GobertMarie Leczinska en 1725, par Pierre Gobert

Peintre officiel de la maison royale, Pierre Gobert fait les portraits de plusieurs enfants de Louis XV et de Marie Leczinska : Marie Louise Elisabeth et Anne Henriette (78) avant 1732, et Louise Marie (79) en 1732.

En 1726, Pierre Gobert est reparu à l'Académie, dont il a été nommé conseiller. Il se déplace moins et devient plus assidu aux séances.

Trois de ses tableaux sont exposés au salon de 1737, dont un représentant la duchesse de Bourbon en habit de veuve.

Pierre Gobert est décédé le 13 février 1744, âgé de quatre-vingt-deux ans, dans sa maison de le rue Saint-Thomas du Louvre à Paris.

 1.20 - Jean Nivelon (1669 - ?)

Jean est le fils aîné de Zabulon Nivelon et de Marie Desbouts. Il est jardinier comme son père à qui il succède dans sa charge :

Brevet de jardinier du Mail, à Fontainebleau, pour Jean Nivelon, en place de feu Zabulon Nivelon son père – 20 janvier 1695. (80)
Le garde du Mail, le Sr Jean Nivelon, qui a la charge & entretenement du Mail & de la palissade d'icelui.(81)

Dans le paragraphe consacré à son père, nous avons vu qu'ils avaient tous les deux travaillé dans les jardins de Versailles.

En 1696, il épouse Marie Charlotte de la Noue, fille de Nicolas de la Noue, marchand de Fontainebleau et de Marie Bachelier.

Du 5 janvier 1696, contrat de mariage entre Jean Nivelon, jardinier du Roi, ayant l'entretien du mail du château, et Marie Delanoue, en présence de Pierre d'Estréchy, contrôleur des bâtiments du roi à Fontainebleau.

Au moins quatorze enfants sont nés de leur mariage, entre 1696 et 1711.

Gabriel Jean, né le 20 décembre 1696.

Simon, né le 28 mars 1698.

Marie Anne, née le 20 avril 1699.

Mathurin, né en mai 1700.

François, né le 3 juin 1701 ; sa marraine est Catherine Delanoue, sa tante. Il est décédé le 13 juillet suivant, à Montigny-sur-Loing, un village situé à 11 km de Fontainebleau.

Jacques, né le 29 juillet 1702 ; son parrain est Louis Nivelon, fils de Zabulon, et sa marraine est « Jeanne Nivelon, sœur dudit parrain ».

Charles François, né le 25 juillet 1703 et décédé le 8 janvier 1705.

Agathe, née le 4 août 1704 et décédée le 5 juillet 1705.

Agathe, née 30 octobre 1705.

Marie Catherine, née le 7 décembre 1706. Elle a épousé Jacques Morin. Elle est décédée le 25 février 1763.

Jeanne, née le 1er janvier 1708.

Nicolas, né le 5 avril 1709.

Charles, né le 11 août 1710 et décédé le 9 octobre 1711.

Louise Charlotte, née le 6 octobre 1711.

Marie Delanoue est décédée le 23 octobre 1711, âgée de trente-six ans.

Le 3 septembre 1716, Jean Nivelon épouse en secondes noces, Françoise Garreau, une cousine éloignée, fille de Paul Garreau et de Marie Anne Nivelon. Ils ont eu au moins deux enfants.

Paul, né le 4 mars 1717 qui a épousé Anne Marguerite Dantan le 24 octobre 1471, et avec qui il a eu au moins neuf enfants.

Anne Françoise, née le 7 juin 1720 et décédée le 25 juillet suivant.

 1.21 - Gabriel Jean Nivelon (1696 – 1782)

Fils de Jean Nivelon et de Charlotte Delanoue, il exerce le métier de menuisier. Il épouse Marie Anne Guilley, à Fontainebleau, le 2 janvier 1725, avec qui il a eu au moins dix enfants nés à Fontainebleau entre 1725 et 1740.

Gabriel Charles, né le 18 novembre 1725 et décédé le 27 août 1728.

Marie Catherine, née le 2 novembre 1726 et décédée le 20 septembre 1728.

Un enfant non baptisé né le 8 août 1728 et décédé le même jour.

Jean Simon, né en 1729 et décédé le 24 juillet 1731.

Mathurin Philippe, né le 9 juin 1731 et décédé le 4 octobre 1733.

Jean Gabriel, né le 28 septembre 1732 et décédé le 6 décembre 1735.

Marie Anne, née le 22 février 1734 et décédée le 19 septembre 1735.

Charles, né le 3 novembre 1735.

Marie Anne, née le 10 octobre 1737 et décédée le 12 juin 1751.

Marie Jeanne, née le 14 mars 1740.

Marie Anne Guilley est décédée le 17 septembre 1776, à Fontainebleau, à l'âge de quatre-vingt-un ans.Gabriel Jean Nivelon est décédé le 30 mars 1782, à Fontainebleau également, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans.

 1.22 - Anne Baptiste Nivelon (en activité de 1750 à 1764)

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, des portraits attribués à Anne Baptiste Nivelon sont conservés ou exposés au musée national du château de Versailles, mais sa biographie reste étrangement mystérieuse. Il est toutefois vraisemblable que son nom trouvera un jour la place qui lui revient dans cette chronique familiale, parmi la lignée de peintres qui l'ont précédé. Les recherches se poursuivent...

Première interrogation : un peintre ou une peintre ? Sous l'ancien régime et notamment dans l'aristocratie, Anne est également un prénom masculin. Eugène Thoison, déjà cité, en parle au masculin, en doutant qu'il pût être le fils de Claude Nivelon, contrairement à ce qu'avançait Philippe de Chennevières (82) en 1854. Claude était né en 1648, soit plus de cent ans avant la période d'activité d'Anne Baptiste, et il n'y a aucune trace de descendance : testament, succession, ou autre. À l'inverse, plusieurs documents d'époque mentionnent Madame ou Mademoiselle Nivelon.

Nous avons laissé une deuxième question sans réponse : qui étaient ses parents ? Nous verrons plus loin qu'Anne Baptiste Nivelon a exercé son activité à Versailles : peut-être est-ce sa ville de naissance, où s'est marié un des fils de Michel Nivelon et de Virginie Friscal : Michel, avec Marie Anne Souscatel le 8 juin 1702. C'est une piste à explorer.

Et enfin, nous ne savons rien de sa durée de vie, hormis la période d'activité que lui attribuent les sites dédiés à la peinture, avec cette formule lapidaire : « Anne Baptiste Nivelon, peintre français, actif de 1750 à 1764 ».

Un ouvrage sur Marie-Josèphe de Saxe (83), sous forme d'inventaire (84), nous fournit les deux indications suivantes :

"Les tableaux que possédait la princesse étaient principalement des copies de tableaux religieux qu'elle faisait faire elle-même. Dans ses lettres on trouve souvent le désir qu'elle exprime de posséder la reproduction de tel ou tel tableau auquel se rattachait un souvenir ou une dévotion quelconque.A côté de ces toiles religieuses se trouvaient les portraits de famille de Carmontelle, de Roslin, de Nivelon* et de (Maurice-Quentin) la Tour et un certain nombre de tableaux qui lui avaient été légués par le testament de sa mère...
* Mlle Anne-Baptiste Nivelon, qui demeurait rue de Satory, à Versailles, copiait les portraits des princes de la famille royale. En 1755, elle copia pour Saint-Cyr le portrait du Roi, d'après Wanloo. Il paye lui-même 1000 livres.
(...)
A Mme Nivelon, peintre, la somme de 192 livres pour deux petites copies de portraits qu'ellea faites pour feüe Madame la Dauphine.

À propos d'une autre copie du portrait du roi d'après van Loo (85), des échanges de correspondance (86) éclairent un point de la biographie d'Anne Baptiste Nivelon. Le 22 mars 1758, le duc d'Aumont demande au marquis de Marigny « de permettre que Mlle Nivelon copie le portrait du Roy d'après Vanloo ». Le marquis de Marigny transmet la demande à M. Portail, en dictant presque la réponse : « Vous serez agréable de faire sentir à cette demoiselle l'extrême difficulté de lui accorder cette permission, vu la quantité de copies ordonnées par Sa Majesté d'après ce même portrait original, auxquelles vous faites travailler... ».Le 8 août 1766, M. Jeaurat, informe le marquis de Marigny que Mlle Nivelon avait été chargée par Madame Adélaïde (87) « … de m'ordonner de sa part, de faire ôter des grands appartemens le portrait du Roy, original fait par M. Michel Van Loo pour le faire transporter chés la De Nivelon qui doit lui faire une copie et la Princesse désire qu'elle soit faite à son retour de Compiègne. Comme vous m'avés ordonné expressément, Monsieur, il y a deux ans, de ne point déplacer ce tableau, et que vous ne voulûtes pas même que je le fisse apporter à la surintendance pour y être copié, j'ay jugé à propos de ne rien prendre sur moy avant que vous ne m'aiés donné sur cela un ordre particulier, que vous aurés la bonté s'il vous plait de m'adresser et que je suivray avec la dernière exactitude... »Ce à quoi le marquis de Marigny répond le 24 août : « … Ce n'est qu'avec la plus grande répugnance que je verrais déplacer ce tableau pour être emporté chez un particulier. Mais il y a un tout semblable chez M. Michel Vanloo d'après lequel la De Nivelon peut faire sa copie que vous lui demanderez pour remplir les intentions de Madame Adélaïde. Quant à celui qui est dans les grands appartemens, vous vous excuserez de le déplacer, à cause du danger qu'il courroit d'être gâté dans le transport... ».

Louis de FranceLouis de France, dauphin, fils de Louis XV (1729-1765)représenté tenant des plans militaires,par Anne Baptiste Nivelon – 1764.

En dehors du portrait ci-dessus, ses autres œuvres connues sont les portraits de Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France (1764), de Marie Louise Thérèse Victoire de France (fille de Louis XV), dite Madame Victoire, jouant du clavecin, de Louise-Marie de France (fille de Louis XV), Prieure du Carmel de Saint-Denis, dite Madame Louise, et de Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, duc de Belle-Isle, maréchal de France.

 1.23 - Louis Marie Nivelon (1760 – 1837)

Voilà un autre personnage dont l'ascendance n'est pas encore établie, même si ses talents de danseur nous permettent de la présumer. À l'inverse du précédent, il ne subsiste pour ainsi dire pas de zones d'ombre sur sa vie, de nombreux détails ayant été rendus publics, même de son vivant.

Le seize du mois d'août de l'année mil sept cent soixante a été baptisé Louis-Marie, né d'hier, fils de Simon-Chrysostôme Nivelon, musicien, et de Marie-Anne Moraux, son épouse, demeurant rue Neuve-Guillemin. Le parrain : Louis-Cosme Leroux, maître tablettier; la marraine : Marie Josèphe Moraux, fille mineure d'Antoine Moraux, maître cordonnier, tante de l'enfant : le père présent. (Extrait des registres des baptêmes de l'église paroissiale de St-Sulpice à Paris).

Son père était donc musicien, mais aussi maître de danse. Dans les Mémoires de mademoiselle Mars (88), on apprend qu'il échappa de justesse à l'incendie qui détruisit l'opéra en 1781 :

Madame Mars demeurait alors rue Saint-Nicaise, cette rue qui devait être plus tard si miraculeusement providentielle pour le carrosse du premier consul. M. Nivelon, maître de danse, logeait à l'étage supérieur. C'était le père du danseur de ce nom, un excellent homme gros et gras plus qu'il n'appartenait seulement de l'être à un berger de l'Académieroyale de Musique...(...)Donc, un soir que madame Mars allait se coucher, c'était en 1781, un vendredi, le 8 juin, vers les neuf heures un quart, le portier monta jusqu'à elle d'un air effrayé, en s'écriant :– Sauvez-vous !– Que voulez-vous dire ? demanda madame Mars.Le portier pousse la fenêtre et montre à madame Mars la réverbération du feu sur les cheminées de la maison voisine. Le feu venait de prendre à l'Opéra, alors situé à l'extrémité du Palais-Royal, sur l'emplacement du Lycée et de la rue de ce nom. Les progrès de l'incendie étaient effrayants, l'effroi était au comble, toutes les communications interceptées. Des toiles, des décors enflammés tourbillonnant au milieu d'une fumée épaisse, des cris de détresse et de désespoir, des rassemblements sans cesse renaissants sur tous les points du désastre,tel était le spectacle que présentaient les rues adjacentes ; le peuple courait de tous côtés entre le feu et la pluie qui commençait à tomber. On couvrait les toits de draps mouillés, grâce à cette circonstance heureuse de l'orage ; mais le vent variait souvent de direction et portait les flammes aux côtés les plus opposés. Impossible d'imaginer une horreur plus magnifique ; l'instant où le plafond de l'édifice s'abîma avec un bruit sourd faisait songer à ces masses de roches que remuaient seuls les vieux Titans.
À tout moment, ceux qui échappaient de cette fournaise aux flammes de toutes couleurs (il y avait en effet une foule de machines à artifice) racontaient sur l'incendie les détails les plus déplorables. On disait que le feu, qui n'avait pris heureusement qu'après le spectacle, et lorsque la salle avait été presque entièrement évacuée, avait éclaté pendant la représentation et que tout le monde avait péri. Chacun tremblait pour les siens, la chaîne sa formait partout, on se passait les seaux de main en main. Il ne s'était pas trouvé une seule goutte d'eau dans les réservoirs de l'Opéra, quand l'incendie commença ; la pluie forma bientôt un vrai torrent sur la place du Palais-Royal, où chaque Parisien était trempé jusqu'aux os.
Madame Mars tremblait pour Nivelon, et en effet le brave homme ne tarda pas à arriver jusque chez lui dans un accoutrement difficile à peindre. Il essayait un costume dans sa loge, quand l'incendie avait éclaté; à peine habillé il avait pu se frayer un passage à travers le feu,d'abord, puis à travers l'eau, car il avait dû passer par ces deux éléments si opposés. Sa veste de berger n'avait plus de forme et de couleur : sa perruque roussie d'un côté, ruisselante de l'autre, était de plus couverte de boue ; il changea de tout en arrivant, et madame Marsexigea qu'il se mît au lit.

À part cette anecdote, nous n'avons que peu d'éléments sur la vie du père de Louis Marie Nivelon, sinon qu'il est né à Sceaux en 1731 où son père, Simon Nivelon, était valet de pied du duc du Maine et peut être un fils de Zabulon Nivelon (cf. supra 1.17). Mais laissons Louis Émile Campardon nous retracer la carrière artistique du fils danseur (89), sans toutefois nous attarder sur sa vie mondaine tumultueuse, dont les gazettes de l'époque semblent avoir été friandes.

Il reçut les leçons de Gardel aîné, et débuta à l'Académie royale de musique avec le plus grand succès, le dimanche 14 décembre 1777, dans Hylas et Zilis, opéra de Bury.

Le sieur Gardel, dit le Journal de Paris, vient de donner de nouvelles preuves de son talent à former des sujets pour la danse en faisant débuter le sieur Nivelon sur le théâtre de l'Opéra. Ce jeune danseur a paru hier, 18 décembre, pour la seconde fois dans Hylas et Zilis. Une taille bien prise, une figure agréable, des grâces et la précision lui ont mérité beaucoup d'applaudissemens.

L'année suivante, il dansa dans Le Devin du village, intermède de Jean-Jacques Rousseau, où, secondé par sa camarade Mlle Cécile Dumégnil, il fit preuve d'un véritable talent. La jeunesse des deux artistes, les agréments de leur extérieur, la légèreté de leurs pas produisirent sur le public une grande impression. Doué comme il l'était d'avantages physiques, Nivelon, dans le milieu où il vivait, ne pouvait manquer de devenir un homme à bonne fortune. Mlle Cécile, qui en était devenue éprise en jouant avec lui le Devin du village, le voyant préférer une autre danseuse, Mlle Michelot, se porta un jour aux dernières violences contre cette dernière...

Deux ans plus tard, Nivelon osa entrer en rivalité avec un personnage important, M. de Clugny, maître des requêtes, qui, indigné de voir le danseur lui enlever une femme qu'il aimait, s'oublia jusqu'à le frapper de sa canne. Immédiatement Nivelon se transporta chez un commissaire au Châtelet et y porta plainte contre son adversaire, ce qui valut à M. de Clugny d'être exilé de Paris pendant plusieurs mois.

En 1782, Nivelon, qui avait contrevenu plusieurs fois, en s'absentant sans congé, aux règlements de l'Opéra et qui en avait été quitte pour des réprimandes, encouragé par l'impunité, s'avisa un jour de refuser son service en prétextant qu'il était libre de danser ou de ne pas danser. Par ordre supérieur, il fut immédiatement arrêté et emprisonné à la Force, où on le laissa plusieurs jours. Cette détention arbitraire calma pour un moment son indiscipline, mais bientôt le naturel reprenant le dessus, il causa mille ennuis aux administrateurs de l'Académie royale de musique. Une note datée de 1784 et qui émane de M. de La Ferté, intendant des Menus-Plaisirs et chargé de la haute surveillance du théâtre, s'exprime en ces termes sur le compte de Nivelon.

Il a du talent, mais il croit en avoir beaucoup plus encore. II a les mêmes prétentions à avoir un traitement particulier. On a été obligé, pour le conserver, de lui accorder une place de premier danseur avec deux congés à prendre dans les années où le Sieur Vestris ne prendra pas le sien. En général, il a peu de zèle et est difficultueux ; il a besoin d'être contenu.

D'une autre source (90), on apprend qu'en octobre 1781, il avait décidé de fuir à l'étranger.

Sans un asile, sans un hangar, sans un toit pour remiser ses divinités, dit M. Castil-Blaze, l'Opéra restait sur le pavé soixante-six jours, et jusqu'au mois d'octobre ne donnait que quelques pauvres et étriquées représentations, dans la salle des Menus.Aussi chez tous et toutes, danseurs et danseuses, chanteurs et chanteuses, qui ont reçu l'ordre de ne pas s'éloigner de Paris, une émulation à demander des congés, des retraites : tous et toutes, l'esprit tourné vers les rivages de la Grande-Bretagne et les guinées de Drury-Lane.Alors, sur les ordres du ministre qui a le département de l'Opéra, c'est, jour et nuit, une surveillance de la police, qui a l'œil sur Vestris, sur Rousseau, sur Ghéron, sur Lays, dont ellesaisit la malle au bureau de la diligence de Valenciennes au moment où le propriétaire de la malle allait passer en Belgique.
(...)
Nivelon, qui avait vainement demandé sa retraite, était plus habile, lui, et trouva le moyen en octobre de passer la frontière, comme déjà l'avait passée, Rousseau, et c'est vraiment un peu comique, la campagne menée par le ministre des affaires étrangères et les agents diplomatiques de la France, pour obtenir l'extradition du joli danseur.D'abord lettre d'Amelot au comte de Vergennes, l'informant que le sieur Nivelon, l'un des premiers danseurs de l'Opéra, s'est évadé pour aller en Angleterre, et le priant d'envoyer une lettre qui autorise le ministre de France à Bruxelles, à demander son arrestation et sa translation en France.Seconde lettre d'Amelot au lieutenant de police, lui annonçant que Nivelon est actuellement à Ostende, et lui transmettant un passeport pour l'officier de police, chargé de l'exécution des ordres du Roi, et deux missives de M. de Vergennes, l'une adressée à M. de la Greze chargé des affaires du Roi à Bruxelles, à la fin qu'il requière le concours du gouvernement des Pays-Bas autrichiens, pour l'exécution de la commission de l'officier de police, une autre adressée à M. Garnier, consul à Ostende, pour aider cet officier, de ses conseils. Enfin nouvelle lettre du lieutenant de police à Amelot, lui annonçant qu'il vient de remettre à l'instant les ordres au sieur Quidor, et qu'il est parti à cinq heures et demie pour Ostende. Quidor est l'agent de police, chargé des expéditions dans le monde galant du haut trottoir.
(...)
Tout de suite, il partait pour Ostende, (...) où Nivelon pouvait s'embarquer, le jour même, sur des paquebots flamands et anglais, partant à toute heure, suivant le vent. Son intention n'était pas de solliciter près du bailli l'emprisonnement de Nivelon, mais seulement, en attendant la décision du conseil, l'opposition à son embarquement, avec la demande qu'il fût gardé à vue, à ses frais. Ici laissons Quidor parler : « J'aurais eu gain de cause, parce que resté seul dans une ville, où il n'y a pas quatre Français, où tout se vend au poids de l'or, et abandonné de ses camarades, je lui aurais fait envisager d'un côté, l'affront de se voir arrêter ; après la réponse de Bruxelles, que je lui aurais annoncée comme certaine par l'influence de la France, puis conduit à Paris, pour être détenu six mois en prison, au secret, et traîné sur le théâtre, chaque jour de représentation. De l'autre côté, je lui aurais assuré par écrit son pardon, avec l'espérance d'une amélioration de sort, s'il consentait à revenir volontairement en France, avec moi. J'ai lieu de présumer que ces deux tableaux, présentés à propos, lui auraient fait prendre ce second parti, malheureusement il était déjà en Angleterre, depuis huit jours.

Le récit ne dit rien de la fin de l'escapade, mais on sait que tout rentra dans l'ordre, car en 1790, non seulement, Louis Marie Nivelon était encore attaché à l'Opéra, mais depuis 1787, il jouissait, en qualité de danseur des ballets de la Cour, d'une pension du roi de 500 livres, « accordée sur le trésor royal, en considération de ses services » (91).

Il a épousé une actrice du théâtre de la Comédie Italienne, Marie-Gabrielle Malacrida, dite Carline, que Chateaubriand évoque dans les Mémoires d'outre-tombe (92).

Je ne pourrais mieux peindre la société de 1789 et 1790 qu'en la comparant à l'architecture du temps de Louis XII et de François Ier, lorsque les ordres grecs se vinrent mêler au style gothique, ou plutôt en l'assimilant à la collection des ruines et des tombeaux de tous les siècles, entassés pêle-mêle après la Terreur dans les cloîtres des Petits-Augustins : seulement, les débris dont je parle étaient vivants et variaient sans cesse. Dans tous les coins de Paris, il y avait des réunions littéraires, des sociétés politiques et des spectacles ; les renommées futures erraient dans la foule sans être connues, comme les âmes au bord du Léthé, avant d'avoir joui de la lumière. J'ai vu le maréchal Gouvion-Saint-Cyr remplir un rôle, sur le théâtre du Marais, dans la Mère coupable de Beaumarchais. On se transportait du club des Feuillants au club des Jacobins, des bals et des maisons de jeu aux groupes du Palais-Royal, de la tribune de l'Assemblée nationale à la tribune en plein vent. Passaient et repassaient dans les rues des députations populaires, des piquets de cavalerie, des patrouilles d'infanterie. Auprès d'un homme en habit français, tête poudrée, épée au côté, chapeau sous le bras, escarpins et bas de soie, marchait un homme, cheveux coupés et sans poudre, portant le frac anglais et la cravate américaine. Aux théâtres, les acteurs publiaient les nouvelles; le parterre entonnait des couplets patriotiques. Des pièces de circonstances attiraient la foule : un abbé paraissait sur la scène; le peuple lui criait : «Calotin! calotin!» et l'abbé répondait : «Messieurs, vive la nation!». On courait entendre chanter Mandini et sa femme, Viganoni et Rovedino à l'Opera-Buffa, après avoir entendu hurler Ça ira, on allait admirer madame Dugazon, madame Saint-Aubin, Carline², la petite Olivier mademoiselle Contat, Molé, Fleury, Talma débutant, après avoir vu pendre Favras.
2. Mme Dugazon, Mme Saint-Aubin et Carline étaient les trois meilleures actrices du Théâtre-Italien, rue Favart, qui allait bientôt s’appeler l’Opéra-Comique National. — Louise-Rosalie Lefèvre, femme de l’acteur Dugazon, de la Comédie-Française, était née à Berlin en 1755 ; elle mourut à Paris en 1821. Deux emplois ont gardé son nom au théâtre : les jeunes Dugazon et les mères Dugazon. — Saint-Aubin (Jeanne-Charlotte Schroeder, dame d’Herbey, dite Mme), née en 1764, morte en 1850. Depuis ses débuts (29 juin 1786) jusqu’en 1808, époque à laquelle elle prit sa retraite, elle tint le premier rang parmi le personnel féminin de la salle Favart. Elle a laissé son nom à l’emploi des ingénues de l’Opéra-Comique, que l’on appelle encore aujourd’hui l’emploi des Saint-Aubin. — Carline, la charmante soubrette du Théâtre-Italien, s’appelait de son vrai nom Marie-Gabrielle Malagrida. Elle avait débuté en 1780 et réussissait mieux dans la comédie que dans l’opéra-comique, ayant peu de voix. Femme du danseur Nivelon, de l’Opéra, elle se retira du théâtre en 1801 et mourut en 1818, à 55 ans.

Carline est née à Paris, en 1763. Elle et son mari se sont retirés à Saint-Martin d'Étrépagny (arrondissement des Andélys, dans l'Eure), où elle est décédée le 19 octobre 1818.

En 1808, Babault l'avait nommée dans son Dictionnaire général des théâtres (93), sous cette rubrique :

CARLINE-NIVELON (Mlle.), actrice de la Comédie Italienne : retirée. Elle obtint de grands succès à ce théâtre, par une figure piquante, un jeu spirituel, et une gaieté vive. Personne encore ne l'a remplacée, surtout dans les rôles à travestissemens.

Dans la chronique théâtrale du Monde dramatique du 5 août 1837, on lit que « le danseur Nivelon, mari de l'actrice Carline, vient de mourir à Étrépagny ».

Signature de Louis Marie Nivelon

Signature de Louis Marie Nivelon en 1807, dans un registre d'état civil de la commune Saint-Martin-au-Bosc, dont il a été adjoint au maire, puis maire de 1807 à 1809, date à laquelle elle a été rattachée à Etrépagny.

 1.24 - Charles Nivelon (1735 - 1805/)

Charles Nivelon est le seul fils connu de Gabriel Jean Nivelon et de Marie Anne Guilley, parvenu à l'âge adulte.

Le 10 mars 1757 à Fontainebleau, il a épousé Marie Courtois, fille de Marc Courtois, marchand de bestiaux, et de Catherine Fortier. Dans leur acte de mariage, il est qualifié de vitrier. Six naissances sont mentionnées dans les registres paroissiaux de Fontainebleau, de 1758 à 1780.

Charles Marc, né le 4 janvier 1758.

Une fille née le 22 octobre 1758 et décédée le même jour.

Un garçon né le 17 août 1759 et décédé le même jour.

Marie Anne, née le 13 avril 1761 et décédée à Fontainebleau le 7 novembre 1843, âgée de 82 ans et veuve en secondes noces de François Guillot, marchand fripier.

Charles François, né le 9 août 1769, exerce le métier de « voiturier par terre ». Il a épousé Françoise Marguerite Ponceau, avec qui il a eu au moins quatre enfants : Charles François vers 1795, Louis vers 1797, Jean-Baptiste en 1799 et Françoise Marie Anne vers 1804. L'acte de mariage de cette dernière, à Burcy (Seine-et-Marne) en 1823, mentionne que son père est décédé ; sa mère est présente, ainsi que ses frères Charles François et Jean Baptiste, tous deux vignerons à La Chapelle-la-Reine (Seine-et-Marne).

Et enfin, Louis Ange Charles, né le 11 décembre 1780. À cette date, Charles Nivelon exerce la profession de marchand de vin.

Louis Ange Charles, fils de Charles Nivelon, marchand de vin et de Marie Courtois, de cette paroisse, né en légitime mariage le onze décembre mil sept cents quatre vingts, a été baptisé le même jour par moy soussigné Prêtre de la Mission faisant les fonctions curiales, le parrain a été Louis Pinguet M(aît)re Menuisier, et la marraine Marguerite Aimée Angélique Vincour, bourgeoise de cette ville, soussignés avec moy, ainsi que le père présent.(94)

En 1805, dans l'acte de mariage de son fils Louis Ange Charles, Charles est qualifié de propriétaire.

 1.25 - Louis Ange Charles Nivelon (1780 - 1852)

On ignore dans quelles circonstances Louis Ange Charles Nivelon quitte Fontainebleau et arrive à Échilleuses (Loiret), où il se marie, le 13 messidor an XIII (2 juillet 1805), avec Marie Dugué, âgée de 37 ans, fille de Joseph Dugué et de Marie Pinçon, de Beaune-la-Rolande (Loiret). Elle est veuve d'un premier mariage avec Mathurin Nodeau.

Le couple a eu deux enfants nés à Échilleuses : Louis Jean Baptiste, né le 26 février 1809 et François, né le 23 février 1811.

Louis Ange Charles Nivelon est qualifié de cultivateur en 1805, de vigneron en 1809, de cabaretier en 1811, d'aubergiste en 1829.

Marie Dugué est décédée le 6 juillet 1829, à Échilleuses, à l'âge de soixante et un ans. Elle a un frère, Louis, né vers 1774, qui a servi dans l'armée de Napoléon Ier. Il devait être encore en vie en 1857, puisqu'il a reçu la médaille de Sainte Hélène (95). Cette médaille est restée dans la famille des héritiers de sa sœur.

Louis Ange Charles Nivelon épouse en secondes noces, Marie Jeanne Brochet, le 13 avril 1831, à Échilleuses. Le couple s'installe à Fontainebleau où trois enfants sont nés : Charles le 4 février 1834, Rose le 4 octobre 1835 et Antoinette le 18 janvier 1837. Louis Ange Charles est cabaretier en 1834-1835, puis manouvrier en 1837. Une autre fille est née à Gentilly (Seine) le 8 mars 1843 ; elle a épousé Auguste Perraud le 4 juin 1861 à Fontainebleau.

Louis Ange Charles Nivelon est décédé à Fontainebleau le 25 mai 1852.

 1.26 - Louis Jean Baptiste Nivelon (1809 – 1885)

Louis Jean Baptiste Nivelon, le fils de Louis Ange Charles et de Marie Dugué a épousé Catherine Poisson, le 3 février 1834 à Échilleuses.

L'an mil huit cent trente quatre, le trois février à onze heures du matin, pardevant nous Migue François, maire officier de l'état civil de la commune d'Echilleuses, canton de Puiseaux (Loiret), soussigné, ont comparu Nivelon Louis Jean Baptiste, âgé de vingt-cinq ans, charron, demeurant de fait et droit à Echilleuses, fils majeur de Nivelon Louis Ange, aubergiste, demeurant à Fontainebleau, département de Seine et Marne, et de défunte Marie Dugué, ses père et mère, le père présent et consentant d'une part,Et Demoiselle Poisson Catherine, âgée de vingt huit ans, sans état, chez ses père et mère, fille majeure de Jacques Poisson, menuisier, demeurant en cette commune, et Marie Catherine Prud'homme, ses père et mère présents et consentant d'autre part ;Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration de leur mariage, projeté entre eux et dont les publications ont été publiées et affichées à la porte de notre maison commune savoir le dimanche 19 janvier et le dimanche 26 même mois aux heures de midi et sont restées affichées le temps voulu. Par la loy donc, aucune opposition audit mariage ne nous ayant été signifiée, entre nos mains, faisons droit à leur réquisition, et après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnées, savoir l'acte de naissance de Nivelon Louis Jean Baptiste, arrivé le six février mil huit cent neuf, l'acte de décès de Marie Dugué arrivé le six juillet mil huit cent vingt neuf, l'acte de naissance de Catherine Poisson, arrivé le vingt quatre vendémiaire an treize, le tout délivré par nous, Migue François, maire de la commune d'Echilleuses, du chapitre VI du titre du Code Civil, ... du mariage, et ayant demandé aux futurs époux s'ils consentent à se prendre pour mari et pour femme, chacun d'eux ont répondu séparement et favorablement oui, nous déclarons au nom de la loy que Nivelon Louis Jean Baptiste et Catherine Poisson sont unis par le mariage, de quoi et tous nous avons dressé acte, en présence des parents, savoir du côté du mari, Dugué Louis, âgé de soixante ans, propriétaire et demeurant à Beaune la Rolande, oncle maternel du marié et le second témoin Leseurre Louis, âgé de trente huit ans, vigneron en cette commune, parrain du marié, du côté de la mariée premier témoin Poisson Jacques, âgé de trente neuf ans, menuisier demeurant à... , le second témoin Poisson François, âgé de trente sept ans, menuiser demeurant à Beaumont département Seine et Marne, tous deux frères paternels de la mariée, lesquels après lecture faite ont signé avec nous le présent acte de mariage et les parties contractantes (96).

Le couple a eu au moins quatre enfants nés à Échilleuses, entre 1834 et 1841.

Léopold Hector, né le 13 octobre 1834. En 1864, il est lui aussi charron à Échilleuses. Il a épousé Annette Alexandrine Crosnier : on ne leur connaît pas d'enfant. Il est décédé à Essonnes (ancien département de Seine-et-Oise), le 2 juin 1901.

Marie Anne Amélie, née le 7 février 1738, décédée le 4 septembre 1839.

Madeleine Honorée Euphrosine, née le 11 décembre 1839.

Et Frédéric, né le 1er novembre 1841 : il ne semble pas qu'il se soit marié. Il vivait avec son frère lorsque celui-ci est décédé en 1901.

Catherine Poisson est décédée le 11 mars 1864 à Échilleuses, à l'âge de cinquante-neuf ans.

Louis Jean Baptiste Nivelon est décédé le 26 mars 1885, âgé de soixante-seize ans, à Jarrisoy, commune de Beaune-la-Rolande, où il était propriétaire.

 1.27 - Madeleine Honorée Euphrosine Nivelon (1839 – 1887)

Nous n'avons que très peu d'information concernant Madeleine Honorée Euphrosine Nivelon. En 1867, à la naissance de son fils, elle est sans profession, domiciliée à Corbeil (ancien département de Seine-et-Oise), au n° 7 de la rue de l'Arche.Elle est décédée, vingt ans plus tard, à Paris, où elle était journalière.

Le douze octobre mil huit cent quatre vingt-sept, à midi, est décédée, 151 rue de Sèvres, Madeleine Honorée Euphrasie NIVELON, quarante-huit ans, journalière, née à Echilleuses (Loiret), demeurant 6 rue Neuve du Théâtre. Fille de Louis NIVELON, et de Catherine POISSON, son épouse, époux décédés. Dressé le treize octobre mil huit cent quatre vingt-sept, à midi trois-quarts, par Nous, Louis GOYARD, adjoint au Maire du XVe arrondissement de Paris. (Extrait des minutes des actes de décès, Mairie de Paris XVè, n°423410).

 1.28 - Jules Honoré Nivelon (1867 - 1932/)

Jules Honoré Nivelon est né le 23 septembre 1867 à Corbeil.

Du vingt trois septembre mil huit cent soixante sept à dix heures et demie du matin, acte de naissance de Jules Honoré Nivelon du sexe masculin, né hier à onze heures du matin, chez sa mère, fils naturel de Madeleine Honorée Euphrosine Nivelon âgée de vingt sept ans, sans profession, demeurant à Corbeil, rue de l'Arche N° 7 et d'un père non dénommé. Les témoins ont été les sieurs Isidore Rémy, âgé de cinquante ans, agent de police et Emile Robert, âgé de trente sept ans, concierge, demeurant tous deux à Corbeil. L'enfant nous a été représenté et la déclaration faite par la dame Zoé Joséphine Moreau, âgée de trente huit ans, épouse du sieur Xavier Lehmanne, mouleur, avec lequel elle demeure à Corbeil, elle maîtresse sage femme qui a assisté à l'accouchement et a signé avec nous adjoint au maire, officier de l'Etat civil délégué soussigné ainsi que les témoins après lecture faite. (Acte de naissance n° 123, 1867, Mairie de Corbeil) (97).

Le 6 avril 1893, à Puiseaux (Loiret), il a épousé Louise Alice Beaugeard, couturière, fille de Jean Beaugeard et d'Émilie Angélique Sabatier. La famille Beaugeard est déjà présente à Puiseaux vers 1680.

Le couple a eu deux enfants : Roger Jules, né le 18 janvier 1896 et Régine Alice, née le 10 juin 1901 ; elle a épousé Edmond Moureau, le 19 décembre 1932, à Puiseaux et y est décédée en 1974.

Jules Honoré Nivelon est d'abord maçon, au moins jusqu'en 1901, puis employé des chemins de fer.

En 1896 et 1901, la famille est domiciliée rue de l'Église, à Puiseaux.

 1.29 - Roger Jules Nivelon (1896 - 1972)

Vers douze ans, il est pensionnaire au cours supérieur de Saint-Fargeau (98). Vers quatorze ans, il apprend le métier de serrurier dans l'entreprise Siriex à Puiseaux. Encore adolescent, il contracte la typhoïde.

Mobilisé en 1916, il participe à la bataille de Verdun (99) et est blessé par un éclat d'obus.

Louise_et_Roger,_vers_1917Louise et Roger, vers 1917

Roger Nivelon épouse Louise Eugénie Venet le 30 août 1921 à Puiseaux. Ils s'installent à Orléans pendant quelques mois, puis reviennent à Puiseaux où sont nées leur deux filles : Hélène Louise le 21 juin 1922 et Simone Alice le 22 octobre 1927.

Pendant plusieurs années, il travaille à l'usine à gaz de Puiseaux. Il est à nouveau mobilisé en 1939. À son retour, il est employé par le Crédit agricole.Roger Nivelon est décédé le 14 septembre 1972 à Puiseaux et Louise Venet, le 22 novembre 1973, à Puiseaux également.

 1.30 - Simone Alice Nivelon (1927 – 2010)

Elle a épousé Marcel René Dedours le 22 octobre 1950 à Puiseaux.

Le couple a eu trois enfants : Dominique Hélène née à Puiseaux le 12 août 1951, Laurent Roger né à Montargis le 19 novembre 1952 et Rémi Marcel né le 4 septembre 1954 à Montargis également.

 2 - La famille Desbouts

Alliée à la famille Nivelon : Marie Desbouts épouse Zabulon Nivelon en 1669.

On voit cette famille à Fontainebleau avant 1550.

 2.1 - Jean Desbouts

Jean Desbouts, tapissier de haute lisse est attaché à la manufacture royale du château de Fontainebleau, par ordonnance de 1543(100).

Au cours de la première moitié du XVIe siècle en France, les fabricants de haute lisse végétent face à la concurrence des ateliers flamands de Bruxelles et d'Anvers, dont la réputation attire les plus grosses commandes, y compris celles du roi de France (101).

François Ier, roi emblématique de la période la la Renaissance française, installe la première manufacture royale de tapisseries vers 1530 dans le palais de Fontainebleau pour son embellissement. Le trésorier de France, Babou de la Bourdaisière qui partage les goûts du roi pour les arts, assure la surintendance de l'établissement, placé sous la direction immédiate du Primatice (102). Des peintres, de renom dont Matteo del Nassaro et Nicolò dell'Abbate, travaillent sous ses ordres et certains, moins connus, reçoivent des émoluments fixes pour « vacquer aux patrons de tapisseries que le Roi fait faire audit Fontainebleau ». On retrouve leur nom dans les Comptes des bâtiments du roi où figurent aussi dans une rubrique Ouvrages de tapisseries, les noms des tapissiers de haute lisse, appointés à 15 livres, 12 livres et demie, ou 10 livres par mois. Ce sont Jean et Pierre le Bries, Jean Desbouts, Pierre Philbert, Pasquier Mailly, Jean Texier, Pierre Blassay, Salomon et Pierre de Herbaines, Jean Marchais, Nicolas Eustace, Nicolas Gaillard, Louis du Rocher, Claude Le Pelletier, Jean Souyn. Les artisans sont cependant employés à la tâche et non à la journée.

Comptes des bâtiments du roi 1528 – 1571 (103)
Ouvrages de tapisserie
A Jean le Bries, tapissier de haulte lisse, pour avoir vacqué esdits ouvrages de tapisserie de haulte lisse suivant les patrons et ouvrages de stucqs et paintures de la grande gallerie dudit chasteau de Fontainebleau, à raison de 12 liv. 10 s. par mois.A Jean Desbouts, tapissier de haulte lisse, pour avoir vacqué esdits ouvrages, à raison de 12 liv. 10 s. par mois.A Pierre Philbert, etc.

On trouve aussi le nom de Jean Desboutz dans des registres de notaires en 1545 et 1548.

Transaction entre Pierre Desboutz, tapissier à Paris, et au nom de Jean Desboutz, tapissier à Fontainebleau, avec Nicolas Eustace, autre tapissier. 24 octobre 1545.Pierre Desboutz, maître tapicier de haute lice, demeurant à Paris, rue des Graviliers, comme procureur de Jehan Desboutz, tapicier, demeurant à Fontainebleau, fondé de pouvoir passé par devant Symon Goupil, notaire à Fontainebleau, compose avec Nicolas Ystace, dud. estat, demeurant à Paris, pour faire cesser un procès; informations faictes par le prévost de Mousseaulx, frais de justice à Fontainebleau et devant le juge de Monceaulx, 30 septembre 1545.Ystace verse à Desboutz, 125 livres t. en raison de certains excès et bastures faicts par lui contre Deboutz; information et prise de corps contre led. Ystace. Quictance du 24 octobre 1545. (104)

Le 23 août 1548, Pierre Lebryais, à la requête de Jean Desbouts, déclare en quoi consistaient certaines malfaçons dans une tapisserie :

Du XXIIIe jour d'aoust l'an mil VC quarante huit.Honorable homme Pierre Lebryais, tapissier ordinaire du Roy, demeurant à Fontainebleau, âgé de trente neuf ans ou environ, lequel a dict, attesté et affirmé que ung trou faict en ung champ d'une couleur est répréhensible, de nulle valleur et ne vault rienz. Et mesmement ung relais faict de deux duictes sur chascun fil est pareillement faulx et repréhensible et ne vault rienz, et c'est ce qu'il nous a dict, attesté et affirmé pour vérité, dont et de quoy Jean Desboutz m'a requis et demandé acte que luy ay octroyé par ces présentes. Présents honorables hommes Jehan Marchais, Jehan Le Bryyais, Jehan Noël, Jacques Lejeune, Jehan Lebel, tous tappissiers, Jehan Ponnette et autres tesmoings.(105)

L'atelier de Fontainebleau a sans doute poursuivi son activité sous le règne de Henri II (1547- 1559), mais certainement pas au-delà, époque du retour de la cour à Paris.

C'est donc très vraisemblablement le même Jean Desbouts qu'on voit jardinier, également dans les comptes des bâtiments du roi, pour l'année 1557 :

Comptes des bâtiments du roi 1528 – 1571
Desbous (Jean), jardinier, b 193
Desbouts (Jean), tapissier, a 295

On trouve de nombreux autres exemples de changement ou de cumul de professions et la différence d'orthographe n'est pas un obstacle non plus : le nom Desbouts est aussi parfois écrit Desboutz, Desbousts ou Des Bouës.Félix Herbet (106) suppose que la ruelle des Boues ou la rue de la Fontaine des Boues mentionnée dans des actes de 1634, 1662 et 1663, tire son nom de cette famille.

 2.2 - Charles Desbouts

Le 7 juin 1572, Charles Desboues (!), peintre est parrain à Avon.

En 1589, Charles Desboutz, devenu jardinier pour le roi de son jardin des Pins, épouse Madeleine de Boissy, veuve de Bernard Diane qui était maître orfèvre-graveur à Paris (contrat devant Gilles Langlois, notaire à Fontainebleau, du 14 janvier 1589) (107). On la retrouve marraine le 28 juillet 1599.

La charge de jardinier du jardin des Pins s'est maintenue plus d'un siècle dans la descendance de Jean Desbouts.

 2.3 - Henri Desbouts (/1590 - 1647)

Après Charles Desbouts, elle est confiée à Henri Desbouts, « jardinier du roi, ayant le soin des jardins, pins et étang du château et des allées renfermées d'eau proche le chenil », ou plus simplement « ayant l'entretien du jardin des Pins et de l'Etang » (108).

Il n'est pas possible à ce jour de déterminer le degré de parenté entre Jean, Charles et Henri, sauf à supposer que la charge de jardinier se soit transmise de père en fils.

Château  de Fontianebleau par Androuet du CerceauLe château de Fontainebleau,dessin à la plume de Jacques Androuet du Cerceau (1520-1586).

Fontainebleau vue générale

Dessin du château de Fontainebleau par Adam Perelle, XVIIe siècle.

Henri Desbouts épouse en premières noces Marie Langloix et en secondes noces Étiennette Vassault. Il a au moins huit enfants sans qu'il soit possible de dire combien avec chacune des deux épouses, sinon les trois plus jeunes, pour lesquels le nom de la mère est mentionné dans des actes les concernant. Toutefois, il semble y avoir un écart important entre les aînés et les quatre plus jeunes (environ dix ans).

On peut estimer que Jean est né avant 1616 : il est parrain à Fontainebleau en 1629 et l'âge requis pour être parrain était alors de 14 ans. Il est à nouveau parrain, de Gilles Nivelon, fils de Gilles, le 8 septembre 1630 à Fontainebleau, puis de Henri Nivelon, fils de Martin, le 22 avril 1642.

Avec le même raisonnement, on peut situer la naissances de Catherine avant 1621 : elle est marraine en 1634. Elle a épousé le 24 février 1649, Pierre Bourdois, procureur en la cour du Parlement de Paris fils de Pierre Bourdois, lieutenant du baillage de La Chapelle-la-Reine et frère d'Aubin Bourdois, chirurgien à Fontainebleau.

Marie, née avant 1630, est la marraine de Henri Desbouts, fils de Henri et d'Étiennette Vassault, le 24 février 1644. On la retrouve plus tard, mariée à Louis Vassault, porteur de meubles de la chambre du roi.

Le parrain est Claude, son frère. Il devient prêtre le 20 septembre 1654, ministre de la Sainte Trinité au couvent du château.Louis, baptisé le 18 mai 1642 - l'acte indique « âgé de 25 mois ou environ » - est donc né vers avril 1640, plutôt du second mariage de Henri, avec Étiennette Vassault. Son parrain est Jean Vassault, porteur de meubles de la chambre du roi, la marraine est Marie Desbouts, fille de Henri.

Geneviève est baptisée le même jour, le parrain est Jean Desbouts, la marraine Geneviève Vassault, fille de Louis Vassault, également porteur de meubles de la chambre du roi.

Henri est baptisé le 26 février 1644.

Enfin, on trouve Louise Desbouts, marraine en 1665, puis en 1682, sans autre précision. Peut-être est-ce cette même Louise à qui « David de Verneuil, argentier du prince de Condé, loue pour six ans, une maison sise à Fontainebleau, devant les fossés du Château (...) à raison de 50 livres par an » (4 mars 1671) (109).

Félix Herbet, déjà cité, place aussi Marguerite Desbouts dans la liste des enfants de Henri Desbouts. Cette hypothèse n'est pourtant pas vraisemblable. Elle est veuve de Jacques Roger, de son vivant « chef d'échansonnerie-bouche de la Reine », quand elle se remarie le 22 octobre 1616 avec Claude Bertélémy, artiste huguenot, né en Lorraine, « peintre et émailleur sur terre ». Elle pourrait donc être une sœur de Henri et non sa fille. Quand elle décède en 1620, Henri Desbouts est tuteur de sa fille Marguerite Roger, née de son premier mariage vers 1610.

Maître Henri Desbouts est décédé le 20 septembre 1647.

 2.4 - Jean Desbouts (/1616 - ≈1672)

Jean succède à Henri, son père, dans la charge de jardinier des jardins de l'Étang et des Pins.

Brevet confiant à Jean Desboutz, jardinier du Roi, le soin des jardin, puits (en réalité « pins ») et étang du château de Fontainebleau et des allées enfermées d'eau, proche le Chenil, en place de Henri Desboutz, son père – 25 septembre 1647 (110).

Il a épousé Geneviève Vassault : il s'agit probablement de la marraine de Geneviève Desbouts baptisée en mai 1642, et dont il est le parrain. Étaient-ils déjà mariés à cette date ? L'acte ne le mentionne pas.

La famille Desbouts est unie à la famille Vassault par plusieurs alliances : la seconde épouse de Henri Desbouts est Étiennette Vassault. Jean Desbouts, le fils de Henri a épousé Geneviève Vassault fille de Louis. Enfin, Marie Desbouts, la fille de Henri est mariée à Louis Vassault. Il est difficile d'établir avec certitude les liens de parenté entre ces personnes. Une hypothèse toutefois peut être avancée avec l'acte de mariage de Louis Desbouts (voir ci-dessous), fils de Henri et d'Étiennette, en 1663 « en présence de Louis Vassault, porteur de meubles de la Chambre du Roy, oncle du garçon...», ce qui laisse supposer qu'il est le frère d'Étiennette. Geneviève Vassault, l'épouse de Jean Desbouts, pourrait être leur sœur et tous trois pourraient donc être les enfants de Louis Vassault père, également porteur de meubles de la chambre du roi (cf. ci-dessus, le baptême de Geneviève Desbouts « la marraine Geneviève Vassault, fille de Louis Vassault, également porteur de meubles de la Chambre du Roy »).Ce qui semble accréditer cette hypothèse et permet de supposer qu'Étiennette Vassault est encore jeune lorsque Henri, son mari, décède, (et en plus de l'âge de leurs enfants), c'est la charge qui lui est confiée, indépendante de celle de son mari et éloignée du jardin des Pins : l'entretien des allées, palissades, plates-bandes et devant des cascades du parc, avec logement dans les Héronnières. Cette charge reviendra à son fils Louis en 1671.

On connait cinq enfants du couple Jean Desbouts et Geneviève Vassault.

Marie, née vers 1646, épouse Zabulon Nivelon en 1669.

Contrat de mariage de Zabulon Nivelon, jardinier à Fontainebleau, fils de René Nivelon, jardinier du château, avec Marie Desbouts, fille de Jean Desbouts, également jardinier du château – 14 janvier 1669 (111).

Catherine épouse le 5 janvier 1672, Mathurin Denize, huissier royal à Fontainebleau. Ils ont au moins quatre enfants : Catherine en 1673, Pierre en 1674, Anne en 1679 et Jeanne en 1690.

Gabriel, sur qui nous reviendrons.

Jeanne, née vers 1651. Le 5 novembre 1682 à Fontainebleau, elle épouse Claude Collet, valet de chambre à Paris, puis tapissier à Fontainebleau en 1685 à la naissance de leur fille Geneviève. Elle est décèdée le 25 février 1731 à Fontainebleau : l'acte indique « environ 80 ans ».

Elizabeth, baptisée le 17 mars 1655 : le parrain est Antoine de Marne, argentier de la bouche de la reine, la marraine Elizabeth Budé, femme de M. Florent Paquier de Valgrand.

On trouve le nom de Jean Desbouts dans un constat datant de 1667.

Desbouts (Jean) et Musart (Claude), jardiniers du roi au château de Fontainebleau, constatent comme experts, le 26 mai 1667, le bon état du jardin de l'hôtel de Soissons.(112)

Jean Desbouts est décédé vers 1672.

 2.5 - Louis Desbouts (1640 - /1697)

Un des jeunes (demi-?) frères de Jean, Louis (né en 1640), se marie le 5 juin 1663. Il est peintre officier du roi et il épouse Antoinette Thuillier, la fille d'un tapissier flamand - originaire de Gravelines - avec qui il travaille. L'acte de mariage indique la présence de Jean Desbouts, son frère, de Louis Vassault, son oncle, porteur de meubles de la chambre du roi, et d'Henri Voltigean, peintre et officier du roi.

De cette union vont naître au moins six enfants.

Louis, né le 18 janvier 1664, qui ne vit que six jours. Le parrain est Henri Voltigean, la marraine est Geneviève Vassault.

Claude, né le 15 décembre 1664, qui ne vit que deux semaines. Le parrain est Jean Desbouts, la marraine Louise Desbouts, fille d'Etiennette Vassault.

Étiennette Antoinette, née le 26 décembre 1665. Le parrain est Louis Vassault, la marraine est Étiennette Vassault, veuve de Henri Desbouts. Vers 1681, elle épouse Louis Paulmier, notaire à Fontainebleau.

Claude, née le 19 octobre 1668, décède le 6 octobre 1669.

Louis Gaspard, né le 15 novembre 1676, sur qui nous reviendrons.

Claude, né le 22 septembre 1680. Le parrain est Jean Vassault, la marraine est Louise, fille de Henry Desbouts et d'Étiennette Vassault.

Comme indiqué plus haut, Louis a succédé à sa mère, Étiennette Vassault, par brevet du 1er janvier 1671 (113). Après cette date, les actes lui attribuent la qualité de jardinier du roi et il figure dans la liste des officiers de la couronne pour les demeures royales :

Le jardinier des grandes Palissades & Plates Bandes du Parc, le Sr Louis des Boutz, logé à la Héronnière.(114)

Il est déjà décédé quand son fils Louis Gaspard se marie en novembre 1697.

 2.6 - Gabriel Desbouts (? - /1712)

Gabriel, le fils de Jean et jardinier comme lui, succède en 1672 à son père décédé.

Brevet de garde et entretien des jardins des Pins et de l'Étang à Fontainebleau pour Gabriel Desbouts, en place de feu Jean Desbouts son père – 12 avril 1672. (115)

En 1683, Gabriel Desbouts figure, comme son oncle Louis, dans la liste des officiers du roi à Fontainebleau (116). L'auteur y distingue trois sortes d’officiers à Fontainebleau :

1. Les Officiers pour les Bâtimens, & pour la garde des apartemens de ce Château, Concierges & autres, ou des Pavillons & Hôtels qui en dêpendent. 2. Les Officiers des Chasses. 3. Les Officiers pour la Maîtrise des Eaux & Forêts.
1. Officiers pour les Bâtimens, & pour la garde du Château & des Hôtels.Sous le Sur-Intendant Général des Bâtimens des Maisons Roïales de France M. Colbert, sont les trois Contrôleurs Généraux des Bâtimens, & aprês eux, le Contrôleur des Bâtimens, commis à Fontainebleau le sieur Petit.
(...)
Le jardinier du Jardin de l'Etang et des Pins, qui a aussi le soin des allées royales, allées solitaires, allées des Ormes, du Chenil & autres, le sr Gabriel des Boutz, aussi concierge de l'Hôtel de Saint Aignan.

Il a épousé Jeanne Denize le 23 janvier 1674. C'est la sœur de Mathurin Denize, marié avec Catherine Desbouts deux ans plus tôt. Les parents sont François Denize et Anne Collet.

Acte de mariage de Gabriel Desbouts

Acte de mariage de Gabriel Desboutz et de Jeanne Denize – 24 janvier 1674(Registres paroissiaux de Fontainebleau – Archives départementales de Seine-et-Marne)

On trouve au moins dix-huit enfants dans les registres paroissiaux de Fontainebleau entre 1675 et 1698.

Gabriel, né le 30 avril 1675.

Jeanne, née le 22 juillet 1676 et décédée le 18 janvier 1748. Il semble qu'elle ait été religieuse.

Gabriel, né le 23 juillet 1677, ce qui semble indiquer que leur fils aîné qui portait le même prénom était décédé.

Anne, née le 20 juin 1678. Elle a épousé Joseph Destendes, puis François Charles Débonnaire en secondes noces le 8 novembre 1727. Elle est à nouveau veuve quand elle décède le 4 janvier 1746. L'acte de sépulture mentionne la présence de son frère Gabriel, officier du roi.

Marie Magdeleine, née le 22 juillet 1679. Le parrain est Pierre Bourdois, fils d'Aubin Bourdois, lieutenant des chirurgiens et de Geneviève Simon, la marraine est Marie Magdeleine, fille de Louis Vassault, porteur de meubles de la chambre du roi et de Marie Desbouts.

Magdeleine, née le 21 septembre 1681 et décédée le 27 août 1687.

Marie Gabrielle, née le 22 octobre 1682.

François, né le 23 septembre 1683 et baptisé le 7 octobre 1683. « Le parrain est Monseigneur François de Beauvilliers, Duc de Saint Aignan, Pair de France, chevalier de l'ordre du Roy, lieutenant général des camps et armées du Roy, gouverneur de la ville et citadelle du Havre de Grâce, Montvilliers, Harfleur et pays en dépendant, premier gentilhomme de la chambre, la marraine est Françoise de Rancé, Duchesse de Saint Aignan, femme de mon dit Seigneur ».Le 30 octobre 1713, il épouse en premières noces Anne Marguerite Delamare : sa mère, Jeanne Denize et sa sœur Louise Desbouts sont présentes. Veuf, il épouse en secondes noces, Anne Catherine Marchand, le 15 octobre 1754. Les deux actes de mariage indiquent qu'il est officier du roi. On peut supposer qu'il a succédé à son père, décédé avant 1712.Il est décédé le 9 octobre 1764. Son cousin Philibert Desbouts et Paul Nivelon assistent à son inhumation.Claude né le 19 septembre 1685. Le parrain est Claude Jamin, la marraine Anne Devenelle, épouse de Robert Jamin. Il décède le 6 août 1690.

Elisabeth, née le 26 septembre 1686.

Thérèse, née vers 1687 et décédée le 23 décembre 1690.

Gabriel, né le 10 janvier 1688.

Anne Louise, née le 8 mai 1689.

Gabriel, né le 17 avril 1690 et décédé le 31 octobre 1691.

Jean François, né le 17 mai 1691 et décédé le 30 mars 1692.

Marie Anne, née le 21 juin 1692.

Pierre Louis, né en 1694 (à part le nom, l'acte est illisible). Un registre de notaire nous apprend que « le 27 juin 1712, Jeanne Denize, veuve de Gabriel Desbouts, constitue 60 livres de rente à Pierre Louis son fils pour qu'il puisse se faire prêtre. » (117)

Marie, née le 2 août 1698 et décédée le 1er septembre suivant. Le parrain est François, son frère, la marraine est Jeanne, sa sœur.

Le 28 août 1690, Gabriel Desbouts prend part à la décision de construire une chapelle à l'endroit où a été placée une image de la Vierge, appelée Notre-Dame de Bon Secours (118).

 2.7 - Louis Gaspard Desbouts (1676 - ≈1710)

Fils de Louis et d'Antoinette Thuillier, Louis Gaspard, né en 1676, épouse le 19 novembre 1697 Anne Poiret, « fille de feu Nicolas Poiret, vivant argentier du Roy (…) en présence de Jean Pomier (en réalité Paulmier) notaire Royal, son beau frère, et de Claude Pomier son cousin ». On a vu plus haut que sa sœur Étiennette Antoinette avait épousé Louis Paulmier vers 1681. Leur fils Claude à donc déjà l'âge d'être cité dans l'acte.

L'acte de mariage indique que Louis Gaspard est officier du roi et émancipé. Il a reçu la charge laissée vacante par son père.

Dans les registres paroissiaux, on trouve neuf enfants, nés entre 1698 et 1708.

Louis, né le 21 août 1698 et décédé le 30 novembre de la même année. Le parrain est Jean Paumier, notaire royal, la marraine est Magdeleine Poiret.

Anne, née le 5 août 1699 et décédée le 23 juin suivant.

Anne Magdeleine, née le 14 juillet 1700. Elle est décédée le 31 août 1746, à Fontainebleau. Son frère Noël Philibert est présent à son inhumation.

Marie Angélique, née le 16 juin 1701.

Anne, née le 20 juillet 1702.

Louis Gaspard, né le 13 avril 1704. Il a épousé Marie Anne Renault (ou Régnault). Ils ont au moins deux enfants. Henri, né le 5 mai 1737 (le parrain est Henri Rebours dit Laboie, garde des plaisirs du Roy, la marraine est Magdeleine Desbouts, tante de l'enfant) et Jean, né le 11 mai 1741, quelques semaines après le décès de son père survenu le 16 mars 1741. Louis Gaspard exerçait le métier de « tailleur d'habits ».

Noël Philibert est né vers 1706, mais son acte de baptême ne figure pas dans les registres de Fontainebleau. Nous en reparlerons ci-dessous.

Louise, née le 1er juin 1707 et décédée le 6 octobre 1718. À son inhumation sont présentes Anne Poiret, veuve de Louis Desbouts, sa mère, Antoinette Desbouts et Magdeleine Poiret, ses tantes.

Martin, né le 12 juillet 1708. Le parrain est Martin Dantan, fils de Laurent Dantan.

Dans l'inventaire des archives départementales de Seine-et-Oise (119), on trouve la trace d'une requête adressée par Anne Poiret, devenue veuve, à madame de Maintenon (120).

La veuve de Louis Desbouts, jardinier du Roi à Fontainebleau, pour l'entretien des palissades et plattes-bandes du grand parc, chargée de six petits enfants, dont l'aîné n'a que dix ans, et qui n'a pas un sols de bien que ledit entretien qui est dans cette famille de père en fils depuis plus de cent ans, sollicite la charitable protection de Mme de Maintenon pour qu'il plaise au Roy la continuer dans le dit entretien, duquel elle s'acquittera très bien, ce qui lui donnera lieu de pouvoir eslever ses six enfans, avec lesquels elle priera Dieu toute sa vie pour l'heureuse conservation de Madame.

On en déduit que Louis Desbouts est décédé vers 1710.

 2.8 - Noël Philibert Desbouts (≈1706 - 1768)

Il est « tailleur d'habits » comme son frère Louis Gaspard.

Il épouse en premières noces Marie Marguerite Vassault qui décède le 19 décembre 1731, âgée de vingt-huit ans. L'acte d'inhumation mentionne la présence « de son époux, de Gaspard Guinteau de Richemont, son beaufrère, de Henry Vassault, tailleur d'habits, son frère, et de Jean Vassault, chirurgien, son oncle ».

Il a épousé en secondes noces, Marie Marguerite Fleury, le 15 juin 1733 : ils ont eu au moins huit enfants, nés entre 1734 et 1746.

Pierre Philibert, né le 9 septembre 1734 et décédé le 16 du même mois.

Philibert Gaspard, né le 10 septembre 1735. Le 13 janvier 1756, il épouse Marie Cornu. Tailleur d'habits également, il est décédé à Versailles le 27 février 1768.

Magdeleine Marguerite, née le 29 août 1736. Le parrain est Mathurin Delanoue, épicier, la marraine Magdeleine Desbouts, tante de l'enfant. Elle est décédée le 1er janvier 1776, célibataire. Ses frères Jérôme et Jacques assistent à son inhumation.

Bon Alexis, né le 27 janvier 1740 et décédé le 19 février de la même année. La marraine est Marie Catherine Vassault.

Louise Simone, née le 3 avril 1741.

Jérôme, né vers 1743.

Philippe Bernard, né le 28 août 1746.

Et Jacques, dont l'acte de baptême ne semble pas figurer dans les registres paroissiaux de Fontainebleau.

Noël Philibert Desbouts a été inhumé à Fontainebleau, le 13 février 1768, en présence de son fils Jérôme

 2.9 - Jacques Desbouts (≈1749 – 1815/)

Il a épousé Marguerite Coulon le 20 janvier 1777 à Fontainebleau. Il est alors garçon tailleur.

Ils ont eu au moins cinq enfants, nés à Fontainebleau, entre 1778 et 1788.

Louise Gabrielle Jeanne, née le 31 décembre 1778, et décédée le 21 janvier suivant.

Jean Baptiste Jacques, né le 20 janvier 1781 et décédé le 3 août de la même année.

Jeanne Gabrielle Catherine, née le 14 septembre 1782 et décédée le 11 décembre 1783.

Georges, né le 27 mars 1785.

Jean Pierre, né le 21 juin 1788.

Dans les registres d'état civil de la commune de Saint-Fargeau (Seine-et-Marne), on note la présence de Jacques Desbouts et de son épouse au mariage de leur fils Jean (Pierre), le 29 août 1808. Jacques Desbouts y est encore cité, « âgé de 66 ans, tailleur demeurant à Fontainebleau » déclarant du décès de sa petite-fille Félicité, le 10 avril 1815.

 2.10 - Georges Desbouts (1785 - 1850)

Il épouse le 22 avril 1806 à Fontainebleau, en présence de ses parents et de son oncle Jérôme, Jeanne Antoinette Eugénie Lefebvre, née le 14 janvier 1786. Il est perruquier (le terme désignait le fabricant de perruques, mais aussi un barbier, un coiffeur).

Le 28 mars 1808, il déclare le décès de Marie Catherine Desbouts, âgée de 70 ans. Il s'agit peut-être d'une tante, mais dont l'acte de baptême ne figure pas non plus dans les registres de Fontainebleau. L'acte de décès indique qu'elle est est l'épouse de Jean Claude Coulon (le même nom que la mère de Georges Desbouts) et qu'elle est décédée à l'adresse du domicile de Georges Desbouts, au n° 685 de la rue Égalité à Fontainebleau.

Il assiste au mariage de son frère Jean (Pierre) le 29 août 1808 à Saint-Fargeau.

Il est décédé le 20 août 1850, à son domicile, au n° 184 rue Grande, à Fontainebleau. L'acte de décès indique que « son épouse lui survit » et cite comme déclarants : « Théophile Adolphe Desbouts, coiffeur, âgé de 36 ans, neveu du défunt, domicilié à Paris, 36 rue de Malte et Pierre Guillaume Gally, instituteur, âgé de 71 ans, ami du défunt ».

Le couple ne semble pas avoir eu d'enfants nés à Fontainebleau.

 2.11 - Jean Pierre Desbouts (1788 - 1816)

Domicilié à Ponthierry, commune actuelle de Saint-Fargeau - Ponthierry, il y épouse Marie Anne Clotilde Emilie Galisset le 29 août 1808. Il est coiffeur.

Le couple a eu quatre enfants, tous nés à Ponthierry : Emilie Marguerite le 16 juin 1809, Georges Eugène Gabriel le 3 novembre 1810, Félicité Augustine le 20 août 1812 (décédée le 10 avril 1815), et Théophile Adolphe le 6 juin 1815.

Jean Pierre Desbouts est décédé à Ponthierry le 2 août 1816, à l'age de 28 ans.

Son fils Théophile Adolphe, cité dans l'acte de décès de son oncle Georges, est à ce jour le dernier représentant connu de la famille Desbouts.

 3 - Notes

  1. Francesco Primaticcio, dit Le Primatice (né en 1504 Bologne et mort à Paris en 1570) est un peintre, architecte et sculpteur italien de la Renaissance tardive. Le Primatice est un des maîtres incontestés de l’École de Fontainebleau, surintendant des bâtiments du roi de 1559 à 1570. Wikipédia, mars 2011.
  2. Félix HERBET, Extraits d'actes et notes concernant des artistes de Fontainebleau, 1911.
  3. Archives de Seine-et-Oise, inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, archives civiles, rédigé par É. Coüard.
  4. Ibid.2
  5. La forêt de Bière (dérivé de bruyère), est l'ancienne appellation de la forêt de Fontainebleau.
  6. Ibid.2
  7. Société historique et archéologique du Gâtinais, « Les officiers du château de Fontainebleau au XVIIe siècle », Annales, T. 9, gallica.bnf.fr
  8. Lettres, instructions et mémoires de Colbert, vol. 5.
  9. Né à Anvers en 1538, arrivé en France en 1594, naturalisé Français puis anobli en 1601, il est le peintre de Marie de Médicis en 1606, puis de Henri IV. Son chef-d'œuvre était la galerie de Diane, à Fontainebleau où ses fils et petits-fils se sont succédé jusque vers le milieu du XVIIIe siècle, comme peintres du roi. De nombreux peintres se sont formés à son école, dont certains se sont fixés eux aussi à Fontainebleau.
  10. Eugène THOISON, Notes et documents sur quelques artistes se rattachant au Gâtinais, Paris, Plon, 1900.
  11. Commune actuelle de Seine-et-Marne, arrondissement de Provins, située à vingt-deux kilomètres de Fontainebleau.
  12. Ibid. 10
  13. Archives civiles du Cher, inventaire réalisé par H. BOYER
  14. Société historique et archéologique du Gâtinais, Annales de la société, T. 4, 1886
  15. Ibid. T. 15, 1897
  16. Société historique et archéologique du Gâtinais, Annales de la société, T. 4, 1886
  17. Philippe de France, duc d'Orléans, dit aussi Philippe d'Orléans (1640 - 1701), est un fils de Louis XIII et frère de Louis XIV. Il est connu sous son titre de duc d'Orléans ou comme Monsieur. Ses descendants directs forment la branche d'Orléans.
  18. France, Ministère de l'instruction publique, Bulletin du comité des travaux historiques et scientifiques, 1883.
  19. Nicolas BESONGNE, L'état de la France où l'on voit tous les princes, ducs et pairs, maréchaux de France et autres officiers de la couronne..., Paris, éd. A Besongne, 1683, Vol. 1, Édité en ligne par C. zum Koll dans le cadre du projet « Curia », Centre de recherches du château de Versailles, 2009.
  20. Archives de Seine-et-Oise, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790.
  21. Petit-fils de Julien de Fontenay, le graveur de pierres fines surnommé Coldoré, célèbre pour le portrait qu'il grava de Henri IV et qui lui valut d'être appelé en Angleterre pour faire celui de la reine Elisabeth 1ère.
  22. Petit-fils du peintre italien, Michel Pentinelli, venu en France et à Fontainebleau en particulier, sous le règne de Henri II. Le nom se francise peu à peu : Pentinelle, puis Pintenelle. À partir de 1662, Daniel Pintenelle a le titre spécial de « peintre du cabinet du roi ».
  23. Ibid 10
  24. Commune actuelle de Seine-et-Marne, canton de la Chapelle-la-Reine, située à vingt kilomètres de Fontainebleau.
  25. Josse de Voltigem est né en Flandre. Il est venu en France sous le règne de Henri IV et a travaillé aux copies que le roi faisait exécuter (Visitation de la sainte Vierge de Sébastien del Piombo, sainte Marguerite de Raphaël). Il a obtenu le brevet de concierge des Héronnières. Henri, son fils, Henri son petit-fils et Henri son arrière-petit fils seront aussi peintres du roi. L'orthographe du nom a évolué, avec sa prononciation, en Voltigean ou Voltigeant.Françoise de Voltighem, fille de Josse, avait épousé Jean Bouzé. À leur décès, leur fils David né en 1611 a pour tuteur son oncle Gilles Nivelon, époux de Françoise Bouzé. En 1625, à ses quatorze ans, Gilles le met en apprentissage chez un cordonnier, de l'avis de deux autres des ses oncles Jehan Rossignol et Thomas Bignet, mariés à Marie et Jeanne de Voltigem. Mais la profession ne lui convient pas et en 1627, son oncle Henri de Voltigem devenu son tuteur, le prend comme apprenti. David deviendra peintre : on trouve son nom dans les comptes des bâtiments du roi de 1639 à 1642. (Source : Félix HERBET, Extraits d'actes et notes concernant des artistes de Fontainebleau).
  26. Commune actuelle de Seine-et-Marne, située à treize kilomètres de Fontainebleau.
  27. France, Comité des travaux historiques et scientifiques, Bulletin archéologique du comité, Volume 1890.
  28. France, Ministère de l'éducation nationale, Société des beaux arts du département (de Seine-et-Marne), Vol. 16, contribution de Th. Lhuillier.
  29. Peintre également, fils du peintre du roi Jean Lefèvre (1600 – 1675) et frère cadet de Claude Lefèvre (1632 -1675) peintre et graveur, qui fut élève de Le Brun en 1655 et reçu à l'académie royale de peinture et de sculpture en 1663.
  30. Ibid. 10
  31. Ibid.
  32. Archives civiles de Seine-et-Marne.
  33. Ibid.30
  34. Voir le chapitre consacré à la famille Desbouts.
  35. Société historique et archéologique du Gâtinais, « Les officiers du château de Fontainebleau au XVIIe siècle », Annales, T. 9, gallica.bnf.fr
  36. Dominique GARRIGUES, Jardins et jardiniers de Versailles au Grand Siècle, éditions Champ Vallon, 2010
  37. Le texte extrait de l'ouvrage ci-dessus ne précise pas de quelle année il s'agit : dans ses annexes, la référence aux Comptes des bâtiments du roi, situe la période d'activité de Zabulon Nivelon à Versailles en 1696 : il s'agit plus vraisemblablement de la date de l'écriture du compte, reprenant les dépenses de quelques années antérieures.
  38. Archives départementales de Seine-et-Marne, 1681.
  39. Charles Le Brun (1619–1690) est un artiste-peintre et décorateur français, premier peintre du roi, directeur de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, et de la Manufacture royale des Gobelins. Il s'est illustré dans la décoration de nombreux bâtiments dont le château de Versailles et sa galerie des Glaces. Wikipédia, avril 2011.
  40. Lorenzo PERICOLO « À l'ombre de Charles Le Brun, Claude Nivelon : l'homme, l'auteur, le manuscrit », introduction critique à l'ouvrage de Claude NIVELON, Vie de Charles Le Brun et description détaillée de ses ouvrages.
  41. Ibid.
  42. Archives départementales de Seine-et-Marne et Archives nationales.
  43. Ibid. 10
  44. Eugène THOISON, Notes et documents sur quelques artistes se rattachant au Gâtinais, Paris, Plon, 1900.
  45. Fils aîné de Zabulon Nivelon.
  46. Archives départementales de Seine-et-Marne.
  47. Louis Mayeul CHAUDON, Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique, T. 8.
  48. Archives civiles de Seine-et-Marne.
  49. Max FUCHS, La vie théâtrale en province au XVIIIème siècle : lexique des troupes de comédiens du XVIIIème siècle.
  50. Le maitre paumier est le gérant d'un jeu de paume. À cette époque, une salle de paume contient un ou plusieurs courts et éventuellement une salle de billard ; le maitre est responsable de ses assistants (paumiers), des installations, de l'enseignement du jeu, de la restauration (nourriture et boissons), du blanchissage des tenue des joueurs, de la fourniture des balles et des raquettes. Une salle de paume est appelée un tripot et on y échange de forts paris. http://geneanet.org, consulté le 5 mai 2011.
  51. Claude PARFAICT, Mémoire pour servir l'histoire des spectacles de la foire, par un acteur forain.
  52. Ibid.
  53. Ibid.49
  54. Marie Sallé était la nièce de Francisque Molin, dit Francisque, un arlequin célèbre autant pour ses talents d'acrobate et de comédien. Elle a débuté enfant avec son frère, dans la troupe de son oncle, à la foire de Saint-Laurent de 1718 à 1724. Elle part en Angleterre en 1725, pour les saisons 1725-26 et 1726-27. À son retour en France, elle est engagée à l'Académie royale de Musique. « Une danseuse française à Londres », Le Mercure musical, 15/01/1907, http://gallica.bnf.fr
  55. L'expression « danses de caractères » apparaît chez François Parfaict en 1743 à une époque ou « caractère » avait la même signification que « personnage » ou "rôle", contenu que ce terme a conservé dans la langue anglaise (il s'agit de la foire de 1728). Le contexte français de ce répertoire était alors celui des grandes foires parisiennes de St Germain et de St Laurent, où des compagnies de « sauteurs et danseurs de corde » présentaient des spectacles d'acrobatie avec tremplins et sauts périlleux, des exercices sur la corde avec des sabots, en jouant du violon, sur le dos, etc. De même, ils avaient à leur répertoire des pièces de théâtre, des pantomimes et de petites danses plus ou moins inspirées de la Commedia Dell’arte. C'est dans ce cadre que les futurs danseurs de l’Opéra faisaient leurs premières expériences. Entre les périodes de spectacles parisiens certains de ces artistes passaient outre Manche, pour aller s'exhiber dans les foires et surtout dans les théâtres londoniens au moment des entractes. Yves GUILLARD, État actuel des recherches sur les danses de caractères dans le domaine français, 1997.
  56. http://encyclopedie-anarchiste.org/articles/t/theatre
  57. Usage en Angleterre, chaque artiste pouvait avoir une représentation à son bénéfice, généralement à la fin de la saison. Ibid. 54
  58. Jennifer THORP (New College, university of Oxford) « Pierrot Strikes Back : François Nivelon at Lincoln's Inn Fields and Covent Garden, 1723 -1738 », résumé sur http://johnrich2008.com
  59. Moria GOFF « John Rich, French Dancing and English Pantomimes », British Librairy.
  60. Impressions visuelles de Londres, « Le Londres de Hogarth », conférence du 8 octobre 2007, de Robin Simon, rédacteur en chef du British Art Journal.
  61. Jean Gobert le jeune est le fils de Jean Gobert l'aîné qui fut menuisier et sculpteur, d'abord à Paris, où en 1625, il travaille dans l'hôtel du cardinal de Richelieu, puis à Fontainebleau, où à partir de 1639, on trouve de nombreux actes mentionnant son nom : « devis d'ouvrages de menuiseries pour le lambris de la chapelle basse du donjon, pour la réfection des croisées de la Galerie de la Reine et celle des Cerfs, articles de mariage accordés entre Marie de Voltighem et Jehan Musart, compagnon menuisier, son ouvrier... ». Sa charge de menuisier ordinaire du roi a été transmise à son fils, André, par un brevet du 4 janvier 1657. Félix HERBET, Extraits d'actes et notes concernant des artistes de Fontainebleau.
  62. Les éléments relatifs à la vie et l'œuvre de Pierre Gobert sont très largement extraits des « Recherches sur les artistes se rattachant au Gâtinais» d'Eugène THOISON, Réunion des sociétés des Beaux Arts – ministère de l'éducation nationale, 1903.
  63. C'est là que vivait également à cette époque sœur Louise Marie Thérèse, la Mauresse, une religieuse noire, dont l'identité reste une énigme de l'histoire : elle se disait la fille de Louis XIV, recevait la visite de hauts personnages de la cour et bénéficiait d'une pension de 300 livres accordée par un brevet du roi en date du 15 octobre 1695. Wikipédia, mai 2011.
  64. Fernand Engerand, « Pierre Gobert, peintre de portrait », revue L’Artiste, mars 1897, p. 161.
  65. Louis de France (1682-1712), duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV : c'est le fils aîné de Louis de France dit le grand Dauphin, et il sera le père du futur Louis XV.
  66. Louis de France (1661-1711), fils aîné de Louis XIV avait épousé en 1680, Marie Anne Christine Victoire de Bavière, fille de Ferdinand Maria et sœur de l'électeur Maximilien II Emmanuel de Bavière.
  67. Philippe d'Orléans (1674-1723), fils de Philippe de France (Monsieur, le frère de Louis XIV), il est régent du royaume pendant la minorité de Louis XV. Il épouse en 1692, Françoise Marie d'Orléans, légitimée de France, Mademoiselle de Blois, fille naturelle de Louis XIV et de Mme de Montespan.
  68. Marie Louise Élisabeth d'Orléans (1695-1719), fille du Régent Philippe d'Orléans, future duchesse du Berry, Louise Adélaïde (1698-1743) Mademoiselle d'Orléans, future abbesse de Chelles, Charlotte Aglaé (1700-1761) Mademoiselle de Valois, duchesse de Modène, Louis (1703-1752), duc de Chartres, Louise Diane (1716-1736), future princesse de Conti.
  69. Corneille VAN CLÈVE (1645-1732), sculpteur. Louis BOULLOGNE le jeune (1654-1733) : en 1724, il fut nommé premier peintre du roi et anobli.
  70. Marie Adélaïde de Savoie (1685-1712), a épousé en 1697 Louis de France, duc de Bourgogne.
  71. Louis de France (1704-1705), fils de Louis de France et de Marie Adélaïde de Savoie.
  72. Louise Françoise légitimée de France, duchesse de Bourbon, fille naturelle de Louis XIV et de Mme de Montespan.
  73. Louis Charles de Bourbon (1701-1775), comte d'Eu, fils du duc de Maine (fils légitimé de Louis XIV) et de Anne Louise Bénédicte de Bourbon Condé.
  74. Honoré Charles d'Albert (1669-1704), duc de Chevreuse, fils de Charles Honoré d'Albert et Jeanne Marie, seconde fille de Colbert.
  75. Léopold (1679-1729), duc de Lorraine, a épousé Elisabeth Charlotte d'Orléans, fille de Philippe d'Orléans, le Régent, en 1698. Les quatre princesses vivant au moment du séjour de P. Gobert à Lunéville sont Charlotte Elisabeth (1700-1711), Gabrielle (1701-1711), Gabrielle Charlotte (1702-1711) et Josèphe Gabrielle (1705-1709).
  76. Louis Henri de Bourbon (1692-1740), prince de Condé. Il est le fils de Louise Françoise légitimée de France, duchesse de Bourbon, fille naturelle de Louis XIV et de Mme de Montespan. En 1713, il épouse Marie Anne de Bourbon-Conti, et en 1728, la princesse Caroline de Hesse-Rheinfels-Rottenburg. Il est premier ministre de Louis XV, de 1723 à 1726.
  77. Marie Victoire Sophie de Noailles (1688-1766) : veuve du marquis de Grondin en 1712, elle se remarie le 2 février 1723 avec le comte de Toulouse, fils naturel de Louis XIV et de Mme de Montespan, légitimé en 1714.
  78. Marie Louise Elisabeth de France (1727-1759) et Henriette de France (1727-1752), jumelles, sont les filles aînées de Louis XV.
  79. Louise Marie de France (1728-1732), 3ème fille de Louis XV.
  80. Philippe de Chennevières - Pointel (1820-1899), écrivain, historien de l'art.
  81. Marie-Josèphe Caroline Éléonore Françoise Xavière de Saxe (1731-1767), seconde épouse du dauphin Louis Ferdinand de France, avec qui elle aura huit enfants dont trois seront les derniers rois de France : Louis-Auguste (1754-1793), duc de Berry puis dauphin, futur Louis XVI, Louis-Stanislas (1755-1824), comte de Provence, futur Louis XVIII et Charles-Philippe (1757-1836), comte d'Artois, futur Charles X. Louis-Philippe Ier, qui leur succèdera, se fera proclamer roi des Français et non roi de France. Wikipédia, mai 2011.
  82. Germain BAPST, « Inventaire de Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France », 1883.
  83. Louis-Michel van Loo (1707-1771), peintre français, devient peintre officiel de la cour de Philippe V d'Espagne à Madrid en 1736. Il est parmi les membres fondateurs de l’Académie de Madrid en 1752. Il revient en France en 1753 et peint plusieurs portraits de Louis XV. Wikipédia, mai 2011.
  84. Archives nationales, correspondance générale de l'Académie.
  85. Marie Adélaïde de France (1732-1800), Madame Adélaïde, puis en 1752 après la mort de sa sœur Henriette, en tant qu'aînée des filles survivantes du roi, Madame, quatrième fille et le sixième des enfants de Louis XV et de Marie Leczinska.
  86. Roger DE BEAUVOIR Mémoires de Mademoiselle Mars (de la Comédie française) » Paris, Gabriel Roux et Cassanet éditeurs, 1849.Anne-Françoise-Hippolyte-Boutet (1779-1847), surnommée Mademoiselle Mars, est une comédienne française, fille naturelle des comédiens Monvel et Jeanne-Marguerite Salvetat, dite Madame Mars. Wikipédia, mai 2011.
  87. Les éléments relatifs à la carrière de Louis Marie Nivelon sont très largement extraits de L'Académie royale de musique au XVIIIe siècle, de Louis Émile CAMPARDON.
  88. Edmond DE GONCOURT, Les actrices du XVIIIe siècle : La Guimard, d'après les registres des menu-plaisirs de la Bibliothèque de l'Opéra, etc, etc..., Paris, Bibliothèque Charpentier, 1893.
  89. Voici quelques-uns des principaux opéras ou ballets dans lesquels il a dansé :Hylas et Zilis, opéra de Bury, en 1777 ;Le Devin du Village, intermède de Jean-Jacques Rousseau, repris en 1777, 1778 et en 1782 ;Mirza et Lindor, ballet de Gardel aîné, en 1779 ;Andromaque, tragédie de Pitra, musique de Grétry, reprise en 178 I (rôle du dieu de l'Hymen) ;Castor et Pollux, tragédie de Bernard, musique de Rameau, reprise en 1782 ;L'Embarras des richesses, opéra de d'Alainval et Lourdet de Santerre, musique de Grétry, en 1782 ;La Chercheuse d'esprit, ballet de Gardel aîné, repris en 1783 (rôle d'Alain) ;Péronne sauvée, opéra de Sauvigny, musique de Dezaides, en 1783 ;Renaud, tragédie de Le Boeuf, musique de Sacchini, en 1783 (rôle d'un Plaisir) ;La Rosière, ballet de Gardel aîné, en 1783 (rôles de l'Amant de la Rosière et du Surveillant) ;L'Oracle, ballet de Gardel ainé, en 1784 (rôle de Charmant) ;Tibulle et Délie, musique de M1le Beaumesnil, acte des Fêtes grecques et romaines, ballet de Fuzelier, repris en 1784 ;Pénélope, tragédie de Marmontel, musique de Piccini, en 1785, reprise en 1787;Rosine, opéra de Gersin, musique de Gossec, en 1786 ;Alcindor, opéra de Rochon de Chabannes, musique de Dezaides, en 1787 ;Le Coq du Village, ballet de Gardel aîné, d'après Favart, en 1787 (rôle d'une Veuve amoureuse du garçon) ;Le Premier Navigateur, ballet de Gardel aîné, repris en 1787 (rôle du Navigateur) ;Amphitryon, opéra de Sedaine, musique de Grétry, en 1788 ;Arvire et Évélina, opéra de Guillard, musique de Sacchini, repris en 1788 ;La Toison d'or, ou Médée à Colchos, tragédie de Denaux, musique de Vogel, en 1788 ;Démophon, opéra de Denaux, musique de Vogel, en 1789 ;Les Pommiers et le Moulin, opéra de Forgeot, musique de Le Moine, en 1790.
  90. François-René DE CHATEAUBRIAND (1768-1848), Mémoires d'outre-tombe, T.1, liv. V, chap. 14.
  91. BABAULT, Annales dramatiques ou Dictionnaire général des théâtres par une société de gens de lettres, 1808
  92. Société historique et archéologique du Gâtinais, « Les officiers du château de Fontainebleau au XVIIe siècle », Annales, T. 9, gallica.bnf.fr
  93. BESONGNE Nicolas, L'état de la France où l'on voit tous les princes, ducs et pairs, maréchaux de France et autres officiers de la couronne..., Paris, éd. A. Besongne, 1697, Internet Archives
  94. Archives départementales de Seine-et-Marne.
  95. Le 15 avril 1821, lors de son exil à Sainte-Hélène, Napoléon dicte un testament comportant trois parties. La troisième est un acte de reconnaissance à l'égard de ceux qui, de 1792 à 1815, avaient combattu « pour la gloire et l'indépendance de la France ». Dans ce but, il lègue la moitié de son patrimoine privé, qu'il estime alors à 200 millions de francs. Napoléon III « voulant honorer par une distinction spéciale les militaires ayant combattu sous les drapeaux de la France dans les Grandes Armées de 1792 à 1815 », une médaille commémorative fut accordée à tous les survivants. Il appela cette nouvelle décoration « Médaille de Sainte-Hélène ». La médaille fut créée par décret le 12 août 1857 ; c'est le sculpteur Désiré-Albert Barre qui la dessina et la réalisa. À l'avers se trouve le profil de l'Empereur Napoléon 1er, et au revers ce texte : « Campagnes de 1792 à 1815. À ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, 5 mai 1821 ». Elle était présentée dans une boîte de carton au couvercle recouvert d'un papier blanc glacé portant en relief l'Aigle impérial et l'inscription « Aux compagnons de gloire de Napoléon 1er - Décret du 12 août 1857 ». Wikipédia, mai 2011.
  96. Archives départementales du Loiret.
  97. Archives départementales de l'Essonne.
  98. Ancienne commune de Seine-et-Marne (devenue Saint-Fargeau-Ponthierry en 1961), à environ 50 km de Puiseaux.
  99. La bataille de Verdun (Meuse), dura du 21 février au 19 décembre 1916, près de Verdun en opposant les armées française et allemande. Conçue par von Falkenhayn comme une bataille d'attrition pour « saigner à blanc l'armée française » sous un déluge d'obus dans un rapport de pertes de un pour deux, elle se révélera en fait presque aussi coûteuse pour l'attaquant : elle fit plus de 300 000 morts (163 000 soldats français et 143 000 allemands) et se termina par un retour à la situation antérieure. Wikipédia, mai 2011.
  100. André BÉRARD, Dictionnaire biographique des artistes français du XIIe au XVIIe siècles.
  101. Jules GUIFFREY, Artistes parisiens des XVIe et XVIIe siècles » et Histoire de la tapisserie depuis le moyen-âge jusqu'à nos jours.
  102. Ibid.1
  103. Léon LABORDE Les comptes des bâtiments du roi de 1528 à 1571, Vol. 1, 1877.
  104. Ibid. 97
  105. Société historique et archéologique du Gâtinais, Annales de la Société, T.9, 1891
  106. Félix HERBET, Extraits d'actes et notes concernant des artistes de Fontainebleau, 1911.
  107. Archives de Seine-et-Marne, B 432, f° 117.
  108. Cet espace constitue aujourd'hui le jardin anglais : abandonné après la Révolution, il a été recréé en 1812 par l'architecte Maximilien Joseph Hurtault selon les vœux de Napoléon Ier. Cependant, les lieux ont été aménagés dès le règne de François Ier, qui y avait fait élever un « jardin des Pins ». Ce jardin, connu par les planches de Du Cerceau comme le « jardin du Clos de l'Étang », était disposé à l'emplacement de l'ancien clos des religieux trinitaires. Un marché, passé en 1538 avec Claude de Creil prévoyait plusieurs travaux : l'accroissement d'un petit jardin cultivé, la plantation de vignes, de saules, et la semence de graines de pins. En 1535 déjà, deux laboureurs de Marrac, près de Bayonne, avaient apporté des essences de pins maritimes. Le roi l'embellit alors de deux fabriques : le pavillon de Pomone (pavillon de repos construit en 1530 à l'angle nord-ouest, orné de deux fresques de l'histoire de Vertumne et Pomone par le Rosso et le Primatice, qui fut détruit en 1566), et l'actuelle grotte du jardin des Pins. Même après la disparition de ces arbres, le nom lui est resté, et Henri IV y plante le premier platane, essence rare à l'époque. Plus nombreux aujourd'hui, les platanes côtoient plusieurs cyprès chauves. Le jardin est aujourd'hui composé de bosquets et d'une rivière artificielle. Les essences actuellement présentes dans le jardin sont composées notamment d'épicéas, de cyprès chauves, de tulipiers de Virginie et de Sophoras du Japon, dont les plus anciens datent du Second Empire. Le jardin est orné de plusieurs sculptures d'extérieur, parmi lesquelles deux copies d'antiques en bronze du XVIIe siècle : le Gladiateur Borghèse et le Gladiateur mourant, ainsi qu'une œuvre de Joseph-Charles Martin : Télémaque assis dans l'île d'Oygie. La grotte du jardin des Pins : cette grotte, accolée au pavillon d'angle sud-ouest de la cour du Cheval Blanc, caractéristique du goût pour les nymphées au XVIe siècle, présente des arcades à bossages rustiques soutenues par des atlantes se présentant sous la forme de satyres monstrueux ouvrant sur un intérieur autrefois orné de fresques (animaux en reliefs, cailloux, coquillages...) réalisées par le Primatice sous Henri II et aujourd'hui ruinées. Sa construction fut probablement due à l'intervention de Serlio ou du Primatice, avec peut-être la collaboration de Vignole, mais avec une influence certaine de l'art de Jules Romain. Fontaine Bliaud : située au milieu du jardin, au creux d'un bosquet, la fontaine Bliaud ou Blaut, appelée Belle-Eau dès le XVIe siècle et qui donna son nom au château, s'écoule dans un petit bassin carré à pans coupés. Wikipédia, mars 2011.
  109. Société historique et archéologique du Gâtinais, « Les officiers du château de Fontainebleau au XVIIe siècle », Annales, T. 11, 1893, gallica.bnf.fr
  110. Ibid. T. 9, 1891.
  111. Archives civiles de Seine-et-Marne, gallica.bnf.fr
  112. France, Ministère de l'instruction publique, Bulletin du comité des travaux historiques et scientifiques, 1883.
  113. Société historique et archéologique du Gâtinais - Annales, 1893, tome 11
  114. Nicolas BESONGNE, L'état de la France où l'on voit tous les princes, ducs et pairs, maréchaux de France et autres officiers de la couronne..., Paris, éd. A. Besongne, 1683
  115. Ibid. 113
  116. Ibid. 114
  117. HERBET Félix – Extraits d'actes et notes concernant des artistes de Fontainebleau (1911) Minutes Bellanger
  118. Ibid.
  119. Archives de Seine-et-Oise, Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790.- Archives civiles. Serie D. Rédigé par É. Coüard
  120. Gouvernante des enfants naturels de Louis XIV, elle devint secrètement son épouse après la mort de la reine en 1683. Wikipédia, mars 2011.

 4 - Bibliographie

  • Archives civiles du Cher, inventaire rédigé par H. BOYER
  • Archives civiles de Seine-et-Marne.
  • Archives de Seine-et-Oise, inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, archives civiles, rédigé par É. Coüard.
  • Archives départementales de l'Essonne.
  • Archives départementales du Loiret.
  • Archives départementales de Seine-et-Marne.
  • Archives nationales.
  • BABAULT, Annales dramatiques ou Dictionnaire général des théâtres par une société de gens de lettres, 1808.
  • BAPST Germain, Inventaire de Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France, 1883
  • BEAUVOIR Roger DE (publiés par), Mémoires de Mademoiselle Mars (de la Comédie française), Paris, Gabriel Roux et Cassanet, 1849.
  • BÉRARD André (1806 – 1873), Dictionnaire biographique des artistes français du XIIe au XVIIe siècles.
  • BESONGNE Nicolas, L'état de la France où l'on voit tous les princes, ducs et pairs, maréchaux de France et autres officiers de la couronne..., Paris, éd. A. Besongne, 1683, édité en ligne par C. zum Koll dans le cadre du projet « Curia », Centre de recherches du château de Versailles, 2009.
  • BESONGNE Nicolas, L'état de la France où l'on voit tous les princes, ducs et pairs, maréchaux de France et autres officiers de la couronne..., Paris, éd. A. Besongne, 1697, Internet Archives
  • CAMPARDON Louis Émile, L'Académie royale de musique au XVIIIe siècle,1884.
  • CHATEAUBRIAND, François René (vicomte) DE, Mémoires d'outre-tombe.
  • CHAUDON Louis Mayeul (1737-1817), Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique, 1810
  • COLBERT Jean-Baptiste, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, publiés d’après les ordres de l’empereur sur la proposition de son excellence M. Magne, ministre secrétaire d’Etat des Finances par Pierre Clément, membre de l’Institut. Paris, Imprimerie impériale, 1861-1873, 10 vol.
  • FENAILLE Maurice (1855 – 1937), État général des tapisseries de la manufacture des Gobelins depuis son origine à nos jours 1600 – 1900, éditions Hachette.
  • France, Comité des travaux historiques et scientifiques, Bulletin archéologique du comité, Volume 1890
  • France, Ministère de l'éducation nationale, Société des beaux arts du département (de Seine-et-Marne),Vol. 16
  • France, Ministère de l'instruction publique, Bulletin du comité des travaux historiques et scientifiques, 1883.
  • France, Société des Antiquaires de France, Bulletin de la Société.
  • FUCHS Max, La vie théâtrale en province au XVIIIème siècle : lexique des troupes de comédiens du XVIIIème siècle, Genève, Slatkine reprints, 1976, (réimpression des éditions de Paris 1933 et 1944).
  • GARRIGUES Dominique, Jardins et jardiniers de Versailles au Grand Siècle, éditions Champ Vallon, 2010
  • GONCOURT Edmond DE, Les actrices du XVIIIe siècle : La Guimard, d'après les registres des menu-plaisirs de la Bibliothèque de l'Opéra, etc, etc..., Paris, Bibliothèque Charpentier, 1893.
  • GUIFFREY Jules, Artistes parisiens des XVIe et XVIIe siècles, édition Imprimerie nationale.
  • GUIFFREY Jules, Histoire de la tapisserie depuis le moyen-âge jusqu'à nos jours, 1886.
  • GUILLARD Yves, État actuel des recherches sur les danses de caractères dans le domaine français, 1997, édition Armand-Colin, Ethnologie française.
  • HERBET Félix, Extraits d'actes et notes concernant des artistes de Fontainebleau, 1911.
  • LABORDE Léon (1807–1869), Les comptes des bâtiments du roi de 1528 à 1571, 1877.
  • LACORDAIRE Antoine Louis, Notice historique sur les manufactures impériales de tapisseries des Gobelins, 1885, gallica.bnf.fr.
  • NIVELON Claude , Vie de Charles Le Brun et description détaillée de ses ouvrages, édition critique et introduction par Lorenzo PERICOLO, Droz, 2004.
  • PARFAICT François, Mémoire pour servir l'histoire des spectacles de la foire, par un acteur forain, 1743.Société historique et archéologique du Gâtinais, Annales de la Société.
  • THOISON Eugène, Notes et documents sur quelques artistes se rattachant au Gâtinais - 1ère série Paris, Plon, 1900 ; 2ème série, 1903.

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