Louis Marie RUMAL
Louis Marie RUMAL
  • Né le 8 octobre 1887 (samedi) - Ploemeur, 56270, Morbihan, Bretagne, France
  • Décédé le 27 avril 1915 (mardi) - Voor de Kust van Castrignano del Capo(Italie) / Au Large de Castrignano del Capo (Italie), , , , Op Zee / En Mer,à l'âge de 27 ans
  • Inhumé - Castrignano del Capo, 73020, Lecce, Puglia, Italia
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A participé à la Grande Guerre, mort le 27/04/1915

Que s'est-il passé ce jour là ?
Unité(s) : Marine
Domicile lors de la mobilisation : Ploemeur (56)

 Union(s), enfant(s), petits-enfants et arrière-petits-enfants

 Notes

Notes individuelles


Maitre -Charpentier au bord du Leon Gambetta. Matricule 7407 au recrutement a Lorient. MORT POUR LA FRANCE dans la perte du Leon Gambetta. Transcrit a l' Etat Civil de Brest le 25/07/1916.

Décès

Au cours de la nuit du 26 au 27 avril 1915, la ligne de surveillance des quatre croiseurs français qui effectuaient le blocus de l’Adriatique allait de Cap Dukato (Iles Ioniennes) à Santa Maria di Leuca, située à l’extrémité du talon de la péninsule italienne. Ces navires étaient le Victor Hugo, le Jules Ferry, le Waldeck Rousseau et le Léon Gambetta ; ce dernier avait comme tâche le contrôle du secteur de Santa Maria di Leuca.

Le croiseur, lancé en 1901, était armé de 4 canons de 194 mm, 16 de 164 mm et 22 de 47 mm. En revanche, les défenses et les systèmes de protection contre les sous-marins laissaient à désirer. Le lieutenant de vaisseau Giraud avait bien inventé une grenade sous-marine qui pouvait exploser à la profondeur désirée, mais elle n’avait pas encore été distribuée. Bien pire encore, les gilets et les ceintures de sauvetage étaient distribués avec parcimonie. La marine britannique, de son côté, avait adopté un modèle en caoutchouc beaucoup plus efficace.

La fin du Léon Gambetta fut la chronique d’une mort annoncée: quelques minutes après minuit, le navire croisa la route du sous-marin autrichien U5. Ce sous-marin Holland construit à Fiume était, même pour les critères de l’époque, un sous-marin mal conçu et peu efficace. Son commandant était le lieutenant de vaisseau Georg von Trapp. L’U5 était parti de Cattaro le 24 avril. L’équipage était composé du commandant, d’un deuxième officier et de 14 sous-officiers et marins. Il n’était pas équipé de radio, sa mission était de longer les côtes du Monténégro et de l’Albanie, à la recherche de navires à couler.

Lorsque la vedette du sous-marin découvrit la silhouette du croiseur français, le sous-marin se mit aussitôt en immersion, à huit mètres. À 00 h 20, le croiseur se trouvait à 4.000 mètres du sous-marin. À 00 h 35, le Léon Gambetta n’en était plus qu’à 1.500 m. À 00 h 38, la distance était de 600 m. Le commandant du sous-marin fit sortir le périscope, afin de pouvoir effectuer la visée finale. Deux torpilles furent lancées l’une après l’autre à 00 h 40.

La première explosa à la hauteur de la paroi qui séparait les dynamos de la salle des machines, la deuxième à l’arrière de la passerelle. Le croiseur s’inclina aussitôt de 15° à bâbord. Les tirs avaient porté un coup fatal au croiseur, mettant hors d’usage l’alimentation électrique et les chaudières du navire. Pire encore, il était impossible de lancer un SOS par radio, car les explosions avaient endommagé l’antenne de transmission.

Plusieurs dizaines de marins restèrent bloqués dans les entrailles du navire, dans la plus complète obscurité. À cause de la forte inclinaison, il était presque impossible de mettre à l’eau les chaloupes de sauvetage du croiseur et une fois dégagées, les chaloupes se fracassèrent sur le pont, causant la mort de plusieurs marins.

Les survivants jetèrent à la mer tous les morceaux de bois qu’ils pouvaient trouver, dans l’espoir de pouvoir s’y agripper une fois que le croiseur aurait coulé. Par miracle, il fut possible de mettre à la mer la chaloupe numéro 2, mais elle était prévue pour accueillir seulement 58 personnes …

Au bout de trois minutes, l’inclinaison du navire était déjà de 30 degrés. Neuf minutes après avoir été touché, le croiseur se retourna. Par surprise, le lieutenant de vaisseau Chédeville réussit à enfiler une bouée de sauvetage à l’amiral Sénès, espérant ainsi le sauver. Aux cris de « Vive la France» et en entonnant des chansons patriotiques, l’équipage se jeta à la mer.

Tandis que le croiseur s’enfonçait rapidement dans les flots, les hommes de la chaloupe numéro 2 recueillirent les marins tombés en mer : 70, 80, 90 puis 108 se retrouvèrent à bord … Le niveau de la barque baissa dangereusement mais fort heureusement, cette nuit-là, la mer était très calme.

Plus de 500 marins moururent dans la nuit à cause d’hypothermie et de fatigue. Les naufragés n’avaient guère de possibilités d’être secourus : les autres navires ne savaient rien du torpillage, étant donné que les communications radio étaient habituellement interrompues dans la nuit.

Inhumation

Le cimetière de Castrignano

Au cours de la nuit du 26 au 27 avril 1915, le croiseur français Léon Gambetta, navigant à une faible distance des côtes des Pouilles, à l’extrême sud de l’Italie, était coulé par deux torpilles tirées par le sous-marin autrichien U5. Des 821 officiers et marins qui composaient l’équipage, seuls 137 survécurent au naufrage. 108 marins réussirent à rejoindre le port de Santa Maria di Leuca qui se trouvait à une trentaine de miles nautiques du naufrage à bord de la chaloupe n°2. Les navires italiens envoyés aussitôt sur les lieux du drame ne purent récupérer que 29 survivants et recueillir 58 corps de marins, dont celui du contre-amiral Sénès, commandant de la 2ème Division Légère de l’Armée navale.

Ces 58 corps furent enterrés dans le petit cimetière de Castrignano au cours d’une cérémonie à laquelle participèrent des représentants officiels italiens et les survivants du Léon Gambetta.

Enterrés à l’origine dans des tombes individuelles, les marins ont été transférés à une époque indeterminée dans une chapelle intitulée aux “Eroi francesi” de Castrignano, les Héros français.

Fait assez rare pour le signaler, cette chapelle est extrêmement bien conservée et entretenue, comme le montrent les photos de cette page.

L’intérieur, très sobre, est tapissé de plaques de marbre gris portant le nom des officiers, sous-officiers et marins reposant dans cette chapelle, tandis qu’une plaque plus importante rend hommage au contre-amiral Sénès, donc le corps fut transféré à Toulon en 1918.

Une simple croix de bois, quelques fleurs et une prière écrite par les enfants de l’école primaire locale sont les seuls ornements de cette chapelle.

Voici la liste des morts de la chapelle :

contre amiral Victor Baptistin SENES

capitaine de frégate Pierre Ferdinand Edouard HERAUD

lieutenant de vaisseau Eugène Louis Désiré CHEDEVILLE

lieutenant de vaisseau Joseph Marie Gabriel FAY

lieutenant de vaisseau Marie Joseph Etienne Louis BOYER

lieutenant de vaisseau Joseph Charles Paul ROUSSEL

mécanicien principal de 1re classe René Joseph PIRIOU

médecin de 1re classe Lucien Charles Henri GUILGUET

enseigne de vaisseau de 1re cl. Joseph WACHOWSKY

enseigne de vaisseau de 1re classe Paul BOISSON

enseigne de vaisseau de 2e classe Marius César SEREN

élève commissaire Emile Marius Marie BUNOUST

premier maître charpentier Yvon Marie SINTIC

premier maître fourrier Pierre VINCENTELLI

maître canonnier Isidore Louis François LEBESLOUR

maître électricien Vincent Marie LE DERFF

maître fourrier François BATTESTINI

maître fusilier Louis François Marie LE BIHAN

maître torpilleur Jean Louis MARTIN

maître mécanicien Simon Joseph Désiré LE BOUC

maître chauffeur André GILLET

maître chauffeur Pierre Marie LE MOULLEC

maître chauffeur François Marie CONQUER

second maître canonnier Yves KERBERENES

second maître canonnier Benjamin SICHE

quartier maître canonnier Louis Jean Marie GUEVEL

quartier maître canonnier Charles Marie LE GALL

matelot de 2e classe canonnier Nonce Marie NICOLINI

aide-canonnier GIRARDI

agent de service civil Adrien Arthur MICHEL

second maître fusilier François Marie AUDIC

quartier maître fusilier Jean LE GALL

matelot de 2e classe fusilier breveté Georges GUYADER

second maître chauffeur Jean DENNIELOU

quartier maître chauffeur Jean Marie LE LANN

quartier maître chauffeur Jean Marie Salomon LE GOFF

second maître électricien Yves Marie LE MANACH

second maître électricien Joseph RUNARVOT

matelot de 2e classe électricien Marcel Paul HUOT

second maître de manœuvre Pierre Marie CONAN

second maître charpentier François LE BRIS

quartier maître charpentier Louis Marie RUMAL

quartier maître fourrier Charles Laurent KERLOCH

matelot de 2e classe boulanger Fernand VINCENS

matelot de 3e classe Edouard Marius LIONS

matelot de 3e classe Charles Corentin RIOUAL

matelot de 3e classe Ange Jean Marie Joseph EVENNO

matelot de 3e classe Pierre Marie JESTIN

matelot de 3e classe dispensé Gabriel Marie DUPLAT

matelot de 3e classe Gabriel Henri DUBOIS

matelot de 3e classe François Guillaume CABON

second maître mécanicien Joseph Louis AUFFRET

second maître mécanicien Alexis Maurice Marie QUEREL

second maître mécanicien Léopold Clément GOSSELIN

second maître mécanicien Eugène François Malo GANDU

quartier maître mécanicien Gaston Louis REYNIER

matelot de 1ère classe mécanicien Louis BASTIER

matelot de 2e classe mécanicien François FAVIER

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