Familjekrönika



 AU PIED DE MON ARBRE...


 UN HÉRITAGE INFINI DE CONNAISSANCES, COUTUMES, ANECDOTES OU ARCHIVES : EN PASSANT PAR LES SITES EXCEPTIONNELS DE NOS RACINES A QUELQUES BRINS D'HISTOIRES

Passé, présent, futur,
Comment écrire l’Histoire de nos aïeux trépassés,
Dont l’empreinte ruisselle dans nos veines,
Dont le courage nous a fait naître libres,
Dont la mémoire nous enseigne parfois à mieux comprendre la trame des événements du jour,
Dont l’étude nous permet, de générations en générations, de tirer les leçons pour ne plus conjuguer avec l'imparfait ?

Sylvie Roujon

Summering

 1 - Nos racines : les cailloux mouchardent tout

S'il est un sentier à explorer pour partir à la recherche de notre histoire, il ne peut être qu'existentiel. Que serions-nous donc sans la géologie, la science des sorciers qui savent faire parler les cailloux.

Au commencement, une planète. Minuscule au sein de notre système solaire mais magnifique : une petite planète bleue âgée de plus ou moins 6 milliards d'années, unique, inimitablle à avoir réuni les ressources que chacun d'entre nous a besoin pour vivre...

 1.1 - En route pour Rodinia

Les études scientifiques ont permis d'identifier qu'au Précambrien, notre planète ne comptait qu'un seul et unique "supercontinent" appelé Rodinia qui commença à se scinder, vers - 750 à - 600 millions d'années, en six grandes plaques tectoniques continentales distinctes.
La géographie de ces périodes reculées reste incertaine, car les indices manquent, peu de roches datant de ces périodes on été conservées à la surface du globe. Mais nous savons qu'en phase de fragmentation des plaques tectoniques continentales (phénomène de distension), se produit une intense activité volcanique. La croute terrestre se recouvre ainsi de roches volcaniques (ou granitiques : résultat du refroidissement lent, en profondeur, de grandes masses de magma).
Un granite est une roche polyminérale qui est constitué de trois sortes de minéraux : le feldspath, le quartz et du mica.

Cette activité volcanique rejette dans l’atmosphère le CO2 prisonnier du manteau et par effet de serre, fait augmenter la température moyenne de la planète. Ce qui a permit la naissance des premières formes de vie, des animaux primitifs inféodés au sol (ne pouvant se déplacer) : éponges, coraux solitaires ou coloniaux...

 1.2 - A l'ère primaire, du Paléozoïque, il y a 545 millions d’années

Trilobite_Arthropode_famille_paradoxides_datant_Paleozoique_Cambrien_moyen.jpg La Terre se réchauffe, la faune se diversifie, de grands amphibiens et de gros reptiles apparaissent (incluant les ancêtres des dinosaures). La vie marine est aussi riche en mollusques et est, pour l'instant, le seul domaine où se développe la flore. Un groupe d'arthropodes (ancêtre des insectes et des crustacés) doit être cité : il s'agit des trilobites. Ils sont non seulement les 1er de leur ligné mais aussi les 1er animaux à avoir des yeux. Ils connaîtront un grand succès et seront présents pendant tout le paléozoïque. (cf photo ci-contre : un Trilobite).
Mais, dans l'histoire de l'évolution de la vie sur Terre, la fin de cette ère se terminera par la plus massive des extinctions d'espèces vivantes : près de 70% des espèces terrestres ainsi que 90 à 95% de la vie marine : d'étranges créatures qui n'ont pas d'équivalent actuellement (dont on retrouve de nombreux fossiles à coquilles dures).

 1.2.1 - La naissance géologique d'un territoire : le Massif Central

La_Terre_il_y_a_500_MA_CAmbrien.jpg Paradoxalement, c'est à cette même période, du Cambrien, vers - 500 millions d’années, que débute l'histoire du Massif Central : sur cette planète, deux plaques continentales se fractionnement et se séparent : l’Afrique au Sud et l’Europe au Nord. Entre ces deux continents se forme un territoire que l'océan envahit peu à peu. C'est à cet endroit que se trouve l'actuel emplacement du Massif Central.
Le domaine ou plancher océanique, composé de roches ultrabasiques et volcaniques se recouvre doucement d'importantes couches de sédiments océaniques : argiles, sables, …

Plateau_1.jpg Au Silurien, entre - 445 et 425 millions d’années, la dérive de ces deux continents s'inverse pour se resserrer, conduisant à la disparition progressive de l'océan. Le plancher océanique s'enfonce sous la plaque européenne (phénomène de subduction) entrainant avec lui des fragments de continent africain. cephalaspis_un_des_1er_poissons_sans_machoire.jpg

Les premiers poissons (avec ou sans mâchoire) apparaissent. (cf photo ci-contre : un Cephalaspis sans machoire)

Plateau_2.jpg Au Dévonien, entre - 425 et 340 millions d’années, la métamorphose se poursuit et ces deux mêmes plaques continentales entrent "en collision". De vastes surfaces s'empilent (se chevauchent). La croute continentale s'épaissit considérablement, se soulèvent et font surgir le socle granitique sous forme de hautes montagnes : c'est la naissance de la chaîne hercynienne (varisque ou orogenèse hercynienne) qui couvre, entre autres, une grande partie de l’Europe Occidentale (ses plus hauts sommets pouvaient culminer à près de 5 000 mètres d’altitude). Lors de ces intenses déformations, des ensembles de couches géologiques se décollent du socle et se déplacent sur de très grandes distances (nappes de charriage).

En France, la chaîne hercynienne est la base (socle granitique) de la Chaîne (ou Massif) Alpine (achevé il y a entre 25 à 10 millions d’années), du Massif des Pyrénées (achevé il y a 10 millions d’années), des Vosges, du Massif bohémien, du Massif Armoricain, de l'Oural, des Ardennes et de la Corse. On retrouve des portions de ces montagnes hercyniennes aux États-Unis (chaîne des montagnes des Appalaches dans l’est du pays...).

La_Terre_il_y_a_340_MA_CArbonifere.jpg Au Carbonifère, entre - 340 et 300 millions d’années, l'enfoncement mit en place à partir du Dévonien continue de s'étendre provoquant de grands cataclysmes (terrains métamorphisés).
L’action conjuguée de l'énorme pression exercée et de la température (échauffement provoqué par la très grande énergie qui en est générée) lors de ce métamorphisme (changements) de courte durée, transforme la nature même des roches qui fondent en "magma" (réactions de fusion) pour devenir ensuite des roches reliques dures qui cristallisent entre 3 à 5 km de profondeur : roches cristallines métamorphiques.
Témoin des profondes transformations qu’elles ont subies, la structure de ces roches ressemble à un "mille-feuilles" dans lequel on retrouve des centaines de fossiles. Ce sont les schistes, micaschistes, gneiss et granites déformés : plateaux de Millevaches et du domaine Cévenol ; Éclogites et roches ultrabasiques du Haut Allier ; terrains granitiques du Lyonnais, du Ruthéno-Limousin, de la Margeride et de plus des trois quarts de la Lozère, des Echassières et de la vallée du Lot.

La croute terrestre surchargée devient instable et, en contrecoup, se fissure et s’effondre : ce sont les grands systèmes de failles qui s’établissent vers - 340 Ma (faille de la Moyenne Durance et la plupart de ses voisines : faille des Cévennes, de Nîmes, de Salon...).
Par des mouvements horizontaux (séismes) à l'intérieur de l'écorce terrestre, ces grandes fractures enfouissent certains territoires, alors que d'autres sont plissés.

Plateau_3.jpg Vers la fin de l’ère primaire, à partir de l'époque géologique du Carbonifère Supérieur (Permien), il y a 300 millions d’années et pendant plusieurs centaines de millions d’années, le Massif Central subit une érosion intense, due en grande partie à des pluies diluviennes. Ce qui provoque l’étalement du relief (Plateau des Dômes...).

Grâce au climat humide et chaud, la végétation, représentée au début de l’ère par quelques plantes proches des algues, devient prodigieuse et envahit les continents.
D'importantes forêts équatoriales s'installent dans les bassins localisés le long des grandes fractures, favorisées par le ruissellement de pluies qui y règne.
Toute cette activité enrichit l'atmosphère en oxygène, préparant ainsi la sortie des animaux des eaux.

 1.3 - A l'ère secondaire du Mésozoïque, il y a entre -300 et -250 millions d’années

1_Histoire_geologique_du_massif_central.jpg Il y a entre 300 et 250 millions d’années, au début de l’ère secondaire du Mésozoïque (aussi nommée âge des dinosaures car c'est l'ère où ils vont apparaître), la totalité des terres ayant dérivé les unes par rapport aux autres, se rassemble à nouveau dans un "supercontinent" unique : la Pangée. Ce "supercontinent" se fragmente (subdivision) à son tour, entre - 200 à -145 millions d'années et crée 12 plaques principales. Une nouvelle dérive des continents commence.

Erosion_de_la_chaine_hercynienne_.jpg

Au Trias, 1ère période du Mésozoïque, de - 251 à - 200 millions d'années, l'érosion intense du Massif Central se poursuit et cette chaîne de montagnes devient peu à peu un vaste plateau à peine ondulé qui reste majoritairement exondé (émergé). Pendant cette période la végétation n’est plus aussi exubérante : conifères et arbres à feuilles caduques voisinent avec les palmiers.
Des "bassins" continuent de travailler en extension et se remplissent de sables colorés par des oxydes de fer qui donnent des bancs de grès rouges : terrains spectaculaires gréseux et argilo-gréseux à la couleur de "rouille". Cette roche tendre sera utilisée dans la construction des habitats sur les rives du Lot (BANASSAC, LA CANOURGUE - 48...) ou pour produire la céramique sigillée dans les ateliers de production de la région de BANASSAC en Lozère. Les Rougiers comme celui du Vallon de MARCILLAC - 12 ou celui de Camarès sont enclavés entre les Monts de Lacaune (couvrent une partie du Tarn, de l'Aveyron et de l'Hérault) et du Lévezou en Aveyron. Avec la poterie, la ville de MILLAU - 12 a su également dès l'antiquité, profiter des avantages que lui procurait le Causse Rouge (banc de grès rouges qui jouxte la porte Nord de la ville)...

 1.3.1 - La Naissance des Causses (occitan languedocien qui désigne des terrains calcaires)

Formation_de_la_Mer_Jurassique_.jpg
Pendant la période Jurassique, de - 200 à - 145 millions d'années, un affaissement se produit au sud du Massif Central, entre la Montagne noire et les Cévennes. Le Massif Central (et presque tout le Gévaudan) est progressivement envahi par une mer tiède et peu profonde : la Mer Jurassique qui restera pendant plus de 100 millions d’années.

Sous un climat chaud, des formations sédimentaires d'argile, de calcaire et de dolomite (dépôts alluviaux de l’Allier et de la Loire dus à l’érosion des principaux reliefs) et de sédiments organiques se déposent au fond de la mer et s’empilent en strates superposées sur le socle granitique : dépôts marno-calcaires des Avant-Causses surmontés de ceux des Grands Causses formés de calcaires massifs. Après le retrait de la mer, les premiers seront érodés en pentes adoucies dominées par le relief tabulaire des seconds le calcaire des Causses. L'épaisseur de ces couches rocheuses peuvent atteindre de 650 jusqu'à 1500 mètres de profondeur par endroits (Causse Méjean).

Le calcaire est une roche de couleur grise, lisse est compacte, monominérale (un seul genre de minéraux) qui est constitué d'une myriade de très petits cristaux de calcite.
La dolomie est une pierre calcaire de couleur ocre, rugueuse qui a une composition chimique particulière : les ions calcium ont été remplacés par des ions de Magnésium (ne me demandez fichtre pas pourquoi). Le carbonate de magnésium donne la particularité d'être beaucoup moins soluble que la calcite des calcaires ordinaires (carbonate de chaux soluble très soluble).

 1.4 - A l'ère tertiaire, du Cénozoïque, de - 65 millions d’années jusqu'à - 1,8 millions d'années

Socle_Massif_Central_.jpg A la 1re période de l'ère tertiaire : le Paléogène (il y a entre - 65 à - 56 millions d’années), le glissement de la plaque africaine sous la plaque européenne (dérive des continents) se poursuit jusqu'à occuper leurs emplacements actuels (le phénomène reste toujours d'actualité). Il provoque un nouveau choc qui sera suivi d'un plissement et d'un soulèvement général du bloc occidental.
C'est l'orogenèse alpine qui donne naissance à une chaîne de hautes montagnes qui va du Portugal à l'Europe centrale et crée au passage, la Mer Méditerranée. C'est aussi la période de la disparition des dinosaures.

Surelevation_des_Causses_.jpg
A partir de l’éocène, il y a 40 à 30 millions d’années, le soulèvement des Alpes et des Pyrénées ébranle le Massif Central qui à son tour se soulève et bascule. Les immenses et arides plateaux karstiques (calcaires) du Gard, de l'Aveyron et de la Lozère sont poussés vers le haut. La Lozère y gagne le titre du département français à l'altitude moyenne la plus élevée : 1000 m (allant de 800 à 1699 m pour le Mont Lozère qui donnera le nom au département en 1793).


Paroxysme alpin : environ entre les -40 et -25 derniers millions d’années, les contrecoups des deux phénomènes de l'orogenèse alpine et du soulèvement et basculement des Alpes vont en parallèle, amincir (étirer et distendre) la croûte terrestre qui se morcelle (vaste série de fracturations observée dans toute l’Europe de l’Ouest, du Massif Central jusqu’à la Bohème, en République Tchèque). C’est ce que l’on appelle le rift ouest-européen.

Le Massif Central est compartimenté, comprimé (pris en étau) et cisaillé (fracture du socle calcaire) en plusieurs grandes parties. Une de ses fractures le traverse verticalement et fait d'ailleurs partie des fractures qui sont dites "majeures". Comme toutes ces impressionnantes fissures, elles sera toujours une zone de faiblesse au cours du temps.
Ce qui donnera lieu, par la suite, à une évolution tout à fait différente entre le Nord et le Sud.

Il y a 6 millions d'années, le sol s'affaisse entre deux failles parallèles et forme, par exemple, la reculée (cirque) de SAINT SATURTNIN DE TARTARONNE.
Les gorges de l'Aveyron sont nées d'une flexure : c'est un pli marqué mais qui n'a pas cassé au point de devenir une faille explique l'encaissement de l'Aveyron.

L'affaissement et l'effondrement de plusieurs kilomètres en profondeur de la croûte terrestre donne naissance aux grands fossés sédimentaires d'effondrement (tectoniques). Ces grands bassins déjà fortement érodés se situent au niveau de la mer et sont envahis par des lacs. Ils se remplissent peu à peu des produits d’érosion des compartiments soulevés avec une sédimentation épaisse de marnes riches en fossiles (roche sédimentaire, mélange de calcaire - CaCO3) et d'argile).
Sur les bords de ces lacs, les lagunes regorgent de vie : algues, roseaux, joncs, palmiers, crocodiles et tortues.

La marne est extraite depuis l'âge de bronze, sous forme de blocs de pierre pour la construction, pour la production de chaux, depuis l'époque gauloise puis, plus tard, pour l'amendement des sols agricoles acides, pour assainir les murs intérieurs et extérieurs des maisons lors des pandémies de peste.... Avec l'épuisement des carrières en marne de qualité, la faible dureté du matériau, sa mauvaise résistance et, depuis peu, le phénomène des pluies acides qui lui est un redoutable ennemi, son usage est progressivement abandonné et n'est plus, aujourd'hui, réservé qu'à la restauration des prestigieux bâtiments.

massif_central_sillon_houiller_Ghzeliens_et_permiens_le_long_des_grandes_failles.jpg
Les forêts équatoriales situées tout le long de la plus importante des grandes failles, dans le terrane du Massif Central, vont être enfouies dans des "dépressions".
L'accumulation de ces débris végétaux dans les bassins ghzéliens, à l'abri de l'air, sous une masse importante d’alluvions provoquera une fermentation, qui assistée de l’érosion sera à l’origine du sillon houiller (gisements de charbon qui seront exploités à la révolution industrielle).
Bassins de Saint-Etienne, Alès, Messeix, St Eloy les Mines, Buxières les Mines, Decazeville-Cransac-Aubin-Viviez-Firmi

Grâce au jeu de l'érosion qui a décapé les roches sus-jacentes, les roches métamorphiques et de magmas granitiques de 2ème génération jusqu'alors enfouies sont poussées en surface vers le haut le long des failles et affleurent de nouveau. Concentrés sur quelques bassins secondaires au pied de certaines failles, les dépôts de l'ère tertiaire sont peu nombreux. Le Massif Central est une des plus grandes zones d'affleurement hercynien continu (il s'étend sur plus des trois quarts de la Lozère).

En certains endroits affleure une couche de "calcaire à chailles" (roche siliceuse "apparentée" au silex, généralement de couleur claire, que l'on trouve dans les calcaires du jurassique), qui présente la particularité d'être légèrement acide du point de vue chimique et non plus neutre. Ces zones sous souvent matérialisées dans le paysage par la présence genêts purgatifs, espèce préférant les milieux plutôt acides et donc en principe, absente des plateaux calcaires. La "chaille" se créé lors de la diagenèse (formation de la roche) dans certains endroits localement plus riches en silice. L'agriculture a exploité cette différence car les calcaires à Chailles semblent meilleurs pour le Seigle, et les calcaires ordinaires accueillent bien le blé.

 La serpentine

Montagne Serpentinite : le Puy de Wolf Bassin en Serpentinite COUR EXTERIEURE DU cloître de l'abbaye de Conques Vue aérienne du Puy de Wolf Terrains géologiques Puy de Wolf
La serpentine est une famille de minéraux du groupe des silicates, la roche correspondant à sa famille est la serpentinite. Les serpentinites sont majoritairement constituées constituées par la superposition de feuillets de serpentine mais contiennent souvent d'autres phyllosilicates hydratés, notamment du talc : elles sont alors tendres (et douces au toucher) donc faciles à travailler (même avec des outils utilisés pour le bois) et résistantes au feu (infusibles). On parle de pierres "ollaires" (du latin olla, pot) parce que faciles à évide : les romains en faisaient des pots, des marmites, des vases ou des poêles. Utilisée en joaillerie comme pierre taillée ou en sculpture, comme pierre ornementale, plusieurs gisements de serpentinite ont été exploités en Limousin, en Auvergne (Roquetanière, Cantal 15) ou en Aveyron, pendant le Moyen Âge et la Renaissance.
Dans l'antiquité, on croyait au pouvoir des amulettes en Serpentine contre les morsures de serpent. Selon Galien (médecin grec installé à Rome pendant l'Antiquité), une fois broyée et bue mélangée avec du vin blanc, elle détruit les calculs de la vessie...

Le Puy de Volf à Firmi (12) est le massif de serpentinite le plus important d’Europe - Altitude : 596 m. Cet affleurement de roche plus ou moins vert sombre et brillante est un vestige du plancher océanique vieux de 400 millions d’années. Il s’enfonce de plusieurs centaines de mètres dans le sol.
Cette énorme protubérance rocheuse est une klippe (partie d'une nappe de charriage isolée de l'érosion) de la chaîne hercynienne (manteau terrestre) érigée vers par un chevauchement -320 à -300 Ma puis fortement érodée par la suite par son entrée en contact avec l'eau. Ces flancs sont très arides mais il y pousse malgré tout une flore spécifique des milieux rocheux à serpentine, d'espèces rares, voire absentes ailleurs et protégées, s'étant de longue date adaptées à ces conditions difficiles (maigres landes et broussailles).
Photos de gauche à droite :
- Photo du Puy de Wolf.
- Magnifique bassin du cloître de l'abbaye de CONQUES (12), que les moines taillèrent, à la fin du XIe siècle, dans un bloc de serpentinite provenant du Puy de Wolf.
- Vue aérienne où l'aridité du Puy de Wolf tranche sur les forêts ou les prairies environnantes.
- Le long d'une faille centrale, la tache verte représente la serpentine, située entre les terrains houillers, figurés en marron, datant du Stéphanien, dernier étage de la période carbonifère, vers la fin de l'ère primaire (-290 à -280 Ma) et les roches métamorphiques primaires (gneiss et micashistes) du socle hercynien (partie supérieure droite).

 La Limagne d’Allier

Au néogène (- 23 millions d'années à - 1,8 Millions d'années), ces lacs disparaissent et laissent la place à des plaines inondées de cours d’eau (drainées par l'Allier) qui aminciront très fortement la lithosphère mantellique caractérisant ainsi l'évolution tectonique qui forme les limagnes (la Limagne d’Allier, Bassins du Cher - région de Montluçon, d’Ambert-Arlanc / plaine d’Ambert, Saint-Flour, Aurillac et Le Puy en Velay).

Faille_de_Limagne_Puy_de_Dome.jpg
Née du rift ouest-européen, la faille de Limagne est alignée parallèlement à la Chaîne des Puys. Au nord du Massif Central, elle s’étend sur près de 30 km de long, depuis Enval jusqu’à Ceyrat en passant par Sayat et Royat. Sorte de mur végétal de 700 mètres de haut, dans trois départements de la région de l'Auvergne (Allier, Puy-de-Dôme et Haute-Loire). Sa profondeur maximale est atteinte à Riom : sous les sédiments se trouve un enfoncement de 3 000 mètres.
Elle marque la séparation entre le plateau des Dômes et la plaine de Limagne où se situe la ville de Clermont-Ferrand. Si l’extension ne s’était pas stoppée, la partie supérieure de la croûte se serait totalement déchirée et un océan serait né à la place de l’actuelle plaine de la Limagne.

Situé à un niveau proche de celui de la mer, le fossé de la Limagne se remplit de faibles quantités d’eau. Pendant des millions d’années, des sédiments viennent peu à peu s’ajouter et comblent lentement le fossé. Alors que la phase de sédimentation se termine vers -25 Ma, la hauteur totale des sédiments atteint près de 3 000 mètres de haut. Ils se retrouvent au même niveau que le plateau des Dômes et l’eau s’y est entièrement retirée.
En parallèle, un volcanisme antérieur à la Chaîne des Puys voit le jour sur la zone de sédiment. Le puy de Crouel, Gergovie ou encore Montrognon entrent en éruption. Vers -3 à -1 Ma, le socle et les sédiments se soulèvent ensemble, provoquant alors un processus d’érosion intense qui s’étend sur deux millions d’années environ et enlève en hauteur plus de 500 mètres de sédiments.
Au début du Quaternaire (-1,8 Ma), la faille est dégagée par l’érosion pour donner le paysage que l’on connait aujourd’hui. Des sédiments sont toujours présents, l’érosion n’ayant pas tout enlevé : ils donnent toute sa fertilité à la vaste plaine de Limagne qui occupe l’emplacement du fossé d’effondrement. Préservée par son dénivelé important, la ligne de faille a conservé un caractère sauvage, favorable à une grande richesse biologique. Ce relief constitue par ailleurs une limite naturelle à la progression de l’urbanisation qui vient buter sur cette frontière géologique.

Le phréato-magmatisme récent de Limagne (- 90.000 ans environ) provoqua la formation des Maars de Saint-Hyppolite et de Clermont-Ferrand. Ce sont des cratères formés par des éruptions explosives, entourés de débris éjectés et souvent remplis par des lacs. La nouvelle rencontre du magma basaltique et de l’eau conduit à un système éruptif explosif fragmentant à la fois les anciens dépôts marno-calcaires et les juvéniles (magma frais), conduisant à la formation d’une roche originale et unique en France constituée d’un mélange de basalte et de calcaire (pépérite).

 1.4.1 - La Naissance des Volcans d'Auvergne

A la faveur des fissures le magma remonte : par l'inversion du relief et une importante phase magmatique, les premiers volcans d'Auvergne surgissent à la fin du Tertiaire (65 millions d'années pour les plus anciens). Ce sera la période la plus intense du volcanisme auvergnat. Ces volcans eurent des éruptions si violentes (aux indices d'explosibilité de 7 sur une échelle de 0 à 8) qu'ils ont probablement eu des répercutions planétaires.

L’édification des volcans d'Auvergne (-13 Ma à -3 Ma) est le plus vaste stratovolcan d’Europe. Ils s'étendent de la Chaîne des Puys (-13 Ma à -1 Ma, c'est une série de cônes de cendre, de dômes de lave et de maars alignés du Nord au Sud dont le point culminant se situe à 1 465 m environ qui se sont installés sur le plateau des Dômes situé entre la faille de Limagne et la vallée de la Sioule. Ces volcans sont monogéniques : formés au cours d’une éruption brève et unique) ; au Nord du Massif Central ; passent par le massif du Cézallier (-6 Ma à -3 Ma situé sur les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal) ; le Mont Dore-Sancy (-3 Ma à -200 000 ans situé dans le Puy-de-Dôme dont les coulées de lave se répandent sur l’Aubrac) ; le plateau de l'Aubrac au Centre-Sud et plus au sud-est du Massif Central, c'est l’ensemble Devès Velay (Haute-Loire).

En Lozère, la zone concernée par les éruptions volcaniques occupe une mince bordure à l’ouest de l’Aubrac, là où la couche de basalte est la plus épaisse, c'est-à-dire à l'endroit où le volcanisme aubracien a été le plus actif (il y a environ 7 millions d'années). Les coulées de lave de l’éruption volcanique du Puy de Gudette (15) ont même atteint le Pont des Nègres (à NASBINALS - 48). Les pics et lacs gardent eux aussi le témoignage de cette activité volcanique, tous comme les basaltes noirs de l’Aubrac.

L'apparition des derniers volcans d'Auvergne date de -35 000 ans. Les derniers se sont éteints il y a seulement 3 500 ans (Lac Pavin de la chaîne des Puys). Même si des phénomènes secondaires ont eu lieu jusqu'à l'époque médiévale, le volcanisme n'est donc probablement pas près de se réveiller, en notre ère actuelle. Même si tous les sous-sols du Sud de cette région emprisonnent toujours du magma sous sa surface et que le Massif Central abrite l'essentiel des volcans français de métropole (on peut y admirer environ 90 cônes de cendre, maars et dômes de lave qui s’étendent sur près de 50 km).

A la fin du Pliocène, entre les fractures et les 1er édifices volcaniques, des éruptions ont même laissé, en des points isolés du Causse, apparaissent alors de vastes compartiments de terrains qui sont restés en relief avec leurs lots de basaltes à la faveur des fissures. Des témoins du passage de la lave : Monts du Forez, du Livradois, Aubrac. Ce sont ces terres qui donneront naissance aux extraordinaires sous-sols et des sols des vignobles du Beaujolais et d'Auvergne : Saint Pourçain, Côtes d'Auvergne, Côtes du Forez et Côte Roannaise ; MONTFERRAND, LA CANOURGUE et MONTMIRAT sur le Sauveterre, par exemple ; BANASSAC (48) et sa terre de contraste où se côtoient le calcaire du causse, le grès rouge de la vallée et le basalte des contreforts de l’Aubrac...

Lors d’une éruption, le magma issu des profondeurs de la Terre remonte en surface en raison de sa faible densité. Une fois parvenu en surface, selon la quantité de gaz qu’il renferme, le magma peut être projeté dans les airs et dévaler les pentes du volcan, s’accumuler autour de la bouche éruptive ou exploser et former un creux s’il rencontre de l’eau. La diversité des laves se retrouve aussi dans les pierres qui ont servi à construire de nombreux édifices : les pierres claires sont issues des dômes dont la lave est solide ; les pierres foncées correspondent aux laves plus fluides.

L'inversion du relief est un phénomène courant de formation des paysages dans les régions volcaniques et a pour origine la différence de résistance à l'érosion entre le basalte et les roches sur le lequel il s'est déposé. Ce qui implique qu'avec le temps, ce qui était en creux (en bas) se retrouve en bosse (en haut) et inversement.

 1.4.2 - Le Clapas de Thubiès (12), improprement nommé "Coulée de lave de Roquelaure"

Clapas_de_Thubies.jpg

DSCN1581_0_Roquelaure_Aveyron.jpg Il y a 7,7 millions d’années, à la fin de l'ère tertiaire, quelques volcans surgissent en périphérie du volcanisme de l'Aubrac. C'est le cas du volcan de Roquelaure situé près des hameaux de Thubiès et de Roquelaure (cf. photo ci-contre) sur la commune de Lassouts (à l'Ouest d'Espalion - 12).

Si à l'origine, cette région était une vaste plaine traversée par la rivière du Lot et parsemée de petits vallons (ravines) formées par d'importantes sources (ruisseaux) qui surgissaient à la base des calcaires et formaient de nombreux petits ruisseaux, son paysage va être totalement bouleversé par le volcan de Roquelaure.

Dans un premier temps, en s'écoulant, la coulée de lave produite va venir combler le lit de la rivière sur plusieurs kilomètres. En refroidissant, cette lave se rétracte et forme des orgues (colonnes) de basalte qui se fragmentent et basculent sur les bords, tout autour du Puech (colline) de Roquelaure.

Par la suite, le Lot ainsi que plusieurs ruisseaux reforment leurs lits de chaque côté de la coulée. C'est le début d'une nouvelle inversion de relief qui durera pendant plusieurs millions d'années. Où l'érosion et les importantes alternances climatiques des périodes glaciaires provoquent le creusement du Bassin ou Vallée du Lot sur plus de 500 mètres (processus de genèse), tout en façonnant le promontoire du Puech (colline) de Roquelaure pour en donner sa physionomie actuelle.

Ces coulées "perchées" d'orgues basaltiques sont démantelées par la reprise de l'érosion, elle-même étant assistée et liée aux phénomènes de glaciations. Les éboulis vont progressivement être dégagées vers le bas.
Ils se concentrent, plus qu'ailleurs, dans les ravines périphériques qui entourent le volcan pour les masquer et former des chaos de blocs rocheux de basalte qui s'enfoncent sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Ces accumulations créées ainsi sont localement appelées des « clapas » (termes occitans signifiant amas de rochers).
L'éboulis profond de blocs de basalte visible sur le site époustouflant du Clapas de Thubiès (dans la Vallée du Dourdou et du Lot) ne doit donc pas être nommé "Coulée de lave du volcan de Roquelaure".

Dans les ravines, le « rougier » (roche argileuse tendre), se trouvant sous les éboulis, permet le ruissellement des sources. Cette circulation d'eau souterraine favorise le soutirage des éléments fins de basaltes de l'éboulis et de fait empêche encore aujourd'hui la formation d'un sol et donc l'implantation de la végétation.

DSCN1582.JPG DSCN1582_1_1_1.jpg DSCN1594_1.JPG DSCN1597.JPG

C'est à partir de l’existence de ces bassins et seuils que les principales rivières se mettent en place et orientent l’ensemble du réseau hydrographique régional, notamment l’axe rhodanien. Suite à la dégradation et aux changements de climats, la plaque de calcaire des Causses se rompt créant des vallées et des gorges profondes qui se traduisent par une modification du régime de l’alluvionnement.
Le réseau fluvial du Massif Central ressemble de plus en plus fortement à ce qu'il est aujourd'hui et le relief commence à avoir les "grands traits" de son visage actuel.

Un réseau hydrographique structuré s’organise progressivement : les fleuves s’encaissent, ont un débit plus important et édifient des terrasses alluviales. Ce réseau devient si dense dans les Cévennes que son massif est surnommé le "château d'eau".

Déjà très appréciées des Romains (-50 av J-C-à l'an 476) pour leurs effets bénéfiques, les sources minérales et thermales sont, elles aussi directement liées aux foyers d’origine volcanique. Elles ne manquent pas en Auvergne : Bagnols les bains en haute vallée du Lot, soignent aujourd'hui les affections ORL et rhumatologiques et celle de Chaudes-Aigues (du vieux français eaux chaudes, qui est alimenté depuis le 14e siècle par le premier système géothermique du monde) détient le record de chaleur des sources thermales européennes avec 82°...
Sur le territoire communal de SAINTE EULALIE D'OLT, non loin du hameau des Malescombes, se trouve la source de Foncalde (qui signifie « source chaude »). Cette source à température constante, 17 degrés, est ferrugineuse (souffre, vitriol et nitre), autrefois utilisée pour ses qualités thérapeutiques.

 1.5 - L'ère quaternaire débute il y a environ 1,8 millions d’années jusqu'aujourd'hui

L'orée du quaternaire débute avec les signes de déclin du climat chaud du Tertiaire et le commencement de la période Pléistocène ou périodes glaciaires (-1,8 millions d’années à -11 000 ans pour la dernière) pendant laquelle s'alternent épisodes de froids et de redoux.

Alors que les grandes glaciations affectent principalement l’Europe du Nord, les périodes récurrentes de refroidissements et réchauffements du climat qui règnent sur la région vont éroder les massifs montagneux (Pyrénées et du Massif Central) et seront à l’origine des dépôts morainiques (amas de débris rocheux érodé et transporté par un glacier) en altitude ainsi que des alluvions graveleuses dans les lits des vallées (mélange à teinte grisâtre, de sables (dépôts fins) dans les bras morts, graviers, galets et blocs de quelques mètres. Cette formation matérialise les cours de la Garonne, de l’Ariège, du Tarn et de l’Agout.
Ces périodes glaciaires vont aussi être des événements marquants qui vont modifier le relief du Massif Central.

La formation des reliefs ruiniformes de l'ère tertiaire se poursuit . L'érosion chimique de la dolomie, calcaire de composition hétérogène, peu soluble et la dissolution du carbonate de chaux par l'eau chargée en gaz carbonique, sculpte la pierre et confère au paysage son aspect tourmenté. Cette particularité donne naissance à des reliefs eux-aussi, très particuliers : les reliefs dolomitiques, à la fois arrondis et dressés vers le ciel. On peut en observer, par exemple, dans les chaos de Nîmes le vieux (48) et Montpellier le vieux (30), respectivement sur le Causse Méjean et le Causse Noir et aux alentours de l'Hospitalet sur La Can. De nombreuses falaises de bordure de plateau sont également dolomitiques, comme par exemple au dessus de la Baume Dolente pour ce qui concerne La Can de l'Hospitalet.
Le relief du Massif central se façonne et devient très prononcé avec l’érosion glaciaire, l'infiltration et l’enfoncement des cours d’eau, le creusement du relief karstique des causses (cavernes ou grottes, aven, dolines, sculpture des reliefs…), pour se rapprocher de ce qu'il est aujourd'hui.

Zoom sur celui qui a côtoyé quasiment tous nos ancêtres : le Massif Central. C'est un vaste territoire riche de paysages (vallées profondes, plateaux et de massifs de moyennes montagnes aux sommets bien marqués) qui ne peuvent, par la diversité du substrat géologique (sous-sol), être divisés en fonction des divisions administratives (toute la Lozère, nord-ouest du Gard, nord de l'Hérault et l'extrême nord de l'Aude). Sa superficie actuelle représente un sixième de la France. Il s'étend du couloir Rhôdanien à l'est, au seuil du Poitou à l'ouest, du Morvan au nord, à la Montagne noire à l'extrémité sud-ouest.

Son relief est extrêmement diversifié avec :

  • Le domaine arverne : territoire de l'Auvergne actuelle (Allier, Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme), constitué de terrains précambriens (les plus anciens) dont le vieux socle, fracturé lors du soulèvement et du basculement du Massif Central, connait en début de cette ère, un climat très froid qui conduit à l’apparition de glaciers sur les Monts Dore, l'Artense, le Cantal qui vont raboter encore un peu plus les reliefs.
  • Le domaine ruthéno-limousin formé de terrains granitiques et métamorphiques d'âge paléozoïque qui reposent sur un soubassement datant du Précambrien (Aubrac, Lot, Causse).
  • Le domaine cévenol : (Hautes Cévennes et la Barre des Cévennes) à l'aspect abrupt où la roche-mère est affleurante avec ses terrains sédimentaires du Cambrien et Ordovicien qui reposent sur un soubassement de schistes précambriens et constituent un ensemble de crêtes et de vallées parallèles.
    Pays intègre, fier et altier à l’image du Mont Aigoual, imposant « Seigneur » qui culmine à 1 565 mètres d'altitude, à la limite entre le Gard et la Lozère et domine un splendide paysage de plaines au climat méditerranéen dans les parties sud et sud-est, qui s'étendent à ses pieds. Où encore le Mont Lozère (terrains granitiques) avec 1699 m d'altitude son point culminant, qui contraste avec l'aridité des Causses (GANGES au Sud)...

La Lozère est le seul département du Massif Central à posséder une telle variété de milieux naturels où le monde minéral domine la vie des hommes, marque l'architecture traditionnelle, délimite et révèle l'identité de chaque région. La richesse de ses milieux fait du département un conservatoire du patrimoine naturel. Par son sous-sol, elle est divisée en quatre grandes régions distinctes caractérisées par la nature de ses terrains, la forme de ses montagnes et par sa végétation :

  • * Les Cévennes.
    • Le Languedoc : plaine ou causse de Montbel est à l'intersection des trois bassins versants du Rhône, de la Garonne et de la Loire. C'est une ancienne province du sud de la France, dont la partie centrale a formé avec le Roussillon, la région Languedoc-Roussillon regroupant les cinq départements de l'Aude, du Gard, de l'Hérault, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales.
    • L'Auvergne avec ses "montagnes" et leurs tourbières riches en herbacées qui se fleurissent de crocus, de tulipes sauvages ou autres, comme la Margeride, la montagne de la Boulaine, la Montagne du Goulet (terrains granitiques), le haut plateau de l’Aubrac (basaltes volcaniques et granitiques) qui s'étale sur trois régions Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon (MARVEJOLS...) et Auvergne.
    • L’Aubrac et les Causses, nommés aussi l'étage montagnard, ils se poursuivent sur le département de l’Aveyron. La Montagne noire est un massif montagneux provenant d'une nappe de charriage du socle hercynien inversée lors de l’orogenèse alpine. Son point culminant est le pic de Nore, à 1 210 mètres d'altitude. Elle se partage dans les départements du Tarn, de l'Hérault, de l'Aude et de la Haute-Garonne et doit son nom aux épaisses forêts sombres de chênes, de hêtres, de sapins et d'épicéas.
      Les Grands Causses désignent un ensemble de vallées, de hauts plateaux calcaires au climat continental, de sommets au climat montagnard, de falaises et de gorges karstiques constituant une partie sud du Massif central. Ils sont constitués de calcaire (accumulation de sédiments qui a recouvert le socle hercynien), cette pierre est aujourd'hui affleurante (par l'inversion du relief, les roches les plus anciennes de sédiments cambriens et carbonifères peu métamorphisés se retrouvent au-dessus des roches les plus jeunes) et omniprésente sur les Causses, ce qui explique ses terrains dénudés et pierreux et la rareté de la terre végétale. Fortement érodé, le sol des causses est extrêmement perméable et ne retient ni les eaux de pluies, ni celles de la fonte des neiges créant ainsi de vastes étendues sèches qui rendent la sédentarisation de l'homme d'autant plus difficile.

C'est une région rude aux climats sévères et contrastés engendrant une météo parfois hostile (fortes pluies en automne, basses températures et chutes de neige en hiver, aride et chauffées à blanc l'été) qui rajoute une contrainte supplémentaire à la flore sauvage qui se limite, encore aujourd'hui, à des pelouses steppiques, bosquets de buis et de genévriers , entrecoupés uniquement que de quelques forêts de rares pins chênes pubescents et érables de Montpellier.
A voir : l'Aven Arman, la grotte de Nabrigas, la grotte de Dargilan sur le terroir de Meyrueis, l'Abîme de Bramabiau, le Cirque des Baumes (ou Beaumes), le Pas De Souci, le Point Sublime...
Respirons un grand coup ! Ici l'air pur peut être vif, les perspectives sont larges, les horizons lointains, les roches, belles et rebelles à la fois, nous entourent et nous accueillent...

L'Aveyron est l'un des plus grands départements de France métropolitaine par sa superficie. De l'immensité du plateau de l'Aubrac, aux charmes des eaux du Lot, de la Truyère et de l'Aveyron, le Haut Rouergue est le pays de l'Authentique. C'est ici que s'arrête l'Auvergne et que commence le Languedoc, bordé au sud par la Vallée du Lot, le Causse et au nord par le Carladez où Mur de Barrez, l'Auvergnate s'aère au plaisir de l'altitude de son plateau, à deux pas de la grande retenue de Sarrans. Huitième retenue d’eau artificielle française avec ses 300 millions de m3 d’eau, cette dernière s'étend sur près de 35 kilomètres et plus de 1 000 hectares dans une suite de gorges entrecoupées de rares élargissements.

Tourbière des Rauzes en AveyronSes paysages extrêmement variés en font le plus beau département de notre pays, pour 95% de ses touristes.
La TOURBIÈRE DES RAUZES est constituée d'un ensemble de tourbières, de prairies humides, de roselières, de bois, de landes marécageuses traversées de petits ruisseaux et de landes sèches où découle une richesse floristique et faunistique. On y retrouve plus de 200 espèces végétales dont certaines particulièrement rares ne vivant que dans les milieux humides. Plus d’une centaine d’oiseaux séjournent dans cette mosaïque de formation que ce soit pour se reproduire, chasser ou en halte migratoire. La tourbière des Rauzes s'étend sur douze hectares, à 800 m d’altitude. Situé sur les communes de ST LEON, VÉZINS DE LÉVÉZOU (ou Vezin et Vésinh De Lévéson en occitan rouergat) et SAINT LAURENT DE LÉVÉZOU, c'est un écosystème très singulier d'une grande fragilité (photo ci-contre). Classé site naturel ou semi-naturel protégé de l'Union européenne, des sentiers de découverte aménagés y sont présents, les chiens n'y sont pas autorisés, SVP, respectez-les !.
Dix bourgs rentrent dans le classement des Plus Beaux Villages de France : BELCASTEL, BROUSSE LE CHÂTEAU, LA COUVERTOIRADE, CONQUES, ESTAING, NAJAC, PEYRE, ST CÔME D'OLT, STE EULALIE D'OLT, SAUVETERRE DE ROUERGUE et plusieurs de ses lieux sont à ne pas contourner, comme : la Presqu'île de LAUSSAC, les Lacs du Lévézou, les Monts d'Aubrac, le Pays Ruthénois et RODELLE (dit le petit RODEZ) où les grottes sont nombreuses sur l'éperon qui supporte le château, Ségala, Grands Causses ou Rougiers, Grotte de FOISSAC, SÉVÉRAC LE CHÂTEAU, Abîme du Mas Raynal (dénivelé -130 m) à CORNUS (12), Aven de Trouchiols (dénivelé -117 m), Aven du Valat Nègre (dénivelé -100 m)...
Cf photos Highland Cattle, vaches écossaises, jonquilles et tourbière.

Les monts de Lacaune : au Sud du Massif Central est un ancien massif hercynien aux nombreux cours d'eau sur lequel se situe la commune de SAINT AFFRIQUE (12). Elle est traversée par la Sorgues, qui, avec ses affluents, a découpé sept montagnes et sommets : Les Anglais, la Quille, la Fous, la Serre, les Cazes, le Nougayrolle et le Rocher de Caylus dans une étroite vallée.

Les Causses constituent l’un des plus grands ensembles karstiques d’Europe occidentale. Ils sont formés de sédiments marins déposés au cours de l’ère secondaire. Ces sédiments ont été accumulés par une mer chaude du haut fond occitan, il y a 150 à 200 millions d’années. Au cours de l’ère tertiaire, ces roches sédimentaires ont été exhaussées sous la pression des mouvements tectoniques des Pyrénées et des Alpes. Ceux-ci provoquèrent également le découpage des plateaux.
http://whc.unesco.org/uploads/nominations/1153rev.pdf

Dans ces deux départements, on trouve :

  • Causse de BLANDAS
  • Causse de CAMPESTRE (dans le Gard - 30)
  • Le petit Causse ROUGE (bancs de grès rouge provenant du Trias et recouvrant le socle hercynien), que l'on peut unir avec le Causse Noir. Le causse rouge se trouve au nord de la ville de MILLAU, sous-préfecture du département de l'Aveyron et la seule ville d'Europe de plus de 20 000 habitants à se trouver dans un parc naturel régional.
  • Le Causse NOIR : qui se trouve au nord du Causse du Larzac et était nommé ainsi à cause des pins sylvestres dont ce plateau calcaire était couvert autrefois. Roquesaltes... à MONTPELLIER LE VIEUX (12) est un site fantastique où l'érosion a, de la période de l'élévation des causses à l'ère tertiaire, su façonner les rochers dolomitiques de tailles impressionnantes, en exceptionnelles splendeurs ; LANUÉJOLS (30).
  • Causse du LARZAC : c'est le plus méridional et le plus diversifié des Causses.
  • Causse MÉJEAN : mejean signifie "médian" ou moyen" en occitan. Il est nommé ainsi en raison de sa position centrale entre le Causse de Sauveterre au nord et le Causse noir au sud. Du haut de ses 1000 m d’altitude en moyenne, il est le plus élevé des Causses : de 893 à 1247 mètres au Mont Gargo. Le paysage karstique de 33 000 hectares est une forteresse calcaire : l'épaisseur des couches de calcaire peuvent y atteindre de 650 jusqu'à 1500 mètres par endroits. Il comprend une petite partie du territoire du MASSEGROS (48), ST PIERRE DES TRIPIERS (48), Les Arcs St Pierre, Nîmes Le Vieux (48), clairement délimitée par les gorges profondes de la Jonte et du Tarn. Au point de jonction des routes qui traversent les causses de Sauveterre et Méjean? le village de LA MALÈNE (qui signifie « mauvais trou » en patois) surgit de la roche à 440 m altitude dans un talweg des Gorges du Tarn (43 km creusés par la rivière Tarn). Ces gorges se trouvent principalement dans le département de la Lozère, depuis QUÉZAC et se terminent en Aveyron. Ce plateau accessible par de pittoresques routes sinueuses, présente deux paysages contrastés : à l’est, le plus typique est un relief subtil est souligné par de vastes pelouses à graminées de type steppique méridional où se mêlent herbes rases et pierres vives, créé et longuement façonnés par les éléments et les activités humaines : c’est le Causse Pelé. A l’ouest la végétation est plus dense : c’est le Causse Boisé.
  • Causse de SAUVETERRE : la plus grande part du territoire du MASSEGROS (48).
  • Causse de MENDE avec son Mont Mimat.
  • Causse de SÉVÉRAC (en Aveyron).
  • Causse Comtal : ONET LE CHÂTEAU (12), LA LOUBIÈRE (12) et SAINTE RADEGONDE (12), Située à 603 mètres d'altitude, le Ruisseau de Fontanges est le principal cours d'eau qui traverse la commune de SÉBAZAC CONCOURÈS (12).
  • Le causse de Changefège
  • Le causse de Bramonas

vautours vautour Vautours au cours d'un repas Le vautour Eboulis au pied des falaises propices au Grand duc d'Europe

Les causses sont un vrai terrain de jeux pour les spéléologues : grands espaces maintenus ouverts consacrés aux parcours des troupeaux ou, par endroit, occupés par des dolines cultivées. Les causses sont bien distincts entre eux et clairement délimité par les gorges profondes du Tarn et de la Jonte et des vallées dont la fraîcheur crée le contraste avec l'aridité des plateaux : l'un des nombreux charmes de ces régions sauvages où le vautour disparu a reconquis son territoire.

Le Trou de BOZOULS ou Gourg d'Enfer est un gouffre qui se trouve sous une cascade et autour duquel est installée le bourg médiéval de BOZOULS (les habitants ont profité de la barrière de défense naturelle qu'offrait cette la presqu'île pour dresser leur village puis au fil des siècles, il s'est développé sur les bords du ravin).
C'est une gorge en forme de fer à cheval, de 400 m de diamètre et de plus de 100 m de profondeur qui entaille le plateau du Causse en Aveyron. Ce méandre encaissé a été creusé durant des millions d'années, dans les calcaires secondaires (roche tendre) du Causse Comtal par l'action érosive des eaux courantes de la rivière du Dourdou. D'une très grande bio-diversité, ce site est classé "zone naturelle sensible". Une formation géologique étonnante domine la partie qui se situe au fond, dans le creux du canyon, là où il n'y a eu aucune activité humaine, c'est un travertin calcaire qui peu à peu transforme la mousse en cascade minérale (ci-dessous, à droite).

Le Trou de Bozoul Bozoul Travertin calcaire à Bozoul

Le travertin ou tuf calcaire est une roche sédimentaire calcaire continentale, de couleur blanche quand elle est pure, gris, jaune, rouge ou marron, selon les impuretés qu'elle renferme qui se forme par des dépôts de calcaire qui font suite à des prélèvements de calcaire sur des roches situées à un niveau supérieur, par les eaux de pluies acides, ou des émergences de certaines sources ou de petites cascades qui, en ruisselant, les re-dépose sur la végétation (mousses...) se trouvant à un niveau inférieur. La végétation se trouve alors durcit et cela crée une "espèce de roche". Le carbonate pétrifie à cause de l'action des végétaux et des turbulences de l'eau. La végétation repousse ensuite sur le nouveau bâti, et le procédé recommence, en cycle. Au début, la roche est extrêmement friable car elle est composée de minéraux, de végétaux et remplie de minuscules cavités (vacuoles) inégalement réparties qui se comblent au fur et à mesure que les végétaux meurent et disparaissent. Mais avec le temps, elle devient vraiment compacte et solide. Elle est utilisée en construction (les plus beaux édifices de la Rome antique, en dallage, escalier...).

Le Tindoul de la Vayssière : située à quelques kilomètres au nord de Rodez, entre SÉBAZAC (12) et MURET LE CHÂTEAU, l'avène de 25 mètres sur 40 est accessibles aux spéléologues amateurs et professionnels. La cavité elle est facilement pénétrable. En bas de cette sorte de gouffre vertical, un petit parcours souterrain ressemble à un tunnel à l'aspect irrégulier, avec des blocs de pierres au sol mais aussi un grand lac souterrain. Les visiteurs découvrent une zone sauvage à la morphologie typique des zones calcaires et voit en direct ce qui se passe sous le Causse Comtal. Le réseau de rivières souterraines descend vers SALLES LA SOURCE, alimentant notamment la célèbre cascade. Impossible toutefois de prendre cette direction car les fissures sont trop petites pour s'y glisser. À l'inverse, en amont, vers l'est du côté de CURLANDE, il est possible de remonter sur un peu plus d'un ou deux kilomètres.

 Les vallées :

  • La vallée du LOT (ÒLT en occitan) : rivière qui prend sa source dans une zone de tourbières, sur le versant sud de la Montagne du Goulet en Lozère, à 1 300 m d'altitude et qui après avoir parcouru 480 km, se jette dans la Garonne. A partir de sa confluence avec la Colagne, non loin du MONASTIER (48), le Lot est alimenté sur sa rive droite par de nombreux torrents de montagne, appelés “Boraldes” (ensemble de petits affluents qui descendent des Monts d’Aubrac) et se faufile entre les pans raides et boisés des contreforts du causse de Sauveterre au sud. Il coule dans les départements de la Lozère, de l'Aveyron (STE EULALIE D'OLT, ST GENIEZ D'OLT...), du Cantal, du Lot et du Lot et Garonne.
    En parcourant les deux rives du Lot, fraîches et ombragées l’été, où la truite malicieuse et les voraces écrevisses ont plaisir à se cacher comme autrefois, les amoureux de la nature aimeront contempler, à la pointe du jour, un lever de soleil sur le causse de Bramonas avec ses Paillos encore endormis, les coteaux qui le bordent : d'anciennes terrasses autrefois plantées de vignes et d'arbres fruitiers ou, encore, randonner jusqu’au VILLARET (48) et, de là, rallier le causse de Changefège. A voir aussi : Cardaillac (46)...

La Serre est une drôle de rivière. Elle prend sa source à CANAC, sur le territoire de la commune de CAMPAGNAC (12) et, à peine formée, elle est retenue le long des Causses, par une frange de terrains primaires qui lui interdisent tout accès au Lot qui coule dans une vallée parallèle deux cent mètres en contrebas. Elle est aussi un des rares cours d'eau à se jeter dans deux rivières différentes en se divisant en deux bras à l'entrée du village de :

  • la Ribièira Vieilh, dont la source se situe à Séverac-le-Château, emporte les 3/4 du débit dans l'Aveyron, à PALMAS (12), ce qui en fait le premier affluent.
  • la Ribeyrette, Ribièreita ou Ribièrola (petite rivière) est une curiosité hydrogéologique car elle amène le quart restant pour le faire disparaître dans les entrailles de la terre, dans « le trou du souci » (lieu dit sur le Causse, près de PIERREFICHE). En 1995, une coloration à la fluorescéïne, a révélé que la rivière, après un long et tortueux trajet de plus de quatre heures, dans des cavités souterraines, ressort à 1500 m de là, en une résurgence (importante source) qui forme le ruisseau de Coutelle, alimentant notamment le moulin des Douzes, avant de se jeter dans le Lot ainsi que le ruisseau de Glassac à SAINTE EULALIE D'OLT.

La plupart des cours d'eau du bassin versant du Tarn, correspondant à la partie orientale du bassin de la Garonne, sont des rivières assez abondantes, mais très irrégulières et les crues pouvaient être extrêmement importantes avant la mise en place des systèmes de régulation (barrages, retenues artificielles...). Les fluctuations saisonnières de débit sont bien marquées avec des hautes eaux d'hiver-printemps et des basses eaux d'été, de juillet à septembre.

Eaux gazeuses de QUÉZAC (exploitées par Vittel).

Le village du BLEYMARD culmine à une altitude de 1087 mètres et se situe entre le Mont Lozère au Sud et la montagne du Goulet au Nord ; il est traversé par le Lot. Il est également bordé par les vallées de l’Altier et du Tarn.

Le territoire de SAINT PIERRE DE NOGARET (48) s'étend à 950 m d'altitude, de la Vallée du Lot aux Monts d'Aubrac, offrant un paysage contrasté. Il est situé dans une profonde et étroite vallée où l'on arrivait, avant la construction de la route par de petits sentiers. Le hameau de Nogaret est perché au flanc du coteau sur des bancs de rocher. Le ruisseau du Doulou y coule ses bouillons d'écume entre les rochers.
Le hameau de Lescure à BANASSAC (48) domine le confluent du Lot et du ruisseau du Doulou, qui sert de limite aux communes voisines. Les maisons y sont construites dans un bel appareil de grès rouge.

ESPALION est la principale cité-carrefour du Nord Aveyron et le passage incontournable de nombreux touristes et aveyronnais souhaitant rejoindre la vallée du Lot ou accéder au plateau de l’Aubrac. Traversée d’Est en Ouest par le Lot , la ville s’étale dans la vallée et les vallons alentours, escaladant d’un côté les pentes des Monts d’Aubrac et débordant de l’autre sur le plateau des Causses.

Bassin ou Vallée du Lot - Lot Aveyron Lozère Cantal1_1.jpg

  • La vallée remarquable de Saint Saturnin : jaillissant d'une source au flanc des pentes du Causse de Sauveterre, le ruisseau de Saint Saturnin a creusé une vallée courte mais pleine d'ampleur, large d'un kilomètre et profonde de 300 mètres qui vient rejoindre le vallon de l'Urugne sur la commune de BANASSAC (48). L'A75 remonte acrobatiquement mais discrètement une échancrure du ruisseau, sur le rebord haut de son flanc ouest, sans générer de nuisance notable.
  • Le vallon de l'Urugne : le ruisseau de l'Urugne, en rive gauche, a lui aussi entaillé profondément le causse de Sauveterre. Leur confluence avec le Lot génère des fonds de vallées accueillants, qui ont favorisé le développement :
    - de LA CANOURGUE (48) : autrefois ses eaux qui empruntaient l'actuel tour de ville, ne manquaient pas d'ailleurs d'inonder la petite cité à chaque crue.
    - et de BANASSAC (48) située à son lieu de rencontre avec le Lot. Mais les rivières et la géologie ont imposé à l'urbanisation de ces deux communes de s'associer dans un même bâti en s'adaptant à la fois à la pente et en s'allongeant en son pied.
  • de la Dourbie : rivière qui prend sa source dans le Massif du Lingas (Gard) à 1 301 m d'altitude, au sud du Mont Aigoual (Lozère) et coule dans les départements du Gard et de l'Aveyron ;
  • de la Truyère : rivière qui prend sa source dans la forêt de la Croix de Bor, au sein du Massif de la Margeride, à 1 450 mètres d'altitude, dans le département de la Lozère sur la commune de La Villedieu. Entraygues, la Rouergate se love au creux du confluent Truyère - Lot alors qu'autrefois son cours était inféodé au bassin de l'Allier. Cette capture au profit du Lot est due à l'épanchement de coulées de lave basaltique, provenant du volcan du Plomb du Cantal (planèze). Elle coule dans les départements de la Lozère, du Cantal (Classés parmi les plus beaux village de France : Tournemire, Salers ; Classés Petites Cités de Caractère : Montsalvy, Marcolès, Laroquebrou... - 15) et de l'Aveyron ;
  • Vallée de l'Aveyron : au Nord de cette vallée un large espace fertile longtemps appelé grenier à blé de la région.
  • Perjuret (col du) : 1031 m, relie la vallée du Tarnon à la vallée de la Jonte, Florac à Meyrueis. Le col de Perjuret donne accès au Causse Méjean. Tarnon : rivière de 39 km de long prenant sa source dans le massif du mont Aigual et se jetant dans le Tarn près de Florac.
  • Vallée du Cernon : avec SAINTE EULALIE DE CERNON (12).
  • Vallée du Viaur - rivière du Dourdou : rivière qui prend sa source dans la commune de Lassouts et se jette dans le Lot en rive gauche, en aval de la localité de Grand Vabre française qui parcourt le département de l'Aveyron. - le Rance
  • Vallée de la Muse au Sud des Monts et lacs du Lévézou entre Millau (12) et Albi.

 1.5.1 - Les cours d'eau : artistes inégalés créateurs de merveilles, au savoir-faire ravageur

(en construction)

Les massifs granitiques qui dominent le paysage et présentent des parties sommitales dénudées. Les massif montagneux cévenols sont connus pour être les plus arrosés de France. Ils constituent de vastes réservoirs d'eau donnant naissance à sept rivières, l'Allier, le Lot, le Tarn, le Gardon, l'Hérault, la Cèze et l'Ardèche (d'où son nom sept veines (rivières) aurait été donné par Jules César en - 52 av. J-C). Les précipitations y sont très importantes surtout en automne et provoquent régulièrement de grosses crues, "vidourlades", "gardonnades". Sous l'influence méditerranéenne, l'été est très sec et chaud.

La Colagne est une rivière française du Massif central qui coule dans le département de la Lozère. C'est un affluent du Lot en rive droite, donc un sous-affluent de la Garonne. MARVEJOLS (48) se situe à la confluence de la Colagne avec le Coulagnet.

Château d’eau naturel, la région d'Auvergne alimente les bassins de la Loire et de la Garonne.
LA CANOURGUE (48) : une présence de l'eau intéressante dans la ville.
Cascade de Salles la SourceVallonné, le Ségala s'est vu attribuer le nom de « Pays des 100 vallées » tant son réseau hydrographique est dense :

  • Le Créneau, le plus important des ruisseaux qui arrosent MARCILLAC VALLON (12), naît à SALLES LA SOURCE (12) de la résurgence des eaux souterraines du Tindoul de la Vayssière qui, au préjudice de la cascade (plus de 20 m de haut), ont été captées et canalisées pour alimenter une petite centrale électrique.
  • Près de la centrale électrique, le Créneau reçoit les eaux du ruisseau Favi, lequel prend sa source à SOUYRI et travesse MARCILLAC VALLON (12).
  • Le Cruou descend de Ferrals, au fond d’une vallée pittoresque, il vient aussi grossir le Créneau à MARCILLAC VALLON (12).
  • Né à BRUÉJOULS (12), l’Ady rejoint, à son tour, le Créneau aux pieds du sanctuaire de Foncourrieu avant que leurs eaux ne se jettent dans le Dourdou, près de NAUVIALE (12).

« Le Créneau fluo. Surprise, étonnement et même inquiétude à la vue de la couleur prise par les eaux du Créneau depuis quelques jours : un vert fluorescent très intense… Les hypothèses les plus farfelues ont circulé dans le Vallon mais la réalité est bien plus rassurante. Dans le cadre d’une étude hydrogéologique sur le site de la carrière de Capdenaguet, un traçage est réalisé sur le causse de Souyri. Cette opération a pour but de préciser l’écoulement des eaux souterraines [...]. A cet effet, de la fluorine, un colorant alimentaire non toxique, a été injectée dans un aven existant sur le site de la carrière, avec une grande quantité d’eau. » - Extrait de « La Dépêche du Midi » du 16 novembre 2012

De majestueuses grâces, en terribles colères, l'eau, source de vie incontournable, nous fait sans cesse constater la dualité de son caractère naturel.
Qu'ils soient rigoles à leurs naissance, ruisseaux, rivières, fleuves, torrents ou bien encore mares, marais ou lacs (berges), mers ou océans (littoral), tous les cours ou étendues d'eau exercent un travail d'érosion, lent ou rapide, qui isole certains territoires pour en privilégier d'autres.

Dans les plaines, étendues planes que l'on trouve dans des vallées, les rivières ou les fleuves coulent relativement lentement et leurs lits sont généralement peu encaissés.
Les dépressions atmosphériques peuvent provoquer d'importantes précipitations qui parfois se muent en crue. Lors de ces plus grandes crues, les cours d'eau s'étalent pour occuper un plus grand espace : c'est le lit majeur des fleuves ou rivière. Si les crues s'amplifient, le cours d'eau sort de son lit, c'est l'inondation.

Dans les plateaux, aires aux altitudes plus ou moins élevées et délimitées par des escarpements abrupts ou des pentes, les cours d'eau ruissellent en direction des vallées, dans des lits qu'ils creusent eux mêmes en érodant les roches ou en abrégeant parfois leurs courses, sans hésitation en vertigineuses cascades.
L'érosion des roches sédimentaires donne naissance à une dénivellation du cours d'eau par rapport aux rebords du plateau. Les cours d'eau étant encaissés dans la roche, les inondations sont donc beaucoup moins fréquentes dans les plateaux que dans les plaines. Avec le temps, les pressions et les débits plus ou moins importants, ce passage encaissé des vallons donne naissance aux gorges ou aux canyons.
Variété de paysages où l’effet de versant est caractéristique, les pentes et l’érosion étant plus fortes en direction de la Méditerranée que vers l’Atlantique.

et sculpte de fabuleux Canyons, au cœur d'un décor minéral où la découpe des roches et les a pics font l'extraordinaire beauté de paysages atypiques et des profonds couloirs :

  • Des Gorges du Chasserac : Cévennes et Lozère (La Garde Guérin à PRÉVENCHÈRES - 48 au coeur d'un plateau de grès, à près de 900 mètres d’altitude) ;
  • Des Gorges du Tarn : vertigineuse faille taillée entre les Causses de Sauveterre et du Méjean par le Tarn du latin Tarnis ou Tanara. S'étendant sur 53 km, les gorges du Tarn sont les plus longues d'Europe. Cette rivière qui prend sa source sur le Mont Lozère à 1600m d’altitude dans le nord de la commune du PONT DE MONTVERT, coule dans les départements de la Lozère (il traverse ST GEORGES DE LÉVÉJAC, SAINTE ÉNIMIE...), de l'Aveyron, du Tarn, de la Haute Garonne et du Tarn et Garonne et se jette dans la Garonne peu après MOISSAC ; Crue du Tarn en 1900 (SAINTE ÉNIMIE...).
  • Des Gorges de la Jonte : rivière de 38 km de longueur qui prend sa source dans le massif du Mont Aigoual, à 1 440 mètres d'altitude, sur la commune de Meyrueis où se situe sa confluence avec la Brèze et le Béthuzon. Elle fait office de frontière entre les départements de la Lozère et de l'Aveyron et sépare aussi le causse Méjean (au nord) et le causse Noir (au sud) par ses magnifiques gorges de la Jonte qu'elle a elle-même façonné avec la grotte de Dargilan et de l'aven Armand. Une partie de son cours est souterraine sur 7 km et ressort à la résurgence des Douze. Affluent du Tarn qu'elle rencontre au Rozier, elle est donc un sous-affluent de la Garonne.
  • Des Gorges de l'Aveyron et du Lot où s'abrite le faucon pèlerin.
  • Des Gorges des Raspes du Tarn au Sud des Monts et lacs du Lévézou entre Millau et Albi : espace préservé, où la nature mystérieuse et intacte, parait paresser au fil de l’eau et des abruptes falaises de schistes noirs. Le village d'AYSSÈNES y a été construit, au creux des Raspes, sur un promontoire rocheux dominant le Tarn. Les belvédères de Roc St Jean et de Saint-Rémy, non loin de là, permette d'admirer la Vallée des Raspes du Tarn.
    Une source bordée de peupliers, laisse entendre son bruissement contre la falaise à ÉGLAZINES, à MOSTUÉJOULS (12). Et au fond, le Tarn coule vers Millau.
  • Gorges de la Dourbie, gorges de la Vis ;

Une grotte de Castelbouc renferme deux espèces de mollusques endémiques (qui ne sont connues qu'à cet endroit là) de la Lozère : Bythinella bouloti et Bythinella galerae.

Les basses Cévennes sont constituées par une série de micaschistes métamorphiques gris et verdâtres, datant du début de l’ère primaire (Cambrien et Ordovicien, de 550 à 450 millions d’années). Les schistes offrent peu de résistance aux cours d’eau qui creusent des vallées profondes et étroites. Les vallées cévenoles du versant méditerranéen, où alternent les crêtes étroites et les vallées encaissées, se développent de 250 à 1000 m. Le relief, fortement contrasté, a été puissamment disséqué, donnant un paysage grandiose de lanières et de crêtes parallèles ou divergentes, « les serres », qui dominent de grands versants raides et ramifiés.

Dans les hautes Cévennes, deux massifs de granite intrusif (mont Lozère au nord et mont Aigoual au sud) ont percé à travers les schistes, il y a 300 millions d’années. Culminant à 1699 m au mont Lozère, à 1567 m à l’Aigoual, ils constituent les plus hauts sommets et sont reliés par un faisceau de filons de micro-granite en arêtes. Les granites du Lozère et de l’Aigoual offrent de vastes étendues structurées en larges alvéoles (zones en creux, à fond presque plat, constituant la tête de bassin de nombreux cours d’eau) d’où émergent des sommets émoussés. L’érosion du granite se fait par altération chimique des fractures de la roche et laisse apparaître de spectaculaires chaos de blocs arrondis en forme de boules. On y trouve fréquemment un phénomène géo-morphologique relativement rare ailleurs : la capture de ruisseaux tributaires du Tarn ou du Lot par l’érosion régressive d’origine méditerranéenne (versant sud-est du mont Lozère par les affluents du Luech, sud-ouest de l’Aigoual par ceux de l’Arre).

Et si ces territoires se sont développés sous la contrainte des bouleversements géologiques, leur progression a aussi été cahotée au rythme des bouleversements de l'évolution de l'Homme.
Les phénomènes géologiques se poursuivent constamment mais ne sont pas à notre échelle de temps de vie. La Terre a un cœur qui bat au rythme moyen d'une pulsation tous les 200 millions d'années. Mais alors que modestie et reconnaissance s'imposent à l'égard de notre Terre Mère, tout un chacun ne manque pas de délester ses responsabilités face à sa propre pollution.
Actuellement, le climat est directement impacté par notre émission de CO2. La seule sédimentation de nos déchets et autres produits toxiques, que le professeur Pierre Lapadu-Hargues nommait le « Poubélien supérieur », est si abondante qu'elle en est non seulement irréversible mais qu'elle ramène aussi la disparition d'espèces vivantes à l'échelle humaine ! A quand viendra la notre ?

On ne t’attendait pas là, tu y reprends doucement tes droits,
Capricieuse parfois, tu enseignes tes devoirs maternels,
Majestueuse, ici, en "mon pays", à jamais en mon cœur enchaîné, tu sais demeurer !
S. Roujon

A voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karst
http://www.saga-geol.asso.fr/Geologie_page_articles.html & http://paysageaveyron.fr/ambiance-caussenarde-et-histoire-millenaire/
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5778525n/f306.image.r=salle.langFR
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5778525n/f13.image.r=salle.langFR
http://www.ot-lacanourgue.com/villages/saint-pierre-de-nogaret.html
Flore :

 2 - Les pas de géants de nos plus anciens ancêtres

Vous avez senti cet air vif qui colore les joues ou cette chaleur pénétrante qui sait rendre les pierres brulantes ? Et si nous nous mettions à l'abri d'une gariotte ou d'une cazelle pour partir en ballade à travers les siècles ? Partons "quiller" les ménirs, fabriquer notre monnaie, braver les barbares, enfiler une armure moyenâgeuses, amener les fèdes écrire à la plume vous amènera dans les rues pittoresques et de Marcillac, mais aussi sur les coteaux plantés de vigne, qui entourent l'ancien village fortifié.

Nous vous souhaitons une bonne visite !.

Les dinosaures sont restés 140 millions d'années sur Terre, l'humanité n'y est présente que depuis environ 7 millions d'années.
Si l'apparition de l’Homme est le fruit d’une lente évolution sur plusieurs centaines de milliers d’années à sa propre échelle, il faut souligner que les hommes "évoluent" à pas de géants à l'échelle de la planète.

L'humanité débute au Pré-Paléolithique (-7 millions d'années environ à -3 Ma), à la fin de l’ère tertiaire, avec le début des Hominidés (Toumaï : -7 millions d'années, Orrorin : -6 Ma qui sont nos plus anciens ancêtres connus de la branche qui mènera à l'Homme.
Ils sont suivis des autralopithèques qui vivent encore partiellement dans les arbres, mais la bipédie est déjà utilisée comme moyen de locomotion. Omnivores, ils se nourrissent de fruits, de feuilles, de plantes, de petits animaux et pratiquent sans doute le charognage. Il n'a pas été trouvé d'outils datant de cette période. Elle se se poursuit jusqu’à il y a 1 000 000 d’années. Ils sont alors contemporains des premiers Hommes.

 3 - De - 3 Millions d'années à - 2 200 ans - La Préhistoire

La Préhistoire commence il y a 3 millions d'années, avec l'apparition de l’Homme. Elle est divisée en trois grandes périodes : le Paléolithique (la pierre ancienne ou l'âge de pierre correspond à une durée équivalant les 98 % de la vie de l'humanité), le Mésolithique et le Néolithique (ou le début de l'âge des Métaux).

Au Paléolithique (-3 millions d'années à -10 000 av J-C environ) l'espèce humaine se transforme physiquement, passant du stade de l'australopithèque à la lignée des premiers Hominidés : Homo rudolfensis, Homo habilis, Homo ergaster). Cette transformation paléontologique s'est accompagnée d'une mutation technologique, sociale et psychologique.
Elle a duré un temps considérable, débutant il y a environ 3 millions d'années, époque où l'on situe la création de l'outil, pour s'achever avec la fin de l'époque glaciaire, 8 000 ou 9 000 ans avant notre ère.

Ils sont totalement bipèdes et c'est d'ailleurs la période de la conquête de nouveaux territoires, un périple qui commence il y a 3 millions d'années, du "berceau africain" où l'Homo habilis, puis l'Homo erectus et l'Homo sapiens vont parcourir des milliers de kilomètres.
Vers -2,3 Ma, ils commencent à apprendre à travailler les pierres pour en faire des outils. Les choppers (premiers outils retrouvés dans les Gorges d'Olduvaï, en Tanzanie) sont de simples galets tranchants peu travaillés. L’Homme préhistorique a "seulement" détaché un ou deux éclats sur un galet. Il n'y a pas de restes humains associés à cette période. Beaucoup de scientifiques pensent que l'auteur de ces outils est Homo habilis tandis que d'autres les attribuent aux Australopithèques.

A l’Acheuléen (-1,8 millions d'années à -200 000 ans) viennent les Homo erectus, Homo heildebergensis, Homo antecessor de -1.8 millions d'années à -100 000 ans. On en a retrouvé les premières traces de l'Homo erectus vers -1.8 millions d'années en Afrique, vers -1,7 Ma à Dmanissi, en Géorgie - Europe, puis vers l’Europe méditerranéenne (en Espagne ; à Saint-Acheul près d’Amiens dans la Somme, Terra Amata et surtout à Tautavel dans les Pyrénées-Orientales en France) et au Kénya, en Tanzanie, en Algérie, en Syrie et en Asie.

  • L’Acheuléen ancien (1,4 Ma à 800 000 ans) : Vers -1,3 Ma, ces hommes travaillent maintenant la pierre et notamment le silex, de manière plus habile pour créer des galets aménagés (armes et outils à tout faire, en pierre taillée servant à creuser, couper, hacher, percer, frapper, racler, trancher, dépecer...). C'est la naissance du biface (une amande à double tranchant) et des hachereaux (avec un tranchant acéré à une seule extrémité). Le bois et les os étaient aussi certainement utilisés mais nous ne pouvons nous baser que sur les éléments solides qui ont persisté. Les grandes étendues jonchées d’outils et d’ossements sont typiques des sites de plein air de l’Acheuléen. Outil emblématique de l’industrie acheuléenne, le biface ne cessera de s’affiner et de se miniaturiser.
  • L’Acheuléen moyen (800 000 à 600 000 ans)
  • L’Acheuléen supérieur (600 000 à 400 000 ans) : A partir de -500 000 ans environ, certains Homo erectus d’Europe sont dits Pré-néandertaliens (Tautavel).
    Contrairement à une idée communément admise, l'homme préhistorique n'était pas un troglodyte. Il a peu habité les profondeurs des grottes. Dès l'Acheuléen supérieur, il a préféré les auvents des abris sous roche (habitat installés au pied des falaises et simplement protégés par un surplomb rocheux) exposés au midi ou au soleil levant (les gisements exposés au nord sont rares et leurs dépôts sont pauvres).
    En France, les plus anciennes structures de combustion datent d’environ 450 000 ans (grotte de Menez-Dregan, dans le Finistère).
    Il faut remonter à l'homme de Tautavel, il y a près de 400 000 ans (période de la domestication du feu), pour trouver les premières traces d'une présence humaine en Europe.
    Ils apprennent à maîtriser le feu. Les premières traces sûres de foyers domestiqués estimée à - 500 000 ans, ont été retrouvées en Chine, puis datées de - 400 000 ans, en France, et en Hongrie. La domestication du feu a permis aux hominidés de passer un cap : maîtriser ses peurs instinctives, domestiquer puis fabriquer du feu font de l'homme un être à part dans le règne animal. Cette défense passive a du donner un net avantage aux tribus qui maîtrisaient son utilisation pour effrayer ou éloigner les animaux sauvages. Les nombreux restes d'os cuits d'animaux retrouvés dans les foyers démontrent que nos ancêtres avaient découvert la cuisson des aliments et qu'ils la pratiquaient. Quels avantages en tiraient-ils, mastication plus aisée, digestion facilitée, goût plus agréable ?
  • L’Acheuléen final (300 000 à 200 000 ans). Vers -230 000 ans, Homo sapiens existe et -100 000 ans les premières sculptures, les premiers bijoux. Il y a -200 000 ans environ, l'homme arrivait, on l'appelle l'homme de Cro-Magnon.
    Les Homo Sapiens furent présents dans l'Ouest de l'Europe vers 50 000 avant notre ère.

Dans le Massif Central (dont l'Auvergne), la démonstration du passage de l'homme préhistorique "moderne" date du Paléolithique.
La découverte d'une partie de la boîte crânienne d'un homme, engagée dans des projections volcaniques du volcan de Denise (près du PUY EN VELAY), prouve que l'homme a été témoin des dernières éruptions volcaniques du quaternaires.

Les traces qu'ils nous ont laissé, nous précisent que ces migrants passent plus souvent sur nos régions du Rouergue (Tarn et Aveyron) entre -50 000 ans et le VI° millénaire avant J.C, peut-être à la suite de migrations d'animaux sauvages.
Les traces de ce peuplement et des monuments qu'ils nous ont laissé se rencontrent presque partout en Aveyron et en Lozère :
L'Aveyron est d'ailleurs le département le plus riche de France et possède la plus grande concentration d’Europe en nombre de monuments mégalithiques : plus de mille dolmens (peïro lébado) à SALLES LA SOURCE, LAISSAC, LA CAVALERIE, TIERGUES, VILLEFRANCHE DE PANAT, BUZEINS... et une soixantaine de menhirs (peïro ficado) à ASPRIÈRES. Ces anciens tombeaux y abondent et sont un témoignage des luttes incessantes qu'ils ont dû livrer pour apaiser leur faim et protéger leur vie. 90% de ces mégalithes sont en calcaire et sont majoritairement implantés sur les hauts plateaux (plateaux calcaires du Larzac, le causse de ST AFFRIQUE, le causse Noir, le causse de SÉVÉRAC, le causse Comtal).

Les menhirs sont, le plus souvent, isolés, extraits du calcaire local et se rencontrent surtout sur le causse du Larzac et le causse Noir. Les plus grands sont le menhir planté de VESSAC avec 4m de haut et celui de la Plaine des Baldits avec 5m de long (il est couché sur le sol). Mais malgré les apports de la recherche moderne, leur complète signification culturelle reste à découvrir.
Ces vestiges, reflets d’une expression sociale, marque d’une identité collective, sont à la fois les plus spectaculaires et les plus énigmatiques de la Préhistoire. De par leurs tailles parfois impressionnantes, qui peuvent supporter des tables de couverture de près de 20 tonnes, induisant des efforts considérables pour les édifier, ils ont frappé l’imagination des populations qui leur succédèrent et qui y voyait l’œuvre d’êtres surnaturels, géants ou fées.
http://www.ledolmendebagneux.com/fr/construction

Les premières traces de la présence de l'homme à BERTHOLÈNE (12) remontent au Paléolithique : haches polies, très nombreux dolmens dont le dolmen des Bourines...
La butte de SÉVÉRAC (12), qui culmine à 817 m d'altitude, a été occupée dès la préhistoire.
La découverte de galets aménagés date des environs de -100 000 ans, près du hameau de Roquelaure aux environs immédiats de LASSOUTS (12).

Les statues-menhirs
Le musée Fenaille, à RODEZ (12), conserve plusieurs statues-menhirs trouvées dans la région. Abîmées depuis leur érection (entre -3 500 et -2 000), les statues-menhirs représentent symboliquement des hommes et femmes. L’Aveyron en compte 130, parmi lesquelles la « Dame de St Sernin Sur Rance », découverte en 1888. Les statues d’Aveyron, souvent très belles et bien sculptées (en moyenne 1m à 1.70m de haut), auraient été l’œuvre de la culture des Treilles. Elles sont taillées pour la plupart dans le grès du sud du département et sont très souvent complètes. La "figure" est assise, indiquée par une sculpture peu profonde où l'on peut cependant reconnaître la tête (yeux, nez et éventuellement tatouages ou scarifications au niveau des joues) mais sans la bouche (sauf sur 3) ni les oreilles. La chevelure et parfois un catogan (noeud servant à "ramasser" les cheveux) sont représentés dans le dos. Le corps est représenté avec les bras et mains détaillés, les jambes et les pieds...
On distingue 2 types de statues-menhirs : les statues masculines portent sur le devant un objet, peut-être un poignard en silex ou en cuivre avec son étui, porté en bandoulière par dessus l’épaule. Les statues féminines ont un objet en Y au niveau du dessous du cou, certainement d’un collier de perles ou d’amulettes comme ceux trouvés dans des grottes sépulcrales ou des dolmens. http://statuemenhir.free.fr/oc3/statues_menhir.html

Puy d'Issolud - 80ha Cadurci, France, Midi-Pyrénées, départ. Lot (46), Vayrac
Le site du Puy d’Issolud est installé sur un vaste plateau de 80 ha environ, entouré par une enceinte qui double par endroits des falaises relativement abruptes. Les fouilles anciennes ont permis de reconnaître un rempart long de 4,5 km. L’intérieur de l’enceinte n’a été que peu étudié, mais on y a cependant découvert, sur le point culminant du site, des traces d’habitat et de nécropole s’étalant du Paléolithique au haut Moyen-Âge. Des fouilles menées sur le flanc ouest du plateau ont permis la mise au jour et l’identification des travaux du siège d’Uxellodunum, décrits par Hirtius au livre VIII de la Guerre des Gaules.

- 40 000 à 10 000 ans avant J-C : l’ère glacière est toujours là (jusqu'à -11 000 ans). L'art pariétal ou rupestre apparaît dans la région franco-cantabrique (uniquement Sud de la France, Espagne). Avant de maîtriser cet art : les hommes préhistoriques ont commencé à représenter graphiquement leur environnement (chevaux, bisons, 1 rhinocéros et 7 anthropomorphes...) par des "peintures rupestres" assez simples sur les parois des lieux qu'ils habitent ou fréquentent. C'est la naissance de ce qu'on peut appeler l'art préhistorique, la maîtrise de pigments. Gravures, peintures, sculptures, les techniques sont nombreuses, mais le pourquoi de cet art reste encore un mystère... Le dernier courant verra son apogée entre 15 000 et 10 000 ans avant Jésus-Christ (comme la fameuse Grotte de Lascaux ou celles des Combarelles, Font de Gaume, situées en Dordogne). Peu à peu, ils ornent les armes et outils qu'ils utilisent (art mobilier : présence d'un dallage et d'un foyer à l'intérieur des grottes, têtes de chevaux stylisées).
On peut aussi citer les grottes de Niaux et de Chauvet (la plus mystérieuse de toutes) pour le Sud-Ouest de la France, la grotte des Trois Frères (en Ariège), Pech Merle (Lot)...

La Grotte Cosquer, sanctuaire paléolithique sous la mer
En juillet 1991, Henri Cosquer, un plongeur professionnel français, découvre au pied d'une falaise du Cap Morgiou, à 37 mètres sous le niveau de la mer et à quelques km de Marseille, une grotte sous-marine remarquable comportant, dans une grande salle à 120 mètres de l'entrée, des centaines de peintures préhistoriques (-27 000 et -10 000 ans), représentant notamment les animaux de l'époque.

Ces peintures et les gravures qui les accompagnent ont pu se conserver car la galerie d'accès est en pente ascendante et une moitié de la grande salle se trouve au-dessus du niveau de l'eau. Si des peintures et des gravures ont été effectuées dans les zones immergées, comme il est plus que probable, elles ont été détruites par les remontées d'eau à la fin de la dernière glaciation. Il y a 20 000 ans, la mer était de cent dix à cent vingt mètres plus bas qu'actuellement et le rivage se situait alors à plusieurs kilomètres de là.
Les hommes préhistoriques n'ont pas habité dans la caverne. Il ne s'y trouve que de petits feux, uniquement utilisés pour l'éclairage ou pour fabriquer les charbons utilisés ensuite comme fusains, et de très nombreux charbons, vestiges de ces feux ou torches. Pas d'ossements épars d'animaux brisés ou de nappes d'éclats de silex comme il s'en constate toujours sur les lieux d'habitat de quelque durée. Leurs torches étaient en bois de pin sylvestre.
L'étude des pollens a révélé un paysage steppique, froid, avec peu d'arbres, parmi lesquels le bouleau et le pin. Elle se trouve à proximité de deux grandes cavités actuellement sous-marines, situées à moins de deux cents mètres : Le Figuier et La Triperie.
Les deux mains noires : On y plusieurs interprétations possibles allant des mutilations volontaires au cours de cérémonies, de deuil, à des mutilations pathologiques dues à des maladies ou, tout simplement, un langage gestuel, comme il en existe chez les peuples chasseurs. La découverte de celles de Cosquer a rendu cette dernière hypothèse plus que plausible, car il devient beaucoup plus difficile de croire à des mutilations pathologiques frappant des gens très éloignés, à la même époque, et entraînant des conséquences rituelles et artistiques identiques.
Les occupants ont couvert toutes les parois et les voûtes de tracés digitaux partout où la surface était suffisamment molle, dessinant des volutes et des quantités de traits parallèles, sans qu'on puisse y distinguer de figures construites. C'est là, pensions-nous, une façon d'occuper la cavité, d'y affirmer sa présence.
Tête félin : Les visiteurs venus quelques milliers d'années plus tard ont vraisemblablement perçu les mains négatives comme le témoignage d'une magie ancienne et dangereuse, car un bon nombre ont été détruites par le bris des draperies stalagmitiques sur lesquelles elles se trouvaient, ou marquées par la surcharge de points ou de traits peints, ou de traits multiples rageusement gravés destinés à les oblitérer.
C'est de la Phase 2 que datent la majorité des peintures et des gravures animales. Une centaine fut répertoriée lors de nos premiers travaux. Actuellement, nous en avons cent soixante et dix-sept. Les chevaux dominent, un peu plus du tiers du total. Ils sont suivis des bouquetins et des chamois, des bovinés et des cervidés. Une tête de félin, une antilope saïga récemment identifiée et plusieurs animaux indéterminés ou composites complètent le lot de la faune terrestre.
Il s'y ajoute des animaux marins, la plus grande originalité de la Grotte Cosquer. Parmi eux, ont été reconnus neuf phoques gravés et trois pingouins peints en noir. Ces derniers, bien reconnaissables par des spécialistes, représentent le Grand Pingouin, espèce massacrée par les marins et les pêcheurs jusqu'au milieu du XIXe siècle où elle disparut. Ce sont les seules figurations de cette espèce indiscutablement attestées dans l'art préhistorique. Quelques figures noires mystérieuses pourraient être des méduses ou des poulpes, mais sans certitude. Quoi qu'il en soit, l'influence du milieu marin sur l'iconographie est forte. Nous avons par la suite identifié plusieurs poissons. Même si la faune figurée sur les parois ne reproduisait pas à l'identique le milieu environnant, même si elle était, ce qui est des plus vraisemblables, le support de mythes et de rites magico-religieux, la preuve est apportée que ce milieu exerçait une influence notable sur le choix des thèmes.
A ce bestiaire s'ajoutaient aussi des signes géométriques, rectangles, zig-zags, signes en forme de sagaies sur les animaux, qui abondent dans la Grotte Cosquer. En tout, nous avons répertorié plus de deux cents signes géométriques. L'un des plus importants, reconnu après la parution de notre premier livre, est ce que l'on appelle un signe de type Placard, constitué par un corps horizontal fait de deux traits parallèles, surmonté par un appendice vertical en cheminée et terminé de chaque côté par un autre appendice dirigé vers le bas. Son importance vient de sa présence dans les deux cavernes du Lot citées (Cougnac, Pech-Merle), ainsi que dans la grotte du Placard, en Charente, pendant le Solutréen (plus ou moins vers 20 000 BP). Nous avons donc là la preuve de contacts à longue distance et d'influences réciproques dans le domaine symbolique et religieux.
L'un des thèmes les plus remarquables est celui de "l'Homme tué", un humain assez schématique mais bien reconnaissable à sa silhouette et à son bras terminé par une main caractéristique, surchargé par une arme barbelée. L'homme est figuré sur le dos, les jambes en l'air dans la position d'un animal mort. Il a une tête de phoque avec les moustaches caractéristiques. Il s'agit donc d'un être composite, comme on en connaît ailleurs (dans la Scène du Puits de Lascaux, par exemple). Le thème de l'homme criblé de traits existe d'ailleurs à une époque plus ou moins contemporaine de la seconde période de la Grotte Cosquer, dans deux cavernes du Lot, Pech-Merle et Cougnac.
Parmi les thèmes, les représentations sexuelles occupent une place non négligeable. Nous avons découvert, entre autres, une gravure très réaliste de phallus humain avec les testicules et plusieurs creux de la paroi cernés de noir pour évoquer des vulves.
L'étude des techniques stylistiques et des procédés utilisés pour la représentation des animaux permet des rapprochements avec l'art de grottes contemporaines. Les plus probants se font avec Ebbou dans l'Ardèche et le Parpalló en Espagne.
Grotte Cosquer - Photos - Tous droits de reproduction interdit.

Au Mésolithique (de - 10 000 av J-C environ à entre - 6 000 ans av J-C)

Il ne faut pas oublier qu'au cours du Mésolithique, après l'époque glaciaire (-8 000 ou -9 000 ans avant notre ère, le climat se réchauffe et ces conditions environnementales sont à l'origine même de la disparition d'espèces comme l'auroch.
Les petits mammifères et les oiseaux doivent désormais devenir partie intégrante de leurs repas et des groupes de chasseurs à l'arc vont se développer. De nouvelles espèces végétales se répandent. La subsistance de l'homme préhistorique repose désormais sur la chasse, la pêche et la cueillette. Ce qui entraîne vraisemblablement une première modification du régime alimentaire humain.

L'expansion démographique qui s'en suit amène ces nouveaux agriculteurs-éleveurs à coloniser progressivement et définitivement le Proche et Moyen-Orient puis l'Europe.
Deux courants de colonisation indépendants affectent l'Europe : le courant méditerranéen qui arrive dans le sud de la France entre 5 900 et 5 600 avant notre ère et le courant danubien qui concerne l'Europe centrale et arrive en Alsace vers 5 500 avant notre ère.

Leur subsistance n'est assurée que par la prédation mais s'ils vivent principalement de chasse ou de quelques cueillettes et exploitent donc les ressources naturelles disponibles, ces collecteurs ne savent pas les maîtriser. Ce qui explique qu'à cette époque préhistorique, les groupes humains sont plus attachés aux territoires dans lesquels ils peuvent évoluer suivant les saisons et leurs besoins de subsistance, qu'à des lieux de résidence.

Neige, pluies et longues périodes de froid, nos ancêtres ont dû préférer la proximité d'un foyer aux rigueurs du climat. Positionné à l'entrée d'une grotte, le feu permettait de chauffer l'espace. Les hommes pouvait donc se regrouper et profiter d'un environnement plus hospitalier.

A LAVAL DU TARN (48), sur le causse de Sauveterre en surplomb des Gorges du Tarn, l'aire des Trois-Seigneurs (également sur commune de STE ÉNIMIE - 48) montre les restes d'un cromlech mégalithique de l'âge de pierre, d'un rayon de 60 mètres. La commune abrite aussi 18 dolmens (Dolmens de LA CHAM, du DEVEZ...) et dans une grotte proche du Château de LA CAZE, on a retrouvé un joli biface (galet taillé, outil) de cette époque...
Le dolment de Poujoulet est situé sur le plateau du même nom, entre Marvejols et Montrodat.
Les dolmens : http://www.lieux-insolites.fr/lozere/mejean/mejean.htm

En Lozère, l‘ancienneté remonte au Mésolithique sur la commune de LA CANOURGUE (48), avec, par exemple, l’occupation millénaire de la grotte de la Roquette.
Les hommes de la Préhistoire se sont d’abord installés dans les nombreuses grottes qui présentaient des cavités accueillantes pour un abri, proposaient une vue sur la vallée, une carrière d’argile et de l’eau. Cette situation privilégiée, à 650 m d’altitude en moyenne, à mi-pente des falaises karstiques, permet de faire aisément le lien entre la vallée et le causse (plateau), deux milieux particulièrement complémentaires.
http://www.la-canourgue.com/decouvrir-la-canourgue/histoire.html

Le Néolithique (de - 6 000 à - 2 200 ans av J-C)

Le Néolithique (de - 6 000 à - 2 200 ans av J-C) est lui aussi caractérisé par des changements fondamentaux car on passe du stade de la créature pourchassant de petits animaux, armée d'un caillou taillé ou d'un bâton, à l'homme qui vit en groupe organisé dans les grottes et les abris de façon permanente ; Inventant les prémices de l'agriculture (culture de quelques céréales : production de blé et d'orge à l'origine) et de l'élevage avec la domestication d'animaux sauvages (le mouton et la chèvre, puis le bœuf et le porc) ; pratiquant la chasse, la pêche et la cueillette, qui restent des compléments non négligeables à l'alimentation, avec des procédés perfectionnés ; La cartographie des découvertes fait apparaître que les concentrations de haches polies correspondent aux secteurs densément occupés à l'époque néolithique : Puy-de-Dôme, du Cantal et de la Haute-Loire (Grande Limagne, Velay), où sont connus par ailleurs des monuments mégalithiques. Ceci s'explique certainement par le fait que l'usage de la hache polie (percussion lancée souvent violente) rend nécessaire le choix d'une roche assez dure pour entamer des matériaux comme le bois frais ou sec, mais surtout résistante aux chocs. Comme partout, les Néolithiques d'Auvergne ont donc recherché des roches tenaces. Malgré cet impératif, on note une diversité certaine dans le choix des matières premières, avec l'emploi de roches éruptives (plutôt avec des laves récentes d'âge tertiaire et quaternaire), métamorphiques et sédimentaires.
Sans ignorer l'existence des matériaux locaux, on remarque que les éclogites et jadéitites, largement utilisées, proviennent toutes de la région interne des Alpes même si ces roches sont présentes naturellement en Auvergne, en, au moins, aussi bonne qualité. Le choix de l'importation résulterait plutôt de l'existence de puissants courants commerciaux à longue distance (existence de courants d'échange). On peut penser aussi que les Néolithiques d'Auvergne ont préféré se procurer des lames auprès d'autres groupes humains, par facilité ou méconnaissance de la méthode de polissage remarquable de certaines pièces. Il est à noter que le transport jusqu'en Auvergne semble avoir concerné des silex marins issus des formations du Crétacé supérieur du Berry ou d'ailleurs, des haches de toutes tailles et non seulement de grandes pièces d'apparat provenant des Alpes, des haches en cinérite qui proviennent vraisemblablement des ateliers de taille de RÉQUISTA (12).

Des puits d'extraction de silex orientés, semble-t-il, vers la production de haches de pierre, ont été retrouvés sur la commune de MUR DE BARREZ (12), à Bellevue. Toutes ces grandes fosses étaient creusées dans le calcaire et taillées dans un même modèle conique (en forme d'entonnoir). Des galeries souterraines s'ouvraient à travers le calcaire, dans la partie inférieure, faisant communiquer le fond des fosses avec l'extérieur. Dans quelques unes, une excavation surbaissée se trouvait à proximité de l'entrée de la galerie. Les plus grandes de ces fosses avaient, à leurs parties supérieures, un diamètre de 6 à 7 mètres, tandis que le diamètre du fond était de 7 à 8 mètres. Des pics et fragments en bois de cerf y furent aussi découverts, encastrés dans les parois, avec plusieurs haches polies, laissant penser que ces fosses pouvaient être devenues des pièges "artificiels" pour la chasse du gros gibier (bisons, buffles, ours...) très abondant à cette époque. Antoine MORISQUE (Journal de l'Aveyron)

Grâce aux fouilles archéologiques et aux vestiges découverts, les scientifiques ont pu déterminer que ce n'est que très tardivement, vers la fin du Néolithique (-4 000 à -3 000 av. J-C), que les hommes préhistoriques se sédentarisent définitivement dans le Gévaudan et la Protohistoire voit les habitants de la Lozère se percher sur des hauteurs la plupart du temps fortifiées.

La population commence à se rassembler dans des embryons de villages comme celui de BANASSAC, si on en juge par les traces découvertes du IV° millénaire av J-C, dans et autour du village actuel notamment, au Champ del Mas (langue de terre bercée par trois cours d’eau : le Lot, l’Urugne et le St Saturnin). Les zones empierrées découvertes avec quelques outils en silex (perçoirs, flèches, grattoirs) qui témoignent de la présence d’individus vivant de façon sédentaire de culture et d’élevage à l’époque du Chasséen méridional. Au cimetière de Grandlac à LAVAL DU TARN (48), le Dolmen de Chardonnet à LA CANOURGUE (48)...

Leurs outils sont aussi fabriqués en bois ou en os. A l’époque du Chasséen méridional, au IV° millénaire av J-C, la vannerie et la poterie faisait aussi parti de leur savoir-faire.

Ils ensevelissent leurs morts : la "région" de SAINT AFFRIQUE (12) est occupée dès le Néolithique avec, comme signaux visibles, les dolmens de Tiergues, Crassous, Boussac, Vendeloves sur le Plo de Benas. (Lo Plo, du latin Planum, petit palier plat sur une pente). Une occupation quasi continue du territoire est attestée par la présence, en divers lieux, de tessons de poteries.

Les dolmens sont des sépultures collectives (tombeaux préhistoriques). Tous livrent des ossements humains en quantités considérables. D’après la forme de leur chambre, de leur structure d’accès et de leur tertre protecteur, ils se classent en diverses catégories.
Le plan des dolmens aveyronnais est le plus souvent simple, constitué d’une chambre encadrée de dalles et couverte par une table. Le dolmens à couloir droit (souvent en pierres sèches) se trouve d'avantage en Languedoc. Le dolmen à couloir d’accès coudé est particulier au domaine caussenard. Les dolmens construits avec des dalles de granit ou de grès sont très rares, quelques dizaines d’exemplaires tout au plus dans le sud du département de l'Aveyron.

Les hommes lozériens de la Protohistoire vivaient sur le causse et enterraient également leurs morts sur le causse : le dolmen de la Galline près du hameau de Grèzes à BANASSAC (48), du III°millénaire av J-C, et était une sépulture collective.

Avec 261 dolmens recensés sur le Causse Comtal dont 91 sur le secteur de SALLES LA SOURCE (12), la très forte concentration de mégalithes nous permet d'affirmer que le Causse Comtal demeure probablement le point névralgique des dolmens en Aveyron mais aussi, peut-être, de toute la France. La densité dolmétique est de 1 dolmen pour 1,45 km².
Dolmen de Frontignan, de la Route, de La Sale, de la Bergerie, de Vézinies 1 à 4, de Puech 1 à 8, de Bennac 1 à 7, de Cornelach 1 à 3, de Montaubert 1 à 5, de Onet l'Eglise 1 et 2,de Vaisserous, de la Mine, de Solsac, de Solsac Vieux, de Vitarelle... Le dolmen II de Perinhac, sur la commune de SALLES LA SOURCE (12), a donné 2 858 dents humaines correspondant à 203 individus inhumés dans quelques mètres carrés seulement. De plus, de multiples tumulus ainsi que de nombreux éclats de silex ont été retrouvés et attestent la longue présence d'individus dans ce secteur particulièrement bien ensoleillé.

L'âge des individus inhumés montre une mortalité semblable à celle des sociétés archaïques avec une mortalité infantile très élevée (20 à 30 %), une espérance de vie très faible (les 2/3 sont morts avant 25 ans et seulement 4% d'entre eux ont dépassé les 50 ans).
Physiquement, les constructeurs de dolmens ne constituent pas un type caractérisé. La population déjà très diversifiée, les variantes sont nombreuses. Ils étaient des hommes robustes, à faible stature de 1,63 pour les hommes et 1,53 pour les femmes. Leurs cranes étaient nettement plus allongés que ceux des aveyronnais actuels avec un occipital peu proéminent. Leurs fronts sont hauts, leurs faces moyennes ou grandes, leurs nez fins et étroits.
Les restes humains de ce secteur sont toujours accompagnés de flèches en silex, de grains de colliers en calcaire ou en os et de pendeloques aux formes parfois compliquées.

Les mesures d'âge font remonter ces outillage au IIIe millénaire. Les datations s'échelonnant entre - 2 600 et - 1 700 av. J-C. La civilisation des bâtisseurs de dolmens s'inscrit donc dans cette fourchette technologique. Ainsi, pendant près d'un millénaire, l'homme préhistorique a construit des dolmens sur le Causse Comtal.

L'analyse des charbons de bois présents dans les grottes occupées par les constructeurs de dolmen, ont permit de préciser le paysage du Causse Comtal entre - 2 600 et - 1 700 av. J-C ; il était recouvert d'une forêt claire, les zones boisées et les taillis alternant avec de grands espaces découverts prenant déjà l'aspect de vastes steppes chauves. Les principales essences forestières sont : les pins sylvestres, les genévriers, le buis est en pleine expansion et les chênes en constante régression. Toutefois les hêtres sont majoritaires sur les pentes mal exposées.

Les restes des débris de cuisine et les ossements brulés et décarnisés (mangés et chassé pour 10 à 15 % des animaux consommés) attestent que dans les forêts, se rencontrent les derniers chevaux sauvages, quelques ours bruns, les cerfs et les sangliers y sont nombreux, des hardes de bouquetins se tiennent sur les secteurs rocheux et escarpés, les lapins pullulent dans les zones forestières et les lièvres ont colonisé les espaces découverts. Les dents de cerf, les défenses de sangliers et les canines d'ours sont souvent utilisés comme pendeloques. Beaucoup figure parmi les mobiliers des dolmens du Causse Comtal.

Les graines découvertes dans leurs foyers montrent qu'ils cultivaient le blé et l'orge. Ils exploite la forêt en collectant glands, noisettes, baies de genièvres et même des pommes (dont quelques pépins à demi-carbonisés ont été retrouvés).
85 à 90 % des animaux consommés proviennent d'un élevage florissant. Le mouton est sur le Causse Comtal, l'animal fondamental car il représente près de 50 % des espèces domestiques), le porc 25 % du cheptel et le bœuf est beaucoup plus rare. Le but essentiel de ces élevages semblent avoir été la viande de boucherie car une grande partie de ces animaux ont été abattus avant l'âge adulte. Ce qui n'est pas le cas lorsque ces populations s'orientaient vers le lait ou de laine.

Le genre de vie des populations dolméniques à modifié le paysage du Causse. La hache de pierre aménageant des espaces cultivés aux paysans et le mouton préhistoriques sont les grands responsables de la disparition progressive du couvert végétal sensible dès cette époque, sur le Causse Comtal.

En témoignent, les dolmens que l'on trouve sur la route des dolmens en direction de l'actuel village de Buzeins (Dolmens de Saplous II, de la Vernhiette / néolithiques, de Lespinasse / néolithiques à Gaillac-d'Aveyron...).

Si les paysans néolithiques produisaient une large part de leurs moyens de subsistance, une partie de leurs biens était acquise par le biais de systèmes d'échanges effectués souvent sur de très longues distances à l'image du silex du Grand-Pressigny qui a été diffusé jusqu'aux Pays-Bas à plus de 500 km. Les pirogues retrouvées à Bercy témoignent du rôle important que devaient jouer les rivières dans le transport des produits.

Les premiers objets métalliques apparaissent, marquant les débuts de l’âge des métaux (- 3 750 à - 450 av. JC).
La métallurgie débute à la fin du Néolithique. Les âges des métaux constituent une suite logique aux évolutions technologiques et culturelles. Avec la maîtrise du feu, l’Homme a appris à transformer la matière, notamment avec l’avènement de la métallurgie. Une étape qui signe le passage de la civilisation préhistorique à l’âge des métaux. On distingue trois grandes périodes : le Chalcolithique ou âge du cuivre (dans la préhistoire), l’âge du bronze et l’âge du fer (dans la protohistoire).

Âge du cuivre (de - 3 750 jusqu'à environ - 2 200 environ av. J-C) : les métaux purs sont plus faciles à trouver, à reconnaître, à extraire dans la nature (c’est à dire que l'on peut trouver sous la forme de pépites ou de paillettes) et à travailler. Ainsi, l’or est probablement le premier métal travaillé par les hommes. Néanmoins, c’est un métal mou et malléable : hormis pour l’ornement, il reste peu utile aux hommes préhistoriques. Puis ils commencent à travailler l'argent et ensuite, le cuivre, à la couleur si fascinante. Il est résistant à l’oxydation et donc présent, lui aussi, à l’état pur dans la nature. De plus, ce métal peut être travaillé avec (fusion) ou sans chauffage (se façonne par simple martelage). Cette période est appelée « Campaniforme » en raison des vases en forme de cloche (Campana) produits en abondance.

L’importance de la métallurgie tient à ce qu’elle va permettre d’élaborer des outils et des armes particulièrement performants.
Dès lors, de profondes évolutions vont rapidement toucher tous les aspects de leurs vies : améliorations et innovations techniques, vie sociale, démographie, trocs entre tribus ou peuples, meilleure structuration de la hiérarchisation sociale...
Cependant, alors que les Européens entrent dans l’âge du cuivre, certains peuples, tels les Sumériens et les Égyptiens, utilisent déjà l’écriture.

Le village de La Garde Guérin, situé dans la commune de PRÉVENCHÈRES (48), surplombant les Gorges du Chassezac, porte les vestiges d’une solide implantation humaine dès le néolithique.

http://aveyron.fr/thematiques/archéologie

 4 - De - 2 200 environ av J-C à - 450 ans av J-C - L'époque protohistorique

(en construction)

Située entre préhistoire (apparition de l'homme) et histoire (apparition de l'écriture), la Protohistoire regroupe l'ensemble des connaissances que nous possédons sur un peuple avant l'apparition de ses premières écritures. Pour la Mésopotamie, le début de l'Histoire débute avec l'invention de l'écriture pictographique vers -3 100 av. J-C, pour l'Égypte, c'est vers - 2 900 avant notre ère avec les hiéroglyphes. Pour l'Europe, elle succède au Néolithique et concerne principalement les deux millénaires précédant l'ère chrétienne et correspond aux classiques âges des métaux.

A la fin de l'âge de bronze (de - 2 200 environ jusqu'à environ - 800 av. J-C), dans les régions karstiques, les premiers peuplements installent leurs habitats définitivement sur les pourtours des plateaux, à l'abri des falaises (des abris sous-roche) qui sont des structures d'accueil naturelles privilégiées et intensément occupées ou directement dans des grottes (l'altitude moyenne de leurs lieux d'habitations est de 824 m pour la période protohistorique). Le climat et la géologie (reliefs) de ces territoires en sont probablement la cause.

Les clapios sont des enclos préhistoriques fortifiés : lieux d’habitats situés à l’aplomb d’une falaise où des murs épais et hauts permettaient de mettre les hommes à l’abri d’un danger et/ou de protéger les intérêts de la communauté en mettant les biens en sécurité dans un cap barré. Étant donné la richesse des ressources dont disposaient les habitants du Causse, peut-être avaient-ils tout intérêt à se protéger… Le clapio construit près de Toutes Aures à BANASSAC (48), se situe à moins de 4 km du dolmen remarquable du Lebous.
Parfois les murs sont juste en élévation à hauteur d’homme. Certains sont des enceintes (Puech Redoun) mais pour la plupart il s’agit d’éperons barrés (la Calcidouze et de Cassaduc, près du Point Sublime à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48), Lou Clapio, Plo de Coustous, Lou Puech des Cades…) d’autres ne sont pas déterminables en raison de la végétation envahissante et des nombreux murs de parcelles qui s’y sont rajoutés (Beauregard Bas).
La plupart des sites montrent la présence de cases en pierres sèches accolées aux murailles. On remarque aussi que l’eau n’est jamais bien loin.
Dans les plaines alluviales et sur les plateaux dénudés, les hommes structurent leurs habitats en campements et s'équipent de "tentes" afin de se protéger.
Ces sites ont été habités à plusieurs périodes : à la Protohistoire, durant laquelle ils ont été bâtis, mais aussi à l’Antiquité tardive et au haut Moyen Âge comme l'impressionnant Clapas Castel (clapas : amoncellement de pierres en occitan) proche du village du Marcayrès à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48).

Il y a pérennité de l’utilisation du plateau comme lieu de sépulture, même si les pratiques funéraires évoluent encore. Utilisés durant une longue période (plus de 15 siècles), les dolmens ont généralement reçu, successivement, les restes de plusieurs dizaines d’individus. Ce qui implique des réductions de squelettes et des rangements pour faire de la place.
On peut remarquer que les nécropoles préhistoriques lozériennes sont généralement plus haut perchées que les lieux de vie de la population. Il y a donc une évolution dans la relation entre les vivants et les morts. Ceci est à nuancer toutefois, car il est rare de trouver une habitation préhistorique en plein air, surtout à cette altitude et avec l'érosion qui s'en ait suivie entre-temps...

Le dolmen de Roudil à La Barthe, à la limite des communes de ST GEORGES DE LÉVÉJAC et ST ROME DE DOLAN (48) est encore inclus dans son tumulus. La dalle de couverture, longue de 3,30m et épaisse d'environ 0,50m repose sur les deux supports latéraux ; l'un d'eux est fortement incliné, l'autre un peu délité. Ce monument a été récemment christianisé : sur la dalle de couverture on a placé une croix en métal, fichée dans un socle en pierre.

Des sépultures (contenant certaines jusqu'à 6 crânes), un vase en terre, et une boucle de ceinture en bronze ont été découverts Marcayrès à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48). De l'âge du bronze, des épingles à disque et des bracelets de bronze, nous sont également parvenus et sont exposés au musée de Mende.
On devine le rôle important qu'a joué la maîtrise de la production d’objets en métal, dans les changements sociaux, à travers les nombreux bouleversements introduits dans les pratiques funéraires.
Le mort était déposé vêtu et paré de ses bijoux (perles et pendeloques en os, coquillages, dents percées...) avec ses objets personnels (poterie, poignard, hache, arc et flèches...) près de lui.
Le groupe tout entier devait participer à l’ensevelissement et revenir pour des cérémonies commémoratives suggérées par des offrandes dans le tertre protecteur, et ceci même après la condamnation de la sépulture.
Dans la caverne préhistorique des « Baumes Chaudes » située dans la falaise sous le Point Sublime à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48), le Dr Prunières (1829-1893) trouva près de 300 squelettes datant de l'âge du bronze.
Les squelettes de Baumes Chaudes sont caractérisés par des crânes aux formes « dolichocéphales », ou allongées. Plusieurs squelettes avaient les membres brisés ou des flèches de silex dans les vertèbres. De nombreux crânes avaient également subis des trépanations.
Suite à ces découvertes, le Dr Prunières exposa une théorie selon laquelle ici, existait une race d'hommes primitive, aux crânes longs, s'opposant aux « crânes courts » qui devaient les pourchasser et les tuer... Les indigènes à « têtes longues » devaient se défendre avec force et fureur dans leurs grottes sépulcrales : leurs crânes fracassés, leurs vertèbres traversées de flèches de silex attestant de la rage de ces combats. Cette « Race des Baumes Chaudes » a longtemps servi de référence : elle était considérée comme l'héritière de la race de Cro-Magnon. Des études plus récentes ont fait apparaître qu'il ne s'agirait pas d'une race, mais plutôt d'un type dit « des Baumes Chaudes ». Les trépanations devaient devaient avoir un but médical. Mais ici, les cas étaient si nombreux que l'on se demande si elles n'étaient pas plutôt liées à un rite. La polémique reste engagée...

La transhumance devait déjà exister à l’Age du Bronze et même avant, car elle est nécessaire au renouvellement de la pâture des animaux.
J. Galtier mentionne (1971) ainsi douze drailles (dralha en occitan) ou carraires (issues du dialecte occitans) : chemins de transhumance qui étaient employés par les bergers des montagnes pour estiver (rejoindre les terres d’estives : pâturages des massifs montagneux) où les troupeaux de moutons qui arrivaient du bas pays desséché pouvaient passer sur de larges étendues, exploitées uniquement cinq mois de l'année, sur le plateau des Causses (Larzac...), pendant la période estivale, lorsque le climat y est moins rude.
La pratique de la transhumance se pratiquait non loin des abris sous roche aménagés en bord de doline, elle-même barrée comme c’est le cas du Mazelet, abris du Mazel, ou des grottes associées à des enclos situés non loin et supposés anciens (grotte des Balmes, grotte du Montet) et les enclos situés en bordure directe de la draille (enclos des Cheyrouses). On peut citer les toponymes parlants de « La Gardette », « Las Bastiolos », « La Lavagne » qui témoignent certainement de stations de repos lors de la montée en pâture.
Les sites lozériens liés au pastoralisme (relation d'interdépendance entre les éleveurs, leurs troupeaux de ruminants et leur biotope) n’ont pas livré de vestiges très impressionnants, même si beaucoup d’auteurs font aussi remarquer l’étrange concentration de mégalithes en bordure des drailles caussenardes. (ibid. ; Maury 1967). Mais ils sont en fait ceux qui ont le plus d’importance en matière d’économie locale car ce sont les seuls et uniques vestiges immobiliers encore visibles des traditions pastorales.
La plupart sont d’ailleurs situés en des endroits toujours occupés au siècle dernier, preuve de la pérennité de l’occupation de ces aires de repos.
Voir http://www.montpellierlevieux.com/Histoire.aspx

Ainsi, terres de passage, le Gévaudan et le Rouergue (correspondant approximativement au département de l'Aveyron actuel) constituent un des quelques rares sites exceptionnels où la juxtaposition de la géographie et de la préhistoire, ne manqueront pas de révéler d'innombrables connaissances.
Et si ces territoires se sont développés sous la contrainte des bouleversements géologiques, leur progression a aussi été cahotée au rythme des bouleversements de l'évolution de l'Homme et aussi et surtout de son Histoire.

Sources : http://www.t4t35.fr/Megalithes/AfficheResultat.aspx?Projet=France&CodeCategorie=&Region=&Nom=&Tri=%5BIDSite%5D&CodeRegroupe=Menhir&Departement=Aveyron&Coordonnees=&Visite=Tous&Symbole=&Commune=&Action=Recherche
http://www.gorgesdutarn.net/IMG/pdf/megalithes_causse_de_Sauveterre.pdf
http://archeolozere2.over-blog.com/article-12782004.html
Lucien DAUSSE

 4.1 - Bref aperçu de l'histoire des Celtes, ancêtres des Gaulois

Les régions celtiques étaient les territoires d’Europe Centrale ou d’Asie mineure où furent parlées les langues celtiques apparentées, de l’Irlande jusqu’à la Turquie. On en distingue 2 grands groupes : le goidélique (irlandais, gaélique d’Écosse) et le brittonique (le gaulois ou celtique de l’Antiquité : langage éteint vers la fin du V° siècle, gallois et breton).
Ils étaient de culture orale. Leurs langues, pourtant si répandues en tant que langues parlées seraient longtemps restées privées de l’appui de l'écriture. Ils se transmettaient le savoir par un héritage oral, du moins jusqu'à la conquête romaine et auraient complètement ignoré l'écriture et la littérature.
Aussi, même si les Celtes ou Gaulois vivaient déjà en Gaule, c'est sous la plume de peuples étrangers qui les ont côtoyé ou vaincu, comme les Grecs puis les Romains, que nous les connaissons.
Et il a fallu les découvertes archéologiques modernes, en plus des sources antiques pour mettre en lumière l'ensemble de civilisations avancées que formaient nos ancêtres, les Gaulois, et plus généralement les Celtes. Dominant l'Europe (de la Roumanie à l’Écosse, et de l'Allemagne à l'Espagne) pendant plus de cinq siècles, par leurs brillantes connaissances, les Celtes représentent la première manifestation de forces civilisatrices issues de l'Europe continentale et on peut, assez justement, les surnommer "les pères de l’Europe".

Entre -1600 et -800 av J-C, venant des régions entre le Rhin et le Danube, les Celtes s'infiltrent progressivement dans l’Est et le centre de la Gaule. Ils chassent les Ligures d'Allemagne de l'Ouest et de l'Est de la France.

 4.2 - L'âge du Fer (de - 800 à l'an - 450 av. J-C)

En Lorraine, les Celtes exploitent les mines de fer et, en plus, celles de sel. Les celtes maîtrisent la technique compliquée d'extraction du fer et savent déjà le travailler. Ce qui leur donne un avantage considérable en leur permettant de fabriquer des armes résistantes (poignards de bronze triangulaires d'Unetice...).

Entre -800 et -500 ans environ avant notre ère, une partie des des tribus Celtes quittent la région des Alpes pour chercher de meilleures terres et envahissent l’ouest de l’Europe. Ils traversent "la France ligure d'Est en Ouest", se fixent entre la Seine et la Garonne et s'installent sur tout le territoire. Ils exploitent les mines de fer de Bourgogne qui s'ajoutent à celles du Centre.

 4.2.1 - Pas si fous, les Gaulois

(A voir Gaulois)

Les peuples Celtes et Gaulois semblent ne pas encore avoir la conception de pays et de capitales. Ils vivent à l'état tribal, sans véritable structure citadine, aux mœurs et chefs bien distincts, qui, loin d'être unifiés, se font souvent la guerre entre eux. Ils sont semi-nomades et leur notion de territoire est avant tout celle d'un espace vital où ils se déplacent en fonction de leurs besoins.
Les Gaulois vivent dans des villages où les maisons étaient des huttes réalisées à base de bois, torchis et chaume. Ils pratiquent l'élevage : surtout de moutons (multo en gaulois), qu'ils mettaient en pâture et dont ils utilisaient le fumier pour enrichir la terre ; ils élèvent aussi des cochons (porcs), des chevaux, des chiens, des chèvres.
Cela explique que même s'ils n'en faisaient pas un grand usage, ils gravaient leur monnaie d'un dessin de bœuf, mouton ou porc. Les ressources individuelles étaient d'ailleurs désignées par un terme qui est toujours en vigueur aujourd'hui : le pécule, qui vient de pecus (petit bétail).
Ils se nourrissaient aussi de miel et leurs boissons étaient essentiellement composées d'eau et de cervoise (dérivée du latin "cervisia", la cervoise gauloise, un ancêtre de la bière, à base d'orge qu'ils fabriquaient eux-mêmes).
Mais, contrairement à une idée reçu, ils n'élèvent pas les sangliers qui n'étaient pas mangés car ils étaient considérés comme un animal sacré.
Polythéistes, ils adorent près de 400 divinités différentes représentant les forces naturelles comme Toutatis (dieu de la guerre) ou Epona (déesse des cavaliers), le ciel, le tonnerre, la terre, le vent, le soleil, les arbres, les sources… et même les animaux (sanglier, ours, cheval…).

Les cromlech : des cadrans solaires mégalithiques et des enceintes sacrées.
Ce sont des enceintes de pierres levées formés par un alignement de monolithes verticaux (menhirs) généralement en cercles de diamètres différents d'un site à un autre, avec parfois un menhir qui est placé au centre (on peut penser qu'il figureraient le symbole du Soleil) et qui peuvent aussi avoir d'autres formes depuis le simple alignement droit ou rectangulaires. Ils peuvent être isolés, entourés autour d'un plus grand, jumelés à un autre cercle de pierres, composés avec des pierres plates posées perpendiculairement sur des pierres verticales ou associés à un alignement de menhirs. La plupart paraissent dater, en Europe notamment, de l'âge du bronze (2500 av. J-C à 1000 av. J-C).
Ils sont orientés en fonction de la position du soleil levant au moment du solstice et servent aux rites celtiques et gaulois. Ils permettent de déterminer :

  • le solstice d'été : il faut se placer au centre et tourner le dos au soleil pour repérer son ombre, le matin l'ombre est le plus au sud ouest de l'année, à midi elle est la plus courte, le soir l'ombre est la plus sud est.
  • le solstice d'hiver : se placer au centre, tourner le dos au soleil pour repérer son ombre, le matin l'ombre est le plus nord ouest de l'année, à midi elle est la plus longue de l'année, le soir l'ombre est la plus nord est.
  • les équinoxes (en mars et septembre) : il faut se placer au centre et tourner le dos au soleil pour repérer son ombre, le matin aux équinoxes l'ombre est le plus du côté ouest sur l'axe est ouest de l'année, à midi elle est a une longueur moyenne, le soir l'ombre est le plus du côté est sur l'axe est ouest. http://la-cascade-enchantee.forumactif.com/t474-le-solstice-d-hiver-chez-les-celtes-et-noel (vérifier datation si cromlech = celte ?)

Composés d'une multitude de peuples, de tribus régionales, ils étaient probablement la plus grande population d'Occident de cette période et ne tardent pas à former une première structuration du territoire. On ne compte pas moins de 54 communautés gauloises vivant en Gaule, du VIIe au Ier siècle av. J-C, dont une vingtaine de peuples celtes (douze situés entre la Garonne et la Loire). Ils sont répartis en trois grands ensembles :

  • Les Belges dans le Nord-Est, qui constituent une forte confédération occupant aussi l'Allemagne,
  • Les Aquitains dans le Sud-Ouest, près des Pyrénées,
  • Les Celtes proprement dits dans la "Gaule celtique", le centre du pays (durant la période gauloise, les futures régions du Gévaudan et du Rouergue, globalement, la région des Causses Cévennes font parties de la Celtique méditerranéenne). Ils étaient grands, de peau claire avec de longs cheveux blonds, d'où le nom de Gaule Chevelue donnée à cette partie de la Gaule :
    • Les Séquanes de Besançon et les Eduens de Bibracte qui seront des alliés de Rome.
    • Les Helviens : au sud-est, qui ont donné le nom au Vivarais.
    • Les Vellaves : au nord-est (Velay et le rocher du Puy qui donneront plus tard leur nom à la province Velloise avec Vienne et Lyon).
    • Les Volques Are comiques : vers la fin du IIIe siècle av J-C, les Volques, prennent leurs quartiers dans la région du Rhône à la Garonne, sur le causse Noir, des Cévennes aux Pyrénées. Ils fondent leurs capitales TOULOUSE et NÎMES, au sud.
    • Les Cadurques (Cadurci en latin / Καδουρκοι en grec) Peuple de la Gaule Celtique, installé au niveau de l'actuel Quercy. Les Cadurques étaient voisins des Nitiobroges, des Rutènes, des Arvernes, des Gabales et de la future province de la Narbonnaise. Leur nom est resté dans celui du Quercy et de Cahors. De nos jours, les habitants de Cahors, s’appellent les "Cadurciens".
    • Les Gabales : (habitants des montagnes) se sédentarisent au nord, en Gévaudan, sur le causse Méjean et la terrasse de MEYRUEIS, dominant la Jonte et ses confluents...

    • Les Ruthenis (Rutènes ou Ruthènes, nos ancêtres ruthénois) qui tirent leur nom de leur idole Ruth, sorte de Vénus celtique dont le culte subsistait encore au Ve siècle de notre ère. Ils sont les ascendants directs du célèbre Celte Brennus (390 avant J-C). C'est un peuple puissant venu du delta du Danube. La migration de cette tribu celte commença à l’âge de fer, jusqu'aux environs de -800 et -600 avant notre ère et leur permit de pendre possession de la contrée de Ruthène (la future province du Rouergue), qui s’étendra aux actuels départements de l’Aveyron (des montagnes de l’Aubrac), jusqu'aux confins du Languedoc, sur une petite partie de l’Hérault et du Tarn-et-Garonne, englobant les landes infertiles du Ségala, une fraction du Tarn, des plateaux arides des Causses, Larzac, vers le Rozier et à l'ouest des Causses Cévennes.
      Vers -500 av. J-C, cette peuplade Celto-Ruthène fondait un oppidum dans leur capitale, à Segodunum (ou Sagodunum, en langue celtique montagne à seigle - RODEZ) et avaient deux autres cités principales : Condatemago (ou Condatemag, ville du confluent, au quartier d’Embarri, près de MILLAU), et Carentomago (ou Carentomag, ville des parents, Caranton). Sur tous ces points on a découvert des ossements, des monnaies, des médailles, des poteries et d’autres objets d’art et d’industrie qui confirment la position de ces trois cités gauloises.
      Les Gaulois Ruthènes firent une de leur place forte en Rutenula (ou petit Rodez - RODELLE).
      On interprète souvent leur nom comme venant d’un préfixe *roth/*rud qui signifie rouge (ou blond) en gaulois (ruath, en gaélique irlandais). Cette appellation viendrait de la couleur de leur chevelure ou pourrait aussi se rapporter à la présence chez eux de nombreuses rivières.
      En langage proto-celtique le terme « rivière » donne awarā et une « petite rivière » avarona. Le nom apparaît pour la première fois sous la forme Auarionis, c'est celui d'une petite rivière affluente du Tarnis (Tarn), il deviendra Avarius puis Aveyron : le nom d'une antique rivière baptisée par les celtes qui donnera ensuite, son nom à son département.
      Sur le Causse Comtal, en Aveyron (12), les plus grands tumulus s'élèvent à 2 mètres de haut et vont de 5 à 25 m de diamètre. Les défunts étaient déposés sur un lit de dalles ou à même le sol, souvent sans protection spéciale, quelquefois associés à un appareillage sommaire. Le mobilier funéraire est surtout métallique avec de grandes épées de bronze ou de fer, des épingles, des rasoirs, des bracelets de bronze. Cet outillage date ces sépultures au 1er âge de fer, entre 800 et 500 ans av. J-C. Mais il existe des tumulus plus anciens, d'avant la période des dolmens du secteur (entre - 2 600 et - 1 700 av. J-C) et d'autres plus récents. Les derniers étant été datés du IVe siècle de notre ère. Mais la plupart des tertres s'échelonnent entre 7 et 13 m pour 50 à 60 cm de haut.

    • Les Arvernes (Arverni en latin) traversent à leur tour les Alpes avec d'autres peuples Celtes (Carthaginois d'Hasdrubal...), vers le IIIe siècle av. J-C, pour coloniser la région de l'Auvergne actuelle. Ils s’y installèrent et lui léguèrent leur nom. Ils sont un puissant peuple de la Gaule Celtique et avaient comme clients : les Vellaves, les Gabales et les Éleutètes.
      Athénée dans "Le Banquet des sophistes" parle d'un poète qui avait reçu du Roi Bituit une bourse pleine d'or et avait alors improvisé un poème célébrant le souverain et sa générosité.
      "Bituit, qui guerroya contre Maximus et Domitius, avait pour père, ce Luérius [Luernos] dont les richesses et le faste étaient si extraordinaires que, pour montrer son opulence à ses amis, il se promenait sur un char dans la campagne, en semant çà et là de la monnaie d'or et d'argent, que ramassaient les gens de sa suite. (Strabon, Géographie, IV, 3).

      Leur capitale était Gergovia jusqu'au milieu du Ier siècle av. J-C. Leur nom semble signifier "ceux qui sont près de l'aulne". Le vernet, vernhet ou bernet est une aulnaie.
      Gergovie : 70ha Arverni, Auvergne - Puy-de-Dôme (63), Gergovie-La Roche Blanche Le plateau de Gergovie a été, dès le XVIe siècle, identifié à l’oppidum arverne de Gergovie. Les différentes fouilles, dont celles organisées par Napoléon III pour retrouver les traces de la victoire gauloise de 52 av. J-C, ont livré des traces d'occupation du Néolithique jusqu’à l’époque romaine. L'occupation de l'extrême fin de l'âge du Fer est attestée par de nombreuses découvertes monétaires et importations méditerranéennes (amphores, vaisselle) qui suggèrent une fonction économique de premier ordre.
      Le plateau de Gergovie a connu une désaffectation des Arvernes dans le courant de la dernière décennie avant notre ère au profit du nouveau site urbain d'Augustonemetum / Αὐγουστονέμετον (CLERMONT FERRAND).

Alliés le plus souvent à leurs puissants voisins, les Arvernes, les Ruthènes batailleurs étaient de toutes les expéditions, soit contre les autres peuplades gauloises, soit hors de la Gaule. Ils formèrent des armées de près de 300 000 hommes et firent de nombreuses expédition en Italie, en Bohème, en Hongrie, en Grèce et en Asie Mineure.
Couvert en grande partie de forêts, le pays des Ruthénis, au sol âpre et peu fertile, ne se prêtait qu'à de maigres cultures et à un élevage extensif. Ils nourrissaient mal cette peuplade nombreuse. Aussi, il n'est point étonnant que la principale préoccupation de nos ancêtres Ruthènes ai été la chasse et que leur réputation d'excellents archers en soit même parvenue jusqu'à nous.
Mais les Ruthènes savaient aussi profiter des guerres heureuses pour se fixer hors de leurs frontières. C'étaient alors des villages entiers qui changeaient de pays et fondaient des colonies.
Ainsi, le peuple slave des Ruthènes de France serait lié aux Ruthènes présents de nos jours en Ukraine (depuis l'an -500), sur le versant occidental des Carpates, en Slovaquie, en Pologne et même dans le nord de la Serbie. Ces derniers parlent une série de dialectes slaves orientaux, utilisent l’alphabet cyrillique et appartiennent traditionnellement au rite chrétien oriental, soit uniate, soit orthodoxe. Même si l'origine des Ruthènes est mal connue, des continuités importantes s'observent sur leurs territoires depuis au moins le premier âge du fer.
Plusieurs autres émigreront pour parcourir la Germanie, s'établir à nouveau sur les bords du Danube et y prospérer ou se répandre en Grèce et dans l'Asie Mineure. Cette colonie eut de tels succès que son courage et la gloire de son nom celtique remplirent l'univers de crainte et d'admiration. DE PELLOUTIER (Histoire des Celtes)

S'ils étaient pauvres au point de vue agricole, les plateaux de la région des Ruthènes étaient par contre l'un des plus riches districts miniers de la Gaule : l'argent, en particulier, s'y trouvait mêlé au plomb, en grande quantité. C. JULLIAN (Histoire de la Gaule)

Les forgerons Celtes et Gaulois sont les meilleurs métallurgistes de toute l'Europe antique. En plus de connaître et d'exploiter le fer, ils apprennent à fondre et à forger le cuivre, l’or, le bronze et créent l'industrie européenne du bronze. Ils fabriquent des bijoux et conçoivent des outils encore plus robustes et plus efficaces : des clous, des fibules, des couteaux, des ciseaux, des tarières servant à percer, fabriquent des mors en fer pour les chevaux, les roues des chars et autres véhicules...
Leurs maisons sont majoritairement construites en bois et en terre (exceptionnellement en pierre à Entremont et Glanum en Provence). Ils enterrent leurs morts dans des sépultures : sous des tumulus (sépulture en latin) qui sont des amoncellement de pierres et de terre, de forme circulaire, atteignant parfois 6 m de hauteur (d'où le nom de "civilisation des tumuli"). Ils sont utilisés comme tombeau d'inhumation et quelquefois comme tombes à incinération individuelle ou collective.

 4.3 - Le Pays de « Gévaudan » : la cité des Gabales

(en construction)

site_cevennes_route_gabales_1.jpg Arrivèrent dans la future province du Gévaudan des envahisseurs Celtes. Pour se protéger des autochtones (populations locales qui défendaient leur territoire), les Gabales se réfugiaient en des lieux situés plutôt en hauteur, naturellement protégés par des parois abruptes et ayant déjà été occupés (caps barrés).

Pour fortifier ce refuge dressé sur des hauteurs et protéger les habitations, les gabales construisaient un rempart circulaire (forme arrondie) tout autour du sommet. C'est le "Murus Gallicus" décrit par César : une muraille construite d'une levée de terre et de pierres sèches dans une armature de poutres enchevêtrées et maintenues par des tiges de fer.

L'oppidum (pluriel oppida) est le nom donné par César aux villes celtiques qu'il trouva devant lui lors de la conquête de la Gaule. En archéologie, ce nom est maintenant utilisé pour tous les sites fortifiés du monde celtique, couvrant une superficie minimum de 15 ha et datés de la seconde moitié du IIe siècle et du Ier siècle av. J-C (La Tène finale). Ces agglomérations sont à la fois des centres économiques et politiques. Elles peuvent être considérées comme les premières villes au nord des Alpes.

Le Castrum Gredonense (Gredone à l'époque), au sommet du truc de GRÈZES, semble être le lieu où les premiers Gabales se seraient installés à leur arrivée dans la future province du Gévaudan. Saint Grégoire de Tours, évêque de Tours (539-594) note que c'est l'un des lieux de défense les plus important des Gabales. Il est possible que l'oppidum ait dévalé la pente, étendant la cité vers son emplacement actuel. On y a trouvé des poteries gauloises mais on ne sait toujours que peu de choses sur leurs habitations principales. Il voisine avec le truc du Midi (ou pic du Midi) qui domine la ville de MARVEJOLS (48) et le truc de ST BONNET DE CHIRAC (48).

En -700 av. J-C, ils savent extraire la marne sous forme de blocs de pierre pour la construction (roche sédimentaire composée de calcaire et d'argile qui sera très utilisée par la suite pour bâtir des maisons ordinaires mais aussi beaucoup de nos prestigieux bâtiments).

Vers -650 av J-C, les Celtes fondent l'Espagne celtique et finiront par s'étendre sur tout le continent européen jusqu'au au détroit du Bosphore, à l'Est. Les bretons (tribu celte) franchissent la Manche pour envahir l'Ile de Bretagne (l'actuel Pays de Galles) qui prend leur noms. Ils se peignent le corps avec du pastel ce qui leur donne une couleur azurée, se laissent pousser les cheveux et se rasent tout le reste du corps sauf la lèvre supérieure. Jules César écrit : « Omnes versos se Britanni vitro inficiunt, quod cæruleum efficit colorem, atque hoc horridiores sunt in pugna aspectu » (En vérité, tous les Bretons se teignent artificiellement avec ce qui produit une couleur bleue, de sorte qu'ils sont plus terribles d'aspect au combat).
L'historien romain Tacite, dans sa Vie d'Agricola, les décrit comme bruns de peau, à la chevelure noire et bouclée, différents physiquement du reste des Bretons et en fait un peuple originaire de la péninsule Ibérique.

Les Phocéens, des colons grecs venus de Phocée en Asie Mineure, entrent en contact avec les autochtones (proto-celtes) pour établir des contacts commerciaux sur la côte sud de la future Gaule. Ils fondent la ville de Massilia (ou Massalia - MARSEILLE) sur la côte méditerranéenne, en 650 av. J.C.
Vers -580, les Phocéens créent le premier comptoir commercial grec à Glanum (dans les Bouches du Rhône). Ils fondent AGDE, ANTIBES, HYERES et NICE vers -560, ARLES vers -550.
Chassés de Phocée par les Perses vers -545, les Phocéens s'installent en Corse et fondent Aléria.
Hécatée de Milet (né vers 550 et mort vers 480 av. J.C), écrivain d'histoire et de géographie grecque fut le premier à noter l'existence des Celtes et mentionne que Narbonne est une ville celte alors que Massalia est une ville de Ligurie près de la Celtique.
Les colons grecs introduisent aussi la vigne en Gaule.

"Ce n'est pas icy seulement l'histoire du Languedoc... mais une partie de celle des Grecs... que l'amour et la gloire, ou le désir des richesses y a faict venir en divers temps. Les Grecs y arrivèrent les premiers ; ils y bastirent quelques villes sur la plage, et comme ils venaient d'un pays éloquent, ils enseignirent aux Celtes qui eurent communications avec eux, l'art de persuader. " Écrit en 1648, par Pierre Andoque, historien Biterrois spécialiste du Languedoc.

Vers -500 à -400 : les Celtes occupent la Gaule au nord d'une ligne Carcassonne/Genève.
Avec le temps, les migrations celtiques deviennent de moins en moins fréquentes, mais l'habitat reste dispersé, avec de rares villages, de tailles plutôt petites.

 4.4 - De - 450 ans av J.C à 476 - L'Antiquité

L'Antiquité est la première des époques de l'Histoire. Elle succède à la Préhistoire et/ou à la Protohistoire suivant le développement de l'écriture. Dans le bassin méditerranéen, les civilisations les plus prestigieuses de cette période furent successivement l’Égypte, la Grèce puis Rome.

En France, l'Histoire commence avec les premiers comptoirs grecs, et avec les Celtes qui s'installent dans le territoire entre le Rhin, les Alpes et les Pyrénées à partir de -450 ou -650 av. J.C. ???
http://his.nicolas.free.fr/Panorama/PagePanorama.php?mnemo=ComptoirsGrecs#PremiersComptoirs
Thèse sur les Grands causses - Paul Marres
Ouvrage monumental sur le Gévaudan - F. Buffières

Le grand territoire de la Gaule fait enfin ses premières apparitions écrites sous le terme de Gallia. Par les Grecs d'abord puis avec les Romains, pour désigner un territoire à conquérir, compris entre les Pyrénées, les Alpes et le Rhin.
Diodore de Sicile affirmait que les Gaulois vivaient au nord des Celtes, alors que les Romains considéraient les Celtes comme étant également des Gaulois.

Les Gaulois étaient en réalité des artisans ingénieux qui savaient travailler les métaux, le verre, la joaillerie, la cosmétique et le textile. Bien avant la conquête romaine, ils savent fabriquer des produits et objets tout nouveaux en Europe et les utilisaient pour pratiquer "l'exportation".

Les témoignages conservés permettent d'affirmer que, vers -500 av. J-C, les Gaulois avaient une alimentation riche et variée qui venait de la cueillette (fruits, noisettes...) et principalement d'une agriculture productiviste avec la culture extensive de céréales : fève, lentille, orge et blé faisaient partie intégrante de la nourriture gauloise. Ils en fabriquaient des galettes ou conservaient les récoltes dans des greniers construits sur pilotis pour empêcher les souris ou autres d'y pénétrer.

Les Gaulois et les Celtes sont des paysans habiles qui fabriquent des outils agricoles (serpettes, haches, pioches, faucilles, faux…).
Pour les travaux des champs, ils utilisent des chars à 2 roues et des outils performants comme des socs d'araires (de l'occitan, issu du latin aratrum) : ancêtre de la charrue, il est construit en bois au départ et employé en Mésopotamie depuis le IVe millénaire av. J-C, c'est la partie métallique de l'araire qui est tirée par un bœuf. Il ne retourne pas encore le sol mais ouvre une simple raie symétrique pour y planter la semence. Il permet de labourer les champs plus rapidement et d'étendre les surfaces cultivées.

La moissonneuse des champs : le vallus : alors que les Romains se servaient d'une faucille, les Gaulois utilisaient déjà le vallus pour récolter les céréales. L'ancêtre de la première des machines agricoles était en fait une grande caisse à roues dentelées. Cette caisse était tractée dans les champs par un bœuf ou un cheval et arrachait les épis pour les faire tomber dans son réservoir. Ils l'utilisaient sur de grandes étendues car elle était bien plus productive que la faux.

Et le tonneau fût ! : pour remplacer les amphores en terre, trop fragiles et garantir la conservation et le transport du vin, les Gaulois inventeront les tonneaux en bois. Ainsi, grâce à eux, barils, foudres, tonnelets, fûts... entrent dans l'histoire et hébergeront le vin pendant plus de deux mille ans sans attirer l'attention. Peu à peu, le Tonnelier, le Foudrier ou Fabricant de foudres (énormes tonneaux) deviendront un savoir-faire artisanal qui se changera en un métier à part entière.

Mais les Celtes et les Gaulois sont loin d'être un peuple uni et paisible et les bagarres entre clans ne sont pas rares. Les tribus sont perpétuellement en train de se faire la guerre ou de partir à la conquête de nouvelles terres.
Ils restent de farouches bons guerriers en fabriquant des chars spécifiques aux combats. Leurs équipements n'étaient pas négligés, non plus. Chaque combattant possédait une lance ou une épée en fer forgé et un bouclier (en bois ou métal). Beaucoup partaient à la bataille équipés du célèbre casque en fer gaulois (avec visière, protège nuque et mâchoires sur les deux côtés du visage). Les guerriers sont enterrés avec leurs armes et autres objets en bronze.
Vers le IIIe siècle av. J-C, ils ont inventé la cotte de maille pour fabriquer des vêtements qui protégeaient les officiers et les chefs de troupes.

Vers 300 avant notre ère, sur le sommet du "Truc" de SAINT BONNET DE CHIRAC (48) dominant la vallée de la COLAGNE, à proximité de sa confluence avec le Lot, se dressait un important habitat gabale en oppidum.
Après une installation à la fin du Hallstatt, il est réoccupé dès le IIe siècle av. J-C par un oppidum de 15 ha barré par un mur en pierres sèches. Cette occupation, qui perdure jusqu’au début du Ier siècle ap. J-C, est marquée par l’existence d’activités artisanales et d’échanges avec diverses régions de Gaule et de Méditerranée. Un fanum (ou temple) romain a, par ailleurs, une origine vraisemblablement gauloise et leur aurait servit de lieu de culte pendant plus de 600 ans.

Roseau_seche.jpg Les vestiges Gaulois, nous démontrent que ces peuples étaient devenus des maîtres dans l'art de la construction et certaines villes ont pu atteindre jusqu'à 10 000 habitants.
Ils construisaient souvent leur village en haut des collines. Les maisons étaient isolées l'une de l'autre et avaient un foyer central qui leur permettait de se chauffer et de cuisiner. Elles n'avaient pas de cheminée car les toitures réalisées en paille (chaume, joncs ou roseaux, suivant les ressources naturelles disponibles à chaque région), sans charpente de bois, laissaient sortir la fumée sans que la pluie puisse y pénétrer.
Les habitants ne manquaient pas de résineux, en témoigne la carte de la couverture forestière actuelle, certainement proche de celle qu’ont connue les Gabales. Peu à peu, les murs seront bâtis en bois, la toiture pourra être agrémentée de lucarnes (fermées ou ouvertes par un système de cordes et de contre-poids en bois) et/ou construite à partir de tuiles de bois.
A la fin de l'âge du Fer (vers l'an 0), les façades sont peintes ou ornées d'éléments sculptés le plus souvent dans du bois et les portes d'entrées sont équipées de serrures (on peut donc penser que les voleurs n'étaient déjà pas rares).
Les lits étaient équipés de matelas en feutre qu'ils bourraient avec de la laine de mouton.
Le chef de tribu a une maison plus confortable que les autres membres et possède généralement un salon comme pièce supplémentaire.

http://fr.questmachine.org/la_gaule,_de_la_conqu%C3%AAte_romaine_aux_grandes_invasions
http://somail.pagesperso-orange.fr/liberte/fichiers/PAGES/SUR%20LES%20TRACES/SurLesTraces.html

 4.4.1 - Le Druidisme gaulois

Le mot "druide" est une appellation générique qui signifie "savants sages", "très sage" ou "très voyant". Ainsi le druide oriente, donne ses conseils sur certains litiges et peut prononcer une injonction ou un interdit. Il a le droit de parole avant le roi et n'est soumis à aucune interdiction ni obligation. Il possède l'autorité spirituelle et administre le sacré. Véritables polytechniciens, ce sont les seuls à être détenteur du savoir, de la connaissance et des activités intellectuelles et religieuses (sacrifices, justice pour le droit public et privé, enseignement et transmission du savoir traditionnel, prédiction, divination, généalogie...). Leur savoir médicinal leur a essentiellement été transmis par les grecs. Ils savaient soigner les blessures, les membres cassés, pratiquer les prémices de la chirurgie avec de véritables scalpels et sondes pour écarter les chairs. Ils détenaient également la connaissance de la magie, des composants de divers poisons et étaient en charge d'éduquer oralement les enfants sur l'astrologie, la religion...
Ils entrent en contact avec les dieux et sont chargés de raconter les exploits et de les transmettre par voie orale aux futurs druides et aux guerriers.

Les druides, assure Jules César, emploient l'écriture et les chiffres grecs pour tenir et rédiger les comptes publics et privés.
Le druide celte est celui qui cumule tous les pouvoirs : il a le droit de vie et de mort sur tous (le roi inclus) mais il respecte quand même le droit oral et le prononce. C'est lui qui organise les fêtes et fixent le calendrier, ordonne les sacrifices humains et animaux. Ainsi, il est le personnage le plus important : le roi celte ne peut parler avant lui et les guerriers ne peuvent parler avant le Roi. Le druide et le roi forment un équilibre. Il est pour les Celtes inconcevable qu'il ne puisse y avoir au sein d'une communauté un Roi sans Druide et un Druide sans Roi.
Le druidisme n'est pas lié à la pierre mais à l'arbre (généralement le chêne). Il est exclusivement réservé aux hommes, les femmes n'ayant accès qu'à la divination avec ou sans magie.

Le plomb du Larzac
Tablette de l'Hospitalet en langage gaulois Le plomb du Larzac est une inscription gauloise à caractère magique découverte en août 1983 dans une tombe à incinération de la nécropole du vicus gallo-romain de La Vayssière à L'HOSPITALET DU LARZAC (12). L'inscription est gravée en caractères latins sur les deux faces d'une plaquette de plomb en deux fragments et peut être datée des environs de l'an 100 ap. J-C. C'est l'un des plus longs textes en langue gauloise qui nous soit parvenu. La partie conservée de l'inscription n'est pas complète mais comporte tout de même plus de 1000 signes et 160 mots. Le plomb du Larzac a été trouvé dans une tombe et il paraît avoir subi des traitements violents (fracture et percement). L'inscription est due à deux scripteurs différents. L'un est plus habile, l'écriture lui est plus familière qu'à l'autre.
Il s'agit d'un document de caractère magique élaboré dans un monde de femmes, plus précisément de sorcières, qui paraissent organisées en confrérie. Il a clairement un caractère maléfique. C'est une demande envers une divinité souterraine de retourner contre une magicienne opposée les malédictions qu'elles avaient formulées contre les signataires de la lettre sur plomb. La magie maléfique des sorcières est attestée par ailleurs dans le monde celtique. Le plomb du Larzac améliore la connaissance que l'on avait du gaulois et nous apporte des informations linguistiques inattendues et précieuses en nous informant notamment que les druides n'étaient pas les seuls à connaître l'écriture.
Le plomb du Larzac est conservé au musée de MILLAU (12). La nécropole de ce vicus, située au nord de l'habitat a permis de découvrir 115 tombes datant des Ier et IIe siècles ap. J-C, pour la plupart à incinération.

 4.4.2 - De -753 à -59 - Les romains et les grecs

(en construction)

L’histoire du monde romain est une longue épopée qui s’étire sur plus de 2000 ans, celle d’un petit groupe de villages qui ont dominé une grande partie du monde occidental et qui l’ont définitivement marqué de sa culture. Créée au VIIIe siècle avant J-C par Romulus, la dynastie romaine (753 - 509 av. J-C) se situe sur une période assez mal connue, au terme de laquelle le territoire romain qui avait Rome pour capitale, n’était qu’un petit domaine, le Latium, menacé de tous côtés par les peuples italiotes et étrusques. Avec son armée, efficace et bien organisée, elle devient au cours des siècles, une puissante civilisation qui va profiter du réchauffement climatique de l’antiquité pour étendre son territoire, conquérir de nombreux pays tout autour de la mer Méditerranée et ne cesser d’évoluer pour se muer en République (509 - 27 av. J-C) puis en Empire (27 av. J-C - 476).
Elle vaincra le plus grand conquérant de l’histoire de son temps, Alexandre Le Grand et son royaume, la Macédoine avec sa civilisation helléniste pour en faire une de ses provinces romaines en 148 av. J-C. Divisé le monde hellénistique (territoires grecs) est progressivement intégré dans l’empire romain. Mais si Rome a conquis militairement la Grèce, c’est assurément la culture grecque qui a conquis le monde romain, où elle a suscité une admiration et un engouement qui l’a profondément marqué. Et la culture grecque poursuivra alors son progrès dans tout le bassin méditerranéen.
L'armée romaine écrase ensuite l'empire de Carthage (ou civilisation punique / Tunisie) avec "les 3 guerres puniques" qui durèrent plus d’un siècle, de 264 à 146 av. J-C pour donner naissance à un vaste empire dont les frontières atteignent le territoire des Gaulois, qu'elle ne tarde pas à conquérir.
Et c'est dès le début de notre ère, que Rome règnera en maître sur tout le monde méditerranéen.

A leur tour, les Romains marqueront définitivement le monde occidental en laissant une image de pragmatisme, de conscience civique et législative et d’organisation civile et militaire. Une organisation fondée sur le courage collectif d’hommes d’action, de talents et de bâtisseurs infatigables qui marquent encore les esprits de notre époque.

4.4.2.1 - Platon Le Sage

" Quant à ceux qui chantent la noblesse et disent qu'un homme est bien né parce qu'il peut prouver qu'il a sept aïeux riches, il pense (le philosophe) qu'un tel éloge vient de gens qui ont la vue basse et courte, parce que, faute d'éducation, ils ne peuvent jamais fixer leurs yeux sur le genre humain tout entier, ni se rendre compte que chacun de nous a d'innombrables myriades d'aïeux et d'ancêtres, parmi lesquels des riches et des gueux, des rois et des esclaves, des barbares et des Grecs se sont succédé par milliers dans toutes les familles. Qu'on se glorifie d'une série de vingt cinq ancêtres et qu'on fasse remonter ses origines à Héracles, fils d'Amphytryon, il ne voit là qu'une étrange petitesse d'esprit. Le vingt-cinquième ancêtres d'Amphytryon et le cinquantième ancêtres de ce vingt-cinquième furent ce que le hasard les fit, et le sage se moque de ceux qui ne peuvent faire ce calcul ni débarrasser leur esprit de cette sorte de vanité. " Platon né vers 427 av. J-C et mort vers 347 av. J-C à Athènes.

 4.4.3 - Oh mes aïeux : des fins gourmets

Parmi les ingrédients omniprésents dans la cuisine romaine, on trouve : l'huile d'olive (utilisée pour la cuisson et en assaisonnement), le miel de romarin (entre dans la plupart des préparations), le vinaigre de vin (permet le déglaçage du miel caramélisant en cours de cuisson, relève le goût et facilite la digestion), le garum ou liquamen (sauce d'assaisonnement et le principal condiment utilisé à Rome et en Grèce antique, il s'agissait de jus de poissons ayant fermenté longtemps dans une forte quantité de sel : le garum d'anchois serait encore fabriqué), les noix fraîches (vertes avec leurs bogues), la truffe et autres champignons, mûres (conservées dans des boissons alcoolisées), figues ou de coings (aussi transformés en sirop)...
Les épices et les plantes aromatiques (dont la plupart ont des propriétés médicinales et digestives) : sel, grains de poivre noir, bâtons de cannelle, cumin, baies de genièvre, feuilles de laurier sauce, myrte laurier-baie, cumin, coriandre, céleri, fenouil en branche, aneth, carvi, sésame, graines de moutarde, livèche (très utilisée, dont le gout est très différent du persil, elle est difficile à trouver en plant mais pas en graines à semer soi-même), coriandre, menthe, pouliot (espèce aujourd'hui protégée de menthe sauvage poivrée) thym, origan, sarriette... Certaines de ces épices étaient acheminées depuis l'Inde et leurs prix les réservaient aux plus riches.
Les vins (utilisés pour le déglaçage ou lier les sauces) : le Carenum : vin blanc doux aromatisé, le Passum : vin paillé, le Muslum : vin miellé... Le Défritum : moût ou jus de raisin réduit par cuisson douce...
Les Grecs associent non seulement diverses plantes à leur nourriture et leur bien être mais aussi à leur médecine. La polenta (farine d'orge grillée), par exemple, était utilisée dans bons nombre de préparations et servait aussi pour panser les blessures.

 4.4.4 - Le boudin noir, une charcuterie helléniste

L'origine du nom du "boudin noir" est obscure, elle pourrait venir de bedaine, de l'ancien français boudine, signifiant "gros ventre" ou bien alors du radical sanscrit -bod- qui indique quelque chose d'enflé. (catalan « botat ») mais celle de sa recette est bien connue et remonte à l'époque protohistorique, antérieure à l’Antiquité. Ce qui en fait la plus ancienne charcuterie connue. C'est un cuisinier grec nommé Aphtonite qui a mentionné la recette par écrit pour la première fois dans "L'Odysée" d'Homère ( -800 ans av. J-C).
Marcus Gavius Apicius (- 25 av J-C - +37 ap. J-C), cuisinier officiel de Tibère, deuxième empereur romain, en transmet la recette (mais pas les quantités des ingrédients) et le procédé de fabrication dans son ouvrage "De re coquinaria", premier livre de recettes romaines connues.
Au Moyen Âge, le boudin noir était dégusté dans les tavernes.

Aujourd'hui, on mange du boudin noir (riche en fer) en toutes occasions dans tout le monde occidental, de l’Italie à la Roumanie en passant par l’Angleterre et son fameux black pudding consommé au petit-déjeuner à une partie de l'Orient. Les recettes sont nombreuses car chaque famille avait la sienne : ses mélanges de condiments et d'épices, son tour de main, son secret de fabrication... Certaines contiennent par exemple du pain trempé dans du lait.
Mais le principe est resté le même, il s'agit de mélanger à parts égales du sang et du gras de porcs assaisonnés d’oignons, avec en plus facultativement divers ingrédients pouvant constituer une farce, d'en remplir des boyaux avec un entonnoir et de faire cuire ces boudins dans de l'eau bouillante.

 4.4.5 - La truffe - présent des Dieux de l'Antiquité

La truffe est un champignon de la famille des ascomycètes (les spores sont enfermés dans des sacs ou asques), de forme plus ou moins rondes, aux particularités d’être souterrain et de vivre en symbiose avec un arbre hôte (chêne, noisetier, pin, tilleul…). Comme la plupart des chamignons, elle se nourrit de matières organiques de végétaux en décomposition.

La truffe est célèbre depuis l'Antiquité : les Grecs et les Romains lui prêtaient des vertus thérapeutiques et aphrodisiaques, les Maures la recommandaient aux malades contre la faiblesse, vomissements, douleurs, gouttes, pour la cicatrisation des plaies...
D’après un passage d'Athénée, les truffes étaient servies chez les Romains, à la fin des repas, marinées dans une sauce de gingembre et de cinnamome. Les Arabes faisaient également cuire les truffes dans un jus d'herbes aromatiques. Dioscoride, Cicéron, Pline, Plutarque, Juvénal, Athénée de Naucratis, Lucullus et Apicius (fins gourmets célèbres à Rome) tenaient la truffe en très haute estime et la considéraient comme un "présent" des dieux. Après l’époque romaine, l’usage de la truffe semble s’être perdu, et on ne la retrouve plus dans les recettes culinaires du Moyen Âge. Mais pendant longtemps, la truffe ne fut pas cuisinée à son avantage parce qu’accommodée le plus souvent avec force épices et il a fallu attendre la Renaissance (après que les Papes d'Avignon l'eurent remis à la mode), pour qu'elle fasse à nouveau son apparition et devienne l'ordinaire des fêtes princières.

Il existe une trentaine de variétés de truffes mais la plus savoureuse est la «truffe du Périgord», la Tuber melanosporum (ou la melano). Cette truffe vit sur des sols calcaires, aérés, drainants et dotés de plantes favorisantes (genévrier, églantier, prunellier...). Elle nécessite un climat tempéré avec des printemps humides sans gelées tardives, des étés chauds avec des périodes sèches limitées à 3 semaines.
On la récolte aussi bien en Périgord, dans le Lot, l'Aveyron (COMPRÉGNAC, PEYRE...), la Lozère (Les Douzes au Rozier...), tout le Sud-Est de la France, qu’en Italie ou en Espagne et est vendue brute, en vérine, sous la forme de produits régionaux truffés comme le foie gras ou à base de safran... Son cycle de vie commence au printemps, entre avril et juin et dure neuf mois. De taille variable (généralement de 5 à 10 cm de diamètre), elle grossit pendant l’été, parvient à maturité pendant l’automne et commence à se récolter dès les premières gelées de novembre, jusqu’à mars.
On les trouve enfouies dans le sol à une profondeur de 5 à 30 centimètres mais sa relative rareté, font de la truffe l’une des denrées alimentaires les plus onéreuses au monde car c’est l'un des rares produits agricoles dont la demande est très supérieure à l'offre. Leur poids moyen varie entre 20 et 100 g. Le record de la plus grosse truffe jamais trouvée est de 10,5 kg ! Quand on sait qu’un kilo de truffes se négocie, en fonction de la qualité et des années, entre 500 et 1000 euros, on ne sera pas surpris qu'elle soit surnommée "le diamant noir des pierres claires".

 4.4.6 - Le genévrier

Si la baie de genièvre est, de nos jours, surtout utilisée comme condiment, pour la choucroute ou autres. Elle fut employée par toutes les civilisations depuis la préhistoire et servit très tôt de remède antiseptique, tonique, stomachique, diurétique, sudorifique, dépuratif, bactéricide... Ainsi devant les portes, encore, flambaient des tas de genévriers censés chasser les miasmes redoutables de la peste...
Résineux de la famille des conifères, aisément reconnaissable à sa petite taille et à ses rameaux tortueux, le genévrier pousse essentiellement sur les sols pierreux et calcaires et résiste bien au froid. Le genévrier des Causses, le plus commun, arbore des feuilles en aiguilles, légèrement piquantes et attachées trois par trois sur la tige. Il porte, à longueur d’année, des baies, d’un arôme très prononcé, doux et amer. De couleur verte, au départ, la graine demande trois années pour fleurir, se former, mûrir et devenir noires-bleutées recouvertes d’un enduit cireux mat, avec une fente étoilée au sommet. On ne les récolte qu'à ce moment là, et comme les grives qui s'en régalent et prennent elles-mêmes leur goût si particulier, qu'après les premières gelées de l'hiver !

 4.4.7 - Celtes, Grecs et Romains se connaissent depuis longtemps

Contrairement à l'image archaïque et guerrière qu'on en donne trop souvent, il était un temps d'avant notre ère où les hommes, pratiquaient déjà le commerce à travers l'Europe (voir commerce vin). Des monnaies grecques découvertes dans un site daté du IVe siècle av. J-C permettent, par exemple, d'avancer l'hypothèse que, dès cette époque, existaient déjà de grands courants d'échanges commerciaux entre les différentes peuplades gauloises de nos régions (côte provençale, Gévaudan, Rouergue et Auvergne) et les commerçants Grecs de MARSEILLE.
http://www.cndp.fr/archive-musagora/gaulois/fichiers/vin_gaule_1.htm Pour les jours de fêtes, les gaulois importaient même, par exemple, le vin fabriqué par les romains, par bateaux, de Rome jusqu'à MARSEILLE et conservé dans des amphores. Les amphores vides étaient ensuite cassées pour recouvrir les allées entre les maisons.
Les Romains parcoururent fréquemment la région pour rejoindre, par voie de terre, leurs possessions de l'actuelle Espagne (sous contrôle de ROME depuis le IIIe siècle av. J-C), sans trop de heurts.

Au cœur de l'âge de bronze, la matière première était double, le cuivre et l'étain. Couler un bon bronze demandait donc un métal qui ne se trouvait pas en Méditerranée.
Au cours du Ier millénaire avant notre ère, les Grecs et les Romains faisaient venir l'étain de Cornouailles (dans la grande bretonne, l'Angleterre) où l'essentiel du minerai était exploité, pour la confection d’objets de bronze. Le chemin était fort long pour aller jusqu'en Grèce, siège de la civilisation de l'époque. C'était à qui trouverait la voie la plus pratique pour acheminer le précieux minerai. Une course de l'airain fut ainsi organisée par nos ancêtres, il y a environ 3 500 ans.
Rois de la ligne droite, ils se souciaient peu des difficultés. Aucun travail ne rebute l'enfant de Rome et rien ne doit entraver sa volonté. Ils traversèrent bien vite la Manche en se promettant d'y revenir bientôt. Puis, ils prirent la route à travers la campagne pour rejoindre Phocéa, le lieu d'arrivée. Il y avait sur leur route des régions bien inhospitalières et tout Romains qu'ils étaient, durent s'avouer vaincus devant les Arvernes.
Et voyez-vous, ceux qui sortirent vainqueurs de cette course de l'étain furent nos valeureux gaulois de la tribu Liger. Ils firent bien vite le tour de la Bretagne petite avant que de retrouver l'estuaire de la Loire. En ces temps heureux, le vent de Galerne soufflait avec vigueur. Il poussa l'embarcation de nos héros jusqu'aux confins du pays Carnute. Puis ils tirèrent leur bateau pour rejoindre le pays des Éduens. Ils eurent à franchir le seuil de Tarare par voie terrestre de Balbigny à Anse, 57 km pour rejoindre la Saône. De là ils prirent le Rhône et arrivèrent bons premiers à Phocéa. Comprenez que cette histoire resta secrète !
C'est la route qui à l'époque et pour longtemps encore fut choisie pour conduire le cuivre et l'étain vers la Méditerranée. Dans l'autre sens, les hommes qui n'aiment rien moins que de faire des voyages à vide, transportèrent des épices et des étoffes, bientôt des vins et parfois des soldats. La route de l'étain était ouverte et toutes les autres ne sont que des itinéraires perdants, des voies de seconde zone. Il n'est pas à en démordre, c'est la vérité vraie, vous pouvez m'en croire puisqu'elle passe par la Loire.
http://www.chroniques-ovales.com/article-la-veritable-route-de-l-etain-114774957.html
Ainsi, l’une des routes de l’étain britannique partait de Cornouailles jusqu’à l’embouchure de la Gironde, par bateau, puis remontait la Garonne jusqu’à Toulouse. Elle traversait ensuite le Lauragais jusqu’à l’Aude et continuait ensuite sa route vers la Méditerranée.

Puis les Rutènes apprirent à tirer profit de leur cadre géographique d’une extrême diversité et de ses richesses en exploitant ses matières premières (or, argent, plomb, cuivre, étain, fer, argiles, résineux...) et en développant un commerce particulièrement bien structuré (métaux, poix, céramiques sigillées) entre la côte languedocienne, les Arvernes et les peuples de l’Ouest de la Gaule.

En 390 avant J-C, le Celte Brennus (descendant des Ruthenis) est même parvenu à piller Rome... Vainqueurs de l'armée romaine sur la rivière Allia, les Gaulois de Brennus entrent peu de temps après dans Rome où ils se livrent à de nombreux pillages et massacres. Seuls quelques Romains réfugiés dans le Capitole parviennent à résister à l'invasion. Le siège du Capitole commence alors. Une nuit, les oies du Capitole réveillent les Romains par leurs cris et les alertent ainsi d'une attaque surprise des Gaulois. Les Romains, pourtant au bord de la famine, jettent du pain aux assiégeants pour les démoraliser. Devant cette résistance, Brennus, accepte de traiter avec le tribun militaire Romain Quintus Sulpicius : il quittera Rome contre le versement d'une forte rançon, 1 000 livres d'or (soit 327,45 kgs).
Une grande balance est alors préparée sur une place de Rome ; afin d'alourdir encore la rançon, les Gaulois y placent de faux poids. Devant les protestations des Romains, Brennus ajoute encore à leur déshonneur en jetant son épée sur la balance et en prononçant ces mots "vae victis" (malheur aux vaincus).

Ah ! Que l'on comprend bien que les romains puissent prendre peur, en ce temps là, en entendant les Gaulois haüker (crier, hurler, du patois haüka) à la façon des paysans rouergats, descendants directs des soldats de Brennus, effrayants d'énergie et de témérité dans les coups de voix que s'envoyaient ces bergers, d'une montagne de l'Aubrac à l'autre, pour se souhaiter le bonjour, le bonsoir, se reconnaître dans le brouillard...

L'introduction de l'alphabet et l'occasion d'user de l'écriture, au IIIe siècle :
Pour les écrits, ce sont les Grecs qui, sur ce point comme sur d'autres, sont les maîtres des Gaulois à tel point qu'au Ier siècle av. J-C, l’alphabet grec est d’usage courant dans tous le reste de l'Occident. Les supports d'écriture étaient d'ailleurs variés : l'argile, la pierre, le papyrus (monopole des égyptiens : couches de fibres de roseaux des marais du Nil, superposées, séchées et polies), des morceaux de poterie et aussi la cire ! Les Grecs et les Romains disposaient en effet de planchettes de bois évidées (creusées) et recouvertes de cire sur une face, dans laquelle il était facile de tracer des caractères, de les effacer, puis de réécrire. Cet instrument était également utilisé pour envoyer des lettres à un destinataire qui, après avoir lu le message, l'effaçait et gravait un nouveau texte en réponse mais présentait de nombreux désavantages pour les textes longs (stockage, transport, numérotation des tablettes...). Pour tracer les caractères d'écriture sur la cire de la tablette (tabula, en latin), ils utilisaient un stylet (stylus) fabriqué en bois, en os, en ivoire ou en métal.

Mais voilà qu'arrive la fin de la Suprématie Gauloise, en 187 av J-C (ou 587 An de Rome), c'est la guerre fratricide. Les Gaulois d'Asie se mettent au service des Romains dans la Macédoine et les Gaulois d'Europe, au service de Persée, Roi de Macédoine, contre les Romains. En 167 av J-C, la guerre des Gaulois contre Eumène, Roi de Pergame et Ariarathe, Roi de Cappadoce entraîne le début des conquêtes romaines.

En -154, les tribus ligures menacent les intérêts de MARSEILLE qui appelle ROME au secours. Les troupes romaines viennent à son secours et conquièrent le territoire entre MONACO et ANTIBES et le livre à MARSEILLE. C'est la première intervention romaine en Gaule.

En -125, menacée par les tribus celtes, MARSEILLE appelle une nouvelle fois ROME à l'aide. Cette fois, les romains s'emparent pour leur propre compte, du territoire qui va du sud de la Gaule, aux Alpes et au Rhône. Leur conquête s'étend jusqu'à la Garonne et fait la jonction avec l'Espagne romaine : c'est la «Province» romaine (d'où vient le nom Provence). Désormais, ROME peut relier l'Italie à l'Espagne romaine et MARSEILLE réussit à sauver son indépendance.

En -121 avant J.C, Bituit (ou Bituitos), Roi des Arvernes (fils du Roi Luernos) est vaincu par les Romains. Cette défaite met fin à la domination des Arvernes sur les peuples de la Gaule.

En -118 avant J.C, la création de Narbonne en tant que capitale de la Province de la Narbonnaise, est sensée pacifier le territoire mais elle s'accompagne d'expropriations de terres indigènes et les impôts sont si lourds que les Gaulois sont contraints d'emprunter de l'argent, à des taux usuraires, aux seuls banquiers romains. En outre, corvées et taxes sont laissées à l'arbitraire des gouverneurs. Comme en témoigne l'exemple de Fonteius gouverneur de la Gaule Transalpine entre 74 et 72 av. J-C qui est connu dans un procès intenté par les Gaulois exaspérés par ses agissements : taxes sur les vins, exemptions de corvées, corruption généralisée. Fonteius fut-il condamné ? Pourtant, soit que le temps ait fait son œuvre, soit que la domination se soit adoucie la Gaule méridionale, accueille César et reste fidèle à Rome durant toute la campagne contre les Gaules (hormis la ville de MARSEILLE en -49 av. J-C).

 4.4.8 - De -58 à -50 - Vercingétorix et la guerre des Gaules

Vercingétorix, né aux environs de -80, est le fils de Celtillos : chef gaulois de la tribu des Arvernes. Il est, à la fin de la guerre des Gaules (-58 à -52), un des premiers chefs qui réussit à fédérer un grand nombre de peuples gaulois et leurs propres chefs (dont la plupart étaient clients des Arvernes) pour tenter de repousser l'envahisseur romain qui occupent déjà la Gaule méridionale.
"Ils avaient choisi, pour diriger la guerre avec l'autorité suprême, Vercingétorix, dont le père, soupçonné d'aspirer à la tyrannie (à la royauté), avait été mis à mort par les Gaulois." Plutarque - Vie de César, XXV, 5.

En 52 av. J-C, c'est le début de l'insurrection générale des Gaules, sous le commandement de Vercingétorix.
César écrivit en parlant de Vercingetorix : "Il ne lui faut pas longtemps pour avoir à ses côtés les Sénons, les Parisii, les Pictons, les Cadurques, les Turons, les Aulerques, les Lémovices, les Andes et tous les autres peuples qui touchent à l'océan." Jules César, La guerre des gaules, VII, 4
Il faut dire que la vie des populations montagnardes est intimement liée aux cols qui déterminent les voies de passages naturels et obligés et qui dessineront d'ailleurs, souvent, au cours du temps, la géographie politique.
Et les Gaulois ont un important réseau routier et des routes décemment entretenues, empierrées et encadrées par des fossés, où ils circulent avec de nombreux chars et beaucoup de bagages selon leur habitude gauloise" note aussi César.
Les Gaulois du Gévaudan (les Gabales) participent à cette coalition des tribus gauloises, aux côtés des Gaulois d'Auvergne (les Arvernes) dont ils sont déjà clients ainsi qu'avec ceux d'Aquitaine, du Quercy (Cadurques). Ceux du Rouergue (les Ruthènes), quant à eux, sont divisés. Il y a ceux qui habitent au Sud du Tarn, et qui ont accepté facilement la domination de Rome et avaient été réunis à la province de Narbonne. Et ceux du Nord, alliés aux Arvernes, qui acceptent Vercingétorix pour chef. Ce qui permet à Vercingétorix d'être à la tête de 240 000 hommes et 8 000 cavamiers.

Envers les gaulois, les romains vont toujours utiliser les mêmes méthodes de domination. Ils pratiquent à la fois la violence afin d'établir leur autorité et la diplomatie pour la maintenir. Leurs intérêts résident dans l'exploitation du pays et non dans sa destruction, ni dans l'extermination de sa population et ils en sont conscients.
Aussi tentent-ils de s'appuyer sur les classes dirigeantes indigènes qui leur servent de relais et qu'ils s'attachent par divers dons comme pour les Volques (qui ont fondé TOULOUSE et NÎMES) ou les Helviens (qui ont donné le nom au VIVARAIS) et qui pactisent avec les Romains dès le Ier siècle av J-C.
Si elles résistent, ce que fera de façons tenaces, Vercingétorix et les siens, la riposte est féroce.

Mais l'absence de véritable organisation politique de ces peuples Celtes se traduit par une certaine décadence dont Rome profite pour les faire soumettre, du IIe siècle avant J.C au 1er siècle après J.C, et notamment lors de cette conquête de la Gaule intérieure (de -58 à -52 av. J-C), qui est sous la direction d'un jeune général romain : Caius Julius Cassar - Jules César.
Jules César qui décrira d'ailleurs la Gaule, dans son ouvrage "La Guerre des Gaules", comme un territoire homogène sur lequel un peuple uni vit selon des règles unifiées. Après l'exercice du consulat en -59 av. J-C, Jules César avait obtenu le gouvernement de trois provinces : la Dalmatie, la Gaule Cisalpine et la Gaule Transalpine, toutes trois zones de repli et de réserves militaires indispensables à la réalisation de ses projets.

En 52 av. J-C, Vercingétorix, demande aux Cadurques et aux Ruthènes, d'attaquer les Volques Arécomiques restés fidèles aux Romains. Et de l'autre côté, les Gabales et les Arvernes (vivant à la frontière" selon César) sont ensuite chargés de s'en prendre aux Helviens, alliés des Romains, qui perdent alors nombre de leurs chefs.
Puis les Gabales, les Nitiobroges et les Ruthènes partent à l'assaut de la Narbonnaise sous le commandement de Lucterios, chef des Cadurques.

Pendant ses six années de campagne en Gaule, Jules César profite lui aussi de l'important réseau routier déjà en place, qu'il qualifie de performant, pour faire progresser rapidement ses légions.
Il traverse les Cévennes en hiver pour pouvoir attaquer les Arvernes, fin avril 52 av. J-C, au siège de Gergovie (63), en Auvergne. Mais son échec, lors de cette bataille, le pousse à se replier vers les provinces romaines.
Voyant, en traversant la région pour la conquérir, que ces massif montagneux donnaient naissance à sept cours d'eau (Allier, Lot, Tarn, Gardon, Hérault, Cèze et Ardèche), Jules César aurait utilisé les termes de "sept veines" (rivières) pour la décrire. Ces termes seraient restés et par déformation, seraient devenus le nom des Cévennes.

En s’apercevant que les légions romaines battent en retraite, Vercingétorix abandonne sa stratégie de terre brûlée (pratiquer toutes les destructions les plus importantes possibles) et décide d'anéantir l'armée de César avant qu'elle n'ait pu rejoindre sa province.

L'attaque surprise de la cavalerie gauloise est mise en échec par les cavaliers germains et Vercingétorix décide de se replier dans l’oppidum d'Alésia (qui serait probablement Alise Sainte Reine en Côte d'Or (21), dans la région de Bourgogne). Munis d'un mois de ravitaillement ces soldats s'ajoutent dans l'oppidum à la population locale des Mandubiens. Ils y attendent l'armée gauloise de secours, qui doit venir prendre l’armée romaine à revers.
César décide de mettre le siège autour de l'oppidum d'Alésia, qui contrôle la route vers la Province.
Avec les Ruthènes, les Cadurques et les Vellaves (de la future province Velloise avec Vienne et Lyon), les gabales formèrent un contingent de 35 000 hommes qui vint au secours de Vercingétorix.

Étant en infériorité numérique, César renonce à un assaut. Il met alors en œuvre le génie romain pour les travaux de siège, afin d'affamer les Gaulois et de réduire la ville à la reddition.
Autour de la ville, la contrevallation (ligne de travaux défensifs) est édifiée pour empêcher les sorties des assiégés. Dans les parties planes de la ligne de défense, le système de fortification est constitué d'un fossé qui se remplit d'eau. Ce système était ponctué de tours distantes de 80 pieds (tous les 24 mètres). Ensuite viennent deux fossés comblés de troncs dont les branches ont été taillées de manière à former des pointes acérées.
Les mêmes travaux sont effectués pour une deuxième ligne de défense : la circonvallation, tournée vers l'extérieur et destinée à protéger les assaillants d'une éventuelle armée de secours.

L'armée de secours arrive devant Alésia, fin septembre. Les troupes gauloises se postent sur une colline "à mille pas" des fortifications. Dès le lendemain de leur arrivée, ils font sortir leur cavalerie et en couvrent la plaine de trois mille pas de longueur.
L'infanterie romaine a pris position sur les lignes de circonvallation et contrevallation. César ordonne à sa cavalerie d'engager le combat contre la cavalerie gauloise renforcée par des archers et de l'infanterie légère. Les combats durent de la mi-journée jusqu'à la tombée de la nuit.
La concentration d’hommes réunis dans cet affrontement décisif est extraordinaire : environ 400 000 combattants sont en présence, auxquels s’ajoutent la masse des civils emmenés avec les armées, les serviteurs et esclaves de l’armée romaine.

La cavalerie germaine finit par mettre les cavaliers gaulois en fuite et massacre les archers. Le jour suivant, les Gaulois de l'armée de secours fabriquent passerelles, échelles et harpons puis, au milieu de la nuit lancent l'assaut. L’obscurité entraîne des pertes lourdes des deux côtés. Les pièges ralentissent l'avancée des Gaulois et, n'ayant pu percer nulle part, ils finissent par se replier au petit matin. Vercingétorix, bien qu'alerté dès les premiers combats par les clameurs, perd trop de temps à manœuvrer ses engins d'assaut et à combler les premiers fossés. Il apprend la retraite des siens avant même d'arriver aux retranchements et regagne la ville.

À la suite de ces deux échecs, une troupe d'élite de 60 000 hommes est constituée. En même temps, la cavalerie gauloise s’approche des fortifications de la plaine et le reste des troupes se déploie en avant du camp gaulois et Vercingétorix sort de la ville avec tout son matériel d'assaut.
Les Romains attaqués de toute part commencent à céder, d'autant que les Gaulois réussissent à combler les obstacles. Mais Jules César, grand stratège de son temps, envoie d’abord des renforts puis décide d'amener lui-même des troupes fraîches, contourne les retranchements extérieurs et attaque l’ennemi à revers.
Voyant la cavalerie derrière eux et de nouvelles cohortes approchant, les Gaulois prennent la fuite. Les cavaliers romains leur coupent la retraite et les massacrent. Vercingétorix ordonne le repli de ses troupes. Au signal de la retraite, les troupes de secours quittent leur camp et s’enfuient. Les fuyards sont en partie rattrapés par la cavalerie romaine ; beaucoup sont pris ou massacrés.
Le lendemain, Vercingétorix décide de se rendre.
Alésia, dont le nom semble dériver d'une racine celtique ales ou alisia, pouvant signifier « rocher », était un oppidum habité par un peuple gaulois : les Mandubiens. Vercingétorix y sera emprisonné, puis exposé, six ans plus tard, au triomphe de César à Rome, avant d'y être exécuté, le 26 septembre -46.

Un an après, en 51 av. J-C, un des ultimes bastions des Gaulois du Midi qui résistait, était l'oppidum d'Uxellodunum situé sur un rocher à pic, en pays Cadurque (Quercy actuel, terres du Puy d'Issolud ou Capdenac Le Haut (12), les historiens ne sont pas d'accord sur son emplacement exact). Pour César, ce n'est qu'un "ramassis de brigands" qui mettent en péril la suite de sa carrière politique (la date fatidique du 1er mars 50 av. J-C étant la fin de son proconsulat, il se devait de rentrer à Rome victorieux).
Aux combats contre Luctérios, leur chef et Sénon Drappés, qui dura environ deux mois, de mi-juillet à mi-septembre, l'impitoyable César, qui s'y était déplacé en personne, mit rapidement un terme en faisant creuser une tranchée dans le roc pour détourner l'eau de la source qui approvisionnait la forteresse en eau.
Voyant les eaux de la source se tarir subitement et croyant qu'ils étaient abandonnés des dieux, tous les héroïques défenseurs survivants se rendirent. En représailles, César l'impitoyable fit couper les mains à tous ces prétoriens (nom de la peuplade) qui avaient porté les armes contre lui, mais leur laissa la vie sauve. Cette cruauté était un exemple pour prévenir une nouvelle insurrection.

Le siège de Marseille, la plus ancienne "ville de France" s’insère dans la Guerre civile romaine qui opposa les factions des populares, commandées par César, à celle des optimates, dirigées par Pompée, général et homme d’État romain. Avec l'anarchie qui s'est installée à Rome après la mort de Crassus et la rivalité et l'ambition des deux hommes, avides de pouvoir, ne pouvaient que rendre la guerre civile inéluctable.
Marseille qui, par sa prise de position, s'était alliée à Pompée pendant cette guerre civile, se prépare à soutenir un long siège.
Pour assiéger la remarquable Massalia, César avait fait construire une douzaine de galères à Arelate (ARLES). Sur terre, le siège de Marseille est entrepris avec trois légions romaines. L'assaut de l'ancienne colonie Phocéenne (grecque), organisé par Jules César, et conduit par Gaius Trebonius et par Decimus Junius Brutus, dura du printemps 49 av. J-C au 25 octobre de 49 av. J-C.
Sur mer, eut lieu, le 27 juin, en rade de Marseille, un combat naval défavorable à la flotte marseillaise qui fut réduite à 8 unités. Pompée, aussitôt alerté, envoya au secours de Marseille une flotte de 17 galères venant de Sicile. Malgré la supériorité numérique, le courage et la valeur des Marseillais, quasiment tous les vaisseaux furent pris ou coulées sauf sept, qui rentrèrent au port annonçant la nouvelle de la défaite et du désastre. César reçut la soumission des habitants obligés de capituler. Marseille fut dû livrer ses armes, ses bateaux, le trésor public et la citadelle, démolir ses remparts, et subir une garnison romaine composée de deux légions. César laissa aux Marseillais le droit de vivre sous leurs lois, de jouir en paix des avantages de leur commerce, mais il leur ravit leur indépendance, pris leurs colonies et les annexa à la Province. Les romains établirent ensuite un camp, sur une colline proche de la ville, pour surveiller Marseille. On l'appelle " la colline de la garde".
Pour remercier la Cité Arlésienne qui l’avait aidé avec la construction rapide des galères, César lui donna un territoire très important s’étendant jusque dans le Var actuel. C’est grâce à cet événement qu’aujourd’hui encore, Arles est la commune la plus étendue de France !

 4.4.9 - Le Calendrier Julien

Aux premiers temps de Rome, la mesure du temps se fondait sur les cycles de la lune (qui tourne autour de la Terre en 29 jours et demi environ). L'année romaine établie par Romulus comptait comportait 304 jours répartis en dix mois inégaux de 30 ou 31 jours (Martius, Aprilis, Maius, Junius, Quintilis, Sextilis, September, October, November, December). Elle débutait donc le 1er mars, d'où l'origine des noms de septembre, octobre, novembre et décembre que portent encore les anciens mois de rang 7, 8, 9 et 10.
Les deux mois, Januarius et Februarius, s'ajoutent en 153 avant J-C, pour que l'année coïncide avec le cycle solaire et respecte le rythme des saisons car il était essentiel, pour les Romains, peuple de pasteurs et d'agriculteurs à l'esprit pratique, que les travaux agricoles (labours, semailles, moissons...) reviennent toujours aux mêmes dates. Plusieurs mois étaient dédiés aux dieux :

  • le premier au dieu de la guerre, Mars ;
  • le troisième à Maïa, une amante de Jupiter (les chrétiens dédiront le mois de mai à la Vierge Marie) ;
  • le quatrième (juin) à Junon, épouse de Jupiter (à moins que ce ne fût à Junius Brutus, l'un des fondateurs de la République romaine) ;
  • le onzième (janvier) à Janus, un dieu à double face ;
  • le dernier mois (février) était le mois des morts ; il était consacré à des purifications et réputé néfaste.
    Trois jours importants rythmaient les mois : les Calendes étaient le 1er jour du mois, jour où les Romains payaient les intérêts de leurs dettes inscrits dans les registres de comptes : les Calendes (l'origine de notre "calendrier" n'a donc rien à voir avec la mesure du temps elle-même), les Nones (le 5e ou le 7e) et les Ides (le 13e ou le 15e).
    Malgré les deux mois complémentaires de janvier et février, l'année calendaire dérivait par rapport au cycle solaire et les Pontifes, qui réglaient à Rome les affaires religieuses, devaient affiner le calendrier en ajoutant tous les deux ans quelques jours supplémentaires.
    Mais l'empreinte de ce calendrier restera dans nos archives jusqu'après la Révolution. En effet, certains prêtres et curés vont continuer de noter dans les registres : "7bre, 8bre, 9bre et 10bre". Il ne faut pas dans ces cas lire Juillet en lisant le "7" mais Septembre et ainsi de suite, respectivement, pour les mois de Septembre à Décembre.

Le calendrier "Julien" doit son nom à Jules César qui décide d'en finir avec les fantaisies pontificales et fait entrer en vigueur un judicieux calendrier, le 1er janvier 708 AUC (ab urbe condita : depuis la fondation de la ville), autrement dit 708 ans après la fondation de Rome (an 46 avant notre ère) selon le calcul des années en vogue à l'époque. Elle est précédée par une «année de confusion» de 445 jours en vue de réaligner une bonne fois pour toutes le début de l'année sur l'équinoxe de printemps.

Avec le calendrier "Julien", le maître de Rome impose une année de 365 jours divisée en 12 mois de longueur inégale. Il la fait aussi débuter le 1er janvier (cette règle est tombée en désuétude à la fin de l'empire romain et n'allait s'imposer en Occident qu'au XVIe siècle seulement). Pour réduire l'écart entre l'année calendaire et la rotation de la Terre autour du soleil, on convient d'ajouter un jour au calendrier une fois tous les quatre ans. Ce 366e jour est introduit après le 24 février. Comme les Romains nomment les jours ordinaires d'après le jour important qui les suit, il est désigné par l'expression : sexto ante calendas martii (sixième jour avant les calendes de mars). Le 366e jour est en conséquence appelé bis sexto ante... D'où le nom de bissextile qui est encore donné aux années correspondantes !

Sur une proposition du Sénat de Rome, le cinquième mois de l'année (Quintilis) est renommé Julius (le nom s'est transformé en juillet dans notre langue) et passe à 31 jours, pour remercier Jules César d'avoir réformé le calendrier.
Plus tard, son successeur Auguste supprime les années bissextiles sur une période de 12 ans pour gommer un léger décalage entre le calendrier de son prédécesseur et le cycle solaire. Flatteur, le Sénat décide en conséquence de donner son nom au sixième mois de l'année (Augustus, qui devient août en français)...
Mais dans le calendrier initial, ce mois avait 30 jours contre 31 pour Julius !
Afin de mettre César et Auguste sur un pied d'égalité, on enlève donc un jour à février pour le donner au mois d'août... et l'on attribue 30 jours au lieu de 31 aux mois de septembre (le septième mois dans l'ancien calendrier romain) et de novembre, ainsi que 31 jours au lieu de 30 aux mois d'octobre et de décembre.

Le calendrier julien dominera l'Occident pendant près de deux millénaires avec sa version à peine modifiée en 1582 par la réforme du pape Grégoire XIII et son remplacement par le calendrier grégorien qui s'est aujourd'hui imposé sur toute la planète.

 4.4.10 - De -50 av J.C à l'an 476 - La Civilisation Gallo-Romaine

(en construction)

Alors qu'ils avaient fait trembler pendant des siècles les peuples de l'Antiquité, les Gaulois et les Aquitains succombèrent après la chute d’Alésia. A la défaite des Marseillais, toute la Gaule pacifiée est désormais soumise et devient province romaine, provisoirement rattachée à la Transalpine.
La plupart des guerriers Gaulois sont réduits en esclavage et distribués aux légionnaires, « à raison d'un par tête », sauf les Éduens, les Arvernes et les Gabales (César, B.G., VII, 89). L'absence de toute mention sur les Éleutètes, sous l'Empire, laisse supposer qu'ils furent incorporés dans la cité Arverne. Mais les Romains durent compter avec les Gabales qui avaient survécus à la ruine de leur patrie car même vaincus, ils demeurent un peuple libre avec leurs propres lois et chefs. Cependant Auguste César les affranchit des liens qui les unissaient aux Arvernes.

"Ce n'est pas icy seulement l'histoire du Languedoc... Les Romains vinrent, ils donnèrent bien des batailles pour vaincre les Celtes qui estoient renfermés entre les Alpes et les Pyrénées, enfin, ils en vindrent à bout, bastirent dans le pays des vaincus, de nouvelles villes, et laissèrent en divers endroits, des marques de leur magnificence ; leur domination dura jusques à ce que les Goths les en chassèrent..." Écrit en 1648, par Pierre Andoque, historien Biterrois spécialiste du Languedoc.

En pays Ruthène, la domination romaine se fit moins sentir que dans d'autres provinces méridionales. Notre pays montagneux, au climat rude se prêtait-il probablement moins bien que la Provence ou le Languedoc à l'expansion romaine.
Cependant, peu de temps après la soumission des Ruthènes, les Romains créèrent, sur plusieurs points de notre territoire, des camps militaires destinés à surveiller les belliqueux (RODEZ, CADAYRAC, SÉVÉRAC LE CHÂTEAU, MONTMERLE... Donnant ainsi aux Ruthènes, un bien inestimable : la paix.

A son tour, Jules César est assassiné en 44 av. J-C, après sa prise de pouvoir. La Gaule est ensuite gouvernée par Décimus Brutus, Hirtius, Munatius Plancus et reste sous la domination des romains jusqu'au Ve siècle.
Au cours des deux siècles qui suivirent sa conquête, la Gaule n'eut que deux mouvements de révolte, en 21 et en 68 ap. J-C. Et paradoxalement, elle va connaître en quelques décennies, de grands bouleversements qui la marqueront d'une empreinte profonde, que ce soit par la culture ou par son économie monétaire, l'émergence de ces villes, la transformation des campagnes, la mise en place de pouvoirs politiques centralisés…
L'influence latine fut aussi très profonde dans le Ruthénois et les vestiges de cette époque y sont encore importants.

Les romains divisent administrativement quasi-totalité du territoire de la Gaule en provinces.
La Gaule Lyonnaise, la zone comprise grosso-modo entre la Loire et la Seine.
La Gaule Belgique, celle qui se situe au nord d'une ligne Seine-Lac Léman et le Rhin.
La Gaule Transalpine (au sud), qui était "déjà dominée" auparavant et était simplement nommé "la province" (la Provence), devient la province Narbonnaise : Narbo Martius (aujourd'hui Narbonne qui devient la capitale de la nouvelle province).
Et pour la partie de la "Gaule chevelue" (comprendre "barbare"), à l'Ouest de la Narbonnaise, est instituée la province de l'Aquitaine (première capitale : BOURGES) qui comprendra, durant plusieurs siècles, toutes les régions des Pyrénées à la Loire, Aquitaine et Auvergne comprise. Au Sud-Est, sa frontière naturelle est le Causse Méjean. Gabales et Ruthènes... font donc désormais partis de la province de l'Aquitaine.

Les provinces regroupent un ensemble de Civitates (en latin, au singulier Civitas), des villes-états ou capitales administrant une unité territoire locale, à la périphérique extrêmement variable entre elles (dans les zones peu peuplées, elles pouvaient recouvrir une vaste aire géographique égale à celle de plusieurs de nos départements actuels). Les Romains respecteront aussi "grosso modo" les divisions territoriales existantes des peuples gaulois.
Le nom du chef-lieu des civitates était souvent employé à l'ablatif-locatif en -is : le chef-lieu de la civitas Rutenorum était dénommé Rutenis (ou Ruthénis, anciennement Segodunum pour le peuple ruthène - RODEZ). Ceci explique que le nom moderne de ces villes se termine parfois par un son "-s".

Au chef-lieu (capitale) Gabales que les gaulois appelaient ANDERITUM (qui signifiait « sur le gué » ou le « grand gué », à moins que la racine andéir ne représente une idée de « croisement »), les romains lui donnèrent le nom de civitas AD GABALUM : la « ville des Gabales » (habitants des hautes terres, en latin Gabalis (la racine celte galo = lieu élevé) qui deviendra AD GABALS à la fin de l'Antiquité et plus tard, avec l'influence occitane GABOULS puis JAVOLS / ISPAGNAC - 48). Ce qui signifie que s'ils ont donné leur nom à JAVOLS et à son pays le « Gévaudan », la ville est bien toujours restée la capitale des Gabales.
Une borne milliaire portant pour inscription CIVIT(as) GAB(alorum) a été retrouvée sur place, au XVIIe siècle.
AD GABALUM, colonie romaine était une étape de la Boleyra, la voie romaine qui suit le tracé entre le Gévaudan et RODEZ - Segodunum, la capitale du Rouergue, sur le haut-plateau, à travers l'Aubrac, en passant par la station romaine dite Ad Silanum (aujourd’hui perdue). Cette voie était un des embranchements de la grande voie romaine construite par Agrippa entre Lugdunum - LYON (capitale des Gaules et origine de ces voies) et TECTOSAGES (TOULOUSE).

C'est sous l'Empire que la construction prend toute son ampleur, dictée par les exigences des nouvelles villes, mais aussi par la nécessité d'imposer l'image du prestige et de la puissance de Rome. Toute ville d'importance disposait d'un amphithéâtre, d'un théâtre ou d'un odéon, d'un forum, d'une basilique, de temples, de thermes alimentés par des aqueducs. Ce sont donc des milliers de constructions, dont des centaines sont encore au moins partiellement visibles, que l'on trouvera dans les provinces de l'Empire.
AD GABALUM abrita la résidence d'un prêteur (ou proconsul) et pouvait comprendre, à la fin du II° siècle, entre 5 000 et 10 000 habitants. Elle avait son temple, son palais et son cirque dont quelques vestiges demeurent encore et un castrum (lieu fortifié) s'élevait dans le Valdonnez.

Les fouilles archéologiques réalisées à JAVOLS ont permis de surprenantes découvertes comme l’exemple du chauffage au sol : l'hypocauste signalé dans le champ de la cure entre 1874 et 1882. Ce système était employé par les architectes romains, surtout pour les thermes. Le principe est de produire de l'air chaud dans un puissant foyer situé à l'extérieur des bâtiments, et de le faire circuler sous le sol des salles à chauffer, lequel est surélevé au moyen de petites piles ou de murets. L'air circule aussi derrière les parois, car les salles à hypocaustes sont presque toujours dotées de parois chauffantes maintenues en avant des murs par des fiches de pierre ou, plus fréquemment, de terre cuite.
Une statue de Silvain-Sucellus (dieu des tonneliers), en grès rouge, d'une hauteur totale de 1.76m, a également été retrouvée (vue de face et une « panoplie » d'outils de travail de chaque côté : sur la gauche de la statue une corne d’abondance, deux tonneaux superposés et une amphore ; à sa droite un pampre de vigne avec des fruits qui paraît s’enrouler à un tronc d’arbre.

Le territoire de la civitas, appelé pertica, était divisé en pagi (ou pays, pagus au pluriel). Ces circonscriptions territoriales étaient proche de nos cantons contemporains.
Les romains scindent, par exemple, la zone d’influence des Ruthénis en deux régions : l'Albigeois et le Rouergue (le Pagus Rutenicus dont les frontières sont demeurées quasiment inchangées depuis).

Peu à peu, le langage gaulois et le celtique de l’Antiquité vont s'éteindre vers la fin du Ve siècle et ce sont ces divisions territoriales qui expliquent d'un côté, les différences et les rapprochements des langues régionales actuelles et de l'autre, des différenciations culturelles et artistiques.
Mais les romains vont aussi s'inspirer du savoir-faire gaulois et reprendre de nombre de leurs mots comme pour les véhicules :

  • le carros, passé en latin sous la forme carrus « char »,
  • la carruca « char à deux roues »,
  • l’edsedon ou adsedon, passé en latin sous la forme esseda,
  • le carbanton « char à deux roues », passé en latin sous la forme carpentus (voir charpente),
  • le petorriton « char à quatre roues », passé en latin sous la forme petorritum... L'existence de ces nombreux types de chars nécessitait dans les régions accidentées ou humides, des voies où ils pouvaient se déplacer rapidement avec le moins de risques possible.

En Gévaudan, la période gallo-romaine va coloniser le plateau, sans pour autant abandonner les vallées, ce qui va stabiliser l'altitude moyenne des lieux d'habitations (777m au lieu de 654m pour les habitations préhistoriques et de 824 m pour la période protohistorique). En effet, 20% des sites sont situés à une altitude inférieure à 630 m. Trois villes sont connues comme importantes :

Du temps de l'occupation romaine et durant les trois premiers siècles de notre ère, le village de BANASSAC (48), connu sous le nom de Banaciacum aura lui aussi, un passé moyenâgeux glorieux. Il fut un important village de potiers à l’âge d’or de la céramique qui passa de vicus à la deuxième cité (ville) du Gévaudan après Javols. Cette cité s’étendait sur l’emplacement actuel du village, tout au long des rives du Saint Saturnin de l’Urugne, au confluent du Lot, jusqu’au sabot de Malepeyre.
Grâce à la production de poteries sigillées (signées), entre le Ier et le IIIe siècle après J.C., le bourg devient un centre économique important, au sein de l’Empire romain. Plus de soixante-dix ateliers participaient à la production de céramique sigillée, avec inscription du nom du potier à l’intérieur des objets. Il s’agissait de poteries à usage domestique (bols, écuelles, soupières…), en terre rouge recouverte d’un beau vernis. Les décors sont variés et une petite frise ornant la bordure supérieure des pièces était la marque de fabrique de la céramique de BANASSAC (des céramiques provenant de ses ateliers ont été retrouvés dans toute l’Europe, de Pompéi, en Hongrie jusqu’en Pologne, ainsi qu’en Orient (Pondichéry, Chandernagor).

Tous les chemins mènent à Rome...
D'ailleurs, pour que les relations "sociales et commerciales" puissent se développer, après leur conquête, les ingénieurs romains ne feront qu'utiliser les troupes de leurs armées, alors privées de combats, pour reprendre le réseau routier gaulois préexistant dans sa grande majorité, à leur arrivée.
Les drailles (dralha en occitan, chemins "naturels" de transhumance empruntés par les bergers depuis la Préhistoire pour gagner les terres d’estives) et autres "routes" commerciales interrégionales vont être ainsi améliorées et mises aux normes du schéma des "viae" (les voies romaines) de la péninsule italienne, en allant de la rectification des tracés, à la construction de ponts (parfois spectaculaires tel le pont du Gard), gués ou stations.

En 77 ap. J-C : Pline l'Ancien témoigne dans son "Histoire naturelle" le fromage le plus estimé à Rome est celui venant des Gabales du Mont Lozère.

La draille d'Aubrac, traversaient le Lot entre Esclanèdes et Le Bruel et était un lieu de passage très fréquenté par les troupeaux.

Bien que la vie reste difficile, la paix romaine favorise le commerce et avec lui, les activités économiques basées sur la production de poteries (en grès) ; les productions agropastorales ; la récolte de résine ; l'exploitation des mines...
Serpentine patene romaineLe Pont Gallo-Romain du Cayla à LA BASTIDE L’ÉVÊQUE (12), qui enjambe l'Aveyron, a été construit sur la voie romaine reliant RODEZ (12) à CAHORS (46) via VILLEFRANCHE DE ROUERGUE (12), pour le transport du minerai extrait des mines de la région de LA BASTIDE L’ÉVÊQUE.
Plusieurs sites contenant des vestiges gallo-romains (tegulae, fragments d’amphores, meule, bas-fourneaux métallurgiques) ont été repérés aux environs immédiats de LASSOUTS, entre ESPALION (12) et ST GENIEZ D'OLT (12) dans la vallée du Dourdou.
Ils utilisent, par exemple, la roche serpentinine (FIRMI 12) pour fabriquer des pots, des marmites, des vases ou des poêles, les colonnes du temple et de l'amphithéâtre romain de Limoges...
Voir photo ci-contre : Patène romaine de l'Empire byzantin (Assiette en serpentine du Ier siècle av J-C - monture fin IXe ou début Xe s).
Peu à peu, la circulation qui augmente et se diversifie donnera une ouverture sur tout l'Empire. Les installations humaines se multiplient (88 communes du département de la Lozère, qui en comprend 198, ont livré des débris ou vestiges gallo-romains). Ce sera le signe le plus tangible démontrant que la civilisation romaine s'imposera jusqu'au IV° siècle après J.C.

La dixième voie romaine : selon les linguistes, le mot « Viadène » est composé de la racine « via » signifiant « route » et du suffixe « dene » se traduisant par « dixième ». Cette voie romaine avec routes empierrées et ponts romains, passe par LE PUY EN VELAY et se retrouve du côté de Bez-Bédène et Campouriez.

La voie romaine qui relie Lutéva - LODÈVE à Segodunum - RODEZ par Condatomag - MILLAU se branche sur la Domitia et facilitera à tel point les transports et les échanges de marchandises aux quatre coins de l'empire romain que MILLAU (12) devient un des plus grands centres de production de poteries du monde romain.
La Can à l'HOSPITALET se transforme en un important nœud de communication interrégional entre le Languedoc et l'Auvergne. Des potiers gallo-romains s'établiront aussi au confluent du Tarn et de la Jonte, à "Inter-Aquas" (LE ROZIER - 48) pour la fabrication de poteries (jusqu'au IIe et IIIe siècle après Jésus-Christ).

La paroisse de PRÉVENCHÈRES (48) est désormais de plus en plus fréquentée car un de ses villages est traversé par le Chemin de l’Estrade (occitan estrada, du latin strata : grande route) qui devient alors la Voie de Régordane - GR700), la seule voie de communication tracée du nord au sud sur la face orientale des Cévennes, reliant le PUY EN VELAY et le Gévaudan, à la Provence et aux ports de la Méditerranée, en passant par Nemausus / NÎMES. Une station romaine est créée sur la route à proximité de la paroisse, au-dessus des gorges du Chassezac qu’elle domine de 400 mètres.

Aux croisements des axes secondaires, apparaissent aussi de petites agglomérations Gallo-Romaines nommées vicus (bourgs d'une certaine importance, sans être pour autant des pagus, des chef-lieux de cités) : Viculus Mimatensis - MENDE, Gredone / GRÈZES : la forteresse (forciae) des Gabales, proche du lieu de culte installé à ST BONNET DE CHIRAC, Condate (Chapeauroux, effectuant la liaison vers la vallée du Rhône)... Le vicus de MEYRUEIS (né au 1er siècle) et ses vallées constituent la limite nord-ouest de la civitas (territoire administratif) de NÎMES. Une petite cité où coule une source souterraine se forme sur le bord du Tarn, elle prend le nom de sa fontaine : la fontaine de Burle et devient Burlatis. C'est l'actuelle commune de STE ÉNIMIE (48).
En Rouergue, ST CÔME D'OLT et ST URBAIN (fontaine avec double voussure) sont, par exemple, des villages gallo-romains qui sont nés ou se sont développés dès le Ier siècle comme étapes (relais) incontournables sur la voie antique qui reliait le Rouergue au Gévaudan.

Les lieux de culte, les saltus (grands domaines), les latifundia (latifundium au singulier, sont de grandes propriétés agricoles confiées à des dignitaires ou des légionnaires qui "prennent racine" dans le pays), les fundus et praedium (petites exploitations agricoles), souvent situés proximité d'une voie romaine, viennent parsemer le territoire du Rouergue (BERTHOLÈNE 12...), du Languedoc et d'ailleurs, cumulant parfois jusqu’à 1 000 hectares.
Au cours des siècles, Rutenula (ou petit Rodez - RODELLE 12) a toujours attiré ceux qui recherchaient une place forte et sûre. A l'époque Gallo-Romaine, elle devint par son emplacement naturel, le siège d’une latifundium.
L'origine du nom de la noble maison des CURIÈRES vient du mot latin « curia » qui pourrait désigner une villa gallo-romaine (qui est devenu aujourd'hui un petit village situé sur les pentes de l’Aubrac).
Le radical “ac” signifierait “domaine de”. Ainsi, CANAC et CAMPAGNAC auraient appartenu à deux grands propriétaires qui se partageaient le territoire-relai gallo-romain : CAMPANIUS aurait donné CAMPAGNAC (domaine de Campanius) et CANIS ou CANINIUS aurait donné CANAC (domaine de Canis ou Caninius). Cette « région » s’est, dès l’origine, consacrée à l’élevage (mulets, chevaux, brebis,..) pour les marchands de passage, d’où découlèrent diverses activités : le tissage en relation avec ST GENIEZ et le Gévaudan, l’affinage du Bleu des Causses...
Étymologiquement de SÉVÉRAC LE CHÂTEAU (12) vient de Severus, un "grand" propriétaire gallo-romain du VIe siècle.
Une villa gallo-romaine a été mise au jour près de Marcayrès à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48), en 1962.

Peu de civilisations ont laissé autant de vestiges que le Monde Romain. Et même les plus simples maisons sont construites avec des murs de pierre.
Les vestiges d'un bâtiment agricole Gallo-Romain se trouvent sur le Causse Comtal, non loin du Dolmen du Poirier. C'est un établissement isolé, situé au bord d'une petite dépression qui a pu constituer un champ. La voie romaine de RODEZ à LYON passe à 2 bons km, au Sud-Est. Les murs sont en calcaire local, larges de 0,50 m et sont conservés sur une hauteur moyenne de 0,65 m. Ils dessinent un rectangle ininterrompu de 8,80 m par 8,10 m. Les tuiles du toit effondrées datent bien ce bâtiment de la période Gallo-Romaine. En mobilier, seule une fibule (attache pour les vêtement) a été retrouvée et se place dans la moitié du 1er siècle après J-C.

Le Mausolée de Lanuéjols (ou Mausolée des Pomponii), situé sur la commune de LANUÉJOLS (30), dans le vallon du Valdonnez, date du IIe ou IIIe siècle et fut érigé par la riche famille Pomponii, à la mémoire de ses deux fils. Construit en grand appareil de pierre calcaire, ce tombeau romain est typique du modèle architectural du « mausolée-temple » qui se répand dans les provinces de l'Empire romain dès la fin du Ier siècle. Il est construit sur un podium précédé d'un escalier. Sa façade principale est ornée de pilastres à chapiteaux corinthiens, avec un entablement à corniche. Le linteau de la porte d'entrée de la cella porte cette inscription :
« HONOR[I] ET MEMOR[I]AE LVCI(I) POMPON(II) BASSVL(I) ET L(VCII) POMP(ONII) / BALBIN(I) FILIORVM PI(I)SS[I]MORVM LVCIVS IVL[I]VS BASSIANVS PATER / ET POMPONIA REGOLA MATER AEDEM A FVNDAMENTO VS- / QUE CONSVMMAT[I]ONEM EXSTRVXERVNT ET DEDICAVERVNT / CVM AEDIFICIIS CIRCVMIACENTIBVS2, 3 » qui signifie :
« En l'honneur et à la mémoire de Lucius Pomponius Bassulus et de Lucius Pomponius Balbinus, leurs très pieux fils : Lucius Julius Bassianus leur père, et Pomponia Regola, leur mère, ont élevé ce monument des fondations jusqu'au faîte et l'ont dédié ainsi que les édifices avoisinants. »

Les cippes sont des monuments funéraires sous la forme d'un pilier bas qui signalait l'emplacement d'une tombe et portait une inscription funéraire. D’autres cippes peuvent être des bornes indicatrices du tracé d'un aqueduc romain, portant le nom de l'auteur de l'ouvrage, ainsi que d'autres indications.

Aux Ier et IIe siècles, les gaulois avaient déjà inventé les métiers à tisser et savaient la colorer la laine avec des pigments naturels (le jaune grâce aux fougères...). Leurs vêtements étaient principalement rayés et de couleurs vives. La jupette romaine va être petit à petit remplacée par la braie, genre de pantalon large et flottant, à plis pour certaines tribus gauloises, étroit et collant chez d'autres, qui descendait en général jusqu'à la cheville, où il était attaché. Leurs chaussures étaient fabriquées en peaux de bêtes (cuir). Les hommes, tout comme les femmes, portaient des bijoux (métalliques, en pierres précieuses, en or, en argent...).
On a également retrouvé des ustensiles que l'on peut apparenter à des pinces à épiler, des rasoirs, des cures-oreilles, l'ancêtre des ciseaux et des coupes ongles. Le savon gaulois était fabriqué à base de cendres et de graisses animales : le suif. Mais s'ils l'ont inventé, les Gaulois sont avant tout connus pour avoir exploité les vertus hygiéniques du savon pour lustrer leur longue chevelure.

Les origines de la Fête des Mères
-> Les Gaulois honoraient déjà le culte des déesses-mères, symbole de fécondité qui préside à toute vie, la fertilité de la terre, à la reproduction, de la maternité, à la protection des enfants et de tous les hommes. On en retrouve de très nombreuses statuettes (dont une a été retrouvée à JAVOLS). Elles sont représentées comme une femme assise sur un fauteuil d'osier tenant dans ses bras un ou deux nourrissons. Les Matres portent souvent un nom qui place la région sous leur protection : Matres Namausicae à Nîmes, Matres Glanicae à Glanum...
-> Dans la Grèce Antique, les phocéens fêtaient la mère et leur déesse : Rhéa, la mère de tous les dieux.
-> Les Romains aussi rendaient hommage à la Matralia ou Matraliae (du latin Mater, mère), au Ve siècle av. J-C, la fête se situait en juin.
Des us et coutumes qui furent, comme tant d'autres, rapidement enterrés par la religion catholique, dans tout l'Empire. Et c'est au XIXe siècle, qu'elle réapparaît de ci, de là, à tel point qu'en 1950, un texte de loi lui institue une journée nationale fixée au dernier dimanche de mai.

Cf. la Table de Peutinger er (IIIe-IV siècle après J-C) qui retrace les routes de postes romaines http://fr.wikipedia.org/wiki/Table_de_Peutinger.
CHARDONNET Christophe - La Lozère de la préhistoire à nos jours, le pays des Gabales à l’époque romaine.
Dictionnaire Français / Latin : http://outils.biblissima.fr/collatinus-web/

 4.4.11 - D'antiques protections fiscales

Les douanes dans l'Antiquité :
Dès la plus haute antiquité, les États ont prélevé des impôts sur les marchandises franchissant les frontières. Ces impôts, surtout perçus à l'importation, répondent pour l'essentiel à une préoccupation fiscale : celle de remplir les caisses publiques. La prohibition est également pratiquée. Elle vise, à l'exportation, à protéger la collectivité contre les risques de pénurie des denrées et autres produits indispensables.
La préoccupation fiscale est largement dominante dans le teloneion d'Athènes et dans les portoria de Rome. Ces droits perçus à l'importation sont modérés : en général, le quarantième ou le cinquantième de la valeur de la marchandise.

Le droits d'héritage :
Pendant l'Antiquité et particulièrement chez les Romains et Gallo-Romains, l'homme était pubère (en droit civil : qui a atteint l’âge minimum auquel la loi permet de se marier) à 14 ans et la femme à 12. Alors que la période d'incapacité (capacité à jouir de ses droits civiques, politiques...) allait jusqu'à 25 ans.
Le pater familias romain (père) avait autorité sur le mariage de ses enfants en sa puissance et pouvait, en fonction de la règle de primogéniture agnatique (masculine), de son vivant, attribuer son héritage seulement au fils aîné pour son installation, la gestion et la jouissance de tout ou partie de ses biens ou lui attribuer un pécule, mais la main mise paternelle durait autant que la durée de vie du père, c'était à titre de concession bénévole et toujours révocable.
Contrairement aux Romains, les Francs partagent l'héritage entre tous les fils héritiers.

La société romaine est composée de trois classes : les patriciens, les plébéiens, les esclaves.

Jusqu'en 212, la citoyenneté romaine (avec ses privilèges et devoirs fiscaux) n'était accordée qu'aux habitants de l'Italie et dans les provinces aux municipes ayant le statut de colonie romaine. Elle pouvait aussi s'acheter, avec transmission à toute la descendance existante et à venir.
Les Romains sont aussi de fervents partisans de l'intégration et n'hésitent pas à confier des responsabilités dans l'administration aux conquis d'hier.
En l'an 212, l'édit de Caracalla, empereur romain, qui régna de 211 à 217, donne la citoyenneté romaine (le droit de cité) à tous les habitants libres de l'Empire. La citoyenneté romaine pouvait aussi être obtenue après 20 ans de service dans les troupes auxiliaires de l'armée romaine.
Peu à peu le nombre de citoyens avait donc augmenté et les élites provinciales en avaient largement profité. Ainsi certains Empereurs ne seront pas des « Romains de souche ».
En accordant le droit de cité romain à tous les hommes libres de l'Empire, le nouvel édit vise l'unité morale de l'Empire romain et un apport un revenu non négligeable avec l'impôt sur la succession.

 4.4.12 - 253-476 - Les incursions des Francs

Pour les Romains, à partir de 37, le Rhin et le Danube (ou l'Euphrate) forment le limes, la frontière naturelle Nord de l’Empire Romain entre leur Imperium et le Barbaricum du Nord, entre le monde policé et urbanisé régi par la loi et un monde plus libre régi par la coutume.
Au-delà de la frontière, vivent les peuples barbares germaniques : Suèves, Francs Saliens, Francs Rhénans, Burgondes, Alamans, Goths (Wisigoths et Ostrogoths), Vandales, ...

Les Alamans (ou Alémans, du germanique all-mann : tous les hommes ou gens de toutes sortesn peuple faisant parti de la bande de Chrocus) étaient une confédération de tribus germaniques barbares principalement Suèves établis d'abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe (Tchékoslovaquie). Puis de petits groupes s'installèrent dans la région du haut Rhin, le long du Main (affluent allemand de la rive droite du Rhin), entre Mogontiacum (nom d'origine celtique, ville allemande de Mayence) et Strasbourg.

À partir de 213, Caracalla mène plusieurs campagnes contre les Alamans à la fois sur le Rhin et sur le Danube. Sa victoire sur le Main (affluent allemand du Rhin) assure une 20aine d'années de paix au front occidental.

Sévère Alexandre, empereur romain qui régna de 222 à 235, est le dernier de la dynastie des Sévères. En 234, il se rend à Mogontiacum (Mayence) pour repousser les Germains, en particulier les Alamans, mais hésite à combattre et préfère acheter la paix. Il est taxé de mollesse par l'armée qui l'assassine sous sa tente et proclame empereur l'un des siens, Maximin. C'est le début d'une période d'anarchie militaire qui va durer jusqu'aux règnes d'Aurélien et de Dioclétien.

Après avoir signé des traités de paix avec les Romains, les plus romanisés des peuples barbares germaniques, se convertirent au christianisme (Burgondes, Vandales, Ostrogoths). Ils devinrent alors des chrétiens ariens : le roi élu de Dieu est aussi chef de l'Église car ils refusent d'admettre qu'un Dieu divin ai adopté Jésus pour être son fils, un humain disposant d'une part de divinité mais qui a été crucifié par des hommes.

Alors que les Alamans, derniers établis dans l’empire romain, se romanisèrent avec le temps, de nouveaux groupes germaniques traversèrent le limes au début du IIIe siècle et conduisirent des razzias dans la province romaine.
Attirés par les richesses du pays et par la civilisation Gallo-Romaine, les Francs profitent de toutes les faiblesses de la défense de la ligne du Rhin pour entrer en Gaule et mener leurs premières attaques.

Les Francs (franci, à l'étymologie, incertaine : les « hardis, vaillants » ou « hommes-lances » sont une ligue (confédération) de peuples barbares germaniques originaires de la rive droite du Rhin (Chattes...) qui se forme dans la première moitié du IIIe siècle, en réponse à la formation de la ligue des Alamans. Elle fut importante pour l'histoire du haut Moyen Âge.
Les Francs ne connaissaient pas l’expérience de la citoyenneté urbaine, d’un État durable, d’un droit écrit ou d’une langue écrite. Ils sont des païens (gens du pays idolâtres : adorateurs de plusieurs « faux » dieux) aux valeurs culturelles militaires, articulées autour de l’idéologie du Chef (leurs lois sont orales) et de la hiérarchie de la famille patriarcale ( la "chambre", le "service" de la femme, des enfants puis du vassal, le "sang" par lequel le père transmet la propriété et les vertus). Ils favorisent la polygamie et les mariages incestueux.
Ils adoptent une économie principalement basée sur la "survie". Ils combattent avec leur "frammée" (genre de javelot) et leur "francisque" (hache de jet). Leurs royautés tribales, escortées de guerriers, s’entretuaient et s’enrichissaient du pillage des territoires voisins. Chaque "preux combattant" se taille ainsi un fief où il est propriétaire du pouvoir politique, économique, fiscal, judiciaire, du droit de pêche, de chasse... Alors que le roi était renversé et tué s'il leur apportait une défaite !

Maximin « le Thrace », empereur romain qui régna de 235 à 238, serait né vers 173 (65 ans à sa mort), de parents semi-barbares. Il aurait été un modeste berger avant de gravir progressivement les échelons de l'armée romaine. Il est décrit comme un personnage rustre et habile stratège au combat. Il part en campagne en Germanie durant l'été 235 et éloigne la menace barbare sans trop de peine. Peu habile politiquement, il procède à des levées importantes de recrues militaires et, pour leur entretien, à une pression fiscale qui ne tarde pas à créer de violentes révoltes à travers l'empire, notamment en Afrique.

Une nouvelle incursion franque est repoussée, en 241, par Aurélien, qui tue sept cents Francs et en capture trois cents, vendus ensuite comme esclaves. Mais pendant une trentaine d'années, les francs vont ponctuellement aller au delà de la Seine et même de la Loire. Parmi eux, il y avait des Alamans, des Burgondes et des Hérules. La fin des trois siècles de «Pax Romana» est définitivement signée.

Les enceintes qui entourent à cette époque les villes mais aussi les nombreux trésors enfouis témoignent de l’ampleur des invasions subies au IIIe siècle en Gaule. C'est dans ce contexte d'insécurité que l'île de la Cité à Paris a, par exemple, été protégée par une épaisse muraille : certains fragments sont encore visibles dans la Crypte Archéologique de Notre Dame de Paris.

 4.4.13 - Le Christianisme

Le culte chrétien commence à se diffuser au Proche-Orient (plus précisément en Turquie actuelle) au I° siècle de notre ère, le Nouveau Testament ne fut achevé qu'à compter de 150 après Jésus Christ et les traductions en latin n'apparurent qu'à la fin du II° siècle.
Aussi, jusqu'au milieu de la civilisation romaine, la Gaule, l'Italie, l'Hispanie et la Germanie sont restées majoritairement fidèles au paganisme (population polythéiste, principalement rurale, qui n'a pas encore été évangélisée et qui considéraient que "le roi, chef de guerre, ne vaut que par la faveur que les dieux lui accordent au combat").
Ce qui explique à la fois, l'intolérance religieuse des Romains, depuis Néron jusqu'à Dioclétien mais aussi que les chrétiens furent de nombreuses fois persécutés de l'an 177 à 275. Comme Saint Sernin (Saturnin), d'origine grecque, venu christianiser la région de la Narbonnaise puis le tiers de la Gaule, et qui fut martyrisé en 250 à TOULOUSE (31), attaché à un taureau prévu pour un sacrifice païen.

Même si le christianisme est resté une religion minoritaire tout le long de l'Empire romain, il se développe peu à peu sur les terres gauloises aussi bien que partout dans l'Empire, au fur et à mesure que s'en suivent, dès le début du IIIe siècle, d'importantes crises politiques, militaires, économiques et sociales.
L’Église organise ses évêchés dans le cadre de la civitas qui à partir de ce moment, désignera aussi le diocèse et la ville où se trouve le siège épiscopal. En "France", les limites des "civitates" romaines seront globalement conservées comme limites des diocèses de l'Ancien Régime.
Avec la fondation des diocèses, à partir du IIIe siècle, AD GABALUM devient notamment le siège de l'évêché.

 4.4.14 - 253-260 - Le martyr de Saint Privat

Vers l'an 253, les Alamans dévastent la contrée après avoir ruiné JAVOLS (ISPAGNAC (48) / AD GABALUM), la plus grande cité du Gévaudan. Le siège de l'évêché est alors transféré de JAVOLS à VICULUS MIMATENSIS - MENDE (48) qui n'était qu'une simple bourgade à l'époque romaine.

En l'an 258, alors que les envahisseurs Alamans buttaient sur la résistance de la forteresse de Grèzes où la défense s'était concentrée, ils mirent la main sur Saint Privat, Évêque évangélisateur des Gabales, qui, déjà pourchassé par ces barbares à JAVOLS, s'était réfugié dans des grottes du Mont Mimat (qui dominent MENDE).
L’Évêque refusa d'ordonner la capitulation de son peuple. Maltraité, torturé par des torches ardentes sur son corps et poussé à coups de bâtons jusqu'à MENDE, on lui redemanda de sacrifier aux idoles et de demander la reddition des assiégés. Devant ce nouveau refus, les bourreaux continuèrent à le supplicier et durent finalement lever le siège, croyant leur victime morte.
N'ayant pu obtenir la réalisation de leur projet, les Alamans traitèrent avec les assiégés et quittèrent le pays. Mais le martyr de St Privat ne tarda pas à succomber. Il fut enseveli dans une crypte de la cathédrale de MENDE.

 4.4.15 - 260-273 - L'Empire des Gaules

260 à 273 - L'Empire Romain devient de plus en plus difficile à gouverner de par son gigantisme. De plus, chaque tribu barbare pille et tue pour se nourrir, certains fonctionnaires romains s’enfuient...
Les invasions sont ressenties comme des « torrents dévastateurs », provoquant un véritable choc pour les gallo-romains et un manque de confiance dans l’Empire Romain.
Dès que les autorités civiles s'effacent, les évêques deviennent les élites des cités. Ce qui permit à l’Église de développer une forte culture chrétienne parmi l'aristocratie.
Le désordre engendre une crise politique conséquente. Les légions du Rhin proclament la sécession de la Gaule, de la Grande Bretagne et de l'Espagne : c'est l'Empire des Gaules qui fera sécession de l'Empire pendant 13 ans.

De 270 à 285 - Malgré des accords, ces derniers continuent à piller ponctuellement le pays. Les invasions débouchent aussi sur de très graves troubles dans différentes couches de la société qui vont aboutir à deux évènements majeurs : l'Empire des Gaules et les Bagaudes (révoltes civiles).
Les Bagaudes étaient des paysans, des esclaves ou autres exclus qui, victimes des pillages, se rassemblent en bandes hétéroclites pour se révolter et semer le trouble en Gaule. Elles s'attaquent aux grands propriétaires fonciers, à l'administration et finissent par contrôler de vastes morceaux du territoire. Dès qu'ils le peuvent, les Romains interviennent en force et les écrasent.
Les guerres civiles romaines qui opposent les chefs des armées perturbent la protection de la frontière Nord (le limes), qui était assurée par 20 à 30 légions.
À la fin de l'été 285, Maximien, général nommé par l'empereur Dioclétien, supprime la menace des rebelles bagaudes en Gaule.

De 285 jusqu'en 288, Maximien combat les tribus germaniques le long de la frontière rhénane et conduit une importante politique de la terre brûlée à l'intérieur du territoire des tribus alémaniques en 288, soulageant temporairement les provinces rhénanes de la menace d'une invasion germanique.
Maximien lance une campagne contre les Francs et oblige Gennobaud, « Roi des Francs sur les rives de l'Océan », à se soumettre et à lui faire allégeance.

L'homme que Maximien nomme pour aller défendre les côtes de l'Atlantique contre les Saxons et les Francs, Carausius, se rebelle, il débarqua en Bretagne (Grande Bretagne) et s'y fit proclamer empereur par les légions en 286. Maximien échoue à chasser Carausius mais la flotte d'invasion de ce dernier est détruite par des tempêtes en 289 ou 290. Carausius, l'usurpateur, sut se maintenir six ans dans cette province ; au bout de ce temps, il fut assassiné par Allectus, alors à la tête du fiscus impérial, vers 293.
En 296, Maximien descend vers le sud pour lutter contre les pirates maures en Hispanie et les incursions berbères en Maurétanie. Lorsque ces campagnes se terminent en 298, il part pour l'Italie, où il vit dans l'aisance jusqu'en 305. À la demande de Dioclétien, Maximien abdique le 1er mai 305, confère le titre d'Auguste à Constance, et se retire dans le sud de l'Italie. À la fin de l'année 306, Maximien usurpe le titre d'Auguste et facilite la rébellion de son fils Maxence en Italie. En avril 307, il tente de déposer son fils, mais échoue et s'enfuit à la cour du successeur de Constance, Constantin, à Trèves. Lors de la conférence impériale de Carnuntum, Dioclétien et son successeur, Galère, obligent Maximien à renoncer de nouveau à sa prétention impériale. Au début de l'année 310, Maximien tente de s'emparer du titre de Constantin pendant que l'empereur mène une campagne sur le Rhin. Il reçoit peu de soutien et il est capturé par Constantin à Marseille. Il se suicide à l'été 310 sur ordre de Constantin.

L'Édit de Milan et la liberté religieuse
Les Chrétiens (notamment ceux du Proche-Orient : région où le christianisme était le plus développé avec 1/3 de fidèles), obtiennent que l'Empereur Constantin accorde en 313, la liberté religieuse par l’Édit de Milan.
En 321, il proclame que le dimanche (jour du Seigneur) est un jour férié légal, dans tout l'Empire. Ainsi, à partir de son règne, le christianisme primitif devient égal aux cultes païens.
Mais trouvant que Rome était trop éloignée de l'empire romain d'Orient, l'Empereur Constantin fragilise à son tour l'Empire en déplaçant la capitale de l'Empire d'Orient à Byzance qui devient Constantinople, le 11 mai 330.

Flavius Claudius Julianus (331 ou 332 - 26 juin 363), ou l'empereur romain Julien entreprit une expédition punitive contre des Germains alors établis en Alsace, qui avaient traversé la rivière Main et le Rhin.
Il est probable que les Alamans, initialement situés au nord de la province de Rhétie (approximativement la Suisse actuelle), dans une région qu’ils abandonnèrent aux Thuringes (Germains partis de la mer du Nord), furent contenus par les Romains jusqu’au milieu du IIIe siècle.

Pour tenter d'arrêter les francs, les Gallo-Romains essayent de les fixer comme fédérés à leur empire, au titre d’un foedus. C'est à dire de les reconnaître comme un peuple auquel l'Empire concède le droit de s'installer sur un territoire donné avec en contrepartie le devoir d'assistance militaire.
Progressivement, Maximien installe ces Francs en Toxandrie, dans le nord-est de la Gaule, à l'embouchure du Rhin derrière le limes, sous le statut de Lètes.
Leur installation comme colons sur des terres inoccupées de l'empire impérial, était destinée à repeupler les régions frontalières dévastées et où de nombreuses terres sont restées en friches après les troubles du IIIe siècle. Régions où l'impôt n'est donc plus prélevé sur leurs terres ; de plus, où sa collecte est de moins en moins bien assurée, ce qui participe à la crise financière que connaît l'Empire. L'installation de barbares sur ces terres vise donc à alimenter le trésor : aussi sont-ils très probablement regroupés en petit nombre et font-ils l'objet d'une surveillance particulière. Les francs pillards se muent alors en paysans/soldats alliés qui intègrent dans l’armée romaine des grades de plus en plus élevés grâce à leur fidélité.

L'évêque de Rome devient Pape et le chef de la Chrétienté, en l'an 343. Il s'installe au Latran.

Le 25 décembre 354, les chrétiens célèbrent pour la première fois la fête de Noël en l’église Sainte Marie Majeure à Rome (en remplacement de la fête païenne du solstice d'hiver). Cette fête est célébrée autour des reliques de la « crèche » (endroit où Jésus a été déposé à sa naissance selon l’évangile de Saint Luc) qui ont été rapportées de Bethléem. Ainsi, en choisissant de fêter la naissance du Christ le 25 décembre, les chrétiens ne célèbrent pas le jour de la naissance de Jésus Le Christ (il semblerait que nous ne disposions d’aucune autre source à cet égard, même parmi les auteurs des évangiles) mais le lieu et la manifestation « du Christ sauveur sur la terre ».

Peu à peu, le christianisme se répand partout. Il parcours aussi le Gévaudan du sud avec St Baudille de Nîmes, au nord avec le martyr de l’Évêque Saint Privat devient le grand Saint de Lozère. Dans la foulée, il se répand aussi au pays des ruthènes sous l'action évangélisatrice de Saint Amans. Saint Martin (né en 316 et connu comme celui qui partagea son manteau avec un pauvre) devient le troisième évêque de Tours, en 371.

 4.4.16 - Les Wisigoths ou Visigoths

(en construction)

"Ce n'est pas icy seulement l'histoire du Languedoc... mais une partie de celle des Grecs, des Romains et des François que l'amour et la gloire, ou le désir des richesses y a faict venir en divers temps. Les Grecs y arrivèrent les premiers... Les Romains vinrent après cela... et laissèrent en divers endroits, des marques de leur magnificence ; leur domination dura jusque à ce que les Goths les en chassèrent..." Écrit en 1648, par Pierre Andoque, historien Biterrois spécialiste du Languedoc.

Chassés par les chinois au IIe siècle avant J-C, les Huns se nomadisent en Asie Centrale sur les terres des ostrogoths (Russie méridionale), dès 371. Poussés vers l'ouest par les Huns, les peuples germaniques ostrogoths négocient avec les romains leur installation comme peuple fédéré de l'Empire en Thrace (actuelle Bulgarie).

Partis de la Baltique, en passant par l’Italie, les Wisigoths sont des barbares constituant une des deux grandes fractions des Goths. Chrétiens ariens, ils sont, en 378, le premier peuple germanique à s'être établi dans l'Empire romain d'Orient en bénéficiant du statut de « fédérés », c'est-à-dire d'alliés militaires.
Les Romains abandonnent la garde du territoire aux Wisigoths qui s'y installent au IVe siècle. Conquise par les Romains dès le IIe av. J-C, la région languedocienne se trouve ainsi, sous la domination des Wisigoths, au Ve siècle.
Ayant adopté l'arianisme (courant de pensée théologique due à Arius), ils mettent en place des prêtres Ariens. Considérés comme des hérétiques par les Catholiques, ils persécutent ces derniers et ne font aucun effort pour tenter un rapprochement avec les Gallo-romains qu'ils dominent. Ils gardent les structures Romaines en place, se servent de leur monnaie, de l'écriture, de leur architecture et d'autres acquis romains.

 4.4.17 - Le droit canonique

Parallèlement, une première forme d’unité européenne est créée : le Christianisme devient la religion officielle de Rome en 380.

L’Édit de Théodose Ier, du 8 novembre 392, interdit le paganisme et fait du christianisme la religion d’État de l'Empire romain. Le christianisme, qui n'a plus été persécuté depuis l’Édit de Milan, devient non seulement la religion dominante mais prend aussi sa revanche et évince les cultes païens, provoquant la destruction de chefs d’œuvre architecturaux et la perte de coutumes ancestrales (certaines ont été christianisées mais d'autres sont irrémédiablement perdues).

Au IVe siècle, les chrétiens étaient déjà nombreux dans le Rouergue. Ce fut, dit-on, Saint Martial qui, le premier, vint prêcher l’Évangile aux Ruthènes, en l’an 250. Cependant, au Ve siècle, Ruth, la divinité celtique, y était encore adorée et Saint Amans entreprit de convertir ce peuple.

À partir du IVe siècle, puis après la chute de l'empire romain, en 476, le droit canonique (ensemble des lois et des règlements adoptés par les autorités catholiques) pour le gouvernement de l'Église Catholique et de ses fidèles, s'élabore progressivement. Empruntant d'abord au corpus juridique romain, les papes créent de nouvelles normes par le biais de lettres décrétales (dont les plus anciennes connues remontent au pontificat de Sirice). Mais ces décisions n'ont autorité que jusqu'à la suivante et les sources du droit restent très dispersées.
Pour les enterrements religieux, les cérémonies du rituel romain seront aussi reprises et se poursuivront jusqu'au XIXe siècle.

 4.5 - Ve au XVe siècle - Le Moyen Âge

Le Moyen Âge s'ouvre sur des temps mouvementés. Alors que l’Église triomphante élève de nouveaux temples, la mort de Théodose, le 17 janvier 395, divise l'Empire Romain en deux, entre ses fils Honorius (Empire d'Occident - capitale Ravenne) et Arcadius (Empire d'Orient - capitale Constantinople) ; Pendant qu'Alaric Ier, Roi des Wisigoths (de 395 à 410) envahit et pille Athènes en 396.

Au Ve siècle, l’empereur Honorius rend les droits politiques aux Gaulois en leur imposant des contributions exorbitantes. Mais les Ruthènes furent rapidement libéré de ce tribut qui fut racheté par Saint Amans. Cette sollicitude acheva de faire gagner les cœurs à ce dernier.

C'est une période décisive dans notre passé national, avec le nom même de notre pays, l’émergence de sa capitale et, en même temps, de ses grandes identités régionales...
Et c'est aussi le temps de l’établissement de la grande religion monothéiste : l’Islam, qui crée une nouvelle et brillante civilisation dominant le sud de la Méditerranée. Dès lors, chrétiens et musulmans échangeront parfois produits et idées mais n'auront surtout de cesse de s’affronter, notamment au cours des croisades.

 4.6 - 407 à 476 - La chute de l'Empire Romain d’Occident (de l’ouest)

En 407-409, les Vandales, comme leurs alliés, se heurtent à la résistance des auxiliaires francs et d'autres peuplades germaniques occidentales fédérées au service de Rome.

24 août 410 : Sac de Rome par Alaric, Roi des Wisigoths : ce pillage choque les populations.
Le peuple germain des Wisigoths arrive en Aquitaine en 412.

A partir de 430 et durant 20 années, le général Aetius fera pourtant de son mieux pour maintenir l’Empire Romain en composant avec les Barbares : ses qualités militaires et diplomatiques feront de lui, le héros des romains. Il saura ponctuellement rappeler aux Wisigoths, aux Burgondes et aux Francs que Rome n’avait pas encore totalement disparue : il renégociera avec eux les foedus.
Deux de ces peuples marqueront le plus les futurs Gévaudan et Rouergue : les Wisigoths (Goths de l’Ouest ou Goths sages), primitivement appelés Tervinges.

455 : Pillage de Rome par le Vandale Genséric.

Les Wisigoths cherchent, dès 470, à s'engager vers le pays Arverne et à s'emparer du pays des Gabales. Le pays des Ruthènes, quant à lui, appartient successivement aux Wisigoths en 472, aux Francs en 507 puis encore aux Wisigoths en 512. Affricanus, Évêque de Comminges, y fut persécuté par les Wisigoths ariens. Il trouva refuge vers 470 / 495 dans la « vicaria curiensis » qui prendra par la suite, son nom pour devenir SAINT AFFIQUE (12).

Sous la pression des Grandes Invasions barbares successives, l'Empire romain d'Occident est submergé. Rome est vaincue par Odoacre, Roi des Hérules, le 4 septembre 476. Le dernier empereur d'occident, Romulus Augustule, abdique. C'est la fin de l'Empire Romain d'Occident et de 6 siècles d'autorité romaine en Gaule. Il n'aura survécu qu'un siècle à peine à son partage alors que l'Empire Romain d'Orient lui, survivra 1000 ans de plus.

NB : Le légendaire Roi Arthur a vécu à cette époque dans l'actuelle Grande Bretagne (Pays de Galles) et le contexte est identique : d'abord chef des Silures, devient Roi des Bretons après s'être imposé suite au retrait des troupes romaines pour faire face aux invasions de tribus barbares, notamment les saxons.

La paix romaine n'est plus et sa chute permet, dès la fin du Ve siècle, l'installation durable de barbares dans tout l'Ancien Empire qui est envahie par vagues.
La Gaule est morcelée en plusieurs Royaumes Barbares qui, cherchant à étendre leurs influences et leurs possessions, et qui sont constamment en guerre : Wisigoths, Francs, Burgondes, Alamans, Vandales, Ostrogoths...
Le royaume Wisigoths occupe la majeure partie de la péninsule Ibérique, domine l'Aquitaine et le Sud-Ouest de la Gaule d'une main de fer, jusqu'à la Loire au nord (Toulouse devient leur capitale). Ils s'installent dans le tiers sud de la Gaule, le midi occidental (la région de Meyrueis...) jusqu'aux Cévennes à l'est.

Malgré une certaine reprise économique survenue pendant et après l'effondrement de l'empire romain d'occident (476 après Jésus-Christ), les cinq siècles qui séparent ces territoires en constants mouvements de l'an Mil seront principalement une période où les ressources seront rares dans cette région très diverse au point de vue naturel.

 4.7 - Les Francs - L'Époque Mérovingienne

Les Francs saliens sont une confédération de peuples barbares germaniques initialement installés sur la rive droite du Rhin inférieur.
L'origine du peuple des Francs Saliens (peuple de Clovis) est inconnue. Lorsque les auteurs romains les citent pour la première foi, ils occupaient alors le sud du lac Flevo situé sur l'actuel Pays-Bas. Un territoire à la frontière de la terre, de l'eau douce et de l'eau salée.
La légende de Mérovée (ancêtre semi-mythique de Clovis dont le nom donnera naissance à l'époque mérovingienne) raconte que sa mère aurait été fécondée par un monstre issu de la mer évoque un peuple lié à l'eau et à la mer. Cette légende pourrait donc s'appliquer non pas au grand-père de Clovis, mais à un Mérovée plus ancien.
Ce sont des peuples initialement polygames qui appliquent la loi salique : premier code pénal et civil destiné à rendre équité et justice (qui sera remaniée plusieurs fois jusqu'à Charlemagne).
Des documents romains précisent qu'au IIIe ou IVe siècle, des Francs Saliens se joignent à d'autres Germains. Avant cette première apparition de 358, des Francs sont cités par les textes latins, sans qu'il soit précisé s'ils étaient des Saliens ou non.

Au IVe siècle, une armée de Francs Saliens déjà établis en Gaule Belgique (Belgique inférieure), dirigée par le chef Clodion Le Chevelu (né vers 390 et mort vers 450), pénètre en territoire romain dans la région entre Arras et Cambrai. Mais il est battu par Aetius, qui reprend Courtrai et accorde le foedus dans la région de Tournai. En 342, Tournai devient la capitale du royaume fondé par le roi Clodion Le Chevelu (dont héritera le roi Clovis Ier) et le centre de la puissance des Francs saliens.

Childéric Ier est Roi des Francs saliens de 457 à 481 (son sceau a été retrouvé dans sa tombe à Tournai). Il porte l'inscription CHILDERICI REGIS (le roi Childéric). Il fait parti de la lignée issue des peuples de Francs saliens, de la dynastie du Roi Mérovée.

Ainsi, au contact des gallo-romains, les Francs Saliens vont se "romaniser" au bout de 4 générations en adoptant une double culture : tout en conservant leur culture germanique (notamment leur religion païenne, dont le principal Dieu Odin est celui de la guerre !), ils vont adopter les modes de vie des romains et vont devenir bilingues (latin et germain).

 4.8 - 481 à 511 - Règne de Clovis, premier Roi des Francs

A la mort de Childéric Ier vers 481, ce sera son fils Clovis alors âgé de 15 ans qui hérite du royaume franc salien.
Clovis né l'année 466 à Tournai, savait parler le francique, le latin sur le bout des doigts (ou plutôt sur l’ongle comme l’on disait à l’époque : «ad ungem»), une ou plusieurs langues germaniques et avait reçu une instruction basée sur "le savoir faire de la guerre". Mais même si sa majorité est fixée à douze ans, il ne pu combattre avant l'âge de quinze ans.
Comme le veut la tradition germanique, Clovis s'efforcera, pendant toute sa vie, d'agrandir le territoire de son royaume, avant que ses enfants se le partagent.
Pour cela, il se lance dans une grande série de batailles ou d'alliances avec les Gallo-romains et les autres peuples barbare. Il n'hésite pas à éliminer tous les obstacles en faisant assassiner tous les chefs saliens et rhénans voisins, certains de ses anciens compagnons et même certains membres de sa famille afin de s'assurer que seuls ses fils héritent de son royaume. Polygame, Clovis tourne ses ambitions vers le sud en contractant un mariage avec une princesse de la monarchie franque rhénane (dont naît un fils Thierry) et englobe le Dauphiné et la Savoie à son royaume, en 492, en épousant Clotilde, princesse chrétienne fille du Roi des Burgondes. La grande partie de la Gaule est déjà conquise.
Bien qu'ayant établi un traité de paix avec l'empire, seul les Francs étaient restés païens jusqu'à l'avènement de Clovis qui se convertit au christianisme, vers 495, pour faire alliance avec le clergé gallo-romain.

En 496, Clovis le Roi Franc, vainc les Alamans et annexe leur territoire à son royaume.
Dans une terrible bataille où le Roi des Wisigoths, Alaric II est tué par Clovis lui-même en combat singulier à Vouillé (Vienne, près de Poitiers) en 507, les Francs chassent les Wisigoths qui n'ont d'autre solution que de se replier en Hispanie, au-delà des Pyrénées.
Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre en Aquitaine et d'annexer tous les territoires auparavant wisigoths entre Loire, océan et Pyrénées. Le diocèse de Mende passe aux mains des Francs.
Toutefois, les Ostrogoths tentent d'intervenir en faveur des Wisigoths. Au siège d'Arles, ils reprennent la Provence à l'automne 508 ainsi que quelques parties aux Burgondes.
Mais l'Empire d'Orient menace leurs côtes. Aussi, pour continuer l'expansion de son royaume sans avoir à affronter une coalition hostile face à lui, Clovis noue des alliances successives avec les Wisigoths au sud-ouest, les Burgondes au sud-est et plus loin, en Italie, avec les Ostrogoths.
Clovis garde l'essentiel des anciens territoires wisigoths et les Wisigoths sont cantonnés à ne conserver qu'une partie de la Septimanie (territoire qui court des Cévennes aux Pyrénées correspondant plus ou moins aux sept provinces du diocèse de Vienne : Aquitaine première, Aquitaine seconde, Novempopulanie, Narbonnaise, Viennoise, Alpes-Maritimes), du Languedoc et de la Provence.

Clovis est désormais le maître d'un unique royaume, correspondant à une portion de l'ancien Empire romain occidental, seules l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), les régions méditerranéennes, les vallées du Rhône et de la Saône, l'embouchure du Rhin (toujours aux mains des tribus frisonnes) et les Pyrénées tenues par les Basques.

Ce qui fait de Clovis le premier Roi chrétien du Royaume des Francs, un des personnages historiques les plus importants de l'histoire de France.
Ainsi, du Ve siècle jusqu'au milieu du VIIIe siècle, la dynastie du Roi Mérovée règne sur une très grande partie de la France et de la Belgique actuelles, sur une partie de l'Allemagne et de la Suisse. Ce sera la première dynastie de rois chrétiens qui marquera le début du lien entre le clergé et la monarchie franque qui durera jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Dès lors, le souverain doit régner au nom de Dieu et l'histoire des Mérovingiens sera aussi et surtout marquée par l'émergence du Christianisme qui s'implante progressivement et durablement sur les rites païens, même si le druidisme perdurera dans notre région, jusqu'au VI° siècle (autour du lac de Saint Andéol sur l'Aubrac, près de MARCHASTEL en Lozère, où tous les ans de nombreux adeptes se réunissaient pour y jeter par sacrifice du linge, des vêtements, du fromage, du pain ou de la cire...).

 4.9 - 511 à 751 - Les successeurs de Clovis : la dynastie mérovingienne

A la mort de Clovis, en 511, quatre royaumes avaient été créés avec pour capitales : Reims, Soissons, Paris et Orléans, l'Aquitaine étant répartie séparément.
Thierry Ier (ou Théodoric), fils de Clovis, hérite du nord-est et de l'Auvergne, avec Reims pour capitale et assure la domination franque sur les cités du massif central. Il règne aussi sur le territoire des Gabales qui porte le nom de Gavaldanus (Pays du Gévaudan), jusqu'à sa mort en 534.

Le pays des Ruthènes appartient aux rois d’Austrasie en 533.

BANASSAC (48) reste encore un pôle majeur dans la Gaule mérovingienne, comme le prouve la présence d’ateliers monétaires royaux des Francs d’Austrasie. C'est un des centres de frappe de monnaies les plus actifs jusqu'aux VI° et VII° siècles. Le dixième des monnaies conservées de cette époque y a été fabriqué. Elle fut la ville du Gévaudan où l’on frappa le plus grand nombre de monnaies d’or et d'argent, sous et triens et dont certaines étaient frappées aux effigies de Childebert II ou Charibert II, Roi d’Aquitaine et d’Austrasie. Plusieurs centaines de pièces de monnaies issues de BANASSAC sont aujourd’hui conservées dans le monde.

De l'Antiquité à la fin du moyen âge, la France n'échappe pas, non plus, à la tragédie des tremblements de terre qui jettent l'effroi dans les concentrations humaines, ébranlent les murailles des villes, fragilisent les maisons, lézardent les monuments publics... Dans nos région, les principales ondes émises depuis un foyer à l'intérieur de la terre qui ont soumis l'écorce terrestre à des fractures et des manifestations parfois à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde se situent vers 527 et 551 en Auvergne et 580 à Bordeaux.

 4.9.1 - SAINTE EULALIE

(A construire)

Sainte Eulalie, vulgairement appelée "Aoulario", naquit en 292 en Espagne, à Mérida (Estremadura). Alors qu'elle avait 12 ou 13 ans, elle fut, parmi bien d'autres chrétiens, victime des persécutions de l'empereur romain Dioclétien. Le proconsul Dacien n'ayant pu la gagner au culte des idoles, la soumit à des tortures horribles et redoublées : flagellation, bain de chaux vive et de plomb fondu, chevalet, torches ardentes... Enfin, couverte de charbons incandescents, elle rendit à Dieu son âme de martyre.

C'est vers le VIe siècle que son culte dut être introduit dans le diocèse de RODEZ (12). Collin raconte que Sigebert, Roi d'Austrasie, à la sollicitation de Brunehaut, fille d'Athanalgide, Roi des Wisigoths d'Espagne, envoya prendre les reliques de Sainte Eulalie. Choisi pour cette sainte mission, Elaphe, évêque de CHALONS, tomba malade sur le chemin du retour, à RODEZ et y mourut vers l'an 533. Dès lors, Sainte Eulalie fut honorée en Rouergue. Sa fin tragique fit en 880 encore l'objet du chant, cantilène ou séquence de Sainte Eulalie, qui est le plus ancien poème en langue d'oïl que nous possédions. Pour lire le Cantilène de Ste Eulalie et sa traduction en français moderne, voir le site : http://www.restena.lu/cul/BABEL/T_CANTILENE.html

SAINTE EULALIE était une des principales paroisses, parmi les 15 revendiquées dans la région du Larzac par Saint Dalmas, évêque de RODEZ au VIe siècle. C'est peut-être à ce moment-là que furent fondées les premières églises rurales et que le culte de Sainte-Eulalie donna son nom à la localité. L'église actuelle fut-elle reconstruite aux Xe - XIIe siècles par les Bénédictins de Gellone, puis par les Templiers sur les ruines de l'ancienne chapelle dédiée à Sainte Eulalie et détruite par les diverses invasions que ce village eut à subir.

 4.9.2 - 550 - La courte reconstitution du Royaume Franc

Dans les années 550, Clotaire Ier, dernier survivant des quatre fils de Clovis, reconstitue l'unité du royaume franc, augmenté du territoire burgonde (Burgundia, Burgondie, Bourgogne) conquis entre temps.
En 561, à la mort de Clotaire Ier, ses quatre fils effectuent un partage analogue à celui de 511 : Sigebert à Reims, Chilpéric Ier à Soissons, Caribert Ier à Paris, Gontran à Orléans, ce dernier royaume incluant maintenant le territoire burgonde. Ils se répartissent de nouveau l'Aquitaine séparément.

En 567, à la mort de Caribert, sa part est partagée entre les trois survivants : en particulier, Sigebert (Metz, devenu le royaume d'Austrasie) reçoit Paris et Chilpéric Ier (Soissons devenu le royaume de Neustrie) reçoit Rouen.
Une longue période de guerres entre rois et reines francs commence en 570. Après des épisodes de mariages, naissances, complots et d'assassinats, Sigebert est assassiné en 575 en laissant un fils héritier : Childebert II ; Son frère Chilpéric Ier est, à son tour, assassiné en septembre 584, laissant sa seconde épouse Frédégonde, reine des Francs et Clotaire II, son fils né en mai 584, futur successeur de Chilpéric I, à condition qu'il vive assez longtemps.
Cet événement produit encore un désordre général. Les trésors de Chilpéric Ier sont pillés, des guerres éclatent entre des cités rivales, ainsi Orléans et Blois se dressent contre Chartres et Châteaudun. La reine Frédégonde fait emmener son fils Clotaire II à Paris et envoie un message à Gontran, Roi de Bourgogne, pour qu'il accepte d'adopter l'enfant et d'exercer la régence jusqu'à sa majorité.

  • En 588, le Rouergue change à nouveau de maître pour passer dans les mains des ducs d’Aquitaine.

En 595, à la mort de Childebert II, Roi d'Austrasie de 575 à 595, Roi de Burgondie (Chalon) de 592 à 595, l'Austrasie est attribuée à son fils Thibert II (ou Théodebert II) et la Bourgogne (et l'Alsace) à son autre fils Thierry II (ou Théodoric II).
La reine Frédégonde meurt en 597, laissant Clotaire II gouverner la Neustrie désormais seul.

En 600, Thibert II et Thierry II font alliance contre Clotaire II qui est privé de la plus grande partie de son royaume, qui est partagée entre les deux frères : Thibert II reçoit les territoires du nord de la Neustrie, contiguës à son royaume et Thierry II reçoit les territoires entre Seine et Loire, contiguës à son royaume.
Les deux frères Thibert II et Thierry II se font ensuite la guerre entre eux. Thibert II est vainqueur en 610 et Thierry II lui cède l'Alsace.
Thierry II fait alors alliance avec Clotaire II, en lui promettant la restitution de la partie de la Neustrie accaparée par Thibert. Au mois de mai 612, il remporte la victoire et s'attribue le royaume d'Austrasie, après l'élimination de Thibert et de son fils Mérovée.
Cette période est de courte durée : Thierry II de Bourgogne meurt en 613, laissant son royaume à son fils aîné Sigebert II, qui ne règne guère puisqu'il est capturé et exécuté sur ordre de Clotaire II. Son autre fils Mérovée, qui est le filleul de Clotaire II, échappe à la mort, mais est enfermé dans un monastère pour le restant de ses jours.

En 613, Clotaire II (dont le royaume avait été réduit aux régions de Beauvais, Amiens et Rouen) récupère donc ainsi l'Austrasie et l'Aquitaine. Le royaume franc se trouve alors réunifié par Clotaire II devenu ainsi Roi des Francs.

 4.10 - VI-VIIe siècle - SAINTE ÉNIMIE (LOZERE - 48)

Elle était fille de Clotaire II. Très pieuse dès son enfance, elle recherchait les lectures saintes et s'adonnait aux bonnes œuvres. Aussi belle que vertueuse, elle fut demandée en mariage par les grands de la cour. Son père la promit à l'un des plus riche, attendant de cette alliance des avantages politiques. Mais il s'aperçût bientôt que sa fille avait pris d'autres engagements et qu'il serait difficile de la déterminer. Alors le roi impose sa volonté souveraine et fait préparer le mariage.
Énimie tombe aux pieds de son Dieu et le conjure avec larmes de venir à son aide. Dieu entend sa prière et flétrit sa beauté d'une lèpre hideuse. Aussitôt, dans le palais, la joie se change en deuil. Seule Énimie parait heureuse et rend à Dieu des actions de grâces.
Mais voici qu'un ange lui apparaît et lui ordonne d'aller se baigner à la fontaine de Burle, où elle sera guérie.
Énimie, avec une nombreuse escorte, part aussitôt pour le Gévaudan. On comprend au prix de quelles fatigues dut s'effectuer un si long voyage, à travers des pays abrupts. On arrive enfin sur les bords du Tarn, à la source indiquée. A peine Énimie s'est-elle plongée dans ses eaux que la lèpre tombe : elle est complètement guérie. Pressée par les barons de sa suite, qui ont reçu mission de la ramener à son père, elle s'éloigne, mais sur la hauteur, la lèpre revient. Elle retourne à la fontaine où elle retrouve la guérison. Trois fois l'épreuve se renouvelle et toujours avec le même succès. La volonté de Dieu n'est donc pas douteuse ; Énimie doit rester à Burle. Les seigneurs le reconnaissent et laissent auprès de la princesse les serviteurs et servantes, qui ne veulent pas la quitter, ils s'en vont annoncer au roi les merveilles dont ils ont été témoins.
Le Roi donne son consentement et envoie à sa fille de nouveaux serviteurs, de nouvelles servantes et de riches présents, pour lui procurer une installation digne de son rang. Mais il suffisait de peu pour satisfaire Énimie. Sa suite s'établit près de la source bénie ; elle-même se réfugie dans une grotte profonde sur les flancs de la montagne, avec sa filleule qui portait son nom, pour y vivre dans la contemplation et la pénitence. [...]
Sainte Énimie fit bâtir un beau monastère avec les ressources envoyées par son père Clotaire II et son frère Dagobert. Elle quitte sa caverne à regret et se consacra à Dieu avec ses nouvelles compagnes, sous la règle de Saint Benoit.

Vers la fin du VIe siècle, Saint Hilaire (Hilarius, Ilère, Lière ou Isère) vint évangéliser le territoire des Gabales et fut nommé Évêque des Gabales (ou du Gévaudan). Il fit, entre autres, ériger un oratoire à St Pierre, à l'emplacement des Baumes. Les habitants l'appelaient « Sanch Ily » en patois, ce qui donne l'origine du nom des paroisses de SAINT CHÉLY : SAINT CHÉLY D'APCHER (48), SAINT CHÉLY DU TARN (48), ST CHÉLY DE SÉVÉRAC (12), ST CHÉLY D'AUBRAC (12)... ou ST HILAIRE DE LA PARADE.
Saint Hilaire vint aussi à recevoir les vœux des religieuses du nouveau monastère de Sainte Énimie et consacrer leur nouvelle abbesse. [...]
Sainte Énimie ne survécut pas longtemps [...]. Elle rendit sa belle âme à Dieu le 5 octobre 628.[...]
Petite-fille de Frédégonde, Sainte Énimie parait avoir été suscitée par la divine Providence comme une victime innocente pour expier les crimes de sa race. Peut-être fut-elle aussi le génie bienfaisant du roi, son père. Ce prince d'abord cruel et débauché, devint un monarque pieux et bienfaisant durant les dernières années de son règnes.
Clotaire II, Roi des Francs, meurt le 18 octobre 629 à l'âge de 45 ans.

Symbole de la christianisation et du besoin "de protection divine", les deux grottes naturelles du Mont Mimat que St Privat occupait ainsi que l'endroit où il fut enterré devinrent, dès le IIIe siècle, jusqu'au début du XXe siècle, des lieux de pèlerinage très suivis dans le diocèse de Mende, autour desquels la ville se développa et en tira son important essor.
Vers 631, le corps du martyr de Saint Privat est transporté à St Denis près de Paris, vers 776, il est transféré à Salone en Lorraine. Des guérisons sont attribuées au Saint. Plus tard, le moine Clocbert le ramena en Gévaudan. Sur le chemin du retour des églises furent bâties sous son vocable dans les environs d'Orléans et de Bourges et 11 localités en France, au nom de St Privat, se sont placées sous son patronage et sa protection. Les Mendois dissimulèrent les restes de St Privat dans les sous-sols de l'église Ste Thècle à l'ouest du grand clocher actuel de la cathédrale.

Au Moyen Âge, les premiers châteaux étaient de grandes habitations "plus ou moins fortifiées" où vivaient les seigneurs et leurs familles, construites près d'un village, de sources d'eau et de grandes étendues de terre (pour les cultures).

  • En 700, le Gévaudan est intégré au royaume Francs d’Austrasie en Aquitaine qui a Metz pour capitale.
    LA CAN et ses environs constituent donc une terre de frontière entre les Wisigoths en Septimanie (au sud) et les Francs au nord et à l'est. La "Vallée française", au pied de LA CAN, tire peut-être son nom du fait qu'elle constituait l'ultime territoire franc vers le sud ?. "Gap Francès", sur le Mont Lozère, pourrait désigner également une frontière de ce type.

Source : Notice historique sur le Gévaudan, par le chanoine Ollier Jean-Pierre-Victor - Édité par l'abbé F. Remize - Impr. de C. Pauc (Mende) -1908 - http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34101978r

 4.11 - 719-990 - Les invasions Sarrasines

(en construction)

Les Sarrasins (ou orientaux et plus généralement le monde arabo-musulman) ne sont pas à proprement parler un peuple, mais plutôt le nom sous lequel les gens du Moyen Âge rassemblaient tous les peuples nomades d'Arabie ou de confession musulmane. Et ce nom était indifféremment appliqué aux musulmans de Terre Sainte, qu'à ceux d'Afrique du nord ou à ceux d'Espagne.
Durant l'époque médiévale, les « Sarrasins ou Sarrazins » connaissent une période brillante. Ces armées « Maures » ou « Berbères » étaient envoyées par le gouverneur arabe de l'Afrique du Nord pour le compte du calife de Damas (dynastie de califes qui gouverna le monde musulman de 661 à 750 et descend directement de l'oncle de Mahomet). Malgré un important refroidissement du climat à cette époque, ils font irruption dans le monde occidental et affichent une claire volonté expansionniste.

¤ En 711, les Sarrasins passent du Maroc en Espagne.
¤ En 714, à la mort de Pépin de Herstal (Herstal près de Liège en Belgique) dit « Pépin le Jeune », son fils Charles (futur Charles Martel) fut tout désigné pour reprendre la charge de maire du palais qu'occupait le défunt. Mais comme il était né d'une mère déjà mariée que Pépin avait quand même prise, Plectrude (première épouse de Pépin) le considérait comme illégitime et l'écarta du pouvoir en le faisant enfermer pour préserver l'avenir de son petit-fils Théodebald (ou Thibaut, Thiaud), le fils de Grimoald II, âgé de six ans à peine, et l'héritier légitime. Hors les différentes provinces du royaume, n'acceptèrent pas de voir une femme les diriger ; les révoltes commencèrent alors à éclater.

¤ 714, voilà les Sarrasins sur l’Ebre. Après avoir réglé leurs problèmes avec les Wisigoths en faisant disparaître leur royaume d'Espagne, ils installent leur suprématie dans l'ensemble des péninsules ibériques (l'Al-Andalus : Espagne plus Portugal) devenues musulmanes en plaçant Abdérame (Abd-er-Rahman) à son gouvernement.

¤ En 715-716, Charles parvint à s'évader et à prendre la tête des révoltés d'Austrasie. Il n'eut qu'à faire reconnaître la défaite à Plectrude qui lui livra la mairie d'Austrasie. Charles installe alors Clotaire IV sur le trône d'Austrasie. Puis, petit à petit, il essaya de reprendre le contrôle de tout le Royaume franc.

¤ Dès 716, après la prise de Barcelone, de la péninsule Ibérique de la Sicile, la Sardaigne, la Corse, des Baléares..., le Maître de l'Al-Andalus, Al-Samh ibn Malik al-Khawlani revendique les droits que les Wisigoths avaient au-delà des Pyrénées et décide de se tourner vers le nord : en Gaule. Ses hommes, les Omeyyades (Sarrasins), franchissent les cols des Pyrénées et pénètrent dans le sud-ouest de la France, en Provence. Ils pillent, violent, massacrent et prennent rapidement Narbonne, Nîmes et Carcassonne...
Ce surgissement soudain sur les terres des royaumes francs, ont marqué par leur exotisme les guerriers de l’Empire carolingien qui, avec ses états trop étendus, ne put résister à la fois aux raids normands (Vikings) des tribus Vandales en route vers l’Afrique du Nord et aux raids sarrasins.
L’unité culturelle de la côte méditerranéenne détruite, le centre de gravité politique se trouve déplacé vers le nord où est établi le royaume franc.

¤ À la mort de Clotaire IV en 719, Charles fut obligé de remettre Chilpéric II sur le trône. Mais celui-ci mourut en 721. Charles appela alors Thierry IV, le fils de Dagobert III. De de 720 à 738, Charles s'emploie à conquérir l'Autriche et le Sud de l'Allemagne.

  • En 721, une fois que toute la Septimanie fut conquise, les sarrasins s’attaquent à la Septimanie franque (Francs d’Austrasie en Aquitaine). L'Albigeois, le Rouergue, le Gévaudan, le Velay, l'Auvergne méridionale, furent dévastés, incendiés, dépeuplés, l'église antique fut mise à bas. Il ne leur restait plus qu'à s'emparer de l'Aquitaine et de sa capitale mérovingienne rayonnante, Toulouse.

Terrorisé par cette lutte contre les Sarrasins et malgré que les Aquitains se soient rendus indépendants de la tutelle mérovingienne, Eudes, Duc d'Aquitaine fit tout de même appel à Charles Martel (690-741) pour l’aider. Mais ce dernier, maire du palais du royaume franc, duc et prince des Francs aux côtés du roi mérovingien Thierry IV, est aussi en guerre avec les Austrasiens contre les Saxons (la Germanie) et ne donne pas de réponse significative.
¤ Fort heureusement, le 9 juin 721, Eudes, Duc d'Aquitaine, écrase les musulmans à Toulouse en les prenant à revers et leur inflige une défaite sévère qui les mène en déroute. Le siège de Toulouse est levé, les pertes omeyyades s'élèvent à environ 3 750 morts, tandis que 1 200 chrétiens gisent sur le sol, le chef musulman Al-Samh est rattrapé puis tué. Ce revers symbolique à leur supériorité en nombre et en logistique, repoussa ponctuellement l'avancée musulmane.

  • Si bien, qu'après cette déroute l'invasion sarrasines se fortifient dans nos Cévennes et le Languedoc, déjà conquis. A partir de 725, ils s'emparèrent de la vallée du Rhône, mettant à sac la ville d'Autun (le 22 août 725), et assiègent sans succès la ville de Sens, en territoire franc. Puis de là, les Sarrasins fondirent sur Lyon, qu'ils pillèrent en 732. Mâcon, Châlons, Beaune, la Franche-Comté, le Dauphiné, furent ravagés à leur tour, sans que Eudes, accablé, ou Charles opposassent la moindre résistance.
  • Dans notre région, pendant les invasions barbares, Rutenula (ou petit Rodez - RODELLE - 12) pu survivre en autarcie mais les Rouergats ont beau avoir connu l’invasion wisigothe et leur installation progressive autour de Toulouse..., les raids sarrasins susciteront un effroi sans borne.
    732 : SÉVÉRAC (12) occupé alors par les Wisigoths et les Francs, tombe aux mains des Sarrasins.

 4.12 - 732 - Charles Martel arrête l'invasion arabe à Poitiers

¤ 25 octobre 732 - Lors de la bataille de Poitiers, Charles affronte les armées Omeyyades et porte un coup de massue à l'expansion de l'islam en Europe occidentale. Aussi appelée aussi bataille de Tours ou bataille du Pavé des martyrs par les historiens arabes, la bataille de Poitiers est la victoire de Charles Martel sur les musulmans d’Abd el Rahman. Son retentissement fut si fort, qu'elle est devenue, un symbole de la lutte de l’Europe chrétienne face aux invasions musulmanes. C'est ainsi que Charles devint Charles Martel (« marteau », en occitan). ¤ Les troupes musulmanes ne sont pas, pour autant, battues sur tous les fronts. Elles prennent Avignon et Arles en 735, puis attaquent la Bourgogne. Beaucoup de seigneurs bourguignons « pactisent » alors avec les musulmans. ¤ En 737, Charles Martel reprend Avignon avec son frère Childebrand, mais n'arrive pas à faire de même avec Narbonne. Les Francs écrasent tout de même une armée arabe venue secourir Narbonne assiégée.
A la mort du monarques mérovingien Thierry IV, Charles Martel, fort de son très grand pouvoir, décida de ne pas lui choisir de successeur et prit le pouvoir du Royaume franc, en régna ainsi en toute illégalité jusqu'à sa mort.

  • En 739, Charles Martel s'allie aux Lombards pour reprendre la Provence. Tous ceux qui avaient alors collaboré avec les Sarrasins sont châtiés et leurs biens donnés aux guerriers francs. Dans la province méridionale du royaume franc, de la Septimanie, les musulmans ne possèdent alors plus que Narbonne. ¤ 741 : mort de Charles Martel, celui qui eut plus de pouvoir que les souverains francs de l'époque, qui « créa l'armée de métier » et a grandement unifié le Royaume franc par ses batailles.

N.B. : La famille d'Eudes (ou Odon ou Huon) de Bordeaux s'est éteinte après deux générations et l'Aquitaine a été dès lors aux mains des Carolingiens.

 4.12.1 - Les guerriers entrent en classe : c'est la classe des guerriers

Jusqu'à Charles Martel, l'armée n'était qu'une simple milice de fantassins, composée d'hommes libres, levés dans les comtés, en temps de guerre et s'équipant à leurs frais. Donc difficile à réunir et lente dans ses mouvements.
Après Poitiers, Charles résolut de créer, à l'exemple des Arabes, une classe de guerriers, regroupés sous la forme d'une cavalerie qui puisse se porter rapidement au-devant de l'ennemi et remplacer l'avantage du nombre par celui de la mobilité.
Une large distribution des terres fut donc faite aux vassaux les plus robustes (qui n'étaient au départ que des serviteurs) du maire du palais qui n'hésita pas à séculariser, à cette fin, bon nombre de biens d'Église. Chaque homme d'armes devint un soldat par un long apprentissage du combat à cheval, tenu d'élever et d'entretenir un cheval de guerre et de fournir le service militaire à toute réquisition. Pour cela, il est gratifié d'une tenure (coûteux équipement de cavalier) et la possession d'un bénéfice (lopin de terre qui pris le nom de fief, par la suite). Un serment de fidélité renforça ces obligations. La réputation des chevaliers se fait, c'est un homme avec une armure qui défend un seigneur, le roi, la reine et les faibles. L'institution se répandit très rapidement dans tout le royaume. Les immenses domaines de l'aristocratie permettaient à chacun de ses membres de se constituer une troupe de cavaliers.

 4.13 - VIIIe - XIIe siècle : prémices du système féodal

Par la création de la cavalerie, c'est l'organisation féodale, elle-même, qui se trouve dans les mesures prises par Charles Martel. Ce fut la plus grande réforme militaire que l'Europe ait connue avant l'apparition des armées permanentes. Elle exercera une répercussion profonde sur la société et sur l'État et aura pour conséquence d'associer la puissance militaire à la puissance économique et politique de l'aristocratie foncière et des seigneurs locaux. La vieille armée des hommes libres ne disparut pas, mais elle ne constitua plus qu'une réserve à laquelle on recourut de moins en moins.

 4.14 - Création de la lignée carolingienne

¤ A la mort de Charles Martel, son pouvoir qui marqua les prémices de la lignée carolingienne, fut partagé entre ses deux fils :
Carloman (705/710-17 août 754) obtient l'Austrasie, l'Alémanie et la Thuringe.
Pépin III, dit le Bref (v.715-768) obtient la Neustrie, la Bourgogne et la Provence.

¤ En 745, Pépin III, le Bref soumet l'Alémanie et occupe le pays, au mépris du partage de 741 qui attribuait cette région à son frère. Carloman se retire dans un monastère et renonce au pouvoir politique, laissant son frère Pépin le Bref seul à régner, sans que les droits de ses enfants soient annulés. Envoyé en France pour une mission de paix, Carloman meurt à Vienne, en 754.
Pépin III le Bref devint maire du palais d'Austrasie, en 747, est sacré Roi des Francs en 751 par les évêques des Gaules, confirmé par un second sacre, le 28 juillet 754, par le pape Étienne II qui reconnaît la dynastie carolingienne (jusqu'à 768). Les fils et héritiers de Pépin, Carloman Ier et Charlemagne, tous deux futurs rois, sont aussi sacrés par la même occasion. ¤ Pépin III, le Bref entreprend une réforme monétaire, visant à uniformiser le poids et l'aspect du denier d'argent franc et instaure la dîme en 756. ¤ 759 : Pépin III, dit le Bref chasse définitivement les Sarrasins de Narbonne.

  • En 761-768, l’Aquitaine est entièrement soumise par Pépin qui se rend maître du Midi, en reprenant aussi Toulouse, l’Albigeois, le Gévaudan et le territoire des ruthènes au duc d’Aquitaine Waïfre (Gaifier). La Septimanie intègre désormais l'empire carolingien et Toulouse renoue avec son passé romain et méditéranéen.

 4.15 - 768-814 - Sacré Charlemagne !

Charles 1er - Carolus Magnus ou Charles le Grand, né en 742, mort le 28/01/814 à Aix la Chapelle (capitale de son empire dans l'actuelle Allemagne), petit-fils de Charles Martel (690-741), fils de Pépin le Bref Rex Francorum (Roi des Francs) et de Bertrade de Laon (surnommée plus tard Berthe au grand pied), de la dynastie des Carolingiens, devint Roi des Francs en 768 et fut couronné en 771.

"Ce n'est pas icy seulement l'histoire du Languedoc... mais une partie de celle des Grecs, des Romains et des François que l'amour et la gloire, ou le désir des richesses y a faict venir en divers temps. Les Grecs y arrivèrent les premiers ; ils y bastirent quelques villes sur la plage, et comme ils venaient d'un pays éloquent, ils enseignirent aux Celtes qui eurent communications avec eux, l'art de persuader. Les Romains vinrent après cela, ils donnèrent bien des batailles pour vaincre les Celtes qui estoient renfermés entre les Alpes et les Pyrénées, enfin, ils en vindrent à bout, bastirent dans le pays des vaincus, de nouvelles villes, et laissèrent en divers endroits, des marques de leur magnificence ; leur domination dura jusques à ce que les Goths les en chassèrent ; les Sarrazins y firent après, la guerre aux Goths. Les peuples du Midy noyèrent le Languedoc de sang et ruinèrent ses plus belles villes. Charlemagne peu de temps après s'en rendit le Maistre et divisa ce beau pays en divers Estats." Écrit en 1648, par Pierre Andoque, historien Biterrois spécialiste du Languedoc.

  • Le Gévaudan et le Rouergue, qui furent successivement occupés par les Wisigoths, les Francs, les armées des ducs d'Aquitaine et des comtes de Toulouse, ainsi que par les Maures, ne commencèrent à connaître un peu de calme, qu'avec l’Empire de Charlemagne qui poursuivit la pacification du Languedoc, en pourchassant à plusieurs reprises, les Sarrasins jusqu’en Espagne.

Peu à peu, Charlemagne construit le Royaume Franc et les carolingiens organisent l'administration de ce qui sera un jour la France.
Il organise son empire en donnant des terres à ses guerriers fidèles et son administration en mettant ses propres comtes, ducs et marquis à la tête de chaque pagus (circonscription territoriale créé par l'empire romain, villes principales). Il les établit en viagers (à vie) tout en leur attribuant la qualité d'être destituables ou reconstituables à volonté.
Il crée une école à Aix-la-Chapelle où sont formés les futurs clercs, les personnes qui vont assurer l'administration de son royaume.

Les "civitates" romaines restent ainsi les divisions territoriales des royaumes francs et furent presque toujours reprises comme limites des comtés.

  • Après avoir réintégré Toulouse à la province ecclésiastique de Narbonne, Charlemagne incorpore le territoire des ruthènes au royaume d’Aquitaine, en 778 et y établit des comtes.
    C’est en 778 que le premier comte de Toulouse apparaît, un certain Chorson, révoqué en 790. Fut établit un duc de Septimanie à Narbonne, pour avoir autorité sur le bas Languedoc.
  • C'est alors qu'est né, à sont tour, le Pagus Gabalitanus, notre futur Gévaudan (dont on ne connaît pas le siège, bien que l’on suppose qu’il devait être le même que celui de l’évêché à MENDE). Et que CARLAT devint un des cinq comtés d'Auvergne.
    Ce qui fut le Carladez médiéval s'étend aujourd'hui à cheval sur les départements du Cantal (dans le centre et le sud-ouest : cantons de Murat, Vic-sur-Cère, Aurillac, Maurs, Montsalvy, Saint Mamet, Laroquebrou - Région Auvergne) et l'extrémité nord-ouest de l'Aveyron (cantons de Mur de Barrez et Entraygues - Région Midi-Pyrénées). Soit 84 communes actuelles, 75 en Auvergne et 9 en Rouergue.
    http://www.carlades.fr/fr/visites-et-decouvertes/patrimoine-bati-et-patrimoine-religieux.html

 4.16 - Voici venu le temps des baronnies du Rouergue au Gévaudan

Chaque pagus est divisé en juridictions médiévales, civiles et criminelles rendues au nom du comte ou du vicomte, ce sont les vigueries (ou vicarias : nom issu de celui du lieu où la justice était rendue, le vicus).

  • Le Gévaudan comptera 8 sièges de vigueries (et donc huit baronnies) : Banassac, Grèzes, Miliac, Valdonnez, Chassezac, Vallée française (qui comprend le territoire de LA CAN), Vallée du Tarn et Dèze.
  • Charlemagne crée le siège d'une viguerie à Sévérac (12), une à Hispalion (ESPALION terres qu’il aurait donné à son chambellan et où il a fait construire un pont autour duquel la ville se serait développée).

Pour se faire obéir, faire appliquer ses décisions et mener sa politique, Charlemagne envoie régulièrement des hommes de confiance à travers tout le territoire qui voyagent toujours par deux et vérifient si les seigneurs se comportent bien. Ces envoyés sont des Missi dominici (les envoyés du seigneur).
Aux frontières de son empire, les seigneurs reçoivent des territoires et en échange, sont chargés de défendre l'empire. On les appelle les Marquis car ils sont sur les marches (les limites) de l'empire. C'est le début de la féodalité.

¤ En 781, Charlemagne décida de préparer sa succession en divisant son royaume entre ses fils, comme le voulait la vieille coutume franque. Charles le Jeune, l’aîné, fut nommé Roi des Francs ; son cadet Pépin reçut le royaume d’Italie ; Louis, son troisième fils alors âgé de trois ans, le benjamin, eut le royaume d’Aquitaine. En raison de leur âge, les jeunes rois ne gouvernèrent pas leurs royaumes respectifs, qui furent administrés par Charlemagne jusqu’à la fin du VIII° siècle.
¤ En 787, Charles, Pépin et Louis furent couronnés rois par le pape Adrien Ier, lors d’une cérémonie tenue à Rome.

¤ Le royaume d’Aquitaine, nouvel État de Louis, comprenait l’Aquitaine proprement dite, allant de la Loire aux abords de la Garonne, ainsi que la Vasconie organisée autour de la vallée de la Garonne et des piémonts pyrénéens, dont la cité principale était Toulouse, la Bourgogne et la Provence. Guilhem, comte de Toulouse, assurait l’administration de la partie sud, notamment la Marche de Toulouse.

Guillaume duc d'Aquitaine (ou Guilhem comte de Toulouse, né vers 750) est le fils du compte Thierry (un des fidèles guerriers de Pépin Le Bref) et le petit fils de Charles Martel par sa mère Alda ou Aude. Il est donc, à sa naissance, le neveu du nouveau Roi des Francs, Pépin le Bref, et le cousin de Charlemagne. Il devient un aristocrate important et une personnalité militaire du royaume d'Aquitaine de l'époque carolingienne. Il fut comte de Toulouse, duc d'Aquitaine et marquis de Septimanie dans les années 790.
A l'âge de 40 ans, Guilhem fait de Toulouse sa capitale, dans laquelle il retrouve son ami d'enfance Witiza, fils du compte de Maguelone devenu plus tard Benoit d'Aniane (ou Saint Benoît d'Aniane), fondateur du monarchisme occidental. Ensemble ils vont liguer leur force pour faire du jeune Louis Roi d'Aquitaine, un homme, un vrai. L'un s'occupera du corps, l'autre de l'esprit.
En 804, Guilhem comte de Toulouse fonde l'Abbaye languedocienne Saint Sauveur de GELLONE (SAINT GUILHEM LE DÉSERT) qui conservera la relique d'un fragment de la vraie croix du christ offerte par Charlemagne. Guilhem s'y retire en 806, jusqu'à sa mort, vers 812. Canonisé par le pape Alexandre II en 1066 sous le nom de saint Guilhem, il est fêté le 28 mai. Les restes de Saint-Guilhem reposent en l'Abbaye de GELLONE.

¤ Étonnant Charlemagne qui sera, par exemple, un des premiers à se préoccuper des actes de cannibalisme avec son écrit juridique de 789 : le « capitulaire de Charlemagne » :
« Si quelqu’un, trompé par le diable, croit qu’une femme est une sorcière qui mange des hommes, et que pour cela il la brûle et donne sa chair à manger ou la mange lui-même, il sera puni de la peine capitale ».

¤ En 793, Charlemagne fait figurer systématiquement la marque de l'autorité royale sur la monnaie.

¤ Installé en Aquitaine, Louis le Pieux prit part à plusieurs expéditions contre l’Espagne musulmane. En 795, il épousa Ermengarde, fille du comte de Hesbaye. Le couple eut trois enfants : Lothaire Ier (795), Pépin II (797), et Louis II (806).

Pendant son règne, Charlemagne agrandit considérablement le royaume : vers l'Italie, où il devient d'abord Roi des Lombards (région au nord de l'Italie), et en conquérant des territoires situés aujourd'hui en Allemagne.
¤ Charlemagne est aussi, à Rome, l'arbitre du pape qui se dispute avec des accusateurs et qui, après avoir juré sur l’Évangile, est jugé innocent. C'est ainsi qu'ils se retrouvent tous les deux, à la basilique de Saint Pierre, pour la messe de Noël, du 25 décembre 800. Charlemagne, en compagnie de ses filles et de ses fils, prie lorsque le pape Léon III lui aurait mit une couronne sur la tête. Tout le monde cria "A Charles Auguste grand pacifique empereur, vie et victoire".
Charlemagne est désormais couronné Empereur d'Occident jusqu'à sa mort et est, en cela, le premier Empereur des Romains depuis la fin de l'Empire romain en 476.

¤ En 806, les possessions des fils de Charlemagne furent agrandies. Pépin, outre l’Italie, eut la Bavière et la Carinthie et Louis , futur Louis le Pieux, outre l’Aquitaine, reçut la Bourgogne et la Provence).
Mais les dernières années de règne de Charlemagne furent assombries par la mort de deux de ses fils, Pépin (en 810, qui transmit son héritage à son fils Bernard) et Charles le Jeune (en 811, l’aîné mort sans héritier).

« Deux sortes de poids, deux sortes de mesures, mon âme les déteste ». Pendant très longtemps, les hommes ne disposaient que de leur corps pour mesurer. Le pied était donc un de ces moyens et de ces unités de mesure. Problème : les hommes n'ont pas tous la même taille de pied, entre eux.
Charlemagne fit donc établir la mesure légale du pied du roi : 0,32483 m (on entendrait par là, le pied de Charlemagne mesuré dans son armure).

Quelques exemples :

  • Le pied de roi : 0, 32483 m se subdivise en 12 pouces, le pouce (2,706 cm) en 12 lignes, la ligne (0,226 cm) en 12 points (le point =0,188mm).
  • L’aune : surtout pour mesurer les étoffes.
    L’aune de Paris : 1 m 1884 (soit 3 pieds 8 pouces)
    L’aune de Bordeaux : 1 m 4561
    L’aune de Troyes : 0 m 812.
  • La toise : du latin tensa, « étendue ». était d’environ 6 pieds, soit 1,949 m.
  • La canne : utilisée en Provence, valait environ 1,98765 m. (mais 2,01265 m à Marseille).
  • L’arpent : (du gaulois arepenn, « portée de flèche »). Cette autre mesure agraire de surface était très usitée.
    L’arpent de Paris : 100 perches carrées de 18 pieds de côté, soit 34,19 ares, soit 3 417 m.
    L’arpent commun : 42,21 ares, soit 4 221 m
  • La verge : (du préceltique vège, « champ plat », contaminé par vergée, « terrain mesuré à la verge »). Elle correspond à 1/4 d’arpent, soit 1 276 m.
  • La livre : 489,5 grammes. Elle était divisée en 2 marcs (le marc = 8 onces, soit 4 608 grains, soit 244,75 g.), ou en 16 onces, ou en 9 216 grains. L’once (8 gros, soit 30,59 g.) en 8 gros, et le gros (3 deniers soit 3,824 g.) en 8 grains. La livre se divisait aussi en 4 quarterons, et le quarteron (122,4 g.) en 4 onces. A Lyon, la livre ne comprenait que 13 onces trois quart (15 pour la soie).
  • Le grain : 53 mg., soit 0,053 g.
  • Le denier ou scrupule : 24 grains, soit 1,275 g.
  • Le quintal : 100 livres, soit 48,95 kg.
  • Le millier : 1 000 livres, soit 489,5 kg.
  • Le litron : 0,79 litres
  • La chopine ou sétier : (du latin sextarius, « sixième ») valait 0,476 litre.
  • La pinte : 2 chopines, soit 0,9305 litre.
  • Le boisseau : (dérivé de boisse, bas-latin bostia et gaulois bosta, « creux de la main ». C’était la mesure la plus utilisée pour les grains (blé, avoine, seigle) ou pour le sel, le charbon de terre et le charbon de bois. Le boisseau de Paris : environ 16 litrons, soit 13 litres. Le boisseau de Bordeaux : 78,808 litres
  • Le scandal : de 12 à 20 litres en Provence, selon les localités. Elle servait pour l’huile.
    Note : Les mesures de froment et de seigle sont « rases », mais celle d’avoine sont « combles », d’où une augmentation d’1/3.

Bon d'accord, malgré cette parole de Charlemagne, toutes les régions de France du Moyen Âge n'adopteront pas les mêmes unités. Et sous l'ancien régime encore, on utilisera une quantité de poids et de mesures différentes : coude, pied, pouce, pas, creux de la main... Mais, à quelques mille ans plus tard, à la Révolution... !

Et si jusqu'au VIIIe siècle, on considéra le consentement des époux comme l'essence du mariage et on admit comme légitimes les unions célébrées même en dehors des rites en usage dans l’Église, tout change sous Charlemagne qui impose l'intervention d'un prêtre.

L'attention de l'empereur sera également attirée par le ravage causé par la grande multiplication de loups dans les Provinces, suite à la dépopulation provoquée par les incursions des barbares dans les Gaules. C'est pourquoi, avec son capitulaire de Villis, en 813, Charlemagne créa les louveteries. Ces institutions avaient pour objectif de procéder à la destruction systématique et organisée des loups.
Le Louvetier était le nom donné à « l'officier qui commandait l'équipage pour la chasse du loup ». Selon un dictionnaire du XVIIIe siècle, on finit par établir des louvetiers dans chaque forêt française.

NB : Sur la commune de SAINT AFFRIQUE (12), se trouve un pressoir en pierre qui daterait de l'époque carolingienne. Il se compose d'un importante pierre cubique dont la surface supérieure a été creusée sur environ 30 cm de profondeur pour constituer la maie. Sur le côté de la maie, deux entailles verticales subsistent. Elles devaient servir à engager les éléments de bois qui actionnaient le pressoir. A quelques mètres, on aperçoit le contrepoids cubique en pierre avec sa cavité supérieure et ses entailles latérales.

 4.17 - 812-911 - Les Vikings : trop, c'est trop !

(en construction)

812-813 - Le répit est bref, à peine estompé le souvenir des Maures, voici que les Vikings, tout aussi épouvantables, s'attaquent à l'empire de Charlemagne.
Les Vikings (ou Normands, hommes du Nord : Northmans) sont des pirates venant de côtes scandinaves et danoises qui ont déjà colonisé l'Irlande, l'Islande, le Groenland, les Feroë, les Shetland, les Hébrides et ont même atteint l'Amérique... Leur tactique consistait à remonter le cours des grands fleuves et à surprendre les villes.
Voyant leurs barques tenter des descentes sur les côtes, Charlemagne fit fortifier l'entrée des rivières pour leur en défendre l'approche. Mais sa mort en 814, qui verra l'effondrement de l'Empire Carolingien, sonne comme le signal de départ d'une invasion générale pour les pirates.
Les incursions Vikings durèrent près d'un siècle (820-911). D'abord ils ne font que piller et ravager; mais, n'éprouvant pas de résistance sérieuse de la part des faibles successeurs de Charlemagne, ils finirent par occuper le pays.

Les Normands remontent le Tarn avec leurs pirogues en cuir. A dater, construire ?

 4.18 - IXe siècle - COMPOSTELLE en Espagne

A COMPOSTELLE, au sein de la péninsule Ibérique, la découverte du tombeau de l’Apôtre Saint Jacques le Majeur, entre 813 et 833 donne naissance à l’histoire et à la renommée de Saint Jacques de Compostelle. Venu évangéliser toute l'Espagne, Jacques était l’un des premiers apôtres du Christ. Il est le frère de Saint Jean l’évangéliste et comme lui, il est pêcheur sur le lac de Tibériade. Il meurt martyr, décapité à Jérusalem, en 44, par ordre du roi Hérode Agrippa. Dès lors, une petite église est construite au-dessus de la tombe et un culte local se développe et franchit peu à peu les frontières.
Ainsi, terres de passage depuis la Préhistoire, le Rouergue et le Gévaudan, qui accueillent déjà les chrétiens du pèlerinage qui s’est développé sur le lieu de martyre de Saint Privat à MENDE, sont désormais lieux de passage pour les itinérants du pèlerinage vers SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE.

Le chemin vers SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE :
La « Viadène » : la dixième voie romaine avec routes empierrées et ponts romains, au départ des contreforts de l'Aubrac, au bord des gorges de la Truyère et de la vallée du Lot (canton de SAINT AMANS DES COTS) devient un des chemins de St Jacques de Compostelle - reliant LE PUY EN VELAY (43) (de l’Hôtel Dieu Saint Jacques et la cathédrale Notre Dame) à la GALICE (Espagne) - avec croix et ponts « romieu » (« pèlerin » en occitan).
La partie aveyronnaise du chemin de Saint Jacques de Compostelle (GR 65) représente 102 km à parcourir en 5 jours, depuis la dômerie d’AUBRAC, en descendant le chemin de NASBINALS jusqu'au pont dit “des pèlerins” de SAINT CHÉLY D’AUBRAC sur la Boralde (17 km) ; puis en retrouvant la vallée du Lot, par le chemin partant de SAINT CÔME D'OLT, qui traverse le Pont Vieux d'ESPALION sur le Lot et SAINT PIERRE DE BÉSSUÉJOULS, jusqu'au pont d'ESTAING sur le Lot (17 km), il faut rejoindre ensuite GOLINHAC, puis l’abbatiale Sainte Foy à CONQUES et LIVINHAC LE HAUT, pour rejoindre FIGEAC dans le département du Lot.
La Compostela, instaurée au XIVe siècle, est un certificat officiel délivré par le Bureau des Pèlerins de la Cathédrale de Compostelle à tous ceux qui ont, au moins, accompli les 100 derniers km à pied ou à cheval ou les 200 derniers km à vélo, dans une démarche religieuse. Dans la tradition du pèlerinage, la Compostela est délivrée sur présentation de la créanciale (document de l’église) ou de la crédencial (document des associations).
La créanciale est un document d'accréditation délivrée au pèlerin afn d’authentifier sa motivation. Elle est proposée au départ, à la cathédrale du PUY EN VELAY (cathedraledupuy.org) et permet de collecter, à chaque étape, les tampons apposés par le prêtre, une association, la mairie, l’office de tourisme ou l’hébergeur qui attestent de votre qualité de « pèlerin » ou de cheminant sur le chemin vers Saint Jacques De Compostelle. Invitation à la rencontre et au respect de l’hôte, la crédencial recommande le cheminant auprès de tous ceux qu’il rencontrera au long de sa pérégrination. C'est un document indispensable pour l’accès aux gîtes espagnols et qui peut aussi être demandé en France.

 4.19 - 814-840 - Louis LE PIEUX ou Louis LE DÉBONNAIRE

Louis 1er le Pieux, Roi d'Aquitaine dès 781, succède à Charlemagne à 36 ans et devient empereur d'Occident. On le surnomma aussi Louis le Débonnaire car, étant très proche de la papauté, il était considéré comme un souverain faible. Pourtant, vraisemblablement soucieux d’imposer son autorité sur tous les peuples du royaume, il ne prit pas le titre de Roi des Francs mais celui d’Empereur. En octobre 816, il fut sacré par le pape Étienne IV, au cours d’une cérémonie organisée à Reims (Louis fut le premier monarque à être couronné dans cette cité, ce qui devint une tradition au fil des siècles).

Comme l’avait fait Charlemagne avant lui, Louis divisa son empire entre ses enfants au cours d’une assemblée tenue en juillet 817, à Aix La Chapelle. L’Empereur, plutôt que de suivre la vieille tradition mérovingienne qui imposait un partage équitable entre les héritiers, préféra faire comme son père, privilégiant l’aîné avant tout : ainsi, Lothaire fut associé à l’Empire ; Pépin 1er fut nommé Roi d’Aquitaine, à l’âge de quatorze ans et Louis II Roi de Bavière (ce dernier fut surnommé le Germanique).
Comme Lothaire disposait de la titulature impériale, ses frères devaient le consulter une fois l’an, afin d’obtenir son consentement pour faire la guerre, la paix ou encore pour se marier. Par ailleurs, Lothaire avait aussi le pouvoir de détrôner un de ses frères, après trois avertissements.

En 818, le neveu de l’Empereur, Bernard, fils de Pépin qui avait été maintenu à la tête du royaume d’Italie, à la mort de Charlemagne, se révolte et se rend à Chalon afin d’y rencontrer son oncle car l’Ordinatio imperii stipulait qu’il serait le vassal de Lothaire, héritier de l’Empire. Il fut fait prisonnier et à l’issue d’un rapide procès, le Roi d’Italie fut condamné à mort. Toutefois, l’Empereur lui fit grâce, ordonnant que son neveu soit plutôt aveuglé. Bernard, dont les yeux avaient été brulés au fer rouge, mourut quelques jours après des suites de ses blessures.

En 829, Louis le Pieux créé un nouveau partage de l’Empire afin d’y inclure Charles II, son dernier fils né de sa seconde épouse Judith de Bavière, en 823 et qui reçut l’Alémanie (territoire s’étendant entre l’Alsace et la Souabe). Suite à ce nouveau partage, Pépin Ier d’Aquitaine et Louis II le Germanique se révoltèrent. En 830, ils firent avancer leurs armées et s’emparent du palais impérial d’Aix La Chapelle. Louis le Pieux, acculé, fut alors contraint de céder devant les exigences de ses fils. Il conserva son titre, mais l’autorité échut à son fils aîné.

  • Le Languedoc fut pendant quelques temps comme divisé entre les comtes de Toulouse et les ducs de Septimanie ou marquis de Gothie. Ces derniers commandèrent depuis l’an 829 successivement au nombre de huit jusqu’en l’année 936. Le premier fut Bernard Ier, fils du vicomte de Narbonne Saint-Guillaume de Gellone en 820, et le dernier Guillaume le Pieux, comte d’Auvergne, qui donne ses terres à Raimond, comte de Toulouse en 918 et devient duc de Septimanie qui fit hommage à Rodolphe, duc de Bourgogne puis Roi de France de 923 à 936.

En 831, suite au départ de Lothaire pour l’Italie, Pépin 1er et Louis II procédèrent à un nouveau partage, les deux hommes étant soucieux de contrecarrer les ambitions de leur frère et d'agrandir leurs États respectifs : ainsi, les royaumes d’Aquitaine et de Bavière obtiendraient leur indépendance à sa mort de Lothaire.
En juin 833, à la merci des ses enfants, Louis le Pieux fut déposé ; la dignité impériale fut cédée à Lothaire ; Judith fut enfermée dans le couvent de Tortone, en Italie ; Charles II fut placé dans un monastère ; enfin, Pépin récupéra ses États. Peu de temps après, Louis le Pieux fut contraint de procéder à une pénitence publique dans l’abbaye Saint Médard de Soissons. L’Empereur déchu y confessa ses « crimes », ôta son habit royal et revêtit le costume gris des pénitents. Par la suite, Louis le Pieux fut enfermé au monastère de Saint Denis.

Sous l’influence de Judith, rentrée d’Italie en 834, Louis le Pieux décida d’agrandir les possessions de son dernier fils Charles II le Chauve qui reçut, en 837, la vallée de la Meuse ;
Suite à la mort de Pépin 1er, Charles II le Chauve reçu le royaume d’Aquitaine (qui avait autorité sur la Neustrie, la Bourgogne, la Septimanie et la Provence).
Et ce, malgré que Pépin Ier eût laissé deux fils, le premier connu sous le nom de Pépin II d’Aquitaine, le second, Charles, qui fut archevêque de Mayence et mourut en 863, ainsi que deux filles, mariées, l’une au comte d’Auvergne et l’autre au comte de Limoges. Toutefois, Pépin II d’Aquitaine n’apprécia guère d’être dépossédé de ses États et se rapprocha de son oncle Lothaire Ier. Prenant les armes, ce dernier s’attaque à l’Alémanie, territoire de son oncle Charles II le Chauve.

838 : Raid des Sarrasins sur Marseille : la population est massacrée ou mis en esclavage, la ville est reprise en 842.

  • En 839, Louis LE DÉBONNAIRE prend d'assaut la citadelle de CARLAT et le rocher de CARLAT, qui déjà fortifié depuis longtemps, fut un enjeu pour la conquête de la région, aussi bien pour les romains, les visigoth que les francs.
    En 840, l’Empereur Louis le Pieux décida de contre-attaquer, avançant vers la Bavière. Mais ce dernier fut saisi d’une fièvre violente alors qu’il traversait le Rhin. Il mourut le 22 juin à Ingelheim, une île près de Mayence. Selon certaines chroniques, les derniers mots de l’Empereur furent les suivants : Je pardonne à mon fils, mais qu’il sache qu’il est l’auteur de ma mort.
    Contrairement à Charlemagne, le défunt n’avait pas réussi à conserver l’unité de l’Empire, qui sera déchiré au cours de guerres fratricides. Ainsi, alors que les Carolingiens étaient au pouvoir depuis moins d’un siècle, ils imitaient déjà les mauvaises habitudes des Mérovingiens, qui au fil des années avaient perdu leur puissance, leur unité et leur trône.

842 : Raid des Sarrasins sur Arles dans le cadre de razzias, reprise en 850.

NB : Les « bévaris » (ou « bevariis », officiers des bièvres), crées par Charles II le Chauve, est un corps d'officiers spécialisés chargés de la chasse aux castors. Ces derniers étant très recherchés, à la fois, pour leur fourrure, leur viande et pour le castoréum qu'ils produisent (sécrétion huileuse et odorante produite par des glandes spécifiques qui permet au castor de s'identifier et de « marquer » son territoire et qui a été utilisé par l'homme depuis l'Antiquité, en médecine et plus tard, en parfumerie). Ces motifs seront à l'origine de la progressive disparition du castor en Europe.

 4.20 - 843 - Le Traité de VERDUN

A la mort de Louis le Pieux en 840, ses trois fils survivants, petits-fils de Charlemagne, vont se faire la guerre pour régner sur l'empire. Charles II s'unit à Louis le Germanique, qui avait été écarté des négociations précédant le nouveau partage et s’estimait lésé, contre Lothaire Ier, leur frère aîné, qui veut les exclure du partage de l'Empire.
Ils finissent par se mettre d'accord en août 843 et signent un accord de paix : le « Traité de Verdun » en se partageant les territoires de l'empire carolingien, en trois royaumes. La partie la plus à l'est devient la Francie Orientale (ou Germanie) et sera gouvernée par Louis le Germanique (c'est à peu près le territoire de l'Allemagne), la partie à l'ouest est la Francie occidentale, qui deviendra la France, sera gouvernée par Charles II le Chauve. Entre les deux, le troisième frère, Lothaire, a un royaume tout étiré en longueur, la Lotharingie, ou Francie médiane, qui va de la mer du Nord et la Hollande au nord de l'Italie.
Ce traité est souvent présenté comme le début de la dissolution de l'empire unitaire de Charlemagne, consacrant ainsi sa division, qui s'avèrera en fait définitive. Alors qu'il est la conséquence de l'application de la coutume franque qui est basée sur le partage de l'héritage entre tous les fils héritiers plutôt que son attribution seulement au fils aîné, en dépit de la règle de primogéniture agnatique (masculine) appliquée chez les Romains.

  • En 844, Foucaud / Fulcoald, comte de Rouergue est mort, mais son fils Fredelo n'a pas été confirmé comme son successeur en Rouergue.

¤ 845 - Les Normands (Vikings) sont aux portes de Paris.

Pépin II d'Aquitaine menait la révolte contre Charles, nommé héritier de Bernard William, deuxième prétendants à la comté de Toulouse. En 849, cependant, William était dans Barcelone et Charles envahi Aquitaine.
Fredelo,
puis dans le contrôle de Toulouse, profitant de l'absence de William, a ouvert les portes de la ville à son souverain et a été reconfirmé dans sa possession.
quand Bernard de Septimanie a été capturé par Charles le Chauve pour rébellion contre son maître et exécuté en 844, le Roi donna son comté de Toulouse sur Fredelo.
Vers le milieu du IXe siècle, les comtes de Rouergue, bons élèves de la classe carolingienne, semblent avoir eu la faveur de Charles II le Chauve qui confirme les comtes de Rouergue dans leurs possessions et y ajoute le comté de Toulouse, qu’il détacha du duché d’Aquitaine.
Frèdelon ou Frédolon / Frédelon († entre 849 et 852), le « traître », fils de Foulques de Rouergue, est comte de Toulouse, de Limoges et de Rouergue en 852.

Fredelo reçu le comté de Carcassonne en 850 et mort en 852, laissant ses titres à son frère Raymond. C'est Raimond / Raymond Ier, frère de Frédelon, comte de Toulouse et de Rouergue (vers 852-† entre 863 et le 17 avril 865), qui lui succède. Il se marie à Berthe, nièce du Roi d’Italie, Hugues d’Arles, et arrière-petite-fille de Lothaire II, et rattache ainsi les Raimondins au sang carolingien, issus de la Reichsaristokratie. Le couple eut pour fils Bernard II de Rouergue ou Bernard le Veau, comte de Toulouse et de Rouergue (865-872 ou 874) et Eudes de Rouergue.

¤ De son côté, Charles II le Chauve poursuit l’œuvre législatrice et organisatrice de Charlemagne. Il établit un grand nombre de capitulaires, dont certains sont particulièrement importants vis à vis de l'évolution politique et sociale du royaume.
En 847, par exemple, il promulgue le capitulaire de Meerssen, qui marque le début de la féodalité. Charles II invite tout homme libre à se choisir un senior, que ce soit le roi ou un autre seigneur : « Volumus ut unusquisque liber homo in nostro Regno Seniorem, qualem voluerit in nobis & in nostris Senioribus, accipiat » (Nous voulons que chaque homme libre dans notre royaume reçoive pour seigneur celui qu'il aura lui-même choisi, soit nous-même, soit un de nos fidèles).

¤ De 856 à 861, la Francie occidentale est plusieurs fois rançonnée par les Vikings qui multiplient leurs raids. Maintes fois, le roi Charles II s'engage à leur donner de grosses sommes afin que ceux-ci se retirent et cessent de piller les riches abbayes. Mais rien n'y fait, les Normands touchent la rançon et reviennent plus tard.

  • En 864, après avoir fondu sur TOULOUSE, les Vikings, peuple de commerçants explorateurs, pillards et pirates scandinaves se tournent, eux aussi, vers le Rouergue. L’armée de Charles II le Chauve les arrête à CONNAC, au sud de RÉQUIQTA (12). La bataille deviendra une grande fresque légendaire.

Face aux difficultés extérieures qui redoublent dans cette seconde moitié du IXe siècle, le cadre du royaume s'avère encore trop vaste pour assurer une défense efficace contre les envahisseurs. Les rois confient donc à de puissants aristocrates de grands commandements militaires. Le poids de la haute aristocratie se renforce ainsi face aux rois. Les liens vassaliques créent désormais un écran entre le roi et les fidèles des grands.
Après l’époque carolingienne, le pouvoir royal s’effondre aux Xe et XIe siècles, laissant la place à une myriade de pouvoirs locaux, exercés par les seigneurs.
Ducs et comtes parviennent à imposer l'hérédité de leurs charges en ligne directe et ils médiatisent l'autorité publique. Le seul lien qui les relie encore au roi est ce serment de fidélité que les princes du Midi négligent même de venir prêter. L'élection royale prend alors une importance grandissante.

Au IXe siècle, pour parer à l'importante insécurité environnante, face aux invasions extérieures (Normands, Sarrasins...) et aux guerres privées qui se multipliant, les populations rurales sont contraintes de chercher refuge. On se mit alors à construire les premiers châteaux forts. Au départ, ce ne sont que de simples tours de bois, élevées sur une butte naturelle ou sur une hauteur de terre artificielle pour voir les attaquants arriver de loin et obliger les assaillants à monter une pente. Les habitants peuvent se réfugier dans l'enceinte du château qui est encerclé par un fossé et une palissade en bois pour rendre les assauts plus difficiles. Ces premières fortifications se situent, en général, près de forêts qui fournissent les besoins en bois de construction. En échange de cette protection, les villageois sont "placées" sous la domination d'un seigneur (principe de la féodalité).

  • Le Rouergue semble administré dès le début du IXe siècle par un membre de la famille des Raimondins : Foulques ou Foucaud / Fulcoald († après 837), comte (?) de Rouergue (Rodez), avoué de Childebrand, marié à Sénégonde / Senegund (probablement nièce de Guillaume de Gellone ou sa petite fille par Héribert).

Le vicomte Bégon, premier vicomte attesté par la documentation locale (855/56-vers 868), apparaît dans l’entourage immédiat des comtes Frédelon et Raimond Ier. Toutefois, rien ne permet d’affirmer qu’il exerçait son autorité en Rouergue.

Le Quercy, quant à lui, malgré les obscurités de son histoire, bascule aussi dans la sphère toulousaine dès la deuxième moitié du IXe siècle. L’emprise toulousaine le long de la route Toulouse-Cahors-Brive-Limoges s’accompagne de l’élimination progressive des comtes de Quercy poussés dans les bras des comtes de Poitiers après 867 et dont les descendants se replient sur Turenne où ils ne sont plus que vicomtes. Les progrès qui font sortir le comte de Toulouse des frontières de son comté,

Le début du Xe siècle marque l’émergence de la principauté raimondine que favorisent le rattachement de la Gothie vers 920 et la disparition du dernier duc Guilhemide, en 927. Quatre Raimond se succèdent à Toulouse, Albi et Nîmes durant le Xe siècle : Raimond II (de 878 à 923), Raimond-Pons (924-vers 940), son fils Raimond et le fils de ce dernier, Raimond, qui meurt devant Carcassonne en 978-979.
Eudes de Rouergue, comte de Toulouse et de Rouergue (877-† 918), marié à Garsinde d'Albi, il est le fils de Raymond Ier et le frère de Bernard II.
Le Rouergue revient à une branche cadette, successivement représenté par le comte Ermengaud, comte de Rouergue (en 906-936), fils d'Eudes de Rouergue, il se marie à Adélaide de Carcassonne ; Le couple donne naissance à Raimond II, comte de Rouergue (940-961), marié à Berthe d'Arles, fille de Boson d'Arles, comte d'Arles dont Raimond III, comte de Rouergue (en 961-mort vers 1010), fils du précédent, marié à Richarde, probablement apparentée aux vicomtes de Millau.
Hugues Ier, comte de Rouergue (1010-† 1054), fils du précédent, marié à Foy de Cerdagne. Berthe comtesse de Rouergue (en 1054-† 1065), fille du précédent, mariée à Robert II, comte d'Auvergne et de Clermont. Les vicomtes de Rouergue du Xe siècle ont pour successeurs les vicomtes de MILLAU, au XIe siècle. Ces derniers ont pour successeurs, au XIIe siècle, les comtes de Barcelone, rois d Aragon, ou leurs cousins, les comtes de Provence.

Au milieu du Xe siècle, les comtes de Toulouse et leurs cousins rouergats gouvernent conjointement un vaste territoire qui s’étend du Rhône à Toulouse et du sud de l’Auvergne aux Pyrénées centrales. Tout en continuant à se comporter en fidèles du roi jusqu’alors, les Raimondins jouissent progressivement de la plénitude des droits royaux dans leur principauté, en assumant leurs devoirs de défenseurs de la paix publique (en luttant contre des bandes normandes) et de protecteurs des eghses. L’évolution de leur titulature est particulièrement significative de l’affirmation de leurs prétentions à l’autonomie. notamment avec le recours au titre romain de princeps. Mais, représentant le pouvoir franc, même au Xe siècle, les comtes de Toulouse suscitent une hostilité qui ne faiblit guère dans le pays gascon.

¤ Après la mort de Lothaire II de Lotharingie, Charles II est couronné Roi de Lotharingie en 869, à Metz. En 875, après la mort de Louis II, il hérite du trône impérial, ainsi que des royaumes d'Italie et de Provence. Le 25 décembre 875 à Rome, il est couronné empereur par le pape Jean VIII. Louis le Germanique meurt à Francfort le 28 août 876. Charles en profite pour envahir la Lotharingie orientale mais les fils de Louis lui infligent une sévère défaite.
S'étant ensuite rendu en Italie afin de porter secours au pape Jean VIII en lutte contre les Sarrasins, il est contraint de revenir en France pour faire face à une attaque de Carloman, un des fils de Louis le Germanique. Sur le chemin du retour, atteint d'une pleurésie, il se réfugie à Aussois (Avrieux). Il meurt des suites de cette maladie, le 6 octobre 877.

Intermède de Bernard Plantevelue († 886) : on ignore le sort du comté à la mort de Bernard le Veau, assassiné en 872 ou 874 à l’instigation de Bernard Plantevelue. Mais l'hérédité de ces fiefs seigneuriaux ne fut promulguée qu'en 876, par le Capitulaire de Quierzy.

¤ 947 - Introduction, par les Arabes du jeu d'échec en Europe.
¤ Le 22 mai 987 meurt Louis V.
¤ 987-996 - Règne de Hugues Capet, fondateur de la dynastie capétienne.
En juin, l'assemblée des grands du royaume, réunie à Senlis, élit Hugues Capet, de préférence au Carolingien Charles, oncle de Louis V. Mais il ne reste plus grand chose de l'Empire de Charlemagne et le Roi des Francs doit se contenter d'un territoire réduit, et surtout beaucoup plus petit que celui de ses principaux vassaux. Règne qui fut, au final, aussi peu agité que court. En 988, il avait déjà fait couronner roi et associer au trône son fils Robert. Le roi mourut en 996, âgé de 54 ans. Robert le Pieu lui succéda donc de 996 à 1031.

NB : Pendant deux siècles, les Capétiens prirent coutume de faire couronner de leur vivant leur fils aîné. Ainsi, grâce à cet usage, la royauté qui était élective à l’avènement des Capétiens, devint héréditaire, comme sous la dynastie mérovingienne et carolingienne.

¤ 990 : Fin de la domination sarrasine en Provence par la dynastie carolingienne.
Néanmoins les raids se poursuivront, à partir de la côte des barbaresques jusqu'au XIIIe siècle, contre les populations locales, en les enlevant pour les mettre en esclavage.
http://www.cosmovisions.com/ChronoInvasionsMA.htm N.B. : La "galette sarrasin" et l'apparition de la culture du froment sur nos territoires à l'époque médiévale seraient-elles à associer à cette période ?
http://www.cosmovisions.com/ChronoSarrasins.htm

Cf 64 Evêques.pdf

 4.21 - A travers leurs pierres, les châteaux forts témoignent de fabuleuses aventures

À partir des Xe - XIe siècles, les châteaux forts en pierre se dressent. Mais le plus grand nombre est toujours en bois. Les donjons sont de forme circulaire ou carré. On les protégeait par des murs d'enceinte, renforcés par des tours rondes ou carrées (transformations que l'on doit aux croisades et aux châteaux d'Orient qui sont déjà construits en pierre).

Aux XIIIe - XV siècles, l'agrandissement du royaume de France, la croisade contre les Albigeois..., imposent la construction de châteaux forts de plus en plus puissants et imposants pour faire face à l'ennemi. Le château est construit entièrement en pierre. Le système de défense se perfectionne tel le château de Coucy (triple enceinte et défenses perfectionnées).
Ils permettent ainsi d'abriter les seigneurs et leur famille, ses chevaliers vassaux, les hommes d'armes, les serviteurs et les paysans des alentours qui fuient les envahisseurs. Principal moyen de défense, ils sont construits sur des pitons rocheux, dominant des voies importantes, contrôlant le passage des gués sur les grandes rivières, pour avoir un rôle stratégique primordial. On y entrepose des réserves de vivres ou d'armes en prévision de combats futurs.
Un pont levis est généralement le seul accès au château car il est équipé d'un système de levage rapide qui permet de supprimer le passage, en cas de tentatives d'intrusion non désirées. Passé le pont levis, une herse (lourde grille de fer) ferme l'unique accès en glissant dans des rainures verticales, avec l'aide d'un treuil.
Des meurtrières (fentes) dans le mur, destinée à observer et à tirer des flèches sur les ennemis. Le mur du chemin de ronde se termine en "poivrières" (crénelés) avec des créneaux (des creux) et des merlons (parties pleines en forme de cubes) permettant ainsi de pouvoir surveiller les alentours et, si besoin, d'envoyer des flèches vers l'ennemi ou de se protéger derrière les "cubes". Ce chemin est aussi équipé de hourds (chemin en bois) ou de mâchicoulis (partie surplombant la muraille dans le sol en pierre) avec des ouvertures au sol, qui permettent de jeter des projectiles sur l'ennemi qui se rapproche en contrebas). Une échauguette (petite tour d'angle en général de forme circulaire, utilisée pour la surveillance).


Rutenula (ou petit Rodez - RODELLE - 12) a été le siège d'un des châteaux des comtes de Rodez. La communauté du Ram appartenait au domaine royal hérité des Comtes de Rodez.

 4.22 - Du XIe au milieu du XIIe siècle : l’âge roman

A la mort de Hugues onzième comte de Rouergue en 1054, Berthe, sa fille, se vit disputer son héritage par Guillaume IV et son frère Raymond IV de Saint Gilles, comtes de Toulouse. On prit les armes ; mais Berthe étant morte en 1065, les deux frères se tournèrent l’un contre l’autre. Après quinze ans de luttes, ils convinrent que Guillaume IV aurait le comté de Toulouse, et Raymond IV, comte de Toulouse, de Rouergue (dont il avait pris le titre à la mort de Berthe), marquis de Provence, puis comte de Tripoli. Ainsi, Raymond IV succéda à son frère dans son comté, et le Rouergue devint l’apanage des fils puînés des comtes de Toulouse. Lorsque le comté de Rouergue a été réuni au comté de Toulouse, le comte de Toulouse et de Rouergue a placé un vicomte à RODEZ (12), capitale du Rouergue. Ce vicomte prend plus d'importance en 1096 lorsque le vicomte de Rodez rachète une partie des droits du comté de Rouergue, au comte de Toulouse pour permettre à ce dernier de partir en croisade. Il s'intitule ensuite comte de Rodez. Raymond IV mourut en Palestine, en 1105, laissant un fils en bas âge, Alphonse Jourdain.

  • En Carladès, plusieurs seigneurs se succèdent au Xe et XIe siècles : Bernard, Gilbert et Béranger (ou Bérenger, ami de Saint Gausbert), comtes de CARLAT.
    Abbaye Saint Géraud à AURILLAC (15)

La seigneurie d'Arpajon était l'une des douze seigneuries gentilhommières donnant droit d'entrée aux états particuliers du Gévaudan. Elle compte sur son territoire un château du nom d'Arpajon, situé près de l'ancien château d'Hauterives, sur la paroisse de SAINT HILAIRE DE LA PARADE (48). Les seigneurs d'Arpajon constituèrent l'une des grandes familles du Rouergue du Moyen Âge jusqu'au règne de Louis XIV.
Bernard I d'Arpajon et Calmont-Plancatge est le fils d'Hugues Ier de RODEZ, couronné comte de Rodez, en 1195, et d'Ermengarde de CREISSELS. Il fait plusieurs donations à l'Abbaye de BONNECOMBE où intervient son frère Hugues d'Arpajon, Évêque de Rodez et confirme la donation faite par sa mère Ermengarde au monastère de Nonenque, en 1170. En 1204, Bernard I d'Arpajon et Calmont-Plancatge épouse Rique de Cabrières, fille d'Umbert de Cabrières et s'installe avec sa femme au château de BROUSSE LE CHÂTEAU (12).
C'est à cette époque que le petit village devient un point important par sa situation car il devient un point obligé de traversée du Tarn pour la population du Rouergue. Les seigneurs en ayant la garde perçoivent une taxe : la pezade.
Le couple aura 3 enfants : Bernard II d'Arpajon, Bérenger d'Arpajon et Emegarde d'Arpajon.
Bernard I d'Arpajon est présent en 1208, à l'engagement de plusieurs châteaux par le comte Guillaume à Raymond VI de Toulouse, comte de Toulouse et du Rouergue. Il fit son testament en 1230.
S'ensuit le règne de Bernard II d'Arpajon qui est surtout célèbre pour avoir fondé une chapelle en la cathédrale de RODEZ. Puis Hugues I et Béranger I qui dominent le château de BROUSSE.

Alors des prétentions éclatèrent. Bérenger d’Aragon, comte de Barcelone , vicomte de Millau, et Guillaume, comte de Poitiers, profitant de la minorité d’Alphonse, entrèrent à main armée dans ses États. Trop faible pour résister, AIphonse se retira en Provence et ne reconquit ses deux comtés qu’en 1120. Jeanne, unique héritière de cette maison et femme d’Alphonse, comte de Poitiers, étant morte sans postérité, le Rouergue revint à la couronne en 1271.

Le Languedoc passe totalement sous l'autorité des comtes de Toulouse au XIIème siècle.

  • Au Moyen Âge, SÉVÉRAC (12) est pris d'assaut par Simon de Montfort et plus tard par Louis XI encore dauphin.
    Le Château d'Hauterives se trouvait sur l'actuelle commune de SAINTE ÉNIMIE. Il fut édifié au XIIe siècle par le sire de Séverac afin de protéger, entre autres, le Causse Méjean.

ÉGLAZINES, à MOSTUÉJOULS (12) est un hameau bâti sous la falaise (point de vue sur la vallée) qui fut construit au XIIe siècle, non par hasard, mais pour servir de vigie à l'entrée des gorges du Tarn, pour le compte d'une seigneurie locale.

Le Gévaudan du Moyen Âge est une vicomté décomposée en huit baronnies, auxquelles s'ajoutent douze seigneuries importantes : les seigneuries gentilhommières (seigneurs et nobles les plus puissants du comté ayant un droit d'accès aux états privés du Gévaudan).

  • La baronnie de Peyre : était la plus importante des huit baronnies qui composaient le Gévaudan. Les tours du château principal de la baronnie, bâti sur le Roc de Peyre, sur la commune de Saint Sauveur de Peyre, à 1181m d'altitude, se retrouvent dans les armoiries d'Aumont Aubrac. Le château de Peyre a été démoli en 1633 sur ordre du cardinal de Richelieu.
    Antrenas fut à l’origine une seigneurie appartenant aux Barons de Peyre jusqu’en 1435.
  • La baronnie d’Apcher (anciennement Apchier commune de Prunières) située entre le Bès et la Truyère, qui a donné son nom pour compléter celui de certains de ses villages comme Saint Chély d'Apcher. Elle entre dans la descendance des Randon qui possédait quatre autres châteaux principaux : Montaleyrac (Fournels), Arzenc d'Apcher, La Garde (Albaret Sainte Marie) et Le Bacon.
  • La baronnie de Canilhac : était une baronnie très puissante qui s'étendait du Rouergue au Gévaudan. Les barons de Canilhac possèdent toute la région de LA CANOURGUE (leur vraie capitale), BANASSAC, SAINT GERMAIN DU TEIL, LES SALCES, LES HERMAUX.
    Cf. copie des hommages rendus en 1220 par le seigneur de Canilhac à l’Évêque de MENDE (XVIIe siècle). Le seigneur reconnaît tenir en fief de l'évêque le manse (unité familiale d’exploitation) des Moziols. Papier, 29x20cm. Arch. Dép. Lozère, G80, cliché N. Mercier. Source : François GUICHARD
    Les textes mentionnent, au Moyen Âge, le château de Lévéjac qui dépendait de la seigneurie de SÉVÉRAC LE CHÂTEAU (12) et ne survécut pas aux guerres de Religion.
    Les Canilhac ont aussi un château en Rouergue à SAINT LAURENT D'OLT. La baronnie tomba plusieurs fois en quenouille et la succession se fit par les femmes : on eut tout à tour les Beaufort-Canilhac (à l'époque la famille a un cardinal, archevêque de Toulouse, et un évêque, celui de Maguelone)...

Au XIIIe siècle, le Roi de France confisqua ce fief.
Cette illustre et ancienne maison s'est fondue, au milieu du XIVe siècle, dans la maison de Roger de Beaufort, par le mariage de Guérine, fille unique de Marquis, seigneur de Canillac, et d'Alixent de Poitiers, avec Guillaume II, seigneur de Beaufort et de Rosiers, auquel elle porta la terre de Canilhac ; puis les Montboissieu-Canilhac, condamnés pour brigandage sous Louis XIV, non exécutés ; Jacques-Timoléon de Beaufort de Montboissier, marquis de Canillac, eut un fils naturel, Jean-Timoléon (père d'Abraham et de Jacques-Joseph de Canillac, seigneur de Floreaud), lequel, en récompense de ses services, obtint des lettres de légitimation en 1642, et d'autres d'anoblissement au mois de mai 1658, confirmées par d'autres du mois de novembre 1667. A la mort du dernier Canilhac, Philippe, Lieutenant-général du roi en Languedoc en 1720, les terres sont dépecées et vendues. Moranglès achète pour vingt mille livres le titre de baron et le transfère sur son domaine de Saint Alban.
Ayant subi de nombreuses attaques, le château déjà en ruine au XVIIe siècle, connaîtra encore de lourds dommages durant l'hiver 1938. Il a récemment fait l'objet d'une restauration.

  • Le château du Tournel à SAINT JULIEN DE TOURNEL (48) était une imposante forteresse féodale, à la silhouette majestueuse qui se détache au sommet d’un piton rocheux enserré par le Lot, à plus de 1000 m d'altitude, donjon et chapelle de la baronnie sont encore les sentinelles de la vallée (même s'ils sont en l'état de ruine actuellement). Attestée dès le XIIIe siècle comme siège de la baronnie du Tournel, il témoigne de la puissance de cette importante seigneurie du Gévaudan qui possédait un vaste domaine, s'étendant du Valdonnez à Villefort et des confins de la Margeride au calcaire des Causses. Voir chateaux-maisons-fortes.pdf

Au Xe siècle, la puissante famille cévenole d'Anduze, descendante des derniers comtes wisigoths de Nîmes, règne sur toute la région du Languedoc. Meyrueis marque alors les frontières entre le Languedoc, auquel elle appartient, face aux comtés voisins du Gévaudan et du Rouergue. Dominant la cité d'une cinquantaine de mètres, le Rocher porte la forteresse d'origine carolingienne des barons de Meyrueis, de la branche cadette de cette maison d'Anduze. Meyrueis est également le siège d'une viguerie représentant localement le pouvoir vicomtal nîmois et s'étendant du causse Méjean jusqu'à la haute vallée du fleuve Hérault. Au gré des mariages et des héritages, la baronnie et le château appartiennent ensuite successivement aux Roquefeuil-Anduze (1129), aux comtes de Rodez (1230), à ceux d'Armagnac (1298), aux ducs d'Alençon avant d'échoir en 1321 à la famille d'Albret.

  • La baronnie de Mercœur.
  • La baronnie de Florac est possédée par les seigneurs d'Anduze au XIIe siècle. Ils possédaient le château de SAINT JULIEN D'ARPAJON (48) datant du XIIIe siècle. Cependant en 1266, l’Évêque de MENDE, Odilon de Mercœur en fait l'acquisition.
  • Au sommet du piton rocheux qui protège les maisons semi-troglodytique du village de CASTELBOUC sur la commune de SAINTE ÉNIMIE (48), on retrouve les ruines du château médiéval de Castelbouc, sur la rive gauche du Tarn. Il a probablement été érigé aux environs des invasions des Sarrasins ou suite à elles.
    " Castelbouc vient de Castellbo (vicomtes d'Urgell) qui arrivent à Chirac avant 1100 : Astorg de Castellbo (cousins de Gaston Fébus, comte de FOIX-Castelbon) souche (à mes yeux), de tous les Castel:bon/bou de France. " François PAPIN 15/03/2017.
    Au XIIe siècle, le château de CASTELBOUC appartenait à Étienne de Castelbouc, chevalier au service du Seigneur Élie de Montbrun (lui-même, Commandeur des Templiers du Larzac).
    En 1244, le prieur de MONTJÉZIEU (48) acheta le droit d'albergue pour deux cavaliers et un écuyer, à noble Guillaume Astorg de Castelbouc de CASTELBOUC (48) près de SAINTE ÉNIMIE (48). Gui de Châteauneuf rendit hommage, en 1309, au seigneur de Montjézieu et Castelbouc au sujet de certaines rentes qu'il percevait aux Arguillères, Périères et la Pinède de LAVAL (48).
    Le « centre » du village est splendide avec son église, un calvaire, son four à pain, ses ruelles pavées de galets du Tarn, ses maisons perchées au-dessus d’une importante résurgence et de la rivière. A Castelbouc, dit Louvreleul dans ses Mémoires "se trouve un four si grand et si vaste, qu'avant qu'on en ait fait le tour, le pain qu'on y a mis est déjà cuit."
  • Du Moyen Âge à l'Ancien Régime, la communauté et le village de Vézins (12) relevaient de la famille de Lévézou de Vézins, l'une des plus anciennes de France qui habite toujours son château, de nos jours. Le village de Vézins est situé au pied du Pal, sur la rive droite du Viaur, au bord d’un vieux chemin, le "Cami ferral" qui allait de MILLAU à ESPALION par la Glène, Sévérac l’Eglise et Laissac. Le lieu dépendait de la paroisse de Saint Amans d'Escoudournac.

Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue - Tome 1
https://books.google.fr/books?hl=fr&id=21YBAAAAQAAJ&dq=H.+Barrau+G%C3%A9n%C3%A9alogie&printsec=frontcover&source=web&ots=QWaLunoN0Y&sig=lMkVebjsddW_HfBkSQOUDL9-xsg&ei=S6iQSZnCH4zFjAeQ6_27Cg&sa=X&oi=book_result&resnum=1&ct=result#v=onepage&q&f=false

  • L'époque de la construction du château de FLORAC (48) est imprécise mais sa situation sur un point haut (une butte de tuf calcaire), à proximité du ruisseau du Vibron, en faisait un point fort du système défensif de la ville de FLORAC qui fut particulièrement mis à l'épreuve pendant les guerres de religions. Aujourd'hui, ce château abrite le siège du Parc national des Cévennes. La restauration a permis de conserver la silhouette originale de l'édifice, notamment ses deux tours rondes à toit pointu.
  • Le Château de LUC (48) du XIIe siècle, est remarquable par son architecture en "opus spictum" ou épis de blé. Aux confins du Gévaudan et du Vivarais, cette forteresse dominant la vallée de l'Allier et le massif du Tanargue était un point stratégique sur le chemin de Regordane, au Moyen Âge.
  • Le château du Champ à ALTIER (48) : au XIIe siècle, les Seigneurs d'Altier possédaient un château au lieu-dit "le Grand Altier". Ce n'est qu'au XIIIe siècle qu'un des fils cadets de la famille Altier fit construire une maison forte au lieu-dit "le Champ". Puis au XVe siècle et au XVIIe, le château sera ensuite agrandi. Abandonné au XVIe siècle, il sera restauré à partir du XIXe siècle. En 1942, il est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques. Par son aspect, il présente un aspect de type militaire avec des tours couronnées de mâchicoulis.
  • Le château de Saint Alban à SAINT ALBAN SUR LIMAGNOLE (48), situé dans un village sur les contreforts de la Margeride, pourrait retracer à lui seul une grande partie de l’histoire du Gévaudan. Situé sur le chemin de SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE (Espagne), le château actuel aurait été édifié à partir de 1245 sur les ruines d'une forteresse médiévale appartenant à la seigneurie puis baronnie d'Apcher. Dans les années 1820, le préfet de la Lozère rachète l'édifice pour le département. C'est ici qu'est créé un hôpital psychiatrique, tenu par des religieuses de la congrégation de Saint Régis, pour les femmes aliénées jusque là réparties dans d'autres départements. Le château-hôpital s'enrichit au cours des décennies de plusieurs bâtiments annexes, pouvant loger jusqu'à 600 malades. Pendant la seconde guerre mondiale, il sera un haut lieu de la Résistance en Lozère.
  • Au fil du temps, les villageois de SERVERETTE (jadis nommé LA VACHELLERIE - 48) quittèrent leurs installations autour de l'église romane de Saint Jean Baptiste pour se réfugier derrière la forteresse de leur château de SERVERETTE (ou Cerveireta, domaine fréquenté par des cerfs) dont la la souveraineté suzeraine était gérée par cinq à sept co-seigneurs de Serverette (suivant les aléas des successions). Le nom de ce château est évoqué pour la première fois, le 7 juillet 1202, date à laquelle Guillaume Merle, Seigneur de Montmerle et Co-Seigneur de Serverette, membre d'une illustre famille du Gévaudan, le légua au Comte Évêque de Mende, Guillaume II de Peyre, également co-seigneur de Serverette, suzerain et vassal, au moment de son départ en croisade.
    Le bourg castral se forme à partir du point sommital, derrière d'épaisses murailles (visibles aujourd'hui le long de la montée de Gouny et dans la rue de la Chapelette) qui possédaient sept portes vers l'extérieur et autant de tours. Il voit la construction de la chapelle castrale Saint Vincent (attestée pour la première fois en 1276).

Baronnies : Cf. http://www.gauchemip.org/spip.php?article6967 - Aveyron
Cf. http://chevaleresque.free.fr/canilhac.html ; http://amilo.pagesperso-orange.fr/lozere/page6b.htm#baron
DROIT FEODAL relevant du Parlement de Toulouse http://legacy.fordham.edu/halsall/french/feod.asp

Documens historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes: dans les temps anciens et modernes t4. Auteur: Hippolyte de Barrau
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k853237z

¤ Les Xe et XIe siècles sont une période de grande piété, voire de mysticisme, où beaucoup veulent mener une vie simple, fidèle à l’Évangile. L’Église commence à être traversée par un grand désir de renouveau associé à une volonté de retrouver la rectitude de la règle. Et les seigneurs, propriétaires de terres, voulant assurer leur repos éternel, font de nombreuses donations ou cessions à ces nouveaux couvents, leur abandonnant fiefs ou droits seigneuriaux (droits de pacage...).

  • En 980, Bernard II de Carlat fait d'importantes donations à l'abbaye de CONQUES (Vixouze...).

¤ Henri Ier Rois des Francs de 1031 à 1060.

 4.23 - Les héritiers des comtes s'émancipent de la tutelle royale

Entre le Xe et le XIIe siècle, une grande révolution commence en Italie qui va parcourir toute l'Europe.

  • "Il y a dans le Rouergue des XIe et XIIe siècles, un effacement complet du caractère public de l’autorité... Les traditions de citoyenneté urbaine héritées de l’Empire romain se sont estompées presque partout. Il n’y a plus de droit écrit..." (Frédéric de Gournay), plus d’autorité, de loi "publique" auxquelles pourraient se soumettent les personnes "privées"... Pouvoir de contrainte sur les hommes (et donc sur la masse paysanne), la seigneurie banale est le fondement de la société et du caractère privé de la propriété. Les seigneurs civils et religieux vivent du travail du serf (du latin servus, esclave).
  • En Gévaudan et en Rouergue, les membres de l'aristocratie, héritiers des comtes des siècles précédents (les huit baronnies), s'émancipent de la tutelle royale. Par des luttes féroces entre elles, ces seigneuries méridionales (familles des comtes de Toulouse, d'Auvergne, de Poitiers et de Rouergue) nourrissent des rivalités, entretiennent des conflits pour exercer et asseoir leurs pouvoirs de domination sur des territoires de plus en plus étendus.

Le haut intérêt porté pour ces terres s'explique par une volonté de contrôle de leurs grands axes de circulation, renforcée par la montée d'un important enjeu démographique et économique et par la nécessité de s'en assurer la maîtrise.

Le plateau d'Aubrac dominé par les puissances comtales de Gévaudan, de Clermont et de Rouergue jusqu'au Xe siècle, est divisé au XIe siècle entre les nombreuses seigneuries laïques situées à sa périphérie.
La concurrence par vassaux interposés entre les Saint Urcize et les Peyre à Montgros, aux Salhiens et à Marchastel, autour de la voie de passage majeure héritée de l'Antiquité, les affrontements entre les Canilhac et les Peyre pour le contrôle de la Boleyra, voie qui suit sur le haut-plateau le tracé entre Gévaudan et Rouergue, mais également l'âpre conflit direct sur le versant aveyronnais de l'Aubrac, entre les Nonette et les Saint Urcize d'une part et les seigneurs de Calmont d’Olt d'autre part (qui règneront sur la baronnie de l’an 1000 environ à l’année 1299), pour le contrôle du principal accès au haut-plateau depuis la vallée du Lot et du « chemin du sel » situé près de Saint Côme d'Olt, témoignent des convoitises pour le plateau d'Aubrac.

  • Rattaché tout d'abord officiellement au royaume d'Aquitaine, le comté de Gévaudan est membre de la maison des comtes de Toulouse.
  • Mais un vicomté de Millau-Gévaudan se met en place et fait concurrence au pouvoir de Toulouse.
  • Par suite d'un mariage, cette vicomté s'agrandit bientôt du comté de Provence. Ainsi, lorsqu'en 1112, Douce d'Arles (dite Douce de Carlat ou Douce de Gévaudan) comtesse de Provence, vicomtesse de Millau, fille de Bérenger Gerbert (ou Gerberge) comte de Provence épouse le comte de Barcelone, par un mariage arrangé par le cardinal Richard d’Albano, Raimond Berenger III (dit Raymond Bérenger le Grand), elle apporte en dot, dans les mains de son époux, la Provence, la vicomté de Millau, le Gévaudan et le Carladès (situé à cheval sur la Haute-Auvergne, devenue le département du Cantal et le Rouergue, devenu le département de l'Aveyron).
    ¤ Raimond Berenger III dit Raymond Bérenger le Grand, est né le 11 novembre 1082 à Rodez et mort le 19 juillet 1131 à Barcelone. Il fut comte de Barcelone, de Gérone et d'Osona dès 1082 (conjointement avec son oncle Bérenger-Raimond II tout d'abord, puis seul à partir de 1097), de Besalù en 1111, de Cerdagne en 1117, de Provence en 1112 et ce jusqu'à sa mort en 1131.
    Il est le fils de Raimond Bérenger II (1053-1082) aussi connu comme Cheveux d'étoupe pour son épaisse chevelure, fut comte de Barcelone entre 1076 et 1082, époux de Mahaut de Pouille (fille de Robert Guiscard). Il meurt assassiné par son frère jumeau Bérenger Raimond II (1053-1096). Sa veuve se remarie avec Aymeri Ier, vicomte de Narbonne.
    Ils sont les enfants de Raimond Bérenger Ier et de Almodis de la Marche. http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article517
  • En 1147, à l'initiative de Guillaume Évêque de CAHORS (46), de la famille des Calmont d'Olt, l‘abbaye de CITEAUX fonde l’Abbaye Notre Dame de Bonneval au CAYROL. Située au cœur d'une forêt de hêtre, à 4 km environ au nord d’ESPALION en Rouergue.

¤ Henri II Plantagenêt (Le Mans 1133-Chinon 1189), fils de Geoffroi V Plantagenêt et de Mathilde, duc de Normandie en 1150, comte d'Anjou en 1151. Il se marie en 1152 avec avec Aliénor d’Aquitaine et devient duc d'Aquitaine, rajoutant ainsi l’Aquitaine à ses territoires. En 1154, il succède à Étienne de Blois sur le trône d'Angleterre et devient Roi d’Angleterre et apporte donc l’Anjou et la Touraine à l’Angleterre. Il rétablit rapidement l'ordre et l'autorité monarchique et entreprend de donner une certaine unité à ses vastes domaines. Il réforme l'administration anglo-normande mais cette œuvre heurte les privilèges des barons et de l'Église. S'appuyant sur les classes moyennes, il lutte contre l'opposition féodale et reprend l'Église en main. Un dramatique conflit l'oppose à Thomas Becket archevêque de Canterbury, qui refuse d'approuver les constitutions de Clarendon en 1164 ; le prélat est assassiné en 1170 et le Roi doit se soumettre à une pénitence publique. À l'extérieur, il lutte avec succès contre Louis VII et consolide son domaine français. Il tente de conquérir l'Irlande en 1170 et oblige le Roi d'Écosse Guillaume le Lion à lui prêter hommage en 1173. La fin de sa vie sera assombrie par la révolte de ses fils Henri (1173 et 1183), Richard (1173 et 1188-1189) et Jean (1189).

Le prestige du martyr de Saint Privat et les revenus temporels du siège épiscopal de Mende, en font un poste convoité, souvent occupé par des prélats (dignitaire ecclésiastique de haut rang) du sud de la France qui chercheront à laisser leur empreinte. Et jusqu'au début du XIVe siècle, les conflits entre les agents royaux et le clergé seront fréquents.
En 1153, le nouvel évêque de Mende, Aldebert III du Tournel (issu d'une des grandes familles nobles du Gévaudan) profite de l’éloignement de tout pouvoir temporel pour modifier grandement les possessions du diocèse en reprenant les droits du chapitre et surtout de l'évêque, que s'étaient accaparés les seigneurs locaux de Canilhac, Cabrières et Dolan au nom du comte de Barcelone, alors comte de Gévaudan. À ce dernier, il rachète par ailleurs la seigneurie de la ville de Mende et fait fortifier cette dernière.
Ses actes sont à la source de disputes du pouvoir entre l’évêque de Mende et les vicomtes du Gévaudan, solidement implantés dans l’ouest du diocèse.

¤ De leur côté, les habitants des villes, les industriels, les commerçants, les propriétaires libres se soulèvent et la plupart des villes finiront par se gouverner elles-mêmes, par des officiers élus par elles, c’est le début de l'affranchissement des communes.

A lire : Mémoires pour servir l'histoire du Rouergue - Par L.-Charles-Paul Bosc - https://books.google.fr/books?id=HR7owxwnIQoC&pg=PA14&lpg=PA14&dq=aragon+compeyre&source=bl&ots=XCD4Gi7Ust&sig=9P28LY7qR1ilXg0ZAnJfznoEXxo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwih072f3azLAhXIORQKHW97Cm4Q6AEIUTAH#v=onepage&q=aragon%20compeyre&f=false

 4.24 - La splendeur de nos grandes abbayes, églises et chapelles

L'abbaye (du latin abbatia) est une communauté catholique de moines gouvernée par un abbé (issu de abba en araméen, la langue du Christ, et qui signifie père) ou d'une abbesse, qui sert de père (ou de mère) spirituel(le) à la communauté religieuse. En Occident, on y applique le plus souvent la règle de Saint Benoît. qui fonda l'abbaye du Mont Cassin en 529 et rédigea la règle qui porte son nom.

Le monastère (du grec monos qui signifie seul) est une communauté de moines (religieux) ou moniales, soumis à la clôture (qui vit dans un cloître : bâtiments), pour se consacrer au service de Dieu. La communauté est menée par un supérieur qui n'a toutefois pas le titre d'abbé et le monastère est rattaché à une abbaye « mère » ou directement au supérieur de l'ordre monastique.
Les villes aux noms approchant du latin monastérium (Monastier, Moustier, Noirmoutier, etc.) sont ou étaient auparavant liés à un monastère.

Le prieuré est un établissement religieux créé par une abbaye plus importante sur un domaine foncier qui lui a été donné ; il est desservi par des moines de cette abbaye qui en gèrent le temporel sur place et envoient les revenus à leur abbaye. Les prieurés sont dotés d'églises construites et entretenues par l'abbaye mère. Ils sont souvent des monastères encore insuffisamment développés et de moins grande taille, gouvernés par un prieur, lui aussi souvent rattaché à une abbaye.

Le couvent quant à lui est une appellation plus récente, liée à l'apparition au XIIIe siècle des ordres mendiants (dominicains qui appliquent la règle de Saint Augustin, franciscains et carmélites) ou apostolique (jésuites) et des ordres non monastiques, plus ouverts sur le monde extérieur.

Une sauveté (sauveterre, sauvetat ou salvetat en occitan) était, dans le midi de la France du Moyen Âge, une zone de refuge autour d'une église balisée par plusieurs bornes où il était interdit de poursuivre les fugitifs. Dans ces zones d'extraterritorialité, créés à l'initiative de l'Église catholique et protégées par elle, dans le cadre du droit d’asile et de l'institution de la Paix de Dieu, la loi de l'homme ne s'appliquait plus. Elles sont à l'origine de la création de plusieurs bourgades rurales à l'époque des grands défrichements, entre le XIe et XIIe siècles. Véritables « villages neufs », ces bastides ont pour objectif d'attirer et de fixer des populations agricoles afin d'occuper et de développer des régions essentiellement désertes. Les moines multiplient ainsi les enclos sacrés balisés par des bornes en pierre appelées « pyramides de sauveté » et surmontées de croix (AURILLAC 15, SALVETAT PEYRALES 12...).

Les Croix : La foi et la ferveur chrétienne occupent une place particulière et ont aussi profondément marqué les paysages de nos régions. Avec, par exemple, les très nombreuses croix de dévotion implantées sur les hauteurs dominant les bourgs et villages (il s’agit souvent des calvaires).
Très fréquentes sur les abords des chemins ou aux croisements, elles sont souvent des croix de direction et servent à guider, à indiquer le chemin.
Témoignage de l'important impact de la christianisation, les croix situées tout au long du chemin de Saint Jacques de Compostelle, sont autant de signes et de guides pour le pèlerin.
Les autres croix situées en bordure des chemins peuvent aussi avoir des fonctions de croix mémorielles, c’est à dire qu’elles ont été érigées à un endroit précis en mémoire soit d’une personne, d’un événement en relation avec le lieu d’implantation, il peut aussi s’agir de croix de défunts. Souvent au pied de ces dernières se trouve une pierre plate en forme de socle, ceci servait à déposer le cercueil des défunts lors de procession funèbre avant l’existence des corbillards. Enfin, on trouve aussi des croix de limite de propriété en bordure de parcelles cultivée.
Plus de 250 croix ont été inventoriées sur le canton canourguais. Et celles de LA CAPELLE figurent parmi les plus anciennes.
Plantée sur le camin ferrat (ancien chemin de pèlerinage), la croix du Buffre est une croix monumentale dans le hameau du Buffre à HURES LA PARADE. Datée de 1151, sur son socle, elle est la croix la plus ancienne du département. Il faut dire que le camin ferrat a, lui aussi, vu passer de nombreux pèlerins, descendant du Gévaudan et du causse Méjean, traversant SAINTE ÉNIMIE et franchissant la Jonte à dos d'âne sur le Pont Vieux de MEYRUEIS pour passer par la costo roumivo en direction de la grande abbaye languedocienne de GELLONE (SAINT GUILHEM LE DÉSERT). C'est que le tombeau de SAINT GUILHEM et la relique de la « Sainte Croix » attirent les foules.

Le Chemin des Abbayes dans les Évêchés de Rodez (Aveyron - 12) et de Mende (Lozère - 48) : La Chaise Dieu – Pébrac – Conques, via Chanteuges, Pébrac, Le Malzieu, Brion, St Urcize, La Croix du Pal, Curières, Les Bessades de Montpeyroux...

Apparition du style roman en architecture, dans la construction des églises et des monastères (lieux de vie des religieux). Par la suite, l’architecture romane se développe partout en France au cours des XIe et XIIe siècles : elles adoptent un plan très simple : une nef unique prolongée par deux parties qui demeurent strictement réservées aux religieux : la travée de chœur terminée par une abside (située à l'arrière du chœur). La sculpture romane se manifeste par l’emploi de chapiteaux et de modillons sculptés mais on ne rencontre aucun tympan sculpté sur ce territoire. Sauf exception, les églises sont orientées avec leur chevet à l’Est. Mais en Lozère, la nature des sols déterminera toujours la construction de ces édifices. En territoire rural, leur volume est plutôt modeste et correspond aux besoins liturgiques.

Paradoxalement la splendeur de nos grandes abbayes, à commencer par CONQUES (12), doit beaucoup à la peur suscitée par les Vikings. Et pour cause, ces grands amateurs de butins se précipitaient d’abord sur les monastères et abbayes établies sur les rives des fleuves qu’empruntent leurs drakkars.
Du coup, les moines ont tendance à mettre à l’abri les reliques qui fondent leurs abbayes dans l’arrière-pays, dans des régions où le relief forme une barrière de protection naturelle comme la Bretagne et le Rouergue, où des monastères apparaissent et deviennent des lieux importants.
Ainsi, les ossements de Sainte Foy, vénérée à CONQUES, proviendraient-ils du monastère d’Agen que ses religieux auraient voulu soustraire à la menace normande ?
Phénomène similaire avec la fondation de l’abbaye bénédictine de VABRES, fondée en 862 par des moines fuyant les rives de la Dordogne.

■ La naissance de l'Église Notre Dame à QUÉZAC proviendrait de la légende du laboureur : "une main pieuse avait enterré Notre Dame de QUÉZAC (statue de Vierge à l’enfant) pour la sauver des invasions barbares sarrasines entre les VIIIe et Xe siècles. Début XIe, elle est retrouvée par un laboureur. Après plusieurs essais infructueux pour déplacer la statue, on édifia cette église sur le lieu de la découverte." Cet édifice d'architecture Gothique sera consacré par l’évêque de MENDE, Aldebert I de Peyre et deviendra église paroissiale. Le pont daterait du XIVe siècle et aurait été rebâti à l’identique au XVIIe siècle.

  • Un monastère bénédictin est fondé à SAINTE ÉNIMIE, en 951, par Étienne I, Évêque de MENDE (qui est le premier à se donner le nom d'évêque de MENDE, et non plus évêque des Gabales ou du Gévaudan). Il le place sous la direction de celui de Saint Chaffre. Son édification se termine au XIe siècle. La chapelle Sainte Madeleine et « Lou Refectou » dite « salle capitulaire » subsistent encore aujourd'hui.
  • PALMAS était une seigneurie des Évêques de RODEZ qui y possédaient un puissant Château fort.
  • Un bâtiment bien sympathique, qui mérite une halte : la chapelle située dans le hameau de Puylaurent, commune de LA BASTIDE, datée du Xe ou XIe siècle.
  • L’église Saint Pierre De Montbrun se situe tout en haut du petit village perché de MONTBRUN. La première mention de l’église date de 1053, elle dépendait du monastère de SAINTE ÉNIMIE à l’époque romane et le restera jusqu’au XIVe siècle.

¤ Philippe Ier Roi des Francs, est fils d’Henri Ier et d’Anne de Kiev, né en 1052 et mort le 29 juillet 1108 au château de Melun. Quatrième de la dynastie des Capétiens directs, il fut couronné Roi des Francs à Reims le 23 mai 1059 et le resta jusqu'à 1108.

  • En 1060, un moine retrouve le tombeau de Sainte Énimie. Des recherches historiques authentifient l'histoire de la bienheureuse Énimie au XIe siècle et un culte lui est consacré.
    Par le biais de dotations, les biens du monastère s'accroissent et la petite bourgade médiévale de SAINTE ÉNIMIE se développe tout autour. L'implantation de cette communauté de moines bénédictins marque une période de prospérité économique pour ce haut lieu spirituel.
    L’église Notre Dame du Gourg construite au XIIe siècle, en dehors de l’enceinte du monastère, était destinée aux paroissiens. Elle sera remaniée au XIVe mais présente toutefois des formules architecturales typiques des édifices romans du Gévaudan. Elle abrite diverses statues de bois et de pierre, ainsi qu'une céramique illustrant la vie de Sainte Énimie.
    Au XIIIe siècle, le prieur et les moines bénédictins de Sainte Énimie commandent à Bertran de Marsilha (ou Masselha), clerc et bailli de l'évêque de MENDE, Étienne II vers 1230-1240 (et non troubadour de Marseilha car gévaudanais, né à Marcilia, SAINT PIERRE DES TRIPIERS 48), la réécriture d'un poème latin relatant la vie d’Énimie : « La vida de Santa Enimia » en occitan médiéval. Ce poème, qui vante les mérites de la sainte, est déclamé dans toute la région. De nouveau, les pèlerins affluent.
    Les vestiges de l'Ermitage sont encore visibles aujourd'hui avec une petite chapelle qui fut construite dans la grotte où vécut Sainte Énimie (du belvédère tout proche, une vue magnifique sur le bourg et les gorges s'offre à nous).
  • C'est sous le pontificat d'Urbain II, a partir des années 1060, que le prieuré-monastère Saint Sauveur les CHIRAC fut fondé, par l'évêque de MENDE, Aldebert 1er de Peyre et l'abbaye déjà existante de Saint Chaffre (fondée au VIe siècle), à 1200 mètres au sud de Chirac, au pied d'une haute poussée basaltique : le Truc du Fau. Sous le vocable de St Sauveur du Monde, le monastère fut transmit à l'Abbaye bénédictine St Victor de Marseille.
    Les religieux y étaient au nombre de 12 qui s'adonnèrent au défrichement de terres étendues souvent ravagées par la rivière de La Colagne, à sa gauche, qu'ils s'empressèrent d'endiguer. Autour de cet établissement se développe alors un petit village qui tirera son nom du monastère bénédictin : LE MONASTIER. L'église sera consacrée par le pape Urbain II en août 1095.

¤ En 1066, Guillaume de Normandie (le Conquérant) conquiert l’Angleterre et en devient roi bien que demeurant vassal du Roi des Francs pour la Normandie qu’il lie à l’Angleterre.

¤ Afin de consolider son alliance avec la Flandre, Philippe Ier épouse Berthe de Hollande en 1072. Au printemps 1092, Philippe Ier s’entiche de Bertrade de Montfort († 1117), l’épouse de Foulques IV le Réchin, comte d'Anjou. Il répudie alors Berthe de Hollande au motif d'une consanguinité et enlève Bertrade de Montfort et se remarie avec le 27 mai 1092, au grand scandale de la chrétienté. Berthe s'éteint à Montreuil le 30 juillet 1093. Le 16 octobre 1094, le concile d’Autun où sont réunis trente-deux évêques prononce l’excommunication du roi.

  • En 1075, ce sont les moines de l'abbaye d'Aniane (fondée en 777) qui bâtirent l'église Saint Sauveur et cultivèrent des roses tout autour. Ce prieuré prit alors le nom de "Campum Dictum Rosarium", ou « Campus Rosarium ». Appelé en occitan "Lou Rousio", (avec un S), il s'appelle aujourd'hui "LE ROZIER" (avec un Z).
    C'est un vaste ensemble correspondant bien aux besoins liturgiques de cet édifice, accueillant, à cette période, les pèlerins se rendant vers les sanctuaires méditerranéens d’Aniane, Gellone (Saint Guillem) où encore Saint Gilles. Deux chapelles furent ajoutées au XVe siècle mais cette église fut fortement endommagée par les guerres de religions, elle fut restaurée en 1633 puis à nouveau au XIXe siècle et ensuite vers 1950, 1960 et 1963 et encore récemment.

Les Baumes était un centre très populeux depuis que Saint Hilaire, Évêque du Gévaudan (48) y avait fait ériger l'oratoire St Pierre au VIe siècle. D'autant que les ressources provenant de la proximité du Tarn étaient plus abondantes que celles que pouvait offrir le causse. Aussi, au XIe siècle, les moines bénédictins du ROZIER firent remplacer l'oratoire de St Pierre par une église romane qui desservait non seulement les habitants de la vallée mais aussi ceux du plateau. On venait même de la Piguière (15 km) pour enterrer les morts au cimetière de St Pierre (des tombeaux de pierres dallées y ont été découverts au début du siècle dernier). Ce fut ainsi que se développa la paroisse primitive de ST GEORGES (48), autour d’une église placée sous le vocable de Saint Pierre. Source principale : François GUICHARD

  • De 1082 au début du XIIe siècle, les moines de l'Abbaye de SAINT LÉON (confrérie de l'Abbaye Saint Victor de MARSEILLE fondée en 910) construisent une chapelle sur le rebord du plateau entre Les Vialettes et Le Ram, sous le patronage de St Amans. La pierre de grès soigneusement taillée et sculptée révèle la beauté de l'édifice d'art roman, avec portail à doubles rouleaux et chapiteaux décorés. Elle devient église suite à l'abandon de l'église du Ram (sous le patronage de St Michel), au XIVe siècle et à la création de la paroisse de ST AMANS DU RAM qui devint SAINT AMANS DE UQUIERA en 1256 et dépendait de la manse du chapitre de Rodez (rattaché aujourd'hui à VÉZINS DE LÉVÉZOU).
    Au cours des XV et XVIe siècles, 5 chapelles sont rajoutées au monument. Quatre sarcophages creusés dans le rocher ont aussi été retrouvés à 200 mètres derrière l'église.

 4.25 - XIe siècle - Les milices du Christ

(en construction pour les routes de croisades)

Au IXe siècle, les papes s'étaient efforcés de créer les « milices du Christ » pour protéger Rome, menacée par la seconde vague d'invasions. Le pape Jean VIII accordait même l'absolution à ceux qui étaient prêts à mourir pour la défense des chrétiens contre les Sarrasins en Italie.

La conquête de la Palestine par les Arabes en 638 n'affecta guère les pèlerinages en Terre Sainte. Les Fatimides imposèrent simplement une redevance aux pèlerins mais Jérusalem restait pour les chrétiens le centre du monde spirituel terrestre où le pèlerin pouvait se recueillir devant la vraie croix, le calvaire et le Saint Sépulcre. Et où les dangers à braver en chemin lavaient les péchés et faisaient partie de la spiritualité du pèlerinage.
Avec la fin de la piraterie, dans la seconde moitié du X° siècle, le flux des pèlerins en Terre Sainte s'amplifia. En 1009, le calife fatimide du Caire, al-Hakim, fit détruire le Saint Sépulcre. Mais son successeur permit à l'Empire byzantin de le rebâtir et les pèlerinages furent à nouveau autorisés.
À l'approche du millénaire de la mort du Christ (1033), le flot des pèlerins augmenta encore. De nombreux monastères furent construits dans la ville. Les plus riches pèlerins étaient parfois dépouillés par les bédouins et certains groupes de pèlerins s'organisèrent en véritables troupes armées.

En 1045, l'abbé Richard emmenait avec lui sept cents compagnons qui ne purent arriver que jusqu'à Chypre. En 1048, des seigneurs chrétiens et des religieux partent de France et de Navarre à Jérusalem pour pouvoir prêter assistance aux pèlerins. Ils y construisent une église, un couvent et un hôpital.

En 1063, dans une lettre envoyée à l'archevêque de Narbonne, le pape écrivit que ce n'était pas un péché de verser le sang des infidèles. Ce document innovait en affirmant que prendre part à une guerre utile à l'Église était une pénitence comme l'aumône ou un pèlerinage. L'Église autorisait, voire encourageait désormais la lutte contre les musulmans et y autorisait la participation des chevaliers francs.

En 1071, les Turcs prirent Jérusalem aux Arabes, massacrèrent les pèlerins chrétiens et interdirent totalement l'accès à la ville sainte.

Vingt quatre ans après la prise de Jérusalem, le Pape Urbain II prêche le pardon des péchés à ceux qui partiront délivrer Jérusalem et appelle aux armes toute la chrétienté d'Occident. Il leur demande de cesser de se faire la guerre, de s'unir pour combattre les « païens » et délivrer les frères d'Orient.
Venu en France pour répandre la réforme grégorienne et excommunier le roi, le pape Urbain II, prêche la première croisade au concile de CLERMONT le 27 novembre 1095. Frappé d’anathème, le roi ne participe pas à la croisade dont Hugues de Vermandois, son frère est l’un des principaux acteurs avec aussi Raimond IV de Toulouse, et surtout Godefroy de Bouillon.

À cet appel qu'il voulait lancer aux chevaliers sans passer par les rois, la foule enthousiaste répond : « Deus lo volt » (Dieu le veut) et décide de prendre la croix (faire vœu d'aller à Jérusalem) avec sur l'épaule droite et sur la poitrine, la croix de drap rouge des Croisés.
NB : On appelait les croisés, ces chevaliers armés qui combattaient au nom de la Croix mais avec autant d'ardeur guerrière que religieuse. Suivant le chemin des pèlerinages en Terres Saintes, les croisades combinaient les motivations politiques, religieuses et économiques dans des proportions diverses car si leur but général était d'assurer aux chrétiens le libre accès au tombeau du Christ, il était aussi pour certains, de pouvoir accéder aux pays et aux richesses du proche Orient.

A l'été 1096, les contingents réunis de la première croisade populaire sont considérables. Les châteaux, les bourgs et les villes se vidèrent de leurs hommes, qui partaient à la reconquête du Tombeau du Christ en Palestine.

■ La légende du château de CASTELBOUC à SAINTE ÉNIMIE (48) raconte que du temps des Croisades, tous les hommes seraient partis guerroyer, sauf le seigneur de ce château, Raymond de Castelbouc qui commandait le passage étroit de l'entrée des gorges à cet endroit. Resté seul dans son Castel (véritable nid d'aigle imprenable, construit sur un rocher de soixante mètres de haut) et, à force de tendres attentions et après de longues et nombreuses nuits d'étreintes passionnées envers les dames esseulées des alentours, finit par rendre l’âme, épuisé par de tels traitements de faveur. Depuis, à la nuit venue, on aperçoit encore, survolant au-dessus des ruines du château féodal, sur le piton rocheux qui domine les maisons adossées à la roche, un grave et viril bouc ailé qui comme l'ange déchu, s'envole vers l'horizon.
Ce fut ainsi que le nom du village fut tout naturellement trouvé !

Le départ en croisade est très couteux et certains croisés vendent même leurs biens pour s'équiper à cette fin. Jacques Heers précisa dans "L'islam cet inconnu" que les croisés quittaient leurs biens et leurs familles pour se mettre au service de Dieu. Pierre l'Ermite d'Amiens emmène quinze mille pèlerins dans son sillage. D'autres bandes parties de Rhénanie, probablement animés d’intentions pécuniaires, s'acharnent au départ sur les communautés juives relativement riches, des villes rhénanes. Présents depuis des siècles, les Juifs deviennent soudain des étrangers et des assassins du Christ qu'il convient de punir avant de délivrer les lieux saints. Le pape condamne ces violences, qu'il déclare être l'œuvre de la lie de la société. Mais près de douze mille d'entre eux périront en 1096.

N'ayant pas appelé à persécuter les Juifs, Pierre l’Ermite obtient, de son côté, le soutien des communautés juives des régions qu’il traverse en Germanie avec le ravitaillement et le financement de ses croisés. Près de 30 000 croisés francs, italiens et allemands se retrouvent à Civitot et font route vers le territoire turc. Une querelle oppose les Allemands et les Italiens aux Français. Les premiers choisissent pour chef un Italien du nom de Renaud, et les Français choisissent Godefroy Burel. Pierre l’Ermite a totalement perdu son influence. En Asie Mineure, incapables de s'acheter par leur propres moyens leur nourriture, les croisés populaires se livrent à des confrontations locales et commencent à massacrer des villages chrétiens. Ils battent plusieurs émirs turcs en marchant à travers l'Anatolie et commencent à manifester des ambitions territoriales pour leur propre compte. A Antioche, d'assiégeants, ils se retrouvent assiégés par les Turcs. L'armée de secours, dirigée par Bohémond parvient à vaincre les Turcs sans l'aide de l'empereur Byzantin qui avait appelé Pape Urbain II à l'aide. Dès lors, les croisés développent un fort ressentiment contre les Byzantins qu'ils accusent de double jeu avec les Turcs et s'estiment déliés de leur serment de leur fidélité et gardent la ville pour eux.

Pendant l'été 1098, les chefs croisés prennent le contrôle des places-fortes dans les régions voisines d'Antioche. De nombreux actes de barbarie sont perpétrés par des croisés fanatisés. Lors de la prise de Maara, la population est massacrée. "A l'aube, les Franj arrivent : c'est le carnage. Pendant trois jours ils passèrent les gens au fil de l'épée". Mais le plus terrifiant reste ces actes de cannibalisme rapportés par le chroniqueur franc Raoul de Caen "A Maara, les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans les marmites, ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés" ou par un autre chroniqueur franc Albert d'Aix : "Les nôtres ne répugnaient pas à manger non seulement les Turcs et les Sarrasins tués mais aussi les chiens !".
Le supplice de la ville de Maara ne prendra fin que le 13 janvier 1099 (soit environ 1 mois après la prise de la ville), lorsque des centaines de Franj armés de torche parcourront les ruelles, mettant le feu à chaque maison. Ce terrible épisode va contribuer à creuser un fossé entre les Arabes et les Franj que plusieurs siècles ne suffiront pas à combler. Les populations paralysées par la terreur ne résistent plus et les émirs syriens s'empressent d'envoyer aux envahisseurs des émissaires chargés de présents pour les assurer de leur bonne volonté et leur proposer toute l'aide dont ils auraient besoin.

 4.26 - 1099 - Le Règne de Jérusalem devint une cité romane

En Occident, une 1ère armée de seigneurs chrétiens armés, de chevaliers et de religieux est mise en place pour partir en croisade, conquérir Jérusalem et donner le libre accès au tombeau du Christ. Elle ne prend la route qu'en janvier 1099. Les chrétiens syriens indiquent la route la plus sûre aux chevaliers latins. Ils descendent le long de la côte, prennent plusieurs villes dont Bethléem le 6 juin. Ils assiègent Jérusalem le lendemain mais par une ironie de l'histoire, les Arabes avaient entre temps repris la ville aux Turcs. Un certain nombre de pèlerins prirent le chemin de retour après avoir accompli leurs dévotions mais pour conserver cette liberté de passage au monde chrétien, certains des seigneurs qui y participent, décident d'y rester. Ils fondent pour cela le Règne (royaume) de Jérusalem qui devint alors une cité romane.

 4.27 - L‘abbaye de CITEAUX

En 1098, un groupe de moines de l’abbaye de Molesme, en Bourgogne, animé par l'idéal de vivre austèrement et exemplairement du travail de ses mains, fonde l‘abbaye de CITEAUX en un lieu retiré de la forêt, berceau de l’Ordre Cistercien. Sa Charte de Charité, pose les fondements d’un ordre monastique décentralisé, gouverné par le chapitre général des abbés et marqué par l’entraide, l’unité et la charité.
Dans un monde majoritairement agricole, les principales exigence des cisterciens sont d'exploiter directement les terres (élevage...), d’une part, et rester dans l’enceinte du monastère d’autre part.
En 1113, Bernard de Fontaine (futur SAINT BERNARD) s'y rend avec une trentaine de compagnons pour se former à la vie monastique. Le jeune homme donnera un rayonnement si extraordinaire à la réforme de Cîteaux que les fondations des abbayes cisterciennes se multiplient dans toute l’Europe.
Les vocations affluent, spontanées ou forcées, car de nombreux seigneurs trouvaient dans ces monastères un endroit pour « caser » leurs cadets, dès leur très jeune âge.
Et c'est bien à ces moines Bénédictins qui, avant de se rendre à St Jacques de Compostelle, ont développé l'agriculture, mis en valeur les lieux et diffusé grâce aux compagnons le style architectural des abbayes cisterciennes à l'image de Cîteaux ou Cluny, avec le clocher-peigne des églises.

  • Au XIe siècle, l'oratoire de Saint Pierre fut remplacé par une église romane qui desservait non seulement les habitants de la vallée mais aussi ceux du plateau jusqu'à la Piguière. Un oratoire dédié à Saint Georges fut établi sur le Causse, à SAINT GEORGES DE LÉVÉJAC, pour les besoins religieux des rares habitants du plateau. Il fut, jusqu'au XIIIe siècle, une simple dépendance de l'église de Saint Pierre. Mais les rôles s'inversèrent : les habitants quittèrent peu à peu la vallée pour venir vivre sur le plateau.
  • L’Église Saint Hilarian ou Église de Perse est un joyau d'art roman dont les premières mentions remontent au XIe siècle, elle fut achevée dans la première moitié du XIIe siècle. Cette ancienne église paroissiale d'ESPALION, bâtie entièrement en grès rouge, est située sur le Chemin de SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE.
    Le beau portail sculpté juxtapose deux sujets : le tympan, au registre supérieur, représente la Pentecôte, et le linteau, au registre inférieur, évoque l'Apocalypse et le Jugement Dernier. Les deux absidioles à pans coupés et à mur lisse semblent plus anciennes que l'abside pentagonale décorée d'arcades plein cintre reposant sur des colonnes engagées. Le chevet surmonté de son clocher peigne est un clocher-mur percé de quatre arcades, que l'on peut apprécier depuis le pont en contrebas, constitue la partie la plus remarquable de l'édifice. D'autres éléments sculptés méritent l'attention : une couronne de modillons sous la toiture, à l'intérieur un ensemble intéressant de chapiteaux, la plaque funéraire d'Adalgerius (peut-être le premier prieur venu de Conques en 1060 ?)...
    La ville s'étant déplacée, autour du pont, vers l'ouest où a été construite l'église SAINT JEAN BAPTISTE, dès 1472, cet ancien prieuré fut abandonné et n'est plus aujourd'hui qu'une chapelle dans le cimetière
  • L'Église de la Vierge Marie dans le village de LAVAL DU TARN, a été construite aux XIe et XIIe siècles, dans le style roman.
  • L'église Saint Martin du Cambon (dans la paroisse de CAMBON près de SAINT AFFRIQUE) est donnée au Monastère de VABRES en 1106.

¤ 1108-1137 - Règne de Louis VI le Gros.

  • L’église d’Antrenas (autrefois Altrenas) a été offert par Aldebert II en 1109 aux Bénédictins du Monastier. L’édifice actuel a été construit en 1844.
  • Le village de SERVERETTE, jadis nommé LA VACHELLERIE était primitivement installé autour de l'église romane Saint Jean-Baptiste en 1109.

 4.28 - Hospitaliers de St Jean de Jérusalem, Templiers du Larzac : l’arrivée des ordres militaires

C'est ainsi que deux nouveaux ordres religieux sont créés : celui des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem (en 1113), qui a pour mission l'hébergement et le soin au flot des pèlerins de toutes races et religions et celui de l'Ordre du Temple (1118), en Palestine, qui protégè et assure la sécurité de ces mêmes pèlerins, des malades mais aussi des centres médicaux, des lieux saints et des routes principales, en Terre Sainte.
A sa mission hospitalière, l’Ordre ajoute la défense de la foi et adopte la Croix blanche à huit pointes.
C’est le seul Ordre à être Souverain et Religieux : la plupart de ses membres appartenaient, a la fois, à la chevalerie et à la noblesse du monde chrétien et étaient liés par trois vœux monastiques : pauvreté, chasteté et obéissance.
L’indépendance de l’Ordre par rapport aux autres États, en vertu des actes pontificaux, ainsi que le droit universellement reconnu d’entretenir et engager des forces armées et de nommer des ambassadeurs, constitue la base de sa souveraineté internationale. Il fut établi que l’Ordre resterait neutre dans les guerres entre pays chrétiens.

En Occident, ces deux ordres religieux et militaires bénéficient de nombreuses donations et organisent un véritable réseau de commanderies rurales ou urbaines dans les grandes villes.

En 1158, le Comte de Barcelone donne à Elie de Monbrun, alors Maître du Temple en Rouergue, le village de SAINTE EULALIE DU LARZAC et la contrée du Larzac qui s'y rattache (VillamSanctae Eulalie et terram que dicitur l'Arzac). Cinq sites templiers / hospitaliers y sont érigés pour leur permettre d'étendre leurs pouvoirs :

  • SAINTE EULALIE DE CERNON : est le siège de la commanderie templière puis hospitalière du Larzac. Ces deux ordres contribuèrent, dès le XIIe siècle au développement méthodique de l’agropastoralisme. Témoignage de 600 ans de présence continue des ordres religieux et militaires en Occident : son église romane, cour intérieure et bâtiment communautaire avec la salle d'honneur, dortoir des moines...
    Sous les Hospitaliers, la Commanderie porte le titre de SAINTE AULARIE DE LARZAC, au diocèse de VABRES, sénéchaussée de Rouergue.
  • Le village fortifié de LA COUVERTOIRADE et ses trésors : l'église Templière puis Hospitalière, les remparts, le château Templier XIIe siècle, la lavogne...
  • LA CAVALERIE : Fondé par les templiers, puis fortifié par les hospitaliers, ce site trouve sa vocation dans les terres cultivables de la plaine du Temple et les parcours immenses qui l'entourent. Situé à la croisée des chemins, à côté de l'antique voie de passage unissant l'Orient à l'Occident à partir des ports de la Méditerranée et traversant le plateau du nord au sud, LA CAVALERIE suscitera bien des convoitises en particulier lors des guerres de religion.
    Aujourd'hui, le village des Hospitaliers existe toujours avec quelques unes de ses richesses : son enceinte fortifiée et sa porte imposante, chemin de ronde sur 220 mètres, vestiges de l'église des Templiers pieusement conservés dans l'étonnante église du XVIIIe siècle (dont l'intérieur ressemble à celui des bergeries voûtées).
  • LA VIALA DU PAS DE JAUX : une immense tour refuge, phare du Larzac, érigée en 1430 à côté du logis des Chevaliers Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem à la demande des habitants du village afin de pouvoir se réfugier en temps de guerre et stocker les récoltes de céréales.
  • SAINT JEAN D'ALCAS : un étonnant fort villageois, d’une harmonieuse régularité.
    http://carriere13.free.fr/histoire.htm

Les templiers s'installent sur le Levézou grâce aux nombreuses donations de la famille de Vezins.
LA CLAU : la bastide fortifiée et ses loges refuges (comme à Vezins), est donnée aux Templiers de SAINTE EULALIE en 1239 par Grimal de Salles, lors de son entrée dans l'ordre. Elle devint le siège d'une commanderie templière qui fut unie à celle des Canabières (ordre de Saint Jean de Jérusalem) après la suppression de l'ordre du Temple. Le château fut complété en 1381 par une première tour (arasée en 1789), puis par une deuxième au XVe siècle (réparée en 1681, elle existe toujours actuellement avec des vestiges du logis).

La présence des Templiers en Gévaudan est avérée par certaines marques sur les pierres dont une croix de Malte sur le roc de Peyre.

Au XIIe siècle, les hospitaliers de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, possesseurs de grands domaines sur le causse Noir, fondent un hôpital et une église, dédiés à Saint Jean à MEYRUEIS (48). Ils créent également un moulin dans la cité auquel est adjoint le logis du commandeur. C'est aussi à cette période qu'est construit le pont des Six Liards dont le nom correspond au montant de la redevance à payer pour pouvoir le traverser.

Pendant 150 ans, ils vont regrouper les populations éparses du Larzac autour de ces sites

Les revenus de ces commanderies servent à l'entretien des quelques centaines de chevaliers des deux ordres, en Terre Sainte et surtout des grandes forteresses, pouvant abriter jusqu'à 2000 hommes, qui serviront à maintenir le royaume de Jérusalem au monde chrétien. Des navires des deux ordres assurent depuis les ports de St Gilles et d'Aigues Mortes, les transferts d'argent, d'armes, de chevaux, d'hommes, plusieurs fois par an.

http://www.templiers.net/etudes/index.php?page=Maison_du_Temple_de_Lyon http://www.templiers.net/etudes/index.php?page=la-grange-de-gals#A1

L'image du chevalier modèle et de la chevalerie se développe et s'épanouit au cours du XIIIe siècle grâce aux nombreux écrivains et poètes qui glorifient dans leurs textes les valeurs guerrières, l'audace, la soif de gloire, le sens de l'honneur.

¤ 1137-1180 - Règne de Louis VII le Jeune.

  • L'Église de SAINT SATURNIN DE TARTARONNE et son Histoire... C'est une église romande, très modeste, qui ne comprenait que la nef étroite voûtée en berceau et le chevet plat lorsqu'elle a été cédée en 1155 par l'évêque de Mende à l'Abbaye de Saint Victor de MARSEILLE. Selon un procès verbal de 1662, la famille de Freissinet Valady serait à l'origine du collatéral sud, c'est à dire de la chapelle de Notre Dame, qui est sectionnée en trois travées par des doubleaux. Sur la dernière de ces travées, il y avait une porte latérale, passage réservé au seigneur et à sa litière. Cette église a été restaurée en 1987 – 1988, son décrépissage a permis de découvrir les éléments suivant:
    - des trous de Boulins dans les murs de la nef, qui servaient à tenir les pièces d'échafaudage lors de la construction.
    - un blason, représentant un chien limier qui figure sur le blason des de Fraissinet, sur le pilier à gauche du chœur.
    • une litre funéraire, bande noire ornée d'armoiries que l'on peignait sur le mur tout autour du chœur après le décès d'un baron ou d'un duc. Celle-ci daterait du XVIIIe siècle.
    • une superposition de deux décors, coupe de pierre contemporaine de la litre et représentation d'un personnage datant probablement du XVe siècle, sur la palier à droite du chœur.
    • une gloire peinte sans doute au XVIIe siècle représentant le Saint Esprit sous forme de colombe, sur le mur au fond du chœur.
    • une croix sur laquelle devait être placé un Christ en bois et une coupe de pierre sur l'arc triomphal. Sur le coté gauche de la nef se trouve la dalle funéraire de Jean de Cénaret, qui date de 1564. Le vitrail du chœur a été réalisé par une équipe de jeune d'Argenteuil en vacances à Saint Saturnin et les vitraux au dessus de la porte d'entrée, réalisés par Gérard Milon, maitre verrier et gracieusement offert par la Confrérie de la Pouteille de la Canourgue. A droite de la porte d'entrée de l'église on peu voir la pierre tombale du dernier seigneur de Saint Saturnin, le comte Casimir de Freissinet décédé à la Mothe, commune de Banassac, le 13 juin 1863 à l'âge de 78 ans. Sur cette pierre une main amie a gravé l'inscription latine suivante: « natalibus insignis, fide, religione, austeraque virtute nobilior » soit « illustre par sa naissance, encore plus noble par sa foi, sa religion, son austère vertu ».
  • La première mention de l’église Notre Dame de l’Assomption à SAINT CHÉLY DU TARN date de 1155. Ce bel édifice roman devait dépendre du monastère de SAINTE ÉNIMIE et est la première construction réalisée sur la rive gauche du Tarn. Seule sa porte est de style gothique. Sa nef unique en berceau légèrement brisé se termine par un chevet pentagonal composé de lourds arcs muraux. Colonnes et chapiteaux sculptés ornent l'intérieur de l'édifice.
    Ce trouve aussi dans le village la très discrète chapelle Notre Dame ou Sainte Marie, dite « La Cénarète » qui pourrait dater du XIIIe siècle et ferme l’entrée de la grotte dans laquelle une résurgence forme un petit lac. (Cf. photo)
  • Sur la rive gauche du Tarn, l’église SAINT PRÉJET DU TARN (LES VIGNES) garde un caractère vraiment typique du premier art roman. Elle fut rattachée à l’abbaye de Saint Victor de MARSEILLE (fondée en 910) à partir de 1155. Deux chapelles y ont été rajoutées sur la deuxième travée, au XIXe siècle.

 4.29 - 1161 - La bulle d'or

¤ En 1161, l'évêque Aldebert III de Tournel se rend à la cour de Louis VII Roi des Francs afin de régler les démêlés que l'évêque avait avec son frère. De Paris, il revient avec un document d'une importance capitale : une bulle d'or royale, signé du sceau royal, qui accorde à l'épiscopat de Mende (à l'évêque Aldebert et à ses successeurs), les droits régaliens dépendant de la Couronne sur le diocèse, à perpétuité (la puissance royale et les pleins pouvoirs de justice sur les habitants de l'évêché) en échange de quoi Louis VII concède au prélat, sous la protection d’une immunité, tout l’episcopatus (ils reconnaissent qu'ils tiennent leur évêché du Roi des Francs - être vassaux du Roi de Francs, en échange du serment de fidélité) du Gévaudan. Mende devient une principauté ecclésiastique. Et Aldebert III du Tournel profite de ce fait pour faire ramener les restes de St Privat dans la crypte primitive, en 1170.
C'est ainsi, avec un acte joliment nommé la «bulle d’or», que finit de se mettre en place l’organisation du Gévaudan féodal sous l’autorité de l’évêque de Mende et autour d'héritiers des comtes des siècles précédents.

  • En 1162, sur l’initiative de Hugues Évêque de RODEZ et de son frère un autre Hugues, Comte de RODEZ, une douzaine de moines de Candeil (abbaye tarnaise fondée en 1152) conduits par Matfred se rendent sur les terres du mas de VAREILLES, donation d’Arnal de Taurines et de sa sœur Ponce pour y entreprendre défrichements et constructions. Le 3 janvier 1167, Gausbert abbé de Candeil consacre le nouveau monastère de BONNECOMBE et lui donne Matfred comme premier abbé.

 4.30 - Du milieu du XIIe au XIIIe siècle - Le temps des cathédrales

  • 1163 - Début de la reconstruction de la cathédrale Notre Dame de Paris, en style gothique.
  • Au XIIe siècle, CONQUES fonde une sauveté sur l'actuel village de CAMPAGNAC (anciennement CAMPAINHAC 12). L'église paroissiale datant du IXe siècle, de style roman, est renommée sous le vocable de Sainte Foy. Au XIVe siècle, le bourg prend de l’importance et le siège de la paroisse est transféré de CANAC à CAMPAGNAC. L'église se voit dotée de fonds baptismaux et le village d'un cimetière. Puis elle sera démolie et reconstruite dans le style néo-gothique en 1895. A l'intérieur, un retable du XVIIe siècle avec 15 médaillons dorés sur fond azur du XVIIe siècle figurant les mystères du Rosaire. Le tympan actuel de l'église, représentant le martyre de Sainte Foy, est l’œuvre de l'artiste Casimir Serpantié. Aujourd'hui, elle est la propriété de la commune et est classée (chœur, coupole, clocher, abside) au titre des MH depuis1980.

    A l'Est, à mi-chemin entre CAMPAGNAC et la source du hameau de SAINT URBAIN, s'élève la chapelle St Sépulcre, jadis lieu d'un pèlerinage annuel, construite au XVIIIe siècle, sur une partie plus ancienne. Un décor rustique représentant une mise au tombeau décore le linteau de la porte. L'enduit extérieur porte des graffitis de scieurs de long. L'appareillage visible à l'intérieur, ainsi que des réemplois manifestes (pierre à larges cupules réutilisée dans le "tronc") témoignent de l'existence d'un édifice plus ancien.

    Construite à l'emplacement d'un site gallo-romain et ancienne nécropole, l'église paroissiale de CANAC (12) est placée sous le patronage de Saint Cyr et de Sainte Juliette, sa mère, martyrisés vers 303. Elle est remarquable par l'apposition de deux périodes romanes successives, XIe et XIIe siècles et deux "écoles" locales (haute vallée du Tarn et vallée du Lot). Elle a été agrandie de chapelles aux XIVe et XVe siècles et remaniée dans les parties hautes au XIXe siècle. C'est une église à abside et absidioles, celle du sud ayant disparu. À l'intérieur, deux pierres romanes remarquables : la pierre d'autel et une autre, scellée sous la fenêtre de la chapelle nord, avec trois arcatures et la représentation du soleil, d'une étoile et de la lune. Sans doute faut-il y voir une invocation à la Vierge, reine du ciel car l'église de Perse (à Espalion), à laquelle Canac fut unie, porte en son tympan une figuration de la Vierge couronnée, entourée de la lune et du soleil. Statue en bois de Saint Cyrice (fin XIII s.).

Cf. http://www.gauchemip.org/spip.php?article16123

  • Finalement, en 1166-1173, l'ensemble des biens du comté de Barcelone échoit par héritage à la couronne d'Aragon qui devient le royaume d'Aragon. Ce qui explique la découverte d'une pièce aragonaise dans la grotte de Baumoleiro (Près de La Can et de l'Hospitalet).
    Au XII et XIIIe siècle, le Roi d'Aragon fit bâtir un château fort à CHANAC (48). La tour, autrefois donjon du château, est le seul vestige de la forteresse médiévale avec son escalier-mur et la voûte du rez-de-chaussée. Les deux autres tours s’étant effondrées aux cours des siècles. Les ruines du château furent vendues comme bien national en 1840 pour la somme de 650 Francs et rattachées à la municipalité de CHANAC en 1988. Le donjon est alors classé au titre des Monuments Historiques. Il est possible de visiter cette tour à l’occasion des journées Européennes du patrimoine (septembre) où de la Journée du Patrimoine de Pays (juin).

Le château de Montjézieu à LA CANOURGUE (48) est mentionné dans un hommage au Roi d'Aragon, alors propriétaire du Gévaudan.

  • Parallèlement, l’Aragon, le comté de Toulouse, la France et l’Angleterre, la vicomté de GRÈZES (qui revêtira une importance stratégique des guerres des XIIe et XIIIe siècles) sont occupés par les Catalans.
    Du fait de sa situation marginale de région périphérique tout à la fois du royaume de France, du comté de Toulouse, du royaume d'Aragon, le Gévaudan, relève successivement du royaume d'Aquitaine, des comtes de Toulouse et du comte de Barcelone.
  • Datant du XIIe siècle, l'Église Saint Pierre d’ISPAGNAC, dédiée à Saint Pierre et à Saint Paul, est un des plus beaux exemples d’architecture romane en Gévaudan. Une moitié de cippe gallo-romain a servi de support au bénitier de l’église. Au XIVe siècle, l’église (et le monastère du village) sera rattachée à l’abbaye de Saint Victor de MARSEILLE.
  • Dédiée à Saint Jean-Baptiste, l’Église de LA MALÈNE est un édifice de pur style roman, bâti certainement au XIIe siècle par les religieux de SAINTE ÉNIMIE. Vers 1859 a été rajoutée une « chapelle expiatoire », au collatéral nord. Elle renferme les restes des 21 Malènais pris sur le Causse de Sauveterre à la Révolution et exécutés.
  • La petite chapelle de Saint Côme au MAS ST CHÉLY, du XIIe siècle, est entièrement restaurée, le paysage est typique du Causse Méjean. Observation possible du faucon crécerellette et de grands papillons.

¤ 1er novembre 1179 - Philippe Auguste monte sur le trône de France, il n'a alors que 15 ans (Rex Franciae : Roi de France et non plus Rex Francorum, Roi des Francs). Énergique et habile, il est le premier Capétien à avoir une vision de la monarchie aux dimensions de la France actuelle. Il n'aura de cesse tout au long de son règne d'accroître le pouvoir royal, usant de mariages, d'alliances et le plus souvent des armes pour parvenir à ses fins. Cependant, sa préoccupation principale est de lutter contre la puissance inquiétante des rois d’Angleterre, désormais dotés de fiefs continentaux en Normandie. Cela n'empêcha pas le roi français de participer avec Richard Cœur de Lion , roi d'Angleterre, à la 3ème croisade en Terre Sainte en 1189.
En 1202-1205, Philippe Auguste confisque les fiefs français du Roi d'Angleterre Jean sans Terre (1199-1216) qui a succédé à son frère Richard et perd la Normandie, l’Anjou, le Maine et le Poitou. Philippe II Auguste reprend la Touraine et réduit l’Aquitaine à la province de Guyenne. La « Basse-Guyenne » désigna alors la Généralité de Bordeaux et la « Haute-Guyenne » (ou Guienne) fut désormais considérée comme la Généralité de Montauban (Quercy, Rouergue, Armagnac, comté de Comminges, Bigorre).
http://www.herodote.net/Jean_sans_Terre_1167_1216_-synthese-505.php
Le 27 juillet 1214, Philippe Auguste est victorieux à Bouvines sur l'empereur allemand Othon IV de Brunswick. Pour y avoir sauvé le Roi, Pierre TRISTAN d'ESTAING (12) offre des lis royaux aux armes de sa famille.
À la fin du règne de Philippe Auguste (en 1223), le domaine royal est quatre fois plus étendu qu’à son avènement, allant de l’Artois à la Saintonge, de l’Atlantique à la Loire, rejoignant l’Auvergne et la vallée du Rhône. Il fixe la cour à Paris.
¤ 1180- Construction du palais du Louvre.
¤ 1194-1260 - Construction des cathédrales de Chartres, de Bourges, d’Amiens, de Reims, de Rouen et de Strasbourg.

 4.31 - 1215 - Le Concile de LATRAN décrète la publication obligatoire des bans précédant le mariage

En généralisant au XIIIe siècle la publication des bans, l'échange public des consentements et la bénédiction nuptiale, l'Église a lutté pour imposer ses normes de publicité contre la clandestinité des mariages célébrés dans le « secret » de l'espace domestique. Mais la législation conciliaire, fidèle au libre consentement des conjoints, refuse de faire du défaut de consentement des parents une cause de clandestinité et de nullité.

¤ 1223-1226 - Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste ne règnera que 3 ans.

¤ (à construire)
29/11/1226 - Saint Louis ou Louis IXe de la dynastie des Capétiens directs, fut couronné Roi de France en la cathédrale de Reims et le restera jusqu'en 1270. Né en 1214, il devient roi à 12 ans. En attendant la majorité, le gouvernement est confié à sa mère Blanche de Castille qui sera régente du royaume pendant 12 ans. Elle fait face avec succès à la révolte des grands seigneurs qui tentaient de retrouver la liberté vis-à-vis du pouvoir royal.
Une fois parvenu au pouvoir, Louis IX agrandit le domaine royal en annexant le Languedoc en 1229.

  • 1229-1258 - Le compté de Toulouse revient à la couronne de France : à la suite des rois d’Aragon, le Roi de France prend pied dans le diocèse de Mende :
  • en s’emparant de la vicomté de Grèzes lors de la campagne méridionale de Louis VIII dans les terres du comte de Toulouse en 1226 (croisade des Albigeois) – le roi d’Aragon lui en accorde définitivement la jouissance par le traité de Corbeil en 1258 ;
  • puis en saisissant les terres du rebelle Pierre Bermond VII dans le sud du diocèse. L’installation des officiers royaux, qui se fait dans ces terres dès les années 1230, entraîne des conflits, parfois violents, avec l’évêque de Mende.
    L’arrivée d’Hugues de la Tour, évêque de Clermont, envoyé par le roi en 1243 pour affirmer l’autorité royale en Gévaudan, marque l’acmé des tensions entre le titulaire du siège épiscopal de Mende et le Roi de France.
    En 1234, Saint Louis se marie avec Marguerite de Provence qui lui donnera onze enfants.
    En 1242, Louis IX dut faire face à une révolte des seigneurs aquitains soutenus par le roi d'Angleterre.

Ainsi, dans ce pays de Languedoc (région où l'on parle la langue d'Oc), pendant plus d'un siècle (1113-1258), le Gévaudan relève successivement du comté de Toulouse et du comté de Barcelone, sera sous la domination aragonaise et catalane pour revenir au royaume de France au XIIIe siècle à la suite de la croisade contre les Albigeois, qui l’intègre dans une autonomie de principauté épiscopale (ecclésiastique).
Au cours de son règne, Saint Louis a réussi à imposer sa monnaie dans tout le royaume de France. Il fait appliquer ses ordonnances par les baillis et les sénéchaux. Il tente de limiter les guerres entre seigneurs. Enfin, Saint Louis ou Louis IX met en place la possibilité d'en appeler à la justice royale.
Roi chrétien très croyant, Louis IX fait construire la Sainte-Chapelle à Paris pour abriter les reliques de Jésus. Il offre un vitrail à la cathédrale de Chartres. Pendant son règne, il fonde plusieurs hôtels-dieu, des bâtiments qui accueillent les pauvres et les malades. L'Église catholique en fait un saint canonisé en 1297.
Saint Louis a participé également à deux croisades. Au cours de la septième croisade en 1250, il est fait prisonnier par les musulmans d'Égypte puis est libéré contre une rançon, mais il reste quatre années en « Terre Sainte ».
En 1259, il signe le traité de Paris avec les Plantagenêt, les rois d'Angleterre. Les Anglais reçoivent des territoires dans le sud-ouest de la France mais renoncent à des territoires (Normandie, Anjou et Maine) et se reconnaît vassal du roi de France pour son duché de Guyenne.
Mais durant son règne, Saint Louis aura également persécuter les Juifs du royaume et instaurer l'Inquisition. Saint Louis prend part à la huitième croisade et meurt de la peste à Tunis en 1270.

 4.32 - 1228 - Les Pariers et le Castrum de La Garde

Les Pariers (en occitan : les Égaux) sont créés dès le début du XIIIe siècle. Ce sont des chevaliers qui, dès qu’ils ont atteint l'âge de 16 ans, peuvent devenir des Pariers et posséder une parérie (appelée aussi part ou portion de territoire). C’est l’acte créateur de la parérie. Comme une confrérie d'hommes d'armes, ils choisissent alors de résider sur place, d'en assurer le service et d'en assumer la charge et les émoluments : péage, cartalage (droit sur la mesure du grain), arrière-guidage, pulvérage (droit sur la poussière soulevée par les troupeaux de bêtes).
Pour empêcher un trop grand démembrement, le nombre de paréries ou portions d’un parier est limité et des conditions restrictives qui seront aménagées au fur et à mesure par des statuts (les premiers datent de 1228).

Au XIIe siècle, l’évêque de de MENDE (48) demanda à ce que le Chemin de Régordane (ou Chemin de l’Estrade) soit surveillé car il servait de repaire à des brigands qui volaient les voyageurs. Le Chemin de Régordane est une ancienne voie romaine qui relie le PUY EN VELAY et le Gévaudan, à la Provence et aux ports de la Méditerranée, en passant par Nîmes. Il était aussi emprunté par les pèlerins de Saint-Gilles, au Moyen Âge.
Et c’est probablement un accord entre l’Évêque de MENDE (48) et le Seigneur d’Anduze, dont le domaine était lui aussi, traversé par le Chemin de Régordane, qui décida de l’implantation d’un « castrum » ou village fortifié au cœur de ce plateau de grès, traversé lui aussi par le Chemin de Régordane.

Dès lors, un poste frontière militaire fut créé et une parérie est mise en place sur l'ancienne station romaine, village appartenant à la paroisse de PRÉVENCHÈRES (48), se trouvant sur le chemin, au-dessus des Gorges du Chassezac qu’elle domine de 400 mètres. Cette parérie prie le nom de « La Guarda » ou « Castrum de La Guarda » et la fortification du village commença dès le XIIIe siècle. Avec des rues pavées à l’intérieur du castrum, de fortes murailles d'enceintes et des fossés taillés dans le roc, La Garde (mot d’origine germanique, signifie tour de garde, forteresse) devint une remarquable position militaire.
Sa défense était assurée par une garnison chargée de la sécurité des voyageurs et des marchandises sur La Regordane et sa gestion était possédé en quo-seigneurie par une communauté de plusieurs chevaliers : les Pariers.

A la parérie de La Garde, les chevaliers pariers élisent quatre des leurs qui, en leur nom et au nom de tous les pariers, étaient d’accord avec l’Évêque pour faire respecter l'ordre, maintenir la paix ou modifier les statuts existants. Ces chevaliers se rattachent à quatre clans : les Gaucelmes, les Hérail, les Bertrand et les Gaules.

Ils font construire le Château de La Garde qui, à près de 900 m d’altitude, bénéficie d’une situation exceptionnelle et domine tout le paysage alentour sans aucun obstacle.
Le château compte 3 étages voûtés. Pour passer d'une pièce à l'autre, chaque voûte est percée d'une ouverture qui peut être fermée par une trappe. Plusieurs hautes tours carrées y sont ajoutées. Elles sont détenues individuellement par ces différents seigneurs.
La porte d'entrée qui mène à la tour de guet centrale, s'ouvre à deux mètres du sol. Le pied de ce donjon médiéval, haut de 21,50 mètres, est entouré d'un épaulement de terre destiné à faire ricocher les projectiles jetés des mâchicoulis.
A quelques mètres se trouve une citerne sous voûte destinée à être une réserve d'eau.

Ce village fortifié pendant tout le XIIe et XIIIe siècle s’appelait « La Guarda ». Au milieu du XIVe siècle, apparaît un nouveau nom : La Garde Garin et La Garde Guérin, aujourd’hui. Guérin est un nom de famille commun aux baronnies de Randon, d’Apchier et du Tournel… Était-ce en hommage à un Baron Guérin du Tournel ?

Malheureusement, La Garde n’a pas été épargnée par les guerres. Prise et détruite par le feu pendant la Guerre de Cent Ans, la forteresse est au cœur de combats sanglants et le château tombera aux mains des Anglais, vers 1362. Une magnifique église Saint Michel est construite dans le village, au XVe siècle. Au XVIe siècle, au cours des guerres de Religion, le château sera le siège des Protestants malgré la défense des catholiques. En 1623, il restait encore l'une des places fortes de la région. En 1722, un incendie en détruira une autre grande partie. L'une des tours s'effondrera en 1795, plus tard, le village sera quelquefois restauré avec les pierres du Château.
Aujourd'hui, il n'en reste plus que son donjon, une haute tour carrée qui se dresse au centre du quadrilatère en ruines, restaurée par les anciennes murailles et et quelques vestiges (fossés qui entouraient les remparts...). Classé aux M.H. depuis 1929, le Château appartient à la commune et l'Association Garde veille à sa restauration. Coordonnées par GPS : 44° 28' 41" Nord et 3° 56' 05" Est.

¤ 1243-1248 - Construction de la Sainte Chapelle, à Paris.
¤ 1285-1314 - Règne de Philippe IV le Bel.

  • L'Église de PRADES se situe tout en bas du village, en contre bas de l’imposant château. Elle renfermait autrefois une très belle croix de procession du XIIIe siècle.
  • La petite chapelle de BLAJOUX se situe dans le bas du village. Bien qu'impressionnante en façade, elle possède une nef unique, à laquelle ont été rajoutées deux petites chapelles. Son chevet, particulièrement simple, ressemble plus à un moulin qu’aux chevets traditionnellement rencontrés.
  • La chapelle de Saint Ilère (ou Hilaire) se niche au cœur du magnifique site du Cirque des Baumes. On y accède par un sentier, le sanctuaire était un lieu de pèlerinage, où l’on venait demander la guérison des maladies des yeux en se baignant dans la source.

 4.33 - Hospitaliers de St Jean de Jérusalem, Templiers du Larzac, Chevaliers de Malte : l’arrivée des ordres militaires

1291 - Chute de la dernière forteresse croisée, le royaume de Jérusalem est définitivement perdu, c'est le départ de Terre Sainte.

Après avoir été accusés d'idolâtrie, de rites secrets et donc d'hérésie, en 1307, le Roi de France Philippe Le Bel demande l'arrestation de tous les Templiers présents sur le territoire et souhaite, avec l'aide du Pape Clément V, voir disparaître l'Ordre du Temple. En août 1308, le Pape nomme huit commissaires dont Guillaume Durand VI, Évêque de MENDE, pour instruire le procès des Templiers. Ce dernier, très proche du Roi Philippe le Bel, rend un rapport le 5 juin 1311, qui lui vaut l'hostilité des Templiers.
Dans celui-ci il préconise de prendre une « ordonnance pontificale » plutôt qu'une instruction judiciaire. Menacé, il est autorisé par le pape à se constituer une garde personnelle pour se prémunir d'un attentat, au cours de l'année 1312. Les Templiers sont jugés et l'Ordre du Temple aboli en France, en 1312.

Les Hospitaliers qui s'étaient fixés à l'île de Rhodes (sans revenir en France), conquièrent l'île en 1306, face aux côtes Turques et permirent à l'Ordre de devenir souverain et insulaire. Il a ainsi une vocation maritime forcée et lutte, jusqu'en 1309, contre les Turcs et les Barbaresques (pays du Maghreb) en Méditerranée.
Après 1312, l'ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem recueille l'héritage des Templiers et se réorganise pour gérer plus de 600 commanderies depuis l’Écosse jusqu'aux confins de la Pologne et du Danemark et de la Sicile.

Malgré que le Gévaudan ai principalement abrité les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, devenus rivaux des Templiers, la présence de ces derniers y est avérée par certaines marques sur les pierres dont une croix de Malte sur le roc de Peyre, lieu du château des barons du même nom. Mais ils n'étaient pas très nombreux et n'avaient aucune possession.

Durant cinq siècles, PUECH BANASSAC (48) a ainsi été une seigneurie foncière aux mains des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem rattachée à St Gilles du Gard. Le commandeur était un seigneur foncier, justicier et spirituel : il nommait le représentant de l’église, levait les impôts en nature, monnaies ou servitudes (corvées, tour de garde…).

GRÈZES (48), village typique caussenard Quercynois, a abrité un prieuré des Templiers qui a été transformé au fil des siècles en seigneurie au XVIIe siècle (Château de GRÈZES).
Le haut du village de SAINT GEORGES DE LÉVÉJAC (48) recèle également une croix des Templiers.

L'empire romain d'Orient ou Empire byzantin, survécu jusqu'à la prise de Constantinople, sa capitale par les Ottomans en 1453 et la mort de l'empereur Constantin auquel aucune puissance chrétienne occidentale n'avait apporté son aide.
Après plusieurs sièges infructueux, l'île de Rhodes tombe aux mains des Turcs en 1522.
En 1530, le roi d'Espagne Charles Quint leur donne l'île de Malte (Sicile). L'Ordre de St Jean de Jérusalem ou chevaliers de Rhodes prend le nom de chevaliers de Malte. Situé au centre de la Méditerranée, l'Ordre se fait connaître de 1530 à 1798 pour la qualité des services prodigués dans l'Hôpital de La Valette et par sa lutte incessante contre les Turcs et les Barbaresques.

Contrairement à la plupart des Ordres de chevalerie qui n'avaient que des que objectifs militaires, l’Ordre de Malte est l’un des rares Ordres fondés au Moyen Âge qui a su perdurer jusqu'à nos jours de par sa vocation hospitalière.
Terres de passage depuis la Préhistoire, le Rouergue et le Gévaudan, accueillent les pèlerins de St Jacques de Compostelle, de St Privat (48) et aussi désormais les pèlerins des Templiers.
http://www.conservatoire-larzac.fr/fr/larzac-templier-hospitalier/templiers-hospitaliers.htm

 4.34 - L'architecture médiévale

Qu'ils soient dominants sur des éperons rocheux, troglodytes, accrochés au bas de falaises escarpées, encaissés aux bords des routes sinueuses et étroites, étalés dans les vallées verdoyantes, ces bourgs médiévaux nous émerveillent par leur incroyable séduction.
Le hasard d'une promenade au cœur de ces charmants villages, souvent classés parmi les "Plus Beaux Villages de France", nous fait découvrir les calades (ruelles pavées), souvent tortueuses et pentues.

Les maisons sont resserrées les unes contre les autres, laissant peu de place aux venelles dont la fraîcheur nous attire par les chaudes journées d'été. Ce sont des passages étroits qui séparent les maisons entre elles et qui permettaient aux habitants de pouvoir gérer l'écoulement et la récupération des eaux de pluies de leur toit respectif. Elles sont parfois couvertes d'une voûte.

L'encorbellement est typique de l'architecture médiévale : maison à pans ou ossature de bois ou colombage qui qualifie l'étage d'une bâtisse s'avance sur une rue ou sur une place, de sorte que le rez de chaussée a une surface inférieure à l'étage, qui lui-même a une surface moins grande que l'étage supérieur et ainsi de suite.

Aujourd’hui encore, il est agréable de flâner dans les calades (ruelles pavées avec les galets roulés du Tarn) de la petite ville-pont de Ste Énimie (48). Ce bourg médiéval étale ses demeures de calcaire à colombage et à encorbellement parfois double, jusqu'aux berges verdoyantes qui contrastent avec l'aridité des causses voisins. Ces bâtiments ne sont pas à classer dans l'architecture caussenarde mais dans l'architecture du Moyen Âge.
Proche de la place avec sa halle au blé, se trouvent encore les vestiges d'une mesure à grain en pierre, des échoppes d’antiquaires ou d'artisans de la laine des Causses, du bois, de la vannerie, la belle église romane (XII° et XIII°siècles). De l'autre côté, en haut du village de Ste Énimie, une résurgence jaillit d'une faille du Causse du Sauveterre : c'est la fontaine de Burle qui est toujours réputée pour soigner les maladies de peau.

Sur les rives du Lot, le grès rouge marque aussi spectaculairement les bâtissent principales, notamment à BANASSAC (48) ou à LA CANOURGUE (48). Cette roche tendre constitue une formation géologique aussi ancienne que les schistes des pentes des Boraldes, datée du Permien. Les bâtiments sont construis soit uniquement en grès rouge, soit bâtis magnifiquement en association avec la pierre calcaire.

CONQUES (12) : Dans la crainte d'un incendie, on prit la précaution d'installer les fours à pain en dehors des remparts. Il en existe encore deux, reconstruits à l'époque moderne, l'un devant l'ancienne Porte de Fumouze, au « bout de la ville », l'autre dans le fossé qui longe le rempart occidental.
Conques a aussi le privilège de conserver ses fontaines datant de l'époque romane :
« Devant la porte de la basilique coule une source excellente dont les vertus sont plus admirables encore qu'on ne peut le dire » c'est en ces mots qu'au XIIe siècle, le Guide des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle signalait la fontaine du Plô, en contrebas de la place de l'église. Son réservoir s'enfonce sous le sol de la place, jusqu'à la hauteur du portail de l'abbatiale. Les claveaux de son arc, en calcaire jaune, très bien appareillés, sont identiques à ceux de ses contemporains de l'église romane ou du cloître. La fontaine de Fumouze, à la sortie Ouest du village accueillait les pèlerins au terme de leur longue étape. Ses margelles étaient destinées à recevoir les seaux. La fontaine du Barry enfin, se situe elle aussi hors les murs, en bordure de la rue Charlemagne qui permet de rejoindre les quartiers bas de la ville où se concentraient autrefois les activités artisanales (moulins, tanneries...).
Cf photos de la fontaine du Barry à CONQUES (12)...

  • 1140 - Apparition du style gothique en architecture.

En Rouergue et comme souvent sur le Causse, l’eau n’est pas toujours « courante ». Le ruissellement des eaux est irrégulier, entre l'été et l'hiver et les fontaines de l’époque médiévale sont souvent construites pour pouvoir "se transformer" en puits pendant les saisons sèches.
A l'époque romane, l’architecture des fontaines repose sur des constructions en pierres sèches où l'eau de source est captée par une canalisation de pierre et se déverse dans un réservoir de stockage souterrain maçonné et couvert d'une voûte en berceau. L'accès se faisait par une ouverture en voûtes plein cintre qui ont des margelles chanfreinées à leur base... Des assises peuvent y être rajoutées d'un ou des deux côtés.

A cette époque où les conditions climatiques étaient plus froides et humides qu’actuellement, le puits-fontaine du Moyen Âge de Gajac sur la commune de SÉBAZAC CONCOURÈS (12) a été construit avec un trou d’évacuation (encore visible) dans une margelle qui semble avoir été ajoutée au monument. Il s'agit probablement d'une restauration postérieure à sa construction afin de permettre l'évacuation de l'eau (neige fondue...) du talus de terre situé à l’arrière du monument. Mais avec le temps, cette évacuation s’avère encore quelque peu insuffisante car le talus poursuit sa pression sur le mur et la voûte en berceau qui se déforment de façons très visibles. Des escaliers y étaient aussi aménagés pour son accès.
N’étant plus utilisé depuis les années 1970, il est tombé progressivement dans l’oubli et se trouve à l’écart des chemins, au fond d’une impasse. « La dernière personne y ayant puisé de l’eau, Demoiselle Cance, habitait à Gajac. A sa disparition le monument fut rendu à la nature qui en avait rapidement comblé le chemin d’accès avant la restauration faite en 2012 par le Club Archéo et Patrimoine de RODEZ. » Témoignage de J. Fabre, propriétaire des terrains contigus. Cf photo.

Au pays des Encaulats (les mangeurs de choux), au nord-est du Rouergue, dans la Haute Vallée du Lot, entre le Causse et l'Aubrac, s'étend le village médiéval de SAINTE EULALIE D'OLT (12), à 420 m d'altitude, sur la rive gauche du Lot. Concentré autour de son église, les façades de ses maisons sont généreusement fleuries, maçonnées en galets du Lot, avec ou sans colombages. Il abrite, entre autres, une ancienne école à la tour élancée du XVIIe siècle, devenue École d'Arts.

Le petit village rupestre de PEYRE (12) situé à 7 km en aval de MILLAU, sur la route de COMPRÉGNAC, est remarquable à bien des égards : bâti sur le flanc d’un roc colossal (falaise de tuf) percée de grottes qui domine abruptement la rive droite du Tarn, il est difficile de ne pas tomber sous le charme de ses calades, de ses maisons troglodytiques de tuf ou de son église romane, troglodytique elle aussi et fortifiée au XVIIe siècle...

Pigeonniers, etc.

Autres sources : Club Archéo et Patrimoine de RODEZ http://archeo.mjcrodez.com/category/mise-en-valeur/ ; www.larzac.org ; http://www.tourisme-conques.fr/fr/histoire-patrimoine/village/four-fontaine.php ; Le Rouergue Roman : http://www.art-roman.net/rouergue/rouergue.htm

 4.35 - Le paysan médiéval

Les paysans sont soumis à l’autorité du seigneur, qui, en échange, les protège et leur permet d’exploiter ses terres moyennant des redevances et des taxes (corvées, cens, champart, péages…). Le servage (statut héréditaire qui assujettit le serf à son seigneur) est relativement répandu.
Pays de châteaux (château médiéval à NAJAC 12..., beffrois à MILLAU... et fermes fortifiées...), le Rouergue .

Les contraintes topographiques et géologiques du paysan du Moyen Âge

De multiples contraintes naturelles déterminent l’implantation des villages en montagne ou dans les vallées : le choix du versant, la possibilité des cultures, les vents dominants, le danger des avalanches, des chutes de de blocs de pierres, les crues des rivières, la nature des sols... Ainsi, en raison des particularités climatiques et géologiques (mosaïque de terroirs), les paysans Cévennols, languedociens, Rouergats et de l'Aubrac ont eu du mal à s'installer uniformément sur tout ces territoires, situés au cœur du Massif central qui sont pourtant des terres de passage depuis la préhistoire.

Les hauts plateaux des Causses sont de vastes étendues rocailleuses et montagneuses où la terre végétale est rare. Le sol, fortement érodé, y est extrêmement perméable et ne retient ni les eaux de pluies, ni celles de la fonte des neiges rendant ainsi l'implantation de l'homme très difficile.
La Lozère, département français à l'altitude moyenne la plus élevée : 1000 m, est le territoire qui est longtemps resté le plus "isolé" de par sa situation géographique. L’habitat lozérien était surtout représenté par quelques hameaux et fermes isolés, situés dans les fonds de vallées encaissées, sauvages et boisées, en bordure des dépressions : les dolines.

Puis vint une longue période de réchauffement climatique que tous ces territoires vont connaître, pendant le Haut Moyen Âge. En dehors des périodes de crises, ce climat va favoriser les meilleures récoltes et entraîner une importante montée de l'enjeu démographique et économique, entre les Xe et XIIIe siècles.
Les hauts-plateaux sont défrichés, tout comme les fortes pentes couvertes de forêts de feuillus ou de résineux qui sont à proximité des villages, pour être aménagées en terrasses inclinées : les faïsses.
La toponymie des grands défrichements qui ont été entrepris en conserve encore aujourd'hui la trace, y compris en Lozère, avec des lieux comme Issartels (commune d’ANTRENAS) ou LES HERMAUX. Les habitants de la vallée commencèrent par peupler les versants défrichés des causses (Sauveterre, Méjean...) où les cultures étaient devenues plus faciles puis vinrent enfin coloniser le plateau.
Le plateau d'Aubrac connait, lui aussi, une période de peuplement sans précédent, de défrichements et de mise en valeur des terres, à travers l'implantation de nombreux « mas » paysans, pratiquant polyculture et élevage ovin.
Le déboisement du Larzac, quant à lui, commença dès le XIIe siècle et se poursuivit jusqu'au XVIIe.
Même si le Rouergue, en contrebas des Grands Causses, était loin des grandes plaines et des voies de communication, un certain développement n’en fut pas moins sensible.

L'environnement

Les études qui ont été menées sur les squelettes (XIIIe siècle - cimetière de CANAC -12...) nous démontrent que les « petites gens » avaient la vie rude et leurs corps révèlent de nombreux traumatismes banaux liés à la vie rurale. L’état des fractures consolidées prouve que, si pauvres qu’ils fussent, ces paysans n’en avaient pas moins à leur disposition des rebouteux connaissant leur métier. Les hommes étaient plus souvent victimes d’accidents que les femmes. Mais celles-ci étaient davantage exposées à la tuberculose, laquelle, autant que la mortalité en couches, semble avoir été responsable de nombreux décès avant trente ans.
Leur régime alimentaire est principalement végétal et ils souffrent globalement de carences en protéines et en vitamines. L'analyse de leur dentition rapporte que la période d'allaitement se poursuit fréquemment jusqu'à l'âge de 3 ans. Et le passage d'une alimentation lactée à une alimentation solide conduisait à des déséquilibres (énergétiques, protéiniques...) d'autant plus marqués chez les enfants en bas âges. Des « indicateurs » suggèrent la présence d’infections au long cours, mais aussi d'infections respiratoires et de diarrhées de la petite enfance (infectieuses ou parasitaires).

Les ressources

La chasse (sangliers, chevreuils, perdrix, lièvres...) et la pêche sur certaines parties de l'année, restaient importantes. Mais les ressources provenaient majoritairement de l'élevage d'animaux qui procurait la viande en plus grande quantité et moins aléatoirement ainsi que le lait. Il est essentiellement ovin en Lozère et ovin et bovin en Aveyron et sur l'Aubrac, grâce à la présence plus importante des pâturages à vaches.
Avec le lait, les paysans produisaient de fameux fromages. Déjà en l'an 77 après Jésus Christ : Pline l'Ancien témoignait dans son "Histoire naturelle" : "le fromage le plus estimé à Rome est celui venant des Gabales du Mont Lozère".
Vaches, brebis et chèvres sont traites à la main, individuellement pendant 5 à 10 mn chacune.
Les paysans produisaient aussi du miel et élevaient des poules pour la production d’œufs, des canards, des oies, des lapins...
La peau des animaux (moutons, chèvres, veau...) tannée avec des substances végétales et les poils (renards, lapins...) sont conservés pour la fabrication du cuir (la basane est une peau de mouton tannée qui sert à couvrir les livres, les vêtements...).

La tonte des brebis : coupe de la laine provenant des animaux moutons et béliers était manuelle et pratiquée avec une bonne paire de grand ciseaux : UNE forces (terme moyenâgeux, nom féminin pluriel, qui désignait des cisailles). La "récolte" de la laine était ensuite lavée, cardée, filée et tissée ou bien feutrée.

Le cardage de la laine :
Le travail consistait à carder, peigner, arçonner la laine et le coton, couper le poil de castors ou autres, teindre ces matières et les apprêter de façon à ce qu'elles puissent être mises en œuvre. Le cardeur devait savoir "croquer, bouter, drecier".
Le cardage à la main est une opération délicate qui se faisait autrefois avec la tête épineuse d'un chardon, appelé "cardère". Peu à peu, le chardon est remplacé par des cardes en fer : deux outils identiques munis d'un manche et recouvert de nombreuses pointes recourbées, appelées "habillage de la carde".
Il faut remonter au XIVe siècle pour trouver les premiers statuts du métier de cardeurs.
Le cardeur travaillait sur un chevalet en bois avec une partie en creux aménagée pour y mettre la laine. Le dessus du chevalet permettait d'y attacher une des cardes en plaçant la pince en bas et le talon en haut. Le cardeur tenait l'autre carde à deux mains dans le sens contraire et peignait la laine jusqu'à ce que les petites pointes métalliques dispersent les fibres. Il existait plusieurs sortes de cardes, en fonction de l'avancée du travail : les "placqueresses" pour le premier travail, les "étocqueresses" pour le second, et enfin les "repasseresses" pour le travail de finition. Les cardes devaient posséder 48 dents en largeur et avoir la marque du fabricant qui permettait de désigner le responsable de cardes défectueuses pouvant nuire à la qualité de la laine. Dans ce cas, les cardes étaient brûlées devant la maison du fabricant.
Le tondeur de draps : c'est un ouvrier chargé de tondre les draps lainés. Au XIVe siècle, il maniait des forces de grandes tailles de plus d'un mètre (fabriquées par le Forcetier) et procédait à la « tonte » : Opération de finition constituant à lustrer, lisser : Draps, Serges et autres étoffes de laine pour les rendre plus unis et plus ras. Ces forces étaient portées horizontalement, à hauteur du bassin, d'un poids (10 à 50 kg) travail extrêmement fatigant, car l'action demandait une grande "force".
Dans ses « statuts », le tondeur de draps est nommé tondeur de draps à table sèche, parce qu’il ne lui est pas permis de tondre une étoffe si elle est encore mouillée. Les premières machines de tondage sont apparues vers 1820. Dans l´encyclopédie d´Alembert, le "cureau" était le nom de la lame de force des Tondeurs de draps. Les forces seront utilisées régulièrement jusqu'au vingtième siècle.

Les terres hautes des Causses (sommets et les hauts-plateaux rocheux), moins fertiles, vont être principalement voués à l'élevage ovin (l'animal jeune est l'agneau, la femelle est la brebis (ou fède en occitan) et le mâle est le bélier. La brebis bêle, mais le bélier blatère (comme le chameau). Le mouton (multo en gaulois) désigne l'espèce ou les mâles châtrés (ou castrés) de l'espèce, réservés à l'engraissement.

Comme au temps de la préhistoriques, les paysans continuent de pratiquer la transhumance pendant l'été, en empruntant les parcours (chemins) gallo-romains : les drailles (dralha en occitan) ou carraires (issues du dialecte occitans). Ainsi, lou troupèl (le troupeau de moutons transhumants) et lou pastre (le berger) des montagnes arrivaient chaque été du bas pays desséché pour estiver (rejoindre les terres d’estives : pâturages des massifs montagneux où les fèdes paissaient sur de larges étendues, exploitées uniquement cinq mois de l'année, sur le plateau des Causses du Larzac, pendant la période estivale, lorsque le climat y est moins rude).
L'estive permettait aussi de libérer les champs de basses altitudes pour pouvoir y faire d’autres types de culture comme celle du foin qui coupé, séché et stocké était la principale source de nourriture des bêtes pendant l'hiver.

Du Moyen Âge, jusqu'au XVIIe siècle, le pacage (action de faire paître le bétail) sur des terrains en friche, dans les garrigues, les landes, les prés, les forêts pour les nourrir et les engraisser avec des herbages sauvages faisait l'objet du Droit de pacage (ou pâturage) et pouvait être associé à redevance payée (droits seigneuriaux : le « Pasquerium ») ou à une coutume, voire à des tolérances seigneuriales plus ou moins formalisées selon les régions et les époques.

Au Moyen Âge, la grange était une exploitation rurale dépendant d'une abbaye ou d'un prieuré (voir granges cisterciennes).

Les ressources provenaient aussi de la polyculture (céréalières, fourragères...) :

On arrivait à cultiver du chanvre (SAINT GEORGES DE LÉVÉJAC - 48...) à filer pour tisser les draps.

En raison de leurs terres très acides, les espaces verdoyants du Lévézou (Aveyron) et du Plateau du Ségala (Lot, Aveyron et Tarn), restent tous deux très pauvres tout le long du Moyen Âge. A tel point que les ségalis (paysans du Ségala) ne pouvaient y cultiver essentiellement que du seigle qui leur permettait de produire le pain noir (d'où leur nom de "ventres noirs").

Le glastrum : la plante fourragère dans la teinturerie
Utilisé dès le Néolithique, le pastel fut notamment cultivé durant l'Antiquité, dans toute la partie occidentale de l'empire romain. Jules César raconte dans ses "Commentaires sur la Guerre des Gaules" (livre V, 14) que les Brittons (les bretons) se peignaient le corps avec du uitrum (du Isatis tinctoria, appelée glastrum en Gaule, plante fournissant un colorant bleu) avant de livrer bataille.
Dans l'Europe moyenâgeuse, les trois couleurs de base étaient le rouge, le blanc et le noir. Associée à d'autres teintures, la teinture de bleu pastel était déjà utilisée par les teinturiers pour teindre les robes des clercs en noir et le pastel a été la seule source de teinture bleue disponible en Europe jusqu'à la fin du XVIe siècle.
Son utilisation ne se limitait pas aux tissus. Ainsi l'illustrateur des Évangiles de Lindisfarne employait un pigment à base de pastel comme couleur bleue. Mais elle ne devint une couleur à la mode qu'à partir du XIIe siècle. La Vierge Marie qui était presque toujours habillée d'une couleur sombre, commence alors à être vêtue de bleu ; Les rois capétiens adoptent ensuite un écu d'azur (semé de fleurs de lis d'or) en hommage à la Vierge, protectrice du royaume de France.
Dès 1230, le pastel, extraits des feuilles fraiches d'Isatis tinctoria, fait l'objet d'une culture et d'une transformation à grande échelle, pour satisfaire la demande grandissante des drapiers et des teinturiers. Le bleu était devenu un produit de luxe profitant aux régions du sud, où le climat et son long ensoleillement est y plus propice à la production.
Le XVIe siècle marque l'apogée de la culture du pastel occitan. La culture du pastel fit la fortune de ville comme Toulouse, Albi et Carcassonne et de quelques uns de leurs négociants : les pastelliers, qui figureront parmi les plus grandes fortunes de l'époque, pendant deux générations.
Mais l'essor prodigieux du pays de cocagne ne dura qu'un temps. Personne n'avait pu imaginé qu'en 1560, la surproduction et le développement des routes commerciales vers l'Extrême-Orient qui allait permette l'apparition de l'indigo (extrait de l'indigotier) allaient faire écrouler les prix. Les premiers troubles des guerres de religion rajoutèrent un climat d'insécurité qui finit de détruire totalement le commerce du pastel et entraîna la ruine des collecteurs.

L'Isatis tinctoria est aussi une plante fourragère destinée à l'alimentation animale. Elle continuera d'être cultivée car elle donne un fourrage précoce mais à moins grande échelle. Aux XVIIIe siècle, on faisait paître les moutons dans les champs de pastel après la dernière coupe d'automne.
Associée à la polenta (farine d'orge grillée), les Grecs utilisaient aussi ses feuilles, au moins depuis le 1er siècle, pour traiter les œdèmes, les tumeurs, les plaies, etc. Au XVIe siècle, l'application de ses feuilles sur les blessures facilitait encore leur cicatrisation. On l'employait pour guérir les ulcères et, en décoction, contre les maladies de la rate (1753) ou comme antiscorbutique.

Le vin est, comme au temps de la préhistoire, produit pour la consommation personnelle mais aussi et surtout pour son commerce. Les vignerons exploitent la vigne sur les pentes aménagées en bancels.
En Lozère, on arrivait à exploiter des vignes dans « la Côte » de ST GEORGES DE LÉVÉJAC... Et le sol cantalou produit déjà les prémices des vignobles d'Auvergne que l'on connait aujourd'hui : Côtes d'Auvergne, Côtes du Forez...
Cf. http://www.pierreseche.com/construction_murettes.htm

Les échanges transversaux se faisaient d'abord entre les habitants des gorges et des causses et permettaient la survie de tous.
Pour le transport de marchandises ou de récoltes locales, rares étaient les paysans qui possédaient un cheval. En Lozère, les mulets étaient un peu plus répandus car ils étaient nécessaires aux territoires pentus et rocailleux et s'y adaptaient mieux.
Depuis le XVe siècle, l'âne de Provence ou Croix de Saint André est associé à la transhumance des moutons (Provence, Alpes , Cévennes...) portant le matériel des bergers le long des « drailles » menant aux terres d'estives. La race a été sélectionnée sur une charpente et des membres solides pour parcourir les pistes plus ou moins escarpées des montagnes, assurant ainsi le ravitaillement des estives. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, voir plus, les ânes ont été utilisés dans toutes les régions de France. Nos ancêtres "trafiquants" employaient les bourriquiers, mulatiers ou muletiers pour commercer des marchandises jusqu'à l'Italie. Leur transport était assuré par des "caravanes de mulets".
Ils ont parcouru tant de régions et de pays qu'ils ont depuis longtemps, pour la plupart, transgressés les frontières de la pureté de leur race, une joyeuse pagaille qui a produit de très jolis "bâtards" aux couleurs surprenantes...

Aussi, la situation de bourgade sur les voies de communication ancestrales : draille d'Aubrac, rivière, Camin Romieu (chemin de Rome, route suivie autrefois par les pèlerins, voie romaine) ou Camin Ferrat (chemin ferré, empierré d'un petit muret en pierres sèches, de part et d'autre de la voie...)... constituait un atout majeur, non seulement, pour la circulation des pèlerins, pour les transhumances et aussi, le transport des marchandises.
Le village de LA MALÈNE (48) (qui signifie « mauvais trou » en patois), par exemple, était depuis un temps immémorial, un lieu de passage au point de jonction des routes qui traversent les Causses de Sauveterre et Méjean, permettant l’accès au Tarn pour les troupeaux.
L'édification, vers le XIIIe siècle, d'un pont gothique à 13 arceaux brisés qui enjambe le Tarn à SAINTE ÉNIMIE permit, par exemple, de relier ce village accroché au bas de falaises escarpées dans une boucle encaissée du Tarn à la route sinueuse qui monte vers le Causse Méjean.

A voir : musique traditionnelle, groupes folkloriques ;
Éric Crubézy, Louis Causse, Jean Delmas, Bertrand Ludes et al., Le Paysan médiéval en Rouergue. Cimetière et église de Canac (Campagnac, Aveyron)

 4.36 - 1229-1373 - Les bastides du Rouergue : une politique d'aménagement du territoire

Le Quercy était jusqu'au au XIIIe siècle une région "peu peuplée", c'est-à-dire dont la densité de population est inférieure à 40 habitants au kilomètre carré. Mais tout change par la suite et le Moyen Age verra, dans tout le Sud Ouest de la France et notamment en Rouergue, la construction de 315 nouvelles paroisses, ce sont les bastides. Des visionnaires imaginent, en effet, un urbanisme révolutionnaire destiné à accueillir la population grandissante. Ces villes nouvelles, au plan régulier et novateur, constituent des ensembles architecturaux exceptionnels. Leur plan urbanistique alterne rues droites et parcelles d'habitation de dimensions égales.
Trois de ces bastides sont situées dans les Gorges de l'Aveyron : Najac, Villefranche de Rouergue (Faille), Villeneuve d'Aveyron (Causse).

Le modèle du genre est Sauveterre de Rouergue dans le Ségala, en Aveyron, qui a été construite par le Roi de France, au XIIIe siècle, pour développer le commerce et les échanges économiques entre les paysans et les "citadins", dans un environnement laïque. Sa construction est tout à fait étonnante pour cette époque du fait de sa régularité. On fait venir des arpenteurs qui tracent les rues au cordeau avec une géométrie très précise (rues parallèles croisées avec d'autres à la perpendiculaire). Les "rues charretières" sont les rues principales, elles sont plus larges que les rues secondaires pour permettre le passage voire le croisement des charriots et mènent directement au cœur de la bastide (lieu de rassemblement où se concentrait déjà la vie commerciale, avec ses échoppes, ses halles aux grains et ses "marchés de produits locaux". La place centrale était carrée et découverte est située au centre de la ville, elle est entourée de maisons "à balcons", ce qui permettaient aux piétons présents sur la place d'en faire tout le tour, tout en étant abrités sous les voutes des arcades comme une galerie commerciale. Dès sa création achevée, 60 familles s'y installent, attirées par une fiscalité avantageuse. L'église ne se situe pas en place centrale, elle est un peu écartée et a été construite après la bastide elle-même. On revient donc à cette époque à un plan d'urbanisme appartement primairement à la période grecque et romaine.

Ces villes neuves témoignent de la nécessité d'aménager le territoire face à la forte croissance démographique et de la nécessité d'organiser la vie sociale et économique. Les bastides sont les premières villes à avoir une telle concentration humaine. Les maisons y sont nombreuses, rapprochée, presque compactées entre elles comme Villefranche de Rouergue (12) qui, dès le départ, a abrité 4 000 habitants. Sa construction n'a durée que quatre années : une véritable prouesse. C'est aussi une bastide qui peut facilement être comparée à un "lotissement" médiéval. Les rues charretières y sont "relativement" large contrairement aux rues secondaires. Elles mènent à la place centrale, la place du marché qui, comme un passage incontournable, se tient toujours là aujourd'hui et depuis plus de 700 ans. Seuls leurs nombre a diminué car ils étaient de 3 marchés par semaine et 4 foires par mois alors qu'actuellement, il est de deux marchés hebdomadaires et une foire mensuelle.
Une autre pratique ancestrale qui perdure : pour pouvoir vendre leur produits sans avoir à payer de franchise aux seigneurs (aujourd'hui à la commune), les pauvres installaient leurs étals sur le perron des églises.
La construction de la collégiale est lancée quelques années après celle de la bastide, son clocher ne sera jamais achevé, à la place, un curieux petit clocheton est rajouté au XVIe siècle. Il abrite aujourd'hui un trésor vivant : des faucons pèlerins. Espèces de rapaces qui tend à disparaître et que l'on tente aujourd'hui de sauvegarder. Ce sont les animaux les plus rapides au monde : en vol "en piqué", ils peuvent atteindre jusqu'à 300 km/h.
Une fontaine monolithe, seul point d'eau potable de toute la bastide, se situe en contre-bas d'une une des rues qui partent de la place principale.
La maison D'ARDENNE, une des plus riches familles de négociants de la région, a été construite au XVIe siècle. De la place centrale, la vue de ses fenêtres à ...menots... est magnifique. La cour intérieure présente des sculptures Renaissance inattendues. Une porte s'ouvre sur un large escalier à colonne, au toit en forme de voutes sculptées, symboles de l'ascension sociale du propriétaire. Les balcons sont ornés de bustes représentatifs des propriétaires et d'autres qui racontent la légende de ....Tarcane Ducresse....
Un autre joyaux de la bastide : la chapelle des pénitents noirs avec sa toiture en double clocheton, en forme "de trèfles".

 4.37 - 1261-1270 - L'affranchissement des paysans

Les années 1260 sont marquées, en Gévaudan, par un mouvement d’affranchissement des paysans accordé par les seigneurs, contraints de le leur accorder s'ils veulent conserver leurs serfs sur leurs terres. Ces chartes gévaudanaises sont l’aboutissement d’un lent mouvement permettant de qualifier les droits des paysans et les devoirs exigibles par leur seigneur. Et ces libertés, appelées « franchises », sont désormais mises par écrit, et donc fixes. Elle contribueront nettement à l’amélioration de la condition des paysans. Si les premières chartes d’affranchissement sont signées au XIIe siècle, le mouvement d’affranchissement atteint son apogée au milieu du XIIIe siècle.

En 1261, les paysans des terres de la baronnie de Peyre (autour de Marvejols) obtiennent une charte d’affranchissement de leur seigneur Astorg VII, baron de Peyre qui leur accorde le droit de posséder des biens pour eux-mêmes et de ne payer que des redevances fixes.
En 1269, c’est au tour de la baronnie de Randon puis, en 1270, de la baronnie du Tournel, accordée par Guigue Meschin.

 4.38 - 1269-1307 - Évêché de Mende contre la juridiction du Roi de France : le procès s'ouvre

¤ 1259 - Louis IX, Saint Louis, ratifie la situation par le traité de Paris. Angleterre et France, fondent leurs administrations d’État qui s’imposent par-dessus le pouvoir religieux du Pape. Ce sont toutefois deux états peu fortunés et ils leur faut nouer des alliances. Ceci va étendre le champ des conflits vers l’Est (Flandre, etc.) et l’Espagne et les entrecouper de trêves.

Guillaume Durand V, dit le Spéculator, Evêque de Mende, est né à Puimisson près de Béziers vers 1230. Après des études à l’université de Bologne, il devient docteur en droit canonique et civil. Il rejoint Rome, où il est fait chapelain apostolique. Il administra pour Grégoire X le patrimoine de Saint-Pierre, mais excita une révolte par sa rigueur et se vit contraint de quitter l'Italie.
En 1276, Guillaume Durand V sera le premier à rédiger le “Miroir du Droit”, véritable encyclopédie de droit canonique et civil qui figura pendant des siècles dans toutes les bibliothèques des juristes. Il écrit aussi deux autres œuvres liturgiques qui par leurs diffusions répandront le nom de Mende et de sa cité épiscopale dans toute l’Europe.
Le 24 avril 1285, il est élu évêque par le chapitre (les chanoines) de la cathédrale de Mende. De 1291 à 1295, il réside à Mende (48). Rappelé à Rome, il y meurt en 1296.

C'est Guillaume Durand VI (souvent nommé Guillaume Duranti II), neveu de Guillaume Durand V, le Spéculator, qui succède à ce dernier, à la tête de l'évêché mendois.
Guillaume Durand VI est né vers les années 1270, à Puimisson, près de Béziers, comme son oncle. Il devient ensuite chanoine puis archidiacre à Mende avant de devenir évêque, le 17 décembre 1296. En juin de cette même année, il ramène en la cathédrale de Mende des reliques de la Vraie Croix offertes par le roi de France. Il n'était alors pas encore prêtre (donc non éligible à la qualité d'évêque) mais il obtient une dérogation du pape Boniface VIII. Guillaume Durand VI cherche alors à légitimer son pouvoir. En 1302, il obtient de la Chaise Dieu, les prieurés de Fournels, de Brion, de Termes, de Saint Pierre le Vieux et du Bacon.
A MENDE, il fonde un collège de prêtre sous le vocable de Tous les saints, la mort de son oncle étant survenue jour de la Toussaint.
Mais il laisse les chevaliers du Castrum de La Garde (ou encore La Garde Guérin à partir de 1298) continuer leurs agissements, bien que cela lui déplaise, à l'image de ses prédécesseurs (dont Aldebert qui craignait la présence de ces chevaliers sur l'ancienne voie romaine : La Regordane).

Peu de temps après sa prise en main de l'évêché, le 23 octobre 1304, il rentre en conflit avec les barons du Gévaudan, principalement les Peyre. Il réunit alors ses chanoines et déclare qu'il comptait corriger l'injustice dont son église était victime et ne jamais pardonner le complot ourdi par Astorg de Peyre, Guigue de Cénaret et Hugues de Quintinhac.

Les premiers, les grandes seigneuries féodales suffisamment puissantes et organisées pour négliger de trop étroites allégeances, détiennent l'autorité et revendiquent le droit et l'exercice de rendre la justice tout en étant soutenus par le peuple qui espère une plus grande impartialité ;
Au grand dam des seconds : l'autorité religieuse de Mende, qui s’y est attribué un pouvoir temporel féodalement indépendant de la noblesse et qui voit en ce privilège un moyen facile de gagner de l'argent.
Les peines étaient, en effet, toujours assorties d'amendes et les frais des procès, à la charge du condamné !

Ce seront ces conflits entre la juridiction du roi installée en Gévaudan à la suite de la croisade des Albigeois et de la campagne de Louis VIII en 1226, et celle de l’évêque de Mende, qui seront à l'origine du procès qui s’ouvre en novembre 1269 entre l’évêque de Mende et le Roi de France.

 4.39 - Du XIVe au XVe siècle - Crises et renouveau

 4.39.1 - 1307 - L’acte de paréage

A l’issue de ce litige, en février 1307, MARVEJOLS (48) passe sous la coupe du Roi Philippe Le Bel et devient la capitale administrative des terres du roi de France en Gévaudan. Il réussit à s'entendre d'avantage avec l'évêque Guillaume Durand VI (neveu du premier spéculateur) et signe un traité de bonne conduite appelé : l’acte de paréage qui va progressivement reconnaître l’autorité de l’évêque sur les domaines royaux.
Celui-ci fixe les compétences et sectionne le Gévaudan en un domaine royal, un domaine épiscopal et partage la juridiction sur une autre portion du territoire gévaudanais (un domaine commun), ramenant ainsi le calme dans la région, notamment pour l'aristocratie qui s'émancipe du pouvoir central, successivement wisigothique puis franc. Sur les terres communes, ils désigneront ensemble un tribunal (un bailli, un juge et des officiers) qui tiendra séances, une année sur l'autre, soit à MENDE, soit à MARVEJOLS.
Malgré le statut particulier qu'a obtenu l’évêque de Mende grâce à ce paréage de 1307, les attaques régulières des agents du roi se poursuivront jusqu’à la Révolution française. Et pour des raison économiques, le tribunal siègera principalement à Mende, au XVI siècle et durera, lui aussi, jusqu'à l'abolition des privilèges.

Suite à ce nouvel acte de paréage établi entre le roi de France et l'évêque de MENDE, une grande enquête est menée en 1307 pour consigner avec précision, par procès verbal, les possessions de chacun. Ainsi, les noms de quelques seigneurs vivants au XIVe siècle sont consignés dans ces "Feuda Gabalorum" (les fiefs du Gévaudan) qui livre des renseignements historiques précieux sur le Gévaudan.

1307 - Enquête sur les fiefs que le seigneur de Canilhac tient de l'évêque de MENDE : « Item mansum dels Monzils, situm in predicta parrochia Sancti Geogii, qui confrontatur ab una pate cum manso de Marcaire et ex alia cum Manso dels Esclavars ». « De même le manse des Monziols, situé dans la susd. paroisse Saint Georges limitrophe d'une part avec le manse de Marcaires et de l'autre avec le manse des Esclavars ». Parchemin, 29x20 cm. Arch. Dép. Lozère, G 157, cliché N. Mercier.
Les textes mentionnent, au Moyen Âge, le château de LÉVÉJAC qui dépendait de la seigneurie de SÉVÉRAC LE CHÂTEAU (Aveyron) et ne survécut pas aux guerres de Religion.
Au XIIIe siècle, en plus de l'église de St Pierre présente dans la vallée, un autre lieu de culte fut établi, sur le Causse, en l’honneur de ST GEORGES DE LÉVÉJAC (Sanctus Georgius de Lebeyaco ou Loberiaco), pour les besoins religieux des quelques habitants du plateau. Au départ, il ne fut qu'une simple dépendance de l'église de St Pierre. Mais peu à peu, les habitants du plateau étant de plus en plus nombreux, l'église de St Georges devint plus importante et les rôles s'inversèrent. L'église de St-Pierre ne fut plus qu'une annexe de St georges, à laquelle elle fut rattachée définitivement vers 1700. Elle fut démolie, en 1866, pour construire la maison Castan, sur son emplacement.
L'église de St Georges, quant à elle, était prospère. Elle forma un prieuré simple, faisant partie du patrimoine des moines de LA CANOURGUE, jusqu'en 1405. Source principale : François GUICHARD

On retrouve, cité dans cette enquête de 1307, le château de Montjézieu à LA CANOURGUE, sous le nom de Castrum de Monte Judeo. Ce qui laisse supposer que le château devait être le lieu de résidence d'une colonie juive en Gévaudan, à cette période. Néanmoins, l'année 1307 est aussi celle où les juifs furent expulsés du Gévaudan par ordre de l’Évêque. Il se pourrait donc probablement que le château de Montjézieu soit devenue possession épiscopale à ce moment-là.

Le mandement de NOGARET (48) : le village de NOGARET, un peu au Sud de SAINT PIERRE DE NOGARET, devint le siège du mandement de NOGARET qui regroupait SAINT PIERRE DE NOGARET, SAINT GERMAIN DU TEIL et TRÉLANS. Structure défensive bénéficiant d'un statut particulier, ce mandement était représenté aux États Généraux du Gévaudan.

LAVAL DU TARN (48) qui était un village appartenant historiquement au Gévaudan devient une paroisse en 1308.

 4.40 - 1309-1378 - Les derniers des Capétiens directs - La période des Papes d’Avignon

  • En 1315, la baronnie de CALMONT D'OLT (12) devient la possession d’Hughes de Castelnau de Bretenoux et c’est cette puissante famille qui régnera sur ce domaine seigneurial jusqu’à la révolution française.
  • Une Église paroissiale, dédiée à Saint Hippolyte, est construite à Esclanèdes, au cours du XIIIe siècle. Elle sera consacrée en 1315.

¤ 1316 - Philippe Le Bel voit ses fils lui succéder. D’abord Louis X, fils aîné puis son fils cadet Philippe V ; enfin Charles IV, son dernier fils.

  • 1317 - Évêchés de VABRES (Aveyron - 12) : le diocèse est érigé par le Pape Jean XXIII, second Pape d’Avignon, qui le détacha du diocèse de RODEZ, jugé trop vaste. Le siège épiscopal était situé à VABRES L'ABBAYE et son premier évêque fut le supérieur de l'abbaye bénédictine. Son territoire s'étendait sur l'actuel département de l'Aveyron, au sud du Tarn et comprenait 130 paroisses des Causses.
  • L'Église Saint Privat à BARJAC fût consacrée en 1324.

¤ 1328-1350 - Pour les Capétiens (France), la transmission de la couronne exclue les femmes, aussi, à la mort du dernier des Capétiens directs, Charles IV le Bel, son cousin Philippe VI de Valois (né en 1293, fondateur de la dynastie des Valois), de la branche cadette, lui succède et veut intégrer l’Écosse à sa couronne.

  • Le château de SAINT SATURNIN DE TARTARONNE (48) est mentionné dans le patrimoine du roi de France au XIIIe siècle, ce qui place sa construction vers cette époque. C'est une imposante forteresse nichée au coeur d'une gorge profonde, au pied de l’impressionnant rocher des trois dents. Elle est dotée d'une grande tour carrée appartenant à la construction primitive et de trois tours rondes qui vinrent se rajouter, au XVe siècle. Dans la grande et belle salle du château, trônent encore ses deux immenses cheminées.
    Propriété de la famille de Cénaret, contor de MONTFERRAND, il fut légué à la branche cadette sous louis XIV : les Freissinet de Valady.
    Le Sac de pierre : la légende du château de SAINT SATURNIN :
    Casimir, le dernier comte de Freissinet, convoitait une belle jeune fille dont il fit le portrait. Il la représenta portant autour du cou, un collier fait d'ossements humains. La fiancée en mourut d'effroi. Pour expier cette horrible faute et ayant cédé à la folie, comme le rapporte la tradition, Casimir s'infligea une punition digne de Sisyphe : vêtu de deuil par un linceul, il transportait un sac de pierres sur le causse, recommençant indéfiniment son labeur pour faire pénitence. Il passa le reste de sa vie en sa demeure comme un véritable gueux, dormant sur un lit de cordes, couvrant son château d'incompréhensibles inscriptions. On dit qu'il avait même offert à une de ses servantes, une tunique portant une tête de mort. La pauvre servante en fut si malade qu’elle en mourut. Devenu un grand vieillard à longue barbe blanche, il écrivit sa messe funéraire chantée à l'ancre noire et avec son sang. Ruiné, le comte légua le château à l’évêché de MENDE et termina sa vie à l'hôpital de Mende où on soignait ses dérives mentales. Il y mourut en 1863. Sa tombe se trouve dans le petit cimetière du village, tout contre l’église qui était autrefois la chapelle du château. Durant cette période, le blason de famille furent vendus au château de La Caze. En 1906, le château fut vendu à Camille Samson pour la somme de 800 Francs. Il aurait été vandalisé à moult reprises. Ainsi le linteau de la porte principale se retrouverait dans le château de La Caze. Dans les années 1990, le château est acheté par le SIVOM de LA CANOURGUE à M. Aniel (Agnel), petit fils de M. Samson, pour la somme de 350 000 francs. Il est racheté en parti en ruines en 1995 : "les pierres de certains pans de mur portaient encore les stigmates d'un douloureux passé et étaient si délabrées qu'elles laissaient échapper leurs plaintes aiguës au contact du vent". Le château est depuis une propriété privée de la S.C.I. des Amis de Saint Saturnin gérée par Mme Feydeau, fille du comte de Laubespin. Ces derniers obtinrent la même année, de le faire classer au titre de monuments historique, et entreprirent les travaux de restauration avec une architecture restituée à l’identique, qui le sauvèrent de la ruine. Ces nouveaux propriétaires qui réussirent ce tour de force grâce à leur passion pour le château de St Saturnin, ne sont autres que les descendants de Béranger (ou Bérenger) de Sabran-Montferrand, grand-père du célèbre pape Urbain V.
  • Le château de Mazerolles, situé sur la commune de NAJAC (12), a été construit au XIIIe siècle puis remanié au XIXe siècle par son propriétaire.
  • Le donjon du château de Miral à BÉDOUÈS (48), dominant le confluent du Tarn et de la rivière de Runes, fut construit à la fin du XIIIe siècle. Entouré de remparts, il défendait l'accès à la haute vallée du Tarn. Du XIVe au XVIe siècle, les seigneurs de Malbosc-Miral organisèrent leur demeure et ses dépendances autour du donjon.

 4.41 - 1337-1453 - La guerre de 100 ans - Le ravage des Anglais

les routiers et la jacquerie

Les XIVe et XVe siècles, à la fin du Moyen Âge, ne sont pas épargnés par les temps de malheurs et de refroidissements climatiques. De nouveaux tremblements de terre authentifiés avec certitude, ont causé des destructions massives dans tout le Royaume de France. Huit secousses importantes sont signalées entre 1314 et 1344, d'autres encore en 1357, 1367, 1373-75 dans toute la France ainsi qu'en Auvergne en 1477 et 1490.
Comme si cela ne suffisait pas, la guerre de 100 ans, fera des ravages dans une population bien fatiguée en ces temps de crises. Cette fois-ci, ce sont les Anglais qui investissent la France et occupent tout l'ouest du pays. Les provinces de l'Auvergne, le Rouergue et le Gévaudan sont dévastés lors de cette guerre.

¤ 1337 - Édouard III, fils d'Isabelle de France, elle même, fille de Philippe Le Bel, conteste les droits de Philippe VI de Valois, se rapproche de l’Artois et prétend à la couronne de France selon le « droit normand » qui accepte la succession par les femmes.

  • 1344 - La guerre est aux portes du Rouergue. SAINT ANTONIN (12) est assiégé neuf mois durant par les armées anglaises.
  • 1347 - On commence à entourer MILLAU (12) de remparts ; Bertrand de Pébrac, 5ème Évêque, pousse les Saint Affricains (12) à doter leur ville de murailles.
    http://www.amisdallegre.org/fichier_associe/2_complement_historique.pdf

¤ 1347-1352 - La grande peste : cette épidémie de peste noire va engendrer environ 25 millions de morts, près d’un tiers de la population en Europe.

¤ Charles II Le Mauvais (Évreux 1332-1387) est le fils de Philippe III d'Évreux, roi de Navarre et de Jeanne II, fille de Louis X le Hutin. Il sera roi de Navarre de 1349 à 1387 et ne cessera d'intriguer pour agrandir ses possessions et supplanter les Valois en raison des droits dynastiques qu'il tenait de sa mère. ¤ Jean II, dit Jean le Bon est sacré roi de France le 26 septembre 1350. Né le 26 avril 1319 au MANS, il est le fils du Roi Philippe VI et de Jeanne de Bourgogne et le second souverain issu de la maison capétienne de Valois.
Le mariage de Jeanne de France, fille du roi Jean II avec Charles II Le Mauvais, a pour but d'amorcer la réalisation du programme de ce dernier. Mais Jean II ne lui accorde rien et Charles se brouille définitivement avec les Valois.
Confronté à la crise de la féodalité et aux intrigues de Charles le Mauvais, Roi de Navarre et prétendant le plus direct à la couronne, Jean II le Bon gouverne principalement dans le secret entouré d'hommes de confiance. Il perd rapidement beaucoup de crédit face aux cinglantes défaites du début de la guerre de Cent Ans. Face à une France misérable et dans l'incapacité de faire rentrer les impôts, la nouvelle dynastie recourt à des mutations monétaires pour renflouer le trésor.

¤ 1355 - Les Anglais, menés par Édouard III et son fils le Prince noir, profitent de tous ces troubles et relancent la guerre.
¤ 1356 - Jean II le Bon fait emprisonner Charles II Le Mauvais.
¤ 1357 - Les partisans de Charles II Le Mauvais le délivrent, profitant de la captivité du roi Jean II le Bon. Charles de Navarre peut bientôt faire pression sur le dauphin ; grâce aux troubles intérieurs et à la révolution parisienne d'Étienne Marcel (1358), il assoie ses fortes positions en Normandie et sur la Seine, en aval de Paris, exploite la menace anglaise en attendant de s'allier ouvertement à Édouard III. ¤ 1358 - La grande Jacquerie : les paysans, affamés, se révoltent contre les seigneurs dans le nord de la France. Émeute dirigée par Etienne Marcel à Paris.
¤ 1359 - Le dauphin Charles appelle au renforcement des châteaux.

  • La cité de MARVEJOLS (48) est fortifiée, aux environ de 1360. Trois belles portes fortifiées jalonneront le tour de ville (Soubeyrane, Chanelle).

¤ 1360 - Une réaction loyaliste retire l'appui de PARIS à Charles de Navarre et la guerre anglaise prend fin.

  • Le Rouergue est cédé au roi d’Angleterre par le traité de Brétigny mais sa signature n’est pas synonyme de paix : les soldats au chômage forment des compagnies de brigands du nom de leur armure : la brigandine pour piller et rançonner les campagnes, faute d’emploi et de solde.

¤ 1360-1445 - Plusieurs stratégies sont destinées à « débarrasser » le royaume des Compagnies.

  • 1361-1450 - Evêché de VABRES (12)
    La brigandine assiège VABRES (12) entre 1361 et 1366. SAINT AFFRIQUE (12) passe aussi sous l'autorité des Anglais entre 1361 et 1368. Étienne de Vassignac, 7ème Évêque de VABRES, pro-anglais, vit à SAINT IZAIRE (12) sous la protection d’une garnison anglaise qu’il entretient.
    En 1369, il participe aux négociations avec le comte d’Armagnac, partisan du roi de France, pour l’évacuation des places-fortes anglaises du sud du Rouergue. La garnison anglaise quitte SAINT IZAIRE en janvier 1370. Guillaume de Bastidos (1412-1420), 9ème évêque, renouvelle en 1414 la charte de libertés et de franchises accordée aux habitants de SAINT IZAIRE par ses prédécesseurs. Il participe à la restauration des remparts du village et organise la garde. Pendant tout le XVe siècle, les Évêques désertent VABRES au profit de SAINT IZAIRE. Sous l’épiscopat de Jean de Pierre (1421-1453), les chanoines de VABRES réclament le retour de l’évêque. N’ayant pas eu gain de cause, ils portent l’affaire devant la cour métropolitaine de Bourges en 1450. Les évêques suivants paraissent accorder plus d’intérêt à VABRES. Louis de Narbonne, 13ème évêque, achève la construction de sa cathédrale et la restauration du palais épiscopal.

¤ 1362-1367 - Les interventions de Charles II Le Mauvais en Espagne, n'aboutissent qu'à affaiblir davantage son royaume pyrénéen.
¤ 1363 - Charles II Le Mauvais réclame, en vain, la succession de Bourgogne.
¤ 1364 - Victoire à Cocherel : le grand connétable de France : Bertrand Du Guesclin vainc Charles le Mauvais qui doit renoncer à ses projets (traité d'Avignon, 1365) et rentrer en Navarre.
Jean II, dit Jean le Bon meurt à Londres le 8 avril 1364.
¤ 1364-1380 - Règne de Charles V le Sage. Plusieurs victoires contre l’Angleterre.

  • 1365 - Connu dès la fin du XI° siècle comme fief du roi d’Aragon du fait de sa position stratégique, dominant la vallée du Lot et la route qui était jadis le seul passage possible pour relier MENDE (48) au Rouergue, le château fort de Montferrand, sur la commune de BANASSAC (48) reste une des places les plus importantes de la région et est, dès août 1365, au cœur des périples.
    Il est alors l'un des nombreux châteaux de la région détenus par les Anglais et le refuge de nombreux pilleurs qui s'attaquent aux pays du Velay.
  • 1366 - Le château de SAINT ÉTIENNE VALLÉE FRANÇAISE, est bâti juste au-dessus du village par MM Bernard et Pierre De Raymond de Calberte, avec l'autorisation du vicomte de Beaufort, comte d'Alais.
    C'est un bâtiment quadrangulaire comportant une tour ronde à trois de ses angles et une grande tour crènelée carrée (partie la plus ancienne), qui fait office de donjon, à l'angle nord-ouest. Cette tour est construite en pierres de schiste mêlées de quartz blancs, et est surmontée sur sa terrasse sommitale d'une tourelle de guet avec un toit en forme de poivrière. C'est un bâtiment qui comporte trois niveaux, les deux premiers datent du XIVe siècle, le dernier niveau et l'escalier à vis proviennent d'une surélévation de la fin du XVe siècle. Le château se compose de trois ailes autour d'une cour fermée sur le côté ouest par un mur d'enceinte crènelé percé d'un portail. L'un des rez-de-chaussées des logis est probablement contemporain du donjon. Les autres sont le résultat des remaniements de l'époque moderne.

¤ 1367 - Du Guesclin entraîne les Grandes Compagnies se mêler à la guerre de succession en Espagne. Édouard III se fait vieux et le Prince Noir, est mal en point.

  • 1368 - Pierre d'Estaing est nommé cardinal et gouverneur des États pontificaux.

 4.42 - Urbain V - Le pape gévaudanais

C'est dans le château de Grizac près du PONT DE MONTVERT (48), bâti par Guillaume de Grimoard (dont le statut de chevalier-paysan lui autorisait une telle construction) que naîtra, en 1310, quelques années après sa construction, son fils, Guillaume Grégoire de Grimoard, le futur pape gévaudanais Urbain V.
Après des études de droit canon à Montpellier et Toulouse, Guillaume Grégoire de Grimoard devient docteur en 1342, il est ordonné à SAINT BONNET DE CHIRAC (48). Il connaît une ascension continue et devient Abbé de Saint Victor de MARSEILLE en 1361. En 1362, il succède au pape Innocent VI, couronné en Avignon, il devient le pape Urbain V.

  • Avant de mourir en 1370, le pape gévaudanais Urbain V tente de faire défendre son pays assailli par les anglais mais Du Guesclin, chargé par le roi Charles V de le libérer est fait prisonnier en Aragon.

Urbain V décède à AVIGNON, en 1370. Pape humaniste, il favorise l’accès aux études des jeunes gens, créant le studium de SAINT GERMAIN DE CALBERTE (sorte de séminaire avant l'heure, entièrement réservé aux moines) et le collège des douze médecins à MONTPELLIER, réservé à douze étudiants en médecine d’origine gévaudanaise.
Pape diplomate, il cherche à ramener la papauté à ROME.
Pape bâtisseur, il n'aura de cesse de protéger et fortifier le monastère Saint Sauveur du MONASTIER et son Abbaye aux chapiteaux remarquablement sculptés où il avait prit l'habit de religieux. Il contribuera par de fortes subventions à renforcer ses défenses par la construction d'une puissante échauguette qui s'élevait sur le gros contrefort et de galeries voutées en demi-berceau au dessus des bas côtés du donjon aujourd'hui disparu, reliées par un passage intérieur (les armoiries d'Urbain V subsistent sur la façade Sud).
Il laisse une empreinte indélébile sur les terres lozériennes avec la collégiale de BÉDOUÈS et surtout en participant largement à la construction de la cathédrale Notre Dame et St Privat de MENDE sur le tombeau de Saint Privat, au XIVe siècle. De style Gothique, la Cathédrale Notre Dame et Saint Privat déploiera son imposante silhouette sur la ville. Elle sera consacrée un siècle après que sa construction ai débuté en 1368.
En 1579, les guerres de religion et plus tard la Révolution firent disparaître en partie les reliques de St Privat. Ce qui en subsiste est conservé en l'église de l'Ermitage Saint Privat.
Pour desservir le château fort de Montferrand où est née sa mère, Amphélise de Sabran (fille de Béranger (ou Bérenger) de Sabran-Montferrand), et enjamber le Lot, Urbain V fait aussi construire le pont de MONTFERRAND.
D’origine médiévale, le pont de Montferrand a été réparé ou reconstruit au XVIIe siècle, avec des pierres de calcaire et de grès rouge. Il comporte deux arches de tailles inégales. La pile centrale est renforcée en amont et en aval par des contreforts de section triangulaire.
Le donjon du château de Grizac, le logis (les parties restantes du château) et l'ensemble des dépendances et bâtiments de ferme ont été classées monument historique en 1984.

La Capelade : la légende du château de Grizac :
Il se dit qu'en ce temps là, de machiavéliques seigneurs régnaient sur Saint Saturnin. Et leurs sujets étaient dans l’obligation de faire le geste de la "Capelado" (lever leurs chapeaux) en passant devant le château pour le saluer. Lorsque les manants oubliaient cette obligation, ils étaient arrêtés et jetés au cachot dans un premier temps puis libérés ensuite mais avant, ils devaient gagner leur libération en dansant pieds nus, les yeux bandés, sur des dalles brûlantes pour gagner la sortie. Alors, si on passe dans le coin…

¤ Après une nouvelle conspiration, les biens de Normandie de Charles II Le Mauvais sont confisqués, mais il vend alors Cherbourg aux Anglais (1378).

  • Vers 1379, les négociations tentées par l'État du Gévaudan avec les Anglais se révélant infructueuses, le roi demande à Du Guesclin, enfin libéré, de se rendre dans le Massif central pour le délivrer de l'envahisseur anglais.
    En arrivant au Puy (Auvergne), en mai 1380, il commence par libérer le château de Ruines (proche de Saint Flour, propriété de la baronnie d'Apcher). Il fait ensuite route vers Châteauneuf et y arrive vers la fin juin.
    Les troupes de Du Guesclin étant parvenues à encercler la citadelle, commencent le siège de la forteresse de Châteauneuf. Le blocus et les batailles y sont terribles sous la chaleur de ce mois de juillet 1380 et une trêve est accordée aux assiégés, en échange de quoi ils promettent de se rendre s'ils ne sont pas secourus.
    Les secours n'arrivent pas et Du Guesclin est proche de conquérir Châteauneuf. Mais alors qu'en rentrant d'un rude combat en direction du camp principal se situant au lieu-dit de l'Habitarelle, sous une chaleur étouffante, il se désaltère avec l'eau très froide de la fontaine de la Clauze. Il tombe, congestionné.
    Le connétable reçoit les derniers sacrements vers le 10 juillet, alors que les Anglais s'apprêtent à rendre les clés de la citadelle. Il meurt le 13 ou le 14 juillet 1380, avec pour dernier fait d'armes d'avoir libéré Châteauneuf.

    Les Anglais ayant promis de rendre les armes à Du Guesclin, ont rendu les armes. Sa mort aurait pu provoquer un sursaut d'orgueil. Mais les troupes françaises, pleurant leur connétable, avaient juré de passer à trépas quiconque tenterait un acte héroïque et d'exécuter également les otages, les Anglais préférèrent se rendre plutôt que de perdre d'autres hommes.
  • En 1380, le château fort de MONTFERRAND est donc rendu contre rançon au roi de France qui y fera installer une garnison dont le rôle sera important pendant les guerres de religion à venir. Le château restera le siège du commandement militaire du Gévaudan jusqu’à la révolution.
    1380 - Les Anglais ne possèdent plus en France que les terres autour de Bordeaux, Bayonne et calais.
  • En 1382, une chapelle troglodytique sous le vocable de St Jean Baptiste est érigée à CASTELBOUC à SAINTE ÉNIMIE (48). Elle est bâtie en vertu d’un testament de noble Guillabert de Montjézieux, seigneur de Castelbouc, afin qu’on y prie pour son âme et celle de ses parents.
  • 1381-1384 - Révolte des Tuchins en Languedoc, aidés par des nobles locaux. Une partie est pacifiée et une autre monte en Auvergne de 1383 à 1389.
  • Par le mariage d'Hugues d'Arpajon avec Jeanne de Severac, en 1385, la famille d'Arpajon devient propriétaire de la seigneurie de SÉVÉRAC LE CHÂTEAU. En 1508, la vicomté d'Hauterive (de la famille des Séverac) et son Château (détruit entre 1629 et 1634) reviennent, en même temps que la terre de Sévérac, à la jouissance de la famille d'Arpajon.
  • En 1392 les châtelains, Bernard et Pierre De Raymond de Calberte, achètent une partie des droits de justice de SAINT ÉTIENNE et en deviennent de ce fait les co-seigneurs. Les De Raymond, cités comme seigneurs ou co-seigneurs, resteront propriétaires du château jusqu'au XVIIIe siècle.

¤ 1413-1419 - Victoire des Anglais contre les chevaliers français, à Azincourt (1415). Charles VI n’est pas capable de maintenir l’état de la France, alors qu’Henri V d’Angleterre pousse son pays en avant après que ce dernier ait connu une période de guerre civile lors du retour en Angleterre des « compagnies » jusque-là restées en France.

  • 1419 - Le château de SERVERETTE (48) est incendié par "les Armagnacs" venus déloger "les bourguignons" réfugiés dans la forteresse. L'acte de reconstruction de l'enceinte en 1440 fait état d'une agglomération composée d'une partie intra-muros et de quartiers situés hors des remparts (faubourgs de Pissarate au nord et du Barry au sud).

¤ 1420-1422 - Traité de Troyes. Le dauphin Charles est déshérité. A la mort de Charles VI de France, Charles V d’Angleterre prendra la couronne de France.
¤ 1422 - Charles VI le Fou, de France et Charles V d’Angleterre meurent la même année. La France est une mosaïque de territoires, les uns soumis aux Anglais, les autres aux Bourguignons, les derniers enfin au Dauphin, futur Charles VII. Sans compter les provinces périphériques, aujourd'hui françaises, qui sont encore terres d'Empire (Lorraine, Provence...). Le duc de Bedford s’installe à Paris et est régent pour Henry VI d’Angleterre, âgé d’un an. Charles VII monte sur le trône (1422 à 1461) en des temps troublés, alors que le royaume est enlisé dans un long conflit avec l'Angleterre et miné de l'intérieur par les luttes entre les grands seigneurs.
¤ 1429 - Le 8 mai 1429, entre en scène une héroïne célèbre de son époque : Jeanne d’Arc contribue à reprendre Orléans. 18 juin 1429. Victoire de Patay. Charles VII devient roi de France, grâce à Jeanne d’Arc.
¤ 1429-1453 - Charles VII de France conduit la reconquête.
¤ 1435 - Traité d’Arras : réconciliation France-Bourgogne.
¤ 1440 - « Praguerie » : révolte noble contre la couronne, réduite par Louis XI, dauphin.
¤ 1444 - Fragilité des finances d’Angleterre. Pertes anglaises. 1448 - L’Angleterre cède le Maine.
¤ 1453 - Fin « de fait » de la Guerre de Cent Ans. Mais Calais reste occupée par les Anglais jusqu’en 1558.

 4.43 - 1461-1483 - Règne de Louis XI - Agrandissement du royaume de France

Jusqu’alors, les offices étaient des fonctions confiées par le roi à ses serviteurs pour la gestion de ses domaines. L'officier perdait donc, en principe, sa fonction à la mort du roi. Avec le développement du pouvoir royal, dès la fin du Moyen Âge et surtout au XVIe siècle, l'office devient une délégation partielle de l'autorité royale. Les fonctions publiques, charges de justice avec juridiction (offices de connétable, de chancelier, de maréchal de France, par exemple), de finance et de police sont ainsi érigées en offices.

L'office, à la différence de la charge de commissaire (commission royale temporaire et révocable), est une fonction publique dont le statut est défini par une loi générale (édit de création d'office) qui entraîne l'inamovibilité de son titulaire (reconnue par Louis XI 1467). En effet, si le roi peut supprimer des offices, il ne peut ni déplacer ni révoquer un officier (sauf faute grave de l'officier, qui est alors jugé par ses pairs). À cela, s'est ajoutée la pratique de la vente des offices (vénalité des offices), et avec elle, sa conséquence, l'hérédité des fonctions. http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/office/74558

  • Construit à partir de 1470, le château de Triadou, situé à PEYRELEAU (12) est habitée dès juillet 1479 par Pierre II d'Albignac, seigneur de Triadou, et son épouse Flore de Capluc, fille de Guillaume de Capluc et sœur de Louis de Capluc par qui le jeune couple reçut en dotation la moitié des terres dont Peyreleau faisait partie. Le terrain choisi pour la construction du château était la propriété des moines du Rozier, de l'abbaye d'Aniane. Avant de s'installer à PEYRELEAU, c'est au château de MOSTUÉJOULS (12) que siégeaient les seigneurs d'Albignac. Malgré l'importance des travaux engagés, le Triadou restera longtemps inachevé.

¤ 1480 - Importante famine en France.
¤ 1483-1498 - Règne de Charles VIII.
¤ 1492 - Découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.
¤ 1497 - Découverte de la route des Indes par Vasco de Gama.
¤ 1498-1515 - Règne de Louis XII.
¤ Fin XVe - Début d’une nouvelle période de l’histoire, la Renaissance, en Italie.

 4.44 - Du papyrus au parchemin, du rouleau au manuscrit à l'art de l'enluminure

Le début du Moyen Âge est une période de dévotion et la majeure partie des livres est d'inspiration religieuse. En parallèle, les livres profanes littéraires ou d'études se multiplient : romans de chevalerie, copies de textes antiques, livres d'études liés aux commandes des nobles et des besoins universitaires.

Pour la fabrication de ces livres, le parchemin présente l'immense avantage de pouvoir être fabriqué partout bien qu'il reste onéreux. C'est une peau de vache, de mouton ou de chèvre qui est tannée, grattée, poncée et blanchie à la craie. Lorsqu'elle est très fine et de qualité supérieure, on la désigne sous le nom de vélin (parchemin obtenu à partir d’une peau de veau mort-né).
Tablette de cire et stylet IIIe s ap J-C inscription en grecAu 1er siècle ap. J-C, le parchemin s'enroule, lui aussi à ses débuts, tout comme le papyrus. Mais plus mince, plus souple et résistant que le second, il provoque l'émergence d'une nouvelle organisation : le codex, l'ancêtre du livre actuel. D'abord marginal, il détrônera le papyrus et les tablettes de cire (voir photo), dès le Ve siècle après J-C. Dès lors, les feuilles sont pliées, assemblées en cahiers reliés à leur tour ; l'écriture devient possible sur les deux faces (deux fois plus qu'un rouleau de papyrus !) ; La manipulation est plus aisée, le stockage de texte est plus dense (parfois plusieurs centaines de pages, difficile pour un rouleau).
Sa diffusion puis sa généralisation conduit à une conception révolutionnaire de la mise en page du texte ainsi qu'au développement d'un nouvel art décoratif : l'enluminure. Parce qu'elle est en parchemin, la feuille peut recevoir plusieurs couches de peinture et de feuilles d'or ce qui provoque l'essor de l'enluminure. Le décor orne alors tous les types de livres médiévaux qui deviennent de plus en plus variés et nombreux.

Scriptorium medievalInséparable de la copie des manuscrits, l'enluminure mérovingienne est, à l'origine, réalisée par des moines dans le scriptorium (scriptoria au pluriel - atelier) d'un monastère ou d'une abbaye. Les scribes (copistes) copient le texte, en se relayant pour un même ouvrage afin de ne pas conserver trop longtemps le texte original qu'ils ont emprunté. Il tient dans sa main gauche un stylet pour maintenir la feuille de parchemin et, dans sa main droite, une plume. Dans le pupitre, deux encriers, l’un pour l’encre noire, l’autre pour l’encre rouge. Puis les rubricateurs, chargés des travaux à l'encre rouge vermillon, interviennent dans les espaces laissés libres par les copistes. Ils rédigent les titres des chapitres, les sous-titres, les lettres ornementales majuscules (lettrines) et les initiales simples. Enfin les enlumineurs réalisent les décors du texte calligraphié qui se caractérisent par des lettrines en forme d’animaux, très souvent des poissons et des oiseaux, avec l'or et les pigments de couleur vives. Leur matériel se compose de trois plumes, des couleurs déposées dans des coquilles d'huître et de deux flacons contenant de l'eau et du liant. Jusqu'à l'époque gothique, le copiste, le rubricateur et l'enlumineur peuvent être une seule et même personne, le plus souvent un moine. Le métier était d'une telle exigence, que la copie d'un livre de 400 pages réclamait au minimum six mois de travail à un copiste, sans compter le travail de l'enlumineur ; si bien qu'un manuscrit s’achevait parfois en plusieurs années. On en a d'ailleurs tiré l'expression "un travail de bénédictin".

Chaque abbaye possédait un scriptorium, d'importance plus ou moins grande. En général, il est situé près de la bibliothèque et est souvent le seul local chauffé dans toute l'abbaye. On y copie des textes religieux (épistolaires : livres religieux chrétiens qui recueillent des passages de lectures qui doivent être faites pendant la messe, évangéliaires : recueils de textes de l’Évangile...), mais également des ouvrages classiques, tel Horace et Cicéron.

Cartulaires, obituaires et coutumiers
On désigne sous le nom de cartulaire un recueil de copies de documents établi par une personne physique ou une institution pour garder copie d’actes intéressant ses biens, ses droits ou son histoire. Il peut se présenter sous la forme d’un volume ou plus rarement d’un rouleau. Ce recueil, transcrit ou fait transcrire, intégralement ou en extraits, des titres relatifs à ses biens et à ses droits et des documents concernant son histoire ou son administration, pour en assurer la conservation et en faciliter la consultation.
Un recueil de chartes se distingue du cartulaire en ce qu'il est établi par des érudits, anciens ou modernes, et non pas par l'intéressé lui-même à l'aide de ses propres documents.
On parle de bullaire lorsque les actes transcrits sont des actes pontificaux, scellés d’une bulle de plomb.
D’autres manuscrits conservés par les AD peuvent être également accessibles comme les obituaires, registres où étaient reportés le nom des morts et la date anniversaire de leur inhumation afin de célébrer des offices religieux en leur mémoire. Un même registre peut tenir à la fois du cartulaire et de l’obituaire. Enfin, les coutumiers : recueils des coutumes concernant un territoire ou un domaine précis.
Le « n° Stein » éventuellement mentionné dans les notices renvoie à l’ouvrage d’Henri Stein : Bibliographie générale des cartulaires français ou relatifs à l’histoire de France. Paris : A. Picard, 1907.
Très peu de fonds laïques des Xe-XIe siècles ont traversé les siècles jusqu’à nous, les connaissances que nous en avons reposent encore en partie sur les travaux anciens. Seuls quelques rares cartulaires seigneuriaux ou des copies postérieures peuvent remédier à la disparition des originaux. Tous ces registres sont donc des sources d’une incroyable richesse pour l’histoire du département et même au-delà.

L’enluminure carolingienne - IXe-Xe siècles : alors que les missionnaires transportent à travers toute l’Europe leurs manuscrits enluminés, on assiste à la fondation d’autres centres de production, notamment à la cour de Charlemagne. Chaque atelier de production a développé son propre style : rémois, tourangeau, drogon. L'amour que Charlemagne porte aux livres et sa prise de conscience de la puissance des écrits contribuent à conférer aux manuscrits enluminés un statut d’objet essentiel convoité par les riches et les puissants. On prise autant les textes classiques d’Horace ou de Cicéron que les psautiers et les évangéliaires.
C'est aussi à la fin du VIIIe siècle que les moines Scriptorium de l'abbaye de Corbie mettent au point de nouvelles formes d'écriture qui aboutiront, après quelques tâtonnements, à la minuscule caroline (les lettres minuscules). Petite et cursive, cette minuscule économise à la fois le parchemin et le travail du copiste. A la fin du IXe siècle, l'écriture pratiquée à Corbie est une minuscule harmonieuse et parfaitement proportionnée qui intègre les aspects les plus novateurs de l'écriture caroline.

L’enluminure romane - XIe-XIIe siècles : la tradition antique se poursuit, tandis que deviennent populaires les initiales historiées figurant des scènes narratives, ainsi que des décors de bêtes entrelacées. Rinceaux, tiges stylisées, disposés en enroulement sont utilisés à profusion dans les bordures. Les peintures "tapis" ou "pleine page" occupent tout l’espace de la page.
A partir du XIIe siècle, commence à se développer l’usage du papier : pâte de chanvre et de coton (technique connue depuis le IIIe millénaire en Chine).

Le psautier de Bonmont - Ecriture et enluminure dans un manuscrit du XIIIe siècleL’enluminure gothique - XIIIe-XVe siècles : C’est la grande époque de l’enluminure qui verra apparaître les termes enluminer, enluminure et enlumineur, formés à partir du latin illuminare (éclairer, illuminer, et, au sens figuré, mettre en lumière). Les manuscrits enluminés deviennent de véritables objets de luxe. Les marges à drôleries apparaissent : miniatures (images peintes, de petite taille), animaux étranges et personnages aux postures étonnantes sont dessinés dans les marges, mais leur présence n’a en général aucun rapport avec le texte...
Ce n'est qu'avec l'essor des Universités, au XIIIe siècle, que ces différentes tâches sont confiées à des ateliers laïcs spécialisés, installés parfois dans l'enceinte même de l'Université. Ils vont progressivement remplacer les scriptoria monastiques. Leur organisation rigoureuse permit de répondre à la demande croissante de livres et d'assurer un contrôle sur la qualité des textes. Ceux-ci étaient en effet truffés d'erreurs, car les moines avaient pris l'habitude d'abréger les mots pour gagner de la place et de noter leurs commentaires en marge du texte (la glose). Grâce au "libraire" agréé par l'Université, un exemplaire parfaitement exact (exempla) est divisé en plusieurs morceaux (peciae) dont chacun est copié par un professionnel. Ainsi, plusieurs copistes travaillent simultanément sur un même ouvrage, réduisant considérablement la durée d'exécution d'un manuscrit.
Ci-contre : Le psautier de Bonmont - Ecriture et enluminure dans un manuscrit du XIIIe siècle - Bibliothèque municipale de Besançon

A la fin du Moyen Âge, les premiers livres imprimés sont encore décorés à la main. Puis face à la nécessité d’augmenter la production, l’illustration des livres devient gravure tandis que l’enluminure, détachée du support du texte, perd sa raison d’être. Lorsqu'en Allemagne, vers 1450, Gutenberg adapte et perfectionne les techniques de l'imprimerie inventées par les Chinois entre les VIIe et Xe siècles, les manuscrits enluminés perdent leur raison d'être et deviennent des objets de collection.

De nos jours, l’enluminure retrouve un certain engouement. Ce mouvement déplore la médiocrité des produits de masse et prône la restauration du savoir-faire et de la qualité des métiers d’art. De plus en plus d'artistes contemporains pratiquent la calligraphie et l'enluminure de façon traditionnelle, sur des parchemins qui grâce à leur texture et à leur translucidité donnent aux pigments de couleur, une luminosité que l'on ne retrouve pas avec le papier, pour faire perdurer la technique historique. De plus, le parchemin et le vélin résistent mieux que le papier au temps qui passe.

 4.45 - L’ergot du seigle - La petite histoire d'un champignon gangreneux qui se voulait remède médical

(en construction)

Le Mal des ardents ou L’ergot du seigle est d’une maladie d’allure épidémique qui a provoqué des milliers de morts et entraîné l’apparition de milliers d’estropiés pendant des siècles. Au Moyen Age, par ignorance et crainte, on parlait souvent de pestes, pour toutes maladies d’allure épidémiques et à forte mortalité. Et inversement, certaines épidémies imputées au Mal des Ardents pouvaient aussi bien être la peste à bubons (Chaumartin). Le terribles conséquences de l'ergotisme sur la santé physique et mentale étaient bien connues.

Aussi connu sous le nom de Clavus siliginis, Feu de Saint Antoine, Peste de Feu...
L’ordre des Antonins : http://www.les-amis-des-antonins.com/st-antoine-et-les-antonins/lordre-des-antonins/

Dans le passé, il était courant de mélanger les épis de seigle contaminés par l'ergot (seigle ergoté) aux épis sains pour faire la farine ou autre, notamment en période de disette où toute la production était utilisée. Si la proportion de grains parasités était importante, la consommation de ces produits ergotés pouvait provoquer l’ergotisme. C'est une affection qui est marquée par des troubles graves liés à la vasoconstriction périphérique (douleurs cutanées, contraction des fibres musculaires lisses, notamment celles des artérioles qui entraîne une diminution ou un arrêt de l'irrigation sanguine aboutissant à une nécrose suivie d'une gangrène des extrémités pouvant aller jusqu'à la perte d’extrémités gangrenées). Des effets psychiques sont aussi remarqués (forme convulsive et une forme gangréneuse accompagnées de délire : perturbations des comportements, des perceptions et de la conscience). Ils sont provoqués par certains des alcaloïdes du champignon de l’ergot de seigle. Dans certains cas, seules les convulsions se manifestent, sans qu'apparaisse de gangrène.

Cette formation peut dépasser nettement l’épi de blé en longueur mais pas systématiquement, dure, noire, fait bien partie du règne végétal. Un hiver froid et un printemps doux et humide, lui sont nécessaire pour lever leur dormance. Il n’existe pas à ce jour de traitement de semences homologué permettant de lutter contre cette contamination. La nuisibilité de l’ergot ne s’exprime pas sur le rendement, mais par la production d’alcaloïdes pouvant être toxiques pour l’homme et les animaux. C’est la forme de résistance d’un champignon. De plus, l’ergot du seigle a bel et bien été inscrit à la pharmacopée et il est aujourd’hui à l’origine de très nombreux médicaments importants.

Les très nombreux cas d'épidémies d'ergotisme qui ont eu lieu entre le Moyen Âge jusqu'au début du XXe siècle, ont permis une très bonne description des effets de la maladie sans pouvoir en préciser le ou les causes.
L’épidémie de 994 fit 40 000 morts dans le Sud Ouest de la France (Aquitaine, Périgord, Angoumois et Limousin). « A cette époque sévissait parmi les hommes un fléau terrible, à savoir un feu caché qui, lorsqu’il s’attaquait à un membre, le consumait et le détachait du corps ; la plupart en l’espace d’une seule nuit furent complètement dévorés par cette affreuse combustion... ».

Le chapelain de Saint Hugues, en visite à Saint Antoine en Dauphiné, en 1119, nous transmet une description quasi-médicale de l’état des malades ayant contracté le feu sacré :
« Leurs chairs avaient été en partie brûlées, leurs os consumés et certains membres détachés, et malgré ces mutilations, ils paraissaient jouir de la meilleure santé... ce qu’il y a de plus extraordinaire dans ce miracle même, c’est qu’après l’extinction du feu, la peau, la chair et les membres qu’il avait dévorés ne se restauraient jamais. Mais chose étonnante, les parties qu’il avait épargnées restaient parfaitement saines, protégées par des cicatrices si solides qu’on voyait des gens de tout âge et des deux sexes, privés de l’avant-bras jusqu’au coude, d’autres de tous les bras jusqu’à l’épaule, enfin d’autres encore qui avaient perdu leurs jambes jusqu’au genou ou la cuisse jusqu’à l’aine et aux lombes, montrent la gaieté de ceux qui se portent le mieux ». Source : « La vie de Saint Hugues, Évêque de Lincoln »

Au XVIIe, la corrélation entre le pain fabriqué avec de la farine de seigle parasité fut enfin reconnue. En 1777, l'abbé Teissier démontra que l'ingestion de poudre d'ergot par des canards et des porcs reproduisait les symptômes de la maladie. Première mycotoxicose à avoir été identifiée, l'ergot est à l'origine de la maladie. Dès lors, ont pu en réduire progressivement les manifestations. La dernière épidémie se produisit en Russie en 1926. Un des leviers majeurs pour lutter contre l’ergot, dans les situations à risque, est, si possible, de préférer une culture moins sensible à la maladie, telle que le blé, l’orge ou l’avoine ou autre que céréalière. Il faut aussi supprimer les mauvaises herbes et en particulier le vulpin, très sensibles à la maladie, dans la parcelle et ses abords car elles jouent le rôle de relai et de multiplicateur de la maladie en assurant une contamination secondaire des cultures grâce au miellat produit ou tout simplement en produisant de petits sclérotes qui le plus souvent tombent et contaminent le sol avant les récoltes suivantes. Un travail du sol profond enfouissant à plus de 10 cm les sclérotes tombés au sol permettra de diminuer fortement (de 85% environ) le potentiel infectieux de la parcelle. Les sclérotes enfouis au sol ne germent pas. Ils sont détruits après plus de 2 ans passés dans le sol

L’usage médical : la première utilisation de l'ergot à des fins médicales remonte au XVIe siècle, en Allemagne. Les matrones l'utilisaient alors pour accélérer l'accouchement. Il fut utilisé dans le même but, en médecine, dès le début du XIXe siècle mais les risques d'erreur de dosages ou autres effets associés à son administration conduisirent à son abandon. En 1907, des chimistes anglais extrayèrent de l'ergot une préparation d'alcaloïdes qu'ils appelèrent ergotoxine, en raison de sa toxicité. En 1918, le chimiste suisse Arthur Stoll, fondateur du département pharmaceutique des laboratoires Sandoz, isola pour la première fois son alcaloïde purifié, l'ergotamine, qui fut le chef de file d'une importante classe de médicaments anti-hypertenseurs. Dans les années 1930, on établit la structure chimique des principaux alcaloïdes de l'ergot et des chimistes Américains isolèrent le noyau acide lysergique qui le caractérise. C'est en travaillant à rechercher des dérivés d'intérêt médical qu'A. Hoffman synthétisa le LSD, en 1938. Il n'en découvrira cependant les effets hallucinogènes que cinq ans plus tard.

Cf. Quelques considérations sur l'emploi de l'ergot de seigle dans la pratique obstétricale - Riera y Bezzina A. (Dr.) - Impr. centrale du Midi (Montpellier) - 1883

 4.46 - L’histoire des Noms de Famille

Les noms de famille ne sont apparus qu’à partir des XIe et XIIe siècles. Jusqu’alors, nos ancêtres n’avaient que des noms de baptêmes (Jean, Guillaume, Martin…). Hormis pour les familles de la noblesse française qui, dès l’Ancien Régime, définissaient déjà leur nom par leurs titres ou les châteaux qu’elles occupaient et le transmettait à leurs progénitures et leurs héritiers.
Mais cette époque fut une grande période de paix et donc de croissance économique et connut par voie de conséquence un formidable « boom » démographique, qui fit qu’au sein de chaque paroisse et de chaque seigneurie, on se trouva confronté à de fréquentes homonymies, empêchant d’identifier facilement les habitants.
Spontanément, on prit donc l’habitude d’ajouter au nom de baptême un « sobre-nom » ou surnom. C'est la naissance des noms propres qui peu à peu se fixent et se transmettent héréditairement aux descendants de celui qui l’avait reçu : il devint le patronyme.

Ces "surnoms" ont été :

• Très souvent des noms de baptêmes : Pierre Michel signifiant « Pierre fils de Michel », avec les noms de baptême alors en usage, autrement dit portés par des saints (nous sommes, ne l’oublions pas, dans une société essentiellement religieuse), c’est à dire aussi bien :
- des noms d’origine biblique, comme Adam, David, Samson…
- des noms tirés des évangiles, d’origines hébraïques ou grecques, comme Jean, Jacques, André…
- des noms d’origine romaine ou latine, portés par des saints comme Martin, Saturnin, Séverin…
- des noms d’origine germanique, portés eux aussi par des saints, comme Bernard, Bertrand, Guillaume…
- des diminutifs de tous ces noms, comme Samsonnet, Jacquet, Martinard, Guillaumot…, souvent construits selon le mode particulier de l’aphérèse (comme Baudet, Baudin, Baudot, Baudard sur Thibaud). • Certains corps de métiers sont devenus des surnoms puis des noms propres à force d'être ré-utilisés de générations en générations comme Charpentier, Boulanger…
• Des surnoms liés au physique (taille, cheveux, peau…) : comme Legrand, Leroux, Chauvet, Moreau, Courtecuisse…
• Des surnoms liés à une fonction ou position sociale, comme Leduc, Lemoine, Prévost, Frère…
• Des surnoms lié au moral, au caractère ou aux travers, comme Hardi, Lebon, Boivin…
• Des surnoms liés à une mésaventure ou à une circonstance particulière, comme Mangematin, Percepuce…
• Pour beaucoup encore, les surnoms étaient liés à l’origine géographique (province ou région ou au lieu d’habitation, commune, hameau, lieu-dit, comme Normand, Derouen, Dupont, Duteil, Demarais…

Passés par la Renaissance, les noms ont subit "une féminisation" ou un "adoucissement". Ainsi, ces dames Séguine sont aussi des Seguin, les Roujounne ou Roudjoune sont des Roujon, et, beaucoup plus joli : Mmes Coulomb s'envolent en "Colombes"...
Au moment de la Révolution, le "surnom" devenu nom pourra être accompagné ou directement remplacé par un "sobriquet".

 5 - Quelques faits des années 1500

A une certaine époque, prendre son bain était aussi événementiel que très hiérarchisé !
Pour se baigner, on utilisait une grande cuve remplie d'eau très chaude. Le maître de maison jouissait du privilège d’étrenner l'eau propre ; Suivaient les fils et les autres hommes faisant partis de la domesticité, puis les femmes et en dernier, les enfants par ordre d’âge : l’aîné, le cadet... Les bébés fermaient la marche et pouvaient enfin se délecter à barboter. A ce stade, l'eau du bain étant toujours la même, était devenue si douteuse et opaque qu'il aurait été aisé jeter le contenu de la fameuse baignoire avec quelqu'un dedans... D'où l'expression « Jeter le bébé avec l'eau du bain » !
Cette expression est une traduction littérale de l'anglais "to throw the baby out with the bath water", elle-même empruntée à l'allemand où elle apparaît dans la littérature en 1512 (un poil avant la bataille de Marignan) sous la forme "Das Kind mit dem Bad ausschütten".
Sacré bouillon de culture, n'est-ce pas ?

L'hygiène n'est pas un bienfait des temps modernes. Et oui, c'est aussi un art de vivre qui connut ses heurs et ses malheurs, que le siècle de Louis XIV méprisa alors que le Moyen Âge, en dépit de sa mauvaise réputation, cultivait avec amour. L'eau était alors un élément sacré, un remède et surtout, un immense plaisir.

Toiture_de_chaume_1.jpg En ces temps-là, certaines régions avaient encore des maisons aux toits de paille où les petits animaux (souris et autres bestioles nuisibles) se tenaient au chaud. Il n'était donc pas rare que les chats s'en servent de "garde à manger". Mais lorsqu'il pleuvait, celui-ci devenait glissant, et il arrivait que les animaux glissent hors de la paille et tombent du toit. D'où l'expression anglaise "It's raining cats and dogs" (ll pleut des chats et des chiens).
Pour la même raison, aucun obstacle n'empêchait les objets ou les bestioles de tomber dans la maison. C'était un vrai problème dans les chambres à coucher, où les bestioles et déjections de toutes sortes s'entendaient à gâter la literie. C'est pourquoi on finit par munir les lits de grands piliers afin de tendre par-dessus une toile qui offrait un semblant de protection. Ainsi est né, dès le Moyen-Âge, l'usage du ciel de lit.

Principal ornement des chambres, le lit, qu'il fut en bois peint ou sculpté dès le XIIIe siècle, a toujours eu une importance considérable. « C'est toute notre vie mon ami. C'est là qu'on naît, c'est là qu'on aime, c'est là qu'on meurt... » écrivait Maupassant.
Immense au XVe siècle et défaut d'être un lieu d'intimité, ce meuble de repos accueille parfois simultanément père, époux, épouse, enfants ou plusieurs hôtes, aussi bien dans les familles que dans les auberges ou les relais de poste... Les voyageurs pouvaient ainsi avoir des inconnus comme compagnons de nuit, ce qui n'était pas toujours plaisant à en croire les transcriptions savoureuses de procès de plaignants dénonçant la titation (recel, vol en vieux français) de leur bourse, de leurs habits ou l'incontinence de leurs voisins.

La garniture intérieure du lit était composée d'une paillasse, grande poche en coton qui était remplie de feuilles sèches ou de paille, que l'on brassait régulièrement pour lui redonner du volume et que l'on renouvelait tous les ans après la moisson. Durant la renaissance, ils étaient encore remplis de paille mais aussi d'écorces de petits pois ou, pour les plus riches, de plumes, et recouvert d'un tissus épais couvert de satin, brocades ou de soie.
Au XVIIIe siècle, les couvertures de matelas commencent à être faites de tissus de qualité comme la laine ou le coton. Ils sont bordés, cousus et boutonnés et remplis de laines animales, de coton et même crin de cheval ! Le premier matelas de ressort breveté est introduit dans le marché en 1865, suivit de près par l'invention des 1er sommiers. Et depuis les années 2000, le matelas se fait à mousse de mémoire...
Mais qu'il soit fait de bois blanc ou fruitier, garni de paille, de plume ou de laine, le lit garni faisait presque toujours partie de la dot de la mariée et pouvait à lui seul en représenter une grande part.

Le linceul (le drap) de cinq ou six mètres de nos mesures actuelles étaient fait de deux parties assemblées, car les métiers à tisser ne permettaient pas de faire de grandes largeurs. Ils pouvaient être repliés en deux pour l'usage, mais on pouvait également en trouver deux par lit. Jusqu'au milieu du XXe siècle, les ménagères « retournaient » les draps qui commençaient à être usés. Elles les coupaient dans le sens de la longueur et raboutaient les deux bords extérieurs, plus solides, qui devenaient le centre, les deux anciennes parties centrales plus abîmées étaient alors les bords. Il est donc possible de trouver des draps « retournés » dans les actes les plus récents. Sinon, les jeunes filles de la maison utilisaient les bords non usés et les coupaient pour en faire du linge de maison (serviettes de table...) qu'elles brodaient en gardant les moutons dès le XVIIe siècle, pour préparer leurs trousseaux de mariée qui les accompagnaient toute leur vie.

Les chambres n'étaient pas chauffées mais dès le Moyen-Âge, on assure le « bassinage » (chauffage) du lit, avant le coucher, par une chaufferette : bassinoire en cuivre, en étain ou en laiton. C'est une sorte de poêle à frire fermée par un couvercle perforé, équipée d'un manche plus ou moins long, que l'on promenait dans le lit, après l'avoir remplie de braises incandescentes. On pouvait aussi avoir recours au « moine », carcasse en bois de 1m25 de long environ, dans laquelle était suspendu un pot plein de cendres que l'on laissait dans le lit jusqu'au coucher. Il existait également des récipients en grès brun, remplis d'eau chaude, qui sont les ancêtres de nos bouillottes. Ou dans beaucoup de foyers, jusqu'au milieu du XXe siècle encore, on se contentait de pierre ou de briques réfractaires, que l’on chauffait au préalable dans l’âtre de la cheminée et que l'on enveloppait dans des linges avant de les insérer dans le lit. Les plus anciens d'entre nous qui les ont connues, sont la mémoire de la vie de nos aïeux car ces objets figurent rarement dans les actes.

Le coffre était aussi souvent compris dans la dot de la mariée. Il était considéré comme un meuble à part entière qui remplaçait souvent les armoires et les bahuts. Il était en noyer pour les familles aisées et en bois plus vulgaire pour les autres. Au fond du coffre de la mariée, on pouvait y découvrir le linceul, qu'elle recevait souvent en dot et qui sera son « drap de mort ». De la meilleure qualité possible, il ne servira qu'à cet usage car les funérailles du Moyen Âge sont, entre autres, importantes pour préciser le rang du défunt dans la société et surtout, ne pas nuire à la réputation de la maison.

La plupart des gens se mariaient en juin, parce qu'ils prenaient leur bain annuel en mai. Ils se trouvaient donc encore dans un état de fraîcheur raisonnable. Mais évidemment, on commençait déjà à « puer » légèrement. C'est pourquoi la mariée tentait de masquer un tant soit peu son odeur corporelle en portant un bouquet. C'est ainsi qu'est née la coutume du bouquet de la mariée !

On cuisinait dans un grand chaudron, généralement en cuivre, perpétuellement suspendu dans l'âtre de la cheminée, au-dessus du feu. Chaque jour, on allumait celui-ci et l'on ajoutait des ingrédients au contenu, le plus souvent des légumes car on se nourrissait de peu de viande. On mangeait ce pot au feu et si on ne finissait pas le contenu de la marmite, on laissait le reste dans le chaudron. Celui-ci se refroidissait pendant la nuit et le cycle recommençait le lendemain. De la sorte, certains ingrédients restaient un bon bout de temps dans le chaudron...
Ainsi, cette pratique ancestrale donna naissance au XVIIIe siècle à l'expression qui ne manque pas de sel "Manger à la fortune du pot. Elle signifie : partager le contenu déjà préparé (et parfois hasardeux) d'une marmite, un plat succulent ou un ragout infâme !
Mais ne dit-on pas qu'il faut manger pour vivre et non vivre pour manger ?

Les plus fortunés mangeaient dans des assiettes en étain. Mais les aliments à haut taux d'acidité avaient pour effet de faire migrer des particules de plomb dans la nourriture, ce qui menait souvent a un empoisonnement par le plomb (saturnisme) et il n'était pas rare qu'on en meure.
C'est pour cela que les Français crurent, pendant plus de 300 ans, que les tomates étaient toxiques (la "tomata" avait été ramenée des Amériques du Sud, au début du XVI° siècle, par les "Conquistadores" espagnols) et la considérèrent comme une plante d'ornement. Il faut attendre Mr ROUMANILLE (ancien soldat de l'empire devenu jardinier) pour voir la tomate « sauter » des pots de fleurs et s'aligner dans les jardins, au XVIIIe siècle. Les 1ères exploitations françaises débutèrent à Barbantane, Châteaurenard, Mallemort, Marseille et Perpignan. Après la pomme de terre, la tomate est aujourd'hui le légume le plus cultivé en France.

Le pain était divisé selon le statut social. Les ouvriers en recevaient le fond carbonisé, la famille mangeait la mie et les hôtes recevaient la croûte supérieure, bien croquante.
Pour boire le vin, l'eau de vie, la bière ou le whisky..., on utilisait des gobelets en plomb. Une combinaison intéressante qui mettait fréquemment les buveurs dans le coma et pour plusieurs jours ! Quand un ivrogne était trouvé dans la rue, il n'était pas rare qu'on entreprenne de lui faire sa toilette funèbre. Il restait ainsi plusieurs jours sur la table de la cuisine, où la famille s'assemblait pour boire un coup en attendant que l'olibrius revienne à la conscience.
D'où l'habitude de la veillée mortuaire.

La Grande-Bretagne est en fait petite, et à cette époque, la population ne trouvait plus de place pour enterrer ses morts. Du coup, on déterra des cercueils, et on les vida de leurs ossements, qui furent stockés dans des bâtiments ad hoc, afin de pouvoir réutiliser les tombes. Mais lorsqu'on entreprit de rouvrir ces cercueils, on s'aperçut que 4 % d'entre eux portaient des traces de griffures dans le fond (ce qui signifiait qu'on avait enterré là quelqu'un de vivant). Dès lors, l'habitude fut prise d'enrouler une cordelette au poignet du défunt, reliée à une clochette à la surface du cimetière. Et l'on posta quelqu'un toute la nuit dans les cimetières avec mission de prêter l'oreille.
C'est ainsi que naquit l'expression « sauvé par la clochette ». Source : Marie-Louise JEUNET

 6 - 1500-1610 - La Renaissance

Avec la paix retrouvée, la Renaissance puis le Grand Siècle vont introduire en France un nouvel art de vivre.

 6.1 - 1515-1789 - L'Ancien Régime

 6.2 - Manoirs, maisons fortes et chapelles seigneuriales

¤ En France, le nouvel état d'esprit de La Renaissance se traduit aussi par un changement de style architectural. Désormais, la construction n'est plus à la défense mais à l'agrément. Et c'est, en cette fin du Moyen Âge, entre Guerre de Cent Ans et de Religion, et surtout au XVe siècle pacifié, la grande période des manoirs, des maisons fortes, des chapelles seigneuriales où les familles nobles de la région, en pleine croissance, faisaient enterrer leurs morts.
Dès lors, les nouveaux logis seigneuriaux surgissent et se distinguent des anciens châteaux forts car ils sont plutôt de style Renaissance, ils fleurent plus le Moyen Âge des cours d’amour occitanes que celui des croisades. Leur rôle principal étant plus de marquer le statut social de leurs maîtres, issus de la petite noblesse. Le château montre la puissance et la richesse de celui qui l'a fait construire : plus le château est grand, beau, solide, plus son seigneur est puissant. L'existence de tours et créneaux constitue d'ailleurs des marques seigneuriales. Et un style purement français apparaîtra dans la deuxième moitié du XVIe siècle.

  • La Vallée du Haut Aveyron, en particulier, recèle nombre de ces petits châteaux bâtis à l’ombre des barons de Sévérac. Beaucoup de ces seigneurs locaux furent les protégés de la famille d’Arpajon.
  • Toutefois, les seigneurs de Sévérac n’étaient guère enclins à voir ces familles de chevaliers s’émanciper. Ainsi par exemple, le repaire de Loupiac (LAPANOUSE - 12) fut élevé en 1443 près des ruines d’un ancien château par Guy de la Panouse, évêque de Mende, mais les Sévérac engagèrent une procédure, terminée en 1512, sur la basse justice et le droit de fortifier.
  • Au décès de Guillaume de Capluc, en 1510, l'ensemble de ses terres (PEYRELEAU..) reviennent à la famille d'Albignac. Son fils, Louis de Capluc ayant en effet choisi d'entrer dans les ordres en devenant curé d'AUZITS (12), c'est Flore de Capluc qui hérite des biens et par le jeu des alliances, Pierre d'Albignac, son époux, seigneur de Triadou. Pierre II d'Albignac décèdera le 4 avril 1517. Flore de Capluc ne lui survécut que quelques mois.
  • 1512 - Jacques de Castelnau-Caylus, baron de Calmont d’Olt, confirme les privilèges d'ESPALION (12).
  • La construction de l'Église Saint Jean à ESPALION (12) débuta à la fin du XVe siècle. Bâtie sur l'emplacement de l'hospice de la ville, elle fut au service des paroissiens jusqu'en 1883.
  • Le Manoir de CAMPAGNAC (12) ou château de Beaufort est une résidence bourgeoise flanquée de deux tours rondes qui a été construite dans le bourg, au XIVe siècle par la famille Castan. Elle aurait été vendue par la suite à la famille Rogery. Il y a aussi la maison Blanquet pourvu d'une élégante tourelle et d'une vis de pierre pour desservir les étages.
  • En Aveyron, à SAINTE EULALIE, c'est le Commandeur Jean de Bernuy Villeneuve qui marquera tout particulièrement de son empreinte la commanderie majeure du Larzac (Templiers). Désormais la petite cité va ouvrir sa ceinture de pierres et devenir plus accueillante. La place sera transformée. Le cimetière est transféré hors des remparts, la fontaine est construite, l'église inversée et largement ouverte, se pare d'un grand portail baroque aux armes du novateur, et de la Vierge en marbre blanc de Carrare. Des familles nobles attirées par la prospérité du lieu aménagent de belles demeures.

Parmi elles, citons celle de M.de Monnie, médecin de Louis XIII, de M. de Senaux, premier Président du Parlement de Toulouse, de M. de Barrier qui obtient le droit avec le Sieur Déjean d'élever des tombeaux dans l'église. De belles fenêtres à meneaux éclairent les appartements qui s'enrichissent de peintures, de cheminées monumentales surmontées de décoration aux vives couleurs, de magnifiques plafonds à la française, d'escaliers à vis et de balcons en pierre aux grandes balustrades. Malheureusement,le reste de la population sur qui pèsent les nombreux impôts connaît une vie rude et précaire. Afin de subvenir à ces nombreuses dépenses, Jean de Bernuy de Villeneuve arrente à Vincens Sabatié et Jean Arlès du lieu de La Cavalerie " la mine de charbon de pierre que le dit seigneur a au terroir dudit Cavalerie... Le prix de l'affermage devra être remis entre les mains de Pierre Cadars, prêtre et vicaire perpétuel du lei de Sainte Aularie, pour être employé en achat de cire pour la lumière de l'autel de la paroisse, parce que personne, des paroissiens mourants ni vivants n'y faict aulcun don". Voir la suite http://carriere13.free.fr/histoire.htm

L’église Saint Michel de RODELLE (ou petit RODEZ) renferme une piétà polychrome du XVe siècle (statues de La Vierge assise portant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la croix) et héberge aussi une statue du sculpteur aveyronnais Denys Puech consacrée à Sainte Tarcisse, la représentant avec sa chèvre.

La famille de la Rovère ou della Rovere a plusieurs fois occupé le siège épiscopal de MENDE (48). Elle est représentée par les 49, 51, 52, et 53ème évêques du diocèse (sur une liste de 89). Cette famille piémontaise a donné à l’Église 14 mitres dont 7 cardinaux et 2 papes.
Le premier membre de la famille de la Rovère à devenir évêque de MENDE (48) est Pierre Riario. Il y restera évêque de Mende seulement 1 mois, mais ouvre les portes de la cité aux autres membres de la famille.
Le second est Julien de la Rovère ou Juliano della Rovere, cousin du premier, qui deviendra ensuite, le pape Jules II. Evêque de MENDE de 1478 jusqu'au le 27 octobre 1483, il ne viendra jamais visiter son diocèse. Son pontificat le retrace comme un pape guerrier et redoutable antagoniste de Louis XII. Cependant, il a semble-t'il, participé, lorsqu’il commandait la basilique SAINT PIERRE DE ROME, au financement du grand clocher initié par l’Évêque François de la Rovère, autre membre de la famille.
À partir de la nomination de Julien, l'évêché de MENDE restera 46 ans entre les mains des de la Rovère.
François de la Rovère qui est aussi connu pour avoir fait construire, au XVe siècle, le pont qui relie Le Bruel à Esclanèdes (lieu de passage de la draille d'Aubrac).
Le troisième membre de la famille, Clément de La Rovère ou Clemente Grosso della Rovere (27 octobre 1483-1504), est fils d’Antonio Grosso et de Maria Basso della Rovere, Clemente, le cousin germain de son prédécesseur et le frère de Francisco qui lui succédera sur le siège épiscopal de Mende le 16 août 1504. Si Julien, son cousin, ne s’est pas préoccupé du Gévaudan, Clemente, lui, y arrive deux ans après avoir reçu ce bénéfice (auparavant, il en avait confié la gestion à son vicaire général, Pons Atger, natif de Mende). Clemente prépare son entrée dans la ville de Mende et consacre deux mille livres à l’organisation des festivités. La veille, il couche au château épiscopal de Balsièges, à sept kilomètres en aval de Mende et projette d’arriver à Mende le lendemain, le 2 octobre 1485. Cependant, les consuls redoutant son arrivée, barricadent les portes de la ville et informent son nouveau vicaire, Bernard de Castanis, qu’ils ne le laisseront pénétrer dans la cité qu’à condition qu’il jure de maintenir le consulat. Clémente y consent et prête serment dans la cathédrale, mais il proteste et déclare ne pas renoncer au procès en cours à ce sujet.
Une fois dans la place, Clemente exerce toutes sortes de violences, aidés par des serviteurs italiens, mais aussi par des Gabalitains, tel le notaire Simon Chabrit. En 1487, il se fait relever de son serment par l’archevêque de Bourges en déclarant avoir cédé à la contrainte. Le 9 novembre, il donne quatre cents livres tournois de rente afin de poursuivre la construction de la cathédrale, alors que les chanoines y consacrent deux cents livres. Il fait construire deux travées de plus à la cathédrale d'Urbain V. Ses armes (un chêne rouvre) sont apposées sur le grand clocher et sur le pont Neuf situé à l'entrée de MENDE en venant de BALSIÈGES. La conjoncture est favorable à l’évêque de Mende qui obtient un arrêt du Grand Conseil supprimant le consulat de Mende et restaurant un simple syndicat, le 20 septembre 1494. Dès 1499, Clemente est suffisamment sûr de son pouvoir pour nommer comme vicaire général le protonotaire apostolique Jean de Grandmont, qui fut l’un des plus ardents partisans du consulat. En 1493, Alexandre VI confie à Clemente l’administration du monastère de Bonnecombe. En Italie, les Borgia sont maîtres de la papauté, avec Alexandre VI qui se rallie au roi de Naples contre les visées de Charles VIII. Juliano della Rovere se sent menacé, il fuit sa forteresse d’Ostie et rejoint la France. Quelques mois plus tard, le 3 septembre 1494, Juliano est aux côtés de Charles VIII qui pénètre en Piémont le 3 septembre. Clemente Grosso della Rovere a quitté Mende pour administrer Avignon pour le compte de Julien. Clemente accueille Juliano à son retour d’Italie, à Avignon, le 21 octobre 1495. Il se trouve encore auprès de son cousin en octobre 1498 lorsque César Borgia, fils du pape, vient y rendre visite à Juliano ainsi qu’à Raymond Péraud, cardinal de Gurk. Clément est nommé cardinal par Julien, nouveau pape, le 29 novembre 1503, il meurt en 1504 après avoir résigné l’évêché de Mende en faveur de son frère, François.
Enfin, le dernier, François de la Rovère (ou Rovere), frère de Clément, sera évêque de MENDE de 1504 à 1524. C'est lui qui décide la construction du grand clocher de la cathédrale sur les travées édifiées par son frère. Ce clocher construit de 1508 à 1512, mesure 84 m.
En 1521, il fait installer en haut du clocher, la plus grosse cloche de la chrétienté dite la "non pareille", elle parle du pouvoir de ces évêques et de leur famille et était entendue à 16 km à la ronde.
Dans la ville, de nombreux lieux témoignent du passage de cette riche et puissante famille.

  • Ce sont les évêques de Mende, devenus centre du pouvoir, qui embellirent le château fort de CHANAC (48) au XVIe siècle. Le lieu était si agréable qu'ils en avaient fait leur somptueuse résidence d'été.
  • Le château de la Caze à LAVAL DU TARN (48), aux allures « fiéraudes », a été édifié en 1492 par les Soubeyrane puis modifié en 1630 et 1637 et restauré aux XIXe et XXe siècles. Un pont de pierres franchit les douves alimentées par des sources et mène, le long des couloirs de dalles polies par le temps, jusqu’à des petits salons aux fenêtres en arcs gothiques et à une salle à manger voûtée, ouverte par une grande terrasse sur le jardin de buis.
    En 1636, le peintre Prunier peignit là, à même le bois, huit portraits de femmes rieuses, châtelaines de La Caze, qui veillent encore en portraits sur la noble demeure. Descendantes de Soubeyrane Alamand et de Guillaume de Montclar, les bâtisseurs de La Caze. », elles étaient d'une si grande beauté, qu'elles furent surnommés les « nymphes du Tarn ».
    A 8 km au sud-ouest de SAINTE ÉNIMIE, on y accède par la route D 907bis, en longeant les eaux vertes du Tarn protégées par les falaises dorées, jusqu'à ce que la courbe d’une falaise dévoile, en contrebas, sur les berges, tours et mâchicoulis...
  • Le domaine de Grandlac à LAVAL DU TARN (48) : Maison forte classée : façades et toitures des bâtiments, la grange-étable construite en équerre à l'ouest et voûtée en berceau brisé, la bergerie construite au sud et couverte en carène de bateaux avec la grange charpentée située en retour d'équerre au sud-ouest. Périodes de construction : 4e quart du XVe siècle ; 1er quart du XVIe siècle ; 1er quart du XVIIe siècle. La maison-forte a été reconstruite au XIXe siècle. Classé Monument Historique.
  • Le château de Roquedols situé à 2km au Sud du village de MEYRUEIS (48), au cœur d'une magnifique forêt domaniale, date des XV et XVIe siècles. Il est formé de deux bâtiments rectangulaires, au nord et à l'est, joints à angle droit, flanqués de trois tours rondes coupées au ras du toit. Une quatrième tour, plus basse, surmontée d'un toit en poivrière, est située au sud-est, à l'intersection des deux murs qui ferment la cour intérieure. Cette cour est elle-même délimitée par les deux bâtiments rectangulaires et ces deux murs. La bâtisse se présente donc comme un quadrilatère de 25 mètres de côté, flanqué de quatre tours de 6 à 8 mètres de diamètre. Les ailes nord et est constituent le logement principal. L'aile sud correspond à un bâtiment annexe (les anciennes cuisines) qui longe le mur fermant la cour intérieure. À l'ouest, la façade comprend un mur percé d'une porte d'accès à la cour intérieure. Cette porte est précédée d'un perron arrondi. La façade nord comporte deux étages de salles voûtées avant d'atteindre les logements positionnés au niveau des pièces de la façade opposée, au sud (ces dernières pièces étant bâties sans sous-sol). Jusqu'en 1885, la plus basse de ces salles voûtées a servi de bergerie. Aujourd'hui, il abrite des expositions et un centre d'information du Parc National des Cévennes.
  • Le château de Castanet à POURCHARESSES (48) fut construit à la fin du XVIe siècle et sera utilisé pendant deux siècles par la famille Isarn.

http://www.monumentum.fr/domaine-grandlac-pa48000005.html
http://www.mes-ballades.com/48/chateaux-de-la-lozere-en-languedoc-roussillon-en-france.htm
Claude Petit - Patrimoines Pays de Campagnac, Laissac, Saint-Geniez-d’Olt, Sévérac-le-Château, Graphi Imprimeur, 2000.
Le consulat et l’administration municipale de Mende & La construction de la cathédrale de Mende Archives gévaudanaises - C. POREE

 6.3 - Il est de belles légendes et des histoires trop belles...

Raconter le passé est affaire d’ancêtres, ce jour est arrivé, je n'y échappe pas,
Voici venu le temps de retirer mes guêtres et de dire à mon tour, il était une fois...
André Lauriol

■ Ermengarde aurait épousé Geoffroy de Montaigut qui était violent et avide alors qu'elle était douce et mesuré. Son mari l'avait bien vite laissée au château pour partir en quête de richesses et d'aventures. Pendant ce temps, Ermengarde faisait prospérer les terres par une savante gestion. Elle prit deux chiens lévriers pour combler le vide d'un château sans mari et sans enfants. Elle accumula les richesses et lors d'un retour, son mari compris que la richesse familiale lui serait plus facilement acquise si sa femme venait à mourir. N'étant pas d'un tempérament patient, il se dirigea un soir dague au poing vers la chambre de son épouse pour la poignarder. A la vue de la dague dressée, cette dernière s'évanouit. La croyant morte, Geoffroy l'emmena dans les fondations du château où il ne pensa pas qu'on puisse la trouver. C'était sans compter sur l'acuité olfactive des deux fins limiers. Ils la retrouvèrent alors qu'elle s'éveillait dans les ténèbres ne sachant pas vraiment où elle était et qui l'avait emmenée là. Les deux chiens la reconduisirent vers la lumière et elle voulut aller se reposer. Son mari était toujours là, la dague à la main, cherchant le trésor. Quand il la vit, il fut saisi d'effroi mais se ressaisit pour la tuer à nouveau. Cependant, les chiens furent plus rapides et lui sautèrent à la gorge. Son corps déchiqueté fut abandonné aux vautours sur la terrasse du château. Depuis ce jour, Ermangarde décida d'abandonner le nom de Montaigut pour celui de Canilhac (canes ligati : les chiens liés) et le lévrier devint l'emblème des Canilhac.

■ On raconte qu'à la fin du XVe siècle, vivait à ST GENIEZ D'OLT (12) un pêcheur dont les deux enfants auraient, par un après-midi orageux, capturé une marmotte. Le petit animal s'enfuit, effrayé. Les deux enfants se lancèrent à sa poursuite alors qu'un violent orage éclatait, noyant la vallée sous un vrai déluge. A leur retour, plusieurs maisons, dont la leur, avaient été emportées. Seules leurs vies auraient été épargnées grâce au petit animal. Dès lors, tous les habitants de ST GENIEZ sont nommés les Marmots et Marmottes.

La gariotte de Pierril - D'un conteur à l'autre...
Il était une fois, au hameau de Somplessac [entre Puylaroque et Mouillac, Causse du Quercy - 82], un enfant né sous une bien triste étoile. Sa mère mourut en le mettant au monde. Un drame que son père et son frère, de quinze ans son aîné, lui reprochèrent toujours. On le baptisa Pierril.
Il ne reçut de sa famille que l'indifférence douloureuse de son père et la rancœur mordante de son frère. Très tôt, le père affecté d'une langueur tenace, se laissa dépérir. Avant de mourir il confia à son aîné le soin de partager les biens de la famille avec son cadet, et le chargea de son éducation. Ce dont l'aîné s'acquitta à sa façon. En effet dès la disparition du père il fit deux parts : la ferme, les terres et les bêtes pour lui, et pour Pierril une humble gariotte ouverte sur un champ de pâture de la ferme.

Pour toute éducation, le pauvre enfant n'eut que celle de garder le troupeau de son frère et de travailler du matin au soir pour mériter sa pitance. La seule joie du petiot était, une fois l'an, de fabriquer la crèche de Noël dans l'église du village. Le curé, conscient de la dureté de son existence, lui réservait cette récréation dans laquelle Pierril mettait tout son cœur. Ainsi chaque année, il avait soin de construire méticuleusement avec des pierres du causse une petite gariotte en guise de crèche : la reproduction réduite mais identique de celle qui lui servait de maison.

Un jour, alors que des rumeurs de guerre aux frontières circulaient au pays, l'aîné engagea Pierril dans l'armée, en revendant son numéro de tirage…
Peu avant la Noël, la nouvelle de la disparition de Pierril dans un combat lointain arriva au village. Pour tout hommage, le curé se chargea de reconstituer lui-même la gariotte de Pierril pour la crèche.

Le soir de Noël tous les paroissiens se pressaient à la porte de l'église pour entendre la messe de minuit. Comme à l'accoutumée en la circonstance, le prêtre entouré des enfants de chœur, attendait que toutes ses ouailles soient là pour ouvrir grand les battants et rentrer en procession. Quelle ne fut pas leur stupéfaction de découvrir l'estrade de la crèche vide, avec juste en son centre une pierre !
Le premier moment d'étonnement passé, le curé aperçut au bas de l'estrade une autre pierre puis une autre plus loin. Alors, de pierre en pierre, le curé et ses paroissiens sur ses talons sortirent de l'église, s'enfoncèrent dans la nuit étoilée sur la piste des jalons de pierre. Ils traversèrent la campagne et arrivèrent à la gariotte de Pierril.

Là, deux surprises attendaient l'étrange cortège. La première : tous les personnages de la nativité étaient en place dans l'abri de pierre sèche. La deuxième : à présent, la gariotte tournait le dos à l'enclos du frère et s'ouvrait sur le chemin. Chacun vit là un miracle de Noël, et un signe du destin…
Quand au frère de Pierril, il vécut encore longtemps une existence de solitude. Tant et si bien qu'à sa mort, plus personne ne se souvenait même de son nom. La gariotte de Pierril existe toujours. On peut encore s'y réfugier et s'y reposer au hameau de Somplessac . C'est la seule gariotte des causses du Quercy tournée dos au champ et ouverte sur le chemin.
Conte écrit par Maurice Baux qui tient boutique de livres anciens 7 Place Nationale à Montauban (82). Merci à lui.
La gariotte de Somplessac est intégrée à un mur de clôture et a été récemment restaurée. Son ouverture est étrangement orientée vers le chemin communal, alors que la plupart de ces bâtisses sont ouvertes vers l'intérieur de la parcelle : surveillance des troupeaux oblige !

"L'examen des mythes historiographiques permet de démontrer qu'ils prennent racine dans le Moyen Age central et tardif durant lequel s'élabore une mémoire parfois très éloignée de ce que fut réellement le Gévaudan du haut Moyen Age, tels ceux de Sainte Énimie, de Saint Séverien et de la puissance de Mende notamment." M. Fernand Peloux
Derrière les légendes qui émaillent encore les pages des livres d’histoire, il y a des situations, des contextes et surtout des hommes avec des qualités et des faiblesses. Elles ressemblent à celles d’aujourd’hui et font parties de notre humanité. Et, même longtemps après les faits, la recherche de l’objectivité n’est pas chose aisée. Ne l’oublions pas et ne nous laissons pas abuser.

http://www.gorgesdutarn-sauveterre.com/culture-et-traditions/contes-et-legendes-gorges-du-tarn-et-causses.html

 6.4 - La syphilis : le mal napolitain

Fin XVe siècle : apparition du « mal napolitain », autrement dit la syphilis, ramenée par les armées venant d’Italie (ou pour certains par Christophe Colomb revenant des Caraïbes). Avec le retour des troupes d’Italie, la vérole arrive également en France. Selon la tradition, le Roi François Ier en était atteint et contribua à sa propagation. Cette maladie sera au premier rang des contagions, en 1550.

 6.5 - Seoir en sa chaise - Ornement et joie de l'Église

Au Moyen Âge, les fidèles assistent debout aux offices de la paroisse. Cependant, les dames d’un certain rang disposent souvent des sièges pliants apportés par leurs valets. Dans quelques églises il existe également parfois des bancs en pierre le long des murs ou autour des piliers.

Au XIIIe siècle, les bancs en pierre se généralisent. D’abord placés le long des murs latéraux, ils sont ensuite, disposés au sein de la nef et fixés au sol. Progressivement, les bancs en bois les remplacent pour se généraliser au XVe siècle.
Mais en règle générale, les seigneurs avaient leur banc d’église réservé au premier rang de la nef ou parfois même dans le chœur, jouissant d’un « droit de fondation et de prééminence ».

Les bancs sont partiellement et progressivement remplacés par des chaises apportées par chaque particulier. Malheureusement cette pratique entraîne une lutte pour obtenir les meilleures places, si bien qu’est mis en place le bail des bancs et chaises (location par les fabriques qui leur assure une bonne partie de leurs ressources financières).

À partir du XVIe siècle sont ainsi mis à la disposition, selon un ordre fixé par le coutumier, des bancs ou chaises en bois loués au fermier adjudicataire de la « ferme des chaises » ou au marguillier, les prix fixes (majorés lors de messes solennelles) étant perçus par le chaisier ou la chaisière.

  • Marguillier : laïc qui gère tout ce qui a rapport avec la paroisse et administre les biens de la fabrique. Il enregistre les aumônes, choisit les chantres et les bedeaux...

Au milieu du XVIIIe siècle cette coutume du bail des bancs et des chaises dans les églises se codifie.

Après avoir été rat de l'opéra, mam' selle Béchamel s'était faite, vu l'âge, rat d'église [...]. On l'accuse bien quelquefois d'être un espion de la fabrique et de rapporter quelque part tout ce qu'elle voit et entend ; mais cela ne se dit qu'à voix basse et en secret. Elle a l’œil bon et sûr, de sorte qu'en jetant un regard sur les fidèles contenus dans la nef, elle suppute mentalement avec la plus grande justesse ce que l'office va lui rapporter. Si elle aperçoit quelque jeune personne timide, venue par hasard sans sa maman, elle lui fait payer le prix double [...]. Elle s'oublie assez souvent jusqu'à venir tendre la main, ou comme dit le sergent, la demi-aune, aux personnes qui ont loué des chaises à l'année ou à celles qui ont déjà payé une fois [...]. Dès qu'elles entendent le son de la monnaie qui trahit l'approche de celle qui reçoit le prix des chaises, beaucoup de personnes se lèvent et s'éclipsent adroitement. C'est un supplice pour la loueuse lorsqu'elle [...] est obligée de laisser partir tous ces sous qui s'en vont. Dans certaines églises comme il faut, on a trouvé un autre moyen de parer à cet inconvénient ; c'est d'entourer la nef d'une balustrade et de faire payer avant d'entrer, au rebours des spectacles forains, où l'on ne paie qu'en sortant, encore si l'on est content. Il n'y a plus que les gamins qui enjambent la barrière et entendent l'office gratis. Un autre cauchemar de la loueuse de chaises, c'est le gros monsieur qui prend possession d'une chaise, le malin, à la première grand messe, et la garde jusqu'à la bénédiction du soir sans vouloir payer plus d'une fois. [...] - Extrait de Physiologie des rats d'église Par Jules Ladimir - 1841

Au XIXe siècle, ce mobilier devient un bien de consommation commun, chaises et bancs étant progressivement mis à disposition gratuitement. Mais il reste d’usage pour les notables de la paroisse d’être propriétaires dans les premiers rangs de leurs chaises avec prie-Dieu sur lesquels ils font graver leurs noms sur des plaques de métal (généralement en cuivre) ou émaillées vissées au dossier des chaises. Après le concile Vatican II, l’usage de ces prie-Dieu est progressivement abandonné dans les églises au profit de simples bancs ou chaises.

  • Le cirier, quant à lui fabrique et vend des cierges très utilisés lors des inhumations des élites.

Source principale : http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1215

 6.6 - La passionnante saga des marchands du Rouergue et du Gévaudan

Depuis un temps immémorial, dans nos régions du Rouergue, d'Auvergne et du Gévaudan, le trafic (que l'on appellera par la suite le négoce ou le commerce) était couramment pratiqué par nos ancêtres.
Cela pouvait être pour vendre et/ou acheter, des produits artisanaux, des denrées alimentaires, vendre une part de certaines récoltes lors des mauvaises saisons où les activités agricoles et pastorales tournaient au ralenti et que les ressources se faisaient plus rares alors que les besoins subsistaient encore... Le commerce était, dans tous les cas, pratiqué pour améliorer leur train de vie et parce qu'ils cherchaient à constituer un "pécule". Bien souvent, il le pratiquait par nécessité.

Les chemins étaient nombreux. Ils reliaient les bourgs entre eux, ou les différents hameaux de la communauté et des communautés avoisinantes. Toutefois, le nombre des chemins ne doit pas faire illusion. Ils étaient étroits, peu praticables et en mauvais état, comme d'ailleurs partout ou presque dans les campagnes de France. Aussi les ânes (bourriques) ont été utilisés par nos ancêtres dans toutes les régions de France. Ils transportaient le foin, les récoltes de fruits, de légumes...

En Quercy, la seule route accessible aux voitures était la route de Paris à Toulouse. Les difficultés de communication sont d'ailleurs souvent mentionnées dans les cahiers de doléances car l'absence de chemins sur certaines parties du territoire signifie pour les populations l'absence de commerce.

NB : Les ânesses fournissaient le lait aux enfants qui ne pouvait digérer le lait de vache ou de brebis (beaucoup plus fort). Ornés de genets ou autres fleurs, ils étaient les "rois" des cavalcades, les jours de fêtes... Et depuis le XVe siècle, l'âne de Provence ou Croix de Saint André est aussi associé à la transhumance des moutons, portant le matériel des bergers le long des « drailles » menant aux terres d'estives. Cf. photo "Âne de Provence ou Croix de Saint André".

Et puis, il y en avait aussi pour qui le commerce était un métier à part entière, tout le long de l'année. Et parmi eux, plus rares encore, les marchands en gros, n'hésitaient pas à braver les montagnes et les intempéries pour pratiquer les exportations et les importations, qu'elles fussent régionales ou avec les pays voisins. Ces incroyables marchands, hommes rudes et rompus aux longues marches, transportaient la fabrication d'artisanats (chapeaux, draps, toiles, cotonnades, couvertes, étoffes diverses...), des matières premières (minerais...), des denrées alimentaires (le sel des salins de la Méditerranée, le vin du Bas Vivarais et du rivage du Rhône jusqu'aux plateaux Auvergnats ; Du Puy en Velay, redescendent les céréales, les pois, les haricots, l’orge ou encore les lentilles...) ou autres, par convois d'animaux de bâts. Souvent il s'agissait à l'origine de vendre l'artisanat du "clan familial", puis, petit à petit, la production pourra être "paroissiale" ou locale.
Ils pratiquaient aussi l'importation de produits provenant du Midi de la France, pour les vendre sur leur territoire ou plus au Nord ou les exporter jusqu'à Gênes en Italie.

 6.7 - Le trafic et la Route du Sel / Le Chemin Cistercien

De tout temps l'homme a recherché le sel, c'est une denrée de première nécessité, nécessaire dans l'alimentation humaine et animale. Le plus ancien témoignage connu de l'exploitation du sel en Europe, découverte dans les Alpes de Haute-Provence, date d'entre 5500 et 5800 ans avant J-C. Utilisé non seulement pour saler la nourriture, pour sa conservation (parties de cochon que l'on stockait pour l'hiver dans des saloirs : des meubles de bois massif remplis de gros sel...), il servait aussi à tanner les peaux, fabriquer le cuir, et même comme monnaie d'échange... On l'exploite directement quand c'est possible, en laissant évaporer l'eau qui le contient près des lacs salés ou de la mer. Et s'il n'y avait pas de sources de sel à proximité les peuples l'extrayaient des végétaux en faisant brûler des feuilles qui contiennent des sels minéraux et dont ils consommaient les cendres.
Les Romains soucieux de protéger et de contrôler la production du sel impose à toute l'Europe le système du marais salant. La fortune de Venise a d'ailleurs commencé avec le sel de la Lagune. En France, du XIVe au XVIe siècle, les possesseurs de marais salants sont des seigneurs ou des abbayes.

L'or blanc, tant convoité jusqu'à la Révolution et l'abolition de la gabelle médiévale (impôt sur le sel), a d'ailleurs, contribué à la création du salaire, qui de ration de sel est devenu « la paie », la contrebande, ainsi qu'à la naissance du plus puissant des fromages aveyronnais : le Roquefort.
Depuis toujours, les convois muletiers menaient le sel par la route du Sel qui suivait les superbes routes commerciales empruntées par les marchands (et les contrebandiers) : depuis les marais salants de Provence, pays de marécages et de roseaux, faisant place à une région de garrigues avant de prendre de la hauteur avec l’ascension de la Séranne, direction l'Aveyron et le mythique plateau du Larzac,

La Route du Sel (section sud) : de La Couvertoirade, via l'Hospitalet du Larzac, la commanderie de SAINTE EULALIE DE CERNON, LA CAVALERIE, Millau, arrivée à Salmiech (milieu de la route du sel : car Salmiech était la ville d'où partait le sel pour desservir tout l'Aveyron) ;
La Route du Sel (section nord) et les granges cisterciennes : via le plateau du Lévézou, Vezins de Levézou, Laissac, Galinières (Pierrefiche), St Côme d’Olt, Espalion, la Tour de Masse, Abbaye de Bonneval, Laguiole, les Mazucs, Pont de Tréboul, Fraissinet et Lieuriac d’Oradour...

Sur plus de 200 km, le Chemin Cistercien évoque, par son itinéraire, la remarquable histoire de la fondation de l'ordre cistercien entre l'abbaye de Cîteaux, depuis sa porterie, au sud, jusqu'au vaisseau blanc de l'abbatiale de Pontigny, au nord, en passant par le joyau architectural de Fontenay et l'abbaye de Molesme, site d'origine de la fondation de l'ordre par Saint Robert au XIe siècle.

Ces anciens chemins, éloignés des routes et des villes, au patrimoine culturel riche, ravivent, dans un cadre de nature magnifique, l'humanité, le recueillement et la ferveur de cet ordre qui a tant compté pour l'histoire de l'Europe au Moyen Âge et qui poursuit sa tradition vivante dans notre XXI siècle.

Le parcours relie cinq abbayes, huit châteaux, trois villages classés, sans compter les granges, les églises, les collines et calvaires, passe à travers des forêts séculaires, datant probablement des Phéniciens, puis des Celtes, des Gaulois, des vignes et des clos...

A voir aussi : http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1313

les salins de Méditerranée et du Portugal

Sur nos territoires, les nombreux mulatiers (muletiers ou bourriquiers) sillonnent le Sud de la France, jusqu'au XVIIIe siècle, et plus. Ils mènent les caravanes de mulets pour charrier les marchandises à dos d'ânes. Ils préfèrent utiliser les sentiers situés en crête à ceux situés en fond des vallées car il y est plus facile de se repérer et parce qu'ils n’ont pas l’inconvénient du franchissement des rivières (absence de point et/ou droits de passage à payer dans le cas contraire). Nos ancêtres avaient pour habitude de déjeuner le matin pour ne remanger que le soir car ils devaient parcourir une centaine de kilomètres par jour.

Par les "routes commerciales", ils devaient certainement traverser l'Ardèche ou partir en direction de Lyon,

  • Trafiquer avec les marchands de Ports de Marseille (un parcours d'un

de km environ, en partant de Mende pour traverser le Pont De Montvert et en passant par Alès

  • ou bien encore se rendre à Florence (un parcours d'un milliers de km environ, en partant de Mende et en passant par Le Bleymard, Villefort, Folcheran à Gravières, Les Vans pour rejoindre Suze La Rousse, puis Châteauroux Les Alpes en direction de l'Italie).

Gilibert VIDAL est décédé à NÎMES (30) vers 1669. Il est le père de François VIDAL Maître Chapelier puis Mulatier & Marchand vers 1679 à CHANAC (48). Ce dernier décède, probablement en exerçant son métier de marchand, le 4 mai 1703 dans la paroisse de FRAISSINET DE LOZÈRE (48) aux environs de 76 ans, "après avoir été assassiné et martyrisé par les bandits et fanatiques des Cévennes sur le PONT DE MONTVERT et le corps fut récupéré par le dit Sieur VIGUIER, "accompagné d'une escorte de miquelets ou fusiliers de montagne", et furent trouvés également les corps de 2 garçons de la paroisse de Ste Cécile d'Andorge (Gard) égorgés qu'il fit transporter aussi au Fraissinet". Source : VIGUIER Pierre, prêtre et vicaire de Fraissinet-de-Lozère.
Son fils Jean VIDAL est d'abord Muletier puis devient lui aussi Marchand en 1711-1720 de CHANAC (48).

Muletier ou Mulatier au MONASTIER PIN MORIÈS (48) en 1674.

Pierre BADAROUX muletier du monastier deceda a st Rip? venant de voiturer de montpellier est mort le sexieme may mil six cent nonante trois ayant recu les "saints sacrements" de penitence eucaristie et extreme onction et fust enterre a ladite ville.
Vayssier Curé - Source : EDT099GG_001_e0000008sur53_1692-1713

Nadal ANDRE, homme de 48 ans, de HYÉLZAS, LA PARADE (48) est décédé le 7 novembre 1705, en revenant de "Cévennes". Le temps étant fort rude et la bise soufflant fort froide, il mourut de froid au bout de LA CARELLE... et s'étant trouvé seul, son mulet s'en est allé à la maison... obligeant les habitants de Hielzas à aller le chercher... R P HURES LA PARADE 1705 PAGE 3/5

A partir du XIXe siècle et dès qu'ils ont pu pratiquer les larges routes nouvellement aménagées (départementales...) au fond des vallées, ils vont remplacer les muletiers par les rouliers et les mulets par les charrettes.

Les marchands forains :

Située entre Causses et Cévennes, étape sur une importante voie de commerce et de transhumance (le camin ferrat) entre Auvergne et Bas Languedoc, le bourg de MEYRUEIS devient, dès le Xe siècle, un lieu d'échanges. Ses trois foires annuelles, dont celle de la « Saint Michel » qui dure dix jours fin septembre, et son marché hebdomadaire attesté dès 1033 attirent même les négociants des provinces alentours. Ces foules justifieraient l'existence de nombreuses auberges (dont la maison Portalier) ainsi que la présence d'un minuscule quartier juif (la Judarié). Le négoce porte sur les céréales, la laine, les bestiaux, les chevaux et mulets employés au transport des marchandises.
L'importante foire de la « Saint Michel » marque aussi localement le terme des paiements à crédit, des baux de fermage, des contrats d'embauche des bergers et autres salariés. Ainsi, les paysans se vendent eux-même directement en "louant leurs bras" pour travailler temporairement dans les "grandes" fermes ou se proposer en tant que prestataires de services s'ils ont un savoir-faire particulier. Ils sont alors dit brassiers ou journaliers.

La bourgeoisie

C'est dans une Europe marquée par un essor économique progressif, au XIe siècle que se constitue une nouvelle catégorie socio-économique : la bourgeoisie.
À l'origine, le terme de bourgeoisie (burgensis, dérivé de Burg : place forte, en allemand) désigne l'ensemble des habitants d'un bourg créé à côté d'une cité épiscopale, auprès d'un monastère ou d'un château, et initialement dévolue à l’artisanat et aux échanges.
Le « bourgeois » est avant tout un citadin qui assure son existence soit par le métier qu'il pratique, soit par le commerce. Il est donc le contraire d'un terrien et tout naturellement, il demande au seigneur les libertés nécessaires à l'exercice de ses fonctions. Parfois, il les obtient à la suite de conflits violents, sous la forme de chartes de franchises applicables à l'ensemble de la bourgeoisie d'une commune. Celle-ci peut ainsi nommer ses représentants (consuls dans le Midi, échevins), dont les équivalents modernes sont les conseillers municipaux. Les « communes » qui s'émancipent de la tutelle féodale se dotent d'institutions municipales propres et les beffrois et les palais communaux sont les symboles de l'indépendance fièrement affichée de ces villes franches.

Mais la bourgeoisie, c'est aussi le droit, et les robes noires des légistes qui entourent le roi et sa cour. Le renforcement progressif des États au XIVe siècle entraîne en effet le développement de leur appareil administratif. Les institutions monarchiques se spécialisent et font appel aux compétences des lettrés et des juristes formés au droit romain, théoriciens d'un pouvoir absolu et centralisé. En France, sous l'impulsion de Philippe le Bel, toute une bourgeoisie de fonction prospère à l'ombre de la monarchie, venant peupler les offices de juges, secrétaires, conseillers au Parlement et à la Chambre des comptes.

Le_crieur_public.jpg
A l'origine, le Crieur public était appelé Præco (ou preco) et exerçait son métier dans la Rome antique où il était employé dans beaucoup de circonstances différentes (cour de justice, enchères, jeux publics...).

Puis le crieur public devint un métier itinérant. Le "matraquage publicitaire" n'est donc pas si récent puisqu'il en existe une réglementation, au moins depuis 1220, par un édit de Philippe Auguste. Les crieurs étaient alors uniquement employés pour le commerce du vin (annonce des prix des vins). Depuis ce premier titre, il s’est encore passé près de deux siècles pendant lesquels ils n’eurent point d’autre qualité que celle de "clamatores vini" (crieurs de vin).
Le droit de criage fut plus tard étendu aux annonces officielles : les décès (à condition de n’en crier qu’un par jour pour Charles VI et son ordonnance de février 1415), les enfants, animaux ou objets perdus, les jours des confréries, jusqu'aux les marchandises à vendre..., à l’exception du bois et du foin. Et qu'on se le dise, nul n'étant déjà sensé ignoré les lois, même les illettrés, c'est donc ainsi, qu'à défaut d'affichage, "oyez, oyez, braves gens, damoiselles et damoiseaux", les lois et règlements furent dès lors, publiées par des crieurs publics, au son de trompe ! Mais qu'on se rassure, ne pouvait crier aucun enfant au-dessous de l’âge de huit ans, sans permission de justice.
Sa fonction consistait à arpenter les rues de la ville ou du bourg, à s'arrêter en certains endroits (place publique, balcon de l'hôtel de ville appelé bretèche, carrefour, parvis des églises), et à annoncer sa présence par un bon appel sonore grâce à un instrument quelconque (trompe, tambour, clochette, trompette...), ou par la voix. Savait-il écrire ? Peut être que non mais il devait très certainement savoir lire. Il fut par la suite, employé par les marchands et les bourgeois. Les objectifs étant de se faire remarquer, d'obtenir silence et d'attirer l'attention afin de lire un texte d'information au plus large public possible.
La pratique était encore courante au XIXe siècle. A Paris, pour attirer les acheteurs, les crieurs se plaçaient à la porte des bazars ou de celles des ventes et liquidations installées provisoirement au rez-de-chaussée des maisons nouvellement bâties. Narrant la journée d’une porteuse de journaux, en 1925, Nancy Geroge, journaliste de l’Intransigeant révèle la rudesse et le pittoresque de ce petit métier, exigeant : " elle ne manque pas de courage, la vieille femme qui me crie ces choses à l’oreille, arpentant des rues qu’elle connaissait par cœur et donnant inlassablement de la voix pour attirer l’attention des lecteurs ".

Les démarcheurs à domicile :

Au XIIIe et au XIVe siècle, presque tous les marchands criaient leurs marchandises dans la ville, et allaient les offrir de porte en porte, car bien peu d’entre eux étaient assez riches pour posséder des boutiques. A cette époque, non seulement on vendait sur la voie publique les denrées alimentaires, mais on y colportait aussi le linge de maison, les vêtements, le vin, l’huile, la chandelle...

Ils commercent aussi pour vendre les animaux qu'ils prennent dans des pièges ou à la chasse et surtout les peaux et les poils de ces animaux (pour la fabrication du cuir et des fourrures).
Un ou plusieurs des membres de ces familles d’origines paysannes prend alors la route, marmotte en bandoulière pour devenir un marchand ambulant ou un colporteur.
PS : La marmotte en bandoulière est une expression savoyarde qui désigne la mallette (boîte en bois) contenant les articles (le plus souvent des peaux) destinés à la vente.

Peu à peu, le métier de démarcheur à domicile deviendra un métier à part entière. Ployant sous leurs lourdes charges, ils diffusent toutes sortes de produits (pierres à aiguiser...) plus ou moins rares, achetés en gros à la ville pour les revendre dans les régions plus isolées (zones de montagne...).
À la fin du XIXe siècle, les hommes vendront plutôt des lunettes, des ciseaux, des bagues fantaisie ou des alliances en cuivre, des almanachs (pratiquement l’un des seuls écrits diffusés dans les campagnes avec la Bible), tandis que, de leur côté, les femmes proposent des foulards, des rubans, de la dentelle, des dés et du fil à coudre et à broder, des aiguilles...

Le rémouleur :

"Il venait parfois de loin avec sa carriole pour aiguiser les forces aux tranchants émoussés afin que les bergers puissent tondre leurs brebis, avant de monter en alpage. Il était souvent trop pauvre pour avoir un de ces petits ânes gris avec la croix de Saint André noire sur le dos comme on en trouve beaucoup là-bas, dans le pays du bon Roy René et des Papes (Provence). Trop pauvre, parce qu’il avait trop bon cœur. Alors son charreton avec la lourde pierre ronde au grain fin en grès d’Annot, il se la tirait tout seul avec ses pauvre bras."
On trouve les premières traces du métier de rémouleur (aiguiseurs de couteaux, forces : grands ciseaux pour la tonte...des bêtes, affûteur de haches...) aux environs de 1300. Au début du XVe siècle, la corporation des esmouleurs de grandes forces détient le privilège d'aiguiser les ciseaux des tondeurs de drap (voir cardage de la laine). Elle reçoit de Charles VI des statuts précis et rejoint la corporation des couteliers à la fin du XVe siècle. Au fil des siècles, la profession va se développer puis disparaître.
En 1807, la loi oblige les rémouleurs à avoir un passeport, a la fois pour sortir de France, mais aussi pour voyager en France.
Le métier survivra jusqu'au milieu du XXe siècle, pour disparaître. Et il fallait la crise économique et sociale actuelle pour revoir les étincelles des meules à aiguiser se ravigoter quelque peu. Et voilà qu'il réapparaît, de ci, de là, ce rémouleur d'antan qui a su troquer sa charrette pour un fourgon bien équipé et adapter ses meules à aiguiser à « la qualité » des aciers et de leurs traitements actuels pour combler les particuliers aussi bien que les professionnels (coiffeurs, restaurateurs, bouchers, jardiniers...).

Un ambulant original, le diseur de prières :

Il était généralement de sexe masculin, ne transportait qu’un petit autel dépliant, quelques statuettes minuscules et n’était pas toujours bien accueilli, mais, en bon commerçant, le diseur de prières savait se constituer au fil des ans son réseau de maisons amies.
Il s’installait dans un coin de la maison, béret bas, et met une demi-heure environ à réciter à voix basse les sept psaumes de la Pénitence, chargés de conjurer le mauvais sort et de protéger tous ceux, bêtes et gens, qui vivent sous le même toit.
Pour tout paiement, on lui donnait le gîte (une brassée de paille dans la grange) et le couvert, le plus souvent un peu de lard et un morceau de pain. Certains clients aussi dévots que généreux lui octroyaient une piécette. Parfois, il vendait aussi quelques images pieuses ou autres petits articles de religion.
Isabelle Sandy, grande poétesse fuxéenne, rapporte qu’en Haute Ariège l’un d’entre eux, dont la notoriété semblait justifier les tarifs, demandait un sou pour un Pater et un Ave, deux sous et un litre de vin pour sept psaumes !

Les pratiques bancaires

Nées à la fin du Moyen Âge, elles se développent nettement après la Renaissance, ses conquêtes maritimes et l’arrivée de nouveaux navires permettant de voguer vers le grand large, à partir du XVIe siècle. Les pratiquent bancaires augmentent et avec elles, les courants d'échanges européens, le commerce colonial ainsi que celui avec l’Orient, producteur de Soie, d’or et d’épices ; offrant ainsi à la bourgeoisie de nouvelles possibilités d'enrichissement .
Pour ce qui concernait leurs transactions commerciales avec l'Italie, nos ancêtres « gabales » avaient leurs propres circuits économiques et financiers en passant par les banquiers lyonnais.
"J'ai eu l'occasion de vérifier, au travers d'une dispense de mariage demandée en Cour de Rome, que l'argent nécessaire à cette dispense a été acheminé jusqu'à Rome par l'intermédiaire des réseaux de ces fameux banquiers lyonnais." Source : Jean-Albert JOUVE
Selon les ressources locales, certains marchands ambulants ont accumulé de grosses fortunes, à tel point qu'ils rivalisaient avec la noblesse qui recherchait des accords avec eux.
Aussi, par les carrières anoblissantes qu'il propose, le service de l'État devient pour les bourgeois « gentilshommes » la voie obligée de l'affirmation sociale. En quête de noblesse, les marchands et leurs fils vont se ruer sur les offices (fonctions publiques, charges avec juridiction), les fonctions, les postes dans l'appareil d'État vendus par Louis XIV en France. Colbert, fils de négociant en drap devenu grand commis de l'État, illustre au plus haut point le cheminement des cohortes de « bourgeois gentilshommes » fraîchement anoblis par l'office.
Jouissant d'un pouvoir économique et culturel accru, ces puissantes familles de banquiers et de commerçants vont, jusqu'au XVIIIe siècle, se heurter aux privilèges des seigneurs féodaux en voie de disparition et des membres du clergé pour revendiquer un rôle politique à la hauteur de leurs responsabilités économiques.

Voir aussi XVIe siècle sur http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/bourgeoisie/28294

Il y avait les familles :

  • ANTOINE / ANTHOINE : marchands mentionnés dans les actes comme originaires de Châteauroux Les Alpes, diocèse d'Embrun (05 - Hautes-Alpes, Provence Alpes Côte d'Azur), qui paraissent installés à CHANAC (48) vers 1670.
    Claude ANTOINE Marchand à CHANAC (48) vers 1689.
    André ANTOINE Marchand Colporteur à CHANAC (48) vers 1706.
  • BERGOGNE / BERGOUNHE : Marchands de CHANAC vers 1650 apparentés aux CORDESSE, GLEYZE, PELOUSE et ROUJON. Il y aussi le Gabale du même nom vivant à LYON.
    Me Jean BERGONHE marchand de CHANAC confesse devoir à Me Antoine BERGONHE marchand son frère de Chanac la somme de 70 livres, tant pour argent prêté que marchandise prise dans sa boutique et ornement de ses mulets. Notaire Marc CHIRAC de Chanac, AD Lozère, relevé Sylvain CORDESSE, Photos Jean-Albert JOUVE ; Cote 3E3922 - Photo 6417 - Date : 1670/01/11 - Obligation - http://www.lozere-histoire-genealogie.com/travaux/download/379.pdf
    Malheureusement, ce même Antoine BERGOGNE Marchand de CHANAC, parti en Italie avec sa caravane de mulets y décèdera en décembre 1672. Un de ses fils Barthélémy BERGOGNE est également Marchand de CHANAC en 1671 et les deux autres sont Bridiers à CHANAC. Son beau-père Jean PELOUSE Marchand en 1670 deviendra par la suite Cordonnier à CHANAC jusqu'à son décès en 1695. Le gendre de ce dernier et beau-frère à Antoine Bergogne, Charles SALTEL est muletier à CHANAC en 1670.
  • Jean BERTRAND Marchand de Perpignan en 1684 (témoin au mariage de Jean BONICEL et Marguerite MALAFOSSE, le 23 novembre 1684 à CHANAC), lié aux ROUJON et MALAFOSSE de CHANAC et LAVAL DU TARN (48), dont la famille est peut être originaire de ST ANDRE D'EMBUN (05).
  • BESSODES : le manoir de la famille se trouve à Bessodes Le Vieux sur la commune de LAPANOUSE (12). Bien connue depuis le XIIIe siècle, les membres de cette grande famille s’illustrèrent dans leurs fonctions de marchands mais aussi notaires, prêtres, médecins.
  • BRUEL : famille apparentée aux GAZAGNES où la profession de muletier s'exerce, pour eux-aussi, de père en fils.
    Jean BRUEL est dit Muletier de CHANAC en 1677-1690 (75 ans à son décès). Il est le père de Jean BRUEL Muletier de CHANAC jusqu'en 1702, lui même père de Jean BRUEL Muletier de CHANAC vers 1719, ce dernier oncle de Jean BRUEL Marchand de CHANAC vers 1746.
  • BRUN : apparentés aux CORDESSE. Pierre BRUN originaire de la Haute Loire (43), en Auvergne, Marchand du LIEURAN, CHANAC en 1678 où il est décédé en 1687.
  • CORDESSE / COURDESSE : apparentés aux BERGOGNE et aux GLEYZE.
  • DARDENNE à LA BASTIDE ou VILLEFRANCHE DE ROUERGUE (12).
  • DELON : Guérin DELON Tisserand en 1682 puis Marchand de CHANAC jusqu'à son décès en 1688 à environ 55 ans et père d'Antoine DELON Marchand de CHANAC vers 1702.
  • DOLSAN : Pierre DOLSAN Marchand de CHANAC vers 1680 est dit Bourgeois en 1706.
  • FAGES : Pierre FAGES Marchand de LA MALÈNE (48) vers 1660.
  • GAZAGNES / GAZAGNE / GAZANHE : apparentés aux BRUEL. Jean GAZAGNES Bourgeois & Marchand de CHANAC vers 1620.
  • GIRAL : liés au PAGES. Antoine GIRAL Marchand de CHANAC en 1711-1720.
  • GLEYZE ou GLEIZE : apparentés aux Bergogne et aux Cordesse.
  • GREZES : Pierre GREZES Marchand de LA CLAU - VÉSINH DE LÉVÉSON (12) en 1676.
  • JOUVE : patronyme d'origine lyonnaise, Jouve a été attribué à quelqu'un de jeune ou qui su le rester. Pierre JOUVE de Marvejols, Seigneur d'Ynosses et député de la noblesse du pays était surnommé "Florentin", est-ce là l'indice d'allers et retours dans cette ville italienne ?
    JOUVE de Grenoble liés là-bas à la famille TESTE, tous secrétaires du Roy en Dauphiné.
    A cause de la fameuse "savonnette à vilain", Camille JOUVE, ex-noble et chef d'escadron, domicilié à Paris, en perdra la tête, en 1794, à la Révolution.
  • MALAFOSSE : Jean MALAFOSSE est dit Bourgeois & Marchand de Sauveterre (Ste Énimie) en 1710.
  • MERCIER : apparentés aux ROUJON. Pierre MERCIER Marchand à CHIRAC (48) vers 1670.
  • MICHEL : Pierre MICHEL Maître Marchand du BEDOS, LA PARADE (48) vers 1620 et son fils Etienne MICHEL dit "Baron", Marchand au ROUVERET, LA MALÈNE (48) en 1664 puis au ROZIER (48).
  • MONESTIER : Jehan MONESTIER Mulatier à RAUZAS, LAVAL DU TARN (48) vers 1570 avec son fils : Jehan MONESTIER Marchand à RAUZAS, LAVAL DU TARN vers 1620-60.
    L'installation des Monestier à Rauzas est certainement liée au minerai de fer qu'on trouve dans le coin (à la Capelle en particulier). Pour faire marcher leurs forges des Vignes, ils achetaient systématiquement les terres des Causses où ils pouvaient s'alimenter en fer et en "charbon de terre". Alain MONESTIER - alain.monestier@netcourrier.com
  • PAGES : apparentés aux GIRAL. Michel PAGES Marchand à CHANAC vers 1696-09 et son fils Estienne PAGES Marchand de CHANAC vers 1710 & Estienne PAGES Marchand de CHANAC vers 1691.
  • PARADAN
  • PEYTAVIN : ceux originaires de Chadenet étaient liés aux ANTOINE d'Allenc. François et Henri PEYTAVIN, deux frères marchands qui vécurent dans les années 1680 dont l'un résidant à Mende, expédiait ses marchandises (serges et cadis du Gévaudan) à l'autre vivant à Châteauroux Les Alpes.
  • ROCHER : Jean ROCHER Marchand de CHIRAC (48) vers 1672.
  • ROUJON / ROUJOU / ROUION : apparentés aux MALAFOSSE, MERCIER, DOLSAN, BRUEL...
    Antoine ROUJON Marchand de LAVAL DU TARN (48) vers 1618 devait faire le "traffic" (commerce) des étoffes fabriquées par les tisserands de sa famille mais très certainement aussi des chapeaux d'Antoine ROUJON et de ses enfants, chapeliers à LAVAL DU TARN vers 1624. Jean ROUJON Marchand à CHANAC (48) vers 1700 était apparenté aux MALAFOSSE.
  • PRIEUR : Jean PRIEUR Trafiquant à FOURNENS, ST BONNET DE CHIRAC (48) en 1755 puis au BRUEL, ESCLANÈDES (48) en 1773 (époux de Marguerite PAPAREL originaire de St Jean Dufort en Languedoc).
  • ROZAN : Jean ROZAN Marchand du MONASTIER (48) vers 1690, fils de Maxence ROZAN & de Marguerite ANTOINE du lieu de ROUZAN de Chamerer, Châteauroux Les Alpes (05) - Diocèse d’Embrun, en Dauphiné.
  • SALTEL : Jean Baptiste SALTEL Trafiquant à FONTJULIEN, LA CAPELLE (48) vers 1842.
  • TESTE de MARVEJOLS (48).
  • VIDAL : liés aux GIRAL.

Voir le couple Jean Pierre ROUJON & Marguerite BRUNEL, Basile Roujon marié à Marie Salel et autres marchands. Trafiquant vers 1755 à FOURNENS, ST BONNET DE CHIRAC (48) / Marchand de 1784 à 1790 et Cultivateur au ROZIER (48), à MARVEJOLS à partir de 1843, Marchande à MARVEJOLS en 1838 / Marchand Colporteur au MASET, BANASSAC (48) en 1862 / Drapier / Négociant vers 1870 à LA CANOURGUE (48), à partir de 1843, sur deux générations à MARVEJOLS (48) / Commerçant / Vendeurs vers 1986 à DECAZEVILLE (12), vers 1990 à RODEZ / Epicier (1889).
Sources : Jean Paul HOT, Sylvain CORDESSE, Jean-Albert JOUVE, Antoine MAURIN...

Les bourgs commerçants des marchands en résidences fixes :

Au XVIe siècle, les marchands se sont largement établis dans les bourgs ; généralement, chaque métier se confine dans un même quartier qui prendra souvent le nom (rue des tanneries...).

=> MENDE, MEYRUEIS, CHANAC, MARVEJOLS, LA CANOURGUE, FLORAC...
Au XVIe siècle, le quartier des tisserands de la rue Basse (La Charreiro Basso) à SERVERETTE (48) est protégé par une muraille dont seules deux portes d'entrée lui donnait accès. Ses belles maisons dotées d'un local de rapport ainsi que les dates portées en façade des boutiques témoignent encore de cette activité passée. Le village possédait aussi une place marchande où un important marché hebdomadaire s'est tenu jusqu'au XIXe siècle, pour vendre les étoffes de laine. Les pièces d'étoffes étaient exposées sur le rebord de fenêtres voutées avec un seuil en pierre.
Il se vendit à SERVERETTE quelques "10 447 pièces de serge d'une valeur de 287 292 livres, en 1759" (cf. étude sur l'industrie des laines en Gévaudan).
Vers 1830, la commune comptait 60 tisserands pour environ 900 habitants.
=> LAISSAC (12) et son importante foire aux "bestiaux", VILLEFRANCHE DE ROUERGUE (12), RODEZ (12)...

Colporteur de café à la criée :

Le café arrive en Europe aux alentours de 1600 introduit par les marchands vénitiens. Au milieu du XVIIe siècle, des marchands de Marseille qui avaient appris à l'apprécier commencèrent à ramener des balles de café. En quelques années, un groupe de marchands et de pharmaciens s'organisèrent pour importer du café d'Égypte. En 1671, le premier café marseillais ouvrait ses portes à une clientèle rapidement nombreuse. En 1669, Louis XIV et sa cours lance la mode de la consommation du café dans la capitale où le premier café est fondé en 1672. Au début du XVIIIe siècle, les planteurs en envoyèrent à Saint Domingue et à la Guadeloupe où il fut cultivé avec succès.
Le roi Louis XV, grand amateur de café, faisait cultiver des caféiers dans le jardin expérimental du Trianon. Ils arrivaient à produire quelques livres de café bon an, mal an. Le roi aimait torréfier lui-même sa récolte et se préparer en personne sa boisson préférée, ne faisant griller que la quantité consommée. La poudre étant jetée dans de l'eau bouillante, on pouvait refaire ainsi douze bouillons successifs.
Au cours du XVIIIe siècle, la boisson connaît un grand succès en Europe. Au XIXe siècle, l'offre insuffisante stimule l'usage de divers substituts au goût proche, comme la racine de chicorée.

La fin du XVIe et le début du XVIIe siècle sont une période difficile. Après une famine en 1594, une violente épidémie de peste, apportée à SAINT FLOUR par des marchands qui venaient à la foire, puis importée, en 1627-1628, en Quercy par un muletier.
Et sous le règne de Louis XV, c’est bien le commerce de Gévaudan et ses marchands des ports de Marseille qui, par le transport des laines de Smyrne envoyées à LA CANOURGUE, amenèrent aussi la peste de 1721, cette maladie si contagieuse en ce pays.

  • Jean BRUNEL Maître Blancher (tanneur) en 1670-82, Marchand Pelletier en 1670, Maître Gantier en 1671 & Second Consul en 1682 à CHANAC (48).

A la foire

  • Le Maquignon : à l'origine, est un marchand qui pratique le commerce des chevaux, se mêle d’en revendre, d’en troquer, en corrigeant ou en dissimulant leurs défauts, sans en faire l'élevage. Il deviendra, par extension, marchand de bovins voire d'ovins. Principalement connus pour des valeurs morales peu relevées, l'expérience des marchés de bestiaux amène à admirer plutôt la ruse des maquignons que la bonne foi. Ainsi, dans le Rouergue du XXe siècle, le maquignon caractérise aussi celui qui s’entremet dans des affaires de tout genre pour en tirer un profit plus ou moins illicite.
    « Toute ma vie j'ai été maquignon. J'allais de village en village dans toute la Lozère. On marquait les bêtes avec l'initiale de leur propriétaire. A l'époque il y avait des maquignons partout. Chacun engraissait son cochon. Une foire par jour. Pour celle de FLORAC, on pouvait parfois vendre 100 cochons ! A la nuit, on ne rentrait pas chez nous tellement on avait du travail. » M. Roger Roujon - http://laurentpouget.free.fr

Les échoppes :

  • Esclopiers / Sabotiers vers 1840 aux SALLELES, CHANAC (48) : fabricants et marchands de sabots (los esclops en patois). L’origine du sabot est mal connue. Au Moyen Âge, on trouve mention de fabricants de sabots lors des foires. Ce ne sont en général, que les bûcherons (qui en seraient les créateurs) ou les habitants de régions froides, neigeuses ou argileuses qui les utilisent.
    Puis, son port devient de plus en plus courant. Le sabot protège les pieds du froid, des blessures... Il est solide et pratique et est, le plus souvent, fait en bois d'aulne pour résister à l'humidité et le rendre plus économique. Le sabot fait d’une seule pièce de bois, est prisé des régions rurales. Mais seul le sabotier connaît l’art de les sculpter, de les clouter pour les renforcer ou de les garnir de cuir pour les bourses plus aisées.
    Du XVIe au XVIIIe siècle, les sabotiers comme les charbonniers vivent aux abords des forêts dans une cabane qu’ils construisent sur place. Ils y restent tout ou partie de l’année, suivant, ils sont sabotier à l'année ou aussi, paysans aux beaux jours. Ils choisissent les arbres qui seront abattus et auxquels ils en retirent l'écorce pour en scier le tronc en billes de bois. La "taille" donne à chaque pièce de bois, l'aspect du sabot. C'est une opération délicate car il faut dégrossir et ébaucher la forme tout en recherchant la symétrie à l’œil. Vient le dur travail du "creusement" pour le façonner avant d'être mis à sécher. Le "pareur" fignole ensuite en polissant l'extérieur et l'intérieur du sabot qu'il ne reste plus qu'à décorer.
    Mais le métier se réglemente et les ateliers ont obligation d’être situés à une distance d’au moins une demi-lieue des forêts. Au XIXe siècle, se généraliseront les échoppes des sabotiers, au sein même des villages.

    Le patron des sabotiers Saint René, Évêque d’ANGERS, serait selon la légende le premier sabotier. Lassé de ce monde, il se serait retiré dans la solitude à Sorrente, en Italie, vers l’an 440 et y façonna les premiers sabots.

    En 1841, DUROD révolutionne le métier de sabotier en mettant au point la première machine à fabriquer ces souliers de bois. Et une nouvelle forme de sabot s'inventa : la galoche. Réservée aux élites, au départ, c'est un sabot où le dessus de la chaussure est fabriqué en cuir, ce qui la rend plus légère et beaucoup plus confortable que le sabot de bois. Les ateliers des galochiers se perfectionnent, l'activité reste familiale et l'ambiance se feutre de senteurs de cuir et de bois.
  • Puis vint le temps des Cordonniers qui confectionnent, vendent et réparent les chaussures et des Botiers qui fabriquent des bottes. Avec le développement de la fabrication mécanique de la chaussure, le cordonnier sera celui qui s'occupera, plus spécialement, de la réparation, tandis que le "bottier" désignera le maître artisan qui confectionne, plus ou moins manuellement et sur mesure les bottes et chaussures.
    Sur deux générations avant 1700 à CHANAC (48), vers 1876 au MASSEGROS (48), vers 1889, vers 1900 à CHÂTEAUNEUF DE RANDON (48) ; à MILLAU (12), la ville qui se spécialise dans les articles de luxe, en cuir de qualité.
    Le Savetier quant à lui est celui dont le métier est de raccommoder de vieux souliers ou de tresser des « savates en corde ».
    « Il n’y a par ici ni savetiers, ni cordonniers, répondit l’autre. Nous sommes tous sabotiers de père en fils et, de notre vie vivante, nous n’avons porté de souliers » - Charles Deulin (1827-1877).
    « C'est normal, rétorqua Maurice, à cette époque, on était tous habitué à porter des sabots de bois pour travailler dans les champs et on y travaillait 12 heures par jour, du soleil levant au couchant. On ne pensait même pas à compter les heures. Et les chemins n'étaient pas encore goudronnés, c'étaient des chemins caillouteux et terreux. Le cuir n'aurait pas pu résister autant. Et si on ne pouvait pas se les fabriquer soi-même, on allait se fournir à la saboterie. Celui des VIGNES était d'ailleurs vraiment gentil, il nous arrangeait bien, tu vois, quand on ne pouvait pas trop payer. On y allait pour lui faire prendre les mesures et on lui proposait un échange. En y retournant, on lui ramenait ce qu'il avait choisit, un sanglier, du fromage et des champignons... et il était bien content. Et puis, il travaillait vraiment bien, les pieds se faisaient vite à ses sabots. L’hiver, on les bourrait de paille fine et bien sèche et on n'avait pas froid. Et pour éviter de glisser quand il y avait une bonne couche de glace, on plantait des clous qu'on laissait un peu dépasser, sous le talon et le devant du pied ».

Cireur_de_Rodez.jpg

Le Cireur de chaussure ou anciennement encore décrotteur, "frotteur", "encaustiqueur". Il nettoie et cire les chaussures de ses clients. Ce travail s'exerce traditionnellement dans les ville, plutôt par un enfant, un adolescent ou d'un vieil homme mais de sexe masculin. Muni d'un tabouret pour poser le pied du client, il est aussi équipé d'une boite en bois, aisément transportable par une lanière de cuir, contenant brosses et cirages. Il peut aller de brosser les bas, en passant par décrotter les chaussures jusqu'à faire briller les boucles de souliers. Autrement dit, il fait disparaître ce qui trahit l'origine sociale du marcheur, les plus fortunés ayant un carrosse et un domestique qui emporte leurs souliers de rechange, les moins, s'efforçant de tenir le haut du pavé.
Dans les civilisations dites « occidentales », ce rôle est de plus en plus considéré comme obsolète mais dans de nombreux pays à travers le monde, des enfants gagnent encore, grâce à lui, un salaire indispensable pour leur famille.

Après la seconde guerre mondiale, de 1939-45, une fois que les chaussures de cuir s'étaient démocratisées et que les bottes en caoutchouc avaient fait leur apparition, en parallèle à la mécanisation agricole ; les agriculteurs, appelés désormais à conduire des machines à moteur, finirent par cesser de porter les paires de sabots, d'autant que le prix de ces derniers est nettement supérieur.
Et voila que les temps de modes successives enfantent de celui de la « société de consommation », portant le coup fatal à quasiment tous les derniers sabotiers. Nul ne vaut désormais, l'interchangeable à bas pris ! Et, hormis quelques exceptionnels irréductibles qui arrivent encore à travailler pour que de rares anciens qui le souhaitent puissent continuer à les utiliser pour bêcher le jardin ou que leurs enfants en décorent un pan de mur, en mémoire d'une époque qu'ils ont peu connu et qui leur reflète ce temps où le bonheur savait « claquer » joliment en marchant et se faire savourer plus que le temps d'une bourrée.
A voir : http://acc.free.fr/basmetiers.htm#Les%20m%C3%A9tiers%20de%20la%20Chaussure
A voir : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article12724

Souvenir d'enfance :

Si l’hirondelle annonce le printemps, la grive annonce l’hiver et se réfugie dans nos contrées dès la mauvaise saison arrivée.
« Moi, j’ai fait quelques sous avec les grives ». Autrefois, on ne mangeait pas les grives, on les vendait...
Pratique ancestrale, la chasse à la tendelle était un moyen d'attraper toute sorte de gibiers et d’améliorer la vie quotidienne des paysans lozériens qui n’avaient pas toujours les finances nécessaires pour payer les cartouches de la chasse au fusil.
Piège redoutable pour la grive, la pratique de la tendelle se retrouve principalement sur les sols calcaires qui offrent tous les éléments nécessaires à sa fabrication. Pour cela il faut placer une grosse lauze bien plate, au Sud d'un pied d'un genévrier pas trop gros, mettre une ou plusieurs pierres devant et sur le côté, quatre bâtons fins mais rigides, d’ormeau ou de groseillier, quelques baies de genièvres (nourriture préférée de la grive) placées en bouquet au centre du piège. Et voilà le piège prêt ! C 'est un travail d'adresse, d'habileté et de patience.
Sur le Causse, chaque famille entretenait ses tendelles, pendant 6 mois de l’année. Les anciens rajoutaient des petites cales entre la lauze et la terre pour que la terre gelée ne fasse pas prise avec la pierre sinon, ça ne tombait pas assez vite et l’oiseau avait le temps de s’échapper. Par temps de neige, ils nettoyaient la neige avec un balai pour que les grives voient les baies de loin.
« Quand j’étais jeune, je faisais les tendelles en gardant ma centaine de moutons. Je ne restais pas beaucoup au lit. Ça me prenait presque 3 heures dans la journée, j’en avais 400. On ne passe pas systématiquement à chaque tendelle. On a un sentier, comme les brebis. On regarde de loin et comme on les connaît par cœur, on sait si elles sont tombées ou pas. Il vaut mieux lever les tendelles l 'après-midi, le matin, on dérange les grives et elles partent plus loin. Ici, tout le monde faisait des pièges. Il fallait parfois passer dans le terrain de l’autre, mais s’il y avait des grives, on les lui apportait ou on le prévenait, c'était normal. Et le voisin faisait pareil. Les plus belles bêtes étaient vendues sur le marché de MARVEJOLS. Certains des Gorges achetaient 500 grives pour faire des pâtés. Ils y rajoutaient de la ventrèche. Les restaurateurs en profitaient pour solliciter les tendeurs. Des fois, si la pierre était trop grosse, la grive avait le ventre qui sortait par derrière, mais on le re-rentrait et on pouvait la vendre. Moi, je les vendais 15 F l’une, 8 F les petits oiseaux (petites grives ou tourdres). Les autres, eux, les vendaient 20 F. Puis, on les retrouvait à 50 F dans les assiettes du restaurateur ».
« Los grivaïres », comme les appelaient certains, marchandaient une grande quantité de grives aux tendeurs pour les revendre dans les villes alentours. « Il y avait un épicier ici, qui habitait Montignac, il ramassait tout le gibier. Il descendait ensuite à Millau des pleins sacs de jutes. Toutes les semaines, lièvres, lapins, bécasses, grives, tout ce qu’il y avait. Et il nous rendait service. On n’avait pas de congélateur et pas de voiture. C’était lui qui payait le mieux. Les grives, ça s’est toujours bien vendu. »
Lo grivaïre es passat... Interdite depuis 1979, la chasse à la tendelle est restée tolérée dans les faits en Lozère et en Aveyron. http://laurentpouget.free.fr/

Pour vendre ses « trophées de chasse ou leurs peaux », quand il était tout jeune, M. Roujon Maurice préférait emprunter les parcours des muletiers qui traverse les Gorges, de LA TIEULE à LA CANOURGUE ou à LA FAGETTE, plutôt que d'avoir à parcourir 25/30 km, à l'époque, en passant par la route départementale de BANASSAC. Ce souvenir, quand il l'évoque, lui déclenche toujours (93 ans en 2016) un radieux sourire sur son visage. Et pour en comprendre la raison, il faut situer géographiquement le terrain et préciser que dans les années 1930-40, il faisait ce parcours dans les Gorges, par tous les temps et avec un vélo à contre pédalier (sans frein) !

 6.8 - Le monde rural du XVIe au XVIIIe siècles

(en construction)

De leurs terres ils parviennent à tirer la subsistance de leur famille quelle que soit la conjoncture climatique ou économique.

L'élevage du bétail procurait non seulement de la viande mais aussi du lait avec tous ses dérivés (crème, beurre, fromages) ainsi que les peaux ou la laine.
En Aveyron, on rencontrait deux types d'élevages : ovins (brebis, moutons...) et bovins (vaches...). Vers la fin du XIIe siècle, les troupeaux de La Cavalerie comptaient 10 000 à 15 000 têtes. A la même date, le cheptel de La Couvertoirade dénombrait 2 520 bêtes.

" Un bon berger a toujours un geste ou un bon mot occitan pour ses bêtes et surtout il leur donne un bon traitement".
Traire une brebis manuellement : la mamelle de la brebis comporte deux quartiers dont chacun a un trayon (la vache a 4 trayons). De bonnes conditions de traite agissent directement sur la qualité du lait et favorisent la bonne santé de la mamelle aussi il faut toujours traire l'animal au repos. La mamelle doit être lavée à l'eau chaude et séchée avant la traite. Le premier lait qui sort du trayon se jette car il peut contenir des germes. Pendant qu'on trait la brebis, on peut lui parler ou chanter pour détendre l'animal et faire venir le lait plus facilement. Si on garde le lait, il tourne assez rapidement et n'est plus bon à boire. Pour le conserver, il faut le faire bouillir et le conserver dans un récipient propre à couvercle et le placer dans un endroit frais.

Voir pérail, brousse et recuite, flaune...

Pour produire du lait, l'animal en lactation a besoin d'un supplément de bons fourrages et de minéraux et de beaucoup d'eau.
Au dessus de 25°, les moutons ont chaud, recherchent l'ombre, mangent beaucoup moins et, du coup, chôment. Ils se portent donc mieux avec le temps frais des montagne et surtout recouverts avec un peu de laine pour se protéger du froid mais aussi des coups de soleil.

Si la tonte des brebis, moutons et béliers est utile à l’homme pour la récolte de cette matière première naturelle aux qualités uniques qu'est la laine, elle est aussi une condition indispensable au bien être de l'animal et est indispensable à sa bonne santé (c'est un acte d’hygiène vétérinaire sinon l'animal se retrouverait enveloppé d’un "cocon" de laine feutrée, sale, toujours humide par son épaisseur, moisi et porteur de parasites). Après la tonte, les toisons de laine sont emballées dans de grandes balles pouvant facilement atteindre 50 kg. Puis elles sont transportées dans la vallée ( en Gévaudan), pour y être dégraissées, lavées et tissée.
Le cardage de la laine a été pratiqué jusqu'au début du XIXe siècle et se faisait toujours avec des cardères (utilisées pour "peigner" les draps, c'est à dire à les gratter pour les rendre pelucheux).

  • Cardeur / Tireur de laine vers 1650, sur deux générations, au MONASTIER PIN MORIÈS (48), vers 1700 à FOURNENS, ST BONNET DE CHIRAC (48) / Peigneur de laine : peigne la laine pour la rendre prêtte à être filée / Maître peinheur de leynes / Fileurs et Fileuses vers 1760 à CAUQUENAS, LA MALÈNE (48), vers 1770 au MONASTIER PIN MORIÈS (48), entre 1775 et 1829 ST BONNET DE CHIRAC (48), vers 1820 à NOGARDEL, ST PIERRE DE NOGARET (48).

Au XVe siècle, dans le contexte de la tradition fromagère locale très ancienne (le Laguiole), les moines de la dômerie du plateau d'Aubrac développeront la transhumance déjà existante pour les ovins, aux bovins laitiers.
Ainsi, chaque été, les troupeaux de moutons transhumants et les bergers des montagnes partaient du bas pays desséché pour estiver (rejoindre les terres d’estives) en empruntant les chemins gallo-romains : les drailles (dralha en occitan) ou carraires (issues du dialecte occitans).
La besace en bandoulière, profondément attaché au rythme de vie de son troupeau, le berger protecteur emportait pour unique bagage, un sac de cuir qu'il portait en bandoulière. Compagnon de toute sa vie, ce sac était fait de cuirs souples qui épousait les courbures du corps. Solide et spacieux, il était composé de plusieurs poches et compartiments qui lui permettaient d'emporter son couteau, protéger son lainage, avoir un minimum d'outils, les onguents pour soigner les mammites et autres plaies des bêtes et sa nourriture quotidienne...
« Chez nous, on avait toujours le couteau dans la poche, que ce soit pour bricoler, fabriquer les pièges, percer le ventre des brebis qui se gonflaient si elles mangeaient trop de trèfles... »
Voir couteau de Laguiole.

Sur les pâturages des massifs montagneux, les fèdes (brebis en occitan) paissaient sur de larges étendues, exploitées uniquement cinq mois de l'année, sur le plateau des Causses du Larzac, pendant la période estivale, lorsque le climat y est moins rude). L'estive leur permettant aussi de libérer les champs de basses altitudes pour pouvoir y faire d’autres types de cultures.

« Les besoins alimentaires des hommes » étant prioritaires, surtout dans les milieux isolés et d’accès difficiles, les habitants n’ont pas voulu tout miser sur l’élevage, trop aléatoire.
Les cultures sont essentiellement :

  • Céréalières (blé, orge, seigle...) :
    Le pain était un aliment de base, consommé par toutes les couches de la société, indicateur de bien-être ou de manque dans la France d’Ancien Régime. Faire en sorte que chaque Français ait son pain quotidien a été le souci constant de la monarchie.
    D’où l’impérieuse nécessité de cultiver d’abord des céréales panifiables, partout là « où elles peuvent pousser », afin d’éviter les catastrophes alimentaires. Mais la proportion des terres non cultivées est accrue par le système de la jachère découlant de l'assolement biennal. Ce système agraire méridional fut mis en place avec l'introduction de la culture continue des sols car les paysans craignaient l'épuisement des sols déjà pauvres et impliquait l'alternance des cultures sur deux ans. https://books.google.fr/books?id=UgIKu4lDiRkC&pg=PT47&lpg=PT47&dq=assolement+biennal+c%C3%A9vennes&source=bl&ots=S7RipY_keK&sig=bHaxEfqtq8egd_ukfdRI01sYTx0&hl=fr&sa=X&ei=jXieVfmuMcbV7gbR8L24Bw&ved=0CDQQ6AEwAw#v=onepage&q=assolement%20biennal%20c%C3%A9vennes&f=false

    Les céréales étaient cultivées dans les plaines ou en terrasses et utilisées pour l'alimentation de la famille (légumineuses, fabrication de farines) mais aussi pour nourrir le bétail. Tous les habitants cultivaient le blé sur les Causses.
    En Gévaudan, l'orge était déjà cultivé par les Gaulois qui l'utilisaient pour fabriquer la cervoise (ancienne bière) en -390 av. J.C.
    Les paysans savaient exploiter au mieux les différences géologiques. Ainsi, les terrains composé de calcaires à Chailles (souvent matérialisées dans le paysage par la présence des fameux genêts purgatifs comme ceux que l'on trouve en Lozère) étaient meilleurs pour le Seigle, et les calcaires ordinaires accueillaient bien le blé.

    La paille (ou paillée en ancien français : tige des céréales séchées et rassemblées en gerbes pour être ensuite étendues sur l'aire) était (et est encore aujourd'hui) récupérée pour servir de litière aux animaux. Une fois mélangée avec les excréments des bêtes, elle donne ensuite le fumier qui, en se décomposant, produit un excellent fertilisant que les paysans épandent dans leurs champs et jardins.

Avant la révolution, l’épandage du fumier dans les champs était rare, du fait du nombre restreint de vaches dans chaque famille. Pour pallier à cette déficience, il fallait faire plusieurs labours dans l'année (environ quatre), c’est la raison pour laquelle celui qui possédait un araire ou une charrue avec un attelage de trait était sollicité par ceux qui n’avait rien de tel. Il est difficile d'imaginer ce que pouvait être un champ de blé au XVIIIe siècle : un champ envahi de mauvaises herbes, des épis courts, ne portant que quelques grains, et des grains dont l'enveloppe est ridée, montrant un déficit de croissance, d'où, des rendements faibles.

culture du froment, houblon, avoine, sur nos territoires à l'époque médiévale ?

  • Quelques légumes des jardins : choux, poireaux, salades, carottes, peu de raves, pas de tomates (fruits), ni pommes de terre avant la fin du XVIIIe siècle.
    Les orties sont utilisées pour produire du purin qui permet de stimuler les plantes grâce à leur forte teneur en azote (engrais) et en prévention, moins concentré et pulvérisé directement sur les feuilles, pour repousser les nuisibles (pucerons, acariens, maladies...). Pour cela il faut couper les orties, les hacher, les mettre à tremper dans de l’eau (1 kg d’orties pour 10 à 15 litres d’eau pour l'engrais, le double d'eau pour un répulsif), laisser macérer une quinzaine de jours en remuant de temps en temps. En pulvérisation sur les plantes, n'utilisez ensuite que le mélange liquide produit.
  • Cultures fourragères : des plantes comme le chanvre furent très largement utilisées dès le Néolithique, pour l'alimentation des animaux (il a toutefois peu à peu été interdit ou fortement réglementé au cours du XXe siècle en raison de ses propriétés psychotropes) ;
    comme le foin qui est la principale source de nourriture hivernale des ovins ou bovins. Ceux-ci ayant aussi besoin de fourrage abondants pendant cette période. Sa composition variait suivant les animaux et les lieux des pâtures où il était récolté. Au moment de la fenaison (choisit avant la montée en graine pour que le foin soit moins dur et plus nourrissant), l'herbe est fauchée (coupée avec une faux), fanée (retournée quotidiennement à l’aide de fourches pour l'aérer), séchée au soleil (elle ne doit pas recevoir de pluie pour conserver ses éléments nutritifs, ramassée à l'aide de râteaux, elle ne doit plus être humide (pour éviter que sa fermentation ne fasse prendre feu à la grange), rassemblée en bottes (ou ballots, meules) et stockée dans une grange (fenil, ou le paillé : grenier à paille, bâtiment où sont entreposées les récoltes de paille, de foin.. souvent située au-dessus des étables pour servir d'isolant thermique et afin qu'il suffise de faire passer le foin par une simple trappe pour nourrir les animaux).
    La luzerne ou le trèfle - riches en protéine ou encore le lotier (qui font partis de la famille des légumineuses) est particulièrement apprécié des bovins laitiers. Les Ray-Grass anglais et italien très productifs ou encore, la fétuque, la fléole des prés ou le pâturin sont plus rustiques.
  • Fruitières : les fruits sont consommés "frais", cuits en compotes, gelées ou confitures, dans les pâtisseries, séchés. Ils sont également utilisés pour la fabrication d'huiles (noyers dans les Gorges, amandiers, noisettes que l'on récoltait comme les écureuils, à l'automne afin de les mettre en réserve pour les temps durs de l'hiver...), d'alcools (prunes) et de miel (miel de fleurs de châtaigniers)...
    Les vignes permettaient la fabrication du vin, et étaient aussi exploitées en terrasses (Bancels : terrains cultivés en terrasses, soutenus par des murets en pierres sèches), dès que l'exposition le permettait. De nos jours les bancels ont souvent été abandonnés et envahies par les broussailles mais quelques uns sont aujourd’hui restaurés avec la remise au gout du jour des productions artisanales (en Aveyron : MARCILLAC VALLON, MILLAU au Sud et ses environs..., en Lozère : le hameau du Ségala à BANASSAC), depuis des siècles, parfois depuis le Moyen Âge...
    "Avec la pomme, rien ne donne" (proverbe ancien qui nous apprend que les pommes doivent être stockées à part car elles poussent les autres fruits à murir et pourrir plus vite) ; les pêchers, les pommiers, les poiriers, les cerisiers (devenue une spécialité de Millau - 12).

    Certains fruits sont aussi écrasés pour la fabrication de farines (châtaigniers dans les vallées). Quasiment abandonnées aujourd'hui, les châtaigneraies resteront très exploitées en Lozère (BANASSAC...) et en Aveyron (Maison de la Châtaigne à AYSSÈNES...), jusqu'aux années 1850.
    Pour les Cévenols, la culture de la châtaigne reste la plus célèbre car elle leur a permis de survivre aux famines jusqu'à la fin du XIXe siècle. Elle a aussi été, par exemple, pendant très longtemps, une des principales ressources des habitants de PRÉVENCHÈRES (48). En effet, le châtaignier se plaît sur les sols acides de nos régions.
    Après la récolte, ses plus gros fruits étaient généralement vendus ; les moyens étaient entreposés dans des sécadous (séchoirs) pour y être conservés et/ou consommés directement cuits ou réduits ensuite en farine. Elles étaient, entre autres, mélangées à la soupe pour la rendre plus épaisse et cuisiner ainsi un plat plus consistant que ces paysans, travailleurs de force, mangeait le matin, pendant l'hiver, avant leurs journées de labeurs. Quant aux châtaignes plus petites, elles servaient à engraisser les cochons tout en donnant à sa viande une fine saveur inimitable que l'on n'arrive à retrouver aujourd'hui encore que chez quelques rares paysans.
    Traditionnellement, en soirée, la châtaigne était grillée dans la cheminée lors des veillées hivernales, permettant ainsi à la famille et aux voisins de se réunir chaleureusement "au coin du feu" et de se raconter les nouvelles du pays. Avec leurs talents de conteurs, les anciens en profitaient pour transmettre les traditions, le savoir-faire. Les légendes locales se mettaient à revivre, laissant presque entendre le vent sur le causse et le tintamarre des cloches des brebis. Et il n'était pas rare que ces soirées se terminent par une chanson, en patois.

La chasse et la pêche ne sont pas des ressources négligeables. La peau et les poils des animaux sauvages ou domestiques sont utilisés pour la fabrication du cuir, de vêtements...

 6.8.1 - Les contraintes climatiques et saisonnières

Alors qu'un réchauffement climatique a eu lieu au XVIe siècle, dans toute l'Europe, les XVII et XVIIIe siècles vont connaître un "petit" âge glaciaire.
En dehors des vallées et des régions qui ne seront jamais « un bon pays de culture », à l'environnement « dur et hostile », les brusques écarts climatiques fragilisent davantage l'économie et provoquent immédiatement des difficultés et des situations de crises. Or celles-ci n’auront pas le même impact sur la toute la population, jusqu'au XVIIIe siècle. Il y a « ceux qui en profitent », les accapareurs et autres spéculateurs de grains, presque toujours des notables, et « ceux qui les subissent », les classes pauvres, essentiellement des paysans condamnés à la dégradation physique et intellectuelle, pour qui les malheureuses conséquences s’enchaînent implacablement : disette, épidémie, errance et/ou mort.

"L'an mil six cent septante et la nuit du vingt troisieme jour du mois de feburier [...] decederent par la rigueur du froid jean blanc et francoise combes maries du lieu du jas de cette paroisse sans avoir recu aucun sacrement. leurs corps furent trouvez le vingt quatrieme proche de La nojarede" 1670 - Bertrand Prêtre de CHANAC (48)

"Le 22 décembre 1680, Jean ARNAL, Gabriel ALMERAS et Pierre DELMAS, paysans, retrouvent Claude POUJOL mort dans la neige. Il avait 48 ans environ et était peigneur de laine de SOULAGES, ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48)."

"Ayant labouré le jour précédent et s'étant laissé transir de froid" Jean JORY dit "Gabriel" décède le 5/01/1686 à LA PARADE (48).

"La misère a été si grande cette année que les pauvres de Longeval tuerent le chien du village pour le manger. Le carton de bled vallait quatre livres quinze sols sur la fin de juin, a présent ne vaut que vingt trois sols." Mazaudier curé - Août 1694 - Registre de Saugues, Haute-Loire en Auvergne - BMS 1612-1704, photo 1333

"Isabeau aguilhonne fille a Jean et Jeanne Roujonne de chirac agée denviron vingt ans est décédée le vingt deuxieme febrier mil six cens quatre vingts quinze apres avoir reçu les sacrements necessaires et salut et enterree le mesme jour dans leglise de st Romain ne pouvant ouvrir le cimetiere a cause de la glace [...]" Source : Février 1695 - Registre de Chirac, Lozère - BMS 1687-1700, EDT049GG_002_e0000091sur122

Magdeleine RABIER, femme de Nadal ANDRE de HYÉLZAS, LA PARADE (48), âgée de 40 ans, se relevant de maladie, estant allee à MEYRUEIS, est décédée le 6 mars 1700, en revenant à sa maison, pressée du froid, a este retrouvée morte le lendemain près du village de COSTÉGUISON... R P LA PARADE 1700 PAGE 2/5

Ad memoriam corum quoe evenerunt, Anno millesimo septingintesimo nono, l'hyver hujus anni - 1709 a été si rude que de mémoire d'homme on n'en avoit veu un semblable. Il a commencé à geler le jour des Rois avec une telle véhémence, qu'il geloit au coin des bons feux. Plusieurs personnes sont mortes de froid dans les champs. La rigueur du froid a continué jusqu'à la Chandeleur. (source à vérifier)

En février 1720, le grand froid et la quantité de neige qui "fermaient" les chemins obligent Pierre CORDESSE, Curé de CHANAC (48) à ondoyer ou faire ondoyer les enfants en leurs maisons et suppléer leurs cérémonies de baptême au début mars.
Margueritte MALAFOSSE est née le 21/02/1720 au lieu de [CLAVIERS] - CHANAC (48) où sa mère s'était rendue avant d'accoucher. Elle a été ondoyée à la nais. et n'a été baptisée que le 3 mars, à cause du froid et de la difficulté des chemins.

"Coup de foudre" à LANUÉJOLS (30) en 1728 :
Jeanne Cairoche du lieu de Cha[teaune]uf de Randon, ma mère, habitante a present a La nuejols est decedée le 28e juillet 1728 par un coup de foudre en entendant la messe dans leglize et precisement a la communion de lad. Messe ; ont esté en meme temps blessés un autre garçon et une femme. Laquelle foudre en tombeant a mis a bas le clocher et jetté la cloche dans le cymethiere sans qu'elle soit cassée. Elle a esté inhumée dans leglize dud La nuéjols, presants Alexandre Villeneuve signé et Durand Bonnet dud La nuéjols. Jay en foy de ce…Cairoche curé - Source : Lanuèjols edt081gg002/e0000081

Rieutort de Randon (48) - Juin 1739 - Un orage mémorable ravagea 82 paroisses.
"Dans la nuit du 18 au 19 juin de l'année 1739 il arrive en Gevaudan un orage accompagné de grele si violent quil ravagera quatre vingt deux paroisses du diocese de Mende sans y laisser ni foin ni paille ni blés ni arbres tout le Vivares fut ravagé de meme de sorte que dans toutes ces contrées laffliction fut si grande quon nen avait jamais vu de pareilles". Giral curé - Rieutort-de-Randon - AD48 BMS cote EDT 127 GG - article 1 - photo 194.

Périples administratifs et religieux :

  • Le 30/03/1754, AIGOUY Marie Jeanne de Pounhadoire (St Chély de Tarn), fille d'AIGOUY Jean Antoine et BERNARD Jeanne est “baptisée à LAVAL par rapport à l’inondation de la rivière (Tarn)”.
  • En 1758, le Prêtre MALAFOSSE note dans ses registres "Antoine MAURIN a été baptisé à LA PARADE car les parents n'ont pu porter cet enfant à LA MALÈNE à cause de l'inondation du Tarn".
  • Le 4/10/1790, AIGOUI Jean Antoine de Pounhadoires (St Chély de Tarn) est “enterré à LAVAL par rapport au débordement de la rivière”.

Cf. http://pprlp.pagesperso-orange.fr/family/ales/cevennes.htm

 6.8.2 - La classification des paysans

Dans un royaume majoritairement rural et comme pour la plupart des corporations, le monde paysan sous l'Ancien Régime est hiérarchisé et réglementé en trois grandes catégories :

  • Brassier, journalier (dans le Sud de la France) ou manouvrier (dans le Nord) : il est celui qui loue sa force de travail (ses bras) à la journée : un ouvrier agricole le plus souvent mais aussi un petit artisan rural ou un citadin. Les « contrats d'embauche » des bergers et autres salariés se négociaient généralement à la « Saint Michel ».
    Le Cribleur ou Cribleur de bled est généralement un journalier que les fermiers employaient pour nettoyer le blé dans leurs greniers, le passer au crible et le préparer pour pouvoir le conserver. Il est celui qui procédait au tri, au criblage des grains après le vannage.
    Le paillard (en ancien français) désignait le pauvre vagabond ou plus généralement le journalier employé pendant les moissons, qui couchait chez le ménager, dans la paille de la grange.
    Ces termes sont à l'origine du nom de famille PAILLARD et de ses dérivés PAILLART, PAILLARDT, PALHART, PAILHARE, qui à partir du XIVe siècle, prennent le sens de coquin, gueux.
    S'ils ont le gîte et le couvert et/ou employés en échange d'un maigre salaire toute ou partie de l'année, les journaliers sont plutôt nommés : pastres, bergers ou bergères, valets de ferme ou domestiques.
    Lors des grands froids, ils empruntent aux ménagers de quoi survivre. Principalement du grain et du bois pour se chauffer et au retour des beaux jours, ils le leur rendent en aidant aux travaux importants, comme la moisson, les vendanges, la coupe de bois, le ramassage des châtaignes...
    Brassier vers 1702 à FOURNENS, ST BONNET DE CHIRAC (48), vers 1705 au MONASTIER PIN MORIÈS (48) / Journalier / Valets de ferme à FOURNENS, ST BONNET DE CHIRAC (48) en 1707...
  • Le grangier ou fermier tient "à ferme" (type de bail rural) la terre que lui a confié un propriétaire : le ou la Bailleur/Bailleuse. Il est locataire et a le soin de cultiver, voire gérer une terre de taille plus ou moins importante. En échange, il paie un fermage qui correspond souvent à une partie de la récolte. Ainsi, par exemple, exploiter la terre en « quintrie », signifiait la louer moyennant le cinquième de la récolte annuelle.
    Fermier vers 1780 au Domaine de COULOMB, ST BONNET DE CHIRAC (48)...
    Le métadier ou métayer travaille avec toute sa famille à s'occuper d'une métairie (ensemble important de bâtiments et de terres voués à l'agriculture) qui est aussi son lieu de résidence. Il est de conditions plus difficiles, verse la moitié ou le tiers des récoltes à son bailleur (seigneurs, représentants ecclésiastiques...) qui lui fournit la terre et la moitié ou les 2/3 du matériel agricoles.
    Tous payaient généralement les baux de fermage à la « Saint Michel » qui était aussi le délai choisit régulièrement pour le terme des paiements à crédit. Ainsi, localement, beaucoup de ville connurent la mise en place d'une coutume qui perdure aujourd'hui encore : la foire de la « Saint Michel » et qui était la foire la plus importante de l'année.
    Grangier / Métadier ou Métayer : sur deux générations à la métairie de Mr Le Marquis d'ENTRAYGUES à ST BONNET DE CHIRAC (48) dès 1630
  • Sous l’Ancien Régime, les cultivateurs, les ménagers et les laboureurs sont généralement des paysans qui subissent le système de la féodalité. Ils sont considérés dans les campagnes et très présents dans les assemblées villageoises. Parfois, ils sont les interlocuteurs directs du seigneur du lieu. Certains sont relativement riches, d'autres beaucoup moins, mais ils représentent néanmoins l'élite villageoise.
    Le ménager est le plus favorisé. C'est un petit propriétaire qui a entre 20 et 30 hectares.
    Le laboureur de terres est aussi un petit paysan propriétaire d'un terrain de labour, mais celui-ci dépasse rarement de plus d'une dizaine d'hectares. A part ses chevaux, ce dernier a rarement beaucoup de bétail. Mais être laboureur était le passage obligé pour celui qui, parti de rien, voulait gravir l'échelle sociale. En général, dans un village, on rencontre 4 ou 5 ménagers mais seulement 1 ou 2 laboureurs.

Le cultivateur est propriétaire et prend souvent "à ferme" des hectares supplémentaires. La plupart sont des fermiers qui possèdent un ou plusieurs terrains de culture, du bétail, des semences et du fourrage. Ils louent des superficies importantes au seigneur, qu'ils pourront mettre en valeur grâce à leur capital d'exploitation.
Il peut aussi être le fermier des dîmes, celui qui collecte les dîmes pour le curé ou l'intendant (régisseur) du seigneur local absent. Et plus rarement encore, il peut aussi faire parti des notables propriétaires de domaines, économiquement indépendant, et de qui, dépendent le matériel et les emplois qui permettent aux plus pauvres de subsister.
Ménager / Laboureur de terres (1750)...

 6.8.3 - Le Clan Familial

Les institutions familiales du Gévaudan ont longtemps été influencées par les "communautés taisibles" (organisations très répandues dans la France médiévale) même si elles n’étaient pas désignées telle quelles.
Sans tracteur ni machine, le besoin en main d'œuvre était important, tant pour les travaux des champs que pour les besoins domestiques. Mais seules les grandes fermes avaient la capacité d'employer du personnel, permanent ou journalier. Hors la plupart des exploitations étaient plutôt petites et n’avaient pour tout attelage qu’une paire de bœufs, voire une seule vache.
Aussi pour faire face aux droits de successions que les seigneurs ou le roi prélevaient sur les biens de leurs serfs ou des sujets et avoir de meilleures conditions de vie, les paysans formaient des communautés vivant "au même pot et au même feu".

L’organisation se faisait, en famille : grands parents, parents, frères et sœurs, enfants, voire même des cousins et neveux... et entre voisins, suivant les capacités de chacun. Il s'agissait donc plutôt de communautés familiales élargies où la vie était régie par le code de l'honneur et de la famille.
Ainsi, les "familles nombreuses" n'étaient pas rares et la solidarité n'avait pas besoin de cadre associatif mais faisait partie intégrante des mœurs.
Et comme les membres du clergé étaient les seuls, avec les nobles, à recevoir de l'instruction ; les enfants des paysans étaient alors, tout naturellement et dès le plus jeune âge, associés aux travaux agricoles.
En général, l'apprentissage des plus jeunes commençait vers quatre ou cinq, par le ramassage des œufs, la distribution de graines aux volailles et ils arrivaient, bien souvent avant d'avoir atteint leurs 10 ans, à jouer des rôles essentiels comme celui de garder les bêtes dans les champs.
Petit à petit, suivant leur force physique, ils participent aux travaux des champs, à la mise en gerbe, rentrent les récoltes, font le sarclage et le binage des légumes au jardin, ramassent le fumier... Les filles participent, ponctuellement ou de manières permanentes si besoins, aux travaux des champs. Elles apprennent aussi les tâches ménagères et la cuisine en vue de devenir une "bonne mère".
Il n'est peu dire que beaucoup « mettent la main à la pâte ». Et s'ils se mariaient surtout l'hiver (Novembre, Janvier, Février), c'était parce que les travaux des champs étaient terminés. Ils évitaient aussi généralement les mois de Mars (Carême) et de Décembre (l'Avent), par croyance ou superstition.

"Par rapport à la force de la moisson, il n'y a pas eu autre témoin que le Clerc qui est Louis FAGES." Note le Curé COMTE, à LA CAPELLE (48), pour le baptême de Marguerite GAZAGNES en Juillet 1737.
Il note encore :
"Comme cent un lieu tout a fait champetre il ny sy est trouvé d'homme que Jean Louis fages fils a feu Jean fages de la Capelle" pour le baptême de Jean Baptiste MALAFOSSE en mai 1739 (Jean Louis FAGES avait 12 ans, cette année là !).

Les membres de ces puissants clans familiaux (qui dans l'Auvergne et le Velay s'appelaient des « parsonniers ») mettaient en commun les terres, le matériel et, bien-sûr, les profits et les pertes, sous l'autorité souveraine d'un chef de famille élu ou coopté (dans certains coins du Languedoc on l'appelait "lou cap d'oustal").
Ils pouvaient exercer toutes sortes d'activités, depuis les plus modestes jusqu'aux plus brillantes et avoir des positions sociales très vairées tout en restant solidaires de l'ensemble de la parentèle, bénéficiant donc de sa protection.
Ils s'attachaient à constituer de vastes domaines en acquérant des terres que le maître confiait, un peu comme des apanages royaux, à ses enfants, neveux, cousins ou petits cousins. C'est à dire quelles leur étaient prêtées mais qu'elles devaient rester le plus longtemps possible la propriété familiale.
Il se formait ainsi des branches qui lorsqu’elles réussissaient, finissaient par prendre leur indépendance (ce qui bien sûr ne se faisait généralement pas sans conflits !).

Les curés ne mentionnaient que peu les liens de parenté sur les actes paroissiaux et les autres membres étant simplement désignés par leur prénom ou le cas échéant par le nom de la terre qu'ils avaient en garde. Mais un détail intéressant permet de reconnaitre ces communautés : leur coutume était que seul le chef de famille avait le droit de porter des marques de distinction sociale (à savoir les appellations de Sir, Messire, Monsieur, Maître... et parfois certains signes vestimentaires).
De cette façon la communauté affirmait une forte unité et une personnalité juridique marquant son emprise sur le terroir.
Et si les papiers d'identités ou les tests d'ADN n'avaient pas "libres cours", certains indices simples peuvent être relevés :
- Pendant des générations (XVI-XVIIe siècles), le prénom du chef de famille se transmettait à (ou aux) l'ainé(s) de ses garçons. On le retrouve aussi parfois au féminin. Le premier enfant avait, en général la Grand Mère maternelle comme marraine et le grand père paternel comme Parrain (il s'agit là de coutumes et non pas de règles, il faut donc vérifier individuellement ces renseignements).
- C’est la branche aînée qui demeure sur le lieu en reprenant la maison, les terres et les affaires familiales.
Les branches cadettes créent une nouvelle structure familiale dans d'autres lieux ou villages environnants. En se mariant, elle pouvaient aussi, éventuellement, reprendre les terres de son épouse. Ainsi, quand un "cadet" commençait à se faire appeler "Sieur", "Sire" ou "Messire", c'était le signe qu'il avait créé une maison détachée, pour une raison ou pour une autre, du bien patrimonial (Familles MONESTIER et BOYSSET).
Au début du XVIIIe siècle, le fils ainé et ses frères de la branche ainée sont éparpillés principalement à travers la Lozère et l'Aveyron.

https://books.google.fr/books?id=pBon9xaf3dIC&pg=PA272&lpg=PA272&dq=g%C3%A9n%C3%A9alogie+bramonas&source=bl&ots=qVo9A-3Y3k&sig=205UZLh2E8eKfG48ReIo3cWLRBQ&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiakeDh5NXLAhVBmBoKHax5DDk4ChDoAQgbMAA#v=onepage&q=rougi&f=false

 6.8.4 - Les moulins à eau

  • Meunier
    Autrefois, la force motrice de l'eau était largement utilisée pour la production et les moulins à eau rythmaient la vie des villages.
    Meuniers, tisserands et tanneurs se succédèrent au cours des siècles et pour mieux utiliser l'eau et sa force motrice, apprirent à percer des tunnels pour détourner les cours principaux, aménager des digues et les ramifications des canaux, bâtissant ainsi, par exemple, LA CANOURGUE (48) ou "la petite Venise Lozérienne".

L'utilisation de l'énergie hydraulique se développe surtout au Moyen Âge, parallèlement à la disparition de l'esclavage, à partir du IXe siècle. Le moteur hydraulique, attesté en Europe depuis l'Antiquité (et IIIe siècle ap. J-C en Turquie), est plus ancien que le moulin à vent. La force du moteur hydraulique permet une productivité sans comparaison avec celle disponible dans l'Antiquité (plutôt animale ou humaine, on parle de «moulin à sang»). Chaque meule d'un moulin à eau pouvait moudre 150 kg de blé à l'heure ce qui correspondait au travail de 40 esclaves.

Au moyen âge, il existait déjà plusieurs moulins à roues verticales mais on utilisait surtout des moulins à roues horizontales qui grâce à la force de l’eau, tournaient et actionnaient des meules qui, elles-mêmes, écrasaient les céréales. Ils assuraient trois productions principales :
- la farine panifiable et la farine destinée à l'alimentation des animaux ;
- l'orge perlé ;
- l'huile de noix...

Les paysans venaient ainsi régulièrement aux moulins avec la part des récoltes qu'ils ne souhaitaient pas stocker. Et pour quelques sous, le meunier transformait leurs céréales ou leurs châtaignes en belle farine.
Jusqu'à la Révolution, ils appartenaient principalement aux seigneurs, aux évêques ou aux moines. Au Moyen Âge, ils pouvaient abriter plusieurs meules alimentées par l’eau, être fortifiés et même parfois posséder une tour "romane" qui servait à entreposer le blé et à prévenir les vols et les pillages.

Les moulins à tan étaient utilisés pour la confection de tanins obtenues à partir d'écorces de chênes ou de châtaigniers écrasées et broyées pour en extraire le tanin utilisé en tannerie ou le brou de noix naturel. Ce dernier est un colorant extrait du brou de la noix (qui entoure l'écale de la noix). Il se présente sous la forme d'une poudre qu'il suffit de diluer dans de l'eau chaude pour obtenir une belle encre brune, délébile, plus chaude que le bistre et qui était autrefois employé pour teindre les laines, ou en tant que pigment, par les artistes, pour réaliser des œuvres en lavis bruns.

Le passage à des moulins à rythme rapide (roue réceptrice devenue plus petite que la roue émettrice), à grande roue (grands rayons et grande pales assemblées se substituant aux pales monoxyles) caractérise cette période médiévale, depuis les moulins à eau carolingiens, jusqu'aux moteurs du XIIIe siècle équipés d'arbres à cames qui permettent d'autres utilisations que le « moulin bladier » (du vieux français bled, blé, il est destiné à fabriquer de la farine de blé et par extension, d'autres céréales par la mouture de céréales : blé, seigle, orge...).

L'hydraulique étend peu à peu son domaine d'application à toutes les activités mécaniques, les moulins deviennent des scieries, sont utilisés pour le tournage sur bois, des moulins à foulon (des établissements qui travaillent des végétaux : fibres pour tissus ou papier). Les moulins seront utilisés pour le travail des métaux (martinets hydrauliques) : meules, forges, marteau-pilon ; des os et des cornes..., pour actionner des pompes. Puis ils deviennent aussi moulins à papier : du XIIIe au XVIIIe siècle, l'énergie du moteur servait à défibrer les chiffons détrempés en pâte à papier en actionnant une pile à maillets, ensemble de pilons munis de pointes. Au XIXe siècle, elle actionne en outre la machine à papier en continu. Et le terme moulin est alors abandonné au profit du terme papeterie.
Le moteur hydraulique, tout comme le moulin à vent, a été progressivement abandonné au XIXe siècle au profit de la machine à vapeur, puis du moteur électrique. Mais dans les pays de montagne, la force de l'eau a servi d'énergie industrielle jusqu'à la diffusion de l'électricité et jusqu'au milieu du XXe siècle voire encore de nos jours.

° 185v°, le 24 juin 1494, vente par Jean Capion, dit Negret, marchand, et Jeanne Balmas, sa femme, auxdits chapelains, d’un cens équivalent, pour le même prix, fixé sur le moulin drapier et bladier que ladite Jeanne Balmas a à Mende, sur les rives d’Olt, près du pré Bibale. Source : Notaires Vital et Gérald Cortusson de Mende, 3E1090 à 1092 (Vital) et 3E1093 à 1099 (Gérald), AD de la Lozère (numérisations Jean-Albert Jouve) de 1487 à 1548 - Analyse de Philippe Maurice.

On décompte pas moins de 70 moulins entre le Lévézou et le Ségala, 200 pour tous les affluents du Viaur.
Le moulin à bled (à blé) de LA MALÈNE a plus de 8 siècles d’existence ! Aujourd’hui, même s'il ne produit plus de farine ou d'huile depuis le début du XXe siècle, il reste important pour le village car une seconde jeunesse lui a été donnée en installant une petite turbine hydroélectrique là où se trouvait anciennement la roue horizontale du moulin. Elle fonctionne tous les jours depuis 1968 et permet de produire de l’électricité revendue à EDF. Excepté en période de pluies cévenoles qui peuvent durer plusieurs jours et inonder le moulin, à tel point qu’il est impossible d’y habiter l’hiver ! C'était d'ailleurs pour résister aux fortes crues, que l’avant du moulin avait la forme d’une proue de bateau car l’eau peut monter jusqu’au toit !
La résurgence de Roquaizou, le plus vieux témoin historique de SAINT SATURNIN DE TARTARONNE (48) et de sa forteresse, poursuit inlassablement son léger murmure mélodieux, comme pour chanter à qui veut l'entendre, que c’est elle jadis qui faisait vivre les habitants en alimentant les moulins de la région.

Le nom de MOLINES à ISPAGNAC (48) doit probablement provenir de ces moulins car il y en avait trois : le moulin de Bélestin qui appartenait aux Prieurs d'ISPAGNAC (connu sous le nom de "Pages dit Tetasse"), actuellement propriété des Maurin-Pantel. Celui de Riaumal et un peu plus bas celui de Raynal, dit "Canouille".

Vers 1840 aux Douzes, HURES LA PARADE (48) ; vers 1874 à CHANAC (48).
Le long du ruisseau de Coutelle, résurgence de la Serre (dit aussi ruisseau de Lundanne), il y avait huit moulins. Situé sur la commune de PIERREFICHE, les Douzes (les sources en langue d'Oc) était de taille assez important de par son emplacement particulier, à l'endroit où la Serre sort de terre ; Glassac ; Lundanne ; Les Foulons ; Le Mas de Barthe ; Rioux ; Les Cayrousses ;

Les moulins de LA CANOURGUE (48) sont eux aussi désaffectés et remplacés par des minoteries sauf un qui servira à la création d'une centrale hydraulique fournissant l'électricité au village de 1900 aux années 1930.

Bâti au XVIIIe siècle, le moulin de SAINTE EULALIE D'OLT procura une farine de qualité et de l'huile de noix fabriquées par le dernier meunier M. Raynal, jusqu'en 1954. Racheté en 1980, il fut patiemment restauré et sa roue verticale, (l'une des rares en Aveyron), continue à rythmer la vie du village fleuri où il fait bon flâner.

Avec un oeil avisé, on peut parfois repérer un ancien moulin, en retrouvant les rainures profondes laissées par les meuniers aiguisant leurs outils sur les linteaux en grès rouge de certaines maisons.

6.8.4.1 - XIVe-XVIIIe siècle - L'activité lainière

Obligé d'évoluer pour lutter contre la sévérité du climat et des saisons (sècheresses, terrains arides et chauffés à blanc l'été, hivers si rudes qu'ils imposaient aux hommes de vivre en totale autarcie), la pauvreté, nourrir leurs familles, ne pas dépendre "du bons et du mauvais sort", des maladies contagieuses, le monde paysan va, partout en France, rechercher de nouvelles ressources dans le développement économique avec l'activité.

La population agricole devient peu à peu plus polyvalente en travaillant d'autres métiers, uniquement pendant l'hiver ou sur toute l'année. Les activités artisanales vont ainsi prendre de l'essor et se feront souvent à domicile, comme les métiers de tissage, le travail du cuir, la vannerie... développant à son tour le commerce de proximité.

  • Le tisserand (ou teyssier, teissié, teissier en langue d'oc), tisserand de chanvre ou cadissier :
    Autrefois, les fibres synthétiques n’existaient pas, c'étaient les poils (renards, lapins, taupes...), la laine d'animaux (moutons), les plantes comme le lin, le chanvre et plus tard le coton, ou la soie qui étaient utilisés pour les remplacer et fabriquer le fil à tisser.
    Les cours des rivières et autres canaux aménagés pour les moulins à eaux, permettaient de laver la laine en provenance des moutons du causse et d'Espagne.
    Ils transformaient ensuite les fils en étoffes pour fabriquer des serges (sargues) ou cadis (étoffe de laine grossière mais solide, proche de la serge, assez épaisses et non peignées, si rêches et raides quand elles venaient d’être tissées que les dames de la bourgeoisie faisaient porter leurs chemises neuves par leurs servantes pour les assouplir…). Les cardères (outil du cardeur) seront utilisées jusqu'au début du XIXe siècle pour "peigner" les draps, c'est à dire à les gratter pour les rendre pelucheux.
    C'est un rude métier. Et on connaît bien, à cette époque, le teint pâle, l’étiolement, la faiblesse de ces miséreux tisserands à bras qui, chaque jour et pendant quatorze à dix-sept heures, travaillent chez eux, dans des rez-de-chaussée humides, souvent même dans des caves, où le soleil ne pénètre pas et le jour et l’air arrivent à peine.
    Certains étaient propriétaires de leurs outils de travail et produisaient à plein-temps, directement pour une petite clientèle locale. D’autres travaillaient l’hiver pour des fabricants ou des marchands de la ville qui leur fournissaient le fil, parfois même le métier à tisser. Les tisserands leur rendaient alors toiles, draps et cotonnades.
    Particularité canourguaise : fabrication de cadis refoulés ou abioux (pièces d'étoffe grossières tissées très serrées pour les rendre imperméables, servant de doublures aux habits militaires).

Dans toutes nos campagnes françaises (zones les plus peuplées), les paysans d’Ancien Régime ont été des milliers à vivre de l'activité de la filature car elle a longtemps constitué un revenu dont ils avaient absolument besoin.
Mais concurrencée par le Rouergue et Albi, affaiblie par l'apparition du coton, cette industrie décline, en Lozère, sur fond de peste noire.

Tisserand : vers 1660 au MONASTIER PIN MORIÈS (48) ; Avant 1700 aux SALLELES, CHANAC (48) ; Vers 1706 & vers 1750 (le père est Tireur de laine) à FOURNENS, ST BONNET DE CHIRAC (48) ; Aux BORIES ST BONNET DE CHIRAC (48) en 1709 ; dans les années 1830 & 1870 à MARVEJOLS (48)...

  • Les foulons ou foulonnier étaient des artisans ou des ouvriers qui foulaient les draps pour les assouplir et les dégraisser au foulon. Le foulon est le nom du lieu de ce travail et celui du bâtiment où ils travaillaient. Le plus souvent il s'agissait d'un moulin à eau transformé en moulin à foulon (le parayre), généralement situés au bord d'une rivière. Les moulins foulent alors les draps pour en assurer la trame. On foulait aussi d'autres textiles comme la laine tissée ou les cuirs et peaux pour les tanner. Le parandier (parandié) est celui qui foulait les draps de laine pour les dégraisser.
    Antoine RABIER Foulon au MOULIN DE LAS MAYRES, CHANAC (48) en 1720.

La sériciculture est l'élevage des vers à soie permettant la fabrication des tissus en soie et on parlait de rémisseurs ou de faiseurs de lisses pour les artisans qui tissaient les fils "plus nobles" comme la soie.
Jean GIRAL Peigneur en 1702 et Faiseur de Lisses à CHANAC (48) jusqu'à son décès en 1719, à 70 ans environ.
Estienne JULIEN Tisserand en 1719 & Faiseur de Lisses en 1731 à CHANAC (48).

Les faiseurs de bas étaient des artisans spécialisés qui confectionnaient les bas de soie. S’il est difficile de dater exactement l’apparition du bas de soie, on sait que dans la première moitié du XVIe siècle, il était fort prisé et son port encouragé par François Ier. Entre 1540 et 1570, à la suite de l’évolution du costume masculin, on voit apparaître la mode des bas de soie plus longs, s’attachant aux chaussures et tricotés aux aiguilles (la maille donnant plus de souplesse et d’élasticité). C’est en 1544, que sont promulguées les premières ordonnances qui encouragent la plantation des mûriers. Plus tard, Colbert instaure les primes à la Sériciculture, et Monsieur De Voltaire devient le plus célèbre fabricant de bas de soie, dont les écrits à la Duchesse de Choiseul sur le sujet sont restés célèbres. Cet accessoire indispensable à l’élégance tant masculine que féminine, fait en tissu de soie et ajusté, se répand rapidement dans tout le royaume.
Une étape décisive pour le bas de soie est l’invention du "métier à faire les bas". Cette machine, découverte par les Anglais en 1610, entraîne la naissance de la première manufacture de bas en 1656, puis aboutit en 1672 à la déclaration royale érigeant en maîtrise et communauté "le métier et manufacture de bas". La fabrique de bas de soie se développe de façon fulgurante. Les premiers métiers à bras apparaissent à Nîmes en 1680. Et Pierre Nissolle commence à vendre les premiers bas de soie pour hommes sur les foires de Montpellier et de Nîmes, en 1685. Et l’on passe de 79 faiseurs de bas (maîtres et apprentis) à 3 920 en 1720 !

Le teinturier se trouve en bout de chaîne, il teint les étoffes tissées par le tisserand. Le tailleur d'habits travaille avec les dentellières et les marchands de dorure et de galons d'or destinés à confectionner les vêtements militaires... Tailleur d'habits vers 1840 à CHANAC (48)...

6.8.4.2 - L'artisanat du cuir

Les "peaux vertes" des animaux séjournaient 40 jours dans les eaux des rivières avant d'être tannées. Les hommes sont alors mégissiers, tanneurs, gantiers, négociants.

  • Tanneur, Blancher et Maître Blancher : Il transforme les peaux en cuir sous l’effet de substances tannantes qui se fixent sur les fibres pour les rendre imputrescibles. Les peaux passent dans une série de bassins emplis avec du jus tannant d’une concentration de plus en plus forte, puis effectuent un long séjour dans de grandes fosses où elles s’intercalent avec des couches d’écorce de chêne broyées. Le travail de basserie est délicat : il ne faut pas que la peau, dont la "fleur" est fragile au sortir des pelains, se "graine" au contact du jus de tannin où l’on aurait mis trop de poudre. Le travail du coucheur en fosse demande aussi de l’expérience, car le cuir doit reposer bien à plat sur le précédent, en suivant un mouvement circulaire, et il doit être uniformément en contact avec la poudre de tannin.
    Le lavoir de la Calquière (de l'occitan chaux) à MENDE est un ancien lavoir qui était utilisé par les tanneurs pour nettoyer les peaux, au départ, avec de la chaux (la fabrication de la chaux constitue l'art du chaufournier). Au XVIe siècle, les trois corporations les plus représentées à MENDE étaient les tisserands, les tailleurs de pierre et les tanneurs.
    TANNERIES EQUIPEES DE LARGES PIERRES PLATES A ESPALIONLes tanneries et mégisseries, autrefois installées au sein du village de ST ROME DE TARN (48), furent déplacées au pied des falaises de tuf, lieu plus propice grâce à l'eau riche en calcaire du ruisseau Lévejac. Ces calquières étaient constituées de grands bacs de pierre dans lesquelles les peaux à tanner étaient trempées et mise à macérer. La Mégisserie Canet, dernière tannerie du village a fermé ses portes en 1900.
    Sur la rive droite du Lot, au centre d'ESPALION (12), de pittoresques maisons aux balcons de bois en encorbellement sont les vestiges d’anciennes tanneries : les « CALQUIERES ». C'était la principale activité de la ville. Les pierres plate en saillie, dites « gandoulières » servaient à laver les peaux. Cf. photo ci-contre
  • Corroyeur : est en quelque sorte l’aristocrate du métier qui assouplit et égalise les cuirs en épaisseur après le tannage. Son apprentissage est plus long, la gamme des cuirs et des outils est plus variée. Il faut savoir affûter et manier le fameux couteau à dérayer, à double lame, utiliser l’étire, petite lame de fer dont l’affûtage très soigneux sur un grès fin permet de détacher toutes les aspérités du côté chair pour donner au cuir un fini impeccable. Le travail est si usant que la peau des doigts des corroyeurs spécialisés se dote de durillons "remarquables et remarqués".
  • Gantier : Les gants se façonnent sur le secteur de MILLAU (12) depuis le Moyen Âge. Mais c'est surtout au XIIe siècle, le bourg devient un centre peaussier important grâce au travail de la peau et du cuir sur les rives du Tarn et de la Dourbie. La production de roquefort permit d'alimenter Millau en peaux d'agneau qui regorge alors de tanneurs, mégissiers, pelletiers et gantiers. Ses produits sont destinés à cette époque notamment aux soldats pour la fabrication de chaussures et de harnais, aux ecclésiastiques, hommes d'armes, archers, aristocrates et bourgeois pour les gants.
    Pour faire des gants, tout commence avec la peau, des gestes patients et précis, un œil avisé et le sens du toucher hors pair. Les peausseries les plus nobles sont celles des agneaux, cerfs, pécaris, pythons, autruches. Les mégissiers connaissent depuis des siècles les secrets d'une matière façonnée pour que le gant fasse "peau" sur la main. Parfois, plus de cents opérations sont nécessaires, dans une atmosphère particulière nimbée des subtiles senteurs du cuir : mettre en peau, mettre à l'humide, tirer, dépecer, étavillonner, couper, marquer, fendre, raffiler, garnir, décorer, faire des fantaisies, coudre sur les machines scellier, brosser, piquer, broder, contrôler, dresser, appairer... Les outils sont précieux : ciseaux, règles en buis ou pieds de Charlemagne, couteaux à déborder sans tranchant, pour le coupeur ; machines à coudre et fuseaux pour la couturière, depuis la fin du XIXe siècle.
    L'industrie de la ganterie a aussi été florissante entre les deux guerres. Il existait à ST ROME DE TARN, un atelier de couture de gants, des dépôts pour les usines millavoises où les gantières, qui travaillaient à domicile, venaient venaient chercher et ramener des douzaines de gants. Il y eu jusqu'à 80 couseuses de gants, ce qui constituait un apport intéressant pour l’économie locale. Il ne reste plus d’ouvrières et le dernier coupeur a pris sa retraite le 1er mai 1990.
  • Bastier / Bridier : Fabricant / marchand de bâts pour les chevaux : sangles réglables en cuir cousu, bricoles, avaloires et sous-ventrières, avec ou sans arçon en bois (notamment pour les ânes).
    Barthélémy BERGOGNE Bridier à CHANAC (48) vers 1670.
    Jean VIDAL Bastier à CHANAC (48) vers 1703.
  • Pelletier : celui qui accommode et qui prépare des peaux pour en faire des fourrures. Quelques proverbes :
    "Nous nous retrouverons, nous nous reverrons chez le pelletier," pour dire que nous devons tous arriver au mesme terme, qu'est la mort, de la mesme maniere que les peaux de toutes sortes de bestes se trouvent chez les pelletiers. Ou par espèce de menace, on donne assignation pour se revoir chez le pelletier, lorsqu'un homme qui a quelque démeslé avec un autre, veut luy faire entendre qu'ils se retrouveront tous deux en quelque endroit où l'un n'aura pas d'avantage sur l'autre : c'est-à-dire il y a un rendez-vous commun qui est le tombeau. Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
    XVIe siècle - DESPER. : « Et sont ceux du mestier toujours attrapés tost ou tard : car les renards se trouvent tous à la fin chez le pelletier » : Tous les renards se trouvent à la fin chez le pelletier, c'est-à-dire les gens de mauvais métiers finissent toujours par être pincés.
    XIVème siècle - H. DE MONDEVILLE : « La cousture [suture chirurgicale] doit estre faite si com les peletiers cousent leur peaus »
    XIIIème siècle - Livre des métiers : Tuit li vallet frepier, tuit li vallet gantier, et tuit li vallet peletier doivent chascun, chascun an, un denier au mestre des frepiers.

Ruinée au XVe siècle, l'industrie du cuir reprend à la fin du XIXe siècle, jusqu'au milieu du XXe siècle où les peaux seront alors uniquement traitées à MILLAU (12).

Vers le XVIIIe, brebis et moutons sont plutôt concentrés sur les sommets et les hauts-plateaux. Et les terres hautes des Causses, moins fertiles, sont vouées à l'élevage ovin et réservées aux parcours des troupeaux.

Au XVIIIe siècle, les causses (Causse noir...) ont connu une forte croissance démographique du fait du développement des cultures céréalières (blé, seigle, orge ou avoine) ainsi que de l'élevage ovin avec production de viande, de lait, de fumier pour les cultures ou de laine pour les manufactures ou le tissage à domicile. (à vérifier).

http://epublications.unilim.fr/theses/2007/delhoume-jean-pierre/delhoume-jean-pierre.pdf

Toutes ces activités artisanales seront aussi à l'origine des envolées vers l'industrie minière : chaudronnerie (fabrication et traitement) de l'argent, du plomb et du cuivre (fontaines en cuivre...). Les prémisses de la "mécanisation" du monde agricole commenceront à se manifester.

Mais beaucoup quitteront les « pays pauvres de la Lozère et du Limousin, enclavés dans ses gorges sauvages et sans possibilités de trouver d’autres ressources du fait de l’état des routes », pour aller cultiver la terre dans les provinces méridionales, jusqu'au royaume d'Aragon en Espagne.
Les médiocres « conditions de vie » font de ceux-ci des pôles de répulsion où la stagnation de l’économie et l’isolement empêchent tout espoir d’expansion. Ils « vivent sur eux-même, hors des grands courants d’échanges et d’idées ». « Pas de révolution agricole donc en Limousin au XVIIIe siècle, pas d’accroissement de la production ». Et l'exode rural va fortement dépeuplé les massifs, entraînant souvent l'abandon des cultures.

Jean Antoine CHAPTAL né le 5/06/1756 à NOJARET, BADAROUX (48). Après un enseignement rudimentaire transmit par un prêtre de Mende, suivi de 5 années au collège de Mende, il fait une année de philosophie à Rodez. Fils cadet, désavantagé par le droit d'aînesse, Jean Antoine commence des études de médecine à Montpellier de 1774 à 1777 avant de se rendre à Paris pour étudier la chimie. Il n'en repartira pas et deviendra : Chimiste Concepteur de la Chaptalisation, Ministre de l'Intérieur en 1801 sous Napoléon Bonaparte, Grand Officier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur en 1803, il deviendra le Comte de Chanteloup en 1808. Il décède le 31/07/1832 à PARIS, à l’âge de 76 ans.

Au dénombrement de la Paroisse de STCHÉLY DU TARN (48) (aujourd’hui Mas Saint Chély), fait pour la capitation, le 7 mars 1736, il n'y a plus aucun membre de la famille Roujon qui résidait sur la paroisse, au XVIIe siècle.
Pierre ROUJON, né vers 1645, qui a suivi des études pour devenir chirurgien, a déménagé sur CHANAC (48) où la population est plus nombreuse, et où il se mariera aussi en 1672.
Jean ROUJON, son frère, d'abord Maître Tailleur à STCHÉLY DU TARN (48) en 1673, part s'installer et se marier, lui aussi, à CHANAC (48) puis finira par devenir Marchand à CHANAC (48).
Antoine ROUJON, autre frère, né vers 1648 se mariera et décèdera à ST CHÉLY DU TARN (48). Son unique fils survivant Jean Pierre ROUJON suivra les pas de son oncle en devenant Maître Chirurgien, lui aussi. Il s'installe à CHIRAC (48) où il fonde sa famille en 1717.
Leur sœur Marguerite ROUJON épouse Jean Antoine COMITIS de STE ÉNIMIE (48) où elle part vivre. Veuve en 1695, elle quitte STE ÉNIMIE (48) vers 1698 et part vivre chez son frère Pierre ROUJON, Maître Chirurgien à CHANAC (48). Elle décèdera dans sa maison, 12 ans plus tard.

Deux des arrières petits enfants de Pierre ROUJON, quittent la LOZÈRE et s'expatrient dans le CANTAL (15), où ils étaient aussi nommés ROUJION et ROUGION.

  • Jean Joseph ROUJON Maître Chirurgien comme l'étaient ses ancêtres, s'installe à ST URCIZE (15) dans les années 1770 et épouse Jeanne MOISSET, née dans le Bourg de cette paroisse avec qui il aura au moins 5 enfants.
  • Marianne ROUJON née à CHANAC (48) en 1748, suit son frère Jean Joseph et se marie avec Antoine SEGUIS de ST URCIZE (15). Elle aura 3 enfants, avant que son époux ne décède en 1773. Mais un seul survivra et fondera sa famille dans ce département. Veuve, Marianne se remarie en 1777, avec un Marchand : Pierre GONDAL. Après avoir eu 3 autres enfants qui décèderont en bas âges, le couple quitte ST URCIZE (15) pour revenir sur la terre natale, à CHANAC (48) où tous deux décèderont en 1828, à trois semaines d'intervalle.

Quelques ressources : Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean ; "Les tisserands de laine" - Revue Nos Ancêtres Vie & Métiers n°4 (2003) ; cartes postales d'Auvergne : http://boiteaoutil.blogzoom.fr/r19917/Charbonniers/ ; http://www.lozere-histoire-genealogie.com ; Cf. La population française sous l'Ancien Régime : http://www.philisto.fr/cours-75-la-population-francaise-sous-l-ancien-regime.html

 6.9 - Des impôts, bien sûr ! Et moyenâgeux, s'il vous plait !

(en construction)

Depuis le Moyen Âge, les gabelous se chargent de la récolte de la gabelle (de l'ancien provençal gabela, aide ou taxe indirecte), prélevée notamment sur des articles de production artisanale comme les draps ou les denrées agricoles essentielles : le sel, le vin, le blé...).
Cartalage (droit sur la mesure du grain), droit de pacage...

Dès le XIIIe siècle, le roi envoyait des représentants dans tout le royaume. Pourvu d'une commission royale temporaire et révocable, les commissaires partaient donc en tournée d'inspection.
C'est également au début du XIIIe siècle, que le système des chevaliers Pariers (en occitan : les Égaux) est mis en place. Ils possédaient une parérie (appelée aussi part ou portion de territoire) et en géraient les divers émoluments comme : le péage, le cartalage, l'arrière-guidage, le pulvérage (droit sur la poussière soulevée par les troupeaux de bêtes).

Philippe VI De Valois, voyant un important profit à tirer du commerce du sel, fut non pas le créateur mais le généralisateur de cet impôt, par ses ordonnances de 1331 et 1343 où il restreignit la vente du sel aux greniers royaux. A son prix marchand s'ajoutent dès lors, les droits du Roi. Très vite fut prise l'habitude de donner le nom de gabelle seulement à l'impôt du sel, qui a eu pendant toute la durée de l'ancien régime, une importance capitale et toujours croissante dans notre histoire fiscale.
Mais cet impôt, déjà variable, n'était pas le même partout et dans les régions de grande gabelle, le sel pouvait coûter jusqu'à 40 fois plus cher que dans d'autres régions. Ce manque d'unicité est d'autant plus marqué, qu'il est variable d'une province à l'autre, chacune ayant le droit de posséder des lois particulières (les "droits" en Bretagne étaient différents de ceux du Languedoc...), voire d'une ville à l'autre.
La disparité de ces régimes de gabelle était telle que la tentation était très grande de faire passer le sel en contrebande d'une zone dans l'autre ! Et les faux sauniers se développèrent rapidement en de véritables petites armées.
Était considéré comme « faux-saunier » (hommes, femmes, enfants) celui qui passait du « faux sel » (dans des tonneaux à double fond, en empruntant les sentiers forestiers par convois de mules, principalement pendant la nuit...), qui vendait, transportait du sel pris ailleurs que dans les greniers du roi, celui qui fabriquait du sel en volant de l'eau de mer, celui qui ne consommait pas tout le sel du devoir, enfin celui qui recelait du sel ou aidait les "faux sauniers".
Malgré les peines très sévères édictées contre eux (amendes lourdes, fouet, galères, marquage d'un « G » au fer rouge), cette contrebande populaire devint si importante qu'elle laissa la férocité des « gabelous », les douaniers chargés de neutraliser ce trafic, dans une totale impuissance.
La gabelle entraîna donc aussi la mise en place de gardes de gabelles chargés de supprimer le fléau de cette contrebande.
Louis PRATLONG est décédé le 26/11/1731 à l'âge de 35 ans "d'un coup de fusil qui lui fut tiré le 25/11/1731 par un garde de gabelles." Sources : Curé RAYNAL d'Hures La Parade

Sous l'Ancien Régime, les impôts étaient très nombreux. La capitation (du latin căpĭtātĭo, « impôt, taxe par tête » qui était aussi pratiqué dans la Rome antique, par les administrations byzantines et surtout perses) était encore en vigueur, la taille, vingtième, auxquels s’ajoutaient les redevances seigneuriales et la dîme perçue par le clergé. Mais la gabelle dépassait de beaucoup le produit de la capitation.

C'est sous Colbert que la législation des gabelles, longtemps variable, fut fixée dans ses traits essentiels par la grande ordonnance de mai 1680, qui dans ses trois parties et ses vingt titres codifie tout ce qui concerne les gabelles : fournissement (grandes gabelles) ou approvisionnement (petites gabelles), vente, distribution, conservation (c'est à dire répression des abus et fraudes). Il y eut en outre des édits (ou déclarations) spéciaux pour le Languedoc en 1685, pour la Franche-Comté en 1703, pour le Dauphiné en 1706. http://les.guillotines.free.fr/gabelle.htm

La gabelle fut aboli à la Révolution, par décret du 1er décembre 1790. Mais il faudra attendre la fin de la seconde guerre mondiale et la loi de finances de 1945 pour que l’impôt sur le sel, qui la remplaça, soit supprimé définitivement. Enfin peut-on réellement le dire... !

cet impôt apparaît en France en 1439 sous le règne de Charles VII.

Investis en 1551 du titre de commissaire départi, les commissaires étaient chargés de diverses fonctions : contrôle des officiers, répartition de la taille, etc.

Encore et toujours eux : les impôts !

Mais seuls les paysans (le Tiers état) sont soumis à l’impôt à la taille (personnelle) et doivent des jours de corvée au roi : c'est la gabelle.
Rôle de la Capitation C 61 St Alban sur Limagnole du 2 avril 1736
Messieurs les commissaires sont priés de la part de la communauté d'observer que St Alban est un misérable endroit de traverse au pied de la montagne de la Margeride où il n'y a aucun passages, marchés, ny foires, où il ne se fait, par conséquent, aucun commerce n'y ayant que quelques petits marchands revendeurs de quelque peu d'huile ou savon en détail, quelques tisserants pauvres, deux cordonniers, l'un a déjà perdu la vue et l'autre vieux et caduc, quelques mauvais tailleurs qui ne font que coudre pour des payzans et ainsi des autres métiers, et que les gens de la dite communauté, les plus riches en général sont très médiocres en biens et la plupart chargés de nombre d'enfants et dettes, et n'ayant presque rien recueilli à leur peu de biens les années dernières suivant les verbaux remis devers le greffe du diocèse. Ce qu'on y appelle bourgeois n'ont peut-être pas deux cents francs de revenu, charges déduites. Ce qu'on appelle laboureurs sont gens qui labourent seulement avec des vaches, les notaires y sont fort peu occupés, outre qu'ils ont de taxes particulières sur leurs offices, que les hostes ne sont que simples gargottiers incapables de loger un étranger. En un mot, que c'est une communauté fort pauvre, elle supplie Messieurs les commissaires de leur accorder une diminution de capitation et autres impôts en égard que la plupart ne sont que journaliers, nécessiteux ou mendiants. http://www.lozere-histoire-genealogie.com/F_Contrat.html

NB : Les hostes ou hotes d'un bourg accueillaient, en sa maison, les gens de passage. Ce métier se rapproche de celui de l’hôtelier d'aujourd'hui. Mais dans un dictionnaire de l'ancien français, hoste peut désigné aussi bien l'hébergeur que l'hébergé.

Les privilégiés comme le clergé (ecclésiastiques) ou bien les nobles ou bourgeois des "bonnes villes" disposent de statuts particuliers en ne payant pas l'impôt de la taille personnelle (capitation) mais "l'impôt du sang" (si besoin, faire la guerre pour le royaume).
Les rôles d’imposition nous permettent de connaître les noms des habitants des paroisses, leurs métiers… Le champarteur (personne prélevant le champart, ou le terrage, pour le seigneur ) passe donc chaque année chez les paysans, prendre un dixième des récoltes pour le royaume auquel se rajoute un autre dixième pour "le curé de la paroisse" qui y avait droit aussi : c’est la dîme.

Les différences de traitement de l'impôt ne s’arrêtent pas là.
Elles existent aussi suivant les métiers ou les corporations (les savetiers ont des privilèges que n'ont pas les cabaretiers et inversement).
Les seigneurs faisaient aussi payer de nombreux usages tels que l'accès aux moulins, aux lavoirs, aux fours banals ou fours à pain...
Dans la plupart des cas, ces divers aménagements, lieux de rassemblement des habitants du village et de vie incontournables jadis, étaient d'ailleurs localisés et organisés autour (ou à proximité) de points stratégiques facilement accessibles par les habitants, aux abords des hameaux (Grèzes à BANASSAC - 48...), face aux Églises ou sur la place du village... On l'appelait souvent le Couderc.

Les fontaines et lavoirs
L’eau est un élément essentiel et indispensable pour toute activité humaine dont l’élevage, le lavage et surtout le rinçage du linge qui consommait de grandes quantités d'eau claire qui était uniquement disponible grâce aux cours d'eau... Aussi lorsque l’habitat est regroupé en villages ou bastides..., on fit construire un ou plusieurs aménagements aquatiques : des fontaines ou bassins publics (à la disposition de tous les habitants) alimentés en eau captée (détournée) des sources avoisinantes. Généralement couverts et au centre ou à proximité du village, ils peuvent prendre des formes variées et sont de véritables lieux de lien social. Souvent, à proximité, se trouvent des abreuvoirs taillés dans des blocs monolithiques pour permettre aux animaux de boire. On trouve aussi des lavoirs habituellement creusés directement dans le sol et entourés de pierres taillées avec de larges rebords inclinés pour faciliter le lavage du linge. Il est fréquent que les points d’eau soient associés au culte d’un saint, les fontaines sont placées sous son vocable et sa protection. Une statue ou une croix matérialise ces liens. Cela démontre l’importance accordée à l’eau dans les campagnes avant le développement des commodités apportées par l’urbanisation et l’aménagement des territoires.

  • Les lavandières : à genoux aux bords des rivières ou sur les bords en pierre inclinée des lavoirs, les lavandières jetaient le linge dans l'eau, le tordaient en le pliant plusieurs fois, et le battaient avec un battoir en bois afin de l'essorer le plus possible. En général, une solide planche de bois permettaient de stocker le linge essoré avant le retour en brouette ou à dos de mulet vers le lieu de séchage. Le linge était bien évidemment beaucoup moins lavés qu'aujourd'hui, il y avait d'ailleurs les tenues de travail ou de tous les jours, les tenues du "dimanche" que l'on conservait propre le plus longtemps possible et le linge qui ne bénéficiait d'une lessive que deux à trois fois par an...
    Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, nos grands mères blanchisseuses avaient leurs petits secrets "naturels" pour obtenir un linge d'une blancheur éclatante : elles utilisaient la cendre du charbon de bois en guise de lessive (certains lavoirs étaient même équipés de cheminées pour pouvoir en produire) et faisaient bouillir le linge, si nécessaire dans d'énormes chaudrons en cuivre. Elles employaient aussi du bicarbonate de soude ou de sodium, de la potasse pour couler et le séchage des draps, se faisaient, par jours de beaux temps, directement sur l'herbe bien verte, en plein soleil.

Le four banal
Le pain est aliment de base de la nourriture pour les habitants des campagnes, aussi le four banal occupe une place primordiale dans la vie du village. Souvent il est organisé en deux partie, le four proprement dit de forme arrondi construit en pierre taillée ou en brique (parfois recouverte de sable pour garantir l’isolation). L’autre partie, le fournil, où sont entreposés le bois, les paillasses, et les ustensiles nécessaires à la fabrication du pain, est quelquefois éclairée d’une petite fenêtre. L’aménagement intérieur du fournil pourra se moderniser au cours du temps. Allant d’une pièce vide sans aucun aménagement spécifique à une pièce comportant un pétrin, un bac pour l’eau et parfois même, plus rarement, une fontaine.
Le pain nécessitait beaucoup de bois pour le chauffer (après 3 à 4 heures de feu intense). Aussi, la cuisson du pain dans le four banal servait à faire une réserve de pains pour trois semaines environ afin d'économiser le combustible.
Outre le pain, les habitants y cuisaient également les tourtes, les tartes, les fougasses à l'approche des fêtes et les poumpets pour les enfants (petits pains farcis de coing ou de pomme). Et pour ne rien laisser perdre de la chaleur après cuisson, les ménagères glissaient dans le four les toupinous (cocotte en terre cuite) dans lequel mijotaient pendant de longues heures soupes, potées ou viandes en sauce...
Dans les villages plus importants, on rencontrait ainsi le Fournier, qui était un métier à part entière et dont le travail consistait à cuire ce qui était porté au four. Comme pour beaucoup de métier, il était commun de troquer ce service (payer en nature), le fournier recevait donc aisément des pains en paiement de facture, qu'il pouvait, évidemment, revendre ou restituer aux seigneurs.

Autre élément très présent dans les zones d’élevage, le métier à ferrer, de pierre ou de bois, a pour fonction de maintenir les animaux de traits (chevaux, bœufs, vaches) afin de soigner leurs sabots et de les ferrer.

  • Percepteur / Commis des contributions indirectes ou indirectes (1840-1891)
  • Employé d’octroi vers 1886 à MARVEJOLS (48).
    Constituées de lourdes grilles en fer, les barrières de l’octroi étaient situées aux principales voies d’accès des villes. Seules quelques bornes qui en fixaient les limites témoignent encore dans certaines villes de ce métier disparu dans les années 1950. Il consistait à contrôler le transit, entraver la contrebande et à percevoir des taxes (l’octroi) au profit de la mairie (c’était une part importante des recettes municipales). Ces taxes étaient exigées sur le bétail et certaines marchandises que l’on venait vendre en ville (vins, alcools, comestibles, combustibles, matériaux de construction, bois d’ouvrage et fourrages). Ainsi donc, l’employé d’octroi, douanier de ville en uniforme, souvent logé à proximité de la barrière, avait-il pour mission de contrôler les "quérettes" qui franchissaient les limites de la ville.
    Après la guerre de 1870, le Douanier Rousseau, a d'ailleurs occupé cette fonction à l’Octroi de Paris.

 6.10 - A la découverte d'un legs époustouflant : le patrimoine caussenard

(en construction)

Installées uniquement sur les causses arides, l'habitat caussenard typique, du XVe au XIXe siècle, symbole d’une architecture de construction massive, utilise et exploite amplement les ressources naturelles locales.

Les demeures caussenardes s’abritent du vent, s’harmonisent avec le paysage et regroupent les hommes et les bêtes pour mieux lutter contre la rudesse et les rigueurs du climat. Elles ne possèdent que peu d'ouvertures et chacune d'entre elles sont assez petites, ce qui explique l'obscurité intérieure de ces vieilles fermes.
Ces magnifiques maisons de pierres claires sont majoritairement et entièrement bâties avec le plus répandu des matériaux de proximité : la pierre calcaire (plus chaleureuses que le bâti des montagnes lozériennes). Celle-ci est omniprésente sur les Causses et l'épaisseur de ses couches peut atteindre de 650 jusqu'à 1500 mètres de profondeur par endroits (Causse Méjean).

Devant pallier à l'absence de bois d’œuvre (de charpente) sur les plateaux, le Caussenard couvre la voûte sommitale des constructions par des lauzes (dalles de pierres calcaires) dont l'épaisseur varie entre 3 et 10 cm, reposant sur un lit de cailloutis, ce qui représente une charge comprise entre 250 et 400 kg pour 1m² de couverture.
Pour pouvoir répartir la charge de cette imposante toiture de lauzes (pierres plates de calcaire) pouvant peser plusieurs tonnes, il s'est inspiré de la forme des voûtes pour bâtir la charpente intérieure ainsi que les principales ouvertures car chaque pierre y est maintenue en force par ses voisines et par la pression exercée par le poids des dalles.
Enfin pour supporter le poids important de ces lourdes couvertures, ces robustes bâtisses sont construites avec des murs très épais (couramment de 1 à 1,80 m).
Les dalles sont plus larges à la base du toit pour maintenir l’étanchéité des murs. Leur dimension diminue ensuite jusqu’au faîte composé de larges plaques posées à plat.

Autres caractéristiques essentielles de l'Architecture des causses : les fermes sont élevées sur plusieurs niveaux (généralement trois) :

  • Le rez-de-chaussée : constituant le support de toutes les constructions, son plafonnement sera toujours voûté, du moins jusqu'au XIXe siècle. On y trouve la bergerie pour les moutons, l'étable ou l'écurie pour les vaches, les bœufs, le cheval.
  • Au premier étage : l'habitation. L'isolation intérieure des maisons était très éloignée de celle que l'on connait de nos jours mais nos ancêtres surent tout de même en profiter en utilisant le "chauffage par le sol"" : en logeant les animaux au rez de chaussée, la chaleur dégagée par ces derniers était accumulée par les pierres calcaires et la restituait au 1er étage, où eux-mêmes vivaient.
  • Au deuxième étage : sous les toits, le grenier et/ou la grange (pour stocker le foin qui faisait office d'isolant thermique, conserver les produits de la terre) édifiés avec une deuxième voûte qui se superpose à celle du rez-de-chaussée.
  • Les cheminée sont recouvertes d'une plaque de calcaire posée sur 4 ou 6 plots.
  • Un escalier et une terrasse se trouvent en façade, où courent la clématite ou le lierre.
    Même si par la suite, l'habitation a été construite au rez-de-chaussée et les bergeries dans des locaux distincts pour des raisons sanitaires et d'évolution des mœurs, les escaliers extérieurs permettant d'accéder à la porte d'entrée de la maison, seront maintenus, tout simplement pour pouvoir sortir facilement de la maison lors des mois enneigés de l'hiver.
    Sur le canton de SAINT GEORGES DE LÉVÉJAC, une des caractéristiques de l’habitat rural consiste en la présence de plusieurs grosses fermes à cour fermée.

Quelques bâtiments annexes peuvent venir s'ajouter à l'habitation principale : grange, four à pain (autorisés à être construit individuellement dans chaque ferme à partir de la Révolution ; ils sont eux aussi bâtis en pierre calcaire du causse ou en grès rouge de la vallée, chapeauté d'une voute), pigeonnier, étable et aire à battre (grande cour dallée où l'on foulait les céréales).

Les sécadous (ou los sécodouiros en patois, les séchoirs) permettant d'entreposer les châtaignes, de conserver les semences, la viande... qui généralement ressemblent à des maisons "miniatures", peuvent parfois être situés sous les toitures mais pas sous celles des maisons d'habitation car les ouvertures qui leurs sont nécessaires les exposent aux vents et ne protègent pas des froid rigoureux.

Un peu en dehors du village de ST GEORGES DE LÉVÉJAC, on devine l'emplacement d'un four à chaux (Calssio en occitan) où se cuisait la pierre calcaire à plus de 1000°C pour en obtenir de la chaux servant à fabriquer le mortier pour la construction des maisons.
La chaux était aussi utilisée par les tanneurs pour nettoyer les peaux (la fabrication de la chaux constitue l'art du chaufournier)...
Suivant leurs tailles et les besoins, ces fours étaient accessoirement utilisés pour cuire la céramique ou autres. Et il faut remonter aux temps gallo-romains et mérovingiens pour connaître leurs origines.

Depuis le début des années 1970, beaucoup de maisons et de bâtiments sont restaurés, mais la plupart restent des résidences secondaires qui augmentent la population et la dynamique de ces villages en période estivale. En Juin 2011, le petit patrimoine bâti caussenard est classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO pour en favoriser la préservation.
Un hameau remarquable : la ferme caussenarde de Hyelzas (village d'une cinquantaine d'habitants), sur le Causse Méjean, réunit l’habitat et le matériel agricole utilisés par les paysans du causse dans les années 1950 ; LAVAL DU TARN en surplomb des Gorges du Tarn...

Aragonaise_a_Soulages.jpg Quelques vieilles fermes auraient emprunté le style aragonais (en souvenir des rois d'Aragon qui ont régné sur la région de 1172 à 1258), comme jadis à Soulages à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (restaurée et modifiée) ou comme il est encore possible d'en voir au MASSEGROS ou aux MONZIOLS à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (ferme datant du XVIIIe siècle). Mais les premiers balcons couverts ne remontent seulement qu'au XVIe siècle, il n'y aurait donc pas de corrélations tangibles.
Cependant, s'il existe une similitude troublante entre la région d’Aragon et celle des Causses Lozériens et du Quercy, se serait d'avantage celle des Cazelles qui sont de magnifiques particularités de nos régions et que l'on retrouve aussi sur les territoires « Aragonais », alors qu’il n’en n’existe pas sur tout le restant du territoire Espagnol !

La particularité de ces maisons aragonaises tient à leurs terrasses ou balcons couverts qui accueillent le visiteur et offrent la première image de la famille, auxquels on accède par un escalier central où les nombreux arceaux (porches avec arcades) s'ouvrent sur une cour fermée, rappelant les patios espagnols. Les maçons qui ont construit ces maisons, ont su donner à l’architecture caussenarde un caractère de maisons nobles (régularité des galeries, emploi de balustres, traitement des petits pignons en forme de fronton comme au Monziols) à ces fermes destinées aux notables ou à leurs commanditaires.

De par sa formation géologique fortement érodé, le sol des causses est extrêmement perméable et ne retient ni les eaux de pluies, ni celles de la fonte des neiges. Et dans ce pays sauvage, aux vastes étendues rocailleuses, sèches, arides et chauffées à blanc l'été, où les hommes ont appris à vivre en autarcie depuis des temps immémoriaux, on aussi dû trouver des solutions pour parer à ce problème :

Petit patrimoine du sévéragais, les fontaines voûtées, plus ou moins importantes suivant l'usage, sont généralement construites dans un bâti caussenard, au milieu de placettes dans les cœurs de village ou au plus près des points d'eau.

SEVERAC LE CHÂTEAU
Samonta Montaliès Argeliès Sermels
Fontaine_du_Samonta_Severac_Le_Chateau.jpg Fontaine_du_Montalies_Severac_Le_Chateau.jpg Argelies.jpg Sermels.jpg


Toutes les maisons du Causse étaient équipées de citernes alimentées soit directement par le ruissellement des eaux de pluies sur les pentes des toits de lauzes, soit par un système de chenaux de bois courant le long des murs et reposant sur des corbeaux en pierre (supports de pierre encastré en partie dans un mur). Ces citernes permettent d'avoir de l'eau directement dans chaque ferme, au quotidien et particulièrement de la stocker l'hiver pour pouvoir la réutiliser pendant les étés arides et secs. Selon les circonstances, elles peuvent être bâties au même niveau que les animaux ou directement en sous-sol !
Dans une ferme de Montredon (48 Les Sallèles - Larzac) on peut voir un magnifique "toit citerne" en lauze qui permet de récolter l'eau de pluie.

Toit_citerne_en_lauze_Montredon_Larzac.jpg

Lavogne_ou_lavagne_exploitation_Mr_Ricard_a_Hermilix_12400_Versols_et_Lapeyre_1_1.jpg Les Lavognes ou lavagnes : sont des mares quasi circulaires destinées à abreuver les troupeaux qui pâturent sur les plateaux du Larzac. De 5 à plusieurs dizaines de mètres de diamètre, elles sont artificielles mais il est pourtant très rare qu’elles aient été creusées dans leur totalité. La plupart du temps, il s’agit de creux naturels réaménagés. Le fond est parfois pavé et il est toujours étanchéifié (généralement à l’argile) pour pouvoir conserver l’eau le plus longtemps possible.
Une lavogne nécessite de l’entretien pour rester efficace : en cas de période sèche, le niveau baisse et l’eau peut totalement disparaître, mettant l’argile à l’air libre. Celle-ci sèche en se rétractant, formant des polygones de dessication qui fracturent la couche et la rendent perméable. Autrefois, le piétinement régulier des bêtes qui venaient boire en accompagnant le retrait de la mare au fur et à mesure de son évaporation cassait les polygones et en refaisait de la poudre qui à la première pluie reformait une belle argile bien étanche. Mais avec l’arrivée progressive de l’adduction d’eau, même dans les lieux reculés des plateaux, les lavognes sont de moins en moins utilisées. L’argile n’est plus piétiné et les fonds de lavognes deviennent poreux et si l’agriculteur ne les refait pas lui-même, elles ne tiennent plus l’eau et disparaissent peu à peu du paysage.

Les cabanes de berger : dans les zones de pastoralisme du Velay, de la Margeride, de l’Aubrac ou sur les causses, on peut aperçoit encore au milieu des pâturages de petites constructions isolées, souvent très modestes et de tailles réduites. Il s’agit d’anciennes cabanes des bergers qui regroupaient les troupeaux, parfois de tout un village, pour assurer la pâture dans les terres les plus éloignées du village pendant la période estivale. Pour ne pas être "écrasés" par le soleil étouffant de l'été, surpris par une averse d'automne ou une giboulée de printemps et pendant qu'ils vaquaient à garder les brebis, les pâtres ou pastres (bergers) ou les vignerons utilisaient les matériaux des lieux : dalles calcaires et jadis les cayroux, pour construire des abris, de modestes "cabanes" en pierres sèches d’architecture où seule une personne pouvait s'abriter : des Cazelles (aussi écrites caselles ou casèles), appelées localement des gariottes.
Dans la plupart des cas, c'est une simple pièce à même la terre sans aucun confort. L'ouverture est généralement située à l'Est ou au Sud. L'architecture de ces constructions est assez rudimentaire mais l'encorbellement est audacieux grâce à l'apport de grandes dalles. Les parois de formes circulaires sont bâties très sommairement, ce qui les rend plus fragiles mais nous prouvent que ce sont bien les gens du pays qui les ont construit et non des maçons comme dans le Gard, le Quercy et la Provence. En Velay, les "chibottes", comme on les appelle, ont une forme en tête d’obus très singulière.
A voir aussi : les caselles du Causse Comtal et du Quercy (12)...

Les cayrous sont des "tas" de pierres brutes calcaires qui se rencontrent, partout sur les plateaux et les champs de pacage. Couronnés d'orpins brûlants ou de chèvrefeuilles, ils participent à la beauté sauvage de ses paysages. (photos)

De tailles beaucoup plus importantes que les gariottes, les jasses ou jassias étaient, elles aussi, construites sur le modèle de l'architecture caussenarde, avec des murets de pierres sèches et couvertes de toits de lauzes. Ces "petits lieux de vie" servaient d'habitations ponctuelles aux bergers transhumants et permettaient de rassemblaient et d'abriter le bétail pour la nuit sous la surveillance du pastre et de son chien. (photos)

Voir photos : http://www.gorgesdutarn-sauveterre.com/la-region/architecture.html
Architecture paysanne du Rouergue et des Cévennes - Dr A. Cayla - 1975

 6.11 - Les Maisons de l’assemblée ou Maison de la Béate

(à revoir)

Symbole et noyau de la vie communautaire, les maisons de l’assemblée, qui sont encore nombreuses dans les villages bien que souvent à l’abandon, étaient des lieux qui rythment la vie de toute la communauté villageoise. Construites par les habitants du village eux-mêmes et propriété collective, ces maisons étaient d’architecture rudimentaire, souvent de plan carré avec deux étages et le toit surplombé par un clocheton. Les villages en assuraient l’entretien. Elles servaient à la fois d’habitation à la béate, une femme célibataire attachée à une congrégation, qui sans être religieuse, se dévouait à la vie du village assurant un accompagnement à tous les moments importants pour la communauté. Ainsi, institutrices, elles enseignaient aux garçons, les rudiments de l’écriture, de la lecture et du calcul, et aux filles, l’apprentissage de la dentelle. Infirmières, elles prodiguaient les soins les plus courants, s’occupaient des malades et veillaient les mourants. Catéchistes, elles dirigeaient la vie religieuse de la communauté (animations du mois de mai, chapelets et prières pour les veillées funèbres), parfois elles pouvaient aussi servir de médiateurs lors de conflits au sein de la communauté entre villageois. Ne percevant aucune rémunération, la béate vivait des dons des villageoises et dans le meilleur des cas des produits de son jardin si elle bénéficiait d’une partie des terrains appartenant à la communauté villageoises (biens de sections). La généralisation du maillage scolaire et sanitaire, l’accès accru aux services de santé ont peu à peu fait disparaître ces usages après la seconde guerre mondiale.

¤ Marignan­ 1515.
¤ 1515-1547 - Règne de François Ier, dernier roi du Moyen Âge. Nouveau régime social et politique de la France qui durera jusqu'à la Révolution.

 6.12 - Les actes paroissiaux et la réforme protestante

¤ En 1516, le Concordat conclu entre le pape Léon X et le Roi François Ier autorise les rois de France à désigner librement les évêques, abbés et chanoines. Les évêques seront désormais proches du roi de France, plus présents à sa cour que sur leurs terres...

  • En 1521, la paroisse de MEYRUEIS (48) est temporairement rattachée à l'évêché de VABRES (12) ; elle reviendra rapidement à celui de NÎMES (diocèse de NÎMES, UZÈS et ALÈS).
  • 1528 - Le 11 juillet, Jean III de Castelnau-Caylus, baron de Calmont, confirme les privilèges d'ESPALION (12).

¤ Les premiers troubles religieux apparaissent. En 1529, Berquin, un ami d'Érasme est exécuté, puis à partir de l'affaire des Placards (1534). Amorcée sous le patronage d'Erasme, de Luther et de Melanchton et culminante au XVIe siècle, la Réforme protestante est une volonté d'un retour aux sources du christianisme, contre la doctrine sacramentelle du mariage catholique. Elle reflète l'angoisse des âmes, par la question du salut, centrale dans la réflexion des réformateurs, qui dénoncent la corruption de toute la société engendrée par le commerce des indulgences.
Malgré son inclination pour l'humanisme, le roi considère la Réforme comme néfaste à son autorité et se met à persécuter les protestants.

  • 1533 - Passage de François Ier à ESPALION (12)
  • En 1536, Georges d’Armagnac, cardinal, protégé de Marguerite d’Angoulême, sœur du roi, devient évêque de RODEZ (12) à 29 ans et reçoit du roi l’administration du diocèse de VABRES en même temps que l’ambassade de VENISE... Sans cesse en déplacement pour ses missions diplomatiques et l’administration de ses diocèses, il n’est sans doute jamais venu à SAINT IZAIRE (12), par exemple, pas plus que Jacques de Corneilhan, son successeur et neveu Jacques de Corneilhan. Le diocèse de VABRES (12) sera ainsi administré par les évêques de RODEZ jusqu’en 1563.

¤ 1539 - L'ordonnance de Villers-Cotterêt
Ordonnance du 25 août 1539 sur le fait de la justice (dite ordonnance de Villers-Cotterêt). - Version consolidée au 12 octobre 2015
François, par la grâce de Dieu, roy de France, sçavoir,faisons, à tous présens et advenir, que pour aucunement pourvoir au bien de notre justice, abréviation des proçès, et soulagement de nos sujets avons, par édit perpétuel et irrévocable, statué et ordonné, statuons et ordonnons les choses qui s'ensuivent.

Article 110 - Créé par Ordonnance du 25/08/1539 et enregistrée au Parlement de Paris le 6/09/1539
Et afin qu'il n'y ait cause de douter sur l'intelligence desdits arrêts, nous voulons et ordonnons qu'ils soient faits et écrits si clairement, qu'il n'y ait ni puisse avoir aucune ambiguïté ou incertitude ne lieu à demander interprétation.

Article 111 - Créé par Ordonnance du 25/08/1539 et enregistrée au Parlement de Paris le 6/09/1539
Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus esdits arrests, nous voulons d'oresnavant que tous, arrests, ensemble toutes autres procédures, soient de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soient de registres, enquestes, contrats, commissions, sentences testaments, et autres quelconques, actes et exploicts de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel françois et non autrement. NOTA : La Cour de cassation applique toujours la présente ordonnance.

Donné à Villers-Coteret au moys d'aoust, l'an de grace mil cinq cens trente neuf, et de notre règne le vingt cinquiesme. FRANCOYS.
Par le Roy : BRETON. Lueues, publiez et enregistrez ouy le procureur général du roy et ce requerant.

Registre_1.jpg L'ordonnance de VILLERS-COTTERET, promulguée par François Ier et rédigée par le chancelier Guillaume Poyet, en août 1539, est la première grande étape de la justice française du XVI° siècle.
Comprenant 192 articles, elle touche à plusieurs domaines. Elle interdit toute confrérie de gens de métier et toute entente et coalition ouvrière. Elle limite notamment la compétence des tribunaux ecclésiastiques aux seules causes concernant les sacrements et la discipline. Elle fixe les règles de la procédure criminelle, organise l'instruction secrète et réglemente la question.
Elle exige l'usage du français (au lieu du latin) dans la rédaction des tous les actes judiciaires, notariés, ecclésiastiques.
Elle impose aux chrétiens, la tenue de registres de baptêmes par l'autorité ecclésiastique (ce sera le fondement des registres paroissiaux, origine de l'état civil) et ordonne aux curés des paroisses de tenir ces registres. Dès lors, l’État Civil sera tenu par le Clergé jusqu'en 1792.

Suprême munificences de Léon X, cherchant à opérer une réforme combattue par sa cour, qui va faire en sorte que la majorité des hommes éclairés vont sentir là, le réel besoin d'une réforme...

Henri II, 2ème fils de François Ier et de Claude de France, devient l'héritier du trône à la mort de son frère aîné en 1536 et fut sacré roi de France le 26 juillet 1547 à Reims.

Aux châtiments de quelques obscurs fanatiques qui avaient mutilés une statue de la Vierge, le règne de François Ier vit bientôt succéder le supplice de plusieurs réformateurs, les persécutions de Meaux et le massacre de 3000 Vaudois du Luberon à Mérindol, sur l'ordre du Parlement d'Aix et avec l'assentiment du roi, en 1545... Lugubres préludes des cruautés ordonnées par Henri II.
Les réformateurs profitent de l'essor de l'imprimerie pour faire circuler la Bible en langues "vulgaires" (notamment l'allemand après la première traduction réalisée par Martin Luther), et montrent qu'elle ne fait mention ni des saints, ni du culte de la Vierge, ni du Purgatoire. La référence à la Bible comme norme est néanmoins une des principales motivations des réformateurs.
Tantôt tolérées, tantôt écrasées, les idées de La Réforme commencent ainsi à se développer un peu partout sur le territoire.

 6.13 - 1540 - Les Jésuites et la Compagnie de Jésus

Fondée en 1540 par Ignace de Loyola, la Compagnie de Jésus est devenue l'une des plus importantes composantes de l’Église. Cet ordre religieux est actuellement le deuxième pour ce qui est des effectifs, derrière les franciscains, et devant les dominicains, avec près de 19 000 membres à travers le monde.

Ses membres, les jésuites ont la réputation d'être des intellectuels au sein de l’Église. Ils reçoivent une formation en théologie, philosophie, sciences... qui dure quinze ans. A la fin de leur parcours scolastique, en plus des trois vœux habituels (pauvreté, chasteté et obéissance au supérieur), ils se distinguent en prononçant également un vœu d'obéissance absolue au pape et à Dieu. L'ordre n'accepte pas de femmes, ayant reçu dès sa fondation une dérogation en ce sens par le pape Paul III.
Leur devise est Ad majorem Dei gloriam (pour la plus grande gloire de Dieu), souvent abrégée en AMDG, alors que le sceau de la compagnie représente les trois lettres IHS (abréviation de Jésus en grec) qui surmontent trois clous, symboles de la crucifixion. Et leur priorité est l'évangélisation et l'instruction de la jeunesse, à travers le monde. C'est par ces action que l’Église s'est rendu compte du pouvoir et de l'importance de la mission de l'éducation.

 6.14 - 1545 - Le Concile de TRENTE

13 décembre 1545 - Le Concile de TRENTE (Italie) décrète, entre autres, la publication de 3 bans distincts, pendant 3 dimanches consécutifs précédant le mariage, aux prônes de la messe de chaque église paroissiale où les futurs époux ont vécu (moyennant finance, des dispenses peuvent être demandées auprès de l’Évêque du diocèse ou de la Cour de Rome).
Les épousailles sont généralement contractées dans la paroisse de la fiancée et en présence de deux témoins quelconques mais devant avoir tous leurs sens et leurs facultés mentales. Le prêtre s'assurera de la volonté individuelle des futurs mariés à s'unir en mariage en les invitant à donner leur consentement mutuel et leur donnera ensuite la bénédiction nuptiale. Le curé devra enregistrer le nom des conjoints, celui des témoins, le lieu et la date de ce mariage.

Présenté comme « la coupure entre l'Église médiévale et l'Église des temps classiques », le Concile de TRENTE est convoqué par le pape Paul III, en réponse aux demandes formulées par Martin Luther dans le cadre de la Réforme protestante. Il devait réformer et restaurer l'unité de l'Église face aux succès des idées de La Réforme protestante. Les jésuites y prennent une part importante, au départ, puis se rallient au mouvement de la Contre-Réforme.
Étalé sur 18 ans (1545-1563), il fut en réalité la réponse catholique à la Réforme protestante, au travers de la révision de sa discipline (absolutisme pontifical, centralisation, culte du secret, création de séminaires diocésains destinés à former les prêtres). Il ne permettra à l'Église catholique qu'une reconquête partielle des populations passées au protestantisme. Les tentatives de conciliation ayant échoué, cela aboutit à une scission entre l'Église catholique romaine et les Églises protestantes qui ne font qu’accroitre dangereusement les tensions religieuses.

Le roi met en place une législation anti-protestante et multiplie les édits répressifs. L'édit d'Ecouen de 1559 demande d'abattre sans jugement tout protestant en fuite ou révolté et donne la mission à certains notables de se rendre en province pour réprimer l'hérésie. Mais les édits sont mal appliqués du fait de la faiblesse des institutions mais aussi parce qu’une partie non négligeable de ses officiers éprouve des sympathies pour la Réforme. Et le protestantisme se diffuse surtout en milieu urbain parmi les gens qui ont accès à la culture : bourgeois, artisans, gens d'Église, érudits, écrivains et officiers de justice.

 6.15 - 1556 - La fiancée ne se marie pas sans l'accord connu ou reconnu de ses parents !

L'âge de la majorité est l'instant où une personne est "capable" d'exercer ses droits sans l'aide de ses parents ou tuteurs d'enfants mineurs (garçons de moins de 30 ans et les filles de moins de 25 ans). Elle a varié suivant les époques, les droits et le sexe des individus mais pendant longtemps, on exigea que le consentement des époux futurs soit validé par la volonté familiale. Ce qui distinguait la majorité matrimoniale de la majorité civile et n'empêchait pas les enfants mineurs de se marier en "bas âges".

Pierre Abriol garçon de famille agé de quatorze ans et quatre mois du lieu du Bruel et Jeanne Solinhac aussi fille de famille du lieu de Larbussel paroisse des Sallèles, agée de douze ans et quelques mois , autorisés de leurs parans ont épousé le vingt et huitième juin 1683 après la publication des annonces dans lune et lautre paroisse comme il ma paru par le sertificat du Sieur Rochier curé des Salèlles signé du 15 ème juin de la meme année sans oposition à nous connue. Present Guillaume Rocqueboeuf, Jean Laget dit Grane massons du lieu du Bruel illeteres et Antoine Bourges aussy du Bruel soubsigné. Ribes Curé Source : Esclanèdes – edt056gg001/000008 – photo 42
Jeanne Solinhac femme de Pierre Abriol est décédée, à l'âge de 20 ans, le 28/09/1690 !

Inflation de la législation et renforcement de la publicité des mariages : aux « solennités » déjà requises par l'Église sont adjointes des formalités prescrites par l'Ordonnance qui impliquent la publication de trois bans dans les paroisses des futurs conjoints, ainsi que la présence de quatre témoins pouvant certifier la qualité, le domicile et l'état des parties contractantes.

 6.16 - 1556 - La déclaration de grossesse

« (...) Toute femme qui se trouvera dûment convaincue d’avoir celé, couvert ou occulté tant sa grossesse que son enfantement sans avoir déclaré l’un ou l’autre et avoir pris de l’un ou l’autre témoignage suffisant même de la vie ou mort de son enfant lors de l’issue de son ventre et qu’après se trouve l’enfant avoir été privé tant du saint sacrement du baptême que sépulture publique et accoutumée, soit telle femme tenue et réputée d’avoir homicidé son enfant et pour réparation punie de mort et dernier supplice (...) »

Attestée dès le XIIIe siècle, la déclaration de grossesse n’est règlementée qu’en 1556 par l’édit d’Henri II pour tenter d'enrayer le trop grand nombre d'infanticides. Les mères portant des fruits illégitimes sont tenues de faire la déclaration de leur grossesse devant la justice. La fille ou veuve pouvait déclarer spontanément sa grossesse pour éviter les rigueurs de la loi ou pour pouvoir se pourvoir contre le séducteur. Elles faisaient alors leur déclaration devant le représentant de la justice locale. Les pères présumés peuvent être ainsi interrogé et la justice peut connaître ses intentions à l'égard de cette naissance. Viennent ensuite les auditions de témoins, du côté de la femme comme du côté de l'homme, afin de confirmer ou d'infirmer leurs dire. Cette règlementation fut périodiquement renouvelée jusqu'à la Révolution.

Aux Archives Départementales, la déclaration de grossesse se trouve en série B, série de la justice d'Ancien Régime. Cette source offre un grand intérêt sociologique. Il s'agit au départ d'une enquête où était auditionnée en premier lieu la femme enceinte. On y apprend l’identité des futures mères, leur origine, si cela lui est possible, elle doit donner le nom de l'homme qui l'a engrossée. Les professions y sont également mentionnées, les âges, leur résidence au moment des faits, les circonstances de la conception et même parfois la date probable de celle-ci.

Quantifier la proportion des filles-mères ou veuves qui déclaraient effectivement leur grossesse est impossible. Généralement, tant que les relations entre amants étaient bonnes et que la fille espérait obtenir ce qui lui avait été promis (le mariage ou l’entretien...), elle ne faisait aucune démarche.
Différentes études montrent qu'environ, seules 1/4 des femmes non mariées déclaraient le fait qu’elles aller accoucher. Cette faible proportion peut s'expliquer par le fait qu'elles ignoraient la loi, par la volonté de garder le secret et de sauver la face. Ces documents étaient bien souvent consécutifs à des évènements tels que la fuite ou l’abandon du séducteur, une rupture ou encore les fiançailles ou mariage de celui-ci avec une autre.
Mais les victimes les plus exposées étaient généralement les servantes : « ... Il profita de l’autorité qu’il avait sur elle et de la faiblesse de son âge... ». Et les plus répandues étaient malheureusement obligées de déclarer une grossesse consécutive à un viol.

Courageuse Jeanne
Déclaration du 16/12/1714, de Jeanne Passeriou qui avoue « qu'elle heust le malheur de ce laisser seduire et corrompre par Mre Louis Ollier prebtre et chanoine au chapitre du Malzieu soubs de belles promesses lorsqu'elle estoit pour servante avecq lui et qu'estant devenue enseinte de ses œuvres elle fust encore sy fragille soubs les promesse dudit Sr Louis Ollier, chanoine qu'elle ( ? marge) ce porta devant le Sieur Juge dudit Malzieu parant dud Ollier ou elle fit une certaine déclaration que lenfant dont elle estait enseinte, estait des œuvres dun homme a elle incognu. Ce quelle a affirmé devant moi notaire et temoins nest veritable mais bien de celles du Sr Ollier, chanoine, ce quelle a reiterer et affirmer devant tous quil appartiendra….etc. Luy ai donné acte pour valloir et servir ainsin que de raison ». Notaire Chaleil Le Malzieu 3 E 621 folio 35 - http://www.lozere-histoire-genealogie.com

 6.17 - 1556 - Bigames, vous avez dit bigames ?

L'Édit d'Henri II de février 1556 : identifie les « mariages clandestins » aux unions des « enfants de famille » contractés à « l'insu des pères et mères ».
Afin de prohiber davantage les mariages clandestins (bigames, fraudeurs ayant recours à des actes falsifiés ou à des faux témoignages pour se marier...), pour les enfants mineurs, sans le consentement des parents, qui tendaient à augmenter, la puissance séculière va chercher à pallier les insuffisances de la législation conciliaire.

  • En 1559, Pierre III d'Albignac (1529-1596), petit-fils de Pierre II d'Albignac, avait pour projet d'agrandir la résidence familiale en y ajoutant une aile supplémentaire mais les finances ne permettaient pas la réalisation d'une telle entreprise. À l'occasion du passage entre Meyrueis et Millau des troupes protestantes menées par le capitaine Arnaud de Méjanès, Pierre d'Albignac reçut l'ordre de leur couper le passage. Il mena donc une attaque au niveau du Mont-Fraysse dans le but personnel de s'emparer du trésor de guerre transporté. L'opération est un succès : son œuvre pouvait maintenant se concrétiser. Pierre III d'Albignac décèdera sans avoir révélé à ses héritiers où il avait caché une partie de l'important trésors, dans le château.

 6.18 - 1559-1562 - Le règne éphémère de François II

Alors que les édits du roi Henri II allument partout les buchers de l'inquisition, François II (fils aîné d'Henri II et de Catherine de Médicis) monte sur le trône de France à 15 ans, après la mort accidentelle de son père le 10/07/1559.
Il confié le gouvernement au duc de Guise et au cardinal de Lorraine, les oncles de son épouse, partisans catholiques de la fermeté à l'égard des protestants, qui s’efforcent de donner à leur organisation une expression toute plébéienne tandis que Médicis et les grands de la Cours sont prompts à profiter de la faiblesse de ce jeune Prince à la santé fragile, pour absorber le pouvoir royal. Entourée de conseillers modérés et proches de la Réforme, elle obtient du roi l'amnistie des « crimes d'hérésie », la convocation des États généraux et la préparation d'un concile national. Mais le règne de François II ne sera qu'éphémère (un an et cinq mois), il meurt le 5 décembre 1560.

À la mort de François II en décembre 1560, Catherine de Médicis ouvre la Régence au nom du tout jeune Charles IX, dix ans. Elle écarte les Guise du pouvoir et cherche, sans succès, un terrain d'entente entre catholiques et protestants pour éviter la guerre au moment où le protestantisme atteint son apogée avec environ deux millions de protestants (près de 10% de la population est huguenot) et plus de six cent soixante-dix Églises réformées dans le royaume. L'animosité devient extrême à la fin de l'année 1561. Le protestantisme français, cessant d'être exclusivement une Église, est devenu un parti.

Le pays est au bord de la crise religieuse. Le 17 janvier 1562, Catherine de Medicis promulgue alors un édit qui constitue une véritable révolution puisqu'il autorise la liberté de conscience et la liberté de culte pour les protestants, à la condition que ceux-ci restituent tous les lieux de culte dont ils s'étaient emparés et que leurs offices se déroulent en dehors des villes closes.
La tolérance civile instaurée par la reine va produire l'effet contraire à celui recherché. Entre le 28 janvier et le 11 février 1562, un nouveau colloque se réunit, sans résultat. Dans beaucoup d'endroits, les protestants détruisent les chapelles et les églises, plutôt que de les rendre. Ils pratiquent ainsi "le vandalisme pédagogique" : en détruisant les images, les croix, ils font remarquer que Dieu reste muet devant ces profanations.

 6.19 - 1561/89-1610 - Henri Le Grand : le Bon Roi des Français

Henri IV est né Henri de Bourbon le 13 décembre 1553 à Pau, il est le fils d’Antoine de Bourbon, premier prince du sang et de Jeanne d’Albret (1528-1572), qui devient reine de Navarre en 1555 à la mort de son père Henri d’Albret et qui adhère à la Réforme en 1560. Henri de Bourbon devint d'abord Roi de Navarre en 1572, il hérite du trône à la suite de la longue agonie des Valois et devient Roi de France et de Navarre (1589-1610), premier souverain de la branche dite des Bourbons de la dynastie capétienne.
Baptisé catholique à sa naissance, il fut placé par son père à la cour de France en 1561, en tant que prince du sang et chef protestant, le jeune Henri y reste jusqu’en 1567 comme garant de l’entente entre la monarchie et la reine de Navarre. Il avait déjà changé trois fois de religion à ses neuf ans. Confronté très jeune aux guerres de religion, Henri IV, il fait ses premières armes en 1568 en participant avec le parti protestant à la troisième guerre de religion qui se déroule principalement en Poitou, en Saintonge et en Guyenne. Il prit le commandement de l’armée des protestants et est devenu le chef du parti huguenot dès l’âge de seize ans.

A partir de 1572, Bernardin De La Valette, gouverneur de la Baronnie de Calmont fit construire le vieux palais à ESPALION (12). C'est un bel édifice de style renaissance qui domine le lot de son élégante silhouette avec des fenêtres à meneaux, une tour en poivrière et une loggia.

 6.20 - 1562-1598 - Encore des guerres

Bientôt une nouvelle période de crises : la réforme protestante s'ancre dans le Languedoc et les Cévennes.

Aigris par les inexorables mesures dont on les frappait, mécontents des édits sans cesse renouvelés par le génie machiavélique de Médicis, les religionnaires se soulèvent, excités par le Prince de Condé et par Coligny, rivaux implacables de la maison de Guise.

Et revoilà encore d'autres guerres, et cette fois-ci, elles seront de religion. Elles vont secouer le pays pendant les quarante dernières années du XVIe siècle, de 1561 à 1598, les tueries et les massacres ensanglantèrent davantage encore notre France, ravagée aussi par la famine et deux épidémies de peste sur cette même période.

  • Les guerres de religion débutent en Quercy par le sac de la Chartreuse en 1561. Les affrontements sont alors épisodiques. On vole du bétail, on fait des prisonniers qu'on échange ensuite...
  • Le territoire lozérien soumis à un gouvernement religieux (domaine exclusif d'un innombrable clergé) et attentif au long cri de douleur qui ébranle ses cloîtres, la Réforme protestante s'est dispersée partout : dans tout le Gévaudan, dans les vallées de la Colagne (à MARVEJOLS), du Lot (à MENDE), les Cévennes... Et son église allait avoir à supporter un rude choc pour défendre l'héritage du Christ dans un pays livré à toutes les horreurs d'une guerre civile qui embrasa surtout le Languedoc.
    La région, très impliquée, ne fut évidemment pas épargnée par cette période troublée. L’hérésie, protégée par le Duc de Montmorency, Gouverneur du Languedoc, se montre bientôt puissante dans les Cévennes, arènes funestes où, pendant près de deux siècles, catholiques et protestants chercheront à s'entre-gorger, se livrant alors une guerre fratricide durant laquelle le culte est interdit.

De nombreuses églises demeureront fermées, certaines furent pillées et démolies en partie, tout comme les maisons, les croix, par les Huguenots.
Dès le milieu du XVIe siècle, la ville languedocienne de MEYRUEIS (48) est majoritairement acquise à la Réforme protestante.

  • 1562 - Peste noire 25 000 morts à Paris.
    Le Baron d'Anduse (ou Anduze), à la tête des Huguenots cévenols, auxquels étaient venus se joindre ceux de MARVEJOLS et d'autres lieux, qui avaient embrassés la nouvelle religion, se décidèrent à franchir la ligne des Cévennes pour frapper au cœur du Gévaudan catholique. Jacques de Crussol comte d'UZÈS, chef des réformés en Languedoc, fait campagne, avec une forte armée protestante, pour réduire tous les bastions du catholicisme.
    Après avoir pillé CHAMBORIGAUD (30) et s'être emparé du Château de QUÉZAC (48), le Baron d'Anduse vint mettre le siège devant MENDE (48) qui surprise de nuit, dès le 25/12/1561, puis en mars 1562 et sans défense (malgré les intervention des Seigneurs de La Vigne et du Mazel) capitule le 22/07/1562.
    Symbole du pouvoir des évêques et de leur famille, la cathédrale de MENDE a été en grande partie détruite. Tout comme la "non pareille", la célèbre cloche qu'elle possédait à qui il ne reste que le battant.

Suite aux défaites des armées protestantes à CAHORS, face aux Guise en mars 1562, il prend en avril le commandement des protestants de Provence, et pénètre dans Valence avec 8 000 hommes. À partir de cet instant et par des chevauchés fulgurantes, il déroute l'adversaire à ROMANS SUR ISERE, VIENNE et GRENOBLE où il pille la collégiale Saint-André et la cathédrale Notre-Dame. Le 5 mai 1562, il rentre victorieux dans la ville de LYON. Après avoir pris FEURS dans le Forez, le 3 juillet, il marche sur MONTBRISON (42) à la tête de quatre mille hommes et s'en empare le 14 juillet 1562. Il y fait sauter la garnison du haut des remparts sur des piques.

  • Le Baron François d'Apchier (ou Francoys Dapchier), Vicomte de Vazeilles, Seigneur et Baron d'Apchier, Lieutenant pour le Roi au pays du Gévaudan, commandant des forces catholiques dans le Gévaudan rassemble, début juin 1562, une armée de 8 ou 900 hommes pour résister à l'ennemi. Il en laissera une centaine pour protéger MENDE par la suite.
  • Le 22/7/1562, "ceux de la nouvelle religion" détruisent la ville de MONTBRISON. Ils mirent le feu au couvent des Carmes, à l'ermitage St Privat, à la maison de St Ylpide, à la chapelle Notre Dâme du Pont et à presque toutes les maisons étant hors de la ville, même au couvent des Cordeliers.
    Le 25 juillet, ils y firent cesser le service religieux, volent les joyaux, brulent les livres et les images saintes, battent les religieux, volent les blés et les armes du château de Seigneur Evesque, de Balsièges, de Badaroux, de Barjac, de St Baudille et repartirent sur Mende pour saisir les clefs des portes de la ville.
    https://books.google.fr/books?id=9pMdAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false
    Puis ils Durant cette guerre civile, plusieurs villes sont conquises, en Gévaudan. A Esclanèdes, l'Église et les maisons du village sont incendiées par les Huguenots, en 1562. Chirac compte 22 meurtres de prêtres et de 80 ou 100 laïcs, les maisons sont brulées, son église ruinée, dans le seul jour du 19/08/1562. Six jours plus tard, le 25, ils volent du bétail à Chanac, pillent son château et tuèrent les deux prêtres qui se trouvaient à l'intérieur. Au Villard, encore, le château est dépouillé, la ville de MARVEJOLS est dévastée, tout comme Ispagnac, Quézac et Bédouès...

1564 - Peste dans le Lyonnais.
1565 - Disette dans tout le royaume.

  • 1567 - Assemblée du BLEYMARD (48) : accord politique entre les habitants du Bleymard, protestants et catholiques (1567). Cet accord propose une entente entre catholiques et protestants, dans un respect mutuel.
    Etienne de Sabran (protestant) du BLEYMARD, demande qu'on organise une police chargée de maintenir l'ordre et de ne laisser entrer que des troupes munies de commissions régulières. On dresse les statuts d'union et on nomme 12 syndics, 6 catholiques et 6 protestants, bien que ces derniers soient minoritaires. Cette page de paix, rarissime en France, fut rédigée par Maître Jean Baptiste Notaire Royal du BLEYMARD. Ce texte, rapporté ci-dessous, décrit la vie sous Charles IX et cite bon nombre d’habitants du Bleymard.
    Accord politique pour l’entretenement d’une paix, unyon et reppos tant pour une religion que aultre, contenant l’ordre que sera doresnavant tenu et observé pour le passaige et nourriture de la gendarmerye passant et repassant, avec creation de doutze sindicz et depputez, passé entre les habitans de Bleymard.
    4 octobre 1567 :
    L’an mil cinq cens soixante sept et le quatriesme jour du moy d’octobre, très chrestien prince Charles, par la grace de Dieu roy en France regnant, au lieu du Bleymar et dans la salle haulte de la maison de noble Estienne de Sabran, seigneur des Alpiers, illec estans congregez, assemblez et comparans en personne :
    led Noble Estienne de Sabran, noble Gabriel de Sabran son oncle, maistres Blaize de Sabran, Jehan Reversat, Estienne et Anthoine Fabres, freres, Jehan Vinhal lieutenant, Jehan Mallechane notaire, Anthoine des Ayfres praticien, Anthoine Mothon, Estienne Folchier, Guillaume Mazel, Guillaume Baldit, Estienne Beys, filz de feu Jehan, Estienne Beys, filz d’Estienne, Michel Fabre, filz de feu Blaize, Claude Talon, Michel Beys vieulx, Michel Beys jeune, Jehan Daude, Barthelemy Cayroche, Jehan Martin, filz de feu Michel, Vidal Ranc, Guillaume Donzel, Jacques Guollabert, Guillaume Bonel, charpentier, Anthoine Chambon vieulx, Anthoine Folchier, Durant Leynadier, François Deveze, Anthoine Bès, Raymond Maleval, Guillaume Folchier, Jehan Privat, Jehan Maurin, Jehan Pontier ponteyro, André Paulet, Barthelemy dict Jacques Bays vieulx, Privat Alegre, Jehan Pontier bastier, Guillaume Chambon, Anthoine Beys filz de feu Armand, Anthoine Beys guasquet, Anthoine Berengier, Jehan Durant bastier, Michel Sollier, Claude Vidal, Pierre Grefuelhe, Anthoine Sochon, Jehan Jordan, Pierre Vidal, Pierre Moret, Barthelemy Folchier, Jehan Assenat, Blaize Roux, Barthelemy Reynal, Michel Sabran, Anthoine Labrou, Pierre Bonet, Estienne Corregier, Barthelemy Rebol, Vidal Vincens et Jehan Gibert ;
    tous faisans la plus grande et sayne partie des habitans dud. Bleymar, ausquelz en la presence de moy notaire soubzigné et des tesmoingz cy bas nommez, a esté expozé et remonstré par la parolle et orguane dud noble Estienne de Sabran, comme led Villaige du Bleymar estoit grandement peuplé et muny de beaucoup d’habitans y receans et domicillians, et tant gens literez de qualité que artizans et aultres de basse qualité et condition, dans lequel villaige ou son paroisse y avoit ordinaire exercisse, suyvant l’edict du roy, de deux religions, sçavoir les ungz soustenans et exerceans la religion chrestienne et eglize reformée, les aultres et le plus grand nombre exerceans et soustenans le party de l’eglize romaine, et parce que en faisant chacun son devoir et exerceant sa religion entre aulcunes, y avoit journellement rixes, querelles et esmotions, reprochans et desdaignans les ungz les aultres en leur exercisse et religion par rizées et mocqueryes, les ungz en sortans des prieres et presches ordinaires, et les aultres en sortant d’ouyr la messe, chose grandement scandaleuse et odieuse à veoir et ouyr, le tout procedans de telles particularitez et differences de religion, dont ne s’en pouvoit ensuyvre par ung juste jugement de Dieu que tout malheur s’il n’y avoit prompte reformation tellement policée que telz mocqueurs et seditieux ne soyent punys de ce qu’ilz ont fait par le passé et que pourroient faire pour l’advenir, à quoy estoit très requis et nécessaire principalement pourveoir et remedier d’ailleurs aud Villaige avoit aultre grand desordre et desbordement touchant le passaige, nourriture et entretenement de la gendarmerye, ...... Baptsite Notaire.
    Les 12 députés :
    Item et pour l’observation de telle fraternité et unyon ont depputé, sçavoir de la part de ceulx de la religion reformée maistre :
    Jehan Reversat,
    Estienne et Anthoine Fabres,
    Jehan Pelissier,
    André Paulet et moy notaire soubzsigné,
    et de la part de la religion romaine maistres :
    Estienne Beys, filz à feu Jehan,
    Jehan Reynalh,
    Anthoine Moret,
    Pierre Mazaudier,
    Jehan Durand et Michel Sollier,
    pour tous ensemble adviser et soy prendre guardre à ce que nul ne contrevienne à ce dessus, et des contrevenans en advertir les officiers et leur sommer en faire justice promptement, et en cas de reffus proteste par acte de notaire. Baptsite Notaire.
    Source : Louis BRUN - http://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr;m=NOTES;f=1567_Le_Bleymard
    Cf photo : Papier, minute du notaire Baptiste, 16x22 cm. Arch. dép. Lozère, 3 E 1773 dans le dossier Histoire Lozère.
  • En 1568, ..........il............ assiège VABRES (12), brûle la cathédrale et le palais épiscopal. L’évêque, François 1er de La Valette Cornusson, qui avait participé au Concile de Trente, ne doit la vie sauve qu’au paiement d’une rançon et se réfugie à SAINT IZAIRE (12), où il vivra jusqu’à sa mort, en 1585. On peut encore voir dans l’église, une épitaphe qui lui a été dédiée en 1679 par le 23ème évêque, Louis de Baradat.
  • Le village de PALMAS (12) vit surgir de nombreux différents entre l'Évêque et ses voisins, les Seigneurs de Sévérac. Ces derniers ayant embrassé la religion et la cause des protestants, le conflit prit forme armée : en 1569, les troupes du Seigneur de Sévérac s'emparèrent de l'église et du château de Palmas et les laissèrent très endommagés. Trois mois plus tard, les gens de l'Évêque, venus de Rodez, réoccupèrent Palmas mais le château ne fut que sommairement réparé et l'Évêque ne vint plus y séjourner. Laissé à l'abandon, il se dégrada du fait du temps et des hommes.
    Ainsi dans le bourg de Palmas et les hameaux, on peut remarquer de nombreuses réutilisations d'éléments architecturaux (pierres, fenêtres...) prélevés par les habitants au XVIIIème et XIXème siècle sur les ruines du château.

Les « noces vermeilles » du roi de Navarre
Le 18 août 1572 a lieu à Paris le mariage d’Henri de Bourbon devenu roi de Navarre à la mort de sa mère. Il épouse Marguerite de Valois, fille d’Henri II et de Catherine de Médicis et sœur du roi Charles IX. Ce mariage qui devait être le symbole de la réconciliation à l’intérieur du royaume se révèle explosif. Henri de Navarre, resté huguenot, n’assiste pas à la messe célébrée à Notre Dame et reçoit la bénédiction sur le parvis. En outre, la présence dans la capitale des principaux chefs huguenots, venus pour la cérémonie, exacerbe les tensions dans Paris.
On ne peut dissocier les « noces vermeilles » du massacre de la Saint Barthélemy, le 24 août 1572. Épargné comme prince du sang, Henri de Navarre est contraint à l’abjuration du calvinisme (influence maternelle) pour échapper au massacre et il est retenu prisonnier à la cour, pendant quatre ans.

A la suite de 'l'assassinat du baron de Peyre à Paris lors de la St Barthélemy, son épouse imposât les idées nouvelles de la Réforme dans la famille des Peyre (baronnies du Gévaudan). Elle ordonna à son intendant, Mathieu Merle, de se livrer au pillage et au massacre de tous les catholiques. Celui-ci détruisit tout ce qui se trouvait sur son passage, ceci de MENDE (48), en passant par SERVERETTE (48) jusqu'aux portes d'ISSOIRE (63) en Auvergne.
Après cette campagne sanglante, l'armée royale commandée par l'amiral De Joyeuse détruisit notamment le château et la forteresse des Peyre situés sur le fameux roc (truc) de Peyre sur la paroisse de PRINSUÉJOULS (48), entre MARVEJOLS (48) et AUMONT AUBRAC (48).''

En 1576, Henri de Navarre parvient à s’échapper de la cour, où il est retenu prisonnier, retourne dans ses États de Navarre et revient au protestantisme. C’est au château de NÉRAC (47) - demeure familiale au cœur du Duché d’Albret - qu’il installe sa cour en 1577.
Il prend la tête du parti protestant en 1580, lors de la 7e guerre de religion. Après la conquête de CAHORS, dont il épargne les habitants, les troubles civils s’apaisent provisoirement et au mois d’août est signée la convention du Fleix.

L'ordonnance de BLOIS, en mai 1579, impose aux chrétiens, la tenue de registres de sépultures et de mariages. Ces derniers permettront à l’Église de renforcer les principes de fidélité et d'indissolubilité du lien conjugal.
L'Ordonnance de Blois en 1579 assimile les mariages clandestinement conclus avec un mineur (garçons de moins de 30 ans et les filles de moins de 25 ans) au crime de rapt, commis avec violence ou par séduction.
La déclaration du 26 novembre 1639 déclarent ces mariages « nuls » et « non valablement, ni légitimement contractés » : ces mariages rendaient caducs le bénéfice de tous droits successoraux, de testament ou contrat de mariage et les parents pouvaient "déshériter" les rejetons désobéissants.
Ce processus se poursuit avec la législation de mars 1697 qui étend les règles légales de la clandestinité matrimoniale à des pratiques frauduleuses caractérisées par le recours multiforme au faux « en écritures » (altération, contrefaçon ou fabrication de faux actes), « par faits » (supposition de personne) ou « par paroles » (faux témoignages). Elle dénonce ainsi le rôle des curés célébrant sciemment et avec connaissance de cause des mariages entre des personnes qui ne sont pas effectivement de leurs paroisses. Enfin, le domicile matrimonial est soumis à des conditions plus contraignantes : six mois à un an de résidence sont imposés aux conjoints ne se mariant pas dans leur paroisse d'origine, tandis que les mineurs sont, quelle que soit leur résidence effective, domiciliés de jure dans la paroisse de leurs parents (art.1).

  • Jehan BERNON des DOUZES, LA PARADE (48), fut " Proditoirement tué par des soldats de la garnison de Meyrueis de nuict et la maison entièrement pillée et saccaigée en 1580... "
  • Gabriel ROUJON assassiné dans son lit, le 8 septembre 1582, à MARVEJOLS (48) :
    "Gabriel Roujon, dudit Piereyre, s'estant retire a Marvejols pour estre atteinct de maladie contagieuse, feust tue dans son lit en la presence de ses enfants par quelques mauvais garnements." VI- DOCUMENTS ANTERIEURS A 1790 RELATIFS A l'HISTOIRE DU GEVAUDAN VOLUME 13 (2 Partie) TOME III - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4089274/f702.item.r=Roujon.zoom

En 1584, la mort de François d’Anjou, duc d’Alençon, dernier frère du roi Henri III, fait de ce dernier l’héritier de la couronne en vertu de la loi salique.
La légitimité d’Henri de Navarre provoque une violente contestation. Il s’ensuit la constitution de la Ligue, ou Sainte Union, menée par les ducs de Guises avec l’aide de l’Espagne, dont l’objectif est le triomphe du catholicisme et le refus d’un souverain hérétique. De ce fait, le pouvoir du roi Henri III est sérieusement menacé.

  • Le service religieux est suspendu dans la paroisse de BANASSAC (48), en 1584, pour cause de « voleries, meurtres, emprisonnements des ecclésiastiques… aucun ne demeure en son édifice ».
  • Etats du gévaudan à Mende du 14 au 19 octobre 1585
    Source : Louis BRUN - http://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr;m=NOTES;f=1585_Mende
  • Au XVIe siècle, les Montbrun acquirent le vieux donjon du château de CASTELBOUC à SAINTE ÉNIMIE (48). De ce dernier, ils ne purent jamais se rendre maîtres. Le 8 juin 1588, les États du Gévaudan, en présence du seigneur évêque, décident de la démolition des fortifications et du donjon afin d'éviter que les calvinistes (adhérant à la théologie réformée) de MEYRUEIS (48), FLORAC (48) et des Cévennes ne s'en emparent et à partir de ce repère ne ravagent le pays.
    Il y avait en réalité deux forts à Castelbouc, dont l'un appartenait à M. de Montbrun et l'autre à Mlle de Calvet. François de Calvet, seigneur de Fontanilles, avait servi vers 1572 dans les rangs de l'armée huguenote. C'est en 1592 que furent effectuées les dernières démolitions. Devenu inaccessible, il est peu à peu complètement tombé en ruine.

Le 12 mai 1588 lors de la Journée des Barricades, la Ville de Paris chasse le roi se décide alors à faire assassiner le duc de Guise et son frère le cardinal de Lorraine. Paris se soulève et le roi, réfugié à Tours, se rapproche du roi de Navarre. Leurs deux armées investissent Paris qui est aux mains des ligueurs. C’est alors qu’un moine ligueur, Jacques Clément assassine le roi Henri III qui, avant de mourir, confirme Henri de Navarre comme son héritier.

  • 1587 - Peste à SÉVÉRAC LE CHÂTEAU :
    17 août 1587 : Testament - Sévérac-le-Château, reçu par Me DELORT Antoine, notaire : " Au nom de dieu [...] que l'an de grace [...] mil cinq cent quatre vingt sept et le dix septiesme jour de moys d'aoust heure de midy [...] dans la ville de Severac le Chasteau en Rouergue et sur publique [d...?] au devant la maison [...] Me Anthoine Miqualet notaire royal de ladite ville [Se Sibons ?] present ledit Miqualet a la fenestre de la chambre dite la chambre rouge lequel dressant ses paroles a moy notaire en presence desdits temoings a dict estre en ses bon sain et parfaite memoire [...] blesse et frappe de la maladie pestifere de contagion tant a raison de laquelle [...] a faict et ordonne son testament [...] Premierement ayant recommande son ame a dieu et pere le fils et le saint esprit a volleu ordonne son corps estre enterre lora qui plaira a dieu luy re[...?]nde son ame au cymetiere dudit severac et au tombeau de ses predecesseurs ou aultre lieu comode [...] en la forme et maniere qu'il les a faicte [...] a feu Maistre Anthoine Miqualet notaire son fils tant pour la comognion des prestres et religieux mentionne en son testament [...] par droit de testament aux pouvres mentionnes de Jesuhas Christ de l'hospital de Severac la somme [.........] A Anthoinette Dumas sa femme [.........] feu Miqualet son fils en faveur de son mariage d'avec Marguerite Bosquete sa femme [.........] a Jehan Miqualet son nepveu fils dudit Mr Anthoine son fils [.........] en testament a faict justifier de sa propre bouche nommer son heritier [s gual ?] Pierre Miqualet son fils [.........] et cas advenant que ledit Jehan Miqualet son petit nepveu [...?] sans enfant de legitime mariage [...] presents Noble Pierre Jonni dict Florentin seigneur d'Ynossca de la ville de Marvejols, Pierre Jullien, Bathelemy Orbama, Jehan Salel soubsignes, Francoys Malmos, Pierre Castung dudit Severac habitants, Jehan Aldebert de Cantalobe [...] n'ayant signe le present a cause de la susdite maladie ...". Sources: Me DELORT Antoine - 3E7508 (31/08/1587 - 18/10/1587) Séquence 6 folio 70-90 - vues 4 à 7/42
    Son fils Anthoine Miqualet est décédé la veille. - Transmit par Eddy ROBERT.

Henri de Navarre devient roi de France sous le nom d’Henri IV. Il hérite d’un royaume ruiné, divisé, partiellement occupé par les Espagnols. Il doit le conquérir. Mais pour être accepté comme roi de France, les royalistes catholiques demandent à Henri de Navarre d’abjurer le protestantisme et Henri IV avait pleinement conscience de ses faiblesses. Pour commencer par conquérir les esprits et son royaume, Henri IV dut déployer un sens politique extrêmement aigu. En mars 1590, la fameuse bataille d’Ivry ouvre la voie au siège de Paris. La reconversion d’Henri IV au catholicisme, à sa religion d'origine, en 1593 et son sacre à Chartres le 27 février 1594 provoquent un grand choc parmi les protestants mais facilitent le ralliement des catholiques Le roi entre triomphalement dans Paris trois semaines après le sacre, le 22 mars 1594.
Henri IV obtient en 1595 l’annulation de son mariage avec Marguerite de Valois qui ne lui avait pas donné d’héritier. Il épouse Marie de Médecis, nièce du grand-duc de Toscane.
Il reste au roi à mettre fin à la Ligue. Pour ce faire, il déclare la guerre à l’Espagne, le 17 janvier 1595.

  • 1591 - Alexandre de Castelnau-Clermont-Lodève, baron de Calmont d’Olt reçoit l’hommage à Saint Côme d’Olt du noble Guion de Bonnafous, seigneur de Roquelaure. 15 décembre, confirmation des privilèges d'ESPALION (12).
  • 1595 - Saccage du château de Calmont d’Olt (12) par des Espalionnais. Goffre, capitaine du château et huit hommes de garnison environ.
  • 1596 - Épidémie de peste.
  • 1597 - Deux habitants d’ESPALION (12) séquestrés au château de Calmont d'Olt.

La paix religieuse : l'Édit de Nantes
C’est à Nantes, le 13 avril 1598, qu’est signé un traité de paix : l'Édit de Nantes qui va permettre de rétablir la paix religieuse dans le Royaume. Le roi impose l’enregistrement de l’édit aux Parlements qui sont réticents. C’est ainsi qu’il s’adresse au Parlement de Paris : « …Je vous prie d’enregistrer l’édit que j’ai accordé à ceux de la religion…je suis roi maintenant et parle en roi et veux être obéi…Faites seulement ce que je vous commande ou plutôt ce dont je vous prie. Vous ne le ferez pas seulement pour moi, mais aussi pour vous et pour le bien de la paix…Il ne faut pas faire de distinction de catholique et de huguenot, mais il faut que tous soient bons Français…Je suis roi et berger qui ne veux répandre le sang de mes brebis, mais les veux rassembler avec douceur et non par force… »
La paix avec l’Espagne est signée le 2 mai 1598 à Vervins en Vermandois, dans l’Aisne, mettant fin à un conflit qui concerne l’Europe entière. Après trois ans de guerre, les Espagnols quittent le royaume. La Bretagne, aux mains du duc de Mercœur, dernier prince ligueur, se soumettra aussi au printemps 1598.
Grâce aux désirs de paix unanime et à cette nouvelle tolérance du culte protestant (dans certaines limites), Henry IV mit fin à plus de deux décennies de guerres de religion.

Henri IV instaure un pouvoir absolu et favorise la reconstruction du Languedoc et du Nord de la France.
MARVEJOLS (48), qui est la seule place forte protestante du Gévaudan, bénéficie alors de certaines garanties financières, juridiques et religieuses.
La statue d'Henri IV trône sur la place du Soubeyran à MARVEJOLS, sculptée par l'artiste Emmanuel Auricoste (à qui l'on doit aussi la statue de la Bête du Gévaudan).

"Pâturage et labourage sont les deux mamelles de la France", "chaque laboureur devrait avoir les moyens d'avoir une poule dans son pot" : telle est sa conception de la prospérité de la France, liée au développement de l'agriculture et de l’élevage. Ce qui a un effet d’entraînement sur toute l’économie (, la naissante industrie...) et le redressement des finances. Le roi autorise la restauration des infrastructures : ponts, routes, canaux. Henri IV entreprend à Paris d’importants travaux d’architecture et d’urbanisme, parmi lesquels ce que l’on a appelé « le grand dessein » qui concerne le Louvre. Malgré tout, la société française reste cependant violente : des soldats congédiés forment des bandes organisées militairement qui écumeront les campagnes jusqu'en 1600

En 1601, Henri IV conduit une expédition contre le duc de Savoie, allié de l’Espagne et gagne notamment la Bresse et le Pays de Gex au traité de Lyon.

Compoix de HURES (48) en 1602 (1 J 262 A. D. de la Lozère) Saubert Sire Jehan MAURIN, fils de feu Antoine Jean MAURIN (x Anne RASCALON), fils de feu Guillaume (+ avant 1598, x Antoinette DIDES) Catherine MAURIN (fille de Guillaume Maurin ?) Les hoirs de Pierre DIDES (frère ou père d'Antoinette x Guillaume MAURIN ?) Jehan VALLAT, bourgeois de Meyrueis Antoine MAURIN, fils de feu Guillaume Jehan MICHEL Catherine BASTIDE, veuve de Jean RUAS Antoine BASTIDE, époux d'Antoinette MAURIN Catherine JOLLIERE, fille de feu Guillaume Guillaume RUAS Les hoirs de Pierre THOMAS, de Meyrueis Christoffe GALTIER Pierre de BROA, époux de Marguerite ALEMAND, de Meyrueis Pierre de LALEMAND, écuyer, sgr de Costéguison Sire Barthélémy VALAT Antoine BOULET, natif de Saubert, habite le lieu des Barbuts Les Hoirs d'Antoine GELY, notaire de Meyrueis Antoine MAURIN, fils de Simon Jehan BRAGIER, époux de Catherine ATGUIER Guille ATGIER

En 1603, Henri IV rappelle les jésuites, bannis depuis 1594, puis il favorise la "renaissance catholique".
Petit à petit, la France est remise en état. La restauration des édifices religieux, vers la fin du XVIe siècle, donne souvent lieu à des modifications non plus romanes mais essentiellement gothiques et facilement identifiables de nos jours. Les clochers sont couramment reconstruits dans un but défensif en prévision d’un retour offensif des protestants (présence de meurtrières dans les murs).

  • En 1607, Simon d'Albignac (1560-1644) utilisa une partie du butin que son père, Pierre III d'Albignac avait confisqué aux troupes protestantes, pour d'étendre le domaine familial en achetant pour 47 400 livres, les terres et les titres de Capluc et de Veyreau à Jean de Tubières-Grimoard, autre descendant par son épouse de la famille de Capluc. Avec cette acquisition, Peyreleau et son château de Triadou devint le siège d'un important domaine.

Dans la noblesse, on note 4 000 morts par duel en 1607, des enlèvements de jeunes filles à marier provoquent des guerres privées où le roi doit intervenir.
Dans la continuité de ses prédécesseurs, Henri IV soutient également l'implantation française en Amérique. Il favorise le projet d'une implantation au Brésil et des expéditions navales en Amérique du Sud. Mais c'est en Nouvelle-France (territoire constitué des colonies d'Acadie, du Canada et de la Louisiane) que les Français parviennent à se fixer durablement. En 1608, Champlain est envoyé, avec François Dupont-Gravé, pour fonder Québec, qui est le réel départ de la colonisation française en Amérique.
En 1610, la production agricole retrouve le niveau qu'elle avait en 1560.

La situation Européenne reste dominée par les conflits, le plus souvent liés à des questions religieuses. L'Espagne, championne du catholicisme, suivie par l'Italie et l'Allemagne du Sud, s'oppose à l'Europe du protestantisme : l'Angleterre, les Provinces-Unies et les principautés protestantes d'Allemagne du Nord.
La France y fait figure d'arbitre et sa puissance militaire est désormais égale, sinon supérieure, à celle des Habsbourg.

Mais les prétendants à la succession du duc Jean-Guillaume de Clèves (décédé le 25 mars 1609) sont nombreux et de religions différentes faisant survenir de nouveaux troubles dans l'empire des Habsbourg d’Autriche et d’Espagne.
Désireux d'empêcher la mainmise de l'Espagne sur ces territoires et d'occuper Bruxelles (où est séquestrée Charlotte de Montmorency, princesse de Condé, dont il est épris), Henri IV intervient dans le conflit de succession et fait alliance avec les princes protestants allemands de l’Union évangélique contre Madrid et Vienne. Cependant, Rodolphe de Habsbourg (empereur de confession catholique) occupe déjà le duché de Juliers (territoire des Habsbourg) en juillet 1609.
En réponse, Henri IV lève une armée de près de 40 000 hommes, prête à reprendre le conflit qui s'était arrêté dix ans plus tôt.

Le déclenchement d'une guerre européenne ne plaît ni au pape, soucieux de la paix entre princes chrétiens, ni aux sujets français, inquiets de leur tranquillité et du retour à une lourde fiscalité.
Ne pouvant accepter une alliance avec des princes protestants contre un souverain catholique, des prêtres ravivent, par leurs sermons, les esprits échauffés des anciens Ligueurs.
Le roi se retrouve donc dans une position fragile par le fait des catholiques, celui les protestants qui cherchent à maintenir leurs privilèges politiques grâce à l'édit de Nantes mais également par un parti qui s'oppose à sa politique au sein même de l'entourage de Marie de Médicis, son épouse.
La campagne militaire devant être lancée le 19 mai 1610, il fait couronner la reine à Saint Denis, le 13 mai 1610 pour asseoir son autorité afin qu'elle puisse exercer le pouvoir en son absence.

Le 14 mai 1610, alors que son carrosse s’est mis au pas dans la rue de la Ferronnerie, la silhouette d'un rouquin au manteau vert surgit à la portière (juste devant l’auberge « Au cœur couronné percé d’une flèche » !) et poignarde le roi à deux ou trois reprises. Transporté au Louvre, Henri IV y meurt quelques instants plus tard.

Longuement soumis à la torture, son assassin : François Ravaillac ne donne aucun nom d'éventuel protagoniste. C'est un charentais de 32 ans qui passe pour mentalement dérangé. Après enquête, il est condamné à mort par le Parlement de Paris au cours d'un procès de dix jours concluant à l'acte isolé (sans complicité) d'un fanatique catholique devant subir le châtiment des régicides.
Son ordonnance d'exécution pour « l'inhumain régicide par lui commis en la personne du Roi Henri quatrième » du 27 mai 1610 précise que le condamné, une fois soumis à la question à quatre reprises puis pénitence faite, doit être conduit en place de Grève où il est destiné à « [être] tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite, qui tenait le couteau avec lequel il a commis ledit régicide, sera brûlée de feu de soufre, et sur les endroits tenaillés, il sera jeté du plomb fondu, de l'huile bouillante, de la poix, de la résine brûlante, de la cire et soufre fondus ensemble. Ensuite, son corps sera tiré et écartelé par quatre chevaux. Les membres de son corps seront consommés au feu, réduits en cendres et jetés au vent ».
François Ravaillac est torturé en place de Grève, durant toute la journée entière du 27 mai 1610 puis écartelé. La foule hystérique disperse ses morceaux dans la ville, le reste de son corps étant brûlé et ses cendres dispersées au vent.

Henri IV est inhumé à Saint Denis le 1er juillet 1610, à l'issue de plusieurs semaines de cérémonies funèbres. Sa disparition plonge l’immense majorité de ses sujets dans une douleur qui est à la mesure du risque qu’elle suscite : celui du retour au désordre et à la guerre.
« Je fais la guerre, je fais l’amour et je bâtis » : ayant su devenir « Henri le Grand » ou le « Bon Roi Henri » pour ses sujets, il incarne un modèle de monarque idéal, amateur de plaisirs (tous ses enfants, légitimes et légitimés, devaient être élevés ensemble) mais soucieux avant tout des affaires de l'État. Henry IV demeure dans l'histoire de France un personnage à mi-chemin du mythe et de la réalité, dont le courage dans l’adversité deviendra légendaire.

La Réforme protestante, qui dénonce le culte des reliques comme une fausse piété, la perte de crédibilité du fait d’un afflux massif des Coquillards (faux pèlerins) et plus tard au XVIIe les troupes révolutionnaires sont à l’origine d’un déclin continu de la fréquentation des Chemins de St Jacques qui vont sommeiller jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle.

http://www.museeprotestant.org/notice/henri-iv-1553-1610/?parc=14506

 6.20.1 - Etats du gévaudan à Mende du 28 novembre au 1er décembre 1606

Source : Louis BRUN - http://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr;m=NOTES;f=1606_Mende

 6.20.2 - Etats du gévaudan à Marvejols le 13 mai 1608

Source : Louis BRUN - http://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr;m=NOTES;f=1608_Marvejols

 6.21 - Mariage entre cousins / Degré de consanguinité

Mariage civil : une cousine peut se marier civilement avec un cousin éloigné dans de nombreux pays, dont la France.

Mariage religieux : selon le droit canon de l'Église catholique romaine, la dispense d'un évêque est nécessaire pour un mariage consanguin si les deux personnes sont cousines d'un degré inférieur ou égal à quatre selon le décompte du degré de consanguinité de l'église catholique, mais seul le pape peut accorder une dispense pour les mariages entre cousins germains.

La consanguinité entre deux personnes se calcule à partir de leurs liens de parenté. Entre frères et soeurs, elle est de 25%, ce qui est important, et est de 6.25% entre cousins germains.

En droit canon, le degré de parenté s'exprime en une seule donnée si les personnes intéressées appartiennent à la même génération (ex. "liées au quatrième degré"), en deux s'ils appartiennent à des générations différentes ("du trois au quatre"). Ces données expriment le nombre de générations qui séparent chaque personne de l'ancêtre commun. Ainsi,

  • Frères et soeurs ou frères et soeurs germains sont liés au 1er degré, de la même mère et du même père ;
  • Frères et soeurs consanguins : ont le même père mais pas la même mère ;
  • Frères et soeurs utérins : ont la même mère mais pas le même père ;
  • Cousins et cousines germains sont liés au 2e degré ;
  • Cousins et cousines issus de germain au 3e degré. Par exemple, la constatation d'une consanguinité au quatrième degré signifie que les époux ont un arrière-grand-père ou une arrière-grand-mère commun.

Dans le système actuel de droit civil français, le degré de parenté constate le nombre d'intermédiaires séparant deux personnes en remontant à l'ancêtre commun puis en redescendant jusqu'à l'autre.

  • Des cousins germains, sont deux individus dont le père ou la mère de l'un est frère ou sœur avec le père ou la mère de l'autre, ils ont donc au moins un grand-père ou une grand-mère en commun, soit un lien de parenté au quatrième degré.
  • Des cousins issus de germains (issus de deux cousins germains) désigne deux cousins qui ont un bisaïeul en commun, arrière-grand-père ou arrière-grand-mère. Ils sont donc parents au sixième degré.

Les mariages entre frère et sœur sont, quant à eux, interdits que ce soit par l’Église catholique et par le code civil français et ce, même en cas d'adoption.

Vocabulaire apparenté :

  • Père,
  • Aïeul = grand-père,
  • Bisaïeul = arrière-grand-père (1 arrière)
  • Trisaïeul = arrière-arrière-grand-père (2 arrières)
  • Quadrisaïeul = arrière-arrière-arrière-grand-père (3 arrières)
  • Quinquisaïeul = arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père (4 arrières)
  • Parâtre : beau-père
  • Marâtre : belle-mère
  • Molher : épouse de, du latin : mullier eris, en espagnol : mujer, en anglais : mother, en rouergat classique : molhèr.
  • Recedo : lettre ou certificat de recedo, de "congé" ou de "remise". Lorsque les conjoints sont de deux paroisses différentes, le curé de l'une (généralement de la paroisse du futur époux) adressait un courrier au curé de l'autre paroisse indiquant ainsi qu'il n'y avait pas d'empêchement (de consanguinité...) et que le mariage pouvait se faire. Il faisait mémoire de ce courrier dans ses registres. Le curé de l'autre paroisse (généralement la paroisse de la future épouse) célébrait le mariage et celui-ci était ainsi inscrit dans les registres des deux paroisses.

La reconstitution des généalogies met en évidence des mariages consanguins dans la plupart des familles qui illustrent la complexité et la richesse des liens de parenté.

  • Vers 1667, Guillaume CHAPTAL (ca 1620-1710), fils de Jacques CHAPTAL & Isabeau OZIOL de BADAROUX (48), épouse sa nièce Jeanne BRAJON, fille d'Etienne BRAJON 1609-1684 & Marguerite CHAPTAL (sœur de Guillaume CHAPTAL).
    Le couple sera les arrières Grands Parents de Jean Antoine CHAPTAL (né à NOJARET (48) en 1756, décédé à PARIS en 1832 & inhumé au Père Lachaise) : grand chimiste français, concepteur de la Chaptalisation, Ministre de l'Intérieur de 1801 à 1804, sous Napoléon Bonaparte, Grand Officier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur...
  • Jeanne GAZAGNES épouse Louis DU BRUEL en 1669 à CHANAC (48) avec une Dispense du 4ème degré de consanguinité.
  • Jean BRUNEL Maître Blancher (tanneur) & Marchand Pelletier à CHANAC (48) se marie le 14 février 1670 à CHANAC (48) avec Jeanne BLANC avec une dispense du 4ème degré de consanguinité accordée par Monseigneur l’Évêque de Mende (son épouse décède 10 mois après, le 7/12/1670).
  • Albert LEYNADIER & Catherine PARADAN se marient le 7 janvier 1677 à CHANAC (48) avec une dispense du quatrième degré de consanguinité obtenue par Monseigneur l’Évêque de Mende.
  • Liger PARADAN Bailli en 1677-82 & Docteur en Droit en 1682-87 à CHANAC (48), épouse, le 1/09/1682, Catherine GABAUD, fille de Pierre, Marchand et Premier Consul de CHANAC (48) et Suzanne DOLSAN. Le couple se marie avec une dispense du 3ème degré d'affinité obtenue du Pape Innocent XI.
  • Jean SEGUIN de SOULAGES - SOLATGES en patois local - ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48), épouse Marguerite POURQUIER de LA PIGUIÈRE - ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48), le 27 septembre 1683, avec une dispense du 4ème degré de consanguinité accordée par Monseigneur de Mende.
  • Antoine COSTECALDE né vers 1661 épouse Marguerite BADAROUX née vers 1651, le 31 mai 1685 à ST PRÉJET DU TARN (48) après avoir obtenu une dispense de Monseigneur de Mende, s'étant trouvés parents du troisième au quatrième degré de parenté.
  • Jacques GAL se marie le 26/11/1690 à HURES LA PARADE (48) avec Antoinette LAPEYRE sous une dispense du 4ème de degré de parenté.
  • Antoinette ROUVELET se marie le 27 janvier 1693 à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48) avec Antoine FLOUROU sous une dispense du 4eme degré de consanguinité.
  • Antoine GAL se marie le 20/11/1698 à HURES LA PARADE (48) avec Marie FLAVIER, tous deux de DRIGAS, HURES, avec une dispense du 4ème degré de parenté.
  • Jacques MONESTIER bourgeois de RAUZAS, LAVAL DU TARN (48), se marie le 21 février 1718 avec Marie COMITIS des PERRIÈRES, LAVAL DU TARN, sous une dispense de consanguinité du troisième au quatrième degré.
  • Joseph TRANCHARD épouse Antoinette TRANCHARD en octobre 1723, à LA CAPELLE (48) : "Étant liés par un degré de consanguinité au second degré (cousins ou cousins germains entre eux), ils ont obtenu, pour pouvoir se marier, une dispense du Saint Père le Pape Innocent XIII." Le Curé Comte décrit le parchemin venu de Rome : collé d'un sceau rouge, couvert d'un papier en coeur, signé de plusieurs seings : contrôlé à Lyon et à Mende.
  • Louis MALAFOSSE marié le 22/04/1727 à Elisabeth BOISSONNADE fille de feu noble Isaac-Silvestre Boissonade, baillif d'Auxillac et de Louise de Sales : l'empêchement d'affinités qui se trouve au troisième degré de parenté a été levé par dispense délivrée par SS le Pape Benoît XIII - Source : Antoine Maurin.
  • Antoine PRADEILLES et Claudine MALAVAL se marient le 5 février 1731 à LAVAL DU TARN (48) avec une dispense du 4ème degré de consanguinité.
  • Antoine FAGES épouse Jeanne GACHES le 1er juin 1733, LAVAL DU TARN (48) avec une dispense du 3ème degré de parenté.
  • Antoine DELTOUR et Antoinette COULOMB s'épousent le 9 juillet 1733 au VILLARD (48) sous une dispense du 4eme degré de consanguinité obtenue de Msg l’Évêque de Mende.
  • Pierre BADAROUX se marie le 2 mars 1734 à LAVAL DU TARN (48) avec Marguerite BERGOGNE avec une dispense du quatrième degré de parenté signé de Mgr l’Évêque de Mende.
  • Marie JOURDAN se marie le 10 juin 1738 à CHANAC (48) avec Jean VIDAL sous une dispense du 3me degré d'affinité.
  • Pierre Jean TREMOLET et Marguerite BOISSET se marient le 4/02/1739 à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48) avec une dispense du 4ème degré de consanguinité.
  • Louis MALAFOSSE se marié le 20 août 1739 au VILLARD (48) avec Catherine BONNEFOUS avec une dispense du quatrième degré de consanguinité.
  • Etienne MALET des SALELLES (48) épouse Marianne ROUJON de FOURNENS à ST BONNET DE CHIRAC (48), le 17 février 1744 avec une dispense du 4ème degré de consanguinité par Monseigneur l'évêque de Mende : Pierre MALET ca 1638-1718 était l'arrière Grand Père d'Etienne MALET par son 1er mariage et le Grand Père de Marianne Roujon par son 2ème mariage.
  • Guillaume BONNENFANT épouse Anne MALAFOSSE le 15 février 1746 à CHANAC (48), sous une dispense de 4ème degré, obtenue de Monseigneur l'évêque de Mende.
  • Joseph VIEILLEDENT et Claudine DIDES se marient le 10 janvier 1752 à LAVAL DU TARN (48) avec une dispense du lien de parenté du 4ème degré du côté du fiancé et du 5ème du côté de la fiancée.
  • Claudine BONNEMAIRE se marie le 26 février 1753 à LAVAL DU TARN (48) avec Jean GACHES sous une dispense du 3ème degré de consanguinité.
  • Pierre BONNEMAIRE se marie le 3 février 1761 à LAVAL DU TARN (48) avec Claudine BAZALGUETTE sous une dispense du 3ème au 4ème degré de consanguinité.
  • Jean Antoine PRADEILLES se marie le 5 mars 1764 à LAVAL DU TARN (48) avec Marie POUJOL sous une dispense de consanguinité.
  • Raymond MEJAN et Marguerite TRANCHARD mariés le 11 juin 1767 à CHANAC (48), furent averties qu'ils étaient parents au 4ème degré de consanguinité et devaient demander une dispense à Monseigneur l'Evêque.
  • Jean Baptiste IMBERT de TRÉLANS (48) épouse sa cousine Marie Angélique REVERSAT de ST PIERRE DE NOGARET(48), en 1810.
  • Jeanne MALAFOSSE née en 1783 et Etienne CAUSSIGNAC, dit Malet né en 1770 se marient le 13 décembre 1810 à CHANAC en bénéficiant d'une dispense du 3ème degré de consanguinité de Monseigneur l'Evêque de Mende.
  • Jean Louis Camile PUEL né en 1862 à LA FAGETTE (48), fils de Jean Louis PUEL & Rose Alexandrine CAUSSE, épouse en 1895 sa cousine germaine Marie Constance CAUSSE née à Peyrot, CAMPAGNAC (12) en 1868, fille de Pierre Antoine CAUSSE & Alexandrine Mélanie GROUSSET. Rose Alexandrine décèdera en 1902 après avoir mis au monde son 3me enfant dont les 2 derniers étaient des enfants "morts nés".
  • En 1902, Léopold Armand Marie ROUJON (1876-1951), fils d'Antoine Maurice ROUJON & Marie Nathalie MAURY, épouse sa nièce Zélie Etienette Marie SEGUIN (1882-1953), fille d'Etienne Prosper Frédéric SEGUIN & Marie Amicie Rosine ROUJON (soeur de Léopold ROUJON), à ST GEORGES DE LÉVÉJAC, avec l'autorisation du Président de la République, M. Émile LOUBET. Le couple aura 14 enfants.

 7 - 1611-1792 - Le Grand Siècle

Au XVIIe siècle, les sonneries des cloches de la capitale produisaient un tel tintamarre pour sonner les angélus, que Louis XIII, qui habitait au Louvre au centre de PARIS (75), promulgua une loi pour synchroniser les heures des sonneries des offices dans toutes les églises.

Pierre MONESTIER de ST GENIEZ D'OLT (12), "fils à feu Pierre, avoist este murtri pres Roudez allant à foyre de la demy caresme le 13 et feust apporte à St Geniez le 14 de soyr.", il sera inhumé le 15 mars 1611 à ST ROME DE DOLAN (48)

 7.1 - CATHÉCHISME à SÉVERAC DEL CASTÈL (en occitan rouergat) vers 1640

Las craisenses del Sant ? -Cal vos a creat et mes al monde ? - Dieus - Per que fa ? - Per lou connaisse, per loima, per lou servy, et per craire toutes oquelles et oquels que nous ensigneront de pla faire per anar un jour dins lo paradis - Toutes lous homes et los fames anaran un jour dins lo paradis ? - Non pas - Quines sont oqueles quy y anaron ? - Oqueles que viouront et mouriront en bons chrestiens - Quantes causes sont necessaries per viure et mourir en bons chrestiens ? - Quatre - Digatz lous - Craire, fa ...almenda ? et resaupre - Quantos Dieus y a en ...? - Ques aco Dieus? - Un esprit infini que renplis le cel et la tere et los homes et los anges et tout co ques dins oqueste monde - Dieus es dins le paradis ? - Ope - Que fa dins le paradis ? - Que reconpanse de sa glorie oqueles asmes que son mortes en sa gracie - Dieus es dins le purgatoiry ? - Ope - Que fa dins le purgatoiry ? - Que punis per un tens oqueles asmes que son mortes en sa gracie et navian pas fait lantiere penitence per anar tout dret en paradi - Dieus es dins lenfer ? - Ope - Que fa dins lenfair ? - Que punis per un tens oqueles asmes que son mortes dins un malurous estat de pecat mortal - Dieus es dins lou monde ? - Ope - Que fa dins lou monde ? - Que nous done la gracie, la vida ; la sentat et tout co que nous es necessary - Quantas persones y a en Dieus ? - Tres - Qinas ? - Le Paire, le Fis et le Sainct Esprit - Le Paire es Dieus ? - Ope - Le Fils es Dieus ? - Ope - Le Sainct Esprit es Dieus ? - Ope - Y a donc tres Dieus ? - Non pas - Per que ? - Per ce que oqueles tres persones nan que soule et mesme divinitat - Come lous opelatz oqueles tres persones ? - La Sante Trinitat - Ques aco la Sante Trinitat ? Sante Catarine ? - Non pas. Aco es un Dieus en tres persones - Quinas doqueles tres persones ses fait home ? - La seconde que es lou fils - Qua fait lou fils per se fa home ? - Que pres on cors et une asme dins le vaintre sacrat de la Glorieuze Vierge Marie per lopertion del Sainct Esprit - Per que - Per nous rachata - Nous erens vendutz ? - Ope - Quy nous avie vendutz ? - Nostre premier paire - Per que ? - Per une pome - Ere bone ? - Ere bone et mauvaize. Ere bone de le maniere. Et mauvaize per ce que ere deffendude - Que fait may lou fils de Dieus perb nous rachasta ? - Ques nasqut dins un estable, que patit toute sa vide et es mort sur une crous - Coussy sopelle la seconde persone de la Saincte Trinitat ? - Jesus Christ - Ques aco Jesus Christ ? - Es Dieus et home tout ensenble - Ont es are Jesus Christ ? - Dins le Cel et al Sainct Sacramaint de lauta - Ay de po dins lhostie quant le Capela la leve ? - Non pas - Ques aco que y a ? - La resenblance del po - La mesme coulou ; la mesme grandou et la mesme quavie davant que fosesse consacrade - Quantes causes y a dins Lhowtie Sacrada - Dos - Quines ? - Jesus Christ que ly cresens et non ly vesains pas et la resenblance del po que ly vaisens que ly toucan et que ly goustan - En qin estat es Jesus dins la Saincte Hostie ? - Tout vif en cors et en asme glorieuse come es dins lou paradis - Ay differance entre le Crusus ? et la Sainte Hostie ? - Grande per co que le crusif ? es la resenblance de Jesus Christ et la Sante Hostie es Jesus Christ mesme - La Saincte Trinitat es dins la Sante Hostie ? - Ope - Le Pare y es ? - Ope - Y anbe lo corps ? - Non pas - Le fis y es ? - Ope - Y es en bas ?
Archives paroissiales de Sévérac le Château - Cercle Généalogique du Sud-Aveyron

Les limites administratives : les structures administratives de l'Ancien régime sont complexes. A la fin du XVIIIe siècle, Quercy et Rouergue sont réunis au sein de l'Assemblée provinciale de Haute-Guyenne, dont le siège est à VILLEFRANCHE DE ROUERGUE, ce qui ne manque pas de déplaire aux Quercinois.
Lentillac, par exemple, appartient alors à la subdélégation de Gourdon de la généralité de Montauban (administration générale), à la sénéchaussée de Cahors (administration judiciaire) et à l'élection de Figeac (administration fiscale). De plus, les limites territoriales de la communauté ne correspondent pas à celles des paroisses.

 7.2 - Etats du gévaudan à Mende du 7 au 11 Mars 1619

Charles, évêque, président, Noble François de Molette, seigneur de Morangiès et de la Garde-Guérin, commissaire principal, Guillaume Dumazel, seigneur du Pivol et de Rimeize, bailli de Gévaudan, De Fumel, syndic.

MM. de l'église :
André de Chanoilhet, chanoine, vicaire général, frère Pierre Pegorier, pour M.d'Aubrac, Antoine de Chanoilhet, pour M. de Langogne, Aldebert Aldin, pour M. de Palhers, Jean Dejean, avocat au baillage pour M. de Saint-Jean.

MM. de la noblesse :
noble Antoine Despinasso, seigneur de Salelles, pour le baron de Cénaret, Jean Michel, pour le baron d'Apchier, Antoine Aldin, fondé de pouvoirs de M. de Tholet, et noble Alexandre de Pastorel, fondé de pouvoirs de M. de Lafaurie, pour le baron de Peyre, noble Henri de Saint-Preject, bailli du baron de Randin, noble de Pastorel, bailli du baron de Florac, Langlade, juge de la ville de Saugues, pour le baron de Mercoeur, noble Retz de Bressolles, seigneur de Servières, noble Pierre de Rochemeure, seigneur de Fraisse, pour M. d'Allenc, Pascal Gaude, pour M.de Montauroux, noble Gabriel de Robert, seigneur des Azagats, pour M. de Saint-Alban, noble Nicolas de Gibertes, seigneur d'Aubenas, pour M. de Montrodat, Guillaume Bardon, pour M. de Mirandol, noble Claude de Brunenc, pour M. de Séverac, noble Philibert de Tisan de Siras, pour M. de Barre, Adam de Gibrat, pour M. de Gabriac, noble J.-J de Columb, pour M.de Portes, André Bayssenc, docteur en droit, pour M. d'Arpajon, Claude de Canata, pour les consuls de la Garde-Guérin

MM. du tiers état :
Pierre Brun, seigneur du Breuil, bourgeois; Etienne Velai, bouegeois; et Arnal Sabatier, marchand, consuls de Mende, Jacques Molin, docteur en droit, consul de Marvejols, Jean Breuil, marchand, consul de Chirac, Gilbert Martin, bourgeois, consul de la Canourgue, Jean Raoul, praticien, consul de Saint-Chély, Médard Julien, notaire, consul de Saugues, Médard Gibilin, bourgeois, consul du Malzieu, Jean Boniol, bourgeois, consul de Florac, Tristan Grégoire, notaire royal, dépté d'Ispagnhac, Jean de Pagésy, consul de Sainte-Enymie, Jean Cayroche, consul de Châteauneuf, Pierre Pépin, docteur en droits, consul de Serverette, David Delapierre, consul de Saint-Etienne Val-Francesque, Charles Bonnefille, consul de Langogne, Pierre Parlier, consul de Barre, Claude Crozet, syndic de Saint-Alban, Jean Reversat, notaire et procureur de Nogaret.
Source : Louis BRUN - http://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr;m=NOTES;f=1619_Mende

  • 1621 - Alexandre de Castelnau Clermont, baron de Calmont d’Olt assassiné à ESPALION (12)
  • 1624 - Le comte d’Apcher s’empare du château de Calmont d'Olt (ESPALION - 12)

 7.3 - Etats du gévaudan à Marvejols du 17 au 20 septembre 1625

Louis XIII Roi, Daniel du Plessis de la Mothe Haudancout Evêque, Jacques Dumas, Vicaire Général, président. Le Marquis de Portes, etc, lieutenant pour sa majesté au pays de Gévaudan. Noble François de Molette, seigneur de Morangiès, commissaire principal, De Fumel, Syndyc.

MM. de l'église :
Pierre Enfruc, docteur en droit canon, Pierre Perogier, docteur en théologie pour M. d'Aubrac, Jacques de Brugeyron, pour M. de Sainte-Enymie, Jean Julien, lieutenant de Justice, pour M. de Langogne, Etienne de Colombet, docteur et avocat, pour M. des Chambons, Aldebert Aldin, pour M. de Palhers

MM. de la noblesse :
noble Pierre Daran de Lacondamine, baron de Peyre, Jacques Langlade, seigneur de la Fargette, juge au baillage de Saugues, pour le baron d'Apchier, noble François de Peyrebesses, seigneur de Clastrebasses, pour le baron de Cénaret, Jean Borrely, seigneur de Salesses pour le baron du Tournel, noble Pierre de Bressolles, seigneur de la Bessière, pour le baron de Randon, noble Pierre de Brugeiron, pour le baron de Mercoeur, noble Antoine de Nugiez seigneur de Laroche, pour le baron de Canilhac, noble Pierre de Rochemeure, pour M. d'Allenc, Jacques Clanel, seigneur du Monteil, pour M. de Montauroux, noble Louis Adam de Robert, pour M. de Saint-Alban, noble Claude de Gibertes, seigneur de Montrodat, Guillaume Bardon, pour M. de Mirandol, noble Philippe de Tizan, seigneur de Barre, noble Claude de Chapelain, seigneur du Cros, pour M. de Gabriac, noble Jean-Jacques de Columb, pour M. de Portes, noble Claude de Bressolles, seigneur de Servières, Nicolas Cailar, docteur en droits, pour M. d'Arpajon, Claude de Canata, pour les consuls de la Garde-Guérin.

MM. du tiers état :
noble Claude de Lestang, seigneur de la Loubière, Pierre Julian et Jean Ricon, consuls de Mende ; Pierre Jalquet, notaire royal, Pierre Libourel, praticien et Pierre Armand, consuls de Marvejols ; Pierre Monteils, consul de Chirac, Jean Reynier Retrun, consul de la Canourgue, Antoine Bonnet, consul de Saint-Chely, Etienne Julien, consul de Saugues, Guillaume Bony, consul du Malzieu, noble David Michel, seigneur de Colas, consul de Florac, Mathieu Jassin, consul d'Ispagnhac, noble André de Fumel, seigneur de Fraissinet, consul de Sainte-Enymie, Jean Grasset, consul de Châteauneuf, Pierre Pépin, docteur en droit, consul de Serverette, Martin Merle, notaire royal, consul de Langogne, Antoine Dugonier, écuyer, consul de la viguerie de Portes, Jean Gineste, notaire royal, consul de Barre, Sire Etienne Fargon, consul de Saint-Alban
Source : Louis BRUN - http://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr;m=NOTES;f=1625_Marvejols

 7.4 - 1628-1643 - La peste, une vieille « compagne » de SAUVETERRE DE ROUERGUE (12)

A SAUVETERRE DE ROUERGUE (12), la promiscuité de la bastide tue ; Le mal est endémique.
En 1628, le bilan de la peste est terrible : 800 morts, selon Pierre de Buisson, soit plus de la moitié de la population. Il n’est pas de famille épargnée.
« Le venin était si pestiféré qu’il ne demeura de sain que six personnes, deux couples de mariés et deux femmes sans point d’enfants ». La fraternité des prêtres est décimée : « de vingt-cinq qui restèrent dans la ville, vingt-quatre moururent ». La coutellerie alors en sursis se trouve, en 1630, réduite à cinq artisans. Les autres corporations : chapellerie, cordonnerie, sont durement touchées.
A la peste succède la famine. C’est le cycle connu, suscité par le manque de bras, les terres non travaillées pendant l’épidémie, les conditions climatiques toujours défavorables. En l’an 1631, rapporte Pierre de Buisson, « la plupart des pauvres étaient contraints de manger des racines, de la fougère, les orties et autres herbes sauvages… » Mais c'était sans savoir encore qu'ils allaient subir une plus grande famine encore en 1635.

Après avoir été incendiée par les Huguenots, l'Église d'Esclanèdes fut reconstruite en 1630, conformément au modèle médiéval des églises rurales. La sacristie sera rajoutée en 1721, suivie du presbytère.

 7.5 - 1630 - Le château de la Baume, le petit Versailles du Gévaudan

Après la disparition de leur nid d'aigle (Château de Peyre à PRINSUÉJOULS - 48) par l'armée royale, les seigneurs de la terre de Peyre vont utiliser d'autres lieux de résidence plus agréables à vivre.
Ils vont faire construire un château dans les hautes terres situées à la limite de l'Aubrac à 1 200 mètres d'altitude, le plus élevé de France encore aujourd'hui : le château de la Baume (ou Beaume) à PRINSUÉJOULS (48). Connu sous le surnom de « le petit Versailles du Gévaudan » en raison de son mobilier semblable à celui du château du Roi Soleil, ce château médiéval érigé à partir de 1630-1635, est transformé en château résidentiel qui prend sa réelle dimension en 1710, sous la direction d'Antoine de Grolée (ou Grollée), baron de Peyre et lieutenant-général de Louis XIV pour le Languedoc, dit « le Grand César de Peyre ».
C'est un bel édifice de granit, imposant et assez austère avec ses toits d’origine, pointus en lauzes, à la vaste façade accueillante, percée de nombreuses fenêtres.
La seconde partie, construite au sud du premier bâtiment par son fils César de Grolée, fut achevée en 1714 ; elle présente une longue façade agrémentée d’une terrasse donnant sur un parc ombragé et un étang. L’intérieur du château abrite des boiseries peintes et dorées à la feuille, de superbes parquets, des lits à courtines, des bahuts, des armures, des tapisseries représentant des scènes mythologiques, des tableaux et de magnifiques cheminées et escaliers.
Petit musée d’Emmanuel de Las Cases, le Mémorialiste de Napoléon : Une petite pièce du château abrite le seul musée consacré à Emmanuel de Las Cases, célèbre auteur du « Mémorial de Sainte-Hélène ». Sur les murs et dans des vitrines, ont été rassemblés différents souvenirs de son séjour et de celui de son fils, en exil avec Napoléon de fin 1815 au 31 décembre1816.
Le château est ensuite acheté en 1858 acheté à Mme du Plessis-Châtillon, héritière des de Grolée de Peyre, par le Sénateur de l’Aveyron, Casimir Meyran (ou Mayrand), originaire d'Espalion (Aveyron), au XIXe siècle, qui lui redonna toute sa splendeur du temps du Grand César. Il l’a transmis à sa fille Marguerite qui avait épousé, le 8 juillet 1880, à Paris VIII°, Emmanuel de Las Cases, le fils d’Auguste et de Cécile Robin qui le transforma et le meubla. Il est resté dans la famille jusqu’à ce jour. À noter que l'épouse d'Emmanuel de Las Cases n'est autre que la sœur aînée de Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République. Ce fleuron du patrimoine lozérien, en partie classé peut se visiter en juillet/août et sur rendez-vous toute l’année. Cette famille donna à la Lozère d'illustres sénateurs dont Emmanuel de Las Cases 1854-1934.

  • 1628-1632 - SAINT AFFRIQUE (12), ville forte des protestants, résiste victorieusement au siège de l'armée du prince de Condé, en 1628, mais ses fortifications sont abattues, en 1632, sur ordre de Richelieu.

 7.6 - 1643 - La révolte des croquants

Les malheurs se poursuivirent et n'en finissent pas à SAUVETERRE DE ROUERGUE (12) et ses environs, sur le Causse du Ségala. Cette fois-ci, c'est la révolte des Croquants, motivée par le poids excessif de la fiscalité : le peuple des campagnes se soulève en août 1643.
Associé aux pertes humaines dues à la peste et aux famines, la cité ne retrouvera qu'un semblant de stabilité démographique, d’une génération plus tard. Mais la barre des mille habitants, dépassée au XVIe siècle, ne sera plus jamais atteinte. De l’état que livrent les consuls de 1670, on retient surtout, outre les « cent quatre vingt feux » dénombrés, le nombre important de « biens vacants » et de « maisons ruinées ».

Les villages voisins de CASTELNAU, BOUSSAC, COLOMBIÈS, fournissent de forts contingents aux insurgés. Le 2 juin, plus d'un millier de croquants entre dans VILLEFRANCHE. En juillet, ils contraignent l’intendant à ramener les tailles à leur niveau de 1618 et exigent l’amnistie générale. Mais les chefs sont bientôt arrêtés par les troupes royales. Le 20 septembre, cinq mille croquants du Ségala assiègent à nouveau VILLEFRANCHE. Devant le retour des troupes, les insurgés se dispersent. Le 8 octobre, les chefs emblématiques de la révolte sont roués vifs. La rébellion est matée, mais ses causes demeurent.

Cf. : http://www.zictrad.free.fr/Provence... http://www.gauchemip.org/spip.php?article4470 ;

25/03/1646 - ÉTATS DU GÉVAUDAN - En la ville de Mende et devant la porte de la maison de Mr Me Jean ROUX, conseiller du Roy, et receveur des tailles du diocèse, s'est présenté Me Nicolas CAYLAR docteur en droit, syndic du pays de Gévaudan, qui a exposé que par ordre de sa Majesté les états particuliers de ce diocèse se doivent tenir en la ville de Chanac la présente année 1646. Guillaume CHIRAC notaire.
Source : http://www.lozere-histoire-genealogie.com/travaux/download/379.pdf - Notaire Marc CHIRAC de Chanac, 3E3921 et Côte 3E3922 - 6436, de 1665 à 1670

 7.7 - Le Traité de Münster (janvier 1648) & Traités de Westphalie

Les Traités de Westphalie, vu leur importance, ont été au centre de nombreuses querelles institutionnelles, juridiques et mémorielles, tant en France qu'en Allemagne. Ainsi, dès les années 1920, les théoriciens du nazisme ont souhaité mettre à bas les dispositions des traités. Il a fallut attendre le XVIIe siècle pour que des traités posent des délimitations de nos frontières françaises plus claires. Les traités de Westphalie de 1648 concluant la guerre de Trente Ans marquent de ce point de vue une étape fondamentale puisque le principe de reconnaissance mutuelle entre des États-nations souverains fonde désormais l’ordre européen. Et, face à chaque tentative hégémonique, se nouent des systèmes provisoires de contre-alliances redéfinissant les équilibres et les frontières.

Laissés la bride sur le cou après la Fronde (1648–1653), les notables auvergnats faisaient régner sur la population une tyrannie atroce dont les victimes ne pouvaient se plaindre qu’aux coupables eux-mêmes.

  • 29 octobre 1649 - Le Vicomte d'Arpajon s’empare du château de Calmont d'Olt à ESPALION (12) sans combat.
  • On retrouve dès 1650, les De Canillac (Canilhac) engagés en nombre dans la Fronde des Princes, qui tentaient de barrer la route du trône effectif au jeune roi Louis XIV.
    Certains, comme la famille Canillac (ou Canilhac), se distinguèrent même par leur sadisme : échappant à toute justice, ils étaient insaisissables : ils maltraitaient les paysans les rançonnaient, les tuaient, les violaient, les torturaient. La liste des exactions de ces notables pourris est interminable : sur toute la région, tout était entre leurs mains, ils se répartissaient même l’aumône des pauvres au détriment des « véritables pauvres réduits à la mendicité ». Couverte par les officiers de justice, la noblesse locale faisait ce qu’elle voulait en toute impunité.
    Mais le Roi Soleil n'était pas du genre à oublier ses véritables ennemis ! Ces familles du Languedoc et de l'Auvergne trouvèrent bientôt un nouveau leader en la personne de Nicolas Fouquet, Surintendant des Finances du roi, qui préparait un complot pour un éventuel soulèvement contre Louis XIV.

¤ En 1650, l'archevêque James Hussler calcule que la création du monde avait eu lieu en 4 004 avant Jésus-Christ.

  • 1652 - Compoix de ST GEORGES DE LÉVÉJAC, fol. 60 (1652). Guillaume BARNIER possède « maison, chambre, estables, bassecourt, cisterne, four, petite estable à pourceaux, petit jardin, petit pred complanté de fruictiers ». Papier, 42x28 cm. Arch. Dép. Lozère, E-dépôt 154 CC1, cliché N. Mercier. Source : François GUICHARD

États du gévaudan à MARVEJOLS du 15 mai 1656
Louis XIV Roi, Messire Pierre Esparbier, Vicaire Général, président. Messire Pierre Esparbier, commissaire principal, Messire le comte d'Entraigues, bailli, Etienne Chevalier, Syndyc.
MM. de l'église :
Elie Chevalier, baile et député du chapitre, Jean Barlié, sacristain, pour M. d'Aubrac, Jean de Requoles, docteur en théologie, pour M. de Palhers, Pierre Montet, docteur en théologie, pour M. de Saint-Jean

MM. de la noblesse :
noble Charles de Rivière, seigneur de Villeneuve, pour le baron de Randon, noble Jean de RIgat, pour le baron de Florac, noble André de Retz de Bressolles, pour le baron de Canilhac, Vidal Michel, lieutenant de justice, pour le baron d'Apchier, Antoine Moure, seigneur de Préviala, pour le baron de Peyre, noble Marc de Sales, pour le baron de Cénaret, noble Adam de Pelamourgue, pour M. d'Allenc, Jean Chevalier, pour M. de Montauroux, Antoine Aldin, pour M. de Saint-Alban, noble François de Pelamourgue, pour M. de Montrodat, noble Borrel de Chanolhet, baron de Lagrange, pour M. de Mirandol, Antoine Baumel, pour M. de Barrel, Jean Rochebaron, pour M. de Gabriac, Jean Michel, pour M. de Portes, Urbain de Retz, seigneur de Servières, noble André de Salles, pour M. d' Arpajon, Jean Rodes Castaing, pour les consuls de la Garde-Guérin

MM. du tiers état :
noble Louis de Retz, seigneur de Villeneuve, Gilbert Cladel et Jean Cruvelier, bourgeois, consuls de Mende, Jean Jalquet, consul de Marvejols, Jean Boissonnade, consul de Chirac, Antoine Mounié, consul de La Canourgue, François Rampan, consul de Saint Chély, François Gérauson, consul de Saugues, Jacques Imbert, consul du Malzieu, Jean Fort, consul d'Ispagnhac, Pierre Combes, consul de Sainte Enymie, Jean Roux, notaire royal, consul de Langogne, Christophe Privat, régent de la viguerie de Portes Claude Compang, député de Barre, Jean Enjalvin, consul de Saint Alban, Pierre Reversat, notaire, député de Nogaret
Source : Louis BRUN - http://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr;m=NOTES;f=1656_Marvejols

Les états généraux de Languedoc ordonnent la démolition entre 1653 et 1656 du château de Montjézieu à LA CANOURGUE (48) qui ne doit pas pouvoir servir de refuge aux protestants. Néanmoins, pour une raison inconnue, l'ordre ne sera pas appliqué, contrairement à beaucoup de châteaux de la région.

  • En 1658, une terrible épidémie de Peste ravage ESPALION (12) ; St Joseph sensé protéger la cité devint un ex-voto.

Patrimoine :

  • Fondation tardive d'une petite chapelle rurale à LA TIEULE (48), en 1654. Ses vestiges subsistent à côté de l'église actuelle.
    [[[A vérifier]]] : Pierre LADET (époux de Jeanne BORREL) est ARCHIDIACRE de l'église cathédrale de Mirepoix (1661?)
    En 1664 a fondé la chapelle de la Tieule (étude généalogique des LADET de La tieule 48 par Xavier LADET : La Famille LADET, aujourd’hui Maison Palmier, de La Tieule, fournit autrefois, pendant neuf générations consécutives, des prêtres distingués au diocèse de Mirepoix (Ariège), rattaché de nos jours à celui de Pamiers. (Tradition Orale))
    Maître Pierre LADET de La Tieule (Marchand), fils de Sieur Alexandre et de Marguerite BARATHIEU. Indique dans son testament passé le 18/06/1668 devant Maître BOUDON Jacques (St Laurent d'Olt), "... quil soit dict et célébré a jamais tous les dimanches de l'année une messe en bas dans ladite chappelle de La Teulle quil a fait faire par permission de Monseigneur l'Evesque de Mende en lannée 1654 par tous les prêtres que bon semblera a sondit héritier ... "
  • Un incroyable trésor baroque : une statue en bois de St François De Salles, Évêque (1567-1622) et grand théologien de la contre réforme, en habit de prêtre, datant de la première moitié du XVIIIe siècle, révèle la richesse de la confrérie des pénitents fondés après la Réforme pour lutter contre les protestants et faire revenir les oilles égarés à la foie catholique, à VILLEFRANCHE DE ROUERGUE (12). Il a été fait Saint Patron de la Chapelle, lors de la bénédiction de celle-ci en 1671.
  • Dans les hameaux de Lueysse, Périeyres et Rauzas à LAVAL DU TARN (48), des bâtiments agricoles datant des XVIIe et XVIIIe siècles ont été conservés.

 7.8 - 1659 - Le parricide de Charles VISSAC

Association LOZERE HISTOIRE et GENEALOGIE - Notaire Marc CHIRAC de Chanac, 3E3921 et 3E3922, de 1665 à 1670, AD Lozère, relevé Sylvain CORDESSE, Photos Jean-Albert JOUVE ; Cote : 3E3921 ; Photo 5559 ; Date 1667/07/04 ; Transaction ; Lieu Chanac ; Protagonistes : BADAROUX, CABANE, VISSAC ; Transaction passée entre Antoine BADAROUX de Vareille et Me Gilibert CABANE curateur des hoirs de feu Charles VISSAC du Roide. Après le parricide (acte d'assassiner son père et/ou sa mère) commis par Charles VISSAC ez personnes de Me Antoine VISSAC et Catherine ESTEVENET ses père et mère, les proches parents d'iceux se fussent assemblés le 17 mai 1659 et par délibération prise entre eux reçue par Me Reversat notaire de Nogaret ils auraient nommé pour administrer les biens d'iceux Mes Gilibert CABANE de la Canourgue et Jean VISSAC marchand de la ville de Mende depuis laquelle pour mettre fin aux poursuites criminelles que Me Antoine VALENTIN pour lors rentier du Seigneur évêque de Mende faisait pour la réparation du parricide il aurait été nécessaire d'emprunter diverses sommes desquelles Antoine BADAROUX de Vareille et Blaise GREGOIRE de La Roque en auraient consenti obligation à Me Antoine Buisson receveur des décimes du diocèse de la somme de 600 livres par contrat reçu par Me Rochebaron notaire de Mende, comme aussi se seraient obligés envers Me Jean Charamaure marchand de Marvejols de la somme de 324 livres par contrat reçu par Me Saumade notaire de Marvejols. S'en est suivi un procès entre lesdits BADAROUX, GREGOIRE et VISSAC. Ils transigent.. Prix 150 livres. http://www.lozere-histoire-genealogie.com/travaux/download/379.pdf

 7.9 - 1661-1789 - Période de stabilisation relative de l’absolutisme royal

Fouquet aurait été informé d'un secret dangereux, un secret mortel que Nicolas Poussin avait dissimulé au moyen de codifications dans son tableau les Bergers d'Arcadie. Louis XIV s'appropria ensuite ce tableau et fit arrêter Fouquet à Nantes le 5 septembre 1661.

Quand le jeune Louis XIV prit le pouvoir en 1661, la vénalité des charges de fonction publique fonctionnait depuis un siècle et avait permis de recruter n’importe qui pourvu qu’il ait de quoi payer. L’édit de la Paulette, qui rendait ces charges héréditaires, avait eu pour conséquence que la plus grande partie de la fonction publique échappait totalement au choix et même au contrôle du gouvernement pour l’avancement ou la révocation des juges. C’est la raison pour laquelle Richelieu avait mis en selle les commissaires royaux que furent les intendants. Ce sont eux qui alertèrent Colbert de ce qui se passait en Auvergne.

 7.10 - 1665-1666 - Les grands jours d’Auvergne

(en construction)

Les grands jours d’Auvergne furent des tribunaux exceptionnels du XVIIe siècle qui jugèrent en dernier ressort les affaires qui localement ont donné lieu à des décisions contestables ou ont été soustraites à la justice. Ils eurent lieu à CLERMONT et au Puy du 28 septembre 1665 au 30 janvier 1666. Présidés par un Commissaire du roi et composés de magistrats professionnels mais étrangers à la province, ils durent ramener l'ordre et la paix civile, réprimer les abus commis par une partie de la noblesse de la province afin de « tirer les peuples de l'oppression des puissants » selon les mots du procureur général Denis Talon (1628-1698). Cela concernait aussi bien les hobereaux rapaces et brutaux, que les juges locaux corrompus trop accommodants pour les nobles et souvent impitoyables pour les « humbles ».

Le 20 décembre 1664, le procès de Nicolas Fouquet se termine, à l'issu duquel ce dernier sera condamné au bannissement du royaume. La peine sera ensuite commuée en enfermement à vie. Le temps était venu pour le jeune roi d’aller établir son autorité en province. Dès le mois de janvier la riposte était prête, il fallut quelques mois encore pour qu’elle s’engage. Et c’est le 31 août 1665, que les autorités et les habitants de CLERMONT reçurent du roi le courrier suivant : « La licence qu’une longue guerre a introduite dans nos provinces, et l’oppression que les pauvres en souffrent, nous ayant fait résoudre d’établir en notre ville de CLERMONT en Auvergne une Cour vulgairement appelée les Grands-Jours, composée des gens de haute probité et d’une expérience consommée, pour, en l’étendue du ressort que nous lui avons prescrit, connaître et juger de tous les crimes, punir ceux qui en seront coupables, et faire puissamment régner la justice… » Le roi étendait sur la province son aile secourable et envoyait au centre de la France un tribunal extraordinaire constitué de commissaires extraits du Parlement de Paris, chargés d’aller réhabiliter la justice aux yeux des justiciables.

Il fallut aux commissaires du roi beaucoup de patience, de persuasion et de fermeté pour qu’enfin les victimes des abus viennent réclamer justice, la population redoutant les représailles quand la cour serait repartie. Il y eut près de 12 000 plaintes.
Celle-ci frappa vite, et fort et y établit une justice totalement gratuite, une première !. A son arrivée à CLERMONT, la cour mit garnison chez le marquis de Canillac, le plus cynique, le plus sadique des maîtres de la région. Le père absent, fut condamné par contumace, mais le fils fut arrêté le 19 octobre, alors qu’il était apparenté à Novion : il était le beau-frère de son gendre. Foin de passe-droit, il fallait que justice se fasse.
Les juges des Grands Jours instruisirent à charge et à décharge, selon la procédure inquisitoriale (d’enquête) et poursuivirent sans état d’âmes les coupables.

Le 10 décembre 1665, un arrêt dénonça les abus commis par les officiers, rappela les tarifs des frais, imposa la réforme des prisons et la tenue des greffes et des registres, l’appel obligatoire en cas de condamnation aux galères, la protection des amendes affectées au roi (et détournées en aumônes), les expertises à faire en cas d’infanticide… On voit que rien de tout cela n’était respecté.

Le 19 janvier 1666, les indélicats furent bannis, déclarés incapables et soumis à de fortes amendes. A la suite de l’arrêt, la cour leur rappela qu’ils avaient défense de mettre des scellés sur les biens des défunts sans requête des parties, défense d’obliger les filles mineures à prendre leur autorité pour leur mariage, défense de laisser vaguer les criminels, accusés ou déjà condamnés, et surtout de faire procéder à des exécutions par enlèvements de bestiaux et meubles en guise de salaires et vacations. A l’audience du 22 janvier, vingt et un contumaces furent condamnés et trente le furent à celle du 30. Ce même jour, le jeune Charles de Canillac fut reconnu coupable de meurtre, condamné à mort et exécuté.

Jacques-Timoléon de Montboissier-Beaufort-Canillac, marquis de Canillac, de Pont-du-Château, sénéchal de CLERMONT (exécuté en effigie, tous ses biens confisqués, son château de SAINT URCIZE - 15 rasé).

En quatre mois, les Grands Jours mirent de l’ordre dans tous ces abus : sur plus de 1 360 affaires, il y eut 692 condamnations prononcées, dont 87 concernaient des nobles. Sur les 347 condamnations à la peine capitale prononcées, seulement 23 furent exécutées, dont beaucoup en effigie.
Les Grands Jours, firent rendre gorge aux voleurs, raser les châteaux des assassins, rembourser les sommes indûment payées, réformer les prisons et libérer les malheureux qui y croupissaient, instaurer l’appel obligatoire en cas de condamnations graves, interdire la saisie des bêtes et meubles, et couper quelques têtes.

En imposant la loi commune contre la loi locale, le roi Louis XIV instaurait un système de protection du faible et de punition du fort qui abuse de sa force. Le retentissement des Grands Jours fut immense et montra au peuple ce que valait l’absolutisme royal contre les particularités locales. Vive le roi !

http://www.egaliteetreconciliation.fr/VI-La-justice-du-roi-les-Grands-jours-d-Auvergne-9000.html

  • En 1669, François Ier d'Albignac (1600-1696), fils de Simon d'Albignac, apporte des modifications à la résidence familiale, le château de Triadou, à PEYRELEAU (12) avec la construction des communs, de la chapelle octogonale dédiée à la Vierge ainsi que de la tour carrée attenante au château. La légende du trésor de Pierre d'Albignac se perpétua jusqu'à la Révolution.

 7.11 - 1683 - CHIRAC (48) - Une cloche foudroyante

Marie NEGRE fillé âgée de dix sept ans ou environ fust tuée sortant de l'église et venant de la procession qui se fit pour appaiser le temps par le batan de la grande cloche qui se rompit et luy écrasa la teste, ne pouvant jamais avoir aucune parolle fort, honeste fille et dévote et cella arriva le vingt cinquième may 1683 à quatre heures du soir et feust ensevelie le 26eme constre l'enceinte de la Chapelle de Notre Dame aud. cimetière. Présans Me Gabriel Bringuier régeant de la ditte ville soubsigné et Pierre Castagnier sonneur des cloches et Charles Fabre soubsigné et moy
Source : Registre paroissial - CHIRAC (48) - EDT049-GG - article 2 - photo 126

 7.12 - 1687 - CHANAC (48) - La restauration inopportune du château

CeJourd'hui septieme Juillet mil six cens quatre vingt sept par nous pierre Cordesse Curé de chanac a esté inhumé au Cimetiere de l'eglise parroissialle St Jean baptiste dudit Chanac le corps de Julien Viginet masson du lieu et parroisse de St gregoire en Roüergue qui deceda le sixieme de mort sudaine travaillent au degré du château dudit chanac sous la conduite de Me Jean parazi architecte de St geniez en foy de quoy me suis signé avec led Sr parasi. Cordesse Curé
Source : Registre paroissial - CHANAC (48) - EDT039-GG - article 1 - photo 285

 7.13 - 1692 - Une vertu admirable

Gabrielle Bourges fille agée d'anviron trente ans du lieu du Bruel est décédee le septième juillet une heure apres midy 1692 ayant reçu les sacrements necessaires a salut et le huitième du meme mois et an a esté ensevelie au cimetière de notre paroisse entre la porte de l'Eglise et la chapele de Notre Dame presans Etienne Bourges son pere et Antoine Bourges son fraire. Cette bonne fille qui avait esté fort saige des sa jeunesse a vecu dans une innocence admirable et dans une patiance fort extraordinaire pendant sept à huit ans quelle a esté aveugle par une goutte severe et affligee presque toujours des doleurs très aigues et principalement toute une annee entiere depuis quelle fut venue de Notre Dame de Pradelle (1) quy ayant fait le voyage a pied et souffert beaucoup elle en fut fort affligee tout le reste de ses jours et surtout pendant les trois derniers mois ou elle fut allitée et continuellement travaillé d'une soif inextinguible et des douleurs de coté et de toutes les autres parties de son cors quy paroissent insuportables ce quelle souffrit avec une antiere soumission a la volonté de Dieu jusques aux derniers soupirs de sa vie pendant lequel tams elle me dona tous les jours des marques dune grande piété. Jay cru estre obligé de doner un témoignaige au public de la vertu de cette fille quy ma paru admirable et solide pendant le tems que je lai dirigee. Ribes Curé - Source : AD48 - Esclanèdes - edt056gg001/000048
(1) Pélerinage à Notre Dâme de Pradelle (Haute Loire)

  • 1692 - État des lieux du château de Calmont d’Olt à ESPALION (12), « deux gabions à refaire entièrement… pont-levis à refaire… une tour abattue ».
  • L’ordre royal et militaire de Saint-Louis : ordre honorifique français créé par un édit de Louis XIV du 5 avril 1693 pour récompenser les officiers les plus valeureux. Jean Grégoire MONESTIER
  • La Chapelle des Pénitents à ESPALION : joyau d'art baroque, récemment restaurée, elle témoigne du renouvellement catholique à l'époque de Louis XIV. Édifiée en 1700 à partir des pierres d'une tour du Pont Vieux, sa façade s'orne d'un modeste portail, d'un fronton curviligne et d'un oculus. Les bénévoles présentent le retable classé Monument Historique, l'exceptionnelle croix de procession en cartapesta et expliquent la place de la confrérie des Pénitents dans la cité.

 7.14 - 1698-1745 - Le Consulat

Les Communes sont : les héritages, bois, prés, marais, landes, pâturages et autres biens appartenant aux communautés d'habitants pour leur usage en commun ;
La Communauté, c'est la réunion des droits appartenant aux habitants d'une commune ;
Et enfin les Consuls des villes, bourgs et communautés sont les officiers municipaux «chargés du soin des affaires publiques de la communauté qui les a élus. […].

A CHIRAC (48), la communauté assemblait son conseil, soit pour traiter des affaires de la commune, c'est-à-dire qui intéressait tous les habitants, c'était le Conseil général, soit pour traiter des affaires générales, d'après les ordres du gouverneur de la province. Le conseil tenait une assemblée sous le titre de Conseil politique, soit quelquefois en Conseil de santé lorsque les circonstances l'exigeaient, par exemple à cette époque désastreuse de l'horrible peste de 1721.

Le CONSUL GÉNÉRAL.
Ce conseil était composé du Maire, nommé par le Roi (1), de 2 consuls présentés par le maire et élus à la pluralité des voix et nommés pour un an, à la feste de la Toussaints de chaque année, ainsi qu'il conste des délibérations de la communauté de CHIRAC ; de 2 conseillers des consuls ; de 2 conseillers de la ville ; des consuls de l’année précédente et des notables habitants de Chirac.
Ce conseil avait pour mission de veiller aux intérêts de la communauté et de délibérer sur toutes les affaires de la ville dans lesquelles l'intérêt de la population pouvait être en jeu.
C'est ainsi que le 29 septembre 1699, assemblés en conseil général en la manière accoutumée, présents Etienne Lafont, maire ; Sr Adam de Julhien Sr de Mories ; Mes Pierre Dieulofès, avocat ; Jacques Dieulofès ; Pierre Hugonnet ; Claude Boissonnade, notaire ; Jean-Pierre Raynaldy, bourgeois; Jean Rocher; Noë Vidal, Sr de Rives; Guillaume Sanhet ; Pierre Delestang ; Charles Grandon ;
Louis Saltel ; Antoine Roujon ; Pierre Jory ; Jean Mercier, on délibère et décide qu'à l'avenir le conseil politique, outre le maire et les deux consuls sera composé des conseillers qui seront promus, des deux consuls qui quitteront la charge et de quatre autres habitants qui seront nommés par ledit Sr Maire, les consuls entrants et les quatre conseillers sortants, laquelle élection consulaire sera faite toutes les années à la pluralité des voix ; — que les sortants rendront compte de leur gestion et des deniers perçus.
(1) C’est ainsi qu'il appert de la nomination de Me Pierre Dieulofès, avocat en parlement, nommé maire de CHIRAC [en remplacement d’Etienne Lafon décédé] par Lettres patentes du 16 août 1706, signées par le Roi et scellées du grand sceau de cire jaune et inscrites à la charge et la cour du baillage du Gévaudan.
Source : Documents sur l'histoire de CHIRAC par M. DELARUELLE, notaire.

 7.14.1 - 20 octobre 1700 : TRANSACTION AVEC LES SEIGNEURS DE SEVERAC ET CELUI DE LA MALENE

AUBÉROQUE - 12 SÉVÉRAC LE CHÂTEAU - Suite à la condamnation d'Antoine ALMERAS et son incarcération (pour des faits inconnus...pour l'instant) ses biens de LA CROZE - 48 ST GEORGES DE LÉVÉJAC et de 48 CAUQUENAS - LA MALÈNE confisqués et estimés à 6360 livres sont, suite à un jugement du parlement de TOULOUSE,répartis entre diverses personnes (dont Francois de LA ROCHEFOUCAULT et Catherine Françoise d'ARPAJON marquise de Sévérac son épouse et de MONTESQUIEU seigneur de la Malène) et Jeanne TOURRET en tant que légitime administratrice des biens des enfants du couple Alméras-Tourret. 1456 livres sur les 6360 sont restitués à Jeanne TOURRET soit le tiers du capital (après déduction des frais) ce qui est l'usage en vigueur dans la juridiction du parlement de TOULOUSE lorsqu'un mari est condamné à la peine capitale, aux galères a perpétuité ou au bannissement à vie, ce qui laisse augurer une triste fin pour Antoine, dans l'attente d'éléments précis.
Sources: AD 12 SEVERAC LE CHATEAU 3E7544 M° A. FORESTIER séquence 9 folio 131/151 pages 10 à 18

 7.15 - 1702 - L'âge de la majorité

En 1702, la pleine capacité civile (âge de la majorité) n'était atteinte qu'à 25 ans. Les ecclésiastiques mentionnaient alors "enfant mineur" sur l'acte de mariage lorsque le ou la fiancé(e) n'avait pas atteint l'âge de la majorité au moment de son mariage, consenti de ses parents.

 7.16 - 1702-1711 - La Guerre des Cévennes

La Guerre des Cévennes ou Guerre des Camisards est un soulèvement de paysans protestants particulièrement violents dans les provinces à forte implantation protestante comme les Cévennes, le Bas-Languedoc, le Poitou, la Guyenne, le Dauphiné qui dura principalement de septembre 1702, à avril 1704. Les combats y ont été dévastateurs et les haines inexpiables.
Les premiers troubles ont pour origine l'interdiction du protestantisme par l’édit de Fontainebleau et la révocation de l'édit de Nantes signés le 18 octobre 1685, par Louis XIV qui veut unifier le pays autour d'une même foi et entraîner la disparition de toutes les garanties accordées aux protestants.
Dans le cadre des dragonnades, les protestants sont convertis de force au catholicisme.

Si de nombreux protestants préfèrent émigrer, d'autres continuent de célébrer leur culte clandestinement malgré leur conversion. Dans le Languedoc, des Assemblées clandestines sont signalées dès la fin octobre 1685 et les peines contre ceux qui y participent vont très vite se durcir.
Une conversion rétractée étant considérée comme un crime très grave, les hommes sont condamnés à mort ou aux galères, les femmes sont tondues et emprisonnées et les enfants sont enlevés à leurs parents pour être envoyés dans des familles ou des collèges catholiques.
L'abbé François de Langlade du Chayla (ou Chaila), "missionnaire héroïque" de Saint Germain de Calberte, inspecteur des missions des Cévennes pour le compte du marquis de Basville, a pour mission de ramener les hérétiques à la " vraie foi " : il fait emprisonner et torturer les protestants.
Dans les Cévennes, 84 personnes sont exécutées, une cinquantaine sont condamnées aux galères et 300 sont déportées aux Amériques en 1686-87. Néanmoins les Assemblées se poursuivent les années suivantes. En 1701, les troubles se multiplient alors que la France est engagée dans la Guerre de Succession d'Espagne.

Et c'est au tristement célèbre Pont de MONTVERT (48), le 24 juillet 1702, qu'a lieu le déclenchement des combats qui marqua le début de la guerre des Camisards. Alors qu'une soixantaine d'huguenots, armés de sabres et de faux, menés par Abraham Mazel et Esprit Séguier, avaient pénétré dans la ville en chantant un psaume, en attendant la libération des détenus, il fallut qu'un coup de feu soit tiré et blessa l'un d'entre eux.
La riposte ne se fit pas attendre. Aussitôt, ils enfoncèrent la porte de la maison de l'abbé du Chayla, libérèrent les prisonniers et mirent le feu. L'abbé tenta de s'enfuir par une fenêtre mais il fut rattrapé et occis. http://www.camisards.net/canonisation-abbe-chaila.htm

À partir de cette date et durant trois ans, des bandes de dizaines ou centaines d'insurgés protestants armés se forment, menés par des prophètes, que les royaux appellent les « inspirés » ou les « fanatiques » et qui deviendront, en 1703, les « Camisards ». En temps normaux, ils sont paysans, tondeurs de moutons ou cardeurs de laine et ont une moyenne d'âge située entre 20 et 25 ans.
Après l'assassinat de l'abbé du Chayla, ces paysans protestants commettent des actes de vengeance contre des prêtres, des hommes, des femmes ou enfants catholiques ; affrontent, parfois jusqu'à leur propre mort, des commandants, des chefs, des soldats, des fusiliers et dragons : des troupes royales régulières, nombreuses et entraînées.

Certaines familles préfèrent abandonner cet infâme territoire comme la famille de Pierre CARTHAYRADE qui résidait à L'HOM à FRAISSINET DE FOURQUES (48) et qui partit pour résider à LAVAL DU TARN (48).
D'autres protestants préférèrent une attitude loyaliste et combattirent les Camisards. Ce fut le cas des habitants de FRAYSSINET DE LOZÈRE (48), pourtant très proches du Pont de MONTVERT.

"Le huit mai mille sept cent trois, VIGUIER Pierre, prêtre et vicaire de Fraissinet de Lozère, a certifié à CORDESSE Pierre, curé de chanac que le corps de VIDAL François, avait été inhumé dans l'église dudit Fraissinet, aprés avoir été assassiné et martyrisé par les bandits et fanatiques des Cévennes sur le pont de Montvert et le corps fut récupéré par le dit Sieur VIGUIER, accompagné d'une escorte de miquelets ou fusiliers de montagne, et furent trouvés également les corps de 2 garçons de la paroisse de Ste Cécile d'Andorge (Gard) égorgés qu'il fit transporter aussi au Fraissinet."
François VIDAL † 4/05/1703 PONT DE MONTVERT - FRAYSSINET DE LOZÈRE (48). Source : AD 48 - Registre Paroissial de FRAYSSINET DE LOZÈRE (48)

  • Une croix de pierre du XVIIIe siècle est y visible à Rauzas à LAVAL DU TARN (48).

Les Huguenots, déjà bien martyrisés dans leur chair et leur foi, seront lourdement victimes de la destruction de leurs terres et de leurs maisons pendant le "Grand Brûlement des Cévennes" à la fin de l'année 1703. La guerre des Cévennes est quasiment terminée en décembre 1704 lorsque la plupart des derniers irréductibles ont été réduits par Villars. Mais ce n'est qu'en 1711 que cesseront réellement les derniers troubles sporadiques.

 7.17 - 1715-1789 - La France des Lumières

(en construction)

De la mort de Louis XIV (voir EDT196GG_001_e0000006sur88_1711-1782 au VILLARD) à la convocation des États Généraux, La France des Lumières est en effervescence. Elle fait depuis deux décennies l'objet d'un profond renouvellement historiographique qui permet de balayer bien des certitudes et des poncifs (clichés) de l'Ancien régime....

  • A partir de 1320, la ville de SAINT AFFRIQUE (12) appartient en indivision au Roi de France, à l'évêque de VABRES et au comte de Caylus.
  • CAMPAGNAC (12) : le Saint Sépulcre, chapelle du XVIII° siècle à l’Est de la commune (entouré de légendes) permet un beau panorama sur la Vallée du Lot et l’Aubrac ainsi que le hameau de La Plancelle.
  • Au XVIIIe siècle, le château de Calmont d'Olt à ESPALION (12) aurait fait l'objet d'une occupation temporaire par des faux monnayeurs.
  • En 1773, Buffon calcule l'âge de la Terre, il annonce une date faramineuse et incroyable pour l'époque : 75 000 ans ! Continuant sur sa lancée, il provoque également un séisme en déclarant que les espèces se sont succédées dans le temps et que les grandes catastrophes (comme le Déluge...) ne sont pour rien dans leur disparition.

 7.18 - La signature de ces dames

"L'avenir, cette énigme irritante, m'ennuie. Mais choisir son passé, se laisser flotter dans le temps révolu comme on remonte la vague, toucher au fond de soi le secret de ceux qui nous ont engendrés : voilà qui permet de rêver, qui laisse le passage à une autre vie, à un flux rafraîchissant." J.M.G. Le Clézio - Voyage à Rodrigues.

Étranges moments d'émotions que de voir sur une page l'empreinte écrite de nos aïeuls tant recherchés. Ils étaient là, ce jour là pour prendre la plume et reproduire parfois maladroitement, parfois élégamment un geste que la grande majorité d'entre eux ne savaient pas faire.
Et parce qu'elles étaient couramment "laissées" dans l'illettrisme le plus total jusqu'au début du XXe siècle, nos Grands Mères n'ont pu nous restituer que peu de preuves manuscrites de leurs présences : trésors beaucoup plus rares mais d'autant plus convoités.
Note : contrairement aux hommes où je précise sur chaque fiche s'ils savaient écrire ou pas et lorsque je le trouve, vers quelle date ils ont su signer, je ne mentionne pas de précision pour les femmes sauf lorsque je rencontre une preuve de leur signature.

L'alphabétisation féminine :

  • Jeanne ESTEVENET de CHANAC (48) signe son contrat de mariage avec Jehan MONESTIER en 1617.
  • Jeanne GARRIGUE réside à CHIRAC (48) et signe "jeanne garrigue" en lettres séparées, sur l'acte de baptême de Jeanne AGUILHON en 1672.
  • Marie DOLSAN réside à CHANAC (48) et signe "marie dolsan" en lettres attachées et séparées, sur son acte de mariage avec Jean Malafosse Notaire Royal de CHANAC (48) en 1670.
  • Anne DOLSAN réside à CHANAC (48) et signe "Anne de dolsan" en lettres séparées, sur l'acte de mariage de sa soeur Marie en 1670 & l'acte de baptême de sa nièce Anne MALAFOSSE en 1674.
  • Leur cousine Catherine GABAUD, fille de Pierre, Marchand et Premier Consul de CHANAC (48) et Suzanne DOLSAN, signe "caterine gabot" sur son acte de mariage en 1682.
  • Louise D'ALTIER épouse d'Antoine POLVEREL, Bourgeois et Premier Consul de CHANAC (48) en 1682, signe les actes de son nom et prénom "Loüise Altiere" en lettres détachées.
  • Marie OLLIER réside à MARVEJOLS (48) en 1677 et signe "molier" en lettres détachées et serrées entre elles, sur l'acte de baptême de sa filleule Marie Roujon de CHANAC (48). Le parrain Antoine Roujon de St Chély ne sait pas écrire.
  • Françoise GAZAGNES signe l'acte de baptême de Françoise Roujon en 1680 à CHANAC (48).
  • Demoiselle Jeanne MALAFOSSE née en 1672 à CHANAC (48), signe "J malafosse" en lettres attachées, en 1691, à 19 ans, son acte de mariage avec Guillaume MONESTIER.
  • Marie ROUJON, bourgeoise, née en 1677 à CHANAC (48), signe à 19 ans, "Marie Rouion" en lettres séparées, à CHANAC (48) le 24/10/1696, sur l'acte de baptême de César Louis Dolsan. Elle signe "m rouioun", en 1700, sur l'acte de baptême de son neveu et filleul Barthélémy ROUJON ainsi que sur son acte de mariage en 1704 et sur l'acte de baptême de Jean Pierre Dieulofes à CHIRAC (48), en 1715. En 1718, elle signe aussi "m roujoun" sur l'acte de baptême de sa filleule Marie Roujon, la fille de son cousin Jean Pierre Roujon & Antoinette Brun.
  • Demoiselle Marie Anne ROUJON, bourgeoise, soeur de Marie ROUJON 1677, née en 1684 à CHANAC (48) signe les actes de baptême des Marianne ROUJON en 1703 et 1714 ainsi qu'au bas de son acte de mariage. Elle signe "roujon veuve de quintin" en lettres séparées, en 1740, au baptême de Jean Baptiste ROUJON à Chanac, le petit fils de son frère Jean Baptiste.
  • Demoiselle Marie COMITIS née vers 1682 aux PERRIÈRES à LAVAL DU TARN signe tout en minuscule son acte de mariage en 1718 (elle se serait mariée à 36 ans si l'on prend l'année de naissance mentionnée par son acte de décès.
  • Jeanne D'ALTIER du GIBELIN, paroisse de RIBENNES (48), signe "altier" sans la particule et en lettres minuscules attachées, sur l'acte de baptême de sa nièce et filleule Jeanne COMITIS en 1718.
  • Louise BERTRAND née en 1701 à CHANAC (48) signe son acte de mariage en 1719, à 18 ans en lettres attachées et majuscule sur la première lettre de ses noms et prénoms.
  • Marie D'ARMAN Bourgeoise du GIBELIN, RIBENNES (48), signe l'acte de baptême de sa petite fille Marie Madeleine COMITIS en 1708, à LAVAL DU TARN (48).
  • Jeanne VIDAL signe son acte de mariage en 1719, elle a 20 ans environ.
  • Damoiselle Catherine Françoise DE DURAND signe "C. f. de durand" en lettres détachées sur son acte de mariage, en 1726, à SÉVERAC DEL CASTÈL, en Rouergue.
  • Demoiselle Marianne ROUJON née en 1703 à CHANAC (48), signe "roujon" en lettres attachées sur son acte de mariage en 1731.
  • Antoinette BARBOT née à LA CANOURGUE (48) vers 1710 signe "anttoinette barbot" en lettres attachées et détachées sur l'acte de baptême de son neveu Jean François FAGES né à LAVAL en 1742.
  • Demoiselle Marie Anne ROUJON née le 15 avril 1721 à CHIRAC (48) signe l'acte de baptême de Marianne VIDAL, sa nièce et filleule, en 1742 et ne signe pas, en 1767, l'acte de décès de son père Jean Pierre ROUJON, Maître Chirurgien à CHIRAC (48).
  • Anne DELMAS, de CASSAGNES, ST PIERRE DES TRIPIERS (48), née vers 1686, signe le contrat de mariage de son fils Estienne CAUSSIGNAC, d'une belle écriture, en 1745, avec le A de son prénom inclus dans le D de son nom, en lettres attachées.
  • Françoise RIGAL, fille de Me Jean RIGAL, Avocat en Parlement à POMAYROLS (12) et de Damoiselle Marianne OSTY, signe "f rigal", en 1746, à 18 ans, sur son acte de mariage avec Jean Pierre SABATIER, Bourgeois & Avocat en Parlement à BUZEINS (12).
  • En 1764, Demoiselle Jeanne ROUJON (née en 1744 à CHANAC (48), soeur de Catherine née en 1741), signe son acte de mariage sans faute d'orthographe dans son prénom. En 1773, elle signe "janne roujon" en lettres attachées, sur l'acte de baptême de son neveu et filleul Jean Baptiste Louis ROUJON.
  • Marianne ROUJON née en 1741 à CHANAC (48) (soeur de Jeanne et Catherine) signe "marianne rouyou" en lettres attachées.
  • Demoiselle Jeanne GAZAGNES née en 1699 à CHANAC (48), signe de manière peu lisible, en lettres détachées, l'acte de baptême de son petit fils Jean Baptiste ROUJON en 1765 à CHIRAC (48). Elle a alors 66 ans.
  • Marguerite ROUJON née 1698 à CHIRAC (48), signe les actes, tout comme sa mère Anne ASTRUC, dont l'acte de baptême de Jean Baptiste Roujon, son petit neveu, en 1765. Elle signe "Margueritt roujon" avec une magnifique écriture en lettres attachées. On peut imaginer qu'elle a simplement oublié d'écrire le "e" de la fin de son prénom et que pour être corrigé, il a été rajouté ensuite mais à la fin de son nom.
  • Antoinette POUJOL, fille de Jean POUJOL & d'Antoinette FREZAL des MONZIOLS, ST GEORGES DE LÉVÉJAC, née le 7 octobre 1750, signe "Pouiols" sur l'acte de baptême de Etienne FAGES en 1766.
  • Marianne COMTE de RAUZAS, LAVAL DU TARN (48), signe l'acte de baptême de sa petite fille et filleule Marianne EVESQUE, le 8/07/1776.
  • Catherine Geneviève ROUJON née en 1741 à CHANAC (48) signe "catherine roujon" en lettres attachées sur son acte de mariage en 1770.
  • Marianne ROUJON, fille, petite fille et arrière petite fille de chirurgien, née à CHANAC (48) en 1748, se marie avec Antoine SEGUIS de ST URCIZE (15). Elle signe "marianne Roujou de st urcize" en lettres attachées, en 1772.
  • Demoiselle Thérèse FORESTIER, née le 11 février 1744 à ST CHÉLY DE SÉVÉRAC (SÉVÉRAC LE CHÂTEAU 12), signe l'acte de baptême de Marie Thérèse Antoinette SEGUIR, sa nièce et filleule, à ST URCIZE (15), en 1773.
  • Rose Augustine DE BENOIT signe son acte de mariage, en 1781, au MONASTIER PIN MORIÈS (48), en écrivant "Rose Augustine DE BENOIT". Elle aurait, alors, été âgée de 13 ans et 5 mois.
  • Marianne BONNIEU née vers 1765, signe l'acte de baptême de sa petite fille Marianne ROUJON en 1808 à ST BONNET DE CHIRAC (48).
  • Marianne PERSEGOL née en 1766, à LA MALÈNE (48), signe anne persegol, tout en minuscule, sur son acte de mariage en 1792.
  • Justine FLAVIER née en 1811 à RIEISSES, LA MALÈNE (48), couturière, signe de ses prénoms et noms sans majuscule, en lettres attachées, sur son acte de mariage avec Jean François ARNAL, le 20 février 1843. Rosalie COSTECALDE née en 1827 au TRUEL, ST PIERRE DES TRIPIERS (48), signe son acte de mariage avec Louis GRAILLE, en 1847.
  • Sophie Marianne ARAGON née en 1833 à CAUSSIGNAC, MAS ST CHÉLY (48), signe son acte de mariage avec Jean Antoine COSTECALDE, en 1853.
  • Christine ROUJON née en 1829 à CHANAC (48), couturière, signe son acte de mariage (en lettres attachées) en 1856, alors que son époux Antoine Basile RABIER et ses parents ne savent pas le faire.
  • Mélanie RECOULY née en 1834 à LA VIALE, ST PIERRE DES TRIPIERS (48), signe "Melani Recouly" en lettres attachées avec une majuscule à son prénom et à son nom, sur son acte de mariage avec Louis COSTECALDE, en 1859.
  • Marianne BRUN née en 1804 à FONTJULIEN, LA CAPELLE (48), signe l'acte de mariage de son fils François PORTALIER, à LA MALÈNE, en 1865, contrairement à son mari qui ne sait pas écrire.
  • Marie Joséphine Berthe ROUJON née à ST GENIEZ (12) en 1861 et domiciliée à L'HABITARELLE, BANASSAC (48) signe, de son nom et prénom en lettres séparées, l' acte de son mariage avec Albert Basile ASTRUC, en 1878.
  • Mathilde GAL née en 1858 aux VIGNES, ST PRÉJET DU TARN (48) signe son acte de mariage en 1881, de son nom et prénom en lettres attachées sans majuscule.
  • Eulalie MAURIN née vers 1835, signe de ses noms et prénoms de jeune fille commençant par une majuscule, en lettres attachées, les acte de mariage de ses enfants en 1887, tout comme sa fille Marie Mathilde AVESQUE née le 30 décembre 1866 au MAS DE VAL, ST CHÉLY DU TARN (48).
  • Marie Eugénie BOURREL née le 30 octobre 1843 à SÉVÉRAC LE CHÂTEAU (12) signe en lettres attachées l'acte de mariage de son fils Jean Pierre Odilon VERNHET en 1895, au RECOUX (48).
  • Marie Sylvie GAL née le 20/02/1865 à DOLAN, ST PRÉJET DU TARN / LES VIGNES (48) signe son acte de mariage en 1886.
  • Marie BADAROUX née le 9/09/1867 aux VIGNES (48), signe "M Badaroux" sur son acte de mariage en 1886.
  • Marie Illarie Eudoxie ARNAL née le 9 août 1876 à RIEISSES, LA MALÈNE (48), signe "Arnal Eudoxie" en lettres attachées sur son acte de mariage en 1897.
  • Marie Antoinette PRIVAT née le 1er février 1856 au TINSONNIEU, LE RECOUX (48) signe "marie Privat" sur son acte de mariage en 1876.

 7.19 - 1721 - La grande peste

La_peste_de_1721_1.jpg

Nous sommes sous le règne de Louis XV. Le commerce de Gévaudan qui entretient des relations avec les marchands des ports de MARSEILLE depuis un temps immémorial, bien avant l'antiquité, va, sans le savoir, attirer la peste, qui s'était déclarée à MARSEILLE, en 1720, dans les Cévennes, le Rouergue et à travers tout le sud de la France, par le transport des laines de Smyrne envoyées à LA CANOURGUE.

En Gévaudan, le mal se propageât à partir du village de CORRÉJAC (48), en la paroisse de SALMONT. Le premier décès fut le 24/11/1720 puis cette maladie très contagieuse se répandit rapidement à presque tout le Gévaudan. Il durera jusqu'au 21/06/1721.

On raconte qu'un des habitants de CORRÉJAC (48), un nommé Dupart se rendit en septembre 1720 à la foire de ST LAURENT DE RIVE D'OLT, où il rencontra l’un de ses cousins nommé Boyer, ancien forçat évadé du bagne de MARSEILLE. Ce dernier lui vendit des hardes infestées du microbe de la peste. L'infection ne vint nullement par ce forçat, comme certains l'ont affirmé mais à toute peine insoluble, l'accusation de culpabilité soulage.

Nos ancêtres, dont la vie était déjà très dure, se protégeaient comme ils le pouvaient de ce funeste fléau : on brûlait les meubles et les habits de ceux qui étaient morts frappés par le mal. On faisait brûler des fagots de plantes aromatiques à fortes odeurs : lavande, romarin, thym. On en respirait les senteurs. Devant les portes flambaient des tas de genévriers censés chasser les miasmes redoutables. Les murs intérieurs et extérieurs des maisons étaient passés à la chaux pour assainir. Tout ceci semblait très insuffisant mais était à la portée des habitants des hameaux comme celui de BRAMOUNAS. En totale détresse et trop éloignés des villes, ils ne pouvaient malheureusement compter sur les soins prodigués par les apothicaires ou les chirurgiens car à moins que ceux-ci ne viennent de MENDE, MARVEJOLS étant trop distante de BRAMOUNAS.
Et ils étaient d'autant plus impuissants face à la peste que la plupart des épidémies coïncident avec les disettes ou les famines qui affaiblissent l'organisme.

"Le 16° xbre 1721 jay esté nommé Curé du malzieu J'ay quitte vabres pour aller resider au malzieu ; en 1721 la Contagion se déclare a marvejols le 10° daout jour de st lauvans elle est venue par Correjac et la Canourgue et elle set faite sentir a mende des le 6° 7bre de la mesme année 1721 elle a enlevé a marvejols deux mille personnes."
Prieur de rodes curé du malzieu et de vabres ce 3° juillet 1722. Registres paroissiaux de Vabres, évêché de Mende

Il n’était pas non plus facile de trouver des volontaires pour ramasser et enterrer les cadavres des défunts. Surnommés de corbeaux, enterreurs, ensevelisseurs ou autres, ils étaient soit rarement volontaires, soit recrutés de force : le mal finissait par les emporter à leur tour.

"États de tous ceux qui sont morts dans le bourg de Saint Léger et dans les autres villages de ma paroisse, qui ont été attaqué de ce terrible fléau de la peste et qui ont été enterrés dans les jardins, dans des champs et dans des prés.
Tandis que le père abandonnait son enfant, l’enfant le père, le mari la femme et la femme le mari et que nous avons vu les parents perdre leurs parents comme l’enfant le père et le père l’enfant, sans en paraître touché de douleur et où nous avons vu les corps dans le village de Valadou rester les huit jours sans que personne voulut les inhumer, toute une famille ayant péri sur le Causse qui est du coté de Lempers et aux Gratons traîner les cadavres avec des crochets et des perches dans la fosse comme aussi pour ne pas les avoir mis assez profondément de cadavres dévorés par les chiens et plusieurs autres choses qui font frémir de penser seulement… [liste des personnes mortes de la peste].
Avant que la maladie contagieuse y fut il y avait au Valadou 160 habitants avec les domestiques. Il y est mort 107 personnes, il y a 30 convalescents, et 23 qui n’ont pas été attaquées."
Dieulofes - Prêtre - 1721 Paroisse Saint Leger de Peyre 48100 E950 photos e0000257 et e0000262

Sur le causse, à Laval, outre les vénérations à la Vierge, ou les promesses de pèlerinage (effectivement entrepris en 1723) et de dons (6 livres de cierges de cire blanche) à la vierge noire du Puy, on interdit aux caussenards, pendant un an, le passage du Tarn afin de circonscrire « le mal contagieux ».

"Le vingtneuf juin 1721 iai beni et exposé a la veneration publique une statue de la Ste vierge sur le grand autel de cette eglise que iai acheté au puy 55£ afin d'obtenir de dieu par son intercession d'etre preserves du mal Contagieux dont la ville de la Canourgue est afligée et autres lieux voisins aussi."
Jean Curé - Registres paroissiaux de Laval du Tarn
C'est peut-être la croix de pierre du XVIIIe siècle visible à Rauzas ?

"Le 21 7bre 1721 iour de dimanche toute la parroisse de laval assemblée en corps par deliberation verbale a fait voeu d'envoïer deux des principaux habitants a notre dame du puy et y offrir six livres de cierges de cire blanche pour par linsurecssion de la Ste vierge d'etre preserves du mal contagieux qui aflige la plusieurs lieux de ces environs et surtout la plus grande partie de la parroisse de la Capelle, la Canourgue, banassac, mende, marvejols et autres lieux." 11 personnes mortes de la peste sont notées dans les registres paroissiaux de Laval. En marge, l'annotation supplémentaire : "nous avons tenu les voeux moi y compris le mois de mars 1723".
Jean Curé - Registres paroissiaux de Laval du Tarn

Baptême : Le 01/04/1722 est né Jean Baptiste GACHE fils légitime et naturel de Jean et de Jeanne Robert du lieu des vinoux paroisse de La Capelle et a cause du soubçon de mal contagieux qu’il y a dans ladite paroisse de la Capelle le cinq dudit mois il a été baptisé dans notre église de laval son parrain a été Jean robert bastier de perrières sa marraine marguerite rouion (ROUJON) son ayeule paternelle présent pierre massebiou et pierre robert fils dudit parrain tous dudit perrières illéterés.
Jean Curé - Registres paroissiaux de Laval du Tarn

A QUÉZAC (48), seule fut touchée la rive droite du Tarn ; à Balsièges, la peste ravagea le village de Bramonas. Au Mas André, toute une famille fut décimée en quelques jours : Delphine DURAND † 15/09/1721, à l’âge de 38 ans. Son mari Pierre LAGET † 18/09/1721 à environ 45 ans, leurs enfants Jean LAGET † 16/09/1721 à 10 ans environ & Etienne LAGET † 28/09/1721 à 6 ans environ.
En 1722, le chirurgien Gensoul et son épouse Marie Leynadier de Capelade soignèrent les malades de la région dans le château de Puech Banassac.

Le chiffre des victimes dans l’ensemble du Gévaudan :

Le nombre de victimes de la peste n’est pas certain : certains auteurs indiquent « 40 000 victimes à Marseille et plus de 80 000 autres dans l’arrière-pays provençal (Gévaudan et ailleurs) ». Selon LOUVRELEUL, historien qui publie ses mémoires en 1724, s’étend longuement sur la peste (6, 104-116), qu’il a sans doute vécue. Il utilise le rapport établi par Sr ROUJON Pierre, Aumônier de l’Evêque, pour l’Intendant BERNAGE. Il repousse d’abord, comme le fait aussi le docteur Samuel BLANQUET, la « fable » du forçat Guillaume BOYER, venu de Marseille à Saint-Laurent d’Olt. Il loue la diligence des autorités militaires, comme MM. de ROTHE et de la DEVÈZE, pendant le fléau ; le dévouement du clergé et des religieux. Il donne par paroisses et souvent par villages, les chiffres des victimes. Des 25 paroisses "visitées" par l’épidémie, voici les plus touchées :
https://books.google.fr/books?id=9pMdAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Marvejols1800Mende1078
La Canourgue945Saint-Léger385
Banassac212, seulement 88 pour le curé de la paroisseIspagnac194
Grèzes165Montrodat161
Altier144Balsièges65
Saint Georges de Lévéjac66Quézac66
La Capelle92 - 80 % de ses habitants ont disparu.

Le total des victimes, si l’on additionne les chiffres de LOUVRELEUL, est de 5678 morts dans tout le Gévaudan. Les chiffres officiels donnés par la DEVÈZE, Commandant pour le haut Gévaudan, sont assez voisins : 5438 morts.
D'après l'ouvrage de Révérand Père L'Ouvreleul, paru en 1724, sous le titre "Mémoires historiques sur le pays de Gévaudan".

Là ou la peste a frappé, elle a emporté un habitant sur trois.

Joseph ROUJON † 07/08/1721 Domaine du Château de GRANDLAC, LAVAL DU TARN (48) à ans.
Il ira se confesser auprès du Curé Jean, de Laval le 6/08/1721 et décèdera de la peste le lendemain. Il sera inhumé directement au domaine du Château de GRANDLAC.
Marianne ROUJON † 08/08/1721 Domaine du Château de GRANDLAC, LAVAL DU TARN (48) à 8-9 ans. Elle sera inhumée directement au domaine du Château de GRANDLAC.
Antoine BONNEMAIRE † 04/09/1721 LES CAYROUX - ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48) à 50 ans.
Marie BONNEMAIRE † 13/09/1721 LES CAYROUX - ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48) à 41 ans.
Delphine DURAND † 15/12/1721 à QUÉZAC (48), à l’âge de 38 ans.

  • 1731 - Guillaume MALZAC s'est noyé dans le puits de BOUJASSAC - LAVAL DU TARN, le 16 juillet 1731. Il a probablement une dizaine d'années.

 7.20 - 1732 - Un parrain simplement seigneural

De 1727 environ à 1732, Marcelin Fages enverra sa petite famille résider au Domaine de LA VIALETTE à ST MARTIN DE LA CAPELLE (48), non pas pour le plaisir mais pour remplacer le proprétaire des lieux et occuper les fonctions de fermier (metayer) du domaine.
A son retour, Jean Joseph Vidal - Seigneur de la Vialette n'en fera pas moins qu'occuper les fonctions de "parrain" de Joseph Fages, dernier enfant de Marcelin, qui vient tout juste de naître.

 7.21 - 1732 - FORT LOUIS du Rhin

Jean Pierre CADOULE, dit “St Jean”, de MONTREDON, LAVAL DU TARN (48), décède le 3 mars 1732, à l’hôpital royal de Fort Louys du Rhin.
Devant partir "au service de sa Majesté de son bon gré", il avait pris soin de vendre à Barthelemi PAGES une terre 99 livres et 15 sols afin que sa famille puisse payer ses dettes durant son absence - Acte notarié du 5 janvier 1729.

En 1686, Louis XIV confie à Vauban la construction d’une fortification à Fort-Louis (BAS-RHIN 67) situé, à l’époque, sur une île entre deux bras du Rhin (devenu frontière, rattachement de la plus grande partie de l'Alsace au Royaume de France, en 1648, entre l'Alsace et le pays de Bade). La construction doit constituer une tête de pont vers le pays badois et surveiller le passage du Rhin. Le fort principal au nord du village, appelé fort Carré, était renforcé par deux têtes de pont, l'une sur la rive alsacienne (fort Alsace) et l'autre sur la rive badoise (fort-Marquisat). Assiégée à plusieurs reprises au cours du XVIIIe siècle, notamment en 1793, par le général autrichien Lauer, bombardée depuis la rive droite du fleuve, incendiée et tout à fait dévastée, la place est réoccupée par les français , en 1794. Au début de l'année 1814, des troupes russes et badoises investissent une troisième fois la place forte délaissée par les troupes napoléoniennes retenues sur d'autres champs de bataille illustres. Durant les « Cent Jours », les fortifications sont à nouveau réoccupées par les Alliés badois, autrichiens et russes jusqu'au 17 octobre 1818 après un nouveau démantèlement de ce qui reste de la place forte. Jamais remis en état par les autorités militaires durant plus de la moitié du XIXe siècle, le « Fort Carré », le « Fort Alsace » et les terrains environnants seront acquis par la Commune de Fort-Louis en 1890.

 7.22 - 1746 - Protestants et catholiques

Le treize septembre 1746 est né un fils naturel et légitime de Sieur Pierre Gout et de delle Marie Lozeran (? surcharge) de la ville de Florac diocèse de Mende. Le Sieur Maliges, alors curé dud Florac, le fit enlever le quatorze par un détachement des troupes du Roi qui étaient en garnison au dit Florac et que le capitaine de la dite troupe envoya à la solicitation dud curé dans la maison du susd Sieur Pierre Gout père pour prendre l'enfan nouvellement né et le faire batiser par le pretre de l'Eglise romaine contre la volonté du pere et de la mère qui sy opposerent de tout leur pouvoir mais ils ne purent point resister a la force et violence du détachement qui arracha led enfant dentre les bras de son père, le porta à l'Eglise dud curé lequel le batisa led jour quatorzièeme septembre 1756. On fit servir de parrain aud enfant le fils ainé du Sieur Boyer notere dud Florac et pour marraine Demoiselle Jeanne Gout sa tante paternelle tous les deux catholiques romains. Il fut donné nom audit enfan Silvestre. Enregistré par nous Jean Pierre Gabriac pasteur des Eglises Reformées sous la Croix en Cevenes ce vingt sept mars 1758. Gabriac pasteur
Source : AD48 - Florac, registres protestants - 1miec061006/000299

Les Protestants dans la famille ROUJON

Etienne ROUJON 1739-1816, baptisé le 29 juin 1739 à ISPAGNAC (48) et marié le 4 juin 1777 à ALÈS (Registre protestant du GARD 30) avec Louise DURAND née vers 1753-1822.

 7.23 - CANADA

Jean COSTECALDE dit "Lafleur", né le 18 mars 1725, au VILLARET, jadis paroisse de ST PRÉJET DU TARN, rejoint le 1er bataillon du Régiment Royal Roussillon, qui entre au Canada et à Montcalm en 1756. Son surnom de guerre : "Lafleur". Après la capitulation de Montreal en 1760, de retour en France, il retourne au Canada, où il se marie en 1767. Veuf, il se re-marie en 1772. Il y aura 7 enfants, prendra le nom de COSTE et y décèdera en 1789, à l’âge de 64 ans..

 7.24 - 1753 - Domicile

(à construire)

Jean LAURENT dit "Lou Trahymayre" : En 1753, le Curé note sur son acte de mariage : "il est resté pour fermier à Brunaves, La Capelle, avec Pierre Aguillon, le temps prescrit par les lois pour avoir le droit de domicile dans notre paroisse."

 7.25 - 1753 - Pendaison

Le 29e août mois courant jour de mercredy à six heures du soir à la place ordinaire, par arrêt de la Cour réformant la santence des officiers de la Canourgue, ville du Gévaudan, fut pendu et étranglé le nommé Pierre Boulet du Vivarais, jeune homme de l'âge de 26 à 28 ans, convaincu du crime de viol. La mort de ce jeune homme fut très édifiante et l'on peut dire que jamais prévenu n'a témoigné tant de regret d'avoir offensé Dieu, et tant de soumission à sa volonté, que celluy dont je marque le supplice. Source : Les Heures perdues de Pierre Barthès, répétiteur en Toulouse - Août 1753 - Volume 3, pp. 52-55.

 7.26 - 1760 - L'exercice maternel

"L'an mille sept cents soixante le vingt neuvième de septembre a été baptisé par moi vicaire de Ribennes soussigné Pierre xxx né ce matin au lieu de la Bessière sur cette paroisse dud Ribennes, fils naturel dun père inconnu qu'on a appellé Jean Roche du lieu de Mazel Paroisse des Laubies, sans que la mère ait été ouie, et le tout sur l'assertion du parrain et marraine, fils aussi naturel et légitime de Marie Anne Pascal du lieu de d'Albières sur cette paroisse ; ladite Marie Anne Pascal fille légitime et naturelle de feu Jean Pascal et d'Antoinette Moulin dudit lieu d'Albières ; son parrain a été Pierre Vilaret ; et sa marraine Marie Daudé dudit lieu de Bessière en présence de Jacques et d'Antoine Herbabessière dudit Ribennes qui n'ont seu signér, de ce requis en foy de quoy. Boudon vicaire"
Source : AD48 - Ribennes - edt126gg006/e0000106

 7.27 - Naître en France

Dans la France traditionnelle, les naissances ont lieu à la maison, jusqu’au XIXe siècle, voir plus. En général, on donnait la vie dans la salle commune, autour de la cheminée dont la chaleur était essentielle tant à la mère qu'à l’enfant.
La pièce est calfeutrée, pour se prémunir du froid ou empêcher les mauvais esprits d’entrer. La femme accouche sur un « lit de misère », toujours habillée et « à couvert », car il ne convient pas qu’elle se montre nue, même partiellement.
La parturiente est souvent une fille ou nièce de matrone, qui a appris son métier sur le tas et à qui il a suffi de réussir quelques accouchements pour gagner la confiance des villageoises.
Elle ne sait en général, ni lire ni écrire et le curé qui surveille ses compétences ne lui demande que de savoir réciter les formules du baptême, au cas où elle devrait ondoyer un nouveau-né.
Autour d’elle, parentes, amies, voisines sont accourues dès l’annonce des premières douleurs. Avant la naissance, ces « commères » aident à préparer le lit, les linges, le feu, l’eau chaude, le fil.
Pendant le travail, elles évoquent leurs propres couches, prient à haute voix et disposent les amulettes (ceinture de la Vierge, sachet d’accouchement, pierre d’aigle, bézoard ou rose de Jéricho) qui aident au travail et dissipent l’angoisse.
La douleur est considérée comme inévitable, en respect du précepte biblique « Tu enfanteras dans la douleur ».
Après la naissance, elles lavent et emmaillotent le bébé et préparent une soupe reconstituante pour l'accouchée. Les jours suivants, elles reviennent pour commenter l’événement et aider aux travaux domestiques. Cette solidarité féminine constitue un élément sécurisant dans le rite de passage angoissant qu’est une première naissance.
En principe, les hommes ne sont pas admis, sauf parfois le père, dont la force et l’expérience du vêlage des bêtes peuvent être utiles en cas d’accouchement difficile. Dans certaines régions, c’est lui qui, à la naissance, reçoit l’enfant dans sa propre chemise, toute chaude encore de sa chaleur. Ce geste signifie aussi que, dès la sortie du ventre maternel, c’est le père qui prend en charge sa socialisation.

À partir des années 1650, la « mode » de l’accoucheur se répand très lentement dans la noblesse, la bourgeoisie ou les grandes villes. Il réussira à s’imposer en travaillant avec de nouveaux instruments relativement efficaces : les leviers et forceps (mis au point conjointement en France et en Angleterre à la fin du XVIIe siècle) et qui permettront de donner naissance aux bébés qui avant seraient restés enclavés dans le bassin, provoquant la mort de leur mère. C’est un premier pas vers la médicalisation de la naissance mais malheureusement les matrones ou sages-femmes, même instruites, n’ont pas le droit d'utiliser ces instruments.
Malgré son climat chaleureux, l’accouchement d’autrefois reste donc souvent meurtrier : à cause de l’impuissance de la médecine ou de l’impéritie des matrones, on estime à 1 ou 2% la mortalité des femmes en couches dans la France du XVIIIe siècle. Ce risque se renouvelant à chaque grossesse et comme les femmes ont en moyenne cinq enfants, ce sont 10% des femmes en âge de procréer qui meurent à la suite d’un accouchement.

  • Françoise REMISE décède le 21 mars 1611 à ST CHÉLY D'AUBRAC (12), quatre jours après avoir mis au monde son premier enfant qui décèdera, à son tour, le 6 mai 1612, 3 mois 1/2 après le second mariage de son père.
  • Catherine RABIER épouse d'Antoine ANTERIEU aux HORTS, LA PARADE (48), est décédée entre 1637 et 1638, probablement en mettant au monde l'enfant dit posthume dans le testament de son époux (se croyant mourant), en 1637.
  • Magdeleine BOYER, épouse d'Antoine ROUJOU décède le 23 mai 1648 à LAPANOUSE DE SÉVERAC (12), 3 mois après son mariage et moins d'un mois après la naissance de son fils Antoine.
  • Jeanne ROUJON décède le 11 juillet 1655 à CHIRAC (48), à l'âge de 42 ans environ, après avoir mis au monde sa fille Marguerite DE LAVIGNE.
  • Catherine VINCENT décède le 12 janvier 1672 à RESSOUCHES, CHANAC (48), 15 jours après avoir mis au monde son fils Barthélémy MALIGE.
  • Catherine MALAFOSSE décède le 19 juin 1673 à CHANAC (48), aux environs de 45 ans, 4 jours après avoir mis au monde son fils Antoine né et décédé le jour même.
  • Jeanne MALAFOSSE décède le 18 avril 1674 à CHANAC (48) à 30 ans environ des suites de sa 1re couche.
  • Isabeau MALAVAL décède le 2 avril 1690 aux VIGNES, ST PRÉJET DU TARN (48), à 35 ans environ, 4 jours après avoir mis son fils Antoine SOLANET au monde.
  • Judith ALDEBERT décède le le 22 novembre 1690 à CHIRAC (48), à 38 ans, en mettant au monde Jacques DIEULOFES, après avoir eu au moins, 7 enfants.
  • Anne HERAIL née en 1672 à ST CHÉLY DE SÉVÉRAC (12), y décèdera, à 23 ans, le 9 janvier 1696, après avoir mis au monde son fils unique Louis FORESTIER. Le curé note "elle est morte en peine d'enfanter".
  • Marie RABIER décède, elle aussi, des suites de sa 1re couche, le 14 novembre 1700 à CHANAC (48), à 25 ans. Elle donne naissance à Marie BORREL qui se mariera à 12 ans avec André MALAVIOLE. Le couple aura au moins 12 enfants.
  • Margueritte GAZAGNES décède le le 10 octobre 1704 à CHANAC (48) à 44 ans, après avoir mis au monde son 11ème enfant, la veille.
  • Louise ROUJON (soeur jumelle de Jeanne) décède le 3 mai 1706 au MONASTIER PIN MORIÈS (48), à l'âge de 34 ans, une semaine après la naissance de sa fille unique Jeanne BONNET. Sur son acte d'inhumation, le Curé note : "est décédée bien contente ayant reçu les saints sacrements de pénitence, l'eucharistie et l'extrême onction".
  • Marie PRADEILLES décède le 24 janvier 1713 aux PERRIÈRES à LAVAL DU TARN (48), cinq jours après la naissance de son 3ème enfants.
  • Marie FLAVIER décède le 17 mars 1715 à HURES LA PARADE (48), à l’âge de 40 ans, 7 jours après avoir mis au monde des jumeaux.
  • Dauphine FAGES décède le 9 juillet 1716 au LIAUCOUS (12), à 44 ans, en mettant au monde son 6me enfant.
  • Marguerite MALZAC décède le 1er mars 1720 à CHANAC (48), à l’âge de 40 ans, 2 jours après avoir mis au monde son enfant.
  • Marie POUJOL épouse de Pierre CONTASTIN, née vers 1690 au MARCAYRES, ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48) décède le 16 octobre 1725 à 35 ans environ, après avoir mis au monde son 13ème enfant.
  • Marguerite FAGES (épouse d'Antoine PRADEILLES) décède le 2 février 1730 à LUEÏSSE, LAVAL DU TARN (48) à l’âge 22 ans environ, une semaine après son quatrième enfant au monde qui décèdera un an après.
  • Marie PAPAREL décède le 1er février 1739 aux CAYRELGUES, LA CAPELLE (48), une heure après avoir accouché de son premier enfant : sa fille Marie.
  • Catherine PAPAREL, soeur de Marie PAPAREL, décède en décembre 1746 à FONTJULIEN, LA CAPELLE (48), aux environs de 36 ans, après avoir mis au monde Etienne ROUJON, son 7ème enfant.
  • Suzanne EVESQUE décède le 28 février 1753 au CROS BAS, CHANAC (48) à 29 ans, le jour où elle met au monde son premier enfant. Ce fils : Antoine ROUJON, enfant posthume et donc orphelin, décèdera un mois plus tard.
  • Antoinette MERCADIER décède le 15 octobre 1757 à ARTIGUES, ST GENIEZ D'OLT (12), à 21 ans, quatre jours après avoir mis son premier enfant au monde.
  • Marie PRIVAT décède le 22 octobre 1770 à LA MALÈNE (48), à 30 ans environ, 20 jours après avoir mis au monde sa fille, Marie Justine PERSEGOL, qui décèdera elle aussi, par la suite.
  • Jeanne VAYSSIERE décède le 30 avril 1779 au BOURG DE CLAUZELLES (12), à 39 ans environ, deux jours après avoir donné naissance à sa fille Roze SOULASSOL qui décède le même jour.

En 1802, Jean Antoine CHAPTAL (Grand chimiste français et Ministre de l'Intérieur en 1801-04 sous Napoléon Bonaparte, originaire de BADAROUX - 48) crée l'école de sages-femmes et l'Hospice de la maternité de Paris.
En 1803, une formation sommaires sur les accouchements naturels est dispensée aux sages-femmes qui vont peu à peu remplacer les parturientes dans tout le pays.

  • Véronique DIDES décède le 21 décembre 1810 à MONTIGNAC, LA MALÈNE (48), à 36 ans environ, 20 jours après avoir mis son 1er enfant au monde.
  • Anne BATIFOL décède le 6 novembre 1811 à ST BONNET DE CHIRAC (48), à l’âge de ans, 6 jours après avoir mis au monde une enfant dite "enfant avorton" à sa naissance et qui n'a survécu qu'un seul jour.
  • Marianne ROUJON décède le 3 mars 1813 à LA VOLPILIÈRE, ST PIERRE DES TRIPIERS (48), 12 heures après avoir donné naissance à sa fille Rose. Cette dernière est née 6 mois après son frère Joseph.
  • Marie Jeanne REVERSAT épouse de Jean François SOLIGNAC dit "Grailhet" meurt au BESSET, ST PIERRE DE NOGARET (48), le 1/04/1816 des suites de couches, à 39 ans environ.
  • Marianne FORESTIER, épouse de Jean Antoine ROUJON, décède le 16 juillet 1818, au SAMONTA, NOVIS, à 27 ans environ, à 15h de l'après midi, après avoir mis au monde, le jour même, son fils Jean Antoine à 10h du matin.
  • Lucie ALLA décède le 22 septembre 1823 au CAYLAR, à LA CAPELLE (48), à l’âge de 36 ans, 10 jours après avoir mis au monde son 4ème enfant : Jean Baptiste.
  • Marianne BONNET décède le 15 avril 1836, au BEDOS, LA PARADE (48), 16 jours après avoir mis au monde son fils : Pierre Jean Fortuné JULIAN.

D’abord inventée pour la chirurgie, l’anesthésie est appliquée aux accouchements en 1847 et devient, en cela, un acte médical.
Aux Royaumes Unis, en 1853, c'est la reine Victoria qui, donnant naissance à son huitième enfant sous chloroforme, popularise l’accouchement « à la reine ».
Conscients des effets secondaires de l’anesthésie, les médecins français mettront plus longtemps à la pratiquer couramment, d'autant que la sophistication de plus en plus grande des méthodes d’anesthésie impose les accouchements à l’hôpital.
Vers 1881, il ne sera pas rare que nos sages-femmes de campagne, qui doivent faire face seules aux situations d’urgence, aient un forceps dans leur trousse.

  • Marie Louise DELTOUR décède le 31 août 1881 à MARVEJOLS (48), à l’âge de 38 ans, un mois et 2 jours après avoir mis au monde un enfant qui ne survivra qu'une année.
  • Marie Constance CAUSSE décède le 10 janvier 1902 dans sa maison située à LA FAGETTE, LA TIEULE, à l’âge de 33 ans, 36h00 après avoir mis au monde une enfant "mort née" (taux de consanguinité de cette dernière : 6,25 %).

L’évolution fondamentale qui a conduit les femmes à venir accoucher en milieu médicalisé et aseptisé a duré plusieurs siècles mais elle s’accélère à partir de 1952 et la majorité des accouchements a lieu désormais en milieu hospitalier. Paradoxalement, si la prise en charge de la douleur y est efficace et le danger de mourir en couches est presque totalement écarté, la chaleur amicale et sécurisante des anciens accouchements à la maison s’est perdue pour laisser place à l’espace anonyme et au personnel interchangeable...

 7.28 - 1762 - Déjà des sans-papiers...

Nous Gabriel ROCHE curé de Chanac, soussigné, n’ayant pas trouvé sur les registres curiaux de notre paroisse qui nous furent remis lors de notre entrée en ladite cure, enregistrement du baptême de Marie Jeanne BONNEFOUX fille légitime et naturelle d’Étienne BONENFOUX et de Suzanne MALAVIOLE mariés du lieu de Cros en notre paroisse, mais bien enregistrement de ses frères et sœurs, pour suppléer à cette omission, devant nous curé et M. M. Jean Pierre ODOUL et Jean Antoine CHURDON nos vicaires soussignés, se sont présentés ledit Étienne BONENFOUX père de ladite Marie Jeanne, et Louis VALERI tisserand dudit Chanac, et oncle de ladite MALAVIOLE, nous ont certifié savoir ledit BONNEFOUX qu’il se rappelait que ladite Marie Jeanne sa fille était née et baptisée dans le courant du mois de mai: et tant lui que ledit VELRI, que ladite Marie Jeanne étaient de même âge, à quelques mois près, que Catherine ROUJON sa voisine dudit lieu du Cros: et nous avons trouvé que ladite Catherine ROUJON était née et baptisée le quatre d’août mille sept cent soixante-deux, d’où il nous conte que ladite Marie Jeanne BONNEFOUX naquit et fut baptisée dans le mois de mai de l’an mille sept cent soixante-deux; en foi de tout quoi, nous avons signé audit Chanac le sept de mai mille sept cent quatre-vingt-six: ledit BONNEFOUX père a signé avec nous: ledit VALERI n’ayant su signer de ce requis. Cf Registre de Chanac, Lozère, 07/05/1786 - EDT039GG_003_e000199.jpg

 7.29 - 1764-1767 - La Bête du Gévaudan

Il n'est pas de bon ton, en Gévaudan, de se moquer des légendes et encore moins de celle de « La Bête » qui est une histoire vraie !
Cette mystérieuse bête féroce décrite comme "un loup géant plus ou moins croisé de lynx, de hyène et d'ours marchant parfois sur ses pattes de derrière" terrorisa la région entre juillet 1764 et juin 1767 et fit une centaine de victimes dont la 1re, Jeanne Boulet, âgée de 14 ans, du hameau des Hubacs paroisse de St Etienne de Lugdarès (Ardèche) fut retrouvée à Pranlac, sur la commune de Luc, à proximité des "Hubacs" et dont la plupart ont été des jeunes filles ou des enfants.

Puis les attaques se concentrent un temps sur le pourtour de la forêt de Mercoire au sud de Langogne : à Masméjean, paroisse de la Bastide-Puylaurent, au Cheylard l'Évêque, aux Estrets d'Arzenc-de-Randon, puis près de St-Flour de Mercoire.
La bête quitte ensuite ce secteur pour se cantonner plus au nord ouest dans la région de St-Chély-d'Apcher qui va lui payer un lourd tribu jusqu'à la fin de 1764, toujours à l'encontre de femmes ou d'enfants.

"L'an 1764 et le neuvième jour du mois de septembre a esté enterrée Magdelaine Mauras fille a feu Jean et xxxx Pages de Pierrefiche agée denviron douze ans, sétant ches Jean Baptiste Mauras du lieu des Thorts dans cette paroisse, son oncle, dont le corps a esté trouvé le 29 e dud mois, rongé au col et au sein par la bete qui fait des ravages depuis cinq mois dans ce diocèse et qui legorgea quand elle se trouvait conduire le bétail de son oncle sur les 4 heures et demi du soir. Le reste de son corps auquel il manquait aussi un bras arraché et mangé par la dite bete a esté mis au cimetière de cette paroisse de Rocles tombeau des ancetres de son pere. Presents a ce Jean St Jean, Jean Pierre Bouet et Pierre Martin fils a feu Antoine dud lieu des Thorts, illeteres de ce enquis par moy." D'Aubignac prieur - Source : Rocles – edt129gg012/0000010 - www.lozere-histoire-genealogie.com

Le 12 janvier 1765, 7 enfants gardent leurs vaches à côté du village du Villeret paroisse de Chanaleilles, au pacage dit des Coutasseyres lorsque :
"Ils ne virent la bête que lorsqu'elle fut sur eux. Ils se rassemblèrent, firent le signe de la croix, ôtèrent les gaines de leurs baïonnettes. Le petit Portefaix prit le commandement. Il se plaça devant avec les deux plus grands, mit les filles derrière et les deux plus jeunes derrière les filles. Ils viraient sur place, pour faire face à la bête qui tournoyait autour d'eux. Soudain elle sauta sur un des petitous. Les trois grands bondirent sur elle, cherchant à l'embrocher. Mais leurs méchantes lames ne lui entraient pas dans le corps. Ils vinrent cependant à bout de l'écarter. Elle se retira à deux pas, emportant un lambeau de la joue du petit, et elle le mangea devant eux.
Après quoi elle revint avec plus de fureur, tournant toujours autour de la troupe. D'un coup de museau, elle renversa le plus jeune des enfants; chassée, elle se jeta derechef sur lui, le blessa à la face, fut chassée encore, mais le ressaisit par le bras et cette fois l'entraîna.
Un des grands avait perdu coeur , voyant à la joue d'un de ses camarades ruisseler tout ce sang; et voilà que l'autre était emporté par la bête.... Il dit qu'il leur fallait laisser manger celui-là, et, eux profiter de ce temps pour se sauver.
Portefaix fut vaillant. Il leur cria de venir, qu'ils délivreraient leur camarade ou qu'ils mourraient avec lui. Tous le suivirent, même le blessé qui saignait, et avec lui coururent après la bête. Mais bien que traînant ce petit qu'elle avait saisi par le bras, la bête courait plus vite qu'eux.
Portefaix fit passer un des grands d'un côté, passa, lui, de l'autre, afin que la bête prît son chemin par une fondrière. Empêtrée dans la bourbe, les joncs et l'eau, elle dut ralentir l'allure. Les enfants purent la rejoindre. Ne vous amusez plus à la piquer par derrière, cria Portefaix, donnez lui en par la tête, dans la gueule, si vous pouvez, et dans les yeux !
Les yeux, ils n'arrivèrent pas à les rencontrer ; quant à la gueule, qu'elle gardait sans cesse ouverte, ils y allongèrent plusieurs coups. Toutes ces pointes à éviter donnaient assez d'affaires à la bête. Elle continuait à tenir le petit sous sa patte, mais elle n'avait plus le temps de le déchirer. Ce qu'elle put, ce fut de saisir entre ses dents la baïonnette de Portefaix et elle la faussa. A un coup heureux qu'il lui porta, elle fit un saut en arrière, abandonnant cette fois le petit dans la sagne. Portefaix passa aussitôt entre elle et lui, qui se releva et s'accrocha au pan de sa veste. La bête se retira sur un tertre. Enhardis, les enfants l'y poursuivirent et, enfin, ils la mirent en fuite."

La vaillance comme elle se fait aimer, toujours. C'est que l'homme est né pour le courage. Non pas pour cela seulement, mais pour cela d'abord. Le petit Portefaix fut fêté. Le Roi le fit récompenser et envoyer aux écoles; il devint officier d'artillerie. Source : Henri Pourrat - Histoire fidèle de la bête en Gévaudan.

Louise Hugon : tuée à Ally le 4 mars 1765. Elle est née le 17 avril 1723 à Clavières. Elle a épousé Pierre Parin (meunier) le 2 février 1751 à Clavières. Ils ont eu 6 enfants, nés entre 1753 et 1763 à Ally : Martin, Jean, François, François, Charlotte et Jean. Louise avait donc presque 42 ans quand elle a été tuée par la bête.

"jean pierre jouve fils de pierre jouve et de jeanne chastan (chastan est barré et un renvoi précise que le nom est Marlet) de Jerluc habitans a la veissiere age d'environ six ans est mort le dix neuf Mars mille sept cent soixante cinq des blessures qu'il avait recü de la bete feroce le quatorze et a ete inhumé au cimetiere de la paroisse le vingt Mars dudit presents MM les vicaires. Beraud Curé, Dauce Vicaire, Ferriere Vicaire - Source : SAINT ALBAN SUR LIMAGNOLE EDT132GG_006_e0000124sur127_1747-1786
http://gw.geneanet.org/joshac?lang=fr;p=jean+pierre;n=jouve & http://gw.geneanet.org/alaindepeut?lang=fr&v=JOUVE&m=N

Le curé de St Alban, mis au courant de l'attaque de la bête contre Jeanne Jouve et ses enfants, se rendit à son chevet et rédigea un rapport pour l'évêque de Mende.

A St Alban, le 14 mars 1765.
Mgr l'Évêque, je dois à votre grandeur le récit circonstancié du spectacle mémorable qu'une mère généreuse vient de nous donner dans la paroisse. Elle a défendu peut-être une demi-heure deux de ses enfants attaqués par la trop fameuse Bête féroce et elle lui en a arraché un troisième à plusieurs reprises, mais blessé dangereusement.
Jeanne Chastang, femme de Pierre Jouve est cette mère malheureuse qui mérite un meilleur sort. Mère de six enfants dans son septième lustre d'une faible et mince complexion, elle avait trois de ses enfants autour d'elle à l'heure d'environ midi dans un jardin au devant de sa demeure à dix pas. Elle faisait avec eux son petit dîner en leur faisant prendre le soleil. Elle se retirait vers la maison et était déjà à la porte du jardin, un petit garçon de six ans devant elle et à ses côtés une fille de 9 ans qui portait dans ses bras un petit frère d'environ quatorze mois. Elle entend tomber une pierre de la muraille et se retournant, elle voit sa fille prise par la Bête au bras et renversée sous ses yeux avec le petit qui était entre ses mains. Cette petite fille serre davantage ce petit enfant dans ses bras et s'attache à le conserver. La mère s'oubliant elle-même et ne remarquant même pas le péril se jette courageusement sur la Bête et la force à lâcher le bras de la fille, qui se relève et s'efforce d'éloigner l'animal à coup de pied, n'ayant pas la liberté des bras. Le féroce animal revient à la charge contre cette fille et le dépôt et les jette à la muraille. La mère les couvre de son corps et les garantit, mais elle n'a pas le temps de craindre pour ce petit garçon qui se trouvait derrière elle, occupée à défendre les deux autres.
Elle n'est appelée à lui que par le bond de l'animal, qu'elle voit se lancer sur lui. Elle se jette comme un éclair conte lui et la Bête la prend de ses griffes par le bras et la renverse et vole sur l'enfant, qui invoque sa mère et l'aide par ses cris à se relever. Le courage seul la dirige et lui inspire les expédients. Elle s'élance de côté sur l'animal, le serre de ses genoux et lui presse le col contre sa poitrine de ses faibles bras. L'animal tombe et s'agite, et secoue cette femme, qui se relève et revient au combat. Le combat recommence jusqu'à huit et dix fois. La mère reçoit des coups de griffes sur sa poitrine et autour de son corps ; elle est serrée violemment au bras. La coiffure lui est arrachée et elle est jetée à terre encore plusieurs fois. Et le petit garçon étant vers le milieu du jardin, la mère accourt pour l'arracher à l'animal et le fait lâcher. Mais il est repris et la mère attaquée de nouveau et renversée et l'enfant est porté au bout du jardin. La tendre mère se relève armée d'une pierre, vole sur la bête et se mesure de nouveau avec elle en la frappant sur la tête à coups réitérés. Elle est encore renversée et son cher enfant emporté hors du jardin à travers des broussailles qui le ferment de ce côté. En un point où elles ne joignent pas exactement, la mère attend la bête au passage et la prend par un pied de derrière, mais elle ne peut la retenir. Elle la suit par la demi-ouverture de la haie et saute haut de près d'une toise aux pieds de son enfant que la bête tenait par la tête et s'efforce de le ravir à sa fureur. Mais en vain l'animal lui souffle avec véhémence au visage et sautant encore dans un pré y transporte l'enfant que la mère n'abandonne point. Elle saute aussi ; mais l'enfant est transporté loin de cent pas. La mère court vers son cher objet invoquant le ciel et ne pouvant faire parvenir ses cris jusqu'au domaine où est le reste de la famille.
Heureusement ses deux premiers fils se préparent dans le même moment à mener paître le troupeau. Le plus jeune, âgé d'environ treize ans, se trouve à la porte de l'étable, son espèce d'hallebarde à la main, entend les cris de sa mère et y répond en y accourant, le chien avec lui. Le dogue le prévient, assaille la Bête à la tête et la renverse à terre. L'enfant arrive, donne par derrière à la Bête un coup de sa hallebarde qui n'entre point ; mais la Bête lâche l'enfant et monte en un champ. Le chien monte avec elle et l'attaque encore ; mais l'animal le rejette à quatre pas et disparaît. Le petit garçon se relève couvert de son sang et court vers sa mère qui était arrivée sur le lieu, lui demandant de le délivrer de cette Bête dans la gueule de laquelle il se croyait encore. Elle n'a pas remarqué son autre fils qui était accouru, sinon lorsqu'elle l'a vu auprès de la Bête la frapper, sa tendresse l'exposait encore.
Le petit garçon a le nez emporté jusqu'à la racine, assez avant dans la tête pour faire craindre qu'il ne puisse pas guérir. Il a du reste la peau extérieure du crâne emportée par derrière, non au milieu. La mère et sa petite fille n'ont aucune plaie. Béraud curé de St Alban

Jeanne Chastang de la Bessière (St Alban), mère du petit Pierre Jouve victime de la bête le 19 mars 1765, était mentionnée par le curé Béraud dans une lettre où il tentait de la faire récompenser comme étant dans son « septième lustre ». Un lustre est égal à 5 ans, ce qui veut dire qu'elle avait entre 30 et 35 ans, ce que confirme sa date de naissance puisqu'elle était née en 1732 (33 ans donc en 1765).
L'enfant de Jeanne Jouve mourut de ses blessures trois jours après le combat de sa mère contre la bête.

Le roi fut informé de cette attaque et décida d'accorder une récompense à cette mère si courageuse ainsi que l'indique une lettre du ministre M. de St Florentin à l'intendant du Languedoc M. de St Priest.
A Versailles, le 30 mars 1765. J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire en m'envoyant l'extrait de celle que vous avez écrite M. de Morangiès. Le roi à qui j'ai rendu compte des faits qu'elle contient a cru devoir récompenser le courage avec lequel la femme de Pierre Jouve a défendu ses enfants ; et sa Majesté m'a chargé de vous marquer qu'elle voulait lui accorder une gratification de 300 livres. M. le contrôleur général doit pourvoir au payement de cette somme. St Florentin

Ordonnance : Marie-joseph-Emanuel de Guignard de St Priest, chevalier, seigneur d'Avilet, Renage, Beaucroissant et autres lieux, conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, intendant de justice, police et finance en la province du Languedoc.
Vu la lettre à nous adressée par M. le contrôleur général, le premier de ce mois par laquelle ce ministre nous instruit qu'il a plu au roi de l'autoriser à faire payer, à titre de secours, à la femme du nommé Pierre Jouve, rentier du domaine de la Bessière, dépendante de la paroisse de St Alban, la somme de trois cents livres; en considération des marques surnaturelles de courage qu'elle a données, malgré sa faible complexion pour défendre ses enfants en bas âge des attaques de la Bête féroce qui ravage le Gévaudan.
Nous ordonnons que la délivrance de ladite somme de trois cents livres sera faite à la femme du nommé Pierre Jouve, par le sieur trésorier de la Province, qui en sera remboursé sur l'état que nous adresserons au Ministre de toutes les dépenses relatives au même objet, conformément à ce qui nous a été marqué précédemment par M. le contrôleur général. Fait à Montpellier, le 10 avril 1765 - St Priest

"agnès giral de la Roche fille d'env douze ans a eté devorée par la bête feroce au lieu de Mézerie (Mezery) paroisse de St Denis le quatre Avril mille sept cent soixante cinq et enterrée en lad. paroisse de St Denis. Beraud Curé, Ferriere Vicaire - Source : SAINT ALBAN SUR LIMAGNOLE EDT132GG_006_e0000124sur127_1747-1786. Agnès Giral est originaire de Lajo (48).

Ah ! Qu'ils auraient aimé, en ce temps là, avoir le Chien légendaire nommé « Géant » de la paroisse d'ALTRENAS (ANTRENAS - 48) qui, dit-on, chassait tous les loups et protégeait les troupeaux, dans les années 1415-17. On disait aussi de lui qu’il était « à vingt lieues à la ronde la terreur des maraudeurs et des coquins de tout acabit ».

L'évêque de Mende ordonna en vain des prières publiques et bientôt l'idée que cette bête fut l'instrument d'une vengeance divine ou l'incarnation du diable apparut.
Ému par les récits venant du Gévaudan, le roi Louis XV envoya son premier arquebusier accompagné de chasseurs sans aucun succès. Seule une balle bénite mit fin au carnage le 19 juin 1767.

 7.30 - 1766 - Le bagne de Rochefort

Seuls les bagnes de Brest et Rochefort reçoivent les condamnés à perpétuité et Toulon les peines inférieures à dix ans. Celui de Rochefort, ouvert en 1766, a été conçu pour 500 forçats.

 7.31 - 1772 - Assassinat de Me Romain DIEULOFÈS, prêtre

L'an 1772 le trente et un décembre sur les sept heures du matin est mort Maître Romain Dieulofès prêtre et prieur curé de la présente paroisse de Ribennes et a été enterré ce jourd'hui 1er janvier 1773 dans l'église paroissiale, tombeau de ses prédécesseurs sur l'heure de onze heures du matin, vinte huit heures après son décès par moy Jean Pierre Clauson vicaire dud Ribennes… edt126gg006/0000248 – Ribennes - http://www.lozere-histoire-genealogie.com
Pourtant, ce que cet acte ne dit pas, c'est que Me Romain Dieulofès fut sauvagement égorgé, dans son sommeil ou juste à son lever le 31/12/1772 vers 7 heures le matin. Sa servante et son frère furent inquiétés, remis à la justice, interrogés, et probablement inculpés. Voir série Justice 20 B article 5 des AD Lozère.

 7.32 - L'indépendance américaine

(à construire) Le roi Louis XVI, Roi de France et de Navarre de 1774 jusqu'en 1792 (avant d'être condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution à Paris), charge le comte Charles Henri d'Estaing de commander la flotte envoyée en aide aux insurgents américains, dans la guerre de l'indépendance américaine. À la tête de 12 vaisseaux de ligne et de 5 frégates, il transporte avec lui plus de 10 000 marins et un millier de soldats. La Flotte du Levant quitte le Toulon le 13 avril 1778 pour arriver au large de Newport (Rhode Island) le 29 juillet suivant. Hormis une victoire à La Grenade, le commandement du vice-amiral Charles Henri d'Estaing se caractérise outre-atlantique par une série d'échecs cuisants pour la France, illustrée notamment par le Siège de Savannah au cours de laquelle il perd 5 000 hommes.

En 1779, Necker crée l’Assemblée provinciale de Haute Guyenne sur le territoire de généralité de MONTAUBAN (le Quercy et le Rouergue), avec pour capitale VILLEFRANCHE DE ROUERGUE (12). Cette Assemblée remplaçait les États provinciaux du Rouergue, du Quercy et le la vicomté de Turenne. Elle était composée de 52 membres : 10 membres du clergé, 16 nobles propriétaires et 26 représentants du tiers état (13 propriétaires habitant les villes et 13 propriétaires habitant la campagne), et présidée par l'évêque de Rodez. Seize de ces membres étaient nommés directement par le roi (les évêques de RODEZ, de CAHORS, de MONTAUBAN et de VABRES, cinq nobles et sept députés du tiers état), et devaient désigner les trente-six autres membres afin de former l'assemblée au complet. Elle était principalement chargée de l'impôt, du commerce et des travaux publics... Et c'est dans ce cadre qu'elle s'attela à réformer le cadastre de la province qui servait de base à l'imposition de la taille. Dès lors, le cadastre moderne va séparer l'aspect fiscal de l'aspect topographique, appliquer des techniques rigoureuses appliquées, confectionner des plans parcellaires et des registres fiscaux détaillés...

 7.33 - 1784 - La ville de Rodez s'envole dans le ciel

Le 4 juin 1783 : est la date de la première expérience officielle d'envol d’un aérostat dans les airs, lancée par les frères Joseph et Étienne de Montgolfier, à Annonay. Pour la 1ère fois au monde, un ballon gonflé à l’air chaud s’élève dans le ciel. En 10 minutes, il monte à 1000 mètres de haut, avant de retomber dans une vigne, à 3 km de son point de départ.

Le 21 novembre 1783 : Pilâtre de Rozier et le marquis François Laurent d'Arlandes effectuent le premier vol humain de l'histoire, en montgolfière, avec un ballon des frères Montgolfier. L’envol se fait au château de la Muette, "sur" les yeux de Louis XVI. Les deux aventuriers survolent Paris à plus de 1 000 mètres d'altitude, avant d'atterrir sains et saufs non loin de l’actuelle place d’Italie.

Impressionné par l'exploit de Pilâtre de Rozier et du Marquis d'Arlandes, Charles Carnus, Prêtre et professeur au Collège royal de RODEZ (12), construit avec ses élèves la première montgolfière aveyronnaise. Ils la baptisent « Ville de Rodez ». Le 22 juillet 1784, ils firent un premier test avec une montgolfière inhabitée qui s'avère décevant en atterrissant juste en dehors de la ville.
Le 6 août 1784, après avoir réalisé les quelques modifications nécessaires, il prend l'air après 7 minutes de feu. La "Ville de Rodez" s'envola dans le ciel et parcourut une quinzaine de kilomètres, jusqu'au village d'Inières près de SAINTE RADEGONDE (12).

Charles Carnus fut la quatrième personne au monde à fabriquer une montgolfière.
Il est né le 30 mai 1749 à PEYRINHAC près de SALLES LA SOURCE (12). Il entre au Collège royal de RODEZ et poursuit ses études à Paris au Collège des Trente Trois. Il est ordonné prêtre en 1773 et est ensuite admis au Collège de NAVARRE. Il revient ensuite dans le Rouergue où il enseigne la théologie, puis la physique au Collège royal de RODEZ. Il est élu membre à vie de la société de NAVARRE et dès 1781, donne des conférences à la Société ruthénoise. Dans le domaine de la spéléologie, il explora plusieurs cavités du Ruthénois (12) dont le Tindoul de la Vayssière, sur le causse Comtal non loin de son village natal, en 1785, les grottes de Solsac, dont la plus connue est celle de Bouche Rolland en 1788...
En désaccord avec la Constitution civile du clergé, il souscrit aux Cahiers de doléances du clergé en 1789. Il se réfugie à Paris, au Séminaire des Trente Trois mais est dénoncé. Il est arrêté et incarcéré au Séminaire de Saint Firmin qui servait alors de prison. Il est exécuté le 3 septembre 1792 à Paris, lors des massacres de Septembre.

 7.34 - 1787 - L’édit de tolérance

 7.35 - 1790 - La femme dévorée par quelque bête féroce - AURELLE VERLAC (48)

femme_devoree_Aurelle_Verlac_1.jpg

L'an mil sept cent quatre vingt dix et le neuf février a été enterrée dans le cimetière de cette paroisse une femme qu'on trouva morte et dévorée par quelque bête féroce à l'exception de la tête et des bras au quatrième doigt d'un desquels il y avait un anneau (...) le six du présent mois Jeanne Gintou du Mas nouvel paroisse de Saint-Geniez soeur de la morte l'ayant reconnue nous a déclaré qu'elle s'appelloit Marianne Gintou veuve de Jean Cayzac dud(it) village, et Mr Rouquayrol curé de St Geniez nous a marqué qu'elle étoit imbécille et attaquée d'apoplexie en conséquence nous avons inhumé les restes du cadavre comme ayant péri dans une attaque, le tout en présence de Jean-Pierre Cavalié du Bouyssou et Sylvestre Touzeri de Naves qui requis de signer ont dit ne sçavoir.
Retrouvé par François Aliquot dans les archives d'Aurelle-Verlac - www.aurelle-verlac.com/etatcivil/devoree.htm

Si on tente, aujourd'hui, de revaloriser l’image du loup avec son retour dans les Alpes, nécessaire à la biodiversité, il ne faut pas s'étonner des tensions que cela engendre entre les acteurs des espaces pastoraux et les gestionnaires de l’environnement. Et pour comprendre, il suffit simplement de remonter dans l'Histoire, époque durant laquelle les attaques de loups étaient terribles pour les troupeaux mais aussi, parfois, pour les paysans même. Durant des siècles, ce prédateur a été classé parmi les plus nuisibles pour l’homme. Certains affirment que les ravages de ce « mangeur d’hommes » se retrouvent, en France, dans plus de 3 000 actes de décès, entre la guerre de Cent Ans, en 1420 à celle de 1914.

Mais un tel chiffre est purement spéculatif et n'a absolument rien de tangible car il est obligatoirement très largement sous-estimé. Un tel recensement ne peut être fourni qu'avec des actes de décès qui ont été lus. Hors :

  • La tenue des registres paroissiaux de sépulture n'ont été imposées aux chrétiens qu'en mai 1579 par l'ordonnance de BLOIS ;
  • Ce n'est qu'à partir de 1792 (lors de la création des communes) que les registres d'État Civil vont enfin concerner toutes les religions et personnes civiles ;
  • De plus, il ne concerne que les archives ou registres qui ont été conservés dans le temps (la Révolution a, par exemple, ravagé une grande majorité d'entre eux en même temps que les bâtiments qui les abritaient...) et que l'on a su protéger des autres formes de destruction (moisissures...) ;
  • La lisibilité des actes n'est pas toujours évidente, non déchirés, non tachés d'encre, langage latin...) ;
  • Et surtout, un tel chiffre ne peut référencer que les actes qui, à la fois, ont été individuellement dépouillés, retranscrits (compris et retransmis sans erreur) et collectés à ce jour et où la cause de décès était mentionnée, ce qui est extrêmement rarement le cas !

Vandalisme au parc du Gévaudan
Dans la nuit du 7 au 8 mars 2016, six loups s'étaient échappés du Parc de Sainte Lucie, proche de MARVEJOLS, en Lozère en franchissant la clôture cisaillée par un acte de vandalisme. Ces loups de Mongolie, élevés en captivité, sont incapables de se débrouiller seuls dans la nature. Depuis leur échappée une équipe d'une dizaine de personnes s'est mobilisée jour et nuit, dont le personnel de la Selo (société mixte du gère le parc) pour tenter de les récupérer après une battue autorisée par le préfet avec possibilité de les abattre, si les loups se retrouvent trop près des lieux habités, constituant donc un véritable danger. Ce qui fut fait pour trois d'entre eux, deux autres loups sont rentrés de eux-même, le dernier, ce mardi matin 15/03/2016. Un seul animal erre donc encore dans les alentours.

 7.36 - La bête des VAYSSETTES - ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48)

Si vous passez par LE BOUQUET à ST GEORGES DE LÉVÉJAC (48), aujourd'hui encore, les anciens vous parleront encore certainement de « la bête des VAYSSETTES », celle qui hantait la lavogne et criait la nuit...
On l'entendait même de LA BARRAQUE DE TRÉMOLET (à 3 km) et de SOULAGES (à 4 km). Peur ou superstition, tous redoutaient cette mare.
On raconte, par exemple, qu'un habitant du BOUQUET traversant, en pleine nuit, les VAYSSETTES, un peu éméché, fut tout à coup dégrisé par le cri de la bête.
Affolé, c'est en courant qu'il voulut regagner le village, au milieu des bois... Quand, tout à coup, il se sentit retenu par l'arrière, quelque chose avait attrapé sa blouse.
Terrifié et affolé, pensant que sa dernière heure était venue, il quitta précipitamment son veston et rejoignit son domicile sans demander son reste.
Le lendemain, les plus téméraires des habitants se rendirent sur les lieux et retrouvèrent la blouse... déchirée et retenue par les ronces...

ST GEORGES DE LÉVÉJAC est un village étalé que l'on découvre à merveille du Point Sublime. Situé sur le Causse de Sauveterre, les Gorges du Tarn lui servent d'écrin, en toile de fond. Plus qu'ailleurs, on sent dans ce royaume, un vent de liberté sauvage traverser nos entrailles où l'on peut encore croiser, au détour des chemins quelques rares sangliers, mouflons ou lièvres, peut-être...
LONGUELOUVE est une maison seule au milieu de la forêt, à l'abandon, qui se localise entre Les Monziols et la Baraque de la Lavagne.
LA PIGUIÈRE est un hameau sur le Causse de Sauveterre rattaché à la commune de Saint Georges de Lévéjac.
En juillet 1986, le MAS ROUCH, comme sa voisine LA CALCIDOUZE a eu très chaud... Le feu qui ravagea les Gorges n'était qu'à quelques mètres...

 7.37 - Population par tranche d'âge de 1700 à 1800

Sur la période de 1700 à 1800 : l'arbre compte 771 personnes (au 25/10/2013) dont 431 sont des hommes et 340 des femmes.

67personnes se trouvent dans la tranche des 0- 9 ans=> 8,7 %
116personnes se trouvent dans la tranche des 10-19 ans=> 15,3 %
137personnes se trouvent dans la tranche des 20-29 ans=> 17,6 %
107personnes se trouvent dans la tranche des 30-39 ans=> 13,8 %
114personnes se trouvent dans la tranche des 40-49 ans=> 14,8 %
103personnes se trouvent dans la tranche des 50-59 ans=> 13,7 %
67personnes se trouvent dans la tranche des 60-69 ans=> 8,7 %
46personnes se trouvent dans la tranche des 70-79 ans=> 5,8 %
14personnes se trouvent dans la tranche des 80-89 ans=> 1,7 %

 7.38 - La mortalité infantile sous l'Ancien Régime

Sous l'ancien régime jusqu'à la fin du XIXe siècle, toute la France, est face au problème de la mortalité infantile. Dans une société régulièrement gangrénée par des périodes de grands froids, la misère, les guerres et les maladies contagieuses, l'homme fruste de la campagne répond à la violence par la violence et les meurtres de nouveau-nés ne sont pas exceptionnels.
Célibataires, adultères ou veuves, des milliers de femmes ont été jugées coupables pour ce crime en France. Pour tenter d'enrayer ce trop grand nombre d'infanticides, les mères portant des fruits illégitimes sont tenues de faire la déclaration de leur grossesse devant la justice dès le XIIIe siècle. En 1556, l’édit d’Henri II pose une règlementation plus précise. Dans son édit de 1708, Louis XIV prévoit même que cette loi soit lue par les curés, aux prônes des messes paroissiales, tous les trois mois. Cette règlementation sera périodiquement renouvelée jusqu'à la Révolution.

En moyenne 22% des enfants mouraient entre 0 et 1 ans et 15% des enfants mouraient entre 1 et 2 ans. Au total 51% des enfants mouraient entre 0 et 10 ans. Seul un enfant sur deux dépassait l'age de 10 ans !

Infanticide au Villard (48)
L'an mille sept cens dix huit et le vingt huitieme avril nous soussignés estienne Saltel Curé du villar ayant esté assisté par Jean huguet Colomb agé de 14 ans dudit lieu que laurent laget meunier lehuy amoi este venu le tiré de Dessus la chaussée du moulin du villar un enfant mort enveloppé avec de langes l'etoffe font grossieres le epaisses en laquelle chaussée il serais ancré dans l'eau qourant de la riviere Y nageant nous nous y sommes transportés le ayant faiz avec les Mrs officiers de la Justice de chanac quy sons venus avec Ms Rouion chirurgien fils qui a dit que ledit enfant paraissait avoir 11 mois de naissance, avons donné a propos de lEnterrer dans le Cimetiere de l'Eglise paroissiale dudit Villar sur la presomption de son baptême, Ce qu'avons fait ledit jour avec les ceremonies du rituel romain en presence dEstienne Tabusse de pierre Colomb du villard qui se sont signés avec nous curé. Saltel Curé
Source : Registre paroissial - EDT196-GG - article 1 - (photo 14)

1767 - Rappel de l'édit de sa Majeste Henri II contre les accouchements cachés
Edit_de_sa_majeste_contre_accouchements_caches_1.jpg

On peut cependant constater qu'à partir des années 1780, le taux de mortalité s'améliore et passe à 49%. Meilleurs soins ? meilleur nourriture ? Passé cette barrière de mortalité infantile, on vivait "relativement vieux". Aussi, vaut-il mieux rester dans un cadre d'interprétations généralistes pour les moyennes d'âge.

 7.39 - Enfants naturels, légitimes ou adultérins

  • Quand un enfant est né de deux personnes mariées entre elles, on parle d'enfant naturel et légitime.
  • Quand l'enfant est issu de deux personnes non mariées, on parle d'enfant naturel. Sur un acte de naissance la mention marginale N.N.R. signifie « Naturel Non Reconnu » (père inconnu ou non déclaré).
  • Un enfant adultérin ou illégitime est un enfant conçu dans le cadre d'une relation adultérine, c'est-à-dire en dehors du mariage dans lequel au moins un des parents est déjà engagé. L'enfant sera donc réputé adultérin si la mère est déjà mariée et refuse de dévoiler le nom du père du nouveau-né.

Nombre de Rois de France ont eu des enfants illégitimes : Charles VII, François Ier, Charles IX, Henri IV...
Les Capétiens étaient coureurs mais pas un d'eux n'eut l'idée d'élever jusqu'à lui jusqu'à lui, au point d'en faire des princes ou des demi-princes. Henri IV, lui-même, paillard et ennemi de l'étiquette s'il en fut, qui faisait élever en commun, à St Germain, ses quatorze enfants nés de cinq mères différentes, avait soigneusement réservé les droits des légitimes et s'était contenté de faire ducs, deux de ses plus chers bâtards.

La distinction entre enfants naturels et légitimes, conçus dans le cadre du mariage et les enfants adultérins a une place importante dans les civilisations dont les structures sociales ou religieuses sont fondées sur le couple. Un enfant adultérin est également appelé, dans l'acception historique des enfants royaux illégitimes, « bâtard », terme qui est longtemps resté une insulte.

Louis XIV est le premier a avoir voulu élever ses bâtards dans l'échelle sociale. Après avoir égalé le record de son grand père avec treize enfants naturels, nés de trois mères différentes : Louise De La Vallière, Marie Angélique De Fontanges et Athénaïs De Montespan. Cinq ont survécu, ce qui est beaucoup si l'on songe que le Roi a perdu cinq de ses six enfants légitimes, bien souvent victimes du zèle aveugle des médecins dont l'ignorance causait des ravages.
Et au grand scandale de toute une époque pour laquelle le mariage était sacré et définitif.

L'enfant peut être légitimé après sa naissance, par exemple, lors du mariage de sa mère, par une reconnaissance de paternité de l'époux (laquelle n'induit pas nécessairement que ce dernier soit le père biologique de l'enfant, mais qu'il en accepte les obligations légales).

1772 - ST GEORGES DE LÉVÉJAC - Registres paroissial EDT154GG_005_e0000005sur12_1772-1773
Le trentieme decembre mil sept cens septante deux avons guillaume mathieu prêtre et curé de la paroisse de st georges de levejac present diocese de mende nous a été presentée a la porte de notre eglise parroissialle par jacques galtier et marie malaval son epouse du village de soulages une fille née led jour pour luy faire recevoir le st bateme et ayant interrogé led parrain et marraine a qui appartenoit cette fille, mont repondu quayant loissé pour servante marie galtier leur fille che placide rouvelet du village des fons en lad parroisse elle aurait été gratifée par led placide rouvelet que le malheur etant arrivé led galtier pere porta sa plainte devant monsieur Coste sa [...] requette a lui presenté sous sa dicte pour faire entendre sad fille et lad audition faite lad marie galtier dit et declara netoie enceinte que des soins dud placide rouvelet qui leur voit previdée pour son malheur et depuis cette epoque led placide rouvelet savoit passé acte devand led galtier sous sa dicte par lequel il se reconnait le pere de cette fille et promet de lindemniser pour punition de son odieuse action et le [...] de ses oeuvres avec lad marie galtier et de la placer en lieu assuré non equivoque ny [...] pour la consevation de cette fille en consequence de quoy leur avons administre le sacrement du bateme a laquelle nous avons donné le nom de marie le susdit jour et an et se sont chargé en parrain et marraine de nostre parroisse [...] quil sera par nous requis [...] produire au chargement de cette fille [...] son pere paternel les placera de tout fait en presence de guillaume vernhet habitant dud lieu de pierre jean tremoulet des fons de françois maury de soulages et de antoine seguin de soulages soussignés avec nous curé ledit parrain et marraine illeteres.

http://books.google.fr/books?id=rryhJoaM93cC&pg=PA312&lpg=PA312&dq=infanticide+histoire+loz%C3%A8re&source=bl&ots=8gCG4tYt43&sig=7-LRorJT3pR8L2fMeOTt3MWMHEc&hl=fr&sa=X&ei=p-ifT6bSJoW_0QWP_72TAw&sqi=2&ved=0CCUQ6AEwAQ#v=onepage&q=infanticide%20histoire%20loz%C3%A8re&f=false

 7.40 - 1789 - La Révolution

À la veille de la Révolution, la seule avancée notable a été apportée par l’édit de Tolérance de novembre 1787. Ce texte autorise les protestants à ne plus passer par l’Église catholique pour leur état civil, mais ne règle pas la question de leur exclusion des fonctions publiques.
(en construction)

De l'ouverture des États généraux : le 5 mai 1789, en passant par la proclamation de l'Assemblée Nationale le 17 juin 1789, la prise de la Bastille, la fin de la monarchie absolue, au coup d'État de Napoléon Bonaparte, la Révolution restera à jamais gravée dans l'histoire de France et du monde, tout entier.

Chaque année du siècle avait conduit par toutes les routes à la Révolution et soudain le vieil édifice social s'effondre en 1789. A la fin de l’Ancien Régime, les paysans « taillables et corvéables à merci » refusent de payer les droits féodaux. La "taille" devient le symbole de l’injustice fiscale. L’Église renvoie l'image d'un clergé oppresseur, les archives paroissiales et seigneuriales, symbole écrit de l'Ancien Régime, furent brûlées en place publique. Les idées de réforme que l'on croyaient anéanties renaissent de leurs cendres pour prendre place dans notre régénération sociale.

Ceux qui jusque-là n'avaient eu que des devoirs demandèrent désormais des droits. Et cette période va être marquée par des mouvements insurrectionnels opposant farouchement la "société d'ordres" aux paysans : ceux qui voulaient préserver leurs nombreux privilèges, à ceux qui adhéraient à un ordre nouveau motivé par l'abolition des traditions sociales médiévales qui étaient à la source même d’un profond clivage social entre urbains et ruraux.

Dans la nuit du 4 août 1789, au milieu des excès de l'enthousiasme et d'une libération qui paraissaient sans limites, les membres de l’Assemblée Révolutionnaire et quelques nobles libéraux veulent à tout prix calmer le peuple. Ils proposent alors l'abolition des privilèges comme la dîme et les droits seigneuriaux.
L'Assemblée Nationale Constituante du 1er décembre 1790 instaure alors l’égalité des droits : Impôts et justice seront les mêmes pour tous. Elle abolie donc la gabelle et fait disparaître avec elle, la garde de gabelles.
Dorénavant même si les métayers et les fermiers demeurent, le laboureur peut étendre ses terres par l'achat des biens nationaux séquestrés au Clergé et à la noblesse. Il peut ainsi se muer en Cultivateur Propriétaire.
Le droit accordé aussi à chacun d'avoir un four individuel sonne le glas de l'usage des fours banals et peu à peu, par la suite, du métier de fournier...

Le "surnom" qui pouvait être, pendant cette période accompagné ou directement remplacé par un "sobriquet" devient nom.

Et même si nos aïeuls y perdirent pieds, c'est aussi et enfin à la révolution et sous le 1er empire ensuite, que sont supprimées les anciennes mesures, variables selon les régions et calculées suivant les dimensions du corps humain (coude, pied, pouce, pas...) pour appliquer un système basé sur une mesure terrestre unique, ne pouvant varier. On appela cette unité de longueur fixe : le mètre (fondé sur le diamètre terrestre partagé en 40 millions). Ce système métrique décimal unifie toutes les autres mesures. L'ancien pied mesure désormais 33 cm, le pouce 2,707 cm et la toise 1,949 m.
N.B. : Un souvenir qui perdure encore aujourd'hui dans ce domaine est le pied à coulisse, cet instrument à bras coulissant qui permet de mesurer l'épaisseur de certains objets (en cm et mm, désormais, bien sûr !).
Curieusement, les Anglo-saxons n'acceptèrent jamais ce nouveau système de mesure et continuent de compter en pouces (2,54 cm chacun), pieds de 12 pouces (30,48 cm). Seuls leurs scientifiques adoptent les mesures métriques devenues internationales.'

Les institutions de la France d’Ancien Régime sont balayées et 1790 marque le début de la ré-organisation administrative de la France moderne.

Avec le décret du 26 février 1790 et la création des départements, la province du Rouergue devient l'AVEYRON (à cette époque, il est un des rares départements à calquer quasi-exactement l'ancien territoire de sa province). Il tire son nom de sa rivière : l'Aveyron. Le département, dont le chef-lieu est fixé à RODEZ, est divisé en neuf districts : AUBIN, MILLAU, MUR DE BARREZ, RODEZ, SAINT AFFRIQUE, ST GENIEZ D'OLT, SAUVETERRE, SÉVÉRAC LE CHÂTEAU et VILLEFRANCHE DE ROUERGUE.

Le Gévaudan, devient la LOZÈRE. MEYRUEIS se mue en chef-lieu de district de 1790 à 1795 et ses campagnes (1793-1819) rompent les liens multi-séculaires avec la province du Languedoc. Seules la ville de SAUGRES (43) et quatorze paroisses voisines en furent distraites en 1790, pour être attribuées au département de la Haute Loire.

« Tout condamné à mort aura la tête tranchée » (Art. 3 du Code pénal de 1791).
Plusieurs centaines de milliers de personnes ont trouvé la mort durant cette révolution.
Si les premières condamnations à mort se firent sous les huées de la foule des grandes villes, déçue par la rapidité du processus, alors qu'elle était habituée à de longs et sanglants rituels ; très vite, la suite de ces nombreuses exécutions sommaires, des attentats et des jugements précipités ont instauré un climat insupportable, notamment pendant la Terreur (16 594 personnes guillotinées dans toute la France). C’est dans ce cadre que se structurent les premiers mouvements populaires contre-révolutionnaires, tant à MONTAUBAN qu’à NÎMES ou CASTRES...

Avec, la création des départements, le dispositif de La Constitution Civile du Clergé réduit le nombre de diocèses à un par département.
Ainsi l'Aveyron vit le diocèse de VABRES (12), pris d'assaut. Il fut supprimé et réintégré au diocèse de RODEZ (plus au Nord et plus grand) où son évêque prit le titre d'évêque de RODEZ et de VABRES.
Le village de VABRES (12) conserve encore l'ancienne cathédrale Saint Sauveur et Saint Pierre datant du XVIIIe siècle.

Ce fut plus que les évènements de 1789, mais surtout la Constitution Civile du Clergé, au moment du Concordat, qui mis le feu au poudre.
Après cette dernière aventure de la Constitution Civile, tous sentaient la nécessité de faire disparaître les dissensions religieuses. Il fallait que cette réconciliation se fasse dans l'oubli des griefs réciproques. Le Premier Consul le voulait : il exigeait que les anciens assermentés eussent leur part dans la répartition des évêchés, des canonicats et des cures ; il veillait, par ses préfets, à ce que les deux partis posassent les armes, et quiconque essayait de reprendre les anciennes polémiques était sévèrement rappelé à l'ordre.

Dès l'année 1791, les volontés contre-révolutionnaire menées essentiellement par des membres du clergé s'affichent aussi dans les départements de La Lozère, de l'Aveyron, où les habitants manifestent déjà leur attachement à la religion traditionnelle. D'autant que la noblesse s’était généralement convertie au catholicisme au cours des règnes de Louis XIII et Louis XIV.
Louis DE BONALD, maire de MILLAU, fut d'ailleurs l’un des principaux théoriciens de la contre-révolution, préconisant l’établissement d’un régime nouveau, théocratique.

Les représentations publiques chrétiennes sont désormais interdites.
Alors que depuis le XVIe siècle, les crèches de Noël, par exemple, étaient uniquement mises en place dans les églises, au moment de Noël, elles apparaissent dorénavant dans les maisons.
Tel François d’Assise « pauvre parmi les pauvres », qui aurait créé une des premières crèches vivantes, dans l'église de Greccio, en Italie, en 1223, les chrétiens catholiques célèbrent la naissance « du Christ sauveur sur la terre » et fêtent ainsi l'espérance.
Cette nouvelle tradition se perpétuera par la suite et, par des personnages en bois, en cire, en faïence..., la crèche provençale s’inspirera de la vie locale, des artisans évoquant des personnages typiques de la région, du village ou des défunts de chaque famille. Seront rajoutés ensuite les santons (petits saints en provençal) qui représentent des petits métiers connus : le meunier, le rémouleur, la lavandière, etc.

En Aveyron, comme ailleurs, les bâtiments et les lieux de culte furent vendus comme biens nationaux, voire pillés ou exposés à toutes sortes de profanations. On mure les ouvertures des chapelles qui deviennent noires, pour y célébrer clandestinement la messe.

Au cours de ces pillages, une statue de la Vierge Marie fut profanée à La chapelle Notre Dâme de Lorette de SÉVÉRAC LE CHÂTEAU (12). Une petite bergère, Marie VERLAC, du hameau de Cayrac, dissimulée dans les taillis n’avait rien perdu de la scène et s’empressa de déplacer la statue dans une haie, pour venir la chercher la nuit et la cacher dans une grange du hameau de la Calsade en contre bas. C’est ainsi que chaque soir, au moment de la prière familiale, la bergère ne manquait pas d’ajouter «un Pater per ocquelo qu’es ol palio» (un Notre Père pour celle qui est cachée dans la grange en occitan), sans que quiconque ne comprit le sens de ses propos. Lorsque le culte fut rétabli, Marie dévoila la présence de la statue qui fut portée dans l’église paroissiale Saint Sauveur, où elle se trouve encore aujourd’hui. Le sanctuaire de la colline ne fut restauré qu’en 1854 lorsque les pèlerinages se développèrent à nouveau.

La dômerie d'AUBRAC (12) et son monastère sur la commune de SAINT CHÉLY D’AUBRAC (12) disparaît et les terres de l’abbaye sont vendues.

Le puissant Château-Fort de PALMAS (12), seigneurie des Évêques de RODEZ depuis le Moyen Âge, fut pris d'assaut à la Révolution.
En 1791, le château de SAINT IZAIRE (12), résidence secondaire des évêques, appartenant à l’Évêché de VABRES, est mis en vente en tant que Bien National.

Fils du marquis de Castelnau, Philippe François d'Albignac de Castelnau, né le 1er août 1742 au château de Triadou, à PEYRELEAU (12), est tout d'abord aumônier du Roi puis vicaire général de Bayeux, abbé commendataire de l'abbaye d'Hérivaux avant d'être nommé évêque d'Angoulême et consacré le 18 juillet 1784. En 1789, il est élu par la sénéchaussée d'Angoumois, député du clergé aux États généraux du 5 mai 1789.
Pour lutter contre une bande armée surnommée les brigands du Bourg, qui commettait des actes de sauvagerie, dont Philippe François d'Albignac fut accusé à tort d'être à sa tête, les autorités de Millau dépêchèrent le 20 juillet 1791 au château de Triadou des miliciens qui pillèrent la demeure jusqu'à trouver deux caisses en plomb, dissimulées sous l'une des marches du grand escalier, renfermant des pièces d'or et d'argent. Cette accusation portée, sans réel fondement, à l'encontre de Philippe François d'Albignac était sans doute un prétexte pour justifier l'expédition menée au château de Triadou et ainsi cacher la véritable motivation qui visait à s'emparer du trésor de Pierre d'Albignac.
Mais le dernier seigneur d'Albignac était réellement un farouche opposant à la constitution civile du clergé, ce qui faisait de lui un réfractaire parmi d'autres. Il s'exila vers l'Angleterre via Dieppe le 28 novembre 1792. Philippe François d'Albignac ne reverra jamais ses terres. Il finira ses jours, à Londres, le 3 janvier 1814.
Annexé par la commune, le château servit un temps de mairie au village de PEYRELEAU jusqu'à la construction d'un nouveau bâtiment en 1893.

A SAINTE EULALIE DE CERNON (12), l’Église fut saccagée. Les chapelles allaient devenir des étables, les fonts baptismaux servirent de déversoir à la fontaine, la Vierge à l'Enfant de la façade fut enterrée. Les fleurs de lys et les Croix de l'Ordre furent grattées, les armes des commandeurs et la fameuse plaque en marbre jetées bas. Le Club des Jacobins qui avait des ramifications dans la France entière, y élut domicile dans l'actuelle maison de Mlle G. MATHIEU. Rapidement, on voulut abolir tous les privilèges de l'Ordre et tout effacer du passé. SAINTE EULALIE DU LARZAC (12) prit le nom de SOURCE LIBRE. Le 11 septembre 1794 (25 fructidor de l'an II) le domaine de SAINTE EULALIE DU LARZAC est divisé en 32 lots et mis en vente sur folles enchères par Jacques LE BEL, homme de loi et feudiste de SAINT AFFRIQUE (12). Les extraits des registres contenant les ventes des Biens Nationaux du District de SAINT AFFRIQUE mentionnent la division du château de Source Libre, la municipalité de Source Libre et la Commanderie de Source Libre.
L'appellation révolutionnaire ayant peu duré, le village devint SAINTE EULALIE DU CERNON (ou SERNON) qui provient de "Lou Sarnou" en langue d'Oc, "Flumen Sarnonis" quand il s'agit de la rivière, en latin et de 'Sarnonenca" quand il s'agit de la Vallée du Cernon. http://carriere13.free.fr/histoire.htm

A ESPALION (12) encore, la révolution laissera la ville dans un aspect lamentable (remparts délabrés, maisons éparpillées sans ordre, portes en ruine, rues dépavées, absence d’hygiène…). Le palais servit de tribunal ce qui explique son appellation actuelle : "le vieux palais".
Par la suite, les Espalionnais jetteront toutes leurs forces dans une véritable bataille urbaine, pacifique celle-là, qui aboutira à des résultats inespérés : destruction de toutes les maisons qui menacent de tomber en ruine, réparation du vieux pont, ouverture d’un collège, construction d’une grande route, édification du pont-neuf… En un demi-siècle, le chef-lieu d’arrondissement sera entièrement transformé.

La paroisse de CAMBON (près de SAINT AFFRIQUE) est supprimée (pour être rétablie par la suite, en 1844).

En Gévaudan, le traditionnel contraste demeure. La bourgeoisie protestante s’est maintenue en dépit des épreuves liées à la révocation de l’édit de NANTES, à la répression contre les Camisards, puis au « Désert » (longue période de proscription qui s’est étendue tout au long du XVIIIe siècle). Cette minorité réformée a conservé une influence prédominante grâce à l’essor du négoce et de l’industrie textile. Exclue des charges publiques, elle a massivement investi dans ces domaines d’activité, depuis le règne de Louis XIII.
C'est aussi un pays attaché aux pouvoirs de l’Évêque et du Clergé, où les habitants sont habitués à évoluer dans la précarité et la pauvreté et où les relations entre les deux communautés restent « paisibles ». Mais c'est aussi toute la région des Gorges du Tarn qui sera mise à feu et à sang.

L’importance du refus de la Constitution Civile du Clergé, dans la formation de deux idéologies partisanes, l’une patriote, l’autre réfractaire, est affirmée par les seuls 15% des prêtres de Lozère qui prêtent allégeance à l’État. Et les réfractaires, l'évêque de MENDE, Mgr DE CASTELLANE en tête, sont largement soutenus par la population qui s'engage dans la voie de la chouannerie.

Barthélémy CAVALIER, curé de BANASSAC (48), ne prêta pas serment et considéré comme prêtre réfractaire, il sera obligé de se cacher, parfois même pour échapper à la maréchaussée. Il était bien protégé par la population du village et des alentours qui faisait appel à lui pour des sacrements, qu’il donna pour certains, caché dans une grotte.

"Le 30 7bre 1792 nous n'avons pas dit la messe a cause des troubles. Les Officiers municipaux ayant jugé quil ny avait pas sureté pour nous en fesant des fonctions publiques. C'est ce mesme jour quon a affiché le decret qui enjoint aux ecclésiastiques qui ont refusé de preter le serment de sortir du royaume dans le delay de 15 jours." Source : AD 48 - AUMONT - edt009gg006/0000047

Le château fort de CHANAC (48), preuve de richesse des évêques de MENDE, indisposa les révolutionnaires qui le brûlèrent.
Aussi ne subsistent t-il aujourd'hui que le donjon carré, qui veille toujours sur la ville depuis sa position dominante et quelques éléments de fortifications, notamment les tours de l'Horloge, Reversat et du Pourtalou. L'église Sait Jean Baptiste, du XIIIe siècle, possède une nef à trois travées voûtées en berceau. Belle abside en cul-de-four, à cinq pans. On peut y admirer un maître-autel du XVIIe siècle, sauvé de la destruction du château.

Les habitants du hameau de CASTELBOUC près de SAINTE ÉNIMIE (48) cachèrent la cloche de la chapelle dans la terre pour la sauver du désastre (et grâce à cela, elle existe toujours).

Le village de STE ÉNIMIE (48) est renommé, pendant la Convention de 1793, comme beaucoup en ce temps-là, et prend le nom de PUY ROC. Mais le pouvoir de l'Église étant déchu, les moines quittèrent le village. Le monastère fut en parti incendié, la même année, entraînant inexorablement sa ruine. Cependant les habitants, très attachés à leur princesse, ne tardèrent pas à lui redonner l'hommage, en rebaptisant le village de son ancien nom. Ses travaux de restauration commencèrent en 1870.

Le château de LA CAZE à LAVAL DU TARN (48) devient ponctuellement une prison.
Actuellement, c'est un hôtel restaurant privé de luxe, classé monument historique par arrêté du 31 mars 1992 : tours, salons, élévation, toiture et décor intérieur.

Le château DE CASTANET à POURCHARESSES (48), construit à la fin du XVIe siècle, est vendu comme bien national.

GRÈZES (48) village typique caussenard Quercynois, voit son ancien prieuré des Templiers, déjà transformé en seigneurie au XVIIe siècle (Château de GRÈZES), devenir bien d’État à la Révolution.
Il accueillera la gendarmerie à cheval du canton, puis, plus tard l'école du village et la mairie, et deviendra aussi au XXe siècle un centre de vacances pendant presque un demi-siècle qui sera vendu et racheté pour être devenu l'Hôtel le Grézalide.

En 1792, le marquis BORELLY DE ROQUESERVIERES, propriétaire du château de SAINT ÉTIENNE VALLÉE FRANÇAISE par son mariage avec l'héritière des DE RAYMOND, en 1746, est contraint, manu militari par ses vassaux, de rendre les titres féodaux et de rembourser les redevances qu'il avait continué à percevoir. Mais contrairement à d'autres demeures nobles de la vallée, le château de Cambiaire ne subit pas de dégradations.
L'une des descendantes du marquis, Jeanne DE CABIRON (grande famille noble du lieu), se marie avec le général marquis de Cambiaire donnant ainsi ce nom au château. À partir de 1873, elle le fait restaurer dans le style néo-médiéval de l'époque, lui adjoignant une chapelle (1875) et la reproduction de la grotte de Lourdes. Un pèlerinage et des manifestations catholiques s'y déroulent alors pendant quelques décennies.

La Vendée Lozérienne : la grande révolte de l’Ouest et l'insurrection de l’Aubrac et des vallées environnantes (où le recrutement de l’armée chrétienne du Midi et de la chouannerie qui a pris le relais s’étendait largement sur le Cantal et l’Aveyron).

En février 1792, à la suite d'un accrochage, diverses personnes sont mises en accusation, dont Marc Anthoine CHARRIER, notaire de NASBINALS (48).
En mai 1792, l'abbé Claude ALLIER, un royaliste de la ville de MENDE, mène une opération en Ardèche avec le comte de SAILLANS mais celle-ci échoue et le comte est exécuté. Après avoir participé au rassemblement royaliste de JALES / JALÈS de NÎMES, qui a révélé une formidable capacité de mobilisation dans une région comprenant le sud du Vivarais, la partie orientale du Gard et une large part du haut Gévaudan, l'abbé Claude ALLIER demande alors à Marc Antoine CHARRIER de l'aider à préparer le soulèvement en Lozère. Ce dernier, nommé alors général de l'armée chrétienne du Midi, rassemble des combattants et mène l'insurrection en Gévaudan contre les révolutionnaires.

L'offensive débute dans la nuit du 25 au 26 mai 1793 à RIEUTORT d'AUBRAC avec plus de 1 500 combattants, puis CHARRIER marche sur la ville de MARVEJOLS (48) qui se rend sans résistance, le 27 mai 1793.
La prise de la ville de MENDE eu lieu le 28. Les habitants de la ville accueillent avec joie les forces de CHARRIER mais les troupes républicaines de plusieurs départements, dont celui de l'Aveyron, convergent vers la ville.
Le 30 mai, CHARRIER se dirige alors vers CHANAC, où se situe la résidence d'été de l'évêque. Le château est tenu par des républicains aveyronnais mais il tombe aux mains des troupes de CHARRIER après un violent combat. C'est une nouvelle victoire pour celui-ci mais contrairement à ce qui était prévu, le notaire CHARRIER est informé, à point nommé, de l'arrivée de nouvelles troupes républicaines fortes de 3 000 hommes de l'Aveyron et de l'Ardèche.

Alors qu'il allait rejoindre l'armée de CHARRIER, sur les routes, il y avait des soldats partout. Une colonne ardéchoise, commandée par le Général Louis, se trouve entre ISPAGNAC (48) et BALSIÈGE (48) lorsqu'elle rencontre un détachement royaliste. Les hommes de LA MALÈNE (48) et LAVAL DU TARN (48), sous les ordres de Jean Joseph MONESTIER de Rauzas, maire de LAVAL, se rendaient vers FLORAC (48), lorsqu'ils furent interpellés. La colonne ardéchoise décide de tromper leurs adversaires en leur criant "Vive le Roy", la troupe est entièrement faite prisonnière. Dès lors, la répression devint terrible et la justice expéditive.

Voir intervention de Benoit Augustin Roujon sur Tribunal Révolutionnaires Lozère 1793 complet - bpt6k56848049.pdf

Les prisonniers sont enfermés dans le Château du Baron De Roure à FLORAC (qui sert désormais de prison).

CHARRIER, de son côté, décide d'abandonner la lutte. Après avoir licencié ses hommes et abandonné son matériel de guerre, CHARRIER va se cacher près de NASBINALS sur l'Aubrac, où il est né le 25 juillet 1755.

Dans les jours qui suivent, les autorités souhaitant faire un exemple et satisfaire la soif de vengeance des patriotes, la cour criminelle de la Lozère va prononcer et réaliser de nombreux jugements sans appel : la condamnations à mort :
- le 14 Prairial An I (2 juin 1793) à FLORAC et exécutions le 23 Prairial An I (11 juin 1793) à FLORAC, sept d'entre eux seront transférés à MENDE où les attend le même sort, le 14 juin 1793 ; le 26 Prairial An I (14 juin 1793) et les 4 Messidor An I (22 juin 1793), 8 Messidor An I (26 juin 1793) et 11 Messidor An I (29 juin 1793) à MENDE.

TABLE DU PREMIER REGISTRE DES JUGEMENTS RÉVOLUTIONNAIRES RENDUS PAR LE TRIBUNAL CRIMINEL DE LA LOZÈRE EN 1793
Tribunal Criminel de la Lozère du 14 Prairial An I (2 juin 1793) - Jugements révolutionnaires qui condamne à mort les dénommés ci-après :
« Le tribunal, par les diverses considérations, jugeant en dernier ressort et sans recours à la cassation, a déclaré les prévenus après nommés suspects, coupables et hors de la Loy, les déclare atteints et convaincus de révoltes et émeutes contre-révolutionnaires d’avoir provoqué les dites émeutes et de s’être revêtus d’un signe de rébellion, d’avoir cherché à envahir le territoire de la République, d’avoir provoqué le rétablissement de la royauté par des cris multipliés de vive le Roy et de s’être répandu dans diverses communes et dans divers cantons pour exciter les citoyens à la désobéissance aux loys et à la révolte, de s’être armés et réunis pour opérer la contre-révolution s’il leur était possible, d’avoir pris le prétexte de la religion et de Jésus Christ pour se porter à des pareils excès. »

Les circonstances : (extraits)
« L’an 1793, l’an second de la république française et le 29 may à 8 h du soir, ont comparu les citoyens Louis, commandant général de la force armée de la Lozère accompagné des citoyens Gardès du Mazel, de Mo…. capitaine de la Garde Nationale du canton de Barre et Gout, officier de la Garde Nationale du canton de Florac ont di