Chronique familiale



Sommaire

 1 - Objet de la base

L'importance, l'étendue et l'ancienneté des cercles familiaux au sein desquels les générations nées dans la première partie du XX° siècle ont grandi sont aujourd'hui difficilement compréhensibles, voire même acceptables, par celles qui nous succèdent, qui se construisent sur des racines diversifiées mais courtes et renouvelées et non plus profondes et stables. Pour beaucoup, la notion de famille se restreint strictement aux frères et sœurs et à quelques cousins.
Cette base (qui s'élabore en permanence) est donc destinée aux générations actuelles, dont les membres sont établis dans une vingtaine de pays répartis sur tous les continents, pour retracer, contribuer à expliquer et, nous l'espérons, favoriser, renouer ou nouer des liens familiaux, particulièrement entre ceux qui, récemment plus nombreux, partent s'organiser une vie "loin".

 2 - Étendue de la base

La base tente de retracer les relations - particulièrement étroites tout au long du XX° siècle - entre les membres et alliés des cousins Delaporte Arnal, Clamageran, Gresland, et Schlumberger (branche normande), d'une part, et Maupas Maillard, Brière de l'Isle, Blanchard et Varet d'autre part, dont la convergence s'est effectuée à Maromme et institutionnalisée avec le mariage d'Hubert et de Jacqueline. Elle permet notamment de comprendre les liens de parentèles figurant sur les actes officiels et sur les faire-part.
Elle est complétée par des ascendances propres aux enfants et descendants de ces branches, souvent issues de familles amies ou associées, avec lesquelles des liens forts pouvaient être établis sur de longues périodes. La base est principalement arborescente, filiative.Toutes les personnes y figurant sont reliées (à de rares exceptions près de cousinages avérés mais non encore retracés, tels certains Maupas de Saint-Martin-aux-Buneaux).
Certaines branches sont documentées très haut.
Dans cette base, sauf exceptions permettant de relier des fratries, les ascendance sont arrêtées au X° siècle, soit environ une quarantaine générations, ce qui permet déjà de s'amuser à essayer de repérer bien des croisements entre branches - parfois étroitement tricotés ! - de retrouver des "cousinages" improbables ou des migrations pleines d'enseignement. Au delà, quelques liens sont proposés lorsque des ascendances communes peuvent être trouvées à deux ou trois générations. Aude là encore, d'autres sites (liens lors que disponibles) proposent de tracer jusqu'à Babylone… pour ceux que ça intéresse !

 3 - Pertinence

La fiabilité de cette base est très loin d'être excellente !. En particulier, plus l'on remonte dans le temps, plus l'on trouve de bases généalogiques attribuant des géniteurs et/ou des génitrices différents à un même individu. Plutôt des génitrices différentes, d'ailleurs, les hommes sont mieux traçés… Et comme beaucoup d'individus sont affublés de patronymes multiples, les confusions sont permanentes.
C'est particulièrement vrai pour les "grandes" familles, pour lesquels il semblerait que beaucoup de généalogistes prennent un malin plaisir à affirmer leur propre version des ascendances, souvent sans mention de sources. Et lorsque les sources historiques existent, elles peuvent ne refléter que l'humeur des rédacteurs (voir l'ostracisme dont est victime notre aimable ancêtre pirate, Jean Bontemps). Depuis le XVI° siècle, les registres ayant remplacé les historiens, on peut supposer que la base est plus rigoureuse. Encore que…
Constituer un arbre s'apparente au travail des policiers-enquêteurs. Chaque indice supplémentaire peut remettre en cause des certitudes précédentes. Cet arbre est donc en perpétuel mouvement, comme croissant dans la tempête !

 4 - Sources

Pour nos ascendances Delaporte Arnal et Clamageran, les données sont d'abord issues du travail généalogique de Jean Gresland et d'une compilation de nos diverses archives (où, hélas, sont régulièrement relevées de funestes interventions de Titivillus, le démon des copistes). Elles sont complétées par des sources protestantes (familles Manchon Lemaistre, Fauquet…), beaucoup à partir des travaux de Charles Bost (Huguenots) ainsi que par les nombreuses recherches effectuées par les cousins Schlumberger, Hartmann et Koechlin (merci à Suzan, à Odile, à Sébastien et à tous les autres). Mention particulière également pour la base pierfit sur geneanet, qui combine rigueur et étendue.
Pour les ascendances Maillard Blanchard, la base reprend le travail important effectué et édité par Alain Maupas lors du centenaire de Nané. Ces familles étant des pépinières d'artistes à chaque génération, de nombreuses données sont également issues de la presse ou extraits d'ouvrages consacrés… à des personnes plus célèbres que nos ancêtres et qui les ont côtoyés.
En complément, des informations ou précisions sont extraites des travaux de généalogistes ayant publié sur geneanet, leur fiabilité n'engageant que leurs auteurs lorsque les sources officielles ne sont pas précisées.
Sauf omission coupable, les sources sont citées. Le caractère " # " indique une source strictement familiale : arbre, correspondance, information orale, etc. A chacun de vérifier l'exactitude des données le concernant.
Les ascendances et descendances des familles alliées ne sont plus mentionnées au delà des branches où les recherches sortent de l'intérêt strictement familial. Cet intérêt peut toutefois remonter fort loin et s'étendre fort largement, car de très nombreux re-croisements se sont faits entre branches cousines, parfois séparées depuis plusieurs siècles, principalement dans les familles normandes et alsaciennes. Les lignées intermédiaires sont alors tracées lorsque possible (pour le plaisir d'en visualiser la complexité lorsque plus de dix branches nous relient à un ancêtre unique !). Il en est de même pour visualiser les liens lors des périodes où de nombreux mariages et remariages se sont effectués sur plusieurs générations entre parents proches. Les titres nobiliaires, de peu d'intérêt familial, sont le plus souvent ignorés, ou mentionnés en "profession"… Les dates ne sont pas mentionnées pour les personnes vivantes.
La mise à jour des générations actuelles s'effectue cahin caha, lorsque l'information veut bien émerger des méandres familiaux. Avec une mention spéciale pour Facebook, cafeteur hors pair pour les générations naissantes.

 5 - Profil des familles

Pour qui s'y attarde, les cheminements au sein de la base font apparaitre des personnalités collectives fortes, assez stables d'une génération à l'autre mais mutant profondément à échelle des grandes périodes.
Du XI° au XVI° siècle, les unions étaient essentiellement régies par l'intérêt des alliances, avec pour objectif de maintenir ou de développer une position sociale, si modeste soit-elle. A partir de la Réforme, la météorologie économique s'y montre très influente, chaque époque ayant vu émerger des individus capables d'associer tôt nos familles, dont les restes de noblesse s’estompent en quelques décennies, aux retombées des grandes inventions, de celle de l'imprimerie à la révolution industrielle, principalement textile. L'Histoire est plus discrète, mais lorsqu'elle s'invite, c'est en tant que carte "chance"… bonne ou mauvaise.
Il s'en dégage un fond de paysage de petites et moyennes bourgeoisies, où évoluent jusqu'aux temps les plus anciens de l'arbre une très grande majorité d'acteurs socialement et économiquement autonomes, toujours entreprenants, souvent "à l'aise", rarement vraiment riches : un substrat de commerçants, de négociants, d'artisans, de propriétaires-exploitants agricoles, de petits industriels et patrons de TPE/PME…, avec, pour colorer les lignées, une pincée de chirurgiens, d'avocats ou d'artistes s'étant fait un nom.
Il semble que, sur l'ensemble de la base, quasi tous les métiers nécessaires aux besoins des individus et des populations soient représentés, sans oublier les fondeurs de cloches et les organisateurs de "grandes pantomimes militaires" (il s’agit ici de spectacles, mais des officiers supérieurs et généraux y figurent également !).
Ponctuellement, quelques personnalités atteignent les premières marches de l'Histoire : pirate ayant pignon sur mer, imprimeurs précurseurs, artistes reconnus, prédicateur intransigeant, industriels éclairés… Mais, depuis cinq cent ans la quasi totalité des vrais illustres que comporte la base sont toujours des oncles, des cousins un peu éloignés, des "pièces rajoutées", des alliés et non des parents directs. Ce qui peut surprendre est la persistance à travers le temps de ce voisinage pour un grand nombre de branches, comme un parfum de gloire et de fortune qui nous accompagne à peu de distance, mais que nous ne portons pas.
Il est à souligner que l'importance du rôle des femmes dans nos familles, leur position souvent égalitaire et reconnue comme telle, apparait peu à la lecture des notices. Autant liée aux contextes culturels (droit coutumier normand, valeurs mulhousiennes, adhésion précoce à la Réforme, traditions de l'Afrique de l'Ouest…), qu'aux exigences patrimoniales, elle fut néanmoins considérable dans de nombreuses branches et reste aujourd'hui encore très marquante.

 5.1 - Les familles normandes et issues de Normandie

 5.1.1 - Fauquet, Lemaître, Manchon

Côté ascendances Fauquet / Lemai(s)tre, il est intéressant de suivre sur six siècles d'abord le déclassement progressif, implacable, des familles de la très grande à la toute petite noblesse, noblesse qu'elle perdent ensuite famille après famille, puis leur résurgence sociale par l'adoption collective de la religion réformée accompagnée / suivie d'un enrichissement bourgeois, rapide et important, quasi "revanchard", dans les industries textiles et chimiques émergentes de la vallée de Seine, auxquelles elles apportent beaucoup. A noter que les mariages endogames sont particulièrement importants dans la plupart des branches et sur la totalité de la période.
La famille Manchon suit une évolution plus conventionnelle, marchands dans le Calvados venus s'établir comme manufacturiers dans le tissage à Bolbec début XIX° puis également en région rouennaise peu après.

 5.1.2 - Delaporte

Citée à Rouen au XVI° siècle, la famille s'implante (se réimplante ?) à Pont-de-l'Arche au milieu du XVII° et reconstruit génération après génération dans l'hôtellerie et le transport local un petit fonds patrimonial qui permet à notre branche de reconquérir un statut bourgeois. Après le départ de Victor vers 1820 pour la Somme, où il va établir une branche toujours bien active, c'est Charles, fils de notaire, qui va au milieu du XIX°, la faire profiter de la révolution de l'industrie du textile, l'allie aux Schlumberger (branche textile) et développe ses filatures en association avec son beau-frère Ladislas Kiesel Kislanski. Les suites de la crise de 1929 et la seconde guerre mondiale mettront un terme à cette expansion.

 5.1.3 - Maupas

Anciennement implantée au nord de Fécamp, entre Életot et Saint-Martin-aux-Buneaux, cette famille, de charpentiers puis de douaniers, est restée longtemps implantée sur la côte et y a généré localement une très nombreuse descendance dans des métiers plutôt artisanaux jusqu'au début du XIX°. Au milieu du XIX°, Pierre-Félix, homme de la rupture, devenu directeur des Hospices de Seine-Maritime et de l'Eure, a pu faire conclure à ses enfants des alliances avec des familles de propriétaires fonciers anciennement établies du pays de Caux (Homo-Jamme, Varet), et du négoce (Faroult, négociants maritimes…), mouvement renforcé par l'union de ses petits fils George et Raymond avec deux des filles du député Jean Maillard, lui même industriel du textile, et par leurs descendants. En trois générations, les contemporains, nombreux, se sont bien établis, avec une grande diversité d'activités offrant une certaine notabilité (médecins et chirurgiens, industriels, journalistes, conservatrice de musées…).

 5.1.4 - Brière de l'Isle

Originaire du pays d'Auge, où Robert, premier ancêtre connu, était en XVI° Lieutenant de la Vicomté, la famille s'établit au XVII° en Martinique et y fait souche comme "négociants". Début XIX°, Edmé a trois garçons avec une quarteronne libre et les élève jusqu'à ce qu'il soit obligé de les envoyer en métropole avec leur mère pour qu'ils échappent aux conséquences du Code Noir, relancé par Napoléon, ce qui arrangeait bien les affaires de la famille de Joséphine, son épouse béké. Établis à Rouen et à Paris, les garçons métis, reconnus par leur père, deviennent libraires, éditeurs et négociants. Certains de leurs descendants s'installent dans le sud de la France, en Indochine et en Afrique. A la troisième génération, Benjamin, fils de Georges et de Lise Tréhot, médecin et administrateur colonial, fonde la branche Guinée/Mali/Côte d'Ivoire, très active aujourd’hui et restée proche de nos branches métropolitaines.

 5.1.5 - Quévremont, Dieusy

Nous n'avons étonnamment quasi-aucune information avant la Révolution sur ces familles, qui arrivent à Rouen au XIX° et y figurent immédiatement parmi les plus gros contribuables, concluent un ensemble d'alliances avec des familles très notables, puis s'effacent complètement. Les Dieusy, originaire du Calvados, sont propriétaires exploitants au Faulq avant de s'établir négociants à Rouen. Les Quévremont, originaire de l'Orne, sont marchands à Blangy-le-Chateau puis banquiers à Rouen.

 5.1.6 - Monfray

 5.1.7 - Barbet Le Prestre

 5.2 - Les familles helvético-alsaciennes

 5.2.1 - Schlumberger, Heilmann, Hartmann, Koechlin…

 5.3 - Les familles originaires de Suisse et d'Allemagne

 5.3.1 - Rouff, Frey, Derivert, Junod, Martin

 5.4 - Les familles angevines et tourangelles

 5.4.1 - Maillard, Delaunay

 5.4.2 - Arnault

La famille, au destin peu ordinaire, est établie au XVII° à Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loir. Elle est à l'origine de longues lignées d'artistes, dont les Réju, Porel et Perier. Ses alliances au cours des générations avec des écrivains (Drieu La Rochelle, Sienkiewicz) éditeurs (Laffon, Hetzel), des sculpteurs, peintres, architectes (Blanchard, Brenet), et les relations avec des artistes issus d'autres branches familiales proches (Chéreau) ou apparentées (Monet), ont certainement favorisé le grand nombre d'artistes (comédiens, metteurs en scène, artistes lyriques, écrivains, illustratrices…) que compte sa descendance jusqu'à aujourd'hui.
Fils d'un cabaretier-éditeur-de-journal-écrivain-et-poète, François, né en 1819, abandonne très tôt ses tournées de commis-voyageur au cours desquelles il déclamait sur les routes le répertoire classique tout en vendant le bon vin de Loire, pour intégrer le Conservatoire de Paris où il s'illustre plus qu'honorablement en Tragédie, puis commence sa carrière au Théâtre de l'Odéon où il se fait un nom. Ayant épousé l'actrice Geneviève Planat, dite "Naptal", fille d'un écrivain et peintre, comédienne de renommée encore supérieure à la sienne, il exerce avec elle pendant près de dix ans dans divers théâtres parisiens, dont il administre certains. Il prend ensuite la direction du Théâtre Michel de Saint-Pétersbourg, quand le Tsar y fait venir Geneviève, François y décédant, Geneviève épouse en seconde noce un officier de l'entourage de Nicolas II. Ils reviennent tous deux terminer leur vie en France.
Le frère de François, Pierre-Célestin, reprend en 1848 et dirige les étonnants Hippodrome de Paris et les Arènes Nationales, où se sont notamment jouées des "grandes pantomimes militaires avec intermèdes et tableaux successivement modifiés selon le cours des événements". Ceux-ci pouvant être des scènes relatant presque en direct des épisodes de la guerre de Crimée. Pierre-Lucien sera sans postérité.
C'est leur sœur, Adèle, qui, en épousant Joseph Bernou, également limonadier à Montreuil-Bellay, va donner naissance à la comédienne Réjane, puis à la lignée des écrivains, comédiens, photographes et cinéastes Parfourou, Porel et Périer.

 5.5 - Les familles issues de Charente et d'Aquitaine

 5.5.1 - Clamageran

 5.5.2 - Vedeau

 5.6 - Les familles originaires d'Auvergne

 5.6.1 - Arnal

Originaire du Languedoc et du Massif Central, cette famille de propriétaires exploitants aisés de Sainte-Eulalie-de-Cernon dans le Larzac vert, est notablement établis, certaines ascendances étant traçables jusqu'au delà du X° siècle. Elle contracte ses unions régionalement jusqu'à mi XVIII°, où Laurens, cadet de fratrie, diplômé maître chirurgien à Montpellier, s'installe en région parisienne au sortir de ses études et y fait souche. Le mariage d'un petit-fils magistrat en poste au Havre avec une Manchon, de la communauté textile protestante cauchoise, fixe notre branche en Normandie dans le dernier quart du XIX°.

 5.6.2 - Sage

Deux frères de cette longue lignée de maîtres menuisiers de Saint-Jacques d'Ambur, dans le Puy de Dôme, s'exilent à Rouen au tout début du XIX° siècle et s'y établissent menuisiers. Antoine n'aura qu'une fille, avec une descendante Bucaille, famille de meuniers établis sur la Risle, dans le pays d'Ouche (Eure). La suite est plus rocambolesque, puisqu'une naissance hors mariage rattache sa propre fille, Antoinette, à la lignée rouennaise des Blanche, médecins aliénistes connus. La fille d'Antoinette, également prénommée Antoinette, épousant un industriel polonais, permettra pendant quelques décennies aux familles Delaporte et Roger d'alterner leurs villégiatures entre Varsovie et la côte normande jusqu'au débuts de la guerre de 14.

 5.7 - Les familles d'origines picarde et champenoise

 5.7.1 - Harlé

 5.7.2 - Brenet et Gacquer

 5.7.3 - Mabriez, Colleville, Décès

 5.8 - Les familles d'Île de France

 5.8.1 - Blanchard

 5.8.2 - Gresland

Les Gresland, ou Graslant, sont issus de Beauvilliers, dans la Beauce, où le premier Graslant identifié, Jehan, ancêtre de la XVI° génération, nait en 1545. En 1830, Constantin crée à Paris une fabrique de mèches à bougie, qu'il transfert à Maromme, où il lui adjoint une filature de coton. Voisines, toutes deux filatrices, les familles Delaporte et les Gresland s'allient par deux mariages sucessifs

 6 - Les activités dominantes

 6.1 - Le textile en Suisse, Alsace et Normandie

 6.2 - Le cas Bâle - Mulhouse

 6.3 - La propriété foncière

 7 - Les lignées d'artistes


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